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  • Aux origines capitalistes de notre système énergétique

     

     

     

    Un excellent article sur un site incontournable pour moi:  "Le vent se lève"  : https://lvsl.fr/

     

    MALM ET MITCHELL : AUX ORIGINES CAPITALISTES DE NOTRE SYSTÈME ÉNERGÉTIQUE

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    Jean-Baptiste Grenier

    Jean-Baptiste Grenier

    08 août 2021

    Pourquoi est-il si difficile de rompre avec le système énergétique dominant, malgré son impact catastrophique sur l’environnement ? À trop raisonner en termes de comportements individuels ou de pratiques culturelles, on se condamne à manquer l’essentiel. Les rapports de production, et plus spécifiquement la quête de maximisation de profit des classes dominantes, constituent les éléments les plus déterminants. C’est la thèse que défend Andreas Malm dans L’anthropocène contre l’histoire (éditions La Fabrique), ouvrage dans lequel il retrace l’évolution des systèmes énergétiques depuis deux siècles, conditionnée par une logique intimement capitaliste. Une lecture qu’il est utile de croiser avec Carbon Democracy (Timothy Mitchell, éditions La Découverte), qui analyse quant à lui la dimension impérialiste du système productif contemporain.

    À l’heure de l’urgence climatique, les mesures politiques nécessaires ne sont pas mises en œuvre. Le monde de la finance continue de soutenir massivement les énergies fossiles, faisant pourtant planer une épée de Damoclès sur les marchés financiers, comme le soulignent le rapport Oxfam de 2020 ou celui publié par l’Institut Rousseau avec les Amis de la Terre. La température continue d’augmenter et une hausse de 1,5°C est attendue dans les prochaines années. Comment expliquer la difficulté à mener cette transition énergétique et à sortir de la logique qui a mené à la croissance exponentielle des émissions de gaz à effet de serre ? Un retour sur l’évolution, depuis deux siècles, des systèmes énergétiques modernes, apporte des éclairages instructifs pour comprendre les blocages de la transition.

    Il faut en revenir aux années 1820-1840, au commencement de la révolution du charbon en Grande-Bretagne. L’aînée des puissances industrielles opère en quelques décennies une transformation radicale de son économie grâce à l’emploi du charbon et de la machine à vapeur. Jusqu’ici, les énergies utilisées (eau, vent, bois) servaient principalement à couvrir les besoins des foyers (chauffage, cuisson) et de quelques industries naissantes. L’essor du charbon permet le développement exponentiel de l’industrie manufacturière britannique, avec en tête de pont l’industrie du coton exportatrice dans le monde entier. Ces débuts de l’ère industrielle ont été abondamment documentés et commentés. Toutefois, une énigme semble n’avoir jamais vraiment été résolue : celle des motivations économiques de la transition d’une énergie hydraulique – celles des fleuves et rivières, captée par des moulins et autres roues à aubes – vers une énergie issue du charbon.

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    LE PASSAGE DE L’ÉNERGIE HYDRAULIQUE AU CHARBON AU COURS DE LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE

    La grille d’analyse de cette transition, proposée par Andreas Malm dans L’anthropocène contre l’histoire, semble en mesure d’apporter des éléments nouveaux à la compréhension d’un paradoxe apparent. Ce dernier, que Malm documente avec précision, est celui de l’absence de supériorité du charbon sur l’énergie hydraulique, c’est-à-dire l’énergie mécanique des rivières anglaises, en termes économiques classiques – au moment de la transition au début du XIXème siècle. Et ce, au moment-même où le charbon commence à être plébiscité et va rapidement produire près de 10 fois plus d’énergie que les fleuves anglais. Malm montre en effet, qu’au moment où le charbon devient prédominant, au moins sur trois critères majeurs, l’énergie hydraulique demeurait plus performante.

    Roue à aubes

    Tout d’abord, l’énergie hydraulique était abondante avec à l’époque moins de 7% du potentiel électrique utilisé. Il existait encore une multitude de gisements d’énergie hydraulique importants. Deuxièmement, la machine à vapeur n’avait pas encore la régularité moderne ; l’eau offrait une régularité et une robustesse technologique que la machine à vapeur de Watt n’était pas en mesure d’atteindre. Troisièmement, l’eau était gratuite ou presque, modulo les droits fonciers, et ceci d’un facteur au moins égal à 3 comparé au prix du charbon sur le marché. Comment expliquer dans ce cas la transition rapide, sans limite, quasi-instantanée vers l’utilisation massive du charbon et de la vapeur ?

    Le choix du système énergétique s’opère selon un objectif de maximisation de la plus-value captée par les investisseurs, et donc d’une augmentation symétrique du rapport d’exploitation des travailleurs.

    Pour surmonter ce paradoxe, Malm propose une nouvelle théorie du capital-fossile, reposant sur l’analyse marxiste de la logique d’accumulation capitaliste. Pour Marx, la naissance des rapports de propriété capitaliste s’est accompagnée d’une compulsion d’accroissement de l’échelle de la production matérielle. Ainsi, le capitaliste investit son capital dans l’espoir d’en obtenir plus. La création de valeur supplémentaire, la survaleur (ou encore plus-value), se fait grâce aux travailleurs – seuls capables, par leur force de travail, de créer de la valeur et de transformer le capital (moyens de production et ressources apportées par le capitaliste). De là la célèbre formule marxienne d’accumulation du capital : A-M-A’ (Argent → Marchandise → Argent + plus-value), où la marchandise représente l’ensemble des moyens de production capitalistes – capitaux, travail et donc chez Malm, aussi l’énergie indispensable à la mise en valeur du capital.

    Chez Marx, le capital est avant tout un rapport social, caractérisé par la séparation des travailleurs d’avec les moyens de production (la propriété) et d’avec les produits de la production, le tout dans une visée lucrative de la propriété. C’est donc un rapport de subordination. Le capital, ce « processus circulatoire de valorisation », n’existe qu’en « suçant constamment, tel un vampire, le travail vivant pour s’en faire une âme ». La logique d’accumulation du capital conduit de facto à une extorsion de la survaleur créée par les travailleurs. Le niveau de cette extorsion définit alors le ratio d’exploitation des travailleurs.

    Malm explique alors que si le travail est « l’âme du capitalisme », la nature et les ressources qu’elle fournit en sont son corps. Sans la nature, les énergies et les ressources nécessaires à la mise en valeur du capital, le processus d’accumulation fondamental du capitalisme ne serait pas possible. Les énergies fossiles, qui permettent de démultiplier dans des proportions considérables la production d’un travailleur, sont l’adjuvant parfait et le corollaire nécessaire au processus de mise en valeur du capital par le travail humain. Le charbon et l’huile, plus tard le pétrole et le gaz, sont les auxiliaires de la production capitaliste. Ils sont, dit Malm, le « levier général de production de survaleur ». Ils sont les matériaux indispensables à la création de valeur capitaliste.

    Si le charbon a été choisi comme énergie principale, c’est parce qu’il a permis une plus grande création de survaleur capitaliste par le biais d’une exploitation accrue du travail humain.

    En quoi le système théorique proposé par Malm permet-il alors d’expliquer le paradoxe de la transition eau/charbon au début du XIXème siècle ? Dans cette perspective marxienne, le caractère d’auxiliaire nécessaire à la production de survaleur capitaliste des énergies fossiles implique que le choix du système énergétique s’opère selon un objectif de maximisation de la plus-value captée par les capitalistes et donc d’une augmentation symétrique du rapport d’exploitation des travailleurs. Et ceci permet d’expliquer avec clarté le choix du charbon au détriment de l’énergie hydraulique en Grande-Bretagne puis dans le monde entier. En effet, le passage de l’énergie hydraulique à la machine à vapeur a eu lieu parce que ce nouveau système énergétique permettait une exploitation accrue du travail humain.

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    En effet, les usines fonctionnant à l’énergie hydraulique devaient être construites hors des villes, elles nécessitaient de faire venir des travailleurs des villes à un coût élevé, ou bien d’engager une main-d’œuvre paysanne locale. Mais celle-ci, peu rompue aux rythmes de travail de l’usine et à sa discipline, était susceptible de retourner aux travaux des champs brusquement. Par ailleurs, une fois sur place, cette main-d’œuvre isolée pouvait faire peser des risques de grèves et de pression à la hausse des salaires sur les propriétaires, en raison de la difficulté de faire venir des travailleurs ou de remplacer rapidement une main-d’œuvre trop revendicative. Au contraire, les usines fonctionnant avec des machines à vapeur, même initialement moins performantes que les roues à aubes hydrauliques, avaient l’énorme avantage de se trouver en ville. Dans les banlieues industrielles, les capitalistes pouvaient embaucher une main-d’œuvre déracinée, rompue au rythme de travail à l’usine, avec, en cas de grèves, une « armée de réserve » prête à remplacer les travailleurs contestataires.

