Blog

  • Irrémédiable

    Puisque le moi ne peut pas saisir un Soi, autre qu’une enveloppe grossie de son propre moi, puisque le Soi ne peut pas être conscience de lui-même puisque cela reviendrait à concevoir un Soi détaché du Tout, c'est-à-dire immanquablement une individualité, ce qui serait antinomique à l’idée du Tout, il n’est dès lors pas possible de saisir le Soi par le moi. Tout simplement. Le Soi aperçu par le moi est nécessairement une entité séparée du Tout et par conséquent autre chose que le Soi. Le Soi est Conscience et non conscience. Il ne peut pas être conscientisé car il faudrait qu’il s’individualise et qu’il s’identifie à l’observateur. La conclusion est simple : je ne suis pas le Soi et je ne parviendrai à ce Soi que lorsque le Je ne sera plus là.

    Lire la suite

  • Robin des banques

    En 2008, le militant anticapitaliste Enric Durán a emprunté 492 000 € à 39 organismes de crédits différents sans aucune intention de les rembourser. Mais –comme on peut s’y attendre de la part d’un militant anticapitaliste –, il n’a pas tout claqué dans des couteaux de cuisine en diamants et des frisbees de luxe. Au lieu de ça, il a reversé son fric à quelques causes anticapitalistes indéterminées et le reste à Crisi, un journal gratuit qui a détaillé sa façon de procéder et encouragé la population à faire pareil.

    Ce geste hardi de Robin des Bois des temps modernes a fait de lui un héros du jour au lendemain. Mais le problème, quand on devient un héros en jouant avec la légalité, c’est que la police se fait une joie de vous coffrer. Enric a donc passé deux mois en prison en 2011 et a été relâché en attendant son procès, qui s’est tenu le mois dernier. Au minimum, il risquait 8 ans en cage, ce qui explique sûrement pourquoi il a refusé d’assister aux premières convocations. Un mandat d’arrêt a donc été émis à son encontre.

    Ça faisait deux ans que j’essayais d’interviewer Enric, mais – que les 14 organismes de crédit qui essayent de l’envoyer en prison pour détournement de fonds en témoignent – c’est un mec sur lequel il est assez difficile de mettre la main. Après d’innombrables emails, nous sommes convenus d’un entretien Skype. Qui a été repoussé de trois heures, mais j’imagine que quand on essaie de mettre en œuvre le renversement complet du système capitaliste, on évolue dans un espace-temps différent. Quand on a enfin réussi à discuter, on a parlé d’enculer les banques, de la théorie de la désobéissance civile et de son dernier projet : créer une ville complètement autonome dans la banlieue de Barcelone.


    Enric avec un exemplaire de son journal, Crisi

    VICE : Hey Enric, qu’est-ce qui s’est passé exactement avec ton procès ?
    Enric Durán : 
    La Cour a accepté la démission de mon avocat le 13 février et m’a demandé de revenir le 18, ce que je n’ai pas fait. Aujourd’hui, ce n’est pas très clair. Je ne sais pas s’ils veulent porter l’affaire plus loin parce que je n’ai toujours pas de nouvel avocat, donc continuer serait aller contre mes droits.

    Je vois. Revenons au début. Tu es activiste depuis 2000. Comment est-ce que tu t’es intéressé au système financier ?
    Revenons plutôt à l’époque ou j’ai rejoint le mouvement antimondialisation. En 2005, j’avais commencé à lire un tas de trucs sur la crise de l’énergie, qui était liée au système financier. J’ai réalisé que non seulement ce système était indésirable, mais que ça ne pouvait tout simplement plus continuer comme ça. C’est ce qui a fait naître en moi cette idée d’acte de désobéissance – récupérer l’argent des banques pour l’investir dans des projets anticapitalistes.

    Contracter tous ces emprunts était une manière de démontrer comment il est possible de tirer avantage du système ?
    Il y avait plusieurs idées derrière, mais deux objectifs principaux. L’un était de dénoncer le système financier comme quelque chose d’insoutenable, le second était de montrer que l’on pouvait être désobéissants, courageux, et que l’on pouvait se responsabiliser. Quand j’ai commencé tout ça, j’étais inspiré par des personnages historiques comme Gandhi, et je pensais qu’il était important de porter des actions comme les siennes au XXIe siècle. Nous voulions utiliser l’argent pour un projet qui prouverait que le capitalisme n’était pas la seule voie possible.


    Enric devant le tribunal

    Comment tu as fait pour emprunter autant de fric ?
    C’était entre l’été 2005 et le printemps 2008 – il y a à peu près 3 ans, donc. Je me suis renseigné sur les rouages du système d’emprunts, sur les informations que requéraient les banques avant d’accorder un prêt. J’ai appris à exploiter les failles du système. Au début, pour trois demandes que je faisais, j’obtenais un prêt. À la fin, j’en obtenais neuf pour dix demandes. Je suis devenu super efficace. Par exemple, la Banque d’Espagne communique les informations sur les prêts aux autres banques mais seulement pour les prêts supérieurs à 6 000 €. Du coup, je n’ai demandé que des prêts inférieurs à ce montant pendant deux ans, et je transférais systématiquement l’argent pour ne pas que la Banque d’Espagne me grille en contrôlant mes comptes.

