Promoteurs immobiliers contre population locale

Ce qui me sidère dans ce projet, c'est de voir que la contestation locale ajoutée à celle du Conseil régional pourraient ne pas suffire à annuler définitivement les volontés des promoteurs immobiliers (et des banques qui les soutiennent ).

Comment est-il possible de passer outre une telle contestation, avec des arguments aussi soildes et incontestables ? Comment est-il possible que la puissance financière puisse encore se faire entendre ? C'est avec ce genre d'exemples qu'on réalise à quel point les volontés marchandes ont depuis bien longtemps pris le pas sur le bon sens et à quel point les volontés locales de protection et de développement réfléchi n'ont que peu de pouvoir...Le Conseil régional s'oppose au projet, c'est à dire également la voix populaire puisqu'il s'agit d'élus. Elus contre promoteurs... Affaire à suivre...

(En France, le conseil régional est l'assemblée délibérante des régions. Il gère les affaires de la région. Il exerce des compétences notamment dans le domaine des lycées, des transports dits « régionaux » (transport express régional) et de l'action économique. Depuis 1986, ses membres sont élus au suffrage universel direct pour six ans. Son président exerce les fonctions exécutives.)

PETITION :

https://www.change.org/p/les-citoyens-des-communes-du-grand-chambord-contre-le-projet-d-urbanisation-d-un-espace-agricole-et-naturel-le-chambord-country-club?

 

 



https://lareleveetlapeste.fr/un-village-de-luxe-touristique-veut-artificialiser-400ha-dans-une-zone-natura-2000-en-sologne/?fbclid=IwAR0RGlPeKojUrErcSzd_FYUU43-qvTYNlkj76ylAml7pQhxuSX3qhEI5hFA

Un village de luxe touristique veut artificialiser 400ha dans une Zone Natura 2000 en Sologne

 

 

« La Sologne ne doit pas devenir, plus encore qu’elle ne l’est déjà, une réserve pour touristes ou résidents aisés venant consommer de la nature. S’arrêter aux 220 emplois potentiels ne peut ni justifier l’implantation de ce projet, car il est trop impactant pour le territoire et parce que la privatisation d’une zone naturelle classée au profit d’une offre touristique et de loisirs réservée à une élite n’est pas acceptable. »

24 janvier 2020 - Laurie Debove

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A la Ferté-Saint-Cyr, les promoteurs du projet « Chambord Country Club » veulent créer un immense complexe touristique de luxe sur 400ha dans une zone classée Natura 2000. Cela fait pourtant dix ans que la population locale s’oppose au projet, une mobilisation s’organise face à la ténacité des promoteurs.

Un village de luxe en circuit fermé

Le « Chambord country club » prévoit la construction d’un golf de 27 trous, 565 résidences de luxe, des piscines, des tennis et un centre équestre, sur la commune de la Ferté-Saint-Cyr, à quinze kilomètres du château de Chambord, en pleine forêt de Sologne. Ce projet entièrement privé a un coût estimé de 400 millions d’euros. Le but : capter les touristes les plus fortunés qui viennent visiter les châteaux de la Loire.

Ce projet de complexe touristique vise ainsi une population très spécifique (chasseurs, golfeurs, parisiens et retraités), les maisons allant être vendues entre 500 000 et 1,5 million d’euros. Bernard Saunier, gérant de Saneo qui porte le projet, estime que « 20 % des propriétaires devraient y habiter à l’année, soit un minimum de 1.500 € par an et par maison de recette fiscale supplémentaire » pour la Mairie. Ce complexe de luxe promet de créer plus de 200 emplois à terme, un argument que réfute le Conseil régional Centre-Val de Loire.

