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Les scénarios du GIEC

Le GIEC, groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat

Les scénarios du GIEC

http://www.meteofrance.fr/climat-passe-et-futur/le-giec-groupe-dexperts-intergouvernemental-sur-levolution-du-climat/les-scenarios-du-giec

Le climat à venir est notamment fonction des émissions ou concentrations de gaz à effet de serre et d'aérosols dues aux activités humaines. Or, les émissions humaines dépendent de notre consommation énergétique : chauffage et climatisation, transports, production de biens de consommation, activités agricoles, etc. Pour réaliser des projections climatiques, il faut donc émettre des hypothèses sur l'évolution de la démographie mondiale et des modes de vie à travers la planète.

Les scénarios des rapports 2001 et 2007
Dans les précédents Rapports du GIEC, l'analyse reposait sur un faisceau de futurs possibles de nos sociétés et de nos modes de vie. Ces scénarios socio-économiques, organisés en 4 familles (A1, A2, B1 et B2), étaient traduits chacun en termes d'émissions de gaz à effet de serre pour le XXIème siècle. Ces évolutions des émissions ou des concentrations de gaz à effet de serre et d'aérosols étaient alors utilisées par les climatologues comme données d'entrée des modèles simulant le climat futur. Les scénarios climatiques émergeant de ces simulations étaient à leur tour utilisés dans des modèles d'impacts permettant notamment de simuler les effets du climat sur les écosystèmes ou l'hydrologie. Ces résultats étaient enfin utilisés dans des études socio-économiques sur les impacts et l'adaptation aux changements climatiques.

5ème Rapport du GIEC : une nouvelle approche
Lors de la préparation du 5ème Rapport, une approche différente a été adoptée afin d'accélérer le processus d'évaluation. Pour analyser le futur du changement climatique, les experts du GIEC ont cette fois défini a priori quatre trajectoires d'émissions et de concentrations de gaz à effet de serre, d'ozone et d'aérosols, ainsi que d'occupation des sols baptisés RCP (« Representative Concentration Pathways » ou « Profils représentatifs d'évolution de concentration »).
Ces RCP sont utilisés par les différentes équipes d'experts (climatologues, hydrologues, agronomes, économistes …), qui travaillent pour la première fois en parallèle. Les climatologues en déduisent des projections climatiques globales ou régionales. Les économistes établissent des scénarios qui explorent toutes les possibilités d'évolutions technologiques et socio-économiques compatibles avec les RCP.

 

A quoi correspondent les RCP ?
Les quatre profils d'évolution des concentrations des gaz à effet de serre (RCP) retenus par les experts du GIEC pour le 5ème Rapport ont été traduits en termes de forçage radiatif, c'est-à-dire de modification du bilan radiatif de la planète. Le bilan radiatif représente la différence entre le rayonnement solaire reçu et le rayonnement infrarouge réémis par la planète. Il est calculé au sommet de la troposphère (entre 10 et 16 km d'altitude). Sous l'effet de facteurs d'évolution du climat, comme par exemple la concentration en gaz à effet de serre, ce bilan se modifie : on parle de forçage radiatif.
Les 4 profils RCP correspondent chacun à une évolution différente de ce forçage à l'horizon 2300. Ils sont identifiés par un nombre, exprimé en W/m² (puissance par unité de surface), qui indique la valeur du forçage considéré. Plus cette valeur est élevée, plus le système terre-atmosphère gagne en énergie et se réchauffe.

 

Évolution du bilan radiatif de la terre ou « forçage radiatif »
en W/m2 sur la période 1850-2250 selon les différents scénarios

Après 2006, les traits continus correspondent aux nouveaux scénarios dits RCP (Representative Concentration Pathways)
et les traits pointillés aux scénarios des rapports 2001 et 2007 du GIEC.


 

Comparaison entre RCP et anciens scénarios
Les RCP et les scénarios utilisés pour les Rapports 2001 et 2007 se recouvrent partiellement. Les RCP couvrent cependant une période plus longue : jusqu'à 2300 (2100 pour les anciens scénarios).
Le profil RCP 8.5 est le plus extrême (pessimiste). Il est un peu plus fort que le scénario le plus marqué utilisé dans les simulations du rapport du GIEC 2007 (A2).
Les profils RCP 6.0 et RCP 4.5 correspondent sensiblement et respectivement aux scénarios A1B et B1.  
Enfin, le profil RCP 2.6 est sans équivalent dans les anciennes propositions du GIEC. En effet, sa réalisation implique, et c'est une nouveauté importante, l'intégration des effets de politiques de réduction des émissions susceptibles de limiter le réchauffement planétaire à 2°C.

 

Rappel : les scénarios utilisés pour les rapports 2001 et 2007
Famille A1
Elle postule une croissance économique très rapide et répartie de façon homogène sur la planète. La population mondiale atteint un maximum de 9 milliards d'individus au milieu du siècle pour décliner ensuite. De nouvelles technologies énergétiquement efficaces sont introduites rapidement. Les variantes viennent de l'utilisation plus ou moins intense des combustibles fossiles. Par exemple, la variante A1B suppose une utilisation des différentes sources énergétiques sans en privilégier une en particulier (scénario médian). À l'inverse, le scénario A1FI est le plus pessimiste, puisqu'il suppose que ce sont surtout des sources d'énergie fossile qui sont utilisées.

Famille A2
Elle prévoit un monde beaucoup plus hétérogène : la croissance économique et le développement des technologies énergétiquement efficaces sont très variables selon les régions et la population atteint 15 milliards d'habitants à la fin du siècle sans cesser de croître.

Famille B1
Elle décrit la même hypothèse démographique que la famille A1 mais avec une économie rapidement dominée par les services, les « techniques de l'information et de la communication » et dotée de technologies énergétiquement efficaces. Mais sans initiatives supplémentaires par rapport à aujourd'hui pour gérer le climat. Ce scénario est le plus optimiste.

Famille B2
Elle décrit un monde à mi-chemin des scénarios A1 et A2 sur les plans économiques et technologiques, qui voit sa population atteindre à 10 milliards d'habitants en 2100, sans cesser de croître.

 

 

Le GIEC

Il est juste au regard des deux articles précédents de mentionner les travaux du GIEC.

On peut lire des quantités d'articles très documentés en fouillant sur le net.

Ici, c'est juste de la vulgarisation.

 

https://www.lepoint.fr/environnement/sauver-les-oceans-pour-sauver-l-humanite-le-constat-glacant-du-giec-

Montée du niveau des océans, disparition des glaciers... : le rapport alarmant du Giec

 

VIDÉO. Le niveau des océans a augmenté 2,5 fois plus vite au début du XXIe siècle qu'au XXe, et va continuer à s'accroître, alertent les experts climat de l'ONU.

Source AFP

Publié le 25/09/2019 à 11h14 - Modifié le 25/09/2019 à 13h08

Victimes du réchauffement, les océans et les zones gelées dépérissent à grande vitesse, menaçant des pans entiers de l'Humanité qui doit réduire au plus vite ses émissions de CO2 pour limiter les dégâts, avertit mercredi un rapport alarmant du Giec. Montée du niveau des océans, petites îles menacées de submersion, glaciers qui disparaissent… Certains des impacts dévastateurs du changement climatique sont déjà « irréversibles », note le groupe d'experts climat de l'ONU à l'issue d'une réunion marathon de cinq jours à Monaco.

Deux jours après le sommet climat de New York qui n'a pas suscité l'impulsion espérée, ce rapport souligne toutefois que mettre en place des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pourrait faire une vraie différence. Les modifications de l'océan ne s'arrêteront pas soudainement en baissant les émissions, mais leur rythme devrait être ralenti. « Ça donne plus de chances de conserver les écosystèmes, et ça permettrait de gagner du temps », souligne la climatologue Valérie Masson-Delmotte, qui a participé à la rédaction du document de 900 pages basé sur des milliers d'études scientifiques.

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Gagner du temps pour, par exemple, se préparer à la montée des eaux qui favorisent les vagues de submersion et les tempêtes : en construisant des digues autour des grandes mégapoles côtières comme New York ou en anticipant le déplacement peut-être inéluctable de certaines populations, notamment celles de petits États insulaires qui pourraient devenir inhabitables d'ici à la fin du siècle.

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« On ne peut pas mettre un pansement dessus pour le faire disparaître »

Le niveau des océans a augmenté 2,5 fois plus vite au début du XXIe siècle qu'au XXe, et va continuer à s'accroître. Ce n'est « pas un problème technique ou environnemental. On ne peut pas mettre un pansement dessus pour le faire disparaître », insiste un autre auteur, Bruce Glavovic, de l'université Massey en Nouvelle-Zélande. Cela va « redéfinir les littoraux du monde entier, là même où la population est concentrée ». Sur ces côtes, construire des protections contre la montée des eaux pourrait réduire de 100 à 1 000 fois les risques d'inondations, selon le rapport. À condition d'investir « des dizaines à des centaines de milliards de dollars par an ». Ces protections seraient toutefois plus efficaces pour les mégalopoles côtières que les grands deltas agricoles ou les petits États insulaires qui n'auraient de toute façon pas les moyens de financer ces grands travaux.

Au total, selon le rapport, plus d'un milliard de personnes vivront d'ici le milieu du siècle dans des zones côtières peu élevées particulièrement vulnérables aux inondations ou à d'autres événements météo extrêmes amplifiés par la montée du niveau de la mer et le dérèglement climatique. Et même dans un monde à + 2 °C, de nombreuses mégapoles et petites îles devraient être frappées d'ici à 2050 au moins une fois par an par un événement extrême qui ne se produisait jusqu'alors que tous les cent ans.

Le monde s'est engagé en 2015 dans l'accord de Paris à limiter le réchauffement à + 2 °C, voire + 1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines. Les océans, qui couvrent plus de 70 % de la surface du globe, ont absorbé environ un quart de ces émissions et 90 % de la chaleur supplémentaire générée par le CO2 produit par l'Homme. Avec des conséquences palpables : hausse de la température de la mer, acidification, perte d'oxygène.

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Promesses trop « faibles »

Ces bouleversements entraînent des impacts en cascade sur les écosystèmes dont dépend l'Homme, comme les récifs coralliens qui servent de nurserie à de nombreuses espèces de poissons ou les régions de montagnes alimentées en eau par les glaciers. Ce rapport adopté par les 195 États membres du Giec est le quatrième opus scientifique de l'ONU en un an à tirer la sonnette d'alarme sur les impacts du dérèglement climatique et à pointer des pistes vers les façons d'y remédier ou au moins les limiter.

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Mais malgré le constat sans appel de la science et la mobilisation de millions de jeunes dans les rues du monde entier la semaine dernière, les dirigeants mondiaux réunis à New York lundi n'ont pas été à la hauteur des engagements nécessaires, accusent les défenseurs de la planète. « Avec ces faibles promesses des États, nous avons probablement plus de chance de faire sauter la banque au casino de Monte-Carlo que de limiter le réchauffement à + 1,5 °C », a commenté Stephen Cornelius, de WWF.

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Les engagements internationaux actuels, s'ils étaient respectés, conduiraient à un monde à + 3 °C. Le Giec note dans son rapport que les océans peuvent aussi offrir des solutions pour aider à réduire ces émissions, notamment par le développement des énergies renouvelables.

 

Le catastrophisme climatique

Dans la continuité de l'article précédent, je partage celui-ci.

Il reprend les arguments de Michael Schellenberger et son combat contre le "catastrophisme climatique".

TRIBUNE. Pourquoi les affirmations catastrophistes sur le climat sont fausses

 

https://www.lepoint.fr/postillon/tribune-pourquoi-les-affirmations-catastrophistes-sur-le-climat-sont-fausses-

 

Pour l'écologiste pragmatique Michael Shellenberger, les déclarations apocalyptiques s'avèrent scientifiquement erronées et politiquement contre-productives.

Par Michael Shellenberger*

Publié le 09/12/2019 à 15h46

Ces dernières semaines, les journalistes et les défenseurs de l'environnement ont fait un certain nombre de prédictions apocalyptiques sur l'impact du changement climatique. L'écologiste Bill McKibben a suggéré qu'en Australie, les incendies causés par le climat avaient rendu les koalas « pratiquement éteints ». Extinction Rebellion affirme : « Des milliards de gens mourront » et « la vie sur Terre est en train de s'éteindre ». Vice magazine soutient que « l'effondrement de la civilisation a peut-être déjà commencé ».


Peu ont plus attiré l'attention sur cette menace que la militante étudiante Greta Thunberg et la représentante démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, sponsor du Green New Deal. Cette dernière prétend que 
« le monde va s'écrouler dans douze ans si nous ne nous attaquons pas au changement climatique ». Dans son nouveau livre, Thunberg affirme : « Vers 2030, nous serons en situation de déclencher une réaction en chaîne irréversible hors du contrôle humain, qui conduira à la fin de la civilisation telle que nous la connaissons. »

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Parfois, les scientifiques eux-mêmes font des affirmations apocalyptiques. Si la terre se réchauffe de quatre degrés, « il est difficile de voir comment nous pourrions accueillir huit milliards de personnes, voire la moitié d'entre elles », a déclaré l'un d'entre eux, Johan Rockström, directeur de l'Institut de Potsdam pour la recherche sur l'impact du climat. Si le niveau de la mer s'élève autant que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat le prévoit, un autre scientifique, Michael Oppenheimer, professeur des sciences de la Terre à Princeton, a déclaré : « Ce sera un problème ingérable. »

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L'écologiste « pragmatique » Michael Shellenberger en février à Madrid.

© Oscar Gonzalez / NurPhoto
Des déclarations apocalyptiques comme celles-ci ont des répercussions dans le monde réel. En septembre, un groupe de psychologues britanniques a déclaré que les enfants
 souffrent de plus en plus de l'anxiété causée par le discours effrayant sur le changement climatique. En octobre, un militant d'Extinction Rebellion (XR) – un groupe environnemental fondé en 2018 pour désobéir civilement afin d'attirer l'attention sur la menace que les changements climatiques font peser sur l'existence humaine – et un vidéaste ont été frappés et battus dans une station du métro londonien par des voyageurs en colère. Et fin novembre, un cofondateur de XR a déclaré qu'un génocide comme celui de l'Holocauste « se reproduisait, à une bien plus grande échelle, et à la vue de tous » à cause du changement climatique.

Le changement climatique est une question qui me tient à cœur et à laquelle j'ai consacré une partie importante de ma vie. J'ai été politiquement actif sur cette question pendant plus de vingt ans et j'ai fait des recherches et écrit à ce sujet pendant dix-sept ans. Au cours des quatre dernières années, mon organisation, Environmental Progress, a collaboré avec certains des plus grands climatologues du monde pour empêcher les émissions de carbone d'augmenter. À ce jour, nous avons contribué à prévenir l'augmentation des émissions, pour l'équivalent de 24 millions de voitures supplémentaires sur les routes.

Je tiens également à rétablir l'exactitude des faits et de la science et j'ai, ces derniers mois, corrigé la couverture médiatique inexacte et apocalyptique des incendies en Amazonie et en Californie, qui ont été présentés à tort comme étant principalement attribuables aux changements climatiques.

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L'approche catastrophiste du changement climatique est autodestructrice

Les journalistes et les militants ont l'obligation de décrire les problèmes environnementaux avec honnêteté et précision, même s'ils craignent que cela réduise la valeur de ces nouvelles ou leur impact sur le public. Il y a des preuves concordantes du fait que l'approche catastrophiste du changement climatique est autodestructrice, car elle détourne et polarise de nombreuses personnes. Et exagérer le changement climatique risque de nous éloigner d'autres questions importantes, y compris celles sur lesquelles nous pourrions avoir un meilleur contrôle à court terme.

Je ressens le besoin de le dire d'emblée parce que je veux que les questions que je m'apprête à soulever soient prises au sérieux et ne soient pas rejetées par ceux qui qualifient de « négationnistes du climat » ou de « retardateurs du climat » ceux qui repoussent l'exagération.

Cela étant posé, examinons si les données scientifiques appuient ce qui a été dit.

Premièrement, aucun organisme scientifique crédible n'a jamais dit que les changements climatiques menacent la civilisation d'effondrement et encore moins l'espèce humaine d'extinction. « Nos enfants vont mourir dans les 10 à 20 prochaines années. » Quel est le fondement scientifique de ces allégations ? » Andrew Neil, de la BBC, a interrogé le mois dernier une porte-parole de XR visiblement mal à l'aise. « Il est vrai que ces affirmations ont été contestées », répond-elle. « Il y a des scientifiques qui sont d'accord et d'autres qui disent que ce n'est pas vrai. Mais le problème général, c'est que ces morts vont bien se produire. » « Mais la plupart des scientifiques ne sont pas d'accord avec cela » poursuit Neil. « J'ai examiné les rapports du Giec et je ne vois aucune référence à des milliards de personnes qui mourront, ou à de telles conséquences pour les enfants dans 20 ans. Comment mourraient-ils ? » « Des migrations de masse à travers le monde ont déjà lieu en raison de la sécheresse prolongée qui sévit dans certains pays, en particulier en Asie du Sud. Il y a des incendies de forêt en Indonésie, dans la forêt amazonienne, en Sibérie, dans l'Arctique », dit-elle.

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Mais en disant cela, la porte-parole de XR a grossièrement déformé la science. « Il existe des preuves solides que les catastrophes déplacent des personnes dans le monde entier, note le Giec, mais des preuves limitées que le changement climatique ou l'élévation du niveau de la mer en sont la cause directe. » Qu'en est-il de cette « migration de masse » ? « La majorité des mouvements de population qui en résultent ont tendance à se produire à l'intérieur des frontières des pays touchés », explique le Giec.

Ce n'est pas comme si le climat n'avait pas d'importance. C'est que les changements climatiques sont compensés par d'autres facteurs. Plus tôt cette année, les chercheurs ont constaté que le climat « a affecté les conflits armés organisés dans des pays. Cependant, d'autres moteurs, tels que le faible développement socio-économique et les faibles capacités de l'État, sont jugés beaucoup plus influents. »

En janvier dernier, après que les climatologues eurent critiqué la représente Alexandria Ocasio-Cortez pour avoir dit que la fin du monde arriverait dans douze ans, son porte-parole a
 répondu : « Nous pouvons ergoter sur la phraséologie, qu'elle soit existentielle ou cataclysmique », ajoutant : « Nous observons beaucoup de problèmes [liés au changement climatique] qui ont déjà un impact sur des vies. » Cette dernière partie est peut-être vraie, mais il est également vrai que le développement économique nous a rendus moins vulnérables, ce qui explique pourquoi le nombre de victimes de catastrophes naturelles a diminué de 99,7 % depuis son point culminant de 1931. Cette année-là, 3,7 millions de personnes sont mortes des suites de catastrophes naturelles. En 2018, 11 000 seulement. Et ce déclin s'est produit au cours d'une période où la population mondiale a quadruplé.

Qu'en est-il de l'élévation du niveau de la mer ? Le Giec estime que le niveau de la mer pourrait monter de deux pieds (0,6 mètre) d'ici 2100. Est-ce que cela semble apocalyptique ou même « ingérable » ? Considérons qu'un tiers des 
Pays-Bas se trouve sous le niveau de la mer et que certaines régions se trouvent à sept mètres sous le niveau de la mer. On pourrait objecter que les Pays-Bas sont riches alors que le Bangladesh est pauvre. Mais les Pays-Bas se sont adaptés à la vie sous le niveau de la mer il y a quatre cents ans. La technologie s'est un peu améliorée depuis.

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Qu'en est-il des allégations de mauvaises récoltes, de famine et de mortalité massive ? C'est de la science-fiction, pas de la science. Aujourd'hui, les humains produisent suffisamment de nourriture pour 10 milliards de personnes, soit 25 % de plus que ce dont nous avons besoin, et les organismes scientifiques prédisent une augmentation de cette tendance, et non un déclin. L'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) prévoit une
augmentation des rendements agricoles de 30 % d'ici 2050. Et les régions les plus pauvres du monde, comme l'Afrique subsaharienne, devraient connaître des augmentations de 80 à 90 %.

Personne ne suggère que le changement climatique n'aura pas d'impact négatif sur le rendement des cultures. Cela se pourrait. Mais ces baisses doivent être relativisées. Les rendements du blé ont augmenté de 100 à 300 % dans le monde entier depuis les années 1960, tandis qu'une 
étude reposant sur 30 modèles a révélé que les rendements diminueraient de 6 % pour chaque degré Celsius d'augmentation des températures. Les taux de croissance futurs des rendements dépendent beaucoup plus de l'accès des pays pauvres aux tracteurs, à l'irrigation et aux engrais que du changement climatique, selon la FAO.

Tout ceci explique pourquoi le Giec prévoit que les changements climatiques auront un impact modeste sur la croissance économique. D'ici 2100, le Giec prévoit que l'économie mondiale sera de 300 à 500 % plus importante qu'elle ne l'est actuellement. Le 
Giec et le lauréat du prix Nobel d'économie de Yale, William Nordhaus, prédisent conjointement qu'un réchauffement de 2,5 °C et 4 °C réduirait le produit intérieur brut (PIB) de 2 % et 5 % au cours de la même période.

Cela signifie-t-il que nous ne devrions pas nous inquiéter du changement climatique ? Pas du tout.

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Doit-on s'inquiéter pour les koalas ? Absolument !

L'une des raisons pour lesquelles je travaille sur le changement climatique est que je m'inquiète de l'impact qu'il pourrait avoir sur les espèces en péril. Le changement climatique pourrait menacer un million d'espèces dans le monde et la moitié de tous les mammifères, reptiles et amphibiens dans divers endroits comme le Rift Albertin en Afrique centrale, habitat du gorille des montagnes dont l'espèce est menacée.

Mais il n'est pas vrai que « nous mettons notre propre survie en danger » par des extinctions, comme 
Elizabeth Kolbert l'a affirmé dans son livre, La Sixième Extinction (éditions Vuibert). Aussi tragiques que soient les extinctions d'animaux, elles ne menacent pas la civilisation humaine. Si nous voulons sauver les espèces en voie de disparition, nous devons le faire parce que nous nous préoccupons de la faune pour des raisons spirituelles, éthiques ou esthétiques, et non pour des raisons de survie.

Et exagérer le risque et suggérer que le changement climatique est plus important que des choses comme la destruction de l'habitat sont contre-productifs. Par exemple, les incendies en Australie ne conduisent pas à l'extinction des koalas, comme l'a suggéré Bill McKibben. Le principal organisme scientifique qui suit l'espèce, l'Union internationale pour la conservation de la nature, ou UICN, qualifie le koala de « vulnérable », qui est un niveau en dessous de « en danger », deux niveaux en dessous de « en danger critique d'extinction » et trois en dessous de « éteint » à l'état sauvage.

Doit-on s'inquiéter pour les koalas ? Absolument ! Ce sont des animaux étonnants et leur nombre est tombé à environ 300 000. Mais ils font face à des menaces beaucoup plus importantes comme la destruction de leur habitat, les maladies, les feux de brousse et les espèces envahissantes. Envisagez les choses ainsi. Le climat pourrait changer radicalement – et nous pourrions encore sauver les koalas. Inversement, le climat pourrait ne changer que modestement – et les koalas pourraient toujours disparaître.

L'accent monomaniaque mis sur le climat détourne notre attention d'autres menaces qui pèsent sur les koalas et sur les possibilités de les protéger, comme la protection et l'expansion de leur habitat. En ce qui concerne les incendies, l'un des scientifiques australiens les plus éminents sur la question déclare : 
« Les pertes dues aux feux de brousse peuvent s'expliquer par l'exposition croissante des habitations aux broussailles sujettes au feu. Aucune autre influence n'a besoin d'être invoquée. Donc, même si le changement climatique avait joué un petit rôle dans l'occurrence des feux de brousse récents, et nous ne pouvons l'exclure, le changement d'exposition des biens au risque est un facteur largement prééminent. »

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Les incendies ne sont pas non plus uniquement dus à la sécheresse, qui est fréquente en Australie, et exceptionnelle cette année.
« Le changement climatique joue son rôle ici », a expliqué Richard Thornton du Bushfire and Natural Hazards Cooperative Research Centre en Australie, « mais il n'est pas la cause de ces incendies. »

Il en va de même pour les incendies aux États-Unis. En 2017, les scientifiques ont modélisé 37 régions différentes et 
ont découvert que « les humains peuvent non seulement influencer les régimes de feu, mais que leur présence peut en fait éclipser, ou même neutraliser, les effets du climat ». Parmi les dix variables qui influent sur le feu, « aucune n'était aussi importante… que les variables anthropiques », comme la construction de maisons, la gestion de feux et l'utilisation du bois en tant que combustible à proximité des forêts.

