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  • Chartreuse : terrain d'aventures

    Le massif de la Chartreuse est vraiment particulier. Une barrière immense de calcaire, des vires, des sangles, des plateaux, des brèches, des failles, des grottes, des lapiaz, des forêts immenses, des itinéraires complexes, physiques, incertains parfois au point de devoir sortir la corde et le matériel d'escalade pour franchir un ressaut, sans vraiment savoir si c'est le bon passage... Des chamois, des marmottes, des bouquetins, des mouflons et très, très peu de "bipèdes à godillots"...Aujourd'hui, nous sommes montés aux rochers de Bellefont par le pas de Montbrun. Personne sur les 1200 mètres de dénivelée et les 3h45 de montée. On savait qu'on pouvait passer près de deux arches et on était décidé à les trouver, une à la montée et une à la descente. Magnifiques sculptures. Il a fallu sortir la corde et le matériel d'escalade dans le final : un couloir rocheux et herbeux où il fallait chercher l'itinéraire sans trop savoir si ça sortirait en haut...C'est là que l'expérience du "terrain d'aventure" est vraiment utile... Pas d'équipement en place, ni pitons (sauf un...), pas de spits comme en école d'escalade, juste des touffes d'herbes, des arbustes, des pierres enchâssées dans de la terre, des murs friables, des cheminées ravinées, des ronces, des résineux, des buissons, des pierres instables qu'il ne faut pas faire tomber sur le second, des points d'assurance très, très espacés et pas toujours bien solides... Une incertitude qui demande du calme...La peur est un dévoreur d'énergie...

    Du sommet, on est redescendu sur les vires dans les falaises pour trouver la deuxième arche. Le vent et les intempéries, le ruissellement de l'eau sur une roche peut-être plus tendre...Je ne sais pas combien de temps il faut pour une telle trouée dans la roche mais c'est là aussi qu'on réalise à quel point notre planète est ancienne. Les montagnes et leur évolution. Gigantisme de la création.


    Les randonnées débutent souvent par les forêts de hêtres.

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    Les pentes sont raides en Chartreuse, les dénivelées s'enfilent sur des distances assez courtes. C'est rude à la montée et ça l'est aussi à la descente...

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    Un chamois sûrement surpris de voir du monde :) 

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    Premier couloir à escalader. 

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    Les vires forment des étages qu'il faut franchir les uns après les autres en dénichant des couloirs praticables...Accepter de buter sur une impasse fait partie du jeu alors on reprend les recherches, une faille, une cheminée, un couloir, des traces de terre sur la roche, témoignage d'anciens passages, un rond de peinture partiellement effacé sur un caillou, un cairn (accumulation de pierres)... 

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    La première arche. 

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    On reprend la montée de vires en vires à la recherche du couloir final. 

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    C'est par là. Les quelques données écrites dont on dispose avec le site "altitude-rando" parlent d'une étroiture à escalader pour accéder à un couloir rocheux-herbeux. Ca y ressemble, au moins pour la première partie...

     

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    Là, il a fallu sortir la corde. Nathalie est dans le couloir le long des rochers. Pas vraiment de points d'assurance mais les touffes d'herbe sont solides :) Il faut se méfier aussi des pierres décrochées par les chamois...Lors d'une précédente sortie, le caillou n'était pas passé loin. Alors, on écoute et on regarde. Les arbustes sont parfois utiles pour placer une sangle d'assurance, les coinceurs dans les fissures complètent le tout. 

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    Le couloir final remontait à gauche de la grande dalle grise dans les pentes herbeuses et rocheuses. Au sommet, on a mangé notre pomme et on a entamé la descente à la recherche de la deuxième arche. 

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    La deuxième arche.

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    Une marmotte sculptée :) 

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  • Reconnaissance éternelle

    Je suis infiniment reconnaissant à la vie d'avoir invité mes parents à me concevoir,
    Je suis infiniment reconnaissant à la vie d'avoir enflammé d'amour le cœur de Nathalie et le mien,
    Je suis infiniment reconnaissant à la vie d'avoir insufflé à l'âme de nos trois enfants le désir de nous faire grandir,
    Je m'emplis de bonheur au spectacle des montagnes,
    Et de par tout ce que je lui dois encore, je reconnais avec joie et gratitude à la vie, le droit de faire de moi ce que bon lui semble.

