Si vous volez facilement au secours des gens sans attendre de demande, vous pouvez suivre les conseils de Claude Steiner et vous poser ces quatre questions :
*Est-ce de ma responsabilité?
*Est-ce de ma compétence ?
*Est-ce que j'en ai envie ?
*Est-ce qu'il y a une demande ?
N'y allez que si vous répondez oui aux QUATRE questions et si vous avez seulement un NON concernant la demande, réfléchissez bien avant d'intervenir."
Imaginez par exemple que vous assistiez à l'agression d'une femme dans la rue...Problème de conscience morale. Et vous n'avez guère de temps pour y réfléchir...
Le regard d'amour de ce garçon, cette fascination, cet embrasement...
Je ressentais la même émotion quand j'étais enfant et que je m'asseyais face à l'Océan...C'est toujours là, en moi, ces pleurs qui ruissellent comme un flot de bonheur trop puissant...Je n'ai pas assez de place en moi.
J'étais dehors il y a cinq minutes. Il faisait nuit encore. Cinq heures du matin. Les étoiles, le silence, un voile diaphane de lumière vers l'Est, juste une coulée infime...
La Vie est là et je voudrais tant qu'elle sente à quel point je l'aime...Ces frissons qui m'électrisent, comme un flux vital qui se répand, toute cette Vie commune qui parfume l'espace, nous baignons tous dans un Océan de vie dont nous ne comprenons pas la structure, dont nous ignorons l'étendue, nous baignons tous dans un calice miraculeux et nous oublions de bénir chaque instant.
Les yeux de la femme que j'aime, la lumière qui vibre en elle.
Nos trois enfants, nos trois adolescents, nos trois adultes. Nous n'en sommes que les accompagnants. Le miracle de leur existence ne vient pas de nous. Nous ne leur avons pas donné vie, c'est la Vie qui s'est offerte à eux, c'est la Vie qui a usé de notre amour.
Comment peut-on oublier de l'honorer ? Comment peut-on taire en nous ce bouleversement ?
J'étais assis devant l'Océan et je pleurais sans rien comprendre. Comme une tristesse bienheureuse, un bonheur dont je ne savais que faire et qui me laissait hagard...Cette impression insupportable de ne pas savoir aimer la Vie alors qu'elle était en moi, devant moi, autour de moi, que je baignais dans sa lumière...Que pouvais-je bien faire pour la remercier ?
J'entendais des musiques délicates, des rumeurs d'amour dans les vents du large, des parfums enivrants dans les rayons solaires, j'entendais dans les ressacs des poèmes flamboyants et il me prenait l'envie de courir, d'escalader tous les rochers, de crier cet amour qui me submergeait...Je ne comprenais rien et j'avais peur parfois...C'est pour ça que j'aimais ma solitude. Je n'aurais jamais su partager ces instants...Je n'étais pas "normal"...
Ce sont les écrivains qui sont venus me soulager de ce désarroi...Ils partageaient leur flamboiement, ils magnifiaient ce que je ne savais exprimer autrement que par l'énergie consumée de mon corps en action.
J'ai commencé à écrire dans le secret de mes nuits.
J'ai rempli des milliers de pages que je jetais rageusement dans la corbeille de mes insuffisances. Jamais satisfait, jamais repu, jamais comblé. Et toujours cette honte en moi de ne pas savoir aimer.
Il a fallu que je grandisse, longuement, pour comprendre enfin que de ne pas savoir exprimer les embrasements ne les éteignaient pas pour autant, qu'il ne dépendait que de moi de les laisser couler librement, sans rien chercher à traduire, sans rien chercher à saisir...Je n'étais qu'un dépositaire. La Vie rayonnait en moi et je n'avais pas à l'étouffer sous des volontés de contrôle.
M'abandonner à l'Amour et le laisser s'étendre...
Écouter simplement cette musique et me bercer de sa douceur, ne rien vouloir, ne rien attendre, ne rien espérer, juste être là, ouvert, disponible, reconnaissant...
J'entendais des mélodies très simples, juste quelques notes qui m'emplissaient comme des respirations. Cette impression que la Vie murmurait en moi...
"Écoute moi Petit d'homme, écoute, tu ne peux rien faire de plus beau que de laisser couler en toi ce que je te donne..."
Je me souviens de visages de filles de mon âge...J'aurais aimé leur dire que j'aimais la Vie dans leurs yeux...Je n'ai jamais su le faire. Tellement peur d'être pris pour un fou...Il a fallu que je grandisse, longuement pour que ces mots prennent forme, pour qu'ils ne meurent plus dans les carcans de retenues apprises.
"Il y a dans tes yeux la lumière de l'Amour de la Vie pour elle-même. Il y a dans ta silhouette la beauté du Monde qui s'observe."
Ridicule.
"On ne dit pas ces choses-là..."
Il aurait fallu que j'invite cette jeune fille à aller boire un verre en ville, à aller à la "boum" du samedi soir, il aurait fallu que je la fasse danser alors que c'est la danse de la Vie en elle qui m'attirait, que c'est la façon dont la Vie resplendissait en elle qui me bouleversait...
Alors, j'écrivais des poèmes la nuit et je les jetais au matin.
J'ai appris, peu à peu, à accepter mes insuffisances et je ne jette plus.
Je ne parviendrai sans doute jamais à trouver les mots pour jouer cette musique de l'Amour en moi.
Quand "ça" écrit en moi, je sais aujourd'hui que je ne pourrais rien entendre si je restais attaché à moi-même... Je ne suis pas un créateur, je ne suis qu'un dépositaire.
Je suis toujours cet enfant assis devant l'Océan...Et je contemple les Montagnes.
Il m'arrivait, enfant, de baisser les yeux, comme gêné par ces émotions qui jaillissaient, comme un regard d'amour que je ne pouvais plus recevoir, comme si je n'en étais pas digne.
J'aurais aimé que l'Océan m'enlace et calme en moi les battements de mon coeur.
J'imaginais des scènes d'amour et d'étreintes.
J'ai passé une nuit au large sur ma planche à voile, j'ai dormi dans les falaises de Pen Hir, au-dessus de la houle, j'ai couru pendant des heures jusqu'à ne plus retrouver mon nom, j'ai pédalé pendant des heures jusqu'à ne plus savoir où j'étais, j'ai nagé pendant des heures jusqu'à me croire poisson...
Mais il y avait toujours ce manque de mots...Il fallait que j'écrive, il fallait que je grave dans la mémoire de l'encre cette musique lancinante qui ne me quittait pas...Il fallait que de cette douleur insoumise, je construise un temple.
Cet enfant vit toujours en moi.
Mais il est en paix, désormais.
Les mots en lui sont à la mesure de son Amour pour la Vie. Ils seront toujours insuffisants, rien ne sera jamais totalement accompli dans cet hommage mais il a appris à ne plus en être malheureux. La Vie ne le lui demandait pas.
Je regarde les montagnes par la fenêtre. Les grands navires de pluie s'approchent. Je devine la houle des vents sur les crêtes.
Et le bonheur coule en moi comme des pleurs d'apaisement.
Je lis, je lis, je compile les informations, j'analyse, j'analyse, j'essaie de retenir tous les protocoles...
Et puis...
Haut de page : La Victime, le Persécuteur, le Sauveur.
Le "Triangle dramatique"...
Je lis, je lis, avec des bouffées de chaleur...
J'ai connu une période de ma vie, à l'hôpital avec mon frère, une période pendant laquelle je tenais les trois rôles.
Tout a jailli en un éclair...
Je me voulais le Sauveur de mon frère et pour ça, parfois, je devenais le Persécuteur, je l'obligeais à se soulever pour changer les draps, je refusais de défaire les sangles qui le tenaient aux barres du lit, je refusais de le tuer quand il me le demandait...
J'étais une victme aussi mais je l'avais choisi.
Tout ce que j'ai vécu là-bas s'est solidifié en moi. Comme un résumé en trois mois de tout ce que la Vie allait me faire connaître...
Sauveur...Persécuteur...Victime...
Et de le comprendre me permet de poser le fardeau. C'est une évidence.
Voici les 10 valeurs primordiales des indiens kogis aux "petits frères" du monde moderne...
Paroles kogis, ce qu'ils nous apprennent.
1) Une mémoire collective: Ils se racontent leur histoire et ne l'écrivent pas. Ils discutent longuement et prennent des décisions pour le futur en fonction de leurs expériences passées. Citation Kogis : "Nous devons apprendre à écouter les anciens, à les respecter comme nous respectons nos enfants, nos épouses. Pour cela, il faut être humble, apprendre à aimer. Les Kogis doivent se respecter et s'aimer: comme ils respectent et aiment la nature." M.M Dingula.
