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Magouilles entre amis.

Par Le 01/05/2013

"« Le luxe corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise ; il vend la patrie à la mollesse, à la vanité ; il ôte à l'Etat tous ses citoyens pour les asservir les uns aux autres, et tous à l'opinion ». Jean-Jacques Rousseau.

Mais lorsque l’État et la société en général, prônent le matérialisme comme vertu, lorsque les dirigeants d'une "démocratie" se vautrent et s'humilient pour accroître leurs richesses, lorsque seules des valeurs mercantiles sont mises en avant, il faudra bien que le système s'écroule sur lui-même pour qu'une autre voie apparaisse.

Nos sociétés foncent dans un mur. Et finalement, j'attends avec impatience qu'elles accélèrent.


Est-ce qu'il y a UN seul politicien qui ne soit pas corrompu ? Juste UN ?...Le fils de Fabius qui ne paie pas d'impôts achète un appart de 7 millions. Mais alors, moi qui paie des impôts, pourquoi je ne possède pas un appart d'au moins 10 millions ? C'est incompréhensible...http://www.francetvinfo.fr/le-parquet-intrigue-par-l-achat-d-un-luxueux-appartement-par-le-fils-de-laurent-fabius_314229.html?xtatc=INT-1%3Dobinsource


C'est ce qu'on appelle une tournée médiatique. Après Canal+ et LCI, c'est au tour du journal télévisé de France 2, ce mardi soir, de recevoir Claude Guéant, invité à s'expliquer sur les 500 000 euros trouvés sur son compte et à se défendre de tout blanchiment d'argent, détaillant au passage un système de "primes de cabinet"

Claude Guéant, ex-ministre UMP, a ainsi affirmé sur France 2 que des primes en liquide ont bien été versées aux fonctionnaires du ministère de l'Intérieur "jusqu'à 2006". L'ex-secrétaire général de l'Elysée fut un proche collaborateur de Nicolas Sarkozy lorsque ce dernier était ministre de l'Intérieur, de 2002 à 2004 puis de 2005 à 2007. 

Il était de nouveau contraint de s'expliquer sur les fonds retrouvés à son domicile lors d'une perquisition en février, dans le cadre de l'enquête sur un présumé financement illégal par la Libye de la campagne présidentielle de 2007. Et de factures payées en liquide "pour une somme de 20 à 25 000 euros". 

"Menteur" ou "voleur", lui lance Bachelot

"Il y avait deux régimes" de primes en liquides, selon Claude Guéant, pour rémunérer en espèces les membres de cabinets ministériels. Le premier, "un régime général sur les fonds dits secrets", auquel Lionel Jospin a mis un terme en 2002. Le second, "pour ce qui est du ministère de l'Intérieur", était un régime spécifique de primes concernant "des milliers de personnes" et sur lequel étaient "alignés" les membres de cabinet.  

"C'est absolument impossible d'avoir touché des primes de cabinet à partir de 2002", lui avait rétorqué ce mardi Roselyne Bachelot, ancienne ministre, ajoutant que son ancien collègue Guéant était "soit un menteur, soit un voleur". 

"Quand vous avez plusieurs milliers de fonctionnaires qui bénéficient de ce système, vous ne le changez pas du jour au lendemain", a plaidé Claude Guéant sur France 2, précisant qu'avec Nicolas Sarkozy comme ministre, "nous nous sommes efforcés bien sûr et nous avons réussi, en 2006, à mettre un terme à ce dispositif" pour payer "par virement". 

Claude Guéant dirigea lui-même la place Beauvau entre 2011 et 2012. "Les primes sont justifiées, ce sont des fonctionnaires, je ne parle pas de moi, qui travaillent très dur, qui sont très compétents, ils ont une indemnité", a-t-il détaillé.  

Des fonds de la DGPN pour "enquête"

De source gouvernementale, on explique que l'ex-ministre fait vraisemblablement allusion à un fonds spécifique à l'Intérieur dévolu aux "frais d'enquête et de surveillance", sous responsabilité du Directeur général de la police nationale. C'est à la justice d'éclaircir le caractère légal ou non de l'emploi de ces sommes à d'autres fins. 

"Je n'ai jamais rien blanchi, je ne sais pas comment on fait ça", avait-il affirmé peu avant sur un autre plateau, celui de Canal+. "Ces informations qui sont diffusées me portent préjudice, portent atteinte à mon honneur, me peinent, c'est déloyal", a-t-il ajouté, déplorant que le secret de l'instruction soit "de plus en plus souvent bafoué". 

Sur ce demi-million d'euros, provenant d'un compte à l'étranger, Claude Guéant a de nouveau affirmé qu'il s'agissait d'une "transaction privée" il y a" une vingtaine d'années" de deux tableaux ensuite vendus en 2008. Il assure avoir en sa possession les pièces justificatives à la vente, qu'il "réserve à la justice".


Pas de TGV dans le jardin de maman

le Mercredi 1 Mai 2013 à 07:20

Un ex-conseiller de Christine Lagarde aurait fait changer le tracé d'une ligne LGV pour sa mère. L'art contemporain ne connaît pas la crise. Et une nouvelle arme anti-marée noire

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Décidément les révélations se succèdent dans la presse sur des affaires qui mettent en cause des politiques ou leurs proches...

Pas de quotidiens aujourd'hui pour cause de Fête du Travail, mais il y a les sites Internets des journaux et les magazines.

Après les révélations du Canard Enchaîné sur les tableaux et l'argent liquide de Claude Guéant, Le Point révèle à son tour une affaire concernant cette fois Thomas Fabius, le fils du ministre des Affaires étrangères avec cette question : comment le fils du numéro deux du gouvernement qui ne paie pas d'impôt sur le revenu a-t-il pu acheter un appartement parisien de 7 millions d'euros sans que le fisc cherche à en savoir plus ?

Thomas Fabius a expliqué au Point avoir financé son achat par un emprunt bancaire assorti d'une mystérieuse garantie. D'autres sources impliquées dans la vente évoquent des gains de jeu.

Selon Le Point, Thomas Fabius n'a fait en tout cas l'objet d'aucune enquête fiscale, malgré un signalement de Tracfin, le service chargé de repérer les circuits financiers clandestins.

