Blog

  • Musique : Infinity radio

    Une chaîne de musique permanente, les morceaux s'enchaînent, toujours dans la même ambiance.

  • Climat : l'heure du constat (3)

     

    Le site "La relève et la peste" est vraiment mon préféré.

    Clair et net.

    Les scientifiques lancent l’alerte depuis 1990 sur l’augmentation des précipitations extrêmes et des sécheresses à cause du réchauffement climatique

     

    Nous sommes actuellement à +1°C de réchauffement moyen, et ressentons un peu plus chaque année les conséquences d’un dixième de degré d'écart. Limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à +2°C peut donc faire une différence énorme.

    16 juillet 2021 - Laurie Debove

    FacebookTwitter

    Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

    - Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
    - Format : 128 pages
    - Impression : France

     

    Commander

    D’un bout à l’autre du globe, les événements météo extrêmes s’enchaînent. Sollicité par les médias pour comprendre les raisons de ce phénomène, le climatologue Jean-Pascal van Ypersele le rappelle : le GIEC avertit depuis 1990 que « l’effet de serre accentuera les deux extrêmes du pic hydrologique, c’est à dire qu’il y aura plus d’épisodes de pluie extrêmement abondantes et plus de sécheresses extrêmement prononcées. » Et les scientifiques d’ajouter : un degré supplémentaire, c’est 7% d’humidité en plus dans l’atmosphère. Pour eux, il est désormais urgent de « transformer notre économie et notre société » occidentale pour limiter les dégâts.

    Après le dôme de chaleur en Amérique du Nord, et dans une moindre mesure en Espagne, ou des vagues de chaleur en Russie, à Madagascar et certains pays d’Asie ; voici les inondations en Europe, mais aussi dans l’Ouest de l’Australie, en Chine, au Népal ou encore des fortes pluies au Japon entraînant des glissements de terrain.

    Lire aussi : Dôme de chaleur en Amérique du Nord : les prémisses d’événements météo extrêmes dus au réchauffement climatique

    « Les inondations de la mort », « une catastrophe sans précédent », « des intempéries dévastatrices. »

    Les gros titres s’enchaînent pour décrire la tragédie qui frappe nos voisins européens, en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas, mais aussi l’Est de la France qui subit des intempéries heureusement moins meurtrières.

    Pour l’heure, ces catastrophes ont fait au moins 126 morts, des centaines de disparus, et d’énormes dégâts sur les infrastructures. Un bilan plus précis sera établi quand les choses seront revenues au calme.

    Après/avant – La fosse de la carrière a aspiré toute l’eau qui ne s’écoulait pas dans le sol, créant un gigantesque éboulement de terrain.

    Et si les climatosceptiques restent convaincus qu’il ne s’agit que d’événements météo qui ont déjà eu lieu avant, les scientifiques du monde entier s’accordent pour dire que nous vivons actuellement est sans commune mesure avec le passé, au climat plus stable, et avait été prédit depuis 1990 par le GIEC.

    « L’effet de serre accentuera les deux extrêmes du pic hydrologique, c’est à dire qu’il y aura plus d’épisodes de pluie extrêmement abondantes et plus de sécheresses extrêmement prononcées. » Citation du premier rapport du GIEC, 1990

    « On ne peut pas dire qu’on n’a pas été avertis. Le GIEC, et les scientifiques bien avant sa création, tirent la sonnette d’alarme depuis tellement longtemps, et sont si peu écoutés. On les écoute et on ne les invite que quand il y a une catastrophe, quand elle est déjà là. On s’occupe beaucoup trop peu de la prévention que ce soit au niveau des infrastructures qui n’ont pas été prévues quand il y a des débits d’eau comme ça, des bâtiments qui ne sont pas prévus non plus pour aider les populations à résister aux canicules. On en a trop peu parlé : la canicule de 2020 a tué 1400 personnes juste en Belgique. » a rappelé Jean-Pascal van Ypersele, le vice-président du GIEC lors du 5ème rapport du GIEC, sur un plateau TV belge

    A nouveau, le corps scientifique qui travaille sur le sujet enchaîne les mises en garde et le recensement d’études pour étayer leurs propos, et faire prendre conscience à la population de l’ampleur de ce que nous vivons. Ainsi, une étude parue en juin 2021 le clame sans ambages :

    « Les experts climatiques avertissent que, si aucune mesure urgente n’est prise, le changement climatique continuera de provoquer une augmentation de l’intensité des précipitations extrêmes pouvant entraîner de graves inondations. »

    Dans un article publié dans The Conservation, la paléo-climatologue Valérie Masson-Delmotte décrypte ainsi comment ces phénomènes sont liés :

    « L’augmentation de l’effet de serre, due aux activités humaines, entraîne un réchauffement des océans et de l’atmosphère, près de la surface. Ce phénomène peut renforcer l’évaporation. Une atmosphère plus chaude peut potentiellement transporter 7 % d’humidité en plus par degré de réchauffement, conformément à la relation de Clausius-Clapeyron. »

    « Les politiciens discutant du réchauffement climatique » – oeuvre de l’artiste sculpteur espagnol Isaac Cordal

    Un degré supplémentaire, c’est donc 7% d’humidité en plus dans l’atmosphère en moyenne. Nous sommes actuellement à +1°C de réchauffement moyen, et ressentons un peu plus chaque année les conséquences d’un dixième de degré d’écart. Limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à +2°C peut donc faire une différence énorme.

    Comment le réchauffement climatique va bouleverser l’humanité (ft. Le Réveilleur)

    « Beaucoup de gens ont l’impression que les catastrophes que nous observons aujourd’hui, c’est cela le réchauffement climatique, mais la deuxième partie du siècle, si on ne fait rien, sera terrible. » avertit le climatologue Jean Jouzel à franceinfo

    « Honte aux politiques qui parlent encore de la jouer tranquille, ou d’écologie punitive. La vraie écologie punitive, c’est ça. Quand certains dirigeants (et éditorialistes) font le jeu de l’inaction et comptent leur profit, d’autres comptent les morts. Le monde n’en est qu’à +1.2°C de réchauffement global et certains pensent que +2°C serait pragmatique. Personne ne sera épargné, pas même les pays riches industrialisés. » a réagi le vulgarisateur scientifique BonPote

    Pour limiter les dégâts, il faut avant tout atténuer notre impact et notamment limiter les émissions de gaz à effet de serre. Les solutions magiques promises par des technophiles enthousiastes ignorent toutes un fait très simple : aucune solution industrielle à ce jour ne peut se passer d’énergies fossiles pour être mise en place, fonctionner et être entretenue dans le temps.

    « On reste persuadé que l’innovation va permettre d’effectuer la transition, mais c’est parce qu’on ne comprend pas très bien comment fonctionnent la sidérurgie, les cimenteries, la production d’engrais, l’agriculture… et surtout les mécanismes de diffusion des techniques, son rythme et sa lenteur. La transition n’a pas eu lieu, elle n’a pas même pas commencé. Historiquement, nous n’avons jamais connu de véritables transitions énergétiques. La tâche qui nous attend est complètement inouïe. C’est quelque chose qu’on n’a jamais fait. » énumère Jean-Baptiste Fressoz, historien

    Changer le modèle économique des pays du Nord n’est donc plus seulement un devoir d’ordre moral, par respect pour les pays du Sud en première ligne depuis bien longtemps face à la crise climatique, mais aussi un impératif sécuritaire : il s’agit d’éviter le pire aux populations.

    16 juillet 2021 - Laurie Debove

    FacebookTwitter

    "Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

    Votre soutien compte plus que tout

    Faire un don

  • Climat : l'heure du constat (2)

    Intempéries : comment peut-on expliquer ces phénomènes météorologiques extrêmes ?

    Publié le 17/07/2021 10:46Mis à jour le 17/07/2021 10:47

     Durée de la vidéo : 7 min.

    Intempéries : comment peut-on expliquer ces phénomènes météorologiques extrêmes ?

    Article rédigé par

    J. Benzina, A. Etienne, R. Massini, C. Berbett-Justice, S. Khaldoun - franceinfo

    France Télévisions

    De très fortes pluies et inondations ont frappé durement des pays européens, comme l’Allemagne ou encore la Belgique. Ces phénomènes se multiplient. Hervé Le Treut, climatologue, était l’invité du 23h.

    Ces derniers jours, de violentes pluies ont touché des pays comme l’Allemagne ou la Belgique. Le bilan humain et matériel est important. Comment peut-on expliquer ces phénomènes ? Tout d'abord, une crue éclair : l'équivalent de deux mois de précipitations en deux jours. En Belgique comme en Allemagne, il avait déjà beaucoup plu au mois de mai, et les sols n'ont pas pu absorber le surplus d'eau. "Tout le système va saturer en eau, et s'emballer. L'eau va aller où elle le peut, pour les zones urbanisées ce sont les rues qui deviennent des rivières", explique l'hydrologue Emma Haziza.

    Le réchauffement climatique en cause

    Certaines particularités géographiques compliquent la situation. Très touchée, la ville de Liège (Belgique) est située à la confluence de plusieurs cours d'eau, chacun alimentant la crue de l'autre. L'urbanisation est un autre facteur aggravant des inondations. "Chaque sol qui est construit, c'est un sol qui ne pourra plus absorber un excès de précipitation", explique Francois Geménne, chercheur et membre du GIEC (Groupe d'experts sur le climat). Dernier paramètre aggravant pointé par les scientifiques : le réchauffement climatique. "On est face à des problèmes qui peuvent se produire naturellement, mais ce qui fait la différence, c’est leur récurrence. Ils surviennent dans tous les pays de la planète. C’est de plus en plus fréquent et de plus en plus intense. On a des raisons de penser que cela peut être l’effet du réchauffement climatique. La planète est empêchée de refroidir. Quand on a une atmosphère plus chaude, elle retient plus d'eau", analyse le climatologue Hervé Le Treut.

     

     

     

    COP25 : onze questions pas si bêtes sur le réchauffement climatique

     

    "La chaleur de l'air accélère l'évaporation des étendues d'eau. Et c'est tout le régime des pluies qui en est bouleversé. Les précipitations se font plus intenses dans certaines zones et causent ainsi des phénomènes climatiques extrêmes : canicules, sécheresse, inondations…"

     

    Article rédigé par

    Camille Adaoust - Thomas Baïetto

    France Télévisions

    Publié le 02/12/2019 07:08Mis à jour le 27/11/2020 12:15

     Temps de lecture : 13 min.

    Un homme marche au milieu des dégâts causés par l'ouragan Irma à Marigot (Saint-Martin, France), le 8 septembre 2017. (MARTIN BUREAU / AFP)

    Un homme marche au milieu des dégâts causés par l'ouragan Irma à Marigot (Saint-Martin, France), le 8 septembre 2017. (MARTIN BUREAU / AFP)

    A l'occasion de la COP25, qui se tient à Madrid de lundi jusqu'au 13 décembre, franceinfo revient sur les questions et idées reçues autour du réchauffement climatique.

    Top départ pour un nouveau round. La 25e conférence internationale sur le climat débute à Madrid (Espagne), lundi 2 décembre. Des milliers de délégués d'Etats se réunissent afin de réfléchir aux moyens d'enrayer le réchauffement climatique. Mais de quoi s'agit-il exactement ? Franceinfo tente de répondre à quelques questions que vous vous posez sur ce phénomène complexe qui menace notre avenir.

    1Ça chauffe vraiment ? Il a neigé l'autre jour...

    Oui, il a beaucoup neigé ces dernières semaines en France. Ça ne veut toutefois pas dire que la température globale de l'atmosphère ne se réchauffe pas. Depuis l'ère préindustrielle, elle a grimpé en moyenne de 1 °C. Et ce n'est pas près de d'arrêter. Si la courbe continue sur sa lancée, les températures augmenteront de 1,5 °C entre 2030 et 2052, annoncent les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) de l'ONU (PDF en anglais). Sans aucun effort de nos sociétés, les experts du Giec anticipent une hausse de 4,8 °C d'ici 2100. De récents modèles français avancent même un scénario très alarmant de +7 °C en 2100.

    Le Giec produit plusieurs scénarios de hausse de la température moyenne à la surface du globe. (GIEC)

    Le Giec produit plusieurs scénarios de hausse de la température moyenne à la surface du globe. (GIEC)

    En cause ? Une concentration de plus en plus forte de gaz à effet de serre, ces gaz qui retiennent une partie de l'énergie solaire dans l'atmosphère. En février dernier, un triste record était franchi : une concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère terrestre de 411,66 parties par million (ppm) de CO2. Un taux en constante augmentation ces dernières décennies, comme le montre ce graphique de l'Institut de recherche Scripps.

