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    MÉTHANE ET CHANGEMENT CLIMATIQUE : UN DANGER NÉGLIGÉ QUI S’ACCROÎT

    date   10 mai
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    PARLER DU DIOXYDE DE CARBONE (CO2) ÉCLIPSE SOUVENT LE MÉTHANE (CH4). A TORT. CAR L’AUGMENTATION DE LA CONCENTRATION ATMOSPHÉRIQUE DE CE GAZ S’ACCÉLÈRE DEPUIS 2013. OR IL A UN EFFET RÉCHAUFFANT BIEN PLUS ÉLEVÉ QUE CELUI DU CO2, EN PARTICULIER SUR 10 ANS, CE QUI REND CRITIQUE LES DÉCISIONS PRISES POUR LES ANNÉES À VENIR.

    Une augmentation rapide de la concentration atmosphérique de CH4 depuis 2013

    « Au cours des années 2014 à 2016, la concentration de méthane (CH4) a augmenté à une vitesse inégalée depuis les années 1980, lance Marielle Saunois, enseignant-chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE). Cette tendance suit la pente du scénario le plus pessimiste (RCP 8.5 : voir tableau de l’évolution de la température moyenne à la surface du globe pour 2081-2100 suivant les différents scénarios RCP) du rapport de 2013 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, 5è rapport (AR5), Groupe de travail 1 (GT 1), « Les éléments scientifiques »). La concentration de méthane dans l’atmosphère est actuellement plus de 2,5 fois celle de 1750, avec 1843 ppb (parties par milliards) en 2016 »


    L’augmentation de la concentration atmosphérique de CH4 en 2014 et 2016 correspond à une augmentation annuelle de 10 ppb par an en moyenne soit un peu plus d’un doublement de la tendance observée entre les années 2005 et 2011 d’après le 5è rapport du GIEC de 2013 (voir tableau ci-dessous). Or le méthane a un effet réchauffant nettement supérieur au dioxyde de carbone (CO2) sur une période de 10 ans après son émission, qui diminue par la suite (voir graphique de l’augmentation de la température suite à un an d’émissions de CO2 ou de CH4, source : figure 8.33 de la page 719 du Ch. 8 de l’AR 5, GT 1). 

    Sources :
    (1) 
    Table 8,2 Ch. 8 GT1 page 678, 5è rapport du GIEC, 2013
    (2) Agence américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA), 2017

    Ces données récentes sur le CH4 proviennent des dernières données atmosphériques de l’Agence américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA) et d’articles publiés en 2016 [1] [2] sous l’égide du Global Carbon Project, un projet de recherche qui regroupe de nombreux scientifiques du monde entier pour travailler sur les inventaires du carbone et du méthane [3] [4]. Si ce bilan planétaire des sources et puits de méthane réalisé tous les 2 à 3 ans est essentiel, il reste décalé dans le temps. Les dernières estimations des émissions s’arrêtent en effet fin 2012. Pour les prochains bilans, un minimum de deux ans de décalage avec l’année en cours subsistera puisqu’ils nécessiteront toujours du temps pour récupérer, valider, et analyser les données, puis réaliser les simulations numériques les utilisant. « Nous avons pour objectif de faire cet inventaire tous les deux ans. L’inventaire du CO2 se fait annuellement. Pour le méthane, c’est plus complexe », précise Marielle Saunois. Cela est dû au fait que les puits et les sources de ce gaz sont très diversifiés (voir l’estimation des puits et sources de méthane selon le Global Carbon Project en moyenne sur la période 2003-2012) et moins bien connus que pour le CO2

     

    A l’avenir, de nouvelles observations permettront d’améliorer aussi les estimations des sources et puits de méthane : « Jusque-là, nous avions des observations à des endroits fixes mais ne couvrant pas uniformément tout le globe », observe Sébastien Payan, enseignant-chercheur au laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (LATMOS). Les missions spatiales comme celle du satellite Merlin [5] (Mission Lidar de télédétection du méthane depuis l’espace), qui sera mis en orbite en 2021, permettront d’obtenir une concentration bien plus précise du méthane dans l’atmosphère et de voir sa distribution sur toute la Terre ».
     

    Les sources des émissions de CH4

    Les premières sources de méthane sont liées à des processus microbiens. La dégradation de la matière organique, dans des environnements privés d’oxygène, produit du méthane. 34% des émissions planétaires de CH4 concernent l’agriculture (élevage et culture du riz) et les déchets(voir le rapport entre les émissions annuelles par source et celles annuelles totales notées dans la figure « Cycle global du méthane »). 34% proviennent des zones inondées (marécages et lacs) et des pergélisols (voir Pergélisol, le piège climatique, 2015, CNRS) . Les deux autres types de sources de méthane sont pour 27% liés à l’exploitation et l’utilisation des combustibles fossiles et au dégazage naturel de la croûte terrestre, et pour 5% aux feux de forêts et à l’utilisation de biocarburants. 

    A l’échelle régionale (voir figure régionale ci-dessous et le graphique interactif sur les sources selon les régions géographiques), le méthane est principalement émis dans les tropiques avec des contributions des régions boréales et de régions plus tempérées à forte population (ex. Chine).

    Les solutions pour réduire le CH4

    Pour les scientifiques qui ont étudié ces concentrations, leur augmentation met en doute la réalité, ou au moins l’efficacité, des mesures prises pour réduire les émissions de méthane, alors que les contrôler sera vraisemblablement essentiel pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, de contenir le réchauffement bien en-deçà de 2° et de viser à le limiter à 1.5° [6]. Et pourtant une amélioration rapide est possible. «  Le méthane ne reste pas longtemps dans l’atmosphère, il a une durée de demi-vie de 10 ans environ. Si des efforts étaient fait, cela se verrait donc assez rapidement comparativement aux effets des mesures pour réduire le CO2 atmosphérique  », conclut Marielle Saunois. 

    En effet, la réduction des émissions de CH4 pourrait faire l’objet de programmes beaucoup plus ambitieux qu’aujourd’hui, ce qui permettrait de diminuer le risque de franchir un cap de réchauffement dangereux dans les 30 années à venir. Il existe en effet de nombreuses opportunités potentiellement ou déjà viables économiquement pour diminuer les émissions de méthane, au Nord comme au Sud. 

    Pour y parvenir, tout en répondant aux autres enjeux d’alimentation, de maintien de la biodiversité et des ressources en eau, de santé publique, de bien-être animal, de santé économique du secteur agricole et de création d’emploi, 
    le scénario Afterres2050 propose de diminuer la fermentation entérique animale de la manière suivante : réduire la consommation de produits carnés et le cheptel en le recentrant vers des élevages de qualité, davantage à l’herbe pour les ruminants et de plein air pour les monogastriques (poules, poulets et cochons en particulier). Ensuite, pour les déchets ménagers et agricoles fermentescibles, les solutions consistent à mieux les stocker et récupérer et valoriser énergétiquement le CH4 par la méthanisation. La détection et la réparation systématique des fuites de gaz semblent aussi une solution assez directe, au moins pour les fuites des grandes infrastructures localisées ou des anciens réseaux des centres villes. 

