Contre le principe anthropique

 

Il est clair en tout cas que je me suis lancé dans un sujet qui déchaîne les passions... C'est impressionnant le nombre d'articles sur la Toile. 

Des avis tranchés, des luttes farouches, des démonstrations et contre arguments...etc etc...

Tout un Univers à parcourir, justement !

C'est "divinement" passionnant :)


 


 

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L’Histoire à l’envers - Le « Principe Anthropique », celui d’un monde conçu d’avance pour produire la matière des galaxies de façon à rendre possibles la vie, l’homme et sa conscience…

samedi 13 juin 2015, par Robert Paris

Lee Smolin dans « Rien ne va plus en physique » :

« Le principe anthropique auquel se réfère Susskind est une vieille idée introduite et explorée par les cosmologues depuis les années 1970, selon laquelle la vie ne peut apparaître que dans une gamme très étroite des paramètres physiques possibles ; pourtant, malgré cette étroitesse, assez bizarrement, nous voilà comme si l’univers avait été intentionnellement créé pour nous accueillir (d’où le terme « anthropique »). La version particulière qu’invoque Susskind est un scénario cosmologique, qui a été soutenu pendant un certain temps par Andrei Lindé, appelé « inflation éternelle ». Selon le scénario, la phase d’inflation rapide à la naissance de l’univers aurait produit non pas un, mais une population infinie d’univers… Il en résulterait une vaste population d’univers, chacun régi par une théorie des cordes sélectionnée aléatoirement dans le paysage des théories. Quelque part dans cette chose qu’on appelle « multivers », se trouve chacune des théories possibles appartenant au paysage. Il me semble tout à fait regrettable que Susskind et d’autrs aient adhéré au principe anthropique, car il s’agit d’une base très pauvre pour fonder une démarche scientifique… Certains physiciens disent que le principe anthropique faible doit être pris au sérieux, car dans le passé il a produit de véritables prédictions. Je parle ici de quelques collègues pour qui j’ai la plus grande admiration : pas seulement Susskind, mais aussi Steven Weinberg, le physicien qui, avec Abdus Salam, a unifié les forces électromagnétiques avec celles des interactions nucléaires faibles. Il est alors d’autant plus pénible pour moi de constater que dans tous les cas que j’ai étudiés, ces arguments étaient fallacieux… L’argument commence ainsi : pour que la vie puisse exister, il faut du carbone… On sait que le carbone ne peut pas avoir été créé durant le Big Bang ; par conséquent, il a dû être créé dans les étoiles. Fred Hoyle a remarqué que le carbone ne pouvait être produit dans les étoiles qu’à condition qu’il y ait dans les noyaux de carbone un état résonnant. Il a ensuite évoqué cette prédiction devant un groupe d’expérimentateurs, qui ont effectivement découvert cet état. La réussite de la prédiction de Hoyle est parfois évoquée pour soutenir l’efficacité du principe anthropique. Mais l’argument fondé sur l’existence de la vie, exposé précédemmement, n’a pas de relation logique avec le reste de l’argumentation de ce paragraphe. Ce qu’a accompli Hoyle n’a été que de raisonner à partir de l’observation que l’univers est rempli de carbone, d’où ila tiré une conclusion fondée sur la nécessité d’un processus qui produirait tout ce carbone. Le fait que nous-mêmes et les autres créatures vivantes soient faites de carbone n’est pas nécessaire dans cet argument. Un autre exeple qu’on cite souvent du principe anthropique est une prédiction concernant la constante cosmologique, qui a été énoncé dans un article célèbre de Steven Weinberg, en 1987. Dans cet article, Weinberg affirmait que la constante cosmologique devait être inférieure à une certaine valeur, puisque, dans le cas contraire, l’univers aurait été en expansion trop rapide pour que les galaxies puissent être formées… Mais, avec cet argument scientifique valide, Weinberg est allé beaucoup plus loin. Supposons qu’il y ait le multivers, a-t-il dit, et supposons que les valeurs de la constante cosmologique soient distribuées au hasard entre les univers de ce multivers. Dans ce cas-là, parmi tous les univers potentiellement vrais, la valeur type de la constante cosmologique serait de l’ordre de grandeur de celle qui est la plus élevée mais qui reste encore cohérente avec la formation des galaxies… Dans le cadre du modèle standard de la physique des particules élémentaires, il existe des constantes qui n’ont simplement pas la valeur à laquelle on s’attendrait si elles étaient choisies au moyen d’une distribution aléatoire parmi les univers potentiellement vrais. On aurait dû s’attendre à ce que les masses des quarks et des leptons, sauf pour la première génération, soient distribuées au hasard ; or, on trouve des relations entre elles. On aurait dû s’attendre à ce que certaines symétries des particules élémentaires soient brisées par les interactions nucléaires fortes d’une façon beaucoup plus importante que ce qu’il se passe en réalité. On aurait dû s’attendre à ce que le proton se décompose beaucoup plus rapidement que ce que nous constatons dans les expériences en cours. En fait, je ne connais aucune prédiction réussie faite d’après un raisonnement fondé sur le multivers avec la distribution aléatoire des lois… Bien que le principe anthropique n’ait pas produit de prédictions véritables et ne semble pas pouvoir en produire prochainement, Susskind, Weinberg et d’autres théoriciens de premier plan l’ont considéré comme une révolution non seulement en physique, mais également dans notre conception de ce qu’est une théorie physique. »

