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JARWAL LE LUTIN : Commentaire (1)
- Par Thierry LEDRU
- Le 29/03/2011
Une grande lectrice de romans jeunesse (bibliothécaire de profession) à laquelle j'ai demandé son avis en mettant en ligne sur un forum le chapitre 2 du tome 1, la rencontre entre Jarwal et les trois enfants.
Beaucoup de bonheur pour moi.
Florine.
"Tout d'abord je remarque que c'est la fille qui est la chef de file, ça n'est pas pour me déplaire car c'est rare dans la littérature jeunesse ou les filles et femmes sont encore souvent vu comme timides et sans entrain... Je t'avais dit que certains thèmes sont un peu redondants en littérature jeunesse notamment la lutte du bien contre le mal, mais ce qui est important aussi c'est que souvent ces théories véhicules des concepts et valeurs importantes pour l'enfant / l'ado... donc ensuite, tout dépend comment on se sert de ces thèmes et comment on fait ressortir ces valeurs, sans que ce soit trop moraliste...
Un bon roman (jeunesse) est un roman qui donne des pistes sans donner de véritable ligne de conduite : à l'enfant (l'ado) de construire et placer ces galons avec cela. Le fait d'un (ou plusieurs) enfants élus est du déjà vu mais est essentiel pour que l'enfant puisse s'identifier au personnage principal... Je me dis que peut-être que ton texte est autant adapté à des garçons qu'à des filles (ce qui n'est pas toujours le cas) -mais nous allons voir la suite je n'en suis qu'à l'intro-
Présenter cela par le biais de l'histoire me parait un bon point pour toi, les enfants sont souvent passionnés d'histoire et ça permet aussi de leur donner des pistes pour leur culture générale qu’ils retiendront sans peine. Enfin ce qui me parait important c'est que outre certaines valeurs que tu vas certainement aborder, tu abordes aussi le thème de la transmission, des valeurs donc, des savoirs mais aussi d'une certaine part de rêve. J'entame donc le chapitre Le vocabulaire m'a l'air recherché... ("erratique", "miroitante", "éberlués") aussi tu utilises des images ("posé dans un écrin de pierres plates" ) ce qui ne peut à mon avis qu'ouvrir les jeunes à la lecture : ça n'est pas en se mettant à leur niveau qu'on les fait progresser ! ça non ! c'est à eux d'évoluer, ils en sont grandement capables. Donc j'apprécie ce point, car on lit encore trop de roman au style et au vocabulaire totalement plats...
"Léo essayait de reconnaître un de ses copains sous un fabuleux déguisement. Rémi se demandait comment cet étrange individu avait pu apparaître aussi soudainement, sans qu’ils n’aient rien entendu."
J'aime bien ce passage car je trouve que ça donne vie aux personnages, ça leur octroie une véritable indépendance et une prestance. Ils sont capables de se poser des questions et de chercher des réponses, ils ne sont pas naïfs... Je ne sais pas si je me fais bien comprendre, en fait je trouve que ça leur donne une vrai consistance et un certain caractère.
"-Beaucoup de choses sont possibles Marine. Sauf celles qu’on juge impossibles. Ce sont nos pensées qui construisent la réalité". J'aime bien cette phrase aussi, qui invite l'enfant à se questionner, c'est en somme une note philosophique (et la philosophie, on est capable d'en faire à tout âge comme tu le sais ) La façon dont parle Jarwal le lutin me plait, elle est intriguante et invite à la réflexion (j’ai aimé l’exemple du grain de sel). De même que la notion de progrès. « Il ne s’agit pas d’abandonner le Progrès mais de savoir l’utiliser en toute conscience. » « Il faudrait que vous deveniez des porte-parole, que vous propagiez ces histoires » finalement c’est une histoire de conteurs ! au final : J’aime beaucoup cette histoire, c’est un roman que j’aimerais avoir dans la bibliothèque et que je conseillerais avec plaisir !
Au niveau de la forme : rien à redire, c’est fluide à lire, le vocabulaire est recherché. Au niveau du fond : cela implique de la réflexion, il y a une pointe de « suspense » qui donne envie d’en savoir plus, l’histoire renferme des valeurs importantes qui peuvent aider à se construire. Pour ton objectif « philosophique » je pense que ça doit être atteint sans problème vu cet extrait ! et c'est ce qui est plaisant, d'autant plus quand c'est mêlé à une histoire bien ficelée empreinte d'imaginaire.