Et troisième affaire toujours dans la presse : elle concerne cette fois un proche de Christine Lagarde...

Sud Ouest annonce qu'un ancien conseiler de Christine Lagarde au ministère de l'Economie, François-Gilles Egretier, vient d'être mis en examen pour prise illégale d'intérêt par le juge Renaud Van Ruymbeke.

Cet ex-conseiller de l'actuelle directrice générale du FMI est soupçonné d'être intervenu pour faire modifier le tracé de la future Ligne à Grande Vitesse qui devait passer par le jardin de sa mère.

Yann Saint-Sernin raconte dans Sud Ouest qu'il y a trois ans, lorsque l'État et les collectivités valident le projet de LGV sur la petite commune d'Uchacq-et-Parentis, à quelques kilomètres de Mont-de-Marsan, c'est la douche froide. Soixante maisons sont impactées. Dont une qui est celle de la mère de François-Gilles Egretier.

Même la gazette communale se fait très peu discrètement l'écho d'une intervention en haut lieu d'un habitant de la commune
et remercie en passant son "antenne parisienne", Monsieur Egretier.

Quelques mois plus tard, le tracé LGV est providentiellement modifié. épargnant cette fois le jardin de Mme Egretier mais pas celui d'une quinzaine d'autres habitants qui déposent une plainte.

Pour Sud Ouest, c'est un dossier où l'amour filial d'un haut fonctionnaire rejoint le désarroi d'élus de petites communes qui ont vu débouler une Ligne à Grande Vitesse chamboulant l'urbanisme local.  Une histoire qui serait restée presque banale sans le jardin d'une maman...


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Le Point.fr - Publié le

Pierre Bachelot, le fils de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot - Photo prise en 2000 © ANDANSON/SIPA
Pierre Bachelot, le fils de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot - Photo prise en 2000 © ANDANSON/SIPA
lepoint.fr

C'est une nomination qui ne devrait pas passer inaperçue. Pierre Bachelot, fils de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, a été nommé à la direction générale de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé. Il entrera en fonction mardi. Il s'agit d'un poste de chargé de mission directement attaché auprès de la directrice générale de l'Institut, une fonction qui existait déjà ponctuellement, mais qui a été mise en valeur dans le cadre de l'élaboration du projet d'établissement de l'INPES et du changement récent de l'organigramme. Pierre Bachelot sera chargé de développer une stratégie d'influence ou de lobbying, notamment auprès du Parlement, et de veiller à ce que la santé soit intégrée dans toutes les politiques publiques.

Pierre Bachelot, qui est âgé de 41 ans, est diplômé de l'Institut supérieur des Arts de Paris. Son cursus professionnel est lié au parcours politique de sa mère. L'actuelle ministre de la Santé a été députée RPR du Maine-et-Loire, puis députée européenne, ministre de l'Écologie. Pierre Bachelot a été assistant parlementaire de sa mère entre 1992 et 2002, attaché parlementaire au cabinet de la ministre de l'Écologie (de mai à juin 2002), puis conseiller parlementaire de juin 2002 à mars 2004, une fonction qu'il occupait également au cabinet de la ministre de la Santé depuis juin 2007... De 2004 à 2007, Pierre Bachelot a également été responsable des relations institutionnelles d'un groupe industriel spécialisé en environnement.


35 Commentaires

peje le 20/06/2010 à 22:49

because

Oui je crois que nous sommes retombes au 19ème siècle. Pour ma part cela fait 12 ans que je suis interdit de travailler pour des contrats qui ne dépassent pas 4 mois on m'a proposé cet hiver un travail d'une journée et je cours pour mériter un contrat de trois jours malgré un niveau Bac+4 en informatique et prétendument interdit de passer un Master toujours dans le même domaine. Fantastique ! Sinon le terrorisme biologique est en pleine vitesse et les séjours à l'hôpital diminue mais pour les soins + ou - efficaces Il faut attendre un mois et demi pour avoir un rendez - vous pour un détail de santé qui a commencé cet hiver. Alors pour moi liberté, égalité, et fraternité ne veulent plus rien dire. Je remplacerais cela par discrimination, humiliation, et privation du droit au travail. J'ai encore plein de choses à dire, alors je n'ai trouve de refuge que dans l'indifférence. Sans commentaires mais je n'en pense pas moins. Heureusement qu'ils existent d'autres pays sur cette monde.

Dan78 le 11/06/2010 à 01:10

Récidivistes

Mme Bachelot et son fiston n'en sont pas à leur coup d'essai. Ce sont même des récidivistes. Déjà en janvier 2008 Le Canard enchainé avait révélé que le fils Bachelot était logé dans un appartement de la Ville de Paris de 80 m2 donnant sur le parc André Citroën, pour un loyer d'à peine 800 euros. Logement fourni grâce au maire de l'époque, Galy-Dejean.
[...]

Le recruteur le 27/05/2010 à 22:59

CV totalement vide

Que du pipo et du vent ! Ca ne mérite qu'un RMI !

Fredus le 27/05/2010 à 22:53

Maman et son fils

Quoi de plus touchant qu'une mère qui veille sur sa progéniture ? Le seul problème, c'est que la progéniture est aujourd'hui âgée de 41 ans et que le cordon ombilical n'est pas coupé. Les dégâts peuvent sans doute être constatés aux deux bouts du cordon et ne feront qu'aller croissant. Je leur souhaite bon courage à tous les deux, car je n'aimerais pas être à leur place !

zou le 27/05/2010 à 22:31

Périphrase...

Joli pour la période 2004-2007 où le pantouflage dans une multinationale coincide avec la période où sa mère n'était plus ministre. Quasi orphelin donc !

cqfd le 27/05/2010 à 22:20

... l'Art est difficile !

Des Arts à la Santé ! N'importe quel employeur, n'importe quel DRH de groupe pharmaceutique aurait mis le CV au panier sans donner suite car hors sujet, en se demandant comment quelqu'un de diplômé peut-il commettre pareille hérésie et lui faire perdre son temps ! Combien y a t-il tous les jours de par le monde de candidats qui ne sont pas recrutés bien qu'ayant le profil au prétexte qu'il leur manque un petit quelque chose ! Dans ce cas précis ce serait plutôt l'INPES qui se serait reconverti pour faire, peut-être à présent, dans l'Art !

daniel61 le 27/05/2010 à 22:07

Merci Maman

Et vive la démocratie hériditaire...
UMP-PS, même combat : placer le maximum de la famille et des amus dans des planques bien rémunérées, et que le peuple se taise, ces gueux !