    Il est donc urgent d’agir et de définir, pays par pays, en fonction de leurs spécificités, un programme ambitieux de réduction d’émissions de méthane à l’horizon de 10 ou 15 ans (voir « Climat : omerta sur le méthane », Benjamin Dessus et Bernard Laponche, Décryptage n°9 de La Fabrique Ecologique, Janvier 2017), en s’appuyant sur des pratiques d’atténuation à l’étude ou déjà existantes, en particulier dans les rapports du GT 3 (« L’Atténuation du Changement Climatique ») du 5è rapport du GIEC de 2013.

    date   Post Scriptum

    Références (revues scientifiques à comité de lecture) :
    -  [1] Saunois M. et al., 2016, The growing role of methane in anthropogenic climate change. Environ. Res. Lett. 11 (2016) 120207 doi:10.1088/1748-9326/11/12/120207
    -  [2] Saunois M. et al., 2016, The global methane budget 2000–2012. Earth Syst. Sci. Data, 8, 697–751, 2016 doi:10.5194/essd-8-697-2016
    -  Nisbet, E. G., et al. (2016), Rising atmospheric methane : 2007–2014 growth and isotopic shift, Global Biogeochem. Cycles, 30, 1356–1370, doi:10.1002/2016GB005406.
    -  Schaefer, H., et al. 2016, A 21st-century shift from fossil-fuel to biogenic methane emissions indicated by 13CH4. Science, VOL 352 ISSUE 6281 
    -  McNorton, J., et al. 2016, Role of OH variability in the stalling of the global atmospheric CH4 growth rate from 1999 to 2006. Atmos. Chem. Phys., 16, 7943–7956, 2016. doi:10.5194/acp-16-7943-2016
    -  Hausmann, P., et al. 2016, Contribution of oil and natural gas production to renewed increase in atmospheric methane (2007–2014) : top–down estimate from ethane and methane column observations. Atmos. Chem. Phys., 16, 3227–3244, 2016 doi:10.5194/acp-16-3227-2016
    -  Dalsoren S.B., et al. 2016, Atmospheric methane evolution the last 40 years. Atmos. Chem. Phys., 16, 3099–3126, 2016, doi:10.5194/acp-16-3099-2016
    -  Schwietzke S., et al. 2016, Upward revision of global fossil fuel methane emissions based on isotope database. NATURE, Vol 538 doi:10.1038/nature19797

     

    Informations complémentaires :
    - [3] Les 10 ans d’avancement des connaissances sur le cycle du Carbone du Global Carbon Project : 

    http://www.globalcarbonproject.org/...
    - [4] Global Carbon Atlas : 
    http://www.globalcarbonatlas.org/en...
    - [5] Mission Merlin, CNES : 
    https://merlin.cnes.fr/
    - [6] R.J. Salawitch et al. 2017, Paris Climate Agreement : Beacon of Hope, Springer Climate (page 14)
    http://link.springer.com/book/10.10...
    - Les légumes secs, Réseau Action Climat :
    http://rac-f.org/Les-legumes-secs-Q...

  • Dérèglement climatique

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    En Mongolie, par -50°C, un nouvel hiver extrême décime les cheptels

     

    MONGOLIE - AFP - JEUDI 16 FÉVRIER 2017


    Pékin (AFP)

    Un phénomène climatique exceptionnel caractérisé par un hiver extrêmement rigoureux a décimé cette année dans les steppes mongoles plus de 40.000 animaux d'élevage et menace des dizaines de milliers de nomades, a averti la Croix-Rouge jeudi, lançant un appel international.

    La Mongolie est de nouveau frappée cette année par un "dzud", phénomène climatique caractérisé par une vague de froid extrême en hiver faisant suite à un été caniculaire, a expliqué dans un communiqué la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge (IFRC).

    La raréfaction des pâturages pendant l'été empêche les chèvres, moutons et vaches de se nourrir suffisamment pour supporter ensuite les rigueurs hivernales, lorsque les températures tombent sous les 50 degrés Celsius. Un givre et un enneigement excessif viennent encore compliquer l'accès des animaux aux couches de verdure.

    Quelque 42.500 animaux ont déjà péri de faim et de froid, selon des chiffres des autorités mongoles actualisés début février. Or, un dzud avait déjà frappé le pays lors de l'hiver 2015-2016, tuant au moins 350.000 bêtes.

    Mais "le chiffre d'animaux morts cette année devrait s'envoler de façon exponentielle dans les mois qui viennent", indique la Croix-Rouge.

    En effet, "au printemps, lorsque les animaux donnent naissance, mais sont exténués par l'hiver, les risques sont très élevés qu'ils ne puissent trouver une nourriture suffisante, ni même les abris et les soins vétérinaires dont ils auraient besoin, et qui font défaut", a expliqué Nordov Bolormaa, secrétaire général de l'IFRC en Mongolie.

    Un désastre de grande ampleur dans ce pays peu densément peuplé où un habitant sur trois se nourrit des bêtes qu'il élève.

    La répétition pour la deuxième année consécutive de la catastrophe météorologique met "en danger" plus de 157.000 personnes, prévient l'organisation internationale, qui va apporter une aide d'urgence à 11.000 des foyers les plus durement touchés.

    Lors de l'hiver 2015-2016, de nombreux éleveurs endettés avaient fini par vendre leurs animaux survivants, faisant chuter les prix sur le marché -- ce qui avait en retour amoindri les revenus des petits éleveurs, souligne Gwendolyn Pang, responsable de la Croix-Rouge à Pékin.

    La perte de leur cheptel prive les familles d'éleveurs de leurs moyens de subsistance, les obligeant à émigrer vers les centres urbains, en lisière desquels elles installent leurs tentes, grossissant des bidonvilles dépourvus d'infrastructures élémentaires, indique-t-elle.

    De l'avis de l'organisation, l'aide internationale reste très insuffisante face à cette tragédie mongole -- dont le caractère lent et peu spectaculaire rend plus difficile la sensibilisation de l'opinion.

    En 2009-2010, lors d'un dzud dévastateur, qui avait amené l'hiver le plus froid de mémoire humaine dans le pays, au moins 8 millions d'animaux d'élevage étaient morts, selon des chiffres officiels. Carcasses gelées de chèvres, os et crânes jonchaient alors la steppe.

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    Une synthèse de 80 études publiée par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) s'alarme de la fréquence des évènements climatiques / © AFP/Archives/JOEL SAGET

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    Le monde sous la menace d'évènements climatiques plus fréquents

    MARRAKECH - AFP - MARDI 8 NOVEMBRE 2016


    Marrakech (Maroc) (AFP)

    Le réchauffement favorise déjà des évènements météorologiques extrêmes, en particulier des sécheresses et des vagues de chaleur : ce constat d'un rapport de l'ONU devrait inciter les pays réunis à la COP22 à Marrakech à agir vite pour éviter un emballement du système climatique.

    "Le changement climatique provoqué par les activités humaines a favorisé de nombreux événements météorologiques extrêmes enregistrés entre 2011 et 2015", affirme l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dans cette synthèse de près de 80 études publiées sur le sujet.

    L'augmentation de la température moyenne mondiale a "augmenté les risques d'évènements extrêmes tels que vagues de chaleur, sécheresses, records de précipitations et inondations", a souligné dans un communiqué Petteri Taalas, le secrétaire général de l'OMM.

    Les travaux de l'OMM, qui dépend de l'ONU, complètent la dernière synthèse du groupe mondial d'experts sur le climat (Giec), publiée en 2013.

    S'il est impossible d'attribuer un évènement particulier au seul changement climatique, les travaux des climatologues démontrent que les épisodes extrêmes seront plus nombreux à mesure que le réchauffement sera plus marqué. D'après l'OMM, ce phénomène, coûteux en vies humaines et en dégats matériels, est déjà à l'oeuvre.

    En passant en revue 79 études publiées par la Société américaine de météorologie, ses experts ont constaté que près de la moitié établissent un lien entre le réchauffement et l'évènement extrême en question. La probabilité d'avoir des températures extrêmes aurait "été multipliée par dix et même plus" sur la période étudiée (2011-2015).

     

    Le président de la COP22 Salaheddine Mezouar, lors de la cérémonie d'ouverture du sommet à Marrakech (Maroc) / © AFP/FADEL SENNA

    Plusieurs exemples sont cités : records saisonniers et annuels de températures aux Etats-Unis en 2012 et en Australie en 2013, étés chauds en Asie de l'Est et en Europe de l'Ouest en 2013, vagues de chaleur au printemps et en automne 2014 en Australie, record annuel de chaleur en Europe en 2014, vague de chaleur en Argentine en décembre 2013.

