À Caminando, la rentrée des classes a plus de saveur que dans les écoles conventionnelles. Située en pleine nature, dans le Diois (Drôme), cette école pas comme les autres enseigne aux enfants les mathématiques, le français, mais aussi le jardinage, l’échange et la communication.
Depuis sa création en septembre 2013, l’école primaire Caminando repense totalement le processus d’apprentissage. Les contenus pédagogiques de l’Éducation Nationale y sont enseignés comme partout, mais cet établissement va plus loin. Au coeur de ses enseignements : la nature, l’écologie et le concret de l’action.
Dans cette école, hors de question de passer une journée assis dans une salle de classe à ingurgiter des savoirs abstraits. Les élèves de l’unique classe multi-âge alternent entre temps académique le matin, activités plus pratiques en début d’après-midi (fabrication de pain ou jardinage), avant de reprendre une activité intellectuelle en fin d’après-midi.
Cette année, 19 élèves ont fait leur rentrée à Caminando, le maximum que puisse accueillir l’établissement. « Nous avons une liste d’attente d’au moins 80 personnes », souligne fièrement Muriel Fifils, directrice et fondatrice de l’école.
Les élèves alternent entre activités intellectuelles et pratiques
« PAR EXEMPLE, EN MATHÉMATIQUES, ON VA APPLIQUER EN PESANT DES LÉGUMES »
Muriel Fifils et son assistante enseignent ensemble les programmes officiels du CP au CM2. Si le programme est le même, la méthode d’enseignement est totalement différente. Elle s’attache à donner du sens à l’apprentissage en le rendant plus concret.
Caminando amène aussi les élèves à s’interroger sur des questions plus philosophiques, chose qui n’existe pas dans les écoles primaires conventionnelles. Amour, colère, les élèves abordent les sentiments et réfléchissent au sens de la vie.
Les élèves ont aussi des moments d’échanges philosophiques sur le sens de la vie
Les enfants y sont particulièrement responsabilisés. Tous, quelque soit leur âge, participent activement à la vie de l’école. Repas, vaisselle, ménage, ils font tout et en redemandent. « Ils arrivent en courant le matin. Certains demandent parfois à dormir sur place. Nous l’avons fait une fois pour le départ des CM2 au collège, l’année dernière », raconte la directrice.
Dans cette école, la nature est au centre de l’apprentissage. Le jardinage fait également partie de l’enseignement. Deux fois par semaine, Jean-Louis Peytoureau, formateur en agroécologie, se rend à Caminando pour y enseigner les techniques de la permaculture. Mais ce n’est pas tout, observations des insectes, des oiseaux, exploration des berges de la rivière, les élèves apprennent à vivre en harmonie avec la nature et à la respecter.
Les élèves participent aux tâches ménagères de l’école, ce qui permet de les responsabiliser
La petite école de Caminando devrait devenir un modèle pour l’éducation nationale. Car n’oublions jamais que protéger l’environnement passe avant tout par l’éducation des plus petits. Si l’éducation vous intéresse, arpentez les écoles du monde entier en passant des classes surpeuplées d’Asie aux bateaux scolaires brésiliens.
Je vais travailler l'écoute musicale avec mes prochains élèves.
Je ne sais pas chanter, j'ai une voix très "limitée" mais je peux leur apprendre à écouter...
Les musiques répétitives représentent un espace musical très intéressant pour travailler l'audition, la concentration, la différenciation, la capacité à s'extraire d'un son pour en percevoir un autre, plus discret, en arrière-plan...La répétition permet ce travail. L'absence de paroles aussi. D'ailleurs, pour moi, la musique et le chant sont deux espaces différents. Sans aucune hiérarchie. Il ne s'agit pas de savoir si l'un est mieux que l'autre ou s'ils sont indiossociables ou quoi que ce soit d'autre. C'est juste que selon moi, pour apprendre à écouter de la musique, il ne doit pas y avoir de paroles parce que les mots captent considérablement l'attention. Je ne parle pas bien évidemment des "bouses" anglo saxonnes que les enfants écoutent sur leurs ordinateurs, smartphones et autres high tech.
Je leur ferai certainement écouter du Ferré, Barbara, Brassens ou Brel.
Là, je parle de musique, d'instruments, de mélodie.
Je cherche également à travers la concentration à les amener progressivement vers la méditation.
Au début, il s'agira simplement "d'absorber" les notes de piano... Elles ne sont pas nombreuses... Rien d'autre...Et dans l'espace entre chaque note, observer en soi le silence, c'est à dire, la "non-pensée"... Et le fait de se concentrer sur le piano et d'attendre la touche suivante, l'enfant écoutera l'espace intérieur, le vide en soi, la respiration, l'immobilité.
Oh, bien sûr, la première séance sera chaotique. Peu importe.
Je n'ai pas appris à écouter ces musiques du lundi au mardi.
Et puis, ensuite, on passera à la rythmique.
Et puis ensuite au synthétiseur.
Ou aux quelques notes de guitare basse.
Et puis à ces quelques voix, très lointaines, qu'on devine parfois...
Et puis, on reviendra au piano...
Et on recommencera...
Et lorsque, après dix ou vingt ou trente écoutes, ils auront "absorbé" le morceau, ils le "chanteront".
Certains joueront le piano, non pas en essayant de trouver l'instant exact de la note mais en la répétant, en essayant d'être le plus "juste" possible, d'autres tiendront la rythmique, (tchictchitchitchic...tchictchitchitchic....d'autres les vagues longues du synthétiseur (mmmmmmm........ohohohohoh.... mumumumumum.....)
Juste pour le plaisir.
Puis ensuite, on "agrandira" l'espace et on cherchera en quoi cette musique porte une certaine similarité avec l'existence...
Ces sons répétitifs comme des situations qui reviennent sans cesse, à intervalles réguliers ou pas, ces vagues sonores qu'on devine à peine mais qui existent pourtant, toutes ces petites notes joyeuses, lumineuses qui nous échappent si on n'y prend pas garde, si on ne parvient pas à s'extraire de la mélodie la plus vaste... Il est dans chaque journée des moments auxquels il faut accorder une attention particulière pour qu'ils ne tombent pas dans l'oubli, pour qu'ils ne dépérissent pas. Il est dans chaque journée des bruits entêtants qui couvrent les notes les plus pures.
Il faut apprendre à écouter... L'ensemble.
Pour être.
Le sourire d'un ami est une note de piano.
La parole bienveillante en est une autre.
Tout doit être entendu même quand le vacarme existe.
Il faut apprendre à écouter ce qui ne s'entend pas au premier abord.
Un oiseau qui chante dans le tumulte de la ville.
Un moment de silence dans le brouhaha de la cour de récréation.
Un nuage blanc solitaire au-dessus des montagnes.
Comme des notes de piano dans les vagues sonores qui s'étendent.
Et comprendre enfin que les notes de piano, toutes seules, n'auraient pas la même douceur.
Montée au rocher de l'homme, massif de Belledonne.