Phil le 27/05/2010 à 21:56

République ?

Nos politiciens ont le sens de la famille, comme les familles nobles d'avant 1789. Je croyais qu'en république seul le mérite comptait ?

foxtofox le 27/05/2010 à 21:55

Pistonne ?

Qu'allez-vous chercher là ? Cela est l'évidence même que le fiston est la personne la plus compétente à ce poste ! Comment pouvez vous tous immaginer un seul instant que maman a oeuvré pour placer son fiston, tout le monde sais que dans notre monarchie républicaine seul le mérite est récompense ! Epad ça ne vous dit rien ?

Herodote le 27/05/2010 à 21:43

La France réelle (!)

Voici une des forme de notre nouvelle France
que voudrait dessiner le pouvoir plébiscité
par plus de 53 % des votants en 2007...


DE QUOI REMPLIR DES PAGES ET DES PAGES...Et ils viennent nous donner des leçons...

Qu'ils crèvent.

Mr Guillotin, vous me manquez.


L'ego encapsulé (2)

Par Le 30/04/2013

Le modèle du moi le plus commun est celui du moi individuel, séparé et distinct du monde. C'est un paradigme extrêmement puissant et tous les schémas de pensées qui en résultent conditionnent notre rapport aux autres et à la Terre. Le philosophe Alan Watts a surnommé cela "l'ego encapsulé de peau" (skin-encapsulated ego), ce qui est à l'intérieur de la peau est moi, ce qui est en dehors d'elle n'est pas moi. Toutes nos expériences, nos perceptions, nos rapports, nos relations sont générées par ce paradigme et nous modelons la réalité en conséquence. Nous transformons en fait la réalité puisque nous n'en percevons que la partie inhérente à cette façon de penser et de vivre. Il est dès lors quasiment impossible dans la cadre d'une vie formatée de sortir de cette enceinte et de s'ouvrir de nouveaux horizons. Nous n'avons même pas conscience qu'il puisse exister une autre réalité, ou plutôt une extension de la réalité.

Et je me heurte par conséquent à ce conditionnement dans ma classe, avec des enfants qui n’ont pourtant que dix, onze ans. Compétition, comparaison, jalousie, violences verbales et physiques, intimidations, chantages, mouvements de groupes contre l’exclu, mensonges, racket… Sans cesse plus haut sur l’échelle de la dégradation, de plus en plus jeunes. L’impression qui en ressort, si j’oublie les visages et que je ne prends en compte que les comportements, c’est de rencontrer constamment une forme de pensée totalement folle…

L’ego encapsulé. 

Le moi existe, il ne s'agit pas de le nier, c'est une réalité mais il n'est pas une entité fermée. Elle a été fermée. Le paradigme le plus développé a pris le pas sur toutes autres formes de perceptions. On peut bien entendu se demander ce qui a poussé l'être humain à une telle diminution de se perception...Un égocentrisme surpuissant peut-être lié à sa fragilité originelle. Le besoin de se sauver au cœur d'une Nature insoumise. C’est là que j’entrevois ces « caractères ancestraux » dont j’ai déjà parlé. Le goût du pouvoir sans doute également. Prendre la place du chef à la place du chef. Et le chef se doit d'être le Maître du monde pour recevoir l'adhésion du groupe. La Nature en devenant l'ennemi à dominer offrait un piédestal à ce goût du pouvoir... Juste des hypothèses bien entendu... On ne peut pas résumer une évolution aussi considérable en deux ou trois idées...

Mais ce qui est essentiel, c'est d'accepter l'idée qu'un paradigme n'est qu'une méta théorie, non pas une "méta réalité", ni encore moins le Réel.  Il est donc toujours possible de changer de théorie, il suffit de changer de regard... L'intellect suivra. Et fondera une autre théorie. La théorie n'a pas d'existence propre, elle est créée par un raisonnement. Effaçons le raisonnement ou changeons le et la théorie se transforme, rien n'est figé.

La tectonique des plaques restera à mon sens un des exemples les plus puissants de cette évolution possible. Wegener a commencé par observer, par regarder, par comparer les éléments naturels qu'il trouvait : les fossiles. Et puis il a travaillé sur les cartes de la Terre. Juste des regards à la source et puis les raisonnements qui s'emballaient...Mais les scientifiques de l'époque ne voulaient pas de ce changement de paradigme parce qu'ils auraient dû admettre que leurs théories précédentes étaient fausses, c'était une remise en cause inacceptable. Il s'agissait pourtant de scientifiques mais leurs connaissances paraissaient sérieuses et fondées aux yeux de tous et il ne leur était pas possible, intellectuellement parlant et existentiellement d'admettre une erreur...

L'ego encapsulé. Une force d'inertie redoutable. Le pouvoir ne peut pas tomber de cette façon. C'est insupportable. Le chef doit résister pour préserver son statut…

Nous sommes sans cesse, générations après générations, dans la même situation. Les scientifiques ont bien évidemment raison puisque toutes les preuves qu'ils ont apportées correspondaient aux recherches qu'ils menaient. On trouve ce qu'on cherche, c'est une évidence. Et puisqu'on l'a trouvé, c'est que c'était juste... Pour trouver autre chose, il faut aller chercher ailleurs. Mais là les scientifiques courent le risque de ne pas être subventionnés, de perdre leur poste, de ne pas voir publier leurs recherches ou de ne même pas obtenir les fonds pour les mener à terme.

Je pense de plus en plus que les recherches scientifiques s'engageront dans des voies différentes lorsque le peuple lui-même mettra en avant les priorités qui l'occupent. C'est de la masse que viendra le changement en haut de la pyramide. Sans doute aussi parce que nos egos encapsulés le sont moins que ceux qui l'ont renforcé au cœur de leur parcours universitaire...

Heureusement, à l'opposé d'un Gilles de Robien, on trouve les Rupert Sheldrake, John Lilly, Jean Marie Pelt, Stanislas Groff, Prigogine, David Bohm, Michael Sabom, Raymond Moody...

