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  • Thérapie cognitive (5)

    Annexe 3

    La thérapie des schémas de Jeffrey Young. Pertinente pour les troubles de la personnalité, elle se propose d’identifier les schémas précoces (règles guidant les jugements sur soi-même et le monde), et d’effectuer une réparation des carences affectives. Lors d’une thérapie individuelle de face à face qui se déroule une ou deux fois par semaine, le thérapeute cherche tout d’abord à consolider une bonne alliance thérapeutique. Il va ensuite mettre au jour les schémas cognitifs, et les stratégies inadaptées que le sujet utilise pour leur faire face. SciencesHumaines.com - Grands Dossiers N° 15 - juin-juillet-août 2009 - Les psychothérapies


    QUESTIONNAIRE DES SCHÉMAS DE YOUNG (YSQ – L3)
    Jeffrey Young, Ph.D.
    Nom Date :
    Instructions
    Vous allez trouver ci-dessous des affirmations pouvant être utilisées par une personne
    pour se décrire elle-même. Nous vous prions de lire chaque affirmation et d’évaluer dans
    quelle mesure elle constitue une bonne description de vous-même. Lorsque vous hésitez,
    basez votre réponse sur ce que vous ressentez émotionnellement, et non pas sur ce que
    vous pensez rationnellement être vrai pour vous.
    Si vous le désirez, reformulez l’affirmation de telle sorte qu’elle vous corresponde encore
    mieux. Choisissez ensuite entre 1 et 6 la cote la plus élevée vous décrivant le mieux et
    inscrivez-la dans l’espace précédant chaque affirmation.



    Échelle de cotation :
    1. Cela est complètement faux pour moi.
    2. Le plus souvent faux pour moi.
    3. Plutôt vrai que faux pour moi.
    4. Assez vrai pour moi.
    5. Le plus souvent vrai pour moi.
    6. Me décrit parfaitement.



    1. _______ Les autres n’ont pas satisfait mes besoins affectifs.
    2. _______ Je n’ai pas reçu suffisamment d’amour et d’attention.
    3. _______ Dans l’ensemble, je n’ai eu personne sur qui compter pour recevoir des
    conseils ou du soutien affectif.
    4. _______ La plupart du temps, je n’ai eu personne pour m’aider à grandir, pour
    partager son univers intérieur avec moi, ou qui se soucie profondément de
    tout ce qui m’arrive.
    5. _______ Pour la plus grande partie de ma vie, je n’ai eu personne qui veuille être près
    de moi et passer beaucoup de temps avec moi.
    6. _______ En général, les autres n’ont pas été présents pour me prendre dans leurs
    bras, pour me donner de la chaleur et de l’affection.
    7. _______ Pour la plus grande partie de ma vie, je n’ai jamais eu le sentiment que je
    représentais quelqu’un d’important pour quelqu’un d’autre.
    8. _______ En grande partie, je n’ai eu personne qui m’écoute réellement, me
    comprenne et soit sensible à mes besoins et mes sentiments véritables.
    9. _______ J’ai rarement eu une personne forte pour me donner de bons conseils
    ou pour me guider lorsque je ne savais pas quoi faire.©2008 Les Éditions de la Chenelière La thérapie cognitivo-comportementale : théorie et pratique 4
    *(ed)
    10. ______ Je suis préoccupé(e) par le fait que les gens que j’aime vont mourir bientôt
    même s’il y a peu de raisons médicales à ma préoccupation
    11. ______ Je m’accroche aux gens dont je suis proche par peur qu’ils ne me quittent.
    12. ______ Je crains que les gens dont je me sens proche ne me quittent ou ne
    m’abandonnent.
    13. ______ J’ai le sentiment de manquer d’une base stable qui me soutienne
    affectivement.
    14. ______ Je n’ai pas l’impression que les relations importantes dureront : je m’attends
    à ce qu’elles finissent.
    15. ______ Je me sens « accro » aux partenaires qui ne peuvent pas s’engager avec moi
    de façon stable.
    16. ______ Je finirai seul(e).
    17. ______ Quand je sens que quelqu’un à qui je tiens s’éloigne de moi, je deviens
    désespéré(e).
    18. ______ Quelquefois j’ai tellement peur que les gens m’abandonnent que je les
    repousse.
    19. ______ Je deviens bouleversé(e) quand quelqu’un me laisse seul(e) même pour
    une courte période.
    20. ______ Je ne peux compter sur la présence régulière de ceux qui me soutiennent.
    21. ______ Je ne peux me permettre d’être vraiment proche des autres car je ne
    peux être sûr(e) qu’ils seront toujours là.
    22. ______ Il me semble que les personnes importantes dans ma vie sont toujours
    en train de venir et de repartir.
    23. ______ J’ai très peur que les personnes que j’aime ne trouvent quelqu’un d’autre
    qu’elles préfèrent et qu’elles m’abandonnent.
    24. ______ Les gens qui me sont proches ont toujours été très imprévisibles : un
    moment ils sont disponibles et gentils, puis, ils sont fâchés, contrariés,
    querelleurs, préoccupés par eux-mêmes…
    25. ______ J’ai tellement besoin des autres que j’ai peur de les perdre.
    26. ______ Je ne peux être moi-même ou exprimer ce que je ressens véritablement,
    sinon les autres vont me quitter.
    *(ab)
    27. ______ J’ai l’impression que les autres vont profiter de moi.
    28. ______ J’ai souvent l’impression que je dois me protéger des autres.
    29. ______ J’ai l’impression que je dois être sur mes gardes en présence des autres
    sinon ils me blesseront intentionnellement.
    30. ______ Si une personne est aimable avec moi, je suppose qu’elle cherche à
    obtenir quelque chose.
    31. ______ Ce n’est qu’une question de temps avant que quelqu’un me trahisse.
    32. ______ La plupart des gens pensent uniquement à eux.
    33. ______ J’ai la plus grande difficulté à faire confiance aux autres.
    34. ______ Je suis très méfiant(e) quant aux motivations des autres.
    35. ______ Les autres sont rarement honnêtes, ils ne sont pas en général ce qu’ils
    paraissent.©2008 Les Éditions de la Chenelière La thérapie cognitivo-comportementale : théorie et pratique 5
    36. ______ Je m’interroge habituellement sur les véritables intentions des autres.
    37. ______ Si je pense que quelqu’un cherche à me blesser, je cherche à le
    blesser en premier.
    38. ______ Les autres habituellement doivent faire leurs preuves avant que je leur
    accorde ma confiance.
    39. ______ Je teste les autres pour voir s’ils me disent la vérité ou s’ils sont bien
    intentionnés.
    40. ______ Je souscris à la croyance : « Contrôle ou tu seras contrôlé(e).»
    41. ______ Je me mets en colère quand je pense aux façons dont j’ai été maltraité(e)
    par les autres tout au long de ma vie.
    42. ______ Tout au long de ma vie, mes proches ont profité de moi et m’ont utilisé(e)
    à leurs propres desseins.
    43. ______ J’ai été physiquement, émotionnellement, ou sexuellement abusé(e) par
    des personnes importantes de ma vie.
    *(ma)
    44. ______ Je ne suis pas adapté(e).
    45. ______ Je suis fondamentalement différent(e) des autres.
    46. ______ Je suis à part; je suis un(e) solitaire.
    47. ______ Je me sens étranger(ère) aux autres.
    48. ______ Je me sens isolé(e) et seul(e).
    49. ______ Je me sens toujours à l’extérieur des groupes.
    50. ______ Personne ne me comprend vraiment.
    51. ______ Ma famille a toujours été différente des autres familles.
    52. ______ J’ai parfois le sentiment d’être un étranger.
    53. ______ Si je disparaissais demain, personne ne le remarquerait.
    *(si)
    54. ______ Aucun homme ou femme que je désire ne pourrait m’aimer une fois
    qu’il(elle) aurait vu mes défauts.
    55. ______ Aucune personne que je désire ne pourrait rester proche de moi si
    elle savait qui je suis réellement.
    56. ______ Je suis fondamentalement imparfait(e) et marqué(e) par un défaut.
    57. ______ Même si je me donne le plus grand mal, je sens qu’il ne me sera pas
    possible d’obtenir le respect d’un homme ou d’une femme important(e) et
    de sentir que j’ai de la valeur.
    58. ______ Je ne mérite pas l’amour, l’attention et le respect des autres.
    59. ______ J’ai le sentiment d’être quelqu’un que l’on ne peut pas aimer.
    60. ______ Je suis trop fondamentalement inacceptable pour me révéler aux autres.
    61. ______ Je ne pourrais pas affronter les gens, s’ils découvraient mes défauts
    fondamentaux.
    62. ______ Lorsque les gens m’apprécient, j’ai l’impression de les duper.
    63. ______ Je suis souvent attiré(e) par les gens qui sont très critiques envers moi ou
    qui me rejettent.
    64. ______ J’ai des secrets que je ne veux pas que mes proches découvrent.
    65. ______ C’est de ma faute si mes parents n’ont pas pu m’aimer suffisamment.
    66. ______ Je ne laisse pas les gens connaître ce que je suis réellement.©2008 Les Éditions de la Chenelière La thérapie cognitivo-comportementale : théorie et pratique 6
    67. ______ Une de mes plus grandes peurs est que mes défauts deviennent publics.
    68. ______ Je ne puis comprendre comment qui que ce soit pourrait m’aimer.
    *(ds)
    69. ______ Presque rien de ce que je fais au travail (ou à l’école) n’est aussi bon que
    ce que font les autres.
    70. ______ Je suis incompétent(e) quand il s’agit de réussir.
    71. ______ La plupart des gens sont plus doués que moi en ce qui concerne le travail
    (ou l’école) et la réussite.
    72. ______ Je suis un(e) raté(e).
    73. ______ Je n’ai pas autant de talent que les autres au travail (ou à l’école).
    74. ______ Je ne suis pas aussi intelligent(e) que la plupart des gens quand il s’agit du
    travail (ou de l’école).
    75. ______ Je suis humilié(e) par mes échecs ou mes insuffisances dans le monde du
    travail (ou de l’école).
    76. ______ Je suis souvent mal à l’aise avec les autres, car je ne les vaux pas en
    termes de réussites.
    77. ______ Je compare souvent mes réalisations à celles des autres et je trouve qu’ils
    réussissent beaucoup mieux.
    *(fa)
    78. ______ Je ne me sens pas capable de me débrouiller par moi-même dans la vie
    de tous les jours.
    79. ______ J’ai besoin des autres pour m’aider à m’en sortir.
    80. ______ Je n’ai pas le sentiment que je puisse bien m’adapter par moi-même.
    81. ______ Je crois que les autres peuvent prendre soin de moi mieux que je ne le
    peux moi-même.
    82. ______ J’ai des difficultés à prendre en charge de nouvelles tâches en dehors du
    travail à moins que quelqu’un ne me guide.
    83. ______ Je me considère comme une personne dépendante en ce qui concerne la
    vie de tous les jours.
    84. ______ Je bousille tout ce que j’entreprends, même à l’extérieur du travail (ou de
    l’école).
    85. ______ Je suis stupide dans la plupart des domaines de la vie.
    86. ______ Si je me fie à mon jugement dans la vie de tous les jours, je vais prendre la
    mauvaise décision.
    87. ______ Je manque de bon sens.
    88. ______ On ne peut se fier à mon jugement dans les situations quotidiennes.
    89. ______ Je n’ai pas confiance dans ma capacité à résoudre les problèmes qui se
    posent tous les jours.
    90. _____ Je pense avoir besoin de quelqu’un sur qui je puisse compter pour me
    donner des conseils sur les questions pratiques.
    91. _____ Je me sens plus un(e) enfant qu’un(e) adulte quand il s’agit de prendre en
    main les responsabilités quotidiennes.
    92. _____ Je me sens dépassé(e) par les responsabilités de tous les jours.©2008 Les Éditions de la Chenelière La thérapie cognitivo-comportementale : théorie et pratique 7
    *(di)
    93. _____ Il ne me semble pas possible d’échapper au sentiment que quelque chose
    de mauvais va bientôt se passer.
    94. _____ J’ai l’impression qu’un désastre naturel, criminel, financier ou médical
    pourrait frapper à tout moment.
    95. _____ J’ai peur de devenir un(e) sans domicile fixe ou un(e) mendiant(e).
    96. _____ J’ai peur d’être attaqué(e).
    97. _____ Je prends de grandes précautions pour éviter de tomber malade ou d’être
    blessé(e).
    98. _____ J’ai peur d’avoir une maladie grave, même si rien de sérieux n’a été
    diagnostiqué par un médecin.
    99. _____ Je suis quelqu’un de peureux(se).
    100. _____ Je me soucie beaucoup de ce qui va mal dans le monde : le crime,
    la pollution, etc.
    101. _____ J’ai souvent le sentiment que je pourrais devenir fou (folle).
    102. _____ J’ai souvent l’impression que je vais avoir une crise d’angoisse.
    103. _____ J’ai souvent peur d’avoir une crise cardiaque ou un cancer, même s’il y a peu
    de raisons médicales de s’en soucier.
    104. _____ Je pense que le monde est un endroit dangereux.
    *(vu)
    105. _____ Je n’ai pas pu me séparer de ma mère ou de mon père comme semblent
    le faire les gens de mon âge.
    106. _____ Mes parents et moi avons tendance à être sur-impliqués dans nos vies et
    nos problèmes réciproques.
    107. _____ Il est très difficile, pour mes parents et moi-même, de garder secrets,
    chacun pour soi, certains détails intimes, sans nous sentir trahis ou
    coupables.
    108. _____ Mes parents et moi devons nous parler presque tous les jours, sinon l’un
    de nous se sent coupable, blessé(e), déçu(e), ou seul(e).
    109. _____ J’ai souvent l’impression de ne pas avoir une identité distincte de celle de
    mes parents ou de mon partenaire.
    110. _____ J’ai souvent l’impression que mes parents vivent à travers moi — je n’ai pas
    une vie qui me soit propre.
    111. _____ Il m’est vraiment ardu de maintenir une distance vis-à-vis des gens dont je
    suis intime; il m’est difficile de me sentir une personne séparée.
    112. _____ Je suis tellement lié(e) à mon partenaire ou à mes parents que je ne sais
    pas vraiment qui je suis ou ce que je veux.
    113. _____ J’éprouve des difficultés à distinguer mon point de vue ou mon opinion de
    ceux de mes parents ou de mon partenaire.
    114. _____ J’ai souvent l’impression de ne pas avoir d’intimité par rapport à mes
    parents ou mon partenaire.
    115. _____ Je sens que mes parents seraient vraiment peinés si je vivais seul(e), loin
    d’eux.©2008 Les Éditions de la Chenelière La thérapie cognitivo-comportementale : théorie et pratique 8
    *(eu)
    116. _____ Je laisse les autres faire ce qu’ils veulent, car j’ai peur des conséquences.
    117. _____ Je pense que si je fais ce que je veux, je cours après les problèmes.
    118. _____ Je sens que je n’ai pas d’autre choix que de me soumettre aux souhaits
    des autres, sinon ils exerceront des représailles ou me rejetteront d’une
    façon ou d’une autre.
    119. _____ Dans mes relations, je laisse l’autre avoir le dessus sur moi.
    120. _____ Je laisse toujours les autres choisir à ma place, si bien que je ne sais pas
    vraiment ce que je veux moi-même.
    121. _____ J’ai le sentiment que les décisions importantes de ma vie n’étaient pas
    vraiment les miennes.
    122. _____ Je me soucie beaucoup de plaire aux autres, pour qu’ils ne me rejettent
    pas.
    123. _____ J’ai beaucoup de difficultés à exiger que mes droits soient respectés et que
    mes sentiments soient pris en compte.
    124. _____ Plutôt que manifester ouvertement ma colère, je me venge dans des
    petites choses.
    125. _____ Je vais tolérer beaucoup plus de choses que la plupart des gens afin
    d’éviter une confrontation.
    *(sb)
    126. _____ Je fais passer les besoins des autres avant les miens, sinon je me sens
    coupable.
    127. _____ Je me sens coupable si je laisse tomber les autres ou si je les déçois.
    128. _____ Je donne davantage aux autres que je ne reçois en retour.
    129. _____ Je suis celui (celle) qui finit généralement par prendre soin des gens dont
    je suis proche.
    130. _____ Il n’y a presque rien que je ne puisse supporter lorsque j’aime quelqu’un.
    131. _____ Je suis quelqu’un de bon car je pense aux autres plus qu’à moi-même.
    132. _____ Au travail, je suis habituellement celui (celle) qui est volontaire pour faire
    des heures ou des tâches supplémentaires.
    133. _____ Même si je suis très occupé(e), je trouve toujours du temps pour les
    autres.
    134. _____ Je peux m’en sortir avec vraiment très peu car mes besoins sont minimes.
    135. _____ Je ne suis heureux(se) que si les gens qui m’entourent le sont aussi.
    136. _____ Je suis tellement occupé(e) à me dévouer pour les gens qui m’importent
    que j’ai très peu de temps pour moi.
    137. _____ J’ai toujours été celui (celle) qui écoute les problèmes des autres.
    138. _____ Je me sens plus à l’aise pour donner un cadeau que pour en recevoir un.
    139. _____ On me voit comme quelqu’un qui en fait trop pour les autres et
    pas assez pour lui-même.
    140. _____ Peu importe combien je donne, ce n’est jamais assez.
    141. _____ Si je fais ce que je veux, je me sens vraiment mal à l’aise.
    142. _____ Il m’est vraiment difficile de demander aux autres de se soucier de mes
    besoins.©2008 Les Éditions de la Chenelière La thérapie cognitivo-comportementale : théorie et pratique 9
    *(ss)
    143. _____ J’ai peur de perdre le contrôle de mes actes.
    144. _____ J’ai peur de faire du mal à quelqu’un, physiquement ou affectivement, si je
    perds tout contrôle sur ma colère.
    145. _____ Je sens que je dois contrôler mes émotions et mes impulsions, sinon
    quelque chose de déplorable risque de se produire.
    146. _____ J’en arrive à accumuler en moi beaucoup de colère et de ressentiment que
    je n’exprime pas.
    147. _____ Je suis trop gêné(e) pour exprimer des sentiments positifs aux autres (par
    ex. de l’affection, de l’intérêt).
    148. _____ Je trouve embarrassant d’exprimer mes sentiments aux autres.
    149. _____ Il m’est difficile d’être chaleureux (se) et spontané(e).
    150. _____ Je me contrôle tellement bien que les autres croient que je n’ai pas
    d’émotions.
    151. _____ Les gens me trouvent coincé(e) sur le plan émotionnel.
    *(ei)
    152. _____ Je dois être le (la) meilleur(e) dans presque tout ce que je fais, je ne peux
    pas accepter d’être le (la) deuxième.
    153. _____ Je m’efforce de tout maintenir parfaitement en ordre.
    154. _____ Je dois apparaître sous mon meilleur aspect la plupart du temps.
    155. _____ Je m’efforce de faire de mon mieux; je ne peux pas me contenter
    d’être « assez bien ».
    156. _____ J’ai tant de choses à faire qu’il ne me reste presque pas de temps pour me
    détendre vraiment.
    157. _____ Presque rien de ce que je fais n’est assez bien, je pourrais toujours
    faire mieux.
    158. _____ Je dois faire face à toutes mes responsabilités.
    159. _____ Je ressens une pression constante qui me force à faire les choses et à les
    réussir.
    160. _____ Mes relations souffrent de ce que je m’impose trop de choses.
    161. _____ Je m’impose une telle pression pour bien faire que ma santé en souffre.
    162. _____ Souvent je sacrifie plaisir et bonheur pour atteindre mes idéaux.
    163. _____ Lorsque je fais une erreur, je mérite une critique sévère.
    164. _____ Je ne peux pas accepter de me dégager aisément d’une situation difficile ou
    de présenter des excuses pour mes erreurs.
    165. _____ Je suis quelqu’un de très compétitif.
    166. _____ J’attache beaucoup d’importance à l’argent ou au statut social.
    167. _____ Je tiens toujours à être le (la) meilleur(e) dans ce que j’accomplis.
    *(us)
    168. _____ Lorsque j’attends quelque chose des autres, j’ai beaucoup de difficulté à
    accepter un refus.
    169. _____ Je me mets souvent en colère ou je m’irrite quand je ne peux pas avoir ce
    que je veux.
    170. _____ Je suis quelqu’un de spécial et je ne devrais pas avoir à accepter les
    restrictions auxquelles les autres doivent se soumettre.©2008 Les Éditions de la Chenelière La thérapie cognitivo-comportementale : théorie et pratique 10
    171. _____ Je déteste être contraint(e) ou qu’on m’empêche de faire ce que je veux.
    172. _____ Je crois que je n’ai pas à suivre les règles et les conventions comme les
    autres.
    173. _____ J’ai le sentiment que j’ai beaucoup plus à offrir que les autres.
    174. _____ Habituellement, je fais passer mes besoins avant ceux des autres.
    175. _____ Je remarque souvent que l’importance accordée à mes priorités
    personnelles ne me laisse plus de temps pour les amis ou la famille.
    176. _____ Les autres me disent souvent que je contrôle trop la façon dont les choses
    sont faites.
    177. _____ Je suis très irrité(e) lorsque les autres ne font pas ce que je leur demande.
    178. _____ Je ne supporte pas que les autres me disent ce que je dois faire.
    *(et)
    179. _____ J’ai beaucoup de difficultés à m’arrêter de boire, de fumer, de trop manger
    ou à cesser d’autres comportements problématiques.
    180. _____ Il ne me semble pas possible de me discipliner pour terminer des tâches
    routinières ou ennuyeuses.
    181. _____ Souvent, je me laisse aller à mes impulsions ou à exprimer des émotions
    qui me créent des difficultés ou blessent les autres.
    182. _____ Si je ne peux pas atteindre un but, je suis facilement frustré(e) et
    j’abandonne.
    183. _____ Il m’est très difficile de sacrifier une gratification immédiate pour mener à bien
    un projet à long terme.
    184. _____ Quand je me mets en colère, il est fréquent que je ne puisse pas du tout
    me contrôler.
    185. _____ J’ai tendance à abuser de certaines choses, même si je sais que c’est
    mauvais pour moi.
    186. _____ Je m’ennuie très facilement.
    187. _____ Quand les tâches deviennent difficiles, je ne peux souvent pas persévérer
    pour les terminer.
    188. _____ Je ne peux pas me concentrer longtemps sur quoi que ce soit.
    189. _____ Je ne peux pas me forcer à faire des choses qui ne me plaisent pas même
    quand je sais que c’est pour mon bien.
    190. _____ Je me mets en colère à la moindre offense.
    191. _____ J’ai rarement été capable de tenir mes engagements.
    192. _____ Je ne peux presque jamais m’empêcher de montrer aux gens mes
    véritables sentiments, même si cela doit me coûter cher.
    193. _____ J’agis souvent impulsivement et je le regrette plus tard.
    *(is)
    194. _____ Il m’est important d’être aimé(e) par presque tous ceux que je connais.
    195. _____ Je modifie mon comportement en fonction des gens avec qui je me trouve,
    afin qu’ils puissent m’aimer davantage.
    196. _____ Je fais tout mon possible pour m’adapter.
    197. _____ Mon estime personnelle est principalement fondée sur la façon dont les
    autres me voient.©2008 Les Éditions de la Chenelière La thérapie cognitivo-comportementale : théorie et pratique 11
    198. _____ Posséder de l’argent et connaître des gens importants sont des choses qui
    me donnent de la valeur.
    199. _____ Je consacre beaucoup de temps à soigner mon apparence afin de gagner
    l’estime des autres.
    200. _____ Mes réussites ont plus de valeur à mes yeux si les autres les
    remarquent.
    201. _____ Je suis à ce point soucieux(e) de m’adapter aux autres qu’il m’arrive de
    ne plus savoir qui je suis.
    202. _____ Je trouve difficile de me fixer des objectifs propres, sans prendre en
    compte ce que les autres vont penser de mes choix.
    203. _____ Lorsque je considère les décisions que j’ai prises dans ma vie, je réalise que
    la plupart d’entre elles reposaient sur le désir d’obtenir l’approbation des
    autres.
    204. _____ Même si je n’aime pas une personne, je tiens malgré tout à ce qu’elle
    m’aime.
    205. _____ À moins d’obtenir beaucoup d’attention des autres, je me sens peu
    important(e).
    206. _____ Si j’interviens lors d’une réunion ou si on me présente dans un groupe, je
    cherche à être reconnu(e) et admiré(e).
    207. _____ Lorsqu’on me fait beaucoup de compliments et d’éloges, je me sens une
    personne de valeur.
    *(as)
    208. _____ Même lorsque tout va bien, j’ai l’impression que ce ne sera que temporaire.
    209. _____ S’il se produit quelque chose de bien, j’ai peur qu’il n’arrive ensuite
    quelque chose de mauvais.
    210. _____ On n’est jamais assez prudent; il peut toujours se produire quelque chose
    de mauvais.
    211. _____ Même si je travaille beaucoup, j’ai peur de me retrouver un jour sans le
    sou.
    212. _____ J’ai peur qu’une mauvaise décision ne puisse conduire à un désastre.
    213. _____ Je me tourmente souvent pour des décisions mineures, car les
    conséquences d’une erreur m’apparaissent tellement graves.
    214. _____ Je préfère considérer que les choses ne vont pas aller comme je le veux,
    car ainsi je ne serai pas déçu(e) si ça se passe mal.
    215. _____ Je pense plutôt aux aspects négatifs de la vie et des évènements qu’aux
    côtés positifs.
    216. _____ J’ai tendance à être pessimiste.
    217. _____ Mes proches considèrent que je me fais trop de soucis.
    218. _____ Si les gens s’enthousiasment trop, je me sens mal et j’éprouve le besoin de
    les prévenir de ce qui pourrait mal se passer.
    *(np)
    219. _____ Si je fais une erreur, je mérite d’être puni(e).
    220. _____ Si je ne donne pas le meilleur de moi-même, je dois m’attendre à échouer.
    221. _____ Je n’ai aucune excuse si je fais une erreur.©2008 Les Éditions de la Chenelière La thérapie cognitivo-comportementale : théorie et pratique 12
    222. _____ Les gens qui ne font pas leur part de travail à fond devraient être punis
    d’une manière ou d’une autre.
    223. _____ La plupart du temps, je n’accepte pas les excuses des autres : ils n’ont pas
    pris leurs responsabilités et ils en paient les conséquences.
    225. _____ Je pense souvent à mes erreurs passées et je me mets en colère contre
    moi-même.
    226. _____ Lorsque les gens font quelque chose de mal, j’ai du mal à appliquer la
    phrase : « Pardonnez et oubliez.»
    227. _____ Je garde de la rancune envers les gens, même s’ils se sont excusés.
    228. _____ Je me sens énervé(e) à l’idée que quelqu’un s’est tiré trop facilement d’un
    mauvais pas.
    229. _____ Je me mets en colère lorsque des gens se trouvent des excuses, ou
    lorsqu’ils accusent les autres pour des problèmes dont ils sont eux-mêmes
    responsables.
    230. _____ Peu importe les raisons, quand je fais une erreur, je devrais en payer le
    prix.
    231. _____ Je m’en veux énormément lorsque je bousille quelque chose.
    232. _____ Je suis quelqu’un de mauvais qui mérite d’être puni.
    *(pu)



