Jarwal et les Kogis

Ame du monde 1

 

Chapitre 9

Jarwal s’arrêta de lire, laissa le silence s’étendre puis il referma délicatement le Livre et leva les yeux.

Les trois enfants le regardaient, fascinés, les visages tendus comme des bourgeons prêts à éclore, enivrés de sèves nourricières, toutes les idées qui ruisselaient, les images qui coulaient en torrents bondissants, des flots inépuisables de révélations à poursuivre.

Jarwal sortit de sa musette une pierre étrangement percée en son centre. Elle était lisse et blanche, un morceau de calcaire sculpté par des siècles d’eau.

« Vous voyez les enfants, ce trou peut être décrit par rapport à la couleur de la roche, sa forme, sa dimension, l’usure, la régularité du contour mais il ne s'agit réellement jamais du trou lui-même, c'est à dire du vide qui le constitue, de la qualité de l'air qui s'y trouve, en fait de tout ce qui se trouve dans l'espace même de ce trou et non de ce qui l'entoure. Les qualités du trou sont trop abstraites pour être clairement définies et surtout nous avons pris l'habitude de porter notre attention vers l'environnement plutôt que vers le sujet lui-même. Il en est de même avec notre moi. La construction de notre identité personnelle s’établit lentement à travers toutes les expériences vécues dans cet environnement. Et nous finissons par penser que cet individu est réel alors que ce sont les évènements qu’il a traversés qui le sont. Mais la réalité de l’individu ne se trouve pas dans ces évènements tout comme la réalité de ce trou n’existe pas en fonction de la roche. Les deux sont pourtant indissociables car s’il n’y avait pas la roche, il n’y aurait pas non plus de trou. Ce qui ne veut pas dire que le trou n’existe essentiellement que par rapport à la roche.

-Ouhlala, Jarwal, je suis perdu, annonça Léo.

-Moi aussi, ajouta Rémi.

-Tu veux dire, Jarwal, que lorsque tu as perdu la mémoire, tu avais perdu une partie de ton environnement, une partie de ce qui t’avait servi à fabriquer l’image que tu avais de toi-même. Et que tu as eu peur du vide alors qu’il était le plus important.

-Exactement Marine, ce vide me désespérait et je pleurais l’histoire de moi-même que j’avais perdue. En pensant qu’elle était plus essentielle que ce vide qui m’angoissait.

-Parce que tu ne regardais pas le vide comme il faut ?

-Et comment doit-on le regarder alors, chère enfant ?

-C’est lui le point de départ. La matière s’est condensée à partir du vide. L’espace du vide est le lieu d’existence de la matière.»

Jarwal regarda intensément Marine.

«Un grand bonheur que tu me fais Marine.

-Tu veux dire Jarwal que quand tu as perdu la mémoire, c’était une chance parce que tu retrouvais le vide à l’intérieur duquel la Vie s’est condensée.

-Parfaitement Rémi, tu vois bien que tu comprends bien plus que ce que tu penses. Arrête de penser simplement et écoute avec ton âme. Elle en sait bien plus que ton mental.

-Et donc, moi, quand je suis en haut d’un arbre et que je regarde au loin et que je sens que c’est tout vide dans ma tête et même que parfois ça me rend triste, c’est parce que mon âme se souvient de ce vide ?

-Oui, Léo, c’est ça la nostalgie. Le souvenir de ce dont on ne se souvient plus mais qui reste pourtant au fond de nous. Dans ce coin secret qui ne se dévoile que quand il n’y a plus rien qui nous occupe. Et qu’on est enfin en paix.

-Et c’est pour ça qu’on aime venir s’asseoir en montagne après avoir couru pendant des heures ?

-Oui, Rémi, certainement. Et c’est ce qui manque le plus aux enfants de ce monde moderne. Le vide en Soi, au cœur des immensités de la Nature. Les villes modernes sont à mes yeux des pièges qui condensent les pensées des hommes autour de la possession matérielle, jusqu’à en oublier le vide originel alors qu’il contient la paix des âmes et que les possessions matérielles attisent les conflits.

-Les Kogis ne pourraient pas survivre dans nos villes aujourd’hui.