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Les scientifiques du climat commencent à repousser les exagérations des militants, des journalistes et des autres scientifiques. 
« Alors que de nombreuses espèces sont menacées d'extinction », a déclaré Ken Caldeira de Stanford, « le changement climatique ne menace pas l'extinction de l'homme… Je ne voudrais pas qu'on motive les gens à faire ce qu'il faut en leur faisant croire quelque chose qui est faux. » J'ai demandé au climatologue australien Tom Wigley ce qu'il pensait de l'affirmation selon laquelle le changement climatique menace la civilisation. « Ça me dérange vraiment parce que c'est faux », a-t-il dit. « Tous ces jeunes ont été mal informés. Et c'est en partie la faute de Greta Thunberg. Pas délibérément. Mais elle a tort. » Mais les scientifiques et les militants n'ont-ils pas besoin d'exagérer pour attirer l'attention du public ? « Je me souviens de ce que disait Steve Schneider, un climatologue de l'université de Stanford, répondit Wigley. « Il avait l'habitude de dire qu'en tant que scientifique, nous ne devons pas vraiment nous préoccuper de la façon dont nous présentons les choses dans nos communications avec les gens de la rue qui ont besoin d'un petit coup de pouce pour réaliser que le problème est grave. Steve n'avait aucun scrupule à parler de cette façon biaisée. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ça. »

Nécessité d'un terrain d'entente

Wigley a commencé à travailler à plein temps sur la science du climat en 1975 et a créé l'un des premiers modèles climatiques (MAGICC) en 1987. MAGICC reste l'un des principaux modèles climatiques utilisés aujourd'hui. « Quand je m'adresse au grand public, dit-il, je souligne certaines des choses qui pourraient réduire le réchauffement prévu et d'autres qui pourraient l'accroître. J'essaie toujours de présenter les deux côtés. »

Ce qui me dérange pour partie dans la rhétorique apocalyptique des activistes du climat, c'est qu'elle s'accompagne souvent d'exigences visant à refuser aux pays pauvres les sources d'énergie bon marché dont ils ont besoin pour se développer. J'ai constaté que de nombreux scientifiques partagent mes préoccupations.

« Si vous voulez minimiser la proportion de dioxyde de carbone dans l'atmosphère en 2070, vous pourriez bien être amené à accélérer la combustion du charbon en Inde aujourd'hui », a déclaré Kerry Emanuel, climatologue du MIT. « Cela semble paradoxal. Le charbon est terrible pour le carbone. Mais c'est en brûlant beaucoup de charbon que les Indiens s'enrichissent, et en s'enrichissant ils ont moins d'enfants, et en n'ayant pas autant de gens qui brûlent du carbone, on sera peut-être en meilleure position en 2070. »

Emanuel et Wigley affirment qu'une rhétorique extrémiste rend plus difficile un accord politique sur le changement climatique.

« Il faut trouver un terrain d'entente où l'on peut faire des choses raisonnables pour atténuer les risques et essayer en même temps de sortir les gens de la pauvreté et les rendre plus résilients », dit Emanuel. « Nous ne devrions pas être forcés de choisir entre sortir les gens de la pauvreté et faire quelque chose pour le climat. »

Fort heureusement, il y a une grande marge de manœuvre entre l'apocalypse climatique et le déni climatique.

*Nommé « héros de l'environnement » par le magazine Time en 2008 et fondateur du think thank Environmental Progress, Michael Shellenberger se définit comme un écologiste pragmatique et pro-nucléaire. Il est un fréquent contributeur de Forbes, du New York Times et du Washington Post.

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Michael Shellenberger et la peur climatique

 

C'est un sujet qui me préoccupe de longue date. J'ai lu beaucoup, beaucoup de documents sur cette problématique. 

Je viens de découvrir un auteur qui a un point de vue radicalement différent de tous les scientifiques qui alertent sur le changement climatique et la responsabilité de l'homme dans ce phénomène.

Je ne sais toujours pas s'il faut parler de "changement", de "dérèglement", de "réchauffement" mais ce qui est clair pour moi, à travers de simples observations quotidiennes, c'est que les effets sur la nature sont indéniables. 

Il y a dix ans, la saison de ski de fond durait jusqu'aux vacances de Pâques. Dans une semaine, avec les températures actuelles, le site de la Féclaz ne sera plus praticable. C'est un fait.

Les primevères sont déjà en fleurs dans le jardin. 

L'été dernier, pour la première fois, en vingt-cinq ans, le lac des grenouilles à 2000 mètres était sec. Totalement sec. 

Le ruisseau qui alimente l'étang en contrebas de la maison disparaît au mois de juin et à la fin de l'été, cet étang n'est plus qu'une mare boueuse. 

Je ne parle pas de la difficulté considérable de maintenir le potager en état quand l'absence de pluie devient mortifère et que le vent du sud qui dure des semaines grille tout. 

Bon, on va me dire que ça n'a rien de scientifique. Effectivement, c'est juste de l'observation. Est-ce que ça n'a aucune valeur pour autant ? Est-ce que ce "changement" climatique en devient illusoire ? 

Je pose la question. 

Je n'ai pas de réponse.

Quant au plastique, je rappelle juste qu'on en trouve désormais dans tous les grands lacs de montagne des Alpes et que les pêcheurs professionnels craignent considérablement des atteintes irrémédiables sur la faune.  

Mais bon, il faut toujours poser en contrepoints les arguments venant du camp opposé. 

En voici un exemple. 

Il y a dans cet argumentaire des affirmations qui me font bondir. Mais il convient malgré tout de lire et d'y réfléchir et de ne surtout pas s'enfermer dans une vision unique. 

Je me méfie considérablement en tout cas des gens qui affirment avoir raison dans le domaine. De quelque bord que ce soit. 

Pour ma part, je ne sais rien avec certitude. Je me contente d'observer et je tente de m'informer. 

 

Association des climato-réalistes

 

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Au nom des écologistes, je tiens à m’excuser pour avoir répandu la peur climatique

3 juillet 2020 / Association des climato-réalistes

Michael Shellenberger

Traduit de l’anglais par l’association des climato-réalistes

Michael Shellenberger est fondateur et président de l’association Environmental Progress, qui se réclame de l’écomodernisme. Il vient de publier, Apocalypse Never (Harper Collins 30 juin 2020), un livre dans lequel il dénonce les déclarations apocalyptiques sur le climat qui sont scientifiquement erronées et politiquement contre-productives. Dans un article, initialement publié dans Forbes qui l’a finalement censuré, Michael Shellenberger tient au nom des écologistes du monde entier, à présenter ses excuses pour avoir répandu la peur climatique. Le texte original en anglais de sa déclaration se trouve sur le site du GWPF.

Au nom des écologistes du monde entier, je voudrais m’excuser formellement pour la peur climatique que nous avons créée au cours des 30 dernières années.

Le changement climatique se produit. Ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est même pas notre problème environnemental le plus grave.

Il peut paraître étrange que je dise tout cela. J’ai milité pour le climat pendant 20 ans et été un écologiste pendant 30 ans.

Mais en tant qu’expert en énergie invité par le Congrès à fournir un témoignage objectif, et invité par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à être expert examinateur de son prochain rapport d’évaluation, je me sens une obligation de demander des excuses pour la façon dont nous les écologistes avons trompé le public.

Voici quelques faits que peu de gens savent :

Les humains ne sont pas à la cause d’une « sixième extinction de masse » ;

L’Amazonie n’est pas « le poumon du monde » ;

Le changement climatique n’aggrave pas les catastrophes naturelles ;

Les incendies ont diminué de 25 % dans le monde depuis 2003 ;

La superficie des terres que nous utilisons pour la viande (l’élevage est la plus grande utilisatrice de terres) a diminué d’une superficie presque équivalente à celle de l’Alaska ;

Ce sont l’accumulation de bois et la proximité des habitations des forêts, et non le changement climatique, qui expliquent pourquoi il y a davantage d’incendies et de plus dangereux, en Australie et en Californie ;

Les émissions de carbone diminuent dans les pays riches depuis des décennies et ont atteint un pic en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France au milieu des années 1970 ;

En s’adaptant à la vie en dessous du niveau de la mer, les Pays-Bas sont devenus plus riches et non pas plus pauvres ;

Nous produisons 25 % de nourriture en plus de ce dont nous avons besoin et les excédents alimentaires continueront à augmenter à mesure que le monde deviendra plus chaud ;

La perte d’habitat et l’abattage direct d’animaux sauvages sont des menaces plus grandes pour les espèces que le changement climatique ;

Le bois est bien plus dangereux pour les gens et la faune que les combustibles fossiles ;

La prévention des futures pandémies nécessite plus d’agriculture « industrielle » et non pas l’inverse.

Je sais que les faits ci-dessus paraîtront comme du « négationnisme climatique » à beaucoup de gens. Mais cela montre simplement la puissance de l’alarmisme climatique.

En réalité, les faits ci-dessus proviennent des meilleures études scientifiques disponibles, y compris celles conduites ou acceptées par le GIEC, la FAO  (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture ), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et d’autres organismes scientifiques de premier plan. 

Certaines personnes en lisant ceci imagineront que je suis une sorte d’anti-environnementaliste de droite. Je ne le suis pas. À 17 ans, j’ai vécu au Nicaragua pour montrer ma solidarité avec la révolution socialiste sandiniste. À 23 ans, j’ai recueilli des fonds destinés à des coopératives de femmes guatémaltèques. Dans les 1ères années de ma vingtaine, j’ai vécu dans la semi-Amazonie pour y faire des recherches avec de petits agriculteurs luttant contre l’invasion de leurs terres. À 26 ans, j’ai contribué à faire connaître les mauvaises conditions de travail dans les usines Nike en Asie.

Je suis devenu un écologiste à 16 ans quand j’ai lancé une collecte de fonds pour Rainforest Action Network. À 27 ans, j’ai aidé à sauver les derniers séquoias antiques non protégés en Californie. Dans ma trentaine, je me suis fait l’avocat des énergies renouvelables et contribué avec succès à persuader l’administration Obama d’investir 90 milliards de dollars dans celles-ci. Au cours des dernières années, j’ai aidé à éviter le remplacement de centrales nucléaires par des centrales thermiques, évitant ainsi une forte augmentation des émissions.

Jusqu’à l’année dernière, j’ai évité de m’exprimer contre la peur climatique. C’est en partie parce que j’étais embarrassé. Après tout, je suis aussi coupable d’alarmisme que n’importe quel autre écologiste. Pendant des années, j’ai parlé du changement climatique comme d’une menace « existentielle » pour la civilisation humaine, et je le qualifiant de « crise ».

Mais surtout, j’avais peur. Je suis resté silencieux au sujet de la campagne de désinformation climatique parce que je craignais de perdre des amis et des crédits. Les rares fois où j’ai eu le courage de défendre la science du climat contre ceux qui la dénaturent, j’ai subi des conséquences sévères. Et donc je n’ai rien fait alors que mes collègues écologistes terrifiaient le public.

Je n’ai même pas réagi lorsque des gens à la maison blanche et beaucoup d’autres dans les médias ont essayé de détruire la réputation et la carrière d’un scientifique exceptionnel, un homme bien, et ami à moi, Roger Pielke, Jr., démocrate progressiste de longue date et un écologiste qui militait pour la réglementation du carbone. Pourquoi ont-ils fait ça ? Parce que ses recherches prouvaient que les catastrophes naturelles ne s’aggravaient pas.

Mais l’année dernière, les choses ont basculé.

Alexandrie Ocasio-Cortez a déclaré : « Ce sera la fin du monde dans douze ans si  nous ne nous attaquons pas au changement climatique. » Le groupe environnemental le plus en vue de Grande-Bretagne a affirmé que « le changement climatique tue les enfants ».

Le journaliste vert le plus influent du monde, Bill McKibben, a qualifié le changement climatique de « plus grand défi auquel les humains ont jamais été confrontés » et a déclaré qu’il « anéantirait les civilisations ».

Les journalistes « mainstream » ont rapporté, à plusieurs reprises, que l’Amazonie était le « poumon du monde », et que la déforestation avait les mêmes effets que l’explosion d’une bombe nucléaire.

En conséquence, la moitié des personnes interrogées dans le monde l’année dernière ont déclaré qu’ils pensaient que le changement climatique ferait disparaître l’humanité. Et en janvier, un enfant britannique sur cinq disait aux sondeurs qu’il faisait des cauchemars à cause du changement climatique.

Que vous ayez ou non des enfants, vous devez voir à quel point cette situation est mauvaise. J’avoue que je devrais être sensibilisé à cette question étant le père d’une fille adolescente. Après que nous en ayons parlé de façon scientifique, elle s’est sentie rassurée. Mais ses amis sont profondément désinformés et donc, naturellement, effrayés.

J’ai donc décidé que je devais m’exprimer. Je savais que l’écriture de quelques articles ne suffiraient pas. Il fallait un livre pour exposer toutes les preuves.

Et ainsi mes excuses formelles pour avoir répandu la crainte ont pris la forme d’un nouveau livre, « l’apocalypse jamais : pourquoi l’alarmisme environnemental nous fait du mal à tous ».

Il est basé sur deux décennies de recherche et trois décennies d’activisme environnemental. Avec 400 pages, dont 100 de notes de fin, Apocalypse Never couvre le changement climatique, la déforestation, les déchets plastiques, l’extinction des espèces, l’industrialisation, la viande, l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables.

Quelques faits saillants du livre :

Les usines et l’agriculture moderne sont les clés pour la libération humaine et le progrès environnemental ;

Le plus important pour sauver l’environnement est de produire plus de nourriture, en particulier de la viande, sur moins de terres ;

Le plus important pour réduire la pollution atmosphérique et les émissions de carbone est de passer du bois au charbon, puis au pétrole et au gaz naturel et enfin à l’uranium ;

100 % d’énergies renouvelables nécessiteraient d’augmenter le nombre de terres utilisées pour l’énergie de 0,5 % à 50 % ;

Nous devrions avoir des villes, des fermes et les centrales électriques plus denses en énergie, et non pas le contraire ;

Les végétariens réduisent leur trace carbone de de moins de 4% ;

Greenpeace n’a pas sauvé les baleines ; passer de l’huile de baleine au pétrole et à l’huile de palme en sauve ;

Le bœuf « en liberté » aurait besoin de 20 fois plus de terres et produirait 300 % plus d’émissions en plus ;

Le dogmatisme de Greenpeace a aggravé la fragmentation forestière de l’Amazonie ;

L’approche colonialiste de la conservation des gorilles au Congo a produit un effet pervers qui a pu avoir comme conséquence le meurtre de 250 éléphants.

 Pourquoi avons-nous tous été autant induits en erreur ?

Dans les trois derniers chapitres d’Apocalypse Jamais j’expose les motivations financières, politiques et idéologiques. Les mouvements environnementaux ont accepté des centaines de millions de dollars provenant de l’industrie des combustibles fossiles. Des groupes motivés par des croyances antihumanistes ont forcé la Banque mondiale à cesser leurs efforts pour mettre fin à la pauvreté en tentant de rendre la pauvreté « soutenable ». Et l’anxiété, la dépression, et l’hostilité à la civilisation moderne sont largement à l’origine de l’alarmisme.

Lorsque que vous vous rendez compte à quel point nous avons été désinformés, souvent par des gens dont les motivations sont manifestement peu recommandables ou  malsaines, il est difficile de ne pas se sentir dupé.

Est-ce que Apocalypse Never changera quelque chose ? Il y a certainement des raisons d’en douter.

Les médias d’information ont fait des déclarations apocalyptiques sur le changement climatique depuis la fin des années 1980, et ne semblent pas disposés à s’arrêter.

L’idéologie qui est derrière l’alarmisme environnemental, à savoir le malthusianisme, bien que maintes fois dénoncée pendant ces 200 dernières années, est pourtant plus  puissante que jamais.

Mais il y a aussi des raisons de croire que l’alarmisme environnemental, s’il ne sera pas éradiqué, perdra de son pouvoir d’influence culturelle.

La pandémie de coronavirus est une crise réelle qui a permis de relativiser la « crise » climatique. Même s’il y a des raisons de penser que nous avons surréagi, la Covide-19 aura tué près de 500 000 personnes et brisé des économies dans le monde entier.

Les institutions scientifiques, dont l’OMS et le GIEC, ont sapé leur crédibilité en politisant la science de façon répétée. Leur future existence et leur utilité exigent un nouveau leadership et une réforme sérieuse.

Les faits importent encore, et les réseaux sociaux permettent à des voix nouvelles et indépendantes de s’opposer à celle des journalistes écologistes alarmistes écrivant dans les publications mainstream.

Les nations se réorientent vers l’intérêt national et s’éloignent du Malthusianisme et du néolibéralisme, ce qui est bon pour le nucléaire et mauvais pour les énergies renouvelables.

Il y a des preuves accablantes que notre civilisation à forte densité en énergie est meilleure pour les populations et la nature que la civilisation à faible énergie prônées par les alarmistes.

Et les invitations que j’ai reçues du GIEC et du Congrès à la fin de l’année dernière, après la publication d’une série de critiques sur l’alarmisme climatique, sont les signes d’une ouverture croissante à une nouvelle réflexion sur le changement climatique et l’environnement.

Un autre signe est la réponse à mon livre de la part de climatologues, écologistes et spécialistes de l’environnement. « Apocalypse Never est un livre extrêmement important » a écrit Richard Rhodes, l’auteur The Making of the Atomic Bomb, lauréat du prix Pulitzer. « Cela pourrait être le livre le plus important jamais écrit sur l’environnement », a aussi dit Tom Wigley, l’un des pères de la science moderne du climat.

« Nous, les écologistes, condamnons ceux qui ont des opinions antithétiques, sont ignorants de la science et suspects de biais de confirmation », a déclaré Steve McCormick ancien directeur de The Nature Conservancy. « Mais trop souvent, nous prêtons le flanc aux mêmes critiques. Shellenberger offre « l’amour sans concession » : un défi aux orthodoxies rigides et enracinées, et aux mentalités autodestructrices. Apocalypse Never nous sert des points de vue occasionnellement dérangeants mais toujours fondés sur des preuves et bien conçus, qui nous aideront à développer le « muscle mental » dont nous avons besoin pour concevoir un avenir non seulement plein d’espoir, mais réalisable. »

C’est tout ce que j’espérais en l’écrivant. Si vous m’avez suivi jusqu’au bout, j’espère que vous conviendrez que ce n’est peut-être pas aussi étrange que cela qu’un écologiste de toute une vie, progressiste, et militant du climat aie ressenti le besoin de dénoncer l’alarmisme.

J’espère en outre que vous accepterez mes excuses.

 

Confucius : citations

Il est rare de tomber sur une liste aussi importante des citations de Confucius et donc, je la mets ici pour ne pas la perdre.

Une phrase par jour, la lecture du matin au réveil, une réflexion offerte.

 

confucius citations

Confucius : citations les plus célèbres

22 FÉVRIER 2021

https://www.jepense.org/confucius-citations-celebres/

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Confucius : citations les plus célèbres sur le travail, la vie, le bonheur, le savoir, l’amour et le gouvernement.

Confucius (551 – 479 avant J-C) est un philosophe chinois fondateur du confucianisme, qui est l’une des trois écoles de pensée chinoise traditionnelle, les deux autres étant le taoïsme et le bouddhisme.

Le confucianisme est une voie d’épanouissement dont le but est de devenir un homme honorable vivant en harmonie avec ses semblables. L’importance attachée aux rites et aux cérémonies lui donne l’aspect d’une religion, même si Confucius n’évoque aucun dieu.

Confucius décrit une morale positive, structurée par les rites, l’art de se conduire avec loyauté et sincérité (par exemple l’art de tirer à l’arc), valeurs qui doivent fonder la société.

L’essentiel de la pensée de Confucius est rassemblée dans les Entretiens de Confucius, oeuvre écrite par les disciples de Confucius et dont nous livrons ici les préceptes essentiels. Une description détaillée du mode de vie de Confucius figure au chapitre 10.

Voici les citations les plus célèbres de Confucius.

Confucius : citations les plus célèbres.

Voici quelques-unes des citations les plus célèbres de Confucius, tirées des Entretiens de Confucius.

Citations de Confucius sur le travail.

Si l’étudiant fait sans cesse des efforts, même en recueillant peu à la fois, il amassera beaucoup ; mais s’il s’arrête à mi-chemin, il perdra tout le fruit du travail qu’il a déjà accompli. 9, 18

Une légère impatience ruine de grands projets. 15, 26

Citations sur la connaissance et l’enseignement.

Le Maître dit : Ne vous affligez pas de ce que les hommes ne vous connaissent pas ; affligez-vous de ne pas connaître les hommes. 1, 16

Le Maître dit : Les Odes sont au nombre de trois cents. Un seul mot les résume toutes : penser sans dévier. 2, 2

En réchauffant l’ancien, on perçoit le nouveau. 2, 11

Étudier sans réfléchir est une occupation vaine ; réfléchir sans étudier est dangereux. 2, 15

Iou, veux-tu que je t’enseigne le moyen d’arriver à la connaissance ? Ce qu’on sait, savoir qu’on le sait ; ce qu’on ne sait pas, savoir qu’on ne le sait pas : c’est savoir véritablement. 2, 17

Celui qui s’applique de toutes ses forces à étudier peut devenir un saint. 5, 27

Engranger en silence les connaissances, apprendre sans éprouver jamais de satiété, enseigner sans jamais se lasser, quelle est la difficulté pour moi ? 7, 2

En parlant ainsi, Confucius a voulu s’abaisser lui-même. Il a été un saint, parce que la connaissance était innée en lui. Quand il disait qu’il aimait l’étude, ce n’était pas uniquement pour engager les autres à étudier. Car, ce qu’un homme peut connaître naturellement et sans étude, ce sont les devoirs de Justice et de convenance. Quant aux faits historiques, aux changements introduits dans les cérémonies, dans la musique, dans les insignes des dignités, nul ne peut les connaître avec certitude, s’il ne les a étudiés. 7, 19

Le Maître enseignait spécialement quatre choses : les textes anciens, la pratique, la loyauté et la fidélité. 7, 24

Adonnez-vous à l’étude avec une foi profonde, conservez la bonne voie jusqu’à la mort ; n’entrez pas dans un pays troublé ; ne demeurez pas dans un État en rébellion. Si le monde suit la Voie, montrez-vous, sinon cachez-vous. Si le pays suit la Voie, ayez honte de n’avoir ni richesses ni honneurs. Mais s’il ne la suit pas, ayez honte d’en avoir. 8, 13

Étudiez comme si vous aviez toujours à acquérir. 8, 17

Le Maître dit : Oh ! suprême grandeur ! Chouenn et Iu ont possédé le monde sans y être attachés. 8, 18

Le Maître dit : Est-ce que j’ai beaucoup de science ? Je n’ai pas de science. Mais quand un homme de la plus humble condition m’interroge, je discute la question sans préjugés, d’un bout à l’autre, sans rien omettre. 9, 7

Je n’ai que faire d’un homme qui acquiesce sans réfléchir, qui approuve sans se corriger. 9, 23

Le Maître dit : Si vous refusez d’instruire un homme qui a les dispositions requises, vous perdez un homme. Si vous enseignez un homme qui n’a pas les dispositions nécessaires, vous perdez vos instructions. Un sage ne perd ni les hommes ni ses enseignements. 15, 7

Le Maître dit : Dans mon école tous les hommes sont admis, sans distinction. La nature humaine profonde est excellente en elle-même. La différence entre les bons et les méchants est due à la différence des habitudes qu’ils ont contractées. Lorsqu’un homme honorable tient école, tous les hommes peuvent, sous sa direction, recouvrer l’excellence, et mériter de n’être plus rangés dans la classe des méchants. 15, 38

Celui qui chaque jour examine ses manques, et qui chaque mois examine s’il n’a rien oublié de ce qu’il a appris, celui-là désire vraiment apprendre. 19, 5

Sur l’honneur et la vertu.

