Interview: Mes premières lectures.

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Interview de Thierry Ledru, instituteur

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auteur Thierry Ledru
Pour les Du côté des parents

Auteur et enseignant, Thierry Ledru nous parle de la rentrée scolaire à travers sont regard de maître des écoles….

Thierry Ledru sa fiche Auteur ICI


Auteur pour adultes, ainsi qu’en jeunesse avec les aventures de Jarwal , le Lutin… (voir ici le COUP DE COEUR de la rédaction pour JARWAL LE LUTIN)

 

Il a accepté de nous parler de la rentrée des classes et de la situation de l’école aujourd’hui, telle qu’il la vit au quotidien en tant qu’enseignant 

 

INTERVIEW : 

 

Mes Premières Lectures : Bonjour Thierry Ledru. A l’heure de la rentrée, l’école est un sujet de conversation très présent. Y compris au niveau du gouvernement.

Quel écolier étiez-vous Thierry ? Le genre qui aimait l’école pour la récré ou pour le cours ? Qui s’ennuyait ou qui buvait les paroles de l’enseignant ? Qui attendait les vacances avec impatience ? .....

 

 

Thierry Ledru : Je suis instituteur parce que j’ai eu 3 Maîtres à l’école primaire, au CE2, au CM1 et au CM2 et que j’aimais infiniment ces trois hommes. Lorsque j’ai eu mon diplôme d’instituteur, je suis allé voir mon Maître de CM2. Il m’a pris dans ses bras. Je n’oublierai jamais cet homme-là. Il aimait les enfants, il avait une patience infinie et il était investi d’une mission ! Celle de faire de ces élèves, des gens de valeur. Pas d’un point de vue scolaire prioritairement mais d’un point de vue humain. Il nous parlait de la vie, il voyait en nous des êtres humains et non seulement des élèves. Le contenant avant le contenu...C’est resté en moi et j’ai toujours cherché à appliquer cet exemple. 

 

Mes Premières Lectures : Quelle serait l’école Idéale selon vous en quelques points essentiels ?

 

Thierry Ledru :
La Nature des êtres.
La fonction ensuite.
C’est à dire la valeur humaine, la connaissance de soi, le développement personnel. 

 

 

Mes Premières Lectures : En littérature, l’école de votre enfance ressemble plus à La Guerre des Boutons, Le petit Nicolas, la Petite Maison dans la Prairie.... ?

Thierry Ledru : Le petit Nicolas. Du rire ! J’en ai gardé un souvenir joyeux, les copains, des adultes qui nous aimaient, des classes de mer, que du bonheur. 

 

Mes Premières Lectures : Que pensez-vous des alternatives qui se développent : écoles semi- privées (sous contrat d’Etat) , privées, instruction en famille, cours par correspondance etc ..... et des pédagogies qui s’y rattachent : apprentissage informel, Montessori, Steiner, Freinet, La Garanderie etc..... ? Comprenez-vous les choix des familles qui se tournent vers ces autres voies ?

 

Thierry Ledru : Oh que oui, je comprends tout à fait le choix des familles ! Et ça n’est pas avec la classe que j’ai cette année que l’image de l’école publique va s’améliorer...Trente élèves de CM2, plusieurs enfants en difficultés lourdes, psychologique, affective, comportementale, scolaire...Les problèmes qui se posent, année après année, sont de plus en plus complexes. Les pédagogies parallèles sont des nécessités qu’il est très difficile d’appliquer dans ces conditions. L’enseignement individualisé relève de l’utopie mais comme mon engagement reste toujours aussi fort, c’est une utopie que je veux mener à bien... 

Mes Premières Lectures :  Vous êtes auteur mais aussi enseignant au quotidien, quel est votre état des lieux concernant l’école aujourd’hui ?

 

Thierry Ledru : Je ne connais que l’école élémentaire. Mais c’est bien là que tout commence...
L’essentiel, à mes yeux, reste la connaissance de soi. Le contenant avant le contenu. L’individu avant l’élève. Lorsque l’éveil à soi est validé, l’éveil au monde devient possible.
Les adultes enseignants sont évidemment en première ligne...Mais il ne faut rien attendre de l’Éducation nationale, que ça soit un gouvernement de droite ou de gauche d’ailleurs.

Trente ans que je suis instituteur et je n’ai vu qu’une dégradation continue de la prise en compte de l’individu, dans les moyens accordés et sur le fond également. Des statistiques, évaluations nationales, réformes dérisoires ou inapplicables, aucune évolution réelle. On ne parle que de l’intégration à la vie économique. Tout le problème vient de l’école élémentaire à mon sens. Ce que vit le collège n’est que le résultat d’une absence d’existence en tant qu’individu. Au lycée, la proximité de la vie professionnelle sauvent quelque peu ceux qui sont encore dans la course...Mais les dégâts sont effroyables.