    L'institut Scripss mesure la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère terrestre. (INSTITUT SCRIPPS)

    L'institut Scripss mesure la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère terrestre. (INSTITUT SCRIPPS)

    2C'est plutôt une bonne nouvelle, l'été toute l'année, non ? Et puis 2 °C de plus, ça passe crème, franchement.

    Attention, il ne faut pas, comme Donald Trump, confondre la météo et le climat. La météo correspond aux conditions quotidiennes de l'atmosphère (température, nuages, vent, précipitations), tandis que le climat décrit les conditions atmosphériques sur le long terme. "L'observation d'un phénomène météorologique, pris isolément, ne renseigne pas sur l'évolution du climat", explique l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Lorsque les scientifiques évoquent une augmentation de 2,5 ou 7 °C, c'est une moyenne annuelle à l'échelle de la Terre, qu'il ne faut pas transposer à la température d'un jour donné à un endroit précis : l'augmentation sera bien plus forte certains jours et dans certaines régions.

    Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un œil à la dernière ère glaciaire qu'a connue notre planète, il y a 21 000 ans. "A cette époque, la température de la Terre n'était que de 4 à 7 °C inférieure à sa valeur actuelle, et pourtant le niveau de l'océan était plus bas de quelque 120 mètres. L'Amérique du Nord et l'Eurasie étaient recouvertes d'une couche de glace qui atteignait 1 à 2 km d'épaisseur et s'étendait jusqu'à New York et au nord de l'Allemagne", explique Météo France. Un paysage beaucoup plus hostile pour l'homme, à quelques degrés près.

    3D'accord, il fait plus chaud… et c'est tout ?

    Malheureusement, non. La chaleur de l'air accélère l'évaporation des étendues d'eau. Et c'est tout le régime des pluies qui en est bouleversé. Les précipitations se font plus intenses dans certaines zones et causent ainsi des phénomènes climatiques extrêmes : canicules, sécheresse, inondations…

    Plus loin dans le cycle de l'eau : les océans. Comme l'explique l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dans son dernier bulletin sur les gaz à effet de serre, ils absorbent 22% des émissions – grandissantes – de CO2 liées à l'activité humaine. Par réaction chimique, ce phénomène participe à l'acidification des océans. Cela "présente un risque majeur pour certains planctons, les coraux et la biodiversité marine. En effet, l'acidification des océans affecte la capacité de certains phytoplanctons à croître et à se renouveler. "

    Par ailleurs, la fonte des glaciers continentaux et l'expansion de l'eau due au réchauffement (plus l'eau est chaude, puis elle prend de place) déclenchent un autre processus : la hausse du niveau des océans. Au cours du siècle dernier, il a augmenté d'environ 15 cm et ce phénomène s'accélère : actuellement, le niveau des mers grimpe de 3,6 mm par an, menaçant de plus en plus les côtes. Plusieurs îles du Pacifique ont déjà été englouties sous la surface de l'eau.

    "Cette hausse pourrait atteindre 30 à 60 cm environ d'ici 2100, et ce même si les émissions de gaz à effet de serre sont fortement réduites et si le réchauffement planétaire est limité à une valeur bien en dessous de 2 °C, mais environ 60 à 110 cm si ces émissions continuent d'augmenter fortement", alerte le Giec dans son dernier rapport consacré aux impacts du réchauffement climatique sur l'océan et la cryosphère.

    4Est-ce que c'est vraiment de notre faute ? J'ai entendu que c'était juste un cycle de la Terre… C'est vrai ?

    Oui et en même temps… non. Le climat de la Terre alterne en effet depuis toujours entre des périodes de glaciation et de réchauffement, avec des pics. Citons par exemple le Paleocene-Eocene Thermal Maximum (PETM), il y a 56 millions d'années. La température terrestre avait alors augmenté de 6 °C en 10 000 à 20 000 ans. Mais – car il y a un "mais" – toute la différence avec la période actuelle est dans la durée de cette augmentation. Si le PETM est considéré, à l'échelle de l'histoire de la Terre, comme un pic soudain, la hausse actuelle de température est plus fulgurante encore. Car la température a augmenté de 1 °C… en seulement 100 ans. Si on fait le calcul, c'est donc 100 fois plus rapide.

    "Les émissions totales de gaz à effet de serre produites aujourd'hui ont augmenté de 80% depuis 1970 et de 30% depuis 1990. Elles ont été, entre 2000 et 2010, les plus importantes de l'histoire humaine", note l'Ademe. Une hausse soudaine due aux activités humaines, très émettrices en gaz à effet de serre : combustion d'énergies fossiles telles que le charbon ou le pétrole, déforestation et ainsi suppression des stocks de carbone que représentent les arbres, traitement des terres agricoles…

    5J'émets vraiment du carbone au quotidien ?

    Aujourd'hui, il faudrait 2,7 planètes pour satisfaire les besoins de la population mondiale si tout le monde vivait comme un Français, selon un calcul du think tank  Global Footprint Network qui englobe les émissions de CO2, mais également des ressources comme les arbres, les poissons ou les terres cultivables. Pour lutter contre le changement climatique, il faudrait donc modifier en profondeur notre mode de vie – notre alimentation, nos modes de transport, notre consommation, nos loisirs – parce qu'il n'est plus du tout adapté aux limites de notre planète.

    6Je ne dois plus prendre l'avion ni manger de viande ?

    Si les grandes orientations politiques ne dépendent pas que de nous, "on est tous acteurs de l'atténuation de notre empreinte sur le climat", explique Roland Séférian, climatologue à Météo France. Pour savoir comment diminuer votre empreinte carbone – la quantité de gaz à effet de serre que vous générez chaque année –, il faut d'abord la calculer. Plusieurs sites, comme celui du WWF Suisse ou celui de la fondation Good Planet, proposent des outils pour le faire.

    Vous constaterez que les transports – en premier lieu l'avion, puis la voiture – et l'alimentation – en particulier la viande et les produits laitiers – pèsent lourd dans ce bilan personnel. Pour transporter un passager sur un kilomètre en avion, il faut 144,6 grammes de CO2, contre 85,5 pour la voiture particulière et 3,2 pour le TGV, selon les chiffres de l'Ademe. Pour produire un plat à base de viande, il faut 137,39 grammes de CO2, contre 15,70 pour un plat à base de légumes, selon la même source.

    Prendre moins l'avion ou sa voiture et manger moins de viande sont donc des leviers importants pour diminuer son empreinte carbone. Mais ce ne sont pas les seuls : consommer local, consommer moins, regarder moins de vidéos sur Internet, chauffer son logement à 19 °C sont d'autres pistes pour faire baisser son empreinte carbone.

    7Tout ça, ça semble loin… En France, on pourra juste bronzer partout les doigts de pieds en éventail, non ?

    Eh non ! Les études sont d'accord : ce sont les pays en développement qui vont le plus souffrir du réchauffement climatique. Mais la France n'est pas en reste. A commencer par la survenue de phénomènes météorologiques extrêmes. Ces dernières années, les territoires français ont subi une canicule sans précédent en 2003, des inondations meurtrières dans l'Aude fin 2018, l'ouragan dévastateur Irma en 2017 sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy… Tout ceci pourrait devenir de plus en plus fréquent, si ce n'est la norme. Par exemple, sur le long terme, la température en France va grimper et banaliser les épisodes de canicule : "Les jours très chauds (dépassant de 5 °C la moyenne) seront plus nombreux : de 36 aujourd'hui, ils passeraient vers 2030 à plus de 40 (scénario optimiste), voire à plus de 70 (scénario pessimiste)", note l'Ademe.

    L'agence évoque également une baisse des précipitations, et par conséquent un assèchement des cours d'eau. David Salas y Mélia, chercheur climatologue et responsable climat au centre de recherche CNRM (Météo-France-CNRS), prédit par exemple "à partir de 2070 une Garonne à sec pendant quelques mois" par an et ainsi "des pratiques agricoles fortement remises en cause". Une menace pour notre économie... mais aussi pour le contenu de nos assiettes et de nos verres. Vendanges précoces, degrés alcooliques élevés… Le vignoble français est déjà touché par le réchauffement climatique.

    Les côtes françaises ne seront également pas épargnées par la montée des eaux. Le pire scénario avancé par le Giec en septembre dernier (+1,10 m à la fin du XXIe siècle) recouvrirait nombre de villes françaises, comme le montre la vidéo ci-dessous. Et La 1ère d'ajouter : "Ce rapport est plus inquiétant pour les Outre-mer français que pour la France hexagonale, pour une bonne raison qui est que les Outre-mer dépendent très fortement des écosystèmes marins et côtiers."

    8Est-ce qu'on va tous mourir ?

    Vous avez peut-être vu passer cette étude australienne qui évoque la fin de notre civilisation en 2050, si rien n'est fait pour freiner le réchauffement climatique. "Le changement climatique représente maintenant une menace existentielle à court ou moyen terme pour la civilisation humaine", écrivent ses auteurs. Ce constat est dramatique, mais il n'est pas farfelu. Il s'appuie sur des prévisions extrêmes, mais existantes : +3 °C en 2050. "C'est un article qui présente une vision cauchemardesque, le scénario du pire, mais qui ne peut pas être exclu pour autant", expliquait en septembre à franceinfo Gilles Ramstein, climatologue.

    Dans un scénario plus modéré, celui d'un respect encore incertain de l'accord de Paris de 2015, la barre des 3 °C serait franchie "plutôt en 2100", estimait Frédéric Parrenin, glaciologue et paléoclimatologue. Les conséquences seraient très sérieuses pour la survie de notre espèce : événements climatiques extrêmes (comme les sécheresses) plus fréquents, famine, manque d'eau potable, maladies, zones habitables englouties par la montée des eaux. Dans son rapport (graphique A) sur l'utilisation des sols, rendu cet automne, le Giec estime qu'un réchauffement de 3 °C augmente "très fortement" le risque d'insécurité alimentaire sur l'ensemble de la planète. 

    Cette situation provoquera mécaniquement des problèmes sociaux, comme des conflits pour les ressources ou des migrations. "Ce qu'il faut comprendre, c'est que le changement climatique a le potentiel de tuer des milliards de gens et de déclencher la guerre partout sur Terre", résume sur France Culture Jean-Marc Jancovici, ingénieur et consultant sur les questions d'énergie et de changement climatique, enseignant à Mines ParisTech et président du think tank The Shift Project.

    9Ça sert à quoi de faire des efforts, si les Chinois et les Américains, eux, n'en font pas ?

    Effectivement, si la France est la seule à agir, il ne sera pas possible de sauver notre planète. Les Etats-Unis, dont le président est notoirement climatosceptique, se sont retirés de l'accord de Paris et la Chine, si elle soutient ce texte, continue de construire de nouvelles centrales à charbon, une énergie très polluante. Or, ces pays sont les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre (GES) du monde. Selon les derniers chiffres de l'Agence internationale de l'énergie, la Chine produit chaque année 9 302 millions de tonnes de GES, suivie par les Etats-Unis (4 761,3). La France se classe 23e (306,1 millions de tonnes), une bonne performance qui s'explique par l'importance du nucléaire dans le mixte énergétique français, une source d'énergie qui produit peu de GES.

    Flourish logoCréé avec Flourish

    Il faut cependant nuancer ce constat, en particulier concernant la Chine, où les pays occidentaux ont délocalisé ces dernières décennies leurs industries les plus polluantes. Le téléphone intelligent sur lequel vous nous lisez peut-être a très probablement été fabriqué en Chine. Il a été produit pour vous, c'est vous qui l'utilisez en France, mais les gaz à effet de serre émis pendant sa fabrication sont comptabilisés là-bas. Si l'on pondère les émissions de GES par la consommation des habitants et par leur nombre, "les émissions par habitant de l'Union européenne sont plus élevées que celles de la Chine", note l'ONU dans son dernier rapport : 6,1 tonnes pour un Chinois, 8,1 pour un Européen. Et, au-delà des simples émissions de CO2, notre mode de vie est moins durable que celui d'un Chinois : il n'a besoin "que" de 2,2 planètes, contre 2,7 pour nous. Bref, tout le monde doit faire des efforts.

    10C'est grave ! Et personne ne fait rien ?

