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Forum des Jeunes écrivains.
- Par Thierry LEDRU
- Le 20/05/2014
J'ai passé pas mal de temps sur ce forum et j'en garde de beaux souvenirs. En allant fouiller dans les archives, je suis tombé sur cet article.
Intéressant avec le recul...
L'expérience "Laura mare éditions"... Sacrée baffe...Quand on pense que tout est lancé et que tout s'écroule...
Mais ça m'aura amené à reprendre tous mes romans et à les retravailler, encore et encore...
Des titres ont changé parce que le contenu n'était plus le même...
Je suis retombé aussi en rangeant des placards sur un ancien manuscrit de "Jusqu'au bout", qui s'appelait alors "Une étrange lumière". Je l'ai relu en diagonale et j'étais effaré par les tournures boiteuses ou les descriptions incomplètes ou beaucoup trop longues. Ce travail qui consiste à vivre chaque scène pour la voir et la ressentir et par conséquent la transcrire...
Je sais que j'ai progressé dans ce domaine et je me dis que dans dix ans, je trouverai peut-être mes textes actuels très insatisfaisants...
http://jeunesecrivains.superforum.fr/t21468-interview-thierry-auteur-de-jarwal-le-lutinJe vous propose cette interview de Thierry en l'honneur de son projet édité:JARWAL LE LUTIN.
1) Le projet : Jarwal, le lutin.
Parle-nous de la genèse de ce projet. Comment t’es venu l’idée ? le titre ?
L’état actuel du projet : Editeur ? Date de sortie ? Prix ? et les divers liens important.
Parle nous de tes initiatives (ou/et celle de ton éditeur) afin d’assuré ta promotion.
Estimes-tu que nous (membre du forum JE) puissions t’aider d’une quelconque manière ?
La genèse : Nous avons trois enfants, ados aujourd'hui. Marine, Rémi et Léo dans l'ordre de leur âge. Quand ils étaient petits, nous allions en montagne quasiment tous les week end. Pour accompagner chaque sortie, j'ai inventé ce personnage de lutin. Je disais à mes enfants que Jarwal ne pouvait me raconter sa longue vie qu'une fois en montagne. Chaque départ était donc pour eux l'opportunité d'une nouvelle histoire. Ils étaient toujours enthousiastes et attendaient le we. Dès que nous étions sous les arbres, Jarwal "apparaissait" et me racontait une aventure. Ca pouvait durer quatre, cinq heures... Le nom de Jarwal m'est venu sans que je sache d'où...Tout comme les noms des autres personnages. Jackmor était la matérialisation du Mal issu de l'esprit des hommes, une entité spirituelle qui se sert de la noirceur des hommes pour prendre forme.
L'idée était bien entendu pour moi d'aborder des notions "philosophiques" qui m'importent et que nous avons toujours cherché à transmettre à nos enfants. Jarwal était pour moi la possibilité de faciliter cette avancée dans des réflexions approfondies : la Nature, la Vie, l'amour, le respect, l'espoir, les émotions, les pensées, l'ego, l'esprit, l'âme, le pouvoir, l'ambition, la solidarité, la conscience, la mémoire, le temps etc...
Devant le "succès" des premières histoires, je me suis pris au jeu et ces histoires ont duré six ans. Un jour, j'ai dit à mes enfants que Jarwal était parti. il devait aller raconter sa vie à d'autres enfants, il savait que nos trois enfants n'oublieraient rien...
Léo, le plus jeune, nous a raconté plusieurs années plus tard qu'il en avait pleuré la nuit, sans jamais nous le dire, comme quelqu'un qu'il avait perdu. Les trois enfants disaient qu'ils en avaient rêvé bien des fois. Qu'ils lui parlaient intérieurement.
Je leur ai promis qu'un jour j'écrirais ces histoires. Que Jarwal serait toujours parmi nous.
J'ai tenu ma promesse. Je le fais d'abord pour mes enfants, même si aujourd'hui, ils sont grands. C'est une part de leur vie. Certains sommets sont inscrits en eux, non pas pour la montagne de ce jour-là mais pour l'histoire qui s'y est déroulée.
Lorsque j'ai envoyé le tome 1 à Laura Mare, elle m'avait déjà pris trois autres romans : "Une étrange lumière", "Plénitude de l'unité" et "les Eveillés".