Une arête finale assez étroite et instable.
Moins dangereuse que les trottoirs des villes et les rues commerçantes.
Quand j'étais jeune et qu'il y avait un accident en alpinisme, à skis ou en randonnée, j'entendais dire que la montagne, c'était vraiment très dangereux, que tous ces gens qui prenaient des risques inconsidérés, c'était mal et qu'on devrait leur faire payer les secours, qu'ils mettaient la vie des secouristes en danger, que ces jeunes n'avaient plus aucune lucidité et patati et patata...
Aujourd'hui, on pourrait dire que tous ces gens qui vont dans des gares, des salles de spectacle, des rues commerçantes, à des feux d'artifice ou simplement qui marchent sur un trottoir en ville, sont vraiment des inconscients...
ISBN : 2070375161
Éditeur : GALLIMARD (04/01/1984)
Note moyenne : 4.05/5 (sur 3758 notes)
Résumé :
Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule de Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement:
“Tout deuxpattes est un ennemi. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux.”
Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer :
“Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres.”
Ce petit livre, dont le titre sonne comme un petit conte pour enfants sans prétention, est une des meilleures fables politiques jamais écrites.
L'humour, l'élégance et la simplicité de l'écriture d'Orwell contribuent grandement au succès du livre, en lui permettant d'aborder des questions politiques et historiques avec beaucoup de finesse et d'acuité, sans que la lecture devienne désagréable, bien au contraire.
On reconnaît aisément les différents types sociaux derrière chaque espèce animale de la ferme. Quel beau et touchant personnage que ce Boxer, représentant de la paysannerie irréductiblement fidèle au chef, qui abuse pourtant d'elle sans aucun scrupule!
On voit aussi apparaître très clairement des personnalités politiques précises derrière certains animaux, comme Lénine derrière Old Major, Staline derrière Napoléon ou encore Trotski derrière Snowball.
La dynamique interne de la petite révolution est aussi présentée de manière tout à fait convaincante.
Orwell arrive ainsi avec une facilité étonnante aux fins de critique politique qu'il se propose. Il reconnaît la méchanceté égoïste intrinsèque qui se cache derrière l'idéologie capitaliste et préfère une forme plus juste et honnête de socialisme. Par contre, il s'opposera toujours aux idéologies de gauche comme de droite, car leur extrême opposition n'est jamais qu'une apparence illusoire : en réalité, ce sont deux chemins qui mènent exactement au même point d'inhumanité bestiale.
Mon premier livre de George Orwell. Il n'est jamais trop tard pour commencer après tout ? Et surtout il faut lire ce livre, vous voyez, ce livre m'a tellement passionné qu'il rejoint mon top dix, voir mon top cinq des meilleurs livres.
Alors que l'on s'attend à une petite histoire sympathique, on a droit à une critique politico-sociale d'une incroyable justesse. Ce livre comment malgré toutes les belles promesses, et les bonnes volontés le système évolue toujours dans un totalitarisme plus ou moins avoué.
Dans ce livre, les secrets, les règles, les privilèges, qu'on certaines personnes de part leur rang ou leur argent sont clairement montré du doigt. Et ce n'est pas parce que ce sont des animaux que cela rend la chose plus facile, moins réaliste.
Chaque animal a sa place et son rôle et cela les chefs l'ont bien compris. Les moutons sont les meilleurs représentants de l'effet mouton dans notre société. Les termes abordés sont criants de vérité, on retrouve notamment le culte du chef tout puissant, la réécriture de l'histoire par les vainqueurs, le travail supplémentaire, la recherche du profit à tout prix, et la propagande.
Honnêtement je ne m'attendais pas à cela en commençant cette lecture. D'ailleurs je trouve la fin très dure car je trouve que le livre se termine sans aucun espoir. L'esclavagisme arrive et la meilleure ferme est devenue la ferme des animaux, tous les fermiers alentours voulant s'en inspirer afin d'avoir de meilleurs rendements…Un constat pessimiste mais terriblement réaliste.
Gorge Orwell nous montre que trop souvent ceux qui se soulèvent contre l'oppresseur finissent par le devenir eux-même…
Petit précis de littérature devenu , à juste titre , un incontournable Classique avec un K majuscule...ou peut-etre un Q , je ne sais plus... La Ferme des Animaux ne m'a jamais attirée plus que ça , la faute en incombant certainement aux dizaines de rediff. des pérégrinations de la famille Ingalls dont j'ai été abreuvé jusqu'à plus soif...Naaan , Laura , je peux pas te laisser dire ça . Nellie Oleson n'est pas méchaaaante , elle est juste conne , jalouse , peste , vicieuse mais pas méchaaaante...Bref , saturation totale de tout ce qui pouvait toucher de pres ou de loin à un récit à caractere champetre , aussi profond soit-il...
Errare Humanum Est ! Erreur réparée ! Plaisir maximal !
Le Girl Poweeer est mort , place au Pig Power . Napoleon et Boule de Neige ont décidé , à la mort de Sage l'Ancien ( Sus Scrofa Domesticus également de son état ) d'appliquer pleinement ses préceptes à savoir que l'homme est mauvais pour le deux pattes et decident ainsi , aidés en cela par tous les animaux de la ferme , de s'en affranchir ! Jones et sa femme sont donc violemment priés de décamper , laissant désormais le champ libre à nos deux leaders non-charismatiques autoproclamés et désormais en charge de gerer le quotidien de l'exploitation et de tous leurs occupants .
Des animaux parlant et conversant avec l'humain ne me dérangeaient pas quand j'avais...quatre ans . J'avais pour habitude , à l'époque , de guetter fébrilement le wagon de dessins animés du club Dorothée en réclamant impatiemment mon gouter journalier ! Une généreuse tartine de tripes au saindoux constituait immanquablement mon quatre heures à moteur , ceci expliquant cela...Le début fut donc quelque peu déroutant mais la force et l'intelligence du propos ici présent suffisent à focaliser le lecteur sur la démonstration plutot que sur les acteurs .
Et le propos justement , quel est-il ? En à peine 150 pages , Orwell nous démontre magistralement que , placé dans un contexte particulier , tout un chacun , des lors qu'il est porté par une majorité , est à meme de devenir le libérateur tant espéré . Un prophete qui rapidement prendra les traits d'un dictateur , une fois le ou les opposants placés sous l'éteignoir . le fait d'utiliser la métaphore animaliere donne à ce récit un caractere intemporel ! Une situation que l'on a connu ( Staline , Hitler , Mussolini..) , que l'on connait toujours ( Castro , Kim Jong Il ...) et sans etre un voyant du niveau de la fille qu'a une chance sur deux de mettre dans le mille mais qui se plante systématiquement , j'ai nommé la tres naturelle Elizabeth Tessier ( ce qui me permet encore de décocher quelques sourires sans faire craindre à mon interlocuteur que mes coutures ne lui petent à la gueule ! ) , que l'on connaitra encore .
Orwell démonte un à un les mécanismes du totalitarisme . Et notamment leurs dérives inhérentes .