    Si, des actions sont menées à grande échelle. Des entreprises, des villes et de plus larges territoires agissent pour tenter de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Citons l'exemple de l'engagement pris par 90 sociétés ou la promesse de la ville de Sonderborg (Danemark). Elle s'est fixé un objectif "0% de carbone" d'ici 2029.

    A plus grande échelle, l'accord de Paris, signé en décembre 2015, a embarqué 192 pays dans une réduction de leurs émissions, pour contenir le réchauffement de la planète à +2 °C. Toutefois, quatre ans plus tard, les résultats se font attendre et l'inversion des courbes n'a même pas commencé. En 2018, les émissions de CO2 ont même augmenté de plus de 2%, par rapport à 2017.

    En France, "la trajectoire actuelle, même si les émissions par habitant sont inférieures à la moyenne européenne, est encore éloignée de celle qui permettrait de respecter les objectifs de l'Accord de Paris sans rupture des modes de vie", déplore un récent rapport du ministère de la Transition écologique et solidaire. De plus, même si nous cessions immédiatement d'émettre des gaz à effet de serre, les effets se feraient ressentir encore pendant des dizaines, voire centaines, d'années.

    Flourish logoCréé avec Flourish

    11Mais alors, que doit-on faire pour éviter la "cata" mondiale ?

    Eviter le réchauffement climatique n'est plus possible. Les scientifiques planchent plutôt pour le contenir. Le Giec n'y va pas par quatre chemins et exhorte à une action rapide : "Pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 ºC, il faudrait modifier rapidement, radicalement et de manière inédite tous les aspects de la société." Objectif : réduire nos émissions de CO2 de 45% d'ici 2030, par rapport à leur niveau de 2010, puis atteindre vers 2050 la neutralité carbone, c'est-à-dire le point où les émissions sont compensées par l'élimination du CO2 présent dans l'atmosphère. Il faut aussi absorber le CO2 déjà présent dans l'atmosphère, en plantant des arbres, par exemple.

  • Climat : l'heure du constat

    Sans vouloir aucunement minimiser les drames qui frappent l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, ni encore moins les drames à venir, ce genre de situations est inévitablement un appel à la réflexion. 
    Les images sont effrayantes et la détresse immense. C'est un fait. Il est clair qu'il faut avoir vécu ce genre de phénomènes pour prendre conscience de la réalité. Toutes ces populations sont désormais les acteurs involontaires de ce changement climatique dont parlent les scientifiques depuis trente ans. Il est terrible d'ailleurs d'imaginer que ces drames agissent comme des prises de conscience alors que tout a été dit, expliqué, argumenté depuis des décennies. 

    Nathalie et moi, nous avons toujours vécu au coeur de la nature. Nous avons parcouru des milliers de kilomètres en montagne, à pied, en vélo, en ski de randonnée, en ski de fond, en raquettes. Nous avons un potager depuis vingt-cinq ans. Les phénomènes naturels, nous les avons observés et nous les observons toujours. On peut dire sans hésiter que nous ne vivons pas "hors sol" comme une très grande partie de la population des pays occidentaux. Les villes, nous les fuyons, les zones urbaines, industrielles, commerciales, toutes les concentrations humaines. Il ne s'agit pour nous que de zones à risques. Ce qui vient de se produire dans ces pays d'Europe, c'est une évidence que ça devait arriver. Il ne s'agit aucunement de prédictions à la Nostradamus. C'est uniquement scientifique. 

    Je suis effaré d'ailleurs de lire certains commentaires sur les réseaux sociaux quand ceux-ci se moquent de ce soi-disant réchauffement climatique alors que les températures estivales sont sous les normales saisponnières et qu'il tombe des trombes d'eau pendant des jours. L'ignorance des phénomènes climatiques est d'un niveau parfois abyssal et c'est désespérant. 

    Les sites d'information sont pourtant là et sans même aller chercher sur des sites scientifiques. La vulgarisation suffit à se donner une idée. Mais encore faut-il aller les lire avec un esprit ouvert et non obtus. 

    Je ne voudrais pas parler dans ces circonstances de "chance" d'apprendre quelque chose mais dès aujourd'hui, il est aisé de trouver des articles explicites. D'aucuns diront que c'est de la manipulation pour nous taxer encore plus, pour nous asservir, pour nous imposer des mesures inutiles etc etc...Comme si on avait encore la liberté de se poser ce genre de questions... Ce temps-là est révolu. Les faits sont là.

    Il m'arrive parfois de penser à tous ces scientifiques qui travaillent à alerter les gouvernements et les populations depuis des dizaines d'années. Dans quel état sont-ils aujourd'hui lorsqu'ils constatent à quel point, ils avaient raison? Je ne les imagine aucunement se réjouir. Bien au contraire, je les imagine désemparés, désespérés, les nerfs à vif...

     

    Climat : "Ce que nous vivons aujourd'hui, c’est ce que nous avions anticipé il y a une quarantaine d'années", souligne Jean Jouzel

     

    Pour lutter contre le changement climatique, l'ancien vice-président du Giec conseille de s'inspirer "des recommandations des 150 citoyens" qui sont "cohérentes, ambitieuses et pertinentes".

    Article rédigé par

    franceinfo

    Radio France

    Publié le 03/07/2021 10:13Mis à jour le 05/07/2021 09:12

     Temps de lecture : 3 min.

    Le climatologue Jean Jouzel à Paris, le 13 janvier 2020 (photo d'illustration). (ALAIN JOCARD / AFP)

    Le climatologue Jean Jouzel à Paris, le 13 janvier 2020 (photo d'illustration). (ALAIN JOCARD / AFP)

    "On voit bien que là où nous en sommes" aujourd'hui "c’est vraiment ce qui était envisagé" par les scientifiques, souligne le climatologue Jean Jouzel sur franceinfo samedi 3 juillet, alors qu'une centaine d'incendies continuent de faire rage dans l'ouest du Canada et en Californie. Ils viennent s'ajouter à une vague de chaleur inédite qui a fait des centaines de morts.

    La commune canadienne de Lytton en Colombie-Britannique a notamment flirté avec les 50°C avant d'être dévorée par les flammes. L'ancien vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) conseille de s'inspirer "des recommandations des 150 citoyens" qui sont "cohérentes, ambitieuses et pertinentes".

    franceinfo : On se souvient des 45,9°C en France, il y a deux ans dans le Gard. Les Canadiens ont frôlé les 50°C cette semaine avec des centaines de morts attribués à cette canicule. Ce sont des records de chaleur qui arrivent encore plus vite que prévu par les experts ?

    Jean Jouzel : Je ne crois pas que ça arrive plus vite que prévu. Ce que nous vivons aujourd'hui, c’est ce que nous avions anticipé dans les premiers rapports du Giec il y a une quarantaine d'années. Les événements les plus intenses que nous vivons actuellement étaient dans le troisième rapport du Giec, au début des années 2000. Cela nous invite à prendre au sérieux ces mêmes modèles climatiques, envisagés à l'horizon 2050 et au-delà.

    J'invite tout le monde à accorder de la crédibilité à notre communauté scientifique. Elle en a manqué cruellement dans les années 1990 et 2000 et on voit bien que là où nous en sommes, c’est vraiment ce qui était envisagé.

    Les gouvernants l'ont cru d'une certaine façon, quand on regarde la première convention climat qui s'appuyait sur le premier rapport du Giec. Les objectifs affichés, par exemple, dans l'accord de Paris sont à la hauteur du message des scientifiques. Mais la réalité est qu'il y un fossé entre ces deux objectifs affichés par l'ensemble des pays et la réalité de tous les jours.

    Cette semaine, le Conseil d'Etat a ordonné au gouvernement d'en faire plus pour le climat parce que, justement, ces engagements ne sont pas respectés. Quelles solutions concrètes a-t-on au niveau national en France, dans les mois qui viennent pour tenter de redresser la barre ?

    J'aurais aimé, comme solution concrète, qu'on mette en œuvre l'essentiel de celles proposées par les 150 citoyens. Ils ont réfléchi à des propositions concrètes et celles-ci n'ont été que très marginalement prises en compte par la loi climat énergie. Il suffirait d'aller lire ou relire les propositions des citoyens sur la publicité, sur l'obligation de rénovation des bâtiments qui n'est pas là, les transports en avion, quand on peut faire en moins de quatre heures [un trajet] sont cohérentes, ambitieuses, pertinentes. Inspirons-nous des recommandations des 150 citoyens. Nous sommes loin du compte en termes de lutte contre le réchauffement climatique.

    L'élection présidentielle est dans moins d'un an maintenant. Est-ce que vous sentez la classe politique prête à se saisir réellement de l'écologie et de la défense de l'environnement ?

    Avec cette mise en demeure du Conseil d'Etat, cela mettra forcément le problème climatique au cœur des préoccupations. Mais ce qu'il faut voir, c'est que cette transition est aussi porteuse d'emplois, de dynamisme économique. Et là, nous repartons sur le monde d'avant, mais en faisant cela nous ne nous mettons pas sur une trajectoire qui permette aux jeunes d'aujourd'hui d'avoir un climat auquel ils puissent faire face dans une cinquantaine d'années. C'est ça le problème. C'est ce décalage entre les causes du réchauffement climatique et les conséquences.

    Les glaciers sont-ils voués à disparaître ?

    On voit bien que les glaciers continentaux perdent de la masse chaque année. Et puis, le Groenland et l’Antarctique contribuent également à l'élévation de la mer. Le rythme de l'élévation du niveau de la mer a pratiquement doublé entre le 20e siècle et la décennie actuelle. Mais, il n'y a pas que les glaciers qui souffrent. On va encore voir cet été les parois rocheuses de nos montagnes, de nos massifs montagneux des Alpes qui se désagrègent parce qu’ils sont largement tenues par de la glace, par le gel et l'augmentation des températures qui est deux fois plus rapide dans certaines régions montagneuses, donc il y a des problèmes locaux, mais avec des conséquences en termes d'élévation du niveau de la mer qui sont à l'échelle planétaire.

     

    Changement climatique : "L'avenir est encore très largement entre nos mains", affirme un ancien expert du GIEC

     

    Alors que l'Allemagne et la Belgique viennent de subir des inondations catastrophiques provoquant la mort de plus de 150 personnes, le climatologue Jean-Pascal van Ypersele souligne la responsabilité de nos comportements dans la survenue de ces phénomènes climatiques extrêmes. 

    Article rédigé par

    franceinfo

    Radio France

    Publié le 17/07/2021 12:00Mis à jour le 17/07/2021 12:01

     Temps de lecture : 2 min.

    Un quartier de la ville d'Erftstadt-Blessem, près de Cologne (Allemagne) le 16 juillet 2021. Les inondations ont fait plus de 130 morts dans le pays (HANDOUT / BEZIRKSREGIERUNG KOLN)

    Un quartier de la ville d'Erftstadt-Blessem, près de Cologne (Allemagne) le 16 juillet 2021. Les inondations ont fait plus de 130 morts dans le pays (HANDOUT / BEZIRKSREGIERUNG KOLN)

    Jean-Pascal van Ypersele, professeur de climatologie à l’Université de Louvain, ancien vice-président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), a affirmé ce samedi sur franceinfo que "l'avenir" de la planète "est encore très largement entre nos mains. Il ne faut pas désespérer".

    Le plan Climat de l'Union européenne est "encore insuffisant", selon lui, pour changer le cours des choses surtout si "d''autres grands pays pollueurs" comme "les États-Unis, la Chine, par exemple, ne vont pas résolument dans la même direction le plus vite possible".

    franceinfo : Les événements en Europe sont la conséquence directe du changement climatique ?

    Jean-Pascal van Ypersele : Ce serait imprudent de dire que c'est la cause directe, mais il n'y a plus de phénomènes climatiques extrêmes comme ceux que nous voyons maintenant qui ne soient pas influencés d'une manière ou d'une autre par le fait que nous avons bouleversé la composition de l'atmosphère. En 2021, on a passé la barre des 50% d'augmentation de la concentration en CO2 au-dessus du niveau préindustriel. Cela ne peut pas ne pas avoir de conséquences sur des événements comme ceux que nous voyons maintenant. Ce sont des événements qui se passaient avant, mais pas avec la même intensité. Et ils risquent de se passer malheureusement de plus en plus souvent. Le GIEC avait déjà mis en garde le monde il y a 30 ans…

    Il y a une phrase qui est quand même extraordinaire quand on la lit aujourd'hui, trente ans plus tard : "L'effet de serre accentuera les épisodes de pluies extrêmement abondantes et les inondations peuvent donc représenter une menace encore plus grande lorsque la planète se réchauffe". Le GIEC l'écrivait il y a trente ans déjà. Est-ce que l'on peut encore agir pour sauver la planète ou réduire les effets de ce changement climatique ?

