Compost émotionnel.

Ne pas manger en pleine conscience revient à avaler quelque chose.

Manger en pleine conscience revient à insérer la Vie en soi puisque tout ce que nous mangeons a vécu, a connu en soi l'élan vital, le flux nourrissier. Tout ce que nous mangeons a été nourri par la Vie et c'est la Vie qui vient nourrir la Vie en nous. 

Ne pas penser en pleine conscience revient à intoxiquer l'âme par l'ingérence d'émotions. Les émotions sont les parfums des pensées. Ces parfums peuvent être délicieux ou repoussants, apaisants ou perturbants. Ne pas les recevoir en pleine conscience revient à intoxiquer l'individu comme s'il avalait des aliments toxiques. Au lieu d'être digérés, ces aliments pourriront indéfiniment dans l'être. Il se peut que du compost jaillisse un jour une plante rebelle, un désir d'altitude et de lumière. Il se peut aussi que ce compost reste infertile jusqu'à la mort.

Il s'agit donc d'observer les pensées comme on observerait les aliments dans notre assiette avant de les manger. Comprendre que les émotions générées par les pensées ne sont que des parfums épisodiques, que ces parfums n'ont pas d'importance intrinsèque, qu'ils ne sont que des accompagnements et non les éléments essentiels. Ce qui est essentiel n'est pas l'acte de penser mais l'acte d'observer la pensée et plus profondément encore d'observer celui qui observe les pensées. Il s'agit de remonter à la Source et de parvenir donc à s'extraire de l'acte lui-même. Les émotions ne sont que des parfums éphémères et l'acte de se nourrir n'est qu'un instinct. Il n'y a là-dedans aucun éveil à soi, juste des données superficielles.

Penser est un phénomène automatique et tout comme on pourrait s'intoxiquer à manger n'importe quoi n'importe comment, l'individu court le risque d'intoxiquer son âme à penser inconsciemment, à n'être qu'une machine à penser, lancée dans un mouvement perpétuel, sans aucun chef d'orchestre.

Penser peut devenir une cacophonie ou être une véritable symphonie.

Il n'est pas question de rejeter les émotions, de vouloir s'en protéger, de bâtir autour de soi une muraille de Chine...Tout comme cette défense millénaire, l'individu ne pourra combler toutes les brèches et les émotions entreront comme des nuées de Barbares. C'est l'intention de les refouler qui génère l'impression d'avoir affaire à un ennemi...C'est l'idée que l'on se fait du mal qui lui donne vie...Nous sommes responsables de notre inconscience.

Les citadeles s'écroulent inévitablement. Il ne sert à rien de s'épuiser à vouloir se protéger.

Ces émotions Barbares ne sont l'ennemi de personne car il n'y a personne dès lors que les émotions sont ingérées sans aucune conscience. Il n'y a qu'une machine...

Les aliments ne sont pas toxiques lorsqu'ils sont avalés en toute conscience étant donné que l'individu est Maître de lui-même et qu'il absorbe la Vie pour nourrir la Vie en lui. Il est impossible dès lors qu'il se gave de nourriture au-delà du nécessaire ou qu'ils en viennent à avaler des produits néfastes.

Les émotions nous appartiennent, non pas dans leur développement mais dans l'observation qui en est fait. Si je suis sur la route et qu'un obstacle survient, la peur jaillira comme un éclair mais elle est là pour me sauver car elle insuffle dans mon organisme l'adrénaline qui viendra décupler mon potentiel physique. Nous avons hérité des expériences de vie de nos plus lointains ancêtres et la peur a contribué à leur survie.

La sensation entraîne la pensée qui entraîne l'émotion. L'émotion n'est qu'une excroissance, comme le parfum des aliments et si les émotions sont mal vécues, c'est à l'individu de comprendre le phénomène.

Il était de notre mission d'apprendre à gérer ces émotions et leurs effets à travers une réception pleine et entière, un acte de conscience permanent. Il est de ces situations dans lesquelles les émotions seront spontanées, immédiates, totalement instinctives et il en est d'autres où ces émotions ne seront que la résultante de l'interprétation mentalisée que nous faisons de la situation intiale...Des émotions primaires et des émotions secondaires. Secondaires dans le sens où elles sont clairement élaborées par l'individu, non pas dans une fulgurance incontrôlée mais dans une perdition volontaire...Une victimisation intentionnelle. Effroyable constat.

Je suis en plein dedans en ce moment...

Cette décision de quitter l'enseignement et cette impression de désastre qui en résulte.

Un parfum pestilentiel. Mais c'est moi qui le génère et non la situation elle-même, c'est ma façon de recevoir en plein coeur ce sentiment de gâchis...

Il s'agit dès lors de ma part d'une interprétation, comme si je pouvais juger à priori de ce que la Vie me propose... Je porte un jugement et du coup, je me condamne tout seul.

Il s'agit donc que je reprenne l'observation de tout ça, il s'agit de comprendre les raisons de ces perceptions. Est-ce que j'ai envie qu'on me plaigne ? Est-ce que j'ai envie de rajouter au désastre une nausée bileuse, jusqu'à ne plus pouvoir "digérer"...?

Il faut rester lucide, ne pas se laisser déborder. Les émotions ne sont pas tombées en moi comme un virus...

Suis-je uniquement un réceptacle similaire à un compost ? Ou suis-je celui qui décide d'user lucidement du compost ?...

Mes émotions sont les ferments des prochaines pousses. Il faut absolument rester ancré vers l'accession à la lumière, retrouver en soi le flux créateur et non entretenir un pourrissement néfaste.

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