    Malm montre ensuite comment le charbon et son caractère infiniment morcelable et transportable, a permis une adaptation bien plus efficace à la production capitaliste, au travail en usine mais aussi aux nouvelles réglementations sociales (limitation du temps de travail quotidien à 10 heures). Il déploie un certain nombre d’arguments complémentaires qui tous concourent à corroborer la thèse suivante : si le charbon a été choisi au détriment de l’énergie hydraulique en Grande-Bretagne au début du XIXème siècle, ce n’est pas parce que cette énergie était plus abondante, moins chère ou plus régulière, mais bien parce que le passage au charbon a permis une plus grande création de survaleur capitaliste par le biais d’une exploitation accrue du travail humain, plus régulière et moins soumise aux aléas climatiques et humains de la production hydraulique.

    De manière plus contemporaine, l’histoire des systèmes énergétiques nous offre d’autres exemples auxquels appliquer la logique proposée par Malm. Le passage à l’ère du pétrole est dans cette perspective lui aussi très instructif. Timothy Mitchell, dans son livre Carbon Democracy propose une thèse intéressante permettant d’expliquer le rôle du charbon dans les luttes sociales du XIXème et XXème siècles et la transition vers un modèle où le pétrole prend une place centrale.

    CHARBON, LUTTES SOCIALES ET CONTRE-MESURES DU CAPITAL

    Le recours au charbon, énergie indispensable dès le XIXème siècle au fonctionnement des économies occidentales, a profondément changé les rapports de production et l’organisation économique de la société. Le charbon servait principalement à deux choses : l’approvisionnement énergétique indispensable pour l’industrie manufacturière et l’accroissement de la production matérielle ainsi que l’administration des empires coloniaux, et en premier lieu du plus grand de tous, l’Empire britannique. Le charbon utilisé dans les bateaux à vapeur servait à assurer les liaisons commerciales et militaires par voie maritime et ceux-ci ont très vite supplanté la navigation à voile. Cette transition a notamment été illustrée dans plusieurs des romans de Joseph Conrad. Ainsi, le fonctionnement de l’économie capitaliste coloniale reposait majoritairement sur l’énergie du charbon et la gestion de ses flux.

    Mine de charbon, Matarrosa del Sil

    Or, la production et les flux de charbon étaient souvent très concentrés dans l’espace. La mainmise sur cette production et ces flux était alors indispensable au bon fonctionnement de l’économie capitaliste. Timothy Mitchell lie cette concentration des flux énergétiques indispensables au capitalisme à l’émergence des luttes sociales et de la démocratie moderne. Plus précisément, il dresse le constat suivant : la gestion du charbon et de ses flux passait de manière très concentrée par trois lieux essentiels : la mine, les chemins de fer transportant le charbon et les ports. Ainsi, au début du XXème siècle, « la vulnérabilité de ces mécanismes et la concentration des flux d’énergie dont ils [les capitalistes] dépendaient donnèrent aux travailleurs une force politique largement accrue ». Selon Mitchell, c’est cette concentration spatiale de l’approvisionnement énergétique qui a conduit à la naissance de la démocratie moderne.

    Les travailleurs spécialisés dans la gestion de flux énergétiques acquirent un pouvoir politique fort qui se matérialisa par la naissance des premiers partis et syndicats de masse. Ils pouvaient inverser le rapport de force face aux capitalistes en ralentissant ou en perturbant l’approvisionnement énergétique. C’est suite à cela qu’un grand nombre d’avancées sociales virent le jour au tournant du XIXème siècle et du XXème siècle : journée de 8 heures, assurance sociale en cas d’accident, de maladie ou de chômage, pensions de retraite, congés payés, etc. Comme le souligne Mitchell, la concentration de l’énergie indispensable à la production capitaliste avait créé une vulnérabilité. Pour reprendre la terminologie de Malm, l’organisation du système énergétique au charbon initialement choisi pour sa capacité à améliorer le rapport d’exploitation a en réalité conduit à une diminution de celui-ci en raison de cette vulnérabilité.

    L’organisation du système énergétique au charbon, initialement choisi pour sa capacité à améliorer le rapport d’exploitation, a en réalité conduit à une diminution de celui-ci en raison de sa vulnérabilité.

    La classe dominante a alors recouru de nouveau à un certain nombre de mesures pour regagner sa pleine souveraineté sur l’approvisionnement énergétique nécessaire à l’accumulation de capital. Mitchell décrit dans son livre ces mesures visant à restreindre le pouvoir des travailleurs : création de syndicats maison, appel à des briseurs de grève, constitution de stocks stratégiques énergétiques pour faire face à des imprévus (grèves, blocages). Ces mesures pour certaines d’entre elles, sont toujours appliquées de nos jours avec brio par la classe dirigeante. Ainsi en est-il des stocks stratégiques qui, s’ils sont conçus initialement pour pallier une défaillance de l’approvisionnement énergétique mondial, se révèlent aussi très pratiques pour limiter le « pouvoir de nuisance » des grèves syndicales. Le débat autour de l’insuffisance ou non des stocks stratégiques au cours des grèves contre la réforme des retraites, en raison du blocage des stocks et des raffineries opéré par les syndicats, en est le dernier exemple en date.

    LE PASSAGE À L’ÈRE DU PÉTROLE

    La logique du capital en termes d’approvisionnement énergétique est alors toujours la même : diminuer le pouvoir du camp du travail, en diminuant l’emprise des syndicats sur la production et la distribution de l’énergie indispensable à la mise en valeur du capital. La hausse de l’approvisionnement énergétique issu du pétrole peut, elle aussi, être expliquée pour partie par cette logique-là. En effet, le pétrole présente, sous ce prisme d’analyse, des avantages certains. Tout d’abord, il ne nécessite que très peu de travail humain pour être extrait et sort de lui-même une fois le trou creusé. Deuxièmement, les réserves de pétrole ne sont pas localisées sur les territoires des pays industriels développés. La proximité des gisements de charbon dans les pays occidentaux, qui était au début un avantage, était devenue un inconvénient en ayant permis la naissance de forces sociales contestataires importantes sur le territoire.

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    Mitchell décrypte avec précision les conditions matérielles d’exploitation des gisements pétroliers. L’exemple du Moyen-Orient est assez flagrant. L’accès à une énergie pétrolière abondante et peu chère est un des facteurs déterminants, si ce n’est le plus important, pour analyser la politique des pays occidentaux vis-à-vis des pays producteurs de pétrole, du partage de l’Empire ottoman après la Première guerre mondiale (accords Sykes-Picot) à la guerre en Irak de 2003 en passant par la première guerre du Golfe de 1991. Mitchell montre comment l’histoire du Moyen-Orient est guidée par la volonté de l’Occident de mettre en place un contrôle impérialiste des ressources, favorisant la mise en place de pouvoirs locaux dont les intérêts de classe coïncident avec ceux des néoconservateurs. Dans ces pays, la « démocratie occidentale » n’avait pas sa place.

    Puits de pétrole

    À cet égard, il est très intéressant de voir comment les tentatives de reprise de contrôle de la manne pétrolière par les nations productrices ont été considérées – rarement d’un bon œil. Les exemples sont nombreux et ne concernent d’ailleurs pas que le pétrole : Irak, Venezuela, Libye, Kurdistan, Iran…

    Le recours massif au pétrole s’explique bien entendu par des causes plus proprement « économiques » : baisse des ressources carbonifères en Occident, facilité d’extraction du pétrole, baisse des coûts de transport longue-distance, développement de l’automobile. Toutefois, le prisme d’analyse de Malm semble pouvoir expliquer aussi pour partie la préférence, partielle, donnée au pétrole sur le charbon. Il est intéressant de voir qu’en France, sur l’ensemble de l’énergie consommée en une année, seule la partie issue du nucléaire et des barrages – peu ou prou 20-25% de la consommation énergétique finale, est issue d’une production où les syndicats ont encore un pouvoir non négligeable. Pour le reste, pétrole, gaz et charbon, le capital a réussi, comme dans beaucoup d’autres pays, à se débarrasser, du moins partiellement, des entraves syndicales dans la mise en valeur du capital.