Premiere étape : un hymne glorifiant le combat victorieux et l'entrée dans L Histoire .
Deuxieme étape : les tables de la loi . Ici , point de Décalogue mais sept lois ayant la particularité d'évoluer au gré du gentil dictateur sachant que ce dernier a plutot l'humeur changeante et arrangeante .
Puis vient le temps du sacre . Les opposants ou les fideles de la premiere heure susceptibles de s'en réclamer n'etant plus là pour l'invalider ! Entouré de sa garde rapprochée , le gentil dictateur prendra bien soin d'abreuver le bon peuple de tous ses bienfaits tout en lui présentant systématiquement le traitre de service , éxutoire tout désigné de tous leurs malheurs . Puis viendra la megalomanie galopante assortie d'une legere paranoia exterminatrice . Un gouteur pour chaque plat , on ne sait jamais . Une rumeur , un bruissement de complot et c'est la disparition définitive des pseudo bélligérants , on ne sait jamais...
Le gentil dictateur sait également s'entourer d'orateurs à la verve convaincante ! le lavage de cerveaux fait partie intégrante du processus ! le gentil dictateur est doté d'une modestie qui n'a d'égale que son altruisme . Il aime le faire savoir à l'envi !
Orwell , de façon concise et méthodique , nous délivre un petit bijou fabulatoire à haute teneur en causticité !
La Ferme des Animaux ou " Comment devenir un gentil despote " pour les nuls .
Et m'sieur Orwell , visiblement , dans le cochon , tout n'est pas bon...
Waouh ! ça dépote ! Angleterre, 1945. Suite au discours d'un vieux porc, les animaux de la Ferme du Manoir s'interrogent sur leur condition, et décident de chasser les humains de la ferme. Une fois maîtres des lieux, deux cochons, Boule de Neige et Napoléon, prennent les choses en main pour faire fonctionner la ferme, libérés de l'esclavage imposé par l'homme. Boule de Neige a plein de projets, mais Napoléon a d'autres idées derrière la tête.
Achevé en 1944, aucun éditeur n'a osé publier ce pamphlet allégorique contre Hitler et Staline, pas encore "débarqués".
Tous les symboles facho-staliniens y sont :
la préparation minutieuse de l'arrivée au pouvoir ;
la "nuit des longs couteaux" ;
la svastika et les symboles du totalitarisme ;
Joseph Goebbels et la manipulation d'information ;
Munich 1938 et les promesses bafouées ;
les SS ;
le bouc émissaire polonais ;
les confessions publiques ;
le stakhanovisme ;
les soupçons à outrance et l'exécution des traîtres ;
la diffusion de rumeurs ;
enfin, l'hypocrisie des puissants et leur vrai visage de malade, terrifiant.
Vers les trois quart du livre, des animaux, embrouillés par les discours manipulateurs de Brille-Babil. se demandent s'ils sont vraiment plus libres, et si la vie s'est vraiment améliorée...
Bref, un chef d'oeuvre, très rapide à lire, presque aussi bon que SA MAJESTE DES MOUCHES auquel il me fait penser !
Avant de s'éteindre, Sage l'Ancien, un cochon respecté par tous les animaux de la ferme, confie à ses compagnons son rêve d'un avenir débarrassé de l'Homme, où chaque bête vivrait des fruits de son propre labeur, libre et indépendante. Cet appel à la révolte, bien qu'effrayant pour ceux qui n'ont toujours connu que la domination des hommes, va peu à peu faire son chemin, jusqu'au jour où tous les animaux, d'un mouvement commun, se soulèvent et parviennent à chasser leur propriétaire et ses employés de l'exploitation.
Fière de cet exploit, la petite communauté décide de s'organiser autour des trois cochons qui savent lire et écrire : Napoléon, Boule de Neige et Brille-Babil, qui décident alors d'établir sept commandements qui régiront la vie à la ferme, basés sur l'égalité, la solidarité et le rejet de tout ce qui appartient au monde humain. Mais, très vite, certaines prérogatives apparaissent, améliorant les conditions de vie des cochons au détriment des autres animaux et menaçant l'harmonie de la ferme…
« La ferme des animaux », est une fable politique publiée en 1945 et qui s'est depuis élevée au rang de classique de la littérature. George Orwell, comme Esope et La Fontaine avant lui, fait parler des animaux pour élaborer à travers eux une critique virulente du régime de l'URSS et plus particulièrement du stalinisme, dénonçant cette politique hypocrite qui, sous prétexte de partage et d'égalité, s'approprie le pouvoir et manipule le plus grand nombre.
A travers l'histoire de ce soulèvement des bêtes contre l'homme, il décortique les mécanismes du totalitarisme dénonçant la montée au pouvoir d'une minorité, la mise en place d'un système de propagande, l'exploitation des plus faibles et l'éviction des rivaux... Ce que j'ai trouvé particulièrement fort, c'est cette capacité de George Orwell à s'emparer d'un sujet pourtant complexe et d'en faire un roman plaisant à lire, facile à comprendre et accessible par le plus grand nombre. Un texte passionnant et intemporel, impressionnant de part son acuité, qui fait partie des oeuvres à avoir lu absolument !
Challenge Variétés : un livre avec des personnages non-humain
Toute l'année, les animaux trimèrent comme des esclaves, mais leur travail les rendaient heureux. Ils ne rechignaient ni à la peine ni au sacrifice, sachant bien que, de tout le mal qu'ils se donnaient, eux-mêmes recueilleraient les fruits, ou à défaut leur descendance - et non une bande d'humains désoeuvrés, tirant les marrons du feu.
S'étranglant presque, et montrant un triple menton violacé, il finit par dire: "Si vous avez affaire aux animaux inférieure, nous c'est aux classes inférieures." Ce bon mot mit la tablée en grande joie. Et de nouveau Mr. Pilkington congratula les cochons sur les basses rations, la longue durée du travail et le refus de dorloter les animaux de la Ferme.
A l'en croire, il existait un pays mystérieux, dit Montagne de Sucrecandi, où tous les animaux vivaient après la mort. D'après Moïse, la Montagne de Sucrecandi se trouvait au ciel, un peu au-delà des nuages. C'était tous les jours dimanche, dans ce séjour. Le trèfle y poussait à longueur d'année, le sucre en morceaux abondait aux haies des champ.
FIGAROVOX/ENTRETIEN- Jean-Charles Brisard revient sur l'attentat de Londres. Pour lui, malgré l'affaiblissement de l'État islamique, rien ne permet de penser que la menace terroriste qui pèse sur l'Europe baissera en intensité.
Jean-Charles Brisard est président du Centre d'Analyse du Terrorisme (CAT)
FIGAROVOX.- Un an jour pour jour après les attentats de Belgique, Londres est victime d'une nouvelle attaque terroriste? Que cela vous inspire-t-il? Cette date a-t-elle, selon vous, été choisie au hasard?