2) Une forte convivialité: Les Kogis parlent beaucoup, pour mieux se comprendre, éviter les conflits... Ainsi, leurs relations sociales sont fortes et harmonieuses. Citation : " Nous sommes frères, nous sommes égaux entre frères, les jeunes et les anciens. Lorsque nous mangeons, nous ne mangeons pas chacun dans son coin comme les petits frères, c'est trop triste d'être seul. Quand il n'y a pas beaucoup à manger, on partage ce qu'il y a. Il faut toujours essayer d'aider l'autre, l'accompagner pour qu'il soit bien." Conchacala.
3) Une finalité d'équilibre: Pour les Kogis, l'équilibre est partout : équilibre de soi, de soi avec les autres et de soi avec le monde et la nature. Citation : " Les petis frères ne savent pas ce qui signifie l'idée de justice, d'équilibre. Ils font des trous, ils causent des dégâts partout, ils coupent des arbres, sans savoir, sans comprendre, ils sont aveugles, ils ne voient pas et n'entendent pas, alors les problèmes arrivent." M.M Dingula
4) Un temps cyclique: Pour les Kogis, le temps est cyclique. Chaque année, les étapes fondamentales de la vie sont marquées pas un rituel, une cérémonie. Citation : "Au début, nous sommes petits enfants, peu à peu, nous devenons grands, puis nous finissons par revenir vers là Mère (la Terre) pour mourir..." M.M Dingula
5) L'appartenance à un lieu: Les Kogis, et tous les peuples racines appartiennent à un lieu et portent cet endroit dans leur coeur. Citation : " Pour nous, ce n'est pas simplement un territoire, c'est le coeur du monde, de la vie, c'est comme un corps vivant.." MM.Dingula
6) Des lois fondés sur le vivant: Les Kogis vivent en relation permanente avec la nature et le vivant. Leurs lois sociales et politiques sont basées sur l'observation de la nature. Citation : "Nous devons écouter les voix de la nature. Si on écoute pas, chacun va de son côtés et sans direction, cela ne peut pas aller. Pour nous, la nature est comme vos livres, tout y est écrit. Essayer de comprendre que la mère terre, c'est la justice, l'équilibre." MM.Baro
7) Une association des contraires: Pour les Kogis, il n'y a pas de bien et de mal dans la vie. Mais il y a des principes opposés : le jour et la nuit, le féminin et le masculin, le haut et le bas..
8) Un pouvoir canalisé: Chez les Kogis, il n'y a pas de "chef" ( c'est pareil dans tous les peuples racines ). Les décisions sont prises tous ensemble, après avoir longuement parlé dans la "Nuhé". Citation : "Dans la Nuhé, on peut pas se disputer, on vient pour discuter de choses importantes..." MM.Dingula
9) Une parole partagée en permanence: C'est la première chose qui frappe quand on arrive chez les Kogis : chacun demande qu'on lui répéte notre histoire. La culture orale inspire bien leurs activités quotidiennes que leurs rituels sacrés.
10) Une prédominance de l'invisible: Chez les Kogis, c'est "Aluna", la pensée ou l'énergie qui a crée le "vivant". Certains enfants sont sélectionnés pour être "Mamu"; leur éducation vise à rentrer en relation avec l'esprit de chaque chose. Lorsque leur enseignement prend fin, le Mamu qui a accompagné son élève prononce alors la phrase rituelle :
"Tu as appris à voir à travers les montagnes, à travers le coeur des hommes, tu as appris à regarder au-delà des apparences, maintenant tu es un mamu." MM.Dingula
Que peut-on apprendre des peuples-racines : le cas des indiens Kogis de Colombie ?
En ce mois d’août 2014, France-Info consacre une série d’émissions le samedi à la culture des indiens Kogis avec la parole d’Éric Julien qui leur a consacré sa vie. J’ai participé à un ouvrage sous la direction d’Éric il y a quelques années. La vision du monde de ce peuple traqué par les trafiquants et les milices demeure pour moi une petite lumière dans la grande obscurité de notre monde affairiste. (RB)
Les Kogis apparaissent comme l’une des 6000 sociétés dites « racines » qui représentent des millions de personnes à travers 70 pays. Les « peuples-racines », comme les nomme Eric Julien [1] , peuvent-ils signifier quelque chose , au delà d’une simple curiosité exotique, pour les citadins modernistes que nous sommes devenus ? Avons-nous encore assez d’ouverture pour ne plus penser que, comme le voulait Hegel, nos civilisations occidentales sont l’acmé du développement phénoménologique de l’Esprit à travers l’Histoire, tandis que les civilisations chinoises ou égyptiennes, sans parler des peuples « primitifs », sont à l’arrière-garde du progrès civilisationnel ? En tant que pédagogue, chercheur en sciences de l’éducation, enseignant à l’université, comme je voudrais encore rencontrer un jeune adolescent de 10 ans comme Casimiro, ce jeune Kogi à qui Eric demande « que veut dire ton rêve de devenir Kogi » ? et qui répond simplement « Je veux savoir bien cultiver la terre, construire une maison, connaître les lois de nos ancêtres, celle de la nature pour parler avec elle, pour la protéger. Je voudrais avoir une famille et savoir la protéger » (Jullien, 2004, p.309). La même demande à un jeune adolescent de nos régions du monde se terminerait vraisemblablement par « je veux devenir comme Zidane » ou « un grand avocat, un grand chirurgien », « un grand chanteur de rap » etc, suivant le milieu social de l’interlocuteur… J’ai été stupéfait de constater, lors des dialogues avec mes étudiants chinois de doctorat, que très peu connaissaient le fondement philosophique de leur culture. Ils le découvrent avec mes interpellations et mon ouverture sur le Taoïsme, le Confucianisme et le Bouddhisme Chan. En Chine, je me souviens de cette conversation avec l’étudiant qui m’accompagnait gentiment et qui, me disait-il, entre deux soirées de karaoké, dans un restaurant « branché » de Pékin, apprenait le français pour aller au Canada (Québec) faire des études où il pourrait gagner beaucoup d’argent (parler français lui donnerait quelques points supplémentaires pour être accepté). Malheureusement pour lui, les mêmes études aux Etats-Unis, son rêve, étaient trop chères. J’ai l’habitude d’enseigner que nous devons absolument maintenir une dialogique entre un pôle d’enracinement et un pôle de surgissement dans notre existence individuelle et collective.