Les "coïncidences" ne nous apparaissent qu'à travers le filtre de notre "moi encapsulé". Tout comme les énigmes médicales. Juste un champ d'investigations qui est limité par le rationalisme ambiant. Si on avait accepté d'écouter par exemple les peuplades "primitives" un peu partout sur la planète, on n'en serait pas là... Il y a un manque effrayant d'humilité dans notre cheminement intellectuel parce que justement, ça n'est qu'un cheminement intellectuel...

Et puisque ce cheminement intellectuel est devenu la norme avec la bénédiction de la science, il est extrêmement difficile d’en sortir. L’éducation entretient le paradigme, l’enseignement lui emboîte le pas, le monde professionnel en est l’aboutissement le plus pervers… Le matérialisme en étendard.

Comment sortir de ce moi encapsulé ? Il faut déjà en prendre conscience… Réellement et pas dans un espace intellectuel.

Comment s’y prendre ?

Comment parvenir à concilier nos vies « modernes » avec un attachement à la quête spirituelle ?

Comment préserver les enfants du paradigme totalitaire ?

Comment éveiller en eux une dimension spirituelle étant donné qu’elle est la seule démarche permettant d’envisager une évolution verticale.

L’extension de l’homme s’est faite sur un plan horizontal, environnemental. Même la démarche scientifique répond à une intention de pouvoir. L’altruisme est une utopie morte.

La démarche spirituelle propose une extension verticale à ceux qui parviendront à plonger dans leurs propres abysses.

La futilité n’est pas de mise dans cette exploration.

Mais la futilité est l’arme du pouvoir dans le monde horizontal. La futilité incite à ne rien comprendre et à s’en réjouir. Le pouvoir accorde une importance considérable au développement de la futilité. Il y met des moyens gigantesques.

Les enfants adopteront donc le paradigme de leurs parents, de leurs enseignants, de leur société. Ils n’y comprendront rien mais ils lutteront de toutes leurs forces pour le préserver.

C’est déjà le cas dans ma classe.

Et ça me fait un mal de chien. Jour et nuit.

Ecole Montessori

Par Le 30/04/2013

Que peut nous apporter la pédagogie Montessori ? avec Marilyne MAUGIN, institutrice Montessori

SOS Education - Les Ateliers du mercredi

Date de l'atelier : le 27 / 03 / 2013

SOS Éducation a organisé un atelier du mercredi, le 27 mars dernier, réunissant une vingtaine d’enseignants venus de tous les horizons, public, privé, privé hors contrat, autour d’une intervenante Maryline Maugin, éducatrice Montessori.

Maryline a enseigné pendant plusieurs années dans des écoles Montessori, aujourd’hui elle s’est tournée vers la transposition de cette pédagogie sur iPad et sur iPhone. Elle intervient dans le cadre de cet atelier avec une question en tête : Maria Montessori a créé cette pédagogie pour les enfants déficients, souvent nécessiteux et aujourd’hui on ne la retrouve proposée que dans des écoles réservées à une élite.
Pourrait-on faire évoluer les choses ?

Une rencontre avec une philosophie

Maria MontessoriVouloir introduire un embryon de philosophie Montessori dans une classe où l’on est seule avec trente élèves, n’est pas une mince affaire, ni même complètement réaliste, mais on peut, en tous les cas s’inspirer de ce que ce médecin, Maria Montessori, a su développer en partant de l’observation de l’enfant et des étapes de son développement.

Maria Montessori a développé beaucoup de matériel pédagogique que l’on peut introduire à plus ou moins forte dose dans sa classe.

Mais il faut d’abord se défaire d’un certain nombre d’idées reçues sur cette pédagogie. Quand on l’observe de loin, on a souvent l’impression que c’est du n’importe quoi, que les enfants font ce qu’ils veulent, comme ils veulent : faux.

 

Tout est orienté pour favoriser la concentration

Les premières heures de classe, c’est vrai, se déroulent dans un certain brouhaha. Mais tout l’enjeu va être justement d’arriver à dépasser cette situation. L’espace des classes Montessori est très organisé.

En général, en quatre coins : vie pratique, sensoriel, langage, mathématiques. Au départ, le coin vie pratique est celui qui prend le plus de place et plus l’enfant grandit, plus les autres seront importants.
L’atelier vie pratique est l’atelier qui va permettre de construire progressivement la capacité de l’enfant à se concentrer.

Des activités à proposer auxquelles on ne pense pas toujours

Classe MontessoriLes activités proposées surprennent ; on apprend à rouler et dérouler un tapis, à ranger, à laver du linge, à soulever une chaise sans faire de bruit, changer l’eau des fleurs, presser une éponge, etc...

Le matériel doit être présenté à chaque enfant et toujours de la même manière, en se plaçant à la gauche de l’enfant, du côté du cœur, non seulement en chuchotant mais aussi en en disant le moins possible. « Si vous visitez une classe Montessori en milieu d’année, vous êtes d’abord surpris par le silence, ce sont des classes où l’on chuchote », souligne Maryline.

Pour tenir cette pédagogie, il faut absolument comprendre l’importance de l’adulte, son rôle. C’est lui qui montre à chaque enfant, qui remontre si nécessaire. Il faut être précis à la fois dans ses gestes et dans le vocabulaire que l’on emploie.

Et c’est l’adulte qui est maître du cadre et le cadre est extrêmement important.

 

Évaluer en permanence

éleves apprenant avec la méthode MontessoriC’est une pédagogie qui repose sur l’observation et l’évaluation en permanence de chaque élève. L’adulte doit avoir la capacité de porter une appréciation sur chaque élève face à chaque activité. C’est loin d’être évident.
Il doit être particulièrement vigilant si des enfants s’enferment dans certaines activités. Il faut qu’il arrive à les amener vers d’autres.

Les classes Montessori ne proposent pas pour les tout-petits de coin poupées, kapla ou voiture. Tout est organisé à travers des plateaux d’activité conçus avec précision. Les plateaux suivent une progression logique, l’enseignant doit donc veiller à ce qu’ils soient toujours placés exactement au même endroit.

