Coronavirus : "On verra bien"...

Quand je lis cet article, ce que j'en retiens, c'est qu'il n'y a guère de certitudes et que les tests en cours n'ont pas donné pour l'instant de réponses claires. Ce qui signifie que l'ouverture des écoles, pour une intention soit-disant "égalitaire" ressemble surtout à un test grandeur nature, "pour voir ce que ça va donner."

Tu es très rassuré en sachant que tu sers de "cobaye"...

J'ai une collègue institutrice dont le mari est diabétique, 50 ans. Je vous laisse imaginer l'angoisse si elle reçoit une injonction de reprise de classe...Comme si l'école pouvait être un lieu de qualité sanitaire...J'ai connu des élèves qui passaient la moitié de la récré dans les toilettes...Allez comprendre...Et je connais l'état de "salubrité" des toilettes des écoles.

Et puis, un autre problème dont je n'entends pas parler sur la reprise du collège et des lycées : l'internat...Va falloir mettre les lits dans les couloirs pour respecter les distances ? Et les faire manger à heures différées pour qu'ils ne soient pas à cent dans la salle ? ... C'est du pur délire, imaginé par des branquignols, je n'ai pas d'autres mots.

Et par contre, on n'ouvre pas les cinémas et les restaurants ou les cafés. Non, on ouvre les écoles...C'est bien connu que les gamins sont hyper rigoureux sur l'hygiène... C'est dingue...

Ça m'a l'air d'être un sacré foutoir, genre les gars qui annoncent quelque chose et qui se demandent ensuite comment ils vont s'y prendre.... C'est juste hallucinant le niveau d'incompétence...

En tout cas, dans tous les commentaires que j'ai lus sur les réseaux sociaux, Blanquer et autres s'en prennent plein la tête...Et c'est mérité. A tous les niveaux d'ailleurs, populace, adversaires politiques, syndicats et même des journalistes à l'étranger...

Si, comme je l'ai écrit, l'objectif, inavoué, du gouvernement est de permettre à l'imunité collective de se développer plus rapidement, il est absurde d'ouvrir les écoles et pas les restaurants, les cafés, les médiathèques et tous les lieux publics dans lesquels des adultes, responsables et conscients, se croiseront, avec le respect des gestes barrières, tout en EXCLUANT, les personnes à risques ou au moins en les informant des risques encourus. Personnes âgées, au-delà de 70 ans, (une moyenne au regard de l'âge des personnes décédées), les personnes atteintes de maladies chroniques ou dans un état physique déjà dégradé. Le recul empirique des médecins et les statistiques déjà dévoilées permettent d'identifier ces individus. A eux, ensuite, de prendre la décision... On aurait de la part du gouvernement un discours clair dans lequel la responsabilité de chacun serait appelée. Et les gens arrêteraient de se dire qu'on les prend pour des crétins. Ce qui est le cas à ce jour.

De la même façon, le gouvernement devrait avoir l'honnêteté entière de clairement exprimer la nécessité de reprendre le travail pour éviter un effondrement économique total et durable. Toutes les études économiques de ces derniers jours expliquent à quel point le choc économique à venir est de très grande ampleur. Ok, on a compris. Alors qu'ils lancent un appel direct à la population, en expliquant la nécessité de rétablir le système au plus vite au lieu de nous dire que la réouverture des écoles, par exemple, c'est pour le bien des enfants et éviter les inégalités entre les familles déshéritées et celles qui ont une tablette par enfant. Ce qui d'ailleurs ne prouve en rien que l'enfant est accompagné...Il y a des familles de milieu ouvrier qui s'occupent bien mieux de leurs enfants que des familles de cadres ou de professions libérales avec des revenus cent fois supérieur à celle d'un ouvrier d'usine...

Quant à l'égalité au sein de l'école publique, ça fait bien longtemps qu'elle n'existe plus au regard du délabrement des conditions de travail, pour les élèves comme pour les enseignants. Ca, c'est juste du foutage de gueule...Et ça me hérisse considérablement...(d'où, vous l'aurez senti, un niveau de colère assez élevé...)

Je précise que dans l'article qui suit, l'usage du CONDITIONNEL est majoritairement employé...Ca donne une idée du niveau de connaissance actuel dans le milieu scientifique. Je ne leur jette aucunement la pierre. Je dis juste que quand on prend des décisions d'une telle importance, on se doit de les planifier en fonction de CERTITUDES et non d'hypothèses. Ou à défaut, on se doit de tenir un discours d'adulte à l'intention d'adultes. Et pas de "Père normatif" à son petit "enfant rebelle"...(Je renvoie aux travaux d'Eric Bern...)

 


 

Enfants, asymptomatiques : quelle contagiosité ?

 

SCIENCES |Chaque jour, Nicolas Martin, producteur de la Méthode Scientifique, fait un point sur l'avancée de la recherche sur le coronavirus. Il revient aujourd'hui sur la contagiosité des enfants et des personnes peu ou pas symptomatiques.

Plusieurs indices amènent à penser aujourd'hui que moins les symptômes sont prononcés, moins les risques de transmission sont importants.