Vraiment je trouve cela très bon (c’est même bien mieux que certains ouvrages que j’ai pu lire à vrai dire) Ça me donne envie de lire tout le roman… Surtout tiens moi au courant de son avancement. Le tome 1 est-il déjà édité ? si oui chez quel éditeur ? (tu peux me donner ces renseignements par mp si tu le veux)
Quel talent que de savoir écrire surtout ne t’arrête pas !
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La colère et la joie.
- Par Thierry LEDRU
- Le 18/03/2011
Cet après-midi, alors que nous lisions en classe, le roman d'Adeline Malaterre, "la Corne d'abondance", un passage décrivant une émotion intense d'un personnage m'a amené à lancer une réflexion sur le thème de la conscience des émotions.
Ca arrive souvent ces changements de direction en cours de séance...On peut passer des math à la géo en trente secondes en mêlant de l'histoire à de la philo...D'ailleurs en histoire, on travaille sur le siècle des Lumières et l'importance des philosophes dans l'émergence des idées humanistes et ça finit immanquablement sur Diderot, Rousseau, Voltaire et tout ce qu'ils ont apporté à l'humanité.
"Les émotions...Si quelqu'un vous insulte, la colère que vous ressentez, elle n'est pas venue en vous depuis l'extérieur, ça n'est pas les mots qui sont tombés en vous avec un chargement de colère, ni un coup de vent chargé de colère qui est passé sur vous. Cette colère, c'est vous qui lui avez donné vie. C'est une incapacité à maîtriser ce qui se passe en vous. L'autre n'est pas responsable. Les émotions ne sont pas des charges matérielles que vous décidez de porter comme un fardeau, elles n'ont aucune existence si vous les ignorez. Si vous vous y abandonnez, c'est vous qui leur donnez vie. L'autre, d'ailleurs, est satisfait du mal que vous fabriquez en vous en imaginant qu'il en est le responsable. Vous lui donnez la puissance dont il rêvait. Vous succombez à vous-mêmes. Et non à lui. Si par contre, vous décidez d'observer en vous ce qui survient, vous devenez le maître de vos émotions étant donné qu'au lieu de vous soumettre à leur puissance, vous vous placez au-dessus d'elle. C'est votre conscience qui analyse et qui vous apprend le contrôle. Cette conscience agit comme un Maître intérieur, il est là et regarde, il s'amuse de cette agitation qui aimerait vous emporter et à laquelle vous ne succombez pas. La colère retombe comme un soufflé qui dégonfle. Votre "agresseur" s'en trouve d'ailleurs totalement ébahi, stupéfait, vous êtes là, vous le regardez avec un détachement qu'il ne comprend pas parce que ça n'est même pas lui que vous observez mais vous-même. Lui, il a disparu et ses paroles sont tombées dans un puits sans fond. Il n'y a plus de colère parce que votre observation intérieure a pris le pas sur cette émotion insignifiante et inutile. Et cette agression verbale devient u cadeau inestimable.
Vous êtes le Maître intérieur.
La personne que je dois absolument protéger, celle à qui je dois apporter la plus grande attention, c'est mon ennemi. C'est lui qui me fait grandir.
Qu'en est-il maintenant si l'émotion propagée est de la joie ? Est-ce que je dois l'accueillir et la laisser m'emporter ou est-ce que je dois également l'observer pour la neutraliser ?
Il convient pour ma part de la laisser s'étendre en sachant que l'autre n'en est pas responsable et que vous ne pourrez pas lui reprocher de ne pas la prolonger. C'est vous qui avez laissé s'étendre cette joie. Pas l'autre. Un ami qui ne vous offre plus cette joie n'est pas responsable de votre déception. C'est encore vous.
C'est votre façon de commenter la vie à travers vos émotions. Ca n'est pas la vie réelle mais ce que vous en faites, une image de la vie peinte par vos émotions. Vous pouvez en profiter tout en restant conscient qu'il ne s'agit que d'une illusion, un jeu éphémère, un moment de bonheur que vous vous donnez mais que l'autre n'a pas à entrtenir sinon vous le prenez en otage de votre bonheur alors qu'il n'y est pour rien.