    Est-ce qu’il y a eu un moment où tu t’es dit : « Putain de merde, j’ai quand même un sacré paquet de fric » ? Ou est-ce que tu investissais tout, tout de suite ?
    L’argent était tout de suite investi. Je n’ai jamais eu plus de 50 000 € en même temps. Tout était toujours distribué à différents projets.

    Tu n’as révélé aucun des projets dans lesquels tu avais investi, mais sais-tu si l’un d’eux a des problèmes suite à un de tes « dons » ?
    Pas du tout. En fait, il apparaît que les banques se foutent royalement de savoir où l’argent est passé. Elles n’ont jamais fait aucune enquête et, comme c’était un acte politique, ils voulaient juste me réprimander moi. Ils ne voulaient pas rendre ça plus gros que ça ne l’était déjà.

    Tu publies ton propre journal, Crisi. Pourquoi tu n’as pas utilisé les médias traditionnels pour se faire l’écho de ton combat ?
    J’ai passé pas mal de temps à me demander comment j’allais rendre l’histoire publique. Je voulais qu’elle touche le plus de monde possible, mais j’avais peur des représailles. Donc on a décidé d’utiliser une partie de l’argent pour imprimer le journal, et je pense que c’est l’une des meilleures décisions qu’on ait prises. Les médias ont compris que ce journal était distribué dans la rue, ils ne voulaient pas passer à côté d’un sujet, donc au final, publier notre propre journal nous a aidés à diffuser notre message dans la presse mainstream.

    Si tu devais réussir la mission que tu t’es fixée, quelles seraient les conséquences ? À quoi ressemblerait le monde ?
    Plein de gens l’ont déjà fait par accident ; ne pas payer ses dettes est une des causes principales du récent effondrement du système financier. Bon, il ne s’agissait pas vraiment de petits crédits et d’hypothèques privées mais de grosses constructions, de sociétés immobilières qui ne pouvaient pas payer leurs dettes et qui ont fait faillite. Il est peu probable qu’on arrive à dessein à provoquer cet effondrement, mais la chose importante à retenir c’est que de petits changements, des petites décisions peuvent quand même rendre le monde meilleur.

    Tu dis souvent : « Je préfère une liberté dangereuse à une servitude paisible. » Tu milites pour la désobéissance civile, en somme.
    Ouais, tout repose sur ce que tu penses être juste. Il faut agir en son âme et conscience pour faire du mieux qu’on peut, même s’il y a une autorité pour nous dire de faire autrement. Il serait intéressant de lancer un débat sur l’efficacité du système et sur la manière dont le système judiciaire fonctionne. C’est un système prison qui ne vient en aide à personne – ni les victimes, encore moins les prisonniers ou le gouvernement, qui doivent payer pour tout. C’est le moment de tout repenser et de créer quelque chose de nouveau, non ?

    J’ai l’impression que t’es une espèce de cobaye kamikaze qui essaye de démembrer le système et de voir si un système alternatif peut fonctionner.
    L’objectif principal est de construire un autre système en repartant de rien. Un système ouvert que personne ne t’oblige à rejoindre. Nous pouvons tout revoir avec cette liberté et décider comment nous voulons que le système de santé, l’éducation, l’économie et tout le reste fonctionnent. Nous l’avons déjà mis en pratique à travers la Coopérative intégrale catalane (CIC) et d’autres projets.


    Le QG de la Coopérative intégrale catalane

    Ouais, parle-moi de la CIC.
    C’est une assemblée où nous avons construit une économie commune, organisé la consommation, couvert les besoins, organisé tout le travail et établi des relations financières afin de soutenir de nouveaux projets de production. Nous avons une infrastructure pour couvrir la santé, les besoins alimentaires de base, les transports, l'énergie – toutes les bases. L’idée principale, c’est que la coopérative se fonde sur l’autonomie. Nous avons besoin de profonds changements dans les relations humaines, de plus de confiance entre les gens. Une révolution intégrale, ça ne consiste pas uniquement à changer le système économique, mais à tout changer, à changer l’être humain. Nous souhaitons changer chaque aspect de la vie.

    Tu souhaites un jour fonder un parti politique pour soutenir tes idées ?
    Le gros problème, ici, c’est que le concept de parti politique est en contradiction avec l’esprit d’assemblée. L’assemblée est un processus ouvert qui fonctionne par consensus. Le concept du parti politique, lui, est basé sur la confrontation.

     

    La crise, encore et toujours :

    LES NOUVELLES FRONTIÈRES DE LA CRISELa Grèce en a jusque là des immigrants illégaux

    SACRÉE FRAUDE FISCALE ! Mais pourquoi Dieu ne paierait-il pas d’impôts ?