-Certainement pas, Rémi et les hommes de ces villes ne pourraient pas vivre chez les Kogis.

-L’agitation de ce monde moderne n’est donc que la volonté d’étouffer l’angoisse du vide alors qu’il est à la base de tout ? C’est effrayant.

-Effectivement Marine, c’est effrayant. Les hommes se sont fourvoyés dans une impasse et ils poussent sur le mur de toutes leurs forces en s’interdisant de penser qu’ils s’épuisent.

-Mais pourquoi ?

-Par imitation Léo. Parce qu’ils dorment tous ensemble et veulent continuer à croire en leurs rêves. Même si ces rêves ne sont que des cauchemars au regard de la Vie.

-J’ai peur parfois de ce que tu nous racontes Jarwal, avoua Marine. Peur de ce monde que tu nous décris, parce que tu en as une expérience immense et que rien dans tes récits ne témoigne du moindre progrès. Tous les mouvements de masse dont tu nous parles sont néfastes. Il ne reste que des peuples retranchés dans les montagnes. Et nous, qu’est-ce qu’on va devenir ? Comment on va faire pour vivre là-dedans ? »

Les regards tendus des trois enfants.

« Cette réalité n’est pas inéluctable les enfants. Les humains portent aussi en eux un potentiel d'amour dont ils n'ont pas idée. Il est vrai que les zones d’ombres sont gigantesques et qu’elles ont un pouvoir démesuré, celui de cacher la lumière. Je pense même que les dirigeants de ce monde moderne usent de ces désastres continus pour propager la peur dans l’esprit des hommes parce que la peur permet de manipuler les masses. Quand on a peur et qu’on se laisse entraîner par elle, on perd sa lucidité et un homme qui n’a plus de lucidité ou de conscience est un homme qu’il est aisé de diriger. Homme libre, toujours tu chériras la Conscience, aurait pu écrire Baudelaire.

-Ah oui, je connais ça, je l’ai appris à l’école, lança Rémi. Mais c’était pour la mer !

-Oui, Rémi, c’est un très beau poème. J’aime beaucoup la poésie. Pour reprendre ta remarque Marine, je pense que la connaissance de l’Histoire de l’Humanité est indispensable pour parvenir à établir une voie différente. Il est indiscutable que cette Histoire est désespérante à bien des égards mais faites l’effort de vous concentrer aussi sur les aspects positifs de mes histoires, sur tout ce que mes voyages contiennent, pas uniquement les éléments destructeurs mais également les attitudes respectueuses de la Vie. Elles existent et il ne faut surtout pas les négliger.

-Pourquoi est-ce que l’Humanité n’est pas tournée vers ces exemples bénéfiques ? Pourquoi est-ce que les hommes restent fascinés par les destructions ? Pourquoi la Vie a-t-elle placé dans le cœur des hommes des désirs de puissance et de pouvoir ? Pourquoi est-ce que depuis le début de l’Humanité, les hommes ne sont pas devenus des êtres humains ? »

Un sourire ému dans les yeux du lutin.

« J’ai encore beaucoup d’histoires à vous raconter Marine. Quelques réponses s’y trouvent. »

Ils savaient tous les trois qu’il y aurait d’autres rencontres, ils savaient qu’ils ne pourraient les refuser malgré les troubles en eux, malgré les peurs que ce monde humain propageait.

« Cette histoire, les enfants, montre que toute mon expérience est centrée sur moi-même. Je suis celui par lequel tout ce qui vient à moi est reçu, analysé, commenté, rejeté, détesté, adoré. Ce moi qui perçoit est au centre. Tout du moins, c'est l'impression qu'il donne. J’ai compris en ayant perdu provisoirement la mémoire que ce moi est ce qui m'appartient le moins, c’est une entité constituée de multiples fragments, parfois éparpillés au vent des conditions de vie. Lorsque je sais que quelqu'un pense du mal de moi, comme Jackmor par exemple, je suis en quelque sorte relié à cette personne, je me laisse emporter par les pensées générées par cette crise. De la même façon lorsqu'il s'agit de quelqu'un qui m'aime. C'est à partir du moi que j'entre en relation avec le monde. Je vais donc m'appliquer à confirmer l'existence de ce moi en accumulant des fragments à partir desquels je pourrais sculpter l'identification dont ce moi a besoin pour se prolonger. On devine le piège. Quelle est la réalité de ce moi sitôt qu'il prend forme à travers des pièces éparpillées ? Juste un amalgame hétéroclite. C’est cela que j’ai compris. J’essayais d’exister alors que je n’avais aucune idée de l’image initiale.

