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  • Année 2014

    Année 2014.

    Pour la première fois en trente-deux ans, je n'ai donc pas pris ma classe à la rentrée.

    Et je n'ai absolument pas l'intention d'y retourner.

    J'ai explosé en vol et je tâche depuis des mois de reconstruire la carlingue et de remettre le moteur en marche. 

    Migraines ophtalmiques, acouphènes, sciatique, lombalgies, vertiges, baisse de tension, crise de tétanie, perte de sommeil, asthénie, anhédonie, anorexie, burn out et dégoût.

    J'ai envoyé en octobre une demande écrite de démission avec Indemnité de départ volontaire. J'attends la réponse.

    J'avais proposé une reconversion dans la fonction publique mais il m'a été répondu qu'avec "seulement un BAC et mon diplôme d'instituteur, je n'obtiendrais rien sans repasser par la case Université, licence et Master."

    Je viens de la Préhistoire et 32 ans de carrière, ça ne vaut rien. Un jeune diplômé en architecture byzantine est bien plus qualifié que moi....

    Tout ce que j'avais écrit sur les effets destructeurs de cette réforme se révèle exact. On n'en est qu'au début. Le GVT ne changera pas de ligne de conduite. 

    Je ne changerai pas la mienne. 

    Je suis à demi salaire depuis trois mois, j'ai été convoqué en hôpital psychiatrique, j'attends les résultats de la commission médicale. 

    Les médecins que j'ai rencontrés me conseillent de manger des pilules roses et regrettent que je ne le fasse pas, arguant que les méthodes que j'utilise ne seront pas suffisantes. 

    Elles le seront.

    L'Amour a une force guérisseuse qu'ils ignorent.

    Tout ça était inimaginable pour moi. Absolument inconcevable. Je n'aurais jamais pu imaginer qu'un jour, je quitterais ma classe de cette façon, qu'un jour, je n'accompagnerais plus les enfants dans leur développement personnel.  

    De la même façon, je n'aurais jamais pu imaginer que je m'engagerais dans une formation de thérapeute, que je me livrerais ainsi devant des personnes que je n'avais jamais rencontrées, que je sortirais de ma réclusion volontaire, que j'en viendrais à explorer en moi les résidus fossilisés des épreuves, que j'ouvrirais des portes dont je n'avais même pas conscience......

    La Vie a une imagination infinie......

    Je suis donc dans l'incapacité de savoir ce que les prochains mois me réservent.

    Mais mes convictions resteront les mêmes.

    J'avance sur le chemin que je trace. 

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  • SDF et vacanciers

    Des Sans abris qui meurent de froid là où 15 000 vacanciers sont hébergés en quelques heures parce que les routes sont enneigées....Il y a quelque chose de pourri dans ce Royaume. 

    Des vacanciers qui partent à la montagne dépenser leur argent mais qui ne s'équipent pas pour franchir des routes enneigées....D'une bêtise sans nom.

    Mais évidemment, ils seront secourus parce qu'ils sont rentables, consommateurs, qu'ils paient leurs impôts, que ce sont de "bons Français".....

    Juste du dégoût....

    Je ne dis pas qu'il fallait les laisser bloqués dans leurs véhicules avec femmes et enfants mais il faudra m'expliquer pourquoi des individus sont abandonnés là où il existe des structures d'accueil dans tout le pays, dans une urgence absolue....

    Il faut avoir eu froid, vraiment froid un jour dans sa vie pour savoir ce que ça représente. Pour ma part, la montagne s'est chargée déjà de me faire connaître cette épreuve. Et c'est redoutablement destructeur.  


    DÉCEMBRE NOIR - Quatre SDF sont morts de froid depuis ce week-end à Paris, à Douai,à Rodez et dans les Alpes-Maritimes. Deux autres ont péri dans l'incendie d'un squat en Seine-et-Marne où ils avaient essayé de faire un feu pour se réchauffer.

    Les SDF payent de leur vie la vague de froid qui s'est abattue depuis quelques jours en France. Trois d'entre eux sont morts ce week-end, vraisemblablement été victimes d'hypothermie, à Paris, à Douai et dans les Alpes-Maritimes. Deux autres ont péri mardi dans l'incendie d'un squat en Seine-et-Marne où ils avaient essayé de faire un feu pour se réchauffer. Mardi, c'est un sans-abri belge qui a été retrouvé mort à Rodez dans un chantier où il s'était abrité.

    >> LIRE AUSSI - Comment aider un SDF dans le froid ?

    Incendie mortel d'un squat en Seine et Marne. Deux sans domicile fixe ont péri mardi matin dans l'incendie d'un squat à Brie-Comte-Robert, en Seine-et-Marne, dans lequel ils s'étaient réfugiés à cause du froid et où ils ont vraisemblablement tenté de faire un feu. L'incendie s'est déclaré vers 5h30 dans ce bâtiment désaffecté situé à une trentaine de kilomètres à l'est de la capitale. "Les corps de deux hommes, deux SDF, ont été retrouvés carbonisés à l'intérieur. Nous pensons qu'ils s'étaient réfugiés là à cause du froid".

    A Paris, un malaise cardiaque à cause du froid ? Un SDF mort à Paris dimanche soir, "manifestement" en raison du froid, a annoncé la mairie de Paris mardi matin. L'homme, âgé de 50 ans, a été trouvé aux environs de 21 heures, place du colonel Bourgoin, dans le 12e arrondissement de la capitale, par les services de secours. Il était alors "en état d'hypothermie" et a fait un malaise cardiaque alors qu'on lui fournissait les premiers soins dans le véhicule sanitaire. La personne "n'a pas sollicité les services du 115" qui l'avaient approché quelques jours auparavant, a-t-on précisé.

    >> LIRE AUSSI : En France, le nombre de SDF a presque doublé en 10 ans

    Hypothermie fatale pour un Belge de 46 ans dans les Alpes-Maritimes. La préfecture des Alpes-Maritimes a annoncé mardi qu'un SDF belge de 46 ans était mort de froid dimanche. Un SDF belge de 46 ans est mort de froid dimanche matin sous sa tente à Mandelieu-la-Napoule, dans les Alpes-Maritimes, a annoncé mardi la préfecture du département. "Le décès est dû au froid, combiné à l'alcoolémie", a informé la préfecture. Dans la nuit de samedi à dimanche, Mandelieu-la-Napoule avait été balayée par un vent glacial fort, sans doute à l'origine d'une hypothermie fatale à cet homme fortement alcoolisé, a estimé la police municipale.

    A Douai, le SDF avait 29 ans.Samedi, c'est un homme sans domicile fixe de 29 ans qui avait retrouvé inanimé à Douai, dans le Nord. Il était décédé dans les heures qui ont suivi sa découverte, là encore, vraisemblablement victime d'hypothermie.

    Un SDF belge retrouvé mort à Rodez. Un sans-abri belge a été retrouvé mort mardi dans un chantier de Rodez où il s'était abrité. L'homme de 42 ans, qui était connu des services de police en tant que personne sans domicile fixe, a été retrouvé mort vers 13H30 par les pompiers, alertés par un particulier. Il s'était fabriqué un abri de fortune avec les matériaux d'un chantier à l'arrêt depuis quelques jours. Sur place, les policiers de Rodez ont découvert plusieurs bouteilles d'alcool vides. Les températures sont descendues jusqu'à moins 6 degrés dans la nuit de lundi à mardi à Rodez.


