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Arthur Keller : un lanceur d'alerte
- Par Thierry LEDRU
- Le 07/02/2021
J'ai déjà posté cette vidéo mais il n'est jamais inutile de la remonter de temps en temps.
Arthur Keller, né en 1975, est un auteur, conférencier, formateur et consultant français1.
Il a signé ou cosigné articles, tribunes, chapitres de livres collectifs et vidéos sur les questions de transition écologique, de limites et vulnérabilités des sociétés modernes, de risques systémiques, de stratégies de résilience collective, de sécurité globale – alimentaire, énergétique, civile, socio-économique, sanitaire – des territoires, ainsi que de l’usage des récits comme leviers de transformation collective2.
En tant que conférencier ou enseignant, il intervient dans plusieurs grandes écoles (CentraleSupélec3, Ponts ParisTech4, Mines ParisTech5, École polytechnique6...).
Sollicité par les médias tels que TF17,8, Libération9,10, Radio France International11, 20 minutes12, Arthur Keller est amené à s’exprimer sur ses domaines d’expertise, dans la sphère des spécialistes et des penseurs qui évaluent le potentiel d’effondrements et préconisent des stratégies face aux risques sociétaux. Il donne également des conférences, notamment devant des publics d'élus13.
Il s'est engagé dans la rédaction de programmes de transition écologique auprès de Nouvelle Donne14 puis en tant que directeur programme de la candidature de Charlotte Marchandise-Franquet15 à l’élection présidentielle française de 2017.
Sommaire
4Rédaction de programmes de transition écologique
5Publications et interventions
Biographie[modifier | modifier le code]
Études[modifier | modifier le code]
Titulaire d'un Master of Science in Spacecraft Technology and Satellite Communications obtenu à l'University College London et d'un diplôme d’ingénieur en traitement de l’information de l'école ESCPE Lyon, Arthur Keller est aussi diplômé de l'Institut de relations internationales et stratégiques en gestion de programmes internationaux1.
Activités et engagement[modifier | modifier le code]
Après avoir été directeur de la communication de Shark Angels France de 2012 à 2014, Arthur Keller intervient depuis 2014 dans des conférences, colloques, débats, rencontres, tables rondes et interviews1.
Auteur d’une classification des imaginaires de l’avenir (imaginaires illimitiste, soutenabiliste, découpliste et effondriste), un outil notamment utile en prospective et fondé sur les données et principes issus de trois champs disciplinaires (analyse des processus biogéochimiques, dynamique des systèmes et storytelling ou mise en récit), Arthur Keller a popularisé cette approche inédite en 2019, dans un épisode de la web-série documentaire [NEXT] en versions française16,17 et anglaise18, avec un cumul de vues approchant un demi-million.
Il est également un spécialiste de l’usage des récits comme leviers de transformation collective (leur nécessité et leurs vertus ainsi que leurs limites et leurs dangers)19.
En février 2020, Arthur Keller compte parmi les 1000 scientifiques signataires de l’appel intitulé « Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »20.
En 2020, il cosigne deux ouvrages collectifs, Collapsus21 sous la direction de Laurent Testot et Laurent Aillet, paru chez Albin Michel, et L’effondrement de l’empire humain, publié aux Éditions Rue de L’Echiquier. Collapsus propose la première grande synthèse des risques d'un effondrement global de la civilisation, voire de la biosphère, en réunissant une quarantaine de spécialistes issus de différentes disciplines, dont Dominique Bourg, Delphine Batho, Gaël Giraud, Philippe Bihouix et Vincent Mignerot. L'Effondrement de l'empire humain rassemble les réflexions, professionnelles et intimes, de dix « penseurs » des grandes dynamiques du monde.
Depuis 2020, Arthur Keller conseille le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA) dans le développement d’outils d’évaluation de la résilience des territoires et de stratégies de transformation pour collectivités22.
Arthur Keller est administrateur d’Adrastia23, association reconnue d’intérêt général qui travaille sur l’anticipation du déclin de la civilisation thermo-industrielle.
Travaux et concepts[modifier | modifier le code]
La spécialité d'Arthur Keller est d’identifier et de caractériser les vulnérabilités des systèmes complexes. Il s’intéresse au métabolisme des sociétés humaines et évalue les risques de disruption plausibles. Il lie les notions d’impact écologique et de résilience socio-écologique, et décrit plusieurs façons d’imaginer la manière dont cet impact et cette résilience vont évoluer. Sa démonstration s’appuie notamment sur la dynamique des systèmes, mais il s’emploie à dépasser ce cadre pour élaborer une typologie des différents imaginaires que l’être humain entretient avec les notions de limites16.