Nous sommes des êtres de surgissement, d’imagination, de fantasmes, de désirs, toujours encadrés par l’imaginaire social du moment. Le nôtre est constitué par la mondialisation libérale animée par l’argent-roi et le pouvoir matériel et symbolique qu’il procure. Tout le monde sait, aujourd’hui, que son « développement durable » n’est qu’une illusion reflétant, en la dissimulant, une triste réalité : la destructivité progressive des ressources naturelles de notre terre. Halte à la croissance ! vœu pieux jamais réalisé, même d’une manière minimaliste. Seuls quelques irréductibles, autour de Pierre Rabhi [2] et son projet de décroissance volontaire, tentent encore de présenter, avec les écologistes, une économie politique réellement « durable ». Le surgissement de l’être humain et des sociétés implique qu’un sol ferme a pu être trouvé antérieurement. Le « bond » qui est de l’ordre de l’instant et du spontané, ne serait s’accomplir sans un appui sur une terre solide. En sciences, l’imagination créatrice ne se réalise que dans une « philosophie du non » chère à Gaston Bachelard, mais en venant contredire la science dominante. « L’élan de la tige » dont parle le poète russe Iossip Brodski suppose d’abord la tige enracinée dans un territoire qui la nourrit et avec laquelle elle forme une unité dynamique. La civilisation a détruit les « dodos », ces pigeons géants des iles de l’Océan indien (Ile Maurice) du XVe siècle. On a constaté alors, progressivement, la déforestation de la région, parce que ces dodos ne digéraient pas complètement les graines des arbres et les régurgitaient dans d’autres endroits, permettant la repousse de nouveaux arbustes [3] . Dans le domaine culturel, il y a mille et un territoires d’enracinement des peuples humains et plus largement du vivant, mais un seul les concerne tous : la « Terre-patrie » dont parlent Edgar Morin et Anne-Brigitte Kern [4] , dont les éléments fondamentaux (terre, eau, feu, air, auxquels les Chinois ajouteraient le bois et le métal, en supprimant l’air) sont indispensables à la vie. Le surgissement est le propre de « la puissance d’exister » comme dit Michel Onfray [5] . Il est puissance imaginaire, refus de tous les enfermements, ouverture sur un ailleurs, revendication de l’existant sur l’être. On tant que tel, il oublie tout, il veut tout à l’instant même, il se développe dans l’absolu du désir et de l’énergie, dans une sorte de « dépense », de « part maudite », de gaspillage systématique, que Georges Bataille a bien identifiée [6] . Il conduit à des « défis » indispensables au développement de la vie. Mais, en Occident, devenu tout puissant, tout en étant encerclé par les règles de l’économie de marché, le surgissement s’ouvre, finalement, sur un règne réifié du non-sens, sur la marchandisation des rapports humains. C’est le temps de l’ « individu sans appartenance » (Gérard Mendel) [7] et de « la fatigue d’être soi » (F.Ehrenberg) [8] face à la disparition des grandes figures symboliques balisant notre existence collective (Dieu, la science, le Progrès, L’Histoire etc). Le surgissement appelle l’enracinement pour devenir humain. La transversalité et son « écoute sensible » [9] constitue cette dialogique qui réalise l’équilibre nécessaire, le « juste milieu » des anciens Chinois. Elle emprunte aux cultures des sociétés-racines pour désengluer le surgissement individuel vers l’universel et relativise l’immobilité toujours possible de la tradition des sociétés holistes pour lesquelles le groupe avale l’identité individuelle. La sagesse éducative des Kogis nous importe parce qu’elle met l’accent surl’enracinement et les dangers de son ignorance. Les Kogis savent très bien que notre humanité est en danger parce que notre terre donne des signes de mort. Comment le savent-ils ? Par une éducation qui, pour n’avoir rien de « scolaire » et de « livresque », est d’une rare qualité existentielle et d’une exigence inimaginable. Elle s’appuie sur des « mentors », des chamans appelés « mamus » dont la connaissance est profondément reliée à la nature. L’éducation d’un jeune mamu est rigoureuse. Comme n’importe quel enfant Kogi, elle commence avant la naissance, lors de la fécondation et de la gestation. La mère doit contrôler ses énergies, notamment négatives, prendre conscience de ses émotions pour ne pas perturber l’embryon. Jusqu’à l’âge de quatre ans, l’éducation de l’enfant se réfère à l’exemple des adultes ou des enfants plus âgés. Pendant cette période, l’enfant n’est pas puni car la punition pourrait altérer les bonnes influences sur la mémoire acquise pendant la phase embryonnaire. Mais dès quatre ans, l’enfant devient responsable et s’engage dans la vie communautaire en fonction de son âge et de ses capacités. C’est l’adulte ou l’enfant plus âgé qui est tenu pour responsable des comportements déviants du petit enfant. En effet, la pensée des Kogis affirme que pendant cette période, Aluna (l’âme, l’énergie vitale) de l’enfant n’a pas encore atteint le stade du Seiwa (la conscience), sa façon d’être au monde en relation avec les autres et le monde. Cette conscience va résulter des sollicitations du milieu humain et naturel tout le long de la vie, dans un processus non linéaire mais circulaire (du père vers l’enfant et de l’enfant vers le père par exemple). « Véritables guides spirituels, les mamus représentent les autorités traditionnelles de la communauté kogi. Ils sont à la fois médecins, architectes, agronomes, biologistes, astronomes, philosophes etc. » (E.Julien, 2004, p.254). L’éducation « mamu » se doit d’accompagner l’enfant puis l’adulte sur « le chemin des neuf mondes » pour comprendre les mystères de la vie au contact de la nature [10] . Dès les premières semaines qui suivent la conception, la mère de famille choisie pour donner naissance à un petit mamu respecte un régime alimentaire draconien, sans sel ni viande d’animaux domestiques. Elle consomme des légumes riches en protéines, exclusivement choisis en préparés par des mamus. Elle passe de longues heures en méditation et dans des dialogues avec des mamus. Elle parle de ses émotions, de ses angoisses, des événements de la journée, de ses rêves et cauchemars, que les mamus vont interpréter pour l’aider à modifier ce qui pourrait perturber la mémoire de son enfant, même à l’état embryonnaire. L’accouchement de la mère est accompagné par le mamu qui conservera le cordon ombilical et le placenta pour effectuer des rituels précis. Pendant les premiers mois de l’allaitement l’enfant reste près de sa mère et de son mamu « professeur ». Dès que l’enfant peut manger une nourriture différente du lait maternel, c’est la mamu qui prépare les repas et les sert dans des récipients en terre cuite, composés de viandes d’animaux exclusivement chassés dans la Sierra, d’insectes, d’écrevisses, de plantes naturelles sans sel etc.. Entre un an et demi et trois ans, son éducation est attribuée à son mamu Son existence va être sévère. Il devra rester seul dans une sorte de temple végétal appelée « nuhé » qui deviendra son « université » . Il ne pourra sortir que la nuit pour ses besoins élémentaires. Il demeurera dans la nuit, parfois pendant…dix-huit ans ! Toute son éducation est symbolique et s’effectue en méditation et en pensée sous l’évaluation de son maître spirituel. « Il ne connaîtra pas la mer, mais il connaîtra son esprit…il ne connaîtra pas les arbres, les pierres, les sommets, le soleil et les planètes, mais il en connaîtra les esprits. Il se mettra en relation avec eux pour apprendre de chacun l’interrelation entre tous et toutes choses…C’est quand il aura réussi à connaître tous ces esprits, qu’il aura pu entrer en relation avec eux, qu’il sera autorisé à retrouver la vie matérielle et la lumière. Son enseignement prendra fin lorsque sera prononcée la phrase rituelle : « Tu as appris à voir à travers les montagnes, à travers le cœur des hommes, maintenant tu es un mamu » » (Julien, 2004, pp 255-256). On est frappé par l’analogie entre l’éducation de l’enfant mamu et le petit « tulku » du bouddhisme tibétain. Dans les deux cas, nous pouvons repérer l’insistance sur l’éducation avant la naissance et dès la prime-enfance, le désaissement de la mère et des parents à partir d’un certain âge, l’éducation précise et rigoureuse par un maître spirituel, l’isolement relatif de l’enfant et son passage par des rituels. Mais il me semble que l’éducation de l’enfant mamu est encore plus contraignante que celle de l’enfant tulku au Tibet, même dans son aspect le plus traditionnel (René Barbier) [11] . A remarquer que l’éducation des fillesest particulière et, sans doute, peu acceptable dans nos sociétés modernes, au moins dans sa forme figée traditionnelle. La vision du monde des Kogis distingue bien le pôle féminin et le pôle masculin pour les faire dialoguer ensemble d’une manière complémentaire et opposée. La fille doit apprendre à tisser, notamment les mochilas (sorte de sac à dimension symbolique) et prendre une part active à la vie quotidienne. Elle est enseignée par les anciennes qui lui racontent leurs journées, selon la tradition, en rapport avec la famille et les enfants. Elles lui apprennent surtout à penser les choses de la vie. Le groupe des femmes est souvent un groupe de résonance, d’échoïsation de pensée, pour toute activité importante à réaliser pour le groupe. A l’issue de son éducation le Kogi devenu « mamu » est capable de « pouvoirs » étonnants. Il communique avec la nature, dans sa diversité, aussi bien végétale qu’animale. Il est capable de voir comment