Elle voulait démarrer une catégorie "jeunesse" et Jarwal était pour elle un très bon support. J'ai découvert la maison de Laura sur Internet, complètement par hasard. Je n'ai même jamais rencontré Laura. Tout s'est fait par courrier et par téléphone. J'avais envoyé "Une étrange lumière" à Laura. J'ai attendu un an avant d'avoir une réponse. C'était positif. Les deux autres romans ont reçu le même accueil enthousiaste. Contrat d'éditeur.
Pour Jarwal, je n'ai attendu qu'un mois. Laura l'avait fait passer en priorité au comité de lecture.
Le tome 1 est sorti en mai de cette année, vendu 12 euros, distribué dans toutes les librairies référencées chez Daudin distribution et vendu sur le net (amazon et Fnac).
C'est le fils d'une amie qui a fait la couverture.
2) L’écriture :
Parle-nous de ton organisation d’auteur. Quelle est ta façon d’écrire ? A combien estimes-tu la somme de travail lié à chaque tome (surtout le premier, à combien estimes-tu la somme de temps entre le début et la fin du projet)? des anecdotes ? …
As-tu bénéficié d’une aide quelconque lors de l’écriture (ami, …) ?
L'écriture du tome 1 m'a pris deux mois. J'écris énormément, plusieurs heures par jour (par nuit surtout...)Jusqu'à minuit bien souvent et très tôt le matin, 5 h, 6 h...Beaucoup pendant les vacances scolaires. (Je suis instituteur).
Le tome 2 a été aussi rapide. J'écris le tome 3 actuellement.
J'en prévois effectivement entre huit et dix. Mais en fait, je n'essaie pas vraiment de voir aussi loin. Je sais juste que le potentiel existe et je me laisse guider.
L'idée est de faire une série dans laquelle l'écriture et le fond de l'histoire vont évoluer. Le tome 1 est destiné à des enfants de dix ans (environ) alors que le dernier tome sera pour un public adulte. Mon souhait est d'écrire une série suffisamment dense pour qu'un lecteur trouve un tome correspondant à son âge. Le dernier tome sera "post apocalyptique" et très sombre, violent, une évolution de l'humanité qui ne sera pas dans la catégorie "jeunesse"...Il ne s'agit pas pour moi d'écrire une série destinée à un public jeune mais une série qu'un lecteur suivra durant sa propre évolution, de l'enfance à l'âge adulte.
Mes trois enfants apparaissent bien entendu dans les romans et on les verra grandir au fil du temps.
Je me suis donc écarté de la genèse même de l'histoire pour entrer dans un projet plus ambitieux...Trop peut-être. Tous mes autres synopsis sont rangés au fond d'un tiroir. Jarwal va certainement occuper un grand nombre d'années à venir. Tout ça est encore à l'état de projet. la vie m'a souvent montré que les projets volent en éclat avec une facilité effrayante.
Pour ce qui est des supports constituant chaque tome, l'histoire de l'humanité contient tout ce qui est nécessaire pour aborder ce qui me tient à coeur. Dans le tome 1, la première confrontation entre Jarwal et Jackmor a lieu en 1250. Jackmor se sert du talent de certains enfants pour accroître son pouvoir et nourrir son ambition de puissance. C'est le détournement des potentiels de chaque individu au service du pouvoir, des intentions inavouées. La perte de la liberté dans des illusions magnifiées. Jarwal veut les sauver. C'est la notion de libre-arbitre qui sous tend l'histoire.
"Qu'as-tu fait de tes talents ?" Jacques Dufilho pose cette question dans un passage du film "Le crabe tambour". Parabole de la Bible. Les talents de chaque individu sont-ils détournés à des fins mercantiles, sociétaux, ou l'opportunité de les développer est-elle laissée à chacun ? Comme je suis instituteur, la question est d'importance pour moi.
3) La finalisation du projet :
Un fois le premier tome écrit. Explique-nous ton organisation pour la relecture. Des béta-lecteurs ? Le forum JE a-t-il joué un rôle important ?
Donne-nous une estimation de temps sur cette période. Cela a-t-il été difficile ?
Peux-tu nous parler de l’illustration (la couverture) ?