 

L’école est avant tout un mouroir spirituel.

 

Il n’y a que la philosophie existentielle (et non pas cognitive) qui puisse inverser le mouvement.
L’école n’est que le reflet du monde. Elle est un contenu et non pas un contenant. Juste une excroissance d’un système extrêmement vaste. Il est vain à mon sens d’attendre une évolution positive de l’école elle-même alors qu’elle dépend intrinsèquement d’un champ beaucoup plus vaste.

 

C’est toute la vision de l’individu qu’il faut revoir.

 

C’est comme entreprendre la rénovation intérieure d’une maison alors que le bâti est en ruine. Dès lors que le système scolaire est orchestré par des instances qui ont pleinement adhéré à la vision matérialiste de l’existence, il est absurde d’en attendre autre chose que les valeurs que ces gens soutiennent. Par conséquent, je ne crois pas que les changements puissent venir de la hiérarchie. On est dans le même fonctionnement que "les Indignés".

C’est l’engagement de la base qui porte les germes du changement. Collaborer ou résister. Il convient donc d’établir, en soi, les priorités de sa mission et œuvrer à les appliquer.

Pour ce qui est de l’école, les techniques d’enseignement sont secondaires. Tant que l’humain est valorisé, écouté, aimé, accepté dans ses différences, porté, accompagné, il n’a plus aucune raison d’entrer en rébellion. Les techniques, dès lors, sont des moyens, pas les objectifs qu’ils finissent par devenir tant on leur accorde d’importance... L’immense difficulté du travail vient du fait qu’il est impossible de réussir sans que ce travail ait été fait sur soi.

Ça ne s’apprend pas dans des livres même si les livres peuvent être des soutiens. Chaque enseignant devrait avant tout être enseignant de lui-même, son propre élève et son propre maître, une alternance constante entre l’apprentissage et la validation des acquis spirituels.

Et je dis bien "spirituel" et non pas "cognitif". Une spiritualité qui bien évidemment n’a rien à voir avec la religion.

"Lettres aux écoles " de Krishnamurti devrait être une lecture de chevet...Les instances dirigeantes ne le proposeront jamais...
 

Ce système scolaire dans lequel l’apprentissage cognitif est la seule référence aboutit à un système pervers de croyances. Les diplômes représentent la validation administrative des étapes dans l’accumulation de ces croyances. Je parle de croyances étant donné que ces savoirs contribuent à l’égarement de l’individu dans l’idée que ce qu’il fait, produit, réalise durant ce cheminement cognitif LE représente, que ce qu’il fait correspond à ce qu’il est et que la "réussite" dans ce parcours scolaire contribue à son être.

Les concepteurs de la bombe nucléaire, les chimistes de Monsanto, les ingénieurs de chez Dassault, sont tous des gens hautement diplômés et ils sont à des années lumière de la moindre conscience unifiée. Ils œuvrent à la validation de leurs études dans l’exploration de leur ego en ayant abandonné toute forme d’empathie avec le flux vital.


 Leurs croyances les nourrissent et ils se sentent certainement redevables de ce que le système scolaire leur a permis de devenir. Des fanatiques.

C’est parce que l’enseignement actuel exclut la dimension spirituelle que ces croyances s’établissent avec une telle force. Le pouvoir, la puissance, la compétition sociale, la comparaison, l’envie, la rentabilité, la technicité jusqu’à l’absurde, le profit, le mensonge, la soumission, la compromission, toutes les dérives actuelles sont les conséquences d’une déshumanisation de l’enseignement.

Je me demande d’ailleurs comment justifier l’idée qu’une société malade puisse s’ériger en formateur de jeunes esprits ? Comment peut-on considérer que les pairs, dans leurs dérives anciennes, puissent oeuvrer au Bien-être des individus ?

Il me vient parfois à l’esprit que cette société agit comme un incubateur. Elle favorise l’éclosion de ses prochaines victimes. Victimes spirituelles à une échelle gigantesque. Jusqu’au sans domicile qui deviendra une victime physique. En passant par les suicidés, les intoxiqués, les déjantés, tous ceux qui se seront perdus en cours de route, qui auront quitté l’axe principal pour s’aventurer sur des chemins de traverse. Il y a des rescapés. Ceux qui basculent pour une raison qui parfois leur échappe dans cette dimension spirituelle dont ils ont été privés durant leur survie.
 

