Sophrologie analysante

UN ARTICLE DE CHARLINE.

Camarade de promotion :)

Un descriptif très bien écrit. Merci à elle. 

La Sophrologie soigne, tandis que la Sophrologie-Analysante guérie. Imaginez que vous souffrez de maux de tête, ou de ventre. L’une des solutions qui s’offrent à vous est de vous soigner : vous pouvez prendre un cachet, boire une tisane, vous faire couler un bain chaud… De cette manière, vous soignez les douleurs. Soignez, c’est apaiser, diminuer la souffrance, voire l’arrêter. Une autre solution est de vous guérir, c’est-à-dire de jouer à l’archéologue avec cette douleur, de fouiller à l’intérieur pour comprendre son sens. Guérir, c’est entendre pourquoi (pour quoi) cette douleur existe, là.

 

« Soigner » (effet de la Sophrologie) est une solution très utile car rapide, efficace dans l’urgence. C’est nécessaire lorsque nous avons des angoisses (notamment en crise), du stress, phobies, etc., pour se détendre rapidement et faire face. On va modifier notre état, mais le rétablissement ne se fait qu’en surface.          

« Guérir » (effet de la Sophrologie-Analysante) sollicite un peu plus de temps selon les maux (physiques ou relationnels) et demande d’oser faire ressortir et transformer(différent de modifier) toutes les souffrances accumulées jusque-là, de la conception à aujourd’hui, en passant par les liens qui nous relie à notre généalogie, pour pouvoir se libérer.

 

Cette libération peut aller encore plus loin, car on peut autoriser nos parents et grands-parents (voire plus haut dans la généalogie) à prendre conscience de leurs limites, qui sont les éléments de leurs personnalités, de leurs relations, de leurs histoires de vie qui ne les rendent pas heureux, et de s’en délier, et surtout de leur pardonner. De plus, et cela me semble le plus important dans la Sophrologie-Analysante, on propose à nos enfants, nés dans le présent ou le futur, à ne pas prendre nos limites, à ne pas entrer dans les schémas de loyauté en répétant les mêmes traumatismes (exemple : subir un viol) ou maladies que leur parents, grands-parents, etc. La guérison se fait alors en profondeur, libère éventuellement notre généalogie et rayonne sur nos enfants.

 

           Nous pouvons expliquer cette différence avec la confection du pain. La farine (la Sophrologie) est essentielle pour obtenir  le résultat souhaité,  elle constitue une base. En effet, sans les techniques de relaxation que nous apporte la Sophrologie, nous n’aurions pas accès à l’Inconscient pour pouvoir travailler et réparer en profondeur. Ce que l’on appelle ancrage (également propre à la Sophrologie-Analysante), qui consiste à associer un état de calme à un geste, un lieu, un animal, une couleur etc., pourrait être rapproché des mesures des ingrédients nécessaires. Effectivement, les mesures (ancrages) permettent d’avoir un repère, un appui, tout au long de la fabrication du pain (et donc la thérapie Sophro-Analysante). Les autres ingrédients, comme la levure, l’eau, le sel, etc., (d’autres outils, comme laPNLl’Analyse transactionnelle, la visualisation, l’Energie, etc.) sont également indispensables. La Sophrologie-Analysante peut être comparée à l’ensemble de ces ingrédients. De plus, pour donner plus de goût, on peut rajouter des épices, des céréales etc., ce qui pourrait être comparé à l’ensemble des méthodes qui peuvent contribuer à la thérapie (énergie des pierres, élixirs…), selon les besoins du patient et les connaissances du thérapeute. Le thérapeute et son patient mélangent ensemble les ingrédients, mais pour ce qui est de la cuisson, c’est le patient qui en est responsable. A lui de d’allumer le four ou non ! Et enfin, le patient partagera le résultat avec ses enfants et petits-enfants, qui eux, s’ils le souhaitent, n’auront plus qu’à se régaler. 

Le Triangle maudit

Imaginez une pièce de théâtre, un conte, un film… Dans la plupart de ces histoires, trois personnages se démarquent clairement : une Victime, un Bourreau, un Sauveur. Pourtant, ces rôles ne s’interprètent pas qu’au théâtre.

 

Dans la vraie vie, nous jouons l’un de ces rôles lorsque nous sommes en interaction conflictuelle avec autrui et que nous manquons d’empathie, que ce soit dans le couple, avec des amis ou la famille et au travail. En effet, si l’on se sent mal dans une relation, il est fort probable que l’on soit  englué dans l’un de ces rôles. Et ces trois rôles sont étroitement liés, dépendant les uns des autres. Car pour jouer, nous cherchons sans cesse un partenaire de jeu, qui jouera à la perfection le rôle que nous lui avons incité à jouer (et inversement, on sera sollicité par notre environnement à entrer dans ce triangle). De ce fait, rares sont les personnes qui parviennent à ne pas « jouer ».