    GOLDMAN SACHS À MERDE

    Lire la suite

  • 11 novembre

    Les medias accusent des "bonnets rouges" d'avoir sifflé le Président pendant les commémorations.

    Alors, regardez bien ce qu'il en est.

    J'ai connu ça déjà à Quimper pendant les manifestations contre la centrale nucléaire de Plogoff. Les forces de l'ordre déclenchent les hostilités et les medias accusent les "casseurs". Je l'ai vu dans le tribunal à Quimper. Depuis, rien n'a changé...

    J'aurais aimé savoir si le Monsieur âgé qui fait un malaise cardiaque a été sauvé...Il avait pour les forces du désordre une tête de casseurs...

    Lire la suite

  • LA-HAUT : Le paradis perdu

    Image 2

     

    C’est à l’élévation de son esprit que tous ses efforts s’attellent. Et dans ce domaine rien n’est jamais assuré et rien n’est jamais acquis. Il est bien plus facile et tentant d’abandonner. L’humanité n’a cessé de le faire. De nouveau, il voit le Progrès comme une route infiniment large empruntée elle-même par des progrès multiples. Les progrès de la médecine et de la technologie représentent les constituants les plus en vue, une bonne partie de l’humanité s’efforçant à tout prix de se voir attribuer les bienfaits de la première pour profiter des dernières trouvailles de la deuxième, réduisant les existences à de frénétiques possessions et rejetant la quête spirituelle dans les tréfonds de l’ésotérisme ou pire encore dans les mains des églises et des sectes. Il aimerait savoir ce que serait devenue la connaissance spirituelle si les hommes avaient employé autant d’énergie dans ce domaine que dans les deux progrès précédents. Serions-nous capables, par exemple, d’annihiler la douleur ou tout du moins de la dominer par la seule force de notre esprit ? Aurions-nous trouvé Dieu ? Le Dieu réel, pas l’entité ridiculement rétrécie à l’image de l’homme que les religions vénèrent. Pensant cela, une chaleur étrange parcourt son corps, des frissons jamais perçus vibrent dans son crâne.  

    Et c’est là que l’idée prend forme. Ne sommes-nous pas tous constitués de Dieu ? Ne s’est-il pas fragmenté pour concevoir la Vie et élaborer toutes les formes qui l’honorent ? Il sait bien qu’il n’est pas Dieu mais Dieu est peut-être en lui comme il est peut-être en Isabelle. Et la prothèse, dans ce cas, n’est jamais qu’une mécanique astucieuse permettant que la Vie de Dieu en lui fusionne avec la Vie de Dieu en Isabelle. N’est-ce pas cela l’extase amoureuse ? La réunification des fragments de Dieu dans un couple. Mais ne peut-on pas connaître cette extase avec toutes les formes de Vie que Dieu a lancées de par le Monde ? La tête lui tourne en imaginant l’intensité du bonheur que produirait cette communion ineffable quand il pense déjà à la force de l’extase déclenchée par l’amour humain. N’est-ce pas là que se trouve le Paradis Perdu ? Ou peut-être même le sens de toute une vie ? Dans cette capacité à reconstituer le corps de Dieu en aimant la totalité des fragments dans lesquels Il se cache. De la fourmi à la baleine bleue sans oublier les végétaux et peut-être même, mais la tâche lui paraît immense, tous les êtres humains.

    Mais dans cette vision du Bonheur ultime, qu’en est-il encore une fois des enfants cancéreux ? Et de tous ceux qui portent en eux des maladies incurables ? Se peut-il que Dieu ne soit pas parvenu à les investir pleinement et que dès lors, la Vie se dérègle ? Dieu est-il parfois dépassé par l’ampleur de sa tâche ? Et si c’est le cas, n’avons-nous pas comme devoir absolu de l’aider à rectifier le travail en le soutenant par notre Foi ? N’ont-ils pas guéri, parfois, ceux qui sont parvenus à trouver Dieu en eux, à le reconstruire peut-être, à terminer le travail, aidés certainement par les maîtres du progrès médical ? Mais Hitler ou Staline, et tous les adeptes du génocide, que font-ils là ? Comment est-il possible qu’ils soient parvenus à enfouir Dieu en eux aussi profondément ? La folie peut-elle les excuser ? Mais cette folie, pourquoi aurait-elle échappée au contrôle de Dieu ? Est-ce encore l’ampleur de la tâche qui peut justifier cela ?

    Les interrogations comme des bourrasques. Un tourbillon qui refuse de s’apaiser. Il se dit que le seul livre qu’il pourrait écrire sur Dieu serait un livre de questions ne comportant aucune réponse.

    Plutôt que de demander pardon à Dieu pour nos incroyances passagères, ne devrions-nous pas pardonner à Dieu pour son incomplétude coupable ? Et si nos propres faiblesses n’étaient dès lors que le reflet de celles de Dieu ? S’il nous a fait à son image, ne portons-nous pas les traces enfouies de ses erreurs, ne réussissent-elles pas quelquefois à remonter à la surface, attirées peut-être par des fissures dans la carapace. Et si nous cessions de voir en Dieu un Etre parfait et que nous acceptions de le regarder comme un artisan sublime connaissant malheureusement quelques fatigues bien normales.