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  • "Nous ne savions pas"...

    Quand on regarde à quelle date Lamarck a écrit le texte ci-dessous, il devient inconvenant de dire aujourd'hui que nous ne savions pas, scientifiquement, que notre "croissance", qu'elle soit démographique ou économique, pourrait avoir les conséquences que nous voyons aujourd'hui...
    Il faut savoir également qu'en 1824, S Carnot, avait calculé, mathématiquement, par des équations imparables, que notre système énergétique, par utilisation des ressources naturelles, conduirait à une crise majeure....Ce qu'aujourd'hui, des scientifiques nomment "collapse".... 
    Après, on peut toujours penser que ça ne nous concerne pas puisque, pour l'instant, la situation est encore viable...
    Beaucoup choisissent cette option. 
    Le simple fait de se dire qu'il est impossible de changer de régime alimentaire et que l'homme est "fait pour manger de la viande", alors que des centaines d'études et une simple observation montrent très clairement, et sans que ça puisse être contredit, que l'agriculture intensive mise au service de l'alimentation carnée, est un désastre, c'est quelque chose qui me laisse pantois.... Imaginer que le "plaisir gustatif" puisse justifier que l'homme détruise cet environnement qui lui permet de vivre, eh bien, comment dire... Je ne souhaite rien d'autre à cette humanité immature que de disparaître au plus vite. A moins qu'elle fasse le choix de "grandir" intérieurement et donc de cesser de s'étendre physiquement. 
    Il reste ensuite à comprendre :
    1) comment il est possible que des travaux scientifiques datant du 19 ème siècle aient pu nous échapper et 
    2) pour quelles raisons, les gouvernants ont refusé d'en tenir compte. 
    Réponse : 
    1) parce que nous sommes, et moi aussi, fondamentalement immatures et que nous vivons dans l'espace limité de nos existences.
    2 ) parce qu'il était mille fois plus intéressant pour leur pouvoir et leur enrichissement que ces gouvernants encouragent la croissance économique, quels qu'en soient les effets sur le long terme.

    Solution : 
    1) Comprendre que le temps de l'insouciance est révolu et que chaque être humain est responsable.
    2) Comprendre que le système politique actuel dans l'ensemble du "monde développé" n'inversera jamais cette "involution" parce que cela contribuerait à sa propre disparition. 



    "En détruisant partout, les grands végétaux qui protégeaient le sol, pour des objets qui satisfont son avidité du moment, l'homme amène rapidement à la stérilité ce sol qu'il habite, donne lieu au tarissement des sources, en écarte les animaux qui y trouvaient leur subsistance, et fait que de grandes parties du globe, autrefois très peuplées et très fertiles à tous égards, sont maintenant nues et stériles, inhabitées et désertes. On dirait que l'homme est destiné à s'exterminer lui-même après avoir rendu le globe inhabitable." J B Lamarck, naturaliste, 1820...........


    "La main humaine, en frappant des forêts, peut amener des révolutions dans l'état atmosphérique, des débordements des fleuves, des épidémies... Ces centaines de billions d'acide carbonique et d'oxyde de carbone, pourront bien troubler un peu l'harmonie du monde."Eugène Huzar "la fin du monde par la science", 1855.........

    C'est effrayant de voir que les scientifiques en sont réduits à poindre la menace sur l'homme comme s'il fallait que nous soyons les prochaines victimes pour se décider à agir réellement. La vie de ces milliards d'animaux n'a pas de valeur intrinsèque, elle n'en prend qu'au regard de ce qu'elle nous apporte et c'est monstrueux.

    La surpopulation....Est-ce qu'on peut imaginer une humanité capable de limiter l'accroissement de sa population ?...La démographie est à la base de la croissance économique et le maintien de la croissance et "mieux" encore son augmentation est l'objectif incontournable et même obsessionnel des politiques et des financiers... Alors, la conclusion est toute trouvée : rien ne se fera volontairement... L'humanité continuera son oeuvre de démolition jusqu'au jour où le point de non retour sera atteint...

     

    "L’auteur principal de l’étude, Gerardo Ceballos, est alarmiste : « Ces pertes massives en termes de populations et d’espèces sont un prélude à la disparition de nombreuses autres espèces et au déclin des écosystèmes qui rendent la civilisation possible. »

    Les chercheurs appellent quant à eux à agir contre les causes du déclin de la vie sauvage, notamment la surpopulation et la surconsommation."