    Absolument, l'avenir est entre nos mains. On ne va pas revenir en arrière, avec ce qu'on a fait dans le passé, en brûlant massivement des combustibles fossiles et en déboisant à tour de bras. Mais l'avenir est encore très largement entre nos mains. Il ne faut pas désespérer. La Commission européenne prévoit l'interdiction des voitures à essence pour 2035.

    Est-ce que cela va dans le bon sens ?

    Cela va dans le bon sens. Il faut espérer que ça va être mis en œuvre parce que ce ne sont que des propositions. Il faudra peut-être deux à trois ans avant qu'elles ne soient mises en œuvre après négociation avec le Parlement européen et les États membres, etc. Mais il faut aussi savoir que même si cela va dans le bon sens, c'est encore insuffisant. C'est insuffisant au niveau de l'Europe. C'est insuffisant aussi si d'autres pays, d'autres grands pays pollueurs les États-Unis, la Chine, par exemple, ne vont pas résolument dans la même direction le plus vite possible.

     

     

    Inondations en Europe : comment le réchauffement climatique est passé de "menace pour les générations futures" à danger imminent

    Article rédigé par

    Marie-Adélaïde Scigacz

    France Télévisions

    Publié le 16/07/2021 07:01Mis à jour le 16/07/2021 19:09

     Temps de lecture : 8 min.

    Les feux de Long Loch et de Derrickson Lake, en Colombie-Britannique (ouest du canada), le 30 juin 2021.  (BC WILDFIRE SERVICE / AFP)

    Les feux de Long Loch et de Derrickson Lake, en Colombie-Britannique (ouest du canada), le 30 juin 2021.  (BC WILDFIRE SERVICE / AFP)

    Les modèles scientifiques avaient vu juste : les catastrophes et autres phénomènes météorologiques extrêmes correspondent aux prévisions réalisées dès les années 1980 par les climatologues. Alors qu'il est de plus en plus difficile d'ignorer le réchauffement climatique, en percevons-nous vraiment les enjeux ?

    "Nous sommes le canari dans la mine de charbon", alerte Gordon Murray, habitant de Lytton, au Canada, sur la chaîne CBC*. Au fond des mines, quand le canari mourait, les hommes disposaient de quelques minutes pour sauver leur peau. Ces petits oiseaux trimballés en cage donnaient l'alerte, au prix de leur vie, sur l'imminence d'un coup de grisou, une explosion soudaine causée par l'accumulation d'imperceptibles – inodores et invisibles – gaz toxiques. Le village de Lytton a disparu à 90%, ravagé par les flammes après que le thermomètre a atteint 49,6 °C, un record dans cette zone du globe. Désormais, Gordon Murray signale un autre drame imminent : "Le réchauffement climatique est en marche, et il avance vite." 

    Si vite qu'il n'échappe désormais à personne : de Madagascar, où deux années consécutives d'une terrible sécheresse menacent plus d'un million de personnes, dans ce que l'ONU qualifie de première famine liée au réchauffement climatique, à l'Europe, tiraillée entre vagues de chaleur au sud et pluies diluviennes au nord. En Allemagne, au moins 42 personnes sont mortes, entre le 14 et le 15 juillet, dans des inondations d'ores et déjà attribuées au réchauffement climatique par une partie de la classe politique. Fin juin, des villages du Sommerset*, en Angleterre, avaient eux aussi connu "des inondations sans précédent" après des pluies torrentielles, tandis que, quelques jours plus tard, la presse indienne* se faisait l'écho d'un phénomène similaire au Népal. Ça commence à faire beaucoup de canaris.

    Quand la météo se fait l'écho du climat

    "Le problème, c'est que nous n'acceptons la réalité du changement climatique que lorsqu'elle est là et non pas lorsque la communauté scientifique l'anticipe." Le climatologue Jean Jouzel se souvient d'avoir fait un pari, il y a une vingtaine d'années : la prise de conscience viendra quand le changement climatique sera perceptible par tous. "Je me disais que cela se passerait vers 2030", précise-t-il. Une approximation de 10 ans, dû à ce que les modèles ne pouvaient anticiper : la puissance des réseaux sociaux et le développement des chaînes d'information en continu. "Nous avons une vision planétaire de ce qui se passe, ce qui n'était pas le cas il y a 20 ans, résume le climatologue.

    "Avec la mondialisation de l'information, les catastrophes comme ce qui vient de se passer en Colombie-Britannique entrent dans tous les foyers."

    Jean Jouzel, climatologue 

    à franceinfo

    Alors que les rapports du Giec ont, dès la première édition en 1990, vu juste quant à l'augmentation des températures au cours de notre décennie, ce sont des règles médiatiques, plutôt que scientifiques, qui inscrivent la réalité du réchauffement climatique dans les esprits. Longtemps soucieux de distinguer climat et météo, les spécialistes se sont montrés prudents avant de tracer une ligne droite entre tel phénomène météo local et le réchauffement global. Ainsi, à l'été 2003, quand une canicule s'est abattue sur l'Europe, provoquant environ 15 000 décès en France, "cela a été perçu, pour le grand public français, comme la première grande manifestation du réchauffement climatique", se souvient le climatologue Jean Jouzel, "alors que dans notre communauté, nous avons toujours été un peu réticents à l'attribuer directement".

    La multiplication des événements extrêmes au cours des dernières années change la donne. "A ce stade, tout ce qui concerne la météo est aussi une question de climat", résume le météorologue et auteur américain Eric Holthaus. "D'un jour ensoleillé à un jour nuageux en passant par un ouragan… Tout cela survient dans le contexte d'une atmosphère qui a changé", explique-t-il au micro d'un podcast d'actualité.

    Analyser le lien possible entre un événement météo extrême précis tout juste apparu et le réchauffement climatique est un exercice relativement nouveau. Depuis 2014, le World Weather Attribution, une initiative regroupant des experts de divers instituts de recherche dans le monde, s'y attellent, en calculant dans des délais très courts la probabilité qu'il se soit produit même sans le dérèglement climatique lié aux émissions de gaz à effet de serre. Lytton, en Colombie-Britannique venait à peine de flamber que déjà les scientifiques du World Weather Attribution avançaient un chiffre : le changement climatique engendré par l'activité humaine avait rendu le "dôme de chaleur" au moins 150 fois plus susceptible de se produire*.

    Quand les pays riches souffrent aussi

    Par le biais de ces épisodes météorologiques médiatisés, la question du climat pénètre nos quotidiens. Car "le climat, c'est abstrait", explique le psychologue et économiste norvégien Per Espen Stoknes, auteur d'un livre en 2015 sur les causes de nos difficultés à saisir l'urgence climatique*. Aussi invisible et imperceptible qu'un gaz dangereux dans la galerie d'une mine, le climat agit au niveau de la planète, loin de l'échelle locale plus propice à l'inquiétude, et "se transforme 'lentement', c'est-à-dire en décennies, non pas en heures ou en jours". Ajoutez à cela l'opacité des termes liés aux émissions de gaz à effet de serre ("gigatonnes", "RCP2.6", "concentrations en ppm"), "et vous obtenez quelque chose que le cerveau humain évolutif a beaucoup de difficultés à saisir", explique-t-il à franceinfo.

    "Nos cerveaux comprennent les risques proches de nous, personnels, concrets, spectaculaires, vifs, comme les symptômes du Covid-19."

    Per Espen Stoknes, psychologue et économiste 

    à franceinfo

    Les catastrophes météorologiques sont une traduction tangible du réchauffement climatique qui, aux yeux du psychologue, "manque de saillance" dès lors qu'il est traduit en chiffres et en projections plutôt qu'en expérience. En journalisme, on appelle cela la "loi de proximité" ou plus cyniquement "loi du mort-kilomètre" : plus un événement se produit loin de nous (lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs), moins il nous intéresse ; plus les victimes semblent éloignées, moins elles suscitent d'empathie.

    Inondation au Bangladesh, sécheresse au Sahel… Longtemps, les pays du Sud ont été seuls frappés par les catastrophes liées à la hausse des températures. Aujourd'hui encore, les ravages de la famine qui frappe Madagascar, menaçant plus d'un million de personnes, n'ont pas l'écho médiatique du "dôme de chaleur", à l'origine de plusieurs centaines de victimes au Canada et dans le nord des Etats-Unis, déplore Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, des techniques et de l'environnement. "L'extraordinaire injustice des choses" choque l'historien.

    "Le mode de vie des pays riches est à l'origine de l'état de la planète, mais la violence s'exerce d'abord sur les populations à Madagascar."

    Jean-Baptiste Fressoz, historien 

    à franceinfo

    "Pour les pays riches, le réchauffement climatique n'est pas une menace immédiate", ajoute l'historien, mettant en parallèle les émeutes de la faim que provoquera inévitablement la hausse des prix des denrées agricoles dans les pays du Sud et les jours de canicule attendus en France : "Je ne dis pas que c'est pas grave d'avoir des jours à 50 °C, ça l'est, mais tout est une question d'échelle."

    Si le réchauffement climatique est bel et bien une crise qui se conjugue au présent, la relative tranquillité des Occidentaux nuit au passage à l'action, cantonnant à demain la survenue de la catastrophe dans le quotidien. "Cela a pour effet d'écarter et de repousser la gestion de la crise climatique au profit d'autres tâches importantes. D'autres problèmes tels que la santé, la pandémie, l'emploi, les inégalités, l'insécurité, le terrorisme…" liste Per Espen Stoknes. Pourtant, selon lui, en "légitimant l'inaction, repousser l'action climatique revient à nier le réchauffement climatique."

    Quand le discours attend les actes

    L'enjeu n'est plus de convaincre de la réalité de la crise. Aujourd'hui, "le climatoscepticisme est marginal en France et plutôt cantonné à des franges de l'extrême droite. Ce n'est plus une question de compréhension du réchauffement climatique", relève Jean-Baptiste Fressoz. "Le problème, c'est qu'on ne sait pas faire tourner l'économie sans énergie fossile pour l'instant." A la complexité scientifique des mécaniques du climat, a succédé "l'incompréhension des bases matérielles de l'économie", explique-t-il. C'est elle qui vient contraindre l'émergence de solutions pour stopper cette menace que l'on sait pourtant imminente.

    "On reste persuadé que l'innovation va permettre d'effectuer la transition, mais c'est parce qu'on ne comprend pas très bien comment fonctionnent la sidérurgie, les cimenteries, la production d'engrais, l'agriculture... et surtout les mécanismes de diffusion des techniques, son rythme et sa lenteur. La transition n'a pas eu lieu, elle n'a pas même pas commencé", met-il en garde. "Historiquement, nous n'avons jamais connu de véritables transitions énergétiques. La tâche qui nous attend est complètement inouïe. C'est quelque chose qu'on n'a jamais fait."

    Jean-Baptiste Fressoz relève ainsi une inadéquation entre "à la fois un discours très apocalyptique et un discours très incantatoire et assez creux, que l'on retrouve dans les grandes messes climatiques, où les pays font des promesses dont on sait bien qu'elles ne seront pas tenues." Le problème est actuel, connu, "mais on ne se donne pas les moyens". Or, le pire est à venir, abonde Jean Jouzel.

    "Beaucoup de gens ont l'impression que les catastrophes que nous observons aujourd'hui, c'est cela le réchauffement climatique, mais la deuxième partie du siècle, si on ne fait rien, sera terrible."

    Jean Jouzel, climatologue 

    à franceinfo

    Si, dès les années 1980, la communauté scientifique a si bien prédit le monde de 2020, "ne faut-il pas écouter les inquiétudes des scientifiques quant à 2050 ?" Jean Jouzel plaide aussi pour un changement de mentalité : l'abandon de cette idée "qui veut que l'on sera capable d'ici là de réparer les problèmes que l'on a créés. C'est faux. L'inertie est telle que ce qui a été enclenché ne s'arrêtera pas", craint-il. Car 2050, "ce n'est déjà plus les générations futures". Et il est grand temps que les mineurs s'empressent de quitter la galerie. Ou du moins, selon les climatologues, les énergies fossiles.

    * Les liens suivis d'un astérisque conduisent vers des contenus en anglais.

