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Le coronavirus, la vie et la mort
- Par Thierry LEDRU
- Le 11/02/2021
J'aime beaucoup ce site. J'y trouve de nombreuses lectures fort intéressantes.
On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.
Georges Bernanos, La France contre les robots (1947)
Coronavirus : une lecture philosophique et spirituelle
17 AVRIL 2020
4.7/5 (213)
Que nous apprend la crise du coronavirus sur nous-mêmes, la Nature et le monde ? Comment interpréter l’épidémie du Covid-19 sur le plan de la philosophie et de la spiritualité ?
La crise du coronavirus bouleverse nos vies et nos esprits. Arrêt de l’économie, mouvements de panique, dérèglement des habitudes, incertitude sur l’avenir : la crise pandémique révèle la non-maîtrise de ce que nous pensions maîtriser.
L’être humain, animal sans prédateur, redécouvre qu’il peut être menacé à grande échelle par un virus, forme vivante qui utilise les cellules d’autres vivants pour se nourrir et se répliquer.
L’apparition du coronavirus montre l’étendue de la crise spirituelle que traverse aveuglément notre société. Au milieu de l’effroi, le rôle du philosophe est de montrer un nouveau chemin de pensée et d’action face à une épreuve de grande envergure. En effet, le combat se mène aussi dans l’intimité de notre psychisme.
La “crise” du coronavirus nous amène à nous interroger sur nous-mêmes, sur le sens de la vie et celui de l’humanité.
Tentons une approche philosophique et spirituelle de cette pandémie.
Lire aussi notre article : Coronavirus et privation de liberté.
Le coronavirus et la peur.
La première réaction face à l’arrivée du coronavirus est la peur, largement véhiculée et amplifiée par les médias. Ces derniers répètent en boucle des informations alarmantes, comme le ferait un cerveau touché par un syndrome de stress post-traumatique.
La peur s’installe donc : peur de la maladie, de la mort, peur de voir tout remis en cause, peur de perdre son travail, ses économies, ses habitudes, ses proches.
La peur est une réaction normale, liée au désir primaire de sécurité. L’instinct de survie (un des constituants du “ça” de Freud) est ancré dans notre cerveau reptilien. Il nous pousse à voir le virus comme le mal, comme l’ennemi absolu. Il nous amène à prendre des mesures individuelles drastiques : repli, constitution de réserves, méfiance vis-à-vis des autres, rejet de tout ce qui peut constituer un risque d’être infecté.
La peur n’est pas mauvaise en soi ; elle est l’un des éléments qui peuvent nous sauver. Mais l’homme moderne est plus qu’un agrégat d’instincts et de conditionnements automatiques ; sa conscience le pousse à voir plus loin.
Rééquilibrage et recentrage.
Justement, tentons de prendre un peu de recul.
La crise du coronavirus a cela d’intéressant qu’elle s’inscrit en dehors des concepts de bien et de mal. En effet, le coronavirus n’a pas de morale, pas de projet politique, pas d’intention maléfique. Il est simplement une forme vivante qui cherche un chemin pour se développer.
Les virus sont d’ailleurs présents en nombre dans notre organisme : pour la plupart inoffensifs, ils se développent par milliards pour infecter les bactéries présentes dans notre tube digestif, favorisant l’équilibre général de nos fonctions vitales. Autrement dit, les virus jouent un rôle crucial dans notre écosystème interne.
On estime en outre qu’environ 8% de notre génome dérive de virus et de rétrovirus, ce qui signifie que nous sommes d’une certaine manière apparentés aux virus, ou encore que les virus ont largement participé à notre évolution, de très nombreux virus pathogènes étant devenus “collaboratifs”.
Les virus sont, comme nous, des êtres vivants d’abord agressifs puis ayant tendance à devenir collaboratifs. Ils décrivent le mystérieux mécanisme de la vie, ce phénomène qui se nourrit de ses propres luttes intestines pour favoriser son développement et son épanouissement global.
La vie se nourrit de sa propre mort pour conquérir de nouveaux territoires.
La vraie nature de la “crise” du coronavirus.
Nous commençons à comprendre que la crise n’est pas celle du coronavirus, mais bien celle de l’humanité, dans le sens où l’homme développe un rapport biaisé à la Nature et au monde, donc à lui-même.
La panique démontre que nous vivons dans l’illusion : illusion de la permanence des choses, illusion du savoir et de la maîtrise, illusion de l’immortalité, illusion de la liberté, illusion de notre supériorité par rapport au reste du vivant.
C’est bien de nous dont il est question, de notre conscience, de notre rapport à la réalité.
Oubliant qu’il est un être vivant parmi d’autres, l’homme a trop longtemps considéré qu’il pouvait tout comprendre et tout maîtriser. Il a effacé Dieu (défini en tant que “loi universelle”) de sa mémoire, il l’a remplacé pour fixer ses propres règles.
Il a oublié sa nature profonde : celle d’un être vivant évoluant dans un écosystème complexe, où tout est connecté, où tout évolue sans cesse, où la vie se nourrit d’elle-même.
Ainsi, la crise du coronavirus nous incite à nous recentrer pour redécouvrir l’essentiel : le mécanisme de la vie, notre condition d’être vivant égal aux autres espèces, ainsi que les grandes lois de la Nature.
L’essentiel est certainement d’accepter l’évolution, l’épreuve, le jeu.
L’acceptation est un chemin d’amour, de sérénité et de bonheur. C’est la reconnaissance que les choses sont telles qu’elles doivent être. C’est le renoncement à tout juger en bien ou en mal. C’est l’abandon de nos fausses ambitions. C’est le lâcher-prise. C’est aussi une incitation à espérer, à aider et à être solidaire.
Le coronavirus, la vie et la mort.
Pour l’homme, le coronavirus est synonyme de mort, vue sur le plan physique comme un événement dramatique et négatif.
Or, nous l’avons vu, la mort est avant tout un moyen pour la vie d’aller plus loin. Au-delà des drames personnels et familiaux, le coronavirus annonce un renouvellement, un monde nouveau.
Il ne s’agit pas seulement de l’effet de la loi de la sélection naturelle, mais bien d’une “renaissance” de l’humanité. En effet, la crise pourrait bien changer les comportements, amener de nouveaux questionnements, de nouvelles perspectives, de nouvelles idées humanistes.
Sur un plan plus intime, le virus nous permet de mieux nous connaître. Notre être profond se révèle au-delà des illusions. Mentalement, il nous faudra aussi mourir de plusieurs morts pour enfin voir la réalité : il s’agit de la mort à nos illusions.
Il y a certainement beaucoup à apprendre et à comprendre de la crise du coronavirus.
L’essentiel est de s’extirper de toute forme de dualisme bien-mal. La crise du coronavirus comporte du bon et du mauvais, des drames et des découvertes, des larmes et des joies futures.
Elle permettra peut-être à l’humanité de se recentrer pour aller plus loin, en harmonie avec la Nature.
Lire aussi notre article sur le sens de la vie.
Modif. le 16 novembre 2020
JePense.org est un blog offre une certaine vision du monde, aux carrefours des sciences humaines, de la spiritualité, du symbolisme, de la psychologie et des religions.
Sur JePense.org, on ne se fixe aucune limite dans la recherche de la Vérité. Le but est de tracer un chemin d’élévation et d’épanouissement, au-delà des soucis de la vie matérielle.
Prenons du recul, abandonnons nos préjugés et créons un nouvel espace de conscience, tolérant, adogmatique et humaniste.
Voici quelques exemples de sujets abordés sur JePense.org :
Quelles sont les grandes lois cosmiques ?
Qu’est-ce que la loi d’Amour ?
Quelle est la différence entre savoir et connaissance ?
Faut-il se libérer de son ego ?
Comment apprendre à lâcher-prise ?
Y a-t-il une vie après la mort ?