Pour ce qui est de la relecture du premier tome, je ne l'ai présenté à personne d'autre qu'à ma femme. Elle connaissait l'histoire bien évidemment.
J'étais déjà inscrit sur le forum JE mais je n'ai pas souhaité le présenter au forum parce que je n'avais plus le temps de participer à la section commentaire des autres auteurs et que je ne voulais pas demander un service que je ne pouvais pas assurer en retour. En quelques années, l'écriture a pris une importance considérable dans ma vie. Tout mon temps libre y est consacré. Je ne lis plus rien. Je suis soit instituteur, soit montagnard, soit écrivain. En dehors bien entendu de ma vie familiale qui reste évidemment la priorité. L'écriture sur mon blog a pris aussi une place importante. Il me permet d'affiner par l'écrit des pensées essentielles pour moi. Et de les partager.
Le forum JE a eu un impact très important dans une certaine période. Je ré-écrivais "Une étrange lumière" et "Plénitude de l'unité" et les commentaires que j'en recevais m'ont considérablement servi. Il y a eu ensuite "Les Eveillés" qui reste pour moi une véritable "épreuve" tant ce roman est autobiographique et qu'il était douloureux pour moi de plonger dans cette introspection nécessaire. Là encore, les commentaires du forum et de certaines personnes qui se sont attachées à ce texte m'ont été extrêmement utiles.
Cette période de ma vie reste fortement ancrée dans ma participation au forum et j'en garde des souvenirs très beaux. De belles "rencontres" aussi. Je ne veux pas citer de noms de peur d'oublier quelqu'un et de lui causer de la peine. Chacun et chacune se reconnaîtra.
4) Pré édition :
Un fois ton projet finalisé. Vers combien d’éditeur l’as-tu envoyé ? Combien de réponse (avec leurs délais) ?
L’éditeur qui hérita du ‘bébé’ est Laura mare ? Pourquoi ?
Peux-tu nous en dire plus. Comment c’est passé votre rencontre ? Les négociations ont-elles été difficiles ? Combien de temps ont-elles durée ? Des anecdotes ?
Peux-tu nous parler des négociations financières ?
Je n'ai envoyé le manuscrit de Jarwal qu'à Laura Mare. J'avais déjà signé avec elle, c'était évident pour moi que je n'avais pas à aller chercher ailleurs avant d'avoir son avis. Il n'y a pas eu de négociations financières étant donné que ça n'a aucune importance pour moi. Je sais très bien que je ne vivrai jamais de ma plume, en tout cas, je ne l'envisage pas. L'argent que ça me rapportera n'entre pas en ligne de compte
5) L’édition :
Une fois ton projet accepté. Les modifications ont-elles été importantes ? En as-tu refusé certaines ? Peux-tu nous donner le temps que dura cette phase de finalisation ?
6) La suite : Les 8 tomes et les droits.
J’avoue que le nombre de suite peut surprendre. Peux-tu nous en dire plus ? Avais-tu pensé à autant de suite ? L’idée vient-elle de l’éditeur ? Si non, comment a-t-il réagit ?
Ou en es-tu dans l’écriture des autres tomes ?
Les droits : As-tu géré les droits de ces 8 tomes, comme le premier ?
Il n'y a eu aucune demande de modification de la part de Laura Mare pour aucun de mes manuscrits. Je les aurais faites bien évidemment si elle m'en avait fait la demande.
Pour l'instant, je n'ai pas de réponse de Laura pour le tome 2. Mais l'idée de la série lui a plu dès le départ. Il faut voir maintenant si l'histoire et l'écriture continuent à lui plaire. j'imagine également que la suite de l'aventure éditoriale dépendra de la réussite ou de l'échec financier de ce premier tome. C'est tout le problème d'une série...
7) Peux tu nous parler de ce projet audio ?
Cette idée est-elle venue de toi, de l’éditeur ?
Les différances dans l’approche entre la partie livre et CD ?
Le projet audio que j'avais sur ce bouquin ne s'est pas fait car les difficultés techniques se sont avérées insurmontables pour moi. Pas l'équipement ni les compétences techniques pour ça. Le travail d'oralisation sur un roman entier est vraiment une tâche énorme que je n'imaginais pas.
Le forum des Jeunes Ecrivains et toi
8 ) Tu t’es inscrit en Mai 2008, peux tu nous refaire une rapide présentation (avec mise à jour depuis ton inscription).