  • Urbanisation et inondations

    Le drame qui a lieu actuellement en Allemagne et en Belgique ou dans l'Est de la France n'est pas sans raison.

    Bien évidemment, les personnes concernées ne sont pas en train de chercher les causes d'un tel désastre. Elles ont bien autre chose à faire. Et je compatis à leur détresse.
    Il n'en reste pas moins que ça fait des années que des personnes bien informées et parfaitement objectives pointent du doigt l'absolue incompétence, voire les maversations, qui ont lieu dans les organismes susceptibles de gérer l'occupation des sols et l'environnement.
    Il y a quelques jours, j'ai mis en ligne le projet d'urbanisation d'une immense zone de terres actuellement "sauvages" en bord de l'Isère, dans le département de la Savoie. Une zone industrielle et commerciale qui couvrirait 35 hectares. Béton, goudron, destruction des berges, réseau routier, lotissements, etc etc...Et puis un jour, tout cela baignera dans l'eau. 

    Inutile de chercher plus loin.

    L'urbanisation et l'inépuisable soif de conquête de terrain par les industriels et autres marchands. Et qui sont irrémédiablement suivies du cortège de lotissements pour loger les salariés. 

    On me répondra qu'il faut bien que les gens travaillent.

    Oui, mais alors il ne faut pas appeler au secours quand ça tourne mal. Et là, en ce moment, des appels au secours, il y en a des quantités. 

    Dès lors que l'humain porte atteinte à la régulation naturelle des pluies et cours d'eau, il en paie le prix un jour ou l'autre. Au regard du nombre effarant de situations similaires dans les dernières années, je suis consterné de voir qu'autant de gens ont pu faire confiance, aveuglément, et le font encore, dans les différentes instances décisonnaires. Il est clair que ça n'est pas parce qu'un plan d'occupation des sols est validé qu'il est pour autant justifié et sans danger...

    Juste un exemple d'un appel :

     

    "Venez, par pitié, les secours" : un habitant coincé dans sa maison décrit les inondations "rapides" en Belgique

     

    Après des pluies diluviennes, Loïc Collette s'est retrouvé piégé chez lui, à Liège, mercredi après-midi, avec sa famille. Vingt-quatre heures plus tard, il attend toujours les secours.

    Article rédigé par

    Margaux Duguet

    France Télévisions

    Publié le 15/07/2021 17:55Mis à jour il y a 48 minutes

     Temps de lecture : 2 min.

    La rue de la maison de Loïc Collette, touchée par de fortes inondations, le 15 juillet 202, à Liège (Belgique). (LOÏC COLLETTE / FRANCEINFO)

    La rue de la maison de Loïc Collette, touchée par de fortes inondations, le 15 juillet 202, à Liège (Belgique). (LOÏC COLLETTE / FRANCEINFO)

    "Si on vient nous chercher, on est prêts à évacuer." Loïc Collette est réfugié dans les étages de sa maison inondée à Liège, jeudi 15 juillet, avec quatre autres membres de sa famille et ses quatre chiens. Des inondations monstres ont touché la Belgique mais aussi l'Allemagne, dans la nuit de mercredi à jeudi, faisant des dizaines de morts. En raison de la crue exceptionnelle de la Meuse, les autorités belges ont donné l'ordre aux habitants de Liège qui le peuvent de se rendre sur les hauteurs de la ville. 

    >> Suivez l'évolution des inondations en Allemagne et en Belgique dans notre direct

    Loïc Collette, diplômé en informatique de 22 ans, attend désespérément d'être évacué par les secours, qui n'ont pas encore été aperçus dans sa rue. Après 24 heures d'angoisse, cet habitant du quartier de Chênée confie son calvaire à franceinfo.

    Vue sur le jardin inondé de la maison de Loïc et sa famille.  (Loic Collette)

    Vue sur le jardin inondé de la maison de Loïc et sa famille.  (Loic Collette)

    Tout a commencé, mercredi, en milieu d'après-midi. Alors que Loïc regarde à la télévision le défilé du 14-Juillet à Paris, il se rend compte que des pluies diluviennes ne cessent de s'abattre sur sa commune. Le niveau de la Vesdre, un affluent de l'Ourthe (qui se jette elle-même dans la Meuse), augmente dangereusement.

    "Ça s'est passé très vite, les égouts ont été submergés rapidement, puis l'eau a commencé à envahir notre cave", raconte-t-il. Après le sous-sol et le jardin, c'est le rez-de-chaussée de la maison de deux étages qui est touché. Dans la précipitation, Loïc et sa famille préparent des vivres et quelques affaires, avant de monter avec leurs animaux à l'étage. 

    "Garder mon sang-froid"

    Premier réflexe : appeler les secours. "Ils nous ont dit qu'ils étaient très demandés et qu'ils ne voulaient pas nous donner de faux espoirs, car cela prendrait plusieurs heures avant de venir nous voir", relate le jeune homme. "C'est choquant de vivre ça. Notre voisin nous a dit qu'en quarante ans de présence à Chênée, il n'avait jamais vu ça", poursuit-il.

    Face aux déchaînements de "Dame nature", Loïc tente de garder son "sang-froid". Mais les secours n'arrivent pas et l'informaticien "panique un peu" en s'interrogeant sur la résistance des fondations de la maison. 

    Vue de l'intérieur de la maison de Loïc complètement inondée.  (Loïc Collette)

    Vue de l'intérieur de la maison de Loïc complètement inondée.  (Loïc Collette)

    Jeudi après-midi, la bâtisse tenait encore le coup. Les pertes étaient toutefois importantes pour la famille du jeune Belge. "L'eau a détruit une grande partie de notre vie, le rez-de-chaussée est inondé à 80%, je suis triste et choqué", répète Loïc.

    S'il reste assez de provisions et d'eau pour tenir encore quelques jours, "la situation reste inconfortable". En début d'après-midi, Loïc lance un nouvel appel aux secours sur les réseaux sociaux.

    "Les secours sont venus ce matin dans une autre rue. Pourquoi ne sont-ils pas venus nous voir, s'interroge-t-il. La situation peut devenir très difficile pour les personnes fragiles."

    Pour ce qui est des raisons de tout ça, il est très facile d'en trouver des explications claires et objectives sur internet. Ce en sont pas les reportages et autres analyses qui manquent. Dans les reportages, j'entends des Anciens qui disent qu'ils n'ont jamais vu ça alors qu'ils vivent là depuis cinquante ans. Oui, on peut s'en douter. Mais il faudrait qu'on leur présente le plan d'occupation des sols depuis cinquante ans et ils comprendraient immédiatement. Il ne s'agit pas uniquement de dérèglement climatique mais également de décisions politiques. On fait tout et n'importe quoi au nom de l'économie. Sauf qu'aujourd'hui, des centaines de personnes ont vu toutes leurs économies et leur investissement disparaître sous les eaux. Les entreprises les plus grosses seront dédommagées. Pas les particuliers.

    La question se pose également de la capacité de chacun de faire front dans le cas de catastrophes naturelles (amplifiées par les humains eux-mêmes). Si au bout de 24 heures d'isolement, il n'y a plus rien à manger, plus rien à boire, c'est que la dépendance envers le monde marchand est effroyable. 

    J'ai déjà parlé à maintes reprises de l'indispensable anticipation. Je n'y reviendrai pas. Le thème "survivaliste" est là pour ceux que ça intéresse.

    http://la-haut.e-monsite.com/blog/theme-survivalisme.html

     

    Ici, dans la Creuse, on a eu 72 heures de déluge ininterrompue. Le puits est à la limite de déborder. Une colonne de sept mètres d'eau.

    Mais la nature n'est aucunement inondée pour la simple raison qu'on est intégralement entourée de nature. Ce ne sont pas les pluies diluviennes qui posent problème, il y en a  toujours eu. C'est l'artificialisation des sols qu'il faut pointer du doigt. 

     

     

     

  • Juste une image

    184420264 946730292730568 3159407055630924297 n

  • Christian Velot : maître de conférence en génétique.

     

     

    02/07/2021 Santé / Société

    Covid-19 | Vaccination : « Ne faisons pas un remède pire que le mal », Dr Christian Vélot

     

    Publié par 

    Auteur(s) : FranceSoir

    Christian Vélot, l’entretien essentiel : maître de conférences en génétique moléculaire à l’université Paris-Sud, directeur scientifique du comité scientifique du Comité de recherche de l’information indépendante du génie génétique (CRIIGEN), il nous offre un exposé, au micro de Xavier Azalbert et revient sur la nature de ce virus qu’il qualifie de dangereux car présentant un grand nombre de symptômes différents. Il se montre surpris de voir que pour lutter contre un virus qui nous réserve beaucoup d’incertitudes, on ait recours à des technologies pour lesquelles on n’a pas de recul. Il revient sur les traitements précoces, notamment ceux préconisés par le professeur Didier Raoult, un virologue d’une pointure exceptionnelle et regrette qu’on ait balayé l’hydroxychloroquine qui n’a jamais tué personne pour lui préférer le Remdesivir, une molécule toxique et mutagène.

    Le biologiste donne des explications très détaillées sur les différents types de vaccins mis sur le marché, vaccins qu’il divise en trois catégories selon la technique employée : vaccins à virus inactivé, vaccins à protéines recombinantes et vaccins génétiques.

    Christian Vélot revient également sur les autorisations de mise sur le marché conditionnelles beaucoup trop rapides puisqu’une phase 3 prend normalement plusieurs années pour connaître l’immunotoxicité, la génotoxicité et l’interaction avec le génome humain. Il regrette ces décisions et rappelle que « la sécurité est incompatible avec l’urgence ».

    Time : 1 h 13 mn / [1/1]

    Un entretien majeur : clair, pédagogue et iconoclaste, Christian Vélot nous ramène à l’essentiel.

    S’ensuivent des explications sur la nature de ce virus qui ne fait pas beaucoup de mutations mais des recombinaisons avec des virus qui ne sont pas de sa famille, une particularité qui l’amène à s’interroger sur l’échappement immunitaire, au rapport bénéfice/risque de la vaccination et de son efficacité.

    Enfin il déplore l’absence de la diversité de pensée dans les instances de décisions et dénonce des erreurs de la part de certaines autorités notamment des propos scientifiquement faux du « Monsieur vaccin » Alain Fisher, responsable de la politique vaccinale pour la France.

     

     

    Covid-19, vaccins expérimentaux, stratégie vaccinale : entretien avec Christian Vélot

      

    8 JUIL. 2021

    PAR 

    BLOG : LE BLOG DE LAURENT MUCCHIELLI

    Dans cet entretien exclusif, le généticien Christian Vélot explique en quoi consistent exactement les divers vaccins utilisés contre la Covid, il conteste certains propos d’Alain Fisher et alerte de façon très argumentée sur les dangers de la stratégie vaccinale suscitée par l’OMS et les industries pharmaceutiques, et adoptée par la plupart des gouvernements du monde.

    FAVORI

    RECOMMANDER

    ALERTER

    IMPRIMER

    Partager

    Tweet

    47 RECOMMANDÉS

    A +

    A -

    Épisode 53

    1) Bonjour Christian Vélot, pouvez-vous vous présenter rapidement pour mes lecteurs ? Quelle est votre formation, votre statut professionnel et votre domaine de compétence scientifique ? Avez-vous par ailleurs des conflits d’intérêts quels qu’ils soient ?

    C.V. — Titulaire d’un doctorat de Sciences biologiques et médicales, je suis maître de conférences à l’Université Paris-Saclay, et plus précisément sur le centre scientifique d’Orsay où je dirige une équipe de recherche. Mon domaine de compétence est celui de la génétique moléculaire, et donc des biotechnologies et de leurs produits. C’est à ce titre que je m’intéresse notamment aux vaccins, et en particulier aux vaccins de dernière génération, dits vaccins génétiques, qui sont issus des biotechnologies. Je n’ai aucun conflit d’intérêt.

    2) Vous êtes également président du Conseil scientifique du Comité de Recherche et d’Information Indépendantes sur le Génie génétique (CRIIGEN), dans lequel j’ai retrouvé aussi plusieurs personnalités bien connues du monde de la recherche scientifique et de la réflexion sur l’éthique dans les sciences de la vie, telles que Jacques Testart (directeur de recherche honoraire à l’INSERM) et Pierre-Henri Gouyon (professeur de biologie au Muséum National d’Histoire Naturelle, signataire de ma tribune collective de septembre 2020 intitulée « Nous ne voulons plus être gouvernés par la peur »). Il s’agit d’une association créée en 1999 et qui s’est faite connaître notamment dans sa critique des produits du génie génétique (OGM) et des substances qui leurs sont liées telles que les pesticides et les perturbateurs endocriniens, eu égard aux effets de ces techniques sur la santé, en particulier le développement de certaines maladies chroniques que vous considérez être de véritables pathologies environnementales. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces techniques, ces pathologies et leurs évolutions ?