Jean-Charles BRISARD.- Aucun élément ne permet de dire à ce stade s'il existe une symbolique de cette date. Les djihadistes ont leur propre agenda et n'attachent pas nécessairement d'importance aux dates qui sont symboliques pour les pays occidentaux. Ce type d'attaques, c'est d'abord une question d'opportunité.
En juillet 2005, un attentat à la bombe dans le métro londonien, avait déjà fait 56 morts. L'Angleterre et, en particulier Londres, sont-ils particulièrement visés par les terroristes islamistes? Cela a-t-il un lien avec la population qui vit dans la capitale?
L'absence d'attentat meurtrier depuis 2013 sur le sol britannique ne doit pas nous faire oublier que le Royaume-Uni est, à l'instar des États-Unis, l'une des principales cibles des menaces des groupes djihadistes. 13 attentats ont été déjoués par les autorités depuis 2013, et une attaque à l'arme blanche conduite par un sympathisant de l'État Islamique a fait 3 blessés en 2015. Au moment des attentats de Bruxelles en mars 2016, les terroristes envisageaient différentes cibles, dont la Grande-Bretagne, avant d'y renoncer. Outre des projets déjoués ou avortés, ce pays est très régulièrement visé par la propagande de ces groupes, dans leur littérature, ainsi que par de nombreux djihadistes appelant à frapper ce pays. Ces groupes, l'État Islamique en particulier, ont tenté à de très nombreuses reprises, et sans succès, d'organiser des attentats sur le sol britannique. D'après plusieurs témoignages, s'ils ne sont pas parvenus à mener une opération de grande ampleur, c'est notamment en raison d'une attrition des volontaires djihadistes pour participer à une opération sur leur territoire national, alors que les Britanniques constituent le second contingent de djihadistes européens après les Français, avec près de 600 combattants sur place. Une situation qui illustre sans doute une dimension plus internationaliste chez les djihadistes britanniques que chez les djihadistes français ou belges, plus enclins à frapper leur pays d'origine. Ce qui a dominé, en termes de projets, ce sont des actions téléguidées depuis la Syrie et l'Irak par des djihadistes anglo-saxons. Il existe en Grande-Bretagne de nombreux sympathisants et soutiens des groupes djihadistes comme l'a montré la préparation des attentats de Paris et Bruxelles, lorsque Mohamed Abrini, l'un des logisticiens de ces attentats, s'était rendu à Birmingham au mois de juillet de 2015 à la demande d'Abdelhamid Abaaoud pour récupérer de l'argent mis à disposition par des sympathisants.
Après la France, la Belgique et l'Allemagne, c'est désormais la Grande-Bretagne qui est visée. Les terroristes islamistes ont-ils déclaré la guerre à l'Europe entière?
Dans une étude qui sera rendue publique la semaine prochaine, nous montrons qu'entre 2013 et 2016, l'Europe a été le théâtre de 64 projets d'attentats, 24 attentats et 6 tentatives en lien avec le contexte syro-irakien, un bilan très supérieur à celui observé dans d'autres pays occidentaux comme les États-Unis, l'Australie ou le Canada. Ces actions visaient plusieurs pays européens, la France, la Belgique, l'Allemagne, le Royaume-Uni, mais également la Suède, le Danemark, l'Espagne, l'Italie et l'Autriche. Frapper l'Europe est devenu une priorité pour l'État Islamique essentiellement pour trois raisons: la participation de plusieurs pays européens à la coalition militaire internationale contre ce groupe, la présence d'un très grand nombre de djihadistes européens sur le théâtre des opérations syro-irakien, plus de 2.800 selon nos dernières estimations, et enfin la proximité de l'Europe avec le théâtre des opérations terroristes en Syrie et en Irak.
Dimanche à Orly, un assaillant a tenté de tuer un militaire avant d'être lui-même abattu. La violence djihadiste se banalise-t-elle? Va-t-on devoir vivre avec au quotidien durant les prochaines décennies?
Nous sommes aujourd'hui confrontés à 3 types de schémas opérationnels de la part des groupes djihadistes: une menace directe, organisée, à l'instar des attentats des Paris et Bruxelles ; une menace téléguidée qui est le fait de djihadistes présents sur le théâtre des opérations qui communiquent avec des sympathisants via les réseaux sociaux et les messageries chiffrées en leur prodiguant des recommandations de cibles et des conseils opérationnels (représentant la majorité des projets d'attentats en France en 2016 - 9 sur 17 -) ; enfin une menace inspirée par la propagande de ces groupes, celle qui demeure la plus insaisissable. Les assaillants menant ce type d'attaques utilisent généralement des moyens rudimentaires (arme blanche, véhicules…) dont l'issue est aléatoire mais qui peuvent s'avérer aussi meurtriers que des bombes ou des armes de guerre (Attentat de Nice le 14 juillet 2016). La menace est amenée à évoluer vers plus d'attaques inspirées, d'abord parce que les pertes territoriales et humaines subies par le groupe État Islamique affaiblissent et désorganisent sa capacité à planifier des attentats en Europe et à projeter des combattants pour y commettre des attentats. Ensuite, les services de renseignement occidentaux ont progressivement acquis une connaissance plus précise des réseaux constituant la menace actuelle, et peuvent donc être plus proactifs qu'ils ne l'étaient il y a encore 2 ans. Cependant, compte tenu du nombre de djihadistes européens aujourd'hui impliqués en Syrie et en Irak, il convient également de tenir compte du fait que les conséquences de leur engagement seront durables, comme nous l'avons déjà observé dans l'histoire du djihad moderne, non seulement en termes de menaces directes, mais également en termes de radicalisation. Ces combattants sont susceptibles, à leur retour, de mener des actions de propagande, de prosélytisme et de recrutement. Au-delà des seuls combattants, l'emprise et l'enracinement à long terme, par capillarité, du phénomène salafiste djihadiste et de ses soutiens, sont une cause de préoccupation majeure, amplifiée par une propagande qui demeure massive et aisément accessible.
Pourtant l'État islamique semble affaibli. Cela explique-t-il la multiplication des attaques? S'agit-il d'un baroud d'honneur?
Dans le contexte actuel d'affaiblissement général de l'État Islamique sur le plan militaire, ces attaques sont devenues vitales pour le groupe, afin de ne pas enrayer la dynamique créée il y plus de 3 ans avec la proclamation d'un Califat. Pour autant, les attaques de l'État Islamique contre les pays occidentaux s'inscrivent dans un continuum, elles ont commencé bien avant l'offensive actuelle à Mossoul. Il convient d'analyser ce mode opératoire sur le long terme plutôt que comme un phénomène conjoncturel. Je l'ai souvent rappelé, la menace globale de l'État Islamique est inhérente, consubstantielle à son existence en tant que groupe djihadiste, et ce dès sa création. À cet égard, le premier appel d'un djihadiste français à perpétrer des attentats en France précède l'annonce du Califat en Juin 2014, et même la création de l'État Islamique en Irak et au Levant en Avril 2013, et date du 22 janvier 2013. C'est donc une menace ancienne qui est amenée à durer longtemps.