C’est un investissement pour l’enseignant qui doit à la fois s’approprier une philosophie, guider, veiller et bien souvent se remettre en question.

Le matériel Montessori

Chaque matériel correspond à un apprentissage. Les passer en revue donne des idées à chacun sur tout ce qu’il peut faire avec un balai, un plumeau ou une éponge mais aussi avec du matériel plus spécifique.

Lettres rugueuses - Montessori
Les lettres rugueuses
 : on les connait tous plus ou moins, d’autant que certains éditeurs ont commencé à les commercialiser auprès du grand public.
L’intérêt pour l’enfant est de voir la forme en même temps qu’il la sent. On peut s’en fabriquer un facilement avec du papier de verre.

Le fait d’associer le toucher au tracé va favoriser la concentration et l’application d’un certain nombre d’enfants.

L'alphabet mobile - Montessori
L'alphabet mobile :
l’intérêt est de proposer à l’enfant des lettres cursives qui vont lui permettre de former des premiers mots très courts.

Maria Montessori propose toujours dans ces différentes activités où l’enfant manipule des lettres, d’utiliser deux couleurs : les consonnes sont en bleu, les voyelles en rouge.

 

 

Pour aller plus loin :

  • Apprends-moi à faire seul :  la pédagogie Montessori expliquée aux parents de Charlotte Poussin, Eyrolles.
  • Éveiller, épanouir, encourager son enfant :  La pédagogie Montessori à la maison, Nathan, Paris 2010
  • Montessori Pas à Pas :  Les Principes fondateurs - Isabelle Patron, Vanessa Toinet, Sylvia Dorance - éditions école

Si vous le souhaitez, l’institut Supérieur Maria Montessori propose aussi des formations thématiques sur deux jours (Apprendre à lire et à écrire dans la maison des enfants, apprendre à compter dans la maison des enfants). http://www.formation-montessori.fr

 

Violences à l'école

Par Le 29/04/2013

Violence à l'école : pour moi, Christophe Lemaître, le collège a été un calvaire

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LE PLUS. Cette semaine, "Le Nouvel Observateur" consacre un large dossier aux violences à l'école. 10% des élèves seraient en effet victimes d'insultes ou de coups répétés. S'il n'a jamais subi de violences physiques, le champion d’athlétisme français Christophe Lemaître a bien connu ce harcèlement, qu'il raconte dans son autobiographie "La revanche du grand blond" (Jacob Duvernet). Extraits.



Édité par Hélène Decommer 

Christophe Lemaître après sa victoire sur le 200m au Aviva London Grand Prix, le 14/07/12 (TOM DYMOND/COLORSPORT/SIPA) 

Christophe Lemaître après sa victoire sur le 200m au Aviva London Grand Prix, le 14/07/12 (TOM DYMOND/COLORSPORT/SIPA)

 

Les premières moqueries ont commencé en CE2. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi. C’est vrai que je zozotais et que je ne parlais pas beaucoup. Je ne sais pas si c’était la raison car j’avais malgré tout quelques copains. Quelquefois ils étaient aussi durs avec moi. Mais du jour au lendemain, j’ai été rejeté, banni. Je n’étais plus invité à jouer avec les autres.

 

On se moquait de moi en permanence

 

Au collège, cela a viré à la catastrophe. Je n’en parlais pas à la maison. Je ne voulais rien dire. Pourtant, ma famille se rendait bien compte que quelque chose n’allait pas. Je n’étais pas bagarreur, je ne voulais pas d’histoire (…).

 

Ces années de collège ont été un véritable calvaire. Je n’en garde pas un seul bon souvenir. On se moquait de moi en permanence. En cours et à la récréation. Le matin, j’avais toujours une petite appréhension lorsque j’arrivais devant le portail de l’établissement. La peur de croiser ceux qui m’embêtaient. Ils étaient assez nombreux. Ils ne me tapaient pas – ça n’allait pas jusque là – mails ils se moquaient de ma grande timidité et notamment de mon cheveu sur la langue. Comme je zozotais, j’étais forcément un attardé (…). Ils en profitaient, ils insistaient, car j’étais très réservé. Je n’avais pas le courage de répondre, ma timidité m’en empêchait. C’était difficile à supporter, surtout sur le moment.

 

Dans l’encadrement scolaire, personne ne s'inquiétait

 

De nos jours, certains enfants victimes de harcèlement vont jusqu’à se mettre fin à leurs jours. Heureusement, je n’y ai jamais pensé. Ça n’allait pas fort mais je n’aurais jamais envisagé de me suicider. Je n’aurais jamais eu le courage de toutes façon. Parfois même le harcèlement de mes camarades se poursuivaient même au-delà du collège, dans les rues de Culoz (son village, ndlr). Mes parents n’ont jamais compris pourquoi, dans l’encadrement scolaire, personne ne s’était inquiété. Imaginez, je n’osais plus lever le doigt en cours ou répondre aux professeurs. J’étais tellement mal dans ma peau ! Même à la maison, on n’arrivait pas à me tirer les vers du nez (…).

 

Pendant ces années, j’ai nourri une rage folle à force de garder tout pour moi. C’est ce qui me fait avancer maintenant (…).

 

Au départ d’une course, je veux avant tout m’imposer, prouver que je suis le meilleur. Mais soyons honnêtes, quelque part, je me venge de ces faux amis qui viennent aujourd’hui me féliciter en faisant copain-copain mais qui, à l’époque, étaient les premiers à se moquer de moi (…). Quelque part, je les remercie : ils m’ont rendu plus solide ! Ils ont été un moteur à ma réussite.

 


 Je n'adhère pas à la dernière phrase. Tant mieux s'il parvient aujourd'hui à vivre les choses de cette façon mais l'idée que la dureté peut devenir une opportunité me révolte. L'armée fonctionne sur ce critère. C'est un monde à part.

Que certains enseignants ne réagissent pas, c'est une certitude. Justement parce que bien souvent, ils considèrent que c'est "normal et formateur". "La vie en société est difficile, ils font leurs expériences..." Je connais ces arguments, je les ai entendus en tant qu'elève...Asthmatique, bouffi par la cortisone, "interdit" de sport par les médecins, j'ai eu droit à toutes les moqueries, à toutes les humiliations dont beaucoup sont capables à cet âge.