    C.V. — Les OGM agricoles sont, dans leur très grande majorité, conçus pour accumuler un ou plusieurs pesticide(s) dans leurs cellules. Il s’agit soit de plantes génétiquement modifiées pour produire un ou plusieurs insecticide(s) afin de lutter contre un ou des insecte(s) dont elles sont la cible, soit des plantes dont la modification génétique leur permet de tolérer un ou plusieurs herbicide(s), soit encore des plantes qui cumulent les deux propriétés. Ces plantes accumulent donc un ou plusieurs insecticide(s) qu’elles produisent, ou un ou plusieurs herbicide(s) qu’elles absorbent sans en mourir, lesquels vont alors se retrouver dans la chaine alimentaire. S’intéresser à la question des OGM agricoles et notamment à leur sécurité sanitaire et environnementale implique donc de s’intéresser de près à celle des pesticides. Or la plupart des pesticides sont des agents cancérigènes/mutagènes/reprotoxiques (CMR), ou des perturbateurs endocriniens (PE), responsables de nombreuses maladies dites chroniques ou environnementales qui ont explosé à travers le monde ces dernières décennies : cancers, maladies cardiovasculaires, troubles neuro-développementaux, obésité, diabète de type 2...

    3) Les vaccins contre la Covid-19 qui sont commercialisés partout dans le monde depuis plusieurs mois utilisent pour beaucoup d’entre eux ces techniques de génie génétique et ne correspondent plus au principe des vaccins qu’on dira alors « classiques », les vaccins à virus inactivés que nous avons tous connus depuis notre enfance, ceux de Pasteur en quelque sorte. Pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit et les différences entre ces multiples vaccins ?

    C.V. — Permettez-moi tout d’abord de repréciser ce que sont les virus. Il s’agit d’agents infectieux comprenant une coque protéique appelée capside, constituée de la juxtaposition d’un grand nombre d’exemplaires d’une protéine virale (la protéine de la capside), et renfermant le matériel génétique du virus qui est soit de l’ADN soit de l’ARN (pour les notions d’ADN, ARN et protéine, voir la Figure 1 de ce texte). De nombreux virus sont en plus entourés d’une enveloppe qui est constituée d’une bicouche de graisse (lipides) dans laquelle sont enchâssés plusieurs exemplaires d’une autre protéine : la protéine de surface du virus (voir la Figure 2 de ce texte). Les virus possédant une enveloppe sont appelés des virus enveloppés ; ceux n’en possédant pas sont les virus nus. Le virus SARS-CoV-2, responsable de la Covid-19, est un virus enveloppé dont le matériel génétique est de l’ARN. Sa protéine de surface (enchâssée dans son enveloppe) est la fameuse protéine « Spike ».

    Les vaccins actuellement disponibles dans le monde, ou sur le point de l’être, pour lutter contre la Covid-19 peuvent se classer en trois catégories : les vaccins inactivés, les vaccins à protéine recombinante et les vaccins génétiques.

    Les vaccins inactivés consistent à injecter le virus entier mais préalablement inactivé (par la chaleur ou par un traitement chimique au formaldéhyde). C’est le cas par exemple des vaccins chinois Sinopharm et Sinovac, mais également du vaccin développé par l’entreprise de biotechnologies française Valneva.

    Les vaccins dits « à protéine recombinante » consistent à injecter non pas le virus entier mais une protéine du virus (en général sa protéine de surface), laquelle a alors été produite en laboratoire par des cellules cultivées à grande échelle et dans lesquelles a été préalablement introduit le gène viral détenant le secret de fabrication de cette protéine. Ces cellules prennent alors le gène viral à leur propre compte, le décodent et fabriquent la protéine virale (l’antigène) qui est ensuite purifiée, associée à divers adjuvants puis injectée aux personnes à vacciner. La protéine virale en question est qualifiée de « protéine recombinante » car elle est produite par des cellules qui ne sont pas celles qui la fabriquent naturellement. C’est le cas du vaccin développé par l’entreprise américaine Novavax et qui consiste donc à injecter la protéine Spike du virus Sars-Cov2 responsable de la Covid-19. C’est aussi le cas du vaccin cubain (Soberna02), et des candidats vaccins développés par l’entreprise américaine United Biomedical-COVAXX (UB-612) et par l’entreprise française Ose Immunotherapeutics (CoVepiT) mais sous des déclinaisons différentes :  dans ces trois derniers cas, ce qui est produit et injecté (ou destiné à l’être) n’est pas la protéine Spike entière mais seulement un ou plusieurs fragments de cette protéine éventuellement fusionné(s) à une autre protéine (ou des fragments d’autres protéines) servant en quelque sorte de « présentoir » du ou des antigène(s) de Sars-Cov2.

    Enfin, les vaccins génétiques consistent à injecter non plus le virus entier ou tout ou partie d’une protéine du virus, mais une partie de son matériel génétique détenant le secret de fabrication de la protéine de surface. Dans le cas de Sars-Cov2, il s’agit donc soit de la portion de l’ARN viral codant la protéine Spike et emprisonnée dans une nanoparticule de graisse, soit d’une copie ADN de cette portion d’ARN viral, insérée dans l’ADN d’un autre virus (adénovirus) utilisé comme « véhicule » (vecteur) pour délivrer ce matériel génétique dans les cellules de la personne à vacciner. Le virus vecteur est donc un virus génétiquement modifié qui a été rendu inoffensif (on dit qu’il a été « désarmé ») par suppression d’une partie de son propre matériel génétique (ADN), laquelle a été remplacée par la copie ADN de l’ARN viral de Sars-Cov2 codant Spike. Le principe de ces vaccins génétiques est donc de faire fabriquer l’antigène (ici la protéine Spike) directement par nos propres cellules. C’est bien sûr le cas des vaccins de Pfizer-BioNTech ou Moderna (vaccins à ARN emprisonné dans une nanoparticule de graisse) et des vaccins d’AstraZeneca ou Johnson & Johnson (vaccins à ADN utilisant un adénovirus comme vecteur).

    4) En décembre 2020, vous avez rédigé un rapport d’expertise sur les vaccins ayant recours aux technologies OGM (https://criigen.org/rapport-dexpertise-sur-les-vaccins-genetiquement-modifie/), qui a donné lieu à une polémique avec Alain Fischer, professeur de médecine au Collège de France et placé par le gouvernement à la tête d’un « Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale » le 3 décembre. Pouvez-vous nous expliquer les enjeux et le contenu de cette polémique de votre point de vue ?

    C.V. — Dans mon rapport d’expertise, j’insiste sur un risque particulier lié aux vaccins génétiques (à ARN ou à ADN) : celui de favoriser l’apparition de virus recombinants. De quoi s’agit-il ? Les virus ont une grande capacité à échanger des fragments de leur matériel génétique respectif dès lors que les génomes viraux concernés sont de même nature (soit ADN, soit ARN) et cohabitent dans des mêmes cellules. Ce phénomène est encore plus marqué si les deux génomes viraux en question partagent des séquences (des gènes) qui se ressemblent. Le processus bien connu qui régit ces échanges s’appelle la recombinaison (et lorsque cette recombinaison a lieu entre séquences d’ADN ou d’ARN qui se ressemblent, on parle de recombinaison homologue). Ce phénomène de recombinaison n’est pas réservé à l’ADN ou l’ARN viral mais les séquences virales sont connues pour faire l’objet de nombreuses recombinaisons (on dit qu’elles sont très « recombinogènes »). Il résulte de ces échanges entre matériels génétiques viraux, des virus dits « recombinants », c’est-à-dire dont le génome est constitué de segments provenant des deux virus parentaux (voir la Figure 3 de ce texte).

    Bien sûr, ce phénomène ne peut se produire que si du matériel génétique provenant d’au moins deux virus se retrouve dans les mêmes cellules, ce qui est fort heureusement extrêmement rare dans la nature puisque cela implique que des mêmes cellules soient co-infectées par au moins deux virus. Mais dès lors qu’on introduit volontairement et chez un très grand nombre d’individus du matériel génétique viral — ici à des fins de vaccination —, il suffit chez ces personnes d’une infection par un seul virus pour que de tels échanges (entre le génome du virus infectant et le matériel génétique vaccinal) se produisent et puissent ainsi donner lieu à des virus recombinants.

    Or dans ses réponses à cette note d’expertise, M. Fischer réfute ce risque au prétexte que « l’ARN viral ne peut-être converti en ADN ». Outre le fait que cette allégation est totalement gratuite car il n’est pas du tout exclu que, dans certaines conditions, l’ARN viral de Sars-Cov2 puisse être converti en ADN au sein de nos cellules comme cela a été montré sur des cellules humaines en culture (Zhang et al, 2021), il est absolument impensable que M. Fischer puisse ainsi laisser croire que des évènements de recombinaison entre ARN viraux nécessiteraient une conversion préalable de ceux-ci en ADN. La recombinaison virale existe aussi bien entre ADN viraux d’une part qu’entre ARN viraux d’autre part. Et dans ce dernier cas, cela ne nécessite nullement une conversion de l’ARN viral en ADN. Les ARN viraux recombinent directement. Cela a été montré depuis fort longtemps déjà (à partir des années 60) avec le virus de la polio (Ledinko, 1963 ; Cooper, 1968 ; Cooper et al, 1974), les aphtovirus (McCahon et al, 1977 ; McCahon, 1981 ; King et al, 1982), les virus de la maladie de Newcastle et de la grippe (Hirst, 1962), ainsi que les coronavirus (Makino et a, 1986 ; Baric et al, 1990) qui sont d’ailleurs les champions de la recombinaison virale puisque leur taux de recombinaison (dès lors que deux génomes de coronavirus sont en contact) peut aller au delà de 10% (Makino et al, 1986 ; Baric et al, 1990) alors qu’il est en général, pour les autres virus à ARN, de l’ordre de 0,1 à 2% (Lai, 1992).

    De plus, les coronavirus sont capables de recombiner avec des virus à ARN d’une autre famille : des évènements de recombinaison ont en effet pu être mis en évidence entre, d’une part, un virus de la grippe et, d’autre part, des coronavirus bovins, murins et un coronavirus humain (Luytjes et al, 1988).

    Par ailleurs M. Fischer affirme que « de tels recombinants n’ont jamais été observés avec les vaccins vivants atténués qui délivrent pourtant leur matériel génétique dans les cellules qu’ils infectent ». Les vaccins vivants atténués (qui ne figurent pas parmi les vaccins ou candidats vaccins contre la Covid-19) consistent à injecter le virus entier, non pas inactivé mais affaibli. D’une part, il y a peu de vaccins vivants atténués (ce sont surtout des vaccins inactivés), et ils n’ont jamais été utilisés à une échelle aussi grande qu’est ou sera celle de la vaccination contre la Covid-19.  D’autre part, j’ai le regret d’apprendre au Pr. Fischer qu’une étude publiée en avril 2020 révèle l’apparition d’un virus recombinant (à ARN) de la bursite infectieuse chez le poulet entre une souche infectieuse naturelle et une souche vaccinale atténuée (Wu et al-2020).

    Soit M. Fischer ignore tout cela et c’est grave, soit il ment délibérément et c’est… grave.

    5) Les vaccins ont deux fonctions potentielles, l’une individuelle (protéger l’individu contre le risque de maladie au cas où il serait contaminé par le virus), l’autre collective (contribuer à la formation d’une immunité collective, ce que le gouvernement présente comme la clef exclusive pour sortir des mesures restrictives de libertés). Commençons par la première, qui pose elle-même plusieurs questions. J’en vois au moins quatre. La première est : quelle est selon vous la nature et le degré de protection individuelle que procurent ces nouveaux vaccins face au risque de développer une maladie après contamination ? Les publications préparées par les industriels pharmaceutiques qui commercialisent ces vaccins parlent de 70 à 90%, voire 95% d’efficacité contre le risque de maladie plus ou moins grave. Est-ce la réalité ou du marketing ?