    Contrairement aux températures, le lien entre réchauffement et précipitations extrêmes n'est pas écarté mais n'est pas aussi clairement établi sur la période 2011-2015, nuancent les auteurs du rapport.

    - L'Afrique très touchée -

    Les pays du monde entier sont réunis depuis lundi et jusqu'au 18 novembre au Maroc pour la COP22, qui doit faciliter la mise en oeuvre de l'accord de Paris scellé l'an dernier et qui vise à limiter le réchauffement à 2°C.

     

     

    Au-delà de ce seuil, les scientifiques estiment que de nombreuses zones seront inhabitables, et redoutent un emballement des dérèglements climatiques. Or l'étude de la période 2011-2015 montre une accélération du réchauffement.

    Juste derrière 2014, l'année 2015 a été la plus chaude jamais enregistrée et a dépassé de plus de 1°C celle d'avant la Révolution industrielle.

     

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    Les années 2011-2015 ont été la période de cinq ans la plus chaude pour tous les continents, sauf l'Afrique (2e période la plus chaude) : la température moyenne a été 0,57°C au-dessus de la moyenne de 1961-1990.

    Le niveau de la mer a gagné en moyenne 3 mm par an depuis 1993 contre 1,7 mm/an entre 1900 et 2010, sous l'effet de la fonte des glaces (glaciers et Arctique) et de la dilatation provoquée par une température plus élevée.

    Un autre rapport publié mardi à Marrakech a établi la liste des pays les plus touchés en 2015 par des évènements climatiques extrêmes.

     

     

    L'Afrique, dont la contribution à l'explosion des émissions de gaz à effet de serre à l'origine du réchauffement est très faible, a été particulièrement touchée : le Mozambique arrive en tête, suivi de la Dominique, du Malawi, de l'Inde, du Vanuatu, de la Birmanie, des Bahamas, du Ghana, de Madagascar et du Chili.

    De 1996 à 2015, près de 11.000 épisodes extrêmes ont tué plus d'un demi-million de personnes dans le monde et ont coûté plus de 3.000 milliards de dollars (2.700 mds d'euros), selon l'organisation Germanwatch qui a publié le rapport.

    A la lumière de ces constats, les pays les plus vulnérables ne manqueront pas de faire entendre leur voix à Marrakech, notamment pour demander que davantage d'aide internationale soit consacrée à prévenir l'impact des catastrophes naturelles (systèmes d'alerte, digues, systèmes d'irrigation, plan d'urbanisme, système assurantiel, etc.).

    © 2016 AFP


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  • Réforme du collège

    Fluctuat nec (pas encore) mergitur

    Réforme du collège, un gâchis de temps et d'énergie

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       Lucie Martin
    •  
    • Publié le 19/07/2017. Mis à jour le 19/07/2017 à 11h08.

     

     

    L'année est finie. L'heure du bilan ? Une chose est sûre, je jette les injonctions du ministère, je me concentrerai sur ce qui est important : l’intérêt de mes élèves, leur culture, leur avenir.

    Finie. Cette année est finie, terminée. Je commençais à douter que cela arrive un jour.

    En faire un bilan ? Si vous avez un peu suivi ce blog, vous savez qu’il ne serait que négatif. Bien malgré moi. Je savais que ce serait une année de réforme mais, comme on dit, « j’en ai connu d’autres ». Non, en fait, des réformes comme celle-ci, je n’en avais jamais connu dans ma vingtaine d’années de carrière. L’impression que j’en retiens ? Celle d’un immense gâchis. Gâchis de temps, d’énergie. Nous avons passé des semaines, des mois, à tenter d’obéir à des injonctions mal pensées, inabouties. J’espère que les hauts fonctionnaires qui sont responsables de tout cela ont un peu honte, quand même, juste un peu. Je sais, c’est bien trop demander. Je pense même qu’ils sont plutôt fiers des économies réalisées qui étaient, après tout, leur unique but.

    Je suis atterrée des messages que nous envoient dans nos boîtes mails académiques les ministres, les recteurs, qui nous congratulent et sont, devant les caméras, plein d’admiration pour notre fonction. Ils pourraient avoir au moins la décence de se taire, quand leur fonction ne consiste manifestement qu’à exiger toujours plus de nous sans la moindre reconnaissance, quelle qu’elle soit.

    Le pire, c’est qu’il y avait des idées intéressantes, dans cette réforme, mais qui ont été imposées de façon tellement dogmatique et inaboutie que le rejet par les enseignants fut presque total. Les projets réalisés en EPI (Enseignements Pratiques Interdisciplinaires) sont en soi intéressants, mais uniquement si les équipes enseignantes sont volontaires. Sous la contrainte, comme cela a été mis en place, cela dessert tout le monde, les élèves en premier. L’aide personnalisée… Magnifique concept ! Qui ne reste pour beaucoup qu’un concept : qu’est-ce qui peut être personnalisé face à un groupe de trente élèves ? Quant au fameux débat « notes/compétences », que le ministère prenne une décision une fois pour toutes et qu’il l’assume ! Au nom de la fameuse « liberté pédagogique », plus personne ne prend la moindre décision et tout devient un vaste foutoir.

    Non, je ne suis pas « super prof ». Enseigner est mon métier, pas mon sacerdoce. Non, je ne sacrifierai pas ma vie familiale et sociale à l’Education nationale. Si, voyez-vous, quand je mesure ce que l’institution attend en réalité de nous, c’est une abnégation totale. D’ailleurs, quand j’observe autour de moi les enseignants qui parviennent à mettre en œuvre cette nouvelle pédagogie, je constate qu’ils ont souvent des profils similaires : soit des gens sans enfants totalement dévoués à leur fonction, soit des bourreaux de travail. Dans les deux cas, ils n’ont d’ailleurs quasiment aucune reconnaissance de leur hiérarchie. Alors à quoi bon ? L’intérêt des élèves ? Pardon, mais l’intérêt de mes propres enfants passe bien avant. Vous trouvez que je suis une mauvaise prof ? Je préfère cela au fait d’être une mauvaise mère.

    Et si certains veulent me citer ceux qui parviennent à tout concilier, à être à la fois un excellent enseignant à la pointe, une mère admirable, une épouse comblée, une amie fidèle, etc. je vous répondrai que oui, nous en connaissons tous. Que celle à laquelle je pense parvient en plus toujours à assortir son sac à main, ses chaussures et son impeccable rouge à lèvres. Et que cette prof-là, on aimerait pouvoir la haïr, mais qu’en plus elle est éminemment sympathique et que c’est presque pire. Oui, nous en connaissons tous. Je ne suis pas comme cela, désolée, et je constate que la plus grande partie de mes collègues est, hélas pour la collectivité, aussi imparfaite que moi. Si l’Education nationale ne veut plus que des super profs, leurs problèmes de recrutements risquent encore de s’aggraver…

    Alors, cette année, j’ai renoncé. Non, je ne démissionne pas. Je crois que si j’en avais les moyens financiers, je l’aurais fait. C’est assez dommage, car j’ai la chance d’avoir de bons rapports avec mes élèves, et de toujours adorer enseigner. Mais, que voulez-vous, dans l’Education nationale, ce sont les adultes que je trouve insupportables. Bref, n’étant pas une riche héritière et ne jouant pas au loto, je reste. Mais je tourne une page : l’année qui arrive ne sera pas la même que celle qui vient de s’achever, je ne le supporterais pas. Je jette par-dessus bord les injonctions du ministère, je ne lirai plus le Bulletin officiel, j’acquiescerai sans écouter lors des réunions, et je me recentrerai sur ce qui est important : mes élèves.