La personne dont je dois me méfier, c'est celle qui me fait croire que le bonheur est durable, qui voudrait que cette joie ne disparaisse jamais. Et cette personne, c'est moi. Les autres ne sont pas responsables.
C'est ce qu'on apprend de plus beau quand on aime.
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Jarwal et les Kogis : les Conquistadors
- Par Thierry LEDRU
- Le 17/03/2011
L'or des Conquistadors.
Rien n'a changé depuis ce temps-là...
"Jackmor et ses soldats avaient contourné un massif érodé, une marche harassante pendant laquelle ils avaient abandonné deux hommes blessés qui ne parvenaient plus à suivre le rythme imposé. Le groupe avait quitté le sentier pour ne pas marquer leur passage et s’était imposé un raccourci épuisant dans des pierriers interminables. Les soldats étaient stupéfaits par la capacité incompréhensible de leur chef à se repérer dans ce dédale de sommets, de faces ruiniformes, de champ de pierres, de gorges et de ravins.
Ils ne pouvaient deviner que Jackmor n’était pas limité par son champ de vision, qu’il avait la capacité à prolonger ses regards à travers les pensées. L’objectif visé lui apparaissait clairement même s’il n’était pas visible. Son présent se projetait visuellement dans le futur à atteindre.
Ils parvinrent au village des Kogis sans avoir marqué la moindre pause. Les soldats s’effondrèrent et leurs compagnons écoutèrent leur récit du combat. Jackmor, sous le regard ébahi de ses hommes éreintés, ne s’accorda qu’une gorgée d’eau fraîche.
Un lieutenant vint le prévenir qu’un nouveau filon d’or avait été découvert au fond de la galerie, une veine d’une pureté absolue, dix fois plus importante que tout ce qu’ils avaient déjà amassé.
Jackmor tenta de se maîtriser, de ne pas montrer l’extraordinaire excitation qui enflamma tout son être, un bouleversement monumental, une émotion exacerbée, comme la première bouffée d’air du nouveau-né.
Cette nouvelle changea complètement ses plans. Plus question de s’enfuir. Il fallait organiser la défense, dresser des murailles, piéger la montagne, affaiblir les assaillants par tous les moyens jusqu’à ce qu’ils abandonnent. Il devait préserver ses hommes. Tant qu’ils lui étaient utiles.
Il traversa le village, il voulait voir cet or.
Les Kogis étaient réfugiés dans les huttes. Sauf un. Un jeune homme. Il se tenait fièrement sur le seuil d’une cabane rudimentaire. Il ne bougea pas. Jackmor fut surpris par ce regard perçant, vindicatif, accusateur. Les Kogis ne laissaient jamais transparaître leurs émotions, il s’était même demandé même s’ils en avaient. Il ne s’y était jamais vraiment intéressé en fait. Dans ces yeux aiguisés qui le jugeaient, il réalisait son indifférence, son absence totale d’observation, comme s’il n’avait jamais pris conscience de leur existence. Etait-ce donc des hommes ?
Une confrontation silencieuse, une rencontre impromptue, dérangeante, cette impression inexplicable que ce jeune garçon, malgré sa fragilité, possédait une force intérieure bien supérieure à la puissance dont il se voulait le maître.
Il ne put s’empêcher de se retourner alors qu’il avait déjà dépassé le garçon. Il était toujours là et son regard brillait toujours de la même flamboyance. Comme une pointe dans son dos.
Il s’obligea à penser à l’or, il fallait le voir, le toucher. Il força son pas. Il arriva à l’entrée de la galerie gardée par deux soldats. Il se munit d’une torche et entra. Cette euphorie en lui, la puissance de ce plaisir, rien ne pouvait l’égaler. Avec l’or, il pouvait tout posséder. Tout devenait si simple. Les Maîtres de tous les savoirs se compromettraient pour obtenir leur part. Pas de lutte, aucun combat, aucune guerre, aucune machination, aucun délai d’obtention, l’or humiliait n’importe quel esprit, l’or faisait ramper les empereurs, anéantissait toute résistance, pourrissait les cœurs les plus nobles, cet abandon de tout dans les regards avides, rien pour lui ne pouvait égaler ce plaisir.