9) Tu fais partit du cercle (très) fermé des violets (âme du forum). Dis nous en deux mots ce que tu penses du forum JE, ses points forts/faibles et une idée qui te tiendrais à cœur afin de l’améliorer.
10) Un petit mot pour les nouveaux membres du forum ?
Pour ce qui est de ma présentation, elle n'a pas changé depuis mon inscription. Marié, trois enfants, instituteur, montagnard, écrivain. Je vis en Savoie, au pied des montagnes. J'aime le silence de la Nature, je hais la ville, j'aime la solitude, je supporte mal la foule, je n'ai aucune vie sociale en dehors de mon travail avec les enfants. Je vis un peu en dehors du monde tout en l'observant quotidiennement...
Je me suis inscrit sur le forum JE en 2008 et j'y ai connu des moments très forts, des échanges très intéressants. Je m'y suis beaucoup impliqué à un moment et puis l'écriture des Eveillés est venue marquer une distanciation progressive. Un travail intérieur que je devais mener dans mon coin. Neuf mois d'écriture quasi quotidienne et un an de relecture.
Une traversée du désert ensuite, comme une grande fatigue qu'il fallait que je laisse s'éteindre.
Jarwal a pris la suite.
Je m'accorde davantage de "sorties" sur le net depuis quelques temps et c'est ici que j'ai eu envie de revenir. Je suis heureux de voir que l'activité y est encore plus intense, que l'amour des mots attire toujours autant de monde. Il y a un peu pour moi, une espèce de réconciliation avec le monde quand je viens ici, à travers cet attachement aux livres chez de "jeunes" personnes. Cette envie de progresser, d'apprendre, de se dévoiler aussi dans ces textes partagés, c'est quelque chose que j'aurais aimé connaître dans ma lointaine jeunesse
Je ne pense pas d'ailleurs qu'il existe sur le net l'équivalent en quantité et surtout en qualité dans un forum de littérature et je serais bien prétentieux d'envisager améliorer quoique ce soit ici. Il y a des personnalités indétrônables qui le font très bien.
Pour les nouveaux inscrit(es) sur le forum, je dirais simplement : écrivez sans relâche, ne jetez jamais rien. Vos anciens écrits sont les traces de ce que vous avez été. Ecoutez les critiques non pas comme un jugement mais comme l'opportunité de ce que vous pouvez devenir.
Un petit mot de plus ?:
Voilà, j'ai relu ce que j'ai écrit hier soir sur le tome 3. Rituel quotidien. Je commence toujours par relire avant de continuer. Je prolonge l'histoire le soir et je replonge dedans le matin avant de continuer pendant la journée si j'en ai le temps. Aujourd'hui, il pleut à boire debout alors ça sera "écriture" toute la journée.
Il est très important pour moi de ne pas décrocher de l'écriture lorsque je suis dans une histoire. Comme si tous les jours, je venais écouter ce que les personnages ont à me dire. C'est sans doute cette présence constante des personnages en moi qui m'a conduit à une solitude aussi importante. Une priorité qui s'est installée peu à peu.
Il m'arrive parfois d'en rêver la nuit.
Dans l'écriture de "Noirceur des cimes", alors que le personnage principal était dans une très mauvaise posture, j'ai rêvé de lui, il m'appelait au secours, un visage extrêmement net, le vide de la montagne, le froid, la peur, c'était d'une précision incroyable. Je me suis levé et j'ai allumé l'ordi. Il fallait absolument que je le sauve...J'étais son seul recours.
Cette vie intérieure, au coeur de ces personnages, finit par leur donner une existence, une forme, une présence, une "réalité"...C'est un peu étrange mais au fil du temps, lorsque les traits les plus essentiels de ces personnages sont installés, je leur trouve une vie plus réelle que celle de nombre de gens que je croise...Cette introspection exacerbée par les situations dans lesquelles ils se trouvent leur confère une présence plus puissante que la vie futile d'un bon nombre de "vivants".
Il m'arrive aussi de ne plus être impliqué dans cette écriture quotidienne, des périodes de silence intérieur, comme s'il était nécessaire que les choses s'installent, gagnent en intensité, s'éclaircissent, se décantent. Je ne m'inquiète plus aujourd'hui de ces phases sans écrits. Je sais que ça reviendra quand le moment sera venu. Je vois ça comme une période de transformation des personnages. Quelque chose de nouveau va jaillir lorsque ça sera clair.
