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  • Nourrir l'Humanité entière (Nature)

    La bio peut-elle vraiment nourrir le monde ?

    Par Jacques Caplat dans le 29 Novembre 2014 à 22:11

     

    Il est temps de développer ici un thème qui est au cœur de mes deux derniers ouvrages : l'agriculture biologique est-elle vraiment une solution à grande échelle, capable de répondre autant aux enjeux alimentaires qu'environnementaux ?

     

    Les bénéfices environnementaux de l'agriculture biologique ne font pas de doute. Mais ils sont souvent opposés à ses supposés moindres rendements. C'est là un total contresens, puisque la bio est également l'agriculture la plus performante sur le plan agronomique et sur le plan social – or, la dimension sociale est centrale dans la question alimentaire mondiale.

     

    Diverses cultures (et générations) au Bangladesh - Photo J. Caplat

     

    L'agriculture conventionnelle provoque la faim

     

    Il faut d'abord rappeler que la planète n'est pas en situation de sous-production agricole, bien au contraire. La production mondiale est actuellement de plus de 300 kg d'équivalent-céréales par humain et par an, alors que 200 kg suffisent. Exception faite de situations politiques et géo-climatiques ponctuelles et totalement indépendantes de l'agriculture (guerres civiles, séismes, cyclones), la faim dans le monde est un problème de pauvreté. Les 800 millions d'humains qui souffrent de la faim chaque année sont tout simplement ceux qui n'ont pas les moyens de s'acheter à manger.

     

    Or, pourquoi 800 millions d'humains sont-ils dans cette situation ? La majorité d'entre eux sont de petits paysans enfermés par leurs gouvernements (et souvent l'histoire coloniale) dans la pratique de cultures d'exportation. Comme le cours mondial est, par définition et depuis l'antiquité, un cours de surplus donc un cours « à perte », l'obligation faite par l'OMC depuis vingt ans d'aligner les cours intérieurs sur le cours mondial conduit ces fermes à produire en dessous de leur seuil de rentabilité. La spéculation particulièrement importante sur les productions tropicales exportées affaiblit encore plus le revenu de ces petites fermes. En conséquence, une fois leur récolte vendue (à perte), ces paysans n'ont tout simplement pas suffisamment de revenu pour s'acheter de quoi manger à leur faim ! Le système agricole mondial, basé sur des cours spéculatifs, est ici directement responsable.

     

    Une autre partie des affamés sont la conséquence directe de nos choix agronomiques. Les élevages hors-sol européens et nord-américains ne peuvent exister que parce qu'ils importent massivement du soja d'Amérique du Sud pour nourrir leurs animaux. Or, ce soja est cultivé dans d'immenses domaines hérités de l'époque coloniale, qui employaient autrefois énormément de main-d'œuvre. Cette dernière a été remplacée depuis 30 ans par des machines et de la chimie... et s'est retrouvée obligée de s'exiler dans les bidonvilles. Ainsi, la quasi-totalité des habitants des favelas du Brésil sont d'anciens salariés agricoles (et leurs enfants), réduits à la misère par la généralisation de l'agriculture conventionnelle dans leur pays. Nos choix techniques (élevage hors-sol) et la généralisation de l'agriculture conventionnelle (qui remplace les humains par la sur-mécanisation et la chimie) sont la première cause de la misère mondiale, et de la faim qui en découle.

     

    Seule l'agriculture biologique s'adapte aux milieux

     

    L'affirmation qui prétend que les variétés dites « améliorées » et l'agriculture conventionnelle auraient augmenté les rendements dans les pays du Sud est une imposture. Les agronomes qui arguent que leriz amélioré permet d'obtenir 10 tonnes par hectare et par an en Inde se basent sur des travaux expérimentaux et sur les « meilleures années ». Prétendre que ces chiffres correspondent à la réalité concrète est soit de l'inconscience soit de la malhonnêteté. La réalité est simple : toutes les études qui mesurent les rendements réels dans les champs réels sur le long terme (et non pas seulement les « meilleures années ») constatent que les rendements moyens du riz conventionnel en Inde varient entre 2 et 4 tonnes par hectare et par an. C'est tout simplement moins que le riz biologique.

     

    La raison en est relativement simple. Les variétés dites « améliorées » nécessitent que l'on puisse adapter le milieu aux conditions artificielles de leur sélection : leurs hauts rendements ne sont assurés qu'à ce prix. Or, si les milieux tempérés (Europe et Amérique du Nord) se prêtent assez bien à cette artificialisation et à ce lissage des conditions de cultures, à coup d'engrais, de pesticides et d'irrigation, les milieux non-tempérés ne s'y prêtent absolument pas et ne pourront jamais s'y prêter ! La variabilité des climats non-tempérés implique que les « conditions idéales de la sélection » ne sont réunies qu'une année sur trois voire une année sur quatre. Le reste du temps, les rendements sont dérisoires, car ces variétés fonctionnent sur le mode du tout ou rien. L'agriculture conventionnelle a fait illusion au début de sa généralisation sous le nom de révolution verte, car elle bénéficiait de la fertilité accumulée préalablement dans le sol et car elle était développée dans des sociétés agraires déstructurées et ruinées par la colonisation puis la décolonisation. Aujourd'hui où le capital-sol a été épuisé et où d'autres agricultures performantes ont pu être élaborées ou retrouvées, le modèle conventionnel montre ses limites et devient proprement aberrant.

     

    Pire, cette agriculture conventionnelle basée sur des cultures pures conduit à rendre les sols particulièrement vulnérables car souvent nus ou demi-nus, et provoque peu à peu une érosion (par les vents, par l'impact des pluies tropicales très violentes, etc.) qui risque de transformer une partie du monde en désert.

     

    À l'inverse, l'agriculture biologique est basée sur la protection des milieux et la reconstitution des écosystèmes. Grâce aux cultures associées (et en particulier aux arbres et arbustes), la bio permet de stabiliser les sols et de les protéger contre les vents et les pluies. Grâce aux cultures associées et à la suppression de la chimie de synthèse, la bio reconstitue et enrichit la fertilité biologique des sols. Grâce aux cultures associées, la bio optimise l'utilisation de la photosynthèse et augmente naturellement et durablement les rendements (voir une note antérieure sur l'importance agronomique des cultures associées). D'un autre côté, l'agriculture biologique s'appuie sur des variétés végétales et des races animales adaptées aux milieux et évolutives. Cela permet non seulement d'obtenir des rendements beaucoup plus réguliers et sécurisants que les variétés standardisées, mais en outre de voir les plantes s'adapter progressivement et insensiblement aux évolutions climatiques en cours. Dans le contexte inexorable des dérèglements climatiques, seules des agricultures utilisant des plantes adaptées, adaptables et évolutives pourront fonctionner à moyen terme.

     

    L'agriculture biologique permet une alimentation accessible et diversifiée

     

    Produire ne suffit pas. Pour qu'une population se nourrisse, encore faut-il qu'elle ait un travail donc un revenu, et que les aliments disponibles permettent de disposer d'une alimentation équilibrée. C'est justement l'une des grandes vertus de l'agriculture biologique. Comme elle permet de maintenir une main-d'œuvre agricole nombreuse et de la nourrir directement, la bio évite l'exode rural. Or, dans les pays du Sud, l'exode rural n'est pas synonyme de développement comme certaines agences internationales semblent étonnamment encore le croire, mais de misère : 90 % des ruraux qui arrivent en ville se retrouvent à mourir de faim dans des bidonvilles. Maintenir une vie rurale active permet d'éviter cette paupérisation. En outre, les techniques bio imposent une diversité de cultures (cultures associées, rotations complexes), et par conséquent conduisent à une alimentation beaucoup plus riche et équilibrée que l'agriculture conventionnelle.