« La Sologne ne doit pas devenir, plus encore qu’elle ne l’est déjà, une « réserve » pour touristes ou résidents aisés venant « consommer de la nature ». S’arrêter aux 220 emplois potentiels ne peut pas justifier l’implantation de ce projet, car il est trop impactant pour le territoire et parce que la privatisation d’une zone naturelle classée au profit d’une offre touristique et de loisirs réservée à une élite n’est pas acceptable. D’autres alternatives pour l’emploi pourraient exister, qui feraient de la biodiversité et de son respect un atout pour le territoire. » exprime ainsi le Conseil régional Centre-Val de Loire dans ses voeux

Crédit : Wilmotte & Associés

Même son de cloche pour les habitants de la Ferté-Saint-Cyr qui s’opposent au projet dans la pétition mise en ligne. Pour eux, ce village de luxe est inutile car « des maisons non reprises se meurent dans les villages voisins ». Surtout, alors que tout est pensé pour que les gens restent et consomment sur place, ce village de luxe en circuit fermé ne va pas inciter ses touristes à dépenser à l’extérieur.

L’artificialisation des sols et usage de l’eau

Proposé une première fois en 2009, le projet avait été rejeté par le tribunal administratif suite à la plainte des habitants locaux qui ne voulaient pas voir la forêt de Sologne déboisée. En effet, à l’heure où la sixième extinction de masse est en cours et où l’on sait que l’artificialisation des sols en est la première cause, comment justifier de dénaturer 400 hectares de forêt pour des habitations secondaires et touristiques ?

Crédit : Wilmotte & Associés

« La Sologne est déjà mitée par des projets comme ça ! Ce projet vient se rajouter à plein d’autres, il y a déjà 4 golfs dans un rayon de 25km, et l’un d’entre eux aura même une clôture commune avec le Chambord Country Club ! La Forêt de Sologne est la plus grande zone Natura 2000 d’Europe mais tout le monde met des grillages sur sa propriété ce qui empêche la libre circulation des espèces donc il y a une bataille pour lutter contre l’engrillagement, et ce projet ne va pas arranger la situation. » explique, pour La Relève et La Peste, Charles Fournier, vice président du conseil régional et président du groupe écologiste qui s’oppose au projet

Le Conseil Régional Centre Val de Loire a ainsi voté un nouveau schéma régional d’aménagement du territoire qui fixe la neutralité foncière à 2040. Il est également très préoccupé par les ressources en eau que va nécessiter ce complexe touristique de luxe, notamment les 75 000m3 par an destiné à la pelouse du golf. Un choix de consommation d’eau qui n’est pas en accord avec la réalité de la région qui a été soumise à des interdictions totales de prélèvements d’eau en juillet 2019. Et ces pénuries risquent de se répéter de plus en plus chaque année, la crise climatique étant déjà un « assèchement climatique » en France.

La proximité de la centrale nucléaire pose également question aux élus pour la sécurité des vacanciers en période de haute fréquentation, si jamais la zone devait être évacuée. Face à la polémique, le château de Chambord a demandé à ce que son nom soit retiré du projet, dans lequel il n’intervient pas.

Dans les prochaines semaines, une enquête publique va être lancée sur l’aspect environnemental du projet. De son côté, le Conseil Régional est déterminé à utiliser tous les instruments légaux pour empêcher ce projet « du vieux monde » de voir le jour.

"Session du 19 décembre 2019

Vœu présenté par le groupe écologiste Chambord Country Club : la biodiversité en Sologne ne doit pas être sacrifiée pour un projet immobilier Abandonné en 2014 après un recours en justice de riverains contre le permis d’aménager, le projet de complexe résidentiel, golfique et touristique de luxe Chambord Country Club, au lieu-dit Les Pommereaux, sur les communes de La Ferté-Saint-Cyr et Saint-LaurentNouan dans le Loir-et-Cher, est de retour.

Ce projet privé, coûtant un demi-milliard d’euros, prévoit, sur un terrain de 400 hectares, un ensemble résidentiel de 565 maisons, un hôtel cinq étoiles de 54 chambres, un golf de 27 trous sur 160 hectares, un centre équestre, une piscine et des terrains de tennis. Il est situé sur le site Natura 2000 le plus important d’Europe et qui fait l’identité de la Sologne. La société SANEO, qui porte le projet, entend faire démarrer les travaux en 2021. L’objectif de réduction de l’artificialisation des terres est au cœur des ambitions du SRADDET sur lequel le Conseil régional a travaillé depuis plus d’un an.