    © 2005, Jeffrey Young, Ph.D. Special thanks to Gary Brown, Ph.D., Scott Kellogg, Ph.D., Glenn Waller, Ph.D.,
    and the many other therapists and researchers who have contributed items and feedback in the development of
    the YSQ, 3rd edition. Unauthorized reproduction without written consent of the author is prohibited. For more
    information, write : Schema Therapy Institute, 36 West 44th St., Ste. 1007, New York, NY 10036.
    Reproduction interdite sans consentement des auteurs.
    Traduction par Pierre Cousineau (Québec) et Bernard Pascal (France), 2005.
    Traduction officielle autorisée par Jeffrey Young, Ph.D.

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  • Les Schémas Précoces Inadaptés (SPI) (1)

    ARTICLES
    http://www.jobinsevigny.ca/articles_t.php?idt=36
    Psychothérapie Centrée sur les Schémas
    PRÉSENTATION DE LA THÉRAPIE CENTRÉE SUR LES SCHÉMAS
    par Josée Jobin et Luc Sévigny
    Une approche intégrée

    C’est Jeffrey E. Young qui, avec le concours de ses collaborateurs, a élaboré et continue d’élaborer cette approche dite Centrée sur les schémas. Jeffrey E. Young enseigne au département de psychiatrie de l’Université de Columbia. Il est le fondateur et le directeur des Centres de thérapie cognitive de New York et du Connecticut, ainsi que de l’Institut de Schéma Thérapie de New York. Il publiait en 1993 un livre grand publique qui présentait cette nouvelle approche, Reinventing your life, qui fut traduit en français en 1995 par Pierre Cousineau (PhD-psy)(Je réinvente ma vie – Éd. de l’homme). Il publiait, en 2003, Schema therapy, a practicionner guide, qui fut traduit en français en 2005 par Bernard Pascal (Doc-Md)(La thérapie des schémas - Approche cognitive des troubles de la personnalité - Éd. Boeck). Ce deuxième ouvrage s’adresse plus spécifiquement aux intervenants.

    La thérapie centrée sur les schémas est un modèle intégratif qui est issu des concepts et traitements cognitivo-comportementaux habituels (J.Young a étudié avec A.Beck, qui a signé la préface de la première édition de son premier livre, Je réinvente ma vie). Son apport majeur a été l’identification des Schémas Précoces Inadaptés (SPI), des modes et des stratégies d’adaptation (processus de perpétuation). De plus, cette approche intègre des façons de concevoir et de faire, provenant des trois courants théoriques majeurs, soit le courant cognitif-comportemental, le courant psycho-dynamique et le courant existentiel-humaniste. 

    Cette approche 1) aide le thérapeute et le patient à clarifier les problèmes et à les organiser de façon compréhensible et 2) aide le patient à envisager ses difficultés et ses façons de fonctionner de façon egodystone. Pour ce faire, le thérapeute se fait l’allié du patient en utilisant des méthodes cognitives, expérientielles, comportementales et relationnelles, dépendamment des schémas, des modes et des défenses concernés ainsi que des étapes du cheminement de la personne. Cette approche intégrative combine une théorie de traitements à long terme et des techniques de traitement à court terme. Elle travaille sur les problématiques dites chroniques et présume que les problèmes originent de l’enfance et de l’adolescence. L’approche centrée sur les schémas vise à aider les patients à combler leurs besoins de base, d’une façon adaptée en changeant et/ou en gérant les schémas inadaptés, les stratégies d’adaptation et les modes inadéquats. 

    Vous pouvez avoir un tableau synthèse en format .pdf en cliquant ici .

    Les schémas 

    La définition de Young, des Schémas Précoces Inadaptés (SPI), est la suivante :
    . un modèle ou un thème important et envahissant,
    . constitué de souvenirs, d’émotions, de cognitions et de sensations corporelles,
    . concernant soi-même et ses relations avec les autres,
    . constitué au cours de l’enfance ou de l’adolescence,
    . enrichi tout au long de la vie de l’individu, et dysfonctionnel de façon significative. (2005, p.34).

    Les Schémas Précoces Inadaptés (SPI), qui s’élaborent au cours de l’enfance et/ou de l’adolescence, continuent à s’enrichir tout au long des expériences de la vie, même s’ils sont inappropriés, s’ils ne servent plus à rien ou sont même nuisibles. En fait, la personne adulte qui fait l’expérience de l’activation d’un de ses schémas, vit cette expérience émotionnelle d’une façon semblable à ce qu’elle a vécu lors de l’élaboration de son schéma. Il est question ici de continuité cognitive, de vision stable de soi-même et du monde, même si celle-ci est en fait imprécise ou erronée. 

    Notons que les schémas peuvent être positifs ou négatifs, adaptés ou inadaptés. La psychothérapie centrée sur les schémas s’intéresse aux schémas qui sont inadaptés. Ces schémas constituent le noyau des troubles de la personnalité, des problèmes caractérologiques et de nombreux troubles de l’Axe I du D.S.M. IV (2005, p.34).

    Il est donc question d’interprétation distortionnée, de la réalité, qu’a la personne.

    Caractéristiques des Schémas précoces inadaptés

    Voici les 5 principales caractéristiques des Schémas Précoces Inadaptés : 

    1) Les SPI ne sont pas tous d’origine traumatique (ex. surprotéger l’enfant) mais ils sont tous destructifs et sont principalement causés par des expériences nocives qui se sont répétées régulièrement, au cours de l’enfance et de l’adolescence.

    2) Les schémas sont élaborés pour se nourrir et perdurer tout au long de la vie de l’individu. On dit que les schémas se battent pour survivre

    3) Les schémas apparaissent au cours de l’enfance ou de l’adolescence en tant que représentations de l’environnement de l’enfant et sont basés sur la réalité.

    4) La nature dysfonctionnelle des schémas se manifeste plus tard au cours de la vie, au moment où les personnes commencent à perpétuer leurs schémas dans leurs interactions avec les autres, avec des perceptions qui ne sont plus exactes, ni adaptées.

    5) Les schémas sont dimensionnels, ce qui signifie qu’ils peuvent avoir différents niveaux d’envahissement et de gravité (2005, p. 35).


    Événements menant aux Schémas Précoces Inadaptés 

    Les expériences nocives de l’enfance sont à l’origine des SPI. Les schémas qui se développent le plus tôt et qui sont les plus forts trouvent leur origine dans la cellule familiale. Dans une certaine mesure, la dynamique de la famille d’un enfant correspond, pour lui, à celle du vaste monde. Lorsque les patients se trouvent en tant qu’adultes dans des situations qui activent leurs SPI, ce qu’ils sont en train de vivre, correspond à un drame de leur enfance, mettant habituellement en jeu un parent. Les schémas développés plus tard dans la vie sont généralement moins envahissants ou moins puissants.

    Young a observé quatre types d’expériences de vie précoces qui concourent à la constitution des schémas inadaptés :

    1. La frustration de besoins 
    Par exemple, la frustration des besoins de stabilité, de compréhension ou d’amour contribue à la formation des schémas tels que le manque affectif ou l’abandon-instabilité.

    2. La traumatisation ou la victimisation 
    L’enfant victimisé ou maltraité pourra développer des schémas de méfiance/abus, d’imperfection/honte ou de peur du danger ou de la maladie.

    3. L’excès de satisfaction des besoins
    La formation d’un schéma inadapté ne provient pas nécessairement d’un traumatisme ou de frustration de besoins. Elle peut provenir d’un excès de bonnes choses qu’il serait sain de recevoir de façon plus modérée. Par exemple, l’enfant gâté, choyé, pour qui les parents font tout ne verra pas ses besoins d’autonomie et de limites comblés et pourra développer un SPI dedépendance/incompétence ou de droits personnels exagérés/grandeur.

    4. L’internalisation ou l’identification sélective à des personnes importantes
    Par exemple l’enfant violenté par le parent, s’identifie à ce parent, internalise ses pensées, ses émotions et ses comportements et sera lui-même un adulte violent.

    Le tempérament détermine en partie la façon dont un individu va procéder à l’identification et l’internalisation des caractéristiques d’une personne proche. Young donne l’exemple d’un enfant au tempérament dysthymique qui ne va probablement pas internaliser le style optimiste d’un de ses parents. Le comportement du parent étant tellement contraire à la prédisposition de l’enfant, que l’enfant ne pourra l’assimiler.

    Les besoins affectifs fondamentaux 

    Les schémas sont la conséquence de besoins affectifs fondamentaux qui n’ont pas été comblés au cours de l’enfance et/ou de l’adolescence. Voici les cinq besoins affectifs fondamentaux de l’humain qui sont proposés :

    1. La sécurité liée à l’attachement aux autres (comprend la stabilité, la sécurité, l’éducation attentive et l’acceptation).
    2. L’autonomie, la compétence et le sens de l’identité.
    3. La liberté d’exprimer ses besoins et ses émotions.
    4. La spontanéité et le jeu.
    5. Les limites et l’autocontrôle.

    Ces besoins sont universels et un individu sain, sur le plan psychologique, est une personne qui parvient à combler de façon adaptée ses besoins affectifs fondamentaux. Le but de la Thérapie des Schémas est d’aider les personnes à trouver des moyens adaptés pour satisfaire leurs besoins affectifs fondamentaux. C’est la finalité de toutes nos interventions.

    Le rôle du tempérament émotionnel 

    Comme la plupart des parents le réalisent assez vite, chaque enfant a, de façon innée, un tempérament unique et distinctif. Certains enfants sont plus irritables, d’autres sont plus timides, d’autres plus agressifs, etc. Les recherches sur les traits du tempérament présents au cours de l’enfance ont montré qu’ils étaient remarquablement stables au cours du temps.

    Young propose sept dimensions hypothétiques pour le tempérament émotionnel, dimensions innées et relativement non modifiables par la seule psychothérapie :


    Émotif ----------------------------- Aréactif
    Dysthymique -------------------- Optimiste
    Anxieux -------------------------- Calme
    Obsessionnel ------------------- Distractif
    Passif ---------------------------- Agressif
    Irritable ------------------------- Jovial
    Timide --------------------------- Social

    Le tempérament émotionnel interagit avec les situations difficiles de l’enfance pour former les schémas.


    LES DOMAINES DE SCHEMAS ET LES SCHEMAS PRECOCES INADAPTES 

    Dans ce modèle, 18 schémas sont regroupés en 5 grandes catégories de besoins affectifs non comblés, les cinq « domaines de schémas».