     

    Cultures associées au Nord-Bénin - Photo J. Caplat

     

    L'agriculture biologique nourrira bien mieux l'humanité que l'agriculture conventionnelle

     

    Le résultat est indiscutable. Toutes les études internationales qui ont étudié les rendements réels dans les fermes réelles sur des millions d'hectares (et non pas des rendements expérimentaux d'agronomes réductionnistes) parviennent à la même conclusion, sans aucune exception, sans controverse possible. Dans les pays non-tempérés, correspondant aux trois-quarts de la planète et à la quasi-totalité de l'humanité, les rendements de l'agriculture biologique sont aujourd'hui supérieurs à ceux de l'agriculture conventionnelle.

     

    Les seules régions du monde où les rendements bio sont inférieurs à ceux de l'agriculture conventionnelle sont le Canada et l'Europe. Comment s'en étonner ? En Europe et en Amérique du Nord, les paysans ne peuvent pas disposer de variétés adaptées aux milieux (les règlements sur les semences les en empêchent), ne disposent pas de savoirs sur les cultures associés et l'agroforesterie (certains pionniers les inventent actuellement, mais beaucoup reste à faire), ne peuvent pas développer de systèmes riches en main-d'œuvre (car toute la fiscalité a été bâtie pour défavoriser l'emploi et favoriser la mécanisation, créant une terrible distorsion de concurrence à l'encontre des agricultures riches en emploi, cf. une note antérieure).

     

    Il faut donc sortir de notre habituel ethnocentrisme. Certes, pour des raisons politiques et historiques, l'agriculture biologique ne peut pas encore parvenir à obtenir de meilleurs rendements que l'agriculture conventionnelle en Europe et au Canada (ils sont cependant déjà équivalents aux États-Unis). Mais d'une part c'est là une conséquence de politiques agricoles qui écrasent la bio et l'empêchent d'être performante, et d'autre part c'est une paille à l'échelle mondiale ! Nos petits pays ne sont pas représentatifs du monde. À l'échelle mondiale, l'agriculture biologique est globalement plus performante que l'agriculture conventionnelle, elle est la seule capable de s'adapter aux changements climatiques, elle permet en outre de redonner un revenu aux populations paupérisées et elle est donc, de loin, la solution technique la plus efficace pour nourrir l'humanité.

     

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    Pour aller plus loin, vous pouvez lire le rapport d'Olivier De Schutter (ancien rapporteur spécial des Nations-Unies pour le droit à l'alimentation) ou la synthèse de l'université d'Essex (qui a comparé 37 millions d'hectares dans les pays non-tempérés ; étude en anglais). NB : pour des raisons diplomatiques ou personnelles, ces études parlent d'agroécologie ou d'agriculture préservant les ressources – mais 99 % des cas qu'elles appellent ainsi relèvent de l'agriculture biologique au sens d'IFOAM et de ses fondateurs, comme le révèle la lecture détaillée des exemples cités. Enfin, une autre étude ciblée sur l'Afrique montre un doublement des rendements en bio, celle du Programme des Nations-Unies pour l'environnement (en anglais).

     

     

    Pour approfondir le sujet : Les rendements de l'agriculture biologique, un quiproquo tenace

     

  • Le bio seul contre tous. (Nature)

    Il n'y a pas d'autre solution, à notre niveau, que de considérablement limiter nos achats en les tournant exclusivement vers les productions bio. L'excuse qui consiste à dire que ça n'est pas possible parce qu'il n'y a pas assez de produits bio est fausse. Quant à dire que c'est trop cher, je ne sais pas à combien on peut évaluer la vie de nos descendants....Il faudrait pouvoir leur demander.....

     

     

     

    La tragique fin de Kishantos, la ferme bio modèle de l’Europe

    9 décembre 2014 / Elisabeth Schneiter (Reporterre) 
     


     

    La tragique fin de Kishantos, la ferme bio modèle de l'Europe

    Depuis vingt ans, en Hongrie, Kishantos est un modèle de ferme biologique rentable doublée d’un centre de formation florissant sur l’agriculture raisonnée. Mais il y a deux ans, l’État a dépecé ces terres et les a vendues à des exploitants utilisant engrais et pesticides. Un gâchis épouvantable qu’essaient d’empêcher associations et membres de Kishantos.


    - Kishantos, reportage

    15 novembre 2014. Des champs à perte de vue. La terre est noire, élastique et friable à la fois, riche et belle, elle en deviendrait presque appétissante. Au ras des mottes, on voit de très légers insectes minuscules qui tourbillonnent. Au loin, un tracteur vert trace une longue ligne droite sur l’immense champ de 87 hectares. Il traîne un large outil qui broie les pousses vertes.

    Une femme marche à grands pas dans le champ, face au tracteur qui avance sur elle comme si le conducteur ne la voyait pas. Celui-ci passe sans dévier de sa ligne et lui fait un geste menaçant.« Il n’a aucun droit d’être ici, sur cette terre », s’exclame Eva Acs, agronome et directrice du Centre de développement rural de Kishantos. « Je suis allée ce matin même vérifier au cadastre le nom du titulaire légal de cette parcelle. Personne ! Le gouvernement n’a pas encore attribué ce bail. »


    - Eva Acs face au tracteur vert. -

    Une agression violente contre une ferme bio rentable

    Géré par une association, le Centre de développement rural de Kishantos, à environ soixante kilomètres au sud de Budapest, cultivait depuis vingt ans, en bio, 452 hectares loués au Fonds national foncier, propriété de l’État hongrois. En plus de ses activités agricoles, le Centre investissait ses bénéfices dans un centre de formation.

    En 2012, le bail de la ferme arrivant à échéance, le Fonds, au lieu de renouveler le bail comme il aurait dû, découpe les terres en dix parcelles et lance un appel d’offres pour trouver de nouveaux locataires, sans même mentionner la qualité « bio » des terres qui ont pourtant reçu les plus exigeantes des certifications, suisses entre autres.

    Contrairement aux obligations légales, les terres ont été attribuées à des exploitants qui ne remplissent pas les conditions nécessaires et l’association Kishantos n’obtient, elle, aucun des lots.« L’État doit pourtant louer en priorité aux exploitants bio et aux centres éducatifs, et nous sommes l’un et l’autre ! », dit Eva Acs, qui attaque alors en justice le Fonds, avec le soutien de Greenpeace.

    « Kishantos a le soutien de 150 organisations et de 8 000 personnes », dit Katalin Rodics, directrice régionale des campagnes Greenpeace. Une douzaine de procès sont en cours et, en novembre 2013, dans l’attente d’une décision de justice, Eva Acs a refusé de rendre les terres, d’autant que le gouvernement hongrois ne veut verser aucune compensation, ni dommages et intérêts.