Plusieurs indices amènent à penser aujourd'hui que moins les symptômes sont prononcés, moins les risques de transmission sont importants.• Crédits : andresr Getty

Beaucoup de questions et beaucoup d'inquiétudes des parents et des professeurs à l'annonce de la réouverture progressive des établissements scolaires le 11 mai, d'autant plus qu'on a beaucoup entendu que les enfants étaient des « réservoirs viraux », et qu'ils étaient potentiellement un gros foyer d'infection.

Alors, je ne vais pas revenir sur les raisons pour lesquelles les enfants développent essentiellement des formes légères de la maladie, je vous renvoie à la chronique qui y était consacré jeudi dernier et nous allons nous intéresser aujourd'hui à la contagiosité des enfants en particulier, et des personnes peu, ou pas symptomatiques en général. Pour l'heure, les pédiatres et infectiologues que nous avons contactés se veulent plutôt rassurants. 

Les enfants ne constitueraient pas un foyer infectieux important

A l'inverse de l'idée selon laquelle les enfants seraient un foyer infectieux important, aujourd'hui, le consensus va plutôt dans le sens inverse. A savoir que les enfants se contaminent a priori plus au contact des adultes qu'entre eux, ou que l'inverse.

Il y a encore peu de données pour soutenir cela, mais un certain nombre d'indices qui vont dans ce sens. Par exemple, l'enfant symptomatique qui a été contaminé en février en Savoie et qui a eu plus de 80 contacts plus ou moins proches n'a contaminé personne. On sait également que pour les enfants qui déclarent des symptômes, légers ou modérés, les prélèvements PCR positifs de ceux qui sont hospitalisés sont trois à cinq fois moins importants que chez l'adulte. 

Par ailleurs, plusieurs indices amènent à penser aujourd'hui que moins les symptômes sont prononcés, moins les risques de transmission sont importants et parce que l'on s'orienterait je parle avec beaucoup de précautions – vers une contagiosité qui serait « symptôme dépendante », c'est-à-dire plus on est malade, plus on est contagieux fort et longtemps, et inversement. 

Nous allons en savoir plus très vite, puisqu'une étude épidémiologique vient d'être lancée, hier sur 600 enfants en Île-de-France, qui présentent pour moitié des symptômes bénins, et pour l'autre aucune forme de symptômes, étude qui va durer un mois, jusqu'aux alentours du 11 mai (tiens donc, comme par hasard...) et qui devrait permettre non seulement d'estimer précisément le taux d'enfants asymptomatiques, mais également leur charge virale et la dissémination précise du virus dans ces populations plus jeunes.

Quelles données sur la contagiosité des adultes ?

La question c'est surtout, pour le déconfinement, quelle est la persistance de la contagiosité, après avoir contracté la maladie, y compris pour les asymptomatiques.

Commençons par eux : déjà, il faut dire que jusqu'à présent, on estimait leur nombre à environ 30% des cas. Une récente étude chinoise sur une cohorte, certes très petite, de 166 personnes infectées, a recensé 130 asymptomatiques, soit un taux de 78% - en grande partie des enfants et adolescents ! Alors c'est certainement trop élevé, mais cela ouvre le champ à ce que ce taux initial de 30% puisse être revu à la hausse.

Ensuite, le risque de contagion de ces personnes asymptomatiques a été revu et considéré, finalement, comme « très faible » - d'une part parce qu'il est très probable que leur charge virale soit elle-même plus faible, mais aussi parce qu'en l'absence de toux et d'éternuement, elles contribuent nettement moins à la dispersion du virus.

Qu'en est-il pour les personnes qui ont déclaré la maladie ? 

Des chiffres très disparates circulent selon les études. Selon une étude publiée dans The Lancet, la contagiosité serait en moyenne de 20 jours et pourrait aller jusqu'à 37 après la déclaration des signes cliniques mais ces chiffres sont très théoriques et restent difficiles à estimer.

D'autant que d'autres études, plus récentes et sur des panels plus importants tendent à les faire baisser. Une prépublication allemande indique que l'excrétion du virus est la plus importante au cours de la première semaine d'infection, et qu'elle chute au jour 10 des symptômes, pour des patients hospitalisés – à tel point que ces patients pourraient être renvoyés en auto-isolement chez elles au-delà du 10ème jour.

Quid des personnes qui n'ont pas été hospitalisées, et qui ont eu des symptômes légers ou moyens ? Une étude du 23 mars qui a suivi la cinétique temporelle de la clairance virale – c'est-à-dire de la faculté des tissus à se débarrasser d'une substance donnée – chez des patients atteints d'une forme légère montre que sur une durée de symptômes moyenne de 8 jours, la moitié d'entre eux restaient positifs à la fin de leurs symptômes, pour une durée médiane de 2 jours et demi pouvant aller jusqu'à 8. 

Si on prend en compte ces résultats avec une certaine marge de sécurité, on peut estimer raisonnable de s'estimer contagieux jusqu'à 14 jours après l'apparition des symptômes lorsque ceux-ci ont été relativement conséquents pendant plusieurs jours. Mais il manque encore des données pour être tout à fait certain de la durée exacte de contagiosité. 

Nicolas Martin

 

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