construire une maison (une nuhée), à quel endroit, selon quelle circonstance. Il connaît les endroits pour chasser, ou pêcher. Il sait tisser une « carte » en végétal qui indique, non seulement, les lieux précis, mais dessine également tous les endroits rituels, les événements, l’histoire même de la société Kogi. Il sait guérir par des rituels magico-religieux. Il est la référence de ce peuple-racine. Le sens du groupe est essentiel. Le manu en est l’animateur sans en être pour autant le « chef » suivant l’acception moderne. Eric Julien nous décrit la construction collective d’un pont fabriqué avec des éléments naturels (Julien, 2004, page 132 et ss). C’est impressionnant de solidarité, de respect de l’autre et de la nature, de travail de pensée a priori. Il y a une logique interne, dans cette culture, entre Aluna (l’âme), le Seiwa (la conscience), l’intérêt du groupe, l’efficacité de l’action, le respect de la nature, l’équilibre de toute chose, la canalisation de l’énergie par le biais des rituels souvent dansés, dont les éléments sont des plumes, des coquillages, des pierres, des flûtes, des tambours. L’assomption du « pouvoir » chez les Kogis est également d’un intérêt majeur pour notre modernité. Si l’autorité morale d’un mamu est reconnue, comme la valeur des « anciens » d’ailleurs, il n’y a pas de « chefs » au sens où nous l’entendons dans nos sociétés plus ou moins militarisées. C’est la parole qui prime. Une parole collective qui force chacun dans ses retranchements pour aboutir à une action réellement responsable parce que collective. L’acte est toujours précédée de la pensée. La discussion collective dans laquelle chaque mot prononcé exclut tout bavardage insignifiant, est de règle. Autant dire que le silence dégage une valeur d’approfondissement et de gravité impressionnante. Rien d’étonnant, ensuite, de voir que la tâche entreprise est réalisée avec une efficacité remarquable. On pourrait résumer le sens de l’éducation dans la société Kogi comme un processus visant à faire découvrir, par l’expérience intime, et la mimesis, la logique interne suivante, exprimant la vision du monde de ce peuple-racine :
Que m’enseigne ce sens de l’éducation des Kogis ? Sans doute faut-il d’abord commencer par soi-même ? Je suis un parisien de plusieurs générations, un citadin qui aime sa ville, son quartier populaire. L’univers mental et culturel des Kogis me semble très éloigné et, cependant, très proche. Depuis mon enfance, je suis un être mytho-poétique. J’ai toujours eu besoin de nature, de poésie, de chaleur humaine. J’aime la musique et l’art qui prolongent le mystère d’exister. À Paris, je me contente simplement de la verdure des parcs proches de mon domicile et du sens de l’amitié dans les actions pour la vie menées en commun. Les Kogis me rappellent que si nos sociétés modernes deviennent de plus en plus des villes enchevêtrées, nous devons toujours préserver un espace de nature pour survivre. Plus encore, ils sont sur terre pour nous dire de faire attention à sa destruction systématique par nos réalisations vaniteuses et mercantiles car, la destruction de la terre, c’est à la fois leur propre fin et la nôtre également. Plus que jamais, les Kogis me confortent dans la philosophie tragique et ouverte d’un Edgar Morin qui, dans son livre La Terre-patrie nous parle d’une sorte de spiritualité laïque en émergence. Une conscience lucide de faire partie d’un exception cosmique inimaginable – notre Terre, perdue dans l’espace, livrée à notre seule action collective responsable, pour le meilleur et pour le pire. Les Kogis nous prouvent que nous avons besoin de la différence, de l’altérité pour nous comprendre. Ils nous rappellent à l’ordre quand notre sens de l’ordre devient un désordre établi pour l’ensemble du monde. Ils sont le miroir dans lequel notre image prend feu dans le miroitement de son insignifiance. Accepterons-nous de nous voir autrement, parce que nous aurons construit ensemble un autre visage d’être humain, plus solidaire et plus conscient de la nature et des vivants qu’elle a fait naître ?
"L'impression d'être au-dessus de leurs deux corps unifiés, une conscience qui s'observe. Il contemplait la danse de ses bras, les ondulations de son bassin, les arabesques de ses cheveux, il s’émerveillait du balancement hypnotique de ses seins.
Elle était venue le chevaucher, elle avait pris son sexe dressé entre ses mains et elle l'avait guidé entre ses lèvres...Embrasement, flamboyance, des galaxies d'étoiles pétillantes...
…
Il avait déjà connu cet état de conscience modifiée. C'était une nuit sans lune, des étoiles comme des flocons punaisés sur le tissu noir de l'Univers. Il était sorti manger une pomme. Il aimait ce rituel pendant les nuits d’écriture… Comme s’il laissait se reposer ses personnages, comme s’ils devaient élaborer eux-mêmes la suite de l’histoire avant de la lui transmettre.
Un instant suspendu dans le silence de la nuit, l'immobilité du monde.
Il avait croqué une première bouchée, il avait longuement mastiqué, tourné la chair dans sa bouche, il s'était délecté du jus glissant dans sa gorge, il avait fermé les yeux et le noir de l'Univers l'avait envahi...
Deuxième bouchée. Le bruit de la chair déchirée, comme un don de vie, une création emplie d'énergie solaire coulant en lui, venant nourrir la Vie qui ruisselait dans ses fibres...Transfert d'énergie. La Vie se nourrissant elle-même.
Oui, c'était cela.
La pomme n'était pas une pomme. Et il n'était pas lui-même le bénéficiaire.
La matière n'était qu'une apparence mais il y avait autre chose à saisir.
Troisième bouchée...
Tout ce que nous mangeons a été nourri par la Vie et c'est la Vie qui vient nourrir la Vie en nous.
C'est là qu'il a senti qu'il n'était pas en lui. Une observation extérieure. Il avait conscience de manger une pomme mais il avait surtout conscience d'être en état de conscience.
J'ai conscience.
Je suis une conscience.
Les deux tournures n'avaient pas la même portée. Un choc immense.
La première expression maintenait l'individu dans une identification égotique. "J'ai conscience"...Comme on dirait "j'ai réussi", "j'ai de l'argent", "j'ai bien gagné ma vie". Une idée de l'avoir comme un objectif suprême.
La conscience n'était plus dès lors qu'une possession, une excroissance sortie d'un mental dominant, une raison qui s'observe...
Non, ça n'était pas cela, c'était trop insignifiant, trop réducteur, trop humain finalement. Un détournement du Réel pour enjoliver une réalité adorée.
"Regardez-moi, regardez-moi, j'ai conscience d'être moi..."
Dérisoire, d'une immaturité effroyable.
Il n'avait pas conscience de tout cela... Il était la conscience de tout cela.
Et c'est là que tout avait basculé.
Il était la conscience. Et non pas lui-même. Il ne mangeait pas une pomme. Il mangeait la conscience matérialisée de la Vie.
Il avait déjà vécu cet état.
Non, mauvaise tournure.
Il avait déjà été dans cet état.
Non, mauvaise tournure.
Il avait déjà été cet état.
Oui, voilà, c'était cela.
Il était la conscience. Il n'était pas dans un état de conscience. Puisqu'il n'était rien d'autre qu'un support.
Il était en dehors du support. Il était en dehors de la réalité matérielle.
Il était le Réel. Il était la conscience.
Non, mauvaise tournure.
La conscience était en lui... Inversion des appartenances. Rétablir les hiérarchies. Il n'était qu'une expérience, une excroissance, une forme chargée d'explorer la Vie en elle-même.
Nous étions tous des parcelles d'une conscience et l'acte d'aimer plongeait les individus dans la joie sublime de l'Univers qui s'observe.
…
Elle s’était allongée sur lui, les pointes tendues de ses seins contre son torse. Enflammée par le désir.
Il avait plongé en elle comme au coeur d'un soleil. Il avait senti cascader dans ses fibres des particules vivaces, comme des courants électriques.
Il était au-dessus des deux corps unifiés et il voyait l'aura lumineuse enlacer d'une clarté orange les arabesques dansantes de l'amour en eux.
Connexion. Comme deux entités aimantées, imbriquées, emboîtées, fusionnées. Leurs sexes comme le point de rencontre du flux originel, reconstitution de l'Un dans les deux.
Se brancher sur l'énergie et la laisser se diffuser, user du canal corporel pour créer une passerelle.
Il avait plongé dans ses yeux et il avait vu la création se réjouir. Elle n'était pas elle, il n'était pas lui. Ils étaient l'énergie.
Il ne caressait pas simplement le corps de la femme qu'il aimait mais les particules unifiées d'une conscience et cette conscience les observait et jouissait de l'amour qu'elle diffusait en eux.
Du haut des cieux, il vit son corps se tendre et son sexe gonfler, il sentit le corps de sa Déesse s'ouvrir au flux électrique, il sentit le placenta qui les unifiait se charger de crépitements, il vit les étincelles, il suivit dans ses fibres le torrent se répandre, grimper dans sa colonne et jaillir de toutes parts, embraser le haut de son crâne, fondre en lui comme une avalanche de magma.
Et sitôt la marée répandue, son sexe se chargea de nouveau de la même puissance, érigé comme un canal lumineux et il vit l'antre adoré de sa compagne absorber le flux et se répandre en cascades, contracter les tissus, enlacer la verge de toute son ardeur. Comme au franchissement d'un col, il découvrit les horizons affamés de l'utérus, l'impatience de l'espace qui s'étend et réclame d'être comblé. La lumière cristalline se répandait comme une aurore, enflammait les cieux intérieurs, grimpait le long de la colonne, illuminait de frissons colorés chaque centre énergétique...