 

Ensemble ils forment une triade infernale. Nous avons tous une prédilection pour l’un de ces trois rôles, tout en passant de l’un à l’autre, parfois durant une même conversation. Pourtant, aucun n’est meilleur ou pire que l’autre, puisque ce jeu génère malaise et souffrance. Lorsque nous jouons l’un de ces trois rôles, plutôt que d’exprimer nos émotions et nos idées, la communication est perturbée. Et lorsque nous les jouons, nous empêchons la relation d’évoluer.  Au contraire, ces rôles créent beaucoup de stress et étouffent notre énergie, nous épuisent par leur jeu répétitif.

 

  • Exemple de discussion d’un couple qui « joue » :

 

-          C’est à cette heure-là que tu rentres ?! (Bourreau)

-          Oh ça va, j’ai bossé toute la journée, moi. (Victime). Pendant que madame reste à la maison ! (Bourreau)

-          Tu crois que ce n’est pas un travail de m’occuper de repasser tes chemises ?(Victime)

-          Commence pas à m’énerver, j’ai mal au crâne. (Victime)

-          Oh mon chéri, je vais vite te chercher un médicament (Sauveur) … Mais qui est-ce qui a encore mis le bazar dans la boite à médicament ?! (Bourreau)

 

  • Le rôle de Victime …

… ou la pauvre Cendrillon, subissant la cruauté de sa belle-mère et de ses belles-sœurs. 

 

Le rôle de Victime est le plus fréquemment joué (ainsi que celui du Sauveur) car l’éducation nous apprend à nous soumettre l’autorité, à faire plaisir et à rendre service. Il est également  au centre de cette triade car :

-        Il a besoin des deux autres (Bourreau et Sauveur) pour exister

-        Il attire et appelle le Sauveur qui veut la sauver et le Bourreau qui va le persécuter.

C’est donc un rôle de prédilection si l’on souhaite attirer l’attention sur soi-même.

 

Le Bourreau qui « persécute » la Victime peut être une personne, mais également une maladie, un handicap ou une drogue, autrement dit, une béquille qui va lui permettre de ne pas affronter un problème. Pour la Victime, ce qui lui arrive est toujours à cause des autres ou d’une force supérieure, car elle se déclare irréprochable (« Mais Dieu pourquoi c’est toujours moi ? », « Pourquoi ça tombe sur moi ? »). C’est une personne en souffrance depuis longtemps, elle se sent incapable et impuissante. Elle est indécise et se dévalorise. Elle a le sentiment d’être agressé et manipulée. Elle peut se laisser malmener sans rien dire ou se plaindre à d’autres.

C’est par ses nombreuses plaintes et sa culpabilité que la Victime renforce le triangle maudit, tant que les autres rôles sont joués. Elle a donc une part de responsabilité dans la relation avec son interlocuteur car elle a le choix de se positionner en Victime ou non. La Victime a inlassablement autant besoin que l’on prenne soin d’elle ou qu’on l’attaque pour se sentir exister, même si elle doit en être malheureuse.

 

Il existe deux profils de Victime :

-        La Victime soumise, qui se dévalorise, se sent incapable et faible.

-        La Victime rebelle, qui agresse et se lamente.

Dans les deux cas, il y a une très forte peur d’être abandonné.

 

  • Le rôle de Bourreau…

… ou la méchante Sorcière Karaba victime de la douleur d’une épine dans son dos et d’un maléfice.    

 

Le rôle du Bourreau permet de se libérer de ses pulsions agressives sur quelqu’un d’autre, c'est à dire une Victime potentielle (qui décidera d’adopter ou non ce rôle). Il arrive souvent qu’un Sauveur déçu de ne pas voit son action reconnu devienne Bourreau en décidant d’employer la manière forte, ou bien qu’il fut une Victime qui a décidé de se protéger. Dans les films ou les contes, c’est souvent une Victime blessée qui devient Bourreau. Le Bourreau possède plusieurs outils, comme les insultes, les menaces, le harcèlement ou la colère. Il est dans le contrôle et, selon lui, en son absence tout serait mal fait et les problèmes liés à la situation conflictuelle la faute des autres, en particulier de celui qui se place en Victime. Ainsi, il construit son estime de soi aux dépend des autres.

Il a besoin de dominer en usant de son autorité. Il est dévalorisant, voire humiliant, afin de mettre son interlocuteur en position d’infériorité. Mais ce besoin de dominer est lié à ses peurs face à son interlocuteur, car le Bourreau est terrorisé par les relations.