    - La terre noire de Kishantos -

    Accaparement des terres et pesticides

    Les militants de Greenpeace se sont relayés pendant cinq mois pour empêcher les nouveaux locataires de prendre possession des terres attribuées. Ils ont finalement dû céder à la force des milices privées envoyées par les propriétaires pour forcer le passage, en avril 2014.

    Qui donc envoie maintenant le tracteur vert labourer un lot encore non attribué ? Eva Acs appelle la police pour tenter de le découvrir. Les deux policiers qui viendront ne feront que noter l’identité du conducteur, sans l’obliger à rien dire, ni à cesser son travail illégal. Effondrée, Eva suit le tracteur des yeux, symbole pour elle du régime hongrois actuel : avidité et illégalité.

    La semaine dernière, elle a vu deux tracteurs pulvériser des pesticides chimiques sur une autre partie des terres, qui perdent ainsi leur certification bio. « C’est la deuxième fois ! », dit-elle, les larmes aux yeux. « C’est un acte barbare ! »


    - Eva Acs -

    Depuis 2004, année de l’entrée de la Hongrie dans l’Europe, l’agriculture se transforme à pas de géant avec l’arrivée des subventions et des lobbies d’intrants. « En dix ans, dit Balasz Tömöri, de Greenpeace, il y a déjà 60 % d’oiseaux en moins. » Et les différences de prix avec l’Europe accentue un accaparement des terres agricoles qui bat son plein en Hongrie.

    En avril dernier, un grand nombre d’organisations internationales réunies à Budapest lors d’une réunion organisée par les Amis de la terre International (FOE International) sur un Programme de souveraineté alimentaire, ont signé une déclaration contre le landgrabbing (accaparement des terres) en Hongrie.

    Des centaines de milliers d’hectares ont été alloués à des entreprises ou à de grands propriétaires hongrois via la location de terres domaniales, et un million d’hectares environ aurait déjà été acquis par des investisseurs étrangers par le biais de prête-noms, ou de contrats dits « de poche », c’est-à-dire non datés, et qui restent « dans la poche » jusqu’au jour où l’Europe imposera finalement à la Hongrie d’autoriser les étrangers à devenir propriétaires des terres.

    Pourquoi l’état hongrois détruit-il Kishantos ?

    Est-ce parce que cette ferme était la preuve vivante de la possibilité d’un développement rural sain, soutenable et démocratique ? Est-ce parce qu’elle produisait des céréales bio et vendait aussi des semences bio de haute qualité ? Est-ce parce qu’elle démontrait le succès d’une agriculture bio à grande échelle ? Parce qu’elle représentait la réussite d’une initiative de la société civile partant du bas vers le haut, et qui travaillait pour le peuple et le bien public ?


    - József Angyan -

    Créée en 1992, cette ferme est le fruit d’un rêve. Ferenc Bolye, un jeune fermier du coin, a eu la chance de partir au Danemark, étudier dans une école du Mouvement des universités populaires, ouvertes à tous sans examens. À son retour, il obtient l’aide d’experts allemands qui participent à la conception de la ferme qu’il a dirigée avec Eva Acs pendant vingt ans et dont il travaillait lui-même la terre. József Angyan, professeur au lycée agricole de Gödöllö, l’un des meilleurs experts agricoles hongrois, s’était aussi fortement impliqué dès le début.

    https://www.youtube.com/watch?v=U6D7pU6En2U 
    - En vidéo : Save Kishantos !

    En 1995, Kishantos signe un bail pour une nouvelle parcelle de terre sur laquelle ils établissent une école pour enseigner aux jeunes agriculteurs les principes de l’agriculture biologique, avec en plus un Centre de formation populaire sur le modèle danois.

    Au cours des vingt dernières années, Kishantos (petit Hantos) a mis en place, avec le village de Hantos, une coopération avec des partenaires danois et européens, et des programmes d’échanges internationaux. Plus de 200 jeunes Hongrois ont suivi pendant trois et cinq mois des cours sur la démocratie et la pratique d’une agriculture durable, à la Vestjyllands Højskole.« Kishantos est le seul projet en Europe où l’agriculture durable et écologique, l’éducation et la démocratie ont fonctionné ensemble en parfaite harmonie et de façon rentable », dit Eva Acs.

    Officiels hypocrites

    Deux jours avant, le 13 novembre 2014, l’Institut culturel français de Budapest recevait Pierre Rabhi lors d’une Journée consacrée aux Collectivités locales et à l’agroécologie. Il y avait là Zsolt Feldman, Secrétaire d’État hongrois, chargé du développement rural qui a parlé de la nécessité d’une agriculture pérenne, de l’importance des exploitations familiales et de la protection de l’environnement.

    Gergely Papp, Directeur général et responsable du Développement rural à la Chambre d’agriculture hongroise, qui a parlé de l’importance de l’alimentation, et David Mezei, chargé des affaires stratégiques en matière de développement rural auprès du Premier ministre, qui a exposé l’intention de l’État d’éliminer les intermédiaires et le gâchis alimentaire.

    Tous les trois ont félicité Pierre Rabhi pour ce qu’il représente et exprimé leur admiration pour ses idées. Dans la salle et sur l’estrade se sont succédé aussi nombre de parlementaires hongrois et français, d’activistes et de spécialistes. À la fin, Pierre Rabhi a été longuement acclamé par les participants et par le public qui emplissait la salle. Aucun de ces officiels n’a répondu à une question de la salle sur le sort de Kishantos.


    - Viktor Orbàn, Premier ministre hongrois -

    Gouvernement devenu ennemi

    Avant les élections de 2010 le parti Fidesz avait promis de donner aux fermiers et aux jeunes familles l’accès aux terres domaniales, élément important de sa victoire. L’actuel Premier ministre, Viktor Orbán, qui connaissait personnellement József Angyan, agronome très populaire en Hongrie, lui avait proposé d’entrer dans son parti pour mettre en œuvre ses idées dans une stratégie agricole fondée sur la petite agriculture familiale et bio. Angyan avait accepté de siéger au Parlement sous la bannière du Fidesz.

    « La Hongrie a, depuis deux ans, la meilleure stratégie de développement rural au monde, rédigée par József Angyan devenu secrétaire d’État à l’agriculture durable. Le texte, approuvé par le gouvernement, figure toujours sur le site du ministère de l’agriculture », explique Balazs Tömöri.« Simplement, l’État fait tout le contraire. »

    József Angyan a donc démissionné fin 2012 pour protester contre les appels d’offres « truqués » et les politiques favorisant l’agro-industrie, les PME et l’État. Il a quitté le parti Fidesz pour devenir député indépendant, et il publie et met régulièrement à jour un rapport fleuve qui atteint aujourd’hui 2000 pages, dénonçant les pratiques de l’administration d’État de l’agriculture hongroise.


    - Ivan Gyulai, directeur de Gömörszölös -

    Les Hongrois sont sensibles à la défense de leur environnement et le Professeur Angyan est très connu. Les marchés bio et les centres de formation à l’agriculture bio ont beaucoup de succès, comme à Gömörszölös, à la frontière slovaque, où Ivan Gyulai enseigne aussi bien la culture sous paillis de paille que la façon de construire un poêle à bois à foyer économe, l’art des toilettes sèches et des maisons passives, à près de 3000 stagiaires par an.

