Blog

  • Le point de basculement

    Lorsque TOUTES les forces de l'ordre rejoindront le Peuple dont elles font partie.

    Le point de basculement.


    1 "Les policiers grecs rejoignent le peuple"

    "Les policiers grecs rejoignent le peuple"

    ATHENES (Reuters) - Le principal syndicat de policiers en Grèce menace de réclamer des mandats d’arrêt contre les émissaires de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) imposant la mise en oeuvre de mesures d’austérité fortement impopulaires.

    Dans une lettre dont Reuters a eu connaissance vendredi, la Fédération de la police grecque accuse ces représentants des bailleurs de fonds internationaux de la Grèce de "chantage, tentatives de subrepticement abolir ou ronger la démocratie et la souveraineté nationale".

    Cette lettre précise que l’une des personnalités visées est Poul Thomsen, le principal représentant du FMI en Grèce. La missive a aussi été adressée à Klaus Masuch, chef de la délégation de la Banque centrale européenne (BCE), et à Servaas Deroos, ancien inspecteur en chef de la Commission européenne en Grèce.

    Cette menace est essentiellement symbolique puisque, soulignent des experts des questions juridiques, un mandat d’arrêt doit d’abord être émis par un juge. Cette initiative illustre cependant l’ampleur de la colère de la population grecque face aux baisses de salaires et aux coupes claires dans les budgets de l’Etat exigées par les créanciers internationaux de la Grèce.

    "Comme vous poursuivez cette politique destructrice, nous vous prévenons que vous ne pouvez nous contraindre à nous battre contre nos frères. Nous refusons de nous élever face à nos parents, nos frères, nos enfants ou tout citoyen manifestant ou exigeant un changement de politique", souligne le syndicat, qui représente plus de deux tiers des effectifs policiers de la Grèce.

    "Nous vous prévenons que, en tant que représentants légaux des policiers grecs, nous allons émettre des mandats d’arrêts pour une série d’infractions légales (...) telles que chantage, tentatives de subrepticement abolir ou ronger la démocratie et la souveraineté nationale."

    Un responsable syndical a cependant souligné que cette lettre constituait une manifestation symbolique de solidarité avec la population et que les policiers continueraient de lutter contre les débordements lors des manifestations.

    Les policiers sont directement confrontés à la colère populaire qui se manifeste régulièrement à l’occasion de rassemblements devant le parlement à Athènes. Le slogan "Policiers, porcs, assassins" est régulièrement scandé ou inscrit sauvagement sur les murs.

    Plusieurs milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées vendredi à Athènes pour manifester contre de nouvelles mesures d’austérité entérinées par le gouvernement sous la pression des créanciers internationaux.

    Lila Chotzoglou, Bertrand Boucey pour le service français

    http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120210.REU9279/les-po...

    Lire la suite

  • Le commerce du bois.

    Plus puissant que les lois, c'est le pouvoir du consommateur.

    NE PAS ACHETER...


    Le bois illégal encore trop présent en France

    AFP le 15/01/2014 à 18:27
    Du bois exotique est chargé sur un semi-remorque, le 05 décembre 2009 au port autonome "La pallice" de La Rochelle ( AFP/Archives / Xavier Leoty)

    Arbres protégés coupés dans les forêts tropicales pour fabriquer meubles ou parquets: les importations de bois illégal persistent en France, même si elles régressent sous la pression des organisations écologistes et sous l'effet des changements dans l'industrie du bois.

    La loi d'avenir sur l'Agriculture, adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale mardi, vise à mettre en ?uvre le règlement européen de mars 2013 contre les importations illégales de bois. Mais "pour l'instant, en pratique, la France a une politique de porte ouverte au bois illégal", estime Alexandra Pardal, directrice de campagne Forêts chez Global Witness.

    L'ONG classe la France au 3e rang des importateurs européens de bois "à haut risque d'illégalité", même si la proportion effective de bois illégal est difficile à établir.

    Entre 5 à 15% du bois importé dans l'Union européenne serait concerné selon le ministère de l'Agriculture, 15 à 30% selon Greenpeace. Pour la France, les estimations les plus restrictives, parues dans "Applied Agricultural and Forestry Research", tablent sur 2 à 6% de bois illégal en 2009.