Prises de position[modifier | modifier le code]
Arthur Keller refuse l’étiquette de « collapsologue ». Il affirme que la collapsologie ne correspond pas dans les faits à la définition posée dans le livre dont est issu le néologisme24 et ne constitue pas aujourd’hui un véritable champ disciplinaire: il en déplore une lacune de cadre méthodologique25.
Rédaction de programmes de transition écologique[modifier | modifier le code]
Arthur Keller a été coordinateur national de la commission Environnement et Soutenabilité de Nouvelle Donne en 2015 et 2016 et auteur principal de son programme de transition écologique14.
Il a ensuite été directeur programme de Charlotte Marchandise-Franquet15, candidate citoyenne à l’Élection présidentielle française de 2017 après sélection au terme de la procédure organisée par LaPrimaire.org26,27. À ce titre, Arthur Keller est l'auteur principal du programme de transition sociétale de cette candidate28.
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"La danse avec le Diable"
- Par Thierry LEDRU
- Le 07/02/2021
Pour comprendre le présent, il est indispensable de chercher ce qui avait été écrit dans le passé et d'en faire l'analyse. Il convient ensuite de lire ce qui est écrit aujourd'hui dans ce registre de l'anticipation. Et de se demander si c'est bien le futur que nous souhaitons.
« La danse avec le Diable, une interview fantastique »
31 mars 2011
http://alerte-environnement.fr/2011/03/31/la-danse-avec-le-diable-une-interview-fantastique/
Note bibliothèque verte s’enrichit aujourd’hui d’un nouvel ouvrage. Objectif : vous donner les clés pour décrypter la pensée écologiste actuelle en (re)découvrant les livres qui ont l’ont influencé.

Publié en France en 1963, La danse avec le Diable, une interview fantastique, de Gunther Schwab a été publié pour la première fois en 1958. Ce livre est qualifié par Pierre Fournier, fondateur du premier journal écologiste La Gueule Ouverte, de « bible anti-pollution ». Peu connu du grand public, il aura principalement un impact auprès des premiers militants écologistes.
L’ouvrage est sous la forme d’un récit fictif mettant en scène un journaliste américain qui convie un technicien allemand, une française médecin et un poète suédois à aller interviewer le Diable, afin de les convaincre de travailler pour celui-ci.
Le Diable, sous les traits d’un homme d’affaires, leur explique : « J’ai imprégné tous les domaines de la vie humaine de mes principes. Dans tous les services, les administrations, les ministères, les sociétés, les associations, quelle que soit la fonction qu’ils remplissent, j’ai placé mes agents, mes délégués, mes collaborateurs et mes hommes de confiance. J’empoisonne méthodiquement tout ce dont l’homme a besoin pour son existence : l’air respirable et l’eau, l’alimentation humaine et le sol qui la produit. J’empoisonne les animaux, les plantes, les campagnes, toute la Nature sans laquelle l’être humain ne peut vivre. » Et, précise-t-il, « Je fais passer cette misère criante pour de la prospérité, et les hommes ne remarquent pas qu’ils sont bernés. »
Le Diable fait ensuite venir différents démons qui, chacun à leur tour, font un exposé circonstancié de leurs activités.
D’abord, le démon du « Progrès » se félicite notamment de voir que ses « délégués » s’appliquent à apporter aux peuples « »sous-développés » (…) le poison du « Progrès » afin qu’ils tombent eux aussi malades de corps et d’âmes ».
Il laisse ensuite sa place au démon de la puanteur dont la « réussite » est d’avoir « développé cette immoralité qui consiste à tolérer que les entreprises industrielles ainsi que de nombreux moyens de transport évacuent leurs produits de déchets (…) ». Il évoque aussi l’accumulation de gaz carbonique « qui conduit à un adoucissement des climats ».
Puis, Eiw, responsable du service Soif et Sécheresse, explique ainsi un aspect de sa stratégie : « Sous le slogan de l’hygiène, je rends obligatoire dans les HLM les salles de bains et les WC à chasse d’eau et je pousse ainsi non seulement à un gaspillage intensif de l’eau et de matières organiques hautement fertilisantes, mais je pollue encore les rivières et les fleuves. »
A Eiw succède Morf, impliqué dans la dégradation de l’alimentation. Dans son long exposé, il affirme qu’il « n’existe qu’un moyen de conserver une vie saine et noble, c’est de laisser la nourriture dans l’état où elle se trouve lorsqu’elle est préparée par la Nature. Une alimentation dénaturée est, et demeure, pour toujours médiocre. » Tout en précisant qu’« une nourriture médiocre ne peut produire que des êtres médiocres ». En conséquence, il a « créé un service important afin d’éliminer de l’alimentation humaine des substance de grande valeur et de la transformer insensiblement et artificiellement ». Les aliments raffinés, comme le sucre blanc, sont notamment désignés comme déclencheurs de cancers.
