Héritage immunitaire

Une mémoire immunitaire chez le fœtus

Malgré un environnement stérile, le fœtus produit in utero une petite population de cellules immunitaires « mémoire », reflets d’une rencontre possible avec un micro-organisme et importantes pour combattre les infections.

Marie-Neige Cordonnier
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vue d'artiste d'un foetus
Sebastian Kaulitzki/shutterstock.com

L’environnement fœtal est considéré comme stérile, aussi pensait-on que les nouveau-nés avaient un système immunitaire immature et « naïf », vierge de toute expérience, et que ce système n'acquiérait une mémoire des infections qu'après la naissance : chez l'enfant et l'adulte, parmi les cellules chargées d'éliminer les micro-organismes infectieux – les lymphocytes T –, certaines gardent une mémoire des agents pathogènes rencontrés, et réagissent ainsi plus vite à une nouvelle agression de ces mêmes agents. On pensait que ces lymphocyte T « mémoire » n'existaient pas encore chez le nouveau-né en bonne santé. L’équipe de Richard Lo-Man, du laboratoire Régulation immunitaire et vaccinologie, à l’Institut Pasteur à Paris (U1041, Inserm), vient de prouver le contraire.

Dans des conditions stériles, les biologistes ont prélevé et caractérisé les lymphocytes T du cordon ombilical de 48 nouveau-nés en bonne santé immédiatement après la naissance. La plupart des cellules étaient naïves : elles ne présentaient aucun signe typique des lymphocytes T mémoire, tel que l’expression de certains gènes impliqués dans le déclenchement d’une réponse inflammatoire spécifique de ces lymphocytes. In utero, les cellules naïves jouent un rôle important dans la tolérance entre le fœtus et la mère (chacun « voyant » l’autre comme un corps étranger).

En revanche, une petite population de cellules présentaient des caractéristiques de lymphocytes T mémoire. Ces cellules ne provenaient pas de la mère, car elles portaient bien le patrimoine génétique de l’enfant. Et elles se comportaient in vitro comme des lymphocytes T mémoire, produisant une réponse immunitaire inflammatoire. Comment se sont-elles activées in utero ? Kjersti Aagaard, du Collège de médecine Baylor et de l’Hôpital pour enfants du Texas, à Houston aux États-Unis, et ses collègues apportent peut-être une piste de réponse.

Ces biologistes ont récemment montré que le placenta, que l’on pensait stérile, abrite en réalité une population de bactéries non pathogènes – un microbiote tels ceux qui peuplent l’intestin, la bouche, le nez, le vagin ou la peau – comparable par analyse génomique au microbiote oral. Les auteurs pensent que les microbes voyagent de la bouche vers le placenta par le sang. La constitution d’une mémoire immunitaire de ces bactéries (dans l’hypothèse où le fœtus se trouverait exposé au microbiote placentaire) pourrait être une première étape de la formation du système immunitaire anti-infectieux.

Richard Lo-Man et ses collègues étudient à présent les événements infectieux anténataux et les traitements antibiotiques susceptibles de perturber la mémoire immunitaire fœtale, afin de mieux comprendre sa mise en place.


 Pour ma part, je verrais bien là un héritage immunitaire issue de vies antérieures. Mais rien ne peut encore être prouvé par la science. Il ne s'agit que d'intuition ou de croyances ou d'hallucinations. Mais il me plaît de fouiller dans cette direction-là...

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