COMMENTAIRES DES ROMANS

 

Le dernier commentaire reçu m'a montré qu'il était temps que je compile tous les autres. Ils sont un peu éparpillés dans l'ensemble. Je vais donc les ranger par ouvrage, dans l'ordre de leur publication. Les liens en rouge ouvrent des pages vers ces commentaires. Si d'autres commentaires viennent par la suite, il me restera à les ajouter ici avant qu'ils se perdent dans la masse.

 

VERTIGES : 

Vertiges2

Mon premier roman publié en 2004 par La Fontaine de Siloé.

Récompensé par:

 "La Plume de l'espoir" décernée par la Société des Auteurs Savoyards.

"Le Prix du Roman" au festival du livre de montagne du parc du Queyras.


par danmasse le Lun 14 Jan 2008 17:57

La Fontaine de Siloe 2003. Roman.

Max est petit, musclé, nerveux. C'est un grand grimpeur. Il n'a pour objectif que d'être le premier à gravir de nouvelles voies. Son compagnon de cordée, Jonathan, est un géant très costaud, mais il est ravi de suivre les traces de Max, qu'il admire profondément. Jonathan est un doux rêveur, très sensible à la beauté des paysages.

Ils partent ensemble pour une grande première sur une paroi éloignée de tout, genre face Sud du Mont Blanc. C'est dur, très dur, mais tout se passe bien, jusqu'à ce que... L'accident arrive, et Jonathan doit déployer des efforts immenses, inhumains, pour tenter de sauver son compagnon... Le retour est un long calvaire, et son esprit vagabonde...

Très bien écrit. Un excellent roman.

http://www.masse-fr.com/forum/root/viewtopic.php?f=1&t=226


  •  Giuseppe Barbolan | 23/05/2012

Une histoire forte qui vous prend au tripes du début à la fin, dans un crescendo qui vous laisse aussi exténué que le héros du livre. Plus qu'une histoire même, un roman initiatique qui nous donne de l'énergie et nous incite à avancer, à aller le plus loin possible, à faire de l'adversité même, le terreau de notre transformation intérieure, qui nous fait grandir et devenir libres. Merci Thierry pour cette magnifique leçon de vie.
Joseph


  • Robert | 18/12/2012

bonjour Thierry,

j'ai terminé la lecture de "vertiges"!

je dirai "vertigineux"!!

j'ai encore des crispations dans le ventre, tellement je me suis pris a la lecture de votre ouvrage !

j'étais dans l'histoire et avais l'impression de souffrir ce qu'ils souffraient!!

sincèrement il y a longtemps que je n'avais pas ressenti une telle impression a la lecture d'un roman!

vous êtes "un grand"!!

je vous souhaite de grands succès en librairie, vous le méritez!

merci encore pour ces très bons moments de lecture,

au plaisir de lire "noirceurs des cimes", qui, peut être me laissera la même impression;

cordialement Thierry

Robert


  • laura millaud (site web) | 14/08/2016

Mon billet sur "Vertiges" :

Je n’aime pas vraiment marcher. Je n’aime pas vraiment la montagne. Je n’aime pas le froid. Malgré tout, je viens de terminer un livre qui est le récit de l’ascension d’une montagne ! Paroi serait peut-être le mot adéquat ?
Jamais je n’aurais acheté un livre sur ce sujet. Et pourtant … quand au bout du stylo, il y a un tel talent, c’est possible !

Max & Jonathan.
Max, de taille moyenne, un taiseux, « toujours enfermé dans ses silences ». Son but ultime : Ouvrir le 1er une voie où jusqu’à présent ils ont tous échoué.
Jonathan : Grand, doux, le seul qui accepte les silences de Max sans se plaindre.
Ils grimpent. Pendant tout le livre ils grimpent.
Le poids des sacs à dos.
Effrayants les « relais » où ils se reposent, les « plates-formes » où ils passent la nuit ! « Ils s’installèrent pour la nuit à 200 m du sol », je ne l’imagine même pas !
A chaque pas, le danger est là, omniprésent.
Max et Jonathan vont au bout de leurs forces, d’eux-mêmes.
Bien sur les amoureux de la montagne comprendront bien mieux tout ce qu’ils peuvent éprouver durant cette ascension.

Nous entendons les pensées de l’un et de l’autre et surtout nous assistons aux difficultés grandissantes, aux douleurs physiques, psychologiques.
Ce n’est pas un polar mais il y a un suspens très fort qui vous incite à tourner les pages encore et encore. J’ai souffert avec eux.
Juste deux personnages qui emplissent totalement votre esprit. Les deux sont très attachants, chacun à sa façon.

Pas de femme ? Si, il y a Julie. A priori personnage très secondaire qui prend une place majeure dans la 2eme partie du livre.

Au-delà de la montagne, la psychologie des personnages est très fouillée. Chacun porte en lui sa complexité, ses contradictions, ses peurs, ses espoirs.
Arrivée aux dernières pages, j’étais impatiente de connaître la fin et pourtant je ne voulais pas y arriver. Je ne voulais pas refermer ce livre.
Vais-je pouvoir lire un autre auteur ?

C’est le 3ème livre de Thierry .LEDRU que je lis (le 2eme je ne peux pas en parler pour l’instant) et je crois que j’ai trouvé l’écriture qui me correspond. Je m’y glisse et je m’y sens si bien !
Ses livres sont un univers à chaque fois, un monde qu’il a construit et qui vous avale. Il y a avant et après ses livres.
Heureusement que Thierry .LEDRU écrit beaucoup, je sais qu’il me reste des livres de lui à déguster !

 


Marie BARRILLON

4,0 sur 5 étoiles Deux hommes, une montagne... pour la vie

Commenté en France le 23 août 2015

Ils sont deux, Max et Jonathan, adeptes des montagnes. Tous deux subjugués par les beautés que seules leurs hauteurs dévoilent, les mystères qu’elles exposent. Pour eux "la montagne est une magicienne […] On la regarde et puis on oublie tout." Tout est dit en si peu de mots pour comprendre leur passion.

Max est le premier de cordée et pour lui "seul l’effort pouvait atténuer les brûlures qui le dévoraient". Jonathan savait cela, il le suivait en respectant son silence car il n’oubliait pas non plus que "Max ne parlait pas pour rien".

Cette montagne, Max n’ignorait pas son existence, il connaissait le coût que pouvait représenter l’amour qu’on peut lui porter, des guides "avaient redescendu les corps de Barthélémy et de son frère". Il avait appris les dangers, nombreux, qu’elle cache sous les beautés qu’elle nous montre.

C’est ainsi que les deux hommes entament leur ascension, Max en tête, c’est immuable entre eux : "Sans le quitter des yeux, Jonathan laissa filer la corde. Désormais ils seraient unis par ces deux brins colorés et sans cesse, grâce à eux, ils s’éloigneraient et se retrouveraient".

Leur évolution est bonne et elle se déroule bien mais avec la montagne rien n’est jamais acquis. Tout va bien, Max est en tête, Jonathan suit quand c’est à son tour de grimper.

Une frayeur, puis deux, vont quelque peu éreinter Jonathan. Cependant, la montagne qui sait être une belle amie peut se révéler être notre pire ennemie lorsque l’on ne s’y attend pas. Elle va secouer les deux hommes au moment où "une vague de rochers s’abat sur eux".

Max est blessé, inconscient. Jonathan encaisse la peur, "il pense que ça ne s’arrêtera plus, qu’il est condamné à tout jamais, tant que son cœur n’implose pas sous les coups répétés de la peur".

Malgré les accidents constatés, Max "n’aimait pas qu’on traite la montagne de meurtrière. C’est l’homme qui décidait de s’y perdre et de chercher". Alors, lorsqu’elle étale ses beautés, l’homme répond à cet appel en souhaitant les découvrir de plus près, parfois trop près.

Même pour un alpiniste aguerri, rien n’empêche la montagne d’agir selon ses lois et lorsque le mauvais temps décide de s’associer à elle, la vie n’est plus qu’un mince fil auquel nous sommes suspendus. Et pour ces deux hommes là, "le plaisir s’imposait au-delà de la raison et de ses sempiternelles mises en garde. […] Ils vivaient en quête d’un absolu au-delà de l’oubli des hommes, qui est plus terrible que la mort".

Parce que c’est bien cela qu’allaient chercher ces hommes sur des sommets toujours plus hauts, l’oubli de la vie d’en bas, celle des autres parmi lesquelles ils ne se sentaient pas vivre.

La chute des rochers ne les a pas épargnés. Max reste inconscient, Jonathan décide de continuer l’ascension non sans questionnement, non pas seul non plus, mais avec Max sur son dos. A quel moment la folie nous gagne ? A quel moment, nous permet-elle d’accéder à de tels dépassements de soi ?

Jonathan n’abandonnera pas, il veut aller jusqu’au bout de ce pour quoi ils ont entamé cette ascension, et pour cela, tout en lui va se décupler, mais la raison… elle…

Pour Jonathan, à cet instant que nous n’imaginons pas traverser nous-mêmes, "il s’agissait de recentrer les forces de l’individu dans des luttes qui lui appartenaient. C’était une histoire simple. La simplicité qu’il n’avait jamais rencontrée dans le monde des hommes".

Au prix d’efforts surhumain, mais également "inhumain", Jonathan va parvenir au sommet pour ensuite entamer la descente sur un autre versant. Toute réalité semble l’avoir quitté, cependant, ce n’est plus cela qui compte à présent. Au plus profond de lui, "l’instinct de survie interdit au cerveau toute intrusion. Les pensées sont annihilées. Le geste parfait a établi son règne. […] On ne devient pas soi sans sacrifice".

Thierry LEDRU nous offre, là, un concert d’émotions en tout genre mais pas que… Il nous invite maintes fois à la réflexion par une succession de petites phrases de poids. Dans ce roman où parfois on a l’impression que la raison s’échappe, la nôtre prend corps inévitablement.

Voici donc un bel ouvrage qui vous fera frissonner, rêver, sourire parfois, réfléchir aussi. À acquérir sans aucune hésitation !

Marie BARRILLON
(Auteur et chroniqueuse littéraire)
(D'autres chroniques sur le blog)


 

NOIRCEUR DES CIMES

Noirceur des cimes 4

Mon deuxième roman publié chez ALTAL EDITIONS en 2007.

 

16/08/2016

 

http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/archive/2016/08/16/

 

Encore un livre de Thierry LEDRU, le 3ème édité. Je ne m’en lasse pas, bien au contraire.

Celui-là a le même sujet de base que « Vertiges », la montagne. Cette fois, c’est le K2. K2 ? Un résultat de maths ? Je vous mets un minimum d’explications si vous êtes comme moi, totalement ignorante sur les montagnes.