Le « Principe Anthropique », celui d’un monde conçu d’avance pour produire la matière des galaxies de façon à rendre possibles la vie, l’homme et sa conscience…

Si le « dessein intelligent » (Intelligent Design en anglais) est la manière de réintroduire dieu dans l’évolution de la vie, le « principe anthropique » est la même démarche en physique et en cosmologie.

En tout cas, il est clair que la démarche actuelle de l’idéologie bourgeoise consiste à se rapprocher des religions pour se protéger des risques politiques et sociaux d’un monde déstabilisé par la crise mondiale. Et c’est vrai en sciences comme dans les autres domaines de l’idéologie, des média, de la politique et de l’Etat. La religion revient partout en force sous l’égide des classes dirigeantes bien plus que du fait des opinions publiques. Et nous allons voir que cela n’est pas vraiment fondé sur des progrès scientifiques ! Cela ne provient pas seulement de quelques auteurs du type de Huber Reeves ou seulement d’organismes scientifico-religieux comme l’Université Interdisciplinaire de Paris ou encore de scientifiques qui sont des religieux comme le physicien religieux adepte du principe anthropique David Deutsch ou l’astronome prêtre jésuite George Coyne. La revue « Sciences Humaines » écrit ainsi : « Depuis le XIXe siècle, on pensait que la science allait irrémédiablement remplacer les superstitions, la technique supplanter la magie, la médecine détrôner les prières, la politique prendre le pas sur le messianisme, etc. Tout semblait condamner la religion. Les faits tendaient d’ailleurs à confirmer le diagnostic : dans la plupart des pays occidentaux, on assistait à un déclin continu de la participation religieuse, à la laïcisation progressive des Etats. En un mot : la religion ne pouvait résister à la modernité. La théorie de la « sécularisation » était même partagée par la plupart des spécialistes - ce qui était rare en sciences humaines. Or, depuis trente ans au moins, les sociologues ont dû se rendre à l’évidence : ils s’étaient trompés. » Ce n’est pas l’opinion religieuse qui l’a emporté sur l’opinion irreligieuse car l’opinion dominante est celle de la classe dominante. Cette dernière s’est donc convaincue qu’elle avait à nouveau absolument besoin de l’ « opium du peuple ». Il faut remarquer que cela ne provient pas des régions dites arriérées du monde ni spécialement du monde musulman. C’est aux USA qu’a lieu la plus grande offensive des religions au sein des sciences…. Aux Etats-Unis, le darwinisme est particulièrement ciblé mais il n’est pas le seul : la psychanalyse l’est tout autant ainsi que le matérialisme au sein de la physique et de la cosmologie.

L’idée consiste à redonner vie à la notion de création programmée d’avance du monde par un esprit supérieur, esprit qui avait l’intention de créer l’homme et a conçu le monde matériel comme « un jardin pour l’homme ». Pour étayer soi-disant « scientifiquement » cette thèse théologique, il s’agit une fois encore de partir du fait que le monde qui existe aujourd’hui est impossible sans les propriétés physiques de celui d’hier pour affirmer que le monde d’hier a été pensé pour produire celui d’aujourd’hui. La création prévoyait donc l’homme, la conscience, la pensée, la capacité scientifique d’observer le monde. Le créationnisme est donc revenu en sciences. Faut-il crier « Hosanna ! »... ou « horreur ! » ? Est-ce dû à des découvertes scientifiques ou à des luttes philosophiques et sociales ? N’est-ce pas l’évolution de la société bourgeoise qui produit ce type d’évolution, en même temps que la religion est en train de démolir, ou à peu près, la psychanalyse de Freud car elle l’estime trop irreligieuse ?

« Seuls les croyants qui demandent à la science de leur remplacer le catéchisme auquel ils ont renoncé, verront d’un mauvais oeil qu’un savant poursuive et développe ou même qu’il modifie ses idées. » (Sigmund Freud / 1856-1839 / Au-delà du principe de plaisir)

« Dans la phase animiste, c’est à lui-même que l’homme attribue la toute-puissance ; dans la phase religieuse, il l’a cédée aux dieux, sans toutefois y renoncer sérieusement, car il s’est réservé le pouvoir d’influencer les dieux de façon à les faire agir conformément à ses désirs. Dans la conception scientifique du monde, il n’y a plus place pour la toute-puissance de l’homme, qui a reconnu sa petitesse et s’est résigné à la mort, comme il s’est soumis à toutes les nécessités naturelles. » (Sigmund Freud / 1856-1839 / Totem et tabou / 1913)

Il est aussi mensonger de prétendre que l’étude de l’évolution mène inévitablement au dessin intelligent que d’affirmer que l’étude de la conscience humaine mène au créationnisme ou encore que l’étude de la cosmologie débouche sans contestation possible sur le principe anthropique.