    A- Domaine de la séparation et du rejet 

    Le patient est convaincu que ses attentes concernant les besoins de sécurité, de stabilité, d’empathie, d’expression des émotions, d’acceptation et de respect ne seront pas comblés. La famille d’origine typique de ce genre de schéma est caractérisée par le détachement, la froideur, le rejet, la solitude, les refus, l’explosion des émotions ainsi que par son caractère imprévisible et abusif.

    1) Schéma de l’abandon/instabilité

    La personne perçoit une instabilité dans la relation aux personnes signifiantes. De plus, elle a l’impression que les gens importants de sa vie ne continueront pas à être là, car ils sont non prévisibles émotionnellement, ils ne sont présents que sporadiquement, ils vont mourir ou ils quitteront la personne pour une autre personne meilleure. Tels sont les a prioris qu’a la personne ayant un tel SPI.

    2) Schéma de la méfiance et de l’abus

    La personne ayant ce schéma a la conviction, que lorsqu’ils en auront l’occasion, les autres vont les utiliser à leurs fins égoïstes. Par exemple, ils vont abuser, heurter, humilier, tromper ou manipuler le patient. 


    3) Schéma de la carence affective

    La personne anticipe que ses propres désirs, dans une relation affective, ne seront jamais adéquatement comblés.

    Il y a trois types de carences :
    A) Manque de soin (absence d’affection)
    B) Manque d’empathie (absence d’écoute et de compréhension)
    C) Manque de protection (absence de guidance et de soutient par les autres).

    La personne peut avoir souffert d’un, de deux ou de trois types de carences à la fois.

    4) Schéma de l’imperfection et de la honte

    Le patient a le sentiment qu’il est mauvais, inférieur, sans valeur, imparfait et non aimable. Le schéma augmente habituellement le sentiment de la honte en regard de ses perceptions auto-dépréciatrices. L’imperfection peut être privée (égoïsme, pulsions agressives, désirs sexuels inacceptables, manque de talent, d’intelligence, de créativité etc.), ou publique (non attirant physiquement, maladroit socialement). 

    5) Schéma d’exclusion 

    La personne a l’impression d’être différente des autres, ou de ne pas faire partie de la société ou du groupe. Typiquement, le patient ayant ce schéma ne sent pas qu’il peut appartenir à aucun groupe dans la communauté. 

    B- Domaine de l’autonomie et des performances altérées 

    L’autonomie est l’habileté à se séparer de sa famille et de fonctionner indépendamment d’une façon comparable aux gens de son groupe d’âge. Quand ces personnes étaient des enfants, leurs parents faisaient tout pour eux et les surprotégeaient, ou à l’opposé (mais c’est plus rare) s’occupaient à peine d’eux. Les deux extrêmes peuvent mener à des problèmes d’autonomie. Ces personnes n’arrivent pas à devenir des adultes dans la vie.

    6) Schéma de dépendance/incompétence

    Les patients au prise avec ce schéma se sentent incapables d’assumer leurs responsabilités quotidiennes sans une aide substantielle des autres. Par exemple, ils n’arrivent pas à gérer leur argent, à résoudre des problèmes concrets, à user de bon jugement, à entreprendre de nouvelles tâches ou à prendre des décisions adéquates. Il n’est pas ici question de dépendance affective émanant de schémas d’abandon et/ou de carence affective mais plutôt de dépendance fonctionnelle.

    7) Schéma de vulnérabilité (peur du danger ou de la maladie)

    Ce schéma est caractérisé par une crainte excessive qu’une catastrophe ne survienne à n’importe quel moment et avec laquelle il ne pourrait pas « survivre ». 

    Il y a trois types de peurs :

    1. Reliée à la santé : crise cardiaque, sida, etc.
    2. Reliée aux émotions : perdre la raison, perdre le contrôle, etc.
    3. Reliée aux catastrophes naturelles ou à des phobies (ascenseurs, crimes, avions, tremblements de terre, etc.)

    8) Schéma de fusion/ soi peu développé

    Ces patients étaient souvent surinvestis par leurs parents au détriment de leur individualisation et de leur développement social. Ces patients croient fréquemment que l’une des personnes de la relation fusionnelle ne peut vivre sans l’autre. 

    9) Schéma d’échec

    Ce schéma est caractérisé par la croyance que le patient échouera inévitablement dans des secteurs où il doit performer (études, profession, sport) et qu’il sera fondamentalement inadéquat comparativement à ses pairs. 

    Nous pouvons faire ici un parallèle entre le schéma d’imperfection et le schéma d’échec : avec le schéma d’imperfection, il est question d’une imperfection de l’être (mauvais, inférieur, sans valeur, imparfait et non aimable), alors qu’avec le schéma d’échec, il est question d’une incompétence du faire (performance : études, travail, sport, etc.).

    C- Le domaine des limites déficientes
    Les patients avec ces schémas n’ont pas développé des limites internes adéquates au sujet de la réciprocité et de l’autodiscipline. Ils ont de la difficulté à respecter les droits des autres, à coopérer, à remplir leurs engagements ou à rencontrer leurs buts à long terme. Ces patients se présentent souvent comme égoïstes, gâtés, irresponsables ou narcissiques. Ils ont grandi typiquement dans des familles qui étaient très permissives et indulgentes. Comme adulte, ils manquent de capacité à restreindre leurs impulsions et à retarder les gratifications immédiates au nom de bénéfices futures.

    10) Schémas des droits personnels exagérés / de grandeur (Tout m’est dû)
    Schéma caractérisé par la croyance que le patient est supérieur aux autres et qu’il peut avoir des droits ou des privilèges particuliers. Ces patients ne se sentent pas liés par les règles de réciprocité qui guident les interactions sociales normales. Ils insistent souvent sur le fait qu’ils devraient pouvoir faire ce qu’ils veulent, sans égard au prix que les autres auraient à payer pour leurs privilèges. Ces patients sont souvent exigeants envers les autres, dominants et manquant d’empathie. 

    Ce schéma pourrait aussi être une forme de surcompensation à un autre schéma, tel carence affective.

    11) Schéma de discipline personnelle et maîtrise de soi insuffisantes 

    Ces patients n’arrivent pas à exercer un auto-contrôle suffisant et une tolérance à la frustration qui leur permettraient d’atteindre leurs buts. Ils n’arrivent pas à réguler l’expression de leurs émotions et de leurs impulsions. 

    D- Domaine de la centration sur autrui 

    Dans les schémas de ce domaine, les patients mettent une emphase excessive vers la satisfaction des besoins des autres, plutôt que vers leurs propres besoins et préférences. Ils font ça dans le but d’avoir l’approbation, de maintenir une relation ou pour éviter les représailles. Comme enfants, ils n’étaient pas libres de suivre leurs désirs naturels. Comme adultes, plutôt que d’être guidés par eux-mêmes, ils se laissent guider par les désirs des autres. La famille d’origine typique de ces patients est caractérisée par l’acceptation conditionnelle, c’est-à-dire que l’enfant doit restreindre d’importants aspects de lui-même pour obtenir de l’amour et de l’approbation. 

    12) Schéma d’assujettissement

    Les patients victimes de ce schéma démontrent une excessive capitulation au contrôle des autres, car ils s’y sentent contraints. La fonction de l’assujettissement est habituellement d’éviter la rage, les représailles ou l’abandon. Les deux formes majeures sont l’assujettissement des besoins (suppression des préférences et des désirs personnels) et l’assujettissement des émotions (suppression de ses propres réponses émotives, principalement de la rage). L’assujettissement mène souvent à une accumulation de la rage qui se manifeste par différents symptômes tels que les comportements passifs-agressifs, les crises incontrôlables, les symptômes psychosomatiques et l’évitement de l’affection. 

    13) Schéma de sacrifice de soi

    Les patients ayant se schéma, tentent volontairement de satisfaire les besoins des autres au détriment de leurs propres besoins. Ils agissent ainsi dans le but d’épargner de la douleur aux autres, éviter la culpabilité, gagner de l’estime personnelle ou maintenir une relation émotive avec une personne qu’ils perçoivent significative. Ces patients expriment une sensibilité aiguë aux souffrances de l’autre. Ce schéma augmente la sensation que les besoins personnels ne sont pas rencontrés adéquatement, ce qui mène à l’amertume. 

    14) Schéma de recherche d’approbation

    Ce schéma est caractérisé par une valorisation dans l’obtention de l’approbation et de la reconnaissance des autres, au détriment du développement d’une identité sécure et authentique. L’estime personnelle dépend ici des autres plutôt que de sa propre évaluation. Ce schéma inclus souvent une préoccupation excessive du statut social, de l’apparence, de la richesse, et du succès dans l’optique d’obtenir l’approbation et la reconnaissance. 

    E- Domaine de la vigilance à outrance et de l’inhibition 

    Les patients ayant des schémas dans ce domaine suppriment leurs sentiments spontanés et leurs impulsions. Ils s’efforcent souvent d’instaurer des règles rigides et internes au sujet de l’expression de leur joie, de l’expression de soi, de la relaxation, de leurs relations et de leur bonne santé. L’origine de ces schémas vient d’une enfance sévère, réprimée, stricte où l’auto-contrôle et l’abnégation prédominaient sur la spontanéité et le plaisir. Dans l’enfance, les parents n’encourageaient pas les jeux et le plaisir. 

    15) Schéma négativisme / pessimisme

    Ce schéma est caractérisé par une vision envahissante et constante des aspects négatifs de la vie (douleur, mort, pertes, désappointements, conflits, trahisons, catastrophes) tout en minimisant les aspects positifs. Dû au fait que le patient exagère le potentiel négatif des événements, ce dernier est souvent caractérisé comme étant soucieux, inquiet, hypervigilant, plaignard et indécis.

    16) Schéma d’inhibition émotionnelle

    Le patient exerce ici un contrôle excessif sur ses actions, sentiments et affirmations. Il se restreint dans le but de prévenir la critique ou la perte de contrôle de ses impulsions. 

    Les quatre secteurs les plus concernés sont :

    . l’inhibition de la colère et de l’agressivité,
    . le contrôle des impulsions positives (sentiments affectifs, sexualité, amusement, etc.),
    . la difficulté à reconnaître ses faiblesses et sa vulnérabilité, la difficulté à exprimer ses sentiments ou besoins.
    . l’importance excessive accordée à la raison par rapport aux émotions.

    17) Schéma d’exigences élevées

    Ce schéma est caractérisé par une préoccupation à correspondre à de hauts standards, habituellement dans le but d’éviter la désapprobation ou la honte. Ce schéma résulte en une pression constante et une critique continue envers soi-même et les autres. Pour être considérées comme un schéma, ces caractéristiques doivent créer une détérioration importante au sujet de la santé du patient, de son estime personnelle, de ses relations ou de ses expériences plaisantes. 

    Ce schéma se manifeste typiquement par,

    1) du perfectionnisme (besoin de bien faire les choses, porter une attention excessive aux détails, sous-estimer son niveau de performance),

    2) des règles rigides (les « il faut » dans plusieurs secteurs de la vie, incluant des standards non réalistes de morale, de culture ou de religion) 

    3) une préoccupation au sujet du temps et de l’efficacité (il faut toujours faire vite et mieux). 

    Ce schéma peut aussi être, une stratégie de contre-attaque du schéma d’échec, d’imperfection ou d’exclusion, ou une réponse aux introjections parentales (mode du parent exigeant).

    18) Schéma de punition

    Ce schéma est caractérisé par une conviction que les gens peuvent être punis s’ils font des erreurs. Ce schéma augmente la tendance à être exigeant et intolérant avec les gens (ainsi qu’avec soi-même), si les standards ne sont pas rencontrés. Il inclut habituellement une difficulté à pardonner les erreurs, car le patient est peu enthousiaste à considérer les circonstances atténuantes à tolérer les imperfections humaines ou à considérer les intentions de l’autre.

    LES STRATEGIES D’ADAPTATION DYSFONCTIONNELLES 

    Les trois styles d’adaptation sont l’équivalent de la réaction de tout organisme devant une menace, soit la bataille, la fuite ou la capitulation (fight or flight or freeze). En terme de styles d’adaptation, on parle de compensation (la bataille - fight), d’évitement (la fuite - flight) et de soumission (la capitulation - freeze).


    Le mode de la soumission se traduit par « l’abdicataire conciliant ». Dans ce mode, la personne se soumet au schéma, se positionne dans la passivité, l’impuissance et la soumission. Elle accepte le schéma et ce qu’il porte comme étant vrai. Par exemple, la personne qui a un schéma de carence affective et qui s’y soumet pourra, une fois adulte, choisir un conjoint qui donne peu d’affection et ne comblera pas ses besoins. Dans cette relation, la personne carencée sera passive et accommodante. 

    La stratégie de soumission (capitulation) va s’opérationnaliser par des comportements de soumission, de dépendance, de recherche d’affiliation, de passivité, de subordination, d’évitement des conflits et de tentatives incessantes de faire plaisir à l’autre. 

    Le mode de l’évitement est « le protecteur détaché » (ou le « détachement protecteur »…): la personne qui utilise l’évitement du schéma comme style d’adaptation tente d’arranger sa vie de façon à ne jamais activer le schéma. Elle essaie de vivre sans avoir conscience du schéma, comme si celui-ci n’existait pas. Elle évite d’y penser. Elle évite de le ressentir. Par exemple, la même personne qui a un schéma de carence affective pourra, une fois adulte, éviter les relations intimes : pas de conjoint(e), pas ou peu d’amis. Elle n’a pas de difficultés relationnelles puisqu’elle n’est pas en relation. Elle évite les relations. L’évitement permet de ne pas ressentir le schéma et, par le fait même, en permet le maintien.

    Le mode de la contre-attaque se traduit par le « surcompensateur » : la personne qui compense son schéma combat par des pensées, des émotions, des comportements et des styles relationnels qui correspondent à l’opposé du schéma. Ainsi, la personne se bat contre son schéma, combat son schéma, agit sur son schéma comme pour prouver et se prouver le contraire des croyances et prévisions de son schéma, mais fait cela d’une façon qui peut être inadaptée. Par exemple, la personne qui a un schéma de carence affective pourra, une fois adulte, avoir un conjoint et deux amants, un grand réseau social, être présidente de sa compagnie, avoir une immense maison, trois automobiles à la porte, etc. Elle pourra être affectivement exigeante avec ses proches et ses partenaires. Cette compensation ou cette contre-attaque permet à la personne de ne pas être en contact avec ses croyances personnelles, avec ses schémas, ce qui permet le maintien de ces croyances et schémas. Plus spécifiquement, la stratégie d’adaptation de contre-attaque, la surcompensation, pourra s’opérationnaliser par des comportements d’agressivité, d’hostilité, de domination, d’affirmation de soi excessive, par de la recherche de reconnaissance, de la recherche de statut, par de la manipulation, par de l’exploitation des gens, par des comportements passif-agressifs, des attitudes rebelles et par des comportements obsessifs.

    Comme nous venons de le voir plus haut, les stratégies inconscientes sont la compensation (la bataille, la contre-attaque), l’évitement (la fuite) et la soumission 
    (la capitulation). Une personne peut n’utiliser qu’une stratégie pour composer avec ses schémas. Mais, très souvent, la personne développera différentes stratégies pour les différents schémas réactivés dans différentes situations. L’évitement et la contre-attaque permettent à la personne de ne pas ressentir et de ne pas faire l’expérience de son schéma et en permet ainsi la perpétuation. Les stratégies font partie des « modes » que nous verrons plus loin, mais elles se personnifierons pour aider le client à s’y identifier plus facilement :
    . pour la stratégie de compensation, nous parlerons du mode surcompensateur
    . pour la stratégie d’évitement, du mode protecteur détaché
    . pour la stratégie de soumission, du mode de l’abdicataire conciliant.

    Cette manière de « personnifier » les stratégies en modes, permettra de travailler, avec, ou sur celles-ci, lors de visualisations. Par exemple, nous pourrons ainsi travailler sur la stratégie d’évitement, en aidant le client à rencontrer son « protecteur détaché ».


    LES MODES DE SCHÉMAS 

    Les modes de schémas sont « les états émotionnels et les réponses d’adaptation instantanés – adaptés ou dysfonctionnels – dont nous faisons tous l’expérience » (Young, 2003). Ils sont l’opération des schémas. Ces modes sont activés par différentes situations ou événements de la vie auxquels nous sommes particulièrement sensibles et qui « déclenchent » certains de nos schémas.

    Young et ses collaborateurs ont identifiés dix modes qui sont regroupés en quatre grandes catégories : les modes de l’enfant (quatre modes), les modes du parent dysfonctionnel (deux modes), le mode de l’adulte sain et les modes des styles d’adaptation dysfonctionnels. Comme nous venons de voir ces trois modes dans la section « Les stratégies d’adaptation dysfonctionnelles », nous ne reprendrons donc pas inutilement leur présentation.

    Les modes de l’enfant

    L’enfant vulnérable 

    Ce mode est expérimenté dans la plupart des schémas centraux, soit ceux de l’enfant abandonné, de l’enfant abusé, de l’enfant privé d’affection et de l’enfant rejeté.

    L’enfant en colère

    Ce mode est déclenché lorsque les besoins émotionnels et/ou physiques de base ne sont pas satisfaits : la colère devient alors une réponse aux besoins non comblés.

    L’enfant impulsif/indiscipliné 

    Ce mode est caractérisé par l’expression sans retenue de la tendance naturelle des pulsions et des désirs du moment, sans souci des conséquences pour la personne ou pour les autres.

    L’enfant heureux (spontané) 

    Ce mode est l’expression des besoins affectifs fondamentaux, comblés.

    Les modes du parent dysfonctionnel

    Le parent punitif 

    Lorsqu’elle est dans ce mode la personne cherche à punir ou à se punir lorsque les choses ne se passent pas comme elles le devraient. Ce mode a été introjecté à partir d’un parent qui a été punitif.

    Le parent exigeant

    Ce mode pousse (« pushes and pressures ») continuellement la personne pour qu’elle atteigne des normes qui sont excessivement élevées. Il a également été introjecté à partir d'un parent réel qui a été exigeant.

    Le mode de l’adulte sain

    L’objectif de la thérapie est de favoriser la croissance de ce mode, tout en apprenant au patient à modérer, à reconnaître ou à guérir les autres modes.


    RÉSUMÉ ET CONCLUSION


    Les Schémas Précoces Inadaptés (SPI) sont donc des thèmes envahissants qui sont issus du scénario de la personne, de son enfance et/ou de son adolescence. Ils sont des représentations de soi en relation avec les autres. Ils n’ont pas à être symbolisés, verbalisés ou conscients. Les SPI sont souvent très primitifs, préverbaux (catégorisés avant d’être conscientisés). Ces SPI ont tendance à se perpétuer (besoin de cohérence du soi) et sont très difficiles à modifier. Plus ils seront élaborés tôt et plus ils seront difficiles à modifier. Les schémas du premier domaine, « séparation et rejet » (enjeux d’attachement) sont aussi généralement plus difficiles à modifier. Ainsi, on pourra modifier certains SPI et on pourra gérer certains autres. Lorsqu’ils sont réactivés, les SPI sont déclenchés avec l’univers émotionnel du patient, avec la structure cognitive du stade de développement dans lesquels ils ont été créés. Le SPI structure et anticipe la situation. Il est ici question des types d’interprétations de la réalité qu’a la personne et des prévisions que ses schémas l’amèneront à faire des événements de sa vie. À ce jour, J.Young a défini 18 schémas. 