 

 

  • Le rôle de Sauveur…

… ou le prince volant au secours de sa belle endormie et terrassant le dragon.

 

Voir l’autre en détresse provoque chez le Sauveur un mal être et cela l’incite à intervenir empli de bonnes intentions dans la vie d’autrui. Il est persuadé qu’il doit aider et prendre la position de protecteur, de conseiller ou de justicier. Le Sauveur peut être dans le sacrifice, totalement tourné vers l’autre, perdant beaucoup (argent, dignité, raison) ou aider dans le but d’être aidé à son tour.

 

A première vue, le rôle de Sauveur semble le moins désagréable et le plus gratifiant à vivre, mais ce n’est pas le cas. Le Sauveur a tendance à se voir dans une position haute et indispensable, il apporte son aide, ses conseils, mais sans que l’on ait formulé une demande, sans tenir compte des besoins de l’autre. Tout comme la Victime, il a besoin des deux autres rôles pour justifier son existence. De plus, il place la Victime potentielle en incapacité et l’infantilise. Celle-ci peut fuir, ce qui décevra le Sauveur qui était en attente de reconnaissance, le conduisant à devenir Bourreau ou Victime. En réalité, il ne souhaite sauver personne puisqu’inconsciemment il cherche à maintenir la Victime dans son rôle.

 

 

  • Pourquoi ?

 

En psychologie, il a été prouvé que lorsque nous répétons un comportement, c’est que nous y avons trouvé une satisfaction. Alors pourquoi répéter un comportement qui nous rend malheureux ?

En tant qu’humain, nous avons besoin de stimulations sensorielles pour nous sentir vivant. Si nous en sommes privés, nous devenons fous, nous cherchons à nous tuer ou nous laissons mourir. Pour nous maintenir en vie, il nous faut chercher des preuves de notre existence. Les signes de reconnaissance que nous recherchons, et qui constituent un besoin vital, peuvent être positifs ou négatif. Qu’importe ! Que ce soit des coups ou des caresses, des compliments ou des insultes, cela nous rend visibles et consistants. Un enfant peut préférer être grondé plutôt qu’être ignoré. Alors l’adulte aussi, préfèrera créer une dispute pour ne pas se sentir négligé. Ainsi, le jeu offrira à chacun une identité pour combler le vide, car l’autre nous accorde son attention. En effet, avec nos proches (familles, amis, conjoints ou même collègues), nous avons cette tendance à la pudeur, à craindre de dire à l’autre qu’on les aime, de les complimenter. Les critiques venant avec plus de spontanéité, on va apprendre à se contenter de cette reconnaissance négative.

 

 

  • Comment s’en sortir ?

 

Nous pouvons nous libérer de ces rôles, nous placer au centre du triangle, mais pour cela il faut les repérer, d’abord chez nous-même, afin de prendre notre vraie place dans la relation et la rendre meilleure, mais aussi chez l’autre pour ne pas rentrer dans leur jeu.

 

Il faut se rappeler que dans une relation nous sommes au moins deux, et que chacun à sa part de responsabilité. Il ne faut donc pas attendre que l’autre change, nous ne pouvons agir que sur nous même ! Développer son estime de soi et la communication assertive sont des moyens utiles, ainsi que de répondre à l’autre sans être sur la défensive. Car face à des réponses non défensives, l’interlocuteur s’épuisera. En prenant la réalité de l’autre en compte, en l’écoutant, nous restons nous même tout en lui accordant l’attention qu’il réclame.

 

Avec les enfants, nous pouvons leur expliquer les deux rôles Victime et Bourreau en les comparant aux comportements des animaux :

-          la Victime serait le « toutou », qui correspond au comportement passif : il respecte les droits des autres mais ne fait pas respecter ses droits

-          le Bourreau serait le « loup », qui correspond au comportement agressif: Il fait respecter ses droits mais pas ceux des autres

-          et le comportement assertif sera associé au « koala » (il ne fait de mal à personne, mais sa nourriture principale étant l’eucalyptus, celui qui le mangera sera empoisonné), qui fait respecter ses droits tout en respectant droit des autres. C’est le rôle au centre du triangle.

 

Pour se sortir du rôle de Sauveur, il est important de se rappeler qu’une demande doit être clairement verbalisée et que le plus important est d’aider l’autre à devenir autonome et non dépendant (mieux vaut lui apprendre à pêcher que lui donner du poisson).

 

Enfin, puisque nous parlons de « jeux » comme au théâtre, il est important de se rappeler que lorsque nous sommes acteurs, nous vivons une Tragédie, alors que si nous sommes spectateurs, nous vivons une Comédie !

 

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