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  • GILETS JAUNES : Dossier de presse (école)

    Ce dossier a été écrit par une des enseignantes des Gilets Jaunes. Il décryptait en détail les effets de cette Réforme avant la rentrée 2014. Il est donc intéressant à la fin de l'année civile que chacun et chacune analyse ce qu'il en est aujourd'hui dans la réalité quotidienne des enfants. 

    Ce dossier est libre de partage.

    Merci à Céline Fabre pour ce travail de synthèse.

     


     

    file:///C:/Users/PC/Downloads/Dossier%20Presse%20-%20Rentr%C3%A9e%202014%20(1).pdf

     


     

     

    Dossier de presse


    "Rythmes Scolaires : Un cataclysme pour septembre 2014"




    EDITO
    A quoi sert l'Ecole ?
    Je crois que l'école, lieu dans lequel l'enfant passe la majeure partie de ses journées, doit être avant tout un endroit où l'élève se sent bien, en confiance, en sécurité, le lieu dans lequel il va s'élever, apprendre, apprendre à penser, tout en ayant droit à l'erreur.
    Tout comme Benoît Hamon, ma scolarité s'est déroulée en Afrique où j'ai été témoin de l'inégalité devant le droit à l'instruction.
    L'Ecole Républicaine est pour moi porteuse de valeurs incontournables : une école obligatoire, laïque, gratuite, mais surtout égalitaire pour tous les enfants.
    Professeur des écoles depuis 2006, j'ai connu la semaine à 4,5 jours. En effet, les élèves avaient alors classe le samedi matin dans mon école du haut-Var.
    En 2008, le temps scolaire s'est organisé sur 4 jours (M. Darcos passe de 26 heures d'enseignement à 24 heures avec les mêmes programmes et 2 heures d'Aide Personnalisée
    pour les élèves en difficultés (suppression de 80 000 postes dont les RASED).
    En 2012, M. Peillon fait de la réussite scolaire sa priorité.
    Plutôt que de rétablir les 2 heures disparues en 2008, il s'imagine qu'en "rajoutant" une matinée de classe avec un même volume horaire (24 heures), le niveau de ses petits écoliers remontera.
    Ainsi, le décret Peillon voit le jour le 24 janvier 2013.
    4000 communes "choisissent" alors de le mettre en place en septembre 2013.
    Son successeur, M. Hamon, aux vues des dysfonctionnements engendrés par la réforme, fait une faveur aux français : il "assouplit" le décret Peillon.
    Rejeté à la majorité au CSE, ce nouveau décret Hamon est publié le 8 mai 2014.
    Toutes les communes devront l'appliquer à la rentrée 2014.
    Force est de constater que le gouvernement ne tient pas compte des avis majoritaires défavorables à ses projets.
    Pire encore, il use sur le terrain de méthodes peu glorieuses pour passer en force son projet.
    Le gouvernement reste sourd et bafoue la "démocratie".
    Alors finalement, à quoi sert l'Ecole si, lorsqu'elle forme des citoyens, ces derniers ne sont pas entendus ?
    Ce dossier dénonce le mépris et l'entêtement du gouvernement et demande au Ministre de l'Education Nationale d'ouvrir la "table des négociations" !
    Céline FABRE - Porte parole Gilets Jaunes.

     



    Sommaire
    I. Qui sont les Gilets Jaunes ? (page 4)
    II. Le contexte actuel (page 6)
    1. 24 janvier 2013 : le décret Peillon
    2. 8 mai 2014 : un assouplissement qui n’arrange rien : le décret Hamon
    3. Un battage médiatique, des pressions, des menaces
    III. Stop à la désinformation ! (page 9)
    Ne pas se tromper de diagnostic ! (p9)
    Une matinée de plus ne permet pas de mieux apprendre ! (p9)
    Les différences européennes (p11)
    Une réforme qui augmente les inégalités (p12)
    Un coût conséquent et inutile p14)
    Respect des lois (p15)
    Une réforme dont personne ne veut (p16)
    Un désengagement de l’Etat (p18)
    La lutte n’est pas un jeu politique partisan (p19)
    L'enfant est mis en danger et en insécurité (p20)
    IV. Rentrée 2014 : le chaos (page 22)
    V. Les Gilets Jaunes dans la presse (page 24)
    VI. Chiffres clés (page 26)

     

    4.) Qui sont les Gilets Jaunes ?
    L’avenir et le bien-être des enfants dépassent tout clivage politique, c’est pourquoi les « Gilets Jaunes » sont sans étiquette et regroupent toutes les personnes qui sont contre la réforme de Mr Peillon et Mr Hamon sur les rythmes scolaires.
    Les « Gilets Jaunes » revendiquent l’ABROGATION des décrets Peillon et Hamon qui mettent en place cette réforme.
    Non par volonté d’immobilisme, mais dans l’optique de mettre en place une réelle reconstruction de l’école en CONCERTATION.
    C’est la première fois dans l’histoire qu’une réforme de l’Etat réussit à rassembler des parents d’élèves, des syndicats enseignants, des enseignants, des animateurs et des élus contre elle !
    Tous demandent au gouvernement de revoir sa copie !

    Nous disons NON à cette réforme
     Les enfants sont fatigués, déboussolés
     Elle est inefficace
     Les inégalités augmentent (entre communes, pour les
    enfants en situation de handicap...)
     L'insécurité augmente
     Son coût est prohibitif
     Elle déstructure la sphère éducative autour de l'enfant :
    contrats précaires, mélange des statuts, mise en danger de la vie associative...

     

    5) Pour la petite histoire...
    Tout à commencé en février 2013...
    Suite à la parution du décret Peillon le 24 janvier 2013, des parents inquiets pour l’avenir de leurs enfants se sont rapprochés de leurs élus pour avoir quelques éléments de réponses à leurs questions.
    Rapidement une page Facebook a été créée pour recenser et écouter les personnes concernées.
    En septembre 2013, face à l’insécurité induite par la réforme des rythmes scolaires, après lettres ouvertes et pétitions sans
    réponses, des parents de la commune de Ris Orangis (91) ont décidé de revêtir un gilet jaune, symbole de sécurité, afin d’adresser un message fort à tous sur les conséquences désastreuses de cette réforme pour les enfants.

    Ce symbole a été repris dans plusieurs communes de France pour finalement se généraliser au mouvement national contre
    cette réforme des rythmes scolaires.
    Les difficultés liées à la réforme se multipliant partout en France, on a vu apparaître de plus en plus de groupes contre cette réforme sur les réseaux sociaux.
    La page Facebook est devenue nationale et compte aujourd'hui 55 700 membres.
    Elle a été déclinée en groupes départementaux de manière à coordonner des actions locales puis nationales.

    En février 2014 s'est créée parallèlement l’Association des Gilets Jaunes (AGJ).
    Aujourd’hui, le collectif des Gilets Jaunes a su garder son indépendance, sa liberté de penser et son authenticité.
    Partout en France il regroupe en réseaux toutes les personnes qui ont à cœur le bien-être, la protection et l'avenir des enfants.
    Symbole de sécurité pour l'enfant-élève et l’Ecole Républicaine, le gilet jaune est devenu le signe de ralliement de toutes les personnes opposées à cette réforme.
    Bien plus qu’une opposition à un gouvernement, c’est un "combat du cœur" !