    Pour ceux qui souffrent des épuisements ponctuels de Dieu, l’ensemble des êtres humains ne devraient-ils pas faire preuve d’humanité pour pallier les déficiences de la divinité ? Dans cette attitude solidaire, affectueuse, attentive, certains hommes et certaines femmes dévoués au-delà du commun n’ont-ils pas déjà trouvé un aboutissement extraordinaire à leur existence ? Et certains malades ne sont-ils pas revenus de ce séjour dans les tourments de Dieu avec une sérénité et une lucidité exemplaires ? Ne devrions-nous pas apprendre à être malades ? N’y aurait-il pas dans cette attitude profondément réfléchie et sensible une voie d’accès à Dieu ?

    Le Mal sur Terre et le combat des hommes contre les forces multiples qu’il déploie ne sont-ils pas simplement, et terriblement, la confession à nos oreilles des péchés d’orgueil de Dieu, de ses insuffisances, de ses égarements ? A-t-il cru pouvoir s’en sortir seul malgré le gigantisme de sa Création ? Ou bien s’agit-il de sa part d’une manœuvre volontaire ? A-t-il voulu, en plaçant quelques brèches dans la perfection de son œuvre, obliger les hommes à se lancer toujours plus en avant, vers une maîtrise totale de leurs existences ? A-t-il voulu par là nous montrer la voie de la délivrance ? Que serions-nous devenus si nous avions été affublés d’une éternité pesante et d’une félicité béate ? Nous n’aurions sans doute jamais cherché Dieu puisque nous nous serions crû son égal. C’est notre fragilité qui nous pousse à grandir et c’est  pour cela que nous devrions en premier lieu remercier Dieu.

    Brutalement, il s’aperçoit qu’il ne parvient pas, pour la première fois, à établir la réflexion inverse et que l’idée d’un Dieu inexistant ne trouve pas sa place dans sa tête. Car si Dieu n’existe pas, qu’en est-il de lui-même ?

    Est-ce Dieu l’illusion ou nous-mêmes ? Sommes-nous simplement des formes agitées sur l’écran noir de l’Univers, créatures vides qu’un laborantin génial manipule ? Ces milliards d’êtres humains et ces milliards de milliards de moustiques et ces milliards de milliards de milliards de brins d’herbe ne sont-ils que les porteurs de Vie que Dieu imagine, des illusions d’optiques remarquablement constituées et pourquoi pas tout simplement les multiples versions d’un rêve divin ? Et si le Créateur venait à disparaître, le tour de magie disparaîtrait-il avec lui ? Et si le Créateur venait à être réveillé, inquiété par la tournure prise par ses propres rêves, dans quel Inconscient pharamineux serions-nous engloutis ?

    Il lui est désormais effroyable de croire qu’il est né d’un hasard et que toute la Vie qui l’entoure n’est qu’un assemblage laborieux qui a connu durant des milliards d’années des ratages monstrueux. Il lui semble plus doux d’imaginer que dans son être, éphémère et dérisoire pour l’Univers, un Etre supérieur se cache, qu’une volonté puissante a conçu cette image, lui a insufflé un élan, l’a jeté en avant.

    Et que maintenant, Il l’observe.

    Car si la totalité de son être fonctionne, bien qu’une partie lui ait été enlevée, et qu’il comprenne plus ou moins bien les mécanismes qui maintiennent la cohésion de l’ensemble, il ne parvient pas à comprendre comment chaque cellule sait pertinemment à quoi elle doit servir. À aucun moment de son existence, il n’existe par sa volonté. Tout se fait sans qu’il intervienne. Il peut tenter de maintenir le ciment, de ne pas perturber l’ordre établi mais il n’est en rien responsable des battements de son cœur, des milliards de pensées de son cerveau et de l’extraordinaire complexité de son corps. L’organisation de tout cela dépasse l’entendement humain car encore une fois les « comment » déjà expliqués ne suffisent pas à éclairer l’essentiel. Comment tout cela est-il possible ? Non pas le fonctionnement mais l’idée elle-même ? Est-ce qu’il est acceptable et suffisant pour calmer l’inquiétude d’affirmer que le Hasard est le maître, la sélection naturelle une évidence, l’évolution des espèces une règle intangible ?

    Lui n’est toujours sûr de rien.

    Il se sert un verre d’eau fraîche.

  • LA-HAUT : L'épreuve

    Image 2

    La Terre, sous ses yeux amoureux, se nourrit, saisit goulûment la Vie qui coule de l’Univers et ruisselle en silence. Il sent combien nous sommes tous enlacés par plus grand que nous, toujours câlinés par cette atmosphère ignorée. Il s’étonne d’ailleurs de l’extraordinaire ingéniosité de cette couverture gazeuse qui a su filtrer les rayonnements solaires bénéfiques et repousser vaillamment ceux que la Vie ne pouvait recevoir.