Le K2 fait partie de la chaine de l’Himalaya. 2e plus haut sommet du monde. Sur la frontière entre le Pakistan et la Région autonome du Xinjiang, en Chine. Le '8 000' le plus difficile à gravir. Le sommet est presque aussi dangereux à la descente (40 % des morts) qu'à la montée (60 % des morts).

Ca donne envie ! 

Le must pour ces fous d’alpinistes, c’est de gravir les 10 sommets qui sont au-dessus de 8000 m.

Revenons au livre : 4 amis, Etienne, Axel, Luc et Tanguy vont grimper le K2.

Au cours du livre, on apprend à connaître chacun d’eux. Le seul qui ait une amie fixe dans sa vie est Luc. Sandra. Elle l’a accompagné jusqu’à un camp de base pour l’attendre et écrire. Les deux ont une opinion très négative sur leur couple et leur avenir ensemble.  

L’auteur nous fait entendre les pensées de chacun, au fur et à mesure des difficultés pour lui et de l’attente pour elle. Thierry Ledru décrit très bien les états d’âmes. On croit qu’on est spectateur et qu’on le restera mais son écriture ciselée nous invite à réfléchir sur notre propre vie et c’est passionnant.

Comment une relation évolue, qu’elles en sont les conséquences ?

De la même manière, les quatre hommes partent avec ce qu’ils croient être leur personnalité et les ingrédients violents de la montagne va nous dévoiler d’autres facettes.

 Chaque place de la cordée a un sens que chacun vit à sa manière, et les changements sont rarement les bienvenus. Quel est le rôle de chacun ? Pourquoi est-on attaché à sa place ?

La recherche du dépassement de soi. C’est officiellement ce que les alpinistes recherchent en se lançant ces défis de toujours plus haut, toujours plus difficile, toujours plus risqué. Est-ce uniquement masculin ? N’y-a-t-il qu’en montagne que ce défi est possible ? N’avons-nous aucune occasion dans la vie de la vallée ?

Dépassement de soi, on devrait peut-être plutôt dire, recherche de soi, ou dépassement de notre zone de confort ? Sortir de nos habitudes, casser nos raisonnements, ouvrir notre esprit, loin des pressions sociales et de celles que l’on se met soi-même.

Vous l’avez compris, impossible de lire un livre de Thierry Ledru sans remuer ses méninges, on réfléchit sur de nombreux sujets, des sujets importants qui nous touchent tous.

Comme dans « Vertiges », Thierry Ledru nous tient en haleine durant toute cette expédition avec un suspens incroyable, plus solide que dans de nombreux polars.

Ses livres sont un univers, son écriture nous guide à travers des voies différentes, on en ressort différent, avec des idées nouvelles, des questions.

Un matin (25/07) j’ai entendu à une émission sur la philosophie sur France-Inter,  l’invité dire« Les textes de Socrate incitent à la réflexion », j’appliquerais cette phrase aux livres de Thierry Ledru.

 

http://www.skitour.fr/librairie/136-noirceur-des-cimes.html

Avis des internautes "Noirceur des cimes"

» Baldor, le 13.12.07

Dire que la lecture de ce livre est facile serait sans doute un peu exagéré, mais l'action est toujours présente, dramatique, et l'on a envie de savoir comment les choses vont évoluer. Les descriptions sont précises, crédibles. On comprend que l'auteur parle d'un sujet qu'il connait bien.

Et, évidemment, le lecteur est fasciné du cheminement intellectuel de ces deux êtres pourtant si différents.

A lire, donc. Et si vous ne comprenez pas tout, ne désespérez pas : vous ne serez sans doute pas le seul...

» agnes, le 26.08.08

Très bon roman qui apporte beaucoup de réflexion.
Cependant, parfois un peu long, l'auteur se répète et s'éternise sur certains passages.

» lokteff, le 21.09.08

super bouquin ! on ne s'ennuie pas, l'auteur sait vous tenir en haleine au fil des pages. On ressent aussi un cheminement intérieur de l'auteur, ce qui ajoute de la profondeur à la lecture. Je recommande ce livre.

Françoise

5,0 sur 5 étoiles Des trésors

Commenté en France le 10 septembre 2010

"Vais-je trouver les mots justes pour traduire mes pensées, mes sentiments quant aux romans de Thierry Ledru? (Vertige et Noirceur des cimes)Car il s'agit pour moi de vrais trésors et non pas de romans que j'aurais simplement adorés. Une prouesse difficile que celle d'emporter les lecteurs au sein des montagnes, de les faire trembler, haleter, sourire, pleurer, les amener à tendre eux-mêmes tous leurs muscles, toute leur volonté comme devenus eux-mêmes ces amoureux fous d'une amante indomptable mais si belle. Une prouesse accomplie quand de plus nous plongeons au coeur des hommes, dans le labyrinthe de leurs questions, émotions, sentiments, de leur rencontre avec leur âme, avec... Le coeur bat dans l'aventure de l'ascensson, dans celles que sont nos existences. Mais rien ne s'impose, une invitation discrète à entrer un peu en nous-mêmes, pour voir, seulement si on le veut. Le respect du lecteur est total, pas la moindre ombre d'un dogme d'aucune sorte. J'y ai vu des allégories de nos vies, cela m'appartient et n'est en rien obligatoire pour goûter ces instants exquis de lecture. Et, oh merveille! Une écriture souple, fluide, emprunte de gracieuse mais légère poésie, de par sa forme c'est elle qui nous transporte dans ces mondes, nous y love, pourtant, elle aussi se fait si dicrète. Une belle écriture, pour moi, est justement celle que l'on oublie en lisant mais dont on se souvient si agréablement. C'es tellement beau, tellement simple et tellement grand!Après ces lectures, à Thierry Ledru, l'auteur, j'ai tellement envie de dire : MERCI!Françoise."

 


 

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/15643

Noirceur des cimes de Thierry Ledru
La note: 10 etoiles

Visites : 931 

aventure et spiritualité

Ils sont quatre amis alpinistes. Ils veulent gravir le K2, un sommet himalayen, par une des voies les plus techniques. L'engagement est total et la retaite quasiment impossible. Ils doivent passer par le sommet pour rejoindre une descente connue mais néanmoins redoutable.
Luc, un des protagonistes n'a pas pu empêcher Sandra, sa compagne, de le suivre jusqu'au camp de base. Leur amour s'étiole.

Luc est un homme simple, charpentier de son état. Il veut devenir guide. Sandra, sa compagne, fait des études de philosophie, et prépare même un essai sur la quête spirituelle. Elle aimerait fonder une famille et que Luc abandonne les hauts sommets. Elle n'est pas passionnée de montagne. Elle a accompagné Luc jusqu'au camp de base, pour profiter de la tranquillité et travailler sur son livre.

Luc grimpe. D'étranges ressentis l'envahissent peu à peu, des révélations prennent place, des voyages intérieurs l'entraînent dans des réflexions inhabituelles.
Luc a décidé de se séparer de Sandra : elle est trop intellectuelle pour lui, et il ne comprend pas bien ce qu'elle lui raconte. Sandra, de son côté, a également décidé de se séparer de Luc : elle s'est rendu compte que la montagne occupe toute sa vie, et ne lui laisse aucune place.
La fin de l'ascension tourne mal... Le temps se gâte, il neige, des avalanches se déclenchent...
Des pensées assaillent Luc. Il comprend beaucoup de choses. Il se découvre lui-même.
Sandra pense également beaucoup. La radio qui les unit étant souvent silencieuse, elle s'aperçoit qu'elle est tout de même très proche de Luc, qu'elle peut l'aider en le soutenant par la pensée.

Les voies intellectuelles qu'ils suivent deviennent similaires, elles les rapprochent, les âmes se dévoilent dans l'âpreté des conditions de vie, dans l'incertitude constante et les angoisses qui s'accumulent...
En chacun l'être réel finira par se révéler dans la noirceur des cimes...

Ce n'est ni un livre d'alpinisme ni un essai philosophique mais le mélange des deux. Pas besoin de connaître la montagne pour suivre. Les descriptions sont suffisamment claires pour se représenter ce que les alpinistes endurent. Pas besoin non plus d'avoir une agrégation de philosophie pour suivre les réflexions des deux personnages principaux.
Autant dans le fond que la forme, ce livre est une réussite. Une belle écriture.Et des interrogations qui nous renvoient à nous-mêmes.


 

LÀ-HAUT

Image 2

"25 juillet 1995. Jean, guide de haute montagne, est dans le RER avec Blandine, la femme qu’il aime.
Arrive la station Saint-Michel… Attentat.
Sa dernière image de Blandine est celle de son visage ensanglanté, de son regard vide, de la tache carmin qui s’étend sur sa poitrine.
Il se réveille à l’hôpital. Il comprend. Le vacarme de l’explosion, l’effroyable douleur, les cris et puis ce tunnel de lumière…
Une jambe amputée sous le genou. Un morceau disparu.

 

Un chemin spirituel...
Que reste-t-il quand on a tout perdu ? Avec quelles forces Jean va-t-il pouvoir se reconstruire ? Quel sens pourra-t-il donner à son existence ?
Les montagnes. Le silence. Les regards intérieurs, l’exploration de tous les gouffres. Laisser l’hiver de la vie réduire en terreau fertile les souvenirs les plus destructeurs.

Accepter. Et aimer enfin. Soi et l’Autre."

Les éditions du 38


  • 1. Bénédicte | 28/01/2012

C'est épouvantable et pourtant il y a une beauté ineffable. Stupéfiant.


  • 2. Charlotte | 04/12/2012

J'aime beaucoup la "fin", le passage sur la reconstruction.. :)


Tout simplement MA-GNI-FI-QUE !
Pour tout dire, je ne lisais plus depuis Noël car j'avais été déçue par un recueil de nouvelles de Jean-Philippe Toussaint et par le dernier Laurent Gounelle (un peu trop commercial à mon goût), mais là je me suis régalée. Cet auteur n'a rien à envier aux plus "grands", c'est beau, tout simplement, donc ça touche, forcément. Merci


  • 7. laura millaud (site web) | 14/08/2016

Mon billet sur "Là-haut" :

Thierry LEDRU, je le suis depuis très longtemps. Depuis l’époque où j’avais envoyés des manuscrits aux éditions Laura Mare chez qui était déjà édité Thierry LEDRU : « Jarwal le lutin » (4 tomes), un roman jeunesse.
Avant, il avait sorti des livres pour adultes.
En parallèle, je lisais son blog où il nous faisait partager sa vision du métier d’instituteur : (En espérant ne pas me tromper) : avant même de leur apprendre à compter il leur enseignait la philosophie ! Beau projet et surtout beau challenge !!
J’ai aussi suivi avec une profonde tristesse son départ de l’éducation nationale. Et son désespoir.
Je ne vous raconte pas sa vie, je ne connais que ce qu’il veut bien nous livrer sur son blog mais plus qu’un autre auteur, (j’en ai eu confirmation après avoir lu « là-haut »), ses livres sont un prolongement de lui-même.