    « Nous avions tous été enthousiasmés par les premières déclarations et intentions de Viktor Orbàn ! », confie Marguerite Kardos, naturopathe qui vit entre la France et la Hongrie, « nous pensions qu’il voulait nous protéger ! »

    Les choses ne s’arrangent pas, au contraire. Une voiture surgissant à toute allure sur la route a récemment failli renverser Ferenc Bolye, qui a sauté dans le fossé pour sauver sa vie. Eva Acs conclut : « Au Moyen-Âge, les Turcs venaient et détruisaient nos terres. Maintenant c’est le gouvernement qui est devenu notre ennemi. »


    - Pour en savoir plus et aider Kishantos : Save Kishantos.


    Source : Elisabeth Schneiter pour Reporterre

    Photos : © Elisabeth Schneiter
    Sauf :
    . Photo József Angyan : Wikimedia ( CC-BY-SA-3.0/Andor Derzsi Elekes)
    . Photo Viktor Orbán : Wikipedia (CC BY 2.0/European People’s Party)

    Lire aussi : L’accaparement des terres sévit aussi en Hongrie

  • Street Art

    20 images qui vous feront dire : Comment ont-ils pensé à ça?

     

    Le street art devient de plus en plus populaire et les artistes de plus en plus créatifs. À la place des vandalismes inutiles, on voit à présent des œuvres impressionnantes. Ces 20 exemples sont particulièrement prodigieux car ils établissent une connexion avec leur environnement, dépassant leurs “canvas”. C’est incroyable de voir ce niveau de créativité.

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    Beaucoup d’entre eux nous captivent par leur simplicité enfantine et d’autres par leur complexité imposante. Partagez ces images brillantes.  

  • "Ton pire ennemi" (spiritualité)

    «Tu as besoin de faire face comme homme pour maximiser ton potentiel comme joueur»

    Novak Djokovic

    Novak Djokovic, y a-t-il une ou deux clés pour expliquer votre réussite ? 
    Je ne peux pas choisir une chose en particulier et dire : c’est le secret de ma réussite. Si c’était si simple, beaucoup de gens le feraient. C’est beaucoup d’années de travail, de sacrifices, de dévouement, pas seulement à l’entraînement. C’est aussi dans ta vie pour essayer d’être une meilleure personne et le meilleur joueur possible. Tu ne peux pas séparer ta vie professionnelle et privée, c’est quelque chose que j’ai découvert au fil des années.

    Tu es la même personne avec tes émotions, tes problèmes. Tu as besoin de faire face comme homme pour maximiser ton potentiel comme joueur. Dans des matches comme aujourd’hui, quand ça se joue à quelques points, si tu as quelque chose d’enfoui en toi, ça remonte et ça joue contre toi. C’est ton pire ennemi. Je parle de ma propre expérience mais tout le monde est différent. Ce n’est pas une formule du succès, juste quelque chose qui m’a aidé à m’améliorer.

     


     

  • Les insoumis non tolérés. (politique)

    Ajoutée le 26 janv. 2016

    L’UE planifie la surveillance des citoyens intolérants. L’ECTR (le Conseil Européen sur la Tolérance et la Réconciliation) a présenté un projet pour combattre l’intolérance.

    Sources / Liens :
     

    http://www.heise.de/tp/news/Intoleran... 

    http://www.europarl.europa.eu/meetdoc...

     

    Il n'est pas difficile de comprendre que cette surveillance n'est pas tant destinée à combarttre des comportements intolérants mais bien davantage à resserrer l'étau sur ceux qui n'entreront pas dans le cadre des textes édités par le "Conseil....

    C'est effrayant de voir à quel point la dialectique utilisée par les Etats européens est d'une perversité inégalée depuis quelques temps. 

     

    Georges Orwell est à mes yeux le plus grand vissionaire de notre siècle. Malheureusement. 

     

    Benjamin Franklin avait senti venir le problème également :

     “Ceux qui peuvent renoncer à la liberté essentielle pour obtenir un peu de sécurité temporaire, ne méritent ni la liberté ni la sécurité.”

     Cette citation originale est issue d’une lettre qu’aurait écrite Benjamin Franklin au nom de l’Assemblée de Pennsylvanie à l’attention du gouverneur de cette colonie, en 1755.

     

  • Microsoft et l'Education nationale (école)

    Un recours demande l'annulation du partenariat entre Microsoft et l'Éducation Nationale

    Le partenariat très léger signé entre Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation Nationale, et Alain Crozier, président de Microsoft France, est menacé d'annulation suite au recours du collectif EduNathon. (Crédit D.R.)

    Le partenariat très léger signé entre Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation Nationale, et Alain Crozier, président de Microsoft France, est menacé d'annulation suite au recours du collectif EduNathon. (Crédit D.R.)

    Le collectif EduNathon, qui regroupe le CNLL et les associations La Mouette et Ploss-RA, a déposé un recours gracieux contre une décision de la ministre de l'Éducation Nationale et menace de saisir le tribunal administratif pour annuler un partenariat contesté passé sans aucun appel d'offre avec Microsoft France.

    Le partenariat entre Microsoft France et le ministère de l’Éducation Nationale, après un contrat sans appel d’offre du ministère de la Défense forcement suggéré par l’Otan, ne passe toujours pas. Signé en novembre dernier dans le cadre du Plan numérique à l’école, sans avoir donné lieu à un appel d’offre ou à une procédure de marché public, ce partenariat a été immédiatement dénoncé par le Conseil national du logiciel libre. Cette convention préannoncée lors de la visite de Satya Nadella à l’Élysée le 9 novembre 2015 a été finalisée par Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation Nationale, et Alain Crozier, président de Microsoft France. D’une durée de 18 mois, il prévoit notamment des formations avec le concours d’associations, l’apprentissage de code, la mise à disposition d’un réseau social privé mais aussi l’utilisation de la suite Office 365 Education, couplée à l’outil MDM Intune pour gérer les postes de travail, et enfin Azure Active Directory pour l’identification des utilisateurs. Du 100% cloud Microsoft donc hébergé à l’étranger puisque la firme ne possède toujours pas d’infrastructures en France. Le partenariat porte aussi sur l’utilisation de solutions d’analyses pour mieux comprendre les tendances au sein de l’Éducation Nationale.

    Faute de réaction - autre qu’un tweet expéditif de la part du ministère de l’Education Nationale - un collectif baptisé EduNathon, qui rassemble le CNLL, les associationsPloss-RA et La Mouette, a décidé de lancer ce jour une procédure avec le concours du cabinet FWPA contre la ministre suite à cet accord présenté comme un partenariat. Un recours gracieux pour commencer avant de saisir le tribunal administratif. Le collectif demande le retrait de cette décision et ajoute « Bien que cet accord soit qualifié de « partenariat », la nature des prestations proposées par Microsoft France au sein de celui-ci conduisent à penser qu’il aurait en réalité du être qualifié de marché public, et qu’il aurait du être conclu à l’issue de la procédure normale relevant du Code des marchés publics. » Le cabinet ajoute encore que « la signature de cette convention paraît donc juridiquement très contestable, que ce soit au regard du droit de la concurrence, des principes de la commande publique ou des dispositions du code des marchés publics. » Gageons que cette fois la réaction du ministère ne se limitera pas à un pauvre tweet.