    Mais a-t-elle « su » le faire, nécessitant pour cela une conscience réelle ou tout au moins un Architecte habile capable de maîtriser les lois de la physique ou a-t-elle simplement par un mécanisme chanceux fini par se constituer laborieusement, autorisant dès lors l’apparition de la Vie?

    En lui, Dieu surgit une nouvelle fois. Il le voit cette fois comme le porteur d’une question essentielle, le point d’interrogation dressé devant les hommes. La complexité  fabuleusement merveilleuse du Vivant le pousse à croire en l’existence de l’Architecte mais le Mal s’obstine à jeter un voile sombre sur la Clarté qu’il distingue.

    Encore une fois, il veut y penser et tenter d’avancer dans le mystère qui le hante.

    Une brise légère, parfumée à la sève des grands pins, l’effleure un court instant, lançant par ses effluves des désirs de sous-bois.

    Il entre sous le couvert des arbres. Le plafond étoilé apparaît, impassible, dans les trouées des frondaisons. L’air, comme assoupi, respire lentement. Il s’arrête et tente de ralentir les battements de son cœur, de sentir la maîtrise de l’organe qui se soumet à son esprit. Il aimerait adapter ses souffles à ceux du monde. La force de son amour se révèlerait alors. Mais il est prisonnier de mouvements internes qu’il ne contrôlera jamais. Une faiblesse qui le désole. Les animaux sont certainement plus habiles que nous à cet égard, il en est certain. Les biologistes qui expliquent les bonds étonnants des baleines hors de l’eau par des soucis de se nettoyer des coquillages qui infestent leurs corps ou par des volontés de communications avec leurs semblables n’ont jamais admis qu’ils ne pouvaient s’agir tout simplement que d’un moyen fabuleux d’exprimer leur joie et leur amour de la Vie. Que sommes-nous capables de réaliser pour témoigner à notre tour de notre reconnaissance envers cette Force qui nous anime ? Nous la combattons. Voilà tout ce que nous avons réussi à établir comme contact. Pour lui, la troisième guerre mondiale a déjà commencé. D’un côté l’armée des hommes et de l’autre celle d’une Nature sans réelle défense.

    Quelqu’un, un jour, a écrit : «  Les hommes sont comme les pommes, quand on les entasse, ils pourrissent. » L’image est parfaite. Six milliards et quelques d’humains. Ça commence sérieusement à puer. D’autant plus que le dépôt où sont rangés les fruits est dégradé par la récolte elle-même.

    Fallait-il que Dieu aille jusque dans cette extrémité pour placer les hommes sur la Voie de la Compréhension ? Ne pouvait-il pas s’en tenir aux douleurs de l’âme ? Un effroyable doute.

    Et si ce doute participait lui aussi à l’Epreuve ? L’idée lui plaît… N’est-il pas l’ultime barrière à gravir pour accéder à la Porte ? Ne s’agit-il pas pour Dieu d’un ultime défi pour tester notre Foi ? « Que celui qui ne croît plus en Moi, parce que le destin que Je lui ai choisi lui pèse, connaisse la défaite et la fin. »

    Dieu serait-il capable d’un tel acharnement ?

    Il ne sait pas lui-même si, dans le cas où Isabelle, un jour béni, venait à « se délivrer » de leur premier enfant, il accepterait les cris de douleur du petit être fragile et l’incompréhension au fond de ses yeux envers une maladie qui le rongerait. Inacceptable qu’un être puisse accéder à la Compréhension en veillant celui qui meurt.

    Ne perdrait-il pas la Foi ? Ne refuserait-il pas l’Epreuve ? Ne maudirait-il pas le Responsable ?

    Dans ce cas-là, Dieu n’a-t-il pas présumé des forces morales de l’homme ? Mais s’il n’a pas su prévoir que la douleur serait trop épouvantable pour pouvoir être pleinement assumée par les parents qui soutiennent dans leurs bras impuissants leur petit enfant qui meurt, comment pourrait-on lui donner le nom de Dieu ? Puisqu’il s’est trompé. 

    De nouveau, parce que le doute ne le quitte jamais, il s’efforce d’établir la situation inverse.

    Si Dieu n’est rien d’autre qu’une illusion inventée par les hommes, les enfants cancéreux et tous ceux qui portent en eux des maladies incompréhensibles ne sont-ils pas tout simplement, et horriblement, les porteurs des stigmates d’une Nature créatrice qui se cherche encore ? Si Dieu n’y est pour rien, si la question même de son existence n’a pas de raison d’être et qu’on s’en tient à une Nature créée lentement par un hasard facétieux, les enfants malades et condamnés ne sont-ils pas l’ultime combat que doit livrer une humanité qui se veut libre et détachée de la Nature originelle ? L’Epreuve nous est proposée par cette Nature elle-même et nous n’avons dès lors rien d’autre à tenter que de la comprendre pour mieux la maîtriser.