Albert Einstein :

« Ce que vous avez lu sur mes convictions religieuses était un mensonge, bien sûr, un mensonge qui est répété systématiquement. Je ne crois pas en un Dieu personnel et je n’ai jamais dit le contraire de cela, je l’ai plutôt exprimé clairement. S’il y a quelque chose en moi que l’on puisse appeler "religieux" ce serait alors mon admiration sans bornes pour les structures de l’univers pour autant que notre science puisse le révéler. »

« Le mot Dieu n’évoque, pour moi, rien d’autre que l’expression et le résultat de la faiblesse humaine, et la Bible, une collection de légendes honorables, mais primitives et assez naïves. »

Pas plus que Freud partant de l’inconscient ou qu’Einstein de la physique, Darwin, lui, ne tirait pas une telle conclusion de l’évolution de la vie :

« La science et le Christ n’ont rien à voir l’un avec l’autre, sinon dans la mesure où l’habitude de la recherche scientifique enseigne la prudence au moment d’accepter une preuve quelle qu’elle soit. En ce qui me concerne, je ne crois pas qu’une révélation ait été faite. »

(Charles Darwin / 1809-1882 / juin 1879)

« Le vrai matérialisme fait de Dieu une impossibilité, de la révélation une vue de l’esprit, et de la vie future une absurdité. »

(Charles Darwin / 1809-1882 / juin 1879) « J’en étais progressivement venu, à cette époque, à voir que l’Ancien Testament, de par son histoire du monde manifestement fausse, avec la tour de Babel, l’arc-en-ciel comme signe, etc., et son attribution à Dieu des sentiments d’un tyran assoiffé de vengeance, n’était pas plus digne de foi que les livres sacrés des hindous, ou les croyances de n’importe quel barbare. Une question s’imposait alors continuellement à mon esprit, et refusait d’en être bannie : est-il croyable que si Dieu avait dans l’instant, à révéler aux hindous, il permettrait que cela soit lié à la croyance de Vishnou, Shiva, etc., comme le christianisme est lié à l’Ancien Testament ? Cela me paraissait tout à fait incroyable. »(Charles Darwin / 1809-1882)

La biologie ne mène pas plus inéluctablement à la création divine que la physique. Le biologiste François Jacob rappelle dans « La logique du vivant » :« Ce qu’a démontré la biologie, c’est qu’il n’existe pas d’entité métaphysique qui se cache derrière le mot de vie. Le pouvoir de s’assembler, de se reproduire même appartient aux éléments qui composent la matière. » Et le physicien Cohen-Tannoudji rajoute dans son ouvrage « Matière-espace-temps » que « Notre dialogue avec la nature est bien mené à l’intérieur de la nature et ici la nature ne répond positivement qu’à ceux qui explicitement reconnaissent qu’ils lui appartiennent. »

La métaphysique créationniste est battue en brèche par la découverte de l’ « auto-organisation de la matière », de l’« émergence des structures dissipatives », de la source génétique de l’ « horloge biologique de l’hominisation » et du lien entre cerveau physique et conscience. L’une des conséquences cruciales de ces nouvelles connaissances est qu’il n’y a plus d’opposition entre la conscience (mécanisme donnant du sens aux événements réels), la vie (mécanisme extrayant une commande de production des interactions moléculaires en désordre) et la matière (définie comme le mécanisme donnant de l’ordre transitoire au désordre du vide).

Si certains raisonnements des adeptes du « Principe anthropique » montrent que la vie serait impossible sans les propriétés que possède la matière, cela ne veut pas dire qu’il faille en tirer un scénario créationniste selon lequel le monde que nous étudions n’est qu’un monde conçu pour l’homme. Et même pas que c’est un monde conçu pour créer la vie. On pourrait, au contraire, en tirer des raisonnements philosophiques bien différents : par exemple que la matière n’est pas aussi inerte qu’on le croyait et que le vivant n’est pas une exception et même que l’humain n’est pas une exception.

Bien des scientifiques ou des philosophes continuent (ou recommencent) à placer la conscience humaine comme le centre de l’Univers et comme son but et non comme un des aléas historiques de la dynamique du changement. Le fait de parler des "constantes" de l’Univers comme d’une création en témoigne. Les dissertations sur la valeur précise des constantes universelles sous-entend que ces constantes auraient été choisies par une force surnaturelle pour permettre que se constitue le monde actuel. Mais, même si les auteurs qui mettent en avant ce principe dit anthropique, c’est-à-dire une volonté avant le Big Bang d’en tirer l’Homme (sic !), on peut se permettre de trouver bien compliqué les volontés de cet esprit supérieur qui fait attendre autant de temps et dépendre aussi de tant de hasards (comme la disparition des dinosaures) la création d’un être conscient qu’il aurait prétenduement voulu créer dès le « début ».