Et maintenant, je suis cet enseignant qui ne sait plus comment faire pour que ça ne se produise pas dans SA classe... Même plus envie d'y retourner...Un effroyable sentiment d'impuissance...

 

Oh, mais que c'est beau...

Par Le 28/04/2013

que c'est beau...

pas bougé de l'ordinateur aujourd'hui, écriture depuis cinq heures ce matin, trois pages achevées...

Et la musique en boucle...

Comme une bande originale d'un film que j'écrirais...

Olafur Arnalds

Par Le 28/04/2013

C'est si beau de rencontrer des âmes identiques.

Biographie

Olafur Arnalds

Olafur Arnalds est un artiste islandais né en 1987. Il commence à étudier la musique à l'âge de cinq ans et se découvre un intérêt particulier pour les bandes originales de films et la musique classique vers 14 ans. Multi-instrumentiste, il compose une partie de son premier album à cette période. Eulogy for Evolution sortira finalement fin 2007 sur Erased Tapes. Olafur dira de cet album qu'il est minimaliste, à l'image de son village et de ses gens, principales sources de son inspiration.

Prenant le pari de "rafraichir" la musique classique et de l'amener à portée de tous en y incorporant des sonorités électroniques, l'islandais se fait connaître notamment grâce aux poids lourds de la scène nationale (Sigur Ros, Bjork) et bénéficie de retours très positifs, ce qui lui permet de sortir un nouvel EP, Variations of Static au printemps 2008 et d'assurer la première partie de Sigur Ros sur leur tournée mondiale la même année.

Chronique

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Variations Of Static ( 2008 )

Variations of Static se découvre comme un jour naissant. Sur "Fok", la piste d'ouverture, la nature s'éveille et se met en mouvement. Piano et violoncelles, bases de l'instrumentation d'Olafur Arnalds, prennent peu à peu leur envol, rejoints enfin par quelques beats electro délicatement dosés. Les éléments pourtant rassurants se transforment alors sous un ciel changeant. 'And all I heard was the screaming silence of the night'. Au milieu des plaines parcourues par le souffle des instruments , le fantôme d'une voix samplée s'élève, inquiétante puis désespérée. Sa présence hantera l'album tout au long des cinq morceaux comme une âme perdue et abandonnée.

5 pièces, comme autant de variations autour de la mélancolie où piano et violoncelles se répondent et s'entremêlent. Aux notes brisées de "Við Vorum Smá..." font écho les pleurs des cordes de "Haust" progressivement embrassés par de douces nappes electro. Un jeu de la tristesse et du hasard qui met en valeur tout le soin apporté à l'orchestration qui allie à la puissance des émotions portées les instruments classiques les songes éthérés de la musique électronique.

A la question de savoir d'où lui venait la mélancolie dégagée par cet album, Olafur Arnalds répondit qu'il n'y avait pas pensé en composant: 'Ces morceaux ne sont pas mélancoliques pour moi, j'essaie juste de trouver des mélodies qui touchent. Les gens peuvent les interpréter comme ils veulent'. L'invitation est alors lancée à façonner soi-même l'oeuvre et ses sentiments. L'enchevêtrement des instruments n'est qu'un gigantesque tableau esquissé par l'islandais auquel l'auditeur est encouragé à apporter les couleurs. Tout cela, au gré de ses propres voyages à l'intérieur des paysages dessinés par le compositeur.

A 21 ans, Olafur Arnalds signe là une oeuvre d'art dont la richesse réside dans sa portée évocatrice. Progressant sans cesse dans sa démarche de transformation de la musique classique, il dresse une sublime toile intimiste aux traits fins, changeants sous le regard du public et que chacun peut s'approprier. Olafur Arnalds est un artiste peintre au pinceau en forme d'archet.

A écouter : Comme un tableau

L'école à la maison

Par Le 27/04/2013

Et bien voilà ce qu'il faut que je fasse : instituteur à domicile pour les parents qui sont réfractaires au système éducatif mais qui ne peuvent ou ne veulent pas assurer l'enseignement à la maison.

Je vais mettre une annonce sur le Bon Coin :)


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Classe à domicile : une autre approche de l’école… et de la vie

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Un manuel se penche sur tout ce qu’il faut savoir pour retirer ses enfants de l’école et leur faire ‘‘classe à la maison’’. Un choix qui peut être formidable… à condition d’inventer la vie qui va avec.

Les parents qui font classe à domicile doivent interroger leurs propres conformismes. (Aurélie Audurea/Le Parisien/MaxPPP)

Les parents qui font classe à domicile doivent interroger leurs propres conformismes. (Aurélie Audurea/Le Parisien/MaxPPP)

D’abord, ce rappel qui ouvre ‘‘Instruire en famille’’ de Charlotte Dien : non, il n’est pas obligatoire d’envoyer ses enfants à l’école en France. Ce qui importe au regard de la loi, c’est de leur garantir ‘‘l’instruction’’ et qu’à 16 ans, ils aient acquis le même socle de compétences que les autres enfants. Pourtant, le choix du homeschooling, relativement répandu en Amérique du Nord, est très rarement opéré au pays de Jules Ferry : entre 3 et 4.000 enfants seulement seraient dans cette situation - en plus de 12.000 inscrit au Centre national de l'enseignement à distance (Cned).

Pas facile en effet de ramer à contre-courant de la société et de répondre aux interrogations des grands-parents et voisins (‘‘Ben, il est pas à l’école, aujourd’hui, le petit ?’’). On a beau adorer sa progéniture, pas facile non plus de mettre (au moins) une partie de sa carrière de côté pour un face-à-face quotidien avec elle. Enfin, il faut avoir l’audace de se dire que l’on choisit pour ses enfants un sort différent de celui de 99% de ceux de son âge. C’est pourquoi, en général, l’option la classe à domicile se fait parce que quelque chose cloche en classe.

Aucune espèce d'encouragement

Ce n’est pas un scoop : l’école française privilégie en effet la méthode ‘‘caserne’’ plutôt que l’épanouissement des talents de chacun. Non pas parce que les maîtres sont de grands sadiques, mais parce que rien dans leur formation, ni dans le déroulement traditionnel des cours n’est fait pour encourager le chacun-son-rythme et la créativité personnelle : trop d’enfants à charge, de trop lourds programmes à boucler et aucune espèce d’encouragement (le mot est faible) de la hiérarchie  à initier des méthodes ‘‘différentes’’.