La destruction de Daech suffira-t-elle à enrayer le phénomène djihadiste et islamiste?
L'État Islamique sera défait militairement dans sa forme actuelle, c'est une évidence. Il perd progressivement ses principaux bastions en Irak et en Syrie. Le groupe enchaîne les défaites et ne peut plus compter sur sa force d'attraction qui constituait son principal moteur. Pour autant, détruire ce groupe dans sa forme actuelle ne mettra pas fin à la menace terroriste qu'il véhicule. Ce groupe va se transformer, retournant sans doute à la clandestinité, mais en tout état de cause il sera toujours présent dans la région et poursuivra ses efforts de propagande et d'incitation. Quant au phénomène djihadiste, il ne sera pas enrayé par ces victoires militaires. Il a montré une forte capacité de résilience depuis 30 ans qui le conduira à évoluer.
Dans l'écriture de "Là-Haut", le roman précédent, j'avais décidé de travailler sur la reconstruction d'un homme, victime d'un attentat.
La femme de Jean est morte et il est amputé d'une jambe. Le retour à la montagne engendrera le retour à l'amour.
Une fin heureuse.
Après l'écriture de l'histoire "Les héros sont tous morts", j'ai décidé de prolonger le récit avec une suite. "Tous, sauf elle."
Puis deux. "Jéricho".
Je travaille donc à écrire.
Je compile des dizaines de documents.
La menace terroriste est toujours sur le devant de la scène. Mais elle prend une ampleur monumentale.
Et voilà, que de nouveau, l'actualité rejoint la fiction. Avec la même violence insupportable, les mêmes douleurs, les mêmes questions...
Et, pour moi, une interrogation tourne en boucle : Qu'en est-il de notre droit à nous défendre ?
Loin de moi l'idée de critiquer les forces de police qui agissent sur le terrain. C'est envers la hiérarchie politique que je m'interroge grandement.
De nombreux écrivains, sociologues, historiens, philosophes, ont travaillé, réfléchi, commenté, analysé le rôle de la peur et son "intérêt" pour des dirigeants. J'ai lu, lu, lu encore et encore et visionné de nombreux documents.
Je n'ai absolument AUCUNE confiance dans les instances gouvernementales. Quelles que soient leurs étiquettes.
Non, je ne suis pas un "complotiste" paranoïaque, déglingué, drogué et je ne suis pas non plus avide et impatient de voir s'effondrer le château de cartes.
Je cherche juste à comprendre ce qui doit l'être.
Il est inutile d'énumérer les souffrances immenses dont nous sommes les témoins.
Je rejette par contre totalement l'idée que nous sommes impuissants et que nous n'ayons que le droit de prier pour les morts, d'allumer des bougies, d'éteindre la tour Eiffel...
Ceux qui ont survécu mais souffriront pour le reste de leurs jours que pensent-ils aujourd'hui de la sécurité des populations ?
Que deviennent ces hommes, ces femmes et ces enfants, une fois que la ferveur empathique est retombée ?
Est-ce donc si inéluctable, devons-nous apprendre à vivre avec cette peur en bravant les fous et en affirmant que rien ne pourra nous priver de nos libertés ?
Ce sont des paroles. La réalité est totalement différente quand le mal a frappé.
Je suis très heureux de vivre dans une vallée perdue et j'évite autant que possible les zones urbaines. Il est bien moins dangereux finalement d'aller grimper sur un sommet que d'aller dans une gare, un musée ou une rue commerçante.
Doit-on l'accepter en espérant que les forces policières parviendront à éviter le pire ?
On voit bien que c'est impossible.
Alors ?
Que fait-on ?
Prenons le cas d'un enfant. Que pense-t-il du fait que son père ne puisse le sauver autrement qu'en prenant la fuite et en espérant qu'un homme armé dans un uniforme viendra les protéger ? Son père doit-il lui répondre qu'il n'a pas le droit de se défendre ?
Mais puisque les gouvernants disent que "nous sommes en guerre", comment l'enfant peut-il comprendre que son père n'a pas le droit de le sauver ?...
Je sais, aujourd'hui que si j'ai la possibilité un jour de tuer un terroriste avec le poignard qui ne me quitte jamais, je le ferai.
Je ne l'implorerai pas.
"TOUS, SAUF ELLE."
« Un pays n’est pas en guerre, c’est juste un territoire sur une carte, un concept, une entité vide. C’est le peuple qui est en guerre, c’est lui qui en souffre dans sa chair et si le peuple est menacé il est de son droit naturel de pouvoir et même de devoir se défendre. Le peuple français est victime des agissements secrets et intéressés des gouvernements successifs et c’est lui qui en subit directement les conséquences. Aucune personnalité politique n’a été abattue par les terroristes mais combien de civils, ici en France, à Londres, en Belgique, en Espagne ? Dès lors, il est absurde que le peuple compte uniquement sur ces différents gouvernements et les forces occultes qui s’y trouvent pour assurer sa sécurité. Lorsque Roland Bafius armait Al Nosra, opposé à Bachar el Assad, il armait par la même occasion les terroristes qui aujourd’hui tuent sur le sol européen. Lorsque le gouvernement français vend des armes aux pays arabes, il contribue à mettre le peuple français en danger car ces pays se haïssent les uns les autres à travers des factions religieuses qui s’opposent et elles nous en font payer le prix. Puisque Samuel Balls a dit que « la France est en guerre et que les générations futures devront apprendre à vivre avec le risque terroriste », j’ai décidé de prendre une arme et de m’en servir. Si je n’avais pas tué ces deux terroristes, combien auraient-ils tué de personnes avant que les forces de l’ordre n’arrivent et les abattent ? Vous voulez me reprocher d’avoir sauvé ces gens ? Il a fallu huit minutes aux militaires pour intervenir. C’est très long huit minutes quand il s’agit de sauver votre vie. Souvenez-vous de cet homme qui avait réussi à s'accrocher à la cabine du camion sur la promenade des Anglais à Nice, le camion qui a fauché plusieurs dizaines de personnes. S’il avait eu une arme à feu, c’était fini. Combien de personnes sauvées ? Qui aurait été en droit de le lui reprocher ? Allez donc demander aux familles qui ont perdu un proche ce qu’elles en pensent ? Nous sommes en guerre, c’est très clair, personne ici ne l’a voulu, nous sommes les victimes potentielles des agissements des politiciens et des financiers. Je ne veux pas mourir, donc je me défends. Les gens qui devraient être entendus par la justice, ça n’est pas moi mais les hommes qui ont déclenché ce chaos. Allez chercher tous ces politiciens, tous les vendeurs d’armes, tous les financiers, tous les magnats du pétrole. Organisez un tribunal populaire et non la mascarade habituelle de votre justice corrompue. Et si vous ne le faites pas, alors taisez-vous et laissez le peuple se défendre.»