Loin de donner davantage raison aux créationnistes, les connaissances scientifiques dont nous disposons nous en dispensent. Et d’abord parce que de multiples domaines des sciences montrent l’absence de but dans les transformations de la matière. C’est en agissant en tous sens que les transformations acquièrent un sens, un ordre, une organisation. L’exemple le plus frappant est celui du cerveau fondé la multiplication de cellules, les neurones, de manière désordonnée et sur la connexion de tous les neurones entre eux, sans recherche préalable d’un quelconque schéma, d’un programme préétabli. C’est la destruction par apoptose de toutes les liaisons et de toutes les cellules qui ne sont pas connectées au corps qui permet au corps de fabriquer le cerveau dont il a besoin. Les autres cellules et liaisons sont systématiquement autodétruites. Le plan se construit par lui-même et pas par un créateur et c’est le désordre qui mène à l’ordre et pas un ordonnateur supérieur qui introduit l’ordre dans le chaos préalable, contrairement à la vision biblique. Les termes de « création naturelle », ou d’« organisation spontanée », (production brutale d’une structure qui n’était pas précédemment conçue) ne doivent pas prêter à confusion. En physique, les termes d’auto-organisation, de création naturelle ou d’énergence, font donc référence à un processus dans lequel l’organisation interne d’un système, habituellement un système hors équilibre, augmente automatiquement sans être dirigée par une source extérieure. Typiquement, les systèmes auto-organisés ont des propriétés émergentes. Cela n’a rien à voir avec l’idée d’un pouvoir créateur, métaphysique ou extra physique.

« Le « principe anthropique », énoncé en 1974 par B. Carter de l’Observatoire de Meudon, affirme que les constantes fondamentales ont la valeur qu’elles ont pour permettre l’apparition de l’homme. C’est dire que l’Univers aurait été produit POUR l’Homme. Et pourquoi le monde y compris l’homme, ne serait-il pas un jardin prévu pour le cafard ou pour la bactérie ? Pourquoi pas POUR le carbone, POUR le mercure, POUR le virus ? C’est un choix philosophique d’isoler ainsi la vie, l’homme et la conscience humaine, de les séparer, de les opposer, d’en faire un monde à part, dont l’apparition serait étonnante par rapport au reste du monde, nécessiterait une raison particulière.

Cela signifie que les constantes qui déterminent les fondements de la physique ont été déterminées il y a des milliards d’années avec une précision extraordinaire uniquement pour permettre la vie consciente bien plus tard. Et où cette volonté préexistante de construire la pensée consciente aurait-elle été inscrite ?

Nous sommes déterministes et nous pensons que les phénomènes obéissent à des lois et donc il est évident que l’univers actuel est le produit des conditions précédentes mais pas seulement car il est aussi le produit de l’histoire, des hasards, des combats, des situations inattendues...

Tout d’abord parler de principe anthropique, c’est sortir l’homme de l’ensemble, ce qui n’est pas le résultat d’une observation du monde mais d’un choix philosophique.

C’est également un choix philosophique de penser que tout ce qui existe était indispensable pour en arriver à la situation actuelle.

Qui dit « créé POUR » dit un créateur, même si une partie des partisans du principe anthropique se défendent de rouler pour les religions. Et, surtout, concevoir les lois de la nature comme des règles POUR arriver à un but, c’est renoncer à la démarche scientifique qui consiste à étudier COMMENT fonctionne la nature et non à lui prêter une volonté.

Les notions d’émergence et de transition, qui se développent en physique, n’apportent nullement de l’eau au moulin du créationnisme. Elles fondent des créations (apparitions et disparitions) sans créateur, sans conception préétablie, sans dieu. La physique est maintenant le témoin de créations et de disparitions de particules de matière et de lumière qui n’ont rien de magique ni de mystique ou de religieux. Dans l’univers de la matière inerte, vivante, animale, humaine, sociale et politique, on trouve sans cesse des créations, c’est-à-dire de la nouveauté qui ne trouve pas ses racines dans l’univers précédent. Mais ces créations n’ont rien de mystérieux, d’étrange, de contre-nature. Elles ne nécessitent pas une pensée spiritualiste, idéaliste, métaphysique et religieuse.

La métaphysique créationniste est battue en brèche par la découverte de l’ « auto-organisation de la matière », de l’« émergence des structures dissipatives », de la source génétique de l’ « horloge biologique de l’hominisation » et du lien entre cerveau physique et conscience. L’une des conséquences cruciales de ces nouvelles connaissances est qu’il n’y a plus d’opposition entre la conscience (mécanisme donnant du sens aux événements réels), la vie (mécanisme extrayant une commande de production des interactions moléculaires en désordre) et la matière (définie comme le mécanisme donnant de l’ordre transitoire au désordre du vide).