Trancher des têtes ne procurait pas ce bonheur de la possession des âmes. Les rabaisser, les avilir, détrôner les plus résistants, voilà ce qui le grandissait, c’était le pouvoir ultime, l’absolue domination. L’histoire du monde se construirait dans les noirceurs de l’or. Il voulait en devenir le représentant le plus célèbre, marquer l’humanité entière par son pouvoir.
Il parvint au fond de la mine, une dernière saignée dans la montagne, il balaya le faisceau tremblant de la torche, fébrile, brûlant d’impatience. Là, dans l’angle d’une faille fraîchement taillée, le liseré scintillant qui filait vers le haut, une veine épaisse, une artère ambrée, l’or coulant dans la roche, toute la maîtrise du monde à saisir. Il imagina longuement les visages fascinés, assoiffés, voraces, soumis et obéissants, veules et serviles, il les posséderait jusqu’au tréfonds de leur humiliation. Il en serait le Maître. Les hommes seraient à ses pieds, des serfs jusqu’aux rois, et il s’amuserait éternellement de leur bassesse, il les regarderait, avec un plaisir ineffable, se vautrer dans la fange de leur âme souillée.
Il rejoignit la hutte principale du village. Ses hommes l’avaient confisquée afin qu’il y soit au mieux.
Il n’aimait pas ces masures. Du bois, de la terre séchée, des troncs grossièrement taillés pour soutenir la structure, des meubles tellement misérables. Un vulgaire hamac pour dormir. Non, ces Kogis ne pouvaient pas être des hommes. Ce visage inquisiteur tout à l’heure, ce garçon insolent qui avait osé le défier, qui n’avait même pas baissé les yeux sur son passage, ça ne pouvait pas être un homme. Ni lui, ni ses semblables n’avaient montré la moindre marque de résistance, juste ces regards détachés, inertes, cette acceptation lâche de tout ce qu’ils subissaient. Des hommes ne pouvaient se comporter de cette façon. Ils les connaissaient trop bien pour se tromper. Ces Kogis n’avaient rien à voir avec les hommes. Ils étaient autre chose.
Un dérangement étrange qui ne voulait pas s’effacer. Comme s’il était en train de manquer l’essentiel. Une leçon à tirer. Et qu’il ne voulait pas la voir. Qui étaient-ils, ces Kogis ? Et comment était-il possible qu’il ne parvienne pas à lire leurs pensées ? Il s’était dit dans un premier temps qu’ils n’étaient que des animaux. Ils ne pouvaient pas saisir les pensées de créatures aussi inférieures. Mais peut-être se trompait-il ?
Le regard de ce jeune garçon le tourmentait.
Kalén regardait en lui cette émotion inconnue de la vengeance, cette colère mouvante qui venait battre en lui comme des vagues montantes, un ressac indomptable qui rognait ses résistances, érodait inlassablement la plénitude de son enfance, ce ressentiment incontrôlable qui montait dans ses fibres comme un magma dévastateur. Il n’avait aucune expérience, aucune connaissance, aucun repère. Les Sages ne lui avaient pas enseigné les noirceurs de l’homme et il en recevait les outrages avec une violence incommensurable, comme un nouveau monde se présentant à lui. Jackmor et ses hommes ne pillaient pas seulement la terre de son peuple, ils détruisaient l’équilibre des âmes, violentaient les êtres humains, propageaient comme une maladie redoutable des émotions néfastes. Ce peuple barbare portait en lui la fin des Kogis. Que deviendrait la Terre si les peuples indigènes succombaient sous les marées incessantes des pilleurs ? De quelles émotions la Terre allait-elle être submergée si le déséquilibre s’amplifiait, si la rupture entre les êtres humains et leur Mère était définitive, comment la vie serait-elle possible si l’avidité des hommes dévastait l’amour ? Ces envahisseurs ne savaient aimer que leur image. Ils étaient vides à l’intérieur."
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Le monde arabe.
- Par Thierry LEDRU
- Le 16/03/2011
Le Japon concentre les regards et les inquiétudes.