    6)
    II. Le contexte actuel
    1) le décret Peillon
    Le 16 mai 2012 Vincent Peillon est nommé ministre de l'Education Nationale.
    Il se base sur :
     l'échec scolaire (études PISA),
     les journées des écoliers (6h) trop longues,
     l'accès pour tous à des activités périscolaires.


    Pour ces raisons, et dans le cadre de la loi de refondation de l'école, il met en place le décret d'application de la réforme des nouveaux rythmes scolaires.
    Lors du CSE (8 janvier 2013) puis du CTM (11 janvier 2013), le décret Peillon est rejeté à la majorité. Malgré tout il voit le jour le 24 janvier 2013.
    3800 communes ont choisi de l'appliquer (22% des écoliers de France) en septembre 2013.
    Il sera imposé à toute la France en septembre 2014.
    Contrairement à une loi, qui est étudiée, débattue et votée par le parlement, la réforme est un décret imposé par le ministre.
    Un décret est soumis aux votes consultatifs des organisations représentatives nationales lors du CSE (Conseil Supérieur de l'Education) puis au CTM (Comité Technique Ministériel).

     


    Le DECRET PEILLON en bref...
    - Le volume horaire ne change pas : 24 heures/semaine.
    - Nous passons de 4 jours à 4,5 jours d'école : le mercredi matin en plus (ou le samedi matin
    sur dérogation) soit 9 demi-journées.
    - 3 heures d'activités périscolaires (TAP : Temps d'Activité Périscolaire ou NAP : Nouvelles Activités Périscolaires) réparties sur la semaine.
    - Les journées de classe ne dépassent pas 5h30.
    - Les matinées ne dépassent pas 3h30.
    - La pause méridienne (midi) doit être d'au moins 1h30.
    - Les 2 heures d'AP (Aide Personnalisée) sont transformées en APC (Activités Pédagogiques Complémentaires).
    - Le maire de chaque commune peut proposer un projet mais le temps scolaire de chaque école du département est décidé par le DASEN (Directeur Académique des Services de l'Education Nationale).
    - Les établissements privés ne sont pas tenus d'appliquer la réforme.
    http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=92741DEC1D057E1D7EB81916ACF46C7D.tpdjo16v_1?cidTexte=JOR
    FTEXT000026979035&categorieLien=id

     


    7)

    2) Un écran de fumée en guise d’assouplissement : le décret Hamon
    Le 31 mars 2014, Vincent Peillon laisse sa place à Benoît Hamon.
    Le décret Peillon est largement rejeté par la majorité des acteurs concernés : les parents, les enseignants, les syndicats, les Elus, les animateurs et territoriaux...
    Benoît Hamon propose alors un assouplissement de ce décret.
    Le nouveau décret est alors soumis aux votes du CSE et du CTM et toujours majoritairement rejeté le lundi 5 mai 2014.

    Le décret Hamon est tout de même publié le 8 mai 2014.
    Certes, le fait de recentrer les activités sur une demi-journée permettra de faciliter le recrutement d’animateur et de réaliser une certaine « économie d’échelle ».
    Mais cet assouplissement va à l’encontre du premier décret :
     les journées sont toujours aussi longues (6h)
     Benoit Hamon ne cesse de répéter aux maires que la mise en place d’activités est facultatives.
    Mais surtout, ces modifications ne changent pas le fond du problème… bien au contraire…
     On a toujours une école à plusieurs vitesses, variant d’une commune à une autre, et d’une école à une autre (privée/publique).
     L’intérêt de l’enfant est complètement oublié : car le problème avec la semaine de 4 jours, selon les spécialistes, est qu’un week-end trop long « désynchronise » les plus petits. Le décret Peillon ne change rien au problème, le décret Hamon l’aggrave en offrant la possibilité de regrouper les TAP le vendredi après-midi
     La réforme reste inefficace sur les apprentissages : une matinée « de plus » ne
    permet pas de mieux apprendre.
     Les problèmes de coût, de sécurité, de personnels disponibles, etc… demeurent.
    Le DECRET HAMON en bref...
    - Le décret Peillon reste la base (5 matinées de classe obligatoires)
    - Possibilité de regrouper les 3h de TAP ou NAP sur une après-midi.
    - Les journées de classe peuvent durer 6h.
    - Possibilité de passer à 23h/semaine et de rattraper cette heure en réduisant les vacances
    scolaires.
    http://www.lemonde.fr/education/article/2014/05/05/rythmes-scolaires-la-communaute-educative-rejette-lenouveau-decret_4411807_1473685.htmlCéline


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    3) Un battage médiatique, des pressions, des menaces
    Benoît Hamon mène une campagne de désinformation depuis des mois.
    Aspergeant les médias de fausses données (chiffres du ministère de lʼÉducation nationale différents de ceux du ministère des Finances et de ceux des Renseignements généraux), il passe plusieurs messages :
     La réforme est faite pour lutter contre l'échec scolaire;
     Les activités gérées par les communes ne sont pas obligatoires donc la réforme est peu coûteuse pour ces dernières;
     L'état condamnera les élus qui s'opposeront à la réforme;
     Les parents ont le droit d'attaquer les élus qui ne peuvent pas mettre en place la réforme.
    Preuve que lʼÉtat est sourd aux appels de son peuple et reste tellement coupé de la réalité.
    Une opposition raisonnée
    Nombreux sont les témoignages de conseils d'écoles dont les acteurs (enseignants, directeurs ou encore parents délégués) subissent de grosses pressions.
    Nombreux sont les Elus qui délibèrent contre la réforme et pourtant se sentent contraints et forcés de l'appliquer.
    Combien de communes sous prétexte de l'obligation ou encore de la peur des représailles appliquent des TAP en mode "garderie" ?
    Quelle chance alors pour les petits écoliers d'accéder à des activités sportives et culturelles riches de sens ?
    Le collectif des Gilets Jaunes recense tout un dossier de témoignages d'Elus, de professeurs, de parents délégués, ou encore d'EVS mettant en avant cette pression et ces menaces subies.
    Pourtant le gouvernement n'hésite pas à affirmer : « les communes ayant remonté des horaires, les conseils d'écoles ayant fait des choix d'emplois du temps, il s'avère que la majorité des acteurs est "pour" cette réforme ».
    Mais quelle majorité ?
    Une majorité contrainte et forcée, telle est la réalité du terrain.
    Face au mutisme du gouvernement, un maire et une enseignante entament une grève de la faim
    lundi 30 juin (St Médard en forez - 42) qui durera 6 jours avant l’hospitalisation de ces dernières et sans aucun signe du ministre
    sinon du mépris ! Elles ne demandaient pourtant qu’une entrevue !Céline 

     