    Un orang-outan dans un zoo britannique.

    Un orang-outan dans un zoo britannique. — Paignton Zoo/Cover Images.

    • Des chercheurs alertent sur la disparition rapide des effectifs de très nombreuses espèces animales vertébrées.
    • Notre planète vit sa sixième extinction animale de masse.
    • Selon un chercheur interrogé par 20 Minutes, ce phénomène aura de graves conséquences pour l’espèce humaine.

    Notre planète vit la sixième extinction massive d’ animaux de son histoire. Ce déclin de la biodiversité s’est accéléré selon une étude scientifique publiée lundi dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). Pour comprendre cette « défaunation » et ses conséquences pour la Terre et pour l’Homme, 20 Minutes a interrogé Franck Courchamp, directeur de recherche au CNRS et à l’université Paris-Sud, spécialiste de la biodiversité.

    >> A lire aussi : Une sixième extinction massive d’animaux est en cours

    Notre planète vit actuellement la sixième extinction de masse d’espèces. Qu’est-ce que cela signifie et quelles ont été les précédentes extinctions massives ?

    Il y a déjà eu cinq causes majeures de perte de biodiversité qui ont entraîné la disparition d’une grande part de la biodiversité dans un temps très court. Concrètement, cela se produit sur des centaines de milliers d’années, ce qui est rapide à l’échelle des 4,5 milliards d’années de la planète. Ce sont des moments au cours desquels au moins 60 à 70 % des espèces disparaissent, ce qui est vraiment énorme. Cela représente des centaines de milliers voire des millions d’espèces.

    La dernière extinction de masse a concerné les dinosaures, il y a 65 millions d’années. Il y a 250 millions d’années, 95 % des espèces ont disparu, parmi lesquelles les trilobites et des insectes géants.

    Cela signifie que 95 % des espèces peuvent disparaître et que la nature arrive à recréer une biodiversité. La planète va se remettre de cette sixième extinction de masse, mais cela va prendre un million d’années. La nature va s’en remettre, mais pas nous, les humains.

    Dans cette étude, les chercheurs ne parlent pas de disparition d’espèces, mais ils mesurent une réduction des populations. Quelle est la différence entre espèce et population et en quoi cette approche est-elle pertinente ?

    Par exemple, l’espèce humaine regroupe les sept milliards d’individus sur Terre. La notion de population renvoie à des territoires et des groupes d’individus.

    Le taux d’extinction - plusieurs centaines d’espèces par an dont deux à trois espèces de vertébrés - est relativement faible par rapport à notre perception, mais à l’échelle de la population, il est très important. Avec cette étude, on constate que l’on ne regardait que la partie émergée de l’iceberg. Les espèces, avant de s’éteindre définitivement, sont en train de disparaître très fortement. Une espèce pas disparue mais qui perd beaucoup de spécimens et de territoires, c’est une espèce qui va disparaître. Et elle n’a pas besoin d’être éteinte pour n’être quasiment plus fonctionnelle.

    Cette étude révèle également que près de 30 % des espèces en déclin sont des espèces communes. Nous sommes en train de détruire notre écosystème et nous ne le voyons pas.

    En France, le chardonneret a enregistré une baisse de 40 % de ses effectifs depuis dix ans selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
    En France, le chardonneret a enregistré une baisse de 40 % de ses effectifs depuis dix ans selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). - ARDEA/MARY EVANS/SIPA

    Quelles sont les causes de cet « anéantissement » de la biodiversité et quelle est la responsabilité de l’homme ?

    Il y a cinq causes principales : la destruction de l’habitat des espèces, les invasions biologiques, la surexploitation (déforestation, surchasse, surpêche), la pollution et le changement climatique. L’homme est responsable de ces cinq causes.

    Cette publication ne prend en compte que les vertébrés terrestres. Les poissons, les invertébrés, les plantes sont-elles menacées dans des mesures similaires ?

    Oui, il y a des groupes très affectés, par exemple les récifs coralliens, qui sont des écosystèmes très importants. Beaucoup de plantes sont en déclin, ainsi que de nombreuses espèces de poissons.

    Est-ce inéluctable ?