    Article de 

  • Bruno Giullani : L'école du bonheur (école)

    Témoignage d'un prof qui a quitté l'éducation nationale

    Par Bruno Giuliani

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    Pourquoi certains enfants aiment l'école alors que d'autres la détestent ? Pourquoi certains réussissent bien leur scolarité alors que d'autres sont en difficulté voire en total échec ? Pourquoi notre école est-elle en crise ? Comment l'en faire sortir ?</p> <p>Voici ma réponse, fondée sur plus de trente ans de réflexion et de pratique du système scolaire en tant qu'élève, parent d'élève et professeur : les enfants aiment l'école et réussissent quand elle permet leur épanouissement, ils la détestent et sont en échec quand elle l'entrave. C'est pourquoi je pense qu'il serait bon d'introduire les différentes techniques du développement personnel à l'école, à toutes les étapes du cursus scolaire. Mais pourquoi ne pas repenser complètement le système scolaire pour qu'il permette directement le développement personnel des jeunes ? Si notre école est en crise, ce n'est pas parce que les professeurs ne savent pas enseigner ou parce que les élèves ne veulent pas apprendre, c'est parce qu'elle ne respecte pas assez le désir essentiel des êtres humains, le désir d'être heureux.

    Le sens de l'éducation Je l'ai vécu en tant qu'élève tout au long de ma scolarité, je le vois aujourd'hui avec mes quatre enfants âgés de dix à dix neuf ans, je l'ai aussi constaté avec des milliers d'adolescents quand j'étais professeur en lycée : l'école ne réussit que si elle permet à un élève de se sentir progresser dans le sens de son désir. La première motivation des élèves n'est pas la culture ni la formation en vue d'un travail, c'est le mieux-être : devenir plus compétent, plus puissant, plus libre, plus épanoui. Comme tout être humain, un enfant est un être de désir. Il n'accomplit une action que s'il y trouve un intérêt, que s'il se sent motivé dans son être par cette action et le fruit de cette action. Or le désir essentiel de l'homme est d'être heureux, d'acquérir tout ce qui lui permet d'être plus heureux. L'école doit certes transmettre les bases du savoir, mais le but fondamental de l'éducation est selon moi de développer l'aptitude au bonheur. Une école doit être comme une famille : un lieu où les enfants s'épanouissent, où ils se sentent bien, parce qu'ils se sentent progresser sur leur chemin de vie.

     

    La finalité de l'école Le but de l'école n'est pas seulement de transmettre des connaissances ou de socialiser les enfants, il est de transformer un être immature en personne autonome, responsable et épanouie, capable de bien vivre avec les autres, conformément à son désir.

    Quel est le critère d'une bonne école ? Je n'en connais qu'un, mais il suffit : c'est qu'il y règne la joie d'apprendre. L'expérience montre qu'un apprentissage réussit lorsque les élèves aiment ce qu'ils apprennent et la manière dont ils l'apprennent. Lorsqu'ils comprennent la légitimité et l'intérêt de ce qu'on leur enseigne et qu'ils peuvent en tirer une satisfaction. L'acquisition d'un savoir ne va certes jamais sans effort ni difficulté. Il faut du courage pour étudier une discipline, faire des exercices, suivre un programme, accepter des contraintes. Mais il est impossible de bien apprendre quoi que ce soit sans une forte motivation personnelle. Le drame de l'éducation scolaire, c'est qu'elle ne tient aucun compte du désir des élèves. La plupart ne sont absolument pas intéressés par ce qu'on leur enseigne. Beaucoup ne comprennent même pas pourquoi on leur apprend certaines matières comme les mathématiques, l'histoire ou la philosophie, voire le français, les langues ou la musique. C'est que le système scolaire met au centre le savoir et non l'être humain. Il donne la priorité à ce qui est secondaire, le savoir du maître à transmettre avec son objectivité et sa rigueur, et il néglige l'essentiel, le désir de s'améliorer de l'élève, avec toute sa subjectivité, sa singularité, sa personnalité. Les grands pédagogues le disent depuis Rousseau : Pestalozzi, Montessori, Freinet, Steiner... Tous savent qu'il faut mettre le désir d'évoluer de l'enfant au cœur du processus éducatif. Mais les meilleurs témoins sont les élèves. Ils savent immédiatement reconnaître les « bons profs » des « mauvais profs ». La distinction est certes caricaturale, mais elle n'est pas sans pertinence.

    Les bons et les mauvais profs Les bons profs sont ceux qui aiment enseigner et réussissent à transmettre leur savoir « en intéressant leurs élèves », comme ils disent, et cela marche quels que soient le niveau et la matière. Ils savent s'adresser non seulement à l'esprit mais aussi au cœur de leurs élèves, ils n'ont pas peur de s'impliquer dans des relations authentiques, sont attentifs à leurs besoins, font évoluer leurs cours, savent adapter leurs méthodes. Est-ce un hasard si la plupart d'entre eux ont eu une démarche de développement personnel dans leur vie privée ? Les « mauvais profs » sont ceux avec qui les élèves n'aiment pas étudier parce que leurs cours ne sont pas vivants. Ils se contentent de réciter leurs connaissances de manière impersonnelle et sont ennuyeux malgré la meilleure volonté pédagogique du monde. J'ai bien peur qu'ils soient les plus nombreux dans l'éducation nationale. Mais ils font ce qu'on leur demande et ce qu'on leur a appris. Les universités et les IUFM sont centrés sur le savoir et l'efficacité de sa transmission, non sur l'être humain et son épanouissement. Comment pourrait-il en être autrement à l'école?

    Une pédagogie du désir

    La pédagogie est pourtant une science bien simple. Le principal moteur de l'apprentissage est le même que n'importe quelle action humaine : c'est la recherche de ce qui est bon, c'est l'amour de la vie. « Le désir est l'essence de l'homme », comme le dit Spinoza. C'est parce qu'on néglige cette vérité anthropologique fondamentale que tout va si mal dans le grand navire de l'Education Nationale. Tant de professeurs ne s'intéressent pas au désir de leurs élèves, ne les aiment pas, et souvent, les méprisent... Comment cela ne serait-il pas réciproque ?

    Tout se passe mieux lorsqu'un professeur entre en dialogue avec ses élèves, qu'il les valorise et adapte son enseignement de manière à satisfaire leur désir de bonheur. Quand il leur montre l'intérêt de sa matière dans l'optique de la vie. L'enseignement réussit surtout bien lorsqu'il procure à l'élève une joie d'apprendre : joie d'augmenter son savoir et son savoir-faire, d'accroître son autonomie, de devenir meilleur, plus estimable, plus vivant. C'est la leçon qu'on peut tirer de l'extraordinaire expérience pédagogique du petit Arthur relatée dans « mon école buissonnière » : un enfant normal apprend tout très vite quand il travaille dans l'amour et la joie : stimulé par ses parents, Arthur a eu son bac à 11 ans et une licence de math à 13 sans aller à l'école, avec beaucoup d'équilibre et de bonheur.

    Une telle réussite demande une tout autre manière d'enseigner que celle à laquelle nous sommes habitués. Je le vois bien avec mes enfants, je l'ai également vu pendant mes dix années passées dans l'éducation nationale, d'abord comme professeur de sciences en collège, puis comme professeur de philosophie en lycée.

