Rythmes anti-scolaires

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Rythmes scolaires: «Cela ne résoudra pas l’échec scolaire»

100 % des enseignants de la maternelle Marcel-Cachin de Champigny-sur-Marne sont en grève ce mardi contre la réforme des rythmes scolaires voulue par le ministre Vincent Peillon. Ils dénoncent une réforme précipitée qui risque de nuire aux élèves.

Porte close. Ce matin, aucun des douze enseignants de la maternelle Marcel-Cachin de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) n’ira en classe. L’établissement, rattaché à un vaste groupe scolaire aux murs de béton, affiche un taux de grévistes de 100 %. Du rarement vu. Dans son bureau, Patricia ­Durand, la directrice, soutient totalement cette mobilisation. « Prétendre que l’on va lutter contre l’échec scolaire avec cette réforme des rythmes, c’est n’importe quoi, lâche-t-elle. Ce n’était vraiment pas la priorité. »

30 enfants par classe

À Marcel-Cachin, l’urgence numéro un se situe du côté des effectifs. L’établissement accueille 310 élèves pour 11 classes. Soit une moyenne de 30 enfants, âgés de trois à cinq ans, par enseignant ! « Dans une telle situation, impossible de prendre du temps avec ceux qui ont des problèmes d’apprentissage, souligne Patricia Durand. Nous aurions surtout besoin d’au moins de deux ou trois maîtres supplémentaires et de moyens pour notre réseau d’aide aux enfants en difficulté, décimé ces dernières années. »

Ici, cette réforme des rythmes apparaît comme un casse-tête précipité et imposé. Qui risque surtout d’aggraver le quotidien des élèves. « On diminue un peu le nombre d’heures de cours par jour mais on augmente l’amplitude horaire passée en collectivité, souligne Patricia Durand. Au final, la fatigue sera toujours là, et même plus car le périscolaire, ce n’est pas de tout repos… »

14 adultes pour un enfant

Pour l’équipe éducative, cette réforme fait l’impasse sur la spécificité de la maternelle. « Je suis étonnée que le gouvernement ait mis sur le même plan les rythmes d’un enfant de trois ans, qui fait la sieste l’après-midi et n’allait ­jamais à l’école le samedi matin avant 2008, et ceux d’un enfant de dix ans », relève Christine Darnault, représentante des parents d’élèves FCPE. Comme d’autres, elle s’inquiète de la nature des activités périscolaires, à la charge de la commune. « On parle de périscolaire de qualité, mais le gouvernement augmente de 10 à 14 enfants pour un adulte le taux d’encadrement des moins de six ans. Ça fait bricolage. »

La directrice de Marcel-Cachin en est sûre, la municipalité n’aura pas les moyens de proposer autre chose que de la garderie améliorée. « Pour les enfants, cela risque de se finir devant un DVD. Je ne vois pas en quoi cela va lutter contre l’échec scolaire. » À la mairie, on a fait ses comptes : 500 personnes à embaucher et un coût avoisinant les 2 millions d’euros. La commune a opté pour un report à 2014. En espérant, l’ouverture d’une réelle concertation.

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L. M.

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