Je n’ai pas lu Le lutin ni les autres.
Ces derniers mois, quelques livres avaient été édités en numérique … mais là, les livres en numérique …. Vraiment je n’y arrive pas. J’aime trop l’objet livre.
Et puis, récemment, « là-haut » a été édité en livre papier et je l’ai commandé. Pourquoi maintenant ? Pourquoi celui-là ? Je l’ignore.

Alors « Là-haut » ….
En quelques mots, un homme, Jean, est victime de l’attentat de St Michel en 1995 et ce livre raconte sa reconstruction. Sa Reconstruction avec un immense R ! On entre dans sa tête et on avance lentement, avec lui. Ses nombreux questionnements : sur sa vie d’avant, le sens de la vie, la mort, Dieu, l’amour, la relation aux autres, la relation avec soi.
Ce n’est pas un livre de plage ou alors vous risquez de griller sans même vous en apercevoir.
Jean est un personnage attachant, on est heureux de faire ce chemin à ses cotés. En plus, il est courageux psychologiquement, un homme qui essaye de ne pas se mentir, un homme qui écoute plus son cœur que ses peurs !
Dès que la bibliothécaire entre dans l’histoire, la respiration se fait plus légère et le suspens augmente… je n’en dirais pas plus.

C’est un livre qui fait réfléchir à sa propre vie, ses attitudes, ses questions.
Je connais plusieurs personnes qui trouveront de nouvelles pistes de réflexion par rapport à leur propre situation…

Quant à son écriture …c’est du lourd !!! Chaque mot est important, aucune phrase n’est inutile. J’ai eu l’impression que le style s’adaptait aux pensées et à l’évolution de Jean.

Vous l’avez compris c’est un GRAND livre.


  • 9. Fabien | 17/09/2016

Bon, c'est simple, au niveau de l'écriture, je ne sais même pas si je peux trouver quelque chose d'aussi puissant dans mes dernières années de lecture. Quant à l'histoire, elle est malheureusement terriblement d'actualité. Fascinant dans l'introspection et l'analyse des tourments, bouleversant dans la description des émotions et pour un amoureux de la montagne et de la nature, un miroir merveilleux de mes propres expériences. Chapeau bas Monsieur Ledru.

 


Ludwig Jean Sébastien

4,0 sur 5 étoiles Hymne à la résilience

Commenté en France le 10 novembre 2015

Attentat dans le RER à la station Saint Michel. De passage à Paris, Jean, guide de haute montagne, est grièvement blessé. Blandine, la femme qui l'accompagne, déchiquetée par l'explosion de la bombe, meurt immédiatement. Quand Jean se réveille sur un lit d'hôpital, c'est pour apprendre qu'il a été amputé sous le genou et qu'il ne reverra plus jamais celle qu'il aimait. Il est désespéré. Il sait, qu'avec une jambe en moins, il ne pourra plus jamais exercer son métier. Dès son retour en Savoie, il se remet à marcher et même à grimper avec sa prothèse. Un beau jour, il fait la connaissance d'Isabelle, jeune et charmante bibliothécaire blonde qui, comme lui, s'intéresse aux questions de spiritualité.
« Là-haut » est un roman émouvant et prenant qui aborde un thème difficile et assez rarement traité, celui du handicap et d'un handicap particulièrement cruel et injuste, celui qui est causé par un attentat terroriste. Le lecteur suit pas à pas le héros dans sa longue et lente progression pour échapper par le haut à l'enfer dans lequel il a été plongé. Tout est si minutieusement détaillé par l'auteur, si finement observé qu'on se dit que ça sent le vécu. Même si l'auteur dérive un peu beaucoup dans la métaphysique (recherche de preuves de l'existence de Dieu, citations de paroles de sagesse hindoue) et affiche un anticléricalisme militant, l'ouvrage reste un témoignage puissant qui ne pourra laisser personne indifférent. D'autant plus que Thierry Ledru, qui possède un style très personnel, très efficace et de très bonne facture, sait rendre son propos particulièrement percutant. Un très bel hymne à la résilience, au courage et à l'amour.


MR

5,0 sur 5 étoiles Tout simplement magnifique

Commenté en France le 28 juin 2015

Pour tout dire, je ne lisais plus depuis Noël car j'avais été déçue par un recueil de nouvelles de Jean-Philippe Toussaint et par le dernier Laurent Gounelle (un peu trop commercial à mon goût), mais là je me suis régalée. Cet auteur n'a rien à envier aux plus "grands", c'est beau, tout simplement, donc ça touche, forcément.


Isabelle

5,0 sur 5 étoiles tellement magnifique

Commenté en France le 17 septembre 2015

un roman qui marque, et laisse des traces même longtemps après la lecture. Une leçon de vie et d'espoir, un chemin de lumière. A lire !


 

 

LA-HAUT : Pré-sélectionné

LA-HAUT : "La Muse en parle"

LA-HAUT: Commentaire (1)

LA-HAUT : commentaire (2)

LA-HAUT : Commentaire (3)

LA-HAUT : Commentaire (4)

LA-HAUT : Un commentaire inoubliable

 


 

 

LES HÉROS SONT TOUS MORTS

005480405 2

 

CAJIM

5,0 sur 5 étoiles C'est un beau roman...

Commenté en France le 9 septembre 2018

Achat vérifié

... et une belle histoire que celle de cette mallette pleine d'argent. D'abord pcq si cela nous arrivait, qui peut dire ce que nous en ferions, et l'auteur exploite le champ des possibles en campant divers personnages qui doivent faire un choix, rapide, dans l'urgence, et décider de l'avenir d'une telle somme (plus d'un million d'€ tout de même). La narration change avec chaque personnage, ce qui est signe d'une grande maîtrise d'écriture. Une maîtrise qui frôle l'excellence lorsque ce personnage est la championne de course en montagne. On sent que l'auteur connait le sujet, et les phrases, courtes, rythmées, précises, aux métaphores et personnifications judicieusement choisies m'ont accroché à l'histoire dans laquelle, finalement, cette mallette est accessoire. Il en va de la nature humaine avant tout, de sa pesanteur, de son manque de recul, de sa vision limitée par le bout de son nez... J'ai été agréablement surpris par la qualité d'écriture de Thierry Ledru, car le thème au départ ne m'inspirait pas spécialement et le genre encore moins. Pourtant, j'ai découvert un rythme et une technique de rédaction riche, dont il a su dompter l'élan qui semble inépuisable. Il aime écrire, cela se sent, on sent aussi dans cet élan une réelle générosité envers ses lecteurs.
J'ai noté quelques phrases que j'ai trouvé magnifiques. Lorsque l’héroïne court dans la montagne : "Fluidité des foulées, le souffle régulier, alternance des bras, tirer en arrière, appuyer sur les bâtons, sentir l'enroulement de l'épaule à chaque poussée, ouvrir la cage thoracique, ne pas se crisper, repérer les tensions, les déséquilibres, les mouvements parasites, ne pas laisser les inquiétudes se nourrir des énergies intérieures."
"Des nuées de brumes valsaient lentement dans des arabesques animales. Elles se retrouvaient parfois englobées par des nappes froides, des cotons translucides qu'elle traversait comme des marées légères puis survenaient étonnamment des courants tièdes, des haleines opaques qui l'isolaient de tout puis s'effaçaient subitement, effacées par des vents teigneux."
"Sa vie entière dans la dimension d'un pas, une vie, une autre, une vie, une autre, chaque appui concentrant l'intégralité de sa puissance, chaque avancée comme une épuration."
Et celle-ci qui reflète peut-être le mieux la finalité du roman : "Arrête de penser quand ça ne sert à rien. Tu manges quand tu as faim, tu bois quand tu as soif, tu dors quand tu es fatiguée, tout cela est nécessaire parce que ton corps en a besoin. Fais la même chose avec ton esprit, apprends à penser quand c'est nécessaire. Là, tu pourras saisir la réalité. Sinon, tu l'étouffes."
Bravo à cet auteur pour ce gros travail d'écriture.


 

Mille et une pages L et M

500 PREMIERS REDACTEURS D'AVIS

5,0 sur 5 étoiles Très bonne lecture

Commenté en France le 8 novembre 2018

Le commentaire de Martine :
L’histoire tourne autour d’une mallette remplie d’argent, et l’urgence d’agir vite et de faire des choix éclairés afin de bien dépenser cet argent. Plusieurs personnages avec une narration totalement différente, des personnages hauts en couleur qui vont avoir près d’eux cette mallette qui les fait bousculer d’un côté obscur de leur personnalité.
Thierry Ledru a un talent hors du commun pour manier le verbe, il a aussi une immense imagination pour nous créer des personnages marquants. Une intrigue captivante qui est superbement rythmée qui ne laisse pas la chance au lecteur de vouloir arrêter sa lecture. Il nous présente une fine analyse de la noirceur de l’humain pour le péché de l’avarice.
J’ai aimé ma lecture qui fut enivrante et très attrayante.

 


 

JUSQU'AU BOUT

Image 3

Mille et une pages L et M

500 PREMIERS REDACTEURS D'AVIS

5,0 sur 5 étoiles Très bon moment de lecture

Commenté en France le 25 mars 2019

Le commentaire de Martine :
Thierry Ledru nous présente encore une bonne histoire qui a pour but une quête afin de se retrouver, de trouver "le soi", et aussi les forces qui vont nous faire avancer dans la vie.
Comme dans toutes les histoires de Thierry, on va avoir un personnage qui va avoir besoin de se découvrir, et c’est dans la mission qu’il va peut-être étancher sa soif de trouver le sens de sa vie. Pierre aura la chance d’avoir un poste d’enseignant dans un petit village de la Bretagne. Il aura huit enfants dans sa classe, et c’est en côtoyant les enfants qu’il va sentir surgir en lui une vitalité qu'il ne connaissait pas. Toute la stimulation de ces journées auprès des enfants va brusquer un père de deux garçons et la relation négative et mouvementée entre Pierre et ce père, mais elle va engendrer de la violence du paternel, tandis que pour Pierre, c'est un sentiment de surprotection envers les deux fils de cet homme.
Un roman qui bouge et qui brusque du côté des émotions, Thierry Ledru a un talent pour travailler avec le plan psychologique de ses personnages. J’aime la façon dont l’auteur joue avec les personnages, leurs quêtes, leurs émotions, nous sommes automatiquement happés par l’histoire de Pierre qui est un personnage auquel on s’attache dès le départ. Je vous recommande de lire ce titre qui m’a vraiment touché puisque je me questionne toujours jusqu'où est prêt à aller, l’être humain pour trouver le sens de la vie.