Du coup, comme l’écrit Charlotte Dien - pourtant fille de directrice d’école et ex-bonne élève - ‘‘tout enfant s’éloignant trop de la norme, par sa manière personnelle d’apprendre, de penser ou de se comporter, est testé et étiqueté (…). L’enfant est trop souvent désigné comme coupable. Tout vient de lui : il ne fait pas assez d’efforts,  il est trop distrait, trop bavard, pas assez concentré, pas assez motivé, trop remuant, trop agressif, il ne participe pas assez en classe… » Un enfant non scolaire, trop autonome, qui s’interroge beaucoup, sera jugé problématique, même s’il a une personnalité attachante.

Un "choix de vie"

Bref, dans ce cas, la non-scolarisation s’impose peut-être. Comment faire ? Evidemment, dépeint ‘‘Instruire en famille’’, la tentation est grande au départ de ‘‘faire le prof’’ à la maison. C’est en général une mauvaise idée, puisque précisément, il faut inventer autre chose. Et c’est là que se situe toute la difficulté de la pratique - sans doute un peu minorée par cet ouvrage passablement militant. Car incriminer le conformisme écrasant de l’école est une chose ; devenir un parent inventif, patient, suffisamment à l’écoute de ses enfants pour s’adapter à leur manière d’être, en est une autre.

C’est ce que l’auteure nomme un ‘‘choix de vie’’ : il faut être capable de déceler le merveilleux dans les choses du quotidien. De saisir qu’une balade en  forêt peut être aussi instructive qu’une leçon d’arithmétique. Que la quantité (d’heures de cours, de devoirs…) est moins importante que la qualité. Que la poésie est moins un texte de Maurice Carême, qu'une manière d’appréhender le monde. Au fond, l’aliénation des enfants scolarisés n’est que le reflet de nos aliénations d’adultes, comprimés par les horaires tyranniques, myopes sur nos grégarismes.

Quel genre d’adultes deviennent les ‘‘non-sco’’ ? Pas d’étude française sur le sujet (on s’en serait douté), mais des anglo-saxonnes. Apparemment, ils se déclarent deux fois plus souvent ‘‘heureux’’ que les autres, sont plus autonomes, plus investis dans le tissu social et gagnent en moyenne mieux leur vie  - ce dernier facteur s’expliquant sans doute par le fait qu’ils proviennent souvent de familles culturellement favorisées. Pourront-ils jamais devenir des salariés et citoyens ‘‘ordinaires’’, capables de se mettre au garde-à-vous quand on le leur réclame ? L’étude ne le dit pas. Mais beaucoup de ‘‘non-sco’’ redevenant ‘‘sco’’ vivent à grand peine la violence des rythmes collectifs. La liberté, ce n’est pas la facilité.

Charlotte Dien, Instruire en famille, Rue de l’échiquier, 160 p., 15 €

JARWAL LE LUTIN (4) : L'arbre de vie.

Par Le 27/04/2013

JARWAL LE LUTIN, tome 4

Les enfants réalisèrent que tous les jeunes lutins avaient disparu. Sans un bruit, comme avalés par la forêt. Marine imagina que la cérémonie qui s’annonçait ne leur était pas accessible.

Ils suivirent les vieux Sages et découvrirent sur l’autre flanc du tronc une ouverture immense, une voûte de cathédrale, un antre tapissé de chevelures végétales, cascades emmêlées de lierre et de vigne vierge, de liserons épanouis et de fleurs inconnues, des ribambelles de croissances anarchiques, des foisonnements colorés comme des hommages.   

« C’est l’Arbre de Vie, annonça Kiak, respectueusement.

L’assemblée s’assit en tailleur face à la voute immense et les cinq enfants les imitèrent.

« L’Arbre de Vie est le début de tout et le renouvellement de ce qui est fini. Tout ce qui est créé par la Nature prend sa source ici. »

Les cinq enfants n’osaient pas poser de questions, une retenue dictée par l’incroyable privilège qui leur était accordé tout autant que par l’infinie sagesse qui émanait des personnages qu’ils côtoyaient, comme s’ils n’étaient pas à leur place, comme si cette connaissance millénaire qu’ils percevaient les projetait à des années lumière.

« Vous avez envie d’en savoir davantage et vous n’osez rien demander. Cette humilité vous honore mais si vous êtes parmi nous aujourd’hui, c’est que vous le méritez et rien ne doit vous arrêter dans votre quête de savoir. »

Kiak les regarda intensément, l’un après l’autre.

« Léontine ne vous aurait pas ouvert le chemin des âmes si vous ne portiez pas en vous les lumières à venir. Je ne lis pas dans les pensées comme Léontine mais je lis dans les corps et vous êtes nerveux. Ce qui est tout à fait compréhensible. »

Une voix monocorde, dans une immobilité totale. Aucun geste de mains, aucun mouvement de tête, une sérénité stupéfiante qui impressionnait fortement le petit groupe. 

« Le plus simple, désormais, est que vous entriez dans le cœur de la vie. Toutes les questions obtiendront une réponse. Il en est ainsi. »

Le vieux Sage se leva et invita les enfants à le suivre. Les autres Sages ne bougèrent pas. Ils suivirent les enfants des yeux et Rémi perçut dans un regard échangé une douceur rassurante, une invitation à se laisser guider.

Ils serpentèrent entre les racines et s’arrêtèrent à l’ouverture de l’antre. Aucune trace d’outils, de coups de haches ou autres ustensiles, le tronc semblait s’être soulevé du sol, soutenu par des piliers de temples.

Des rayons rectilignes transperçaient le rideau de lierre qui obstruait l’entrée. Au-delà de ces tentures végétales, un espace sombre se laissait deviner, une obscurité fossilisée dans le silence. Rien, aucun mouvement, aucun bruit, même pas un insecte fureteur, comme si le lieu interdisait toutes intrusions.

« Suivez-moi » annonça le vieux Sage. Il écarta délicatement les dentelles de feuilles et disparut.

Les cinq enfants se regardèrent, sans un mot, des regards croisés chargés de curiosité et d’incertitude.