Un autre démon, Karst, décrit la déforestation, incitant « à la construction des scieries et des fabriques de cellulose et de papier ». Il se réjouit ainsi « des mouchoirs en ouate de cellulose qui ne servent qu’une seule fois, des couches de bébé et bien d’autres objets qui sont jetés aussitôt après leur utilisation ». En outre, Karst loue « le démon du Mensonge qui est occupé à la prolifération croissante du livre, des éditions, et, en général, de tout ce qui est imprimé ».
La question agricole est longuement abordée, avec trois démons : Dust, Tibu et Spray. Le premier a incité l’homme à moderniser l’agriculture et à utiliser des engrais et des pesticides chimiques, affirmant que « plus les récoltes sont impressionnantes, plus profonds et durables sont les dommages causés au sol ». Pour lui, « la mort de la vie organique dans la terre représente la dernière phase de vie de l’humanité (…) ». Le deuxième est « chargé de procéder à l’élimination de la culture rurale et de la paysannerie » tandis que le troisième se vante d’avoir « donné aux hommes l’idée de lutter contre les mauvaises herbes à l’aide de ces poisons chimiques que l’on nomme les herbicides. » Il parle aussi des insecticides, en particulier du DDT, qui entraînent selon lui la pullulation des insectes nuisibles.
A la fin du livre, Gunther Schwab avance ses idées eugénistes et malthusiennes. Un démon affirme en effet que les médecins oeuvrent pour le Diable parce qu’en « enrayant les épidémies, vous empêchez l’élimination des faibles, de ceux qui ne sont pas biologiquement résistants, et vous affaiblissez le potentiel biologique de votre peuple et de l’humanité en général. »
Le Diable termine alors avec « la source de toutes les puissances de destruction », à savoir l’explosion démographique : « Jusqu’alors, la bonne mort, due aux épidémies, aux serpents venimeux, aux tigres ou aux famines avaient maintenu la fécondité naturelle des hommes à l’intérieur de certaines limites. Mais maintenant, mes mesures sanitaires de protection et de développement des productions alimentaires sont partout, et, de plus en plus, mises en application. Le taux de mortalité baisse dans le même temps où le nombre des naissances augmente. »
Et il conclut : « L’homme obtiendra le succès qu’il a si longtemps cherché à atteindre en violant la Nature dans tous les domaines, avec son prétendu « Progrès » ! A la fin, l’humanité ne sera plus qu’un immense troupeau de milliards d’individus bornés, tarés, infirmes, malades, faibles et idiots (…). Une misère sans nom, les épidémies, les souffrances et la faim seront la récompense de votre belle humanité. »
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"Toujours se relever"
- Par Thierry LEDRU
- Le 06/02/2021
"Marcher pour se sentir vivant".
Je sortais d'une sale période, une nouvelle épreuve. Trois hernies discales. J'étais inopérable.
Un calvaire.
Et puis, je m'en suis sorti. Une longue histoire.
Et j'ai recommencé à marcher. Pendant des heures et même la nuit car ce sentiment de "revivre" insufflait en moi une telle énergie que je n'avais plus sommeil.
Alors, je sais quelque peu ce que ressent cet homme. Et son amour incommensurable pour la marche, pour ce souffle de vie en soi.
Force et honneur.
Respect
Marcher pour se sentir vivant, telle est la philosophie de vie d’Yves Auberson. Malgré la maladie de Parkinson, il a parcouru plus de 1000 km dans les Alpes suisses en moins de 3 mois. Stade 2 l’a suivi boucler cet incroyable périple. (Reportage Guillaume Papin, Julien Ababsa, la RTS et Lucille Feuillebois)
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Marée de plastique
- Par Thierry LEDRU
- Le 05/02/2021
Plonévez-Porzay : marée de micro-plastiques suite à la tempête Justine
Après le passage de la tempête Justine, une marée de micro-plastiques s'est déversée sur les plages de Plonévez-Porzay le week-end dernier dans le Finistère. William, un habitant de Douarnenez a décidé de lancer l'alerte. Un phénomène récurrent, une pollution qui ne cesse de s'aggraver.
Publié le 03/02/2021 à 20h00 • Mis à jour le 03/02/2021 à 20h21

William, balayette et pelle en main, a entrepris de débarrasser le sable de Plonévez-Porzay de ses micro-plastiques. • © France Télévisions / Valérian Morzadec
C'est un travail de fourmi que William Vacher a entrepris. Balayette et pelle à poussière en main, ce Finistérien nettoie le sable. Plus précisément, il tente de débarrasser le sable de tous ces micro-plastiques qui parsèment la plage de Kervel.