 


  • 3. Fabrice | 20/06/2019

Bonjour
Un ami m'a prêté votre livre mais c'est pas que un livre, c'est un film, un sacré voyage dans la france mais aussi dans la tête de ce gars. ca amène à se demander si la situation du monde n'est pas tellement grave qu'il faudrait des gens comme Pierre, des extrémistes et en même temps ça fait peur d'en etre la.
pendant la lecture j'avais des musiques qui me venaient en tête et des visages d'acteurs aussi, en plus des paysages que vous décrivez si bien. Depardieu en Miossec, ça serait parfait. et gaspard Uliel pour le rôle de Pierre, Villeret aurait fait jacquot, adèle exarchopoulos prendrait le rôle de Yolanda, elle serait si belle, nue sur les plages des landes.
c'est un très beau livre et puisqu'on me l'a preté, maintenant je vais l'acheter pour l'offrir.


http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/?

« JUSQU’AU BOUT » de Thierry LEDRU aux éditions du 38

De Thierry LEDRU, j'ai déjà lu :

Noirceur des cimes : http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/archive/2016/08/16/noirceur-des-cimes-de-thierry-ledru-edite-chez-altal-editio-5836830.html

Vertiges : http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/archive/2016/05/16/vertiges-de-thierry-ledru-aux-editions-la-fontaine-de-siloe-5802619.html

Là haut : http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/archive/2015/07/05/la-haut-de-thierry-ledru-au-editions-a-o-andre-odemard-5651547.html

 Kundalini  : J’ai eu l’honneur de le lire avant qu’il ne soit édité, raison pour laquelle je n’ai pas écrit de billet sur ce livre. C’est un roman absolument magnifique et grandiose.

Le livre :

Pierre est un instituteur, jeune, son 1er poste. Avant il était éducateur.

Il a une haute opinion des enfants et de l’éducation qu’ils doivent recevoir, de ce qu’ils doivent trouver à l’école. Il possède aussi un grand respect et amour de la nature.

Il ne supporte pas les personnes qui dégradent la nature, ceux qui ne comprennent rien aux enfants et ne s’en occupent pas ou sont à la limite de la maltraitance. Nous aussi on déteste ces gens-là, mais généralement on s’arrête là. A la critique et l’incompréhension. Pas lui. Lui, va jusqu’au bout de son idée.

Même si je comprends le raisonnement de Pierre, j’ai eu du mal avec ce héros, je ne l’ai pas aimé. Il est inquiétant. Dérangeant. Souvent, j’ai eu peur de ce que Pierre allait faire.

Faut-il aller jusqu’au bout pour sauver la planète ? L’éducation des enfants ?

Les passages avec sa classe sont plus doux, apaisants, rassurants.

Ce livre est volontairement perturbant. L’écriture ciselée de Thierry LEDRU augmente chaque moment de tension et aussi chaque moment de bonheur simple.

Cette lecture a été un sacré voyage, un peu douloureux.

Tous les livres de Thierry LEDRU nous incitent à réfléchir sur des sujets sensibles et importants, à ouvrir les yeux et à être lucides, même si ce n'est pas très confortable.

JUSQU'AU BOUT : Commentaire (2)

 


Jusqu'au bout (12)

Sélectionné en mai 2013. Texte écrit par Thierry Ledru

Un assassin si sympathique!

Je découvre le roman de Thierry Ledru, un peu en retard donc. Mais ce douzième chapitre m'a aussitôt donné l'envie de lire depuis le début, ce qui est une pratique assez... pratique. Thierry a un don pour nous décrire des horreurs sur un ton jubilatoire, comme si dépecer un cadavre était la chose la plus naturelle qui soit. Et dans cette macabre comédie, l'auteur trouve le moyen de glisser quelques passages de cette sagesse que l'on retrouve assez régulièrement dans ses textes. Le tout forme un coktail des plus agréables que je ne peux que vous inviter à goûter.

 


Comme je l'avais précisé il y a quelques temps, Franck dit Bart a lu deux de mes romans : "Jusqu'au bout" et "Kundalini".

Il m'a contacté avec l'envie d'écrire un article sur ces deux romans puis de faire une interview.

L'ensemble de ce travail est paru dans le dernier numéro de la revue "La vie au soleil" . 

Franck m'a prévenu qu'au regard de la taille de l'article, tout ne serait pas publié. Je poste ici l'ensemble de cet article. Et je le remercie une nouvelle fois ainsi que la directrice de publication. Je sais combien c'est rare d'obtenir une telle "vitrine".  

L’image contient peut-être : une personne ou plus et océan, texte qui dit ’36-37 avie aus leil Formation SOCGIETE Une Oeuvre, un regaro Un autre Klimt Bas les masques Lire Enlivrez-vous de naturisme Art & Culture NUDE in landscape PAGES DE Jeux DANS ce NUMÉRO Si demain le naturisme LES ENFANTS ET LA NUDITÉ’

Thierry Ledru, c’est du lourd et du tangible au fil des pages de ses deux invitations aux voyages, à travers ses deux romans « Jusqu’au bout » et « Kundalini ». Où les personnages se dépassent se surpassent jusqu’à atteindre d’une certaine façon l’extase de la petite mort en embuscade et embrasser les cimes. L’indifférence ne peut être de mise. Ça passe ou ça casse, histoire de prendre de la hauteur avec humilité et maturité, les corps en émoi et l’esprit éveillé à d’autres cieux plus cléments.


 

«  Vous n’aurez pas ma fleur

Celle qui me pousse à l’intérieur

Fleur cérébrale et fleur de cœur

Ma fleur 


 

Vous êtes les plus forts

Mais tous vous êtes morts

Et je vous emmerde »

«  Vous n’aurez pas ma fleur » de François Béranger (extraits)1


 

A présent, intéressons-nous à deux romans de Thierry Ledru, un écrivain accompli, suivi, soutenu et encouragé par une éditrice attentive et complice de son travail d’écriture hors norme, depuis déjà sept publications aux éditions du 38. Saluons au passage, le courage de son éditrice, qui de son propre aveu, a toujours considéré le roman « Kundalini » comme « un ovni littéraire ».

Il anime un blog : http://la-haut.e-monsite.com/ depuis 2009. Il aime prendre de la hauteur, retracer son ressenti autour de l’actualité présente et de ses romans. Ses sujets d’intérêts sont multiples et sans œillères comme son œuvre littéraire. Il n’écrit pas au départ pour plaire2.

En ce qui concerne les deux romans qui nous occupent, il s’agit de deux pavés d’environ 450 pages chacun format livre, qui prouvent que l’auteur aime filer doux l’éloge de la lenteur à travers ses héros. Ils ne sont jamais pressés de s’accomplir mais s’alanguissent au rayonnement lumineux de la nature qui les accompagne et les éclaire. Thierry se fiche des catégories littéraires et chérit les mélanges des genres sans être bridé dans aucun carcan. Il écrit comme il respire, car pour lui : « ça répond à un besoin vital. Une nourriture spirituelle. (…) L’essentiel c’est de ne pas se trahir ». (in son interview)

Le naturisme ne représente pas l’élément principal mais y a sa place malgré tout. Ne vous attendez pas à croiser Thierry Ledru gambiller au sein de vos villégiatures naturistes préférées. Il est foncièrement allergique à la foule et aux lieux organisés dédiés au nu collectif. Il leur préfère les étendues sauvages en solitude et altitude mais pas seulement. A tel point d’ailleurs qu’il éprouve quelques difficultés à définir le naturisme qu’il conçoit et pratique « Je ne sais pas quel terme conviendrait à mon expérience. Nudisme ou naturisme ou spiritualisme dénudé ». (in son interview)

Une fois posée la quadrature de son univers, on comprend mieux que sa littérature ne s’alimente pas au simple acte gratuit de se nudifier pour s’exposer et y éprouver un certain plaisir.

De l’aveu même de Thierry lors de nos échanges féconds, il avoue que « Dans (son roman) « Jusqu’au bout », le personnage principal trouve dans un rapport à la nudité l’apaisement provisoire de ses douleurs existentielles ». Adios nos amis les Bisounours naturistes précédents, dignes et bons enfants. Entrons dans les arcanes de la dure réalité qui nous bouscule dans nos retranchements. « C’est une histoire pleine de violence et de moments de paix. La violence parmi les hommes et la paix dans la nature ». Un éditeur dépité par sa prose en longueur s’est écrié : « sexe, drogue, meurtre et philosophie, où voulez-vous que je range ça ? ». J’en conviens, cet auteur est inclassable, c’est tout son charme.

Même si les héros se fatiguent vite au contact des autres personnages sans importance. Néanmoins, ils se grandissent aussi au sein de relations qui les confondent à leur propre néant et leur enveloppe corporelle aux avants postes des merveilles salutaires. Ainsi : « Une rencontre lumineuse avec deux jeunes hollandaises vers Arnouatchot. Mais la force de sa quête reprend le dessus et le pousse à aller jusqu’au bout ».

Quand en plus Thierry choisit un personnage qu’il connait en long, en large de travers, puisque récemment il a pris sa retraite de l’éducation nationale.

Pierre l’instit, son jeune héros hérite d’un premier poste en classe unique sur les Côtes d’Armor. On se situe dans les années 80. Pour celles et ceux qui connaissent la rudesse de nos campagnes et des préjugés que l’on crache à la gueule d’un « estranger » (avec l’accent et l’orthographe du sud !) qui vient s’installer au pays. La Bretagne n’est hélas pas exsangue parfois à ce phénomène de renoncement à s’ouvrir à l’autre. Même si comme le souligne avec justesse ce cher Gilles Servat pour contrebalancer sa « Blanche hermine » récupérée par les fachos. La Bretagne est la seule région qui a élu en son sein un maire noir3. De plus, c’est l’une des contrées qui a le plus résisté au nucléaire. A Plogoff, lieu mythique où le héros va découvrir les vaillants bretons en action.

Avec les enfants ça se passe très bien. Les parents, pour la pluspart mais heureusement pas tous, se contrefichent de lui et de son rôle d’instit. Bien vite Pierre déchante concernant la caste des instits, ses collègues qui se reluisent dans le moule. « Ils sont très doués pour suivre des programmes, es progressions, des emplois du temps, des livres du maître, car eux-mêmes n’ont rien à donner. Ce sont des enveloppes vides que l’éducation nationale s’empresse de remplir avec des dogmes, des règles et une morale. Et durant toute leur carrière, ils recevront du ministère des directives qu’ils mettront un point d’honneur à appliquer à la lettre. Ils seront bien notés par un inspecteur, petit soldat gradé, devant lequel ils trembleront jusqu’à la fin de leur soumission ». (p 48) Je me retrouve totalement dans cette description du corps enseignant du premier degré, sans, pour la grande majorité, afficher une personnalité affirmée et l’esprit critique par trop souvent barré en trompe l’œil. C’est tellement véridique ce corps mort enseignant parfois incapable de penser par lui-même et se remettre en question à force d’être materné. C’est d’autant plus rare de lire dans un roman qui éructe cette vérité criante vue de l’intérieur. Ce système carcéral qui musèle plus qu’il n’épanouit. En plus, cette gent chérit de se reproduire et se fréquenter en dehors des pupitres. Pierre sort avec une instit coincée à tous les sens du terme.