Je profite de ces moments-là pour relire, corriger, affiner. Je finis toujours par connaître le texte par coeur. C'est d'ailleurs un problème dans le sens où il devient impossible de s'en détacher. Je m'impose donc différentes relectures correctives :
1)une relecture orthographique et syntaxique pendant laquelle je n'attache aucun importance à l'histoire.
2)une relecture scénaristique pendant laquelle je m'attache uniquement à vérifier la clarté des situations, à ne pas oublier un évènement, une description, un élément déclencheur.
3)une relecture stylistique pendant laquelle je m'attache uniquement à ressentir la constance de l'écriture, la musicalité.
4)une relecture finale d'un seul trait dans laquelle j'essaie de me mettre dans la peau d'un lecteur "lambda"...
Pour ce qui est de la promo. Vaste débat.
Comme j'en suis à mon troisième roman édité à compte d'auteur, j'ai un certain recul. Je dois dire que j'ai vraiment mis le paquet sur la promo de "Jarwal". J'ai envoyé un mail :
aux écoles primaires de la région Rhône Alpes. (plusieurs centaines)
aux bibliothèques et médiathèques de France (plusieurs centaines)
aux librairies (plusieurs centaines)
aux revues littérature jeunesse trouvées sur le net. (une bonne vingtaine)
aux médias grand public : Ruquier, Ardisson, Le Grand Journal, France Inter, France culture, Marianne...J'avais écrit un courrier intitulé "lynchage médiatique", tu l'as peut-être vu passer sur le forum.
Je n'ai eu AUCUNE réponse. J'ai également envoyé 25 exemplaires du roman.
Le problème est très simple : pour intéresser les gens, il faut déjà être connu ou être présenté par quelqu'un de connu. Je ne l'invente pas, des libraires, des journalistes et d'autres auteurs le disent tous. Les libraires subissent en plus une pression énorme de la part des grands groupes parisiens. Il faut que leurs livres soient présentés avant les autres, soient mis en avant au détriment de tous les autres et c'est comme ça que les libraires dégagent de meilleurs marges sur les ventes. Donnant-donnant.
Mon premier roman" Vertiges" a eu deux prix littéraires régionaux et il est resté deux jours en vitrine à Chambéry avant d'être remisé sur une étagère parmi les autres. C'est comme ça.
Il reste les salons du livre mais je ne veux plus donner de mon temps dans ce genre de manifestation. Les déplacements et les journées passées sur une chaise à essayer d'alpaguer un éventuel acheteur, ça n'est pas pour moi. Les we, c'est à la montagne que je les passe et de toute façon, les effets de ces salons sont extrêmement limités. Il m'est arrivé de passer un dimanche entier dans un salon sans vendre un seul bouquin.
Les forums comme JE sont évidemment une opportunité de se faire un peu connaître mais il ne faut pas rêver. Des jeunes n'ayant pas des moyens financiers extensibles à l'envie ne vont pas acheter le bouquin d'un auteur lambda. Ils se tournent vers les auteurs connus et on ne peut pas le leur reprocher. Ca n'est pas à eux de soutenir financièrement un nouvel auteur. On ne peut qu'espérer qu'ils en parleront autour d'eux.
Je ne suis pas amer quant à cette situation. Je n'ai jamais envisagé de vivre de ma plume et je n'attends rien financièrement de cette passion. C'est juste un constat après vingt-huit ans passés à écrire et à naviguer dans ce milieu du livre.
Il s'agit certainement aussi du contenu même de mes bouquins. Beaucoup d'éditeurs m'ont reproché d'avoir une écriture trop exigeante et de développer des thèmes trop ardus. Il est indéniable qu'il existe un certain nivellement par le bas dans la publication majoritaire des ouvrages. Il ne s'agit pas de proposer une quête spirituelle mais bien avant tout de proposer un divertissement. Il y a pourtant des exceptions : Paulo Coelho par exemple avec "l'alchimiste". Il y a forcément aussi quelque part une qualité que je n'ai pas su atteindre.
Alors, je continue à travailler.