    Mon expérience d'enseignant

    Le scénario se répétait chaque année, avec toutes mes classes. Les élèves arrivaient avec des années de conditionnement éducatif derrière eux. Ils étaient habitués à rester passifs et à travailler sans motivation, par contrainte. Il y avait bien toujours une petite poignée d'élèves sérieux et motivés, mais la grande masse était démotivée, découragée, avec un noyau grandissant de jeunes en échec et dégoûtés par le travail, qui rendaient la classe impossible à gérer. Alors que tous sont si pleins de vie et désireux d'apprendre ! Que fait l'enseignant classique ? Il fait ce qu'on lui demande et ce pour quoi on le paye : il fait son cours en s'adressant de la même manière à tous les élèves. Il sait que seule la petite partie motivée et au niveau peut le suivre, mais il a un programme à respecter... Je ne crois pas exagérer en disant que la majorité des élèves n'écoutent pas les cours de leurs professeurs. C'est ce qui est si décourageant quand on est enseignant : tous ces efforts, pour si peu de résultats...

    C'est aussi ce qui se passait dans mes classes au début, quand je faisais mes cours sans m'intéresser aux élèves. Des dizaines d'heures de préparation, toute mon énergie en classe pour les intéresser, mais ils ne se sentaient pas concernés. Ils s'ennuyaient, se mettaient à dessiner, à bavarder entre eux, dormaient ou faisaient leurs devoirs pour les autres matières. Je n'ai été efficace que lorsque j'ai commencé à concevoir mes cours comme des séances de développement personnel : en impliquant les élèves dans leur être, en m'intéressant à tous, individuellement, surtout les plus faibles, en étant attentif à leur demande éducative. J'ai multiplié les initiatives pour rencontrer leur désir, susciter leur motivation, stimuler leur goût de comprendre. Cela supposait surtout que je m'intéresse à eux personnellement, que je sache les impliquer existentiellement, que je leur montre que mon enseignement pouvait les aider à résoudre leurs problèmes de vie. Mes cours marchaient bien quand ils ne se contentaient pas de transmettre un programme de sciences ou de philosophie mais qu'ils leur apportaient un plus dans leur vie. Je suis ainsi devenu le professeur à part, celui qu'on préfère parce qu'on peut dialoguer librement, étudier ce qu'on désire, travailler dans la joie et même, parfois, jouer, rire et se reposer.

    Un professeur de bonheur

    Avant d'être un professeur face à des élèves, je me sentais un être humain face à d'autres êtres humains. Plus compétent, certes, mais pas nécessairement supérieur. Et je suis devenu peu à peu un professeur heureux, avec des élèves heureux d'étudier la philosophie avec moi comme un moyen d'épanouissement personnel et regrettant de ne pas avoir commencé bien plus tôt.

    Ce travail était passionnant, mais épuisant. Les élèves que j'accueillais en terminale étaient trop conditionnés par le système scolaire, et j'entendais beaucoup de critiques de la part des collègues et de l'administration. Après des années d'efforts pour faire mes cours dans l'esprit du développement personnel, j'ai pris congé de l'éducation nationale et j'ai créé ma propre école de philosophie. Une école ouverte à tous, jeunes et moins jeunes, dans laquelle je m'épanouis en enseignant librement la philosophie pratique à tous ceux qui désirent progresser en sagesse et en bonheur.

    Le besoin de philosophie pratique Il est bien dommage que l'école de la République ne puisse faire profiter les élèves d'un tel enseignement. Ce n'est pas en terminale, en une année et pendant la période du bachotage que l'on peut profiter pleinement d'un enseignement philosophique. C'est tout au long de la scolarité et dès le plus jeune âge qu'il est essentiel d'apprendre à penser par soi-même, à dialoguer, à comprendre sa vie, à développer son éthique, à réfléchir librement sur l'homme et le monde, la connaissance et la vérité, la pratique et les valeurs... Et même tout au long de la vie.

    Les initiatives pour introduire la philosophie à l'école ont toutes été des succès. Pourquoi ne pas les généraliser ? Pourquoi ne pas introduire la philosophie comme matière obligatoire dans toutes les formations d'enseignants et dans toutes les écoles, à tous les niveaux ? Il n'y a qu'un piège à éviter, dans lequel les professeurs de terminale tombent trop souvent : rester trop conceptuel, général et théorique, trop loin de la vie pratique et des préoccupations des jeunes. Philosopher, c'est apprendre à mieux penser pour mieux vivre. La philosophie est avant tout un exercice spirituel destiné à s'améliorer soi-même, comme l'a bien montré Pierre Hadot. C'est en fait la discipline par excellence du développement personnel. Pourquoi ne pas la pratiquer ainsi à l'école ?

    Des méthodes non orthodoxes Au lycée, je commençais toujours mes cours par un témoignage personnel. J'invitais un élève à exposer un problème existentiel à ses camarades puis nous cherchions ensemble le problème philosophique en jeu et les solutions possibles : dois-je dire à mes parents que je me drogue ? Comment lutter contre mon racisme ? Est-ce que je crois toujours en Dieu ? Puis-je tromper mon petit ami ? Pour qui voter ? Comment vaincre ma peur de l'avenir ?

    Je n'hésitais pas non plus à parler de ma vie personnelle pour montrer comment la réflexion philosophique me permettait de résoudre des difficultés pratiques. Tous les élèves écoutaient alors avec intérêt, sans exception. Quand ils étaient saturés de paroles, de concepts et de théorie, je profitais de la liberté totale qui est laissée aux enseignants pour introduire des exercices pratiques comme on en trouve dans les stages de développement personnel : séances de relaxation, exercices de sophrologie, tests psychologiques, dialogues à deux, séances de massage, scène de théâtre, jeux comiques, écriture de lettres d'amour, rêves lucides, mouvements de Tai Chi, postures de Yoga, jeux divers, méditation, travail avec vidéo, exercices de Biodanza, chansons, séances de blagues et même des parties de football... J'y consacrais quelques séances par trimestre ou quelques dizaines de minutes dans un cours pour dynamiser la classe ou illustrer des parties du programme. L'intimité et la confiance ainsi créée permettait de pratiquer autrement et plus joyeusement la philosophie, sans perdre la rigueur de la pensée et l'exigence de la raison. Ces séances très vivantes et créatrices étaient adorées par les élèves mais mal vues par mes collègues et l'administration lorsqu'elle en avait vent. C'est que je ne me contentais pas de leur enseigner la liberté de penser, je les invitais à la liberté d'agir. Cela supposait parfois des pratiques non orthodoxes : nous abandonnions les livres, enlevions les tables pour nous asseoir en rond, nous sortions parfois de la classe pour rejoindre la salle de documentation ou de gym, trouver un coin de nature ou aller sur le terrain de sport. Le plus souvent, il suffisait d'inviter les élèves à une expérience sans rien modifier à la classe : quelques minutes de relaxation assise avant de commencer le cours, quelques blagues pour détendre l'atmosphère et en tirer une règle de sagesse, ou un exercice pratique pour « vivre » un thème du programme.

    De la philosophie en acte L'école traditionnelle privilégie beaucoup trop l'apprentissage théorique, conceptuel et abstrait. Au contraire, le développement personnel propose des voies d'intégration de toutes les potentialités humaines, notamment les plus négligées par notre éducation : la pratique, le corps, l'action. Ses possibilités d'application à l'enseignement sont infinies. Voici trois exemples tirés de ma pratique.