    Pour travailler sur les SPI, la Thérapie des Schémas a élaboré un protocole d’intervention qui est en deux étapes : une première étape de diagnostic et information et une deuxième étape de changement. Au cours de ces étapes, le thérapeute utilisera des outils cognitifs, expérientiels, comportementaux et relationnels. Généralement, les outils cognitifs, travaillant au niveau symbolique (verbal), amèneront une compréhension et permettront à la personne de gérer son schéma. Les outils expérientiels (visualisation, chaise vide, etc.) quant à eux, travaillant au niveau sub-symbolique (émotionnel), permettront davantage à la personne de modifier son schéma. Les outils comportementaux permettent à la personne d’expérimenter une expansion de sa zone de confort dans la réalité. Ils permettent à l’Adulte sain d’enseigner à l’Enfant vulnérable de nouveau apprentissages lui permettant d’élaborer une autre perception de soi, des autres et de la vie. Les outils relationnels permettent, principalement par le reparentage partiel et la confrontation empathique, de redonner l’accueil et le support qui a manqué au patient (par ex. avec le schéma de carence affective) ou de lui apprendre à se mettre des limites (par ex. avec le schéma de Contrôle de soi & autodiscipline insuffisants) ou de confronter les schémas (outils cognitifs) tout en maintenant un haut niveau d’empathie. Globalement, nous pourrions dire que les outils relationnels permettent au patient de recevoir du thérapeute ce qu’il n’a pas pu recevoir de ses parents, le thérapeute jouant ici le rôle d’un parent sain et aimant qui met des limites claires. 

    En terminant, nous savons que nous ne pouvons réellement résumer complètement une approche en quelques pages. Nous espérons quand même avoir pu intéresser quelques-un(e)s d’entre vous et souhaitons que vous continuiez à suivre l’évolution de cette approche en lisant les écrits qui sont maintenant disponibles (bibliographie plus bas) ou en suivant une des formations que Jeff Young (par exemple au New England Educational Institute) ou que Pierre Cousineau (Ph.D.) donnent régulièrement. Aussi, la Thérapie des Schémas étant une jeune approche qui suscite un très grand intérêt, de plus en plus de recherches sont faites à partir de ces bases théoriques. Plusieurs lectures d’intérêt sont à venir…

    n.b. Le présent texte est inspiré des notes de formation de M.Pierre Cousineau (PhD.) et de M.Jeffrey E.Young (PhD.) ainsi que des livres Je réinvente ma vie et La thérapie des schémas de Jeffrey E.Young.



    BIBLIOGRAPHIE

    Young, J., Klosko, J. (1993, 2003). Je réinvente ma vie. Les éditions de l’homme. La thérapie des schémas - Approche cognitive des troubles de la personnalité - Éd. Boeck.

    Young, J., Klosko, J. (1993). Reinventing Your Life: The Breakthough Program to End Negative Behavior...and Feel Great Again. Published by PLUME, a member of penguin Putnam Inc. Previously published in a Dutton edition.

    Young, J., , Weishaar, M., Klosko, J. (2003). Schema Therapy: A Practitioner's Guide. The Guilford press.

    Young, J., , Weishaar, M., Klosko, J. (2003, 2005). La thérapie des schémas. Traduction de Bernard Pascal. Éditions de boeck.

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  • Thérapie cognitive (4)

    TROUBLES DE LA PERSONNALITÉ

    Antisociale


    A. Mode général de mépris et de transgression des droits d'autrui qui survient depuis l'âge de 15 ans, comme en témoignent au moins trois des manifestations suivantes:

    1. incapacité de se conformer aux normes sociales qui déterminent les comportements légaux, comme l'indique la répétition de comportements passibles d'arrestation.
    2. tendance à tromper par profit ou par plaisir, indiquée par des mensonges répétés, l'utilisation de pseudonymes ou des escroqueries.
    3. impulsivité ou incapacité à planifier à l'avance.
    4. irritabilité ou agressivité, indiquées par la répétition de bagarres ou d'agressions.
    5. mépris inconsidéré pour sa sécurité ou celle d'autrui.
    6. irresponsabilité persistante, indiquée par l'incapacité répétée d'assumer un emploi stable ou d'honorer des obligations financières. 
    7. absence de remords, indiquée par le fait d'être indifférent ou de se justifier après avoir blessé, maltraité ou volé autrui.

    B. Âge au moins égal à 18 ans.

    C. Manifestations d'un trouble des conduites débutant avant l'âge de 15 ans.

    D. Les comportements antisociaux ne surviennent pas exclusivement pendant l'évolution d'une schizophrénie ou d'un épisode maniaque.

    Référence: American Psychiatric association, DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Traduction française, Paris, Masson, 1996.

     

    Borderline


    Mode général d'instabilité des relations interpersonnelles, de l'image de soi et des affects avec une impulsivité marquée, qui apparaît au début de l'âge adulte et est présent dans des contextes divers, comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes:

    1. efforts effrénés pour éviter les abandons réels ou imaginés.
    2. mode de relations interpersonnelles instables et intenses caractérisées par l'alternance entre les positions extrêmes d'idéalisation excessive et de dévalorisation.
    3. perturbation de l'identité: instabilité marquée et persistante de l'image ou de la notion de soi.
    4. impulsivité dans au moins deux domaines potentiellement dommageables pour le sujet (p. ex.., dépenses, sexualité, toxicomanie, conduite automobile dangereuse, crises de boulimie).
    5. répétition de comportements, de gestes ou de menaces suicidaires, ou d'automutilations.
    6. instabilité affective due à une réactivité marquée de l'humeur (p. ex., dysphorie épisodique intense, irritabilité ou anxiété durant habituellement quelques heures et rarement plus de quelques jours).
    7. sentiments chroniques de vide.
    8. colères intenses et inappropriées ou difficulté à contrôler sa colère (p. ex., fréquentes manifestations de mauvaise humeur, colère constante ou bagarres répétées).
    9. survenue transitoire dans des situations de stress d'une idéation persécutoire ou de symptômes dissociatifs sévères.

    Référence: American Psychiatric association, DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Traduction française, Paris, Masson, 1996.

     

     

    Évitante

    Il s'agit d'un mode général d'inhibition sociale, de sentiments de ne pas être à la hauteur et d'hypersensibilité au jugement négatif d'autrui qui apparaît au début de l'âge adulte et est présent dans des contextes divers, comme en témoignent au moins quatre des manifestations suivantes:

    1. le sujet évite les activités sociales professionnelles qui impliquent des contacts importants avec autrui par crainte d'être critiqué, désapprouvé ou rejeté.
    2. réticence à s'impliquer avec autrui à moins d'être certain d'être aimé.
    3. est réservé dans les relations intimes par crainte d'être exposé à la honte et au ridicule.
    4. craint d'être critiqué ou rejeté dans les situations sociales.
    5. est inhibé dans les situations interpersonnelles nouvelles à cause d'un sentiment de ne pas être à la hauteur.
    6. se perçoit comme socialement incompétent, sans attrait ou inférieur aux autres.
    7. est particulièrement réticent à prendre des risques personnels ou à s'engager dans de nouvelles activités par crainte d'éprouver de l'embarras.

    Référence: American Psychiatric association, DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Traduction française, Paris, Masson, 1996.

     

     

    Histrionique

    Il s'agit d'un mode général de réponses émotionnelles excessives et de quête d'attention, qui apparaît au début de l'âge adulte et est présent dans des contextes divers, comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes:

    1. le sujet est mal à l'aise dans les situations où il n'est pas au centre de l'attention d'autrui.
    2. l'interaction avec autrui est souvent caractérisée par un comportement de séduction sexuelle inadaptée ou une attitude provocante.
    3. expression émotionnelle superficielle et rapidement changeante.
    4. utilise régulièrement son aspect physique pour attirer l'attention sur soi.
    5. manière de parler trop subjective mais pauvre en détails.
    6. dramatisation, théâtralisme et exagération de l'expression émotionnelle.
    7. suggestibilité, est facilement influencé par autrui ou par les circonstances.
    8. considère que ses relations sont plus intimes qu'elles ne le sont en réalité.

    Référence: American Psychiatric association, DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Traduction française, Paris, Masson.

     

     

    Narcissique


    Il s'agit d'un mode général de fantaisies ou de comportements grandioses, de besoin d'être admiré et de manque d'empathie qui apparaissent au début de l'âge adulte et sont présents dans des contextes divers, comme en témoignent au moins cinq des manifestations suivantes:

    1. le sujet a un sens grandiose de sa propre importance (p. ex., surestime ses réalisations et ses capacités, s'attend à être reconnu comme supérieur sans avoir accompli quelque chose en rapport).
    2. est absorbé par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir, de splendeur, de beauté ou d'amour idéal.
    3. pense être "spécial" et unique et ne pouvoir être admis ou compris que par des institutions ou des gens spéciaux et de haut niveau.
    4. besoin excessif d'être admiré.
    5. pense que tout lui est dû: s'attend sans raison à bénéficier d'un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaits.
    6. exploite l'autre dans les relations interpersonnelles: utilise autrui pour parvenir à ses propres fins.
    7. manque d'empathie: n'est pas disposé à reconnaître ou à partager les sentiments et les besoins d'autrui.
    8. envie souvent les autres, et croit que les autres l'envient.
    9. fait preuve d'attitudes et de comportements arrogants et hautains.

    Référence: American Psychiatric association, DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Traduction française, Paris, Masson, 1996.

     

     

    Obsessionnelle-compulsive

    Il s'agit d'un mode général de préoccupation par l'ordre, le perfectionnisme et le contrôle mental et interpersonnel, aux dépens d'une souplesse, d'une ouverture et de l'efficacité qui apparaît au début de l'âge adulte et est présent dans des contextes divers, comme en témoignent au moins quatre des manifestations suivantes:

    1. préoccupations par les détails, les règles, les inventaires, l'organisation ou les plans au point que le but principal de l'activité est perdu de vue.
    2. perfectionnisme qui entrave l'achèvement des tâches (p. ex., incapacité d'achever un projet parce que des exigences personnelles trop strictes ne sont pas remplies).
    3. dévotion excessive pour le travail et la productivité à l'exclusion des loisirs et des amitiés (sans que cela soit expliqué par des impératifs économiques évidents).
    4. est trop consciencieux, scrupuleux et rigide sur des questions de morale, d'éthique ou de valeurs (sans que cela soit expliqué par une appartenance religieuse ou culturelle).
    5. incapacité de jeter des objets usés ou sans utilité même si ceux-ci n'ont pas de valeur sentimentale.
    6. réticence à déléguer des tâches ou à travailler avec autrui à moins que les autres se soumettent exactement à sa manière de faire les choses.
    7. se montre avare avec l'argent pour soi-même et les autres; l'argent est perçu comme quelques chose qui doit être thésaurisé en vue de catastrophe futures.
    8. se montre rigide et têtu.

    Référence: American Psychiatric association, DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Traduction française, Paris, Masson, 1996.

     

    Paranoïaque


    A. Méfiance soupçonneuse envahissante envers les autres dont les intentions sont interprétées comme malveillantes, qui apparaît au début de l'âge adulte et est présente dans divers contextes, comme en témoignent au moins quatre des manifestations suivantes:

    1. le sujet s'attend sans raison suffisante à ce que les autres l'exploitent, lui nuisent ou le trompent.
    2. est préoccupé par des doutes injustifiés concernant la loyauté ou la fidélité de ses amis ou associés.
    3. est réticent à se confier à autrui en raison d'une crainte injustifiée que l'information soit utilisée de manière perfide contre lui.
    4. discerne des significations cachées, humiliantes ou menaçantes dans des commentaires ou des événements anodins.
    5. garde rancune, c'est-à-dire ne pardonne pas d'être blessé, insulté ou dédaigné.
    6. perçoit des attaques contre sa personne ou sa réputation, alors que ce n'est pas apparent pour les autres, et est prompt à la contre-attaque ou réagit avec colère.
    7. met en doute de manière répétée et sans justification la fidélité de son conjoint ou de son partenaire sexuel.

    B. Ne survient pas exclusivement pendant l'évolution d'une schizophrénie, d'un trouble de l'humeur avec caractéristiques psychotiques ou d'un autre trouble psychotique et n'est pas dû aux effets physiologiques directs d'une affection médicale générale.

    Référence: American Psychiatric association, DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Traduction française, Paris, Masson, 1996.


     

     

    Passive-agressive

    Mode de comportement reposant sur une résistance passive face aux exigences sociales et professionnelles. Apparaît dès le début de l'age adulte et visible dans de nombreuses circonstances. Caractérisé par au moins cinq des facteurs suivants :

    1. Repousse toujours à plus tard. Remet les choses aux lendemain de sorte que les échéances ne soient pas respectées.
    2. Devient boudeur, irritable ou querelleur lorsqu'on lui demande quelque chose qu'il ne veut pas faire.
    3. Semble travailler lentement délibérément, ou faire du mauvais travail sur des tâches qu'il ne veut pas faire.
    4. Se plaint, sans justification, que les autres lui font des demandes déraisonnables.
    5. Evite les responsabilités en prétendant qu'il a oublié.
    6. Estime faire un bien meilleur travail que ce que les autres pensent.
    7. Prend mal les suggestions que les autres lui font afin d'être plus productif.
    8. Fait obstacle au travail des autres en échouant dans les tâches qui lui sont assignées.
    9. Critique sans raison, ou fait preuve de mépris envers la hiérarchie.
     

    Référence: American Psychiatric association, DSM-IV (traduction personnelle).

     

     

    Schizoïde


    A. Mode général de détachement par rapport aux relations sociales et restriction de la variété des expressions émotionnelles dans les rapports avec autrui, qui apparaît au début de l'âge adulte et est présent dans des contextes divers, comme en témoignent au moins quatre des manifestations suivantes:

    1. le sujet ne recherche, ni n'apprécie, les relations proches y compris les relations intrafamiliales.
    2. choisit presque toujours des activités solitaires.
    3. n'a que peu ou pas d'intérêt pour les relations sexuelles avec d'autres personnes.
    4. n'éprouve du plaisir que dans de rares activités, sinon dans aucune.
    5. n'a pas d'amis proches ou de confidents, en dehors de ses parents du premier degré.
    6. semble indifférent aux éloges et à la critique d'autrui.
    7. fait preuve de froideur, de détachement, ou d'émoussement de l'affectivité.

    B. Ne survient pas exclusivement pendant l'évolution d'une schizophrénie, d'un trouble de l'humeur avec caractéristiques psychotiques, d'un autre trouble psychotique ou d'un trouble envahissant du développement et n'est pas dû aux effets physiologiques directs d'une affection médicale générale.

    Référence: American Psychiatric association, DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Traduction française, Paris, Masson, 1996.

     

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  • Thérapie cognitive (3)

    L'échelle des croyances dysfonctionnelles (DAS)

    (d'après Arlene Weissman et David Burns)

     

    Imprimer puis cocher une seule réponse pour chacune de ces 35 questions :

     

     

    Accord total

    Accord mitigé

    Neutre

    Désaccord mitigé

    Désaccord total

    1 – Une critique ennuiera forcément la personne qui la recevra

     

     

     

     

     

    2 – Il vaut mieux abandonner ses propres intérêts pour plaire aux autres.

     

     

     

     

     

    3 – J'ai besoin de l'approbation des autres pour être heureux.

     

     

     

     

     

    4 – Si une personne importante à mes yeux attend quelque chose de moi, je dois le faire.

     

     

     

     

     

    5 – Ma valeur, en tant que personne, dépend grandement de ce que les autres pensent de moi.

     

     

     

     

     

    6 – Je ne peux pas être heureux si je ne suis pas aimé de quelqu'un d'autre.

     

     

     

     

     

    7 – Si les autres ne nous aiment pas, on n'est forcément moins heureux.

     

     

     

     

     

    8 – Si ceux que j'aime me rejettent, cela signifie que j'ai quelque chose qui ne va pas.

     

     

     

     

     

    9 – Si une personne que j'aime ne m'aime pas, cela signifie que je ne suis pas digne d'amour.

     

     

     

     

     

    10 – L'isolement rend forcément malheureux.

     

     

     

     

     

    11 – Pour être une personne de valeur, je dois être véritablement exceptionnel dans au moins un domaine.

     

     

     

     

     

    12 – Je dois être utile, productif et créatif, ou la vie ne vaut pas la peine d'être vécue.

     

     

     

     

     

    13 – Les gens qui ont de bonnes idées ont plus de valeur que les autres.

     

     

     

     

     

    14 – Si je ne réussis pas autant que les autres, cela veut dire que je suis inférieur.

     

     

     

     

     

    15 – Si j'échoue dans mon travail, cela veut dire que je suis un raté.

     

     

     

     

     

    16 – Si on ne peut pas faire une chose bien, mieux vaut ne pas la faire.

     

     

     

     

     

    17 – Il est honteux d'afficher ses faiblesses.

     

     

     

     

     

    18 – Il faut essayer d'être le meilleur dans ce que l'on entreprend.

     

     

     

     

     

    19 – Si je fais une erreur, il est normal que cela me bouleverse.

     

     

     

     

     

    20 – Si je ne me fixe pas les objectifs personnels les plus élevés, je finirai probablement par être une personne de second ordre.

     

     

     

     

     

    21 – Si je pense mériter quelque chose, je dois m'attendre à l'obtenir.

     

     

     

     

     

    22 – On se sent forcément frustré lorsque des obstacles nous empêchent de parvenir à nos fins.

     

     

     

     

     

    23 – Si je fais passer les besoins des autres avant les miens, alors ils devraient m'aider lorsque j'ai besoin d'eux.

     

     

     

     

     

    24 – Si je suis un bon mari (une bonne épouse), il est normal que mon conjoint m'aime.

     

     

     

     

     

    25 – Si je rends service aux gens, ils me respecteront et me traiteront aussi bien que je les traite.

     

     

     

     

     

    26 – Je suis responsable des sentiments et du comportement de mes proches.

     

     

     

     

     

    27 – Si je critique la manière dont quelqu'un a fait quelque chose, et que cette personne se met en colère ou a du chagrin, cela veut dire que je l'ai blessée.

     

     

     

     

     

    28 – Pour être une personne de valeur, je dois aider ceux qui en ont besoin.

     

     

     

     

     

    29 – Si un enfant présente des troubles émotionnels, ou des troubles du comportement, cela veut dire que ses parents ont échoué dans un domaine important.

     

     

     

     

     

    30 – Je devrais être capable de plaire à tout le monde

     

     

     

     

     

    31 – Lorsqu'un événement grave se produit, on peut difficilement maîtriser ses sentiments.