    Rien n’est inéluctable. Mais une fois qu’une espèce a perdu la moitié de ses spécimens en 40 ans, les choses vont très vite. Si nous ne réagissons pas dans les deux à trois prochaines décennies, nous allons perdre des centaines de milliers d’espèces, et avec elles nous perdrons des ressources pour notre santé, notre alimentation, notre agriculture, notre climat… Il faut mieux informer le grand public sur ces questions, des actions politiques au niveau global, et des changements de comportements au niveau individuel, comme réduire sa consommation de viande ou de produits contenant de l’huile de palme.

    MOTS-CLÉS :

     

  • Biodiversité : extinction massive

    «La biodiversité, ce n’est pas une affaire d’écolos farfelus»

    Par Coralie Schaub — 

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    . Christophe Beaudufe. AFP

     

    Pour le biologiste Gilles Bœuf, la préservation des écosystèmes doit être le souci de tous.

     

    http://www.liberation.fr/futurs/2017/07/11/la-biodiversite-ce-n-est-pas-une-affaire-d-ecolos-farfelus_1583234

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       «La biodiversité, ce n’est pas une affaire d’écolos farfelus»

    Ex-président du Muséum national d’histoire naturelle, le biologiste Gilles Bœuf enseigne à l’université Pierre-et-Marie-Curie à Paris et préside le conseil scientifique de l’Agence française pour la biodiversité (AFB).

    Qu’est-ce qu’une crise d’extinction de masse ?

    C’est la disparition d’au moins les trois quarts des espèces marines et continentales sur un temps court, soit entre un demi-million d’années et quelques millions. Depuis 700 millions d’années, environ soixante grandes crises se sont produites, dont cinq massives. La plus violente a été la troisième, il y a 251 millions d’années : 96 % des espèces ont disparu, c’est la fin par exemple des trilobites dans l’océan. Et la cinquième, c’est celle qui a fait disparaître les dinosaures, il y a 65,5 millions d’années.

    Nous vivons donc la sixième, à un rythme ahurissant ?

    Dans un article paru dans Nature en 2011, des écologues se sont demandé si nous ne vivons pas la sixième grande crise d’extinction. L’étude parue lundi dans PNAS confirme que nous sommes sur cette voie. Les activités humaines sont en train de mimer une crise massive. Ce ne sont pas encore les espèces qui disparaissent en tant que telles, mais leurs populations qui s’effondrent. Le terme «extinction» veut dire que le dernier spécimen a disparu. Or par exemple pour la faune marine, on ne connaît que vingt espèces vraiment disparues en quatre siècles, sur plus de 20 millions. L’extinction n’est donc pas le bon critère. Le bon critère, c’est de montrer que si on continue comme ça, on va tout faire disparaître : on fait disparaître les populations d’animaux, un prélude à l’extinction des espèces. Cette étude, comme celle du WWF en octobre 2016, montre que plus de 50 % des populations de vertébrés ont disparu en quarante ans. Ce qui est effroyable, c’est cela : quarante ans, ce n’est rien dans l’histoire de la Terre ! En 2011, l’article de Naturecalculait que nous ferions tout disparaître endeux cents ans.

    Une chose frappe : les espèces communes s’effondrent…

    Si on détruit les écosystèmes, les espèces communes s’en vont aussi, autant que les espèces rares. Ces dernières ne disparaissent pas toujours en premier. Le pigeon migrateur américain était extrêmement abondant aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, il a été sauvé in extremis, il ne reste que quelques individus. Il y a deux choses dans l’article de PNAS : le nombre d’individus s’effondre, et les zones de répartition sont de plus en plus réduites. C’est le cas du guépard, qui était africain et asiatique. Il n’y en a plus en Inde et le seul qui reste est le guépard d’Iran : avec moins de 80 individus, il est en train de disparaître. Il y a extinction de populations de guépards, pas encore de l’espèce guépard tout entière. En France, c’est dramatique pour le hérisson ou les grenouilles…

    Il s’agit d’une énième alerte…

    Oui. On s’apitoie quelques heures, quelques jours. Et puis on ne fait rien. On nous parle sans cesse de résilience, on nous dit qu’il faut que les écosystèmes agressés comme les humains agressés soient capables de revenir à un état d’équilibre. Mais on ne peut pas être résilient si on a disparu ! Il faut donc tout faire pour que le vivant ne disparaisse pas. Surtout, il faut qu’on s’adapte à tous ces changements. Aucune espèce vivante n’a pu s’adapter sans changer. Or, on ne change pas ! Il faut vraiment qu’on réagisse.