Le paléontologue Stephen Jay Gould écrit ainsi dans « Le renard et le hérisson » : « Les propriétés qui apparaissent dans un système complexe sous l’effet des interactions non linéaires de ses composants sont dites émergentes – puisqu’elles n’apparaissent pas à un autre niveau et ne sont révélées qu’à ce niveau de complexité. (...) L’émergence n’est donc pas un principe mystique ou anti-scientifique, ni une notion susceptible d’avoir des échos dans le champ religieux (...) C’est une affirmation scientifique sur la nature des systèmes complexes. »

Le « principe anthropique » signifie que les conditions intiales de l’Univers auraient été choisies exactement (par qui ?) pour que l’homme puisse apparaître. En réalité, à tous les niveaux où l’on étudie la matière, la vie et l’homme, on n’a trouvé preuve d’aucune sorte d’une telle intentionnalité. Seulement le fait que le présent découle du passé, sans la moindre preuve que le présent était la seule évolution possible, bien au contraire. Rajouter une telle intentionnalité sous le prétexte qu’un changement des conditions initiales rendrait impossible notre univers est absurde. Il y a de multiples exemples de phénomènes dans lesquels un tout petit changement des condtions initiales modifie complètement le cours de choses sans pour autant qu’il faille y voir une intentionalité cachée…

A contrario, une grande partie des efforts de la science, sur le plan philosophique et théorique, consiste à tenter d’éviter de transformer la vision du monde par la place particulière de l’observateur. La principale des erreurs d’optique consiste en la matière à voir le monde comme s’il était objectivement vu par l’homme et, pire encore, comme s’il avait comme but la création de l’homme et son existence. C’est justement pour détruire ce type d’image que Darwin a fait tout son travail et pas seulement pour chercher les bases de l’évolution.

On sait que bien des images anciennes du monde reposaient sur la vue depuis sa fenêtre. Une exposition intitulée « cartes et figures de la terre » montrait même de multiples manières des hommes dans l’Histoire de voir le monde depuis sa petite lucarne. C’est une vision qui fausse considérablement l’optique.

Il y a bien d’autres erreurs que l’optique anthropologique. On peut voir le monde depuis le vivant, depuis la matière, depuis la Terre, depuis notre galaxie, la Voie Lactée, depuis notre époque. Ce sont autant de déformations de la réalité objective.

Comme il nous a fallu intellectuellement nous extraire de notre galaxie pour imaginer sa forme, nous extraire de notre position de matière pour envisager le vide quantique, il nous est nécessaire de notre position de matière marcroscopique pour observer les particules quantiques et de notre position d’être vivant pour comprendre le fonctionnement biologique et pour étudier les animaux. On peut dire que ces déformations ont un point commun : celui de privilégié le point où nous nous situons en considérant qu’il est particulièrement exceptionnel.

La méthode scientifique consistera, au contraire, à ne privilégier aucun point de vue particulier et à chercher des lois générales puisque le tout est un seul monde. Il faudra donc trouver en sciences la possibilité que les cas particuliers obéissent quand même aux lois générales car ces derniers doivent s’intégrer à ce monde. Si on oppose diamétralement la matière au reste du vide quantique, l’écoulement du temps à l’espace-temps du vide, notre époque aux autres époques de l’histoire de l’Univers, la vie à la matière inerte, l’homme au reste du vivant, la conscience au fonctionnement général du cerveau, on se retrouve en plein dans ce que l’on appelle le « principe anthropologique », qui est donc un concentré religieux de toutes ces erreurs consistant à placer l’observateur et le penseur au centre du monde qu’il observe et pense…

Inutile de rajouter que nous sommes radicalement opposés à ce type de point de vue…

Les adeptes du principe anthropique affirment que « Pour être favorable à la vie, l’univers doit être très particulier. » Je suis à la fois d’accord et pas d’accord. La vie telle que nous la connaissons, oui. Mais, dans ces conditions, cela devient une tautologie et, comme toutes celles-ci, cela se mord la queue ! Pour avoir tout ce que nous avons, il a fallu tout ce qu’il y a eu. Eh oui ! Sans doute ! Mais LA VIE, je ne sais pas ce que c’est exactement. Je connais seulement "la vie telle que nous la connaissons ici sur Terre". Est-ce qu’il pourrait exister de toutes autres sortes de vie ? Aucune idée sur la question. On ne dispose même pas de critères sûrs du vivant. Nous n’avons sous les yeux qu’une vie et ses diverses variétés et qu’une matière (celle du vide) et ses diverses formes. Rien n’empêche en soi qu’il y en ait d’autres mais comment raisonner sur ce qu’on ne sait absolument pas ?

On ne peut en tout cas pas raisonner scientifiquement en disant qu’aucune forme de vie n’aurait été possible dans d’autres conditions.