     

     

     

     

     

    32 – Il est inutile de vouloir modifier les émotions déplaisantes, car elles sont un élément normal et inévitable de la vie.

     

     

     

     

     

    33 – Mon humeur dépend de facteurs qui échappent pour une large part à mon contrôle : mon passé, mes hormones, les biorythmes, le hasard, le destin…

     

     

     

     

     

    34 – Mon bonheur dépend pour une large part de ce qui m'arrive.

     

     

     

     

     

    35 – Les gens beaux, riches et célèbres sont forcément plus heureux que les autres.

     

     

     

     

     

    FIN DU TEST

     Accord
    total

    Accord
    mitigé

    Neutre

    Désaccord
    mitigé

    Désaccord
    total

    Noter les réponses avec le barème suivant :

     -2

    -1

    0

    +1

    +2

     

    Les résultats sont ensuite groupés par séries de 5 questions :

    Système de valeurs Questions Notes individuelles Note globale
    I. Approbation 1 à 5            
    II. Amour 6 à 10            
    III. Réalisations 11 à 15            
    IV. Perfectionnisme 16 à 20            
    V. Conscience de son droit propre 21 à 25            
    VI. Omnipotence 26 à 30            
    VII. Autonomie 31 à 35            

     

     

     

     

     

     

    Pour chaque système de valeur, on obtient ainsi une note comprise entre -10 et +10

    Les notes positives correspondent à des forces psychologiques, alors que les notes négatives indiquent des vulnérabilités potentielles.

    Interprétation des notes obtenues :

    I. Approbation : Ce système de valeur sonde votre tendance à mesurer votre estime de soi en fonction de la manière dont les gens se comportent avec vous et de ce qu'ils pensent de vous. Une note positive indique que vous êtes indépendant, doté d'un sentiment parfaitement sain de votre valeur personnelle, même lorsque vous faites face à la critique et à la désapprobation d'autrui. 
    Au contraire, une note négative indique que vous êtes trop dépendant et que vous vous évaluez à travers le regard des autres. Si quelqu'un vous critique ou vous insulte, vous commencez automatiquement à vous dénigrer. Votre équilibre émotionnel est très lié à ce que vous croyez que les autres pensent de vous. Vous êtes facilement manipulé et sujet à la dépression et l'anxiété lorsque les autres vous critiquent et sont en colère contre vous.

    II. Amour : Ce système de valeur évalue votre tendance à faire reposer votre valeur personnelle sur l'amour que vous recevez. Un résultat positif indique que vous considérez  l'amour comme souhaitable, mais que vous avez un large éventail d'intérêts divers qui vont dans le sens de votre épanouissement et de votre enrichissement personnel. Ainsi, l'amour n'est pas une conditionsine qua non de votre bonheur, pas plus qu'il n'influe votre estime de soi. Les gens vous considèrent comme une personne attrayante parce que vous dégagez une aura d'estime de soi et que vous vous intéressez aux nombreux aspects de la vie.
    Au contraire, un total négatif indique que vous êtes "esclave" de l'amour d'autrui. Selon vous, l'amour est un besoin qui, s'il n'est pas satisfait, vous empêche d'être heureux, voire de survivre. Plus votre résultat s'approche de -10, plus vous êtes esclave de l'amour d'autrui. Vous risquez de vous rabaisser dans vos relations avec les autres, notamment ceux que vous aimez, de crainte de les perdre. Malheureusement, cette attitude a l'effet inverse de l'effet désiré : les gens risquent de vous percevoir comme un fardeau puisque votre comportement leur donne l'impression que sans leur affection, vous vous effondreriez. Au fur et à mesure que vous les sentez s'éloigner de vous, vous êtes la proie d'un symptôme de sevrage douloureux et angoissant. Vous vous apercevez que vous êtes dépendant de votre dose quotidienne d'amour et d'attention. Vous êtes alors dévoré par le besoin compulsif d'obtenir cet amour à tout prix. Vous pouvez aller jusqu'à avoir recours à un comportement coercitif et manipulateur pour obtenir votre dose d'affection. Malheureusement, votre dépendance à l'égard de l'amour éloigne la majorité des gens, intensifiant ainsi votre solitude.

    III. Réalisation : Il s'agit d'un type différent de dépendance. Un total négatif indique que vous êtes un drogué du travail. Le sentiment de votre propre humanité est atrophié car vous vous considérez plutôt comme une marchandise lancée sur un marché. Plus votre résultat est négatif, plus le sentiment de votre valeur et de votre capacité est dépendant de votre productivité. Si vous prenez des vacances, si votre entreprise se retrouve dans le creux de la vague, si vous prenez votre retraite ou tombez malade, vous risquez l'effondrement émotionnel total. Les termes "dépression économique" et "dépression émotionnelle" sont pour vous des synonymes. En revanche, un résultat positif indique que vous appréciez la créativité et la productivité mais ne les considérez pas comme la voie exclusive de la satisfaction et de l'amour propre.

    IV. Perfectionnisme : Un résultat négatif révèle que vous êtes en quête du Graal. Vous exigez la perfection, les erreurs sont taboues, les échecs pires que la mort, les points négatifs sont des catastrophes. Vous êtes censé paraître, penser, vous sentir et vous comporter en permanence comme un être absolument parfait. Cependant, bien que vous viviez à un rythme épuisant, vos satisfactions sont minces. Dès que vous avez atteint un but, un autre, encore plus lointain le remplace. Vous êtes dans l'incapacité de connaître le sentiment exaltant d'avoir atteint le sommet de la montagne. Vous estimez que votre vie est routinière, ennuyeuse et sans joie. Vous vous fixez des objectifs personnels impossibles et irréalistes. 
    En fait, votre problème ne se situe pas dans votre performance, mais dans la façon que vous avez de la mesurer. Si vous rapprochez votre attente de la réalité, vous serez plus régulièrement satisfait et récompensé au lieu d'être frustré.
    Un total positif suggère que vous avez la capacité d'établir des objectifs sensés, souples et adaptés à votre cas. Vous retirez une grande satisfaction de vos réalisations et de vos expériences sans être obsédé par le résultat. Vous ne vous croyez pas obligé d'être exceptionnel dans tous les domaines ni d'essayer constamment de faire mieux. Vous ne craignez pas les erreurs que vous considérez plutôt comme des occasions de vous améliorer et d'assumer votre rôle d'être humain faillible. Paradoxalement, vous êtes sans doute plus productif que vos collègues perfectionnistes parce que vous n'êtes pas obsédé par les détails.

    V. Conscience de son droit propre : Ce système de valeur mesure l'impression que vous avez "d'avoir droit" à certaines choses (réussite, bonheur, amour, reconnaissance, etc...). Un total négatif indique que vous avez effectivement l'impression d'avoir droit à tout cela. Vous vous attendez à ce que vos besoins soient satisfaits par les autres et par l'univers entier, en raison de votre bonté innée et de vos gros efforts. Lorsque ce n'est pas le cas (ce qui doit arriver souvent), vous êtes condamné à l'une de ces deux réactions : soit la dépression et le sentiment d'incapacité, soit la colère. Par conséquent, vous consommez d'énormes quantités d'énergie à être frustré, triste ou irrité. Vous percevez la vie comme une "vallée de larmes". A cause de votre comportement exigeant et amer, vous obtenez invariablement beaucoup moins que ce que vous attendez de la vie.
    Un résultat positif révèle que vous ne considérez pas automatiquement que vous avez droit à tout, par conséquent, vous négociez pour parvenir à vos fins, souvent avec succès. Vous savez que les autres sont différents et que nous sommes tous uniques en notre genre. Vous ne voyez donc pas pourquoi tout le monde réagirait spontanément de manière à vous plaire. Un résultat négatif vous déçoit mais ne vous accable pas, parce que vous savez donner aux événement leurs justes proportions et n'attendez des autres ni réciprocité, ni "justice". Vous êtes patient, persistant et votre seuil de tolérance à la frustration est très élevé. Cela vous amène à vous retrouver souvent en tête.

    VI. Omnipotence : Il s'agit de votre tendance à vous considérer comme le centre de votre univers personnel, et comme responsable de ce qui se passe autour de vous. Un total négatif indique que vous commettez souvent l'erreur de personnalisation. Vous vous blâmez à tort pour les actes ou les comportements  négatifs des autres, qui ne relèvent pourtant pas de votre autorité. En conséquence, les sentiments d'impuissance et de culpabilité vous accablent et vous vous condamnez continuellement. Paradoxalement, l'idée que vous êtes tout-puissant est un handicap qui fait de vous un être anxieux et inefficace.
    Une note positive indique, au contraire, que vous connaissez le bonheur d'accepter de ne pas être le centre de l'univers. N'exerçant aucune autorité les autre personnes adultes, vous n'êtes pas responsable de ce qui leur arrive. Cette attitude ne vous isoles pas, bien au contraire. Vos relations avec les autres sont amicales et courtoises, vous ne vous sentez pas contrarié lorsqu'ils expriment leur désaccord ou négligent de suivre vos conseils. Etant donné que votre attitude donne aux autres un sentiment de liberté et de dignité, vous devenez paradoxalement un véritable aimant. Les autres se rapprochent de vous parce qu'ils sentent que vous n'essayerez pas de les dominer. Les gens vous écoutent et respectent vos idées parce que vous ne leur faites pas comprendre avec insistance qu'ils doivent absolument être d'accord avec vous. Paradoxalement, si vous abandonnez votre besoin de puissance les gens vous récompenseront en faisant de vous une personne d'influence. Vos relations avec vos enfants, vos amis, vos collègues sont caractérisées par un échange et non une dépendance. Puisque vous n'essayez pas de les dominer, ils vous admirent, vous aiment et vous respectent.

    VII. Autonomie : Ce système de valeur mesure la capacité que vous avez à trouvez le bonheur en vous-même. Une note positive indique que votre humeur prend naissance dans vos pensées et votre comportement. Vous assumez la responsabilité de vos sentiments parce que vous reconnaissez que c'est vous qui les provoquez. Cette interprétation paraît peut-être suggérer que vous êtes solitaire et isolé puisque vous vous rendez compte que vos sentiments n'existent que dans votre tête. Cependant, cette autonomie vous élargit l'esprit et vous offre le monde entier, avec toutes les satisfactions, tout le mystère, toute l'aventure qu'il peut offrir..
    Un total négatif suggère que vous êtes toujours prisonnier de l'idée que votre potentiel de bonheur et d'estime de soi dépend de l'extérieur. Cette conception de la vie vous place dans une situation de grande vulnérabilité puisque l'extérieur échappe à votre contrôle. Votre humeur est soumise à des facteurs externes. Est-ce vraiment ce que vous désirez ?

     

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  • Thérapie cognitive (2)

    QUESTIONS DIVERSES LIÉES À LA THÉRAPIE COGNITIVE

     http://therapie.cognitive.free.fr/questions_diverses.html#DAS

    Ce chapitre traite de diverses questions qui, sans être liées les unes aux autres, ont toutes trait au domaine de la thérapie cognitives.

    • L'échelle des croyances dysfonctionnelles (DAS : Dysfonctionnal Attitude Scale) 
    Le Dr. Arlene Weissman a beaucoup étudié les schémas cognitifs chez les patients dépressifs. Elle a pu distinguer 7 grands schémas cognitifs "classiques" que l'on peut retrouver fréquemment, à des degrés divers, chez les personnes dépressives ou ayant tendance à la dépression.

    Voici la liste de ces postulats silencieux :

    1. "Mon amour propre dépend de l'estime des autres".
    2. "L'amour est nécessaire à mon bonheur".
    3. "Ma valeur dépend de mon travail".
    4. "Je dois être irréprochable".
    5. "J'ai droit à un certain nombre de choses".
    6. "Je suis à l'origine de ce qui se passe autour de moi".
    7. "Mon bonheur ne dépend pas de moi, mais de paramètres extérieurs".

    Elle a élaboré un test d'évaluation permettant de mettre en évidence chez une personne les postulats silencieux qui pourraient potentiellement induire une dépression. Même si la personne n'est pas dépressive, ce test lui permet de connaître ses points de vulnérabilité.

    Faites le test (DAS)

     

    • Pourquoi des personnes intelligentes peuvent avoir des pensées dysfonctionnelles ?

    Si on peut aisément constater la nature irrationnelle des cognitions chez le personnes dépressives, et amener ces personnes à rationaliser leur pensée, il est, en revanche, difficile de trouver une explication claire sur les raisons qui ont amené ces personnes à adopter ce mode de pensée. Nous ne répondront pas non plus clairement à cette question.

    Cependant, on peut peut-être entrevoir un élément de réponse en étudiant un cas un peu particulier : le choc culturel (culture shock, en anglais).

    Le choc culturel est un phénomène qui peut parfois apparaître chez une personne qui est amenée à quitter son environnement habituel pour vivre temporairement ou définitivement dans une autre culture (autre pays, autre langue, autre religion, autres moeurs, etc...). L'individu qui perd alors ses repères, il peut manifester de l'anxiété et de la frustration. Certains symptômes similaires à ceux de la dépression sont parfois clairement identifiables après quelques semaines, ou plusieurs mois :

    -le fait de se laver très souvent les mains.
    -inquiétudes excessives concernant l'eau et la nourriture.
    -jugements négatifs et stéréotypés sur les habitants du pays.
    -rejet de l'environnement et isolement.
    -troubles du sommeil.
    -crises des larmes inexpliquées.

    Pourquoi une personne extraite de son environnement habituel et placée dans un contexte qu'elle maîtrise mal, présente t'elle les symptômes d'une dépression ?
    Cette question peut être liée à une autre : Pourquoi les personnes dépressives ont tendance à réduire leur monde à un environnement minimum (isolement, vision stéréotypée du monde) ?

    Peut-être une réponse : Surgénéraliser, faire des prédictions négatives, stéréotyper, etc..., présente un avantage incroyable : il procure l'illusion de maîtriser son environnement.
    Les pensées dysfonctionnelles offrent un pouvoir exceptionnel : celui de répondre à l'avance à toutes les questions. Le dépressif sait tout : il sait quelle est sa nature profonde, quelle sera sa vie, comment sont les gens et le monde.
    En ce sens, la dépression offre un don unique : celui de clairvoyance, c'est à dire le fait de tout comprendre. N'est-ce pas là le but de l'intelligence ?...

     

    • Les origines de la Thérapie Cognitive
     

    S'il les travaux d'Aaron Beck sont très marqués par le stoïcisme antique, on pourra également noter l'influence plus contemporaine de théoriciens de l'apprentissage tels que Jean Piaget et George Kelly dans l'élaboration de la thérapie cognitive.

    Jean Piaget et l'épistémologie génétique :


    Biologiste, psychologue et philosophe, Jean Piaget (1896-1980), un des fondateurs des sciences cognitives, travailla dès les années 1920 sur la nature de la pensée, et en particulier sur le développement de la pensée chez l'enfant. Il nommera ce domaine de recherche : l'Epistémologie génétique (l'étude du développement de la connaissance).

    Les travaux de Piaget ont marqué les grandes lignes des sciences cognitives.

     


     

    Lors de ses études, Piaget a pu distinguer 4 étapes fondamentales dans le développement de l'intelligence chez l'être humain :

    ▪ La phase sensori-motrice (0-2 ans)
    L'enfant perçoit directement le monde à travers ses impressions sensorielles, et il réagit par le biais de réactions motrices. Il ne fait pas la différence et objets stables et objets mobiles, il ne fait pas la différence entre lui et le reste du monde. 
    Dès le début de sa vie, l'enfant développe des aptitudes par rapport à son environnement. Ce sont des aptitudes simples de type sensori-motrices (agripper les objets, les porter à la bouche, etc...). 
    Ces aptitudes qu'il va employer pour acquérir plus de connaissances sur le monde, ainsi que les représentations mentales qui en découlent, sont appelées schémas.
    L'enfant construit ses schémas par le mécanisme d'assimilation, qui consiste à tester ses anciens schémas avec de nouveaux objets (par exemple, il apprend ce qu'il peut sucer ou pas). Le mécanisme d'accommodation, quant à lui, lui permet de modifier ses schémas en fonction de ses nouvelles expériences.
    L'assimilation et l'accommodation sont les processus qui vont permettre une diversification et une différentiation toujours croissantes des schémas. Elles forment les deux faces de ce que Piaget nomme l'adaptation (ce que nous appelons couramment l'apprentissage). 
     

     

    La notion de permanence des objets :

    Un enfant de 6 mois s'intéresse à un jouet. Quand le jouet est hors de sa vue, l'enfant n'y prête plus attention.
    Selon Piaget, ceci est dû au fait que l'enfant n'a pas la notion de permanence des objets.
    [illustration d'après Henry Gleitman]
     


    L'enfant n'a pas la notion que l'objet que l'on retire de sa vue, continue à exister. Pour lui, ce qu'il ne peut pas toucher, voir, sentir, n'existe pas.


    ▪ La phase préopératoire (2-7 ans)
    L'enfant commence à avoir une représentation du monde plus évoluée. Il peut, par exemple, vouloir un objet qu'il n'a pas sous les yeux. Cependant, les représentations ne sont pas encore corrélées de manière cohérente. 
    En particulier, l'enfant n'a pas encore la notion de conservation des quantités et des nombres :

    La notion de conservation des quantités :


    A :on demande à un enfant de 4 ans si l'on a les mêmes quantités de jus de groseille dans les deux verres. L'enfant dit "oui".

     

     

     


    B : on verse alors, sous les yeux de l'enfant, le contenu d'un des deux verres dans un verre plus large, et on demande à l'enfant quel verre contient maintenant le plus de jus de groseille. L'enfant indique le verre le plus étroit.
    [illustration d'après Henry Gleitman]

     

     

     

    La notion de conservation des nombres :

    L'adulte montre à un enfant de 4 ans deux rangées de jetons. L'une appartient à l'adulte, l'autre à l'enfant. On demande à l'enfant s'ils ont autant de jetons. L'enfant acquiesce.

     

     

     

     


    L'adulte écarte les jetons d'une des rangées, puis il demande à l'enfant s'ils ont encore autant de jetons. L'enfant dit "non", et indique la rangée des jetons écartés comme étant celle contenant le plus de jetons.

    [illustration d'après Henry Gleitman]

     

     

     

     

     

     

    L'égocentrisme : le test des 3 montagnes

    On demande à l'enfant d'indiquer ce que la poupée voit. La fillette en phase préopératoire pense que la poupée voit la scène telle que elle la voit. Selon l'enfant, la poupée voit la petite maison (qui est bien sûr cachée).
    [illustration d'après Henry Gleitman]

    L'enfant en phase préopératoire n'a pas encore la notion qu'il est possible d'avoir un autre point de vue que le sien.

     

     

     

     


     

    L'enfant au stade préopératoire est encore prisonnier de ses perceptions immédiates. Il n'est pas encore en mesure de faire la distinction entre ses perceptions du monde et la réalité.