L’homme honorable commence par appliquer ce qu’il veut enseigner ; ensuite il enseigne. 2, 13

L’homme honorable aime tous les hommes et n’a de partialité pour personne. L’homme de peu est partial et n’aime pas tous les hommes. 2, 14

Même quand il lutte, l’homme honorable est toujours plein d’humanité. 3, 7

Avant de peindre, il faut avoir un fond blanc. 3, 8 (sur la sincérité des sentiments)

Quand on tire à l’arc, le mérite ne consiste pas à transpercer le cuir ; l’essentiel est d’atteindre le centre de la cible, et non de la transpercer. 3, 16

Le Maître dit : “Celui qui s’applique sérieusement à cultiver la vertu d’humanité s’abstient de mal faire.” 4, 4

Tout homme, s’il fait des efforts sérieux, peut atteindre la perfection. 4, 6

Ne soyez pas en peine de ce que personne ne vous connaît ; travaillez à vous rendre digne d’être connu. 4, 14

Ma Voie est cousue d’un seul fil. La Voie consiste en la loyauté et en l’amour d’autrui comme de soi-même. 5, 15

Le Maître dit : “L’homme honorable considère les choses à travers la justice, et l’homme de peu à travers son intérêt.” 4, 16

Le Maître dit : “Quand vous voyez un homme sage, pensez à l’égaler en vertu. Quand vous voyez un homme dépourvu de sagesse, examinez-vous vous-même.” 4, 17

Le Maître dit : “L’homme honorable s’applique à être lent dans ses discours et diligent dans ses actions.” 4, 23

Que sert d’être habile à parler ? Ceux qui reçoivent tout le monde avec de belles paroles, qui viennent seulement des lèvres, et non du cœur, se rendent souvent odieux. 5, 4

Ce que je ne veux pas que les autres me fassent, je désire ne pas le faire aux autres. 5, 11

Le Maître dit que Tzeu tchang pratiquait parfaitement quatre qualités de l’homme honorable, à savoir la déférence envers ses égaux, le respect envers ses supérieurs, la bienfaisance envers le peuple, la justice envers ses sujets. 5, 15

Ki Wenn tzeu réfléchissait trois fois avant de faire une chose. Le Maître, l’ayant appris, dit : “Il suffit de réfléchir deux fois.” 5, 19

Le Maître dit : Pe i et Chou ts’i oubliaient les défauts passés d’autrui ; aussi avaient-ils peu d’ennemis. 5, 22

On doit partager avec tout l’univers l’usage des choses de tout l’univers. 5, 25

J’ai entendu dire que l’homme honorable secourait les indigents ; mais n’ajoutait pas à l’opulence des riches. 6, 3

Les hommes savent que, pour sortir, il faut passer par la porte, et ils ne savent pas que, pour bien agir, il faut passer par la Voie. 6, 15

Le Maître dit : “Celui chez qui les qualités naturelles l’emportent sur la politesse des manières et du langage est un homme agreste. Celui chez qui la politesse des manières et du langage l’emporte sur les vertus intérieures est comme un copiste de tribunal. Celui qui possède à un égal degré la vertu et la politesse est un homme honorable.” 6, 16

L’homme honorable commence par le plus difficile, avant de penser aux avantages qu’il en doit retirer ; on peut appeler cela de l’humanité. 6, 20

Le Maître dit : L’homme intelligent aime l’eau, et l’homme honorable les montagnes. L’homme intelligent se donne du mouvement ; l’homme honorable demeure immobile. L’homme intelligent vit heureux ; l’homme honorable vit longtemps. L’homme intelligent a l’esprit exempt de tout préjugé et de toute passion, très perspicace et libre de toute entrave. Il a une ressemblance avec l’eau ; c’est pour cela qu’il aime l’eau. L’homme honorable est grave et ferme par caractère ; rien ne peut l’émouvoir ni l’agiter. Il a une ressemblance avec les montagnes, et il les aime. L’homme intelligent pénètre toutes choses par perspicacité ; son activité atteint presque le plus haut degré possible. L’homme honorable pratique tous les principes célestes spontanément ; son cœur n’est ni troublé ni tourmenté par les passions. Son repos est presque absolu. Un homme dont le cœur est attaché aux choses extérieures, comme par des liens, rencontre des obstacles à ses désirs et éprouve mille soucis. L’homme intelligent, dont la force d’âme est toujours pure et lucide, n’est arrêté par aucun obstacle. Comment ne serait-il pas heureux ? Un homme qui ne met pas de frein à ses passions ni à ses désirs se conduit mal et abrège sa vie. L’homme honorable jouit d’une santé forte et vigoureuse, qu’aucun excès ne vient altérer. Comment ne vivrait-il pas longtemps ? 6, 21

La Vertu qui se tient dans le milieu juste n’est-elle pas la plus parfaite ? 6, 27

La vertu d’humanité, c’est élever autrui comme on souhaiterait l’être soi-même ; c’est le faire parvenir là où on le voudrait soi-même. 6, 28

Les défauts que je reconnaîtrais en l’autre, je tâcherais de les corriger en moi-même. 7, 21

La vertu d’humanité est la bonté naturelle que chaque homme possède nécessairement. Mais les hommes, aveuglés par leurs passions, ne savent pas la chercher. Ils suivent l’inverse et se persuadent qu’elle est loin d’eux. 7, 29

La prodigalité conduit à l’arrogance, et la parcimonie à l’avarice. L’arrogance est pire que l’avarice. 7, 35

Un homme honorable a surtout soin de trois choses : éviter la violence et l’insolence dans ses attitudes et dans ses gestes, garder une expression qui inspire confiance, prendre un ton dénué de vulgarité et de bassesse. 8, 4

L’ambition sans droiture, l’ignorance sans prudence, la naïveté sans bonne foi, cela dépasse mon entendement ! 8, 16

Le Maître désapprouvait quatre choses : l’opinion personnelle, l’affirmation catégorique, l’opiniâtreté et l’égoïsme. 9, 4

Le Maître dit : Un homme éclairé n’hésite pas ; un homme honorable est exempt de soucis ; un homme courageux n’a pas peur. 9, 27

Se maîtriser soi-même, et revenir aux rites de la courtoisie, c’est cela le sens d’humanité. 12, 1

Ne pas se laisser imprégner par les calomnies, ni se laisser meurtrir par les accusations ; cela peut s’appeler lucidité. 12,6

Magnifier la Vertu, c’est s’appliquer principalement à garder la fidélité et la sincérité, et observer la justice. 12, 10

Servir d’abord, avant d’en espérer les fruits, n’est-ce pas magnifier la Vertu ? Lutter contre ses propres défauts, et non sur ceux d’autrui, n’est-ce pas le moyen de se corriger ? 12, 20

Fan Tch’eu demanda en quoi consiste la vertu d’humanité. Elle consiste à aimer les hommes, répondit le Maître. Fan Tch’eu demanda en quoi consiste la connaissance. Elle consiste à connaître les hommes, répondit Confucius. 12, 21

Avertis tes amis avec franchise, et conseille les avec douceur. S’ils n’approuvent pas tes avis, arrête, plutôt que de risquer un affront. 12, 22

L’homme honorable cultive l’harmonie et non le conformisme. L’homme de peu cultive le conformisme et non l’harmonie. 13, 23

Fermeté, résolution, simplicité, réserve, touchent à la vertu d’humanité. 13, 27

La Voie de l’homme honorable est triple – que je ne peux quant à moi réaliser : la plénitude humaine sans obsession ; la connaissance sans scepticisme ; le courage sans peur. 14, 30

Le Maître dit : Ne t’afflige pas d’être méconnu des hommes, mais plutôt d’être incompétent. 14, 32

Le Maître dit : Le sage évite le monde, puis évite certaines contrées, puis certaines attitudes, enfin certaines paroles. 14, 39

Sois loyal et digne de confiance dans tes paroles, sérieux et circonspect dans tes actions, et tu pourras œuvrer, même au milieu des barbares du Sud ou du Nord. 15, 5

Celui qui est sévère envers lui-même et indulgent envers les autres évite les mécontentements. 15, 14

L’homme honorable attend tout de lui-même ; l’homme de peu attend tout des autres. 15, 20

Ne pas se corriger après une faute, c’est là qu’est la faute. 15, 29

Celui-là est parfait qui est capable de pratiquer cinq choses partout et toujours. Tzeu tchang dit : Permettez-moi de vous demander quelles sont ces cinq choses ? – Ce sont, répondit Confucius, la déférence, la grandeur d’âme, la sincérité, la diligence et la générosité. 17, 6

Répéter en chemin à tous les passants ce que l’on a appris de bon en chemin, c’est jeter la Vertu au vent. 17, 14

L’homme honorable honore les sages, et est indulgent envers la multitude ; il encourage par des éloges les excellents et a compassion des faibles. 19, 3

L’homme de peu colore toujours d’une belle apparence les fautes qu’il a commises. 19, 8

Les fautes d’un homme honorable sont comme les éclipses du soleil et de la lune. Quand il s’égare, tous les yeux le voient. Quand il se corrige, tous les regards le contemplent. 19, 21

Citations sur la famille et l’harmonie sociale.

Le sage donne son principal soin à la racine. Une fois la racine affermie, la Voie peut naître. L’affection envers nos parents et le respect envers ceux qui sont au-dessus de nous sont comme la racine de la vertu. 1, 2

Un jeune homme, dans la maison, doit aimer et respecter ses parents. Hors de la maison, il doit respecter ceux qui sont plus âgés ou d’un rang plus élevé que lui. Il doit être attentif et sincère dans ses paroles ; aimer tout le monde, mais se lier plus étroitement avec les hommes d’humanité. Ces devoirs remplis, s’il lui reste du temps et des forces, qu’il les emploie à l’étude des lettres et des arts libéraux. 1, 6

Cultiver l’harmonie pour elle-même, sans qu’elle soit réglée par les rites, ne peut se faire. 1, 12

Meng I tzeu ayant interrogé sur la piété filiale, le Maître répondit : Elle consiste à ne pas contrevenir. 2, 5

Tzeu koung demanda s’il existait un mot qu’on pût observer toute la vie. Le Maître répondit : N’est-ce pas celui de tolérance ? Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse à vous-même. 15, 23

Confucius dit : Trois sortes d’amitié sont avantageuses, et trois sortes d’amitié sont nuisibles. L’amitié avec un homme qui parle sans détours, l’amitié avec un homme sincère, l’amitié avec un homme de grand savoir, ces trois sortes d’amitié sont utiles. L’amitié avec un homme habitué à tromper par une fausse apparence d’honnêteté, l’amitié avec un homme habile à flatter, l’amitié avec un homme qui est grand parleur, ces trois sortes d’amitié sont nuisibles. 16, 4

Le Maître dit : Les hommes sont tous semblables par leur nature profonde ; ils diffèrent par leurs us et coutumes. 17, 2

Citations de Confucius sur la vie et le bonheur.

Rien ne sert de parler des choses qui sont déjà accomplies, ni de faire des remontrances sur celles qui sont déjà très avancées, ni de blâmer ce qui est passé. 3, 21

Le Maître dit : “Un homme dépourvu d’humanité ne peut demeurer longtemps dans le malheur ou dans le bonheur. L’homme honorable trouve la paix dans la vertu d’humanité ; l’homme sage en connaît tout le profit.” 4, 2

La pauvreté et l’abjection sont en horreur aux hommes ; si elles vous viennent, même sans aucune faute de votre part, ne les fuyez pas. 4, 5

Celui qui le matin a compris la Voie, le soir peut mourir content. 4, 8

Le Maître dit : “Que la sagesse de Ien Houei était grande ! Il demeurait dans une misérable ruelle, n’ayant qu’une écuelle de riz et une gourde de boisson. Un autre, en se voyant si dépourvu, aurait eu un chagrin intolérable. Houei était toujours content. Oh ! que Houei était sage !” 6, 9

Le Maître dit : Fût-on réduit à manger une grossière nourriture, à boire de l’eau, et à reposer la nuit la tète appuyée sur son bras, on y trouvera de la joie au milieu de ses privations. Les richesses et les dignités obtenues injustement me paraissent comme des nuages qui passent. 7, 15

Le plus grand malheur qui puisse arriver à un homme, c’est de n’être pas averti de ses fautes. Moi, j’ai un bonheur particulier ; si je commets une faute, elle ne manque pas d’être connue. Lorsqu’elle est connue des autres, j’en suis informé ; je puis changer de conduite, et me rendre irréprochable. N’est-ce pas un très grand bonheur pour moi ? 7, 30

Le Maître dit : Le sage est calme et serein. L’homme de peu est toujours accablé de soucis. 7, 36

Le Maître se trouvant au bord d’un cours d’eau dit : Tout passe comme cette eau ; rien ne s’arrête ni jour ni nuit. L’homme honorable imite ce mouvement continuel de l’eau et de toute la nature. Il ne cesse de s’efforcer d’atteindre sa perfection. 9, 16

Celui qui ne sait pas ce qu’est la vie, comment saura-t-il ce qu’est la mort ? 11, 11

Le Maître dit : Un gentilhomme d’idéal, un homme pleinement humain ne cherche jamais à sauver sa vie aux dépens de la vertu d’humanité. Il est des circonstances où il sacrifie sa vie, pour que s’accomplisse cette vertu. 15, 8

Citations sur la meilleure façon de gouverner.

Chercher à plaire aux hommes par des discours étudiés et un extérieur composé est rarement signe de plénitude humaine. 1, 3

Le Maître dit : Celui qui gouverne un peuple par la Vertu est comme l’étoile polaire qui demeure immobile, pendant que toutes les autres étoiles se meuvent autour d’elle. 2, 1

Le Maître dit : Si le prince conduit le peuple au moyen des lois et le retient dans l’unité au moyen des châtiments, le peuple s’abstient de mal faire ; mais il ne connaît aucune honte. Si le prince dirige le peuple par la Vertu et fait régner l’union grâce aux rites, le peuple a honte de mal faire, et devient vertueux. 2, 3

Entrer en lutte avec le parti opposé, c’est nuisible. 2, 16

Ngai, prince de Lou, dit à Confucius : “Que doit faire un prince pour que le peuple soit content ?” Maître K’ong répondit : “Si le prince élève aux charges les hommes vertueux et écarte tous les hommes vicieux, le peuple le soutiendra ; si le prince élève aux charges les hommes vicieux et écarte les hommes vertueux, le peuple ne se soumettra pas.” 2, 19

Faire régner la vertu dans sa famille par son exemple, c’est aussi gouverner. 2, 21

Le Maître dit : Celui qui, dans le gouvernement de l’État, montre cette déférence qui fait le fondement de l’urbanité, quelle difficulté rencontrera-t-il ? 4, 13

Tzeu wenn fut trois fois nommé Premier ministre ; il n’en manifesta aucune joie. Il fut trois fois dépouillé de sa charge ; il n’en manifesta aucun mécontentement. En quittant la charge de Premier ministre, il faisait connaître à son successeur ses actes administratifs. 5, 18

Le Maître dit : Sans civilité la politesse devient laborieuse, la circonspection craintive, le courage rebelle, la franchise offensante. Que le prince remplisse avec zèle ses devoirs envers ses proches, et le peuple sera mû par le bien. Que le prince n’abandonne pas ses anciens amis, et le peuple ne sera pas négligent. 8, 2

Ne cherchez pas à vous immiscer dans les affaires dont vous n’avez pas la charge. 8, 14

Tzeu koung interrogea Confucius sur l’art de gouverner. Le Maître répondit : Celui qui gouverne doit avoir soin que les vivres ne manquent pas, que les forces militaires soient suffisantes, que le peuple lui donne sa confiance. Tzeu koung dit : S’il était absolument nécessaire de négliger une de ces trois choses, laquelle conviendrait-il de négliger ? – Les forces militaires, répondit Confucius. Et s’il était absolument nécessaire d’en négliger encore une seconde, dit Tzeu koung, quelle serait-elle ? – Les vivres, répondit Confucius, car de tout temps les hommes ont été sujets à la mort, mais si le peuple n’a pas confiance en ceux qui le gouvernent, c’en est fait de lui. 12, 7

Si le peuple est dans le besoin, comment le prince serait-il le seul à ne manquer de rien ? 12, 9

Instruire un procès, je le puis, tout comme un autre. L’important serait de faire qu’il n’y eût plus de procès. 12, 13

Gouverner, c’est maintenir dans la voie droite. Si vous-même, Seigneur, maintenez droit, qui osera dévier ? 12, 16

Ki K’ang tzeu, interrogeant Confucius sur la manière de gouverner, lui dit : Ne ferais-je pas bien de mettre à mort ceux qui contreviennent à la Voie, pour faire place à ceux qui la suivent ? Confucius répondit : Pour gouverner le peuple, Seigneur, avez-vous besoin de tuer ? Vous-même tendez vers le bien, et le peuple sera bon. La Vertu du prince est comme le vent ; celle du peuple est comme l’herbe. Au souffle du vent, l’herbe se courbe toujours. 12, 18

Tzeu lou interrogea Confucius sur l’art de gouverner. Le Maître répondit : Donner l’exemple du labeur. Tzeu lou pria le Maître de lui en dire davantage. Confucius répondit : Sans relâche. 13, 1

Si le prince s’attache à la justice, aucun de ses sujets n’osera lui refuser l’obéissance. Si le prince s’attache à la sincérité, aucun de ses sujets n’osera agir de mauvaise foi. Les choses étant ainsi, les habitants de toutes les contrées accourront à lui, avec leurs petits enfants sur leurs épaules. 13, 4

Le Maître dit : Si le prince personnifie la rectitude, tout se fait sans qu’il commande ; si le prince ne l’incarne pas, il aura beau donner des ordres, il ne sera pas suivi. 13, 6

Le Maître alla dans la principauté de Wei avec Jen Iou, qui conduisait son char. Le Maître dit : Que les habitants sont nombreux ! – Maintenant qu’ils sont nombreux, dit Jen Iou, que faut-il faire pour eux ? Le Maître répondit : Les rendre riches. Jen Iou reprit : Quand ils seront devenus riches, que faudra-t-il faire de plus pour eux ? – Les instruire, répondit Confucius. 13, 9

Le Maître dit : Si des princes vertueux se succédaient sur le trône durant cent ans, a dit un poète, ils vaincraient les scélérats, et élimineraient la peine de mort. 13, 11

Le Maître dit : Si un homme sait se gouverner lui-même, quelle difficulté aura-t-il à gouverner l’État ? Mais celui qui ne sait pas se gouverner lui-même, comment pourra-t-il gouverner les autres ? 13, 13

Il est un dicton : “Il est malaisé d’être souverain, il n’est pas facile d’être ministre.” Si le prince comprenait bien la difficulté de régner, ne serait-il pas sur le point de faire prospérer le pays par ce seul adage ? 13, 15

Si le prince parle bien, et que personne ne le contredise, ne sera-ce pas bien ? Mais s’il parle mal, et que personne ne le contredise, n’est-il pas sur le point, par ce seul adage, de mener le pays à sa perte ? 13, 15

Tzeu hia, étant préfet de Kiu fou, interrogea Confucius sur l’art de gouverner. Le Maître dit : Ne te hâte pas trop ; ne recherche pas les petits avantages. Qui se hâte n’atteint pas loin ; qui poursuit de petits avantages néglige les grandes choses. 13, 17

Le Maître dit : Celui qui ne craint pas de promettre de grandes choses a de la peine à les exécuter. 14, 21

Le Maître dit : Si le prince aime à garder l’ordre fixé par les lois et les usages, le peuple est facile à diriger. 14, 44

L’homme honorable est maître de lui-même et n’a de contestation avec personne ; il est sociable, mais n’est pas homme de parti. 15, 21

Un prince ne néglige pas ceux qui lui sont unis par le sang. Il a soin que les grands officiers ne puissent pas se plaindre de n’être pas employés. À moins d’une raison grave, il ne rejette pas ceux qui ont servi l’État de génération en génération. Il n’exige pas qu’un homme possède à lui seul tous les talents et toutes les qualités. 18, 10

Pour votre bibliothèque :

Les entretiens de Confucius, texte complet.

Modif. le 24 février 2021

"A la découverte de stations de ski abandonnées"

Un effet du réchauffement. 

Le climat n'est pas le seul responsable. 

Il y a aussi toutes les malversations humaines.

A voir aussi les impacts sur la nature de tous ces bâtiments et infrastructures abandonnés. C'est toujours pareil en fait. La faillite induit qu'il n'y a aucune prise en charge des stations mortes même si une nouvelle loi, non rétroactive, impose aujourd'hui le démantèlement. 

"L'or blanc" n'est plus de mise partout. Les mines sont à l'abandon. 

Il reste à changer de méthode. 

 

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« Par wilderness, on entend cet environnement d’altitude, où tous ceux qui le désirent peuvent encore faire l’expérience d’une rencontre directe avec les grands espaces, et y éprouver en toute liberté la solitude, les silences, les rythmes, les dimensions, les lois naturelles et les dangers. » [1]

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[1] Cette définition extraite des "Thèses de Biella" (1987) inspire toujours les actions de Mountain Wilderness depuis plus de 20 ans et partout dans le monde.

Réchauffement climatique et menaces planétaires

Le problème, c'est  que ce genre d'alerte, des dizaines de scientifiques issus de divers domaines l'ont faite il y a bien longtemps. Donc, il ne suffit plus d'établir des constats. Il faut passer aux actes. Et pas dans dix ans. On lit depuis quelques années, des articles qui parlent de la menace d'un "nouvel ordre mondial". Il faudrait bien pourtant que des ententes mondiales soient établies. Pour le bien de tous. 

 

 

Le réchauffement climatique menace la sécurité mondiale

 

Le lien entre crise climatique et sécurité mondiale est indéniable, a expliqué Emmanuel Macron lors d'un débat en visioconférence au Conseil de sécurité de l'ONU. Les chefs d'Etat ont reconnu l'urgence de la situation et plaidé pour une meilleure coordination des actions.

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Enjeux internationaux

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D'ici 2050, quelque 143 millions de personnes devraient être obligées de quitter leur région d'origine à cause du réchauffement climatique selon la Banque mondiale.

D'ici 2050, quelque 143 millions de personnes devraient être obligées de quitter leur région d'origine à cause du réchauffement climatique selon la Banque mondiale. (LUIS TATO/AFP)

Par Michel De Grandi

Publié le 23 févr. 2021 à 19:05

Quelques jours après la réintégration formelle des Etats-Unis dans l'accord de Paris des Etats-Unis sous l'impulsion de l'administration Biden, le Conseil de sécurité de l'ONU a réuni, mardi en visioconférence, un sommet de dirigeants pour débattre des implications du changement climatique sur la paix dans le monde.

Le thème, bien qu'universel, ne fait pas nécessairement l'unanimité parmi les 15 membres du Conseil de sécurité. Pour le Britannique Boris Johnson, organisateur du sommet, il faut une action rapide pour protéger « la stabilité de notre monde ».

Antonio Guterres, le Secrétaire général de l'ONU, a très vite planté le décor en s'efforçant de rendre tangibles les problématiques soulevées : « En Afghanistan, où 40 % des travailleurs sont liés à l'agriculture, des moissons réduites précipitent les gens dans la pauvreté et l'insécurité alimentaire, les rendant susceptibles d'être recrutés par des groupes armés », a-t-il expliqué. De quoi justifier que cette question soit portée devant le Conseil de Sécurité a plaidé John Kerry. La crise climatique, « c'est une menace pour notre sécurité collective, qu'elle soit alimentaire, énergétique ou physique », a-t-il dit. L'envoyé américain pour le changement climatique a été rejoint sur ce terrain par le président français.

Envoyé spécial de l'ONU pour la sécurité climatique

Emmanuel Macron a plaidé pour que « l'ONU et le Conseil de sécurité jouent un rôle accru » autour de cet enjeu du climat et de la sécurité. Le président français a cité trois régions -l'Afrique, l'Indo-Pacifique et l'Arctique- où « les besoins d'une plus grande implication de la communauté internationale sont réels ».

Surtout, le chef de l'Etat a proposé la nomination d'un envoyé spécial de l'ONU pour la sécurité climatique afin de mieux coordonner la lutte contre le réchauffement de la terre. Il a suggéré aussi au secrétaire général de l'ONU de présenter chaque année au Conseil de sécurité, dont la France est l'un des membres permanents, « un rapport sur l'impact du climat sur la sécurité internationale pour anticiper, alerter, faire des recommandations et nous permettre de jouer notre rôle ». « Très clairement, le lien entre climat et sécurité, s'il est complexe, est indéniable, en quelque sorte inexorable », a souligné le président français, rappelant que « sur les 20 pays les plus touchés par les conflits dans le monde, 12 font également partie des pays les plus vulnérables aux impacts du changement climatique ».