    Le bois illégal ne provient pas uniquement de zones tropicales, mais il pose des problèmes particulièrement aigus en Afrique.

    "Dans des pays comme la République démocratique du Congo, (il) rime avec déforestation et violents conflits sociaux (...) C'est aussi un facteur majeur du dérèglement climatique", dénonce Frédéric Amiel, chargé de campagne Forêts chez Greenpeace.

    Or "l'Afrique reste le principal exportateur de bois tropicaux" vers la France, selon le ministère de l'Agriculture. Le bassin du Congo (Congo, RDC, Gabon...) est une source d'essences rares comme le wengué, le sapelli ou l'iroko. Des bois très durs et imperméables, utilisés pour l'ameublement d'extérieur, les parquets et la marqueterie.

    "70 à 90% du bois qui sort" de ces forêts est illégal, assure Frédéric Amiel.

    Pourtant, l'importation de bois tropicaux est en "fort déclin" depuis deux ans avec "une baisse de 20% chaque année", souligne Eric Boilley, le directeur du Commerce du bois, association regroupant importateurs, agents commerciaux et négociants.

    Quelque 2% des grumes consommées en France en 2012 étaient d'origine tropicale et 12% du bois de sciage, selon lui.

    En cause, les pressions écologistes, mais aussi des raisons "structurelles", explique M. Boilley. Le marché de la menuiserie a reculé sous l'effet de la crise, et les bois tropicaux, très chers, deviennent moins compétitifs que les bois européens et des matériaux comme le PVC.

    Lots suspects dans les ports

    Mais les ONG continuent de repérer des lots suspects dans les ports de Caen, La Rochelle et Nantes, notamment.

    "Je ne vois pas de diminution de ce flux de commerce", assure Alexandra Pardal, qui a soumis des plaintes contre "4 ou 5 sociétés" depuis mars.

    Pour alerter les députés, Greenpeace a brièvement saisi la semaine dernière une grume sur le port de Caen, dénonçant une importation frauduleuse de RDC.

    Consciente du problème, l'association Commerce du bois oblige depuis 2011 ses membres à adhérer à une charte fixant des procédures très strictes.

    "Nous avons perdu quelques adhérents qui n'ont pas voulu y souscrire (...) mais pas des grosses entreprises", promet M. Boilley.

    Des stocks de bois au départ du port de Libreville, le 11 ocotbre 2012 ( AFP/Archives / Steve Jordan)

    Autre raison d'agir: les fraudeurs "peuvent remporter des marchés" en proposant du bois de "5 à 15%" moins cher, notamment parce que la marchandise n'a pas été taxée, selon M. Boilley.

    "Nous sommes demandeurs de sanctions car cela risque de pourrir le marché", ajoute-t-il.

    Si le texte est adopté définitivement après son parcours parlementaire, l'importation de bois illégal pourra coûter jusqu'à deux ans de prison et 100.000 euros d'amende.

    Les contrôles ne se feront pas aux frontières, mais uniquement aux sièges des entreprises, pour vérifier qu'elles respectent la procédure. Un système qui "permet déjà d'éliminer nombre de fraudes", selon le ministère de l'Agriculture.

    "Il n'y a pas d'entreprises qui importent volontairement du bois illégal mais elles ne sont pas forcément très regardantes", d'autant que la filière compte "beaucoup d'intermédiaires", s'inquiète Frédéric Amiel, qui demande un durcissement du texte.

    Lire la suite

  • L'émerveillement

    Magazine | Air du temps

    S’émerveiller,
    une solution pour être heureux ?

    Savez-vous que s’émerveiller est bon pour l’esprit, mais aussi pour la santé, et que cela nous permettrait de vivre plus longtemps ? Explications avec trois experts en la matière.
    S’émerveiller : les enfants sont extraordinairement doués pour cette capacité. Les regarder s’extasier ou rire à la moindre occasion est un pur délice mais peut aussi nous procurer un brin de nostalgie. Car en grandissant, nous devenons souvent aveugles aux merveilles de la vie. Et pourtant, échanger un sourire, savourer le temps passé avec les êtres aimés, contempler un paysage, écouter le chant des oiseaux, déguster un bon plat… Les occasions au quotidien sont nombreuses.


