Littérature

Sur un site de littérature auquel je participe, un auteur présentait son travail d'écriture comme la possibilité pour ses lecteurs de "s'évader", de couper avec la vie quotidienne, de se changer les idées, d'oublier les soucis et les contingences quotidiennes.

Je rejette personnellement cette vision de l'écriture, c'est même pour moi une trahison absolue.

"Contingences : évènements qui peuvent se produire ou non, qui échappent à toutes prévisions. "

 

Alors, il faudrait que l'écriture participe à cette errance intérieure, au maintien des illusions, à l'inconnaissance de Soi.

Un désastre absolu.

A mon sens, l'écriture est un révélateur, un outil d'exploration et de compréhension, une mise à jour des noirceurs et la possibilité qu'elles deviennent des lumières. Si l'écriture n'est rien d'autre qu'une drogue douce, un hallucinogène, un alcool douceâtre, l'écrivain devient un collaborateur du désastre existentiel.

Je ne veux pas être un dealer.

Je veux que mes mots soient des scalpels, je veux disséquer l'âme, éviscérer les émotions quand elles ne sont que des souillures fossilisées, des ancrages qui empêchent l'accession à la lumière.

Si la lecture est un passe-temps, le lecteur laissera passer sa vie et l'écrivain ne sera qu'un animateur de télé-réalité, de cette fange nauséeuse où s'enfoncent les âmes égarées. Est-ce là le sens de l'écriture ? Faut-il se soumettre à cette dégénérescence conditionnée à l'audimat, aux chiffres des ventes, au buzz médiatique ?

Je veux que mes écrits soient des cris. Et s'ils ne trouvent pas la force nécessaire, je préfère qu'ils se taisent et restent en moi. 

J'ai ressenti viscéralement les textes de Saint-Exupéry, de Camus, de London, de Conrad, de Hémingway, de Steinbeck, de tous ceux et celles qui criaient, qui disséquaient les échos en eux et que j'essayais de comprendre.

Ils sont restés en moi. J'écris dans leur ombre et j'y trouve ma lumière.

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