L'Inde et le Mexique, entrés au Conseil de sécurité en janvier, ont déroulé eux aussi une vision plus progressiste. « Il faut une réponse internationale coordonnée qui permette une protection des écosystèmes » a dit le Mexique. L'Inde de son côté s'est posée en bon élève des Accords de Paris en rappelant avoir respecté les objectifs fixés en 2015.

Nécessaire coordination

Tandis que le Kenya ou le Niger « ressentent très vivement » l'impact du changement climatique sur la situation sécuritaire, la Chine a prôné l'intérêt du multilatéralisme et d'une nécessaire coordination entre croissance, réduction de la pauvreté et réponse au réchauffement climatique. De son côté, le représentant de la Russie a rappelé qu'il ne faut pas considérer le réchauffement climatique comme le problème fondamental en matière de sécurité. « C'est détourner le débat des causes premières », a-t-il dit.

Les évaluations parlent d'elles-mêmes

Quelles que soient les positions adoptées, tous les pays reconnaissent l'urgence de la situation. Les évaluations parlent d'elles-mêmes. Dans un rapport publié en 2018, la Banque mondiale alertait déjà sans détour : « Dans seulement trois régions, le changement climatique pourrait forcer plus de 143 millions de personnes à se déplacer à l'intérieur de leur pays d'ici 2050 ». Sur ce total, plus de la moitié (86 millions de personnes) seraient des migrants climatiques internes à l'Afrique subsaharienne.

A propos de la désertification, le GIEC (Groupement d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) dressait en 2019, un constat tout aussi accablant : au cours de la période 1961-2013, la désertification a progressé en moyenne de plus de 1 % par an de sorte qu'en 2015, environ 500 millions de personnes (entre 380 et 620 millions) vivaient dans des zones qui ont été touchées par ce phénomène entre les années quatre-vingt et 2000.

Michel De Grandi

 

Polio et vaccination

Pour que les choses soient claires, je ne suis aucunement réfractaire à l'usage des vaccins. Je pense qu'il faudrait être inconscient pour le dire. L'exemple de la polio reste celui qui est le plus emblématique.

 

La polio est officiellement éradiquée en Afrique

 

ACTUALITÉClassé sous :MÉDECINE , POLIOMYÉLITE , AFRIQUE

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Futura avec l'AFP-Relaxnews

 

Publié le 26/08/2020

Une formidable victoire... une délivrance... un moment historique pour l'Afrique qui a aujourd'hui éradiqué la polio sur son continent. Depuis quatre ans, aucun cas n'a été signalé. Malgré la découverte du vaccin dans les années 50, la polio continuait ses ravages irréversiblement. Retour sur les campagnes de vaccination et les batailles durement menées contre certains préjugés.  

 

Le poliovirus sauvage, plus connu sous le nom de polio a été mardi officiellement déclaré « éradiqué » du continent africain par l'Organisation mondiale de la Santé, après quatre années consécutives sans cas déclaré et des efforts massifs de vaccination des enfants. « Aujourd'hui, les membres de la Commission de certification pour la région Afrique (ARCC) -- organisme de certification de l'OMS -- déclarent que la transmission du poliovirus sauvage a été interrompue » en Afrique, a affirmé sa présidente, Rose Leke, lors d'un événement organisé par visioconférence.

Les experts scientifiques estiment qu'il reste environ 30.000 enfants toujours « inaccessibles ». Selon eux, ce chiffre est « trop faible » pour assurer une transmission épidémique. © Jaimie Duplass, Shutterstock.com

Les experts scientifiques estiment qu'il reste environ 30.000 enfants toujours « inaccessibles ». Selon eux, ce chiffre est « trop faible » pour assurer une transmission épidémique. © Jaimie Duplass, Shutterstock.com  

Aucun cas signalé depuis 4 ans

« C'est un moment historique pour l'Afrique, a déclaré la directrice Afrique de l'OMS, Matshidiso Moeti. À partir de maintenant, les enfants qui naîtront sur ce continent n'auront pas à craindre d'être infectés par la polio ». Cette annonce a également réuni par visioconférence le directeur général de l'OMS, l'Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus ainsi que le Nigérian Aliko Dangote et l'Américain Bill Gates, tous deux milliardaires et philanthropes.

« C'est une formidable victoire, une délivrance, confie à l'AFP Tunji Funsho, du comité Polio Nigeria de l'association Rotary International. Cela fait plus de 30 ans que nous avons lancé ce défi. Dire que je suis heureux, c'est un euphémisme ! », se réjouit ce médecin nigérian.

À partir de maintenant, les enfants qui naîtront sur ce continent n'auront pas à craindre d'être infectés par la polio

Il faut normalement attendre trois ans sans cas déclaré pour obtenir la certification de l'OMS, mais l'organisation onusienne a préféré attendre quatre ans cette fois, « pour être sûre à 100 % qu'il n'y a plus de danger », explique le médecin. Provoquée par le poliovirus sauvage, la poliomyélite est une maladie infectieuse aiguë et contagieuse qui touche principalement les enfants, attaquant la moelle épinière et pouvant provoquer une paralysie irréversible. Elle était endémique partout dans le monde, jusqu'à la découverte d'un vaccin dans les années 1950.

Les efforts de pédagogie ont fini par convaincre les populations

En 1988, l'OMS dénombrait 350.000 cas à travers le monde et encore plus de 70.000 cas rien qu'en Afrique en 1996. Mais, grâce à une rare prise de conscience collective et à d'importants efforts financiers (19 milliards de dollars sur 30 ans), seuls deux pays au monde comptent aujourd'hui des contaminations par le poliovirus sauvage : l'Afghanistan (29 cas en 2020) et le Pakistan (58 cas).

Épicentre de la maladie dans le monde au début des années 2000, le Nigeria, géant africain de 200 millions d'habitants, figurait encore il y a peu à leurs côtés. Dans le Nord musulman, sous la pression des milieux salafistes, les campagnes de vaccination antipolio s'étaient arrêtées entre 2003 et 2004, accusées par la rumeur d'être l'outil d'un vaste complot international pour stériliser les musulmans.

Une employée du ministère de la Santé de la RDC administre un vaccin contre la polio à un enfant congolais. © Gwenn Dubourthoumieu, AFP Photo

Une employée du ministère de la Santé de la RDC administre un vaccin contre la polio à un enfant congolais. © Gwenn Dubourthoumieu, AFP Photo 

Il a fallu un énorme travail avec les chefs traditionnels et religieux pour convaincre les populations de faire vacciner leurs enfants. Pourtant, dès 2009 l'émergence du conflit contre Boko Haram a douché les espoirs d'avoir enfin éradiqué la maladie: en 2016, quatre nouveaux cas de poliomyélite étaient enregistrés dans l'État du Borno (Nord-Est), foyer de l'insurrection jihadiste.

« À l'époque, environ 400.000 enfants étaient hors d'atteinte de toute campagne médicale à cause des violences », se souvient le Dr Funsho. La situation sécuritaire reste extrêmement volatile dans le Nord-Est du Nigeria, dont Boko Haram et le groupe État Islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) contrôlent de larges zones, particulièrement autour du lac Tchad.

Le 2e virus à être éradiqué sur le continent africain

« Mais les autorités locales, les agences humanitaires et tous les partenaires ont pris le taureau par les cornes pour trouver des solutions pour atteindre ces enfants », raconte Musa Idowu Audu, coordinateur de l'OMS pour l'Etat du Borno.

Aujourd'hui, on estime que seuls 30.000 enfants sont toujours « inaccessibles » : un chiffre « trop faible » pour assurer une transmission épidémique, selon les experts scientifiques. Malgré son « immense fierté et sa joie », le Dr Audu rappelle qu'une vingtaine d'employés médicaux ou de bénévoles ont été tués ces dernières années dans le Nord-Est du Nigeria. C'est le deuxième virus à être éradiqué du continent depuis la disparition de la variole il y a 40 ans.

Une bonne nouvelle qui n'arrive pas seule

Autres bonnes nouvelles émanant du continent : la République démocratique du Congo a annoncé mardi la fin officielle d'une meurtrière épidémie de rougeole qui a emporté, en 25 mois, plus de 7.000 enfants de moins de cinq ans.

La République démocratique du Congo a annoncé la fin officielle d'une meurtrière épidémie de rougeole et le Togo a annoncé avoir définitivement éradiqué la « maladie du sommeil »

Et le Togo a annoncé lundi être le premier pays africain à avoir définitivement éradiqué de son territoire la Trypanosomiase humaine africaine (THA), plus connue sous le nom de « maladie du sommeil ».

Des médecins restent cependant inquiets de l'impact de la pandémie de coronavirus sur les activités de surveillance d'autres épidémies. Dans plusieurs pays du continent, les campagnes de vaccination, notamment de la polio, ont été interrompues en raison des restriction sur les déplacements, mais l'OMS a appelé à leur reprise dès que possible.

Continent le moins touché par le Covid-19 après l'Océanie, l'Afrique a officiellement recensé 1.196.539 cas de coronavirus, dont 27.990 décès. « Nous semblons avoir atteint un pic et désormais le nombre de nouveaux cas quotidiens est en baisse », a souligné mardi la directrice régionale Afrique de l'OMS, Matshidiso Moeti, tout en mettant en garde contre un relâchement qui faciliterait une deuxième vague de contaminations.

Vaccin et transmission d'un virus

A propos des vaccins et de l'éradication du covid.

 

Un vaccin qui n'empêche pas la transmission du virus est-il utile ?

 

ACTUALITÉClassé sous :VACCIN ANTI-COVID , VACCIN CONTRE LE CORONAVIRUS , IMMUNITÉ

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Céline Deluzarche

Journaliste

Publié le 24/02/2021

 [EN VIDÉO] Comment fonctionne un vaccin à ARN messager ?  Pfizer et Moderna ont choisi cette technique de pointe pour concevoir en un temps record leur vaccin contre le Covid-19. Cette vidéo présente tout ce qu'il faut savoir sur les vaccins à ARN messager en trois minutes ! 

Contrairement à ce que pensent les gens, la plupart des vaccins ne protègent pas contre l'infection par le virus et n'empêchent pas sa diffusion dans la population. Faut-il en conclure qu'ils sont inutiles ?

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Les différents vaccins contre la Covid-19 montrent une efficacité assez remarquable. Ils préviennent les formes graves de la maladie dans 62 à 94 % des cas. Cependant, les données manquent toujours pour savoir si ces vaccins réduisent aussi la transmission du virus.

Il existe en effet deux types d'immunité conférés par les vaccins. L'immunité « effective », qui protège le sujet contre les principaux symptômes d'une maladie mais n'empêche pas le virus d'entrer dans l'organisme et de s'y multiplier, et l'immunité dite « stérilisante », qui prévient l'infection de l'organisme par le virus et empêche donc la propagation du pathogène. Et si la deuxième solution représente le but ultime de la recherche vaccinale, elle est en réalité rarement atteinte.

Vaccins non stérilisants : un virus qui continue à circuler

Un des cas les plus connus de vaccin stérilisant est celui de la variole, la seule maladie dans l'histoire à avoir été éradiquée par un vaccin. (D'autres études scientifiques disent que le vaccin n'est pas la raison principale de cette éradication. C'est toujours aussi difficile de se faire une idée claire))

 Les anticorps produits par la réponse immunitaire en réaction au vaccin éliminent entièrement le virus de l'organisme, et suppriment de fait la circulation du virus. La rougeole est un autre exemple de vaccin à immunité stérilisante.

Mais la plupart des vaccins (hépatite Boreillonsgrippe...) ne procurent qu'une immunité effective. « Avec ces vaccins, le système immunitaire contient suffisamment l'agent pathogène pour prévenir la maladie, mais celui-ci peut persister dans l'organisme et potentiellement infecter d'autres personnes. Cela signifie que l'agent pathogène continue à circuler dans une population, où il peut rendre malades des personnes non vaccinées ou vulnérables, ou encore évoluer vers une forme résistante à la réponse immunitaire », avertit Dawn Bowdish, professeur de médecine à l'université McMaster au Canada, dans le journal Scientific American.

L’immunité acquise par les vaccins passe par la production d’anticorps dits neutralisants. © Christoph Burgstedt, Adobe Stock

L’immunité acquise par les vaccins passe par la production d’anticorps dits neutralisants. © Christoph Burgstedt, Adobe Stock 

Quand la vaccination accroît l’infectiosité

Dans certains cas, la vaccination peut même engendrer une diffusion accrue du pathogène. Les vaccins contre Bordetella pertussis, la principale bactérie responsable de la coqueluche, entraînent ainsi le développement du microbe dans les voies respiratoires supérieures, alors que l'infection « naturelle » produit une puissante réponse immunitaire dans les muqueuses. « La transmission asymptomatique peut donc être un moteur majeur de la résurgence de la coqueluche dans les populations hautement vaccinées », attestent les auteurs d’une étude de l’Institut Pasteur de Lille.

Réduire la charge virale

Alors faut-il vacciner massivement contre la Covid-19 sachant que l'on ne sait pas si le vaccin empêche la transmission du virus ? Oui, selon Richard Bailey, auteur d'une modélisation sur le virus de Marek chez les poulets. « La vaccination avec un vaccin non stérilisant réduit considérablement la charge virale chez les personnes vaccinées, mais aussi chez les personnes contacts non vaccinées qu'elles infectent. Par conséquent, elles sont moins susceptibles de répandre des virus infectieux. Même une vaccination partielle avec [ce type de vaccin] a des conséquences positives sur le contrôle de la propagation et des symptômes de la maladie ».

Le saviez-vous ?

L’immunité stérilisante est acquise lorsque le vaccin engendre suffisamment d’anticorps neutralisants chez l’individu. Ces anticorps bloquent l’entrée du virus dans la cellule et l’empêchent donc de se multiplier. Mais il existe d’autres formes d’immunité acquise, comme celle des lymphocytes T ou des anticorps non neutralisants, qui ralentissent la progression du virus et préviennent les principaux symptômes.

Une étude préliminaire portant sur le vaccin Pfizer/BioNTech montre une baisse significative de la charge virale chez les patients infectés ayant reçu une première dose de vaccin. « Cela suggère que la vaccination réduit le potentiel infectieux des personnes vaccinées même si elle ne prévient pas l'infection », confirme dans Nature Virginia Pitzer, épidémiologiste à la Yale School of Public Health à New Haven (États-Unis). Les essais du vaccin AstraZeneca ont également montré une plus grande réduction de la charge virale chez les personnes vaccinées.

Désengorger les hôpitaux

En attendant d'être fixé, la vaccination des populations à risque permettra en tous cas de désengorger les hôpitaux en empêchant les cas graves. Selon une étude portant sur l’Écosse et publiée le 22 février, le vaccin Pfizer réduit le risque d'admission à l'hôpital de 85 % quatre semaines après la première dose, et celui d'AstraZeneca jusqu'à 94 %, et même 81 % chez les personnes âgées alors qu'il est réputé peu efficace chez ce public. Le SARS-CoV-2 ne sera peut-être jamais éradiqué comme la variole, mais il deviendra endémique et bénin, un peu comme le rhume.

Vaccin et charge virale

Une question sur laquelle je continue à chercher des réponses.

Qu'en est-il de la charge virale et d'une éventuelle protection envers autrui après une vaccination ? 

Il semble que ça soit le cas mais rien ne vient encore le prouver scientifiquement. Il le faudrait pourtant si on veut espérer sortir un jour de cette période.

 

SANTÉ

Espoir et prudence : le vaccin Pfizer réduirait aussi la charge virale

ACTUALITÉClassé sous :PANDÉMIE , VACCIN , VACCIN ANTI-COVID

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Julien Hernandez

Journaliste scientifique

Publié le 09/02/2021

 [EN VIDÉO] Comment fonctionne un vaccin à ARN messager ?  Pfizer et Moderna ont choisi cette technique de pointe pour concevoir en un temps record leur vaccin contre le Covid-19. Cette vidéo présente tout ce qu'il faut savoir sur les vaccins à ARN messager en trois minutes ! 

Une récente étude prépubliée suggère que le vaccin développé par le laboratoire Pfizer pourrait aussi avoir un effet sur la charge virale des personnes vaccinées. Selon des résultats préliminaires à prendre avec précaution, il pourrait la réduire, ce qui, dans une perspective mécaniste, pourrait conduire à une baisse des transmissions. 

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Une bonne nouvelle sur la planète Covid-19 ? Même si les résultats que nous vous présentons sont à prendre avec précaution car ils sont issus d'une étude prépubliée, qui n'est donc pas encore passée par la case peer-review, nous ne résistons pas à saupoudrer un peu d'espoir dans cette lutte contre ce virus qui dure depuis plus d'un an désormais. Ces données proviennent d'expériences réalisées par des chercheurs israéliens. En effet, ce pays compte plus de 650.000 personnes vaccinées depuis le 25 janvier. 

Une charge virale qui semble réduite entre 12 et 28 jours après l'infection 

En analysant des échantillons de patients infectés (vaccinés et non vaccinés), les chercheurs ont remarqué que le nombre de seuils de cycle pour détecter la présence du virus à l'aide d'un test PCR était plus important entre 12 et 28 jours après l'infection chez les échantillons des personnes vaccinées. Cela suggère donc qu'il y a moins de matériel génétique du virus chez les patients vaccinés, étant donné qu'on a plus de difficulté à détecter l'ARN du virus via un test PCR au fur et à mesure que l'infection évolue. Les mesures de charges virales se rejoignent à nouveau après 28 jours, lorsque la charge virale revient progressivement à des quantités faibles, même chez les patients non vaccinés.

La vaccination augmenterait le seuil de cycle nécessaire pour détecter le matériel génétique du virus dans un échantillon lors d'un test PCR. © Medrxiv

La vaccination augmenterait le seuil de cycle nécessaire pour détecter le matériel génétique du virus dans un échantillon lors d'un test PCR. © Medrxiv  

Prudence avec les données d'observations 

Toutefois, même si ces résultats sont encourageants et poussent à l'engouement, il faut rester mesuré comme dans toutes analyses de résultats scientifiques. Ces données émanent d'une étude d'observation et pas d'une étude clinique, contrôlée et randomisée. Même si les chercheurs ont fait en sorte d'apparier leurs données afin de disperser l'influence de variables d'intérêts connues - l'âge et le sexe notamment - on ne peut occulter, dans le cadre d'une étude d'observation, l'influence de facteurs de confusion (état de santé de base des patients, infection à un variant qui se traduit par une charge virale plus basse) qui ne serait pas portée à notre connaissance.

Enfin, les échantillons prélevés sont issus de la cavité nasopharyngée. Les résultats ne valent donc que pour la présence du virus dans cette cavité. Cependant, elle n'est pas toujours la zone la plus représentative de la charge virale et du potentiel infectieux du patient. Il est donc important d'attendre plus de données pour conclure définitivement. Mais un peu d'espoir, pourvu qu'il soit mesuré et ne pousse pas à la cacophonie médiatique, ne fait de mal à personne. 

CE QU'IL FAUT RETENIR

Des analyses préliminaires, non relues par les pairs, suggèrent que le vaccin Pfizer pourrait réduire la charge virale après une infection à SARS-CoV-2. 

L'étude étant observationnelle, il faut être très prudent dans l'analyse des données et attendre pour conclure définitivement. 

Texas

Le pays le plus puissant de la planète, celui qui sert "d'exemple", le moteur, la locomotive, "l'influenceur".

Il n'y a aucune moquerie dans mes propos. Juste un état des lieux. 

Le réchauffement climatique, c'est en premier lieu un "dérèglement" et sa particularité, ce sont des phénomènes inhabituels de grande ampleur : sécheresse, canicule, vents violents, vague de froid, inondations, orages de grêle, tornades, etc etc  et tout ça, à des saisons qui ne sont pas répertoriées pour ce genre de situations. Ni certaines zones géographiques. 

A savoir également que cela ne stoppe aucunement le réchauffement en cours. Il faut imaginer des montagnes russes avec des pics de plus en plus hauts et des creux parfois très marqués. 

Dans les années 1970, le Pentagone avait sorti un dossier dans lequel il envisageait la possiblité d'un "enfoncement du Gulf Stream" sous l'effet des eaux froides descendues des zones polaires en raison du réchauffement climatique. Cet enfoncement du Gulf Stream aurait pour effet de plonger le continent Européen dans un âge semi-glaciaire.

Tout est possible. La complexité des phénomènes météorologiques est bien connue. La complexité du climat est au-delà de toute compréhension. Elle relève juste de la prédiction. 

D'où la nécessité de s'y préparer. Ou d'attendre que ça arrive. 

 

Texas : pannes monstres, canalisations gelées, sénateur envolé... Les conséquences d'une vague de froid historique

 

Des températures jusqu'à -18 °C ont été enregistrées dans cet Etat américain plutôt habitué aux canicules qu'aux vagues de froid.

Article rédigé par

franceinfo avec AFP

France Télévisions

Publié le 21/02/2021 11:42Mis à jour le 21/02/2021 11:55

 Temps de lecture : 5 min.

Des camions à l'arrêt sur l'autoroute Interstate-35, à Killeen (Texas), le 18 février 2021. (JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Des camions à l'arrêt sur l'autoroute Interstate-35, à Killeen (Texas), le 18 février 2021. (JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Le Texas, Etat du sud des Etats-Unis, est touché depuis près d'une semaine par une vague de froid polaire sans précédent, avec des températures 15 à 20 degrés sous la normale. Selon les médias américains, au moins 40 personnes seraient mortes ces derniers jours à cause de cet épisode de froid glacial, et ce alors que de nombreuses polémiques ont éclaté dans l'Etat. Entre coupures d'électricité, canalisations gelées et un sénateur exilé en vacances sous le soleil du Mexique, franceinfo vous explique les conséquences de cet épisode climatique exceptionnel.

Quelle est l'ampleur de cette vague de froid ?

Depuis le 15 février, les 30 millions d'habitants de cet Etat ont dû affronter un froid extrême, alors qu'ils sont plutôt habitués des vagues de chaleur. Les températures sont descendues jusqu'à -18 °C à Dallas, le 16 février, soit près de 30 degrés de moins que les normales saisonnières, habituellement entre 10 et 15 °C. Le thermomètre vient à peine de repasser au-dessus de zéro.

Les tempêtes de neige qui frappent les Etats-Unis depuis plusieurs jours devraient s'apaiser durant le week-end, en particulier dans le sud du pays, selon les services météorologiques américains (NWS). "La semaine anormalement froide qu'ont connue les plaines du Sud prendra fin ce week-end à mesure qu'une dépression apportera un air plus chaud", ont-ils affirmé vendredi 19 février.

Quelles sont les conséquences pour les Texans ?

Au total, plus de deux millions de foyers ont été privés d'électricité dans le Texas. Samedi, plus de 60 000 foyers restaient sans électricité, alors que les autorités s'efforcent de rétablir le courant. Une panne géante liée à une trop forte demande d'énergie, que les structures n'ont pas pu gérer : l'ERCOT, organisation chargée de gérer l'électricité au Texas, a annoncé un nouveau record avec un pic de consommation à 69 000 mégawatts. Sursollicitées par les habitants, l'ensemble des ressources énergétiques de l'Etat ont progressivement cédé face à la demande croissante et la difficulté de fonctionnement en raison du froid qui gelait les installations, comme l'explique le Guardian (lien en anglais).

Deux Texanes tentent de se réchauffer autour d'un barbecue alors que l'Etat américain est balayé par une vague de froid qui a causé de nombreuses coupures de courant, à Houston (Etats-Unis), le 16 février 2021. (GO NAKAMURA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Deux Texanes tentent de se réchauffer autour d'un barbecue alors que l'Etat américain est balayé par une vague de froid qui a causé de nombreuses coupures de courant, à Houston (Etats-Unis), le 16 février 2021. (GO NAKAMURA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Les habitants du Texas ont aussi dû faire face à des ruptures de canalisations occasionnées par le gel. En raison de ces problèmes d'alimentation en eau, il a été conseillé à quelque sept millions de Texans de faire bouillir l'eau avant de la consommer ou de l'utiliser pour la cuisine. Dans plusieurs localités, des distributions d'eau potable ont été organisées.