Attentats en Europe : "De plus en plus de projets d'attaque passent à travers les mailles du filet"
On compte une quinzaine d'attentats en Europe depuis le début de l'année, contre une dizaine seulement en 2015 et 2016. Comment expliquer ce phénomène ? Yves Trotignon, ancien analyste de la DGSE et spécialiste du jihadisme, a répondu aux questions de franceinfo.
Les unes de la presse espagnole au lendemain des attentats qui ont frappé Barcelone et Cambrils le 17 août 2017. (GABRIEL BOUYS / AFP)
L'Espagne meurtrie. Deux attentats ont frappé la Catalogne (Espagne), jeudi 17 août. L'un à Barcelone, qui a fait 14 morts et une centaine de blessés selon un bilan provisoire, l'autre à Cambrils où six personnes ont été blessées. Deux attaques qui s'ajoutent à la longue liste des attentats commis en Europe depuis 2015. Avec le sentiment d'une accélération depuis le début de l'année, où l'on compte une quinzaine d'attaques meurtrières (notamment Londres, Manchester ou Stockholm). Comment expliquer ce phénomène ? Éléments de réponse avec Yves Trotignon, ancien analyste de la DGSE et spécialiste du jihadisme.
franceinfo : Y a-t-il réellement une multiplication du nombre d'attentats depuis le début de l'année 2017 ?
Yves Trotignon : Il y a un effet d'accumulation, qui donne au citoyen le sentiment que ça ne s'arrête jamais. Pour se faire une idée plus juste de la menace terroriste, il faut compter le nombre d'attentats qui ont eu lieu et ceux qui ont été déjoués. A ce titre, on sait qu'il y a eu une quinzaine d'attentats déjoués en France en 2016, et sept depuis le début de cette année. En Angleterre, le gouvernement a communiqué le chiffre d'une demi-douzaine de tentatives déjouées au moment de l'attentat de Manchester. Le phénomène auquel on assiste, c'est qu'il y a de plus en plus de projets d'attaque qui passent à travers les mailles du filet. Mais ces attentats sont pour l'instant moins meurtriers qu'en 2015 ou 2016.
Les cibles de ces attentats se diversifient : Cambrils est par exemple une ville beaucoup plus petite que Barcelone…
Le fait que les terroristes se soient attaqué aussi à Cambrils, qui n'est pas une ville connue en dehors de l'Espagne, envoie le message que tout le monde est concerné. Comme lors de l'attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray, en juillet 2016 en France. Le but des terroristes, c'est que tous les Européens craignent qu'ils puissent frapper chez eux, et pas que dans les grandes métropoles.
On ne peut pas nier un sentiment de vengeance. L'Etat islamique perd militairement, donc il attaque en Europe. Il ne faut pas oublier que les attentats permettent de recruter de nouveaux membres. Ce qui se passe dans l'ancien territoire de l'EI, avec les exactions des milices chiites de la coalition à Mossoul ou à Raqqa, pousse aussi certains à se dire que ce sont les jihadistes qui avaient raison.
Mais ce serait réducteur d'expliquer uniquement ainsi l'accroissement des attentats. Sinon, en poussant le raisonnement, cela voudrait dire qu'en leur laissant le territoire qu'ils revendiquent, ils devraient arrêter les attentats – ce qui ne se produira pas. Et cette défaite militaire ne sonnera pas le glas de l'EI. Sur le terrain, les chefs de l'organisation ont commencé à entrer dans la clandestinité. Ils l'avaient déjà fait en 2007-2008 quand ils avaient été battus une première fois par la coalition menée par les Etats-Unis.
On observe aussi que de plus en plus d'attentats se font à l'aide d'une fourgonnette. Ce mode opératoire plus simple a-t-il poussé des sympathisants jihadistes à passer à l'acte ?
L'Etat islamique incite régulièrement ses sympathisants à frapper n'importe où. Ils ont ainsi encouragé le fait de mettre le feu à des forêts pendant l'été, à saboter des transports en commun ou, récemment, à provoquer des déraillements. Il existe toute une littérature jihadiste qui aide les aspirants terroristes à passer à l'acte. Dans un numéro du magazine d'Al-Qaïda, on trouvait un dossier avec des conseils sur la bonne camionnette à louer pour faire un maximum de dégâts en fonçant sur une foule. Le magazine de l'EI avait de son côté publié un dossier sur les voitures piégées, qui expliquait comment procéder avec les bonbonnes de gaz…
Autant de synthèses extrêmement habiles qu'on appelle le terrorisme "open source". Le plus incroyable, c'est que ces magazines proposent des retours d'expérience. Celui d'Al-Qaïda commente les actions terroristes de l'EI en soulignant les bons et les mauvais points. On assiste à une forme d’émulation entre groupes rivaux, qui s’affrontent mais reconnaissent qu’ils ont des ennemis communs.
Cela renforce-t-il le côté "amateur" du terrorisme actuel ?
Il existe, schématiquement, deux types de personnes susceptibles de passer à l'acte. D'un côté, l'amateur éclairé, qui va puiser sur internet les ressources pour commettre son attentat de proximité. De l'autre, le noyau dur de l'Etat islamique en Irak ou en Syrie, qui revient au bercail après avoir survécu à la guerre. Ceux-là sont les plus dangereux, les plus radicaux et surtout les plus convaincus par le projet politique de l'EI. Ce sont les plus susceptibles de mener un attentat à l'explosif, coordonné, comme à Paris le 13 novembre.
On risque donc d'assister à de plus en plus d'attentats en Europe dans les années à venir ?
C'est une tendance lourde depuis 2013-2014 et l'attentat du musée juif de Bruxelles. Après, il faut faire une distinction entre ce que perçoit le grand public et ce que perçoivent les spécialistes. L'homme qui a attaqué des militaires à Orly en mars n'était pas jihadiste ; idem pour celui qui a foncé dans une pizzeria en Seine-et-Marne, mi-août. D'un point de vue judiciaire, il n'est pas poursuivi pour tentative d'attentat. Et pourtant, cela renforce le sentiment de peur du grand public.
C'est pour ça qu'on a toujours les militaires de l'opération Sentinelle dans les rues, alors que nombre de spécialistes estiment que ça ne sert à rien et qu'ils constituent plus des cibles qu'autre chose. Le consensus général au sein des chercheurs était qu'on en avait pour une ou deux générations à vivre avec la menace terroriste. Le chiffre a été revu à la hausse récemment, et certains observateurs craignent que ce ne soit un des phénomènes du siècle.
Carl Gustav Jung est un médecin psychiatre suisse né le 26 juillet 1875 à Kesswil, mort le 6 juin 1961 à Küsnacht en Suisse alémanique.
Fondateur de la psychologie analytique et penseur influent, il est l'auteur de nombreux ouvrages. Son œuvre est liée à la psychanalyse de Sigmund Freud dont il a été l’un des premiers défenseurs et dont il se sépara par la suite en raison de fortes divergences théoriques et personnelles.