Il s’affronte à Miossec, père d’élève agressif qui a la faculté de réunir derrière lui les autres darons : ses moutons. Il pige niet à la pédagogie de Pierre qui me rappelle en bien des points celle de Célestin Freinet. Basée sur le développement des enfants et leur épanouissement personnel à leur propre rythme, sans chercher à atteindre aucune performance, mais au contraire entrer dans un processus de coopération collective et formatrice, en créant des interactions entre les enfants et la cité, la campagne, la vraie réalité à la porte ouverte de l’école de la liberté et de la citoyenneté.

De toutes ses tensions existentielles, Pierre tente de s’en extraire en lisant Saint-Exupéry. Mais sa violence contenue l’emporte bien vite de l’autre côté du miroir. En défenseur de la nature et en orateur de sa haine ordinaire envers la foule, il s’improvise tueur à gages bénévole et sauveteur éprouvé de la terre. Ce sentiment qui le grignote de l’intérieur l’incite à passer à l’action directe.

Pierre se cherche aussi sexuellement et tâte du masculin. Dans son fourgon aménagé, il sillonne la Bretagne durant ses vacances et tombe un temps entre les filets d’une activiste bretonne. Il se découvre aussi des passions physiques et certaines aptitudes pour l’effort où il ressent la plénitude et parvient enfin à relâcher sa garde. Presque en apnée, il lèche l’écume des vagues, crapahutant de falaises en falaises. Pierre se prend à niquer les dangers, au point de lui enlever l’envie de s’évader en fumettes. Ce corps à corps avec lui-même pour se surpasser et chasser ses chimères lui irradie sa conscience à découvert et ses dérives amères. Il entrevoit enfin l’extase et l’équilibre d’un « Love Suprem » à la John Coltrane auprès de deux jeunes hollandaises, qui cultivent la nudité et la liberté à fleur de peau mutine, sensuellement votre sur la côte Atlantique. Il est submergé par le Tao qui remet en question tous ses repères et préjugés au sujet de l’adéquation corps esprit.

« C’est donner du bonheur à l’autre avant de prendre pour soi, c’est souvent avec le Tao la femme a plusieurs orgasmes et l’homme apprend à garder son plaisir, à garder son orgasme pour le faire grandir. C’est pas nécessaire que le garçon donne son sperme pour avoir beaucoup de plaisir ». (p. 339)

Birgitt et Yolanda représentent désormais la panacée des corps en osmose et dépassent l’orgasme habituel, qui devient trivial du fait de sa mécanique physique des fluides quantiques occidentaux, trépassés avant même d’être nés.

Le roman aurait pu s’achever sur une note optimiste. Mais c’est méconnaitre l’esprit torturé de l’auteur qui aime replonger son lectorat dans la torpeur d’une apothéose de la nature humaine en jachère. Quand le héros enlève ses élèves pour les sauver de l’école traditionnelle ! Tel un avion sans aile, il saute du 7ème ciel sans parachute. Plus dure sera la chute !

Thierry Ledru : « Jusqu’au bout », Les Editions du 38, 2019, 454 pages, 22 euros


 

KUNDALINI, l'étreinte des âmes.

Kundalini web 1

Préface à KUNDALINI

KUNDALINI : préface de Nathalie Vieyra

"Lorsque j’ai commencé la lecture de ce manuscrit, je ne savais pas à quoi m’attendre. Thierry et moi échangions depuis des mois par messages écrits occasionnellement et j’appréciais son écriture, sa culture générale, et l’homme m’intriguait. Nous parlions de nos expériences respectives spirituelles, tantriques, de la kundalini et ses manifestations. Il m’avait soutenu lors de l’auto édition de mon livre « Lâchez prise, promenades au pays de la conscience » en le partageant sur son blog.

Cependant il existe des personnes qui parlent très bien du Tantra mais qui ne le vivent pas réellement dans leur corps, cela se sent tout de suite. Entrer dans la dimension sacrée du corps n’est pas une évidence, demande parfois d’être guidé.
J’ai commencé la lecture et assez rapidement ma curiosité est née, l’envie de connaitre la suite de l’histoire. L’effet miroir fut assez troublant pour moi. Un homme écrit un roman sur une rencontre initiatique, une rencontre entre deux êtres qui se sont déjà rencontrés sans doute dans d’autres vies ? dans d’autres plans ? De nombreux textes plus ou moins sérieux parlent d’âmes sœurs, de flammes jumelles, de famille d’âmes, tentant d’expliquer cette recon-naissance lors d’une rencontre fortuite. Le besoin d’appartenance est fort lorsque l’on vit une telle rencontre. On cherche des témoignages pour comprendre l’inexplicable. Quelqu’un qui vit ou a vécu la même chose va nous rassurer sur l’état de notre santé mentale ! Oui c’est bien vrai, oui ça a du sens et oui, on n’invente pas les impressions d’une familiarité qui dépasse la réalité du moment.
Ayant été initiée par des hommes dans un premier temps, la lecture de ce roman m’a permis de lire ma propre initiation par le cœur, le corps, l’âme, les yeux, la peau, et l’esprit de l’Homme.

Cet homme,l’auteur de ce roman, écrit des échanges entre son héros et son héroïne, des dialogues. Bien sûr chaque histoire et chaque être est particulier, mais certaines vibrations, manifestations énergétiques, questions, échanges sont universels. Qu’il est doux de sentir que la magie existe et qu’elle est partagée par d’autres.


En tant que masseuse tantrique et thérapeuthe psycho corporel, j’ai reçu des personnes en couple, ou de façon individuelle qui venaient avec tant de questions sur des rencontres bouleversantes, leurs sens. La plupart sont bouleversés, perturbés dans une vie rangée par un tsunami sensoriel et émotionnel.

Je pense que ce roman sera une porte d’entrée pour certain(e)s dans ce que peut être la dimension tantrique. Un espoir pour d’autres dans un moment plus complexe de leur existence, car oui tout peut se transformer si on y met de la conscience. Un sourire dans le cœur pour d’autres qui ont vécu une telle rencontre dans leur vie, et ont su en tirer les enseignements.
 

Ce livre est donc d’utilité publique. J’en recommande la lecture en écrivant ces quelques mots. Il fera résonnance et je l’espère, invitera quelques un(e)s à ouvrir quelques portes.
 

Namasté : Mon âme salue ton âme. En toi, je salue cet espace où réside l’univers entier. En toi, je salue la lumière, l’amour, la beauté, la paix parce que ces choses se trouvent aussi en moi. Parce que nous partageons ces attributs, nous sommes reliés, nous sommes semblables, nous ne sommes qu’un."
Nathalie Vieyra 

  • Gaëlle Tournier de Gabriac (site web) | 20/06/2020

Je me suis plongée dans "Kundalini" comme on se laisse porter par l'extraordinaire de l'ordinaire. Bien souvent, j'ai posé ce livre et laissé l'énergie me transporter dans les chemins de la conscience. Merci à Thierry Ledru de nous inviter à ce voyage merveilleux avec une telle qualité de conscience et la magie des mots. Une merveille ! Je recommande vivement !

Perino Maeva

5,0 sur 5 étoiles Merci pour la jolie aventure !

Commenté en France le 10 décembre 2019

Un roman initiatique qui se lit facilement et que j'ai goûté, puis savouré au bord de la piscine cet été. Parfait.
On se laisse emmener par une belle histoire d'amour, les personnages sont attachants et je me suis surprise à penser à eux quand je posais le livre. Kundalini est un joli roman qui cumule beaucoup de qualités et qui ouvre de nouveaux horizons. A lire

 


 

severine maraval

5,0 sur 5 étoiles A lire

Commenté en France le 12 août 2019

Achat vérifié

Très belle histoire sur l'amour tantrique.

 


 

Gilbert CAPUTO-CERNI

5,0 sur 5 étoiles Magnifique

Commenté en France le 26 décembre 2018

Achat vérifié

Un merveilleux voyage au cœur de Soi. Une belle invitation à étreindre l'existence et admirer la Création dans un élan d'amour, dans la danse contemplative de la sexualité sacrée.

 


 

Client Kindle

5,0 sur 5 étoiles Merveilleux

Commenté en France le 17 décembre 2019

Achat vérifié

Deuxième livre traitant de l'eveil de la kundalini, le premier m'avait paru compliqué, long et limite ennuyeux. Rien de tout cela, j ai dévoré cette histoire, qui m'a transportée, émue et beaucoup touchée. Cela donne envie de me plonger davantage dans cette approche de la vie.


 

  • 12. Tantra Kundalini Yoga (site web) | 07/04/2020

Bonjour et merci pour ce partage très fort !
Dans un moment où je n'allais pas très bien, j'ai pris le premier cours de yoga que j'ai trouvé à côté de chez moi et il s'agissait d'
un cours de Kundalini Yoga ! Passé l'étonnement des mantras et des respirations surprenantes je me suis vite pris au "jeu" et j'ai continué de manière assidu ma pratique pour mon plus grand bien être. Je vous invite tous à découvrir la pratique de ce merveilleux Yoga !
Sat Nam

 


  • 10. Anna et François | 29/05/2019

Bonsoir cher Monsieur Ledru.
Nous écrivons à deux mains pour vous remercier de votre ouvrage. Sa lecture a été un révélateur. Nous savions qu'il manquait quelque chose à notre couple. Nous avons toujours été heureux de notre vie commune mais il manquait quelque chose. Vous nous avez offert sa révélation : le massage. C'est incroyable effectivement, c'est bien ce que vous avez si bien décrit. Et c'est incroyable aussi de penser que nous sommes passés à côté de ça aussi longtemps. Croire que le massage est soit médical, soit érotique, c'est ignorer sa dimension spirituelle. Il était impossible que nous ne saisissions pas ce cadeau. Nous avions entendu votre très court passage chez Brigitte Lahaie. Ma compagne avait noté le titre du livre parce que c'était sur la sexualité sacrée. Nous ne savons pas comment décrire cette histoire. C'est bouleversant, réjouissant, merveilleux. Votre écriture est un miracle.
Merci.