    1. Terminale scientifique, cours sur la superstition. Laurent s'enflamme et me dit qu'il est certain que les esprits existent. Je lui demande de sortir pour chercher de la craie et demande à son meilleur copain de se cacher dans une armoire. Il revient et je propose de faire une séance de spiritisme en classe. Il s'enthousiasme et propose de l'organiser. Il demande le silence, fait l'obscurité et interroge : esprit es-tu là ? « L'esprit de l'armoire » se met alors à frapper et à répondre avec pertinence à toutes ses questions. C'est le triomphe : « vous voyez bien que ça existe ! » Il ouvre même l'armoire et ne voit pas son copain qui était pourtant bien visible. Toute la classe s'écroule de rire... Esprit critique, es-tu là ? Il était ensuite facile d'expliquer les mécanismes de l'illusion à l'œuvre dans la superstition et ses dangers. 2. Terminale économique, cours sur le langage. Qu'est-ce qu'un concept ? Les élèves font la moue. Je leur demande alors de venir au tableau un par un pour mimer un concept, du plus simple au plus subtil. Soudain, grand intérêt, climat de joie et beaucoup d'étonnement de voir la difficulté de communiquer sans langage. Stupéfaction parfois devant les gestes absurdes de certains élèves pourtant intelligents, alors que d'autres plus faibles se révèlent très doués pour la communication non verbale. Tous se rendent compte de la nécessité du langage pour exprimer certaines réalités. Je commence alors mon cours, mais un élève me demande de le mimer...

    En un quart d'heure de gesticulation des plus comiques, je parviens à leur faire comprendre une phrase complexe : la définition d'un concept. Tous s'en sont souvenus.

    3. Terminale technique, cours sur autrui. J'explique l'importance du dialogue authentique pour créer l'amitié. C'est une classe très difficile dont tous les professeurs se plaignent (à part moi). Un élève me dit que tout le monde se déteste dans cette classe depuis un conflit en début d'année et que personne ne parle jamais à personne. Je propose alors à chacun de choisir un camarade avec qui il est en conflit, de se mettre à côté de lui et d'écrire sur une feuille « pourquoi est-ce que tu ne m'aimes pas ? ». Malgré quelques réticences, tous s'exécutent, les feuilles et les réponses s'échangent pendant une demi heure, avec la consigne d'éviter tout reproche, de ne parler que de soi et de terminer sa réponse par une question à l'autre pour faire sa connaissance.

    L'atmosphère change : le silence devient intense dans cette classe d'habitude chahuteuse voire violente. Des rires, des larmes, puis lecture à la classe de quelques dialogues. Analyse en commun de la situation : le conflit venait d'une incompréhension, et l'incompréhension, d'une mauvaise communication. Tout est allé mieux ensuite. Le cours d'après, un élève vient me voir pour me dire qu'il a fait faire l'exercice à ses parents qui n'arrêtaient pas de se disputer et que ça avait « incroyablement marché ». Ce n'est qu'un petit échantillon de ce qu'on peut faire pour introduire l'esprit du développement personnel dans l'enseignement. Les résistances au changement sont fortes dans notre système, mais les besoins sont immenses. Plus d'une fois des collègues sont entrés dans ma classe en croyant que je n'étais pas là parce qu'ils entendaient trop de rires ou de cris. Beaucoup n'aimaient pas mes méthodes jugées « fantaisistes ». Mais le fait est là : mes élèves aimaient venir dans mes cours, ils réussissaient aussi bien au bac sinon mieux, et ils avaient avec moi le sentiment de savoir pourquoi ils venaient à l'école. Par chance, mon proviseur était compréhensif. Il m'a seulement demandé une lettre de l'inspecteur d'académie pour légitimer mes méthodes après qu'une parente d'élève lui ai téléphoné pour savoir s'il était normal que le cours de philosophie se déroule sur le terrain de sport. Je n'ai plus ce genre de problèmes depuis que je ne travaille plus en lycée mais je me sens toujours concerné par le devenir de notre école.

    Un problème de société

    J'ai bien peur que les professeurs compétents qui aiment ce métier et réussissent avec leurs élèves ne soient amenés comme moi à se marginaliser dans le système éducatif ou à s'en exclure d'eux-mêmes pour pouvoir enseigner dans de bonnes conditions. Notre ministre philosophe Luc Ferry a absolument raison de vouloir réformer en profondeur le système scolaire, mais il risque de s'y casser les dents comme ses prédécesseurs s'il n'est pas attentif aux véritables désirs des acteurs de l'école. A mon sens, le problème scolaire dépasse largement la question de l'éducation. Il prend sa racine dans l'idéologie diffuse qui règne dans toute notre société. Idéologie du « progrès » et de « l'humanisme », certes, mais bien éloignée des désirs et de la raison. Notre système éducatif ne donne pas la priorité au désir de culture, de sagesse et de bonheur des individus. Il suit la tendance de la société à privilégier des valeurs comme la rentabilité économique, la compétition sociale, la puissance technique, la réussite médiatique ou le progrès scientifique.

    Changer le système ?

    Si j'étais ministre de l'éducation nationale, je proposerais de faire ce que la grande majorité des élèves, parents et professeurs demande, ou plutôt désire sans oser le demander : totalement changer le système éducatif. J'entends souvent dire que la France a le meilleur système éducatif du monde. C'est peut-être vrai, mais selon quels critères ? Les 80 % de réussite atteint au baccalauréat sont un leurre. J'ai vu des milliers de candidats avoir leur baccalauréat avec un niveau déplorable : aucune culture solide, une intelligence médiocre, une totale immaturité.

    La majorité des bacheliers ont moins de sept en philosophie, malgré l'augmentation constante des barèmes de notation. Ils ne savent pas penser par eux-mêmes, ne comprennent pas ce qu'ils disent, ne savent pas maîtriser les concepts de base. Comment pourrait-il réussir ensuite à l'université ? Et que dire de tous ceux qui n'arrivent pas au bac ? La vérité, c'est que notre système éducatif est catastrophique. Il est construit depuis la maternelle pour fabriquer une élite pour les grandes écoles et non pour épanouir la totalité des enfants et en faire des êtres heureux, des hommes intelligents et des citoyens responsables. La plupart des élèves perdent leurs capacités, leur intérêt pour le savoir, leur désir de progresser durant leur scolarité.

    La majorité des professeurs se sentent en échec. Mais ce n'est pas une fatalité. L'école peut changer. Ce n'est qu'une question de volonté. Qui sait quel animal merveilleux le Mammouth pourrait devenir si on savait écouter son désir ?

    L'école de rêve Il ne s'est pas passé une année sans que je demande à mes élèves de répondre à la question « quelle serait pour vous l'école idéale ? ». Les réponses étaient toujours très originales, pertinentes et réalistes. Tous rêvaient à peu près de la même chose, une école au service de leur épanouissement : moins de travail en quantité mais plus en qualité, de bons profs, de l'écoute, une ouverture sur la vie, et surtout, plus de joie... Quel ennui dans la plupart des classes... Et quelle tristesse... Une mesure très simple (mais scandaleuse) permettrait d'améliorer grandement l'école : laisser les élèves choisir leurs professeurs.