Il serra dans ses bras le corps électrisé et plongea plus haut encore. Comme si chaque pause se diluait à des altitudes inespérées, comme si les horizons à atteindre se révélaient inexorablement, infiniment...Infiniment...
Elle dansait sur lui, concentrant l’énergie dans son ventre, gémissante, envahie, désirante, elle voyait les parois les plus profondes gorgées de désirs, affolées, ruisselantes, cette idée soudaine qu’elle n’était plus elle, qu’une entité inconnue ouvrait en elle des espaces inconnus, que les explorations à venir contenaient des trésors dont elle ne pouvait avoir conscience, qu’elle devait laisser couler en elle le torrent qui ouvrait les brèches, brisaient les murs anciens, dévoilaient les horizons écarlates de l’Amour fusionnel.
Elle libéra une nouvelle fois l'énergie contenue dans un spasme interminable.
Ils étaient la conscience de l'Univers et l'Univers jouissait en eux.
Je pense que notre exploration de la dimension sexuelle est incomplète.
S’il ne s’agit que d’un plaisir partagé, aussi puissant soit-il, s’il ne s’agit que de la conception d’un enfant, aussi extraordinaire que cela puisse être, il manque une expérience, il manque un maillon de la chaîne pour que la boucle soit fermée et qu’elle s’ouvre dès lors à cette dimension cosmique de l’extase…
C’est la cohésion vibratoire qu’il convient de trouver… Être avec l’Autre au cœur d’un champ énergétique, dans l’effacement de l’individu, dans le saisissement du flux vital en nous et hors de nous…
C’est là que le massage et la méditation deviennent incontournables.
Non pas à un massage comme une source de préliminaires mais un massage qui ouvre le champ des possibles quant à cette cohésion vibratoire…Il s’agit de se relier…
Celui qui donne est concentré sur ce qu’il transmet. Celui qui reçoit est concentré sur ce qui vient en lui. Et cette concentration crée une passerelle, un point de jonction spirituel, émotionnel, sensuel, méditatif…
Il ne s’agit pas simplement de masser un corps mais bien de créer une synergie, comme une bulle, une aura, une fusion de particules, une reconnaissance cellulaire.
Chaque geste, chaque contact, chaque pression, se doit d’être chargé en Amour. Un Amour sans autre intention que cette rencontre vibratoire.
Celui qui reçoit s’attachera uniquement à suivre méticuleusement le parcours des mains sur son corps, à ressentir intégralement le déversement en lui de cette énergie. Les pensées récurrentes sont à proscrire… Il s’agit de les laisser passer comme des grosses mouches cherchant la sortie.
C’est là justement que la pratique de la méditation prend tout son sens. Cette capacité à s’extraire des tourments quotidiens, des pensées parasites, des cheminements mentalisés, c’est à travers la méditation que l’apprentissage se fait.
Le massage, dans une cohésion vibratoire, viendra valider la pratique régulière de la méditation.
La sexualité devient dès lors, non pas seulement une expérience corporelle et émotionnelle, mais une exploration considérablement vaste de tout ce que chacun porte en lui. Comme un aboutissement, le calice divin dans lequel ruissellent tous les éléments de l’Amour.
Corps à corps, cœur à cœur, les âmes enlacées, ils connaissaient parfaitement le protocole, des mois de pratique, des heures à en parler.
Nus, sous les draps, les mains posées sur les peaux huilées, la douceur du patchouli embaumait le cocon de leurs corps imbriqués
Il aimait poser une main sur le creux de sa colonne, juste à l’orée des collines, il y devinait un bassin aux eaux claires, un petit lac de montagne nourri par des ruissellements de neige… Il sentait vibrer dans cette cavité des énergies cristallines. Parfois, le flux libéré cascadait entre les deux versants, dans l’ombre d’une faille… Aimanté par la Source intérieure…
L’autre main naviguait doucement sur les reliefs. Des effleurements délicats mêlés de pressions ou de rotations, dans cette dimension du don, cette réjouissance infinie du bonheur partagé.
Elle aimait poser sa tête sur sa poitrine, sentir la douceur de sa peau, le moelleux de sa musculature, rien de trop dur, rien de trop mou, un coussinet qui l’apaisait et l’invitait aux pensées suspendues.
Les mains se laissaient entraîner par l'Amour infini pour cette Présence sacrée.
Les lèvres qui se touchent, les souffles qui se mélangent, effleurements délicats, une reconnaissance cellulaire.
Accolés, corps à corps, cœur à cœur, nus, les âmes enlacées.
Respiration abdominale synchronisée.
Elle inspirait profondément et gonflait son ventre. Il expirait profondément et vidait le sien. Un mouvement parfaitement orchestré.
Ventre plein, ventre vide, ventre plein, ventre vide, l’un poussant l’autre, peau contre peau, l’autre repoussant l’un, dans une symbiose attentive, un accompagnement bienveillant, un regard tourné vers l’intérieur et l’intérieur tourné vers l’autre, une alternance hypnotique, une contemplation bienheureuse, juste cet émerveillement envers la vie qui coulait en eux dans la danse du souffle…
Longue expiration et la sensation profonde du ventre aimé qui entre en soi, une union par le souffle, par le silence, par la tendresse.
Ils sentaient battre les cœurs dans un tempo unifié et le rythme apaisé effaçait en eux toutes les pensées intrusives. Comme une bulle translucide qui les enveloppait. Deux chrysalides reliées par des étincelles vivaces, un placenta englobant leurs entités fusionnées.
Ils devinaient au bout de leurs doigts des particules agitées, comme des flux euphoriques, les parades amoureuses de leurs âmes dévoilées, sans identité, sans intention inavouée, juste cette plongée dans la Source de vie.
Longue descente intérieure…
Il sentit dans la profondeur de la respiration de sa compagne l’orée d’un sommeil qui s’installe, comme l’ombre des montagnes qui avancent sur la Terre, un drap de soie qui se pose sur les reliefs et l’agitation de la vie qui se calme, un abandon délicieux et confiant, le sourire intérieur du bébé contre les seins de sa mère, le bien-être et la pesanteur du corps qui se délie, s’ouvre au sommeil et à la paix, une citadelle métamorphosée, une terre d’accueil.
Les cœurs nus de leur corps enlacés, les âmes aimantées.
Trois heures du matin. Je me réveille et j'ai immédiatement à l'esprit cette interrogation : Est-ce qu'il y a une Intelligence qui gère tout ça ? Et s'il y a une Intelligence, a-t-elle une Intention ? Trois heures du matin, je lis, j'écris, je pense, je m'interroge...Même pas la peine que j'envisage de dormir...La machine à décortiquer est en marche...
Erwin Laszlo propose une nouvelle vision intégrative : le Champ Akashique
Dans son dernier livre "Science et Champ Akashique", Erwin Laszlo propose une nouvelle vision intégrative grâce aux derniers développements de la science : le Champ Akashique, concept emprunté à la tradition spirituelle d'origine hindoue et revisité avec l'esprit intégratif de notre époque. Ce texte est extrait d'un article écrit pour le journal "Spasmagazine" (n° 15).
Erwin Laszlo est philosophe et scientifique de haut niveau. Il est fondateur et président du Club de Budapest, réunissant un groupe d'experts internationaux, oscultant l'état inquiétant du monde actuel et proposant des alternatives, comme cette récente déclaration de l'Etat d'Urgence Mondial (janvier 2009).
Il y a eu dans les années 70 « Le Tao de la physique » de Fritjof Capra, un livre qui eut beaucoup de retentissement, car il montrait comment les découvertes de la physique quantique rejoignaient les grandes intuitions des spiritualités orientales au sujet de l'existence d'un vide originel faisant le lien et l'unité entre toutes les manifestations de la vie et de la matière. Il y a maintenant la parution de ce livre : « Science et champ akashique », qui continue la prospection dans la même direction, en s'appuyant sur les derniers développements de la recherche scientifique en cosmologie, en physique quantique, en biologie et dans les sciences de l'esprit . Toutes les recherches d'avant-gardes concordent devant la complexité toujours plus grande des phénomènes étudiés, pour faire l'hypothèse explicative d'un champ unifié sous-tendant toute manifestation de la vie, champ qui ressemblerait à un vide très dense, plein d'énergie et riche surtout d'informations assurant la cohérence et l'interconnexion entre tous les éléments. L'auteur appelle ce champ, "le champ akashique" du sanscrit "akasha" qui désignait l'éther, ce médium, plus subtil que l'espace-temps, à la source de toute création.