 


 

  • 8. Philippe Renaissance | 02/02/2019

Kundalini l’étreinte des âmes de Thierry Ledru me semble, à première vue, être un véritable OLNI (objet littéraire non identifié) pour celui ou celle qui n’a jamais lu ce genre d’ouvrages. Voilà un texte que la plupart des éditeurs actuels rejetteraient tant il est éloigné de ce que l’intelligentsia du monde de l’édition tente nous faire lire. Pas le moindre petit meurtre à l’horizon, aucune histoire d’amour entre une adolescente et un vampire, entre un vampire et un loup-garou, entre un loup-garou et une table à repasser. Pas de course-poursuite, ni de voyage intersidéral ou de voyage dans le temps. Pas un seul magicien, non plus que d’elfes ou d’orques. Aucune violence gratuite, aucune vulgarité, ni de jeux de mots graveleux. Ce n’est pas non plus un énième récit sirupeux à la sauce Arlequin. Vous ne trouverez aucune nuance de gris du genre chéri je t’aime donc fais-moi mal. L’auteur ne cause pas de son nombril, de ses problèmes existentiels, vous n’appendrez rien au sujet de sa mère et vous ne saurez définitivement pas s’il fume ou boit un café après l’amour.
Diantre ! Mais alors, dans ce cas-là, de quoi va-t-il s’agir ?
Facile, le sujet est dans le titre ami(e)s lecteurs et lectrices : Kundalini, l’étreinte des âmes.
Selon Lilian Silburn (1908-1993) une indianiste française, spécialiste de la question : « L’éveil de la kundḍaliniī est, en quelque sorte, l’éveil de l’énergie cosmique qui gît, latente, en chaque être humain. Une telle force étant à la source de tous les pouvoirs, de toute la force, de toutes les formes de vie dont il est capable. »
D’accord, me direz-vous, tout dubitatif que vous êtes. Dans ce cas, ce texte va deviser en long, en large, en travers et en diagonale d’énergie galactique et d’éveil. Ça va être rasoir et fatalement je vais m’assoupir après les premières lignes, reprendrais ma lecture les paupières entrouvertes parce que bon sang de bois ! je veux arriver à la fin pour saisir le sens caché, en tirer la substantifique moelle et… tomberais invariablement dans une profonde léthargie à la page 99, la fameuse page à l’origine de la non moins emblématique théorie éponyme chère à Ford Madox Ford, éminent auteur éditeur britannique.
Eh bien non ! Que nenni ! Pas du tout ! Absolument pas ! Walou ! Rien ! Macache comme disait mon oncle Anatole. Thierry Ledru aborde le sujet tout simplement, par l’intermédiaire d’une rencontre entre deux personnes :
Maud, une professeure de yoga de cinquante-deux ans quittée par son mari sans autre forme de procès. Un abandon aussi subit que destructeur pour cette femme qui est ballottée entre la détresse, les remords et les interrogations sans fin à propos de son couple et d’elle-même.
Sat, un homme plus jeune qui a eu quelques expériences sans lendemain, vivant presque en ermite et en autosuffisance. D’origine indienne, il a en sa possession une expérience de vie et un savoir qui seront à l’origine de l’éveil de Maud.
Ces deux-là n’auraient jamais dû se connaître, mais le bonheur emprunte parfois des chemins tortueux. Là où pour certains, cette rencontre ne serait que le fruit du hasard, je pencherai plutôt du côté de la théorie de la synchronicité de Carl Gustav Jung, en y voyant des éléments de causalité propre à chacun de leur parcours. Ces deux-là, au contraire, étaient faits pour se rejoindre. Leurs aspirations, leurs passions, leurs peines, leurs joies sont jumelles, comme si un effet miroir jouait sa partition. Ici et maintenant, au fil des mots, deux droites parallèles se rencontrent, faisant fi de toute explication mathématique. Sat et Maud, Maud et Sat, deux pièces manquantes d’un même puzzle qui finissent par s’assembler. Et l’image se révèle : « Naturisme, méditation, respect, silence, contemplation, libération, conscience, sexualité sacrée vers le couple divin, illumination totale, ultime révélation… »
Vous l’aurez compris, le roman de Thierry Ledru est une sorte de cheminement intérieur, un parcours, l’ascension d’une paroi vertigineuse, en pleine conscience, qui vous conduira vers des sommets où le soleil brille pour toujours.

C’est le moment de sortir des sentiers battus et de votre zone de confort, et de vous procurer Kundalini l’étreinte des âmes. D’abord parce que l’histoire est originale, ensuite parce que c’est très bien écrit et enfin parce qu’il n’y a pas de mal à vouloir se faire de bien.


 


 

  • 6. Fabien | 17/01/2019

Beau, tendre, poétique, la nature, les corps, l'amour, la sexualité comme elle devrait toujours être. C'est impossible de résumer ce roman et encore moins imaginer l'incroyable découverte. Il ne faut rien dévoiler et pourtant l'envie d'en parler est immense tellement tout cela semble possible. C'est si bien raconté qu'on ne peut pas le contester. Oui, c'est un très grand roman avec une écriture qui ne ressemble à aucune autre. J'avais déjà lu là-haut et je sais que je pourrai reconnaître votre écriture parmi toutes les autres et ça c'est le signe d'un grand auteur. Merci monsieur Ledru.


 

  • 4. Lucile | 07/01/2019

Alors voilà, je l'ai acheté, un an d'attente après la lecture des premiers extraits, deux semaines de délai après l'achat en ligne, deux jours de lecture. Et je vais le relire car c'est impossible d'enregistrer tout ce qui est dit sur l'Amour, avec un A majuscule. Quant à l'écriture elle-même, je ne sais pas comment la décrire mais en tout cas, je n'ai jamais rien lu de tel. Vous avez une capacité incroyable à nous faire entrer dans la tête des gens et même dans leurs corps et c'est peu dire que les étreintes de Maud et de Sat sont des invitations brûlantes à nous aimer. Au final, ce roman devrait être enseigné comme un appel à la connaissance de soi, à la paix, à la tendresse, à l'écoute, à la parole juste, à tout ce qui fait l'Amour. Je ferai tout mon possible pour partager et faire connaître cette histoire.
Merci infiniment;

 


 

  • 2. Lucile | 03/11/2017

J"ai une furieuse impatience à attendre la publication de ce roman et je l'espère la plus proche possible. J'ai lu tous les extraits et le plus surprenant, c'est cette impression étrange que ce texte est écrit par une femme. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais les descriptions des pensées et des émotions ne relèvent pas, habituellement, de l'espace masculin. C'est en tout cas une écriture qui me réjouit. Merci


 

KUNDALINI dans un concours.

Merci pour ce fabuleux cadeau !
J'ai téléchargé le logiciel pour la lecture de cet ouvrage ce matin et j'ai commencé à lire ce livre quelques pages.
Thierry LEDRU est extraordinaire.
Je suis totalement connectée à son âme qui exprime sa puissance divine.
Son récit me prend les tripes. La préface de Nathalie VIEYRA est exceptionnelle et d'une grande profondeur. Elle invite le lecteur à entrer dans ce récit bouleversant qui nous embarque tel un tsumani dans nos blessures d'âmes ! 
J'ai eu un très fort ressenti au niveau du plexus solaire et de la gorge qui se sont noués.
Ca ne m'étais jamais arrivé de manière aussi consciente et surprenante en une fraction de seconde.
Cela fait 40 ans que je n'ai pas lu de romans tellement ils ne correspondaient pas à ce que je pouvais ressentir.
Ce livre sera un best-seller à ne point en douter et je l'espère vivement.
Je l’achèterai en plusieurs exemplaires pour l'offrir pour Noël, c'est certains !
Encore un très très grand merci à vous et à Thierry LEDRU !
Merci pour ce magnifique partage et pour m'avoir sélectionnée !
Gratitude à la Vie, à l'Amour, à l'Univers, à Thierry LEDRU et à Vous !


 

Je garde l'identité des personnes concernées pour moi. Le témoignage est réel. Et j'en suis très touché. Il y a quelques années, j'ai suivi une formation en sophrologie analysante et j'avais l'idée d'ouvrir un cabinet. Pour diverses raisons, ça n'a pas pu se faire. 
Finalement, je suis peut-être, malgré tout, un peu thérapeute. 
Il s'agit de KUNDALINI.

"Thierry, voilà 2 ans que je vois une patiente, une fois par mois en thérapie manuelle, de jolis résultats, ça chemine mais toujours un truc coincé. 
La dernière séance je lui conseille de lire ton livre 
Elle le fait 
Elle revient aujourd’hui et me dit, j ai eu le déclic
J"en suis à la moitié du livre, je lis, je relis, le relis encore dès passages, pour intégrer, comprendre et j ai eu le déclic grâce à ça 
Grâce au livre 
Je vais bien !"

 


 

Audrey

Je n’aime pas lire 
Cette semaine j ai dévoré
J ai adoré... un auteur d une qualité, d une finesse, d une passion, d’une précision extra ordinaire 
Un voyage différent à travers les mots 
Une invitation juste indispensable à l amour... 
Je vous propose une lecture de l amour, de la vie, de la joie....

Thierry Ledru l auteur 
Édition 38


 

SPIRIVIE - LES RENDEZ-VOUS DE LA VIE SPIRITUELLE

2 h · 

"Voici un de mes livres préférés écrit par Thierry Ledru. Ce livre est un roman initiatique de nos dimensions sacrées et énergétiques. C'est aussi une histoire d'amour comme vous n'en avez encore jamais lue ...


 

  • 2. NATHALIE LAMOTHE (site web) | 21/11/201

Bonjour Thierry

Je viens de finir votre livre Kundalini . Je n'aurai qu'un mot : il m'a TRANSPERCE le coeur .
Tout ce que j'y ai lu a fait sens et résonance . Emotion , ouverture de conscience , des mots sur mon ressenti de vie , des mots sur mon parcours tantrique .
Je voulais vous remercier d'avoir éclairé la transformation dans laquelle je me sens en chemin. J'ai compris ma quête , ce qui appelle mon âme . Vivre ou exister ...
Quelle belle âme vous devez être pour avoir si magnifiquement et justement décrit la sexualité sacrée .
Quelle incroyable ode à l'amour ... c'est si rare .
Infinie gratitude 

 


  • 2. laplumefragile (site web) | 21/05/2020

 

Cher Thierry,

Ce confinement aura quand même eu un effet positif : celui de t’écrire au sujet de Kundalini. Je plaisante un peu mais cette boutade n’est pas anodine. Je pense que pour pouvoir te donner mes impressions, j’avais besoin d’avoir le temps de le faire et le temps de prendre ce temps. Voilà qui est fait.