L’enseignement scolaire actuel exclut totalement la dimension spirituelle de l’individu. La classe de philosophie de terminale n’est qu’une accumulation de savoirs aboutissant à une évaluation chiffrée comme si le but essentiel de la philosophie tenait dans un cadre aussi restrictif. C’est consternant et ça contribue au rejet quasi général de ce regard porté sur l’existence. Pour ma part, la philosophie n’est même pas une finalité. Elle n’est qu’un moyen de tendre vers une complétude de l’individu, une unification de l’ego avec l’inconscient, du moi avec le Soi qui le contient, une observation lucide des conditionnements et leur analyse. La philosophie pour elle-même n’a pas plus d’intérêt que la connaissance de la carte du monde. Il ne s’agit que de l’image d’un territoire mais son exploration rend nécessaire l’engagement du marcheur. Sortir d’une classe de terminale en se contentant de connaître la carte sans que cela n’ait déclenché le désir absolu de se lancer sur la route intérieure est un échec cuisant pour l’éducation nationale. Il faudrait que ce mammouth cherche à connaître, sur le long terme, le nombre d’individus ayant éprouvé cet amour des horizons intérieurs. Le constat serait effrayant.

La philosophie est bien autre chose qu’une matière scolaire. Luc Ferry disait qu’il était inutile de chercher à initier de jeunes enfants à une démarche philosophique. Je suis d’accord avec lui s’il s’agissait de l’enseigner comme cela est fait en France. Mais pour ma part, je mets bien autre chose dans le terme que ce simple épandage de notions diverses dans des esprits en friche. Lorsque je travaille avec mes élèves sur la gestion des émotions, nous faisons de la philosophie puisque l’objectif est de vivre mieux comme l’entendait Sénèque.

Pour Luc Ferry, la philosophie est un moyen d’épandre sur les autres ses connaissances. Evidemment, il trouverait humiliant que ça soit vers de jeunes enfants. Il a une trop haute estime de lui.

Et bien, je pense, pour le vivre depuis trente ans, qu’il est bien plus délicat d’initier de jeunes esprits que de formater des adolescents. Ceux-là, n’ayant justement jamais eu à s’observer réellement, en dehors du prisme étroit de leur vie sociale.

Lorsqu’une élève me dit, après notre discussion sur le chemin éclairé par les lampadaires qu’on allume, que les zones d’ombres lui apparaissent beaucoup moins inquiétantes dès lors qu’on sait qu’il est bon et reposant de venir se ressourcer sous les lumières acquises, et bien, je sais qu’il s’agit de philosophie.

Puisqu’elle vivra mieux.
 

Il n’est nullement question pour moi de remettre en cause le rôle "économique" de l’école et la participation à l’avenir professionnel des enfants. Je dis simplement qu’à l’école élémentaire, la priorité est de participer au développement équilibré de l’individu. C’est lorsque cela aura été validé que le reste suivra de lui-même. Et non l’inverse.


Tout le nœud du problème tient dans cet accompagnement de l’humain. C’est là justement que la philosophie à l’école élémentaire peut prendre une place primordiale. Encore faut-il que les enseignants en prennent conscience et fassent eux-mêmes ce travail. Mais qui va juger de la démarche existentielle des enseignants ? C’est à eux de le faire.

 

La priorité, depuis des décennies, c’est « l’avoir », c’est à dire l’extérieur. On travaille à l’envers.

Les Peuples Premiers n’ont jamais perdu de vue qu’un chasseur, un cueilleur, un berger, un potier, ne représentent que des fonctions et qu’elles ne doivent jamais prendre le pas sur la Nature humaine.
Et comme les enseignants sont aussi, pour la plupart, des parents, le formatage est le même...Il n’y a par contre rien de définitif dans ce constat. Les rencontres que j’ai avec les parents d’élèves au long de l’année me montrent bien qu’ils sont dans leur grande majorité à l’écoute et lorsque les enfants leur rapportent le bonheur d’apprendre, ils prennent le même chemin.

Il s’agit donc bien d’une osmose à réaliser dans ce triptyque, enfant, parents, enseignants. Toute condamnation ou jugement renforce l’épaisseur des barrières...

 

Pour ce qui est de l’Éducation nationale, je ne l’inclus pas, volontairement, dans cette rencontre à établir. Elle n’a rien à imposer, elle se doit de suivre ce qui fonctionne sur le terrain. Il faut inverser le sens des influences.
Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont voulu faire tenir ce rôle à l’école : un rôle économique affiliée à une "philosophie matérialiste". Les objectifs étaient clairs et je rappelle d’ailleurs que Mr Hollande a dit que l’école avait un rôle prioritaire dans le soutien à l’économie.

Alors, cette idée que l’enseignement doit avoir une portée concurrentielle, qu’elle doit permettre à la France de garder son rang, etc ...c’est ce qui est dit depuis bien longtemps alors que Jules Ferry disait :

"Nous ne vous demandons pas d’en faire des grammairiens mais des hommes." Et je répète alors ce que j’ai déjà dit. Il est essentiel d’aider à la constitution du récipient avant de vouloir y mettre quelque chose.

 

Sinon, tout s’enfuit. Et là, ça fait longtemps qu’on travaille à l’envers. L’école élémentaire n’a AUCUN rôle à tenir au regard de l’économie et de la formation de futurs salariés.