    Que devrions-nous faire ?

    D’abord, arrêter de détruire les écosystèmes. Avant de construire un bâtiment, une voie ferrée, une autoroute, il faut s’interroger sur sa nécessité. L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, par exemple, on n’en a pas besoin. Si une construction est indispensable, il faut réduire au maximum ses impacts sur l’environnement. On artificialise l’équivalent d’un département français tous les sept ans, souvent des bonnes terres agricoles, il n’est pas possible de continuer comme ça. La seconde chose, c’est arrêter de polluer, notamment avec l’agriculture intensive. On peut très bien se passer de pesticides. Des oiseaux en Arctique qui n’ont jamais vu d’humains en sont bourrés. Troisième chose : arrêter de surexploiter, de surpêcher, de surchasser. Il y avait 2 000 rhinocéros en Zambie il y a vingt ans. Aujourd’hui, zéro. Il faut aussi cesser de disséminer des espèces invasives partout, comme l’ambroisie qui vient d’Amérique du Sud et provoque des crises d’asthme. Enfin, il faut lutter contre le changement climatique, qui s’ajoute à tout cela et a des effets délétères sur les écosystèmes et le vivant. Parler de la crise climatique, c’est bien, mais il ne faut pas oublier celle de la biodiversité : c’est aussi inquiétant, sinon plus.

    L’étude de lundi parle aussi de la surpopulation humaine…

    Bien sûr, c’est le dada de Paul Ehrlich [l’un des auteurs, ndlr]. Il a écrit en 1968 un livre, la bombe P, qui l’avait mis au ban de toutes les religions. Cela évolue, le pape François l’a reçu. Mais le sujet reste tabou. Le seul pays ayant légiféré est la Chine.

    Des espoirs ?

    Il y a des zones où on a pris la situation à bras-le-corps. S’il n’y avait pas eu les ONG, les lémuriens auraient déjà disparu à Madagascar. Mais cela reste très fragile. J’espère que le grand public prendra en considération le fait que la biodiversité, ce n’est pas une affaire d’écolos farfelus qui veulent sauver un papillon à points bleus, c’est l’affaire de tous. Il faut comprendre que si cette biodiversité s’en va, l’économie mondiale ne tournera pas du tout de la même façon. On ne mange que du vivant et on ne coopère qu’avec du vivant. Si la biodiversité s’en va, on s’en va nous aussi, puisqu’on en fait partie. Il faut y aller tous ensemble, ce n’est pas qu’un truc d’écolos. Je ne crois pas trop au politique, le temps politique n’est pas du tout celui de la nature.

    Surtout qu’il y a l’influence des lobbys…

    Ils sont totalement irresponsables, dans le court-termisme. Ces gens freinent alors qu’ils savent qu’ils ont déjà perdu. Demain, les pesticides seront interdits, c’est évident. Il faut dès aujourd’hui chercher des alternatives. Or les lobbys sont là pour permettre à quelques-uns de continuer à se remplir les poches. Et certains croient que la technologie va nous sauver, disent «il n’y a plus d’abeilles, ce n’est pas grave on fera des drones». C’est à pleurer de bêtise ! Le drame, c’est qu’on ne pense qu’à quelques-uns, à quelques très riches. Plus on sera là-dedans, plus on créera des Boko Haram et des Daech. Car le reste du monde ne se laissera pas faire. Il faut penser un développement harmonieux de l’humanité tout entière, une conscience humanitaire planétaire, comme dit Edgar Morin. Nous n’y sommes pas du tout.

    Coralie Schaub

  • Les jardins communaux

    Je partage ici le blog d'une amie dont le projet m'enchante.

     

     

     

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    Les jardins communaux

    Marie-Noelle Vandooren

    Posté par  le dans Ortie Rose - Le concret

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    Les jardins communaux

    Il y a 100 ans , mon arrière grand-père Frédéric laissait derrière lui en Belgique , les ruines calcinées de sa ferme , et venait en France  avec sa fille Marie , et ses 5 fils , Camille,Adolphe,Homer,Jules et Charles . 