Qu’est-ce que la vérité ? Comment l’approcher ?
Comment développer sa spiritualité ?
Que nous apprend la crise du coronavirus ?
etc.
Bien sûr, les réponses à toutes ces questions ne sont pas définitives.
La manière d’aborder ces sujets est transverse, puisqu’elle fait appel aussi bien à la philosophie dans ses différents aspects (éthique, métaphysique, cosmologie, ontologie), qu’à la psychologie, aux sciences exactes, ainsi qu’aux différentes traditions spirituelles et ésotériques.
Par ailleurs, la réflexion fait largement appel au symbolisme : les symboles sont en effet un point d’appui essentiel pour se placer sur le chemin de la vérité. Les symboles sont à l’image du monde, aussi bien dans leur complexité que leur simplicité. Ils sont un langage universel qui permet d’approcher l’évidence. Ils reflètent l’état de notre avancement spirituel.
C’est précisément la conjonction de ces différentes sciences et méthodes qui permettra de dépasser les certitudes et d’avancer. Loin d’enfermer le lecteur dans des idées préconçues ou des doctrines, le but est de libérer l’intuition, de suggérer de nouveaux chemins de connaissance.
Au centre de la démarche, il y a la connaissance de soi. L’introspection permet d’ouvrir le chemin, puisque le principal obstacle à la vérité est nous-même : notre subjectivité, nos préjugés, nos limites, nos illusions, nos croyances indépassables, nos attachements, nos passions, notre héritage, nos conditionnements.
Connaître nos défauts et nos limites, c’est déjà lever le voile : c’est accepter le fait que nous ne savons rien, c’est s’ouvrir à la Lumière. Renoncer à l’illusion de l’autonomie et de la liberté de penser, c’est ouvrir les yeux sur le réel. On l’a compris, le lâcher-prise fonde la démarche.
La connaissance de soi est aussi un chemin d’approche du mystère divin : se connaître soi-même, c’est se connaître en tant que créature de Dieu, à l’image de Dieu. “Dieu” est ici abordé, non pas comme une vérité révélée, mais comme un principe ineffable, à la fois immanent et transcendant. Le terme Dieu pourra être remplacé, au choix, par “le Principe”, “le Grand Architecte de l’Univers”, ou encore “la Nature”.
Ce blog philosophique se veut enfin un espace de tolérance. Répétons-le, les idées véhiculées ne sont pas définitives, elles ne sont pas à prendre pour argent comptant. Mais chaque idée a de bonnes raisons d’être défendue, jusqu’à ce qu’elle soit dépassée.
Enfin, ce blog se veut une ouverture à la spiritualité. C’est l’idée que la vérité se cache en partie au-delà du raisonnement, au-delà des concepts et de la logique. La spiritualité s’étend au-delà des mots, dans un espace où plus rien n’est à défendre : un territoire d’Amour, celui de la parole perdue.
Philosophie, métaphysique, psychologie, religion, spiritualité, symbolisme : voilà donc le programme, qui est déroulé à travers des articles simples et accessibles.
Bonne lecture et bonne réflexion sur JePense.org !
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Les mécanismes du succès
- Par Thierry LEDRU
- Le 10/02/2021
J'aime beaucoup ce youtuber et cette expérience est vraiment très parlante.
Comment se construisent les succès ?
221 k abonnésABONNÉ
Harry Potter, Star Wars ou Gangnam Style : pourquoi certains produits connaissent un énorme succès alors que d’autres sont complètement ignorés ? Quels sont les mécanismes du succès ? Pour répondre à cette question, j’ai conduit une expérience scientifique avec 1185 abonnés de ma chaîne. *** POUR ME SOUTENIR *** (1) Abonnez-vous, commentez et laissez un pouce bleu. (2) Découvrez la fouloscopie avec mon livre, paru aux éditions Humensciences : https://tinyurl.com/y6cs5a4k (3) Participez sur mon Tipeee : https://fr.tipeee.com/fouloscopie (4) Suivez-moi sur Twitter : https://twitter.com/Mehdi_Moussaid *** MES RECHERCHES *** Mon laboratoire de recherche à l’institut Max Planck : https://www.mpib-berlin.mpg.de/staff/... Ma thèse de doctorat : http://mehdimoussaid.com/TheseMoussai... Mon blog : http://mehdimoussaid.com
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Permaculture : Ethique et applications
- Par Thierry LEDRU
- Le 10/02/2021
Une analyse que je trouve très claire.
La permaculture dans le développement : Une introduction à la permaculture et son application
dans le développement de l’agriculture
https://www.echocommunity.org/fr/resources/7dae3899-6abb-483b-8ad6-67dd201654b5
Par: Brad Ward
Publié: 30/10/2015
De: Notes de développement de ECHO (EDN) | EDN Numéro 129
Figure 1: L’espace jardin conçu selon la permaculture à ECHO. Source : Betsy Langford.
Introduction
Le mot permaculture est mentionné avec une fréquence croissante dans les discours, les livres et les articles de magazine sur la durabilité et la sécurité alimentaire. Qu’est-ce que la permaculture ? Est-ce un mouvement ? Une philosophie ? Est-ce simplement un ensemble d’outils de conception ? Dans cet article, je réponds à ces questions en regardant la permaculture sous divers angles. Tout d’abord, je décris brièvement l’histoire de la permaculture, ses éthiques sous-jacentes, ses principes clés et ses pratiques courantes. Puis je discute des critiques communes de la permaculture et explique les perspectives sous-jacentes qui façonnent son utilisation pour répondre aux besoins de nourriture, d’eau et d’abri de la communauté (c’est-à-dire, la lentille à travers laquelle un permaculteur voit le développement). Enfin, je partage comment la permaculture a influencé ma propre vie et mon travail, en tant que chrétien et en tant qu’agent de développement de l’agriculture.
Définitions
Le mot permaculture, inventé par son co-fondateur Bill Mollison, est formé des mots « permanent » et « agriculture ». Le concept de permaculture est Ocdifficile à expliquer en quelques mots, car le terme est utilisé pour décrire (généralement en même temps) aussi bien une vision du monde qu’une vision philosophique de la vie sur terre et un ensemble de principes et de pratiques conçues.Bill Mollison a insisté sur l’aspect philosophique dans sa définition : « la Permaculture est une philosophie de travail avec la nature plutôt que contre elle ; d’observation prolongée et réfléchie plutôt que de travail prolongé et irréfléchi ; et de voir les plantes et les animaux dans toutes leurs fonctions, plutôt que de traiter n’importe quel domaine comme un système monotone » (Mollison 1988).
Rafter Ferguson, un praticien et un chercheur de renom en permaculture, a une façon simple et élégante d’encadrer les multiples facettes de la permaculture : « La Permaculture c’est répondre aux besoins humains tout en améliorant la santé de l’écosystème » (Ferguson 2012). Pour se prémunir contre le réductionnisme, Rafter ajoute une mise en garde à sa définition concise, disant : « Je suis pour les définitions concises dans le bon contexte tant qu’elles sont utilisées pour communiquer un principe plutôt que de masquer la complexité fondamentale » (Ferguson 2013b).
Voici ma propre définition de la permaculture : la Permaculture est un ensemble cohérent d’éthique, de principes et de pratiques qui permettent de guider l’intendance des écosystèmes, pour assurer la résilience et l’abondance pour tous ses habitants.