    C.V. — Concernant l’efficacité des vaccins, il faut bien savoir de quoi on parle. D’abord, efficacité contre quoi : forme grave, toutes les formes, contamination ? C’est le plus souvent le flou le plus complet. Pour mesurer directement l’efficacité d’un vaccin anti-Covid, il faudrait inoculer volontairement le virus à un échantillon de personnes, ce qui est bien évidemment totalement exclu pour des raisons éthiques alors qu’il n’existe pas de traitement curatif de la maladie. Ce que mesure l’efficacité d’un vaccin, ce n’est donc pas le risque de développer la maladie ou une de ses formes graves. Dire qu’un vaccin est efficace (par exemple vis-à-vis des formes graves) à 90% ne signifie pas que la population vaccinée est protégée à 90%. Cela ne signifie pas non plus que 90% des personnes vaccinées sont protégées. Ce que mesure l’efficacité annoncée du vaccin, c’est en fait la réduction du risque de développer la maladie en étant vacciné par rapport à la population non vaccinée. Imaginons par exemple que la probabilité de développer une forme grave dans la population non vaccinée soit de 1 pour 1000, alors elle serait de 1 pour 10 000 parmi la population vaccinée (avec un vaccin dont l’efficacité est de 90%). Autrement dit, un vaccin efficace à 90% diminue par 10 la probabilité d’être malade par rapport à la population non vaccinée. Notons enfin que le calcul de l’efficacité d’un vaccin devrait toujours être accompagné de la donnée d’un intervalle de confiance de cette valeur.

    Enfin, se pose la question des protocoles ayant permis d’établir ces valeurs d’efficacité annoncées, et notamment des populations concernées. S’agit-il de personnes en bonne santé, de personnes présentant des comorbidités, de jeunes, de personnes âgées, ou d’une moyenne des efficacités sur l’ensemble de ces populations ? On nous gargarise avec des chiffres sans nous apporter la moindre explication et en comptant sur l’imaginaire collectif pour une surinterprétation positive de leur signification.

    6) La seconde question concerne à mon sens les populations-cibles de la vaccination et les risques d’effets secondaires. Est-il raisonnable de vacciner toute la population ? N’y a-t-il pas des risques particuliers d’effets secondaires majeurs pour des personnes cardiaques ou encore pour les femmes enceintes ? Quelle est la nature et l’ampleur de ces effets secondaires à votre connaissance ? Pensez-vous qu’ils sont correctement comptabilisés par les centres de pharmacovigilance ?

    C.V. — Cette question fait le lien avec celle des protocoles soulignés ci-dessus : quelles sont les populations qui ont été testées dans le cadre de la phase III des essais cliniques ? Étant donné que la durée de cette phase III avant l’autorisation provisoire de mise sur le marché est extrêmement courte, on ne peut compter que sur les données émanant de l’essai grandeur nature que représente la phase de vaccination elle-même. Cela soulève donc la problématique du suivi post-vaccinal. Or, force est de constater que nous ne disposons pas de registres permettant d’assurer ce suivi de façon précise, et population par population (sexe, âge, indice de masse corporelle, comorbidités ou non, personnes allergiques, personnes immunodéprimées, femmes enceintes, etc.). Cela supposerait de devoir remplir un questionnaire très détaillé avant la vaccination, en particulier dans les « vaccinodromes » où les patients sont inconnus des personnels de santé effectuant cette vaccination. Au CRIIGEN, nous sommes particulièrement sensibles à cette question de registres que nous réclamons depuis longtemps pour pouvoir établir, par exemple, d’éventuelles corrélations, région par région, entre l’utilisation de certains pesticides et l’émergence de tel ou tel type de cancers ou autres maladies chroniques. Certes, les corrélations ne sont jamais des preuves mais constituent des pistes qui peuvent alors être creusées afin d’établir la réalité ou non du lien.

    Et dans le cas des vaccins anti-Covid-19, la difficulté de cette absence de registre est encore aggravée par le fait que beaucoup de personnes ayant reçu une première injection du vaccin d’AstraZeneca exigent un autre vaccin pour la seconde injection en raison d’importants effets secondaires. Cela complique encore considérablement le suivi. Si on ne peut pas en vouloir aux personnes en question, cela montre une fois de plus qu’on est allé trop vite en autorisant un vaccin sans en apprécier l’ampleur des effets secondaires, au point de ne pas anticiper le refus par les patients de la seconde dose.

    7) La troisième question est à mon sens celle de la contagiosité. Après l’argument de la protection individuelle contre le risque de maladie, l’argument central de la vaccination générale est celui au terme duquel il faut se vacciner pour protéger également les autres. Alors, être vacciné empêche-t-il de transmettre le virus lorsqu’on l’a attrapé ? L’IHU de Marseille a déjà signalé que ce n’était pas le cas et qu’ils avaient bien des patients vaccinés qui font ensuite des formes plus ou moins graves de Covid. Qu’en pensez-vous ?

    C.V. — De toute évidence, la vaccination qui nous est proposée n’empêche pas la transmission. Non seulement des personnes vaccinées développent la Covid comme cela a effectivement été rapporté par l’IHU, mais l’OMS elle-même recommande que les personnes vaccinées continuent à porter le masque et à appliquer les gestes barrière. Cela signifie que le groupe des vaccinés et le groupe des contaminés se chevauchent, ce qui augmente encore plus le risque de recombinaison virale (entre le virus infectant et le matériel génétique vaccinal) mentionné précédemment.

    Par ailleurs, 80% des personnes porteuses du virus étant asymptomatiques, il serait important, afin de limiter ce chevauchement entre contaminés et vaccinés, de faire une détection systématique avant vaccination, ce qui n’est pas le cas. Il serait pourtant facile de mettre ce système en place, notamment dans les « vaccinodromes » avec d’abord un poste de détection rapide (tests antigéniques) puis un poste de vaccination pour celles et ceux qui s’avèrent être négatifs au premier poste.

    8) La quatrième question est celle des effets de la vaccination sur la vie des virus. Nous savons que les coronavirus sont des virus qui ont la propriété de pouvoir se recombiner facilement et de créer des variants ou des mutants. L’IHU de Marseille est le premier à en avoir parlé en France, dès la fin de l’été 2020, et à suivre de très près l’évolution de ces variants ou mutants. Mais la vaccination a-t-elle aussi des conséquences sur ces évolutions ?

    C.V. — Tout d’abord, permettez-moi une petite clarification : tous les mutants sont des variants mais tous les variants ne sont pas des mutants. Pour « varier », et ainsi échapper au système immunitaire, un virus a deux solutions : muter ou recombiner (l’une n’étant d’ailleurs pas exclusive de l’autre).

    Les mutations se produisent au moment de la réplication (recopie) du matériel génétique viral à l’intérieur des cellules infectées. L’enzyme en charge de cette réplication est fournie par le virus et commet un certain nombre d’erreurs (mutations), surtout lorsque le matériel génétique viral est de l’ARN. L’ARN est constitué de l’enchainement de 4 molécules que l’on désigne par leurs initiales respectives, à savoir quatre lettres : A, G, C, U. Il arrive que l’enzyme en charge de la réplication du génome viral mette un G à la place d’un A, un C à la place d’un U, etc. Les variants qui en résultent sont alors des mutants.

    L’autre possibilité, pour un virus, de varier est la recombinaison comme expliqué dans ma réponse à la question 4. Les variants qui en résultent sont alors des recombinants.

    Si les mutations ou les évènements de recombinaison ont lieu dans la séquence qui code la protéine Spike, cette protéine sera alors modifiée et pourra, le cas échéant, ne plus être reconnue par les anticorps dirigés contre la protéine d’origine. On parle d’échappement immunitaire.

    Contrairement à ce qu’on entend très souvent, les coronavirus mutent peu par rapport à d’autres virus à ARN, et ceci malgré le fait que le génome des coronavirus est plus grand que celui des autres virus à ARN. A titre d’exemples, le génome du VIH (virus du sida) est constitué de 10 000 lettres (A, G, C, U) ; celui de la grippe : 13 500 ; le virus Ebola : 19 000 ; et les coronavirus : 31 000 lettres. En théorie, plus le génome est grand, plus la probabilité de faire des erreurs lors de la recopie est élevée. Les coronavirus échappent à cette règle car l’enzyme responsable de la réplication de leur génome est dotée d’un système de détection et de correction des erreurs. Cela ne veut pas dire qu’ils ne mutent pas (ce système de détection et de correction n’est pas efficace à 100 %), mais ils mutent peu. En revanche, comme cela a déjà été mentionné en réponse à la question 4, les coronavirus sont les champions de la recombinaison, et c’est le principal mécanisme qui leur permet d’échapper au système immunitaire.

    Et comme expliqué précédemment, la vaccination génétique n’est pas neutre sur la capacité de Sars-Cov2 à varier puisque les vaccins génétiques font courir le risque d’augmenter l’apparition de variants par recombinaison (entre le matériel génétique vaccinal et le génome d’un virus infectant). Et cela est vrai pour tous les vaccins génétiques, qu’ils soient à ARN ou à ADN. Dans le cas des vaccins tels que celui d’AstraZeneca utilisant un virus à ADN pour délivrer le matériel génétique vaccinal, celui-ci sera, une fois dans la cellule, converti en ARN (codant la protéine Spike), lequel pourrait bien sûr recombiner avec un virus infectant à ARN de la même manière que quand le matériel génétique vaccinal est directement de l’ARN.

    De plus, dans le cas des coronavirus au moins, il s’avère que le mécanisme de recombinaison passe par des portions d’ARN correspondant à une réplication partielle d’un virus parental (Makino et al, 1986). Avec l’ARN vaccinal, on fournit directement une portion d’ARN viral, ce qui représente donc un facteur de facilitation pour ces évènements de recombinaison. Par ailleurs, la recombinaison entre un virus infectant et un fragment seulement du matériel génétique d’un virus apparenté a largement été observée chez les plantes transgéniques dans lesquelles a été volontairement introduit un gène viral, et infectées par un virus apparenté (Lommel and Xiong, 1991 ; Gal et al, 1992 ; Green and Allison, 1994 ; Wintermantel and Schoelz ; 1996 ; Frischmuth and Stanley, 1998 ; Borja et al, 1999 ; Adair and Kearney, 2000 ; Varrelmann et al, 2000 ; Latham and Steinbrecher, 2004).

    9) Se pose enfin la question de la stratégie de l’immunité collective. Vous expliquez dans votre dernière vidéo que la vaccination générale en période de pandémie est une erreur stratégique majeure. Pourquoi ? Est-il par ailleurs utile et raisonnable de vacciner massivement les enfants au regard des quatre points que nous venons d’évoquer ?

    C.V. — En période de pandémie, par définition, le virus circule. Il y a donc émergence de variants (qu’il s’agisse, de manière générale, de mutants ou de recombinants). Si ceux-ci sont moins virulents que la souche d’origine et tout aussi bien neutralisés par les anticorps, tout va bien. Mais si ces variants échappent à l’immunité acquise (naturelle ou vaccinale) contre la souche d’origine, ils vont pouvoir proliférer et d’autant plus que la souche d’origine est freinée par la vaccination de masse. Le variant a alors la voie libre car la souche d’origine ne peut rentrer en compétition avec lui. Autrement dit, en vaccinant massivement en période de pandémie, on crée une pression de sélection en faveur des variants. En quelque sorte, on crée avec la vaccination de masse vis-à-vis des variants la même situation qu’avec l’utilisation intempestive d’antibiotiques vis-à-vis des bactéries résistantes aux antibiotiques : celles-ci ont la voie libre car toutes les bactéries sensibles sont décimées et ne peuvent donc plus « occuper le terrain » et limiter la prolifération des résistantes.

    Par conséquent, en admettant que les vaccins soient sûrs et efficaces, il faut bien sûr vacciner mais seulement une frange de la population (les plus vulnérables vis-à-vis du virus), et surtout pas ceux qui permettent au virus d’origine de circuler sans en être victimes. Or cette population existe — et c’est une aubaine — : ce sont les jeunes. Il est donc stupide de vouloir vacciner les populations non sensibles, et notamment les jeunes, au prétexte que des variants circulent. Il faut faire exactement le contraire. Cela ne veut pas dire qu’il ne faudra jamais les vacciner, mais pas avant que nous soyons définitivement sortis de la pandémie.

    C’est la raison pour laquelle, au lieu d’assister à une véritable compétition puérile entre les pays pour savoir qui aura vacciné le plus en un minimum de temps, la vaccination devrait être coordonnée à l’échelle mondiale en définissant, pays par pays, région par région, des pourcentages de personnes à vacciner. Mais pour cela, il faudrait disposer d’une structure qui pourrait, par exemple, s’appeler « Organisation Mondiale de la Santé »...