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    III) STOP à la désinformation !
    1) Ne pas se tromper de diagnostic !
    Les résultats scolaires n’ont pas attendu la généralisation de la « semaine de 4 jours » en 2008 pour diminuer !
    Cette réforme des rythmes scolaires, c’est l’arbre qui cache la forêt !
    Pendant que l’on dépense argent et énergie sur cette réforme inutile, on en oublie les vrais problèmes de l’éducation nationale : manque d’effectifs, programmes à revoir, formation des enseignants à revoir, RASED, problèmes de locaux, place de la confiance en l’Ecole, de la
    discipline et du respect (50% de directeurs d’école agressés ou insultés en 2012-2013)…
    2) Une matinée de plus ne permet pas de mieux apprendre !
    Mr le ministre le martèle depuis des mois :
    « On apprend mieux le matin, donc offrir une matinée de plus aux enfants, c’est leur offrir une chance de plus de mieux apprendre. »
    Logique ? Et pourtant… la science de l’apprentissage n’est pas une science mathématique !
    Il est grand temps d’arrêter de réfléchir en termes de chiffres en additionnant des heures et des matinées.
    Il est nécessaire de s’intéresser aux contenus des temps de l’enfant de façon globale !
    C'est pourtant simple, 5 matinées ne permettent pas de mieux apprendre Monsieur Hamon !
    D’ailleurs de nombreuses écoles du Rhône et de la Loire connaissent le rythme de 4 matinées depuis 1991 sans avoir connu AUCUNE MODIFICATION SUR LES RESULTATS SCOLAIRES par rapport aux élèves qui étaient à 5 matinées !
    La vérité est là !
     La majorité des petits français avaient 5 matinées de cours
    avant 2008 (Darcos),
     pourtant les derniers résultats de l'OCDE (qui portent sur des enfants de 15 ans, donc qui ont connu ces 5 matinées) témoignent de la dégringolade du système éducatif français !

     


    10)
    Certaines académies où le rythme « 4 jours » était majoritaire, comme l’académie de Lyon, avaient même des résultats supérieurs à la moyenne française !
    Par ailleurs si l’on s’intéresse aux études sur les rythmes d’éveil et de vigilance des élèves sur la semaine, on constate que le plus souvent les jours où les élèves sont le plus disponibles aux apprentissages sont le jeudi et le vendredi… soit juste après la pause du mercredi.
    De nombreux enseignants témoignent ne pas remarquer ce phénomène lorsqu’il y a cours lemercredi matin, constatant que leurs élèves sont moins disponibles le jeudi et encore moins le vendredi.
    Ainsi une étude réalisée en mars 1994 à Paris par « l’école pour demain » sous la direction scientifique du docteur Didier Lagarde (centre d’études et de recherches en médecine aérospatiale) et Denis Batejat (Psychologue, CERMA) démontrait que la pause du mercredi
    avait des effets bénéfiques supérieurs à 5 matinées d’affilées.
    D’ailleurs dans les communes qui ont déjà mis en place la réforme depuis septembre 2013, 78% des enseignants constatent que cette réforme n’apporte rien sur les conditions d’apprentissage, voire les aggrave (source rapport SNUipp février 2014).
    « Les journées devaient être plus courtes et permettre aux élèves de découvrir de nouvelles activités. Il n'en est rien. Les semaines sont
    surchargées, interminables et les élèves ne sont plus disponibles pour les apprentissages le vendredi. » (Grenoble, 38)
    Pour mieux apprendre ce n'est pas d'un matin de plus dont lesélèves ont besoin... il est question de pédagogie, de contenu et de moyens !
     En terme de nombre d'élèves par classe,
     En terme de méthodes pédagogiques (formation des
    maîtres),
     En terme de respect de leurs besoins physiologiques :
    respect du sommeil, alimentation le matin... (rôle majeur des
    parents),
     En terme de cadre environnemental : locaux disponibles et
    décents, matériel disponible, ...

     


    11)
    3) Les différences européennes
    Pour justifier cette réforme, le ministre évoque la semaine scolaire française de 4 jours comme une "exception" dans le paysage européen, induisant un faible nombre de journées scolaires sur l’année.
    Pourtant d’autres pays tels l’Espagne, l’Italie ou même la Belgique francophone, connaissent des semaines à 5 voir 6 jours et ont des résultats inférieurs à la France aux évaluations PISA !
    L’organisation scolaire française se distingue de celle des autres pays aussi par :
     Le taux d’encadrement des élèves le plus faible de l’OCDE !
     la durée des vacances,
     le nombre d’heures hebdomadaires et annuelles (la France fait partie des pays où le nombre d’heures annuelles est le plus élevé, il est nettement inférieur dans le modèle finlandais souvent cité en exemple),
     le salaire des enseignants du premier degré parmi les plus bas d’Europe (un salaire horaire inférieur de 29,7% à la moyenne européenne, presque la moitié de nos voisins allemands)… (Source rapports de l’OCDE)
    L’Allemagne, dont l’organisation se décline en cours les matins et activités sportives et culturelles l’après-midi, envisage de se rapprocher du modèle français. Depuis 2009 des expérimentations y sont faites avec enseignements le matin ET l’après-midi jusqu’à 16-17h,
    avec comme résultats des influences positives sur les notes, sur la motivation des élèves et leur comportement social.
    Mais n’oublions pas le plus important : la réforme des rythmes scolaires,au-delà de l’école est en fait une réforme de société.
    Les conséquences en cascade mettent en mouvement toutes les couches de notre société :
    travail, consommation, santé, culture, sport, transports, tourisme...
    Et on retrouve de nombreuses différences dans les sociétés, aussi bien au niveau international, que régional ou départemental.
    Ce qui est vrai en Finlande ou en Allemagne ne l’est pas forcément en France !


    - La France est championne des petits villages ! Faut-il pour autant les voir disparaitre ?
    - Aucun autre pays ne connaît le cadre des 35h dans la législation du travail.
    - La France compte beaucoup moins de contrats de travail à temps partiel (alors que c’est beaucoup plus fréquent en Allemagne, surtout pour les femmes qui peuvent dès lors s’occuper de leurs enfants l’après-midi).
    - Le système de sécurité sociale français est lui aussi unique.
    - La place du tourisme dans l’économie française est importante (plus qu’en Finlande)
    - Les mentalités sont différentes : être enseignant est vu comme un critère de réussite sociale en Allemagne où un seul salaire peut suffire à un couple si l’un d’eux est enseignant.
    En France, c’est seulement le titre de « professeur agrégé » qui forcera le respect…
    - La géographie, le paysage urbain, de montagne ou rural créent de nombreuses
    particularités… 

     


    12)
    4) Une réforme qui augmente les inégalités
     Le ministère affirme diminuer les inégalités grâce à cette réforme car au travers cette dernière il offre des activités éducatives à 80% des enfants alors que seulement 20% y accédaient auparavant.
    Déjà la qualité de ces activités dans le cadre de cette réforme est tout à fait discutable.
    Ensuite cette réforme entérine les inégalités entre les communes : les plus riches et les plus fournies en animateurs pourront mettre en place des projets éducatifs intéressants, les autres non. Cette réforme développe une concurrence entre les collectivités inadmissible !
    Elle crée ainsi une territorialisation de l’éducation.
    D’ailleurs l’Allemagne remet en question son modèle « cours le matin / activités l’aprèsmidi » car elle s’est rendu compte que ce système était des plus inégalitaires !
     Inégalités aussi en discriminant les enfants handicapés! Les enfants nécessitant l’aide d’une AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) en temps scolaire, sont livrés à eux-mêmes en temps périscolaire. Les animateurs n’étant pas formés à cette prise en charge, ces enfants sont délaissés, parfois même au sein de l’école, alors que leurs camarades font des activités.
    De plus, les transports auxquels ils peuvent avoir droit sont juxtaposés uniquement aux temps scolaires ! Ces enfants, même s’ils sont capables de participer aux activités sont contraints de rentrer chez eux.
    Ce sont les véritables exclus de cette réforme !