    Adieu prédicat, thématiques, compétences, EPI, LSU et autres sigles aussi changeants que la Méditerranée. Je vous croiserai peut-être au détour d’une navigation, mais vous ne serez plus le cap à suivre. J’ai tangué cette année de Charybde en Scylla, trop écouté le chant des Sirènes faussement pédagogiques, failli sombrer dans le désespoir tel Ulysse accroché à son rocher au large de la Phéacie. Je ne dois pas oublier mon unique but, mon Ithaque : l’intérêt de mes élèves, leur culture, leur avenir.

    L’année qui s’annonce sera définitivement tout autre que celle que je viens de subir.

    En espérant sincèrement que cela ne reste pas un vœu pieux, au même titre que les fameux « bon, cet été, on limite les apéros ! », « on va les écrire, ces vingt cartes postales » et « je vous préviens les enfants, cette année, vous allez finir vos cahiers de vacances ! »
    Très bel été à tous.

  • Premier texte

    Etant donné que je retourne en classe à la rentrée, avec des enfants de CM2, je commence à réfléchir à ce que je vais faire. Non pas que j'ignore l'existence des "programmes" et la nécessité de les mener à terme pour la suite de leur scolarité mais bien davantage dans le registre "existentiel" ou philosophique ou spirituel. on peut bien appeler ça de diverses façons. 

    Le premier texte, le premier jour, sera celui-là :

     

    "Il y avait un homme très riche. Il y avait un homme très pauvre. Chacun d'eux avait un fils et chacun d'eux vivait de part et d'autre d'une grande colline. 

    Un jour, l'homme très riche fit monter son fils au sommet de la colline et, embrassant tout le paysage d'un grand geste du bras, il dit :

    "Regarde, bientôt, tout cela sera à toi !"

     

    Au même instant, l'homme très pauvre fit monter son fils sur l'autre versant de la colline et, devant le soleil levant qui illuminait la plaine, il lui dit simplement :

    "Regarde."

     

     

  • Rythmes scolaires, reset...

    "Les gamins étaient crevés" : le retour à la semaine de quatre jours accueilli avec soulagement à Longpont-sur-Orge

    Un tiers des écoles primaires et maternelles de l'Hexagone ont fait choix de revenir à la semaine de quatre jours dès la rentrée.

    Un groupe scolaire de la commune de Longpont-sur-Orge (Essonne), le 19 juillet 2017. 
    Un groupe scolaire de la commune de Longpont-sur-Orge (Essonne), le 19 juillet 2017.  (MARGAUX DUGUET / FRANCEINFO)

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    Tour de France : le Français Warren Barguil remporte la 18e étape, Christopher Froome reste en jaune et Romain Bardet rate le coche

    Il y a de l'orage dans l'air. En ce milieu d'après-midi, mercredi 19 juillet, le soleil tape fort sur la petite commune de Longpont-sur-Orge (Essonne) et quelques gouttes se font déjà sentir. Les 6 500 habitants que compte cette petite ville du sud de Paris se font rares. Beaucoup ont déjà pris la route des vacances, après une année scolaire bien chargée. A la rentrée, les 800 écoliers de la commune, qui se répartissent dans trois groupes scolaires, trouveront pourtant les choses un peu changées.

    Longpont-sur-Orge a fait le choix de revenir à la semaine de quatre jours, quatre ans après l'instauration de la semaine de quatre jours et demi. Au niveau national, c'est un tiers des écoles maternelles et primaires de France qui ont décidé de revenir en arrière. Des dérogations sont, en effet, possibles depuis la publication d'un décret au Bulletin officiel, le 28 juin.

    "Finalement, ça ne s'est pas si mal passé"

    Alain Lamour affiche une allure décontractée au moment d'ouvrir sa mairie. Sandales aux pieds, l'édile, encarté au Parti de gauche, connaît bien la question des rythmes scolaires. S'il n'est maire que depuis trois mois, après des démissions en cascade au sein de l'ancienne équipe municipale, l'homme était premier adjoint lorsque la réforme a été adoptée entre 2013 et 2014. Il se souvient d'une mesure "compliquée à mettre en place", qui, sans les subventions qui sont venues après, coûtait 200 000 euros par an.

     

    Alain Lamour, le maire de Longpont-sur-Orge (Essonne), le 19 juillet 2017. 
    Alain Lamour, le maire de Longpont-sur-Orge (Essonne), le 19 juillet 2017.  (MARGAUX DUGUET / FRANCEINFO)

     

    Dans sa commune, l'école se termine ainsi à 15h45. Après le goûter, les écoliers ont le choix entre des activités périscolaires ou l'étude. Les NAP, les "nouvelles activités périscolaires" pour les néophytes, se déroulent elles le vendredi après-midi. "Finalement, ça ne s'est pas si mal passé", reconnaît le maire lorsqu'on lui demande de faire le bilan. "Mais", ajoute-t-il immédiatement, il y avait "un point noir souligné par les parents et les enseignants" la fatigue des enfants

    Les gamins étaient crevés à partir du jeudi. L'apprentissage n'était pas quasi nul mais enfin...

    Alain Lamour, maire de Longpont-sur-Orge

    à franceinfo

    Ce point est repris en boucle par tous les parents d'élèves. "Dès le jeudi, ils sont fatigués. Et le vendredi, c'est le plus dur, c'est terrible", relate Alexandrine Martin, mère de deux enfants et représentante de l'AAPEL (Association autonome des parents d'élèves de Longpont-sur-Orge). "Le jeudi est une journée extrêmement difficile. Ils ont beaucoup de mal à se lever", complète Aurélia Lambrisset, mère de trois enfants et présidente locale de la FCPE. "Ils sont très fatigués. On appelle ça 'le jeudi noir'", renchérit Linda Vallois, mère de trois enfants, également représentante de l'AAPEL.

    "Ça n'allège pas les journées, ça en rajoute"

    Cette fatigue est à mettre en relation avec l'activité professionnelle des parents. "Sur le principe, je n'étais pas défavorable à la réforme des 4 jours et demi mais je le suis devenue car les enfants ne peuvent pas être récupérés à 15h45", pointe Aurélia Lambrisset, ajoutant qu'à Longpont-sur-Orge, "plus de la moitié des enfants restaient après 15h45 alors que 75% des familles peuvent les faire garder le mercredi". En clair, la réforme des rythmes scolaires sensée alléger la semaine et mieux repartir les temps d'apprentissage a atteint un objectif opposé. "Ça n'allège pas les journées, ça en rajoute", assure Aurélia Lambrisset. 

    Je suis satisfaite de ce retour à la semaine de 4 jours car ça fait une coupure dans la semaine.

    Aurélia Lambrisset

    à franceinfo

    "Il y avait beaucoup d'absents le mercredi matin", note encore cette maman. "La vraie question, c'est aussi : est-ce que les enfants apprennent mieux avec ce rythme-là ? Bon, eh bien, on ne voyait pas trop la différence", relève de son côté Alexandrine Martin. 

    Retour aux journées de 8h30 à 16h30

    Si on comprend bien que le maire ne fait pas de cette réforme un marqueur idéologique à l'instar de certains élus des Républicains, Alain Lamour glisse tout de même sa position personnelle. "Le bon rythme, c'est le samedi matin [supprimé en 2008 sous Nicolas Sarkozy] ou alors, l'autre solution, c'est de raccourcir les vacances scolaires mais ça, c'est encore autre chose", balaye-t-il, trouvant que "quatre jours, ça fait des journées trop longues"

    Le maire a néanmoins pris les devants très tôt, dès que la possibilité d'une dérogation à la réforme des rythmes scolaires a été émise par le ministère de l'Education. Un sondage a été envoyé aux parents d'élèves qui y ont répondu massivement. En 2013, au moment de la réforme, seuls 25% des parents de la commune avaient donné leur avis. Une "écrasante majorité", selon le maire, s'est prononcée en faveur de la semaine à quatre jours. 