    Il n’a toujours pas de réponse. Rien de définitif n’apparaît. Il se dit d’ailleurs que la réponse est peut-être là et que le doute en stimulant les recherches est à la source des progrès. Les scientifiques et les religieux, persuadés de détenir la vérité, ne doutent peut-être plus assez pour continuer à trouver. Ils se contentent d’apporter de nouvelles interprétations sur des concepts déjà éclairés refusant par là même de s’aventurer dans les zones d’ombres.

    Lui ne sait rien, c’est la seule chose dont il soit sûr.

  • La Nature et la Grâce (spiritualité)

    "A tree of life"

    Le début du film porte en voix off un texte sur la Nature et la Grâce.

    La Nature est "corrompue" et l'état de Grâce est une élévation au-dessus des contingences de la Vie, une sorte d'extraction de l'Humain qui possèderait un potentiel supérieur à toutes soumissions, une libération.

    La Grâce dernière est rendue nécessaire pour que l’homme puisse atteindre sa fin surnaturelle, c'est à dire un tremplin vers Dieu. L’entrée dans l’état de nature corrompue provoquée par le péché rend la grâce nécessaire. Il ne s’agit plus seulement d’élever la nature, mais aussi de la guérir. Il s'agit d'un combat.

    Il me semble que cette idée relève toujours d'une prédominance de l'homme sur la Nature et elle me déplaît considérablement. Nous sommes toujours dans une doctrine religieuse.

    Il existe pourtant une contemplation et un saisissement salvateur de la beauté infinie du Monde, de cette nature qui est condamnée par les errances qu'elle contient. Les hommes sont faibles et seule la Grâce pourrait leur permettre de s'élever et d'accéder à un état de plénitude.

     

    A mon sens, la Grâce est un état qui permet à l'individu d'accéder à la lucidité. Il ne s'agit pas d'une lutte contre les forces naturelles qui pousseraient les hommes à commettre le Mal mais d'un état de neutralité émotionnelle, offrant inévitablement une joie irréductible, bien au-delà du simple contentement épisodique.

    Un bonheur inconditionnel. 

    Pour Malick, comme pour Thomas d'Aquin, il s'agit du destin ultime de l'homme. Transcender la Nature et entrer dans la dimension mystique.

    Je réfute totalement cette conception car cela signifierait que nous devrions répudier la Nature, que nous devrions nous en extraire car elle serait le poison de nos âmes. Malick semble dire que la Nature originelle conduit inévitablement l'homme à commettre le péché, que le Mal est inscrit en lui, que la souffrance marquera de balises ineffaçables son chemin de vie. Traumatismes de l'enfance, humiliations, alternance entre l'élévation et la soumission.

     

    "Es-Tu là ?

    Guide-moi dans Ton Œuvre."

    Une voix off qui implore. Le salut serait au-delà de la Vie terrestre.

    Vision chrétienne qui cherche hors de la Vie un Salut espéré tout au long de l'existence. Et quelle paix ont-ils trouvé ces humains ? Rien. Le néant. Pour une raison profonde. Ils se sont dressés devant la Nature comme les porteurs d'une autre voie, une voie divine, une voie supérieure, une possibilité d'être hors de l'enveloppe charnelle, hors de la Nature.

    Les images de Malick sont édulcorées. On voit le monde animal dans ses splendeurs, jamais dans ses élans naturels, jamais un animal dévoré, dépecé, jamais un petit enlevé à sa mère, jamais un animal en souffrance. Un dinosaure qui épargne sa proie, comme saisi par un flot de compassion. Les enfants, par contre, font souffrir les animaux, attachent une grenouille à une fusée. Manichéisme outrancier.

    J'estime bien davantage la vision de la vie développée par René Barjavel dans "la faim du tigre".

    La Nature n'est ni sauvage, ni cruelle, ni néfaste, elle ne corrompt pas, elle n'élève pas, elle n'a même aucune intention. Elle est un ensemble de données brutes, un assemblage extrêmement complexe. Il ne s'agit pas de s'en extraire mais de l'accepter et de saisir dans tout ce qui peut l'être la présence divine. Non pas celle d'un Etre fondateur qui attendrait de notre part des éloges programmés par des Textes bibliques mais bien la présence du flux vital, de l'énergie, de la source.

    La Grâce, à mes yeux, survient lorsque cette perception existe, avec la même amplitude qu'une respiration, avec la même constance.

    Le Panthéisme bien avant le Christiannisme. Le premier est toujours inscrit dans le flux vital. Le second a voulu lui octroyer une parole adressée essentiellement aux humains. La Nature ne parle pas plus aux humains qu'aux herbes. Dieu vibre tout autant dans l'un que dans l'autre.

    Il est inconvenant de penser que le sens de l'existence serait d'accéder à un niveau de conscience qui serait hors de la Nature, en opposition à ce flux créateur, que Dieu n'apparaitrait qu'aux hommes ayant abandonné leurs errances naturelles.

    La Nature, chez Malick, c’est à la fois ce monde qui suscite l'émerveillement et la violence associée à la survie. La grâce serait de s'en remettre à Dieu pour comprendre et tout du moins accepter les épreuves.