La lecture de Kundalini fut une expérience sensible, vivifiante, périlleuse et douloureuse à certains moments, interactive et riche. Interactive, on peut trouver cela curieux, mais c’est un peu mon sentiment général sur ce récit : on peut presque sentir ces âmes en ébullition – oui, leurs étreintes au pluriel et leur étreinte au singulier sont vives, denses, amplifiées par le style de l’écriture et le choix d’envolées qualificatives – si bien que j’ai eu l’impression de les ressentir. C’était aussi très fort lors des instants d’escalade. Je peux bien déceler les passions qui anime l’auteur -grimpeur né - de ce texte abrupte et escarpé qui tente d’acheminer un lecteur dans la voie sinueuse de l’Amour et des Sens, et de la Spiritualité (ce terme reste encore énigmatique pour moi), malgré les fosses, creux et crevasses, surfaces lissées et solides en apparence mais fragiles en réalité ; ces activités physiques (yoga et escalade) étaient pour moi riches en symboles et métaphores. En tout cas, j’ai voulu y voir cela sous ces angles. Ma lecture n’est qu’appréciative et comme n’importe quelle lecture, subjective. Mon regard est peut-être biaisé par le fait que j’ai vécu une forme de synchronicité entre le moment de ma rencontre avec toi, cher Thierry (cette petite mort qui nous aura rapprochés), le moment de découvrir ce livre commandé expressément, et les moments qui ont jalonné ma vie pendant cette année écoulée. Autant d’éléments qui, forcément, influent sur mon expérience de lecture et l’analyse que je peux en tirer. Pratique sportive, écriture, expériences personnelles et professionnelles, vies de couples : autant de similitudes rencontrées qui m’ont aidée à plonger davantage dans ce récit, que je comprends mieux qu’il soit qualifié d’« ovni littéraire » après l’avoir lu. En effet, il m’est difficile de le classer.

Le style est déroutant : il y a beaucoup de répétitions, sans qu’elles n’en soient vraiment. Il y a un effort certain et prononcé dans les descriptions (analogies entre anatomie humaine et nature : la flore et le minéral sont omniprésents « sève, pistil, ruisselant, navires de pluie, flux magmatique, tige, liane… »). L’accumulation d’adjectifs n’a pas été facile à digérer. Ce n’est qu’au fil de la lecture que je m’y suis habituée. Ce flot est d’ailleurs facilité en contrepartie par l’utilisation d’un champ lexical très dense lié à la nature, justement. Kundalini, l’étreinte des âmes est un récit fluidique, vivant. Il m’a donné l’impression de voyager parfois au sein de mon propre corps : grâce à l’expérience de Maud, on apprend que des événements inconnus (car non élevés à notre conscience ou reniés, ignorés par peur de ce qu’ils pourraient représenter) se déroulent en nous, dans un espace qui nous est invisible à l’œil nu mais qui existe bel et bien par les manifestations que l’on peut observer à l’extérieur de son corps. Un peu comme le cosmos, cet univers qu’on sait exister, sans qu’on n’ait jamais pu l’observer véritablement outre par des représentations imagées ou dans un observatoire ; qu’est-ce que c’est ? Cette notion de l’univers est d’ailleurs abordée dans le roman de façon sporadique et plus ou moins diffuse, lorsque Maud découvre les ouvrages de Sat et qu’elle commence à s’interroger sur les manifestations physiques dont elle est témoin et qui l’ébranlent (forces, chaleur, vibrations, apparition). Kundalini frôle un peu le genre de la science-fiction à certains moments. Cette divinité, ces visions ? à quoi correspondent-elle ?
L’auteur parvient à maintenir le lecteur en haleine par cette dimension « cosmique » et divine, tout en restant collé à la réalité : des histoires communes, des lieux communs, des vies de couples et des orientations professionnelles que tout un chacun aura pu connaître un jour ou l’autre dans sa vie. Il questionne notre sexualité du quotidien d’une manière tout à fait éclairante et lucide. C’est toute la force du roman : nous interpeller et nous fasciner pour un terrain d’observation dont nous ignorons beaucoup de choses, ou qui nous semblent obscur, difficile à comprendre tant les barrières sont réelles mais intangibles. La sexualité est complexe, ce n’est pas nouveau, on le sait (et encore, beaucoup l’ignorent !). Dans Kundalini, il n’est jamais question de tabou, ce terme n’existe même pas puisqu’il ne s’agit pas de cela. D’ailleurs, très tôt, Maud oublie qu’elle a des complexes, et se libère très rapidement de ces chaînes invisibles façonnées par une société étriquée – elle s’en étonne elle-même). Enfin, Sat sert de guide évidemment, tout au long du roman : la notion d’apprentissage constitue ce fil conducteur pour intéresser le lecteur et l’amener à pousser la porte de la curiosité intérieure. Non pas qu’il s’agisse d’un dépassement de soi à réaliser à terme (quand bien même Maud tente de se dépasser par moment, mais c’est qu’elle se cherche, elle-même). En effet il s’agirait plutôt de cerner, d'appréhender l’association de forces centripète puis centrifuge, un mécanisme que l’auteur qualifie je crois de « dimension énergétique conscientisée ». Kundalini nous invite à regarder en nous et à nous interroger sur les comportements qui nous animent et les actions qui nous dirigent (alors que c’est ce nous qui devrait diriger l’action et non l’inverse), afin d’aller au-delà d’une individualité bridée et renfermée. « L’orgasme n’est pas un objectif mais un moyen d’aller plus loin ».
L’orgasme. Bel outil magnifié tout au long du roman, sous plusieurs formes (mentale, physique, émotionnelle). Je pense que c’est aussi pour cela que j’ai eu l’impression de vibrer parfois au contact de ces deux protagonistes (la danse de Maud m’a transportée). Kundalini fait la part belle à ce que je qualifie peut-être maladroitement d’outil, mais je trouve qu’il y a une certaine forme de technicité de ce texte, induite par cette notion d’apprentissage. La physique des corps n’est-elle pas représentée à chaque page ? Les forces (naturelles, divines, physiques) ne sont-elles pas dans toutes les lignes ? j’ai seulement regretté parfois la présence de (trop de) points de suspension qui me laissaient un goût d’inachevé ou d’incapacité à réussir à finaliser un chapitre, un passage ou à mettre un point d’orgue ou une ligne de fuite à une action, une étape à franchir, ou une émotion. Ne s’agissait-il que d’un brouillon, en définitive ? le projet n’a-t-il été imprimé, parachevé qu’à l’était de « projet » et non d’accomplissement ? Je ne le pense pas, mais…

Enfin, la fin. Je n’ai pas aimé la fin. Même si je peux comprendre que cela se terminait bien ainsi dans ton schéma d’écriture, cher Thierry. Le chapitre XXXIII était celui de trop. Il ne fait qu’une page et demie, mais elle n’était pas indispensable selon moi. Même si c’est poétique, j’ai regretté que tu ne t’arrêtes pas, cher Thierry, à ce dernier passage en italique qui fait office de belle péroraison, et qui nous fait dire que « mais oui, mais c’est bien sûr, cela ne pouvait finir que comme ça ».

Merci pour ce beau voyage initiatique, une exploration des corps comme je ne l'aurai jamais lue et vécue. Kundalini, l'étreinte des âmes, un roman expérimental donc, fluidique et vivant.

Bien à toi,
Milena


 

« Si tu mourais, tu m'appellerais
Je suis la vie pour toi, et la peine
Et la joie, et la Mort
Je meurs dans toi, et nos morts
Rassemblées feront une nouvelle vie
Unique, comme si deux étoiles se rencontraient
Comme si elles devaient le faire de toute éternité
Comme si elles se collaient pour jouir à jamais
Ce que tu fais, c'est bien, puisque tu m'aimes
Ce que je fais, c'est bien, puisque je t'aime
À ce jour, à cette heure, à toujours
Mon Amour, mon Amour
 »

« La lettre » de Léo Ferré (extraits)


 

En entamant le roman « Kundalini », quand on a déjà lu Thierry Ledru, on aborde des rives qui ne nous sont pas totalement inconnues. Puisque, c’est en quelque sorte une épopée marquante qui nous conte l’exploration de la décroissance, la simplicité volontaire, la nudité et la sexualité sacrée du Tantrisme, qui viendraient en écho de « Jusqu’au bout ».

Cette fois l’héroïne (Maud) est une femme mariée de cinquante-deux ans. Elle est professeure de yoga et vit une certaine harmonie entre son corps et son esprit. « Aucune violence dans cette histoire sinon parfois la violence psychologique entre deux êtres. Ici les deux personnages sont rarement habillés. C’est la montagne qui les protège de l’agressivité du monde ».

Le point de départ concerne la rupture entre Maud et son mari qui l‘a quittée pour un autre homme. Sans qu’elle n’ait décelé aucun signe de sa part annonçant son départ précipité. C’est pour elle une rupture destructrice inexpliquée qui la ronge de l’intérieur. Elle s’interroge sur son passé, sa vie commune avec cet homme durant vingt-cinq ans. Qu’elle a aimé d’une passion amoureuse dévorante mais qui se révèle être finalement un étranger. Elle ressasse cette blessure durant des mois et ne parvient pas en faire son deuil. Elle est entrée dans la spirale sans le savoir du « Nouveau désordre amoureux4 » de la fin des années 70 remis au goût du jour actuel. « On ne passe pas du statut de femme abandonnée et en détresse à une femme épanouie, explorant sa pleine conscience de soi ». (in son interview)

Pour se ressourcer, elle décide de passer quelques vacances en montagne dans les Alpes et séjourner dans un petit lieu naturiste chaleureux.

Elle ne s’est jamais trop intéressée aux pratiques spirituelles associées au yoga, comme par défi, elle décide de rattraper le temps perdu sans se plomber la présence d’un Swan à la Marcel Prout !

« Nue. Fermer les yeux. Ne plus penser. Entrer dans le silence. Respiration, visualisation. Méditation ». (page 27) Elle part vite, elle déménage de la pensée vitesse grand V, se chausse les quinquets d’une double vue et perçoit alors un homme jeune. « Elle a vu son visage. Un homme aux muscles saillants, la peau tannée, de longs cheveux noirs tombant sur ses épaules. Le corps sec et vigoureux, des fibres tendues comme des cordes d’arc, des stries sur son torse, des cuisses massives, des bras noueux. Un regard d’argile, jaune deux fentes étroites ». (page 28).

Non, ce n’était pas « Mon légionnaire » de la chanson reprise avec brio par Gainsbourg, mais Sat, un jeune homme d’origine indienne ! La vision de cet homme-là trouble et l’expose à la transe. Du rêve à la réalité, il n’y a qu’une montagne qui sépare. Grimper toujours plus haut à mains nues. Se grimer l’esprit dans l’espoir de se sortir de sa torpeur. Toucher boire à la source comme ressource et renaissance des sens par l’estime de soi. Cet homme jeune et vigoureux va lui permettre d’opérer sa métamorphose durant son initiation, selon un rituel inscrit dans les préceptes et symboles orientaux. Il va devenir, son guide consenti du vertige, son dépassement de ses potentialités sensuelles, son appui solide sur qui se reposer avant de prendre son propre envol hors de son existence sclérosée après les ablutions salutaires.