    Tâcherons dans un premier temps , ils ont biné les champs de betteraves ,fauché les blés fané et bottelé les foins dans  les vastes étendues de la Beauce et du Hurepoix  , c'était au temps où l'agriculture avait besoin de bras , et les flamands ne rechignaient pas à la tâche . 

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    Un temps ouvriers agricole dans une grande ferme à Orsay, en Seine et Oise (75 ), ils sont arrivés à Forges dans les années 30  .

     

    Forgia , en Celte signifiait probablement foyer,demeure signe que ce village existait déjà à l'époque Gallo-romaine . 

    En 1677, Mathurin Le Jariel, l'une des plus grosses fortunes de France , secrétaire du Roy , conservateur de toutes les rentes et des hypothèques de ce dernier , propriétaire entre autre  des greniers à sel de Luzy et Château Chinon ,va se rendre acquéreur de la seigneurie de Forges , afin de se rapprocher de Versailles et de Louis XIV.

    Aujourd'hui encore , les propriétaires du château sont des descendants Le Jariel .

    En 1822 un médecin s'intéresse aux  sources du village , en 1862 l'académie impériale de médecine autorise l'exploitation des eaux de Forges qui deviendra Forges les Bains . 

    Durant presque un siècle , Forges fut un village de cures thermales , avec les établissements  de santé s'y rattachant , de nombreux baigneurs venaient de Paris par le train , les rues y étaient animées et les commerces prospères . 

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    Tout ceci prit fin à la seconde guerre mondiale , le faible débit des sources ne permettait pas à la société les exploitant de lutter contre Vittel ou Evian .

    N'empêche que la proximité de Paris et la notoriété du village l'ont rendu attractif et de nombreux bourgeois y établirent leur résidence secondaire . 

    C'est ainsi que Monsieur Régnard acquit en 1933 une propriété et ses dépendances dont la ferme du Vaux et mon grand-oncle Camille en devint le régisseur. Sa famille y fut employée : mon grand -père  ma grand -mère ,mon père y naquit en 1935 .

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    La vocation agricole du village est très affirmée , on y pratique la polyculture , l'élevage , il y a même des châtaigneraies .

    Voici le village dans lequel je suis née en 1962:

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     Le ministre de l'agriculture en 1964,

    "voit déjà dans le Parisien de l'an 2000,auquel la semaine de quatre jours de travail donnera la possibilité d'échapper à l'enfer d'une métropole qui comptera,peut-être dix-sept ou dix-huit millions d'habitants , un nomade d'un type nouveau , cherchant un délassement à la campagne ".

    ( extrait du livre de Marcelle Petit :"L'avenir de Forges-les-bains")

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    Mon père,Frédéric, a acheté sa ferme natale en 1970 . Il y mènera sa carrière d'agriculteur , il est encore actif aujourd'hui , donnant de précieux coups de mains à ma soeur , qui tient une pension pour chevaux créée en périphérie du village .

    La ferme , quant à elle vit ses derniers jours .

    Voici en quelques vues , l'évolution de "mon" pré :

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    Au fond , la ferme , et juste devant le pré où je gardais les vaches . Au premier plan , ce sont les prairies de " la pettie garenne"  des champs  réaffectés  car la région est prisée des cavaliers citadins . 

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    Quelques mois plus tard.

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    L'entrée du village .

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    Le pré devenu rue !

    La ferme existe encore , côté cour:

    b2ap3_thumbnail_la-ferme-2017.JPG

    Côté champs , une enfilade de 3 bassins de retenues laissent voir les hangars qui un jour prochain , seront abattus . 

    b2ap3_thumbnail_bassin-de-retenue.JPG

    3 bassins pour protéger le lotissement , nous sommes sur les sources , souvenez vous . 

    Alors un siècle après mon aïeul, je me suis déracinée , jusqu'à Fouronnes , où j'ai pu acheter une ancienne ferme . 

    J'ai raconté l'histoire de ma famille  dans la continuité de celle de mon village , cela me semble une belle illustration de l'évolution de nos modes de vie , de la façon dont ce qui peut sembler important en un instant T , devient désuet  des lustres plus tard .