Dans le domaine de la santé qui nous intéresse, ce livre insiste sur les conséquences des derniers développements de la recherche scientifique sur l'esprit et la conscience humaine. Après l'ère I de la médecine biochimique, puis l'ère II de la médecine psychosomatique (nous sommes dedans avec ce journal et la médecine intégrative), voici venir l'ère III, l'ère de la médecine non-localisée, c'est à dire l'ère où l'aspect spirituel de la guérison sera intégrée de manière scientifique à la médecine, en utilisant la puissance du champ akashique...
La force de ce livre, c'est qu'il n'est pas écrit par un quelconque journaliste cherchant l'effet de mode avec un zeste de croyances "new-age" et des compilations pseudo-scientifiques, mais par un grand penseur de notre époque, Erwin Laszlo, détenteur d'un doctorat d'Etat à la Sorbonne, ex-professeur de philosophie dans de prestigieuses universités, responsable d'études sur le futur aux Etats-Unis et en Europe, dont la candidature a été proposée en 2004 pour le prix Nobel de la paix et fondateur du Club de Budapest en 1993, club qui regroupe une pléiade d'experts et de savants du monde entier pour définir une nouvelle culture, un nouveau paradigme, capable de rendre ce monde plus compréhensible et plus vivable.
C'est un livre pour faire rêver tous ceux qui aiment la prospective, tous ceux qui veulent élargir leur champ de conscience en s'appuyant sur les sciences d'avant-garde, tous ceux qui, comme beaucoup d'hypersensibles, aiment s'aventurer dans ces champs de la conscience au delà du monde sensible ordinaire.
Article paru dans le journal "Spasmagazine" n° 15
Erwin Laszlo "réenfonce le clou" de cette vision intégrative ou intégrale du champ akashique, dans un 2e tome de son livre "Science et champ akashique" paru en avril 2008 aux éditions Ariane
"Dans ce livre, je traite des origines et des éléments essentiels de la vision du monde émergeant présentement à la fine pointe des sciences nouvelles. J'examine pourquoi et comment cette vision apparait maintenant en physique et en cosmologie, en sciences biologiques et dans le nouveau champ de la recherche sur la conscience. Je mets ensuite en lumière la caractéristique fondamentale de cette vision émergente : la découverte révolutionnaire qu'aux racines de la réalité ne se trouve pas uniquement la matière et l'énergie, mais aussi un facteur plus subtil et tout aussi fondamental, que l'on pourrait décrire comme une information active et puissante, soit l'in-formation. L'information relie tout ce qui existe dans l'univers, des atomes aux galaxies, des organismes aux esprits. Cette découverte transforme l'idée d'un monde fragmenté, qui est celle que présente la science dominante, en une vision du monde intégrale, holistique. Elle nous fournit une vision plus complète de nous-même et du monde, une vision dont nous avons grandement besoin en cette époque de changement accéléré et de désorientation croissante."
La noosphère de Pierre Teilhard de Chardin ou le cerveau collectif
Je comprends mieux pourquoi Teilhard de Chardin a été censuré par ces pairs. Il a tout simplement manqué de discrétion selon le principe que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Il a levé un peu le rideau sur les coulisses. Il est remarquable dans le sens où il a été le premier catholique à faire le lien entre la foi, le christianisme et la science. Tout du moins a-t-il cherché à le faire. Il a cherché à faire le lien de toutes les composantes du phénomène humain qu'il conçoit originellement comme une étape de l'évolution planétaire, menant à une convergence qu'il baptise la noosphère. Voici ce que je considère comme l'apport le plus important à notre époque de Teilhard de Chardin et ce en quoi son oeuvre m'a aidé à continuer mes recherches quand je suis monté à Paris. Depuis l'Antiquité, en passant par le Moyen Age époque où la rotondité de la terre a été acceptée, le concept de conscience collective globale était reconnu. Les peuples ont toujours eu ainsi conscience d'appartenir à un groupe. Le concept de conscience planétaire et cosmique est plus difficile : il ne s'agit plus d'un groupe tribal, mais d'un groupe appartenant à une planète. C'est ce que Teilhard a nommé noosphère pour l'époque contemporaine : elle serait le lieu de l'agrégation de l'ensemble des pensées, des consciences et des idées produites par les cerveaux des hommes constituant l'humanité et ce à chaque instant. Cette notion qui repose généralement sur des conceptions plus philosophiques que scientifiques, fut l'objet de débats très vifs.
Elle est à rapprocher de l'inconscient collectif freudien ou jungien qui inconscient le serait de moins en moins avec l'évolution des connaissances et aussi de la force de l'archétype qui, selon Jung, aurait une action sur les individus et sur le groupe, par la seule force du symbole imaginaire. Cette notion des relations entre le groupe et les individus le constituant a été reprise par les psychologues allemands dans le concept de la Gestalt ou psychologie de la forme. L'une des lois les plus connues de la Gestalt est que la somme des éléments d'un toutconstitue un ensemble indépendant de ces éléments. Il présente à lui tout seul des caractéristiques nouvelles. Autrement dit les lois d'un groupe sont indépendantes de celles des individus qui le composent. Cet ensemble composé des énergies émises par les cellules vivantes rappelle un autre concept important, les champs morphiques ou morphogénétiques, (Sheldrake) ainsi que le difficile concept des archives akashiques.
Citons Teilhard de Chardin :"l'avènement de l'homme marque un palier entièrement original d'une importance égale à ce que fut l'apparition de la vie : on peut le définir comme l'établissement sur la planète d'une sphère pensante nouvelle, la noosphère. En elle, l'immense effort de cérébralisation qui commença sur la terre juvénile va s'achever par une symbiose consciente et convergente au profit de l'organisation collective".
C'est à ce niveau que Teilhard situe l'intellectualité et l'esprit. Selon lui, l'impression d'être un individu unique provient du fait que les différentes parties du cerveau communiquent souvent, rapidement et avec un fort débit d'informations entre elles. Doit-on s'attendre à un changement qualitatif similaire à un changement de phase constatée par les physiciens en laboratoire quand, par exemple, une différence minime de température fait passer l'eau de l'état liquide à l'état de vapeur ? Teilhard pense que oui et que les frontières du Moi cessent à partir d'un certain débit d'échange. Le Jésuite va même jusqu'à supposer que cette augmentation technique du couplage fusionnel entre les individus s'accompagnent d'une solidarité croissante de fait et que celle-ci possède des caractéristiques qui sont exactement celles de l'amour qui anime tout groupe naturel s'il n'est pas manipulé par la peur. La noosphère prépare, selon lui, l'avènement du Christ cosmique qui n'est que la reproduction d'une réalité bien plus ancienne et qui est innée à la nature humaine.
Déjà au début du 20e siècle Teilhard se faisait remarquer en annonçant la globalisation que nous connaissons aujourd'hui. Il a conceptualisé sa noosphère comme un ensemble d'énergies constituant une pellicule de pensées enveloppant la terre et composée de l'ensemble des communications humaines. Selon lui, après une longe période d'hominisation faisant suite aux différentes créations de l'Adam vient une période plus courte mais très puissante de l'humanisation. Les interconnexions amplifiées et en développement exponentiel des communications humaines constituent une sorte de supra-humain dans une sorte de cerveau collectif, cerveau qui participe à la création d'une supra-conscience dans laquelle l'ensemble des petits cerveaux des individus peuvent puiser une connaissance essentielle. Il associe ce développement ultra-rapide des siècles que nous traversons en disant que les consciences individuelles vont faire le même saut quantique que les molécules du physique qui en s'assemblant sont passées brutalement de l'inerte au vivant.
‘‘ Pour la science quantique, l’univers est un potentiel infini qui baigne dans un champ d’énergie cosmique ’’
Les mystiques et les sages savent depuis longtemps qu’il existe un champ cosmique reliant tout à tout au plus profond de la réalité, un champ qui conserve et transmet l’information.
Ce champ est connu sous le nom de « champ akashique », concept emprunté à la tradition spirituelle d'origine hindoue ( akasha" en sanscrit désignant l'éther, cette Essence, plus subtile que l'espace-temps, à la source de toute création).