    Par exemple, un enfant de 8 ans sera amusé et en même temps troublé et intrigué de voir un spectacle où un magicien fait sortir des lapins d'un chapeau. En revanche, un enfant de 6 ans assistant au même numéro de magie, sera certes amusé de voir des lapins, mais il n'en sera aucunement troublé ni intrigué. Il n'a pas encore la notion qu'un chapeau ne peut pas contenir de lapins.

    ▪ La phase des opérations concrètes (7-11 ans)
    L'enfant sait gérer les notions de nombres et de quantités. Il est en mesure de comprendre ce qu'il se passera quand on reversera le liquide dans le verre initiale. 
    En revanche, il n'a pas encore la notion de pensée abstraite. Il ne sait manipuler mentalement que des notions concrètes.
    Par exemple, un enfant de 9 ans peut facilement comprendre que 4 est un nombre pair et 4+1 est impair, que 6 est pair et 6+1 est impair, et de la même manière que 8 est pair et 8+1 est impair. Cependant, il n'est pas encore en mesure de comprendre le principe qu'additionner le chiffre 1 à tout nombre pair produit nécessairement un nombre impair.
    La capacité de gérer des notions abstraites et formelles n'apparaît que vers l'age de 11 ans.


    ▪ La phase des opérations formelles (11 ans et plus)
    A ce stade, l'enfant est en mesure d'élaborer des hypothèses, de concevoir des stratégies, et de résoudre des problèmes abstraits.
     

    Si, comme tous les cogniticiens, Aaron Beck a été marqué par l'oeuvre de Piaget, il a sans doute été encore plus marqué par les théories d'un homme pratiquement inconnu en France : George Kelly.

    George Kelly et la théorie des "personal constructs"

    George Kelly (1905-1967), ne s'est jamais défini lui-même en tant que cogniticien. Mathématicien, sociologue et psychologue, il a décidé de consacré sa vie à soigner les paysans dans une clinique rurale du Kansas. Dans les années 1950, il a également élaboré une théorie totalement originale qui ne s'inscrit dans aucun mouvement ni aucune école : la psychologie des personal constructs.
    Si George Kelly est inconnu en France (son oeuvre n'a jamais été traduite en français), ses théories on eu un impact certain dans le monde de la psychologie cognitive dans les pays anglo-saxons, ainsi qu'au Canada.

     

     


    Remarque : dans cet exposé, nous avons fait le choix de conserver la terminologie anglaise car nous perdrions de son sens en voulant la traduire en français (les Canadiens francophones emploient volontiers le terme de "construits personnels"). 
    En anglais, le mot "Construct" a deux sens, il décrit une chose qui a été construitefabriquée de toute pièce. Il signifie également : conceptnotionmodèle ou idée schématique. Kelly utilisait comme synonymes les termes de "concepts utiles" (useful concepts), "fictions pratiques" (convenient fictions) et "modèles transparents" (transparent templates).

    L'homme le scientifique : pour décrire sa théorie des personal constructs, Kelly aimait employer ce qu'il appelait sa "métaphore fructueuse". Il partait du principe que tout homme, dans sa façon de voir le monde, et dans son comportement, avait fondamentalement une démarche de type scientifique. L'homme a une représentation de la réalité, là où le scientifique a des théories. L'homme anticipe les choses et les événements, là où le scientifique a des hypothèses. L'homme essaie, il agit en fonction de ses anticipations, là où le scientifique expérimente. L'homme ajuste et modifie sa représentation du monde en fonction de ses expériences, là où le scientifique est amené à ajuster ses théories pour s'accorder avec les faits.

    Théorie des personal constructs = Un axiome et 11 corollaires

    • L'axiome fondamental : "les processus d'une personne sont psychologiquement canalisés par la façon dont elle anticipe les événements".
      Par "processus", Kelly comprend les expériences, les pensées, les sentiments et les comportements.

    • Le corollaire de construction : "Une personne anticipe les événements en élaborant leur répliques".

    • Le corollaire de l'expérience : "Le système de construction d'une personne varie lorsqu'elle élabore avec succès la réplique des événements".

     

    Certains thérapeutes ont également inspiré l'oeuvre de Beck.

    Albert Ellis : Thérapie Comportementale Rationnelle-Émotive

     

     

    • La thérapie cognitive appliquée aux troubles de la personnalité

    La thérapie cognitive a principalement été développé pour le traitement des troubles de l'humeur, comme la dépression ou l'anxiété. Elle peut également être utilisée pour des trouble de la personnalité. Généralement les traitements de ces troubles durent beaucoup plus longtemps que dans le cas des dépressions.
    Arthur Freeman et Russell Leaf ont pu établir des schémas cognitifs types en traitant de nombreux patients souffrant de troubles de la personnalité. Voici une synthèse de ces schémas :

    • La personnalité paranoïaque :

    Définition DSM-IV

    Schémas type de la personnalité paranoïaque :
     1. "Les gens tenteront toujours de me faire du mal."
     2. "Je ne peux faire confiance à personne. Ils profiteront toujours de moi."
     3. "On tentera toujours de m'importuner."
     4. "Ne pas s'énerver, rester indifférent."
     5. "Toute offense envers moi, même minime, doit être sanctionnée."
     6. "Rester sur ses gardes. Être toujours préparé au pire."
     7. "Tout compromis est une capitulation."
     8. viter l'intimité, si je suis proche d'une personne, elle peut trouver mes faiblesses."
     9. "Se méfier de toute personne qui a du pouvoir, elle peut me faire du mal."
     

    • La personnalité schizoïde :

    Définition DSM-IV

    Schémas type de la personnalité schizoïde :
     1. "Pourquoi est-ce que je devrais être proche des gens ?"
     2. tre proche des autres n'est pas très important."
     3. "Je suis mon meilleur ami."
     4. "Rester calme. Afficher ses émotions est embarrassant et inutile."
     5. "Ce que les autres disent et pensent n'est ni intéressant, ni important."
     6. "Le sexe, d'accord, mais juste pour l'hygiène."
     

    • La personnalité antisociale :

    Définition DSM-IV

    Schémas type de la personnalité antisociale :
     1. "Les règles sont faites pour les autres."
     2. "Seuls les idiots obéissent aux règles."
     3. "Les règles sont là pour être transgressées."
     4. "Se méfier des gens de pouvoir."
     5. "Mon plaisir d'abord."
     6. "Si les autres son blessés par mon comportement, c'est leur problème."
     7. "Je le fais maintenant. Il est hors de question que je sois frustré."
     8. "Je ferai ce qu'il faudra pour obtenir ce que je veux."
     9. "Je suis beaucoup plus intelligent que la plupart des autres."

     

    • La personnalité borderline :

    Définition DSM-IV

    Schémas type de la personnalité borderline :
     1. Je ne sais pas vraiment qui je suis.
     2. Je finirai par être abandonné.
     3. Ma souffrance psychique est si intense que je ne peux pas le supporter.
     4. Je ne peux pas contrôler mon comportement. C'est ma colère qui me contrôle.
     5. Je suis dominé par mes sentiments, et je ne peux pas les modifier.
     6. Il (elle) est tellement extraordinaire, j'ai une chance incroyable ! / Il (elle) est tellement méprisable, je ne peux pas le (la) supporter ! [le jugement oscille d'un extrême à l'autre très rapidement].
     7. Quand je suis accablé, je dois obligatoirement m'échapper (départ, ou suicide).

     

    • La personnalité histrionique :

    Définition DSM-IV

    Schémas type de la personnalité histrionique :
     1. Les apparences sont importantes.
     2. Les gens sont jugés sur leur apparence extérieure.
     3. Je dois être remarqué.
     4. Je ne dois jamais être frustré.
     5. Je dois obtenir tout ce que je veux.
     6. Les émotions doivent toujours être exprimées directement et rapidement.
     7. La beauté est le facteur le plus important lorsqu'on juge une personne.

     

    • La personnalité narcissique :

    Définition DSM-IV

    Schémas type de la personnalité narcissique :
     1. Je dois obtenir ce que je veux lors de chacun de mes échanges.
     2. Je ne dois, en aucune manière, être frustré dans ma recherche de plaisir ou de reconnaissance.
     3. Je suis une personne hors du commun.
     4. Je ne devrais avoir à faire qu'avec des personnes hors du commun comme moi.
     5. Je dois être admiré.
     6. Personne ne devrait avoir plus que ce que j'ai.

     

    • La personnalité évitante :

    Définition DSM-IV

    Schémas type de la personnalité évitante :
     1. Je dois être apprécié.
     2. Je ne dois pas paraître idiot aux yeux des autres, à aucun moment.
     3. Le monde est dangereux.
     4. Les autres doivent prendre soin de moi.
     5. Mieux vaut être isolé que de risquer d'être blessé.
     6. Toute critique envers moi est une terrible condamnation. 
     7. Les gens doivent m'offrir des garanties inconditionnelles d'acceptation avant que je puisse établir des liens avec eux.

     

    • La personnalité obsessionnelle-compulsive :

    Définition DSM-IV

    Schémas type de la personnalité obsessionnelle-compulsive :
     1. Il faut obéir à des règles strictes dans la vie.
     2. En se concentrant sur les détails d'un problème, on réduit les risques de faire une erreur.
     3. Une personne est définie par ce qu'elle fait.
     4. On est quelqu'un de bien si l'on fait bien son travail.
     5. Tout se passera bien si les règles sont suivies à la lettre.
     6. Ne jamais jeter quelque chose qui pourrait avoir de la valeur.
     7. Les émotions doivent être maîtrisées.

    • La personnalité passive-agressive :

    Définition DSM-IV

    Schémas type de la personnalité passive-agressive :
     1. Je ne devrais avoir à faire que ce que j'ai envie de faire.
     2. Les gens ne devraient pas me demander quoi que ce soit.
     3. Les autres sous-estiment mon travail et ma valeur.
     4. Je dois me protéger en me faisant passer pour une victime.
     5. Les supérieurs hiérarchiques sont généralement injustes.
     6. On ne devrait pas me demander de travailler autant.
     7. Les échéances et la pression sont injustes. Il faut s'y opposer.
     8. La colère ne peut pas être exprimée ouvertement.
     9. La colère est dangereuse et doit être évitée.
    10. Tout ce qui peut être remis au lendemain, doit l'être.
    11. Partir avec le maximum de choses.
     

    • Thérapie cognitive et psychoses

    La thérapie cognitive de fait pas un distinguo de nature entre névrose, d'une part, et psychose, d'autre part. Beck considère les deux comme le résultat de distorsions cognitives. Le mécanisme est le même, avec simplement une intensité et une étendue plus ou moins large des distorsions. Ainsi, un patient névrosé aura une perception irrationnelle de la réalité dans quelques domaines seulement, alors qu'un patient psychotique aura une perception irrationnelle de la réalité dans presque tous les domaines. Pour être plus précis, on peut dire que les patients psychotiques ont malheureusement tendance à réduire le champ de leur activité mentale à ces seules distorsions. Les capacités de jugement des patients psychotiques étant alors fortement endommagées, il devient très difficile, voire impossible, au thérapeute d'amener l'individu à développer une approche métacognitive de ses problèmes.
    C'est la raison pour laquelle la thérapie cognitive est habituellement réservée aux troubles de l'humeur (dépression, anxiété) au cours de thérapies courtes, et, dans une moindre mesure, aux troubles de la personnalité (thérapies plus longues, voir chapitre ci-dessus). Elle s'applique, en revanche, difficilement aux troubles psychotiques (type schizophrénie).
     

    • La notion de Domaine personnel

    Le Domaine personnel est une notion qui peut sembler triviale à priori. Cependant c'est un outil puissant qui permet souvent de mieux comprendre des sentiments tels que l'anxiété, la tristesse ou la colère.

    Définition : Le domaine personnel est l'ensemble des choses, matérielles ou immatérielles, qui ont de la valeur aux yeux du sujet.

    Au centre du domaine, on trouvera la représentation de soi, les caractéristiques personnelles, les buts, les valeurs fondamentales de l'individu. Autour de ce centre, on trouvera par exemple la famille, les amis, les biens matériels. Selon les individus, on pourra également trouver d'autres composants du domaines, comme par exemple : la nationalité, la classe socioculturelle, des concepts tels que la liberté, la justice, la moralité, la foi religieuse, le respect des règles, etc...

    Le concept de domaine personnel aide à comprendre comment une personne peut être fortement affectée par des événement très éloignés géographiquement : par exemple, un individu peut devenir euphorique si un membre de son groupe social, ou de sa nationalité reçoit une récompense lors d'un championnat sportif. De même il peut être scandalisé si un membre de son groupe est victime de brutalités. Il réagira comme si c'était lui-même qui était l'objet de bons ou de mauvais traitements. D'autres personnes peuvent rester totalement indifférentes aux mêmes événements si elle n'ont pas les mêmes composants dans leur domaine personnel (celui de nationalité par exemple).

    La nature de la réponse émotionnelle d'une personne à un événement donné, dépend selon que l'individu considère cet événement comme ajoutant, enlevant, mettant en danger, ou bien affectant son domaine personnel.

    • La tristesse : c'est le sentiment provoqué par la perception d'une perte pour le domaine personnel. Perte d'un être aimé, perte de capacités physiques, perte d'une fonction sociale (chômage).

    • L'euphorie et l'excitation : sentiments provoqués par la perception d'un gain pour le domaine personnel. Par exemple le fait de se faire de nouveaux amis, acquérir de nouveaux biens matériels, ou atteindre ses buts.

    • L'anxiété : c'est le sentiment provoqué par la perception d'une menace pour le domaine personnel. Menaces pour ses biens matériels, menace de la perte d'un proche (maladie, séparation géographique), menaces psychologiques (risques d'humiliation, de critiques) . Si l'individu a confiance dans sa capacité à faire face à la menace, son anxiété est grandement diminuée. L'anxiété augmente lorsque la menace est perçue comme imminente, hautement probable et très destructrice pour le domaine personnel.

    • La colère : c'est le sentiment provoqué par la perception d'une attaque (physique ou verbale) visant un ou plusieurs composants du domaine personnel, ou d'une frustration (lorsque l'on obtient pas un élément du domaine que l'on pense dû, par exemple le respect, la reconnaissance).

    On peut retrouver les mécanismes cités précédemment chez toutes les personnes dites normales. Chez les personnes souffrant de troubles de l'humeur, les perceptions (de perte, de menace, d'attaque, ou de frustration) sont soumises à de fortes distorsions cognitives, dues à une évaluation très erronée de la situation réelle.
    Travailler avec le patient pour mettre à jour les composants de son domaine personnel lui permettra de choisir ceux qu'il souhaite conserver, et éventuellement y adjoindre d'autres.
    La thérapie permettra également au patient de rationaliser les perceptions qu'il a des événements en rapport avec les composants de son domaine personnel, et d'en corriger les distorsions.

    • L'impuissance apprise, un modèle animal de la dépression

     

    • Thérapie cognitive Versus Pensée positive et méthode Coué

    Ceux à qui l'on présente pour la première fois les principes de la thérapie cognitive, font souvent le lien avec "le pouvoir de la pensée positive" (N. V. Peale), ou à la méthode Coué. Il est vrai qu'il y a des similarités apparentes entre la pensée positive et la thérapie cognitive, en particulier, l'idée que nos pensées influencent nos émotions et notre comportement. Cependant, la ressemblance s'arrête là. En effet, le problème majeur de la "pensée positive" vient du fait que les pensées positives ne sont pas nécessairement valides, ni exactes.
    Remplacer des pensées irrationnelles négatives par des pensées irrationnelles positives ne résout pas, à terme, les problèmes du patient.
    Si une personne peut s'exalter quelque temps en appliquant les principes de la pensées positive, il est probable que ces pensées ne résisteront pas longtemps à la réalité des faits. Or des pensées positives ne peuvent conduire à des sentiments positifs, que si le patient croit en leur validité.

    De plus, "le pouvoir de la pensée positive" repose en partie sur les principes religieux de la foi chrétienne (amour, prière, aimer Dieux et son prochain). Ces concepts sont tout à fait hors de propos dans la thérapie cognitive.

    Avec la "pensée positive", on vous amènera à voir un verre à moitié plein, plutôt qu'à moitié vide. 
    L'approche rationnelle de la thérapie cognitive vous apprendra à neutraliser les distorsions, et à constater par vous-même que le verre est rempli à 50 %.

     

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  • Thérapie cognitive (1)

    LES GRANDS PRINCIPES


     

    http://therapie.cognitive.free.fr/principes.html

    • Une cognition, qu'est-ce que c'est ?

    Le mot "Cognition" vient du latin "Cognito" signifiant : une pensée.

    D'un point de vue formel, le terme "Cognition" comprend l'ensemble des connaissances, des croyances et des représentations mentales d'une personne ; Dans un sens plus large, cela inclut également les mécanismes par lesquels cette personne acquiert de l'information (démarches d'apprentissage), la traite, la conserve et l'exploite. 

    Les cognitions sont liées à la perception, à l'éducation, à l'apprentissage, à la mémoire, à l'intelligence, à la fonction symbolique et au langage.

    Plus simplement, on pourra retenir que nos "cognitions" sont nos croyances et nos pensées.

     

    • Nos émotions sont le fruit de nos pensées.

    "You feel the way you think." D. Burns.

    C'est là le principe premier de la thérapie cognitive : ce n'est pas le monde extérieur qui est la cause de nos émotions et de notre humeur, mais seulement la représentation que l'on en a et les pensées qui nous traversent l'esprit.

    Schéma d'après David Burns.

    Cette idée est en fait très ancienne. Les philosophes stoïciens de l'antiquité l'avaient déjà clairement exprimée il y a deux millénaires (voir Stoïcisme et Thérapie Cognitive).
    Les fondateurs de la thérapie cognitive, dans la deuxième moitié du 20ème siècle, ont d'ailleurs toujours ouvertement affiché l'influence de la philosophie stoïcienne sur leur théorie.

    Si la dépression était la conséquence de conditions de vie difficiles, on devrait en théorie observer des vagues de cas de dépression en période de guerre, ou dans des pays touchés par la malnutrition. Or on constate plutôt le contraire (on se suicide moins en temps de guerre qu'en temps de paix, moins en Afrique qu'en Europe). En fait, il apparaît qu'une grande proportion des personnes souffrant de dépression ont une vie que d'autres pourraient considérer comme a priori satisfaisante, voire enviable : situation financière normale, famille aimante, pas de traumatisme particulier, pas de maladie organique, pas de pression ni de danger marquant.

    En fait, la dépression n'est pas causée par l'environnement du sujet, mais par les pensées et les schémas mentaux qu'il emploie pour l'interpréter. C'est donc en apprenant à travailler sur ses cognitions qu'une personne pourra sortir de sa dépression. C'est précisément là le but d'une thérapie cognitive.

     

    • Les distorsions cognitives.

    Les cognitions étant par nature plus ou moins subjectives, elles peuvent conduire le sujet à une vision approximative, déformée, voire totalement inexacte du monde.

    Chez le sujet dépressif, les distorsions cognitives, c'est à dire des interprétations et des représentations biaisées du monde privilégiant systématiquement une vision négative et pessimiste des choses, sont responsables de son incapacité à évaluer la réalité de manière positive ou neutre. Le patient ne semble plus capable d'objectivité.