    QUEL SYSTÈME ÉNERGÉTIQUE À L’AVENIR ?

    C’est donc la logique intrinsèque de mise en valeur du capital qui semble avoir guidé les choix énergétiques des deux derniers siècles pour finalement se retrouver à l’origine du changement climatique. Sans énergie pour mettre en valeur le capital, la logique du capital s’effondre. Les énergies fossiles ont rempli ce rôle au cours des deux derniers siècles.

    La solution optimale du point de vue du capital est et restera, sans contrainte exogène forte, le choix des énergies fossiles et de leur grande densité énergétique favorisant leur transport, permettant par là-même une meilleure mise en valeur du capital. Toutefois, les pressions environnementales, citoyennes et démocratiques commencent (modestement) à le contraindre à envisager un nouveau système énergétique. Pourtant, la logique capitaliste interne de mise en valeur du capital nécessite ce que Malm appelle « un levier général de production de survaleur », place occupée jusqu’ici par les énergies fossiles. Si les énergies nouvelles se révèlent incapables de remplir ce rôle, le système capitaliste n’aura probablement d’autre choix que de freiner au maximum la transition énergétique pour assurer sa survie.

    Si la transition écologique devait bel et bien s’initier, plusieurs options sont concevables quant à la nature du système énergétique nouveau qui émergerait. Dans le cas de la France, on pourrait distinguer trois scenarii-limite, qui ressortent des débats actuels autour de la question énergétique, avec plusieurs variations et combinaisons possibles entre eux :

    1. Une production qui continue à être majoritairement centralisée, avec une part importante de nucléaire répondant à l’électrification des consommations et au besoin de stabilité du réseau ;
    2. Un système 100% renouvelable aux mains d’un nombre restreint de groupes, s’appuyant sur une organisation ubérisée du travail et une gestion libérale des marchés de l’énergie ;
    3. Une croissance forte des systèmes énergétiques territoriaux totalement ou partiellement autonomes, gérés par les consommateurs et les collectivités territoriales.

    Quelle serait alors, à la lecture de Malm et Mitchell, la solution plébiscitée par le capitalisme ?

    Ndr : Un prochain article tentera de décrire les conséquences de chaque système et étudiera leurs conditions de possibilité afin de mettre en avant ce qui pourrait être la solution optimale du capital, ainsi que la solution qui pourrait être celle démocratiquement choisie.

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  • Lobbies contre décroissance

     

     

    Les lobbies contrôlent tout, notre seule option : la décroissance

     

    « La crise écologique semble de plus en plus inévitable, et plusieurs experts estiment que la croissance perpétuelle sur laquelle repose notre système économique est responsable de la dégradation de l'environnement. Et donc, pour sauver l’humanité, certains appellent à la décroissance. »

    30 août 2018 - Laurie Debove

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    Durant l’été, le média canadien Rad a publié une série de vidéos sur la décroissance. Face à l’urgence du dérèglement climatique, cette série explore comment le concept économique de décroissance peut répondre à la crise écologique en cours.

    Une croissance infinie sur une planète aux ressources finies

    Présentée par le journaliste Olivier Arbour-Masse sur un ton humoristique, la série vidéo commence pourtant par établir la liste des conséquences mortifères d’une société de surproduction et surconsommation poussée à son paroxysme : catastrophes météo de plus en plus violentes, cri d’alarme de 15 000 scientifiques sur le risque climatique, début de la sixième extinction de masse, aggravation des inégalités et accaparement des richesses par un petit nombre.

    « La crise écologique semble de plus en plus inévitable, et plusieurs experts estiment que la croissance perpétuelle sur laquelle repose notre système économique est responsable de la dégradation de l’environnement. Et donc, pour sauver l’humanité, certains appellent à la décroissance. » Olivier Arbour-Masse

    Le concept de décroissance a émergé dans les années 1970 suite à la publication du rapport Meadows intitulé « Halte à la Croissance » et sous l’impulsion de différentes personnalités, notamment Jacques Ellul, André Gorz et Bernard Charbonneau. 

    La paternité du concept est attribué à l’économiste mathématicien Nicholas Georgescu-Roegen (1906 – 1994). En 1971, il a publié le livre « The Entropy Law and the Economic Process » dans lequel il remet en cause la pensée économique occidentale dominante basée sur le concept de croissance.

    Pour N. Georgescu-Roegen, une croissance infinie est tout simplement impossible à maintenir sur une planète aux ressources finies. L’économiste mathématicien reproche à la doctrine économique de la croissance d’oublier deux principes fondamentaux :

    les limites physiques de notre planète avec le processus de dégradation de l’énergie et de la matière (loi de l’entropie, deuxième principe de la thermodynamique)

    l’homme ne peut pas être réduit au rôle de consommateur/producteur, mais doit s’épanouir à travers différentes dimensions (biologique, politique, philosophique, culturelle, spirituelle).

    Crédit Photo : Shutterstock

    « Chaque fois que nous produisons une voiture, nous détruisons irrévocablement une quantité de basse entropie qui, autrement, pourrait être utilisée pour fabriquer une charrue ou une bêche. Autrement dit, chaque fois que nous produisons une voiture, nous le faisons au prix d’une baisse du nombre de vies humaines à venir. Il se peut que le développement économique fondé sur l’abondance industrielle soit un bienfait pour nous et pour ceux qui pourront en bénéficier dans un proche avenir : il n’en est pas moins opposé à l’intérêt de l’espèce humaine dans son ensemble, si du moins son intérêt est de durer autant que le permet sa dot de basse entropie ». N. Georgescu-Roegen, source « Aux Origines de la décroissance »

    Changer la société dans son ensemble

    Le journaliste canadien Olivier Arbour-Masse s’est intéressé à l’application des principes de décroissance à la fois à l’échelle individuelle mais aussi sociétale. Pendant un mois, il a voulu réduire son empreinte carbone en suivant plusieurs défis : réduire sa production de déchets, se passer d’objets et vêtements dans une démarche minimaliste, manger végétalien cinq jours par semaine.


    Très vite, et malgré une diminution de son empreinte carbone, le journaliste se trouve limité dans ce qu’il peut accomplir seul. Aux yeux du sociologue Eric Pineault, c’est parce que cette « démarche individuelle de simplicité volontaire » n’est pas l’objectif principal de la décroissance.

    « La décroissance mise sur des outils collectifs et des réponses collectives aux problèmes pour que ce soit plus facile et moins traumatisant pour les individus. » Eric Pineault, pour Rad

    Les experts interrogés proposent ainsi plusieurs mesures à mettre en place pour que la société s’engage dans la décroissance : diminuer le temps de travail pour mieux partager les emplois et la richesse en dégageant du temps pour d’autres activités, lutter contre l’obsolescence programmée comme le permet la loi française de 2015, et réduire le pouvoir de l’entreprise privée dont le but est de produire toujours plus pour gagner toujours plus.

    Crédit Photo : Shutterstock

    Si certains économistes attachés au seul PIB comme symbole de richesse d’un pays qualifient la décroissance d’utopiste, d’autres revendiquent au contraire l’urgence de changer de modèle économique.

    « La quatrième révolution industrielle en cours n’est vue par les économistes standards qu’au travers des points de croissance supplémentaires qu’elle pourrait apporter pour compenser le risque de stagnation séculaire. Elle devrait être, au contraire, un formidable atout pour gérer la décroissance d’une façon intelligente, et notamment inclusive sur le plan social tant l’explosion des inégalités ces dernières années a un lien étroit avec celle des risques sur la planète. Ce qui compte in fine n’est pas le PIB ou le revenu national brut, mais bien le revenu net, notamment de tous les dégâts du soi-disant « progrès », surtout ceux à venir qui constituent une dette vis-à-vis de nos enfants. C’est une révolution conceptuelle pour les économistes. » Jean-Joseph Boillot, Conseiller économique au club du CEPII, pour Libération

    Lors de son entretien sur FranceInter, Nicolas Hulot précisait avant d’annoncer sa démission que le monde entier « s’évertue à entretenir voire à réanimer un modèle économique marchand qui est la cause de tous ces désordres » climatiques et humains. L’heure de la décroissance aurait-elle sonné ?