    L’émerveillement : de la quête à la conquête


    Le philosophe et théologien Bertrand Vergely, auteur de Retour à l’émerveillement, nous déculpabilise et nous explique que l’émerveillement de l’adulte diffère de celui de l’enfant. Arrivé à un certain âge, l’insouciance est souvent derrière nous et la réalité, parfois difficile, face à nous. La capacité d’émerveillement est alors une quête : « il faut avoir lutté contre soi pour parvenir à cet émerveillement-là. Il faut avoir surmonté la tristesse, la lassitude, la révolte, le désespoir et donc, les avoir rencontrés. » précise-t-il. Une fois cette capacité retrouvée, alors « un miracle s’opère : la vie se met à parler. Comme pour les enfants, avec la même magie. Une magie toutefois enrichie par l’expérience de la vie » ajoute le philosophe. Car pour l’auteur, rien n’est plus important : « on peut être riche, si l’on ne sait pas s’émerveiller, on est pauvre. On passe à côté de l’essentiel, on manque la beauté du monde, la richesse des êtres humains, la profondeur de l’existence. » Pour lui, la vie est un miracle : « Nous devrions être conscients de l’extraordinaire fait de vivre. » Le mot « émerveillement » vient du terme « mirabilia », l’union du mot « miracle » et du verbe « admirer », rappelle l’auteur. Or, selon lui : « quand on prend le temps du regard et de l’admiration, on soigne son âme avant de libérer une véritable générosité. »


    Les bienfaits de l’émerveillement sur la santé


    Autre condition de l’émerveillement : aimer la vie. Bertrand Vergely estime qu’ « en devenant présent à notre existence, nous allons voir celle-ci dévoiler sa richesse à travers mille détails. » C’est le message que diffuse également Florence Servan-Schreiber, journaliste. Elle a participé à des « cours de bonheur » basés sur la psychologie positive et créés par Tal Ben-Shahar, docteur en psychologie et en philosophie. Un manifeste rédigé en 1998 décrit la « science du bonheur » comme « l’étude scientifique des forces et des qualités qui permettent aux individus et aux communautés de s’épanouir ». Après avoir expérimenté ce programme, Florence Servan-Schreiber a voulu partager son expérience, ses connaissances, et des outils à la portée de chacun, dans un livre intitulé « 3 kifs par jour et autres rituels recommandés par la science pour cultiver le bonheur ». Parmi eux, le carnet de kifs ou carnet de gratitude. Il s’agit d’annoter chaque soir, dans un cahier, juste avant de s’endormir, trois évènements de la journée pour lesquels nous aurions envie de dire Merci ! Un exercice qui nous invite à prendre conscience des trésors et des richesses que nous offre la vie. Pour Florence Servan-Schreiber : « La gratitude libère de l’envie : la reconnaissance de ce que j’ai m’exonère du désir d’autre chose. Cela nous permet de mieux vivre avec ce que l’on possède déjà et d’être plus généreux. Ressentir et exprimer sa reconnaissance est un formidable antidote contre les émotions négatives, l’hostilité, le tourment et l’irritation ». Des laboratoires étudient les bienfaits liés au sentiment de gratitude. Ainsi, d’après le professeur Robert Emmons, les personnes qui tiennent régulièrement un carnet de gratitude « ont gagné quelques heures de sommeil, s’endormaient plus vite, et se sentaient plus reposées au réveil ». rapporte Florence Servan-Schreiber. Mieux vaut donc compter ses kifs plutôt que les moutons en cas d’insomnie, suggère-t-elle avec humour dans son livre. Plus fort encore, être dans la gratitude ou l’émerveillement permettrait de vivre plus longtemps. Pour mener une telle étude, il faut pouvoir étudier un groupe de personnes ayant exactement le même mode de vie et vivant au même endroit. Les chercheurs ont ainsi examiné des lettres biographiques rédigées par les religieuses d’un couvent à l’âge de 20 ans, 40 ans et 70 ans. Des sémanticiens ont analysé la teneur du vocabulaire et quantifié les mots en lien avec les notions d’émerveillement, d’optimisme et de gratitude. Ils ont ensuite étudié leur état de santé. Ils se sont aperçus que les religieuses manifestant le plus cet état d’esprit positif à travers leurs lettres vivaient en moyenne sept années de plus que les autres. Cette étude a été réitérée dans des contextes plus courants et les résultats sont les mêmes. Ainsi, s’émerveiller serait bon pour la santé.