Les permaculteurs et les concepteurs en permaculture
Le mouvement de la permaculture est très libre et non centralisé. Une personne voulant s’appeler Permaculteur ou Concepteur en Permaculture est censée suivre un Cours Certifié de Permaculture (PDC) dirigé par un enseignant ou un groupe de professeurs ayant une formation suffisante et l’expérience requise pour enseigner le cours. Des cours sont offerts par les universités, dans de petites exploitations agricoles qui ont été conçues autour des principes de la permaculture et même dans les arrière-cours de permaculteurs urbain/périurbain. Chaque cours comprend 72 heures d’enseignement sur les thèmes principaux en Permaculture : Manuel du concepteur de Bill Mollison (1988). Les cours peuvent être structurés de plusieurs manières : les cours intensifs ont lieu plus de neuf jours consécutifs, les cours du week-end se déroulent sur plusieurs week-end consécutifs et les cours en ligne sont généralement long de neuf semaines.Beaucoup de gens pratiquent la permaculture sans se faire appeler concepteurs en permaculture et sans avoir pris un cours de conception de permaculture. Par exemple, la ferme de ECHO à Fort Myers, en Floride, est un excellent exemple de la pratique de la permaculture appliquée, même si elle n’a pas été spécialement conçue selon les principes de la permaculture. De nombreux articles et Notes Techniques de ECHO ont détaillé l’application des principes de la permaculture sans utiliser le label « permaculture ».
Auteurs clé et document de référence
Bill Mollison (né en 1928) est considéré comme le père de la permaculture. En 1978, Mollison a collaboré avec David Holmgren pour écrire un livre fondamental appelé Permaculture One. Mollison a également écrit Permaculture : A Designers’ Manual (Permaculture : Manuel du Concepteur), publié en 1988. Ce livre de 400 pages établit les philosophies fondamentales, les principes et les pratiques de la permaculture. Mollison a fondé l’Institut de Permaculture en Tasmanie et créé un système de formation pour former d’autres personnes sous l’égide de la permaculture.David Holmgren (né en 1955) est un co-auteur de la permaculture avec Mollison. Holmgren est un concepteur en permaculture australien, écologiste et écrivain. Son livre de 2002, Permaculture : Principles and Pathways Beyond Sustainability (Permaculture : Voies et Principes au-delà de la Durabilité), fournit ce que beaucoup considèrent comme un guide plus accessible aux principes de la permaculture. Holmgren a raffiné ces principes à travers plus de 25 années de pratique.
Deux autres auteurs dont les idées figurent en bonne place dans les concepts de la permaculture sont P.A. Yeomans (1904-1984) et Masanobu Fukuoka (1913-2008).
P.A. Yeomans était un inventeur australien connu pour le système de Keyline, utilisé pour aménager des terrains et augmenter sa fertilité. Les concepts de Keyline de Yeomans font désormais partie du programme d’études de nombreux parcours d’une agriculture durable dans les collèges et universités à travers le monde. Yeomans a écrit quatre livres : The Keyline Plan (Le Plan Keyline) ; The Challenge of Landscape (Le Défi du Paysage) ; Water for Every Farm (Eau pour Chaque Ferme) ; et The City Forest (La Forêt de la Ville).
Masanobu Fukuoka était un philosophe et un agriculteur japonais. Il promut la culture sans labour, les méthodes de culture de céréales sans herbicide et a créé une méthode particulière d’agriculture, communément appelé « Agriculture naturelle » ou « Agriculture du non-faire ». Fukuoka est l’auteur de plusieurs livres japonais, articles scientifiques et autres publications, notamment The One-Straw Revolution (La Révolution du Seul Brin de Paille).
En raison de la récente popularité croissante de la permaculture, beaucoup de livres ont été écrits pour aider à expliquer les concepts de base ou pour expliquer plus en profondeur un système particulier et/ou des pratiques. On trouvera une vaste liste des sites Web et livres de permaculture à la fin de l’article.
La permaculture comme un mouvement
Les pratiquants et enseignants de la permaculture pensent profondément aux systèmes naturels et en particulier sur l’interaction humaine avec ces systèmes. Parce que la technologie a augmenté la capacité pour l’homme de faire des changements rapides et à grande échelle des écosystèmes entiers, les pratiquants de la permaculture se retrouvent souvent sur les lignes de front d’un débat qui oppose la cupidité extractive à la santé à long terme de la planète. De cette façon, la permaculture rejoint un plus grand mouvement de ceux qui souhaitent conserver des systèmes naturels et atténuer/restaurer les dommages causés par des décennies d’exploitation débridée. La voix de la permaculture dans ce mouvement est précieuse parce qu’elle offre des alternatives de conception positive et exploitables au statu quo.
La permaculture comme un processus de conception d’une communauté humaine et des écosystèmes naturels
En observant la permaculture à l’aide d’une grille, on constate que le processus de conception évolue à travers plusieurs niveaux. Il commence par l’éthique, puis passe aux principes, ensuite à la conception de stratégies et enfin à la technique ou à l’application.
I. L’Éthique
La permaculture, qu’elle soit considérée comme une philosophie, un mouvement ou un processus de conception, repose sur trois piliers éthiques : 1) prendre soin de la terre ; 2) se soucier des personnes ; et 3) fixer des limites à la consommation et à la reproduction et redistribuer les surplus (Holmgren 2002). La plupart des gens peuvent être d’accord avec les deux premières instructions éthiques, mais les concepts de contrôle de la population et de la redistribution sont chargés de controverse. Pour cette raison, plusieurs auteurs de permaculture et enseignants ont simplifié/modifié le troisième principe éthique en « partage équitable » ou « prendre soin de l’avenir ».
II. Principes – Bill Mollison
Dans Permaculture: A Designers’ Manual (Permaculture : Manuel du Concepteur), Mollison (1988) condense les principes fondamentaux de la conception en permaculture en cinq mentions suivantes [en caractères gras, avec l’élaboration de l’auteur] :Travailler avec la nature plutôt que contre. Cette déclaration peut sembler évidente, mais nous, les humains avons tendance à essayer de « faire selon notre volonté » en ce qui concerne les systèmes d’agriculture que nous développons. Ceci crée souvent un échec inutile, une utilisation exorbitante des ressources naturelles et potentiellement contribue à une grande diffusion des dommages écologiques. La monoculture à grande échelle est un exemple classique de travail contre la nature.
Le problème est la solution. Si nous sommes disposés à examiner un problème sous différents angles, nous découvrirons que le « problème » est en fait une ressource pour une autre partie de l’écosystème. Un bon exemple de ceci est énoncé par cette déclaration bien connu de Mollison, « vous n’avez pas un problème d’escargot, vous avez une inefficacité de canards ».
Faire le moindre changement pour le meilleur effet possible. Des interventions réfléchies a un point d’élan dans un écosystème produit le plus grand rendement par rapport au temps et aux ressources investies. Un exemple de ce principe est T.A.T.P. (Technique Agricole pour les Terres en Pente) pour la culture sur colline. En plantant des arbres le long d’un contour (les courbes de niveaux), l’érosion est réduite, les terrasses sont formées et la fertilité des sols est maintenue — et peut-être même renforcée.
Le rendement d’un système est théoriquement illimité. Ce principe peut également être exprimé en disant que c’est seulement notre connaissance et notre imagination qui limitent le potentiel de production durable d’un écosystème. Un concepteur de permaculture s’efforce de créer des strates de relations symbiotiques dans un écosystème. Ce concept est bien visible dans les systèmes agroforestiers, dans lesquels plusieurs types d’espèces œuvrent ensemble pour se protéger et se servir les uns les autres, augmentant aussi bien le rendement total potentiel et (souvent) le rendement individuel de chaque composant. La fonction d’empilage, un autre concept qui illustre ce principe, se réfère à choisir les plantes et animaux dans une conception qui effectuent plus d’une fonction et donnent plus d’un produit. L’élevage de poules est un bon exemple pour cette idée ; les poulets fournissent nourriture, plumes, fumier, travail du sol, désherbage, lutte contre les insectes, etc.
Jardins de toutes les espèces (ou modifie son environnement). Chaque partie d’un écosystème influence directement certaines autres parties du système et a une influence globale sur l’ensemble du système. Dans des systèmes complexes, les changements apportent des conséquences inattendues. Une observation attentive sur une longue période de temps réduit les imprévus négatifs.