"Ce qui serait bien, c'est qu'il y ait un plan d'action de lancer quand ça arrive comme dimanche dernier" nous explique-t-il. Parce qu'en l'espace de trois jours, la pollution s'est étalée : il y en a enfoui dans le sable, y en a beaucoup dans les rochers."
Pourquoi ne pas envisager de mobiliser en effet une réserve citoyenne de bénévoles prêts à intervenir rapidement ? Le maire de Plonévez-Porzay n'est pas contre mais la nature de la pollution complique la tâche : "Les petits plastiques posent des problèmes très pratiques : on ne peut ramasser que ce qui est visuel, et sur l'étendue d'une plage comme celle-ci..." souffe Paul Divanac'h.
L'Europe et les collectivités tentent de remonter à la source des pollutions grâce au programme Interreg. Une autre vraie solution serait aussi de réduire la place du plastique dans le quotidien de chaque citoyen...
Une autre vraie solution serait que les consommateurs boycottent au mieux tout ce qui est plastique.
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Paradis fiscaux
- Par Thierry LEDRU
- Le 05/02/2021
Je lis beaucoup d'études sur le sujet depuis quelques temps et c'est effrayant.
Les effets financiers sur les pays sont désastreux.
Un système qui vient s'ajouter à d'autres pour accroître toujours plus les inégalités et les difficultés des Etats.
Il faut imaginer qu'il existe des gens, avocats fiscalistes et autres "spécialités" dont la tâche est de trouver les meilleurs moyens pour contourner l'imposition pour des personnes qui sont millionnaires et milliardaires.
Autant il relève de la responsabilité des gouvernements de contrer ces détournements, autant il est pour moi incompréhensible que les personnes possédant de telles sommes puissent se sentir heureux, satisfaits, réjouis de plomber de la sorte les populations car c'est bien sur nous, le "bas peuple" que les effets sont les plus lourds.

La bataille des paradis fiscaux
POSTED ON13 DÉCEMBRE 2016
4 MINUTES DE LECTURE
Oxfam révèle son classement des 15 pires paradis fiscaux au monde, auxquels les entreprises ont recours pour échapper à l’impôt. Ces paradis fiscaux alimentent une dangereuse concurrence fiscale qui voit les Etats du monde entier réduire considérablement l’imposition des entreprises pour attirer des investissements privés sur leur territoire.
Les 15 pires paradis fiscaux dans le monde
Des îles paradisiaques, des pays de l’Asie de l’Est et des Etats membres de l’Union européenne figurent parmi les 15 pires paradis fiscaux selon le classement d’Oxfam. Les voici par ordre de nocivité de leurs politiques fiscales : (1) Bermudes (2) Îles Caïmans (3) Pays-Bas (4) Suisse (5) Singapour (6) Irlande (7) Luxembourg (8) Curaçao (9) Hong Kong (10) Chypre (11) Bahamas (12) Jersey (13) Barbade, (14) Maurice et (15) Îles Vierges britanniques. Quatre de ces territoires se trouvent sous la couronne britannique [1].
Oxfam dresse ce classement en s’appuyant sur les politiques fiscales des pays encourageant les formes les plus extrêmes d’évasion fiscale des entreprises. Le rôle des paradis fiscaux n’est pas neutre : ils aident les grandes entreprises à soustraire aux États des milliards de dollars de recettes fiscales par an et soutiennent un système économique dangereusement inégalitaire, compromettant la redistribution des richesses et empêchant de mettre fin à la pauvreté et aux inégalités.
Il n’est ainsi pas étonnant de voir figurer dans cette liste des pays bien connus pour avoir été au coeur de scandales d’évasion fiscale qui ont fait la une des médias. Par exemple l’Irlande, qui a accordé à Apple des avantages fiscaux illégaux permettant au géant mondial de l’informatique de payer seulement 0,005 % d’impôts dans le pays. Ou encore le Luxembourg, théâtre du scandale LuxLeaks et des enquêtes de la Commission européenne sur les accords secrets que le pays aurait conclu avec Engie, McDonald’s, Fiat et Amazon.
Une dangereuse course à la concurrence fiscale
Mais ces paradis fiscaux ne sont que la partie visible de l’iceberg. S’ils ont certainement un grande part de responsabilité dans le nivellement vers le bas du taux d’imposition des sociétés, aucun pays n’y échappe. Les États du monde entier réduisent la fiscalité des entreprises dans l’espoir de les attirer sur leur territoire. Le taux moyen d’imposition des sociétés dans les pays du G20 est ainsi passé de 40 % il y a 25 ans à moins de 30 % aujourd’hui. La France aussi n’est pas en reste, car elle vient d’adopter une baisse progressive de son taux d’imposition sur les sociétés, de 33 % à 28 %.