    Ces distorsions peuvent concerner des domaines plus ou moins importants de la vie d'une personne.

    Aaron Beck a défini la dépression comme étant le résultat de distorsions dans trois domaines majeurs :

    1.      Cognitions sur soi.

    2.      Cognitions sur l'environnement (le monde et les autres).

    3.      Cognitions sur l'avenir.

    Ces 3 grands types de distorsions constituent ce que l'on appelle la triade de Beck. On peut les retrouver à des degrés divers chez tous les patients déprimés.


    Exemples de distorsions cognitives chez un patient dépressif :

    Cognition sur soi : "Je ne vaux rien""Je ne suis pas à la hauteur".
    Cognitions sur l'environnement : "Ce monde est pourri""Les gens sont égoïstes".
    Cognitions sur l'avenir : "Rien ne s'améliorera jamais""C'est sans espoir".

    Chez une personne dépressive, ces expressions ne sont pas de simples paroles en l'air destinées à attirer l'attention. Elle correspondent à la véritable représentation mentale qu'elle se fait du monde et d'elle-même.

    Comme nous le verrons dans les paragraphes suivants, le rôle du thérapeute est de faire prendre conscience au patient de ces distorsions cognitives, et de l'amener à une représentation plus "normale" et plus rationnelle des choses. Pour cela, il va, dans un premier temps, devoir apprendre au patient à devenir métacognitif, c'est-à-dire l'amener à réfléchir à la manière dont il pense. (cette capacité à réfléchir à la manière dont on pense apparaît habituellement chez l'enfant vers l'age de 6 ans. Elle tend à disparaître chez les personnes souffrant de dépression).
     


    • Les 10 pensées dysfonctionnelles types.

    Les pensées dysfonctionnelles sont des distorsions cognitives très courantes chez les personnes dépressives. Ce sont des façons de penser stériles, souvent stéréotypées, qui s'appliquent de manière quasi-automatique (on parle également de "pensées automatiques"), et amènent le sujet à avoir une vision très sombre du monde.


    Voici les 10 pensées dysfonctionnelles les plus répandues (liste d'après A. Beck & D. Burns) : 
     

    Liste des pensées dysfonctionnelles

    1- La pensée dichotomique (principe du tout ou rien). C'est le fait de penser que si une chose n'est pas exactement comme nous le souhaitons, alors il s'agit d'un échec. Il s'agit d'une perte totale des nuances. Ex. : "Si je n'ai pas été embauché, c'est que je ne vaux rien", "Si je n'ai pas 20 sur 20 à cet examen, c'est que je suis nul". Dans ces conditions, avoir 18 sur 20 à un examen, ou n'être "que" le second de sa promotion peuvent être perçus comme des échecs cuisants.

    2- La surgénéralisation : on construit des règles pour son comportement futur à partir de quelques événements négatifs passés. Ex. : "Elle n'a pas voulu sortir avec moi ; je vois bien que je n'arriverai jamais à sortir avec une fille". Avec la surgénéralisation, un seul événement négatif peut influer tout le comportement à venir d'une personne qui se voit alors vouée à l'échec. On peut distinguer 2 grands types de surgénéralisation

    2-a : La surgénéralisation verticale : un échec dans un domaine à un moment donné, et c'est tout le domaine en question (passé, présent et avenir) qui est perçu comme un échec et perdu d'avance. Ex : "Elle ne veut pas sortir avec moi. J'ai toujours tout raté en amour, je serai seul et malheureux toute ma vie".
    2-b : La surgénéralisation horizontale : c'est le fait de lier entre eux des problèmes différents, là où ça n'a pas lieux d'être. Un échec dans un domaine va amener la personne à voir des échecs dans tous les domaines. Ex. : "J'ai été licencié de mon entreprise, ce n'est pas étonnant, je rate tout ce que je fais dans la vie".


    3- L'abstraction sélective : c'est un filtre mental qui ne laisse percevoir que le côté négatif des choses. On se focalise sur les détails déplaisants, ce qui nous conduit à voir l'ensemble en négatif. Ex. : une personne passe une soirée avec des gens agréables et intéressants, elle s'amuse, elle danse, lorsque quelqu'un renverse du café sur sa chemise. A cause de cet incident, elle en conclut que la soirée est totalement gâchée. Autre exemple : un joueur de tennis gagne lors d'une rencontre sportive, mais au lieu de s'en réjouir, il passe plusieurs jours à ressasser les erreurs qu'il a commises pendant le match et à s'en faire le reproche.

    4- La disqualification du positif : on transforme une expérience neutre ou positive en expérience négative. Ex. : on me fait un compliment, j'en déduis que "tout le monde sait que c'est faux, on me dit ça juste pour me faire plaisir", ou encore : "Le soutien des gens qui m'aiment ne compte pas. Ils ne connaissent pas ma vraie nature". C'est une sorte d'alchimie inversée où l'on transforme de l'or en plomb.

    5- Les conclusions hâtives (ou principe de l'inférence arbitraire) : on imagine des scénarios noirs sans preuve et on y porte crédit. On peut en distinguer 2 sortes :

    5-a : Les lectures des pensées d'autrui : C'est lorsque l'on croit connaître les pensées des autres en se fiant à de maigres indices. Ex: "Je lui ai laissé un message mais il ne m'a pas rappelé, il ne me considère plus comme son ami.", ou bien : "Mon patron m'a regardé de travers, il pense certainement me licencier".
    5-b : Les erreurs de voyance : faire des prédictions pessimistes et les considérer comme vraies. Ex. : "Je vais devenir folle.""Cette thérapie ne marchera pas, je suis incurable.""Je vais rester seul toute ma vie."


    6- Exagération (dramatisation) et minimalisation : on exagère ses erreurs et on minimise ses points forts. Exemple d'exagération : "J'ai fait une erreur au travail, tout le monde va le savoir et je serai complètement ridicule aux yeux de tous." ; Exemple de minimalisation : "J'ai trouvé la solution au problème, mais c'est simplement parce que j'ai eu un coup de chance".


    7- Le raisonnement émotionnel : c'est se servir de ses sentiments comme s'il s'agissait de preuves. Ex. : "Je me sens désespéré, donc mes problèmes doivent être impossibles à résoudre." ; "Je ne me sens pas de taille à affronter une situation, donc je suis un looser." ; "Si je me sens dégoûté de ce monde, c'est parce qu'il n'a rien à m'offrir" ; "Si je suis angoissé tout le temps, c'est bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas".

    8- Les fausses obligations ("musturbation" en anglais) : Se fixer arbitrairement des buts à atteindre (je dois, je devrais…). Ex. : "Je dois absolument faire le ménage chez moi.". Résultats : si l'on n'atteint pas ses objectifs, on se sent coupable. On peut également appliquer cette règle pour les autres (on me doit…) : "Après tout ce que j'ai fait pour lui, il pourrait au moins être reconnaissant." Cela conduit à un sentiment d'amertume, de ressentiment, et à l'idée que l'on est la seule personne à se conduire convenablement.

    9- L'étiquetage : ce sont des jugements définitifs et émotionnellement chargés que l'on porte sur les autres ou sur soi-même. Ex. : "Cette personne est un monstre." ; dire"Je suis complètement nul" au lieu de dire "J'ai fait une erreur".

    10- La personnalisation : se sentir responsable du comportement des autres. Ex. : "Si mon fils ne travaille pas à l'école, c'est parce que je suis une mauvaise mère.","Ce qui arrive est ma faute." La personnalisation conduit à un sentiment de culpabilité. C'est l'erreur consistant à penser pouvoir gérer la vie des autres (alors qu'on ne peut que l'influencer).

    Au commencement d'une thérapie cognitive, le patient devra étudier, comprendre et apprendre cette liste de pensées dysfonctionnelles. Avant toute forme d'introspection, le patient sera amené, grâce à des exercices, à repérer et mettre en évidence ces différentes pensées dysfonctionnelles sur des exemples types (exemples d'exercices).

     Une fois bien exercé, il pourra commencer à relever et mettre en évidence ces distorsions dans sa propre façon de penser
    Pour cela, il pourra être amené à employer un outil très utile : les fiches d'autoévaluation de Beck.
     

    • Les fiches d'autoévaluation de Beck

    Il s'agit d'une technique très simple élaborée par Aaron Beck pour aider ses patients à mettre en évidence clairement leurs pensées dysfonctionnelles afin de mieux les analyser. Les patients disposent ainsi d'un outil qui leur permet par eux-mêmes d'avoir une approche plus rationnelle et moins stérile de leurs problèmes.
     

    Il s'agit d'un formulaire constituée de 5 colonnes que l'on remplit de gauche à droite :

    • 1ère colonne : Situation : on y décrit rapidement l'événement ou la situation qui a déclenché la contrariété. On n'y inscrit aucune émotion, ni aucune pensée, mais uniquement des faits. (par exemple : j'ai laissé un message téléphonique à mon ami et il ne m'a pas rappelé)
    • 2ème colonne : Emotion : décrire et évaluer le plus précisément possible les émotions ressenties en pourcentages de 0 à 100. L'émotion globale est à décomposer en terme de : tristesse, colère et anxiété qui sont souvent les trois principales composantes d'une humeur négative. Le patient peut éventuellement en ajouter d'autres (frustration, dégoût, etc...).
    • 3ème colonne : Pensées automatiques : C'est la liste de toutes les pensées qui nous passent par la tête et qui nous rendent malheureux, anxieux, ou en colère. On indiquera le niveau de croyance global pour ces pensées automatiques. (on peut également préciser le niveau de croyance pour chaque pensée automatique).
    • 4ème colonne : Réponses rationnelles : il s'agit ici de prendre du recul par rapport aux pensées de la colonne précédente et de les analyser en mettant en évidence les pensées dysfonctionnelles exactement comme cela a été décrit dans les exercices du chapitre précédent (liste des pensées dysfonctionnelles). On fera enfin la liste des réponses rationnelles face à l'événement ou la situation. On indiquera le niveau de croyance global pour ces réponses rationnelles (on peut préciser également le niveau de croyance pour chaque réponse rationnelle).
    • 5ème colonne : Résultat : après avoir inscrit les pensées automatiques et les réponses rationnelles qui s'y rapportent, on évalue à nouveau les émotions ressenties en terme de tristesse, d'anxiété et de colère. On indiquera également l'intensité globale de l'émotion après analyse, que l'on pourra, bien sûr, comparer avec l'intensité globale de l'émotion avant analyse (colonne 2).

    La fiche d'autoévaluation de Beck n'est pas un outil qui fait disparaître toutes les contrariétés de la vie. En revanche, elle permet de rationaliser l'approche que l'on peut en avoir. Très souvent, cette technique conduit à une nette amélioration de l'humeur du patient par rapport à une situation donnée.

    Au début de la thérapie, le patient apprendra à remplir ces fiches avec l'aide de son thérapeute afin de bien en comprendre les principes. Il pourra ensuite très rapidement utiliser cette technique seul et acquérir de plus en plus d'autonomie dans la gestion de ses problèmes au quotidien.

    Dans le cadre d'une thérapie cognitive, le patient est invité à remplir une fiche de Beck à chaque fois qu'il rencontre une contrariété, ou simplement lorsqu'il se sent mal (tristesse, anxiété, colère). Il peut ainsi être amené à en remplir plusieurs par jour.
    Le patient pourra conserver ces fiches afin d'avoir un suivi de son travail. 
    Même si une contrariété donnée a déjà fait l'objet d'une fiche dans le passé, le patient ne doit pas hésiter à en remplir une autre sur le même sujet.

    La fiche d'autoévaluation est une technique à utiliser sans modération. En effet, si des distorsions cognitives répétées peuvent rapidement conduire à la dépression, la rationalisation ne peut, quand à elle, avoir que des effets bénéfiques sur l'humeur des patients et leur manière d'appréhender leurs problèmes. 

    Nous avons jusqu'alors abordé des cognitions dont il était relativement facile de prendre conscience d'un point du vue métacognitif (c.à.d la capacité à analyser sa propre façon de penser). Nous allons maintenant aborder un niveau de cognition plus difficile à mettre à jour : les schémas cognitifs.
     


    • Les schémas cognitifs.

    Les schémas sont les grandes structures de base de l'organisation cognitive d'un individu. Ce sont des cognitions fondamentales stables et rarement exprimées directement. Les schémas s'appliquent de manière automatiques et commencent à se construire très tôt chez l'enfant. (voir Construction des schémas)
    Ils sont ancrés profondément et ne sont pas toujours faciles à mettre à jour. Ces schémas nous amènent à avoir une représentation du monde partielle et très simplifiée. Ils tendent à nous aiguiller systématiquement vers des jugements et des comportements stéréotypés. A partir d'une situation ou d'un événement donné, ils nous fournissent une anticipation de l'avenir.

    S'ils nous aident à appréhender notre environnement en nous permettant de ne pas avoir à tout réinventer lorsque nous faisons face à une situation déjà rencontrée, les schémas cognitifs peuvent également nous handicaper, car ils sont très réducteurs, déformant à outrance la réalité et agissant comme des œillères. D'une manière générale, les schémas cognitifs, sans nous laisser le choix, ferment beaucoup de portes, et en ouvrent peu. Chez les personnes dépressives, cela peut aboutir à une véritable vision tunnellaire du monde.

    Les personnes dépressives ont souvent des avis très tranchés sur les sujets sensibles : l'amour, la vie, l'amitié, le monde, les autres, eux-mêmes. Ces opinions sont généralement le fruit de schémas cognitifs très forts qui laissent malheureusement peu de place à la nuance.

    Le rôle du thérapeute est de permettre au patient de prendre conscience de ces schémas (par des techniques que nous verrons ensuite), et de l'amener à envisager d'autres options, d'autres façons de voir les choses, de manière plus rationnelle et moins stéréotypée.

    Exemples de schémas :

    • "Ma valeur dépend de l'estime des autres".
    • "Je ne suis rien sans amour".
    • "Pour être heureux, je dois réussir tout ce que je fais".
    • "Je suis en danger si je n'anticipe pas tous les problèmes".
    • "Il faut toujours tirer les leçons de ses échecs".
    • "On ne peut pas être heureux si on n'a pas trouvé un sens à sa vie".

    Nota Bene : Si les techniques type Fiches d'autoévaluation de Beck, permettent au patient de se sentir mieux dans sa vie quotidienne en l'amenant à rationaliser ses pensées conscientes, elles ne s'attaquent pas aux causes de la dépression. Mettre à jour les schémas cognitifs d'une personne, et l'amener à les analyser, permettra de traiter les causes, et pas simplement les symptômes de la dépression.
     

    Les schémas étant généralement inconscients et rarement verbalisés (on parle de "postulats silencieux"), le thérapeute doit employer certaines techniques pour les mettre à jour lors de la thérapie. La plus utilisée se nomme la technique de la flèche descendante. 


    • La technique de la flèche descendante (Bottom line)

    Nous avons vu que la technique de la fiche de Beck consistait à partir d'une pensée dysfonctionnelle, et de l'analyser de manière rationnelle afin d'amener le patient à une vision plus réaliste, plus neutre, et moins émotionnelle des choses.

    Dans le cas de la flèche descendante, nous allons faire exactement le contraire : Nous allons partir d'une pensée dysfonctionnelle (consciente) exprimée par le patient, et faire "comme si c'était vrai", afin de pouvoir descendre le plus profondément possible dans des niveaux cognitifs de plus en plus inconscients jusqu'à ce que l'on puisse accéder aux schémas cognitifs qui sont à l'origine de cette pensée. 
     

    Le meilleur moyen de comprendre cette technique est de l'illustrer par un exemple :

    -Patient : "Mon responsable m'a dit que le client était mécontent de mon travail".
    -Thérapeute : "Oui, d'accord, et quel est le problème ?".
    -P. : "Il pense sûrement que je suis un ingénieur très médiocre"
    -Th. : "Si c'est vrai qu'il le pense, pourquoi est-ce que cela vous ennuie ?"
    -P. : "Parce que cela veut dire que je suis effectivement un très mauvais ingénieur, il sait de quoi il parle !"
    -Th. : "Peut-être, mais si c'est le cas, en quoi cela vous gêne ?"
    -P. : "Ca veut dire que je suis un raté total, un bon à rien."
    -Th. : "Bon, et si vous êtes un raté total et un bon à rien, en quoi est-ce que cela est gênant ?"
    -P. : "Et bien tout le monde finirait pas s'en rendre compte. Plus personne ne me respecterait. Je serais licencié et je ne pourrais plus jamais trouver de travail dans mon domaine. Je serais obligé de changer de région."
    -Th. : "D'accord, et cela signifierait quoi pour vous ?"
    -P. : "Cela voudrait dire que je suis complètement nul et inutile. Je me sentirais si malheureux que je voudrais mourir."

    Dans l'échange précédent, on peut ainsi mettre en évidence 3 schémas cognitifs chez le patient :

    1. : si quelqu'un me critique, il a forcément raison.
    2. : ma valeur dépend de mes réalisations.
    3. : une erreur, et tout est gâché. Si je ne réussis pas tout le temps, je suis nul.

    Une fois l'enchaînement des pensées automatiques établi, et une fois les postulats silencieux identifiés, le travail du patient, avec l'aide du thérapeute, est alors d'analyser l'échange précédent, et, pour chaque étape, d'en faire ressortir les pensées dysfonctionnelles afin de les remplacer par des réponses rationnelles. (analyse du cas précédent).

    Le thérapeute amènera ensuite le patient à faire une analyse coût-bénéfice de ses schémas cognitifs à l'aide d'un tableau à deux colonnes.

    On retrouve très souvent les mêmes types de schémas chez les personnes dépressives. Un test des croyances dysfonctionnelles peut aider à les mettre en évidence.