Les citations regroupées dans cet article vous permettront d’obtenir une appréciation approfondie de ce connaisseur de la vie, avec des thèmes conscients et présents tout au long de ses enseignements. Il était un penseur profond avec une connaissance intime de son être intérieur.
Donc voici 30 citations inspirantes de Jung qui représentent aussi fidèlement que possible la pensée autour de son travail, en espérant que ces quelques lignes vous seront une vaste matière à réflexion.
« Ce n’est pas en regardant la lumière qu’on devient lumineux, mais en plongeant dans son obscurité. Mais ce travail est souvent désagréable, donc impopulaire. »
«Le noyau de toute jalousie est un manque d'amour.»
«En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu'il nous voit bien différent de ce que nous croyons être. »
« Nul ne peut avoir de lien avec son prochain s’il ne l’a d’abord avec lui-même. »
«Lorsque la psyché ne fonctionne pas comme il faudrait, le corps peut en subir de grands dommages; et inversement, une souffrance physique peut entraîner celle de l'âme; car âme et corps ne sont pas séparés; ils sont une seule et même vie. »
«Sachant que chercher votre propre obscurité est la meilleure méthode pour traiter les ténèbres des autres personnes. L'on ne devient pas éclairé par l'imagination des figures de lumière, mais en rendant la noirceur consciente. La chose la plus terrifiante est de s'accepter complètement. Vos visions ne seront claires que lorsque vous pourrez regarder dans votre propre cœur. Qui a l'air dehors, rêve ; qui regarde à l'intérieur, se réveille. »
«Pour que nos feuilles puissent atteindre le ciel, nos racines doivent descendre jusqu’en enfer.»
« Les gens feront tout, jusqu'au plus absurde, afin d'éviter de se confronter à leur propre âme. On ne devient pas éclairé en imaginant des figures de lumière, mais en rendant l'obscurité consciente. »
« Si vous ne faites pas face à votre ombre, elle vous viendra sous la forme de votre destin. »
«Tout ce qui nous irrite chez les autres peut nous mener à conduire à mieux nous comprendre. »
« La rencontre de deux personnalités est comme le contact de deux substances chimiques: s’il se produit une réaction, les deux en sont transformés. »
« Je ne suis pas ce qui m’est arrivé, je suis ce que je choisis de devenir. »
« Connaître la face obscure de sa propre âme est la meilleure préparation qui soit pour savoir comment se comporter face aux parties obscures des autres âmes. »
« Les enfants sont éduqués par ce que l’adulte est, non par ses bavardages. »
« C'est pourquoi il est si extraordinairement important, dans l'éducation, que les parents sachent quels sont leurs problèmes, et qu'ils ne s'y ferment pas ; sans quoi les enfants sont obligés de vivre une vie qui est tout simplement impossible ; de faire des choses affreuses, qui ne sont pas du tout dans leur nature, mais transmises par leurs parents. Il y a alors des phénomènes vraiment intéressants. Quand on étudie l'histoire d'une famille et que l'on analyse les relations entre enfants et parents, on peut voir souvent le fil rouge de la destinée. La malédiction des Atrides se trouve parfois en plusieurs exemplaires dans une seule et même famille.»
« Trouvez ce dont une personne a le plus peur et vous saurez de quoi sera faite sa prochaine étape de croissance. »
«Votre vision devient claire lorsque vous pouvez regarder dans votre cœur. Celui qui regarde à l’extérieur de soi ne fait que rêver ; celui qui regarde en soi se réveille. »
« Les gens vont faire n’importe quoi, n’importe comment de manière absurde pour éviter d’affronter leur propre âme. »
« La solitude ne vient pas de l’absence de gens autour de nous, mais de notre incapacité à communiquer les choses qui nous semblent importantes. »
« Un homme qui n’a pas traversé l’enfer de ses passions ne les a jamais surmontées. »
« Votre vision devient claire lorsque vous pouvez regarder dans votre cœur. »
« Je ne suis pas ce qui est arrivé, je suis ce que je choisis de devenir. »
« Ce à quoi vous résistez persiste. »
« Le rêve est la petite porte cachée dans le sanctuaire plus profond et plus intime de l’âme, qui s’ouvre à la nuit cosmique primordiale qu’était l’âme bien avant qu'il soit un esprit conscient. »
« En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu’il nous voit bien différent de ce que nous croyons être. »
«Tout ce qui nous irrite chez l’autre peut nous aider à mieux nous comprendre. »
« Les éléments psychologiques qui existent dans un être à son insu et dont la somme compose ce que nous appelons l'inconscient, ces éléments, selon la théorie freudienne, on le sait, seraient uniquement constitués par des tendances infantiles ; celles-ci, en raison de leur caractère d'incompatibilité avec les facteurs conscients du psychisme, se trouvent refoulées. Le refoulement est un processus qui s'insinue et s'institue dès la prime enfance : il est comme l'écho intérieur qui répond à l'influence et à l'imprégnation morales exercées par les proches, et il dure tant que dure la vie. Grâce à l'analyse, les refoulements seront supprimés, et les désirs refoulés seront rendus conscients.
Selon la théorie freudienne, l'inconscient ne renfermerait donc pour ainsi dire que des éléments de la personnalité qui pourraient tout aussi bien faire partie du conscient, et qui, au fond, n'en ont été bannis, n'ont été réprimés, que par l'éducation. »
« Sur le plan psychologique il n’existe pas d’influence plus puissante sur l’entourage et plus particulièrement sur les enfants que la vie non vécue des parents. »
« Si on ne comprend pas une personne, on a tendance à le considérer comme un imbécile. »
« En se confrontant avec l’inconscient, le Moi se transforme. »
« L’effet thérapeutique que je cherche à obtenir est la création, chez le sujet, d’un état d’âme dans lequel il commence à faire l’expérience de sa propre nature, à expérimenter avec les éléments de celle-ci, d’un état enfin fait de fluidité, d’aptitude à la métamorphose et au devenir. »
Sources:
«La Guérison psychologique» - C.G. Jung
«Bibliographie raisonnée des écrits de C.G. Jung»- Juliette Vieljeux et Florent Serina
«Aspects du drame contemporain » - C.G. Jung
«C.G. Jung parle, Rencontres et interviews réunis » - W. Mc Guire et R.F.C. Hull
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"Nous avons discuté de cette question d'une révolte qui reste confinée aux limites de la prison, et nous avons vu comment tous les réformateurs, les idéalistes, et d'autres encore, s'activant sans cesse à l'obtention de certains résultats, se révoltent sans jamais sortir des murailles de leur propre conditionnement, de leurs propres structures sociales, des schémas culturels qui sont l'expression de la volonté collective du plus grand nombre.