Petit à petit, Sat lui dévoile le protocole de travail visuel, les respirations accompagnées de mantras, la détente de tous les muscles de son corps, la régénération de tout son être, le grand nettoyage de son énergie cosmique, la visitation de tous les pores de sa couenne, de l’intime à l’ultime jusqu’à l’estime de soi.

Elle comprend alors que le naturisme intégral auquel elle s’adonnait, il n’y a encore pas très longtemps, demeurait un acte factice artificiel sans portée personnelle.

« Elle n’aurait jamais pensé que le naturisme puisse être finalement aussi dérisoire au regard de la nudité intérieure. Il était si facile de retirer des vêtements. Mais comprendre ce qui se tenait caché à l’intérieur de l’enveloppe, parvenir à retirer toute les épaisseurs de pensée fossilisées, d’émotions enkystées, les portes des passés gangrénés, c’était autre chose qu’un simple déshabillage. Combien d’humains parvenaient à une réelle nudité, à une connaissance intégrale, l’effeuillage achevé des couvertures artificielles, des épaisseurs accumulées comme autant de protections illusoires. L’objectif ultime d’une vie n’était-il pas de mourir aussi nu qu’au premier jour ? Vierge de tout. S’envoler dans une nudité achevée. Libre comme l’air. L’âme légère ». (p. 238)

A méditer !

Au fur et à mesure de sa progression, Maud se surpasse avec le dévoilement qui s’accomplit de sa sexualité rayonnante, comme geste énergétique pour entrer dans l’amour de soi en soi. Elle s’ouvre aux mystères du tantrisme qui lui tisse l’esprit et le corps à dépasser les registres de la Raison pure et de sa propre personnalité féminine. Au fur et à mesure de sa métamorphose, quand Sat la sent fin prête, il décide de lui dévoiler les secrets du Kundalini.

« La Shakti5 représente l’énergie féminine créatrice, la Mère divine, source de toute vie. Shiva est le principe masculin. Dans le tantrisme, la Shakti est identifiée à la Kundalini. Shiva représente la pure lumière de la conscience et Shakti l’énergie de cette conscience lorsqu’elle s’éveille à sa propre réalité. Shiva assume la dimension statique de la conscience et Shakti porte en elle la dimension dynamique de la création ». (page 371)

Je vous rassure, tous ces concepts, pas toujours aisés à appréhender en tant qu’occidentaux matérialistes que nous sommes, soutiennent l’édifice et prennent sens tout au long des pages du roman. Des discussions, des études de textes, des analyses et des pratiques tantriques entre les deux amoureux illustrent et lustrent le miroir de leurs connaissances en effervescence.

Même un zigue comme moi, pas trop au fait de la littérature spiritualiste, je ne m’y suis pas perdu en chemin. De cette sexualité vers le couple divin, de l’illumination à l’ultime révélation, tout un corpus en chemin accompagne nos deux personnages sous notre regard ébahi entre les pages, par tant de découvertes insoupçonnées.

Eveilleur de la conscience des sens, ce roman inqualifiable qui touche à tous les domaines de l’essai philosophique et spirituel, intemporel nous ouvre les voies de la sagesse et des émotions à l’état pur.

Sans oublier également la dimension de la simplicité volontaire très présente et évoquée par le mode de vie même de Sat, qui s’est détaché en conscience des biens de consommation courant, pour épurer son existence et revenir à l’essentiel vital. Rien de plus. Tout est lié en fait ! De l’aveu même de Thierry Ledru et qui coule de source pour lui : « Pourquoi aller chercher à des milliers de kilomètres le bonheur que l’on peut trouver ici (dans ses montagnes) ? ». (in son interview)

Encore un roman de Thierry Ledru à fleur de peau sensitive qui nous captive et nous ouvre de nouveaux horizons à creuser et à s’élever à notre tour, pour parer à notre traintrain quotidien si banal et bancal.

Cette faculté de s’éprouver corps et âme dans l’extrême est une constance qui relie les deux romans dans la quête harmonieuse des héros féminins / masculins à recouvrer l’essence de la nature, sa seconde nature.

A croire que cet auteur est un athlète qui touche avec passion à différentes disciplines sportives de l’extrême. C’est un esthète qui rejette la compétition entre les êtres. Comme ses personnages, il recherche une forme d’harmonie dans sa quête « Pour atteindre l’inaccessible étoile » à la manière d’un Jacques Brel6. Tous ses héros entretiennent à leurs risques et périls une « confrontation avec la mort perpétuellement, (ce qui) est une école de vie. La mise en danger volontaire réclame une implication totale ». (in interview de l’auteur)

Si les héros qui ont la faculté de s’analyser pour évoluer au fil des chapitres, vous semblent relever de l’épitre ou du pitre, les romans de Thierry Ledru ne sont pas pour vous. Si on contraire vous vous intéressez à des personnages hors les normes qui ne pensent ni n’agissent comme vous dans des contextes qui vous sont assez étrangers. Alors foncez. Ecoutez votre cœur et votre curiosité de bon aloi. Si vous voulez comprendre le mode de fonctionnement de ses héros, les imaginer dans tous leurs corps à corps multidimensionnels, vous insinuer dans les recoins sinueux de leur inconscient en dent de scie. Toujours prêts à basculer dans le vide pour émerger à nouveau dans un état de pré-conscience. Larguez les amarres. Mettez les voiles, grand largue ! Lisez les romans de Thierry Ledru et évadez-vous en sa compagnie. Gagnez en hauteur vis-à-vis de votre existence de vos connaissances passées. Lâchez prise.

C’est aussi la force de la littérature : nous secouer les tripes dans nos certitudes et nous apprendre à nous surpasser au-delà de nos carcans institués et distribués à grands coups de massue depuis l’école. J’avoue que c’est loin d’être facile comme démarche. C’est surtout inconfortable mais tellement respectable et enrichissant.

Thierry Ledru nous accompagne et nous permet d’y parvenir avec brio dans un style accessible, entre les paroles de ses héros des deux sexes, sans retrancher une virgule ni sauter une page. Gage s’il en est de la qualité littéraire de cet auteur hors pair. Son éditrice ne s’y est pas trompée !

Thierry Ledru : « Kundalini », Les éditions du 38, 2018, 435 pages, 22 euros


 

A CŒUR OUVERT

Coeurouvertwhite

 

  • Gaëlle Tournier de Gabriac (site web) | 20/06/2020

Merci Thierry pour ce nouveau roman initiatique qui nous entraîne une nouvelle fois sur les chemins de la Conscience et de la réalité. Après Kundalini, il était difficile de recréer cette magie et pourtant tu y es arrivé avec ce nouveau roman qui m'a transporté. Merci mille fois ! Je recommande vivement !

 

5,0 sur 5 étoiles Un roman émouvant

Commenté en France le 16 mars 2020

Format: Broché

Le commentaire de Martine :
C’est un roman émouvant qui nous permet de connaître un homme qui, après un infarctus, voit sa vie chamboulée. Quand la vie nous réserve de ces surprises qui bouleversent et dérangent tout, il va décider de tout laisser et partir pour se retrouver. Il va faire une rencontre qui va lui permettre d’apprendre à se connaître, et accepter les imprévus de la vie.
C’est un drame émouvant qui va puiser au fond de soi et des choses essentielles, tout en prenant le temps de vivre chacun des moments qui se présentent à lui. Le dénouement de la relation des deux protagonistes va permettre d’essayer de saisir chaque moment qu’ils partagent. C’est une belle histoire qui pose un regard réaliste sur la société actuelle.
Une bonne lecture, un bon moment à connaître nos protagonistes. Thierry Ledru nous trace un beau tableau de cheminement personnel, quand on perd nos repères, on doit se retirer et retrouver un sens à sa vie. Je vous recommande cette lecture qui ouvre le lecteur à la réflexion sur son propre vécu, sur l’amour, sur l’intériorité, sur les dépendances, sur les énergies positives, etc.


 

"Cher Auteur, cher Thierry,
Je viens de déposer ton livre, je n'ai pu m'en détacher.
J'ai malgré tout dû faire des pauses ... comme Paul.


"Il posa le livre sur ses genoux et ferma les yeux, surpris de ce besoin qu'il avait de valider par cet isolement sensoriel les émotions générées par sa lecture, comme s'il s'agissait de les insérer en lui..."


Besoin de prendre également des notes, de te relire.
Je ne puis exprimer à l'instant présent tout ce que j'ai ressenti, vécu en te lisant. Mais c'est fort, bouleversant même.
Je ne comprenais pas le bouleversement qui s'opérait suite à cet accident qui dans l'absolu devait techniquement m'ôter la vie. Tu as déposé des mots sur mon "début" de cheminement intérieur, ouvert des voies (1er de cordée ?).
J'ai été "perturbé" par l'épilogue car je suis encore trop encré dans une réalité mais je devine ton intention (besoin de relecture).
La force de tes livres : on en sort différent, grandi, apaisé... pour qui est disposé à s'éveiller.
Je ne trouve pas les mots, je n'ai pas ta plume, ma formation est autre; mais je peux affirmer qu'après avoir refermé "A cœur ouvert", j'avais besoin de silence...
Merci
Amitiés,
Vincent"

 



http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/?fbclid=IwAR29NzbJsmxIxAsYN79512iYvqtrKQCOUlLTSFkFqLJY3l2Fp-QL6UaEnXM

04/07/2020

« A cœur ouvert » de Thierry Ledru éditions du 38

« A cœur ouvert » de Thierry Ledru,  éditions du 38

 

Ceux qui viennent ici de temps en temps savent que j’Aime (avec un A majuscule) les livres de Thierry Ledru pour son écriture ciselée qui vous embarque, vous empoigne et ne vous lâche plus jusqu’à la fin de son récit. Quel que soit le sujet.

Cette fois-ci, il nous emmène dans la vie d’un chef d’entreprise. Un incident cardiaque stoppe sa course brutalement et le contraint à repenser sa vie.

Il était pourtant sûr à 100% d’avoir raison. Il donnait tout pour son travail, Pour sa famille il leur apportait beaucoup, beaucoup d’argent, c’était suffisant.

L’auteur nous fait vivre son après et c’est beau.

Pas de personnages secondaires, juste des personnages qui apparaissent moins longtemps que le héros. Ils ont tous leur personnalité, leur propre vie.

Par exemple, Diane. Elle tient l’épicerie du village. C’est sa couverture mais elle est bien plus que ça !

Ce roman, comme les autres est profond et vous incite à la réflexion.

Après avoir refermé un livre de Thierry Ledru, c’est toujours très difficile de passe à un autre !

Voici les liens où j’ai parlé de ses autres livres.

Jusqu’au bout

Noirceur des cimes :

Vertiges :

Là haut :



  • 12 votes. Moyenne 5 sur 5.

Ajouter un commentaire