Le collège doit par contre s’ouvrir aux formations professionnelles pour des jeunes qui en ont le désir et non pas pour s’en débarrasser.

 

Que ça soit fait par des gens compétents et avec des moyens, en partenariat avec les secteurs économiques concernés. Mais pour ce qui est de la filière purement scolaire, elle se doit d’apporter aux individus l’accession au "savoir être".

Le "savoir faire" viendra en son temps et c’est ce regard et cet accompagnement existentiel qui soutiendra les étudiants dans le long cheminement vers les hauts diplômes.
Les individus se définissent aussi par leur activité économique mais s’ils ne se définissent QUE par ça, que leur reste-t-il lorsqu’ils perdent leur travail ?...

 

Toutes les identifications sont des pièges redoutables dès lors que l’individu ne se pense exister qu’à travers le statut que ces identifications lui donnent. Il s’agit donc, en priorité, à travers l’enseignement et l’éducation, à mon sens, d’apporter suffisamment de lucidité à l’individu pour qu’il découvre ce qu’il est mais sans jamais se figer. Je ne suis pas instituteur, j’exerce le métier d’instituteur.

Le "Je" est bien autre chose qu’une fonction. Il est par essence une Nature.

 

 

(DR Louis Pasteur par le photographe Félix Nadar en 1878.)
 

 

Quant aux modèles dont les enfants se servent, je les vois à longueur d’année : Justin Bieber ou Ronaldo pour les garçons et Rihanna et autres starlettes pour les filles. Leur rêve à tous et toutes étant principalement de gagner des centaines de millions et d’être adulés.

La valeur humaine est une notion qui leur échappe totalement.

C’est pour cela que je leur raconte la vie de gens comme Albert Wegener, Marie Curie, Walter Bonatti, Bernard Moitessier, Alexandra David Neel, Nicole Viloteau, Laurence de la Ferrière, Louis Pasteur, Soeur Thérésa, Aung San Suu Kyi, Sir Edmond Hillary et Tensing Norkay etc etc...

 

C’est pour cela que je les emmène en montagne. Les valeurs morales et les valeurs physiques. Tout le reste est secondaire. Même si ça reste important. C’est une continuité, pas un point de départ.


Tout le problème, pour moi, tient dans le fait, encore une fois que les parents et la société en général, télé et médias, laissent penser aux enfants que l’apparence mais surtout l’appartenance à un groupe, à une image partagée, à une structure a davantage d’importance que l’individu lui-même.

La "Biebermania" en est un des dernières apparitions. Mais chez les adultes, on retrouve le même phénomène. C’est toujours une absence de vie intérieure qui trouve sa complétude dans des mouvements de masse.

Les habits, être supporter de l’OM ou du PSG, s’habiller chez Calvin Klein ou Hermès et bien sûr avoir une Rolex..., ça prend évidemment des proportions différentes selon le milieu social mais le fonctionnement est le même. L’appartenance, la reconnaissance, l’adhésion aux groupes, l’avoir qui supplée l’être.
J’entends souvent dans les médias des « spécialistes » dire que le niveau des enfants baisse.

A mon sens, c’est parce que le contenant est friable. Donc, le contenu s’écoule.

 

Et comme la société, elle-même, montre des signes de plus en inquiétants de friabilité, dans de multiples domaines, cette perméabilité des individus se renforce. La peur est un effaceur surpuissant.

 

Et je vois de plus en plus, dans mes classes successives, les peurs grandissantes des enfants. L’instabilité parentale en est une cause mais elle n’est pas la seule. Le Monde autour d’eux est violent ou en tout cas les représentations qu’on leur donne à voir.
J’en reviens à mon point de départ. C’est lorsqu’on aide l’individu à se connaître soi qu’il a des chances un jour de connaître quelque chose. Si on ne donne pas de sens à l’enseignement, ça part dans tous les sens et ça cafouille.

 

Et ça commence bien évidemment dès les premières années d’école. Qu’on fasse découvrir la philosophie uniquement en terminale et pour l’obtention d’un diplôme, c’est totalement aberrant...


Et on ne s’en sortira pas avec la Morale laïque que prône maintenant Mr Peillon quand il l’affuble de l’apprentissage de la Marseillaise et l’évaluation chiffrée de ces enseignements.

La morale laïque, telle qu’elle a été présentée, ces dernières heures, a pour objectif le ciment social. Mais ce social se réfère toujours à un contexte extérieur…On tourne en rond…Et on creuse un trou…
Déprimant.
Demain, je commencerai ma classe en posant une seule question : « Pourquoi êtes-vous là ? »
Et on y passera la journée. 
Les journées à venir vont être primordiales, d’un point de vue existentiel. L’aspect scolaire suivra.

 


Mes Premières Lectures : Merci Thierry Ledru.

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