Il s’agit là d’un enjeu déterminant pour notre avenir, tant pour protéger la biodiversité en grand danger que pour préserver nos terres agricoles. Nous sommes entrés dans la sixième extinction de masse des espèces, très largement d’origine anthropique. C’est pourquoi nous ne pouvons pas accepter de voir notre biodiversité s’effondrer et laisser à penser que cette perte, lorsqu’elle est causée par des projets comme celui du Chambord Country Club, peut être compensée.

Force est de constater que la compensation écologique, inscrite dans la loi depuis 1976, n’empêche pas la perte de biodiversité. D’abord parce qu’elle ne prend que très rarement en compte la biodiversité dite « ordinaire ». Ensuite parce qu’elle est une compensation structurelle (un habitat ou X espèces) et non fonctionnelle (les fonctions ou les services écologiques fournis). Enfin, parce qu’elle repose sur des mesures d’impacts qui ne regardent que les espèces présentes à un instant T dans le milieu et non les dynamiques qui pourraient être à l’œuvre. Il y a une rupture de continuité, incompatible avec un état écologique préservé et permanent. Le sujet est donc tout sauf comptable.

Les promoteurs du Chambord Country Club se targuent d’une augmentation de 8 % du boisement du site après travaux par rapport à la situation initiale, mais le bon état naturel ne se mesure pas ainsi, à coup de pourcentage de compensation. Ce projet, qui se drape d’apparences « vertes », artificialiserait en réalité des terres agricoles et des zones forestières sur un site Natura 2000 et perturberait intensément l’écosystème. Quel sens donner à ce type de site si nous revenons dessus et que nous ne les protégeons pas ?

Par ailleurs, la zone a été entièrement inondée en 2016. La pression humaine (l’objectif est d’accueillir 2 000 personnes en saison haute) serait incompatible avec les limites naturelles du site. La biodiversité risquerait d’être irrémédiablement perdue, la réhabilitation d’un deuxième forage d’eau laissant présager une forte pression sur la ressource en eau, sans compter la perturbation de l’équilibre hydrologique de cette zone humide.

A cela s’ajouteraient d’autres nuisances : à terme, en situation de pointe le week-end (hors période estivale), le surcroît de fréquentation estimé est d’environ 420 véhicules par jour. C’est également incompatible avec les objectifs de mobilité posés par le SRADDET.

Alors qu’un golf classique de 18 trous consomme 50 000 m3 d’eau à l’année, celui-ci serait de 27 trous. Après la sécheresse de l’été dernier, cette perspective ne semble là aussi pas raisonnable. Ce nouveau golf viendrait également s’ajouter à d’autres sites déjà dédiés à cette pratique en Sologne : le golf des Bordes à Saint-Laurent-Nouan situé à seulement un kilomètre, mais aussi deux golfs à La Ferté-Saint-Aubin, un autre à Marcilly-en-Villette, un à Ardon…

D’un point de vue social, ce projet de plus de 500 maisons se vendant entre 500 000 et 1,8 million d’euros pour les plus luxueuses, interroge. Assurément, l’écrasante majorité des Solognots n’y auront pas accès. La Sologne ne doit pas devenir, plus encore qu’elle ne l’est déjà, une « réserve » pour touristes ou résidents aisés venant « consommer de la nature ». S’arrêter aux 220 emplois potentiels ne peut ni justifier l’implantation de ce projet, car il est trop impactant pour le territoire et parce que la privatisation d’une zone naturelle classée au profit d’une offre touristique et de loisirs réservée à une élite n’est pas acceptable. D’autres alternatives pour l’emploi pourraient exister, qui feraient de la biodiversité et de son respect un atout pour le territoire.

Au 21ème siècle, un tel projet inutile ne se justifie pas et va à l’encontre des urgences climatiques et sociales portées par la Région Centre-Val de Loire dans le cadre du SRADDET ou dans celui de la COP régionale. En conséquence, le Conseil régional Centre-Val de Loire, réuni le 19 décembre 2019 à Orléans : • exprime son désaccord avec le projet Chambord Country Club en Sologne qui va dans le sens contraire des ambitions de réduction de l’artificialisation des terres au cœur des ambitions du SRADDET ; • portera ce point de vue lors de l’enquête publique prévue au premier semestre 2020.

 

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