    L’émerveillement et la science, une fenêtre sur l’infiniment grand


    Il y a quelques années, Morvan Salez, ancien astrophysicien au centre national de la recherche scientifique (CNRS), écrivain et auteur-compositeur, travaillait à la NASA dans un centre construisant des sondes d’exploration du système solaire. Il venait d’achever la construction d’un instrument destiné à détecter un rayonnement électromagnétique venant d’objets du ciel, installé sur un télescope au sommet du volcan d’Hawaï. Lorsque celui-ci a émis un signal, l’astrophysicien a bien sûr ressenti une immense joie, mais surtout, il a mesuré, à cet instant précis, l’entière dimension de ce résultat. Des photons provenant d’une autre galaxie venaient de parcourir des millions d’années lumière dans l’espace avant d’être détectés par son appareil. « C’est comme si ce photon que je venais de détecter me reliait directement à cette galaxie, au-delà du temps et de l’espace. Et moi, petit humain, je me connectais à ça. C’était tellement fort que cela m’a quasiment mis dans un état de transe. » confie le chercheur. Les découvertes scientifiques mais aussi biologiques l’émerveillent tout autant que la nature de l’esprit humain ayant permis ces avancées. « Savoir que l’être humain est capable de sonder l’Univers à ses débuts est une source d’émerveillement en soi. » Pour celui qui cultive cet état d’esprit à chaque instant, « j’aimerais tellement que, grâce aux sciences, les gens puissent prendre conscience qu’ils font partie de ce tout et qu’ils ont la chance inouïe de vivre cette expérience. Cela changerait tellement leur façon de voir la vie, d’illuminer leur quotidien. »

    Retour à l'émerveillement, Bertrand Vergely
    Albin Michel (Septembre 2010 ; 326 pages)



    3 kifs par jour, Florence Servan-Schreiber
    Marabout (Février 2011 ; 318 pages)


    Lire la suite

  • La confiance, l'amour, la force.

    Journée de ski de piste avec mes élèves. (CM2)

    Il a neigé toute la nuit, 30 à 40 cm de poudreuse, les pistes sommairement damées.

    Normalement, nous encadrons les enfants à deux adultes mais il est de plus en plus difficile de trouver des parents bénévoles. Cinquante-six enfants (deux classes), il en faut du monde...

    Je me suis donc retrouvé tout seul avec huit enfants.

    J'ai commencé doucement, un groupe de niveau moyen, piste bleu-rouge, grand maximum.

    Un garçon débrouillard et attentif en serre file.

    De nombreuses pauses à chaque descente, des ateliers techniques, des excercices spécifiques pour améliorer la maîtrise.

    Et puis, peu à peu, j'ai senti qu'il y avait une cohésion formidable, une écoute fabuleuse, une confiance totale. Quatre enfants du groupe viennent de l'autre classe et pourtant, j'ai senti qu'ils étaient parfaitement à l'écoute de toutes mes paroles. J'ai expliqué la peur, cette tension qui vient en eux et qu'ils doivent observer pour s'en libérer, leur faire comprendre qu'elle n'a aucun intérêt, qu'ils se brident eux-mêmes mais qu'ils peuvent également inverser l'effet néfaste de cette énergie insoumise en la transformant en maîtrise intérieure.

    "Vous avez le potentiel pour faire quelque chose de beaucoup plus difficile. J'ai totalement confiance en vous. On va aller faire une piste noire."

    La piste n'était absolument pas damée, juste quelques traces dans quarante centimètres de poudreuse. Des bosses, des trous, des accumulations de neige énorme. Une pente raide, sur le versant opposé de la station, un couloir assez étroit, un environnement impressionnant, à l'ombre d'un sommet. Solitude totale. Et puis on a rattrapé un groupe de skieurs. Cinq jeunes, une vingtaine d'années, en perdition. Ils n'avaient pas le niveau mais surtout, ils étaient envahis, intérieurement, par cette certitude qu'ils n'auraient pas dû être là. Des dissensions dans le groupe. Des paroles coléreuses, des reproches.