III. Principes – David Holmgren
Dans son livre Permaculture: Principles and Pathways Beyond Sustainability (Permaculture : Voix et Principes au-delà de la Durabilité, 2002), Holmgren accroît le nombre des principes de la permaculture à douze [en caractères gras, avec l’élaboration de l’auteur]. Son approche fournit une manière plus nuancée et plus systématique pour commencer à prendre des décisions sur l’intendance des écosystèmes complexes et changeants.Observer et Interagir. Passer beaucoup de temps à observer un écosystème avant de commencer à y construire ou à y jardiner. En procédant ainsi, cela nous permettra de construire ou de jardiner aussi efficacement et durablement que possible.
Capturer et Stocker l’Énergie. Les énergies de tous types circulent à l’intérieur et à l’extérieur de tous les écosystèmes. Tirer le meilleur parti de ces ressources et minimiser ou éliminer les pertes. Les ressources énergétiques incluent : la lumière du soleil ; l’eau ; les graines ; chaleur inhérente (tel que dans les pierres et l’eau) ; le vent ; et la matière organique (dans le sol et dans le composte).
Obtenir un Rendement. Lorsque nous produisons des plantes pour la nourriture, le carburant, le textile ou les produits de beauté, on veut obtenir une récolte. La bonne intendance est dans l’abondance et la bénédiction que nous pouvons partager.
Appliquer l’Autorégulation et Répondre aux Cercles Ouverts de Rétroaction (ou feedback). La rétroaction négative peut indiquer des méthodes insoutenables et probablement signifie que nous devons faire les choses un peu différemment. La rétroaction positive en excès peut blesser les autres systèmes. Notre objectif est l’équilibre. Pour les gens habitués à considérer que les projets d’agriculture et/ou de développement fonctionnent comme une série de problèmes à résoudre, lire les signaux de rétroaction négative peut sembler assez simples. L’évaluation de feedback positif excessif peut être plus difficile à observer et à discerner. Par exemple, pendant des décennies, la monoculture sur une très grande échelle symbolisait la meilleure pratique de productivité agricole moderne. Les impacts environnementaux et humains de ces systèmes étaient faciles à rater et restent faciles à rationaliser compte tenu de leur énorme capacité à fournir les matières premières pour les calories bon marchés et des bénéfices des sociétés. Il est difficile dans le système dominant de dire « non merci » à des gains de court terme (excès de rétroaction positive), même si nous reconnaissons qu’il y aura un coût pour les gens et la planète.
Utiliser et Valoriser les Ressources Renouvelables et les Services. Préserver les ressources non renouvelables et toujours chercher à restaurer les ressources. Élargir notre réflexion sur ce qui pourrait être une ressource.
Ne Produire aucun Déchet. L’idéal est que tout ce qui est nécessaire est fabriqué sur place, et tous les sous-produits deviennent des intrants pour une autre partie de la conception.
Concevoir à Partir des Structures d’Ensemble pour Arriver aux Détails. Tout d’abord classifier l’image d’ensemble ; après cela, tout le reste se mettra en place. Les éléments d’une image d’ensemble comprennent des facteurs comme le climat, le terrain et les aspects du soleil. Tenir compte dès le début de ces éléments est essentielle à toutes les autres décisions qui suivent, et ils déterminent en fin de compte le modèle de la conception. Un concepteur en permaculture utilise des stratégies comme des secteurs et des zones (voir description ci-dessous) pour aider à déterminer le modèle d’ensemble. Il/elle se déplace ensuite vers les plantes et les techniques spécifiques.
Intégrer plutôt que Séparer. Chaque élément dans un système a des forces et des faiblesses. En permaculture, nous pouvons utiliser ceci à notre avantage en associant des éléments aux besoins complémentaires, afin qu’ils s’aident mutuellement à croître régulièrement. Par exemple, dans un jardin « keyhole » (en forme de trou de serrure), le compostage est directement intégré au milieu du jardin. Placer ce jardin keyhole à proximité de la cuisine intègre en outre le système en localisant la zone de production de légumes frais et le réceptacle pour les garnitures et des déchets près de l’endroit où ils sont utilisés, réduisant ainsi la main-d’œuvre.
Utiliser des Solutions à de Petites Échelles et avec Patience. Les petits et lents changements construisent de la résilience et de la diversité, ce qui rend notre système adaptable et réduit l’effet des conséquences inattendues.
Utiliser et Valoriser la Diversité. La diversité constitue le fondement de la résilience.
Utiliser les Interfaces et Valoriser les Bordures. Les frontières ou encore les bords entre les différentes zones écologiques et les microclimats sont des lieux d’une grande diversité et d’un grand potentiel. Les espèces qui peuvent se développer sur les deux côtés du bord ont un avantage dans ces zones et peuvent augmenter la productivité de l’ensemble du système.
Utiliser et Répondre au Changement avec Créativité. Les choses vont toujours changer ; Cela est une garantie. Réagir au changement en innovant en permanence et n’abandonnez pas.
IV. Concevoir des Stratégies
Relier l’éthique et les principes de la permaculture sur un site spécifique requiert un cadre de conception. Les concepteurs utilisent une grande variété de méthodes pour organiser leurs pensées et articuler leurs idées. Certains outils communs sont les suivants :L’échelle de permanence Keyline de Yeoman (Fig. 2) prend en considération le temps et l’énergie nécessaires pour apporter une modification à un site spécifique ou un écosystème. En haut de l’échelle, à l’extrémité des axes d’effort et de temps, est « le climat » ; Cet aspect nécessiterait plus de temps et d’énergie pour changer. Au bas de l’échelle est « la terre ».
Les secteurs (Fig. 3) sont utilisés pour identifier les différents facteurs qui interagissent avec un site. Les secteurs comprendront des phénomènes tels que la trajectoire du soleil, lorsqu’il traverse le site ; La direction des vents saisonniers ou prédominants ; la structure du trafic humain et animal. Le bruit ; et les impacts visuelss.
Les zones identifient l’interaction humaine nécessaire pour maintenir des domaines spécifiques d’un site. En général, il y a 6 zones, numérotées de 0 à 5. Zone 0 regroupe la maison ou l’atelier où les gens vivent ou travaillent. La zone 1 est la zone de fort trafic humain du site ; dans un cadre résidentiel, la zone 1 serait la passerelle entre l’entrée et la porte d’entrée. Il comprendrait aussi le patio ou un jardin de cuisine/herbe à proximité. La zone 2 comprendrait probablement des choses comme des planches de légumes annuels et des volailles, la zone 3 comprendrait des pâturages et des arbres fruitiers, la zone 4 aurait du bois de chauffage, et la zone 5 se resterait sauvage pour permettre une observation continue et un apprentissage de la nature.

Figure 2: Échelle de Permanence Keyline de Yeoman prend en considération le temps et l’énergie nécessaires pour apporter une modification à un site ou un écosystème. Adapté à partir de échelle de Permanence graphiques de Owen Hablutzel.

Figure 3: Analyse sectorielle permettant d’identifier les différents éléments qui interagissent avec un site.
V. Pratiques et Techniques
L’intégration de plusieurs espèces (guildes de plantes). Les concepteurs de la permaculture cherchent à réunir plusieurs histoires (niveaux de canopée) de plantes en « guildes de plantes » pour accroître et diversifier le rendement du système et augmenter la résilience. L’agroforesterie et le jardinage forestier sont des exemples type de guildes de plantes. Un exemple d’une guilde de plantes tropicale serait une arborescence de l’étage dominant comme un manguier combinée avec l’ombre des cerises de la Barbade et sous eux, la consoude et la ciboulette ail.Agroforesterie (multi-étages, les aliments issues des plantes vivaces, le système de combustion et de fibres). L’exemple ci-dessus de guilde de plantes est aussi un bon exemple d’une partie du système agroforestier. Les systèmes agroforestiers sont conçus pour maximiser le rendement utilisable pour les humains d’une forêt multi-étagée, tout en conservant la diversité et augmentant la fertilité de la forêt elle-même.