Mais quelles sont les conséquences de cette course vers le bas ? Concrètement, les impôts sur les bénéfices des entreprises génèrent des recettes supplémentaires pour les budgets nationaux qui, lorsqu’elles sont investies dans les services publics tels que l’éducation et la santé, réduisent les inégalités en redistribuant les richesses.
Mais lorsque les États réduisent la charge fiscale des multinationales, pour combler ce manque à gagner, ils peuvent soit réduire les dépenses essentielles et indispensables pour lutter contre les inégalités et la pauvreté, soit augmenter d’autres impôts touchant des tranches moins aisées de la société, comme la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Cette tendance est clairement confirmée par les derniers chiffres de l’impôt dans les pays de l’OCDE, où une baisse de 0,8 % du taux d’imposition sur les sociétés entre 2007 et 2014 a été en partie compensée par une hausse de 1,5 % du taux moyen de TVA entre 2008 et 2015.
Ceux qui paient le prix de cette concurrence irresponsable sont donc les citoyens, en particulier les plus pauvres, avec l’augmentation des impôts sur le revenu des particuliers et la réduction de services essentiels, comme la santé et l’éducation. L’évasion fiscale des multinationales coûte au moins 100 milliards de dollars par an : une somme qui permettrait d’assurer la scolarisation de des 124 millions d’enfants non scolarisés dans le monde
Pour que les multinationales ne puissent plus se soustraire à leurs obligations vis-à-vis des sociétés au sein desquelles elles génèrent leurs bénéfices, les politiques fiscales internationales doivent changer. Oxfam appelle notamment les Etats à collaborer pour mettre fin à cette course folle à la concurrence fiscale et à créer une instance fiscale internationale qui encadre et coordonne une coopération fiscale incluant tous les pays sur un pied d’égalité.
Paradis fiscaux : la France met à jour sa liste noire
La France a publié sa nouvelle liste noire des paradis fiscaux. En 2016, sept États y figuraient. Six d'entre eux ont depuis signé une convention fiscale avec la France. 12 autres États ont fait leur entrée sur la liste.
Mis à jour le 07/01/2020 | 21:27
publié le 07/01/2020 | 21:27C'est une liste noire sur laquelle plusieurs territoires viennent de faire leur entrée : les paradis fiscaux pointés du doigt par la France. Ils sont désormais 13. Le Panama est toujours présent. Trinité-et-Tobago, les îles Vierges américaines ou encore Oman figurent parmi les nouveaux venus. Ces pays sont soupçonnés par la France d'abriter des sociétés-écrans par lesquelles transiterait de l'argent en toute discrétion.
"Cette liste fait l'impasse sur les paradis fiscaux les plus notoires"
À d'autres pays, comme les Seychelles ou les Bahamas, la France reproche aussi leur manque de coopération. Mais, pour certaines associations qui luttent contre le blanchiment, la liste française est toujours très incomplète. "En France, on considère qu'un pays est un paradis fiscal juste s'il ne fait pas de coopération fiscale. On ne peut pas simplement juger d'un statut de paradis fiscal juste parce qu'un pays n'échange pas d'informations avec la France. Le problème, c'est que cette liste fait l'impasse sur les paradis fiscaux les plus notoires", déplore Quentin Parrinello, porte-parole d'OXFAM. Pour dissuader les territoires considérés comme paradis fiscaux, la France brandit des sanctions : par exemple, taxer à 75% les échanges financiers avec ces pays.
VIDEO. Justice : "Il n'y a jamais eu d'autant d'argent sale dans les paradis fiscaux", dénonce l'ancien juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke
Le magistrat désormais à la retraite incite les États à aller chercher l'argent pour combler le déficit, notamment lié à la crise du Covid-19.
FRANCEINTER / RADIOFRANCE

franceinfoRadio France
Mis à jour le 05/01/2021 | 12:21
publié le 05/01/2021 | 11:36"Il n'y a jamais eu autant d'argent sale dans les paradis fiscaux", a déclaré mardi 5 janvier sur France Inter, l'ancien juge d'instruction au pôle financier, Renaud Van Ruymbeke, à l'occasion de la sortie de son livre, Mémoires d'un juge trop indépendant, aux éditions Tallandier.
"On a jamais eu autant, avec le Covid, de déficit. Je dis aux États : 'Mais allez chercher l'argent, il est à vos portes !'", a lancé le magistrat désormais à la retraite, qui a expliqué avoir voulu, avec ses mémoires, "faire passer un message à la jeunesse". "J'ai confiance dans les jeunes pour faire changer complètement le système", a-t-il déclaré.