    De notre côté, nous étions heureux et pleinement impliqués dans les gestes à mener.

    La confiance...

    Et cet amour pour eux, ce bonheur en moi de les voir évoluer dans une situation totalement imprévue, nouvelle, déstabilisante. Ces rires quand ils tombaient, ces efforts titanesques pour réussir à se relever, à dégager leurs skis enfouis, à rechausser, à repartir dans la pente.

    La force...
    Elle se nourrit de la confiance, elle est portée par l'amour. C'est une certitude absolue.

    Je les ai félicités à chaque portion, je les ai encouragés, j'ai expliqué que la chute doit être analysée, il s'agit de comprendre, de ne pas agir dans un état d'inconscience, être en observation de soi tout autant qu'observateur de la piste.

    L'apprentissage, quel qu'il soit, n'a pas de valeur en lui-même s'il est dépossédé de la connaissance de soi à saisir.

    "Regardez ce que vous vivez, c'est extraordinaire, c'est magnifique, vous dépassez tout ce que vous avez connu, vous découvrez ce que vous ignoriez de vous. La Terre nous en apprend plus long sur nous parce qu'elle nous résiste. C'est Saint-Exupéry qui a dit ça."

    Toujours ramener les enfants à une dimension existentielle, les amener à regarder avec profondeur, pas seulement dans l'évènement lui-même mais dans les effets les plus intenses, les plus durables, les plus constructeurs. Se servir ensuite de l'expérience pour la prolonger dans d'autres situations, qu'elles soient différentes n'a aucune importance. C'est la connaissance de soi qui importe. Dans tous les phénomènes intérieurs.

    Ils auraient pu rester figés dans leur peur et se faire mal.

    Ils ont appris au contraire à saisir la joie d'apprendre, le plaisir de la chute quand elle est l'opportunité de progresser, de comprendre, d'analyser.

    La confiance est nourrie par l'amour. La force qui en résulte est au-delà du connu. 

    Tous solidaires pour aider le camarade de jeu à se sortir d'un trou, à l'aider à se relever. Aucune compétition. Un élan commun vers l'objectif.

    Les regards brillants que je devinais derrière les masques de ski.

    Je les aime. J'aime la vie en eux.

  • Parfaitement résumé.

    Une analyse claire et objective à laquelle j'adhère intégralement.


    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/dieudonne-revelateur-d-une-france-146092

    Dieudonné, révélateur d’une France qui va mal

    L’affaire Dieudonné incarne la dérive de tout un pays. Elle est révélatrice du malaise profond qui gangrène la société depuis des années. Etant amateur de spectacles humoristiques, et ayant vu tous les spectacles de Dieudonné plusieurs fois sans pour autant être un disciple, je crois pouvoir parler du sujet en toute connaissance de cause, et tenter d'être objectif.

    JPEG - 39.4 ko
    Au d’ssus c’est l’soleil
    « Au d’ssus c’est l’soleil » et le doigt pointé vers le ciel. Avec la quenelle, c’est l’autre symbole de Dieudonné, désignant une élite qui domine le peuple.
    Je considère que Dieudonné était, humoristiquement parlant, le meilleur de tous (vivants). Je ne suis pas le seul à le dire, la plupart de ses pairs loue son talent. Idéologiquement, je me rapprochais même parfois de ses idées du début : anti-communautarisme, anti-impérialisme, anti-lobby, etc. A travers son travail, Dieudonné poursuivait un idéal d’humanisme, d’universalisme et de justice. Son souhait le plus cher, c’était de voir les hommes faire tomber les frontières communautaires, cause de tous les conflits terrestres, et tenter de vivre ensemble dans la paix et le respect de l’Autre. Je trouvais qu’il pointait les absurdités de notre monde avec talent, douceur, et dérision. Tout le monde en prenait pour son grade, incitant son public à ouvrir les yeux. Mais après de multiples affaires, Dieudonné s’est radicalisé face au lobby israélien, jusqu’à devenir un militant. Un militant antisioniste et "antisystème". Il s’appuie sur sa propre expérience pour montrer que le lobby sioniste a la mainmise sur la France, en monopolisant les pouvoirs politiques, financiers, et médiatiques. Aujourd’hui, Dieudo a changé, il n’est plus un humoriste. C’est un militant qui tente de faire passer ses idées en invoquant le rire. Son public aussi a changé. Je l’ai vu deux fois en représentation, notamment lors de son dernier spectacle en décembre à la Main d’Or, et je peux affirmer que ça ressemble plus à un meeting qu’à un spectacle. Quand certains rigolent des vannes, d’autres poussent des hurlements d’approbation. Quant au spectacle en lui-même, Dieudo a clairement baissé de niveau. Son écriture est faible et son discours est invariablement tourné vers la critique d’un "système" gangréné par les sionistes. Mouais. Dieudo ne me fait plus autant marrer, et sa focalisation, voire sa parano à l’égard des juifs fait que je me lasse du personnage. Je suis persuadé que Dieudonné aurait pu être le Coluche 2.0, un mec qui rassemble le peuple et le pousse à l’insoumission. Son geste de la quenelle aurait pu être le symbole de cette lutte par le rire. Aujourd’hui, trop d’ambiguïtés dans son discours, dans l’image qu’il veut donner. Le public peut avoir du mal à saisir ces ambiguïtés, à discerner la provocation de l’idéologie, et cela peut s’avérer dangereux, car peut engendrer une radicalisation mal fondée, que Dieudo ne maîtrisera plus. Ce Dieudonné militant des trois derniers spectacles ne m’enchante plus, je suis nostalgique du Dieudonné humoriste.
     