Ralentir et retenir l’eau. L’eau est une ressource indispensable dans n’importe quel système d’agriculture. Une bonne conception de la permaculture garde un taux idéal d’humidité dans le système avec des entrées d’énergie minimale. Il s’agit de canaliser les excès d’eau à l’extérieur, retenir l’eau en saison sèche et aider l’eau à pénétrer la surface pour atteindre la zone racinaire des plantes.
Le compostage. Le compostage, s’assure que la fertilité et les éléments nutritifs restent à l’intérieur et sont recyclés dans un écosystème. Des tas de compost simple aux systèmes de la lombriculture en passant par le compostage des latrines, toutes les sources de la fertilité sont précieuses et doivent être gérés afin d’améliorer nos capacités.
Construction naturelle. Si possible, utiliser des matériaux localement disponibles et renouvelables pour répondre aux besoins du logement. Cela aidera à encourager les économies locales et préserver les ressources non renouvelables. Des maisons sûres et confortables n’ont pas besoin de ressembler aux banlieues occidentales, et les matériaux et modèles importés conduisent souvent à moins de confort et de sécurité. Un bon exemple de ceci est le toit en tôle métallique remplaçant le chaume de palmier. Le toit en tôle métallique est souvent moins résistant aux vents de l’ouragan ; Il transmet également la chaleur du soleil tropical, rendant la maison insupportablement chaude pendant la journée.
Critiques courantes sur la Permaculture
Une critique commune (et parfois précise) de la permaculture est que les promoteurs font des estimations au sujet du potentiel de rendement ou de facteurs de résilience avec peu de données fiables pour attester de cela. Parce que la promotion et la documentation des pratiques de la permaculture est largement décentralisée, aucune instance officielle n’existe pour valider les prétentions des praticiens de la permaculture et de ceux qui racontent des histoires de permaculture. Dernièrement, il y a eu un débat sérieux au sein de la communauté de permaculture sur l’impératif d’être plus attentif sur ce qui est revendiqué comme un fait et sur la recherche de partenariat avec les personnes et institutions qui peuvent aider à vérifier les bonnes pratiques avec la bonne science et augmenter la capacité de la communauté pour mener des expérimentations qui produisent des données exploitables et/ou qui conduisent à des recherches plus approfondies.Une deuxième critique, plus superficielle, de la permaculture s’articule autour des modes de vie des gens qui s’y identifient. Ceux qui sont pris dans un paradigme de modernité occidentalisée pourraient être tentés de critiquer et de marginaliser ceux qui ont une perspective différente, plutôt que d’essayer de comprendre leur point de vue — surtout si cette perspective différente remet en question certaines des pratiques qui rendent sa vie confortable.
La permaculture dans le développement
Bon nombre de permaculteurs ont une vision industrielle du futur. Ils voient la permaculture comme un outil pour préparer un monde moins mécanisé, économiquement moins globalisé et désurbanisé. En conséquence, ils considèrent différemment le processus de développement que ne le feraient typiquement les travailleurs du développement occidental. Ce point de vue forme un « meilleur futur » pour les permaculteurs, ce qui influence leurs choix en matière d’établissement des priorités de travail et des ressources.Comme un exemple extrême, une Agence de développement traditionnel occidental travaillant avec les petits exploitants agricoles en milieu rural pourrait fonctionner pour créer des chaînes d’approvisionnement et de distribution qui permettent l’accès au marché mondial des petits exploitants. Elle pourrait apporter des ressources non renouvelables et non locales dans la région pour augmenter le rendement d’une récolte unique ou une petite variété de cultures annuelles. Elle pourrait envisager la consolidation de petites exploitations dans une opération plus importante pour accroître l’efficacité, créant ainsi une force de travail plus petite et plus efficace avec l’espoir que les personnes déplacées trouveraient un meilleur revenu hors de la ferme. Tous ces efforts seraient effectués sous la vision que le monde industriel moderne est notre meilleure vision de l’avenir ; qu’augmenter la base économique en créant davantage de consommateurs n’a aucune barrière de ressources que la technologie ne peut pas surmonter ; et que le travail physique et la vie rurale traditionnelle sont des choses dont les gens devraient être libérés.
En revanche, un concepteur en permaculture travaillant dans la même situation s’efforcera de renforcer l’indépendance de la communauté rurale et de la protéger des influences extérieures. Il/elle chercherait d’abord à créer un écosystème et un système social qui répondent aux besoins humains fondamentaux, et qui ensuite revendraient le surplus d’abondance, avec une biodiversité maximale. Plutôt que de créer des consommateurs, un bon permaculteur cherche à créer des producteurs plus résilients et réussis qui restent sur la terre, en sachant que leur vie est précieuse et que leur travail est l’un des plus complexes et des plus dignes.
Mon histoire personnelle avec la permaculture
Mon contact personnel avec la permaculture, en tant qu’outil de conception et un paradigme à travers lequel on peut parvenir au bon développement humain, a commencé il y a environ 11 ans. Comme je me suis lancé dans une nouvelle carrière en tant que « missionnaire agricole de développement communautaire » et j’ai déraciné ma famille pour une nouvelle culture et un nouvel environnement, j’ai commencé à me poser une question très basique : « A quoi servirait le développement ? »Les réponses initiales qui étaient fondés sur l’expérience m’étaient insatisfaisantes. Je pouvais voir la nature vraiment précaire de chose qui était pourtant appelé durable. J’ai pu voir que la meilleure qualité de vie promise par le monde moderne a conduit souvent à des niveaux de misère et de désespoir plus profond. J’ai pu voir que lorsque j’ai dit le mot « développement », j’ai projeté une vision de la classe moyenne Américaine ; et j’ai pu voir que ce mode de vie écrasait les écosystèmes de la planète et qu’il était de par sa propre nature non durable.
J’ai commencé à chercher une réponse différente. Ma lecture et mes recherches m’ont conduit à la notion de permaculture. La permaculture offre une nouvelle manière de penser sur comment l’homme pourrait vivre une vie productive et abondante, tout en stimulant et encadrant la création. J’ai vu que, plutôt que de simplement posé sur une vision utopique, le manuel de conception de permaculture et toute autre littérature de permaculture ont donné des instructions pas à pas pour l’évaluation des systèmes naturels qui m’entourent et que cela apporte systématiquement la résilience et l’abondance dans ces systèmes. La conception de la permaculture m’a donné une façon organisée pour examiner la situation dans son ensemble et de planifier et de tester des petites modifications incrémentielles.
La permaculture est une bonne intendance. Pour moi, c’est aussi une façon de travailler pour le Royaume de Dieu. Je découvre les piliers éthiques de la permaculture (répertoriés plus haut dans cet article) par le biais de différents point de vu, afin qu’ils deviennent ce qui suit : 1) activement aimer ceux qui sont à l’image de Dieu ; 2) diligemment s’occuper de la création de Dieu ; et 3) vivre avec contentement et partager avec joie les provisions de Dieu.
Après avoir pratiqué moi-même les principes de la permaculture pendant quelques années, j’ai pris un cours certifié de Permaculture pour augmenter ma compétence et ma confiance dans l’utilisation des processus de conception. Le cours était difficile et extrêmement serviable. L’échange d’expérience et de perspective a été inestimable, dans la mesure où on avait des concepts de construction évalués par des collègues étudiants et un professeur. Comme mentionné précédemment, les cours de permaculture sont offerts dans une variété de formats. La section ressource offre quelques liens vers des cours très réputés.