On peut dire qu’une forme de vie fondée sur l’ADN, l’ARN, les protéines et les cellules (pour résumer) n’aurait pas été possible ? Oui ! C’est tout mais cela ne dit pas tout.

Encore une fois, il faut voir ce que l’on peur affirmer en faisant tourner le film de l’Histoire à l’envers.

Là-dessus, on peut lire l’ouvrage de Stephen Jay Gould, « La vie est belle » :

« L’ordre est largement le produit de la contingence. (…) Tout déroulement de l’histoire, altéré d’un iota apparemment insignifiant à son commencement, aurait donné un aboutissement également sensé et totalement différent, mais extrêmement déplaisant pour notre vanité, puisqu’il n’inclurait pas de vie consciente d’elle-même. (…) Des milliers et des milliers de fois, il s’en est fallu de peu pour que nous soyons purement et simplement effacés du film de la vie. (...) Homo sapiens est un détail dans l’histoire de la vie, et n’en incarne pas une tendance. »

Au départ, le raisonnement anthropique met l’accent sur le fait que la vie ne peut pas apparaître dans n’importe quelles circonstances et que par conséquent, du fait même que nous existons, nous devons « vérifier » que les conditions nécessaires à l’apparition de la vie sont réalisées. Par exemple, les atomes lourds, tels que le carbone, l’azote ou le soufre, sont des éléments indispensables à la matière vivante. Et comme ces composés atomiques ne peuvent se forger qu’à l’intérieur des étoiles, nous pouvons affirmer que le monde est « forcément » plus vieux que l’âge moyen d’une étoile, c’est-à-dire qu’il a une bonne dizaine de milliards d’années.

Cependant, on comprend bien qu’aucune « contrainte » n’est exercée a posteriori par la vie sur notre Univers. Si de contrainte on tient à parler, elle est de l’ordre de la déduction logique d’un Sherlock Holmes se permettant de « déduire » d’effets constatés la nécessité pour certaines causes d’être réalisées. Pour prendre une comparaison : comme seules les femmes enfantent, nous pouvons en déduire que la personne qui a donné naissance a tel bébé est « nécessairement » une femme. Il ne viendrait pourtant à l’idée de personne de prétendre que ce qui a déterminé le sexe de cette personne une génération auparavant, lors de sa conception par son père et sa mère, c’est la naissance aujourd’hui constatée du bébé !

En affirmant que notre Univers est conditionné par notre présence, le principe anthropique mêle les effets et les causes et, renversant l’ordre normal de la causalité, s’affirme ipso facto anti-scientifique. La tentation de remplacer l’explication en terme de causalité par l’explication en terme de finalité a toujours existé. Cette tentation est d’autant plus forte que la première échoue momentanément, ce qui est aujourd’hui le cas, car devant la question de la naissance du monde notre science est complètement désarmée. Pire, elle sait que ses outils sont impuissants à descendre en dessous des limites fatidiques de temps et d’espace appelées « limites de Planck ». En deçà, il nous faudrait une physique toute nouvelle faisant table rase de tous les concepts auxquels nous nous sommes habitués.

Face au défi que représente l’origine du monde, la science, si elle veut rester science, ne peut se retrancher derrière des explications toutes faites et se contenter d’annoncer : si le monde est ce qu’il est, c’est parce qu’il nous contient ! Un tel « principe », qui cherche à combler à bon compte le vide de la théorie, signe en fait l’abdication de toute recherche. Et c’est face à cette attitude inacceptable qu’il faut afficher clairement son camp.

Les remarques sur les paramètres fondamentaux de la physique, ou constantes universelles, et sur le fait qu’on ne pourrait pas concevoir ce monde (et notamment l’apparition des galaxies, des molécules, des macromolécules, de la vie et de l’homme) si ces paramètres étaient un tout petit peu changées sont tirées dans le sens d’un raisonnement absurde, anti-scientifique et mystique. Cela ne démontre que l’unité de l’univers matériel dont le vivant n’est qu’un sous-produit, l’inerte apparent de la matière non-vivante n’étant qu’une illusion et cette matière possédant certes la capacité de produire le vivant sans que cette propriété prenne un caractère extrordinaire, supra-naturel et surnaturel.