Je crois qu'à présent nous aurions intérêt à examiner ce qu'est la confiance et comment elle naît. C'est à travers l'initiative que naît la confiance ; mais l'initiative restreinte à un schéma donné ne fait naître que la confiance en soi, qui est tout à fait différente de la confiance étrangère à l'ego. Savez-vous ce que signifie avoir confiance ? Si vous faites quelque chose de vos propres mains, si vous plantez un arbre et le regardez grandir, si vous peignez un tableau ou écrivez un poème, ou, devenu plus âgé, si vous construisez un pont ou exercez de façon admirable des responsabilités administratives, cela vous donne confiance en vos capacités d'action. Mais la confiance telle que nous la connaissons actuellement reste dans l'enclos de cette prison que la société - qu'elle soit communiste, hindoue ou chrétienne - a édifiée autour de nous.
L'initiative qui s'exerce dans l'enceinte de la prison suscite en effet une certaine confiance, car vous vous sentez capables de faire certaines choses: concevoir un moteur, être un très bon médecin, un excellent scientifique, etc. Mais ce sentiment de confiance qui va de pair avec la capacité à réussir dans le cadre des structures sociales, ou à réformer, à donner plus de lumière, à décorer l'intérieur de la prison, est en réalité de la confiance en soi: vous savez que vous êtes capables de faire quelque chose, et lorsque vous le faites, vous vous sentez importants.
Au contraire, lorsque c'est à travers l'investigation et la compréhension que vous rompez avec les structures sociales dont vous faites partie, il apparaît alors une forme de confiance totalement différente et dénuée de toute sensation de notre propre importance ; et si nous parvenons à comprendre la différence entre les deux - entre la confiance en soi et la confiance étrangère à l'ego -, je crois que cette distinction aura une grande portée dans notre vie.
Quand vous êtes doués pour un sport, comme le badminton, le cricket ou le foot-ball, vous avez un certain sentiment de confiance, n'est-ce pas ? Cela vous donne le sentiment d'être plutôt bons. Si vous trouvez rapidement la solution à des problèmes mathématiques, cela aussi engendre un sentiment d'assurance. Quand la confiance naît d'une action qui a lieu dans le cadre des structures sociales, elle s'accompagne toujours d'une étrange arrogance, ne trouvez-vous pas ?
La confiance de celui qui sait faire, qui est capable d'obtenir des résultats, est toujours teintée de cette arrogance de l'ego, du sentiment que « C'est moi qui l'ai fait ». Ainsi, dans l'acte même d'obtenir des résultats, de susciter une réforme sociale à l'intérieur de la prison, il y a l'arrogance de l'ego, le sentiment que c'est moi qui ai fait cela, que mon idéal a de la valeur, que mon groupe a réussi. Ce sentiment du « moi » et du « mien » va toujours de pair avec la confiance qui s'exprime dans l'enceinte de la prison sociale. Vous avez sans doute remarqué à quel point les idéalistes sont arrogants.
Les leaders politiques qui obtiennent certains résultats, qui réussissent de grandes réformes - n'avez-vous pas remarqué comme ils sont imbus d'eux-mêmes et se rengorgent en parlant de leurs idéaux et de leurs réussites ? Ils sont au plus haut dans leur propre estime. Lisez quelques discours politiques, observez certains de ceux qui se disent réformateurs, et vous verrez que dans le processus même de réforme, ils cultivent leur ego ; leurs réformes, si étendues qu'elles soient, restent limitées au cadre de la prison, elles sont donc destructrices et en définitive apportent à l'homme un surcroît de souffrances et de conflits.
Si vous percevez lucidement toutes ces structures sociales, ces schémas collectifs que nous appelons la civilisation - si vous pouvez comprendre tout cela et vous en dégager, abattre les murs de la société qui est la vôtre et vous en arracher, que vous soyez hindou, communiste ou chrétien, vous vous apercevrez alors qu'il naît en vous une confiance qui n'est pas polluée par ce sentiment d'arrogance. C'est la confiance de l'innocence. Elle est comme la confiance d'un enfant qui est si totalement innocent qu'il est prêt à tout essayer. C'est cette confiance innocente qui fera éclore une nouvelle civilisation ; mais cette confiance-là ne peut pas voir le jour tant que vous restez prisonniers des schémas sociaux établis. Écoutez très attentivement. L'orateur n'a pas la moindre importance, ce qui compte, c'est que vous compreniez la vérité de ses propos. En définitive, c'est cela l'éducation, n'est-il pas vrai ?
L'éducation n'a pas pour rôle de vous ajuster aux schémas sociaux, mais au contraire de vous aider à comprendre complètement, pleinement ces schémas et de vous en dégager afin d'être un individu dépourvu de toute arrogance de l'ego: vous avez confiance parce que vous êtes réellement innocents. N'est-il pas tragique que notre unique préoccupation, ou presque, soit de savoir comment nous insérer dans la société, ou comment la réformer ? Avez-vous remarqué que la plupart des questions que vous avez posées reflètent cette attitude ? Vous dites, en fait: « Comment m'insérer dans la société ? Que diront mon père et ma mère, et que se passera-t-il si je ne le fais pas ? » Une telle attitude détruit le peu de confiance ou le peu d'esprit d'initiative que vous pourriez avoir. Et vous quittez l'école et l'université comme autant d'automates, hautement efficaces, peut-être, mais sans la moindre flamme créatrice.
Voilà pourquoi il est si important de comprendre la société, l'environnement dans lesquels on vit, et, par ce processus de compréhension, de rompre les liens avec tout cela. Le problème est le même dans le monde entier. L'homme cherche une nouvelle réponse, une nouvelle approche de la vie, car les voies anciennes sont en décadence, que ce soit en Europe, en Russie ou ici. La vie est un perpétuel défi, et ne faire qu'instaurer un ordre économique meilleur n'est pas la réponse totale à ce défi, qui est perpétuellement neuf; et quand des cultures, des peuples, des civilisations sont incapables de répondre en totalité à ce défi de l'inédit, ils sont anéantis.
Si vous ne recevez pas une éducation digne de ce nom, et si vous n'avez pas cette extraordinaire confiance de l'innocence, vous serez inévitablement absorbés par le collectif et noyés dans la médiocrité. Vous ferez étalage de vos diplômes sur vos cartes de visite, vous vous marierez, vous aurez des enfants et c'en sera fini de vous.
En réalité, nous avons pratiquement tous peur. Vos parents ont peur, vos éducateurs ont peur, les gouvernements et les religions ont peur que vous deveniez un individu à part entière, car ils veulent tous que vous restiez bien à l'abri au sein de la prison que sont les influences de l'environnement et de la culture. Mais seuls les individus qui brisent le carcan des schémas sociaux en les comprenant, et qui cessent par conséquent d'être prisonniers du conditionnement de leur propre esprit - seuls ceux-là sont en mesure de faire éclore une nouvelle civilisation, et non ceux qui ne font que se conformer aux schémas en place, ou qui résistent à un moule donné parce qu'ils ont été moulés dans un autre. La quête de Dieu ou de la vérité ne consiste pas à demeurer dans la prison, mais plutôt à comprendre la prison et à s'en échapper - et ce mouvement vers la liberté crée une nouvelle culture, un monde différent. – J.K.
Chapitre 12 - Mutinerie internes à la société - Le sens du bonheur (1966)