  • Et parler de quoi d'autre ?

     

    Oui, je sais, ce blog n'est plus qu'un condensé des catastrophes et ça ne me réjouit aucunement d'en être arrivé là. Entre les premiers articles qui datent de 2009 et ceux d'aujourd'hui, la différence est de taille. 

    Qu'en sera-t-il dans dix ans ? 

    Je n'ose même pas l'imaginer.

    Il me suffit de regarder les statistiques des visites et pages lues pour réaliser à quel point, ce sujet détourne un grand nombre de lecteurs. Par désintérêt ou par lassitude, je n'en sais rien. C'est juste un constat. 

     

     

    Algérie, Californie, Europe... Les incendies continuent de ravager de nombreuses régions du monde

    Article rédigé par

    franceinfo

    France Télévisions

    Publié le 10/08/2021 18:40Mis à jour il y a 39 minutes

     Temps de lecture : 4 min.

    Des jeunes et des volontaires locaux se rassemblent pour soutenir les pompiers lors d'un incendie de forêt à côté du village de Kamatriades, près d'Istiaia, dans le nord de l'île d'Eubée (Grèce), le 9 août 2021. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

    Des jeunes et des volontaires locaux se rassemblent pour soutenir les pompiers lors d'un incendie de forêt à côté du village de Kamatriades, près d'Istiaia, dans le nord de l'île d'Eubée (Grèce), le 9 août 2021. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

    L'été 2021 est marqué par des incendies spectaculaires et meurtriers, souvent attisés par de fortes chaleurs.

    Les images d'incendies ravageurs se multiplient, venant du monde entier. Autour de la Méditerranée, la Turquie et la Grèce traversent depuis près de deux semaines une vague d'incendies violents, favorisés par la sécheresse et des températures caniculaires, qui ont fait 10 morts et des dizaines de blessés hospitalisés.

    En Algérie, la région de la Kabylie fait face, mardi 10 août, à de violents incendies qui continuent de progresser dans les montagnes près de la commune de Tizi-Ouzou. En Sibérie, les flammes se sont propagées jusqu'au pôle Nord. De son côté, l'Etat de Californie a connu les troisièmes plus violents incendies de son histoire. Franceinfo vous propose un tour du monde de ces catastrophes en images.

    En Algérie, la Kabylie ravagée par les flammes

    Une trentaine d'incendies ont débuté dans le nord de l'Algérie, lundi 9 août, notamment en Kabylie. Au moins sept personnes sont mortes dans ces feux attisés par un épisode de canicule, selon les pompiers et les autorités forestières locales.

    Dans la vidéo ci-dessus, le journaliste indépendant algérien Messir Hamid partage des images de la Wilaya de Tizi-Ouzou, où les incendies continuent de se propager. 

    En Algérie, un homme regarde la fumée s'échapper d'un incendie de forêt dans les collines boisées de la Kabylie, à l'est de la capitale Alger, le 10 août 2021. (RYAD KRAMDI / AFP)

    En Algérie, un homme regarde la fumée s'échapper d'un incendie de forêt dans les collines boisées de la Kabylie, à l'est de la capitale Alger, le 10 août 2021. (RYAD KRAMDI / AFP)

    Les équipes de la protection civile tentent d'éteindre 31 incendies dans 14 wilayas du nord du pays, selon la préfécture. Dix sont en cours à Tizi-Ouzou. Quatre autres ont éclaté à Jijel, à l'est du pays.

    Selon l'agence de presse du gouvernement, l'incendie à Tizi-Ouzou est d'origine criminelle. La multiplication des départs de feux survient alors que l'Algérie connaît un été caniculaire, marqué par une raréfaction de l'eau dans le pays. Les services météorologiques prévoient mardi des températures allant jusqu'à 46 °C.

    En Grèce, la situation demeure très préoccupante

    L'île d'Eubée est toujours en proie aux flammes et offrait mardi un spectacle de désolation.

    Grèce : les incendies continuent de ravager le pays, la situation demeure très préoccupante

    franceinfo

     

    Près de 70 000 hectares ont été détruits en Grèce. Les feux ont bouleversé le paysage et détruit des centaines de maisons.

    Les pompiers et les volontaires utilisent un tuyau d'arrosage pour tenter d'éteindre un incendie dans le village de Glatsona, sur l'île d'Eubée (Eubée), le 9 août 2021. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

    Les pompiers et les volontaires utilisent un tuyau d'arrosage pour tenter d'éteindre un incendie dans le village de Glatsona, sur l'île d'Eubée (Eubée), le 9 août 2021. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

    Les soldats du feu, aidés par des volontaires, continuaient mardi matin de mener une bataille désespérée sur cette île, pour empêcher un violent incendie d'atteindre la ville d'Istiaia, qui compte 7 000 habitants.

    Les résidents locaux regardent l'incendie de forêt s'approchant du village de Gouves, sur l'île d'Eubée (Grèce), le 8 août 2021. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

    Les résidents locaux regardent l'incendie de forêt s'approchant du village de Gouves, sur l'île d'Eubée (Grèce), le 8 août 2021. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

    Ils ont lutté sur plusieurs fronts toute la nuit pour contenir les flammes qui embrasent depuis début août cette immense île montagneuse et arborée à 200 km à l'est d'Athènes.

    Les résidents locaux sont évacués sur un ferry du nord de l'île d'Eubée, en Grèce, le 8 août 2021. (INTIME NEWS/ATHENA PICTURES/SHUT/SIPA / SHUTTERSTOCK / AFP)

    Les résidents locaux sont évacués sur un ferry du nord de l'île d'Eubée, en Grèce, le 8 août 2021. (INTIME NEWS/ATHENA PICTURES/SHUT/SIPA / SHUTTERSTOCK / AFP)

    Plus de 3 000 personnes ont été évacuées par la mer. habitants de l'île ont été évacués et relogés dans des hôtels. Des ferries et des navires militaires étaient en alerte en cas de nouvelles évacuations par la mer.

    En Turquie, des incendies en grande partie maîtrisés

    La Turquie a traversé depuis près de deux semaines une vague d'incendies violents. Le ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré lundi 9 août que les incendies à Antalya étaient "totalement maîtrisés", comme le rapporte l'agence de presse du gouvernement

    Un hélicoptère participe à une opération d'extinction d'incendies de forêt, à Koycegiz dans la région de Mugla (Turquie), le 9 août 2021. (EMRE TAZEGUL/AP/SIPA / SIPA / AFP)

    Un hélicoptère participe à une opération d'extinction d'incendies de forêt, à Koycegiz dans la région de Mugla (Turquie), le 9 août 2021. (EMRE TAZEGUL/AP/SIPA / SIPA / AFP)

    Le ministre de l'Agriculture et des Forêts, Bekir Pakdemirli, a annoncé que les incendies étaient toutefois toujours en cours à "Milas et Koycegiz dans la province de Mugla".

    Un volontaire se repose alors que les flammes s'élèvent d'une forêt qui brûle en arrière-plan près d'Akcayaka, une ville de la province de Mugla (Turquie), le 6 août 2021. (YASIN AKGUL / AFP)

    Un volontaire se repose alors que les flammes s'élèvent d'une forêt qui brûle en arrière-plan près d'Akcayaka, une ville de la province de Mugla (Turquie), le 6 août 2021. (YASIN AKGUL / AFP)

    La Turquie a subi les pires incendies qu'elle ait connus depuis au moins une décennie. Les soldats du feu se sont demenés pendant plusieurs jours pour endiguer la progression des flammes. 

    En Sibérie, les incendies s'aggravent et la fumée atteint le pôle Nord

    Les feux de forêt qui ravagent la Sibérie continuaient de s'aggraver lundi, selon les autorités. Ces incendies sont d'une ampleur telle que la fumée a atteint le pôle Nord d'après la Nasa.

    Cette image de l'Observatoire de la Terre de la NASA publiée le 7 août 2021 montre la fumée émise par des centaines d'incendies de forêt couvrant la majeure partie de la Russie le 6 août 2021. (HANDOUT / NASA EARTH OBSERVATORY / AFP)

    Cette image de l'Observatoire de la Terre de la NASA publiée le 7 août 2021 montre la fumée émise par des centaines d'incendies de forêt couvrant la majeure partie de la Russie le 6 août 2021. (HANDOUT / NASA EARTH OBSERVATORY / AFP)

    L'une des régions les plus touchées est la Yakoutie, un territoire immense et très peu peuplé du nord de la Sibérie, où la situation "continue de s'aggraver avec une tendance à la hausse du nombre et de la superficie des feux de forêt", a relevé lundi sur son site internet l'agence météo russe Rosguidromet. 