    Le Défenseur Des Droits s’est ouvert de cette question en rapportant que 2/3 des enfants en situation de handicap n’ont pas eu accès aux TAP dans les écoles les ayant mis en place en 2013 !
     Quoi qu’il en soit, même si ces activités ont une valeur éducative auprès des enfants, même si elles sont intimement liées au domaine scolaire dans leur mise en place, il s’agit bien de temps périscolaire.
    L’Education Nationale grâce à cette réforme prétend donc réduire les inégalités périscolaires, ce qui n'aboutit en aucun cas, bien au contraire !

    Si l’Etat voyait une priorité à reformer le temps périscolaire, il y avait bien d’autres moyens que cette réforme.
    Des moyens moins coûteux, moins contraignants et moins déstructurants pour la vie associative et l’environnement de l’enfant.

     


    13)
     Mais cette réforme crée également des inégalités scolaires !
    Chaque commune peut choisir un emploi du temps différent et l’on voit ainsi apparaitre une école différente d’une commune à une autre, une école territoriale et non nationale !
    Outre les désagréments d’organisation pour les parents qui ont plusieurs enfants de niveaux variés dans des écoles distinctes, on se retrouve bien avec des temps scolaires différents et donc des inégalités de chance vis-à-vis des apprentissages !
    On n’apprend pas de la même façon à 13h30 ou à 15h par exemple !
    Une autre étrangeté est le nombre d’heures « réelles » de cours sur la semaine qui varie d’une école à l’autre selon qu’elle applique le décret Peillon ou le décret Hamon.
    En effet, les temps de récréations obligatoires font partie intégrale des 24h hebdomadaires de temps scolaires (15 à 20 minutes par demi journée en élémentaire, 30 minutes par demi journée en maternelle)
    Or avec le décret Peillon et le raccourcissement des après-midi, ce temps récréatif disparait dans la quasi-totalité des cas l'après-midi, ou est intégré dans le temps périscolaire (dans lesTAP).
    Alors que dans les écoles appliquant le décret Hamon, le temps récréatif de l’après-midi est conservé sur 3 après-midi par semaine (soit 1h30 en maternelle).
    Ainsi, les élèves des écoles maternelles appliquant le décret HAMON se voient retirer un temps de cours (apprentissage en classe) de 54 heures (soit plus de 2 semaines) par rapport à ceux des écoles appliquant le décret PEILLON, sur l'année !
    Pourtant le décret Hamon a vu le jour face à l’impossibilité d’appliquer le décret Peillon tel quel ! Conclusion : aucun des 2 décrets n’est valable !
     Sans parler de la rupture avec les écoles privées qui elles, ne sont pas obligées d’appliquer cette réforme !
    D’ailleurs 55% des parents envisagent de mettre leurs enfants en école privée depuis cette réforme.
    L’Etat joue encore la concurrence…

    Cette réforme crée une école à plusieurs vitesses !
    Cette réforme détruit l’Ecole égalitaire pour tous partout en France !
    Cette réforme va à l’encontre de l’Ecole de la République !


     

     

  • Le grand cafouillage

    Charente: le grand cafouillage des rythmes scolaires

    Les nouveaux rythmes scolaires sont entrés en vigueur dans toutes les écoles à la rentrée dernière. Une réforme accompagnée de temps d’activités périscolaires (TAP). Qui sentent le cafouillage par endroits.

    "Payer un euro par jour par enfant pour qu'il fasse des jeux de société, c'est un peu cher." A Rouillac, Nathalie Pinsé, la présidente des parents d'élèves, est amère quand elle évoque les TAP. Les TAP ce sont ces trois heures de temps d'activités périscolaires que la nouvelle organisation des rythmes scolaires a libérées.
    En théorie facultatifs, payants ou non selon les communes, ils cristallisent dans certaines communes les tensions autour de la réforme des rythmes scolaires. Une réforme initiée lors de la rentrée 2013 (35 communes s'y étaient mises) puis généralisée en septembre dernier, qui avait été accueillie dans la colère par les collectifs de parents d'élèves.
    Le mouvement improvisé des gilets jaunes menait la fronde à la rentrée dernière, craignant que le retour de l'école le mercredi matin ne perturbe les petits bouts. Une grogne qui s'est prolongée quelques semaines, comme à Brigneuil où des parents faisaient boycotter l'école du mercredi à leurs bambins, mais qui s'est apaisée.

    Une mise en œuvre disparate

    Ces nouveaux rythmes semblent finalement avoir été bien intégrés. Par les enfants, leurs parents et les enseignants. La FCPE ( Fédération des conseils de parents d'élèves) parle d'un "rythme plus équilibré. On constate une meilleure répartition des temps scolaires, une meilleure acquisition des savoirs."
    Mais c'est le deuxième volet de la réforme, les fameux TAP, qui est le plus contesté. Parce que les parents n'ont pas envie qu'ils se transforment en garderies géantes, qu'ils souhaitent que leurs enfants goûtent à des activités enrichissantes. Mais tout cela a un coût.
    Parce que leur mise en œuvre dépend de l'énergie, des moyens mis par les communes pour l'appliquer. Que les communes ont fait le choix ou non de reporter sur les familles.

    A Rouillac, un euro par jour et par enfant

    Si les TAP sont majoritairement gratuits, certaines communes ont décidé de les rendre payants. A Angoulême, les tarifs s'échelonnent ainsi de 1,60€ à 4,80€ par semaine selon les revenus des parents.
    Mais le plus souvent, la participation demandée est symbolique. Comme à La Couronne (1€ à l'année) ou dans la communauté des communes Charente-Boème-Charraud: un euro à l'année plus six euros d'adhésion obligatoire au centre de loisirs pour les "900 enfants inscrits, soit 85% des élèves. On aurait souhaité faire tout gratuit, mais la CAF, comme elle verse une participation dans le cadre de ses actions jeunesse, nous a fait comprendre qu'il serait important que les familles participent."
    A Rouillac c'est un euro par jour pour des TAP coincés entre la fin de la classe et le début de la garderie. "C'est la confusion: les enfants sont dans les mêmes locaux que la garderie, encadrés par le même personnel communal, avec une personne très motivée, mais qui fait ce qu'elle peut. Le maire nous répond: " Si ça ne vous plaît pas, ce n'est pas obligatoire". Mais les parents qui ne peuvent pas venir chercher leurs enfants à la sortie de l'école sont contraints de les laisser en TAP", souligne Nathalie Pinsé.
    Le maire, Michel Trainaud, reconnaît que "le projet éducatif ne plaît pas trop aux enseignants", mais dénonce d'abord le fait que les TAP soient à la charge des communes: " C'est une usine à gaz qui va coûter une fortune aux collectivités", qu'il estime entre "300 et 500€ par an et par enfant"(1) quand l'Etat n'alloue que 50 euros. Il assume donc faire payer les parents.