Conclusion
La permaculture fait partie de la communauté grandissante des disciplines de l’éco-agriculture. Elle est rapidement acceptée en tant que méthodologie de conception précieuse tant par les institutions non gouvernementales que les institutions gouvernementales à travers le monde. Elle est adaptable à chaque écosystème et à chaque culture et offre des outils accessibles de résolution de problèmes plutôt que des solutions-miracles. Elle considère l’écosystème et le système social dans son ensemble, facilitant la bonne intendance qui vous fournit un itinéraire pour un vrai développement durable, de résilience et d’abondance. -
Le vrai du faux.
- Par Thierry LEDRU
- Le 10/02/2021
L'exemple type du pataques habituel de l'ultra communication.
D'un côté une condamnation pour inaction et de l'autre, un gouvernement qui se félicite d'avoir atteint son objectif. (objectif qu'il avait baissé au préalable) .
Le problème de cette concurrence médiatique, de ce verbiage constant, de cette volonté d'occuper le terrain, c'est le renforcement de ce brouhaha dans la tête des lecteurs, auditeurs, spectateurs.
Dans quelques jours, une autre information sortira, dans un sens ou dans l'autre, et ça fera les gros titres pendant une journée. Et par lassitude, par habitude, par dépit, la plupart des gens ne chercheront plus à extraire le vrai du faux ou le faux du vrai.
vrai ou fake
La France a-t-elle vraiment diminué ses émissions de gaz à effet de serre au-delà de ses objectifs, comme l'affirme Emmanuel Macron ?
La France a bien dépassé son objectif de réduction pour 2019, comme l'ont souligné dimanche Emmanuel Macron et Barbara Pompili. Mais le plafond fixé pour cette année-là avait été relevé. La baisse doit, en outre, s'accentuer dans les années à venir si le gouvernement veut tenir ses engagements.
Article rédigé par

France Télévisions
Publié le 09/02/2021 14:09Mis à jour le 09/02/2021 15:27
Temps de lecture : 5 min.

Emmanuel Macron, le 14 décembre 2020 à Paris, lors d'une rencontre avec les membres de la Convention citoyenne pour le climat. (THIBAULT CAMUS / AFP)
Un cocorico en règle. "La France a baissé ses émissions de gaz à effet de serre en 2019 de 1,7%. C’est au-delà de notre objectif !", se félicite Emmanuel Macron dans un tweet dimanche 7 février. Même satisfecit quelques heures plus tôt de la part de la ministre de la Transition écologique. "En 2019, la France a tenu ses engagements climatiques et c'est une excellente nouvelle", s'enthousiasme Barbara Pompili dans un entretien au Journal du dimanche. La membre du gouvernement se réjouit d'annoncer que "nous avons, en 2019, baissé nos émissions de gaz à effet de serre de 1,7%, contre 1,5% fixé dans notre stratégie !"
Barbara Pompili juge aussi que "cela veut dire que les mesures que nous avons prises – le remplacement des chaudières au fioul par exemple – fonctionnent". Ces affirmations ont fait bondir l'opposition de gauche et les militants écologistes, qui dénoncent un coup de com' à l'approche de la présentation, mercredi en Conseil des ministres, du projet de loi climat issu des propositions de la Convention citoyenne. Alors, le chef de l'Etat et la ministre disent-ils vrai ou non ?
Une baisse légère et conjoncturelle
Le ministère de la Transition écologique a précisé, lundi dans un communiqué, que la France avait émis 437 millions de tonnes d'équivalent CO2 (Mt CO2e) de gaz à effet de serre en 2019, selon l'estimation actualisée du Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa). Cette association, dont les travaux servent de référence, a calculé qu'en 2018 les émissions françaises s'élevaient à 444,8 Mt CO2e. Avec 7,8 Mt CO2e d'émissions en moins en un an, la baisse est donc bien de 1,7%, et même un peu plus (1,75% précisément).
Toutefois, cette légère inflexion des émissions de gaz à effet de serre constatée en 2019 apparaît bien davantage liée à la conjoncture qu'aux mesures prises par le gouvernement. Le Citepa note ainsi qu'elle est due à 55% à une moindre consommation énergétique des bâtiments. L'hiver ayant été doux, les Français ont fait marcher leur chauffage moins fort.
Quant à l'autre principale baisse mesurée, elle est liée à la désindustrialisation de la France. La diminution de la production d’acier, de ciment ou de verre a entraîné une diminution de la consommation de gaz naturel et de charbon de l'industrie chimique et métallurgique, relève le Citepa. Le Citepa note toutefois un ralentissement de cette réduction des émissions puisqu'elle avait été de 4% entre 2017 et 2018 (18,7 Mt CO2e d'émissions en moins).
L'objectif 2019 a été modifié début 2020
Avec 437 Mt CO2e émises en 2019, la France est certes en dessous (de 6 Mt CO2e) de l'objectif de 443 Mt CO2e qu'elle s'était imposé. Mais c'est oublier que le gouvernement l'a revu à la baisse, le rendant "plus facile à atteindre", dénonce sur Twitter Anne Bringault, coordinatrice des opérations pour le Réseau action climat. "L'objectif initial était une baisse de 2,3%", rappelle-t-elle, jugeant que "reporter les baisses à plus tard n'est pas responsable".
Cet objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre est inscrit noir sur blanc dans la Stratégie nationale bas carbone. Cette SNBC, née en 2015 avec la loi sur la transition énergétique, sert de "feuille de route" à la France dans la lutte contre le réchauffement climatique, comme l'explique le ministère de la Transition écologique. Celle-ci détermine des budgets carbone, c'est-à-dire les plafonds d'émissions de gaz à effet de serre à ne pas dépasser, exprimés en millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2e). Ces objectifs à court et moyen termes tracent une trajectoire jusqu'à 2050. Avec la neutralité carbone comme but ultime à cette date.
Le premier budget carbone, entre 2015 et 2018, n'a pas été tenu, souligne le Citepa. Les 442 Mt CO2e annuelles moyennes visées ont en réalité atteint 456 Mt CO2e. Le tribunal administratif de Paris vient d'ailleurs de condamner l'Etat pour "carence" dans le non-respect de ses engagements sur cette période.
Une baisse qui doit s'accélérer pour respecter les budgets carbone
Pour le deuxième budget carbone, qui couvre la période 2019-2023, le plafond annuel moyen d'émissions a d'abord été fixé à 398 Mt CO2e, puis à 421 Mt CO2e. Mais la SNBC a été revue. Dans sa version de mars 2020, le plafond annuel moyen des émissions a encore été relevé à 422 Mt CO2e. A partir de 2020 et jusqu'en 2023, il est prévu qu'il soit raboté de 13 Mt CO2e chaque année. Mais pour 2019, le seuil était ainsi encore de 443 Mt CO2e. Cela tombe bien car dans une pré-estimation provisoire, le Citepa tablait sur 441 Mt CO2e d'émissions en 2019. Juste en dessous de la barre fatidique.
Pour autant, même si ces 437 Mt CO2e d'émissions permettent de respecter l'objectif pour 2019, ce chiffre reste inférieur à la moyenne de 422 Mt CO2 à atteindre sur la période 2019-2023. Afin que les objectifs des années suivantes soient atteints, il faudra que la baisse soit de 3% par an en moyenne à partir de 2020, et non de 1,7% seulement.
La pandémie de Covid-19 pourrait avoir aidé le gouvernement à atteindre son objectif pour l'année écoulée. Le Citepa fait remarquer que le confinement, le coup de frein donné au secteur des transports et la crise économique ont provoqué une "forte baisse" des émissions de gaz à effet de serre, au moins pendant une partie de l'année. Le Haut Conseil pour le climat (HCC) estimait dans un rapport rendu en avril que la pandémie pourrait avoir entraîné une chute des émissions de l'ordre de 5 à 15%.