Léo bougea le premier, il avança lentement, posa une main sur les cascades immobiles des frondaisons, sembla jeter un œil scrutateur en penchant la tête puis, d’un coup, il franchit le seuil. Rémi lui emboîta le pas, puis les trois compagnons s’élancèrent en même temps.

Leurs yeux s’habituèrent difficilement à l’obscurité. Kiak était invisible. La fraîcheur les surprit, une température plus agréable que la moiteur de la forêt, cette impression étrange d’avoir quitté le monde ou d’être entré dans son ventre, comme si le lieu contenait tous les mystères les plus anciens, la source des révélations les plus bouleversantes, ils sentirent couler en eux des rayonnements inexplicables, des flux électriques qui les firent frissonner.

« Asseyez-vous, les uns à côté des autres et donnez-vous les mains. Il est important que vous soyez reliés physiquement pour réaliser aussi que vous l’êtes par la pensée, par l’énergie, par l’amour, par tout ce que crée la Vie. »

Dans les noirceurs, la voix monocorde de Kiak les figea. Ils s’obligèrent à bouger, prudemment, pour s’extraire de cette appréhension qui les raidissait.

Les pupilles dilatées parvenaient désormais à se nourrir des flux infimes de lumière qui perçaient. Lou se retourna vivement, comme pour vérifier que personne ne se tenait dans son dos. Cette impression d’être observée…

Tian trouva la main de Marine. Les autres se joignirent. Lou, Rémi puis Léo qui ferma le cercle. Ils se souvinrent alors qu’ils devaient s’asseoir. Ils lâchèrent leurs emprises, s’installèrent puis reformèrent le lien.

Les mouvements de leurs corps s’estompèrent. Ils sentirent à travers leurs habits la fraicheur de la terre. Aucune sensation de froid pourtant mais une douceur agréable, un bien-être de cocon, un placenta protecteur qui les isolait de tout. 

La voix de Kiak les surprit de nouveau. Elle ne venait plus du même endroit et ils étaient pourtant persuadés de ne pas l’avoir entendu se déplacer.

« Maintenant, vous allez fermer les yeux et arrêter de vouloir distinguer quelque chose. C’est dedans qu’il faut regarder et vous n’avez pas assez appris à vous libérer de vos yeux. Ne vous occupez pas du temps qui passe, c’est une idée fausse. C’est vous qui passez dans le temps. Mais ici, vous êtes immobiles, dans votre corps et dans le temps. Il ne vous reste qu’à immobiliser votre esprit et tout sera en paix. »

Il avait dit « immobiles dans le temps. » Marine voulut comprendre puis elle se reprocha cette pensée inopportune. Elle devait trouver la paix de son esprit.

Lou se demandait comment elle pourrait bien s’y prendre pour arrêter de penser. Un état qui lui paraissait totalement inaccessible. Elle ne cessait de penser à l’impensable.

Rémi cherchait à savoir si Kiak se déplaçait de nouveau, il voulait pouvoir le suivre et ne plus être surpris par cette voix qui surgissait n’importe où. Il s’efforça de calmer les battements de son cœur et de tendre les oreilles. Il crut percevoir un infime frottement droit, devant lui, dans le dos de Tian.

« Rien, ne rien vouloir, ne rien attendre, ne rien penser. Entrer au-dedans pour  voir l’Univers. Le silence maintenant.»

Ils eurent un peu l’impression d’entendre un professeur dans une classe mais ils n’en avaient jamais connu de Sage.

Rémi dut constater encore une fois que Kiak se déplaçait à son gré, sans qu’il ne soit possible de deviner sa position. Il était partout et nulle part. Incompréhension.

Plus aucun mouvement. Juste cette conscience retrouvée de la respiration. Il fallait cesser de bouger pour réaliser que ce mouvement-là ne cessait jamais.

« Fermez les yeux, dicta la voix grave de Kiak. Ne vous contentez pas de fermer les paupières, arrêtez aussi de regarder en dedans et de fabriquer des images, laissez-vous couler. Tout ce que vous portez appartient à la réalité que vous avez créée. Maintenant, vous allez découvrir le réel. »

Marine sentit la main de Tian se crisper légèrement lorsque la chaleur les envahit, une chaleur bienfaisante, comme un câlin maternel qui vous enlace et que le bonheur ruisselle dans les fibres, la plénitude du petit enfant qui s’abandonne et l’amour de la mère qui se diffuse en lui, le contact établi, le lien au-delà des corps, le lien des âmes.

Une blancheur indéfinissable les emplit, une clarté sonore qui murmurait dans les tréfonds de leurs corps immobiles, une marée montante qui les couvrait de sa chaleur, une sève surgissant de la terre, aimantée par le ciel.

Comme un bateau soulevé au-dessus des flots, ils virent en eux l’immensité de l’Océan s’étendre sous leurs regards, une vision sans tête, comme si rien en eux ne possédait de centre, comme s’ils n’existaient plus individuellement.

Accélération du processus.

Une pulsation naissante, infime, dérisoire, puis des crépitements d’étincelles qui jaillissent et s’éteignent, se ravivent, se propagent, s’entretiennent, une énergie qui se répand et les pulsations qui s’étendent, se renforcent, les flux électriques nourrissent le cœur de l’étoile, des courants de matière liquide déboulent sous la surface, des flots qui gorgent le lit des veines, les pulsations prennent une ampleur insoupçonnée, les étincelles deviennent des flux constants qui ruissellent, tous reliés dans une aura fabuleuse, une couronne lumineuse qui s’agite, palpite, respire.

Un noyau enveloppé de lumière, des particules animées par une vie interne s’infiltrant amoureusement dans un univers nimbé de phosphorescences.

L’espace en eux s’étendit jusqu’aux confins des horizons, plus de limite, plus de structure, aucune frontière et cette impression inexplicable de relier par leurs mains unifiées des particules communes, une cohésion originelle retrouvée.

Ils étaient l’un, ils étaient l’autre, ils étaient tous.

C’est là qu’ils sentirent l’évaporation s’enclencher. Un maelstrom flamboyant prit forme et les emporta dans une colonne rectiligne qui plongeait vers le haut. Incompréhensible structure.

Ils disparurent.