    "Un coin dans l'égalité de l'enseignement"

    Embêtant? Oui parce que cela "met un coin dans l'égalité de l'enseignement censée être garantie par l'école laïque, républicaine et obligatoire. Parce que cela s'accompagne d'une inégalité territoriale: impossible de garantir la même qualité d'activités entre les grandes villes et les petites communes rurales", souligne Benoît Savy, maire de Montrollet et représentant des parents d'élèves à Brigueuil.
    Et certaines communes rencontrent une autre difficulté: recruter le personnel adéquat pour faire encadrer les TAP. Illustration à Bourg-Charente où un animateur a ainsi dû être muté aux espaces verts après avoir connu quelques difficultés relationnelles. "On s'est aperçu que cette personne n'avait pas forcément le registre vocabulaire adéquat avec les enfants, et manquait de recul", relate le maire, Jérôme Sourisseau.

    Pétition en faveur de la gratuité

    Horaires mal pensés, activités à l'intérêt pédagogique discutables mais payantes, animateurs pas à la hauteur: le tableau pourrait paraître sombre mais c'est cependant à relativiser. Dans la plupart des communes, les TAP se passent bien, affirme-t-on à la FCPE. Où on reconnaît cependant qu'"il y a une sélection dès lors que c'est payant. Les TAP devraient permettre l'accès de tous les enfants aux activités périscolaires. Mais ce n'est pas toujours le cas et on le déplore", analysent Lilette Brunier et Michel Cousin.
    La Fédération de parents d'élèves, à l'origine de la pétition en faveur de la gratuité préconise la mise en place de ces activités "après la pause de midi. Des choses simples, un temps de relaxation, quelques jeux de société, avant de pouvoir tranquillement retourner en classe." Et si parfois "ça ne marche pas, c'est qu'on a privilégié le confort des adultes à celui des enfants."
    (1) soit bien au-delà de l'estimation de "150 à 200€ par enfant" faite par Jean-Michel Boivin, le président de l'association des maires de Charente.
    __________________________________________________________________

    Quand les maires jouent les taxis

    La réforme des rythmes scolaires a parfois pris des allures de bricolage total. Elle a même contraint des maires dévoués de communes rurales à effectuer eux-mêmes le ramassage scolaire au volant de leur propre voiture. Ce fut le cas de Gilbert Quesne, le maire d' Hiesse (d'ailleurs nommé parmi les Charentais de l'année).
    Chaque mercredi midi, il conduisait Mathis, Yoann, Jade et Maël, scolarisés à Confolens, de la sortie de l'école à leur domicile. Cela s'est résolu début décembre quand le Département a alloué un mini-bus.
    A Sigogne, Jean-Philippe Roy, le maire, joue aussi les taxis pour conduire les enfants au centre de loisirs de Jarnac, le mercredi après la classe. Le maire et son équipe ont du coup choisi d'acheter un véhicule d'occasion. Adjoints et conseillers à la retraite se relaieront pour conduire les élèves.

    06h00 par Julien PRIGENT | Mis à jour il y a 4 heures
    2 réactions

    http://www.charentelibre.fr/…/le-grand-cafouillage-des-ryth…


    Je les entends encore ceux et celles qui disaient que ça serait bien, que tout se règlerait en quelques jours ou semaines....Que les inégalités disparaîtraient rapidement, que les Communes feraient tout leur possible, que l'Etat les accompagnerait, qu'il était temps de faire bouger le "mastodonte"....
    Ah, pour ça, il bouge le mastodonte, il vacille même, il tremble, il ne tient plus debout...
    Du dégoût. 
    "Éducation nationale".....Mais, oui, bien sûr....Elle n'existe plus la grande maison. Enfin, si mais c'est un sacré Bordel. 

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  • Sourire intérieur

    Arvo Part parlait de ce rêve qu'il avait de trouver un jour la note juste, unique, parfaite, incontournable, celle qui effacerait toutes les autres, les rendrait inutiles, insignifiantes, comme une note qui vibrerait indéfiniment en nous......J'aime bien ce que fait aussi Jon Hopkins, justement parce que c'est très simple, qu'il y a ce piano, ces deux notes qui se répondent, ce fond sonore hypnotique........Fermez les paupières..........Respirez, profondément....Retournez vos yeux à l'intérieur...

    Imaginez que le fond sonore est un bruit confus, celui de l'agitation de nos vies....Une rumeur continue, entêtante......On s'y est habitué, elle est là, elle occupe l'espace extérieur.....

    Imaginez que les notes de ce piano sont des instants que vous prenez, juste pour vous, des moments d'amour, d'attention, de bienveillance, un amour partagé, un câlin, un regard, un sourire, un geste tendre, un mot doux....Concentrez-vous sur ces instants, laissez résonner ces notes, enlacez-les comme vous enlaceriez celui ou celle que vous aimez, laissez résonner ce sourire intérieur, laissez-le s'étendre, s'inscrire, comme une perle rare, comme un diamant dans l'écrin des jours.....

    Peu à peu, le fond sonore va s'apaiser...Peu à peu, les notes cristallines vont illuminer le chemin, comme des lampadaires le long de la route, leur lumière va s'amplifier, les halos vont s'étendre, comme aimantés par leurs congénéres, des lumières qui s'attirent les unes les autres, propagent leus forces, nourrissent tous les bonheurs qui diffusent.......Le fond sonore est toujours là, il est impossible qu'il s'éteigne mais vous ne le percevez plus de la même façon.......Les notes de piano s'égrènent, vous les attendez, vous les reconnaissez, elles dessinent dans votre âme un sourire enfantin, ce bonheur qui vous emplissait parfois, sans que vous ne sachiez d'où il venait, sans en connaître la source, vous étiez enfant. Ils existaient ces bonheurs quotidiens, vous n'aviez pas encore laissé le fond sonore occuper tout l'espace....Vous étiez enfant. Vous êtes adulte.......Mais ces bonheurs sont toujours là, les notes de piano sont en vous, écoutez, écoutez.........Laissez-les remonter......

    Enlacez-vous. Vous-même. Regardez-vous. Vous-même. Aimez-vous. Vous-même.

    Comme lorsque vous étiez enfant. Retrouvez-le, il est là, il vous observe......

    Les notes de piano comme des retrouvailles.....Chaque petite perle de bonheur va diffuser sa lumière, leur écho s'étendra, comme une onde sur la mer, ne les quittez pas des yeux, aussi faibles soient-elles, quelle que soit l'immensité du chaos dans lequel elles vivent, elles sont là, elles existent et votre amour les nourrit, votre amour est une sève, votre amour aimante les lumières, contemplez-les, ne les quittez pas des yeux, quel que soit le vacarme qui vous assomme....

    Á chaque note, n'oubliez pas de remercier la Vie en vous.....Comme un enfant qui ne sait pas pourquoi il est heureux et qui sourit. 

    Le vrai bonheur n'a pas de raison.

    Il est.

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  • Musique : Jon Hopkins

    Merci à Léo.

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  • Il neige

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    ATARAXIE

    Il marche.