-Ça me fait penser à un puzzle que je voudrais reconstituer alors que je n’aurais même pas eu l’image finie en modèle, expliqua Marine.

-Qu’est-ce que c’est ce puzzle ? demanda Jarwal.

-C’est un jeu de patience, on a des petites pièces avec un morceau d’image et quand on les assemble, ça donne une grande image complète.

-Je comprends, c’est important d’apprendre la patience et effectivement, c’est un très bon exemple pour expliquer la façon dont nous voyons la Vie. On croit que parce que nous avons dans les mains quelques petites images, on a saisi l’ensemble. On essaie de construire quelque chose dont on ne possède même pas la vue générale.

-On dirait un ouvrier qui voudrait construire une maison alors qu’il n’a même pas idée de ce que ça va donner à la fin, ajouta Rémi.

-Oui, c’est exactement ça, s’enthousiasma le lutin. Vous voyez, vous comprenez très bien de quoi je parle. L'énergie dispensée pour élaborer cette image est pourtant phénoménale. Je vais accumuler et protéger mes objets, mes relations, mes connaissances, mes passions, mes projets...Tout cela crée un attachement grâce auquel je pense pouvoir donner de la valeur à mon existence. J'appartiens à mes attachements et je m'en glorifie... Il va falloir en plus que je protège mon territoire, toutes ces possessions. Je vais devoir lutter contre ceux qui s'opposent à mes droits. Je chercherai sans doute à intégrer un groupe qui me ressemble et qui pourra me défendre. J’abandonnerai certainement une partie de mes convictions pour être bien vu, bien accueilli et pouvoir bénéficier de la force de ce groupe.

-Ah, oui, on voit ça à l’école. Tous ces enfants qui veulent absolument suivre un chef et faire comme lui ou qui s’habillent comme leurs idoles de télévision. Ça m’énerve ! lança Rémi.

-Ils ont peur Rémi, tout simplement. C'est inévitable. Beaucoup de gens fonctionnent de cette façon. La peur qu'on me vole mon identification ou qu'on ne la reconnaisse pas, que je sois rejeté ou incompris, que mes choix de vie soient bafoués. J'entre en confrontation avec ceux qui ne me reconnaissent pas ou qui défendent leur image. La colère se nourrit de ma peur. Attachement, aversion, colère, peur, réjouissance, reconnaissance, insatisfaction, désillusion, amour, joie, peine. C’est un chaos immense. Il se peut qu'un jour, pour une raison connue ou pas, je prendrai conscience de ces tourments répétés. Une illumination, un choc, une révélation, quelque chose d'incompréhensible pour la raison mais qui me bouleversera au-delà du connu. J'entrerai peut-être dans une nouvelle dimension, ça sera long évidemment, douloureux sans doute mais je sentirai pourtant que c'est mon chemin.

-C’est ce qui t’est arrivé chez les Kogis ?

-Oui Léo. Mais il y a un autre risque. Si j’attribue cette révélation à moi-même sans comprendre qu’elle vient de la Vie elle-même, j'aurai l'impression d'être supérieur aux autres, d’être plus puissant qu’eux. Je détournerai la révélation pour m’en glorifier.

-Et le moi sera toujours le Maître.

-Tout à fait Marine. Alors je chercherai à préserver cette plénitude, à l'accroître même, et dès lors se mettra en place une nouvelle identification. D'autres empilements. Juste d'autres perceptions, d'autres sensations, d'autres pensées, d'autres réflexions narcissiques. Je me prendrai pour un Sage ou un grand Maître. J'aurai juste changé ma façon de regarder les pièces du puzzle éparpillées.

-En ayant été incapable de voir l’image originale.