Des usines de fabrication de puces électroniques ont été contraintes de fermer temporairement. Les matchs de basket des équipes de Dallas et Houston en NBA, prévus les 18 et 20 février, ont été reportés après que leurs salles respectives ont été fermées par les autorités. Le président américain Joe Biden s'est entretenu vendredi avec le directeur par intérim de l'agence fédérale pour les situations d'urgence, Bob Fenton, et a signé une nouvelle déclaration d'urgence pour le Texas, ce qui permet de débloquer une aide fédérale pour l'Etat du sud des Etats-Unis. Le président américain devrait se rendre sur place dans les prochains jours.

La distribution d'eau potable s'organise à Houston (Texas), le 19 février 2021.  (JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

La distribution d'eau potable s'organise à Houston (Texas), le 19 février 2021.  (JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Pourquoi le sénateur Ted Cruz s'est-il retrouvé au cœur des critiques ?

Sénateur du Texas depuis 2013, le républicain Ted Cruz est l'un des politiques les plus connus du pays, mais ce n'est pas par sa mobilisation au cours de cette crise qu'il brille en une de l'actualité. Le sénateur a en effet fait le choix de s'envoler à Cancun (Mexique) pour des vacances en famille le 18 février. Le voyage du sénateur, répéré par un internaute à l'aéroport de Houston, n'est pas resté secret très longtemps. 

Une décision qui a été extrêmement mal perçue par les Américains, ce qui a conduit Ted Cruz à présenter ses excuses : "C'était évidemment une erreur. Avec le recul, je ne l'aurais pas fait." Il assure avoir voulu se comporter en "bon père" pour ses filles qui ne pouvaient pas aller à l'école et n'avaient pas de chauffage.

Au-delà de son voyage, c'est surtout son manque de cohérence qui a été moqué et a choqué les Américains. En effet, lors d'une interview radio le 15 février, Ted Cruz avait mis en garde les habitants de son Etat contre les graves perturbations météorologiques à venir, soulignant qu'elles pourraient faire de nombreuses victimes. "Ne prenez aucun risque. Assurez-vous que votre famille est à l'abri, ne quittez pas votre maison et prenez soin de vos enfants", avait-il déclaré.

Un camion dans les rues de Houston (Texas), portant l'inscription "Les Texans ont gelé, Ted s'est enfuit", le 19 février 2021. (JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Un camion dans les rues de Houston (Texas), portant l'inscription "Les Texans ont gelé, Ted s'est enfuit", le 19 février 2021. (JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Pourquoi ce froid relance-t-il le débat autour des énergies fossiles ?

Les coupures massives d'électricité ont engendré un débat entre pro et anti-énergies fossiles au Texas. Principal Etat fournisseur de pétrole et de gaz naturel dans le pays, le Texas est indépendant énergétiquement : il n'est pas raccordé au réseau des Etats frontaliers. Quand son réseau est en difficulté, il ne peut donc pas faire appel à ses voisins, son circuit d'alimentation fonctionne en vase clos, ce qui explique ces coupures de courant.

Le 20 février, le commissaire à l'Agriculture du Texas Sid Miller, un républicain notoire, a mis en cause les éoliennes et pointé un échec des dirigeants locaux dans la gestion de la vague de froid, sur Facebook. Des propos rapidement contredits par Daniel Cohan, professeur à la Rice University de Houston, dans un post sur Twitter : "Nous affrontons une crise du système énergétique texan, pas simplement une crise électrique." Si les pales des éoliennes ont elles aussi gelé sous l'effet du froid, l'énergie éolienne n'est pas la principale responsable de ces coupures soudaines. Le froid a ainsi gelé les puits de gaz naturel et bloqué les gazoducs, qui acheminent 47,2% de l'électricité texane, selon des données publiées par l'Etat en 2019.

 

Tirer les leçons

 

Depuis l'ouragan Katrina en 2005 et le désastre qu'a connu notamment la ville de la Nouvelle-Orléans, je me suis fortement intéressé aux scénarios catastrophes, non par morbidité mais par prévoyance. 

Comment peut-on éviter les effets de situations de crises majeures ?

J'ai lu de nombreux ouvrages et vu de nombreux documentaires. 

La crise sanitaire actuelle n'est juste qu'une alerte. Une espèce de mise en bouche. Un aperçu. 

Lorsque la vallée de la Vésubie et de la Roya ont été dévastées par des crues phénoménales, j'ai vu des habitants qui disposaient encore de leurs maisons réclamer de la nourriture trois jours après la catastrophe, réclamer des piles, des médicaments, de l'eau potable. Je trouve ça effarant de disposer d'aussi peu de ressources, d'être aussi dépendants, d'être aussi fragiles.

Il n'y a pas si longtemps, dans les campagnes, les gens avaient des réserves, ils avaient un coin de potager. Ils étaient dans la prévoyance. Désormais, même dans les campagnes, une très grande partie de la population ne vit qu'au jour le jour.

Il suffit de regarder ce qui se passe actuellement au Texas qui connaît une vague de froid conséquente. Black out électrique, plus d'eau potable, plus de nourriture dans les magasins.


Je rappelerai juste les bagarres dans les magasins en France lors du premier confinement et la "valeur" prise par les rouleaux de papier toilette. Paris intra-muros dispose de trois jours de réserves alimentaires. Imaginez un black-out d'une semaine. 

On quitte la Savoie parce que la région a une démographie trop importante et que cette population représente une sorte de bombe à retardement. Je ne parle même pas de Paris ou d'autres zones urbaines de la même ampleur, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille etc etc...

Nous avons cherché un territoire à l'écart de tout. Là où nous allons pouvoir réaliser notre objectif de résilience totale. Nourriture, eau potable, énergie. Il ne s'agira pas de nous isoler mais de chercher à rencontrer des individus engagés dans une voie similaire. Et on ne les trouve que dans des lieux retirés. 

Être survivaliste ne consiste pas à stocker des biens, de la nourriture, de l'eau, des médicaments et des armes en attendant égoïstement que le monde s’effondre, qu'une catastrophe planétaire éteigne cette humanité et efface tout ce qu'elle accomplit de néfaste. Il s'agit de réduire notre impact sur la Terre afin que les équilibres se maintiennent, il s'agit d'économiser ce qui appartient à tous et ne doit pas être dilapidé, il s'agit de prévoir afin de ne pas subir, il s'agit de relier les individus dont la vison de l'existence ne se résume pas au consumérisme et à un "Après moi, le déluge". Notre rêve désormais est de constituer cette base de vie durable et d'en partager l'expérience. 

 

 

 

COVID-19 : à quoi s’attendre au sortir de la crise sanitaire

 

Publié par  | 30/03/2020 |  | 12  |     

COVID-19 : à quoi s’attendre au sortir de la crise sanitaire

Presque trois ans se sont écoulés depuis que j’ai écrit mon article expliquant comment se préparer à une pandémie. Ce scénario -que j’ai toujours estimé être potentiellement le pire mais le moins susceptible de se produire- est aujourd’hui devenu réalité avec la propagation mondiale du COVID-19.

La France est confinée et la même question est sur toutes les lèvres : quand la vie va-t-elle reprendre son cours normal ?

Pour ceux et celles qui n’auraient pas encore compris, la fête est finie. La vie ne reprendra pas son cours normal au sens où nous l’entendons tous. Les choses ne reviendront pas à la normale après quelques semaines ni quelques mois. Il faudra des années pour que les vies politiques nationales et les économies repartent.

Et certaines choses ne seront jamais plus comme avant.

Ce premier trimestre 2020 aura été l’occasion de constater une bonne fois pour toutes que :

L’Etat français n’a ni la volonté profonde ni les moyens de protéger son peuple.

Le gouvernement est incompétent et n’hésite pas à mentir pour couvrir ses fautes stratégiques et s’assurer la continuité du pouvoir (et des profits).

Les fonctionnaires servant ce même gouvernement sont traités comme de la chair à canon, corvéables à merci jusqu’à la mort.

La sécurité est sacrifiée sur l’autel de la rentabilité, qui a menée à la destruction de nos hôpitaux, de notre armée et de nos forces de l’ordre (entre autres).

Je pourrais encore allonger cette liste mais ces 4 points me semblent être les plus importants pour nous, survivalistes (fous d’hier, lucides d’aujourd’hui), qui cherchons à assurer notre sécurité par nous-même.

Les conclusions sont faciles à tirer : chacun doit œuvrer pour être à même d’assurer sa propre protection au sens large : sécurité financière, alimentaire, sanitaire et bien sûr personnelle.

J’aurais énormément à dire sur ce que je pense de cette crise et de la façon dont elle est gérée mais je vais me concentrer sur les aspects qui nous intéressent. Les scandales de la pénurie de masques et du traitement à la chloroquine sont largement débattus par tout le monde et l’ensemble des médias s’épand jour et nuit sur la gravité de la situation, mais ma perception de cette pandémie est toute autre.

Ce que je peux commencer par vous dire, c’est qu’en dépit du bordel planétaire qu’elle a provoqué, cette pandémie de COVID-19 ne restera dans l’Histoire que comme un événement précurseur, le déclencheur de quelque chose de bien plus important.

Propagation et résurgence du COVID-19

Le sujet est très peu abordé pour le moment mais il est déjà évident que nous sommes loin d’être débarrassés du coronavirus. L’absence d’équipements de protection et de consensus mondial sur la façon de contenir la pandémie va inévitablement favoriser la réapparition de la maladie pendant des mois voire des années, avec le risque réel de faire face à des mutations bien plus virulentes que la souche actuelle.

J’en profite pour préciser que le COVID-19 est un virus à la létalité assez faible si on le met en perspective avec d’autres maladies virales ou bacilles comme Ebola, la peste noire ou la souche H5N1 modifiée. Le COVID-19 n’est pas le danger biologique auquel je me préparais jusqu’ici et je le prends plus comme un entraînement à ce qui va suivre que comme une épreuve en tant que tel.

La vérité est que la crise que nous traversons est moins liée au coronavirus qu’à l’incompétence des gouvernements européens et à la destruction des Etats-nations orchestrée par l’Union Européenne et ses sous-fifres. Si nos stocks stratégiques de matériel de protection NRBC avaient été corrects et notre chef d’Etat compétent, des milliers de morts et le confinement que nous subissons auraient pu être évités. La récession économique brutale qui va en découler aurait donc pu, elle aussi, être maîtrisée.

Prenez le temps de vous imaginer ce que nous serions en train de vivre si nous avions été la cible d’une attaque biologique et si nous n’avions pas la « chance » de faire face à une affection contrôlable -qui en passant est devenue hors de contrôle grâce à l’incompétence de nos « élites ».

Quoi qu’il en soit, la passivité et l’attentisme des gouvernements européens ainsi que la perméabilité des frontières nationales supplantées par celles de l’espace Schengen nous garantissent le taux de mortalité le plus élevé possible et la résurgence future de la maladie dans des zones assainies.

Conséquences du COVID-19

Nous payons aujourd’hui la vente de nos Etats -et donc notre destin individuel comme national- à une économie de marché libérale ne jurant que par le profit maximal : nos gouvernants sont des incapables méprisants qui ne représentent qu’eux-mêmes, notre système de santé est mis à genoux par une politique de rentabilité incohérente avec sa nature profonde, notre armée est déliquescente, nos forces de l’ordre sont à bout de souffle, nos stocks de résilience sont inexistants.

Le point commun à tous ces maux est la recherche vorace d’une rentabilité totale qui n’a pas lieu d’être dans les fonctions régaliennes de l’Etat. Les fonctionnaires sont les premiers à avoir été trahis par le gouvernement et leur intégrité et dévouement sont admirables car ils en sont très conscients.

Qu’elle doive affronter une guerre sanitaire ou une guerre conventionnelle, la France est mal engagée. Une guerre se mène de front avec des chefs de guerre compétents, des décisions claires et cohérentes, de la confiance, du courage, des hommes motivés et soudés, du matériel adapté et une logistique solide.

La victoire n’est jamais acquise même quand toutes ces conditions sont réunies et comme le démontre le cirque pitoyable auquel nous assistons, nous n’avons plus rien de tout cela.

Ne vous y trompez pas. Si à l’heure où j’écris ces lignes nos soignants, pompiers, FO, militaires font front commun pour tenter d’endiguer le COVID-19, il est inévitable que le mépris et la violence passés -encore très présents dans les esprits et dans les chairs- ainsi que l’incompétence crasse du gouvernement et le manque de moyens mis à disposition vont se payer très cher au sortir de la crise sanitaire.

Cette pandémie est l’occasion de mettre en lumière tous les manquements gouvernementaux en termes de gestion régalienne : nos hôpitaux, notre armée et nos forces de l’ordre sont sous-équipés et en sous-nombre, nos réserves stratégiques sont vides, notre tissu social est gangréné au point de devoir adapter les mesures de confinement aux territoires « perdus » (pour ne pas dire abandonnés à l’ennemi) de peur de voir les cités « s’embraser ».

Tout cela en dit long sur l’état du pays.

On parle beaucoup du coronavirus en lui-même mais il ne faut pas en oublier l’essentiel : c’est la mauvaise gestion de l’Etat plus que le virus en lui-même qui aura causé tant de souffrances et de dégâts.

Ce qu’il restait de confiance entre le gouvernement et le peuple est mort du coronavirus, en France comme dans nombre d’autres pays européens. L’heure des révoltes populaires est proche, celle des « mesures sécuritaires » drastiques aussi.

Ce temps de confinement n’est que le calme avant la tempête.

Je vous renvoie donc vers mon article sur les produits à stocker en cas de crise, qui risque lui aussi de devenir encore plus d’actualité très prochainement.

La foudre vient, l’orage est déjà là. Préparez-vous aujourd’hui plus que jamais, demain n’attend pas.

Légendat

Comprendre l'économie

 

Oui, c'est complexe et il faut rester concentré et attentif. Mais ne pas comprendre le monde économique, c'est continuer à le subir. 

Cette complexité fait le jeu des gouvernements et bien plus encore celui des banques.

Maintenant, le jour où la délaftion explosrea et que nous entrerons dans un cycle similaire à celui du Japon, il sera trop tard. 

 

Gaël Giraud, né le 24 janvier 1970, est un économiste et prêtre jésuite français. Spécialiste en économie mathématique, il a été économiste en chef de l'Agence française de développement (AFD) de 2015 à 2019.

Sommaire

1Biographie

1.1Jeunesse et études

1.2Recherche, enseignement et autres activités

2Travaux

3Prix et distinctions

4Prises de position

5Publications

5.1Ouvrages

5.2Préfaces

5.3Articles

5.4Publications académiques

5.5Entretiens et conférences

5.6Brevets

6Théâtre

7Notes et références

8Voir aussi

8.1Articles connexes

8.2Liens externes

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Après deux années de classes préparatoires B/L (Lettres et Sciences économiques et sociales) au lycée Henri-IV, à Paris, il intègre l’École normale supérieure de la rue d'Ulm et l’École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE) en 1989.

Pendant ses deux années de service civil au Tchad (1995-1997), il enseigne les mathématiques et la physique au lycée Saint-Charles-Lwanga (Sarh) et fonde le Centre d'accueil des enfants de la rue de Balimba1.

En janvier 1998, il soutient sa thèse de doctorat en mathématiques appliquées (à l'économie) au laboratoire d'économétrie de l’École polytechnique et à l'université Panthéon-Sorbonne2.

En 2004, il obtient l'habilitation à diriger des recherches (HDR). La même année, le 27 septembre, il entre chez les jésuites. Il est ordonné prêtre le 14 décembre 20133. Il soutient une thèse de doctorat en théologie le 22 septembre 2020 au Centre Sèvres de Paris sur le thème de la théologie politique des communs à l'ère anthropocène4, sous la direction de Christoph Theobald.

Recherche, enseignement et autres activités[modifier | modifier le code]

Après une année passée en tant que fellow au CORE (Centre For Operations Research, Louvain-la-Neuve, Belgique), il entre au CNRS en 1999 comme chargé de recherche en économie. Sa première affectation est au BETA (Bureau d'économie théorique et appliquée, Strasbourg), puis, en 2001, il est affecté au CES (Centre d'Économie de la Sorbonne). Il est chercheur associé à l’École d'économie de Paris de sa fondation jusqu'en 2014, tout en ayant une activité de consultant scientifique5. Il est, de début 2015 jusqu'à 2019, l'économiste en chef et directeur exécutif de l'Agence française de développement6.

Il exerce en outre la fonction de quant (consultant chargé de la conception des modèles mathématiques utilisés en finance de marché) dans les équipes de Jean-Michel Lasry auprès de la CPR et de Calyon entre 1999 et 2004. Il y travaille notamment à la tarification des actifs dérivés de crédit. En 2003, un poste de trader lui est proposé à New York, qu'il décline pour pouvoir devenir jésuite7.

Gaël Giraud enseigne la théorie des jeux et l’économie mathématique à l’université Panthéon-Sorbonne, à la Faculté des sciences économiques et de gestion de Strasbourg et à l’université de Hanoï au Viêt Nam. Il enseigne aujourd'hui l'économie au corps des ingénieurs des Ponts et Chaussées, à l’École polytechnique - où il fonde et dirige depuis 2015 la chaire Énergie et Prospérité, et au Sustainability Institute de l'Université de Stellenbosch (Afrique du Sud).

En 2007, il est professeur affilié à l'ESCP Europe8. Depuis lors, il a été membre du conseil scientifique de Finance Watch, de la Fondation Nicolas Hulot, du Shift Project et du Campus de la transition écologique. Depuis 2018, il est fellow associé à l'Institut d'études avancées de Nantes.

Membre du Centre de recherche et d'action sociales, il tient régulièrement une chronique sur l'actualité économique et financière dans la revue Projet.

En 2020, Gaël Giraud devient président d'honneur de l'Institut Rousseau, un nouveau cercle de réflexion qui se définit comme étant « apartisan, indépendant des partis » et « au croisement de la social-démocratie, de l’écologie et de la pensée républicaine », et considéré par Le Monde comme se situant « à la gauche de la gauche »9,10.

Travaux[modifier | modifier le code]

Ses travaux portent notamment sur le rôle de la monnaie, le rôle des marchés financiers et de leur réglementation dans la prévention des krachs économiques, ainsi que sur les dynamiques économiques hors équilibre. Gaël Giraud travaille également sur les obligations indexées sur l’inflation, les enchères pour les introductions en bourse (IPO), les dérivés de crédit et les méthodes de fixing pour les chambres de compensation des marchés internationaux.

Dans sa chronique pour la revue Projet, depuis 2007, il prend également position sur le « pic pétrolier », en faveur d'un protectionnisme aux frontières de l'Europe11, d'un plafonnement des revenus, d'un financement massif de la transition écologique, du passage de l'euro monnaie unique à l'euro monnaie commune12. Il considère que l'énergie est le facteur essentiel de la croissance économique : l'élasticité, autrement dit la sensibilité du PIB par habitant par rapport à la consommation d'énergie est, d'après lui, de l'ordre de 60 %, et non de moins de 10 % (soit le coût de la facture énergétique dans la production) selon la littérature économique habituelle13.

Les travaux de Gaël Giraud explorent et développent les aspects éthiques, voire théologiques, des sciences économiques14. Depuis 2012, il alerte sur les risques liés au réchauffement climatique, et à l'épuisement des ressources énergétiques15[source insuffisante].

Avec une équipe de chercheurs de l’Agence française de développement, il développe depuis 2015 un nouvel outil de modélisation macroéconomique : GEMMES (General Monetary and Multisectoral Macrodynamics for the Ecological Shift). Cet outil d'aide à la prise de décision intègre les enjeux de la transition écologique16.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Gaël Giraud est nominé pour le prix du meilleur jeune économiste de France 2009 décerné par le journal Le Monde et le Cercle des économistes17,18.

En 2013, son livre l'Illusion financière reçoit le prix « Lire l'économie », décerné par des lycéens français et organisé par le ministère de l'Éducation nationale19.

En 2019, il reçoit le prix du « MOOC of the year » de l'AFD et de l’École normale supérieure pour le MOOC « Transition écologique et énergétique dans les pays du Sud »20.

Prises de position[modifier | modifier le code]

Gaël Giraud a contribué à la préparation de la loi Moscovici portant sur la séparation des banques21, dénonçant avec (entre autres) Alain Grandjean et Olivier Berruyer l'inefficacité prévisible des nouvelles dispositions réglementaires. Il a à ce titre organisé un colloque-débat à la Sorbonne le 21 janvier 201322.

Dans un entretien de février 2017, il explique l'importance économique et écologique du concept de communs23 : « Plus globalement, ma conviction est que nous devons travailler à l’émergence de communautés capables d’administrer intelligemment des communs, à égale distance de la gestion bureaucratique soviétique ou néo-libérale. »

Dans le contexte de la crise économique découlant de l'épidémie de COVID-19, il plaide pour l'annulation des dettes souveraines détenues par la Banque centrale européenne24, afin de permettre aux États d'investir dans un plan de reconstruction écologique des économies européennes.

 

 

La pandémie depuis un an.

 

"L'être humain est un animal qui trébuche 20 fois sur la même pierre" Jose Mujica, ex-président de l'Uruguay

 

Cette vidéo date de mars 2020. Quasiment un an par conséquent. Et c'est ce flash-back qui permet de mieux comprendre notre présent et de nous projeter dans l'avenir.

Comme je l'avais expliqué dans l'article sur l'éradication de la variole, c'est bien le traçage des personnes contaminées et leur isolement qui reste le recours le plus performant. Le cas de Singapour est exemplaire. 

Eradication de la variole

Une vidéo encore une fois passionnante. Claire, documentée, objective. 

"Les catastrophes naturelles n'existent pas. Ce sont nos actions (ou nos inactions) qui transforment les risques en désastres."

 

Les prochaines pandémies (3)

Les prochaines pandémies

Les prochaines pandémies (2)

 

En 2018, j'avais publié un article parlant déjà de cette immense pollution planétaire du plastique, des dégâts qu'elle occasionnait sur la biodiversité marine et des risques qu'elle faisait désormais courir à l'humanité. Je ne serais guère surpris que la prochaine pandémie vienne de là. A moins que les élevages intensifs ne lui dame le pion. Il serait inconscient en tout cas de croire qu'il n'y en aura pas d'autres. 

"Plastisphère"

 

Inquiétantes découvertes scientifiques sur les microplastiques dans les océans

 

Durée de lecture : 6 minutes

https://reporterre.net/Inquietantes-decouvertes-scientifiques-sur-les-microplastiques-dans-les-oceans

19 février 2021 / Marie Astier (Reporterre)
 

     
 

Inquiétantes découvertes scientifiques sur les microplastiques dans les océans

La pollution générée par le plastique est plus complexe qu’elle n’y paraît. Saviez-vous que les microplastiques voguant sur l’eau déplacent des espèces invasives ? Qu’en absorbant les antibiotiques ils favorisent l’antibiorésistance ? Des chercheurs au CNRS font le bilan de leurs inquiétantes découvertes. Des solutions naissent, doucement.

Faut-il encore le rappeler ? De l’Antarctique aux grands fonds méditerranéens, les plastiques sont partout. Et les conséquences de leur dissémination aussi exponentielles que la courbe de leur utilisation.

Le sujet occupe et préoccupe de plus en plus de chercheurs, a rappelé le CNRS lors d’une présentation en ligne des travaux du groupement de recherche polymères et océans — créé en 2019, il rassemble plus de deux cents chercheurs. Plusieurs d’entre eux ont ainsi fait le point mercredi 10 février sur la recherche concernant cette matière omniprésente dans notre quotidien.

L’occasion de préciser l’ampleur de la pollution, et sa répartition. La mer est sa principale victime : quatre cents millions de tonnes de plastique sont produites chaque année et environ dix millions d’entre elles aboutissent dans les océans, a chiffré François Galgani, océanographe et écotoxicologue à l’Ifremer en Corse. Le rapport d’experts d’une ONG étasunienne prédit même un triplement à trente millions de tonnes par an en 2040, si rien n’est fait.

Parmi ces déchets, « 30 à 40 % sont des emballages », a précisé le chercheur. « La mer Méditerranée est la plus polluée au monde, en raison du grand nombre d’habitants, du fait qu’elle est fermée, de la densité de trafic maritime et des grands fleuves qui s’y déversent », a-t-il poursuivi. L’embouchure du Nil ou celle du canal de Suez sont notamment des points noirs.