    Un pompier se tient sur les lieux d'un incendie de forêt près du village de Kyuyorelyakh (Russie), le 7 août 2021. (IVAN NIKIFOROV/AP/SIPA / SIPA)

    Un pompier se tient sur les lieux d'un incendie de forêt près du village de Kyuyorelyakh (Russie), le 7 août 2021. (IVAN NIKIFOROV/AP/SIPA / SIPA)

    L'agence spatiale américaine, la Nasa, a de son côté rapporté dans un communiqué, samedi, que la fumée due aux incendies en Yakoutie avait "traversé plus de 3 000 km pour atteindre le pôle Nord, ce qui semble être une première dans l'histoire documentée".

    Aux Etats-Unis, le Dixie Fire poursuit sa course en Californie

    Le gigantesque brasier, le troisième plus grand feu de l'histoire de la Californie, a dévasté cette semaine les commerces et habitations de la petite ville de Greenville, ainsi que le village de Canyondam.

     

    États-Unis : le gigantesque incendie Dixie Fire a ravagé la ville de Greenville

    France 2

     

     

     

    Les stigmates de cet incendie, baptisé Dixie Fire, sont visibles sur une série de clichés réalisés par un photographe de l'AFP avant et après le sinistre, qui a détruit des centaines de bâtiments et provoqué l'évacuation de milliers d'habitants dans le nord de la Californie.

     

     

     

     

  • Rapport du GIEC (4)

    Il y aura toujours des climato-sceptiques, il y aura toujours des consommateurs effrénés, il y aura toujours des individus centrés sur leur petit moi et qui ne liront rien de tout ça, en balayant des nouvelles catastrophistes qui pourraient porter atteinte à leur insouciance.

    Il y aura même des gens épouvantés par tout ce que le GIEC énonce et qui prendront l'avion pour aller dans les îles pendant leurs vacances et qui continueront à manger de la viande issue de l'élevage intensif et qui continueront à fêter le premier jour des soldes. Parfois, je me demande si ces derniers ne sont pas les pires. Je n'arrive pas à comprendre comment il est possible de se supporter dans une telle contradiction. Savoir et ne rien changer en soi...C'est là qu'apparaît dans sa totale folie la puissance du formatage et la croyance qu'il est impossible d'en sortir. 

     

    Changement climatique : ce qu'il faut retenir du sixième rapport des experts du Giec publié aujourd'hui

     

    Le Giec publie ce lundi le premier volet de son sixième rapport, consacré aux éléments scientifiques les plus récents concernant l'évolution du climat.

    Article rédigé par

    Camille Adaoust

    France Télévisions

    Publié le 09/08/2021 10:02Mis à jour le 09/08/2021 15:56

     Temps de lecture : 6 min.

    Les forêts brûlent à Gouves (Grèce), conséquence de la "pire canicule" dans le pays en plus de trente ans, le 8 août 2021. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

    Les forêts brûlent à Gouves (Grèce), conséquence de la "pire canicule" dans le pays en plus de trente ans, le 8 août 2021. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

    Sept ans après son dernier rapport, le document est très attendu. Lundi 9 août, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) publie ses nouvelles évaluations et prévisions climatiques (lien en anglais). "L'influence humaine a réchauffé le climat à un niveau sans précédent depuis au moins 2 000 ans", alertent ses membres dans le sixième "résumé pour les décideurs", que franceinfo a pu consulter. Hausse de la température mondiale, intensification des événements extrêmes, responsabilité des activités humaines... Voici ce qu'il faut retenir de ce document référence. 

    Le changement climatique actuel est "sans précédent"

    Les scientifiques du Giec commencent par rappeler le constat suivant : "La température globale sur la surface de la Terre était plus chaude de 1,09°C entre 2011 et 2020 qu'elle ne l'était entre 1850 et 1900, avec une hausse plus importante au niveau des terres (1,59°C) qu'au niveau des océans (0,88°C)." Suivent les nombreuses conséquences de ce réchauffement.

    Ainsi, entre 1901 et 2018, le niveau des mers a grimpé de 20 centimètres, "plus vite que lors de n'importe quel autre siècle depuis au moins 3 000 ans". Au nord, entre 2011 et 2020, "l'étendue moyenne de la banquise en Arctique a atteint son plus bas niveau depuis 1850", cite encore la communauté de chercheurs. La fonte des glaciers, quant à elle, a causé un recul de leur surface "sans précédent depuis 2 000 ans".

    La concentration de CO2 est la plus élevée depuis au moins 2 millions d'années

    Depuis son dernier rapport publié en 2014 (lien en anglais), le Giec se fait l'écho d'une situation qui ne s'est pas améliorée. "Depuis 2011 [date des mesures citées dans le précédent rapport], la concentration [de gaz à effet de serre] a continué d'augmenter dans l'atmosphère", écrivent les auteurs. Jusqu'à atteindre en 2019 son plus haut niveau "depuis au moins 2 millions d'années" pour le CO2 et "depuis au moins 800 000 ans" pour le méthane et le protoxyde d'azote, deux autres gaz à effet de serre, déplorent-ils.

    Résultat : alors que la capacité du monde à limiter le réchauffement de la planète à +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle (l'objectif idéal de l'Accord de Paris) sera au centre des discussions de la COP26, le Giec, lui, adapte ses scénarios à la hausse par rapport à sa précédente publication. Le rapport publié ce lundi comprend en effet "un plus large éventail" de trajectoires d'émissions de gaz à effet de serre. Deux d'entre elles étudient les effets d'une hausse des émissions plus importante que précédemment, tandis que le scénario intermédiaire se concentre sur un maintien des émissions actuelles jusqu'en 2050 avant une baisse. La température pourrait alors augmenter de 2,1°C à 3,5°C d'ici la fin du siècle, et de 3,3°C à 5,7°C d'après les pires trajectoires, par rapport à la période 1850-1900. "La dernière fois que la température globale a été de +2,5°C par rapport aux niveaux de 1850 à 1900, c'était il y a plus de 3 millions d'années", alerte le Giec.

    Les activités humaines sont, "sans équivoque", à l'origine du réchauffement

    "De nouveaux modèles, de nouvelles analyses et méthodes (...) permettent de mieux comprendre l'influence humaine sur un éventail plus large de variables climatiques", décrivent les scientifiques. Et le résultat est "sans équivoque" : "C'est indiscutable, c'est un fait établi, les activités humaines sont à l'origine du changement climatique", a commenté la climatologue et coprésidente du Giec, Valérie Masson-Delmotte, lors d'une conférence de presse. Dans son rapport, le groupe insiste d'ailleurs particulièrement sur la responsabilité des activités humaines. Il est ainsi "probable" –selon les termes d'évaluation utilisés– que l'influence humaine ait contribué au schéma actuel des précipitations, "extrêmement probable" qu'elle ait induit les "changements observés dans la salinité des eaux océaniques proches de la surface", "très probable" que l'activité humaine soit aussi à l'origine du recul des glaciers depuis les années 1990, de la fonte de la banquise en Arctique ou encore "extrêmement probable" que l'homme soit la "cause principale" du réchauffement de la couche supérieure des océans (de 0 à 700 m), répète le Giec au fil des pages. 

    "Les activités humaines affectent toutes les composantes du système climatique, certaines d'entre elles réagissant pendant des décennies et des siècles."

    Le Giec 

    dans le "résumé pour les décideurs"

    Alors que les émissions de gaz à effet de serre à l'origine du changement climatique sont toujours à la hausse, le groupe d'experts en décrit les conséquences futures. Vagues de chaleur, inondations, sécheresses, météo propice aux feux... "Toutes les régions vont vivre plus de répercussions du changement climatique", écrit le Giec. Certaines seront même "irréversibles pour des siècles voire des millénaires", en particulier concernant la température des océans, la fonte des glaciers ou encore la montée du niveau de la mer.