D’ailleurs, ce qu’a montré la physique quantique, c’est que la matière n’a rien d’inerte, que le vide lui-même n’est ni le néant ni l’inerte, que l’auto-organisation, l’auto régulation, l’auto activation, l’auto rythmicité, l’auto structuration, l’auto formation d’échelon hiérarchiques nouveaux appartiennent aux propriétés dialectiques de la matière non-vivante et n’ont pas attendu l’apparition de la vie pour se dévoiler. Le passage de l’ « inerte » au vivant s’est produit par toute une série de révolutions qui ne sont qu’une toute petite partie des grandes révolutions de l’Histoire de la matière de l’Univers. La vie ne s’oppose pas diamétralement à la non-vie et il n’y a aucune raison d’être particulièrement étonnés que les constantes caractéristiques de la mtière soient liées inséparablement au mode d’organisation des molécules, des galaxies et de la vie car c’est sur les bases de la matière que l’auto-orgarnisation travaille. Cela ne signifie pas qu’on soit contraint d’admettre que la suite des événements historique de l’histoire de la matière soit préprogrammée à l’avance, que les étapes soient préétablies par un esprit supérieur supranaturel. Le fait que la matière, telle qu’elle existe, et que la vie, telle qu’elle existe, n’aurait pas pu exister sans les étapes de l’Histoire de l’Univers, avec notamment les constantes universelles aux valeurs qui existent soient indispensables au monde atuel ne nous dit absolument rien sur ce qui se serait passé dans le cas où des hasards différents avaient ffait diverger cette histoire, sur le type de matière ou le type de vie, ou le type d’univers que cela aurait pu donner. On ne peut en particulier absolument pas dire qu’un petit changement aurait rendu impossible une autre organisation, une autre vie, un autre type d’homme. Nous n’avons aucun élément pour raisonner scientifiquement ainsi.

Un raisonnement du type : voici ce qui se passerait si on change les paramètres fondamentaux de la physique n’a aucun sens physique car un tel changement n’est expérimentalement pas possible et que le raisonnement abstrait n’est pas non plus dans le cadre de la logique scientifique, même s’il est utilisé par nombre d’auteurs eux-mêmes scientifiques. On peut seulement constater que ces constantes semblent inchangées dans l’univers et dans l’histoire de celui-ci et donc inchangeables. Le « qu’est-ce qui se serait apssé si… » ne peut pas nous mener à des conceptions valides sur le monde.

Discuter de la mise en place des constantes universelles, de l’apparition des molécules, des macromolécules, du vivant, de l’homme et de sa conscience nécessiterait que l’on dispose de plusieurs types historiques de ces développement, ce qui n’est nullement le cas.

Dire que la vie telle qu’on la connaît serait impossible sans le monde matériel tel qu’on le connaît, c’est enfoncer une porte ouverte !

Ceux qui rasonnent autrement s’adonnent à ce que l’on appelle l’idéalisme philosophique, courant qui loin de régresser, augmente que ce soit parmi les scientifiques, les philosophes, les enseignants ou les média, parce qu’il est favorisé par les classes dirigeantes et pas parce qu’il est favorisé par des découvertes scientifiques.

Nous n’avons, pour le moment, aucun moyen de raisonner sur la mise en place des constantes universelles car nous ne savons absolument rien sur une telle émergence, que nous ne savons pas comment ces constantes sont reliées entre elles, si elles datent de telle ou telle phase de l’univers, s’il y a un ordre de leur apparition et quelles relations sont établies entre elles. Cela permet certes que toutes les imaginations débridées se jettent sur le thème, mais surement pas un raisonnement scientifique là-dessus.

La remarque selon laquelle tout eptit changement ds conditions initiales rendrait le monde actuel impossible ne fait que souligner que l’univers est sujet à une propriété dite du « chaos déterministe » qui est celle de la « sensibilité aux conditions initiales ». Or, dans le chaos déterministe, les changements des paramètres initiaux qui sont réalisables entraînent des suites assez rapidement très divergentes sans pour autant que cela signifie que ces suites soient préétablies dans l’état initial. Au contraire, l’état initial possède de multiples potentialités de développement ultérieur et n’a en rien tranché entre ces diverses options. Le chaos déterministe, causé par cette sensibilité aux conditions initiales des systèmes non-linéaires amortis entretenus, est justement le type même de mélange dialectique de hasard et de nécessité dans lequel le hasard est le fondement de la loi et la loi reproduit du hasard.

Il peut y avoir de nombreux mondes possibles sur d’autres bases matérielles légèrement différentes mais nous n’en savons rien et nous ne pouvons donc même pas disserter dessus.

La seule conséquence de la remarque en question est donc seulement celle de l’unité du monde, du caractère inséparable (inopposable diamétralement) de ses diverses formes et niveaux d’auto-organisation.

Il est étrange que ce soit justement la meilleure démonstration du fait que l’univers est un qui serve à opposer diamétralement matière vivante et non vivante, l’homme au reste de l’univers, et la conscience à la non conscience de la matière, comme le fait le « principe anthropque ».

Il faudrait plutôt remarquer que les lois de la matière inerte ont un caractère dynamique, capable d’auto-organisation, d’auto-structuration, de fondement de structures et de lois nouvelles, permettant à l’histoire de connaître des bifurcations inattendues et imprédictibles, qui ne sont nullement (même en germe) prévues dans l’univers antérieur.

Le dualisme (opposition diamétrale entre monde matériel et monde humain conscient) des partisans du « principe anthropique » ne provient pas des observations, des mesures, des lois mathématiques, contrairement à ce qu’affirment leurs auteurs divers. C’est au contraire a un a priori philosophique qui fonde ces affirmations qui ne sont nullement corroborrées par la science.