    10) Lorsque l’on met en garde contre le marketing des industriels, en rappelant que leur objectif premier est de gagner un maximum d’argent, on est rapidement taxé de complotisme. La question me semble pourtant majeure. Comment décririez-vous le poids, l’influence et les stratégies de ces industries sur les gouvernements et sur l’OMS aujourd’hui ?

    C.V. — Il s’agit de stratégies extrêmement agressives, subies par l’OMS et les états, et dictées par les profits et des visions à court terme. Or le temps que demande la sécurité sanitaire et environnementale est incompatible avec l’urgence des brevets et des profits. C’est vrai dans le domaine des vaccins, c’est vrai également dans celui des OGM, des pesticides et autres perturbateurs endocriniens.

    Si leur objectif premier n’était pas le profit, ils auraient renoncé aux brevets et les vaccins seraient, comme ils le devraient, des biens communs. Si dire cela relève du complotisme, alors disons que les industriels qui produisent les vaccins sont des philanthropes...

    11) Dans le même ordre d’idées, à votre connaissance, quels sont les liens entre les industries de la génétique, de la recherche sur les OGM (ou leurs nouveaux noms) et l'industrie pharmaceutique ?

    C.V. — Ce sont les mêmes. Je me souviens avoir vu un documentaire (dont j’ai malheureusement oublié le titre) où l’on nous montrait, entre autres, un ouvrier victime dans son entreprise d’une intoxication avec un produit de chez Bayer. Un peu plus tard, on le retrouve dans son lit d’hôpital avec une poche de perfusion étiquetée « Bayer »...  Encore du complotisme ?

    12) Finalement, on comprend que le projet de vaccination générale présenté comme la solution miracle, ce qui allait nous sauver du danger et nous permettre de « retrouver une vie normale », constitue une idéologie simpliste voire dangereuse. Plusieurs maladies classiques et majeures comme le Sida, le paludisme et la tuberculose n’ont jamais trouvé de vaccin. Que pensez-vous des mesures thérapeutiques alternatives, en particulier les traitements précoces ?

    C.V. — On ne peut effectivement que déplorer cette politique qui consiste à mettre tous les œufs dans le même panier, celui des vaccins. Bien sûr que les vaccins peuvent s’avérer être une solution et il ne faut pas le négliger. Mais le problème est que c’est exclusif et au détriment de toute autre stratégie. C’est là encore une erreur ! Si, pour le VIH par exemple, on avait tout misé sur le vaccin, on ne disposerait pas aujourd’hui de la trithérapie qui a largement fait ses preuves.

    Face à une telle situation, il ne faut rien négliger et ne se fermer aucune porte. On ne peut que s’interroger face à l’attitude qui a consisté à balayer d’un revers de main les pistes basées sur des molécules connues depuis longtemps telles que l’hydroxychloroquine couplée à l’azythromycine, ou l’ivermectine. On voit bien là qu’il s’agit de choix et décisions bien plus politiques et économiques que sanitaires : des molécules connues et administrées depuis 50 ans deviennent tout d’un coup dangereuse et des vaccins pour lesquels on a aucun recul sont sûrs et sans risque. Sur quelle rationalité scientifique reposent ces choix ? D’autres pistes semblent également totalement ignorées telles que, par exemple, celle du BHT (butylated hydroxytoluene), molécule dont l’efficacité d’inactivation des virus enveloppés est connue depuis longtemps et a fait notamment l’objet d’une publication dans la fameuse revue Science (Snipes et al, 1975).

    Les États ont débloqué d’importantes sommes pour les laboratoires travaillant à la mise au point de vaccins au détriment des laboratoires explorant des thérapies (préventives ou curatives) alternatives.

    13) Lorsque l’on étudie la mortalité liée à la Covid, on comprend rapidement que ce n’est pas du tout une menace pour l’humanité entière comme le prétendait le directeur général de l’OMS au début de la pandémie, ce qui a effrayé le monde entier. En réalité, la Covid ne tue essentiellement que des personnes extrêmement âgées et/ou des personnes déjà très malades pour d’autres raisons telles que des cancers ou des diabètes et de l’hypertension liées à l’obésité. Cela ne nous ramène-t-il pas à votre point de départ au CRIIGEN ? C’est-à-dire que cette mortalité, qui concerne tout particulièrement les pays occidentaux les plus riches de la planète, n’est pas en fin de compte directement liée voire caractéristique de notre mode de vie ?

    C.V. — Dès 2008, l’OMS alertait sur les maladies chroniques qui étaient alors (et ça ne s’est pas arrangé depuis) responsables de 63% des décès dans le monde, soit 36 millions de morts, dont 29% avaient moins de 60 ans. Imaginez un instant si M. Salomon venait tous les soirs nous faire le bilan des morts de maladies chroniques, les chiffres annoncés seraient sans aucune commune mesure avec ceux qui nous ont été annoncés quotidiennement dans le cadre de la Covid-19. Il ne s’agit pas là pour moi d’opposer des morts à d’autres, mais force est de constater que, pour nos instances, tous les morts n’ont pas la même valeur. Et pourtant, Covid-19 et maladies chroniques ne sont pas déconnectées : si toutes les personnes atteintes de maladie chroniques ne sont pas victimes de la Covid-19, la plupart des victimes de la Covid-19 sont elles atteintes de maladies chroniques. En d’autres termes, le virus Sars-Cov2 n’est pas un virus tueur : il porte l’estocade finale à des personnes déjà fragilisées car atteintes de pathologies chroniques : les fameuses « comorbidités »...

    Il est donc urgent de s’attaquer de près aux causes des maladies chroniques dont nous savons qu’elles ne sont ni génétiques ni infectieuses. Il n’y a en effet aucune loi de la génétique classique qui permette de rendre compte d’une telle explosion sur des temps aussi courts (à travers un nombre très faible de générations), tout comme il est clair que dans la grande majorité des cas, ces pathologies ne sont pas dues à un agent infectieux (virus ou bactérie). Non, nous le savons, la cause est environnementale : cette recrudescence de maladies chroniques s’explique notamment pas les nombreuses pollutions chimiques, et en particulier les pesticides et autre perturbateurs endocriniens omniprésents dans l’air qu’on respire, dans notre habitation, dans notre alimentation. La Covid-19 n’est que le révélateur de cette autre pandémie silencieuse contre laquelle aucune disposition forte n’est pourtant prise, ni à l’échelle nationale, ni à l’échelle mondiale.

    Se prémunir de la Covid-19 aujourd’hui ou d’une autre maladie infectieuse demain passe par la lutte contre les pollutions chimiques. Or, c’est malheureusement toute la stratégie contraire à laquelle nous assistons. Nous étions déjà (dans le « monde d’avant ») obsédés par l’hygiène pasteurienne, au détriment de l’hygiène chimique. Cet épisode de la Covid-19 n’aura fait que décupler l’obsession du postillon et de la poignée de porte et nous désintéresser encore un peu plus de tous les poisons qui nous entourent. Mieux, cette pandémie est un prétexte et la porte ouverte à de plus grandes contaminations chimiques : on désinfecte à tout va, les tables, les sièges, les plans de travail, les portes, les rues et même les plages (!!) sans se préoccuper de la composition des produits utilisés et de leur dissémination dans nos intérieurs et dans l’environnement.

    Vouloir résoudre la question de la Covid-19 sans s’attaquer à ce problème de santé globale n’est que vernis sur des ongles sales. Aujourd’hui, c’est la Covid-19, demain ce sera une autre maladie virale ou bactérienne mais les victimes seront toujours les mêmes : celles des maladies environnementales.

    On nous a souvent parlé à propos de la Covid-19 du « monde d’après ». Or force est de constater qu’on ne tire aucune leçon de cet épisode. Oui, Il y aura bien un « monde d’après » : il sera pour l’essentiel comme le « monde d’avant », mais après... et pire !

    14) Votre analyse critique est aujourd’hui presque inaudible dans le débat public. Vos vidéos YouTube ont été victimes de censure. Vous êtes quasiment absent dans l’ensemble des médias, ce qui n’a pas toujours été le cas. Je présume que d’aucuns n’ont pas tardé à vous cataloguer en « complotiste » afin de mieux écarter vos arguments (c’est l’argument favori des défenseurs de la doxa). Pouvez-vous nous raconter un peu ce mépris et cette censure tels que vous les avez vécus ces derniers mois ?

    C.V. — J’ai déjà connu la censure, en particulier dans le monde scientifique, notamment autour de la question des OGM. Mais je dois avouer que, là, ça dépasse l’entendement. Que l’on ne soit pas d’accord en science, ce n’est pas grave et c’est même sain. La contradiction est ce qui fait respirer la démocratie, et on en a besoin en science comme ailleurs. On devrait pouvoir se mettre autour de la table et discuter, sans invectives, et prendre en considération tous les avis. En science c’est la culture du dissensus qui doit prévaloir, et non la recherche du consensus à tout prix. L’histoire des sciences nous a souvent montré qu’être seul à défendre une thèse n’est pas synonyme d’avoir tort. Le seul tort de ces scientifiques souvent isolés est d’avoir eu raison trop tôt. Mais là encore, on en tire aucune leçon. Et face au manque d’arguments à opposer, on a recours à l’éviction, à la censure, orchestrée ou relayée par l’essentiel des médias qui n’hésitent pas à déformer les propos desdits scientifiques ou médecins afin qu’on puisse aisément leur coller l’étiquette d’antivax ou de complotistes.

    Par exemple, dans un article de l’Express du 6 janvier dernier intitulé « Vaccins modifiant notre génome, itinéraire d’une fake news », les deux auteurs me font dire que « l’ARN des vaccins de Pfizer-BioNTech ou Moderna pourrait s’insérer dans notre génome et nous transformer en OGM ». Or c’est un mensonge, je n’ai jamais dit que l’ARN pouvait s’intégrer dans l’ADN et donc dans nos chromosomes : je dis même clairement, tant dans ma note d’expertise que dans la vidéo didactique que j’ai faite en décembre 2020, que ce n’est pas possible (sauf, éventuellement, s’il était préalablement converti en ADN, comme mentionné en réponse à la question 4). Quant au lien avec les OGM, c’est également une totale déformation de mes propos. Ma note d’expertise s’intitule « Note d’expertise grand public sur les vaccins ayant recours aux technologies OGM », ce qui n’a évidemment rien à voir avec le fait de nous transformer en OGM. Les vaccins génétiques à ARN (Pfizer-BioNtech et Moderna) ou à ADN (AstraZeneca, Sputnik V, ou Johnson& Johnson) sont effectivement des vaccins s’appuyant sur les biotechnologies (ou technologies OGM). Dans le premier cas, l’ARN vaccinal correspondant à la partie du matériel génétique de Sars-Cov2 codant la protéine Spike, est un ARN de synthèse modifié pour augmenter sa stabilité, optimiser la production de la protéine Spike dans les cellules humaines, et optimiser l’immunogénicité de cette protéine. Dans le second cas, le vecteur utilisé pour délivrer le matériel génétique vaccinal dans les cellules de la personne à vacciner est bien un virus (adénovirus) génétiquement modifié comme je l’ai expliqué dans la réponse à la question 3. Et c’est bien pour cela que la directive européenne 2001/18 qui légifère les OGM a été modifiée en août dernier par le règlement européen 2020/1043 dont les articles 2 et 3 permettent à tout essai clinique de médicaments contenant des OGM ou consistant en de tels organismes, et destinés à traiter ou à prévenir la Covid-19, d’échapper aux évaluations préalables sur la santé et l’environnement prévues pour les OGM.

    Et la plupart des autres organes de presse de répéter bêtement et aveuglément à l’unisson les inepties de leurs confrère et consœur de l’Express sans même prendre le soin de mener la moindre enquête et de vérifier les sources, ni même de me contacter. Tous ces prétendus journalistes se comportent comme un troupeau de brebis effrayées : la première (ceux de l’Express) sort de l’enclos tête baissée à travers le grillage en piétinant tout sur son passage, et toutes les autres empruntent le même chemin alors que la porte de l’enclos est grande ouverte. Et je m’excuse auprès des brebis pour cette métaphore. Ces prétendus journalistes sont au journalisme ce que Gérard Depardieu est à la diététique. Nous sommes dans une dictature de la pensée et cela m’inquiète beaucoup plus que la Covid-19.