    Au constat unanime des élites "Dieudonné est antisémite", je réponds par la question : "Comment définit-on l’antisémitisme ?". Je pensais que l’antisémitisme, c’était la haine d’un individu ou d’un groupe d’individus animé par un motif unique : l’appartenance à la communauté juive. Or Dieudonné se focalise, de manière quasi-paranoïaque c’est vrai, sur l’impact du lobby israélien dans notre pays. C’est différent non ? Je pose réellement la question, car toute cette polémique me fait soudainement douter. Je précise que je me détache de tout ça, je ne suis évidemment pas antisémite, et je ne pense pas qu’on puisse réduire les maux de la France à un seul et même lobby.
     
    En revanche, là où Dieudonné est intéressant (ou plutôt "était intéressant"), c’est dans sa volonté d’éveiller l’esprit critique de son public. Encore que chez certains, ce n’est pas une réussite, car après avoir eu des œillères sur le côté, ils ont désormais des œillères au milieu et ne voient que sur les côtés… Mais fondamentalement, Dieudonné encourage à s’interroger sur tout. Et c’est en cela que l’affaire Dieudonné est révélatrice.
     
    Dieudonné, révélateur d’un désordre politique. Voulant masquer ses échecs à répétition et son incapacité à gérer la crise, la classe politique donne une importance démesurée à une affaire qui n’en vaut pas la peine. Une grande partie des français ne sait pas comment finir le mois, le chômage s’abat sur le pays, et nos dirigeants s’agitent pour un humoriste. Le but est clairement de détourner le regard du peuple. Les français ne doivent pas réaliser les politiques sont responsables de leur misère. Les français ne doivent pas se souvenir des promesses électorales évaporées. Les français doivent oublier les affaires de corruption et d’évasion fiscale. Les français ne doivent pas savoir que leurs élus ont abandonné le pouvoir à la finance, aux banques, à Wall Street, au FMI, aux commissaires européens, etc. bref, à des gens non-élus. Les français ne doivent pas savoir que, par conséquent, leur vote ne sert plus à rien, et que la démocratie n’est plus que l’ombre d’elle-même. Et ça, Dieudonné l’humoriste le dénonce.
     