"Les parquets ont étouffé plein d'affaires"
Interrogé sur les liens entre le pouvoir et la justice, Renaud Van Ruymbeke a estimé que les temps ont changé. "Les parquets ont étouffé plein d'affaires. Depuis l'affaire Elf, la justice a commencé à avoir les mains un peu plus libres. Ça a été achevé du temps de Mme Taubira", a-t-il fait remarquer.
Saluant le rôle de la presse dans les révélations Cahuzac, Fillon, il a estimé que ce n'était pas les juges d'instruction qui donnaient des informations aux journalistes. "Les juges d'instruction observent la presse, le juge d'instruction ne maîtrise pas l'information, c'est informatisé, ça circule", a-t-il expliqué. "Le problème aujourd'hui, c'est que les affaires viennent de plus en plus tard devant le tribunal", a-t-il conclu.

Inégalités et pauvreté : en France, les voyants au rouge
POSTED ON25 JANVIER 2021
5 MINUTES DE LECTURE
Pour la première fois de l’Histoire, les inégalités ont augmenté simultanément dans la quasi-totalité des pays du monde en raison de la pandémie de Covid-19 et de ses impacts. La France n’y échappe pas : depuis le début de la crise, des centaines de milliers de personnes tombent dans la pauvreté tandis que la fortune des milliardaires atteint déjà de nouveaux sommets.
Les signaux de la pauvreté explosent en France
Depuis le début de la crise du Covid-19, les chiffres de la pauvreté s’envolent partout dans le monde. Cette pandémie n’est pas seulement une crise sanitaire, elle est également une crise économique et sociale et ses effets sont destructeurs.
Selon Kristina Georgieva, directrice générale du FMI, « l’impact sera profond (…) avec des inégalités croissances provoquant des bouleversements sociaux et économiques. »
En France, selon les associations caritatives, ce n’est pas moins d’un million de personnes qui auraient basculé dans la pauvreté à cause de la pandémie. Une tendance sans précédent, illustrée par des chiffres alarmants : à l’automne 2020, le nombre de bénéficiaires à l’aide alimentaire était estimé à plus de 8 millions de personnes, alors qu’il se situe autour de 5,5 millions en temps normal. En 2008, on comptait moins de 3 millions de bénéficiaires. Autres signaux forts : le nombre d’allocataires du revenu de solidarité active (RSA) a fortement augmenté depuis le début de la crise sanitaire, tout comme le nombre d’inscrits à Pôle Emploi.
Comme le met en lumière le rapport d’Oxfam « Le virus des inégalités », l’évolution de l’épargne des Français-es est également un indicateur important des inégalités qui sont à l’œuvre. Selon une étude du Conseil d’Analyse Economique, les 20% des Français-es les plus pauvres ont vu leur épargne diminuer de près de 2 milliards d’euros pendant le premier confinement, tandis que les 10% les plus riches voyaient leur fortune augmenter de plus de 25 milliards d’euros.
Les femmes, les jeunes et les migrant-e-s sont les plus touché-e-s par la crise
Les femmes, grandes oubliées de la pandémie
Si la crise sanitaire a touché le monde entier, les inégalités face à ses impacts sont considérables. Les femmes, déjà en première ligne de l’épidémie, sont aussi les premières impactées par les conséquences économiques de la crise. Sur-représentées dans les métiers les plus précaires et les moins bien rémunérés, elles ont été touchées de plein fouet par la pandémie. Pour les mères célibataires, la situation est d’autant plus préoccupante qu’elles sont plus nombreuses à travailler en temps partiel subi (deux fois plus que les femmes en couple). Les mères isolées sont le type de ménage le plus fréquemment rencontré dans les accueils du Secours Catholique selon leur dernier rapport.
Face à la crise, des jeunes en grandes difficultés
Du côté des jeunes, la situation n’est pas moins alarmante, d’autant que depuis les années 2000 cette catégorie de la population se paupérise. Avant la crise, un jeune sur dix était en situation de précarité.
Travaillant davantage avec des contrats précaires ou sans contrat de travail, les 18-24 ans ont été fortement impactés par les pertes d’emplois liées à la crise et ils passent le plus souvent entre les mailles du filet des mesures de chômage partiel. Une étude de l’Observatoire nationale de la vie étudiante menée après le premier confinement montre que 33% des étudiant-e-s interrogé-e-s ont rencontré des difficultés financières pendant la période et que 23% d’entre eux n’ont pas pu manger à leur faim !
