KUNDALINI : réflexions. (4)

« L’excitation. Il en connaissait la perdition. Elle n’était qu’inconscience et ne générait aucune fusion. Chacun en se nourrissant de l’excitation de l’autre absorbait une partie de son inconscience. Deux inconsciences qui s’ajoutaient. Deux individus qui s’imaginaient être dans l’amour. C’était impossible. Il ne pouvait y avoir d’amour dans l'inconscience. »

Kundalini

 

Je pense qu’il est primordial d’observer attentivement l’excitation sexuelle. Est-elle favorable à une sexualité sacrée qui, elle, fait appel à la conscience ?

L’individu qui se laisse emporter par son excitation n’est pas dans la gestion émotionnelle. Il est dans le chaos. Un chaos délicieux pour beaucoup mais un chaos tout de même.

Personnellement, je considère que l’excitation sexuelle est à mettre sur le même plan que la peur ou la panique. Une émotion débridée, incompatible avec des actes construits et portant un projet.

Quel est le projet associé à la sexualité ? C’est à cette question qu’il faut répondre pour décider si l’excitation est à garder ou s’il convient de la conscientiser.

La réponse permettra de différencier la sexualité génitale de la sexualité sacrée.

Il est consternant de penser que la sexualité est considérée comme un savoir inné.

La sexualité génitale est innée parce qu’elle répond au maintien de l’espèce.

Je me souviens de Barjavel qui décrivait Roméo comme un flot de sperme montant à l’échelle vers les ovaires de Juliette. Au moins, c’est clair.

Quand on prend conscience de ça, réellement, on se dit que la sexualité ne peut pas être limitée à la puissance du flot d’hormones… Et que cela nécessite par conséquent un réel travail sur soi.

Je pense donc que l’excitation n’est qu’une excroissance naturelle de la sexualité génitale, un outil qui consiste à créer chez l’individu un appel irrépressible vers l’autre et un désir immodéré de s’unir.

Je ne juge en rien, qui que ce soit. C’est juste une observation des phénomènes et de leurs causes. Il est important d’ailleurs de se souvenir que bien souvent un enfant s’entend dire par les adultes : « Arrête de t’exciter comme ça, tu vas encore faire une bêtise. »

L’excitation considérée comme un danger.

Ou les forces de l’ordre qui disent avoir arrêté un automobiliste qui s’est montré très excité, voire incontrôlable.

Je me souviens également d’une interview de Djokovic qui disait qu’il y a quelques années, il ne savait pas gérer son excitation et notamment en fin de match et qu’il lui avait fallu passer par la sophrologie pour progresser dans sa propre maîtrise.

Dans le même sport, après sa victoire sur Serena Williams, Alizée Cornet a dit : « J’éprouvais beaucoup de plaisir sans être jamais débordée par l’excitation »…. Quand on connaît le parcours de cette joueuse et les immenses difficultés qu’elle éprouvait à gérer ses émotions, on peut juger du chemin parcouru. Et c’est un travail de conscience. Tout autant que physique.

Le trac des acteurs est considéré également comme un conflit entre une excitation due à l’impatience et la peur de ne pas être à la hauteur. L’envie d’y aller et en même temps de ne pas y être. Le conflit interne est redoutable.

On pourrait trouver bien d’autres exemples.

 

Alors comment pourrait-on considérer que l’excitation sexuelle soit un tremplin vers une sexualité épanouie ? C’est absolument impossible.

Il est évident que seule la conscience peut y contribuer.

Il ne s’agit pas de rejeter l’excitation et d’adopter la posture du Moine mais de l’observer consciemment pour puiser son énergie et la mettre à contribution par des actes réfléchis et maîtrisés.

Le massage tantrique qui comporte le massage des zones érogènes comme du reste du corps est à ce sens un exercice particulièrement efficace pour apprendre à conscientiser l’excitation et l’énergie qu’elle génère.  Pour les deux partenaires.

 

D’autre part si l’excitation de l’autre est un moteur à son propre désir, il est inévitable que les deux partenaires explorent l’excitation conscientisée simultanément afin de ne pas troubler le fonctionnement « inné » de celui qui n’adhèrerait pas. La sexualité sacrée est un cheminement commun. Il ne s’agit nullement de briser des schémas anciens mais d’en construire d’autres. Ensemble.

Bien évidemment et comme pour toute dimension inconnue, il paraît dommageable à beaucoup de personnes de vouloir se libérer de l’excitation mais il y a dans ce cas-là, une erreur d’interprétation. Il ne s’agit pas de la brider ou de l’exclure mais bien au contraire de se servir d’elle. Et tout passe inéluctablement par la conscience.   

Un exercice très simple à effectuer pour soi :

Je vais me coucher, j’ai l’intention de dormir, les lumières sont éteintes et je ne peux pas m’empêcher de bouger et de penser. Demain est un jour crucial, un événement que j’attendais depuis longtemps. Peu importe lequel. Je suis excité, intellectuellement, émotionnellement, physiquement.

Voilà l’occasion rêvée d’observer ce qui se passe.

On pourrait dire que la situation n’est pas la même puisque l’excitation dans ce cas empêche de trouver le sommeil. Eh bien, l’excitation sexuelle empêche également de trouver tout ce qui vibre au cœur de la sexualité, l’espace immense qu’elle représente, « le territoire de l’amour ».

L’excitation est un abandon néfaste, une perdition et pas un chemin. On peut espérer malgré tout que les partenaires y trouveront leur bonheur. Au XV ème siècle, les explorateurs qui partaient sur les Océans n’avaient aucune idée de ce qui existait au-delà de l’horizon. C’est la même chose dans l’exploration de la sexualité sacrée. Il est impossible de présager du trésor qui s’y cache. C’est la raison pour laquelle tant d’individus ne prennent jamais la mer…  

 

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