    Dieudonné, révélateur d’un malaise médiatique. Bien sûr, les politiques agitent le spectre de l’antisémitisme, et naturellement, les médias de masse s’en emparent. Pendant que des milliers d’emplois sont menacés à La Redoute ou chez Mory Ducros, et pour éviter au peuple de réfléchir à sa propre misère, on lui inflige une overdose de quenelle. D’un geste subversif potache, auquel on peut coller la même définition que celle du bras d’honneur, on en fait le symbole de l’antisémitisme du XIXe siècle. Jackpot ! Ça fait vendre, c’est parfait. Tant pis pour l’intelligence du public. Pour pimenter le débat, le téléspectateur assiste à la grande parade des Bernard-Henri Lévy, Jakubowicz et autre "grands défenseurs des valeurs républicaines" sur les plateaux télé, ne laissant aucune place à l’autre camp pour équilibrer la balance dans un souci d’objectivité. Faut-il rappeler que l’objectivité est un des piliers du code déontologique des journalistes ? Il faut y voir la manifestation du déclin des médias, incarné par TF1 et BFM TV, qui pratiquent la politique du sensationnalisme et de l’abêtisation dans le seul but de vendre. Les français ne doivent pas savoir ce qui se passe dans les hautes sphères du pouvoir. Les français ne doivent pas comprendre que les grands médias ne sont pas indépendants, car ils appartiennent à des grands patrons de multinationales qui fricotent avec les responsables politiques. Les français ne doivent pas s’apercevoir que Serge Dassault, actuellement suspecté de corruption, est à la fois sénateur, vendeur d’arme, et patron du Figaro. Et ça, Dieudonné l’humoriste le dénonce.
     
    Dieudonné, révélateur d’une oligarchie. Et oui, tout ce petit monde, où se côtoient politiciens, journalistes et grands patrons, vit bien ensemble, en harmonie. Cette élite dirige tranquillement le pays, et s’efforce de mettre en retrait un peuple trop encombrant. Elle vit dans son cocon, en dehors de toute réalité, et satisfait ses petits intérêts. Bien évidemment, le mode de pensée de l’élite doit se répercuter sur le reste du monde. Les intérêts des puissants doivent devenir ceux de tous. Ainsi, la pensée unique s’installe. Travaille, consomme, paye, et ferme ta gueule. Le monde que nous proposent Hollande, Sarkozy, Bolloré, Lagardère, Dassault, la Licra, TF1, BFM TV, et autre détenteur de la Vérité, tout le monde doit s’y plier sans rechigner. Et d’ailleurs, personne ne rechigne, car personne ne s’en rend compte. C’est ça le tour de force de ce fameux "système". Jusqu’au jour où un agitateur vient donner un coup de pied dans la fourmilière. Mais il ne faut pas que la masse l’écoute, donc il faut le bâillonner – tant pis pour la liberté d’expression –, en faire un paria, un marginal, un "cerveau malade". Et ça, Dieudonné l’humoriste le dénonce.
     
    Oui, aujourd’hui, le Dieudonné militant me bassine avec ses juifs. Mais Dieudonné l’humoriste, ce n’est pas que ça. Dieudonné l’humoriste, c’est une âme révoltée qui a refusé de se soumettre au pouvoir. Dieudonné l’humoriste, c’est le symbole d’une France qui souffre, et qui a besoin de se révolter pour s’en sortir. Dieudonné, reviens !

    Lire la suite

  • Dépression collective

    Si je cherche à décortiquer le terme "dépression", j'en extrais surtout le mot "pression" et je n'y vois que l'opportunité de se libérer de cette pression. Il ne s'agit donc pas d'une condamnation mais d'une opportunité. Celle de changer de paradigme.

    C'est par conséquent une très bonne nouvelle.


    Les Français sombrent dans une «dépression collective»

    Par Isabelle Ficek | 13/01 | 18:24 | mis à jour à 18:52

    + DOCUMENT et VIDEO - La défiance à l’égard de la politique n’a jamais été aussi élevée chez les Français. C’est l’un des grands enseignements d baromètre annuel du Cevipof.

    Manifestation de lyceens contre la politique d\'expulsion du ministre de l\'interieur, soutien a Leonarda Dibrani et Khatchik Kachatryan, eleves etrangers. - Nicolas TAVERNIER/REA
    Manifestation de lyceens contre la politique d'expulsion du ministre de l'interieur, soutien a Leonarda Dibrani et Khatchik Kachatryan, eleves etrangers. - Nicolas TAVERNIER/REA