Les migrant-e-s, durement touché-e-s
Les migrants ont été particulièrement exposés au coronavirus. Selon une étude réalisée par Médecins sans frontière en Ile-de-France, une personne sur deux aurait été infectée par le virus en raison, notamment, des conditions de vie favorisant une forte promiscuité. La restriction de l’Aide Médicale d’Etat décidée par le gouvernement un an avant la crise a également participé à la circulation active du Covid-19.
Par ailleurs, pour les exilés sans statut légal en France, le confinement a été synonyme d’arrêt complet de l’activité économique, renforçant la grande précarité de cette partie de la population.
De l’autre côté, des milliardaires français qui ne connaissent pas la crise
En France, des riches toujours plus riches
Alors que de nombreux pans de la population française ont vu leur vie et leur quotidien ébranlés, une autre partie de la population survole la crise. Seulement 9 mois ont suffi aux milliardaires français pour retrouver leur niveau de richesse d’avant la pandémie, tandis qu’au niveau mondial, plus de 10 ans seront nécessaires aux plus pauvres pour se relever selon le rapport d’Oxfam « Le virus des inégalités ».
Ces milliardaires ont même bénéficié d’une reprise exceptionnelle : ils ont ainsi gagné 175 milliards d’euros entre mars et décembre 2020 – soit l’équivalent de deux fois le budget de l’hôpital public -, dépassant leur niveau de richesse d’avant la crise. Comparé aux autres milliardaires dans le monde c’est la 3ème plus forte progression, après les Etats-Unis et la Chine.
Bernard Arnault creuse l’écart
La France compte actuellement 43 milliardaires. Parmi eux : Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH et grand gagnant de la crise. Il fait partie des quatre milliardaires de la planète ayant enregistré les fortes augmentations de leur fortune depuis le début de la pandémie !
Sur l’ensemble de l’année 2020, malgré la crise, la fortune de Bernard Arnault augmente de 44 milliards d’euros soit un bond de 41%. Après le pic de la crise, sa fortune a doublé entre mars et décembre.

La France des inégalités, fruit des choix politiques
Les inégalités ne sont pas une fatalité. Elles sont le résultat de choix politiques, en France et dans le monde entier. Nous avons besoin de mesures d’urgence pour ne laisser personne sur le bord de la route mais aussi besoin de penser un nouveau modèle de long terme, plus juste et plus durable.
Libertés, inégalités, fraternité ? Pour faire bouger les lignes, mobilisez-vous à nos côtés pour dénoncer cette France des inégalités et interpeller le gouvernement.
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Si un jour...
- Par Thierry LEDRU
- Le 04/02/2021
Si un jour, j'arrête d'écrire sur ce blog, je le clôturerai par cette vidéo.
Krishnamurti.
Je sais à quel point cet homme a été pour moi l'instigateur, le déclencheur, le révélateur.
J'étais au lycée quand j'ai lu "Se libérer du connu".
Je pense qu'aucun livre ne m'a autant bouleversé.
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Condamnation de l'Etat
- Par Thierry LEDRU
- Le 04/02/2021
Clair et net, ça ne changera rien.
Je l'ai écrit maintes et maintes fois. C'est à nous de changer nos comportements. Comportements envers notre consommation en établissant la liste de nos besoins, et non de nos envies.
Est-ce que j'ai besoin d'aller passer mes vacances à l'autre bout de la planète en prenant l'avion ? Non, c'est un désir.
Est-ce que j'ai besoin d'aller acheter de nouveaux habits parce que c'est l'époque des soldes ? Non, c'est un désir initié par un formatage social.
Est-ce que j'ai besoin de manger des animaux pour être en bonne santé ? Non, c'est un conditionnement et qui de plus ne contribue aucunement à ce que je sois en bonne santé. Je ne mange plus d'animaux depuis dix ans et cela ne m'empêche aucunement de continuer toutes mes activités physiques et mieux que ça encore, j'ai bien plus d'énergie et d'endurance que lorsque je mangeais de la viande, de la charcuterie, des fruits de mer, du poisson. J'ajouterai que je suis en paix sur un plan moral, spirituel, dans le domaine de ma conscience.
Est-ce que j'ai besoin d'acheter une nouvelle voiture parce qu'il y a davantage de technologie intégrées ? Non, c'est un désir, une certaine recherche de reconnaissance dès lors que la voiture que j'ai déjà répond à mes besoins de déplacement sans me mettre en danger. On vient de vendre notre petit camping car. Il avait trente ans et les frais qu'il demandait dépassait nos possibilités. De plus, nous avions besoin d'un moteur plus puissant pour nous aider dans le déménagement à venir. Nous en avons donc acheté un plus récent après maintes réflexions et discussions. Et ce fut difficile de nous séparer de ce vieux camion avec lequel nous avons connu de magnifiques virées en France.