    "Dieu, je remets mon fils entre tes mains."

    Et je m'offre ainsi l'apaisement.

     

    Il y a quelque chose d'immature dans cette démarche. C'est le doudou de l'âme en peine. Et cela revient à placer les forces de la Nature comme des outrages, des blessures, des violences inconsidérées, des injustices.

     

    Mais alors comment justifier que l'homme puisse se réjouir de la beauté de la Nature tout en condamnant ce qui frappe sa conscience ? Cela signifierait que ce Dieu aurait inséré dans le mécanisme du Vivant des phénomènes qui conduiraient les hommes à L'honorer, à chercher en lui une voie de salut.

    Je ne vois dans ce plan qu'un esprit manipulateur, un désir de puissance, le goût immodéré du Maître sur ses vassaux. Ce Dieu-là est une abomination. Et il ne peut devenir qu'une idole plus dangereuse que tous les phénomènes néfastes qu'il aurait instaurés. Cela reviendrait à créer une caste d'Elus, opposés aux mécréants. On connaît le fanatisme qui en résulte. 

     

    la Grâce n'est pas dans un abandon à une puissance divine mais dans l'Amour de ce qui est. Et dans l'opportunité de lucidité que ce réel propose. Toute forme de jugement, tout sentiment de supériorité, toute idée de Peuple élu ou de conscience "extranaturelle" est une pure croyance. Alors que la Foi est une acceptation inconditionnelle de tous les phénomènes liés au Vivant.

    Si Dieu a créé ce Monde pour que les Hommes l'honorent au regard du Salut qu'il propose, Dieu n'est qu'un manipulateur.

    A moins que les Hommes eux-même se soient fourvoyés.

    J'aimerais voir les réactions de Peuples Premiers à ce film.

    Dieu serait le sauveur des âmes. J'imagine leur éclat de rires.

    Tant que les hommes verront dans la Nature une dimension qui les corrompt, je pense qu'ils ne connaîtront jamais Dieu. C'est à dire l'Amour insufflé dans le flux vital.

     

    La mystique de Malick, aussi esthétique soit-elle, contribue à ce désastre. Parce que c'est une esthétique biblique. Et qu'il n'est dès lors absolument pas libre de comprendre, ni encore moins de saisir l'ineffable.

    Dans cette conception biblique, Dieu le Père tient le même rôle que le père terrestre.

    Brad Pitt alterne les moments de partage, d'affection, de jeux avec les moments d'humiliation, de soumission, de colère.

    On retrouve finalement le même fonctionnement que celui dénoncé par les tenants d'un Dieu tout puissant.

    Lorsque la Vie s'avère redoutable, la faute en incombe à la Nature. Dieu sera le Sauveur.

    Lorsque la vie est belle, c'est un cadeau de Dieu.

    Consternant.

    "Ne t'invente pas des armées d'ennemis pour excuser tes propres faiblesses. "

    N'accuse pas la Nature d'avoir inséré en toi des phénomènes néfastes. Ta mission est de les observer et non d'implorer un Sauveur. Ta mission est d'analyser pour comprendre et non de de clore ton esprit par des prières.

    Le fonctionnement développé par la religion est un abandon.

    Autant j'admire la maîtrise absolue du cinéaste, autant, je conteste son message.

     

    J'attends toujours ce film qui explorera l'Amour.

  • Topocontes

    UNE SUPERBE IDEE


    Planète Métis Magazine

    Planète Métis Magazine

    A propos de Planète Métis

    Magazine consacré à l'écologie et l'environnement

    Topoconte, petit peuple et randonnée

    ChroniquePosted by philippebainier Wed, November 06, 2013 09:48:02
    TOPOCONTE®, petit peuple et randonnée

    Le TOPOCONTE®, est un concept et une invention littéraire atypique, à mi-chemin entre le conte et le topo de randonnée. Conjugaison de l’imaginaire et la rando ludique… se balader devient alors une aventure dont vous êtes le héros, parti sur les traces visibles et palpables laissées par des êtres imaginaires.

    Edition : Les Colporteurs http://www.lescolporteurs.fr/
    Auteurs : Laurent Schwoehrer et Jean-Christophe Huet

    Public : Pour toute la famille.

    Les auteurs

    Jean-Christophe Huet et Laurent Schwoehrer sont deux amis et confrères. Accompagnateurs moyenne montagne et pères de familles, ils partagent aussi l’aisance auprès du jeune public et l’envie de valoriser les chemins de randonnées.

    « Nous sommes des traits d’union entre les gens de la ville et la nature, mais nous avons envie d’aller au-delà de l’information » explique Jean-Christophe Huet.

    Et le TOPOCONTE® est né !

    Leur complicité mise au service d’un amour inconditionnel de la nature fait bon ménage avec leur imagination fertile. De là à créer de toute pièce un outil pédagogique sortant des sentiers battus il n’y avait qu’un pas qu’ils ont franchis avec talent, permettant à chacun d’être autonome sur les sentiers. TOPOCONTE®, est une marque déposée.