     

    La lumière du jour semble éveiller dans les cristaux assemblés des mémoires de clarté. Le tapis neigeux, accompagnant le ciel qui s’éveille, diffuse des haleines phosphorescentes. Ses pas soulèvent des myriades de flocons givrés, comme des scintillements d’étoiles. A l’horizon, l’astre montant, encore caché par les courbures de la Terre, a repoussé de chaque côté de la scène deux vagues noires de nuages boursouflés. Une couverture sombre, menace immobile, domine le lit du jour. Lentement, ces tentures mouvantes, plissées comme des chairs molles, se parent de rose. Rien de vif, juste des coulures discrètes mais qui s’imposent peu à peu. C’est un hublot qui s’est ouvert dans la masse compacte, un puits lumineux qui grandit lentement. Régulièrement, tout en préservant le rythme obstiné de ses pas, il tourne les yeux vers la naissance à venir. Les draperies de nuages se tendent, les tissus célestes se contractent, le rouge gagne la place. Enfin, le haut de la tête apparaît. Flamboyant. La boule lisse s’extirpe, se hisse, se faufile entre les parois nuageuses qui se déchirent sous les tensions.

    Des traînées carmin se répandent de tous côtés mais rapidement la masse spongieuse des nuages accumulés engloutit dans le noir imposant les promesses de chaleur. Le disque rayonnant, malgré toute l’énergie concentrée, ne peut lancer ses cris de lumière. Le rond impuissant s’affaiblit, disparaît et s’éteint dans l’océan sombre des eaux suspendues.

    Il s’est arrêté.

    Impossible d’avancer quand le monde joue les scènes épiques.

    Et c’est la nature, encore une fois, qui lui donne à voir son parcours, qui met à nu l’état de son être, qui dessine par delà les esquisses incertaines la profondeur réelle de sa vie. La vie, intense, bouillonnante, retranchée dans les tréfonds du corps, réfugiée dans les méandres de l’âme, la vie, insaisissable, indestructible, inexpugnable, résiste et s’élève. Là-bas, derrière les épaisses tentures mouvantes, gonflées de futures averses, nourrissant les prochaines tempêtes, il devine la montée inexorable de la lumière. Rien ne freine son cours. C’est à lui, avec la même obstination, d’ignorer les ténèbres qui l’entourent et de préserver l’irremplaçable élévation.

     

    Il marche.

     

    Les larmes coulent sur ses joues. Des larmes de bonheur. Le monde est son soutien. Il le sait pleinement désormais, le monde est son salut. Le monde est son Dieu. Il n’a pas besoin des hommes, ni de leurs religions, ni de tous leurs mensonges. Rien n’est plus simple que cet amour absolu pour la Terre car elle ne réclame rien, aucune prière, aucune idole, aucune guerre, aucune pratique doctrinaire. Juste de l’amour. Et de la contemplation.

    Il dépasse le cinquième virage. Les bâtons de randonnée sont des aides indéniables. Le tapis de neige est si épais qu’il a du mal parfois à distinguer l’empreinte de la route. Le chasse-neige de la commune ne viendra pas jusque-là. Aucune maison à dégager, aucun accès indispensable. Il est seul et le restera. Mais sitôt pensé cela, il sent combien sa solitude n’est qu’une fausse image. Les arbres muets le regardent passer, les oiseaux camouflés écoutent le chuintement de ses pas, le ciel est un observateur curieux. Rien n’est inerte. C’est la petitesse de nos regards qui limitent les contacts à nos semblables. Il le sait, sans rien pouvoir exprimer. Il n’est pas seul, il est même impossible de l’être. La vie ne peut pas être seule. Elle est partout, sous différentes images. Que ces images ne puissent communiquer entre elles par des mots humains n’effacent pas leurs présences. Il voudrait parler aux arbres, aux nuages et aux oiseaux, aux brins d’herbe, au vent et à la pluie qui tombe. D’être muré dans le silence humain, de ne pas prononcer parfois le moindre mot en une journée, lui ouvre d’autres langages. L’air qui tourne autour de lui le respire, les parfums de son corps sont des messages lancés alentour, les regards attendris vers les horizons blafards sont des mots d’amour. Rien n’est inerte et tout lui parle. Derrière le foisonnement merveilleux d’images, il devine une présence flamboyante. Une étrange mélancolie, l’impression d’avoir perdu un temps précieux, d’être resté sourd à des paroles essentielles, d’avoir ignoré la vie dans son extraordinaire diversité, de n’avoir été qu’un homme. Et c’est profondément décevant et douloureux.

     

    Il marche.

     

    Il cherche à comprendre ce qu’il est devenu. Est-il d’ailleurs si différent ou n’est-ce qu’une perception nouvelle ? Tout était-il déjà là ? Il lui semble que l’homme caché, l’homme réel, est parvenu à briser la carapace de l’homme sculpté. Sculpté par les rencontres, formé par les contraintes, modelé par les répétitions quotidiennes et la faiblesse de l’homme qui s’abandonne, repu de suffisance, en s’imaginant tenir entre ses mains les fils de son destin. Il sait désormais qu’il n’a été rien d’autre qu’une esquisse, une silhouette sans matière. Qu’une partie de la figurine ait été arrachée semble avoir permis à cette matière interne d’enfin se révéler au grand jour… Comme si du trou béant de sa jambe avait jailli en quelques instants une lueur inconnue.

     

    La lumière s’impose. Les nuages, pourtant toujours aussi compacts, ne parviennent plus à étouffer la brillance de l’astre. La volonté du jour est la plus forte. Il s’étonne de cette clarté répandue alors que la source elle-même reste invisible. Il espère atteindre lui aussi cette capacité à rayonner quand tout autour n’est que ténèbres.

     

    Il marche.

     

    La chaleur de son corps animé exhale des parfums de sueur, de brûlure musculaire, de soif intense, de respiration contrôlée. Il a délacé sa veste. Des courants incandescents cascadent dans ses fibres. Chaque pas, chaque appui, chaque souffle est un instant de vie, unique, immensément joyeux, intensément désiré, profondément apprécié. Il sait qu’il a failli perdre tout cela, que l’image aurait pu totalement disparaître, qu’elle aurait pu également être terriblement déchirée, au point que rien n’aurait été possible, que l’image aurait désespérément jauni, jour après jour, sans qu’aucune couleur joyeuse ne vienne embellir le dessin. Il sourit. A lui-même. Il reconnaît aujourd’hui que les médecins ont eu raison. Il a eu un peu de chance… Malgré tout ce qu’il a perdu, il lui reste juste de quoi se reconstruire. Il a eu beaucoup de mal à l’admettre mais de sentir ainsi son corps en action le rassure. Il reste de belles couleurs à découvrir. Ses doigts serrent la poignée des bâtons avec une énergie redoublée, les épaules poussent le torse en avant. C’est une proue butée qui taille sa route, qui tranche l’océan de neige et laisse un sillage régulier. Une avancée silencieuse, juste rythmée par le frottement des pas dans la neige légère, le balancement hypnotique du corps, la régularité répétitive et efficace de chaque geste. L’escalade ne lui offrait pas cette simplicité. Trop de tensions, trop de contraintes. Aucune pensée ne pouvait être détournée de l’objectif à atteindre. L’importance de ce qu’il n’avait jamais réellement accueilli. Une palette nouvelle de couleurs inconnues, les complémentarités de l’être. En dehors du temps, à l’écart des hommes, dans les horizons intérieurs, des contrées à atteindre.