Et la rébellion lybienne est massacrée.
http://blog.syti.net/index.php?article=350
Il faut sauver l'Arabie Saoudite à tous prix et en laissant Kadhafi reprendre le pouvoir en Lybie, les rébellions à venir sont brisées. C'est en tout cas, le pari que font certains pays Occidentaux. Il faut sauver la croissance mondiale en interdisant un emballement des prix du pétrole. La rébellion lybienne a déjà enflammé les prix mais une contamination à l'Arabie Saoudite serait désastreuse pour les financiers et leurs comptes en banque.
Le gvt français et anglais semblaient parier au contraire sur une réussite de la rébellion lybienne et sans doute l'établissement de contrats pétroliers bien juteux, pensant sans doute que la contamination à l'A.S est impossible. Il n'y a qu'à voir ce qu'il vient de se passer à Bahrein d'ailleurs...Kadhafi n'est pas le seul assassin du secteur.
Je ne crois pas un seul instant aux intentions humanistes des gvts occidentaux. Malheureusement. Et j'imagine bien les "brain storming" à tous va dans les salles secrètes des palais présidentiels. Comment maintenir la croissance ?... La grande question qui les tourmente...
Un choc pétrolier associé désormais à une catastrophe nucléaire conduiraient à un effondrement des marchés boursiers.
Il s'en suivrait également un changement considérable dans nos vies quotidiennes.
Et il est à espérer qu'on y arrive. Aussi douloureux cela va-t-il être. Il en va en fait de l'avenir des générations futures. La nôtre est en train de prendre en pleine figure ce qu'elle a semé depuis les années d'après guerre. L'emballement matérialiste. On pouvait le comprendre au sortir d'une guerre mondiale et de ses souffrances. Mais personne ensuite n'a jamais relâché l'accélérateur.
Et là, le moteur (et pas que nucléaire) s'emballe.
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Nikola Tesla
- Par Thierry LEDRU
- Le 16/03/2011
La fin de l'hégémonie du nucléaire va peut-être relancer les recherches de cet homme, un génie oublié parce que sa vision n'avait aucun avenir financier...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola_Tesla
http://frenzy.chez.com/Tesla.htm
http://frenzy.chez.com/Tesla2.htm
http://frenzy.chez.com/Tesla3.htm
http://frenzy.chez.com/Tesla4.htm
Quand on voit le temps perdu...
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Alexandre Jollien.
- Par Thierry LEDRU
- Le 16/03/2011
Suite à son étranglement par cordon ombilical à sa naissance, il est atteint d'athétose.
Son premier ouvrage, Éloge de la faiblesse, paru en 1999, a été accueilli par le prix Mottart de l’Académie française de soutien à la création littéraire et le prix Montyon 2000 de littérature et de philosophie. Il a été mis en scène en 2007 par Charles Tordjman au théâtre de la Manufacture à Nancy. La même année, il aide Bernard Campan à écrire le scénario de "La face cachée".
Spécialiste de philosophie helléniste, il est également conférencier et intervient dans le cadre du rapport au handicap.
Alexandre Jollien a été couronné par le Prix Pierre Simon "éthique et société" pour l'ensemble de son œuvre.
Il se marie dans les années 2000 et a trois enfants, en 2004, 2006 et 2011.
Un homme que j'aime infiniment. J'avais déjà parlé de ce philosophe et je recommence à l'occasion de son nouveau livre.
"Le philosophe nu".
http://www.alexandre-jollien.ch/?page_id=74
Son site est un immense bonheur. Des leçons de vie.
http://www.alexandre-jollien.ch/
Une vidéo conférence.
http://www.youtube.com/watch?v=rrJ_LB2YtpU&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=_s-bRVX069A&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=Ae78zA3QhHo&feature=related
Beaucoup de choses disponibles sur le net. Son voyage au népal notamment.
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Rupture
- Par Thierry LEDRU
- Le 15/03/2011
Est-ce que le traumatisme engendré par le séisme, le tsunami et maintenant la propagation d'éléments radioactifs sont susceptibles de déclencher une rupture durable dans le processus de mécanisation de l'existence ?