Dernière édition par Le_conteur le Dim 7 Aoû 2011 - 19:13, édité 3 fois -
Un monde meilleur
- Par Thierry LEDRU
- Le 20/05/2014
Comme dans ma classe.
Autrefois...
"UN MONDE MEILLEUR"
"Je pense qu'Il y a des gens qui ont trop peur pour croire que les choses peuvent changer mais moi, je pense que le monde n'est pas tout à fait...dégueulasse... Mais ça doit être dur pour certains qui sont habitués aux choses comme elles sont, même si elles sont moches, d'essayer de les changer, alors ils abandonnent et alors là, tout le monde perd quelque chose..."
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Octave Mirbeau
- Par Thierry LEDRU
- Le 20/05/2014
La Grève des électeurs
La Grève des électeurs est le titre d’une chronique, d’inspiration clairement anarchiste, de l’écrivain français Octave Mirbeau, parue le 28 novembre 1888 dans Le Figaro. Par la suite le texte a été publié à de nombreuses reprises sous la forme d’une brochure, souvent associé à une autre chronique, « Prélude », parue, également dans Le Figaro, le 14 juillet 1889. La première édition a paru en 1902 dans le n° 22 d'un journal anarchiste, Les Temps nouveaux. Rééditions en 1919, en 1924, en 1934, en 1980, puis, plus récemment, chez Ludd en 1995, à l'Insomniaque en 2001 et 2007, aux Éditions du Boucher en 2002, chez Allia en 2009 et chez Pennti en 2011.
La duperie électorale
Comme tous les anarchistes, Mirbeau ne voit dans le suffrage universel et le recours à des élections qu’une duperie par laquelle les dominants obtiennent à bon compte l’assentiment de ceux-là mêmes qu’ils oppriment et exploitent. S’adressant à l’électeur moyen, « ce bipède pensant, doué d’une volonté, à ce qu’on prétend, et qui s’en va, fier de son droit, assuré qu’il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin », il s’emploie donc à démystifier, discréditer et délégitimer le prétendu droit de vote, “grâce” auquel les opprimés, dûment aliénés et abêtis, choisissent “librement” leurs propres prédateurs : « Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. » Et Mirbeau d’ajouter, avec une ironie amère : « Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit. »
Au lieu d’assumer sa liberté, l’électeur, cet « inexprimable imbécile », ne fait en réalité que se choisir un maître, qui l’éblouit de promesses impossibles à tenir et qui n’a pas le moindre souci des intérêts des larges masses : il participe, ce faisant, à son propre asservissement. Mirbeau appelle donc les électeurs à faire la grève des urnes et à se comporter, non en moutons grégaires, mais en citoyens lucides.
La Grève des électeurs est le texte de Mirbeau le plus connu et le plus facilement accessible sur Internet (en français il est en ligne sur une soixantaine de sites), parce qu’il a été massivement diffusé par les groupes anarchistes européens de toutes obédiences, qui voyaient dans la démocratie représentative, reposant sur des élections, une illusion extrêmement dangereuse pour l’émancipation intellectuelle des prolétaires.
TEXTE
Une chose m'étonne prodigieusement — j'oserai dire qu'elle me stupéfie — c'est qu'à l'heure scientifique où j'écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu'un ou de quelque chose. Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n'est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ?
Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l'électeur moderne ? et le Charcot qui nous expliquera l'anatomie et les mentalités de cet incurable dément ? Nous l'attendons.
Je comprends qu'un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l'Opéra-Comique des dilettanti, le Constitutionnel des abonnés, M. Carnot des peintres qui célèbrent sa triomphale et rigide entrée dans une cité languedocienne ; je comprends M. Chantavoine s 'obstinant à chercher des rimes ; je comprends tout. Mais qu'un député, ou un sénateur, ou un président de République, ou n'importe lequel parmi tous les étranges farceurs qui réclament une fonction élective, quelle qu'elle soit, trouve un électeur, c'est-à-dire 1'être irrêvé, le martyr improbable, qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa laine, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pied au derrière, quand ce n'est pas des coups de fusil dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m'étais faites jusqu'ici de la sottise humaine, en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, ô chauvin !