     

    La mairie de Longpont-sur-Orge (Essonne), le 19 juillet 2017. 
    La mairie de Longpont-sur-Orge (Essonne), le 19 juillet 2017.  (MARGAUX DUGUET / FRANCEINFO)

     

    Comme la commune est relativement petite, les choses ont pu se mettre en place pour la rentrée de septembre. "Ça s'est fait naturellement et avec beaucoup de fluidité", tient à faire remarquer Aurélia Lambrisset. Revoilà donc les journées de 8h30-16h30. Néanmoins, signale Alain Lamour, "on garde ce qui est bien dans la réforme", à savoir le choix entre les activités périscolaires et l'étude ainsi que les NAP le vendredi après-midi. Autre "gros" avantage pour la mairie : de substantielles économies, estimées par le maire entre "70 000 à 100 000 euros" par an. "Deux ou trois postes d'animateurs"vont, par exemple, être supprimés.

    "Il y a des parents qui s'étaient déjà organisés pour la rentrée"

    Si tout semble aller dans le meilleur des mondes à Longpont-sur-Orge, quelques voix discordantes s'élèvent tout de même. Certains représentants de parents d'élève ne semblent pas très satisfaits des activités extra-scolaires proposées. "Il n'y a eu pas grand chose de fait pour les NAP. C'était plus de la garderie améliorée", juge sévèrement Linda Vallois. Cette dernière regrette aussi la précipitation dans laquelle les choses se sont faites. "On nous a prévenus à la fin juin qu'on repassait à 4 jours. Il y a des parents qui avaient déjà fixé les choses pour la rentrée que ce soit en terme professionnel ou de garde d'enfants", souligne-t-elle. 

    On n'est pas à l'abri que ça rechange, en plus.

    Linda Vallois

    à franceinfo

    Sa collègue Alexandrine Martin, qui loue "l'écoute de la mairie sur ce sujet", se tourne plutôt du côté de l'Education nationale. "Pour moi, la solution miracle, c'est une vraie réforme de l'école, sur les apprentissages, les programmes... La question des rythmes n'est pas le seul problème de l'école."

  • "Lâchez-prise" de Nathalie Vieyra

     

     

    Lachez prise

    Je lis la page Facebook de Nathalie Vieyra depuis un bon moment déjà et ces articles sont passionnants, enthousiasmants, riches d'une longue expérience dans le massage tantrique et la sexualité sacrée. Cette expérience professionnelle se nourrit également de multiples lectures auxquelles j'adhère intégralement. Il ne s'agit pas d'une démarche "intellectuelle" mais avant tout émotionnelle, corporelle, spirituelle, aimante, bienveillante, une invitation à l'amour.

    Alors, je ne peux que recommander cette lecture et son partage. 

     


    RENCONTRE AVEC NATHALIE VIEYRA, AUTEUR DE "LÂCHEZ PRISE, PROMENADES AU PAYS DE LA CONSCIENCE"

     

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    Masseuse tantrique et thérapeute psycho-corporel, Nathalie Vieyra signe un ouvrage qui est est une invitation au voyage à travers le corps, dans les émotions et l’énergie. Un livre étonnant et hors du commun dans lequel elle partage son vécu sensoriel et extra sensoriel en exprimant visuellement la notion de globalité corporelle, entre les flux énergétiques et la conscience. Rencontre.

     

     

     

    Quel est ton parcours ?
    Durant « ma première vie » en Afrique, j’évoluais dans le domaine de l’Art et des Voyages. J’ai fait du Yoga, du stretching, de la danse, des stages d’énergie universelle, de Reiki, de respiration et de Souffle. Avec le père de mon fils nous avions une relation tantrique, Naturellement. J’ai toujours était intéressée par la magie, la connexion avec la nature, la sexualité, l’énergie. L’Afrique est puissante et, c’est en moi. Un jour, j’ai été évacuée d’Afrique dans des évènements politiques, et je suis arrivée à Paris. J’ai reçu un massage tantrique et ce fut comme si la boite de Pandore s’ouvrait, littéralement. Ce fut totalement initiatique pour moi. Je me suis engagée dans une formation personnelle en massage tantrique et Tantra. J’ai alors choisi de changer de voie. J’ai refusé un poste chez Roche Bobois et suis devenue masseuse tantrique. J’ai ensuite fait des formations en différents massages, en watsu, puis en Wutao.

    Pourquoi avoir écrit ce livre ?
    J’avais depuis longtemps l’envie de trouver un moyen visuel et artistique pour montrer ce que je vivais et ce à quoi j’assistais durant mes rv et échanges. La diversité et la richesse de l’expression de cet intime est immense ! De la régression, revécu de naissance, mémoires corporelles qui se libèrent avec une émotion inconnue, image personnelle qui change et prises de conscience, extase etc … Notre corps est tellement incroyable et recèle de tant de potentialité ! Ce livre est un partage intime, des partages. Nous avons tout en nous et ce livre sert aussi à le montrer. 

    Dans la violence de cette période où je suis arrivée en France, j’ai perdu cette expression artistique avec mes crayons et la peinture. J’ai mis toute mon énergie vitale, source de ma créativité, dans le massage puis la photo. J’ai rencontré Flore-aël Surun par le massage tantrique, puis le tambour chamanique. Elle est aussi une photographe talentueuse. Un jour, je lui confiais mon envie d’expression du subtil et de l’énergie du corps et elle a tout de suite dit qu’elle avait envie de faire ce projet avec moi.

    Qu'est ce que le Tantra pour toi ?
    Le Tantra c’est un chemin de conscience. Le massage tantrique est un moyen efficace d’en sentir la dimension. Tout est tantrique si l’on est connecté à notre énergie sexuelle. Les pieds bien dans le sol et consciente de ma respiration, libérée des peurs, tabous et pensées limitantes, je m’affirme et m’accepte telle que je suis. Je me sens en total connexion avec mon environnement, la Nature, la Ville, les autres humains. Notre corps est un temple et le sexe une porte vers la spiritualité. Ce ne sont pas que des mots. Chaque cellule de notre corps peut vibrer de sa propre mélodie et se joindre aux autres cellules, et à l’Univers. En apprenant à écouter mon corps, je me positionne dans l’instant présent et je développe ma conscience.

    Parle-nous des arts éveil qui ont permis de t'éveiller à une part de toi même ?
    Chaque expérience a été une clé dans la compréhension de moi-même, et très bien « guidée », j’ai un jour poussé les portes du Centre Tao à Paris. Je venais là car je souhaitais découvrir le Souffle Alchimique. J’ai découvert le Wutao. Il m’a fallu le temps de comprendre et t’intégrer que c’est une globalité. Il y a là à la fois la notion de lâcher prise et de non faire, et aussi l’incarnation. L’Art du Wutao m’a permis de mettre du lien entre les états énergétiques fous que je vivais, mes perceptions et mon corps physique. Le Wutao c’est l’expression de l’âme du corps. La notion d’écologie corporelle est vraiment intéressante. A travers des 12 mouvements calligraphiés et l’écoute de notre onde de vie, le Wutao est une proposition de ressourcement profond, de connaissance de soi, d’expression personnelle et de communication.

    Quel est le rôle du souffle ?
    La respiration consciente est le lien entre nous, notre intériorité et l’univers. J’ai expérimenté différentes techniques de Souffle. 