« La pollution croît significativement dans les zones les plus lointaines, comme l’Antarctique ou les grands fonds »

Surtout, ces déchets ne restent pas forcément là où ils sont produits. « Ils circulent sur de longues distances, explique le chercheur. Par exemple, les déchets produits sur la côte atlantique européenne peuvent être transportés de l’autre côté de l’Atlantique. Ils s’accumulent aussi dans les zones de convergence, ce que les ONG ont appelé les continents de plastique. La pollution n’augmente pas partout de la même manière. Désormais, elle croît significativement dans les zones les plus lointaines, comme l’Antarctique ou les grands fonds. »

L’étendue des conséquences de cette pollution commence à peine à être explorée. « On connaît les effets sur la macrofaune via les piégeages, les étranglements, les blessures, a expliqué Ika Paul-Pont, chercheuse au CNRS en écotoxicologie marine. Mais il y a une pollution plus insidieuse. Les plastiques sont ingérés par toute la chaîne alimentaire marine. Ils peuvent s’accumuler dans le tube digestif des animaux, voire passer la barrière intestinale et aller dans d’autres organes. Ils ont des effets toxiques avérés. »

« Les déchets s’accumulent aussi dans les zones de convergence, ce que les ONG ont appelé les continents de plastique. »

Car, au-delà de la perturbation mécanique que crée la présence d’un morceau de plastique dans le corps, cette matière a aussi des effets chimiques. Les plastiques contiennent, pour environ 5 % de leur composition, des additifs parfois problématiques, tels que les phtalates et le bisphénol A. Et en plus de cela « le plastique a une très forte capacité d’absorption des contaminants du milieu environnant », poursuit Mme Paul-Pont. Un concentré de polluants, en somme, ingéré par les habitants des mers. « On a observé en laboratoire que cela a des effets sur la capacité des animaux à se nourrir, crée du stress, perturbe leurs défenses immunitaires, leur croissance, leur reproduction et leur comportement. »

Des micro-organismes — dont des espèces invasives — voyagent sur des microplastiques

Mme Paul-Pont nous apprend aussi la découverte récente de ce que les spécialistes ont appelé la « plastisphère », soit l’ensemble des micro-organismes vivant sur les particules de plastique parsemant les océans. « C’est une nouvelle niche écologique », constate-t-elle. Qui pose de sacrées questions : « Les microplastiques sont très durables dans le temps et peuvent parcourir de grandes distances. Cela peut déplacer des espèces invasives voire pathogènes. Par exemple, six ans après le tsunami au Japon de 2011, on a retrouvé près de trois cents espèces nouvelles de micro-organismes arrivées sur la côte américaine via des microplastiques. Ils ont traversé le Pacifique. » Autre inquiétude, cette plastisphère comprend parmi ses habitants des bactéries ayant développé des résistances à un large éventail d’antibiotiques. La chercheuse au CNRS résume :

Les plastiques absorbent aussi les antibiotiques. Ils pourraient donc jouer un rôle dans le développement de l’antibiorésistance.

Après les microplastiques et leur cortège de micro-organismes, poursuivons la plongée dans l’infiniment petit avec les nanoplastiques, produits de la dégradation du plastique et invisibles à l’œil nu. Ils intéressent les chercheurs depuis 2015. Eux aussi sont partout. « Dans les sols, les plages, les océans, les rivières, détaille Julien Gigault, chargé de recherche au CNRS. Ils sont très contaminants. Leur taille et leur forme leur procurent une capacité de diffusion extraordinaire. Ils traversent les barrières organiques très facilement. » Et apportent donc avec eux leur cortège de polluants et micro-organismes prospérant sur le plastique. Les scientifiques explorent encore les conséquences de ces observations.

Lise Durantou, cofondatrice de l’association la Pagaie sauvage, en pleine capture de microplastiques dans une rivière au Pays basque.

Elles semblent, à première vue, potentiellement catastrophiques pour le monde marin. En revanche, les spécialistes se sont montrés plus rassurants pour les humains. Concernant les nanoplastiques, « l’exposition est limitée et se fait surtout par l’air, puis par les vêtements, les cosmétiques, l’alimentation et de façon volontaire par des actes médicaux, a expliqué Guillaume Duflos, biochimiste à l’Anses (l’agence nationale de sécurité sanitaire). Mais les recherches sur la toxicité pour l’humain ont commencé il y a peu. » En 2019, un rapport de l’ONG Center for international environmental law (Ciel) s’intéressant aux effets des plastiques sur la santé humaine estimait tout de même que « le plastique est une crise sanitaire globale ignorée bien que sous nos yeux ». On y lisait qu’« une étude a trouvé des microplastiques dans les selles de sujets habitant dans des régions du monde variées et aux régimes alimentaires totalement différents ».

« On est capable de faire des plastiques biodégradés à 90 % au bout de 250 jours »

Alors, que faire face à l’ampleur du désastre annoncé ? « Malheureusement, on ne peut pas nettoyer les océans », a constaté Fabienne Lagarde, maîtresse de conférences à l’Université du Mans. Il faut donc absolument limiter les entrées. » Réduire, donc, la quantité de plastique relarguée dans la nature. En en diminuant notre consommation effrénée par exemple. La réglementation européenne visant à réduire l’utilisation du plastique à usage unique est un bon début, selon François Galgani : « Il y a également des discussions au niveau mondial pour s’accorder sur la réduction du plastique à usage unique, cela peut fonctionner. »

Mieux récupérer les déchets plastiques pour les recycler davantage fait également partie des pistes évoquées. Enfin, « il faut penser la fin d’usage du matériau dès sa conception », a estimé Fabienne Lagarde. Autrement dit, inventer des plastiques qui se dégradent rapidement dans l’environnement. Un champ de la recherche en plein développement selon Stéphane Bruzaud, professeur à l’Université de Bretagne-Sud : « On est capables de faire des plastiques biodégradés à 90 % au bout de 250 jours », se félicite-t-il. « Ils ne persisteraient dans l’environnement que quelques jours ou semaines plutôt que des dizaines d’années. Mais ils ne représentent que 1 % du plastique aujourd’hui dans le monde. »

C’est maintenant que tout se joue…

Les scientifiques alertent sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale dans le traitement de l’actualité.
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Lire aussi : Le plastique est relancé par le coronavirus — au détriment de l’environnement

Source : Marie Astier pour Reporterre

Photos :
. chapô : Des microplastiques de la rivière Patapsco photographiés au laboratoire du département de science environnementale et de technologie de l’Université du Maryland (États-Unis), en 2015. Will Parson/Chesapeake Bay Program
. Cofondatrice de l’association la Pagaie sauvage. © Chloé Rebillard/Reporterre
. Des microplastiques récoltés dans un vortex, ou tourbillon, de déchets dans l’océan. Will Parson/Chesapeake Bay Program / 
Flickr

 


 

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Les élevages de visons en Chine à l’origine du Covid-19 ? Les indices s’accumulent

 

Durée de lecture : 24 minutes

8 janvier 2021 / Yann Faure et Yves Sciama (Reporterre)
 

     
 

Les élevages de visons en Chine à l'origine du Covid-19<small class="fine d-inline"> </small>? Les indices s'accumulent

Et si la pandémie était née dans des élevages intensifs d’animaux à fourrure en Chine ? Le « chainon manquant » entre la chauve-souris et l’humain pourrait bien être le vison — le chien viverrin est également suspecté. Ceci expliquerait la volonté tenace de la Chine — premier producteur mondial de fourrure — de verrouiller l’information scientifique.

La naissance du Covid-19 dans une ferme d’animaux à fourrure chinoise — et notamment de visons — semble de plus en plus plausible, comme le montre cette enquête. Fin décembre 2020, Reporterre avait révélé que les souches responsables des deux vagues épidémiques qui ont ravagé l’Europe étaient apparues à proximité immédiate d’importants élevages de visons. Reporterre a continué l’enquête du côté chinois. Aujourd’hui même, vendredi 8 janvier, Science a publié un article soulignant la nécessité d’étudier le lien entre Covid et visons.

Ira, ira pas ? Plus personne ne sait à l’heure où nous écrivons ces lignes si la délégation de scientifiques sélectionnés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se rendra bel et bien en Chine pour enquêter sur l’origine de la pandémie. Les dix experts internationaux n’ont toujours pas reçu les autorisations nécessaires pour entrer sur le territoire. Des négociations sont en cours, mais l’opacité est telle que nul n’en connaît les enjeux. [1]

Il est stupéfiant qu’un an après ce qui s’annonce comme la plus importante pandémie du siècle écoulé, aucun progrès n’ait été réalisé dans la compréhension de comment le Sars-CoV-2 a pu être transmis à l’humain depuis la chauve-souris, son hôte naturel. Une incertitude qui n’est pas due aux limites de la science, mais bel et bien à l’attitude des autorités chinoises, qui depuis un an s’opposent becs et ongles à toute tentative indépendante — quand bien même elle viendrait de l’intérieur du pays — de répondre à cette question. On se demande ce que la Chine veut absolument cacher.

Difficile de ne pas noter, en particulier, qu’aucune enquête n’a été menée pour confirmer ou infirmer une hypothèse aussi évidente que rarement mentionnée : celle d’une origine de la pandémie dans un élevage d’animaux à fourrure. La Chine est en effet à la fois le premier marché et le premier producteur de fourrure mondiaux, et la colossale branche chinoise de cette industrie pèse plus de vingt milliards de dollars annuels, avec plus de cinquante millions de têtes. Or, si les animaux d’élevage traditionnels (bovins, porcins, volailles…) ne semblent pas infectés par le coronavirus, c’est l’inverse pour les animaux à fourrure : les trois principales espèces — vison, renard, et chien viverrin — y sont hautement sensibles.

Tous les spécialistes savent que les épidémies humaines issues d’élevages n’ont rien d’exceptionnel. Ces derniers sont des bouillons de culture microbiens connus : la dernière pandémie grippale de 2009, par exemple, est née dans les élevages porcins américains — d’où son nom de grippe porcine. Du reste, le « coronavirologue » Christian Drosten, découvreur du Sars-CoV-1 en 2003, et conseiller scientifique du gouvernement allemand, affirmait dès le mois d’avril 2020 dans une interview au Guardian : « Si quelqu’un me donnait quelques centaines de milliers de dollars et un laissez-passer en Chine pour trouver la source du virus, je chercherais dans les endroits où les chiens viverrins sont élevés. »

L’hypothèse émise par Christian Drosten, selon laquelle le chien viverrin pourrait être le chaînon manquant entre la chauve-souris (l’hôte originel de ce coronavirus, selon le consensus scientifique) et l’humain, tombe sous le sens. Les chiens viverrins (Nyctereutes procyonoides) — souvent confondus avec les ratons laveurs auxquels ils ressemblent — sont de petits carnivores de la famille des canidés. Une équipe dirigée par Conrad Freuling, de l’Institut fédéral allemand de recherche sur la santé animale, situé à Riems, a démontré expérimentalement en août 2020 que non seulement ces animaux attrapent le coronavirus humain, mais qu’ils se le transmettent parfaitement.

En Chine, le nombre de chiens viverrins d’élevage était estimé à 14 millions en 2019.

« Nous avons constaté que le virus reste cantonné aux fosses nasales dans cette espèce, et ne gagne pas les poumons », indique le chercheur, interrogé par Reporterre. Conséquences ? «  Ils ne sont pratiquement pas malades lorsqu’ils sont infectés, et restent asymptomatiques tout en étant contagieux. De plus, ils excrètent a priori suffisamment de virus pour infecter un humain. » Cette propriété les rapproche des visons, comme on a pu le constater dans les élevages du nord de l’Europe. Le chercheur note qu’être très transmissible et peu pathologique est le profil d’un virus très adapté, ce qui est tout à fait compatible avec l’hypothèse selon laquelle ces espèces seraient le « chaînon manquant » entre la chauve-souris et l’humain.

Mais si Christian Drosten soupçonne le chien viverrin, c’est avant tout à cause de la pandémie de Sras de 2003 [2]. Car s’il a beaucoup été répété que l’animal qui a propagé cette maladie (dont le Sars-CoV-1 était l’agent) était un viverridé, la civette masquée (Paguma larvata)… les raccoon dogs, ou chiens viverrins, étaient également contaminés et tout autant susceptibles de jouer le rôle de transmetteur à l’être humain !

Dans les études scientifiques datant de 2003-2004 portant notamment sur les marchés de Shenzhen, dans le Guandong, il paraît quasiment impossible de départager laquelle des deux espèces a contaminé l’autre ou si une troisième a infecté les deux à la fois. Comme l’indique un article d’avril 2007 paru dans Virus Research, la civette masquée est considérée comme le dernier hôte intermédiaire le plus probable avant l’humain. L’une des principales raisons évoquées : l’identification de restaurants, proches, où se trouvaient des civettes infectées et où trois clients et une serveuse sont tombés malades. C’est maigre. D’autant plus maigre que les civettes, qui furent pendant plusieurs décennies élevées pour leur fourrure avant de devenir une viande de consommation réputée, ne comptaient plus dans ces années-là que 40.000 têtes dans l’ensemble du pays. Autrement dit, un tout petit réservoir potentiel. Le nombre de chiens viverrins d’élevage est, lui, estimé entre cinq et dix millions.

En 2003, la Chine semble avoir manœuvré pour incriminer la civette afin de détourner l’attention de son industrie de la fourrure

À l’hiver 2003-2004, une immense enquête financée par le ministère chinois des Sciences et Techniques et le National Institute of Health étasunien, portant sur le séquençage d’un échantillon de 1.107 civettes issues de 23 élevages choisis dans douze provinces, a conclu que si, sur le marché de Xinyuan (Guandong), les 91 civettes présentes étaient effectivement porteuses du virus, il n’y avait pas d’infection détectable dans les élevages d’origine des civettes commercialisées. Indice que la contamination avait pu avoir lieu plutôt sur le marché ou durant le transport. Or, sur le même marché de Xinyuan, la totalité des quinze chiens viverrins présents étaient contaminés.

Bien que plusieurs articles aient souligné que ces civettes auraient pu tout simplement avoir été contaminées par les chiens viverrins, aucune étude n’a été lancée pour en savoir davantage sur les raccoon dogs. Plusieurs chercheurs s’en sont étonné, notamment Paul et Martin Chan, qui ont déploré que ceux-ci « ne suscitent pas d’intérêt ». Shi Zhengli, sans doute la principale « coronavirologue » chinoise — elle dirige un département du Wuhan Institute of Virology —, regrettait, en 2007 dans l’article de Virus Research déjà mentionné, qu’il ne soit « toujours pas clair si ce sont les chiens viverrins qui ont été infectés par les civettes ou l’inverse ». Et concluait : « Contrairement aux civettes, très peu de recherches ont été conduites pour échantillonner les chiens viverrins sauvages ou d’élevage. »

On retrouve ce même étonnement chez Conrad Freuling, qui avoue qu’il a aussi testé les chiens viverrins en Allemagne parce que personne ne l’avait jamais fait en Chine, où sont pourtant situés la quasi-totalité des élevages du monde — on en trouve une poignée en Finlande et en Pologne [3]

Notons enfin que sur ces marchés, des renards roux et des mustélidés étaient également infectés. Curieusement, l’étude sino-américaine n’échantillonna aucune ferme dans le Shandong, le Liaoning, le Jilin ou le Heilongjiang, les quatre principales provinces d’élevage de visons. Ne pas avoir enquêté dans le Shandong est particulièrement étonnant, puisque c’est la capitale sans rivale de la production de fourrure et que cette province est géographiquement plus proche du Guandong que le Hebei — qui a pourtant été bien prospecté.

Fur farming regions in China.

Tout s’est donc passé en 2003 comme si la Chine avait manœuvré pour incriminer la civette, une espèce à l’importance économique marginale, afin de détourner l’attention de son industrie de la fourrure, pour la protéger.

Or, cette même stratégie semble bien avoir été reprise et portée à un niveau supérieur en 2020 — dans un contexte évidemment différent et avec des enjeux colossaux. Cette fois-ci, la Chine a manifestement décidé de contrôler totalement la parole scientifique sur la pandémie, au même titre que la parole citoyenne. Après une phase initiale de confusion en janvier et février 2020, durant laquelle on a vu tant des journalistes que des scientifiques de haut rang publier relativement librement, la répression s’est abattue sur les premiers (avec des condamnations et même des disparitions), et la censure sur les seconds.

L’information est à l’évidence filtrée et façonnée au gré des besoins du pouvoir chinois

Plus précisément, une enquête récente de l’Associated Press (AP) révèle que le pouvoir a engagé une vigoureuse reprise en main des publications scientifiques après la parution d’un article de deux chercheurs en février — article introuvable, désormais, sur internet [4] —, suggérant que le virus s’était échappé d’un laboratoire de Wuhan. Conséquences, dès le 24 février : une nouvelle procédure d’approbation des publications par le Centre de contrôle des maladies chinois (CDC), puis la diffusion d’une note ministérielle confidentielle, datée du 3 mars, qu’AP s’est procurée et a mise en ligne. Le contenu de celle-ci est saisissant, appelant à « coordonner la publication de la recherche scientifique sur le Covid-19 à travers le pays à la manière d’une partie d’échecs », sous le contrôle d’un « groupe de recherche scientifique du Conseil d’État » et après avoir notifié l’équipe de « propagande » dudit Conseil. La note interdit toute publication qui ne serait pas validée par ce groupe — et conclut que les contrevenants « seront tenus pour responsables ».

C’est donc à la lumière de cette note qu’il faut aborder les récentes publications scientifiques chinoises : malgré l’excellence d’un grand nombre de chercheurs, l’information est à l’évidence filtrée et façonnée au gré des besoins du pouvoir. Même chose pour la presse : pendant des mois, on n’y trouve aucune mention des renards, des visons et des chiens viverrins dans l’inventaire des animaux présents au marché de Wuhan avant sa fermeture le 31 décembre 2019.

Au marché de Wuhan se vend une profusion de marchandises, dont des renards, des visons et des chiens viverrins.

Pourtant, d’après le dernier rapport de l’OMS, les renards étaient bien présents au « wet market » de la ville. Et d’après une évaluation des risques publiée en mars par le Centre des maladies infectieuses et l’Agence de santé publique canadienne, les visons aussi figuraient sur la liste des animaux en vente. Enfin, sur des photographies, prises début décembre 2019 à l’intérieur du marché et diffusées en janvier 2020 par CNN, il y avait bien aussi, dans ce fameux marché, des raccoon dogs. Quoi qu’en aient dit les autorités, le trio des carnivores d’élevage était donc au complet sur le marché de Wuhan.

Notons que si ces espèces ont fait l’objet d’un black-out médiatique, le ministère chinois de l’Agriculture et des Affaires rurales n’a pas pour autant oublié leur existence. Lorsqu’il a fallu, sous la pression de l’opinion publique mondiale, interdire le commerce d’animaux sauvages en raison des risques d’émergence virale et de propagation, il les a requalifiées en « espèces domestiques » afin d’exonérer leur élevage de toute entrave possible.

Évoquons aussi le succès planétaire de la fable du pangolin. Pas moins de quatre articles chinois sont sortis pour incriminer cet animal à écailles. La théorie du pangolin, désormais abandonnée, puisque le virus trouvé dans cet animal est encore plus éloigné du Sars-CoV-2 que celui de la chauve-souris, a été proposée alors même que le séquençage du gène viral qu’il était censé porter était loin d’être achevé. Juste avant, les autorités chinoises avaient déjà réussi à nourrir la presse de l’hypothèse que le serpent était probablement l’hôte intermédiaire. Dans la foulée, il y a même eu une tentative de jeter la tortue en pâture à l’opinion. Que de fausses pistes ! On ne peut s’empêcher de penser que diriger les regards vers trois espèces à écailles ne peut relever tout à fait du hasard, tant de tels suspects éloignent efficacement l’imaginaire du public des producteurs de fourrure.

L’hôte intermédiaire le plus probable d’après une recherche récente ? Le vison

Pourtant, après que l’Université d’agriculture du Sud a communiqué brutalement, sans aucune donnée à l’appui, au sujet du pangolin, une étude contredisant la précédente passait à peu près inaperçue. Le 24 janvier 2020, ainsi qu’on peut le voir sur le site Global Times, qui tient le journal de l’épidémie depuis ses prémices, l’hôte intermédiaire le plus probable d’après une recherche fondée sur une comparaison générale des bases de données (GISAID) à l’aide d’un logiciel d’intelligence artificielle est… le vison. Il a même le potentiel d’en être l’hôte d’origine. Or, cette étude qui cible le vison a été initiée avec le soutien de l’Académie chinoise des sciences, du laboratoire virologique de Wuhan et du CDC chinois. Le travail de l’équipe de Quian Guo offre toutes les garanties de sérieux, et ses résultats n’ont pas été contestés. Mais, excepté à Singapour et en Australie, on s’est juste contenté de ne lui accorder aucune audience. Il a été fait en sorte que le pangolin, en confortant les préjugés et en exacerbant les passions, sature tout l’espace disponible.

Un autre exemple édifiant des publications dilatoires de la communauté scientifique chinoise est l’étude effectuée par l’Université médicale du Shandong, parue le 1er avril 2020 dans le Medical Journal of Virology. Les chercheurs ont testé à partir de la structure de leur protéine réceptrice, celle sur laquelle se fixe le virus, 85 espèces de mammifères : humain, chat, chien, porc, cheval, civette, pangolin, macaque, renard, chien viverrin, éléphant africain, suricate, taureau, putois, kangourou, opossum, tortue, lynx, etc. Mais ils ont « oublié » le vison, pourtant particulièrement présent dans la région d’origine des chercheurs, à savoir dans le Shandong, où ils ne sont pas moins de quinze millions ! Les scientifiques ont conclu sans rire qu’il serait bon de surveiller attentivement un cétacé, « le marsouin sans nageoire du Yang Tsé, parce qu’il s’en trouve dans les lacs à proximité de Wuhan et qu’il pourrait être infecté par le Sars-CoV-2 ou un coronavirus apparenté ». Il est d’ailleurs amusant de noter que leur étude trouve aux petits carnivores, chats inclus, une affinité nettement moindre pour le Sars-CoV-2 que la vache ou le mouton, alors que l’on sait désormais que c’est l’inverse.

Il y a trois mille élevages de visons chinois, dont certains dépassent les cent mille têtes

Les visons chinois, et particulièrement ceux du Shandong, méritent pourtant qu’on s’y attarde. On le sait, ces derniers mois ont fait la démonstration scientifique que les visons pouvaient à la fois contracter le virus des humains et les infecter en retour, non sans fréquemment générer des mutations dans le processus. Mais il y a par-delà cette actualité, une longue histoire des maladies du vison, qui montre que cette espèce solitaire — comme tous les carnivores d’élevage, alors que les herbivores sont sociaux —, placée dans les conditions de promiscuité épouvantable des élevages, contracte des maladies multiples qui en font une menace sanitaire. Or, il y a trois mille élevages de visons chinois, dont certains dépassent les cent mille têtes, qui peuvent être à la source de l’actuelle pandémie. Il est donc incompréhensible qu’aucune recherche virale n’ait été publiée concernant ces animaux.

Les visons — ici, chinois — peuvent à la fois contracter le virus des humains et les infecter en retour, non sans fréquemment générer des mutations dans le processus.

Quelques exemples du problème ? En 2011, un nouveau virus excrété par des visons d’élevage a été génétiquement mis en évidence dans une ferme du Hebei. Il semble être un réassortiment virulent de souches de virus humains et porcins habituellement bénignes. 100 % des visons étaient touchés, 5 % en mouraient. L’apparition d’encéphalopathie nécrosante chez deux enfants était susceptible d’être attribuée à cette recombinaison, et l’étude publiée par Emerging infectious diseases a conclu qu’il fallait se préparer à l’émergence de variantes plus virulentes.

En 2014, les visons d’une ferme du Shandong étaient victimes d’une épidémie de pseudorage d’origine porcine qui aboutit à la mort de 87 % des animaux et se propagea à l’ensemble de la province. Les scientifiques qui avaient essayé d’évaluer l’ampleur de l’épidémie dans quatorze localités affirmaient dans leur publication que le virus avait un taux d’infection très élevé dans la région et que « cela pose un défi pour l’industrie de la fourrure ».