Il est bien entendu que je parle ici de l'électeur averti, convaincu, de l'électeur théoricien, de celui qui s'imagine, le pauvre diable, faire acte de citoyen libre, étaler sa souveraineté, exprimer ses opinions, imposer — ô folie admirable et déconcertante — des programmes politiques et des revendications sociales ; et non point de l'électeur « qui la connaît » et qui s'en moque, de celui qui ne voit dans « les résultats de sa toute-puissance » qu'une rigolade à la charcuterie monarchiste, ou une ribote au vin républicain. Sa souveraineté à celui-là, c'est de se pocharder aux frais du suffrage universel. Il est dans le vrai, car cela seul lui importe, et il n'a cure du reste. Il sait ce qu'il fait. Mais les autres ?
Ah ! oui, les autres ! Les sérieux, les austères, les peuple souverain, ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu'ils se regardent et se disent : « Je suis électeur ! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. Par ma volonté, Floque fait des lois auxquelles sont astreints trente-six millions d'hommes, et Baudry d'Asson aussi, et Pierre Alype également. » Comment y en a-t-il encore de cet acabit ? Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu'ils soient, n'ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur œuvre ? Comment peut-il arriver qu'il se rencontre quelque part, même dans le fond des landes perdues de la Bretagne, même dans les inaccessibles cavernes des Cévennes et des Pyrénées, un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour voter bleu, blanc ou rouge, sans que rien l'y oblige, sans qu'on le paye ou sans qu'on le soûle ?
À quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d'une volonté, à ce qu'on prétend, et qui s'en va, fier de son droit, assuré qu'il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu'il ait écrit dessus ?... Qu'est-ce qu'il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ?
Qu'est-ce qu'il espère ? Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l'assomment, il faut qu'il se dise et qu'il espère quelque chose d'extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité ; il faut que dans les noms seuls de Barbe et de Baihaut, non moins que dans ceux de Rouvier et de Wilson, il découvre une magie spéciale et qu'il voie, au travers d'un mirage, fleurir et s'épanouir dans Vergoin et dans Hubbard, des promesses de bonheur futur et de soulagement immédiat. Et c'est cela qui est véritablement effrayant. Rien ne lui sert de leçon, ni les comédies les plus burlesques, ni les plus sinistres tragédies.
Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu'un fait unique domine toutes les histoires : la protection aux grands, l'écrasement aux petits. Il ne peut arriver à comprendre qu'il n'a qu'une raison d'être historique, c'est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et de mourir pour des combinaisons politiques qui ne le regardent point.
Que lui importe que ce soit Pierre ou Jean qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu'il est obligé de se dépouiller de l'un, et de donner l'autre ? Eh bien ! non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces. Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours. Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n'espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit.
Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau ; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t'arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes ; si tu lisais parfois, au coin du feu, Schopenhauer et Max Nordau, deux philosophes qui en savent long sur tes maîtres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles. Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d'avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d'humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l'envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n'as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.
Rêve après cela, si tu veux, des paradis de lumières et de parfums, des fraternités impossibles, des bonheurs irréels. C'est bon de rêver, et cela calme la souffrance. Mais ne mêle jamais l'homme à ton rêve, car là où est l'homme, là est la douleur, la haine et le meurtre. Surtout, souviens-toi que l'homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu'en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu'il ne te donnera pas et qu'il n'est pas d'ailleurs, en son pouvoir de te donner. L'homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi ; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient vite déçues, ne va pas t'imaginer que le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd'hui est particulier à une époque ou à un régime, et que cela passera. Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c'est-à-dire qu'ils ne valent rien. Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n'as rien à y perdre, je t'en réponds ; et cela pourra t'amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermée aux quémandeurs d'aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.
Et s'il existe, en un endroit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t'aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n'accordes jamais qu'à l'audace cynique, à l'insulte et au mensonge.
Je te l'ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la grève.
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L'école privée de la République
- Par Thierry LEDRU
- Le 19/05/2014
Le fonctionnement des écoles privées dépend du nombre d'enfants inscrits.
Le budget suivra ou pas...
Les activités, le matériel, les intervenants extérieurs, les sorties culturelles ou sportives, tout dépend de ce budget.
Et bien, l'école publique entre dans ce fonctionnement avec la RRS puisque chaque commune, en fonction des choix budgétaires, inscrira ou non l'école dans ses priorités. Les activités péri-scolaires dépendront essentiellement des finances.