    Je vais citer un extrait que j’adore du Vijnana Bhairava La Divine Conscience du Dr Jean Marc Mantel (éditions recto verseau) : Verset 24/25 : L’écoute du souffle enseigne la présence à la sensation, et libère l’esprit de son habitude de vivre dans le passé ou le futur. (…) A travers l’écoute du souffle, c’est l’écoute elle-même qui va pouvoir être explorée. La pause qui suit l’inspiration, et surtout celle qui l’expiration, sont autant de fenêtres ouvertes sur l’état sans pensée. Ces espaces libres du souffle, de l’intention et de la mémoire, révèlent la plénitude naturelle de l’être, qui survient lors de l’abandon de la lutte et de l’effort. Sans effort, sans conflit, sans parole et sans pensée, ils sont la parfaite réflexion de ce que nous sommes. (…) La conscience gît tel un arrière-plan silencieux, dont la présence se révèle dans l’espace entre deux respirations, mais aussi comme un continuum présent pendant le déroulement du souffle.

    Qu'est-ce que l'orgone ?
    L’orgone est pour moi notre onde vie, notre énergie sexuelle. En 1940, Wilhem Reich l’a étudié et appelé Orgone. L'orgone est une énergie primordiale, présente en nous tous. C’est aussi une énergie de vie, qui anime le cosmos. Wilhelm Reich, explique que cette énergie, n’est pas uniquement libérée pendant l’orgasme. L’orgone représente, une force vitale qui sous-tend l’ensemble de la Création, une sorte de force cosmique, invisible et omniprésente, qui constitue le fondement même de l’existence. Sa théorie est que tous maux humains résultent de blocages dans l’écoulement de cette force.

    Comment s'ouvrir à sa blessure et lâcher prise ?
    Il n’y a pas de méthode unique, chacun va trouver ce qui le touche et expérimenter. Il n’y a que cela d’essentiel, faire des expériences et sentir ce que cela nous fait. Petit à petit comme l’oignon, les couches d’abord superficielles puis profondes, (voir transgénérationelles) sont mises à nu et conscientisées. Je suis partie d’une thérapie avec une psychothérapeuthe vers le massage tantrique, premières couches de l’oignon. J’ai identifié une blessure initiatique, la blessure ? Avec le Wutao, je suis descendue un peu plus profond dans mon corps, mes blessures, mon développement psycho motricien. J’ai découvert alors avec cette pratique du Wutao et du Souffle, L’Art de la trans-analyse. J’ai commencé la Trans-analyse avec une tribu d’humains généreux et dans une démarche de conscience et de liberté. Cocrée par Imanou Risselard, Pol Charroy et Giovanni Fusetti, l’Art de la Trans-analyse se résume par cette phrase « Ce que je joue de moi ne se joue plus de moi ». Ma quête de liberté a trouvé ses réponses là. J’ai conscientisé Ma blessure originelle dans ces groupes expérientiels, séances individuelles et un travail de conscience « continu » personnel. Par l’identification de mes émotions, le jeu scénique de « mes formes », j’ai compris qui j’étais et pourquoi. La Trans-analyse unit la force d’une conscience modifiée (la transe) avec le pouvoir des mots (l’analyse), mais ne se limite pas au « dit ». Elle nous propose de dynamiser nos échanges énergétiques et émotionnels par le souffle, le mouvement, la mise en jeu et mise en acte, afin de révéler et éventuellement transformer, les formes « caractérielles » qui sont les nôtres.

    Aujourd'hui comment exerces-tu ?
    J’ai un espace où je reçois, à Courbevoie en région parisienne, pour des massages, des accompagnements personnalisés, des formations. J’anime des groupes de femmes et des groupes mixtes, dans l’eau avec DreamWater et, des groupes de massage et de Tantra. Je suis instructrice de Wutao et propose un cours hebdomadaire à Neuilly.

    Quelles sont tes sources d'inspirations ?
    Je continue à faire des expériences et à pratiquer chaque jour. Un chemin de conscience ne s’arrête jamais. Mon corps reste mon terrain d’expérimentation, de créativité sans cesse renouvelée. Je reste ouverte au changement, au mouvement, à la rencontre et la découverte. J’essaie de développer ma conscience et mon ressenti, à chaque instant. Je lis aussi énormément et, applique pour « voir ». Mes sources d’inspirations ? La Vie !

    Une vision de la femme ?
    La femme est une Initiatrice, et ce sont des hommes qui m’ont révélé à moi-même. Le féminin c’est le cœur, l’accueil, la réceptivité. Nous avons cette capacité à sentir dans notre ventre la vie, à travers l’écoute de notre utérus, de nos cycles, de la lune, de nos maternités transformantes, de notre sensualité et de notre sexualité. Une femme qui se connait bien, cela signifie aussi en phase avec son masculin intérieur, peut initier tellement de belles actions et d’Amour. Elle fait le lien entre son cœur et son ventre et permet à la spiritualité vivante d’irradier. La femme peut montrer à l’homme ce chemin de ressourcement et de paix à travers le sexe, le corps, vers le ciel. L’homme est son socle, son maintien dans la puissance de la Terre. Nous sommes complémentaires, Ensemble c’est idéal.

    Olivier Chambon a préfacé ton livre, qu'est ce qui t'inspire en lui ?
    Olivier Chambon est psychiatre, c’est un homme de sciences. La psychiatrie n’a que 50 ans et les pratiques évoluent lentement, mais sûrement grâce à des personnes comme lui. Il fait preuve d’une curiosité et d’une ouverture rare (même si de plus en plus fréquentes), pour un médecin. En fait c’est plutôt « Homme médecine » dans le sens du chamanisme qui le caractérise le mieux pour moi. Il a étudié la médecine, la psychiatrie et a cherché des explications sur le subtil, les états de conscience. Je n’avais pensé qu’à lui pour ma préface, sans le connaitre personnellement à ce moment-là. J’avais vu ses conférences sur YouTube. Il a dit Oui, le jour de Noël ! Quel beau cadeau que cette préface qui crédibilise mon projet de partage et de transmission totalement « aérien ». 

     

    Nathalie Vieyra est l'auteur de "Lâchez prise, promenades au pays de la conscience" Retrouvez-la aussi sur son site 

     

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    Tantra : 5 questions vérité sur un massage bien être sacré

    Tantra : 5 questions vérité sur un massage bien être sacré

    Dans cet article

    » Tantra, bien plus qu'un massage

    ⇒ Ni médecine ni pratique religieuse : Qu'est ce que le Tantra ?
    ⇒ Quels en sont les principes fondateurs ?
    » Tantrisme, du massage à la sagesse
    ⇒ Comment avez vous découvert la sagesse tantrique ?
    » Tantra, bien être en soi et en couple
    ⇒ En quoi le Tantra permet-il d'accéder à la paix intérieure, au bien être ?
    ⇒ Quel rôle le Tantra peut il jouer au sein du couple ?

     

    Le Tantra est une discipline que les profanes voient centrée sur la simple recherche du plaisir. Pourtant, derrière les massages tantriques les plus suaves, se cache une véritable philosophie de la vie, du bien être et du couple. Plus qu’un simple instrument de plaisir, le Tantratend à donner du sens à une existence qui défile sans conscience. Retrouver l’existence par les sens, tel pourrait être le mot d’ordre de cette sagesse millénaire. Pour mieux comprendre la vérité qui se dévoile sous les gestes, la thérapie qui prend forme sous les massages, nous avons posé 5 questions à une spécialiste du Tantra, Nathalie Vieyra. Une Interview authentique sur la philosophie tantrique.

    Tantra, bien plus qu’un massage

    Ni médecine ni pratique religieuse : Qu’est ce que le Tantra ?

    Tantra est un terme originaire de la région himalayo-indienne. Le Tantra traditionnel est une voie de transformation intégrale qui n’envisage pas la séparation du corps, de l’esprit et des cinq sens. Les tantra sont des textes anciens (environ 1500-1000 av. J.-C.) qui parlent de rituels et de formules (Védas).