    La situation n’était pas bonne. Elle s'aggrave encore. Au point de parler désormais de « dépression collective » des Français, comme le fait Pascal Perrineau, le directeur du Centre de recherches politiques de Sciences-Po (Cevipof). Ce dernier présentait ce lundi la cinquième vague du Baromètre de la confiance politique du Cevipof réalisé par Opinion Way. D’où il ressort que pour la première fois depuis 2009 - date de la création du baromètre- la « morosité », avec une majorité relative de 34 %, est en tête des items cités par les Français, en hausse de 9 points. Devant les tout aussi réjouissants « méfiance » et « lassitude », quand derrière elles, la « sérénité » et le « bien-être » décrochent... Quant aux chances de réussite des jeunes par rapport à leurs parents, les trois quarts des Français estiment qu’elles sont moindres (+5 points depuis 2009) et 69 % des jeunes eux-mêmes partagent cet avis. « Une proportion redoutable pour l'état d’esprit collectif », lâche Pascal Perrineau.

    Situation financière dégradée

    Et si jusqu’ici la défiance était très forte vis-à-vis du politique, elle se diffuse à la « société de proximité » (« les autres ») et n'épargne pas, loin s’en faut, l’économique. Ainsi, 60 % des Français - en hausse de 5 points sur un an - estiment que leur situation financière va se dégrader sur les douze prochains mois. Pire, ils sont 65 % à le penser pour le pays. Loin de l'idée d’une reprise...

    Quant à la perception de la compétitivité des entreprises tricolores, elle est, malgré les discours de l’exécutif autour du CICE, en berne : elles sont compétitives pour 29 % des Français, en chute de 7 points depuis décembre 2012 et ne le sont pas pour 69 % (+ 6 points). « L’effort n’est pas perçu et c'est dans ce contexte que va devoir se développer le discours de François Hollande » note le chercheur.

    Cote d’alerte pour les syndicats
    La confiance que les Français leur accordent n’a jamais été aussi faible depuis 2009. Les banques ? Non, les syndicats qui figurent dans le baromètre du Cevipof derrière elles, avec seulement 28 % des Français ayant confiance en eux. Une chute de 7 points en un an (et de 8 depuis 2009), quand les institutions financières, elles, à 29 % de confiance, remontent légèrement la pente. « On a beaucoup parlé du retour de la concertation et donc, des syndicats. Mais dans l’opinion, le jugement est beaucoup plus complexe », observe Pascal Perrineau, le directeur du Cevipof. En cause sans doute, les interrogations des Français sur leur représentativité.

    Une demande croissante de protection

    Le durcissement des valeurs constaté par le baromètre (« il y a trop d’immigrés » pour 67 % des Français et la moitié veut rétablir la peine de mort) et la « tentation du repli » se traduisent sur le terrain sur le terrain économique par une demande croissante de protection : pour 47 % des personnes interrogées - soit un bond de 17 points depuis 2009 - la France doit  « davantage se protéger du monde d’aujourd’hui ». Seuls 23 % souhaitent qu’elle s’ouvre davantage. En corollaire, à peine 35 % des Français estiment qu’appartenir à l'Union européenne est une bonne chose pour la France. En chute de 17 points depuis octobre 2011. Presque autant pense le contraire (32 %, +9 points en deux ans). Un état de l’opinion qui bien évidemment va peser sur les élections européennes de mai prochain. Et que le Front national, avec son discours très europhobe, a bien perçu.

    Petite consolation, si la défiance à l’égard du politique n’a jamais été aussi forte avec 87 % des personnes interrogées jugeant que les responsables politiques ne se préoccupent peu ou pas du tout de leur avis (+ 6 points), la figure du maire se redresse depuis 2010, inspirant majoritairement confiance (61 %). Mais, et c’est le plus grave pour la cohésion sociale et les élections à venir, les Français, critiques sur le politique, estimaient en 2009 à 50 % que la démocratie fonctionnait. Aujourd’hui, ils ne sont plus que 30 %. Quand 69 % - en hausse de 21 points - jugent que la démocratie ne fonctionne plus.

    ET AUSSI :

    Lire la suite

  • Ouvert, fermé...

    "Si vous êtes constamment fermé, vous ne pouvez rien recevoir. Si vous êtes constamment ouvert, vous ne pouvez rien retenir de ce que vous avez reçu. Vous devez être comme les ailes d'un oiseau: ouvrez et fermez, ouvrez et fermez... avec une souplesse parfaite." Gurumayi Chidvilasananda

    Lire la suite

  • A afficher

    A afficher dans toutes les classes.

    Lire la suite