-Oui Marine. Cette quête n'aura été qu'une illusion, une machination du moi qui se sera finalement révélé le plus malin... Il sera toujours le maître des lieux.

-Mais quelle est cette image originale Jarwal ?

-Il faut comprendre avant tout qu’il n’y a rien à chercher. Tout est déjà là mais en le cherchant, je m'en éloigne. Tout le problème vient de ce remplissage inconsidéré de l’existence. On ne voit plus rien quand on a entassé des gravats.
Le Soi, c’est la fusion de ce moi, du je et de la conscience de la Vie.

-Je ne comprends plus rien, avoua Léo.  

-Tu ne comprends pas les mots Léo mais ton âme sait de quoi je parle parce que tu es déjà dans cette vie intérieure. Sinon, tu ne serais pas là à m’écouter.

-Il ne s’agit pas de constituer l’image originelle parce qu’elle est nécessairement déjà là mais de parvenir à enlever tout ce qui la couvre. C’est ça Jarwal ?

-Oui Marine.

-Et cette image originelle, c’est la conscience de la Vie qui la détient. C’est lorsque nous avons abandonné notre appartenance à ce chaos humain.

-Pas exactement Rémi. Il ne s’agit pas de l’abandonner parce que sinon il faudrait aller vivre sur une île déserte. Il s’agit de ne pas lui appartenir. De faire la distinction entre la participation lucide et la disparition dans le flot. Imagine une molécule d’eau de l’Océan. Elle n’est pas dans l’Océan puisqu’elle fait partie de l’Océan. Je dis par conséquent qu’elle est de l’Océan. Sans toutes ces molécules d’eau, l’Océan n’existe pas. Mais sans l’unité de l'Océan, les molécules ne seraient que des individualités esseulées. La fusion des molécules crée l’Océan. Il y a plusieurs menaces ensuite. Soit certaines molécules regroupées considèrent qu’elles ont un pouvoir plus grand que celui de l’Océan et elles finissent par l’oublier, le contester, le combattre même, soit certaines molécules refusent de se voir assemblées dans un Tout et considèrent qu’elles doivent préserver une liberté de décisions, une autonomie qui leur paraît plus importante que le Tout. Dans les deux cas, ces molécules sont dans l’erreur. Celles qui s’imaginent obtenir un pouvoir parce qu’elles pensent avoir une ressemblance, une particularité, des idées communes, des intentions autres que la participation à l’Océan, celles-là participent au désordre. Elles fabriquent une rupture dans la cohésion des molécules. D’autres molécules vont prendre peur et vont vouloir assembler leurs peurs pour fonder d’autres groupes contre les premières. La confrontation prend une ampleur inéluctable et incontrôlable. De leur côté, celles qui pensent bénéficier d’une autonomie vont s’efforcer de s’isoler ou de lutter individuellement contre ces groupes. Elles ne participent pas pour autant à la cohésion perdue mais elles l’entretiennent en réagissant contre un désordre qu’elles condamnent. Elles utilisent le même fonctionnement que les groupes qu’elles critiquent. Des entités rebelles entêtées dans une distinction qu’elles vénèrent ne participent aucunement à la réhabilitation de l’Unité. Elles se voient comme plus importantes que l’Océan lui-même et succombent à la peur de disparaître. C’est toujours la peur qui crée le chaos. Cette incapacité à dépasser la vision restrictive de l’individu est une condamnation de l’Unité.

-Mais comment doit-on se comporter alors Jarwal ?

-C’est là qu’intervient cet apprentissage de l'observation consciente. Il ne s’agit pas de se nier en tant qu’individu ni de rejeter l’appartenance à l’Océan mais de parvenir à observer les deux phénomènes. Juste les observer, sans leur apporter la moindre émotion. C’est ce qu’on appelle « agir dans le non-agir ». Je suis une molécule animée par l’Océan. J’agis dans le champ de mes expériences mais sans jamais être dissocié d’une dimension bien plus grande. L’Amour est à la source de cette paix intérieure. Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. Cette phrase est essentielle pour moi. On pourrait penser que c’est une invitation à l’abandon et à la lâcheté, comme un bâton qui flotte sur l’Océan. Mais nous ne sommes justement pas des bâtons. Nous sommes animés par la Vie et c’est en son cœur que nous devons apprendre à agir. Non pas agir contre elle en nous dressant fièrement devant elle mais agir dans la dimension qu’elle nous propose. C’est un équilibre extraordinaire à trouver. »

Le silence.