    Quels en sont les principes fondateurs ?

    Le Tantra repose sur deux principes : Une « présence » et une « conscience », symbolisés respectivement par Shiva et par Shakti.

    Le Tantrisme considère comme base de l’univers deux principes symbolisés par le couple masculin et féminin.

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    Tantrisme, du massage à la sagesse

    Comment avez vous découvert la sagesse tantrique ?

    Il y 24 ans, mon beau frère Phari m’a offert « Tantra le culte de la féminité »de Van lysebeth André. J’avais 18 ans et vivais une magnifique histoire d’Amour. Ce livre culte aujourd’hui a été le début d’un cheminement personnel pour mon couple et moi même.

    Des années de travail sur moi avec la découverte du Yoga, de la respiration et du Souffle, de l’énergieuniverselle pour se soigner et soigner, la méditation et pour finir un massage Tantrique (par Frédéric d’Ayuneda Relaxation tantrique) qui a révolutionné ma vie.

    En effet, toute la première partie de ma vie s’est déroulée en Afrique. Mon 1er massage tantrique reçu peu de temps après mon arrivée brutale en France, une rupture profonde dans ma vie, m’a permis d’intégrer tout un travail thérapeutique déjà entrepris et stagnant.

    Le Tantra et les séances de Toucher thérapeutiquem’ont aidée à retrouver la plénitude et l’envie de vivre pleinement ma vie de femme. C’est alors que j’ai souhaité apprendre ce massage pour pouvoir aider à mon tour et faire découvrir la beauté et l’efficacité de ce Toucher.

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    Tantra, bien être en soi et en couple

    En quoi le Tantra permet-il d’accéder à la paix intérieure, au bien être ?

    Le Tantra c’est avant tout une magnifique voie de connaissance personnelle, d’expansion de la conscience. Quand j’apprends à faire les choses en conscience, à vivre vraiment le présent, le temps s’étire et cela donne du sens à la Vie.

    Faire les choses en conscience, Vivre en conscience c’est le Tantra. On est alors centré sur soi et son ressenti. On fait les choses pour soi (et pas pour l’autre) ce qui permet de se sentir ancré et bien dans son corps et dans son âme.

    On peut alors proposer à l’autre, aux autres, la qualité d’un partage et d’une présence qui n’est plus une projection. C’est alors une proposition de soi, un partage vrai. On offre et on n’attend rien en retour.

    En attendant de maitriser parfaitement les différentes formes de massage du Tantra, testez l’action relaxante de l’appareil de massage anti cellulite

    Quel rôle le Tantra peut il jouer au sein du couple ?

    Le couple, c’est deux individus qui partagent des moments de vie. On n’attend plus de l’autre autre chose que le partage du présent que chacun nourrira de ce qu’il a alors à offrir.

    Lorsqu’on est centré, grâce au Tantra notamment, la qualité d’être est particulière. Etre centré veut dire être dans son centre, son axe, son canal. Notre énergie vitale, notre énergie sexuelle, est alors libre, fluide, et permet une rencontre affective et sexuelle intense et puissante.

    Que ce soit une méditation du regard, une accolade légère ou une rencontre avec pénétration, la roue énergétique unit alors les partenaires et apporte une dimension sacrée, une connexion à l’univers.

    Pour pimenter votre massage tantrique, pensez aux vertus aphrodisiaques naturelles du guarana

     

    Nathalie Vieyra est une praticienne de massage énergétiques, spécialisée en massages Ayurvédiques et Tantriques. Issue d’un univers bien éloigné des sagesses orientales, elle décide de se consacrer au massage thérapeutique suite à la révélation foudroyante d’un massage tantrique. Son site internet : Nathalie-vieyra-massage.com

  • Grégory Colbert : "ashes and snow"

    Je ne l'avais encore jamais trouvé en entier et comme c'est à mes yeux une pure merveille, je le mets ici  :

  • Slow sex

    Slow Sex pour les hommes : Faire de l’amour une méditation

     

    Le sexe n’est pas ce qu’il semble être. Nous avons tous hérité d’idées préconçues au sujet de la sexualité, qui sont souvent fausses et forment un écran, une barrière, qui nous sépare du vrai pouvoir de la sexualité. Quand nous regardons au-delà de cet écran de malentendus, nous découvrons que le sexe est totalement différent de ce que nous pensons qu’il est.

    En explorant ma propre sexualité, j’ai découvert la vraie fonction du sexe, qui est d’apporter plus d’amour dans notre monde. Chaque personne peut devenir un messager d’amour en créant plus d’amour et ainsi apporter sa contribution au monde.

    L’écran des conditionnements – nos expériences passées et nos idées- limite l’expression de notre sexualité en tant qu’être humain. Après tout, que veut un homme quand il fait l’amour à une femme ? Quelle est la motivation profonde pour faire l’amour ?

    Ce n’est pas pour arriver à l’éjaculation ; c’est pour être aimé de la femme.

    La femme est source d’amour, la mère de l’amour, et moi, en tant qu’homme, je peux avoir accès à cet amour. Pour moi, tout n’est question que d’amour. En étant dans le présent, j’ai découvert que dans la tranquillité, y compris la tranquillité intérieure dans le mouvement, je peux avoir accès ou connecter le « jardin d’amour » dans la femme. Et il n’y a rien de plus satisfaisant et touchant que de voir une femme s’ouvrir et irradier d’amour.

    J’ai un espoir pour l’humanité ; c’est que l’homme trouve un chemin pour traverser l’écran du conditionnement sexuel, pour venir se détendre dans son autorité masculine naturelle. Pour qu’il puisse faire la paix avec la femme et faire l’amour à son corps, à son cœur et à son âme. p.7

    Tous les enjeux majeurs qui ont toujours été considérés comme faisant partie de la sexualité sans jamais être remis en question tombent tout simplement.

    Que nous en soyons conscient ou pas, une grande partie de notre personnalité, identité et perception de nous-même, trouvent leurs racines dans le sexe et dans la façon dont nous nous ressentons en tant qu’être sexuel. Le sexe joue aussi un rôle de confirmation de notre pouvoir et de notre puissance. Il est donc lié – consciemment ou inconsciemment – avec notre tentative de prouver notre vraie valeur et avec la pression de la performance qui en découle.

    L’homme qui commence à expérimenter une sexualité plus tranquille, à l’opposé de ce que nous avons décrit ci-dessus, relate un soulagement extrême de ne plus subir de stress.

    Tous les enjeux majeurs qui ont toujours été considérés comme faisant partie de la sexualité sans jamais être remis en question tombent tout simplement. Ils ne sont plus d’aucune utilité. Pour se détendre dans sa sexualité, l’homme doit être encouragé à abandonner l’idée qu’en tant qu’homme, il est responsable à 100% de la qualité de l’échange sexuel, qu’elle soit bonne, passable ou insatisfaisante.

    Au lieu de porter l’entière responsabilité de l’acte sexuel, ce qui lui demande un effort surhumain, l’homme peut découvrir comment simplement être en amour, intensément présent ici et maintenant, et explorer une nouvelle sexualité plus détendue, libre de la performance, sans efforts ni tensions.p.17

    Ne pas être apprécié en tant qu’amant peut être très difficile à digérer pour un homme.

    Une femme peut critiquer un homme sur pas mal de sujets, lui reprocher d’être un mauvais cuisinier, un mauvais conducteur, d’avoir un travail médiocre ou même d’être un mauvais père. Ces critiques ne sont certes pas faciles à entendre, mais elles ne sont pas rédhibitoires. Mais lorsqu’une femme se permet de critiquer nos comportements sexuels, de remettre en question nos performances d’amant, alors ces mots nous atteignent à l’endroit le plus vulnérable et ébranlent notre ego de mâle. Ne pas être apprécié en tant qu’amant peut être très difficile à digérer pour un homme.p.16

    Ces ruptures du lien d’amour semblent tellement naturelles qu’on ne les associe pas directement à la sexualité

    L’homme doit être conscient que souvent la femme s’identifie à l’orgasme/éjaculation de son homme.