    Septième virage. La route s’engage sous les arbres. Il s’arrête à l’orée de la forêt. C’est un peuple puissant qui l’observe. Les grands résineux tapissés de neige sont des gardiens impassibles. Il les regarde avec un léger sourire. Majestueux et immobiles, ils forment un mur compact. Le trait blanc de la route, sillage fragile, se glisse prudemment sous les branches figées comme des vagues écumeuses. C’est un monde secret qui s’ouvre, baigné par une lumière teintée de verts sombres. Les frondaisons épaisses cachent des vies de plumes, des fourrures agiles, des insectes fureteurs. Au plus profond des broussailles, dans les sous-bois les plus éloignés de tout, des oreilles inquiètes épient le moindre bruit. La vie joue de ses formes et impose à chaque espèce des règles immuables. Les plus faibles ne connaîtront pas la douceur du printemps. Les plus résistants supporteront les longues nuits froides.

    Il est certain aujourd’hui qu’il goûtera à la lente montée de l’astre dans l’azur. Il n’aurait osé l’affirmer quelques semaines auparavant. Il a bien pensé, parfois, que tout devait s’arrêter, que rien ne justifiait la suite. L’idée, désormais, lui paraît inconcevable. L’absence glaciale de Blandine sera pour toujours une brûlure insupportable. Il ne saurait en être autrement.

    Mais il marche.

    Et la neige est si belle.

    Il fait demi-tour. Sans amertume. Le moignon est échauffé. Il doit l’accepter et écouter la plainte. Il ne veut pas d’une plaie qui s’infecte. Il est resté trop longtemps dépendant du personnel de l’hôpital puis du centre de rééducation pour courir le risque d’une immobilisation. Lionel, le prothésiste de Grenoble, lui a clairement détaillé les risques. Il lui fait confiance. C’est d’ailleurs le seul spécialiste dont il accepte sans retenue les conseils. Lionel ne voit pas en lui un amputé mais une personne. La distinction est d’importance. Le spécialiste n’a pas pris le pas sur l’humain. Il sait combien dans le milieu hospitalier la rencontre est rare.

    Les bâtons diminuent considérablement la difficulté de la descente. Il marche à petites enjambées, sans forcer sur l’articulation. Ce n’est plus son énergie qui commande mais la nécessité de rester en bon état. Il accepte la situation parce qu’il n’a pas le choix. Jouer le téméraire, faire la sourde oreille ne servirait qu’à amplifier le mal. Le bonheur qui se dévoile dans cette marche laisse entrevoir des lendemains heureux. Il ne pensait pas cela possible, il s’en étonne encore. La force de son rebond l’interpelle. Il ne se savait pas si sage ! Les souvenirs sont sans doute trop proches et trop sombres pour laisser le rideau retomber. Il ne veut plus de ce voile de ténèbres qui le laissait hagard et sans désir. Il doit apprendre à maîtriser ses élans.

    Il se félicite d’avoir fait demi-tour.

    Il sait qu’il reviendra.

    Il s’arrête.

    Longuement, il observe les horizons gagnés.

    La lumière a empli le monde. A certains endroits du ciel, l’étendue nuageuse se désagrège. Des déchirures apparaissent. Des chapelets de vaisseaux fragiles se dispersent sur un océan grisâtre qui ondule. Une brise légère s’est levée et les pousse.

    Les forêts impassibles.

    Aucun bruit humain ne remonte jusqu’à lui.

     

     

     

     

                                                                            

     

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  • La petite mort

    Une expression inappropriée à mon sens. 

    "La petitmort

    L'orgasme.

    http://www.expressio.fr/expressions/la-petite-mort.php

    Origine

    L'origine de cette expression remonte au XVIe siècle, à l'époque d'Ambroise Paré (Lien externe), cet homme qui a appris sur le tas l'anatomie humaine et la chirurgie, que ce soit sur des cadavres à l'Hôtel-Dieu ou bien sur des hommes encore vivants, au cours de batailles.

    A cette époque, "la petite mort" désignait la syncope ou l'étourdissement, mais aussi et surtout les frissons nerveux.
    En ce qui concerne l'évanouissement court, on peut effectivement l'assimiler à une 'petite' mort, contrairement à la 'grande', la vraie, la définitive.

    Les heureux Hommes qui ont déjà vécu ça, savent que l'orgasme provoque, de manière plus ou moins fugace, des symptômes proches de ce que désignait autrefois la locution (le 'grand' frisson).
    C'est pourquoi le langage érotique se l'est appropriée puis nous l'a transmise."


     

    S'il s'agit d'un acte dans lequel les deux partenaires envisagent la venue d'un enfant, comment peut-on attribuer à cette merveille de la création un terme de mort ?...

    S'il s'agit d'un acte dans lequel les deux partenaires envisagent une osmose énergétique, une communion cellulaire, une fusion vibratoire synchronisée, je n'y vois absolument pas l'antichambre de la  mort, ni dans la symbolique, ni dans les effets propagés. 

    J'imagine la mort comme une descente, une plongée intérieure, un retournement de soi mais jamais comme une élévation. L'élévation concernera l'âme si jamais elle existe. 

    L'orgasme, quant à lui, est une élévation superbe, non pas une disparition mais un moment de conscience absolue à travers chaque fibre, chaque parcelle de ce corps ébloui, transcendé, transformé en brasier. Et tout comme la lumière d'un feu, l'énergie dispensée entraîne l'individu là-haut, dans les sphères éthérées.

    Je n'imagine pas que la mort puisse survenir dans une absence de pensées. Même dans un état d'inconscience, il restera jusqu'au dernier instant une activité cérébrale.

    il existe par contre dans l'orgasme un instant suspendu dans lequel les pensées sont bannies. La raison n'a plus d'emprise, le mental est éteint, l'analyse est figée...Il ne reste que l'explosion sensorielle dans laquelle l'esprit se révèle, non pas un mental agité mais bien l'esprit unifié à l'énergie des particules. 

    Les hommes qui attribuent le terme de petite mort à cette expérience n'ont pas conscience de ce qu'ils vivent.

    La sacralisation de l'acte sexuel est une démarche incontournable et limiter cette expérience a une quête orgasmique est tout aussi trompeur que d'y voir une petite mort. 

    L'amour est un orgasme, aimer est un orgasme, toucher est un orgasme, regarder les yeux de l'être aimé est un orgasme, masser un corps qui s'abandonne, le parfumer d'huiles, respirer avec lui, dans une danse identique, un mouvement circulaire, de l'un à l'autre, de l'autre à l'un, infiniment, sans autre intention que de ne pas en avoir, être là, sans pensées, sans tourments, aimer le silence dans ses bras, laisser venir le sommeil comme au coeur d'une citadelle, vivre chaque instant, pleinement, avec la même joie, avec ce don inconditionnel de soi...

    Chaque instant d'amour est un orgasme émotionnel et lorsque la fusion des corps aura lieu, ces instants chargés de leur énergie, ruisselleront avec délice dans les corps et nourriront l'embrasement. On n'espère pas un orgasme. On le nourrit. A chaque instant. 

    Qui donc voudrait nourrir la mort à chaque instant ?

    Nous ne mourrons qu'une fois mais il nous appartient d'explorer la Vie en nous, du sommeil à l'euphorie, de l'absence à la Présence, du déni à l'acceptation, de l'inconscience à la lucidité, de la faiblesse à la force, de la contemplation à l'orgasme le plus intense. Celui de chaque instant.