Le gros de l'effort est en réalité reporté à plus tard. Le troisième budget carbone (pour la période 2024-2028) prévoit une réduction des émissions de l'ordre de 15%, avec un plafond fixé à 359 Mt CO2e par an en moyenne. Puis le quatrième budget carbone (2029 à 2033) table sur 300 Mt CO2e émises par an en moyenne, soit plus de 16% de baisse.
"Affaire du siècle" : l’État condamné à verser un euro symbolique à quatre associations en réparation de leur préjudice moral
Le tribunal donne deux mois au gouvernement avant de se prononcer sur l’injonction à agir demandée par les associations. "L'inaction climatique de l'État est jugée illégale", se réjouit Greenpeace.
Article rédigé par

Radio France
Publié le 03/02/2021 10:34Mis à jour le 03/02/2021 14:41
Temps de lecture : 1 min.

Des militants contre le changement climatique participent à un happening, le 14 janvier 2021, avant une audience au tribunal administratif de Paris dans "L'Affaire du siècle". (THOMAS SAMSON / AFP)
Le tribunal administratif de Paris a condamné l’État à verser un euro symbolique à quatre associations, pour ne pas avoir tenu ses engagements en matière de réduction des gaz à effet de serre. Les juges ont rendu leur décision mercredi 3 février, près de trois semaines après l’audience de "l’Affaire du siècle". "À hauteur des engagements qu'il avait pris et qu'il n'a pas respectés dans le cadre du premier budget carbone, l'État doit être regardé comme responsable (...) d'une partie du préjudice écologique constaté", ont tranché les juges.
La Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace, Oxfam et l’association Notre Affaire à tous poursuivaient l’État pour inaction climatique. Les ONG obtiennent chacune un euro symbolique en réparation du préjudice moral. En revanche, elles ne peuvent pas se prévaloir du préjudice écologique.
Deux mois de sursis
Les juges ont globalement suivi les préconisations de la rapporteure publique lors de l'audience mi-janvier, qui avait proposé de reconnaître la "carence fautive" de l'État et suggéré de surseoir à la demande d'enjoindre l'État à prendre des mesures supplémentaires contre le réchauffement. Le tribunal a ainsi donné deux mois au gouvernement avant de se prononcer. Les juges attendent les observations des ministres compétents avant de décider s’ils ordonnent à l’État de prendre toutes les mesures permettant d’atteindre les objectifs que la France s’est fixés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Dans un communiqué publié à la mi-journée, le gouvernement a indiqué qu'il prenait "acte" de la décision du tribunal, tout en soulignant qu'il restait "pleinement engagé pour relever le défi climatique, en ne laissant personne au bord du chemin de cette indispensable transition".
C’est le premier grand procès sur le climat en France. L’action avait été lancée il y a un peu plus de deux ans, soutenue par une pétition qui avait recueilli plus de deux millions de signatures.
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"Le coronavirus : un révélateur"
- Par Thierry LEDRU
- Le 10/02/2021
L'article a pratiquement un an.
C'est intéressant de voir a postériori les réflexions qui ont été déclenchées par cette crise et surtout les actes qui doivent en découler.
Le coronavirus, un révélateur des dérives de la mondialisation
Présentée par Johannes Herrmann PR-19510
LA CHRONIQUE ÉCOLOGIE
MARDI 10 MARS 2020 À 7H20
DURÉE ÉMISSION : 3 MIN

Deux mois d’un virus assez peu létal mettent le monde à genoux. De quoi le coronavirus, sa propagation et ses conséquences sur l'économie sont-ils le signe? En quoi nous alerte-t-il?
Cette émission est archivée. Pour l'écouter, inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous directement si possédez déjà un compte RCF.
Le mot "effondrement" est devenu un sujet de réflexion face à l’impasse écologique qui se manifeste devant nous et de la quasi-absence de réaction. Des piliers de nos sociétés vont nous faire défaut : quand ? Dans quel ordre ? On l’ignore, mais avec la fin du pétrole surabondant, la crise agricole à cause du chaos climatique et de la perte de biodiversité, pour ne citer que cela, les ressorts de notre prospérité vont prendre fin.
Un monde va finir, un autre va apparaître, c’est cela l’effondrement. Et nous n’entreprenons pas grand-chose pour devenir résilients et faire en sorte que ça se passe pas trop mal. Or le virus en remet une couche. Il révèle d’un coup des points faibles de notre système mondialisé. Comme avec les failles de sécurité en informatique.
Mais ce n’est pas une épidémie que l'on peut imputer à la crise écologique, contrairement aux virus du Sida (VIH) ou Ébola, qui étaient tapis dans les forêts équatoriales et qu’on est allés en déloger. Par contre, sa propagation ultra-rapide découle d’un monde qui vit par les échanges permanents, entre pays de tous niveaux de préparation sanitaire. On constate aussi des problèmes de la délocalisation des productions de médicaments. On découvre que la mise en quarantaine d’une région pendant quelques jours peut provoquer des catastrophes économiques à l’échelle du continent. Deux mois d’un virus assez peu létal mettent le monde à genoux.
Notre société avec toute sa technologie se découvre vulnérable d’une manière inattendue et imprévisible. D’autre part, le virus touche des pays comme l’Iran et sans doute ses voisins déjà sous tension notamment pour des raisons climatiques, ce qui peut les plonger dans le chaos avec là encore des répercussions planétaires. Notre civilisation hypermondialisée, où tout le monde dépend de tout le monde, se révèle hyper-vulnérable parce que les problèmes des uns se répandent chez tous les autres, sans pouvoir être contenus, et d’autant plus que si nous suspendons ces relations même quelques semaines, c’est l’asphyxie économique. Aujourd’hui c’est le virus qui exploite cette faille. Demain ce sera autre chose.
Passé le stade de l’urgence il faudra tirer les leçons, dans un contexte de crise écologique. C’est-à-dire de nombreux périls à affronter avec moins d’énergie, mais peut-être des recettes communes. Que faut-il relocaliser pour assurer notre sécurité ? "Et en même temps" comment faire face ensemble à des périls planétaires, comme le climat, qui ne connaissent pas les frontières : la solution ne peut pas être de recloisonner le monde. Cette alerte devrait nous conduire à lancer le chantier, à poser les principes d’un monde plus résistant.
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Eclairage des villes.
- Par Thierry LEDRU
- Le 09/02/2021
Je ne mets quasiment jamais les pieds dans les grandes villes mais j'aimerais bien savoir si avec le couvre-feu à 18 h, les vitrines des grandes enseignes restent malgré tout allumées ?
C'est déjà tellement absurde qu'elles restent allumées une partie de la nuit mais alors maintenant, si c'est toujours le cas, on donne dans le ridicule grandeur XXL.
Mais doit-on s'en étonner ?
Un arrêté réglemente l'éclairage intérieur et extérieur des bâtiments non résidentiels. Il a pris effet en juillet 2013.
Éclairage interdit la nuit pour les commerces et bureaux
(© CC, Frédérique Panassac)
Il suffit de visiter les villes la nuit pour savoir que des économies monstrueuses peuvent être faites. La première décision européenne est française et concerne uniquement les bâtiments non résidentiels. Objectif : une réduction du gaspillage d'énergie massive.
> à ce sujet - Photos : l'éclairage sur Terre la nuit
Ainsi la ministre de l'Écologie Delphine Batho a publié un arrêté en février pour réglementer les éclairages de manière radicale. Il a pris effet début juillet 2013.
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Crise et processus de deuil
- Par Thierry LEDRU
- Le 07/02/2021
Si je mets ce processus en ligne, c'est parce qu'à mon avis, c'est ce que l'humanité vit déjà et va connaître dans les décennies à venir au regard du paradigme consumériste et de croissance infinie. Nous sommes dans les premières phases, à des degrés divers, selon les individus.
"Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou ou un économiste". Kenneth Boulding (économiste américain (1910-1983)
Chacune de ces étapes peut être utilisée dans le cadre de la dégradation de la biodiversité, de toutes les atteintes à la vie, et elles sont aujourd'hui planétaires.
Tous ceux qui refusent de l'admettre contribuent en fait à l'accélération du processus. Ceux-là sont dans le "déni". Ils constituent en fait le "moteur" de la croissance, un carburant dont se servent les instances dirigeantes. Je l'ai écrit maintes fois : les responsables ne sont pas à chercher en haut de la pyramide mais à sa base.
D'autres, ceux qui cherchent à savoir et refusent de se voiler la face, sont dans la phase de "choc".
D'autres sont entrés dans la "sidération".
Beaucoup, je l'ai dit, sont donc figés dans le "déni."
D'autres sont entrés dans le domaine de la "colère." Ceux-là agissent. Autant qu'ils le peuvent. Il ne s'agit pas de tout brûler et de prôner la guerre civile ou la révolution ou la pendaison de tous les instigateurs du "système". Nous sommes tous "le système" dès lors que nous n'avons conscience de rien.
La "résignation", la "dépression", on voit de plus en plus d'individus qui en sont frappés. Il ne s'agit pas de "dépression évènementielle" liée aux aléas de l'existence mais d'une dépression générée par un état des lieux planétaire. C'est ce qu'a vécu Greta Thunberg par exemple.
Il n'y a pas d'évolution planifiée et régulière mais des phases de retour puis des progressions. Comme des vagues, des flux et reflux mais la progression continue, chaotique pour certains, progressive pour d'autres. Ou inexistante pour beaucoup.
J'ai longtemps alterné entre les phases d'abattement et de colère.
J'ai le sentiment aujourd'hui d'être parvenu à ce fameux "fatalisme" qui permet de gérer les émotions. Désormais, on est entré, Nathalie et moi, dans une phase intense de "construction".
Étapes du deuil
Les travaux d'Elisabeth Kübler-Ross font retenir cinq étapes d'un deuil.
Le choc ou la sidération
Le terme de sidération peut tout à fait convenir pour qualifier la réaction de la personne face à l'information. Selon les personnalités, cette réaction peut se traduire par une grande agitation ou une paralysie. C'est ce que nous nommons un choc.
Le déni
Ensuite, à ce premier état va s'ajouter le refus de croire l'information. Arguments et comportements de contestation, rejet de l'information apportée et vécue comme choquante. Une discussion intérieure ou/et extérieure peut porter sur la vraisemblance de l'évènement annoncé : - Ce n'est pas vrai, pas possible…
La description de ce moment est succincte, mais il ne faut pas croire que cette brièveté signifie que l'état n'est pas important. Il arrive que des personnes restent bloquées dans cet état… ou qu'elles y reviennent, comme dans un refuge. C'est ce que nous nommons le déni.
La colère
La personne est confrontée à la vérification entêtante de l'authenticité de l'information. Son état va se complexifier avec des attitudes de révolte, tournée vers soi et les autres. Les intensités sont variables, selon l'amplitude du système affectif de la personne. Dès lors, la pensée de la personne se nourrit de fortes contradictions. Elle peut passer de l'accusation à la plus grande considération. Emportée par des réactions paradoxales liées à son système de fonctionnement et à ses interactions, elle peut être entraînée dans le plus grand mutisme ou aller dans une volubilité incontrôlable. Elle vit de la même manière des sentiments de culpabilité. Elle intériorise ou / et exprime toutes sortes de critiques, de jugements.
La personne est dans des états hors de soi. Des pulsions de vengeance peuvent ainsi la pousser à avoir des comportements qu'elle ne comprend pas elle-même. Confrontée à l'impossibilité d'un retour à la situation dont elle doit faire le deuil, la personne vit avec incompréhension une répétitivité de la cause du deuil. Elle subit ses propres reproches, ses remords, ses ressentiments, des dégoûts, de la répulsion. Elle se bat et se débat. Elle peut agir de manière déroutante pour autrui. Tout en elle cherche à ne pas "plonger". Selon ses ressources, elle va agir en séduction ou en agression. Mais tout semble la ramener sur le sujet qui l'obsède. C'est la colère animée par une sorte de disque rayé et parfois une frénésie compensatoire pour contrecarrer l'éventuel sentiment de rejet ou de dévalorisation.
L'abattement, la tristesse jusqu'à la dépression
La tension violente que peut provoquer l'état de colère, entretenu malgré soi, peut engendrer un épuisement organique. Mêlant tout à la fois le choc initial, le déni et la colère, la personne peut en arriver à vivre un abattement, plus ou moins profond.
La personne subit un état de résistance à la soumission. Une guerre en soi, avec le sentiment déchirant d'une guerre perdue d'avance. Cet état peut aller jusqu'à la dépression, laquelle peut se caractériser par des douleurs physiques, maux de tête, de ventre, douleurs dans le dos, courbatures, ainsi que des attitudes et comportements suicidaires. Néanmoins, l'ensemble interagissant des états internes peut lui faire revivre les émotions et les comportements antérieurs. Elle devient ici particulièrement "difficile à vivre". Le plus souvent, elle est dans la fuite intérieure et parfois extérieure, avec des tentatives dispersées, imprévisibles, de recherche du retour - que nous pourrions désigner comme des régressions dans les divers états vécus depuis le début du processus. Cet état qui se développe pour arriver parfois à des points culminants de la dépression et de destruction peut être exprimé de manière paradoxale : dramatique en soi et non exprimé vis-à-vis des autres. Sa durée n'est pas liée à l'intensité des sentiments que la personne éprouvait pour le tiers. C'est au moins en tout cas un état de désespérance qui peut s'estomper, mais rarement disparaître soudainement.
La résignation
La résistance de l'organisme peut ensuite conduire la personne vers l'abandon de cette lutte au cours de laquelle elle peut avoir le sentiment d'avoir tout essayé pour revenir à la situation perdue. Elle peut parfois se réfugier dans l'étape du déni. C'est le cas de ces personnes qui mettent le couvert des personnes décédées (ou parties). Le plus souvent, suivant cette "boucle infernale", elle en arrive à un véritable abandon. Parfois dépressive, parfois redevenant sociable, la personne se laisse porter par le déroulement de la vie. Elle n'a aucune visibilité de ce qu'elle peut faire. Elle agit au gré des circonstances, selon ce à quoi la renvoie l'évènement auquel elle est confrontée. C'est la résignation. Mais cette résignation peut se composer de soumission ou de rejet.
L'acceptation fataliste
Le précédent état a provoqué une relative ouverture. Le caractère obsédant de la cause du deuil s'estompe. C'est la vie. L'heure est au fatalisme. Il arrive encore que la personne manifeste des états antérieurs. L'intensité est plus faible. Les périodes d'abattement sont moins longues. Elle conçoit quelques projets. C'est l'acceptation. Ce contexte interne est fortement entretenu dans nombre de cultures, avec la fatalité, l'attente du revers de la fortune, la volonté de dieu.
L'accueil ou la résilience
accueil - intégration de l'expérience, construction, anticipation, projection. La cause du deuil devient un souvenir.
Pourquoi n'est-il pas plus simple de bien prendre les choses tout de suite ? La question est vaine. Le passé est devenu un héritage d'existence, le présent se vit de manière relativisée et en fonction de projets et d'un regard agréable de l'existence. Ce qui était cause de souffrance est devenu une ressource en soi, apaisement, sourire, voire un "merci" d'expérience… Il s'est opéré une transformation qui n'a rien à voir avec la relativisation de l'étape précédente. Une transformation bénéfique, non un lissage d'expérience de vie. C'est l'étape nommée résilience, terme popularisé en France par l'éthologue Boris Cyrulnik.
Mais lorsque l'on ne connaît pas ce positionnement, il est inimaginable.