    Durant 50 ans , j'ai souffert de voir l'univers auquel j'étais attachée , se métamorphoser , ma campagne natale est aujourd'hui , la grande banlieue , celle des nantis .

    Les lotissements qui se construisent ont pour vocation d'accueillir ceux qui vont déferler vers le pôle universitaire et technologique de Paris Saclay  

    b2ap3_thumbnail_paris-Saclay.PNG

    à cela se rajoute la construction du Grand Paris

    b2ap3_thumbnail_le-grand-Paris.PNG

    cet incroyable chantier va complètement métamorphoser la région parisienne , les heures d'embouteillage seront pour certains un mauvais souvenir d'antan . 

    Le "nomade d'un type nouveau" , "le parisien de l'an 2000" que mentionnait le ministre de l'agriculture de 1964 , est en passe de devenir une réalité . 

    Peut être que les raisons invoquées , telles la semaine de quatre jours , ne sont pas encore exactes , mais fuir l'enfer de la métropole , la pollution , le stress vont amener les "ile- de -franciens " à avoir besoin de s'échapper . 

    La Forterre , cette région qui me passionne , n'est pas si loin Complice

    Même si je suis bien aise que sa désaffection

    m'ait permis d'acheter , je pense que nous avons beaucoup à offrir , en jouant la carte d'un tourisme vert , sain , écologique ... 

    J'ai créé Ortie Rose pour conseiller , mais je ne suis pas bonne commerciale ...et pour le moment , l'entreprise est au point mort . 

    Pourtant l'idée est bonne et surtout en adéquation avec l'évolution actuelle de notre société . 

    On m'a fait remarquer il y a peu , qu'aussi valable que soit cette idée , je n'obtiendrai rien dans la région , car j'y suis une étrangère , Parisienne de surcroît . 

    Soit!

    C'est pourquoi , je suis à la recherche d'aides  , d'associés , de co-créateurs .... LOCAUX .

    L'idée:proposer de créer et d'animer dans chaque  village, un jardin communal , à l'instar des magnifiques lavoirs  érigés dans la région au XIX ième siècle .

    Ils seraient lieux de vie , ouverts à tous , et surtout , lieux de reconnexion avec la nature et  ses bienfaits . 

    Pourquoi pas aux abords de ces fameux lavoirs , pour bénéficier de la proximité de l'eau .

    Exemple :Fouronnes 

    b2ap3_thumbnail_le-lavoir-de-Fouronnes-ct-triste.JPG

     

    le lavoir, géré au désherbant 

    b2ap3_thumbnail_herbes-traites.JPG

    comme on peut le voir grace à mes amies les orties . 

    Juste au dessus 

    b2ap3_thumbnail_juste-au-dessus.JPG

    il suffit de monter les marches ,

    b2ap3_thumbnail_chemin-du-colombier.JPG

    le chemin du colombier Surpris

    b2ap3_thumbnail_on-peut-imaginer.JPG

    on peut imaginer la même chose autour du lavoir :ce sont des vivaces , des semis spontanés , des plantes sauvages . 

    On peut imaginer des échanges de graines , 

    on peut imaginer y promener les écoliers ,leur réapprendre les simples et reconnaître leurs bienfaits .

    on peut imaginer , sans ruiner nos édiles , faire revenir un peu de vie au coeur des villages .

    Je ne suis pas d'ici , c'est peut-être pourquoi je peux m'émerveiller d'autant de diversité . 

    Parfois , prendre une direction différente , ça tient à presque rien , à une idée , une volonté . 

    Faire d'une région qui se meurt , une oasis souriante  ça me semble un challenge engageant Complice!

     

    Je n'ai pas de leçon à donner , mais j'aime la nature , je connais la synergie qui est sa force , j'ai à coeur de permettre qu'elle puisse être à l'oeuvre , pour le bien de tous , humains y compris . 

    Un médecin curieux , à Forges , a insufflé au village une énergie nouvelle grace à de l'eau . 

    Pourquoi une jardinière n'en ferait -elle pas de même grace à la végétation locale ?

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Modifié le

  • EDF et les déchets

    On parle ici de la pollution du site mais qu'en est-il de la santé des ouvriers qui ont dû obéir à des ordres ou qui ont géré tout ça comme ils le voulaient ? Est-ce qu'ils sont réellement informés de ce qu'ils manipulent ?...A la centrale de Brennilis, une commission de sécurité est tombé sur des gants et combinaisons irradiés, rangés dans des placards ou abandonnés sur le site.....