On entre dans la privatisation.Les animateurs pour commencer.
Les enseignants suivront.
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Au Sénat
- Par Thierry LEDRU
- Le 19/05/2014
Loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles :
- Loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014 parue au JO n° 23 du 28 janvier 2014
- Décision du Conseil constitutionnel n° 2013-687 DC du 23 janvier 2014
Objet du texte
Ce texte, qui s'inscrit dans la continuité des États généraux de la démocratie territoriale organisés au Sénat en octobre 2012, est le premier des trois projets de loi du Gouvernement pour réformer la décentralisation. Deux autres projets de loi doivent en effet le compléter : le premier est relatif à la mobilisation des régions pour la croissance et l'emploi et de promotion de l'égalité des territoires, le second au développement des solidarités territoriales et de la démocratie locale.
Il vise en premier lieu à clarifier les responsabilités des collectivités territoriales et de l'État (titre 1er). Pour atteindre cet objectif, le texte prévoit notamment : de poser le principe de libre coordination des interventions des collectivités territoriales et propose un pacte de gouvernance territoriale débattu dans le cadre de la conférence territoriale de l'action publique (article 1er) ; de rétablir la clause de compétence générale des départements et des régions qu'avait supprimée, à compter du 1er janvier 2015, l'article 73 de la loi n° 2010-1563 du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales (article 2) ; d'instituer le pacte de gouvernance territoriale (articles 5 à 8).
En second lieu, le projet de loi entend conforter les dynamiques urbaines en affirmant le rôle des métropoles (titre II) : la Métropole de Paris (chapitre 1er, articles 10 à 19), la Métropole de Lyon (chapitre 2, articles 20 à 29) et la Métropole d'Aix-Marseille-Provence (chapitre 3, article 30) sont ainsi dotées d'un régime spécifique. Le titre II comprend également diverses mesures concernant les métropoles, notamment la création d'un nouvel établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre « destinée à regrouper plusieurs communes d'un seul tenant et sans enclave et qui s'associent au sein d'un espace de solidarité pour élaborer et conduire ensemble un projet d'aménagement et de développement économique, écologique, éducatif, culturel et social de leur territoire afin d'en améliorer la compétitivité et la cohésion à l'échelle nationale et européenne » : la métropole (article 31) ; le département ou la région peuvent transférer l'exercice de certaines de leurs compétences à une métropole (article 32).
Enfin, le texte définit les transferts et la mise à disposition des agents de l'État et à la compensation des transferts de compétences de l'État (titre III). -
Apprends tes leçons...
- Par Thierry LEDRU
- Le 18/05/2014
"Les personnes les plus formidables que j’ai rencontrées sont celles qui ont connu l’échec, la souffrance, le combat intérieur, la perte et qui ont su surmonter leur détresse. Ces personnes ont une appréciation, une sensibilité, une compréhension de la vie qui les remplissent de compassion, de douceur et d’amour. La bonté ne vient jamais de nulle part"
( Elisabeth Kübler Ross)
J'avais 16 ans. Mon grand frère a eu un accident de voiture. Cliniquement mort. Trois mois dans la chambre d'hôpital à ses côtés.
Roger, mon ami, quelques chambres plus loin. Cliniquement mort. J'allais lui lire des livres la nuit. La seule fois où je n'y suis pas allé. Il est mort.
Vingt-cinq ans. Première hernie discale. Jambe gauche paralysée. Opération ratée. Dépression. Je voulais être guide de hautes montagnes. Fin de mes rêves.
Trente-sept ans, deuxième hernie discale. Opération...Ratée...
Mon frère meurt d'une rupture d'anévrisme. Seul.
Quarante-quatre ans. Trois hernies discales d'un coup. Paralysie. Effondrement. Morphine. Cauchemar, un effroyable cauchemar...
Cinquante-deux ans. Enterrement de ma vie d'instituteur. Trente-deux ans dans une boîte au fond du jardin. Une mission qui vole en éclat. L'institution qui me jette. Des parents qui se plaignent. Des enfants qui n'entendent rien de ce que je dis, qui succombent à un monde adulte malsain.
La vie a une imagination fertile quand il s'agit de nous faire avancer...
Il faut comprendre les leçons et les apprendre, les appliquer, avancer avec lucidité.
J'avancerai.