    Beaucoup d'enseignants se retrouveraient peut-être sans élèves et n'auraient plus qu'à changer de métier ou à l'apprendre auprès des meilleurs d'entre eux. Mais les élèves y gagneraient. Il est bon en principe de réduire les effectifs par classe et d'augmenter les horaires par matière. Mais il vaut mieux une heure de cours excellente dans un amphi avec cinq cent élèves qu'une heure médiocre donnée par cinquante profs avec des classes de dix.

    Et pour nous, quelle serait l'école idéale ? Qu'est-ce qui nous empêche de la créer, de la maternelle à l'université ? Je pense personnellement que presque tout doit être changé : les horaires, les matières, les programmes, les formations des professeurs, les modalités d'examens, les méthodes pédagogiques. Mais l'essentiel n'est pas là. Il est « invisible pour les yeux », comme dit le petit Prince : c'est ce qui se passe dans le cœur de l'élève, et dans la qualité de la relation entre les enseignants et les enseignés.

    Du réalisme Un tel projet demande autant de courage que de prudence. Il ne s'agit pas de révolutionner l'école mais de la réformer progressivement en exploitant ses ressources pour qu'elle réponde mieux aux besoins de tous. Nous disposons d'une magnifique invention pour cela : la démocratie. L'État n'a jamais demandé au peuple de se prononcer sur l'école qu'il désire. Pourquoi ne pas lancer une réflexion nationale sur l'école ? Pourquoi ne pas lancer une enquête pour demander à tous les français de se prononcer sur l'école qu'ils désirent, sans oublier les premiers concernés : les enfants ? Nous pouvons nous inspirer des autres systèmes éducatifs dans le monde, des institutions parallèles comme les écoles Steiner ou Krishnamurti, des essais innovants tels que la « méthode Arthur ».

    Introduire quelques heures de développement personnel et de philosophie dans les classes serait excellent, comme il serait bon de développer les pratiques artistiques et le sport à l'école, mais cela serait insuffisant pour supprimer le malaise des enseignants, donner aux élèves le goût de travailler et éliminer l'échec scolaire. C'est toute la philosophie de l'éducation qu'il faut changer dans notre pays, toute la manière d'envisager la scolarité, dans l'esprit de tous. Utopie ? Non, si on s'en donne les moyens, et si on sait poser les bonnes questions. Quelle société désirons-nous ? Quelle humanité désirons-nous créer ? Soyons réalistes : c'est ce débat philosophique qu'il faut avoir le courage d'ouvrir si nous voulons vraiment améliorer le système éducatif. « Seul un dieu peut encore nous sauver », disait Holderlïn. Ce dieu, c'est peut-être l'école du bonheur.

    À lire :

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    Préface de Frédéric Lenoir

    Tous les hommes veulent le bonheur ; mais comment l’atteindre ? Et est-ce même possible ? La plupart des gens – et des philosophes – proclament que le bonheur total n’existe pas, qu’il est impossible de vivre dans une totale satisfaction, qu’il ne peut exister que des instants fugitifs de joie dans une vie au mieux agréable. Or les sages de l’humanité, Epicure, Bouddha, Spinoza, Ramana Maharshi par exemple, nous disent le contraire : la félicité est possible car elle est notre état naturel.

    Bruno Giuliani affirme ici en s’inspirant de ces grands maîtres que le bonheur absolu est possible et il nous donne les clés pour l’atteindre. Pour cela, il faut cultiver l’ensemble des vertus humaines pour épanouir en nous les cinq sentiments de base du bonheur : la joie qui en est l’essence, l’amour, qui en est la source, la sérénité, qui en est la condition, l’enthousiasme, qui en est le moteur et enfin la félicité qui en est le sommet.

    Ce livre est une invitation à progresser sur le chemin de la sagesse en pratiquant la philosophie de la joie. S’appuyant sur la sagesse des grandes traditions philosophiques et spirituelles que l’auteur maîtrise parfaitement, s’appuyant aussi sur son propre vécu d’homme heureux, et sur des dizaines de témoignages issus de sa pratique de coaching de vie et de la joie, Bruno Giuliani nous offre un livre unique capable de transformer notre vie. Profondément.


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    L'amour de la sagesse, initiation à la philosophie, Editions du Relié

    Ce livre propose une initiation simple, claire et complète à la philosophie. Chacun sait que la philosophie est une réflexion sur le monde qui a pour but la recherche de la vérité. Mais on oublie souvent que la philosophie n'a pas pour but le savoir, mais la sagesse. Sa finalité n'est pas la science, mais le bonheur. Son moteur n'est pas la raison, mais le désir. Son horizon n'est pas la vérité, mais le sens. La philosophie ne prend toute sa valeur que si elle exprime notre amour de la vie, en réalisant notre désir le plus profond: celui d'accomplir notre humanité pour habiter ce monde dans la plénitude du corps et de l'âme.





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    Le bonheur avec Spinoza, L'Ethique reformulée pour notre temps, Almora.
    Spinoza est peut-être le plus grand philosophe de l'Occident, mais il est si difficile à lire que très peu arrivent à le comprendre. Voici son Ethique rendue enfin accessible à tous dans une version simplifiée et modernisée enrichie de précieuses explications et de nombreux exemples. Reformulant l'Ethique dans le sens des sagesses non-duelles, Bruno Giuliani met en lumière l'intuition la plus révolutionnaire de l'oeuvre, souvent incomprise de ses lecteurs, à savoir que le véritable sens de Dieu - c'est-à-dire la nature - est en réalité la Vie. Accompagnant le lecteur tout au long de l'ascension spirituelle qui va de la souffrance de l'ignorant à la liberté du sage, il montre comment se libérer des illusions de la morale et s'éveiller à la grâce de l'amour par la seule compréhension de la vérité. L'Ethique apparaît alors clairement pour ce qu'elle est : une extraordinaire pédagogie du bonheur dont la méthode est la thérapie de l'affectivité par l'éveil de notre intuition. Plus nous comprenons nos affects comme des expressions nécessaires de la Vie, plus nos passions se transforment en vertus et plus nous devenons libres, aimants et heureux, jusqu'à la plus haute béatitude. Une invitation magistrale à éveiller notre coeur à l'unique source du bonheur - et au sens même de l'existence : la culture de la joie. 

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    Vivre Amoureux, L'art d'être heureux en amour, Editions Eden (avec Raul Terren)

    Deux hommes se rencontrent pour parler de l’amour…  Pour une nuit ou pour la vie, comment être heureux en amour ? Leur réponse : aimer ne suffit pas. Le secret est d’être amoureux. 
    Et pour vivre durablement dans l’enchantement amoureux, hommes et femmes ont besoin de cultiver toutes les dimensions de la joie amoureuse : la jouissance des corps par le culte de l’érotisme.
    La réjouissance des âmes par la culture de l’amitié. La jubilation d’être soi par le déploiement de l’autonomie. La tendresse du coeur par le partage de la douceur.  L’extase de l’esprit par la célébration du sacré.  Désirer, prendre soin, vénérer…  C’est le nid dont l’amour a besoin pour s’épanouir dans le couple comme dans toutes nos relations.  Mieux qu’une philosophie de l’amour : une sagesse amoureuse. Plus qu’un art d’aimer : un hymne au bonheur.  


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