Le naturiste, un "bon vivant".

Dans les quelques échanges que j'ai eus sur la page Facebook de la Fédération française de naturisme, l'expression "un bon vivant" est parfois utilisée comme argument incontournable par cette population qui aime la nudité partagée.

"Un naturiste est une personne qui ne veut pas se prendre la tête et qui veut profiter pleinement des plaisirs de la vie."

Je suis donc allé chercher les différentes définitions de tout ça...

"Bon vivant"

Définition du dictionnaire

Personne qui aime la viequi sait en profiterdont le comportement est plutôt joyeux et ouvert aux autresElle aime souvent les plaisirs de la gastronomie.

Exemple : Pierre peut être qualifié de bon vivantIl ne refuse jamais une invitation à déjeuner ou à dîner, qu'elle soit privée ou professionnelle.

 

Ceci étant posé, je suis allé chercher la définition de "bon".

 

Vertueuxcharitablephilanthrope.

Exemple : C'est un homme bon.

Synonymes : estimableexcellentcharitablejustealtruisteindulgentsagedésintéressédévouéhonnêtehumainvertueuxgentil

bienfaisantbienveillantnoblegénéreux,  miséricordieuxmoral

consciencieuxexemplairemagnanime

 

 

J'y ai donc ajouté la notion de "bonté"

 

Qualité de quelqu'un qui est bon.

Synonymes : bonhomiebienfaisancebienveillancevaleurgénérositégentillessealtruismemagnanimitémansuétude

 

J'aurais pu y ajouter la définition de "vivant" mais c'est tellement évident que je me suis abstenu. 

"Vivant" s'entend à l'opposé de "mort". 

 

 

Un "bon vivant" est donc quelqu'un qui aime jouir des plaisirs de la vie, en communauté, quelqu'un qui fait preuve d'altruisme. 

Et c'est ce mot qui me gêne considérablement.

Définition de "altruisme" dans sa dimension philosophique


Etymologie : mot créé par Auguste Comte (1798-1857) à partir d'autrui, venant du latin alter, autre, avec le suffixe -isme, servant à former des mots correspondant à une attitude, un comportement, une 
doctrine, un dogme, une idéologie ou une théorie.

L'altruisme est une disposition de caractère qui conduit à s'intéresser, à se dévouer, à se consacrer et à vouloir 
faire le bien aux autres, à les aider, à faire preuve de générosité envers eux, sans rien attendre en retour.

L'altruisme est un sentiment désintéressé d'amour pour autrui qui peut être instinctif ou réfléchi. Il s'oppose à l'égoïsme.

 

À partir de cette définition, je suis donc allé chercher celle du "bien"

 

Définition de bien


Etymologie : du latin bene, bien, à propos, favorablement.

Au singulier, le bien est ce qui est l'opposé du mal, ce qui possède une 
valeur morale, qui a de la probité, de la vertu.
Ex : Un homme de bien.



En philosophie, le bien est la valeur 
normative de la morale, opposé au mal. La détermination de ce qui est bien ou mal peut se faire dans le cadre de :

  • de la religion,
  • de la légalité,
  • d'usages établis que sont les règles :
    • - de civilité,
      - de l'honneur,
      - de l'utilité collective,
      - de l'intérêt public ou particulier.

Lorsque les notions de bien ou de mal de ces différents cadres sont en contradiction, on parle alors de dilemme ou de conflit d'intérêts.

 

Bon, maintenant, il s'agit d'analyser tout ça dans la pratique du naturisme et au regard de la situation actuelle de la planète.

Est-ce qu'être "un bon vivant" est compatible avec l'état des lieux dans sa dimension écologique ?

Dès lors que les plaisirs de la table sont associés à cette idée du "bon", je m'interroge.

N'y a-t-il pas une contradiction majeure dans le fait de participer à l'exploitation démesurée des ressources de la terre pour des plaisirs alimentaires et le fait de se dire "bon" étant donné que cette bonté est irrémédiablement rattachée au fait de se montrer bienveillant envers les autres ?

Si je mange au-delà de mes besoins réels, pour le seul plaisir de manger, suis-je encore dans une dimension de bonté, étant donné que cette façon de vivre contribue à la dégradation de l'environnement dans lequel vivent les autres ? Est-ce que le fait de vouloir "être un bon vivant" ne s'oppose pas catégoriquement au vivant lui-même étant donné que cette exploitation outrancière des ressources alimentaires a pour effet de réduire ce vivant ?

Il existerait donc une expression qui viendrait valider le fait de jouir de la vie en la réduisant...

Quel est le lien avec le naturisme ? 

« Le naturisme est une manière de vivre en harmonie avec la nature, caractérisé par la pratique de la nudité en commun, et qui a pour conséquence de favoriser le respect de soi-même, le respect des autres et de l’environnement » – Définition internationale du naturisme, retenue en 1974 par la Fédération Internationale de Naturisme

Il me semble que la dissonance est évidente...

Les naturistes disent être tolérants, bienveillants, respectueux des autres.

Mais alors, il me semble impossible de s'attribuer le terme de "bon vivant".

On ne peut pas être respectueux des autres et de la nature et participer à l'exploitation outrancière des ressources naturelles alimentaires puisque cela contribue justement à porter atteinte à la nature et par conséquent à un bien qui n'a pas de propriétaire, un bien qui appartient à tous et qui par là se doit d'être protégé dès lors qu'on se dit respectueux des autres.

Les ressources alimentaires sont un bien commun et je fais preuve de bonté si je ne m'en octroie que la part qui me permet de rester vivant et en bonne santé. La suralimentation ne sera jamais associée à la bonne santé. Aucune étude médicale n'irait me contredire.

Il existe même une définition du naturisme encore plus précise:

https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/naturisme/

 

naturisme , nom masculin

Alimentation végétarienne...

Mais pourquoi donc, me dira-t-on? 

Eh bien, parce que cette alimentation fait preuve de bonté envers les animaux, qu'elle refuse la souffrance animale, qu'elle ne contribue pas à la dégradation de la biodiversité, qu'elle favorise la préservation des espaces naturels par une exploitation raisonnée.

Et que donc, par conséquent, elle fait preuve d'altrusime puisqu'elle participe au bien-être de tous dans un environnement sain, naturel, équilibré.

Elle respecte au mieux le "vivant".

La boucle est fermée...

Au regard de l'état des lieux de la planète dans sa dimension écologique, nous en sommes donc arrivés à un moment où il est devenu "égoïste" et non "altruiste" d'être un bon vivant dès lors que cela contribue à la suralimentation et au gaspillage des ressources alimentaires.

Etre un "bon vivant", c'est désormais être un individu qui ne prend à la terre que la part qui lui est due, c'est à dire celle qui contribue à sa santé et qui ne prive pas les autres de la part qui leur est également attribuée par leur nature originelle. 

Etre un bon vivant, c'est faire preuve de bonté envers le vivant.

 

 

 

 

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