En 2015, une équipe (comprenant la virologue chinoise Shi Zhengli) a isolé et identifié des virus de chauve-souris étroitement liés aux virus humains, porcins et visonins. Ce qui suggère des transmissions interspécifiques entre les chauves-souris et les humains ou les animaux.

En octobre 2016, une équipe du collège vétérinaire de Quingdao découvrait que les visons du Shandong étaient contaminés par une grippe aviaire H5N1 hautement pathogène.

En 2019, une autre équipe du même collège vétérinaire de Quindao a repéré dans les élevages de visons du Shandong l’émergence d’une co-infection mortelle du virus de la maladie de Carré et de celui de la grippe H1N1 porcine, donnant lieu à une nouvelle souche H1N1 dans les poumons infectés de ces mustélidés.

Les visons d’élevage sont également des hôtes intermédiaires possibles pour des variétés de grippe A qui peuvent conduire au développement de souches pandémiques humaines par transmission directe ou indirecte. Ils hébergent parfois de manière épidémique le virus de l’hépatite E, sans qu’on sache encore s’ils peuvent le transmettre aux humains. Ils sont suivis pour l’ESB (encéphalite spongiforme bovine) en raison de leur régime en partie constitué de farines animales, etc.

Pour limiter les dégâts, les visons sont vaccinés contre les virus qui les affectent le plus couramment, comme le parvovirus de la maladie aléoutienne, hautement contagieux pour leur espèce et le virus de la maladie de Carré, transmissible depuis les canidés et aux canidés. Mammifères aux poumons fragiles, ils attrapent spontanément des pneumopathies, qu’ils propagent facilement car ils ont la particularité d’éternuer, tout comme les furets, eux aussi des mustélidés. Visons comme furets sont porteurs de coronavirus spécifiques, celui des furets étant appelé « systémique », car il touche tous les organes, tandis que celui des visons est appelé mink CoV (MCoV) (mink est le mot anglais pour vison).

Les chauves-souris, attirées par les hangars d’élevage, défèquent… sur les cages

Enfin, pour prendre la mesure du chaudron microbien que représentent ces élevages, notons que les visons chinois sont particulièrement concentrés dans la région du Shandong. Cette terre historique d’élevages pour la fourrure accueille des milliers d’exploitations, parfois en polyactivités. On l’a vu, quinze millions de visons s’y agglutinent (en plus de trois millions de chiens viverrins et de six millions de renards). La plupart se trouvent dans une zone grande comme un département français, qui s’étend vers le sud depuis la commune côtière de Weifang. Les animaux, entassés dans des conditions d’hygiène parfois effrayantes, y sont nourris en partie de poissons frais tirés de la mer Jaune, d’abats de volailles ou de porcs, de farines animales et des charognes de leurs congénères, au gré des dépeçages. La nourriture fraîche fortement protéinée est importante pour améliorer la qualité de leurs peaux. Leur existence, entièrement captive, est plutôt brève : les visons, par exemple, se reproduisent en mars, mettent bas en avril et les portées sont tuées entre la mi-novembre et la mi-décembre. Ne sont épargnés que les « étalons » et les femelles destinés à reproduire la génération suivante. Ces reproducteurs représentent néanmoins environ 12 % de l’effectif de chaque élevage, ce qui peut suffire à ce que d’éventuels pathogènes persistent.

Vente de fourrures au marché Sunning, dans la province de Hebei.

Ajoutons que le Shandong, territoire de moyenne montagne et de forêts, connu entre autre pour ses grottes, héberge de nombreuses espèces de chauves-souris, dont certaines, comme Rhinolophus ferrumequinum, Myotis Fimbriatus ou Eptesicus Serotinus, sont porteuses de coronavirus. Les chauves-souris sont attirées par les hangars d’élevage, qui leur fournissent un abri potentiel. Elles urinent et défèquent fréquemment sur tout ce qu’elles surplombent. Des cages contenant des animaux par exemple. De fait, on dispose donc dans le Shandong (même si c’est également le cas dans d’autres régions de Chine) de tous les ingrédients pour de formidables rencontres virales, des recombinaisons en tout genre et des émergences fulgurantes.

Un chiffre peu connu attire l’attention : en 2019, la province n’a récolté que 6,5 millions de peaux de visons, contre presque quinze l’année précédente. Quasiment neuf millions de visons volatilisés d’une année sur l’autre ! Une baisse de 55 %, propre à cette seule province, qui semble ne pouvoir s’expliquer que par une catastrophe ou un fléau brutal. Lequel ? Pourrait-il être sanitaire ? D’autant que les productions de peaux de renards (5,7 millions) et de chiens viverrins (trois millions) issues du même territoire sont, elles, restées parfaitement stables. Sollicitée à plusieurs reprises par Reporterre pour expliquer cette hécatombe, la China Leather Industry Association a laconiquement invoqué dans un courriel « un marché stagnant et une surproduction de peaux de visons » qui auraient conduit « la plupart des compagnies à quitter l’industrie ». Une explication qui semble insuffisante devant l’ampleur du séisme.

Effondrement de la production de visons en 2019.

Tous les grands pays producteurs de peaux de visons ont été contaminés… sauf la Chine ?

Quoiqu’il en soit, on peut s’étonner qu’officiellement aucune ferme intensive chinoise de visons n’ait été contaminée alors que l’Europe de l’Est, de l’Ouest, du Nord et du Sud, les États-Unis et le Canada sont touchés. Ce serait une étonnante anomalie : tous les grands pays producteurs auraient été frappés mais le principal ferait exception, malgré les nombreux liens commerciaux et professionnels l’unissant à ses partenaires étrangers, notamment l’Amérique, l’Europe du Nord et l’Italie.

En définitive, mustélidés, canidés et viverridés — les mammifères suspects pour tenir le rôle d’intermédiaire — sont les mêmes aujourd’hui que pour l’épidémie de Sars-CoV-1 en 2003-2004. Sauf que les civettes masquées sont désormais mille fois moins nombreuses dans le pays que les renards, les raccoon dogs et les visons élevés pour leur fourrure. Il paraît donc inconcevable pour l’établissement de la vérité et pour prévenir une future nouvelle pandémie que l’OMS ne commande pas une enquête serrée dans les élevages, au Shandong et ailleurs.

Vente de renards et de chiens viverrins dans la province de Hebei, au marché de fourrures de Shangcun.

On comprend à la lecture du rapport préparatoire, malgré les perceptibles précautions diplomatiques vis-à-vis de la Chine, que l’intention est présente. Il est par exemple indiqué que la commission d’experts envisage notamment de « cartographier les chaînes d’approvisionnement de tous les animaux vendus sur le marché », sauvages et domestiques, en vue d’identifier « des aires géographiques intéressantes pour effectuer des sérologies animales et humaines ». Exactement, donc, ce qui aurait dû être fait depuis un an : des recherches de virus dans et autour des élevages.

Hélas, l’OMS, après de multiples concessions à l’égard du régime chinois, a abandonné l’ambition de pratiquer directement le travail de terrain en signant un protocole qui délègue aux chercheurs locaux cette partie de l’enquête. La mission ne devrait même pas sortir de Wuhan et l’un de ses membres déclarait récemment à la revue Science et Avenir qu’il ne faut pas s’attendre « à ce que l’équipe revienne avec des résultats concluants ». Même ainsi désarmée, cette délégation semble continuer à poser problème à Pékin.

Le mur dressé par l’État chinois semble toutefois commencer à se lézarder. Le 8 janvier, un article signé par des chercheurs chinois éminents, en l’occurrence Zhengli Shi et Peng Zou, reconnaît pour la première fois dans les colonnes de la revue Science que le vison pourrait être l’hôte « du virus qui a engendré le Sars-CoV-2 ». Les chercheurs suggèrent même de conduire « des investigations rétrospectives d’échantillons datant d’avant la pandémie chez les visons ou d’autres animaux susceptibles ». Les esprits suspicieux se demanderont pourquoi cette suggestion vient si tard, la sensibilité au Covid des visons étant connue depuis six mois, et si de tels échantillons existent encore. Les autres jugeront sans doute qu’il vaut mieux tard que jamais.

Compte tenu de son importance internationale, nous avons traduit cette enquête en anglais : Mounting evidence suggests mink farms in China could be the cradle of Covid-19

C’est maintenant que tout se joue…

Les scientifiques alertent sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale dans le traitement de l’actualité.
Contrairement à de nombreux autres médias, nous avons fait des choix drastiques :

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En résumé, Reporterre est un exemple rare dans le paysage médiatique : totalement indépendant, à but non lucratif, en accès libre, et sans publicité.
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[1] Une équipe de l’OMS est finalement arrivée jeudi 14 janvier en Chine, à Wuhan (centre).

[2] Le Sras est la première maladie grave et transmissible à émerger au XXIe siècle. L’épidémie, partie de Chine fin 2002, a éclaté au niveau mondial en 2003 faisant plus de 8.000 cas et près de 800 morts, résume l’Institut Pasteur.

[3] En 2018, 34,7 millions de visons, 2,7 millions de renards, 166.000 chiens viverrins et 227.000 chinchillas ont été élevés dans l’Union européenne.

[4] Le lien vers lequel nous renvoyons est une archive.

Lire aussi : EXCLUSIF - Les élevages de visons sont-ils la source du Covid en Europe ?

Source : Yann Faure et Yves Sciama pour Reporterre

Carte : © Gaëlle Sutton/Reporterre

Graphique : © Nicolas Boeuf/Reporterre

Photos :
. chapô et vison blanc : Visons élevés pour leur fourrure, en 2015, à Zhangjiakou, province de Hebei. © Greg Baker / AFP
. Chien viverrin. 
Animal Equality International
. Wuhan. 
c f de Pixabay
. Marché Suning, à Hebei. 
Rapport Peoples Republic of Fur Animals and Products
. Wuhan Market. Arend Kuester/
Flickr
. Marché de fourrures de Shangcun. Animal Equality International/
Flickr

Traverser le Temps

 

 « Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais; mais, si on me le demande, et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus ».

Saint-Augustin

 

Ces jours-ci, on est beaucoup sorti en montagne : raquettes à neige, ski de fond et ski de randonnée. Les journées sont splendides, les montagnes enneigées nous appellent et nous avions besoin de "vider" nos cerveaux emplis d'émotions et de tourments trop nombreux. Des situations qui nous pèsent et dont la résolution ne nous appartient pas intégralement. 

Aujourd'hui, c'était ski de fond. Un parcours qu'on connaît bien sur le plateau de la Féclaz, au-dessus de Chambéry. Un parcours qui relie une piste rouge à une noire, puis un morceau de piste bleue et un final sur une piste rouge. On a mis 1h40. Il doit y avoir une vingtaine de kilomètres, bien vallonné.

Il y a dix ans, c'était un parcours qu'on enquillait "à fond". Aujourd'hui aussi, on l'a fait "à fond". Mais ça n'était pas le même ryhtme. Le physique n'est plus le même, bien qu'on tente de le préserver par une alimentation réfléchie et une activité physique quasi quotidienne. Le sport est un révélateur du Temps. Non pas du Temps qui passe mais de notre passage à travers ce Temps. 

Imaginons une pluie continue.

Vous sortez bien habillé et vous commencez à marcher sous la pluie. Elle tombe doucement, verticale, presque imperceptible...Au début, vous la sentez à peine humidifier votre visage. Le reste de votre corps est bien à l'abri. Vos mains sont nues, vous devinez dans le balancement de vos bras des goutellettes infimes qui se déposent.

La pluie ne cessera jamais. Vous continuerez à marcher toute votre vie. Après quelques années, vos habits ne seront plus imperméables, l'eau finira par passer à travers la première épaisseur, vous commencerez à sentir son poids et insensiblement, année après année, vous serez obligé de ralentir la cadence de votre pas.

Et puis viendra le temps où plus rien ne sera sec. Vous sentirez sur la totalité de votre corps la présence de l'eau. Et plus tard encore, vous vous mettrez à avoir froid. Et plus tard encore, vous aurez l'impression que l'eau a traversé votre peau, qu'elle s'est inflitrée par les pores. Le poids se fera sentir avec une lourdeur que vous aurez de plus en plus de mal à combattre, votre pas raccourcira encore, vous ne franchirez plus de montagnes, la plaine sera devenu votre seul horizon.

La pluie n'a jamais cessé.

Vous l'avez traversée pendant toute votre vie. Elle est toujours restée identique. Parfois, vous l'avez oubliée, emporté par l'euphorie des bonheurs ou la détresse des drames. Parfois, elle vous a considérablement agacé. Mais elle n'a jamais changé. C'est vous qui l'avez perçue différemment. 

Vous avez traversé le Temps.

Le Temps ne passe pas. Il est immuable, insaisissable, indescriptible.

Cette traversée est marquée par les joies et les peines, les bonheurs et les détresses, les coups durs et les apaisements, la sérénité et la colère, la douceur et la douleur, la béatitude et la souffrance. 

Beaucoup de choses nous échappent, beaucoup d'événements surviennent sans qu'on n'ait pu les prévoir, beaucoup de situations resteront ancrées, comme des cicatrices immuables ou des instants de lumière.

Il n'y a qu'une chose qui nous appartienne totalement. L'acceptation, le lâcher-prise, l'agir dans le non agir. 

"Quand tu les acceptes, les choses sont ce qu'elles sont; quand tu ne les acceptes pas, les choses sont ce qu'elles sont." 

Dans la diminution de mes capacités physiques, je ne ressens aucune tristesse, aucun désappointement. Il serait absurde que j'entre en lutte contre le phénomène de la vie. Je sais ce que j'ai accompli, je sais ce que je peux faire aujourd'hui, j'ignore ce qu'il en sera dans quelques temps. Mais je l'accepte intégralement et en l'accueillant sereinement, je m'offre la possibilité de jouir pleinement de ce qui est là. 

 

Régime de faveur

Doit-on s'en étonner ?

Doit-on se taire ?

Doit-on l'accepter ? 

Non, bien évidemment. Mais notre avis ne compte pas.

Ma mère a fait un AVC en 2019 et elle a une pathologie cardiaque. Mon père lui aussi souffre d'une pathologie cardiaque. Malgré ça et de multiples appels téléphoniques auxquels personne ne répond et un site internet qui me répond sur le formulaire d'inscription que les réservations sont suspendues, je n'arrive pas à leur obtenir de rendez-vous.

Ils ont 86 et 85 ans.

Combien de cas similaires actuellement ? Lorsque je fouille sur internet, je trouve des centaines de messages dénonçant une impossibilité d'être vacciné malgré des situations à hauts risques chez les personnes concernées.  

Covid-19 : Nicolas Sarkozy, 66 ans, a été vacciné au mois de janvier

 

L’ancien chef de l’Etat, âgé de 66 ans, a reçu l'injection à l’hôpital militaire de Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine). La vaccination avait été prescrite par un médecin de ville qui invoque une pathologie à haut risque dont souffrirait l'homme politique.

Article rédigé par

franceinfo

Radio France

Publié le 18/02/2021 15:30Mis à jour il y a 12 minutes

 Temps de lecture : 1 min.

Nicolas Sarkozy, le 22 janvier 2021. (FRANCK FIFE / AFP)

Nicolas Sarkozy, le 22 janvier 2021. (FRANCK FIFE / AFP)

Nicolas Sarkozy s’est fait vacciner contre le Covid-19 au mois de janvier, a appris franceinfo de source militaire, jeudi 18 février, confirmant une information de L’Express.

L’ancien chef de l’Etat, âgé de 66 ans, a reçu l'injection par un médecin de l’hôpital militaire de Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine), sur prescription d’un médecin de ville, a précisé cette source. La vaccination était réservée à ce moment-là aux personnes de plus de 75 ans et aux personnes présentant des pathologies à haut risque.

La nature de la pathologie n'a pas été précisée

C’est cette dernière raison qui a été invoquée par le médecin pour justifier la vaccination de Nicolas Sarkozy. La source militaire n’a pas précisé la nature de cette pathologie. "Il en va de Nicolas Sarkozy comme de n'importe quel
français, il a droit au secret médical. Pas de commentaire", a réagi le ministre de la Santé, Olivier Véran, lors de son point hebdomadaire sur la situation sanitaire du pays.

On ignore également quel type et marque de vaccin l’ancien président a reçu. Mais selon le calendrier vaccinal mis en ligne sur le site du ministère de la Santé, les personnes présentant des pathologies à haut risque doivent recevoir le vaccin à ARN messager de Pfizer/BioNTech ou Moderna.

 

 L'hôpital américain de Neuilly. Photo d'illustration ALAIN JOCARD/AFP

L'hôpital américain de Neuilly. Photo d'illustration ALAIN JOCARD/AFP

Vaccination : les passe-droits des VIP de l’Hôpital américain de Neuilly

Mercredi 10 Février 2021

Cet établissement privé de Neuilly (Hauts-de-Seine) aurait procédé en janvier à la vaccination d’une partie de ses dirigeants non médicaux, mais aussi de certains de ses riches donateurs.

La révélation fait désordre. Selon Franceinfo, l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine aurait proposé, avant même le début officiel de la campagne de vaccination, des injections aux membres de son conseil d’administration, pourtant non prioritaires. Et, de fait, ce prestigieux établissement privé a procédé en janvier à la vaccination d’une partie de ses dirigeants, les « gouverneurs » , mais aussi de certains de ses donateurs.

Capitaines d'industrie

Le Board of Governors de l’Hôpital, l'équivalent d’un conseil d’administration est constitué d’une quarantaine de personnalités internationales (françaises, américaines, japonaises) dont des grands capitaines d’industrie, dirigeants d’entreprise, banquiers, diplomates, avocats, etc. La plupart de ces "gouverneurs" sont âgés mais ce n'est pas le cas de tous comme le millionnaire Arnaud Lagardère (59 ans) ou la femme de Bruno Bouygues, Helen Lee Bouygues (45 ans), explique Franceinfo.

Icon Push-pinNotre carte interactive. Vaccination contre le Covid-19 : où en est votre département ?

Mardi, le ministre de la Santé a dit « déplorer » ces faits, s’ils étaient avérés. « Je n’accepterai pas qu’il y ait des passe-droits », a poursuivi Olivier Véran. L’hôpital, lui, s’est défendu en disant avoir proposé ces injections à « l’ensemble » des intervenants dans l’établissement : « médecins, soignants, administratifs, gouverneurs, prestataires de ménage, de sécurité et de restauration, volontaires bénévoles ». Sauf que, dans cette liste, lesdits « gouverneurs » n’exercent aucune fonction sanitaire dans l’hôpital...

Et pendant ce temps : Une vaccination à la traîne dans les quartiers populaires ?

L’hôpital Max-Fourestier, à Nanterre, un des 13 centres de vaccination des Hauts-de-Seine, est privé de dose depuis la semaine dernière. Michel Euler/AP/SIPA

L’hôpital Max-Fourestier, à Nanterre, un des 13 centres de vaccination des Hauts-de-Seine, est privé de dose depuis la semaine dernière. Michel Euler/AP/SIPA

Une vaccination à la traîne dans les quartiers populaires ?

Mardi 9 Février 2021

Nadège Dubessay

Nanterre n'a reçu aucune dose de vaccin la semaine dernière quand Neuilly en a eu 540, pointe le maire de la ville lésée... Dans les Hauts-de-Seine, comme en Seine-Saint-Denis, des élus s’insurgent contre une campagne vaccinale qui laisserait sur le carreau les plus précaires. RÉACTIONS.

Au centre de vaccination aménagé dans l’hôpital Max-Fourestier de Nanterre (Hauts-de-Seine), les locaux sont désespérément vides. Et pour cause. Dans cette commune populaire de 97 000 habitants, les plus de 75 ans qui veulent se faire vacciner devront attendre. Car Nanterre ne devrait recevoir aucune dose de vaccin pour la semaine à venir.

Ici, tous nos articles sur la campagne de vaccination.

Ce qui a fait bondir Patrick Jarry, le maire (DVG), c’est de constater que, dans les communes huppées voisines, Neuilly-sur-Seine, Issy-les-Moulineaux ou Boulogne-Billancourt, les centres de vaccination n’ont pas ralenti leur activité. Jusqu’à présent, les 13 centres des Hauts-de-Seine recevaient 420 doses chacun. « Or, la semaine dernière, Nanterre en a eu zéro et Neuilly 540 », ne décolère pas Patrick Jarry. « Ce matin, la directrice départementale de l’agence régionale de santé m’a expliqué que l’ARS avait demandé à tous les centres de vaccination de ne pas prendre de rendez-vous en prévision de la baisse d’arrivage du vaccin Pfizer. Neuilly n’aurait pas exécuté l’injonction ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Quand on ne respecte pas les règles, on est récompensé ? » tempête l’élu. Qui précise que, « dans la semaine, l’ARS avait demandé de déprogrammer des rendez-vous ». Il n’en démord pas : certaines villes seraient mieux loties que d’autres. Alors, pour en avoir le cœur net, il a demandé au préfet de rendre public le nombre de personnes vaccinées ville par ville. « À la pénurie de vaccins, ne rajoutons pas l’injustice ! » lance-t-il.

Cet article devrait aussi vous intéresser : Vaccin : quand les chercheurs réfléchissent au « coup d’après »

Fracture numérique, surmortalité...

D’autant qu’ici, comme dans bien d’autres villes populaires, les personnes âgées ne sont pas toujours mobiles et la fracture numérique frappe durement. Or, les rendez-vous se prennent sur Internet. « Il faudrait organiser des brigades mobiles pour aller dans les quartiers », insiste le maire. En Seine-Saint-Denis, c’est le président du conseil départemental qui a tiré la sonnette d’alarme, il y a quelques jours, face au peu de personnes vaccinées. Le 93, où 17 centres de vaccination ont été ouverts, affiche le triste record du département le moins vacciné de la métropole… « Cela montre que les inégalités sociales, les fractures numériques que nous connaissons en Seine-Saint-Denis ont aussi un impact dans cette crise sanitaire », explique Stéphane Troussel (PS) sur la page Web du conseil départemental. D’autant que, pour s’inscrire sur la Toile pour un rendez-vous, pas besoin de mentionner sa ville d’origine. Des Parisiens, face à la saturation des centres de vaccination de la capitale, se sont rués vers les villes de proche banlieue : Saint-Ouen, Montreuil, La Courneuve… Au détriment de ceux qui ne maîtrisent pas l’outil informatique ou qui en sont dépourvus.

À Saint-Ouen, plus de 50 % des patients proviennent d’autres communes. À La Courneuve, le taux atteint 80 %. Certes, le virus n’a pas de frontières. « Sauf que les populations fragiles de nos villes se sont retrouvées en deuxième rideau », tacle Gilles Poux, le maire (PCF) de La Courneuve. Stéphane Troussel en est persuadé : « Il faut faire autrement, changer de méthode : mettre des plateformes téléphoniques, des bus qui vont dans les communes ou passer via les aides à domicile, pour qu’elles puissent vacciner. »

Une urgence bien réelle

Même si la Seine-Saint-Denis ne compte « que » 80 000 personnes de plus de 75 ans, l’urgence est ici bien réelle. Entre le 2 mars et le 10 mai 2020, soit pendant la première vague de l’épidémie, les décès avaient bondi de + 110 % (c’est-à-dire plus que doublé) par rapport à la moyenne observée entre 2015 et 2019, un record en France. « Les personnes obèses, diabétiques ou souffrant de maladies cardio-vasculaires, mais aussi celles qui ne peuvent pas télétravailler ou qui se trouvent en surpopulation dans leur logement, sont particulièrement exposées au Covid, constate un médecin de l’hôpital Avicenne, à Bobigny. Or, en Seine-Saint-Denis, elles sont bien plus nombreuses qu’ailleurs. » On le sait : le virus n’a fait qu’exacerber les inégalités sociales. Et, aujourd’hui, c’est l’accès au vaccin qui pourrait se révéler injuste et inéquitable pour toute une frange de la population.

Pour aller plus loin : Science appliquée à la santé : quelles politiques de recherche pour prévenir d’autres pandémies ?