Il ne s'agit pas d'un traumatisme identique à celui du 11 septembre. Rien à voir. Dans ce cas-là, tout ce que ça a apporté, c'est l'accroissement des dépenses militaires aux USA (enrichissement personnel des industriels et des actionnaires), extension des conflits armés, Irak et Afghanistan, exploitation des réserves de pétrole de l'Irak (enrichissement personnel des industriels et des actionnaires). Absolument rien de positif.
Ce traumatisme s'approche de celui du tsunami de Sumatra, à la différence essentielle qu'il touchait une région du monde dont le développement technologique n'avait rien à voir avec celui du Japon.
Cette fois, il s'agit d'une puissance économique, technologique, financière considérable. Le désastre n'en est pas moins effroyable. La technologie se révèle même une menace plus grande encore que les forces de la Nature. J'espère de tout coeur que les techniciens qui sont sans doute entrain de se sacrifier parviendront à leurs fins...Et qu'ils ne seront pas oubliés ensuite.
Est-ce que ce traumatisme aussi terrifiant qu'inattendu, inimaginable dans son ampleur peut déclencher une rupture dans le fonctionnement des humains ?
Le séisme en Chine n'a laissé entrevoir ensuite aucun changement dans l'attitude des dirigeants chinois. Leur volonté de puissance et d'extension économique reste la même.
Qu'en sera-t-il du gouvernement japonais et de ce peuple ?
Est-ce qu'l y aura une remise en question fondamentale, métaphysique ou juste une volonté de tout effacer pour repartir de plus belle ?
Est-ce que le fait que le Japon, alors qu'il compte parmi les premières puissances économiques, puisse être aussi atteint dans son intégrité physique, morale, dans sa fierté aussi (et c'est un aspect fondamental de cette civilisation ) va déclencher une réflexion de tout un peuple sur son positionnement vis à vis de la Nature, du Vivant ? Et si cela se produit, est-ce que d'autres peuples pourraient se servir de ce changement pour changer de cap ?
Une rupture spirituelle qui engendrerait un autre rapport au monde, un autre fonctionnement économique, une idée de "décroissance" ou tout du moins l'établissement d'un équilibre durable dans notre exploitation de la Terre. Avec cet infini respect pour sa puissance. Et sa douceur.
I have a dream...
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Une phrase surprenante.
- Par Thierry LEDRU
- Le 14/03/2011
Un commentaire lu sur un site, un habitant de la région de Fukushima.
"La vie doit continuer. Les Japonais ne veulent pas paniquer pour quelque chose qu’ils ne maîtrisent pas. L’important, en dépit des drames, c’est d’être vivant."
On aurait plutôt tendance à penser que les individus sont amenés à paniquer quand quelque chose qu'ils ne maîtrisent pas survient... Dans l'inconnu, nous ne savons pas comment réagir étant donné que nous ne pouvons rien construire à partir de nos expériences. Aucun repère, aucune issue, il faut tout inventer sans savoir si les effets seront positifs. La panique survient parce que la pression liée à cet inconnu devient plus puissant que les actes eux-mêmes. Ca n'est évidemment pas la bonne solution...
Si on reprend la tournure employée par ce Japonais, la panique n'a aucune raison d'être devant l'inconnu. Puisqu'il n'y a aucune connaissance à utiliser et que tout est à inventer, il n'y a pas de risque de manquer le potentiel dont on dispose, de gaspiller l'expérience retenue, de faire valoir nos qualités, nos acquis. Il s'agit par coséquent de rester neutre devant cette épreuve et de la vivre avec détachement.
On peut envisager que la panique ne surviendrait que dans une situation connue devant laquelle l'individu perdrait pied en ne parvenant pas à user des ses acquis. C'est l'incapacité à profiter des expériences passées et à raisonner qui déclencherait la panique. La situation est connue et pourtant l'individu est débordée par ses émotions. D'où la panique. Ca n'est pas la panique qui interdit de trouver une solution mais l'incapacité à trouver une solution alors que l'individu dispose du potentiel nécessaire qui déclenche cette panique.
Surprenant et très révélateur de cet étrange détachement que je mentionnais précédemment...Ils ne paniquent pas justement parce que la situation leur est totalement étrangère. Ils n'ont rien à se reprocher dans cet abattement, cette consternation, cette stupeur. Alors, ils laissent passer les émotions.
Fascinant...