La conception matérialiste et dialecticienne du monde est bien plus proche des découvertes des sciences que toutes ces élucubrations idéalistes mais elle n’a pas, pour des raisons politiques et sociales évidentes, le bonheur de plaire aux classes dirigeantes et donc d’être diffusée par leurs média, leurs éditeurs, leur presse, et de connaître, du coup, une large diffusion et un succès auprès des auteurs eux-mêmes. Quand un scientifique ou un journaliste baptise le boson de Higgs de « particule de dieu », il est relayé des centaines de milliers de fois à la minute et pas lorsqu’il explique que cela suppose que la matière fugitive (extraordinairement dynamique et agitée, se transformant brutalement sans cesse) du vide quantique est le fondement de la matière inerte.

Dire, par exemple, que la vie nécessite le carbone qui ne peut être élaboré que par des étoiles parvenues à un stade bien défini de leur évolution stellaire, que ce stade n’est possible que si l’univers a certaines caractéristiques ne justifie nullement de dire que le monde a été bâti pour avoir les caractéristiques permettant la vie. Pas plus que, si une tuile vous tombe sur la tête, cela signifie que le monde ait été bâti pour parvenir à cette situation, même si, avec des constantes différentes de la Terre, la gravitation serait différente et la tuile ne tomberait pas ! C’est une inversion de raisonnement qui n’a pas de sens logique. Si on peut démontrer que sans une cause A un effet B serait impossible, cela ne sous-entend nullement que la cause A ait été produite pour obtenir l’effet B… Les adeptes du principe anthropique affirment que l’existence de la vie et de l’homme aurait pour conséquence… la nécessité que préexiste un monde compatible avec la vie. Il ya là un renversement qui nécessiterait une suppression du sens de l’écoulement du temps qui ne peut pas exister au niveau macroscopique et astronomique. L’apparition de l’homme ne peut pas avoir des conséquences sur le choix des constantes universelles qui sont des conditions initiales. Il y a là une incontestable erreur de raisonnement, inattendue pour des scientifiques. Elle témoigne que, tous grands physiciens qu’ils soient, le fait qu’ils soient peu formés en philosophie des sciences a de redoutables conséquences dans leurs erreurs de conception globale.

Le « principe anthropique » est un retour, au sein des sciences et des philosophies, de l’idéalisme, du finalisme, du mysticisme, de la métaphysique, des parasciences, de la magie, du créationnisme et des religions du même type que le « dessein intelligent ».

Le point commun de tous ces auteurs est de « trouver fou qu’un univers ait produit une conscience capable de l’étudier. » C’est la conscience humaine qui leur paraît de l’ordre du fantastique et, loin de partir de la matière pour comprendre la conscience humaine, ils en tirent comme conclusion qu’il doit y avoir une origine surnaturelle !!!!

Idéalisme et dualisme caractérisent la pensée fondamentale de Brandon Carter, à l’origine de toutes les versions du principe anthropique : « Nous pensons donc l’univers est. »

Au sein de cette « thèse anthropique », il y a des versions très diverses, dites « fortes » ou « faibles » :

Carter développe le principe dit « faible » :

« Notre position dans l’Univers est nécessairement privilégiée en ce sens qu’elle doit être compatible avec notre existence en tant qu’observateurs. »

Et il développe aussi le principe dit « fort » :

« L’Univers (et donc les paramètres fondamentaux dont celui-ci dépend), doit être tel qu’il permette la naissance d’observateurs en sont sein, à un certain stade de sont développement… Les constantes fondamentales de la physique semblent être parfaitement ajustées pour favoriser l’apparition de la vie… Si telle ou telle constante avait été légèrement différente, les étoiles ne se seraient pas formées, ou bien la synthèse des éléments chimiques qui nous composent n’aurait pas démarré, ou bien les supernovae qui les dispersent dans l’espace n’existeraient pas… Pourquoi un tel ajustement des constantes physiques ? Certains esprits religieux répondent que c’est parce qu’un être divin les a ajustées afin que nous apparaissions… »

Par la suite, on va trouver le principe anthropique d’autosélection, celui de participation, celui de contingence, celui de conscience, qui sont des variétés diverses mais dont aucune n’a davantage une démarche vraiment scientifique….

Le principe anthropique, dans sa formulation dite scientifique par des physiciens, est attribué à Brandon Carter, mais d’autres avaient avant lui discuté de cette question, comme Robert Dicke à la fin des années 1950 et le Prix Nobel de physique Paul Dirac dans le courant des années 1930. Cela a été suivi par Steve Weinberg et nombre de physiciens de la théorie des cordes. Weiberg écrit : « Plus est élevé le nombre de valeurs possibles de paramètres physiques fournies par le paysage des cordes, plus la théorie des cordes rend légitime le

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