    Des événements extrêmes attribués au changement climatique

    Au milieu d'une avalanche de catastrophes à travers le monde, des inondations en Allemagne et en Chine aux incendies monstres en Europe et en Amérique du Nord, les scientifiques écrivent noir sur blanc que nombre de ces événements sont causés par le changement climatique. "Les preuves qui montrent du changement dans des extrêmes comme les vagues de chaleur, les fortes précipitations, les sécheresses et les cyclones tropicaux (...) ont été renforcées depuis" le dernier rapport de 2014.

    Des preuves qui permettent aujourd'hui d'établir que les extrêmes de chaleur ou encore les fortes précipitations sont plus fréquents et plus intenses depuis les années 1950, à cause du changement climatique. "Certaines chaleurs extrêmes au cours de la dernière décennie auraient été extrêmement improbables sans l'influence de l'activité humaine sur le système climatique", note par exemple le rapport. "Chaque 0,5°C additionnel cause, de manière bien visible, une intensification et une augmentation de la fréquence des extrêmes chaleurs (...), des fortes précipitations tout comme des sécheresses."

    Plusieurs objectifs évoqués pour ralentir le réchauffement

    "Le réchauffement à 1,5°C et 2°C va être dépassé pendant le XXIe siècle, à moins qu'une profonde baisse des émissions de CO2 et des autres gaz à effet de serre ne se produise dans les prochaines décennies", insiste le Giec. Il présente donc plusieurs solutions. Il faut d'abord, d'après les experts, atteindre la neutralité carbone, c'est-à-dire arriver à un équilibre entre les émissions anthropiques et les absorptions de CO2, car "chaque tonne de CO2 émise s'ajoute au réchauffement global".

    Le Giec en vient ensuite au budget carbone : il s'agit d'une estimation de la quantité de CO2 que l'humanité peut encore émettre avant de dépasser l'objectif des 1,5°C. Le groupe d'experts estime qu'il ne faut pas aller au-delà d'environ 500 gigatonnes de CO2. Les experts évoquent enfin la capture de carbone, qui a le "potentiel de retirer du CO2 de l'atmosphère et de le stocker durablement dans des réservoirs". Autant de solutions qui seront approfondies dans un autre volet, consacré aux mesures d'atténuation, de ce sixième rapport. Sa publication est prévue pour début 2022.

  • Rapport du GIEC (3)

     

    Le monde politique, les décideurs, les financiers, les économistes, les grands industriels...Tous ces gens ne veulent pas d'un changement de paradigme parce que cela reviendrait pour eux-mêmes à la perte de leur puissance. Tout le problème est là. 

    Le deuxième point d'achoppement vient du fait qu'une très grande partie de la population des pays industrialisés n'a aucunement envie de changer de mode de vie. Un pourcentage largement majoritaire continue à consommer tant que c'est possible, bien au-delà des besoins réels. L'idée même de réduire ce train de vie est inacceptable même si le train nous conduit droit dans le ravin.

    On en revient toujours à cette réflexion indispensable sur le besoin, le manque et le désir.

    J'ai tenté de lancer la discussion sur un des articles parus sur France info. J'ai eu droit à une réponse on ne peut plus claire : "N'importe quoi et c'est quoi le rapport avec le GIEC ? "

    Le rapport, c'est très simple. Si chacun s'était efforcé de mener cette réflexion, l'existence même du GIEC n'aurait pas été nécessaire. 

    LIEN : Le manque, le besoin, le désir.

     

    Climat : état des lieux, base de débat… A quoi servent vraiment les rapports du Giec ?

     

    Article rédigé par

    Marie-Adélaïde Scigacz

    France Télévisions

    Publié le 09/08/2021 06:50

     Temps de lecture : 7 min.

    Une pancarte dans une manifestation pour le climat, le 9 mai 2021, à Paris.  (JACOPO LANDI / HANS LUCAS / AFP)

    Une pancarte dans une manifestation pour le climat, le 9 mai 2021, à Paris.  (JACOPO LANDI / HANS LUCAS / AFP)

    Le premier des trois volets qui composent le sixième rapport du Giec, le groupe d'experts internationaux sur le climat, permet de faire le point sur les connaissances scientifiques sur le changement climatique. Mais est-ce suffisant pour faire bouger les choses ?

    Des précipitations exceptionnelles en Chine et en Allemagnedes températures hors normes au Canadades incendies ravageurs dans le sud de l'Europe, mais aussi en Turquie et dans l'ouest des Etats-Unis

    La publication, lundi 9 août, de la première partie du sixième rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) intervient au milieu d'une avalanche de catastrophes portant les impacts du dérèglement climatique sur le devant de l'actualité. 

    Sept ans après la sortie du précédent rapport, le premier des trois volets qui composeront cette nouvelle évaluation – elle sera complète d'ici l'automne 2022 – s'intéresse aux sciences physiques du climat. Des données, des figures, bref, de la science dure pour comprendre l'état de notre planète. Synthèse de milliers d'études publiées par les meilleurs instituts et universités du monde, cette publication ne fait pas de recommandations. Dès lors, comment les rapports du Giec parviennent-ils à appeler à l'action ? 

    Ils dressent un état des lieux des connaissances scientifiques

    Le Giec rassemble des chercheurs, mais n'est pas un organisme de recherche. Ses auteurs (plusieurs centaines répartis sur les cinq continents) ont pour mission de synthétiser des travaux menés dans les laboratoires du monde entier, afin de faire le point sur les connaissances scientifiques sur le climat. Ainsi, participer à la réalisation d'un rapport constitue un "honneur" qui attire des milliers de postulants, relève le climatologue Jean Jouzel. Parce qu'ils proposent "une base commune des connaissances de notre communauté", ces rapports donnent une force inédite au discours scientifique, poursuit celui qui a participé à la réalisation de quatre de ces publications, en tant qu'auteur ou membre du bureau.

    Avant de rendre un rapport complet de quelque 2 000 pages, plusieurs dizaines de milliers d'articles scientifiques sont passés au crible. Cela représente sept ans de travail. Faire ainsi le point sur les connaissances à l'instant T permet de dynamiser la recherche, souligne Jean Jouzel. "J'ai beaucoup appris en participant aux rapports du Giec : cela donne des idées, crée des collaborations. Travailler sur ces rapports permet d'identifier les aspects les moins étudiés des sciences du climat. Si le Giec ne fait pas non plus de recommandations en termes de sujets de recherche, il donne lieu à de nouveaux projets", qui font encore avancer l'état des connaissances, souligne-t-il. 

    Ils garantissent une base commune pour les dirigeants

    Si les rapports ne font pas de recommandations politiques, "les Etats s'en servent pour guider leur action", explique Eric Brun, secrétaire général de l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc). L'organisme, qui dépend du ministère de la Transition écologique, participe aux discussions qui précèdent l'approbation du "Résumé à l'intention des décideurs", un texte synthétique d'une trentaine de pages qui accompagne chaque rapport et en propose un aide-mémoire plus digeste pour le commun des mortels. Pendant plusieurs semaines, ce "résumé des résumés" fait la navette entre le Giec et les délégations des Etats signataires afin de se mettre d'accord sur des formulations à la fois compréhensibles par tous et implacables du point de vue scientifique.

    Une fois adopté par tous les pays, pendant la semaine qui précède la publication des textes du Giec, ce document constitue "un socle commun, une vérité universelle qui va éclairer toutes les décisions jusqu'à ce qu'un nouveau rapport soit publié", poursuit Eric Brun, scientifique de formation. Chaque ligne fait l'objet d'âpres discussions. "Certains pays veulent atténuer certains messages, notamment sur les causes du changement climatique, et d'autres – comme la France, l'Union européenne, la Suisse, la Norvège, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Canada – veulent au contraire les renforcer", continue-t-il. Car en peu de mots, cette synthèse envoie aux décideurs "des messages très forts". 

    Surtout que cette année encore, la publication du premier volet du sixième rapport du Giec intervient avant d'importants rendez-vous diplomatiques, comme l'assemblée générale des Nations unies prévue en septembre à New York ou le sommet du G20 – dont les pays émettent 80% des gaz à effet de serre – en octobre à Rome. En point d'orgue, la COP26 se déroulera en novembre à Glasgow. C'est pourquoi "l'approbation des rapports du Giec [via le "Résumé à l'intention des décideurs"] est une étape cruciale. C'est ce qui fait la force du Giec", martèle Jean Jouzel. 