Ce champ du point zéro est la mémoire constante et éternelle de l’univers. Il détient les données de tout ce qui s’est jamais produit sur la Terre et dans le cosmos, et met celles-ci en corrélation avec tout ce qui doit arriver.
Ce champ consiste en une mer subtile d’énergies fluctuantes à partir desquelles tout émerge : atomes, galaxies, étoiles, planètes, êtres vivants, et même la conscience.
Scientifique international et philosophe, Erwin Laszlo est le plus grand spécialiste mondial des champs akashiques. Véritable pont entre la sagesse ancienne et la science du futur, s'appuyant sur les derniers développements de la recherche scientifique en cosmologie, en physique quantique, en biologie et dans les sciences de l’esprit, il milite à présent pour l’émergence d’une conscience globale et vient confirmer avec son dernier livre « Science et Champ Akashique » nos plus profondes intuitions en ce qui a trait à la grande harmonie de l’univers.
Les découvertes de la physique quantique rejoignent les grandes intuitions des spiritualités orientales au sujet de l'existence d'un vide originel faisant le lien et l'unité entre toutes les manifestations de la vie et de la matière. Toutes les recherches d'avant-gardes concordent devant la complexité toujours plus grande des phénomènes étudiés, pour faire l'hypothèse explicative d'un champ unifié sous-tendant toute manifestation de la vie, champ qui ressemblerait à un vide très dense, plein d'énergie et riche surtout d'informations assurant la cohérence et l'interconnexion entre tous les éléments.
Le vide quantique apparaît comme un plein cosmique physiquement réel
« On a par exemple remarqué que lorsque deux particules ont été unies, elles demeurent liées quelle que soit la distance qui les sépare : tout ce qui agit sur l’une est ressenti par l’autre, et ce, sans limite dans le temps et dans l’espace ! On peut donc dire que tout ce qui a été uni reste uni, et donc, que l’ensemble de l’univers physique forme un immense réseau dans lequel tout est relié. Cette découverte a des conséquences très importantes sur la manière dont la science perçoit notre monde. La première conséquence est que la matière n’est plus considérée comme la base de notre monde physique, et l’espace et le temps ne sont plus considérés comme séparés. La matière n’existe plus en tant que telle, elle est constituée de champs d’énergie. Deuxièmement, l’univers n’est pas vide et passif, mais plein et actif. Mais l’une des découvertes les plus importantes de ces dernières années est que l’univers n’est pas seulement constitué de champs d’énergies, mais aussi d’in-formations » (éléments d’interaction qui donnent forme à l’énergie et qui permettent cette corrélation instantanée entre tous les quanta).
« Certains scientifiques disent même que l’information est plus importante que l’énergie.
La réalité c’est que l’on peut désormais parler d’un champ énergétique informationnel ou champ d’énergie virtuel duquel surgissent toutes choses. »
« Bon nombre d’informations présentes dans ce champ d’énergie ne sont pas encore réalisées. Ainsi, l’univers apparaît comme un potentiel infini baignant dans ce champ d’énergie cosmique où tout est possible.
Cependant, ce phénomène de liaison n’est pas limité au monde quantique. On pense depuis une dizaine d’années que ce phénomène est aussi valable pour les règnes minéraux, végétaux et animaux ainsi que pour tous les systèmes solaires.
On peut dire que notre corps est un système quantique macroscopique (toutes nos cellules sont cohérentes les unes avec les autres), c’est pour ça que notre cerveau peut travailler comme un véritable ordinateur, capable de relier très rapidement toutes les informations venant du corps. Notre cerveau travaille selon notre état de conscience ; cela signifie que suivant la nature de notre activité nous actionnons l’hémisphère droit ou gauche ».
Des expériences ont prouvé qu’un état méditatif ou altéré de conscience permettait une corrélation entre nos deux hémisphères et aussi que le cerveau de quelqu’un pouvait influer sur le cerveau ou le corps de quelqu’un d’autre. Donc, notre cerveau est capable de travailler de manière à capter l’information de ce mystérieux champ d’énergie car il est en corrélation avec l’environnement. Nous pouvons donc être reliés à l’Akasha Chronica, la mémoire de l’univers, qui a la capacité mystérieuse de conserver une trace de toutes les choses passées.
« Tout le monde a la capacité de se relier à ce champ mais nous la perdons à cause de notre éducation matérialiste et scientifique (basée sur les calculs, les expériences et tout ce qui est quantitatif) qui ne tient absolument pas compte de l’existence de tout ce qui se cache dans le monde invisible… Toute information peut traverser la distance et le temps en quelques instants, il suffit de s’ouvrir et de laisser l’information entrer. Mais pour cela, un certain état de conscience est nécessaire. Il y a différentes techniques : la méditation en est une ».
Pour E.Laszlo, la science doit devenir un système de connaissance ouvert, prêt à être confronté à d’autres voies, comme la spiritualité. Il est temps de quitter notre conscience moderne, occidentale et de trouver un autre chemin qui soit en harmonie avec la sagesse omniprésente dans la nature et qui nous permette de développer (ou plutôt de retrouver) notre intuition pour capter cette in-formation contenue dans le vide cosmique.
Et les grands moments d’intuition viennent justement quand nos deux hémisphères du cerveau fonctionnent ensemble de façon harmonique, comme dans la méditation, ce qui explique pourquoi les sages, les mystiques, les chamans savent depuis la nuit des temps que tout est relié dans l’univers (de la pierre aux étoiles) et qu’il existe une conscience cosmique (que certains appellent conscience de Dieu ou Esprit divin).
« Nous sommes telles des îles dans la mer dissociées à la surface, mais reliées par le fond. »
William James
Article rédigé d'après un interview d'Erwin Laszlo et sur base de notes prises lors de sa conférence à Bruxelles, le 28 novembre 2007.
" Nous sommes faits d'énergie et l'énergie ne meurt pas. Elle prend d'autres formes, comme les glaçons qui se transforment en se réchauffant: ils se changent en eau.
Les organismes font de même. Notre corps physique vibre à une certaine fréquence. L'âme a une fréquence de vibration plus élevée et le temps s'y écoule de façon différente.
Nous pouvons comparer l'organisme à un glaçon, l'âme à l'eau et l'esprit à la vapeur d'eau: faits de la même matière, ils ont une fréquence vibratoire de molécules qui varie ».
Ça fait bien longtemps que je suis persuadé, intuitivement, de cette complexité vibratoire...
Un iceberg fondu n’a pas disparu. Il a juste réintégré l’Océan. La forme éphémère qu'il a connue n'est pas une séparation mais juste une opportunité offerte de saisir la Vie d'une façon différente.
Le pire gâchis qui soit dans la vie d'un être humain serait de ne pas explorer le champ des possibles...De rester figé dans un état d'ignorance, comme un iceberg dérivant dans des courants océaniques et qui n'aurait conscience de rien...Absolument rien. Qui se contenterait même, avec délectation, de se réjouir et de se gausser de son apparat, de son gigantisme, de sa matière... Que le plus gros des icebergs élève sa conscience au-dessus de l'immensité océanique et il verra son insignifiance...
Nous sommes insignifiants. Au moins, ça, j'en ai conscience...
"La suite de "hasards" nécessaires à l'apparition de l'Homo Sapiens sur Terre est tout simplement prodigieuse.
Tout d'abord, il a fallu que dans cet univers là (Cf. les explications de Léonard Susskind dans "le paysage cosmique") les 4 forces physiques fondamentales (gravité, électromagnétisme, interaction forte, interaction faible) possèdent des valeurs tout à fait particulières afin que la matière telle que nous la connaissons existe. Puis il a fallu que la constante cosmologique soit dosée avec une précision extrêmement fine pour que les systèmes galactiques et planétaires constituent des ensembles cohérents et suffisamment durables pour qu'un processus d'apparition de la vie se fasse jour. Et pourtant, le même Susskind n'est pas un prosélyte de l'Intelligent Design, bien au contraire il met ses lecteurs en garde contre toute interprétation anthropique de ses propos.
Ensuite, il a fallu que la Terre soit à une distance idoine de son étoile (à contrario de Vénus la fournaise) et possède une masse suffisante pour retenir son eau (à contrario de Mars la glacière stérile). La collision de la Terre au début de son existence avec une méga météorite, qui a donné naissance à la Lune, a également grandement facilité les choses (effets de marée, axe de rotation permettant l'existence des saisons). Il a enfin fallu, il y a 65 millions d'année, la venue d'une autre météorite qui a provoqué l'extinction des dinosaures, et l'essor des mammifères dont l'ancêtre commun était resté durant les 100 millions d'année de règne des sauriens à l'état d'un petit rongeur d'une dizaine de centimètres vivant terré dans les anfractuosités.