L’écho de tous les mots, la nécessité d’aller au plus profond de la compréhension. Chacun animé par la volonté d’explorer les horizons proposés, au regard de son propre potentiel, sans se soucier de l’avancée des compagnons, juste dans l’acceptation de ses limites et de l’énergie disponible.

« Il faut que vous rentriez les enfants. Vous avez une longue descente et le jour va tomber. »

Cette difficulté à quitter les espaces intérieurs. Comme si les mouvements de l’Océan participaient au bonheur des voyages.

« Tu sais Jarwal, c’est très à la mode depuis quelques temps de parler de l’environnement. La pollution, les destructions de la planète et tout ça. Mais j’ai un peu l’impression que cette façon de voir cet environnement est totalement fausse et en plus je me dis que notre façon de nous voir est également fausse. Ce que nous voyons de nous n’est qu’un environnement mais c’est au cœur de cet environnement que se trouve la réalité. Enfin, j’ai du mal à l’expliquer. Tu vois, c’est comme si nous, les humains, on voyait la Terre comme quelque chose de séparée de nous mais en fait, c’est pareil pour nous. Nous sommes séparés de nous-mêmes parce que nous ne percevons que ce qui est visible ou identifiable, tout ce sur quoi on sait mettre un nom. Ah, ça m’énerve, je ne sais pas comment l’expliquer !

-J’ai parfaitement compris ce que tu veux dire Marine. Notre identité, tout ce que sur quoi nous avons-nous-mêmes apportés une reconnaissance que nous transmettons aux autres, toute cette fabrication est artificielle. Elle n’est qu’un environnement. Mais ce qui importe et qui est réel est caché en nous-mêmes. Nous portons un trésor et nous nous occupons follement du coffre qui le contient. De la même façon que les hommes s’inquiètent de l’environnement ou y sont totalement indifférents sans comprendre qu’ils ne s’intéressent qu’à des formes matérielles en ignorant le flux vital qui les anime. Mais il n’en reste pas moins que je préfère les voir s’inquiéter de la préservation de cet environnement plutôt que de le délaisser. Il existe au moins la possibilité qu’un jour ils parviennent à établir un vrai regard et qu’ils cessent de jouer des rôles de sauveur, juste pour leur gloire personnelle.

-Tout ça, c’est de l’espoir Jarwal et cet espoir est une illusion. Tu l’as dit toi-même.

-C’est vrai Rémi. C’est pour cela qu’il faut juste agir dans le non-agir, faire ce qui te semble juste sans te préoccuper des résultats éventuels. Faire ce que tu es sans vouloir que les choses soient ce que tu aimerais. Puisque les choses ne peuvent pas être ce que tu n’es pas.

-Tu veux dire que les choses sont ce que je suis ?

-Oui Rémi. Tu crées la réalité qui te correspond. Tu vis ce que tu es et tes actes influent sur la réalité de ton environnement mais ils ne changent rien à la réalité de la Vie que tu portes. La Vie que tu portes, je l’appelle le réel. L’environnement n’est que la réalité. Mais il faut arrêter nos discussions les enfants, vous allez vous mettre en retard et je m’en voudrais que vos parents s’inquiètent. Filez vite. Nous nous reverrons.

-C’est difficile de te laisser Jarwal. J’aimerais tellement ne plus te quitter, avoua Marine en baissant les yeux. La vie quotidienne ne sera jamais aussi belle qu’avec toi.

-Ta vie quotidienne sera ce que tu es Marine. Ne l’accuse pas d’être d’une quelconque responsabilité.

-Tu as raison Jarwal. Je m’en souviendrai. Allez les garçons, on y va. »

Ils s’enlacèrent tous les quatre, comme unifiés par leur amour commun de la Vie puis Jarwal prit son bâton de marche, ajusta sa besace, remit son chapeau et regarda intensément les trois enfants.

« Je vous aime de toute mon âme. »

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