    Dans ces quelques instants, la femme a l’impression que l’homme se donne à elle, et pour la femme c’est une sorte de confirmation. L’ironie est qu’elle déclenche chez l’homme le syndrome post-éjaculatoire, involontairement il perd de sa puissance (et elle aussi), tandis que le lien d’intimité et d’amour est rompu ou s’évapore. Parfois ces ruptures du lien semblent tellement naturelles qu’on ne les associe pas directement à la sexualité. On pense que c’est dû à notre personnalité et à notre façon de réagir. Pourtant, l’homme qui pratique la rétention d’énergie va commencer à se sentir totalement différent dans sa vie quotidienne. Les hommes racontent le plaisir qu’ils sentent naître dans leur cœur, la légèreté et la chaleur lumineuse qui irradie dans tout leur corps et leur être.

    L’homme est aussi identifié à l’orgasme féminin, parce qu’il confirme qu’il est un bon amant et que cela conforte son égo de mâle (comme beaucoup de femmes simulent l’orgasme, ce n’est pas un retour tout à fait fiable). Le grand désavantage à faire jouir une femme, comme on l’a déjà dit, c’est que la plupart du temps l’homme éjacule quelques secondes trop tôt, à cause du haut niveau d’excitation et de tension, et ainsi perd sa puissance.p. 47

    Le pénis est un instrument puissant capable de générer des états d’extase divine…

    Le grand avantage de la présence à soi, d’être conscient pendant la pénétration, est qu’on peut sentir le pénis de l’intérieur, au niveau cellulaire. Finalement, vous avez le temps, il n’y a nulle part où aller (par exemple vers l’éjaculation), vous pouvez donc fixer votre attention à l’intérieur même du pénis.

    Écouter son pénis et rester particulièrement attentif à ses mouvements augmente considérablement sa sensibilité et permet de percevoir des sensations fines, délicates, cellulaires, absolument délicieuses qui se diffusent dans tout le corps. Mais pour que cela soit possible, il faut vraiment pratiquer une approche sans hâte, sans objectif, sans but.

    Des expériences réellement extatiques, touchantes, palpitantes peuvent se produire par la mise en correspondance des pôles opposés. Quand le pénis et le vagin sont mis en présence dans un contact prolongé, ils se répondent l’un l’autre avec une intelligence innée. Le pénis est un instrument puissant capable de générer des états d’extase divine lorsqu’il est placé dans un environnement réellement complémentaire.p.90

    Le pénis est capable d’effectuer une danse du serpent à l’intérieur d’une femme

    Lorsqu’une relation s’établit dans le temps, il se peut que l’homme ait des pannes d’érection dues à la diminution de l’excitation. La femme est connue, la situation est connue, la routine est établie, il n’y a plus vraiment de quoi être excité. Pourtant, avec une nouvelle vision de la sexualité, on s’aperçoit que l’excitation n’est pas forcément nécessaire pour l’acte sexuel.

    Sans aucun doute, l’érection peut survenir sans excitation ni stimulation à partir du moment où l’homme fait confiance à son pénis. En fait, une vraie érection est une réponse électromagnétique à la force égale et opposée exercée par le vagin. D’un état parfaitement au repos, le pénis peut s’élever lentement en réponse à l’environnement du vagin. La force féminine joue un rôle égal : sa réceptivité attire le pénis et le tire lentement vers l’érection, millimètre par millimètre. Le pénis se déplie lentement comme un serpent qui se dresse dans un mouvement en spirale. L’érection sans stimulation ni excitation peut aussi survenir lorsqu’on est dans une réelle intimité avec la femme. La force féminine exerce alors une attraction sur la force masculine sans que l’homme soit effectivement à l’intérieur de la femme. Certains hommes racontent que c’est comme si le pénis était réveillé par l’ambiance amoureuse créée par la présence et la conscience.

    L’érection spontanée est celle qui surgit de nulle part, provoquée uniquement par la différence de polarité entre les forces dynamique et réceptive et par la présence des deux individus à ce moment précis. L’érection qui survient spontanément n’a pas besoin d’excitation ou de fantasmes pour se maintenir : elle a juste besoin de présence et d’attention. Au moment où l’attention de la personne vacille, le pénis commence à se rétracter, à se lover comme un serpent. En retrouvant sa présence et en lâchant les pensées parasites, l’érection revient rapidement. Le pénis est capable d’effectuer une danse du serpent à l’intérieur d’une femme, ce qui est une expérience fabuleuse pour l’homme.p. 98-99

    Les hommes sont à la recherche d’une certaine autorité masculine, mais que signifie réellement être un homme?

    La capacité à rester présent définit réellement ce que signifie être un homme, particulièrement au vu de la confusion qui règne dans notre culture. Les hommes sont à la recherche d’une certaine autorité masculine, mais que signifie réellement être un homme ?

    Ce n’est ni plus ni moins que la capacité à être présent. Si l’homme arrive à être présent dans la femme – sans la pénétrer avec un pénis assoiffé ou exigeant, mais avec un pénis qui est aimant ici et maintenant – alors le pénis peut commencer à « catalyser » ce qui s’est accumulé dans le corps féminin, et lui permettre de se détendre et de se transformer en pur amour – la qualité profonde de la femme.

    Pour un homme, il n’y a rien de plus gratifiant que de voir la transformation se faire sous ses yeux.

    Loin d’être un fardeau ou une charge, cela donne le sentiment d’accomplir une noble tâche.

    Être à l’intérieur de la femme avec conscience est un honneur. Ça me donne (Michael) une certaine confiance en moi – une autorité masculine.

    À la fin de la retraite, un grand nombre d’hommes nous confient avoir enfin trouvé une vision positive de la masculinité, et avoir senti que c’est une expérience qui leur change complètement la vie. De plus, quand vous coopérez avec votre nature sexuelle, vous gagnez en maturité et devenez plus homme. Vous êtes plus présent, détendu et connecté à votre être profond ; vous êtes un être humain plus aimant.
    p.132

    De Diana Richardson et Michael Richardson

    Diana Richardson et Michael Richardson

    Présentation des auteurs

    Diana Richardson est praticienne et enseignante en thérapies corporelles holistiques, elle est engagée personnellement depuis plus de 30 ans dans l’exploration de la sexualité tantrique. Enseignant de Tai chi et praticien de shiatsu, Michael Richardson partage avec Diana cette recherche inspirée par les enseignements d’Osho sur le tantra et par l’approche de Barry Long.
    Au fil du temps, Diana et Michael ont développé une approche unique de la sexualité.

    Ils ont écrit plusieurs ouvrages sur la sexualité et la relation de couple qui ont été traduits dans plusieurs langues. Sont disponibles en français : « L’extase sexuelle », « Slow Sex », « Amour et émotions » et « Slow Sex pour les hommes ».
    Depuis 1993, ils enseignent aux couples l’art de la sexualité en conscience lors d’un séminaire d’une semaine, The Making Love Retreat.

    La retraite Making Love est aussi proposée dans plusieurs pays par des couples d’enseignants habilités à enseigner l’approche de Diana et Michael Richardson. En France, elle est animée par Anne et Jean-François Descombes sous le nom : Faire l’amour en conscience.

    Slow Sex pour les hommes
    Faire de l’amour une méditation
    De Diana Richardson et Michael Richardson
    Editeur: Almasta éditions, 2016
    ISBN 978-2-940095-40-7
    Pages: 208

    http://etredivinaufeminin.blogspot.co.il/

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