Bref, il a fallu une suite extraordinaire d’événements pour permettre l'apparition de notre espèce. Par la suite : pourquoi, parmi les primates, une fusion de la paire 2 s'est elle produite à un moment donné chez certains spécimen, pour conduire aux 23 paires présentes chez les hominidés (24 paires pour les singes) ?.
Enfin, qu'est ce qui a bien pu pousser cette espèce à adopter un comportement évolutif, de la marche debout à l'apparition du langage, à l'apparition d'une conscience abstractive et conceptuelle (rites funéraires, arts figuratifs) en passant par la sédentarisation ?
J'ai tout de même du mal à assimiler cette suite d’événements incroyablement favorables à un pur hasard."
"Kodiak" : Sur le forum de ZEBRA CROSSING.
Je me suis dit parfois que la Nature avait besoin de l'Homme pour affiner sa Conscience d'elle-même.
La fourmi, si on lui attribue une conscience (la nôtre n'est peut-être pas la seule "conscience" possible), a une conscience d'elle-même au regard de l'environnement limité de son existence. La baleine aura conscience d'elle-même dans un environnement océanique. L'aigle aura conscience de lui-même dans un espace aérien.
Seul l'Homme a su expérimenter la conscience de lui-même au coeur de tous les environnements possibles. Jusque dans l'Espace. Je pensais donc que la Nature avait utilisé l'Homme pour parvenir à cette Conscience entière de sa Création.
Mais en fait, c'est une hypothèse très prétentieuse.
Comment, concevoir en effet l'idée qu'une Intelligence Créatrice aussi performante serait soumise à l'évolution d'une des espèces qu'elle a créées pour conscientiser sa propre existence ? C'est totalement absurde. C'est comme si j'attendais des écrits que je crée qu'ils révèlent ma propre Conscience...
Si j'ai su les écrire, c'est que j'avais déjà accès à un état nécessaire de réflexion au regard de ce qui est en moi et par conséquent, je disposais déjà de la capacité à me dissocier. Je ne suis pas depuis que j'écris. Le "Je suis" existe depuis l'instant de ma conception (et peut-être même avant, mais je n'en ai pas conscience...)
La Nature ne peut pas avoir eu à attendre l'apparition de l'Homme pour commencer à prendre conscience d'elle-même. On pourrait même penser sinon, que toute cette Création ne serait qu'un vaste chaos hasardeux généré par une entité n'ayant aucune conscience de ses actes, n'ayant pas conscience d'elle-même...
Je n'ose approfondir cette hypothèse...Mais, elle me hante...
La Nature serait un réservoir illimité de créations dont elle n'aurait pas conscience et dont elle ignorerait totalement les évolutions possibles...
Un cauchemar...
On ne sait pas où on va...On ne sait pas à quoi on sert...
Personnellement, ça ne me pose pas de problème personnel. C'est au regard de la Vie sur la Terre que ça me travaille...
C’est le physiologiste et biologiste français René Quinton (1867-1925) qui le premier a avancé, le concept que l’eau de mer était en fait un milieu organique. Par la suite, il démontra les nombreuses analogies qui existaient entre le plasma sanguin des êtres humains et l’eau de mer. Sur ces constatations, il réalisa à partir de l’eau de mer, un « plasma » qui porte son nom et qui a servi à soigner de nombreux enfants malades en France et en Egypte au début du 20esiècle.
Pour René Quinton, la vie est née du milieu marin. Et depuis, la mer est toujours restéeun milieu de développement privilégié pour les cellules des êtres humains. Il constata rapidement les ressemblances existantes entre l’eau de mer et le plasma sanguin (qui est salé), mais aussi avec les sécrétions humaines. Notre corps serait donc une sorte d’aquarium avec sa propre eau de mer intérieure dans laquelle nos cellules vivent et se développent. Il eut alors l’intuition que l’eau de mer une fois diluée et filtrée à froid, pouvait avoir des effets bénéfiques pour les êtres humains et notamment elle pouvait venir suppléer aux organismes défaillants.
Il expérimenta la première fois, son « plasma », sur un chien saigné à blanc à qui il injecta ensuite une solution d’eau de mer en remplacement de son sang. Le chien se remit à trotter dès le lendemain dans le laboratoire… Il démontra ainsi que la transfusion d’eau de mer pouvait suppléer à la transfusion sanguine…
Après des années de recherche, Quinton démontra que l’eau de mer ne pouvait pas être prélevée n’importe où, car sa composition changeait selon la distance de la côte et la profondeur. Elle est maintenant puisée à une profondeur de 10 à 30 mètres au large des côtes bretonnes en des lieux et des moments précis où la pureté de l’eau est parfaite.
Car les vertus de l’eau de mer ne se retrouve pas dans n’importe quelle eau salée. Il s’agit d’une solution colloïdale totalement différente d’une solution artificielleconstituée d’eau à laquelle serait ajouté du sel. De plus, Quinton s’aperçut qu’en asséchant l’eau de mer, l’effet bénéfique était irrémédiablement détruit. Il faut donc conserver cette eau de manière très précise, pour conserver son pouvoir régénérateur sur les organismes.
Au fil des années, se créèrent en France des « dispensaires marins » qui grâce aux injections de « plasma de Quinton » sauvèrent des milliers d’enfants atteints de choléra, gastro-entérites, déshydratation, dénutrition, retard de croissance, etc.
Plus tard, le Dr Jacques Donner démontra que des injections de « Quinton » chez les femmes enceintes faisaient disparaître leur fatigue et les vomissements dus à la grossesse. Il démontra également les vertus du Quinton sur les psoriasis et les eczémas (surtout secs). Il décrira de nombreux cas où les lésions cutanées ont disparu sans laisser la moindre trace.
Certains dentistes font état des actions du Quinton sur les parties osseuses détruites ou dégradées des mâchoires. Enfin, des médecins ont établi des protocoles pour soigner les hernies discales grâce à des injections de Quinton.
Ce remède est utilisé dans le cadre des hydrothérapies, car il est facilement assimilable par l’intestin. Il lutterait également contre les excès d’acidité (l’acidose) de l’organisme si fréquente dans notre société, en rééquilibrant notamment la charge électrique des cellules.
Une des explications des résultats du Quinton est qu’il contient 92 élémentsnotamment tous les minéraux : sodium, magnésium, potassium, calcium, fer, zinc, cuuivre, manganèse, silicium, chrome, cobalt, molybdène vanadium, etc… qui ont de plus, une excellent synergie entre eux et sont parfaitement assimilables par l’organisme.
Malgré ses résultats prodigieux, le « Quinton » tomba dans l’oubli… Il fut repris dans les années 80-90. Il existe aujourd’hui sous trois formes :
l’hypertonique constitué d’eau de mer naturelle et filtrée à froid à 0,22 micron. Elle est très riche en minéraux et en oligoéléments. Elle permet de relancer les organismes très rapidement. C’est pourquoi, elle est recommandée en cas de fatigue physique ou psychique, de surmenage, de convalescence, de déminéralisation et chez les sportifs.
L’isotonique correspond à l’ancien plasma de Quinton qu’il utilisait en injectable. Il est constitué d’eau de mer et d’eau de source pour être isotonique. Il sera indiqué davantage dans les déshydratations, les carences et les maladies chroniques ou persistantes. Il va agir en profondeur sur les cellules afin de leur apporter les nutriments nécessaires à leur équilibre. A cause d’une nouvelle législation, il a perdu son AMM (autorisation de mise sur le marché) pour être utilisé en injectable (notamment en mésothérapie), ce qui est fort dommage parce qu’il donnait d’excellents résultats. Pour la récupérer, il serait nécessaire d’effectuer de nombreuses études et expérimentations fort coûteuses, comme s’il s’agissait d’un nouveau médicament… Quoiqu’il en soit la forme isotonique buvable donne déjà de très bon résultats.
Le duplase utilisé notamment pour les soins du nez.
Aujourd’hui toute une gamme de produit est à notre disposition :
Quinton hypertonique buvable : 2 à 4 ampoules par jour, loin des repas, contre-indiqué en cas de régime sans sel.
Quinton isotonique buvable : 2 à 6 ampoules par jour, loin des repas.
Quinton spray nasal pour effectuer des lavages de nez notamment chez les enfants et les nourrissons.
Quinton spray dermo hypertonique pour les soins cutanés.