    "Quand les pays arrivent à une COP, leurs gouvernements sont d'accord sur cette base et on n'a pas besoin de rediscuter de ces points à l'ouverture. S'il n'y avait pas cette dernière étape d'adoption, je pense que le rapport du Giec finirait dans les tiroirs."

    Jean Jouzel, climatologue 

     

    Pour preuve du poids de ces textes, le climatologue cite l'accord de Paris qui reprend, in extenso, les données mises en avant dans le cinquième rapport du groupe. De même, depuis que le Giec a préconisé, en 2018, de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C par rapport à l'ère préindustrielle, plus de 130 pays ont inscrit dans leurs objectifs d'arriver à la neutralité carbone d'ici 2050, insiste-t-il. "Les décideurs politiques prennent appui sur les rapports du Giec pour définir des objectifs. Du moins, dans les textes. Car toute la question est de savoir s'ils respectent ces objectifs", nuance toutefois Jean Jouzel en déplorant "le fossé qui se creuse entre les engagements et les actions".

    Ils animent le débat 

    En mettant en avant la rigueur des rapports et leur caractère quasi exhaustif, la communauté des sciences du climat a façonné, avec le Giec, un outil de communication efficace pour les ONG, car incontestable aux yeux des politiques, souvent sourds à leurs cris d'alerte. Au sein du Réseau action climat, Aurore Mathieu estime ainsi que les données partagées dans chaque nouvelle production du Giec "renforcent vraiment [leur] plaidoyer". 

    Le texte met ainsi en lumière certaines thématiques sur lesquelles se positionner. "Quand le rapport met en avant le rôle du méthane dans le réchauffement climatique, nous nous interrogeons sur ce que nous disons à ce sujet, poursuit Aurore Mathieu. Est-ce que ce point était un angle mort de notre discours, ou est-ce que nous le prenons déjà suffisamment en compte ?"

    Surtout, si le Giec ne prend pas position, il "nous donne des éléments scientifiques qui fournissent une base solide sur laquelle appuyer nos demandes et nos revendications". Notamment sur des questions qui divisent, comme celle des technologies proposées pour limiter le réchauffement. 

    "Certains pays comptent beaucoup sur des technologies de capture de carbone. Pour nous, les rapports démontrent que leur efficacité n'est pas prouvée, détaille par exemple Aurore Mathieu. Quand les décideurs mettent en avant des solutions simplistes, qui peuvent parler aux électeurs, mais ne sont pas au point scientifiquement, nous pouvons les interpeller sur ces points, avec des faits scientifiques, et non pas des opinions."

    Ils témoignent de l'action (ou de l'inaction) des politiques

    Alors que la communauté internationale s'apprête à dresser un premier bilan de l'accord de Paris, entré en vigueur il y a cinq ans, le nouveau rapport du Giec constitue enfin une pièce maîtresse pour évaluer ce qui a été fait… ou pas, explique Eric Brun. "C'est une phase extrêmement importante puisque la France – au sein de l'Europe des 27 – demande que ce bilan se traduise en un appel pour relever l'ambition en matière de lutte contre le changement climatique". 

    Les engagements de 2015 ont-ils été tenus ? Les émissions de gaz à effet de serre ont-elles diminué ?

    A chaque rapport, le Giec fournit la réponse donnée par la science. Et depuis le premier en 1990, ces faits scientifiques démontrent que le monde politique n'a pas relevé les défis posés par le réchauffement climatique, en dépit de la création des Conventions des Nations unies sur le climat en 1992 ou de la signature du protocole de Kyoto en 1997. A l'aube du sixième rapport, il a même pris "un retard hallucinant", note Clément Sénéchal, porte-parole de Greenpeace France. 

    "Ce qui est alarmant, ce n'est pas le rapport du Giec. C'est l'apathie et le manque de réponses politiques à ces constats qui sont saisissants et unanimes. Et c'est d'autant plus déplorable que ces Etats valident les conclusions du Giec et prennent des engagements au sein de l'accord de Paris." 

    Clément Sénéchal, porte-parole de Greenpeace France 

    à franceinfo

    Pour le militant écologiste, "on va vraiment dans le mur les yeux grands ouverts, car on n'a jamais eu autant de données scientifiques unanimes sur un même phénomène". Et, à ses yeux, ces rapports successifs illustrent finalement "une rupture entre le savoir et le pouvoir, notamment le pouvoir politique", sur la question du réchauffement climatique. 

  • Rapport du GIEC (2)

     

    Plus d'une fois, en participant à des discussions sur les réseaux sociaux, j'ai été confronté à des individus persuadés que ce "réchauffement" est une gabégie, une manipulation orchestrée par les gouvernements pour promouvoir des restictions et des atteintes à nos libertés, pour déclencher des marchés juteux destinés à freiner cette évolution mais qui ne seraient au final que l'occasion d'enrichir certains industriels, certains conglomérats, certains secteurs technologiques ou autres. 

    Ce que j'imagine pour les années à venir, c'est l'émergence d'un "pass écologique", une sorte de permis de consommer dans les limites imposées par une réalité de plus en plus dramatique. L'interdiction des voitures à moteur thermique en sera une étape. Il y en aura d'autres. On pourrait imaginer qu'il s'agit de permettre aux constructeurs de voitures électriques de s'imposer. Et effectivement, ça ne suffira pas parce que la fabrication et l'empreinte écologique de ces véhicules est bien plus désastreux que la sauvegardde de nos vieilles 4L et R5... Mais qui a encore envie de rouler dans une voiture des années 60 ? La solution, ça n'est pas de chercher un moyen de pouvoir continuer à consommer comme nous l'avons fait. La solution, c'est la déconsommation.

    C'est d'ailleurs ce que nous sommes venus chercher ici, dans la Creuse. Ici, c'est la France d'il y a quarante ans. Et celle-là était encore viable. 

     

    Rapport du Giec : "Cette évolution du système climatique ne cesse pas et est irréversible", détaille un climatologue

     

    A l'image du groupe d'experts internationaux sur le climat, le climatologue Hervé Le Treut tire la sonnette d'alarme et incite à des actions massives, internationales et locales, pour diminuer les effets de la catastrophe qui vient.

    Article rédigé par

    franceinfo

    Radio France

    Publié le 09/08/2021 12:14

     Temps de lecture : 3 min.

    Les catastrophes climatiques, telles que les inondations meurtrières en Allemagne à la mi-juillet 2021, "seront plus critiques et plus développées", explique le climatologue Hervé Le Treut. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

    Les catastrophes climatiques, telles que les inondations meurtrières en Allemagne à la mi-juillet 2021, "seront plus critiques et plus développées", explique le climatologue Hervé Le Treut. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

    "On a dépassé le stade des alertes" affirme lundi 9 août sur franceinfo Hervé Le Treut, climatologue, professeur à la Sorbonne Université et membre de l’Académie des Sciences, alors que le rapport du Giec, paru le même jour, indique que les températures n'ont pas été aussi chaudes depuis 125 000 ans. 

    franceinfo : Les conclusions du rapport du Giec sont alarmistes et souligne que les activités humaines sont responsables de l'accélération du réchauffement. Ce n'est pas une surprise ?

    Hervé Le Treut : On est habitués depuis toujours à ce qu'il y ait des fluctuations du climat, qu'on appelle naturelles. Mais aujourd'hui, on a quelque chose de nouveau et très rapide. On a dépassé le stade des alertes, le changement climatique est devenu plus marquant et aura des conséquences de plus en plus fortes sur nos sociétés.

    Cela fait de nombreuses années que l'on sait que le changement climatique est à l'œuvre, mais ses effets sont désormais visibles. Notre adversaire unique, ce sont les émissions de gaz à effet de serre qui empêchent la planète de se refroidir et ont des conséquences multiples. Elles se stockent dans l'atmosphère et sont cumulatives. Au fil du temps, l'effet ne peut que s'accélérer, et c'est ce qui se produit aujourd'hui. Cette évolution du système climatique ne cesse pas et est irréversible. On n'a pas seulement un problème de réchauffement, on a un problème qui est également lié à l'eau, on l'a vu avec les inondations récentes. On a dépassé très largement aujourd'hui l'étape de l'alerte pour entrer dans une étape d'actions concrètes : qu'est-ce qu'on fait, comment on le fait ? 

    Aujourd'hui on ne peut plus se permettre seulement de regarder les choses qui évoluent. Il faut passer aux actes, que faut-il mettre en place selon vous ? 