     

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  • Hécatombe chez les banquiers

    Depuis quelques jours, une liste de morts suspectes de banquiers tourne sur le net. 
    Cette information très importante manquait de sources et de détails. Et vérifications faites, elle comporte quelques erreurs... Il me semblait intéressant de la fiabiliser: 

    18 Nov 2014 – Shawn Miller, 42 ans, directeur général de Citigroup (une banque américaine) a été retrouvé mort dans une baignoire avec la gorge tranchée. Malgré les circonstances étranges (il a été retrouvé dans son bain, les poignets et le cous tranchés), malgré les doutes de la famille et de la police, l'enquête s'oriente vers un suicide...  
    Sources: Wall Street journal - New York Post

    24 Juillet 2014 - Robin Clark, un trader anglais, se fait tirer dessus par un homme cagoulé. Il survit à ses blessures
    Source: Mirror

    6 Juillet 2014 – Julian Knott, 45 ans, directeur général de JP Morgan Chase (une holding financière majeure) et de Global Technology network (un réseau mondial spécialisé dans les technologies de pointe), a été retrouvé mort. Il aurait tué sa femme avant de se suicider. Le coupe semblait pourtant très uni. 
    Les journaux évoquent des circonstances étranges, mais auncune information n'est rendue publique (pas même les circonstances de la découverte des corps...)
    Sources: DailymailInternational Buisness Times

    24 Juin 2014 – Richard Gravino, 49 ans, chef d’équipe du développement d'applications, lui aussi employé par JP Morgan, est retrouvé mort. La cause de cette mort soudaine est à ce jour inconnue. 
    Source: Wall Street on parade

    24 Mai 2014 – Daniel Leaf, gestionnaire principal de la Banque d'Ecosse, est mort suite à une chute du haut une falaise
    Source: STV News 

    23 Mai 2014 – Nigel Sharvin, un banquier de Belfast, disparaît au cours d'une fête. Son corps sera retrouvé quelques heures plus tard. Il est mort noyé.
    Source: Belfast Telegraph

    8 Mai 2014 – Naseem Mubeen – vice-président adjoint de la Banque ZBTL (Islamabad, Pakistan) se suicide en sautant du 10e étage du building de son employeur.
    Source: Pakistan Today  

    7 Mai 2014 – Thomas Schenkman, 42 ans, directeur général de JP Morgan (que je ne présente plus), connu également pour ses précédentes carrières chez Microsoft et Goldman Sachs, est mort subitement, dans des circonstances mystérieuses... 
    Source: Wall Street on parade

    23 Avril 2014 – Li Jianhua, 49 ans, responsable d'une banque chinoise, meurt subitement d'une attaque cardiaque
    Source: Buisness insider 

    22 Avril 2014 – Une employée de la Banque Populaire de France, se suicide en sautant du 14e étage de la tour de son employeur. 
    Source: Le parisien

    21 Avril 2014 – Bruce A. Schaal, banquier d'affaire américain de 63 ans, est décédé subitement, dans des circonstances qui n'ont pas été dévoilées.  
    Source: Legacy

    20 Avril 2014 - Keith Barnish 58 ans, un banquier d'affaires américain, est décédé subitement dans des circonstances non révélées.
    Source: Leveragedloan et LinkedIn

    18 Avril 2014 – Benoît Philippens, un directeur de banque belge, a été exécuté avec sa femme et son filleul par un tireur caché derrière leur maison. Il avait pris la direction de cette banque récemment, il avait constaté de nombreuses anomalies et il semblait determiné à "faire du ménage"
    Source: 7sur7.be

    13 Avril 2014 – Tanji Dewberry – vice-présidente adjointe du Crédit Suisse, meurt avec son fils de 8 ans dans l'incendie de leur maison. 
    Source: Dailymail

    7 Avril 2014 – Juergen Frick, un directeur de banque du Liechtenstein, est exécuté par balle.
    Source: The independant

    5 Avril 2014 - Peter Schmittmann, ancien PDG de la Banque ABN, est retrouvé mort. IL aurait exécuté sa femme et sa fille de 22 ans avant de se suicider. 
    Source: Dailymail

    3 Avril 2014 - Amir Kess, directeur de Markstone, meurt dans un accident (il circulait à vélo et il a été renversé par une voiture)
    Source: Haaretz

    30 Mars 2014 - Andrew Jarzyk, gestionnaire de la PNC Financial Services Group, disparait mystérieusement pendant son jogging. Son corps a été retrouvé dans une rivière 1 mois plus tard. 
    Source: Dailymail

    28 Mars 2014 – Joseph Giampapa, ancien avocat de JP Morgan , meurt à vélo, heurté par un minibus.  
    Source: Intellihub

    24 Mars 2014 - Fang Fang de JP Morgan, démissionne suite à une affaire de corruption
    Source: Bloomberg

    12 Mars 2014 – Kenneth Bellandro, 28 ans, analyste chez JP Morgan (encore!!), se tue en sautant du 6e étage de sa banque
    Source: New York Post

    12 Mars 2014 - Jeffrey Corzine, 31 ans, le fils de l'ancien gouverneur du New Jersey et ancien trader de Goldman Sachs, a été retrouvé mort apparement suicidé.
    Source: New YorkPost

    11 Mars 2014 – Mohamed Hamwi, un homme d'affaire qui avait échappé aux attentats du 11 Septembre parce qu'il était en retard, a été tué par balles. Il s'agirait d'un vol qui a mal tourné (mais il a été retrouvé avec son argent et ses effets personnels)
    Source: Dailymail

    11 Mars 2014 – Edmund Reilly, 47ans, trader chez Vertical Group (New York) , s’est suicidé en se jetant sous un train à grande vitesse 
    Source: Dailymail

    5 Mars 2014 – Autumn Radtke, 25 ans, PDG de First Meta, une entreprise de change cyber-monnaie, se suicide en se jettant du haut du building de sa banque
    Source: New York Post

    20 Février 2014 – Li Junjie, employé chez JP Morgan, se suicide en se jetant du haut du building de sa banque (décidemment, c'est une mode...) 
    Source: Dailymail

    19 Février 2014 – James Stuart Jr, ancien responsable de National Bank of Commerce CEO, est mort dans des circonstances non dévoilées. 
    Source: Intellihub

    11 Février 2014 – Ryan Henry Crane, 37 ans, vice président chez JP Morgan, est retrouvé mort devant. La cause de sa mort est inconnue.
    Source: New York Post

    4 Février 2014 – Richard Talley, 57 ans, PDG d'une banque américaine, s'est suicidé en se tirant plusieurs fois dans la tête avec un pistolet à clous. 
    Source: Dailymail

    4 Février 2014 – John Ruiz , analyste chez Morgan Stanley Municipal Debt, est décédé subitement chez lui, dans des circonstances non dévoilées
    Source: Bloomberg

    29 Janvier 2014 – Mike Dueker, économiste en chef de Russell Investments, est retrouvé mort près d'une route. Il se serait suicidé.
    Source: Bloomberg

    28 Janvier 2014 – Tim Dickenson, directeur de communication d'une banque suisse, est mort subitement, dans des circonstances qui n'ont pas été dévoilées. 
    Source: The Australian Buisness Revue

    27 Janvier 2014 – Gabriel Magee, vice président de JP Morgan, se suicide en sautant du haut du building de sa tour (c'est pas possible, ils font un concours chez JP Morgan?)
    Source: Dailymail

    26 Janvier 2014 – William ‘Bill’ Broeksmit, ancien PDG (retraité) d'une banque allemande, se suicide par pendaison suite à l'ouverture d'une enquête concernant la banque. 
    Source: Dailymail

    26 Janvier 2014 – Carl Slym, directeur général de Tata Motors, chute du 33e étage d'un building à Bangkok, dans d'étranges circonstances. L'enquête tend vers le suicide. Tata Motors était sur le point de lancer la première voiture à air comprimé... 
    Source: le Monde et Citizenpost

    21 Janvier 2014 - La fille d'Igor Artamonov, buisnessman russe, a été retrouvée morte dans la chambre de son école, probablement suicidée (elle avait 17 ans)
    Source: Telegraph 

    16 Janvier 2014 - Hector Sants, de chez Barclays, a démissionné à cause du stress et de l’épuisement, après avoir été informé qu’il risquait des conséquences plus graves pour sa santé s’il continuait à travailler
    Source: Télégraph

    7 Janvier 2014 - Le fils de Nick Bagnall (Directeur à la Banque de Tokyo-Mitsubishi), 18 ans est décédé. Il se serait pendu accidentellement. 
    Source: Dailymail

    23 Décembre 2013 – Robert Wilson, un retraité et fondateur de fonds spéculatif , s’est suicidé en sautant du 16e étage.
    Source: New York Times

    23 Décembre 2013 – Susan Hewitt, ancienne vice présidente de la Deutsche Bank, est retrouvée morte. Elle se serait noyée dans un flux d'écoulement rapide en allant vérifier l'approvisionnement en eau pour les maisons voisines. 
    Source: UK News

    18 Décembre 2013 - Kevin Bespolka, un banquier de 51 ans, est grièvement blessé dans une avalanche, son fils meurt. 
    Source: Telegraph 

    15 Décembre 2013 – Jason Alan Salais, 34 ans, spécialiste de technologie de l’information chez JPMorgan, est retrouvé mort devant une pharmacie, apparemment d'une crise cardiaque
    Source: Wall Street on parade

    14 Décembre 2013 – Benjamin Idim, 25 ans, banquier à la Diamond Deutsche se tue dans un accident de voiture. Il transportait 2 millions dans sa voiture. Seuls 800 000 ont été retrouvés. 
    Source: Naija

    7 Décembre 2013 – Joseph Ambrosio, 34 ans, analyste financier chez JP Morgan, est décédé subitement d’un syndrome respiratoire aigu (une forme de pneumonie foudroyante)
    Source: Bloomberg

    13 Novembre 2013 – Venera Minakhmetova, 24 ans, ancienne analyste financier chez Bank of America Merrill Lynch, qu'elle avait quitté pour monter sa propre entreprise, est morte dans un accident de vélo. 
    Source: BBC

    9 Novembre 2013 – Patrick Sheehan, un directeur de Well Fargo & Co (et ancien de chez JP Morgan), est mort dans un accident de voiture.
    Source: Bloomberg

    Novembre 2013 – Michael Anthony Turner, carrière de banquier, mort de "cause inconnue". Je n'ai rien trouvé à ce sujet... 

    31 Octobre 2013 – Michael Burdin, trader dune banque américaine, se suicide en se jettant sous un train.
    Source: Dailymail

    29 Octobre 2013 – Ezdehar Husainat, ancienne banquière chez JP Morgan, est morte écrasée par son propre 4x4. Elle serait descendue de sa voiture sans se rendre compte qu'elle était encore en marche, et aurait voulu l'arrêter. Elle est morte écrasée entre sa voture et le garage de sa maison.  
    Source: Dailymail

    5 Octobre 2013 - Nicholas Austin, 49 ans, un ancien directeur de la banque de Hersden, est mort après avoir bu de l’antigel (officiellement, pour “se défoncer”). 
    Il a été retrouvé dans le coma par sa femme Lynn à leur domicile. Il est mort le même jour.
    Source: Kent Online

    9 Septembre 2013 – Guy Ratovondrahona, gouverneur par intérim de la banque centrale de Madagascar, est mort d'une crise cardiaque. Il était impliqué dans une affaire louche de cessions de parts qui impliquait les plus hautes sphères de l'Etat, il semble qu'il aurait été forçait à signé et qu'il était rongé de remords...  
    Source: Tananews

    29 Août 2013 – Pierre Wauthier, directeur financier de Zurich Insurance, se suicide par pendaison à son domicile. 
    Source: Le nouvel observateur

    15 Août 2013 – Moritz Erhardt, stagiaire dans une banque londonienne,  est mort après avoir travaillé 72 heures d'affilée. Rien d'inhabituel, les jeunes loups de la finance travaillent semble-t'il 100 heures par semaine... 
    Source: Le nouvel observateur

    30 Juillet 2013 - Hussain Najadi, un banquier du Barheïn, est assassiné, probablement exécuté par des tueurs à gage.
    Source: Bloomberg

    23 Juillet 2013 - Carsten Schloter, PDG de Swisscom, est retrouvé mort à son domicile, probablement d'un suicide. 
    Source: Le Figaro

    21 Juillet 2013 - Sascha Schornstein, un banquier Allemand qui travaillait pour la Royal Bank of Scotland, disparait dans le crash de l'avion qu'il pilotait. Son corps n'a pas été retrouvé, les enquêteurs n'excluent pas qu'il ait mis sa mort en scène pour disparaître.
    Source: Dailymail

    17 Avril 2013 - David William Waygood, banquier britannique de 62 ans, se suicide en se jettant sous un train.
    Source: Dailymail

    6 Mars 2013 – David Rossi, directeur de la communication de la banque italienne Monte dei Paschi di Siena (MPS), se suicide en se jetant de la fenêtre de son bureau.
    Source: Huffington Post
     

    2 anachronismes s'étaient glissés dans cette liste: 
    Keiran Toman, 39 ans, ancien banquier qui a cru qu’il était traqué par une équipe de télé-réalité est mort de faim dans une chambre d’hôtel, après s'y être enfermé 2 semaines. Cette histoire est vraie, mais elle date de 2010
    Source: Dailymail

    * James McDonald, PGD chez Rockefeller & Co, a effectivement été retrouvé mort d'une balle dans la tête dans sa voiture (l'enquête a conclu à un suicide), mais ces faits datent de 2009. 
    Source: Huffington post

     

    J'ai également enlevé de cette liste, Chris Latham, un banquier de Charleston, qui n'est pas mort. Il a été condamné à 10 ans de prison pour avoir engagé un tueur à gages pour assassiner sa femme. Il nie en bloc. 
    Source: The Post and Courier

     

    Sources intiales de la liste qui circule partout:  

    http://pastebin.com/4KKgrHyd
    http://pastebin.com/HtC0wms6


    mardi 1 avril 2014

    BANQUIERS MORTS : JP MORGAN 5 - GOLDMAN SACHS 0

    Un avocat de l'Etat Major de la JP Morgan a été renversé par une camionnette qui a pris la fuite. Elle roulait si vite que Joseph Giampapa a été projeté dans les airs et projeté comme une fusée. 
    Cela fait 5 morts rien que pour la banque de Blythe Masters, et 0 pour Goldman Sachs. Mieux: si vous prenez les 200 noms de banques installées à Wall Strett et que vous mettez cela dans un calcul statistique, eh bien le résultat de mortalité que vous aurez sera purement effrayant

    images

    Maintenant, beaucoup de gens au sein de la banque doivent se poser des questions et prendre des assurances-vies. 
    • Le Bilan de la JP Morgan, 4 suicides, 1 accident rien qu'en 90 jours sur 2014:
    • - Joseph Giampapa, directeur juridique
      - Gabriel Magee, vice-président du département investissement high-tech Europe.
      - Ryan Henry Crane, cadre supérieur trading.
      - Li Junjie, trader Forex.
      - Jason Alan Salais, informaticien avec plusieurs niveaux d'accreditation.

      Journaliste:

      David Bird, spécialiste des matières premières au Wall Street Journal n'a pas été retrouvé.

      Comme il y a beaucoup de morts en ce moment, j'en ai parlé à la radio mercredi, la banque pourrait même parier sur son propre personnel, elle gagnerait de l'argent, ha ha ha, lire ici Wall Street on Parade, merci à Andrew. "Ton employeur qui parie sur ta mort précoce ! Une assurance vie dont la banque est le bénéficiaire "And yet, somehow, banks are allowed to collect death benefits on terminated workers right under the nose of State insurance regulators. The explanation is likely the secrecy which surrounds these policies, limiting knowledge of death payments to just the bank and the insurance company." meme payé par les bailout et les compensations sont exempt d'impots"...

      Autres banques, sur les premiers 90 jours de 2014:

      - William Broeksmit, 58 ans, ex ponte de la Deutsche Bank, spécialiste du risque et des CDS
      - Mike Dueker, 50 ans, ex analyste Forex St Louis Fed, chef prévisionniste de Russell Investments
      - Tim Dickenson, directeur de communications Swiss Re UK, mort suspecte.
      - Richard Talley, American Title, avait une enquête de la SEC des assureurs sur le dos, mort suspecte.
      - James Stuart, Wells Fargo, Citi.
      - Adnan Sakli, banquier américain sulfureux

    Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2014

    Source : .jovanovic.com

    Les banksters tuent leur employés pour récupérer leur assurance vie:Plus orwellien tu meurs!


    Wall Street et ses méga banques a planté le système financier américain en 2008 et jeté au chômage des centaines de milliers d'employés. 

    Puis, à partir la fin de l'année dernière, une éruption de morts suspectes a commencé à se produire chez les employés des banques "too big to fail" et particulièrement à la banque JP Morgan, qui connaît des difficultés de trésorerie.

    Une rareté statistique, même au plus fort de la crise financière 2008.


    Les enquêteurs de Wall Street On Parade (Pam et Russ Martens) ont voulu en avoir le cœur net. Ils ont notamment demandé aux services fédéraux chargés de ces questions des détails sur une assurance très particulière, dite Bank-Owned Life Insurance, ou BOLI, une "assurance-vie"  controversée qui paye la banque quand un de ses employés meurs, mais pas sa famille. Ils se sont entendus dire qu’il s’agissait d’un “trade secret” auquel ils ne pouvaient avoir accès. Ils ont tout de même mené leur enquête, qui fait l’objet de cette publication. 


    Ainsi ont-ils appris que JP Morgan souscrivait un ensemble d’assurances BOLI pour $10,4 milliards, qui représentent au moins $100 milliards, et peut-être plusieurs centaines de $milliards en primes d’assurance... L’ensemble, fort bien documenté, suggère une explication de ces suicides (plus que jamais “suicides”) qu’on devine aisément, – évidemment extraordinaire, qu’on pourrait même juger, dans son caractère extraordinaire, comme au-delà de toutes les thèses énoncées jusqu’ici.



    Ces suicides (“suicides” ?) ont donné lieu à nombre de spéculations, à des thèses diverses, liées bien entendu au climat du secteur financier et de Wall Street depuis 2008.

    Dallas, ton univers impitoyable... A l'échelle de la planète financière...

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  • Nomade

    Il vit seul en pleine mer avec ses poules. Simplement inspirant.

    8 décembre 2014 / Catégories: Articles / Tags:  / 2 Commentaires
    Il vit seul en pleine mer avec ses poules. Simplement inspirant.

    On se croirait presque dans le film Waterworld. Corentin, un jeune français, se balade sur les mers en mode simplicité volontaire. Avec ses poules, son bateau auto-construit et un jardin portable, il vogue loin de la folie du monde moderne. Un rêve pour beaucoup, réalisé aujourd’hui par un individu intrépide.

    LOW-TECH, c’est quoi ?

    La « low technologie », Corentin la pratique sur son bateau depuis plusieurs années. Liée à la simplicité volontaire et la décroissance, cette philosophie veut utiliser des technologies simples, économiques pour répondre à ses besoins : manger, boire, vivre.

    Naviguant sur l’océan Indien, cet ingénieur français construit ce qui lui est nécessaire pour répondre à des besoins primaires. Pour survivre, il trouve toujours un moyen pour construire des objets utiles avec peu de matériel. Après avoir fabriqué son voilier en fibre de jute, une plante répandue sur cette partie du globe, Corentin a réalisé des voyages extraordinaires avec ses constructions peu communes.

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    Entre courage, folie et liberté

    Avec son four solaire en canettes, sa colle en plastique fondu, son engrais à l’urine et ses poules matelots, Corentin a réussi à créer son propre écosystème flottable. Il nous offre un témoignage poignant et nous montre qu’il est possible de se passer de certaines choses superflues, non sans sacrifice. Un choix difficile cependant, car il laisse peu de solutions face à un accident de vie. Un choix qui est incroyablement courageux, insensé pour certains.

    Le jeune ingénieur propose sur son site internet (nomadedesmers.org) 50 défis d’auto-construction. Le but étant de fabriquer un objet utile à son bateau. L’objet sera testé par lui-même sur son voilier.

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