Une épidémie révélatrice

Covid-19 : une épidémie révélatrice d’une crise écologique et sociétale

 

Alain Coulombel, Eric Caumes

10/01/2021

Dans le quartier d'affaire de La Défense, pendant la pandémie du Covid-19© Denis ALLARD Dans le quartier d'affaire de La Défense, pendant la pandémie du Covid-19

Il a suffi d’un virus pour que la mégamachine planétaire s’enraye. La leçon vaut pour aujourd’hui et pour demain. Sans la révision du système de santé publique et sans l’engagement écologique, les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Tribune. L’année 2020 aura été marquée par la première traduction épidémique de la crise écologique planétaire. Si nous n’y prenons garde, d’autres épidémies suivront car les mêmes causes produiront les mêmes effets. Nous en connaissons l’impulsion, à savoir la transmission extrêmement rapide d’un coronavirus, virus ayant franchi la barrière des espèces et dont l’émergence est liée, notamment, à l’emprise humaine sur les espaces naturels, à la perte de la biodiversité et au commerce d’animaux sauvages. Le commerce de la faune sauvage a été multiplié par cinq ces quinze dernières années, en dépit de l’avertissement constitué par l’épidémie de Sars en 2002-2003 en Asie.

Tout au long de ces douze derniers mois, la Covid-19 a agi (et continue d’agir) comme un immense trou noir absorbant toute la matière informationnelle pour ne laisser place en France qu’au décompte journalier du nombre de morts, de places disponibles en réanimation, de l’hydroxychloroquine ou du vaccin. Plus de Hezbollah, de conflits au Yémen, en Syrie ou en Libye, de camps de réfugiés, de migrants sur leurs frêles embarcations, de réchauffement climatique, de nucléaire iranien, de réforme des retraites, mais une réalité planétaire engloutie dans le champ gravitationnel de la Covid-19. Jusqu’à saturer notre univers mental et spirituel. Plus de sport, plus de culture, plus de bistrot, plus de restaurant. Plus rien d’autre. Que le désarroi et la peur, l’emballement et le basculement dans une réalité terriblement anxiogène et indéterminée jusqu’à l’arrivée d’un vaccin.

Aucun espace pour la réflexion et la distance critique

Comme si l’évènement que nous viv(i)ons avait échappé à nos radars et à nos grilles de lecture familières, tout en nous rapprochant de la catastrophe planétaire si chère aux «collapsologues». Qui aurait pu imaginer, en ce début d’année 2020, l’emballement planétaire dont nous allions être les principaux protagonistes hébétés? Qui aurait pu deviner que des territoires entiers seraient confinés, des villes désertées, des activités de toutes sortes interrompues, des élections reportées, des responsables politiques et sanitaires, malades ou déboussolés, improvisant, jour après jour, des réponses trop souvent incohérentes ou inadaptées ?

Quelque chose semble s’être déréglé, là, soudain, dans cette belle mécanique des flux mondialisés, des traités de libre-échange et de la division internationale du travail, du tourisme de masse et des voyages low cost. Au cœur d’une époque déjà marquée par tant de soubresauts localisés, de crises à répétition, et d’autres emballements climatiques, boursiers, technologiques, médiatiques ou politiques…

Mais avec cette première crise écologique planétaire, c’est comme si l’emballement avait secoué notre petite planète bleue à une échelle et avec une intensité jusque-là jamais observées. De l’emballement des chaînes d’information en continu à celui des défenses immunitaires (orage cytokinique); de la multiplication des articles publiés dans les revues scientifiques autour de la Covid (jusqu’à 292 par jour !) à l’envolée de la dette publique et privée; de l’emballement de la décision politique concernant la mise sur le marché de médicaments (comme le remdisivir, payé au prix fort au laboratoire Gilead, et qui s’avérera inefficace) ou de vaccins (comme le Pfizer/BioNTech, premier arrivé sur le marché) à l’agitation des réseaux sociaux autour de l’hydroxychloroquine ou de Raoult, tout semble converger et s’accélérer pour ne laisser aucun espace à la réflexion et à la distance critique.

Paupérisation de notre système de santé publique

Nous savons depuis Paul Virilio ou Hartmut Rosa (1) que notre monde s’accélère, de crise en crise, de rupture en rupture, de dégradation en dégradation. Mais avec la Covid-19, nous sommes entrés dans l’ère des phénomènes systémiques globaux et planétaires, l’immédiateté et l’instantanéité du temps réel, à l’échelle du monde, nous plongeant dans un état d’urgence généralisé: urgence sanitaire, sécuritaire, économique, sociale et climatique. Il a suffi d’un virus, pour que notre mégamachine planétaire s’enraye, que la croissance s’effondre, que les cours de la Bourse s’affolent, que la pauvreté et la précarité explosent, que les équilibres géopolitiques soient profondément remaniés et que nous découvrions, ce que nous ne voulions pas savoir, la vulnérabilité de notre système-monde, et la fragilité de nos sociétés occidentales.

Quelles leçons provisoires pouvons-nous tirer de ce constat? D’abord, il ne saurait y avoir de solutions pérennes sans la remise en cause de l’idéologie du «zéro stock et des flux tendus», du time management et du pilotage par les indicateurs qui ont largement alimenté la vie de nos institutions (privées ou publiques), depuis les années 80. Avec pour résultat sanitaire, la paupérisation de notre système de santé publique mis en défaut face aux assauts répétés de la pandémie dans ses volets préventif comme curatif.

«One Health»

Or nous continuons, en France, de supprimer des lits, alors que la crise sanitaire a montré l’importance de personnels et de services bien dotés! Le second message est écologique et doit nous faire reconsidérer notre place parmi les vivants. Car il faut bien le reconnaître, notre système n’a eu de cesse de dégrader les conditions de vie sur Terre, sans égard pour l’homme comme pour l’animal, le minéral ou le végétal.

Le soin doit devenir l’objet d’une politique générale et le principe de toute action future. L’approche «One Health», qui considère, ensemble, santés humaine, animale et environnementale, est un pas dans la bonne direction. Nous ne pouvons ignorer notre dépendance à la Terre et aux conditions géophysiques de toute existence. La leçon vaut pour aujourd’hui et pour demain. Si nous devions l’oublier, une fois encore, trop pressés de refermer la parenthèse Covid-19, alors les pandémies du futur, associées à la perte de la biodiversité et au réchauffement climatique, pourraient être bien plus dramatiques avec un impact encore plus important sur nos sociétés humaines.

(1) Vitesse et Politique de Paul Virilio et Accélération d’Hartmut Rosa.

Alain Coulombel est l’auteur de Chronique d’un emballement planétaire, à paraître mi-janvier, chez Libre & Solidaire. Eric Caumes est l’auteur d’Urgence sanitaire, Robert Laffont, 2020.

Covid et changement climatique

La crise du coronavirus peut-elle changer la donne pour le changement climatique ?

 

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_la-crise-du-coronavirus-peut-elle-changer-la-donne-pour-le-changement-climatique?id=10651877

 

Pour contenir le changement climatique, il faudrait une diminution annuelle de 7,6% des émissions de CO2. Cette année, les mesures de confinement auront entraîné une baisse de 7% au niveau mondial. Une bonne nouvelle pour le climat ? Pas si vite. "Nous allons nous retrouver en 2020 pour la première fois sur une trajectoire d’émissions compatible avec les objectifs des accords de Paris", souligne François Gemenne, chercheur qualifié du FNRS, Observatoire des migrations environnementales (Cedem – ULg). "Le paradoxe, c’est que nous allons nous y retrouver non pas à cause de politiques climatiques que nous aurions choisies, mais à cause de mesures sanitaires que nous avons subies. Le fait que ce soit la crise sanitaire qui amène cette réflexion souligne en creux l’inefficacité ou l’insuffisance en tout cas de nos politiques climatiques actuelles."

Pour le changement climatique, il n’y aura pas de vaccin

Cette baisse des émissions est ponctuelle. Pour une diminution structurelle, et un réel impact sur le changement climatique, il faudrait des mesures structurelles. Pas le même registre de mesures que celles adoptées actuellement en situation de crise.

"Qui dit crise suppose une sorte de retour à la normale", poursuit François Gemenne. "Pour le changement climatique, il n’y aura pas de vaccin, ce qui veut dire que la température ne baissera pas, que le niveau des océans ne baissera pas […] Le changement climatique n’est pas une crise, c’est une transformation en profondeur, une transformation structurelle de nos sociétés qui appelle aussi des mesures structurelles et de long terme parce qu’il n’y aura pas de retour à la normale justement."

Revoir la séquence du JT consacrée au Plan belge sur le climat (10 décembre 2020):

D’où vient la baisse observée ?

Même si la baisse observée est ponctuelle, il est intéressant de comprendre d’où elle vient précisément. Pendant le confinement, l’arrêt de certaines activités a-t-il pesé plus que d’autres ?

A l’ULB, une équipe analyse tous les jours des données satellites qui permettent de surveiller l’émission de polluants en lien avec l’activité humaine, comme l’agriculture, ou naturelle, comme les volcans. "Cette année, c’est une année exceptionnelle", commente Cathy Clerbaux, membre de l’équipe en tant que chercheuse en sciences de l’atmosphère et du climat (CNRS). Et pas seulement au niveau des gaz à effet de serre comme le CO2.

Si l’on regarde le NO2, un polluant émis par les pots d’échappement des voitures (en lien direct donc avec l’intensité du trafic automobile) : "On voit une chute de polluants entre 30 et 50% en fonction des différents endroits par rapport à la même époque de l’année précédente. C’est énorme, on n’avait jamais pensé avoir une situation telle que celle-là." Autre polluant en diminution parfois spectaculaire pendant le confinement, le CO : "un excellent traceur de la pollution parce que tout phénomène de combustion va conduire à ce type d’émissions (industrie, trafic automobile…)", précise Cathy Clerbaux.

Les feux en Sibérie ont brûlé une surface équivalente à sept fois la Belgique

Mais dans le bilan global, un autre phénomène a également pesé, avec une intensité exceptionnelle cette année : la multiplication de gigantesques incendies, comme en Californie, en Australie ou en Sibérie. "Les feux en Sibérie ont brûlé une surface équivalente à sept fois la Belgique… C’est énorme en fait, et donc vous imaginez bien que ça émet plein de CO, et plein de CO2 qui vont s’accumuler dans l’atmosphère." Une multiplication des incendies en lien, structurel celui-là, avec le changement climatique…

Revoir la séquence du JT consacrée aux températures en Sibérie (21 juin 2020) :

Au final, la diminution de 7% des émissions de CO2 peut sembler assez faible face à l’ampleur de la paralysie économique et sociale entraînée par la pandémie et le confinement. Les incendies l’expliquent en partie seulement. "Au premier confinement, les chiffres étaient plus importants mais c’est lissé sur une année", contextualise Edwin Zaccai, directeur du Centre d’Etudes du Développement (ULB). "Ensuite, les entreprises dans le monde ont continué à travailler, le chauffage continue. Ce sont surtout les transports qui ont été affectés et les transports c’est une part seulement des gaz à effet de serre."

"Ça souligne à quel point nos comportements individuels déterminent une part relativement limitée des émissions mondiales", ajoute François Gemenne. "C’est-à-dire que, alors que nous étions à l’arrêt, confinés chez nous, toute une série d’émissions structurelles continuaient à se produire. L’exemple le plus frappant, c’était celui de l’extraction du pétrole, au point que les cours de livraison du baril du pétrole sont même passés en négatif au mois d’avril dernier parce qu’on en sortait trop de la terre et qu’on ne parvenait plus à trouver des endroits pour le stocker".

Pour le chercheur, il faut aussi tenir compte de notre regard "très eurocentré" : "Le reste du monde est loin d’être à l’arrêt. En dehors de nos quelques pays, nos quelques millions d’habitants, le monde a repris une marche presque normale, c’est assez logique que la baisse [des émissions de CO2] soit entre 8 et 10%", estime-t-il.

Quelles leçons pour la gestion du changement climatique?

Au final, s’il est clair que cette baisse ponctuelle ne changera pas directement l’ampleur du changement climatique, peut-on malgré tout en tirer des enseignements utiles pour mieux appréhender cette transformation-là ?

Les gouvernements ont montré qu’ils peuvent agir de façon plus forte quand ils se rendent compte qu’il y a un péril important, qu’il y a une pression de la population

"Ce qui m’a surtout frappé, c’est d’avoir vu comment les gouvernements pouvaient assez rapidement avoir des actions extrêmement fortes, extrêmement vigoureuses alors que par rapport au changement climatique, les actions sont lentes, toujours freinées par toute une série de considérations", estime Edwin Zaccai.

"Il y a des enseignements à tirer, pas faciles, car c’est quand même une expérience douloureuse pour beaucoup de gens, beaucoup de sociétés, mais les gouvernements ont montré qu’ils peuvent agir de façon plus forte quand ils se rendent compte qu’il y a un péril important, qu’il y a une pression de la population aussi, et c’est le cas pour le climat. Deuxièmement, il y a des fonds dégagés pour la relance post-Covid et cette relance peut être effectuée d’une façon plus verte : il y a beaucoup de plans pour des activités davantage vertes." L’expert pointe également l’augmentation du télétravail : "Je crois qu’il va en rester quelque chose donc il y aura une baisse des déplacements liés au travail – c’est probable – mais ce n’est qu’un élément parmi les émissions."

Pourquoi nous ne voyons pas le changement climatique comme un danger immédiat et présent?

François Gemenne se montre lui plus réservé sur notre capacité collective à tirer des leçons pour l’avenir de façon générale. Mais en prenant le parti d’être optimiste, il souligne également cette capacité démontrée par les dirigeants à prendre des mesures "radicales, urgentes et extrêmement coûteuses lorsque nous sommes confrontés à un danger immédiat".

Ce qui pour lui amène immédiatement une autre question : "Pourquoi nous ne voyons pas le changement climatique comme un danger immédiat et présent, pourquoi nous avons toujours tendance à voir le changement climatique dans un futur lointain que nous pourrions encore éviter ?" Or ce changement est déjà en cours "depuis au moins vingt ou trente ans"… Mais "contrairement au Covid, les morts ne sont pas encore à nos portes et sont pour la plupart situés de l’autre côté de la Méditerranée et donc nous ne voulions pas les voir de la même manière que nous ne voulions pas voir le danger du virus tant qu’il était encore confiné en Chine", avance-t-il.

Pour lui, la crise du Covid est aussi une leçon de solidarité : "Alors qu’on nous serinait depuis des années que désormais la vie humaine n’avait plus aucune importance et que c’était uniquement le profit qui primait, nous avons créé une énorme crise purement artificielle pour préserver la vie des plus âgés et vulnérables dans nos sociétés." L’enjeu, poursuit-il, serait aujourd’hui de réussir à extrapoler cette solidarité au-delà de nos frontières, en considérant que "nos proches ne sont pas seulement nos grands-parents mais aussi ceux qui habitent de l’autre côté de la Méditerranée, et qui seront les premiers et les plus durement touchés par les impacts du changement climatique".

Des choix politiques pour le court et le long terme. Et qui semblent plus à même d'être envisagés, et concrétisés, dans un contexte dégagé de la gestion quotidienne de la pandémie.

Les leçons du covid

A mon sens, il y a deux lectures de l'actualité sanitaire. Celle qui consiste à observer l'évolution au jour le jour et celle qui consiste à se projeter bien plus loin. 

La première ne m'importe pas au premier plan. 

La seconde est absolument primordiale. 

Covid-19 : les leçons à tirer de la baisse des émissions de CO2

 

Le confinement pourrait avoir entraîné une baisse de 4 % des émissions globales de CO2 en 2020. Une nouvelle étude fait le point secteur par secteur.

La << coronapiste >> cyclable amenagee rue de Rivoli a Paris.

La « coronapiste » cyclable aménagée rue de Rivoli à Paris.© THOMAS COEX / AFP

Par *

Publié le 21/05/2020 à 09h00 - Modifié le 21/05/2020 à 09h18

Avec la pandémie, de nouveaux modes de vie – on pense notamment à la diminution drastique de l'usage des voitures – sont apparus. La distanciation sociale imposée par le Covid-19 change notre façon de vivre et de travailler.

Le nombre de personnes à vélo ou marchant a ainsi connu une envolée inédite. Bogota, Berlin et Vancouver ont élargi leurs voies cyclablesÀ Paris, un vaste réseau de voies pour les vélos est également en cours d'élaboration.

Mais, une fois passée la crise, le système reviendra-t-il à la « normale » ? Et le devrait-il ?

C'est l'une des nombreuses questions qui émergent à l'heure où l'effet de la pandémie sur les émissions de carbone commence à se préciser.

À LIRE AUSSICovid-19 : la renaissance sera écologique et sociale ou ne sera pas

Au-delà de la pandémie

Dans un article de recherche – publié ce mardi 19 mai 2020 dans la revue scientifique Nature Climate Change –, nous montrons comment le Covid-19 a affecté les émissions de CO2 dans six secteurs économiques (énergie, transport routier, industries, services publics et commerces, résidentiel et aviation) à l'échelle mondiale.

Nous avons ainsi découvert que les niveaux d'activité restreints ont entraîné une baisse maximale de 17 % des émissions mondiales quotidiennes début avril, par rapport à 2019.

Ces données sont précieuses à un moment où nous considérons qu'un changement structurel profond est nécessaire pour orienter l'économie mondiale vers la neutralité carbone.

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Prenons le cas de nos rues devenues soudain si calmes avec le confinement. La chute du trafic routier est l'un des principaux moteurs de la baisse des émissions mondiales durant la pandémie. Par conséquent, si nous encourageons le vélo et le télétravail au-delà de la pandémie actuelle, nos objectifs climatiques pourraient devenir plus facilement réalisables.

Émissions fossiles quotidiennes mondiales de CO₂, en millions de tonnes. Les lignes en pointillé représentent différents scénarios futurs d'émissions en fonction de l'évolution de la pandémie et des niveaux de confinement.

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Des données précises et variées

Chaque fin d'année, nous publions le « Global Carbon Budget », un rapport annuel de référence sur les tendances mondiales et régionales du cycle du carbone. Les circonstances inédites que nous traversons nous ont incités à effectuer une analyse préliminaire.

Cette analyse a consisté à estimer comment la pandémie a pu influencer les émissions quotidiennes de CO2 dans 69 pays – couvrant 97 % des émissions mondiales –, pour six secteurs économiques.

Il a fallu collecter, de façon très détaillée et variée, de nouvelles données à partir de diverses sources pendant la période de confinement. Nous avons, par exemple, examiné l'activité de transport routier et aérien à l'aide des données de trafic fournies par TomTom, de mobilité grâce à Apple Maps ainsi que des données relatives aux décollages d'avions dans les aéroports. Nous avons aussi eu recours à des données quotidiennes portant sur les changements de consommation d'électricité ou l'activité industrielle.

Nous avons ensuite construit un « indice de confinement » – de 0 (pas de confinement) à 3 (confinement le plus strict) – dans chaque pays afin d'extrapoler les données disponibles au niveau mondial.

Le pic pandémique

Début avril 2020, au plus fort de la crise, le recul de l'activité mondiale a entraîné une baisse de 17 % des émissions quotidiennes mondiales – soit 17 millions de tonnes par jour – par rapport à la moyenne quotidienne de 2019.

Au cours de cette période, les émissions quotidiennes totales auront été similaires à celles observées en 2006. Le fait que le monde émette autant, dans des conditions de confinement strict, qu'il y a 14 ans, dans des conditions normales, souligne la croissance rapide de nos émissions de CO2 ces dernières années.

Avec une part de 43 % dans la réduction globale, le trafic routier aura le plus contribué à la baisse des émissions. Parmi les autres contributeurs de poids, on trouve le secteur de la production d'énergie et celui de l'industrie (avec notamment la fabrication de produits et matériaux tels que le ciment et l'acier).

L'ensemble de ces trois secteurs est à l'origine de 86 % de la baisse des émissions journalières durant le confinement.

Ampleur de la baisse des émissions de CO₂ au niveau mondial et par secteur d'activité pendant le confinement.

Si le secteur de l'aviation a subi une chute quotidienne de son activité de l'ordre de 60 % au niveau mondial – la plus importante baisse de tous les secteurs que nous avons analysés –, sa contribution à la baisse globale des émissions a été relativement faible (10 %), ce secteur ne représentant que 3 % des émissions mondiales.

Comme la majorité des gens sont restés à la maison, nous avons logiquement constaté une légère augmentation (de l'ordre de 5 %) des émissions mondiales du secteur résidentiel.

En France, le confinement a entraîné une baisse des émissions quotidiennes de pointe estimée à 34 %, soit deux fois plus importante que la baisse mondiale de 17 %. Cette baisse provient principalement du secteur du transport routier.

Ampleur de la baisse des émissions de CO₂ pour la France et par secteur d'activité pendant le confinement.

Les perspectives pour 2020

Nous avons aussi évalué la façon dont la pandémie pourrait affecter les émissions de CO2 pour le reste de 2020 – sachant que cela dépendra de l'intensité et de la durée des restrictions dans les mois à venir.

Si le confinement mondial généralisé se termine vers la mi-juin, nous estimons que les émissions globales de carbone en 2020 chuteront d'environ 4 % par rapport à 2019. Si certaines restrictions restent néanmoins en place pour le reste de l'année, la réduction serait d'environ 7 %. La gamme complète des baisses d'émissions est de 2 % à 13 %, si l'on considère les différents scénarios de pandémie et les incertitudes relatives aux données.

Plaçons ces chiffres dans le contexte du changement climatique. Selon l'Accord de Paris sur le climat et le « Gap Report » des Nations unies, les émissions mondiales doivent chuter de 3 et 7 % par an d'ici à 2030 pour limiter respectivement le changement climatique en dessous de 2 °C et de 1,5 °C. Avec la baisse des émissions prévue cette année à la suite du confinement, nous pourrions de fait atteindre cet objectif en 2020.

À la croisée des chemins

Stabiliser le système climatique nécessitera des modifications de nos systèmes énergétiques et économiques d'une ampleur extraordinaire – comparable à la perturbation provoquée par le Covid-19. Mais comment faire pour que la baisse des émissions en 2020 impulse ces changements nécessaires et durables ?

L'expérience des crises économiques mondiales précédentes indique que, sauf actions concertées, les émissions finiront par rebondir et revenir à peu près aux niveaux d'avant crise.

Mais ce n'est pas une fatalité : le choc du confinement nous offre une occasion de changer les structures qui sous-tendent nos systèmes énergétiques et économiques. Un tel choc pourrait nous engager sur la voie de la décarbonisation de l'économie mondiale.

Évoquons à nouveau toutes ces personnes qui se sont mises récemment à la marche et/ou au vélo. Les gouvernements ne devraient-ils pas se saisir de l'occasion pour encourager et soutenir ces moyens de transport à faibles émissions et les rendre permanents ? Et si nous accélérions aussi le déploiement des voitures, vélos et trottinettes électriques pour élargir les options de mobilité tout en réduisant la pollution des milieux urbains ?

On peut aujourd'hui se féliciter que de nombreux responsables politiques souhaitent prendre une telle direction. La région Île-de-France s'est par exemple engagée à investir 300 millions d'euros dans un réseau de « RER vélo » de 650 km reliant Paris à sa périphérie.

La crise a ouvert la voie à de multiples autres changements, permettant d'évaluer quels déplacements étaient essentiels et comment la communication à distance pouvait offrir une alternative efficace.

Si la réduction forcée de la consommation de produits et d'énergie pendant le confinement n'offre pas d'incitation directe pour réduire les émissions de gaz à effet de serre à long terme, des modes de production et consommation à plus faible demande énergétique peuvent être atteints, conduisant à un développement plus respectueux de l'environnement tout en préservant le bien-être individuel et l'activité économique.

Nous pouvons revenir rapidement à la « normale », avec des émissions de gaz à effet de serre qui continueront de suivre leur trajectoire. Mais si nous optons pour le changement, 2020 pourrait bien être le coup de pouce inattendu qui renverse à jamais la tendance mondiale des émissions.

* Pep Canadell, Chief research scientist, CSIRO Oceans and Atmosphere ; and Executive Director, Global Carbon Project, CSIRO ; Corinne Le Quéré, Royal Society Research Professor, University of East Anglia ; Felix Creutzig, Chair Sustainability Economics of Human Settlements, Mercator Institute on Global Commons and Climate Change ; Glen Peters, Research Director, Center for International Climate and Environment Research – Oslo ; Matthew William Jones, Senior Research Associate, University of East Anglia ; Pierre Friedlingstein, Chair Mathematical Modelling of Climate, University of Exeter ; Rob Jackson, chair, Department of Earth System Science, and Chair of the Global Carbon Project, Stanford University ; Yuli Shan, Research Fellow, University of Groningen

La version originale de cet article a été publiée en anglais.

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