Est-ce que nous avions besoin d'acheter une autre maison ? Oui, car il nous fallait un terrain beaucoup plus grand pour atteindre l'autonomie alimentaire que nous visons. Il nous fallait également un puits pour pallier aux périodes de sécheresse.
Aujourd'hui, nous étions de sortie, en skis de fond. Notre matériel a plus de dix ans, que ça soit dans le matériel de glisse que dans les habits que nous portons. Est-ce que nous avons besoin des nouveaux produits proposés par les magasins ? Non, aucunement. Ceux que nous avons n'atténue en rien le plaisir que nous éprouvons.
Je comprends parfaitement que des gens pratiquant intensément un sport cherchent à utiliser un matériel performant. Il s'agit aussi parfois d'une question de sécurité. Le freinage des vélos est par exemple un progrès indéniable. la légèreté des skis de randonnée permet de moins se fatiguer et de ne pas dépenser une énergie qu'il convient de préserver dans des situations engagées, les skis de nouvelle génération se conduisent beaucoup mieux que ceux qui ont dix ans et il est clair que dans une pente raide, c'est un facteur de sécurité.
Je ne réfute aucunement le progrès. Je cherche juste à en saisir la nécessité. Il n'est pas question de me laisser simplement entraîner dans des mouvements de masse ou des fuites consuméristes destinées à cacher ou à atténuer un mal-être existentiel ou à m'offrir un bonheur fugace alors que ces bonheurs ne sont que des pièges.
Pour en revenir à l'article ci-dessous, je pense que tout ça n'aura aucun effet. La seule chose qui puisse amener un gouvernement à changer de fonctionnement, c'est la population. Notre systéme politique est pyramidal. Les décisions viennent du sommet de l'Etat et c'est à mes yeux une totale aberration. Il faut donc que la population, à la base de la pyramide, en fasse trembler le socle et parvienne à déséquilibrer ce système étatique.
"L'affaire du siècle" : qu'est-ce que la condamnation de l'État va changer ?
ÉDITO - Alors que l’État a été condamné parce qu’il ne respecte pas ses engagements pour le climat, il est légitime de se demander si cette sanction peut faire évoluer les mœurs.
L'Edito Politique Olivier BostITUNES RSS "L'affaire du siècle" : qu'est-ce que la condamnation de l'État va changer ?
"L'affaire du siècle" : qu'est-ce que la condamnation de l'État va changer ? 02:48
Olivier Bost édité par Quentin Marchal
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PUBLIÉ LE 04/02/2021 À 09:16
Ce mercredi 3 février a été une journée au parfum de victoire pour les défenseurs de l'environnement. L’État a été condamné par le tribunal administratif de Paris parce qu’il ne respecte pas ses engagements pour le climat et pour les écologistes, c’est une victoire avant tout symbolique, alors que plus de deux millions de personnes avaient soutenu cette initiative lancée par des ONG il y a 2 ans.
La justice a estimé que l’État ne faisait rien ou presque rien pour réduire nos émissions à gaz à effet de serre et éviter le réchauffement de la planète. La France ne tient absolument pas ses engagements des accords de Paris, pris en 2015, et le “Make your planet great again” reste un slogan.
D’autre part, le calcul d’un préjudice ne sera pas une mince affaire car le réchauffement de la planète est la faute de toute la planète et pas seulement de la France. Ensuite, cette victoire est avant tout symbolique car l’État, même condamné, généralement, s’en moque éperdument.
L'État est très fort pour inventer le droit, moins pour le respecter
Par le passé, l’État français a déjà été condamné par la justice européenne à cause de la pollution dans l'air et les gouvernements successifs promettent de faire quelque chose sans qu'il ne se passe presque rien. Si l’État français a été condamné, personne n’a jamais eu la moindre réparation pour une maladie respiratoire.
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Un autre exemple, la France a été condamnée près d’une vingtaine de fois pour les conditions de détention jugées inhumaines dans les prisons et sur ce point là également, rien ne bouge. Enfin, il y a 15 ans, nous avons inventé le droit opposable au logement, qui permet à n'importe qui d'attaquer l'État s’il n’est pas logé dignement.
15 ans après, le bilan est très faible : autant dire que l'État est très fort pour dire le droit et l’inventer mais un peu moins pour le respecter. L'État adore fixer des règles, les politiques adorent se fixer des objectifs mais peuvent ne pas les respecter. Cela remet en cause et décrédibilise les engagements qui sont pris au niveau national, européen et international.
Alors qu'Emmanuel Macron a promis un référendum pour inscrire la préservation de la biodiversité, de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique dans la Constitution, il est légitime de se demander à quoi cela va servir. Sinon nous assurer de futurs procès contre l’État, dans 5, 10 ou 15 ans.
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