    Il faut surtout trouver les bonnes solutions face à un problème évolutif. On sait à peu près ce qu'il va se passer, parce qu'on est dans une forme de continuité par rapport à ce qui s'est produit depuis les premières alertes sur les problèmes climatiques. Les choix que l'on va faire seront difficiles et ne seront pas les mêmes selon les territoires. Il y a un travail nécessaire qui doit se faire à l'échelle internationale. Car les gaz à effet de serre se mélangent dans l'atmosphère. Au-dessus de nos têtes, on a des gaz à effet de serre qui viennent de Chine, des États-Unis. Et il y a un travail à faire à l'échelle de nos territoires, puisqu'ils vont être victimes de ces effets irréversibles comme le relèvement du niveau de la mer. Il faut se préparer et anticiper ce qui peut se passer sur nos territoires. Il faut agir à ce niveau de manière très forte et rapide, parce que les choses se développent de manière beaucoup plus rapide qu'on ne le pensait il y a quelques années. 

    Le rapport du Giec indique que le réchauffement de la planète devrait atteindre plus 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle autour de 2030, dix ans plus tôt que les dernières estimations. À quoi ressemblera notre quotidien ?

    Les situations qu'on a vues ces dernières années seront plus critiques et plus développées. Les évènements extrêmes frappent déjà toutes les parties du monde. On ne peut pas avoir une solution unique, mais des solutions qui vont s'adapter à la nature des différents territoires. Il faut s'y préparer à l'avance.

    "Les gaz à effet de serre des dernières décennies vont créer le climat des prochaines décennies."

    Hervé Le Treut, climatologue 

     

    Il y a une réflexion adaptée à avoir sur les moyens de transport, sur l'agriculture, sur les zones vulnérables. Tout ça doit être pris en compte et être adapté selon les territoires. 

  • Rapport du GIEC

    Diminution de la part des énergies fossiles. 

    Oui, mais quoi d'autre à la place ? 

    Tout ce temps perdu...Trente ans que les scientifiques alertent. 

    Nous sommes dans la même problématique que la crise sanitaire. Les épidémiologistes le prédisaient depuis vingt ans. 

    Il faut toujours que nous soyons dans la situation d'urgence pour que la réalité soit comprise.

    L'immaturité de cette humanité est effroyable, consternante, désespérante.

     

     

    Rapport du Giec : les experts du climat "sonnent le glas" des énergies fossiles, selon le secrétaire général des Nations unies

     

    "Il n'y a pas le temps d'attendre et pas de place pour les excuses", a commenté Antonio Guterres après la publication d'un rapport édifiant sur les conséquences des activités humaines sur le climat.

    Article rédigé par

    franceinfo avec AFP

    France Télévisions

    Publié le 09/08/2021 10:50Mis à jour le 09/08/2021 11:00

     Temps de lecture : 1 min.

    Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, lors d'une conférence de presse à Madrid (Espagne), le 2 juillet 2021. (JAVIER SORIANO / AFP)

    Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, lors d'une conférence de presse à Madrid (Espagne), le 2 juillet 2021. (JAVIER SORIANO / AFP)

    Le sixième rapport des experts climat de l'ONU (Giec) est une véritable "alerte rouge" pour l'humanité, a réagi le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, lundi 9 août. Ce rapport d'évaluation scientifique, le premier complet depuis sept ans, "doit sonner le glas du charbon et des énergies fossiles, avant qu'ils ne détruisent la planète", a-t-il ajouté dans un communiqué, plaidant pour qu'aucune centrale à charbon ne soit construite après 2021. Les émissions de gaz à effet de serre, à l'origine du changement climatique, sont toujours en hausse, selon les études internationales.

    Le rapport du Giec estime notamment que le seuil de +1,5 °C de réchauffement par rapport à l'ère préindustrielle sera atteint autour de 2030, dix ans plus tôt que dans les précédentes projections, menaçant l'humanité de nouveaux désastres "sans précédent". "Les pays devraient également mettre un terme aux nouvelles explorations et productions d'énergies fossiles et déplacer les subventions aux énergies fossiles vers les renouvelables", a ajouté le secrétaire général, qui s'en prend encore plus frontalement qu'à l'habitude à ces industries.

    "Les émissions de gaz à effet de serre créées par les énergies fossiles et la déforestation sont en train d'étouffer notre planète."

    Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies 

    dans un communiqué

    Le secrétaire général de l'ONU a également appelé les dirigeants du monde à s'assurer que la conférence climat COP26 de Glasgow (Ecosse) en novembre soit un "succès" pour conduire à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. "Si nous unissons nos forces maintenant, nous pouvons éviter la catastrophe climatique. Mais comme le rapport d'aujourd'hui le dit clairement, il n'y a pas le temps d'attendre et pas de place pour les excuses."

  • Juste des images

     

     

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    Des milliards dépensés pour lutter contre un virus, des dissensions dans les populations.

     

    "Diviser, c'est régner". Tous les gouvernants le savent.

     

    Pendant ce temps-là, des régions immenses sont la proie des flammes et des régions immenses sont noyées sous les eaux.

     

    Rien d'efficace ne se produit au niveau des gouvernants parce que ça ne remet pas en cause le système économique. C'est la seule raison de leur inaction.

     

    Il arrivera pourtant un moment où le système économique sera impacté. C'est inévitable. 

     

     

     

     

    Le sud de la Turquie ravagé par des incendies meurtriers

     

    Des dizaines de villages et hôtels ont été évacués dimanche dans le sud touristique de la Turquie face à la progression des incendies qui sévissent depuis cinq jours et ont déjà fait huit morts.

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    franceinfoFrance Télévisions

     

    La Turquie subit actuellement les pires incendies qu'elle ait connus depuis au moins une décennie. Près de 95 000 hectares ont brûlé jusqu'à présent en 2021, contre une moyenne de 13 516 à ce stade de l'année entre 2008 et 2020. Face à l'impressionnante progression des flammes qui ravagent le sud du pays depuis cinq jours et qui ont fait huit morts, habitants et touristes ont été évacués de leurs hôtels et domiciles dimanche 1er août.

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    Des personnes regardent les incendies de forêt qui ravagent la zone autour de la ville de Marmaris, en Turquie, le 1er août 2021. YASIN AKGUL / AFP

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    Des riverains participent, à mains nues, à la lutte contre les incendies de forêt qui ont éclaté à Antalya, en Turquie, alors que les opérations terrestres et aériennes se poursuivent le 1er août 2021. SULEYMAN ELCIN / ANADOLU AGENCY / AFP

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    Un hélicoptère traverse un nuage de fumée causé par des incendies de fôret, en repandant de l'eau au-dessus d'Antalya, en Turquie, le 1er août 2021.  SULEYMAN ELCIN / ANADOLU AGENCY / AFP

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    Un hélicoptère déverse de l'eau au-dessus du village de Sirtkoy en Turquie, le 1er août 2021. AP

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    Des personnes patientent, alors que des feux de forêt font rage dans la zone rurale de Marmaris, en Turquie, le 1er août 2021. YASIN AKGUL / AFP

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    De nombreuses habitations ont été endommagées par les incendies de forêt en Turquie, comme ici à Antalya, le 31 juillet 2021. MUSTAFA CIFTCI / ANADOLU AGENCY / AFP

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    Une habitante, qui a perdu sa maison dans un incendie de forêt à Adana, en Turquie, le 30 juillet 2021, vient constater les dégâts. EREN BOZKURT / ANADOLU AGENCY / AFP

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    Des tortues sont sauvées par un habitant de Mugla, en Turquie, alors que des incendies de forêt font rage, le 30 juillet 2021.  MAHMUT SERDAR ALAKUS / ANADOLU AGENCY / AFP

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    Un habitant de Manavgat, en Turquie, porte une chèvre née pendant des incendies de forêt. L'animal se prénomme "Mucize", ce qui signifie "miracle" en turc. ORHAN CICEK / ANADOLU AGENCY / AFP

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    De la fumée noire s'échappe d'un complexe hôtelier après qu'un incendie de forêt a ravagé une région balnéaire, près de Manavgat, en Turquie, le 29 juillet 2021. ILYAS AKENGIN / AFP

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    Des touristes observent les ravages causés par un incendie de forêt alors qu'ils attendent d'être évacués à Bodrum, en Turquie, le 1er août 2021. EMRE TAZEGUL/AP/SIPA / SIPA