    TOPOCONTE® : au choix

    Le premier cahier, Farfadets et les pierres cachées (paru en 2009), concernait la région de Grenoble.

    Puis, en 2011, Brigands et fées de Chartreuse devenait prétexte à la découverte d’un autre secteur montagneux, sur le territoire du Parc Naturel Régional du massif de Chartreuse.

    En 2011 Cyclamon et les cairns faisait son apparition. Les auteurs se mettant à jouer les rôles d’Hubert Codet et Yves Fournier, des archéologues spécialistes des petits peuples. Cette fois, les aventures se déroulent sur le Massif des Bauges, situé entre Annecy Albertville et Chambéry. Premier d’une série de quatre carnets, il met en scène Cyclamon, un petit personnage attachant.


    En 2013 le tome 2, Cyclamon et la carte du monde souterrain

    En novembre 2013, le tome 3 : Cyclamon et la Clé de la Mémoire

    Allons-y

    Le TOPOCONTE® propose des itinéraires bien précis et réels, tout en permettant de plonger dans un univers emprunté aux contes et légendes dans une nature bien palpable.

    Des allers et retours incessants se font entre ces deux mondes. Petits peuples des Rocailloux, Moussus, Ravignats et Floribards accompagnent le défi que chacun est invité à relever.

    Au fil de la promenade il s’agit de découvrir les symboles gravés sur les Cairns et autres indices.

    Le TOPOCONTE® est richement documenté d’informations au sujet de la flore, de la faune, des différentes curiosités à côté desquelles, il serait dommage de passer.

    Les technologies modernes ont été mise à contribution depuis, afin de rendre plus attractive encore l’aventure.

    Nathalie Damide Baldji
    journaliste pigiste plurimédias
    http://www.reportagesandco.com/

    Lire la suite

  • Ca se passe près de chez vous

    Partout en France.


    A 91 ans, elle est jugée trop valide et perd ses aides

    Jugée trop valide, Jeanne, 91 ans, s'est vu supprimer ses aides à domicile par le conseil général de Saône-et-Loire.

    Saber Desfarges
    Le 04/11/2013 à 15:51
    Jeanne Bramas ne rentrerait plus dans les critères des aides à domicile. (Capture JSL.com - montage BFMTV)

    Jeanne Bramas ne rentrerait plus dans les critères des aides à domicile. (Capture JSL.com - montage BFMTV)

    1 / 1

    A 91 ans, Jeanne Bramas, habitante de Sainte-Croix en Saône-et-Loire s'est vu retirer ses aides à domicile, rapporte le JSL.com. Jugée trop valide, l'agricultrice à la retraite ne rentrerait plus dans les critères. La grand-mère bénéficiait de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) depuis 2009, lui donnant droit à 20 heures de ménage par mois à un tarif réduit.

    Une situation à laquelle la famille de la retraitée ne décolère pas. "Elle a 91 ans et je sais qu’elle ne sera pas éternelle. Je voudrais qu’elle puisse vivre tranquillement, apaisée", a déclaré sa petite fille, Karine Ferrand.

    "Apparemment, quand on vieillit, on reprend des forces

    Il y a trois ans, la fille de l'agricultrice à la retraite, Annie Pirat, avait monté le dossier pour sa mère. "Elle en avait besoin: pour le ménage, pour l’aider à sa toilette. À 87 ans… Elle commençait à faiblir, et à avoir du mal à effectuer certaines tâches quotidiennes"', s'est-elle expliquée au JSL.com.

    Mais en 2012, coup de théâtre: une visite de contrôle met fin aux aides de Jeanne. "On nous a dit qu’elle ne rentrait plus dans les critères. À 90 ans, elle serait trop valide!", a dénoncé sa petite fille. "Apparemment, quand on vieillit, on reprend des forces…", a ironisé sa fille.

    Après cette décision, la famille tente un recours. Mais la réponse reste la même: Jeanne ne rentre pas dans les critères.

    Des revenus trop faibles

    La famille a depuis réussi à mettre en place deux heures de ménage par semaine grâce à la Mutuelle Sociale Agricole. "Mais ça ne pourra pas durer: ça devient trop cher", a déploré Karine Ferrand.

    Jeanne vit avec le minimum vieillesse et ses revenus demeurent trop bas pour assurer la charge. Une situation qui devient incompréhensible pour ses proches: "Certes, elle est valide : elle se lève seule, marche. Mais par exemple, elle a une baignoire où elle ne peut plus rentrer. Et faire du ménage, ce n’est plus possible", a assuré Karine.

    Un constat que confirme la fille de la retraitée: "pour les repas, il faut la surveiller. Et elle a du mal à se servir de ses bras. Alors j’aimerais comprendre leurs critères…

    Le conseil général de Saône-et-Loire, qui a retiré l'aide à domicile de la dame de 91 ans, "l'âge n'est pas un critère." Ajoutant "qu'il permet d'être éligible" seulement à l'APA pour les personnes de 60 ans et plus.

    Lire la suite