     

    Les associations anti-nucléaire sont furieuses et dénoncent les pratiques d'EDF.

    Des déchets datant des années 70 et 80 ont été découverts enfouis sur le site de l'EPR de Flamanville en mai 2016. ( AFP / CHARLY TRIBALLEAU )

    Des déchets enfouis depuis la construction des deux premiers réacteurs de la centrale de Flamanville, dans la Manche ont été découverts sur le chantier de l'EPR, rapporte le Parisien lundi 10 juillet. S'ils ne sont a priori pas dangereux, leur découverte jette le doute sur les pratiques d'EDF.

    En mai 2016, sur le chantier de construction du nouveau réacteur de type EPR à Flamanville, un terrassier met au jour des déchets, enterrés à quelques mètres sous le sol. L'autorité de sûreté du nucléaire (ASN) est prévenue, et vient faire des constatations sur place : les sacs plastiques, morceaux de bois, câbles métalliques et tuyaux datent de la construction des deux premiers réacteurs de la centrale, entre 1978 et 1986. Ils n'ont jamais été répertoriés et traités comme ils auraient dû l'être, explique Le Parisien.

    L'ASN rapporte que les déchets sont apparemment "non-dangereux". Cependant la découverte jette le doute, et le gendarme du nucléaire demande à EDF des compléments d'information le 7 juillet 2016, qu'elle tarde à recevoir.

    Du coup, le 2 juin 2017, l'ASN profite d'une inspection du chantier pour observer plus attentivement les pratiques d'EDF. "Les inspecteurs de l'ASN se sont rendus dans le magasin du site et dans la salle des machines afin d'y examiner les modalités d'entreposage de produits chimiques, peut-on y lire. Ainsi qu'au niveau d'un ouvrage de prélèvement d'eau souterraine afin d'en contrôler les conditions d'exploitation". Les résultats ne sont pas très probants. "L'organisation définie et mise en oeuvre sur le site de l'EPR de Flamanville pour la préservation de l'environnement apparaît perfectible", écrit l'ASN dans une lettre envoyée au directeur de l'aménagement de Flamanville 3 et que Le Parisien a pu se procurer.

    L'autorité a demandé à rencontrer des ouvriers ayant travaillé sur le site à l'époque des chantiers de Flamanville 1 et 2, mais en attendant, EDF a dû revoir son plan de gestion des déchets mis au jour. "Certes le groupe a immédiatement pris des mesures pour évacuer ces déchets vers les filières autorisées, selon la chef de la division Caen à l'ASN, Hélène Héron. Mais de nouvelles fouilles ont montré que le volume à extraire était finalement largement supérieur aux estimations de départ."

    EDF se veut rassurant, mais cela ne suffit pas aux associations. "Cette histoire est révélatrice de certaines pratiques, qui contrairement à ce qu'affirme EDF, sont encore monnaie courante sur tous les sites. Et nous n'avons aucune garantie sur la non-dangerosité de ces déchets", accuse la porte-parole de Réseau sortir du nucléaire, Charlotte Mijeon, citée par Le Parisien.

    EDF - ELECTRICITE DE FRANCE

    AREVA

  • Jeunesse, santé et sport

    Il nous suffit de constater la désertification des montagnes et le fait que les gens que nous rencontrons ont principalement notre âge pour valider l'idée que l'activité physique n'est nullement à la mode et que la dégradation des physiques, dès le plus jeune âge, est une réalité indéniable...

     

    Santé des jeunes: «On s'en va vers une catastrophe»

    La pire dégradation se constate chez les garçons... (David Boily, La Presse)

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    La pire dégradation se constate chez les garçons de 17 ans, qui ont vu leur VO2 max - mesure de la capacité cardiorespiratoire - fondre de près de 19,8 % depuis 1982.

    DAVID BOILY, LA PRESSE

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    DU MÊME AUTEUR

    GABRIEL BÉLAND
    La Presse

    Des données inédites obtenues par La Presseconfirment ce que les professeurs d'éducation physique au Québec constatent sur le terrain : les jeunes Québécois sont de moins en moins en forme.

    Malgré des années d'efforts pour inciter les jeunes à bouger, leur capacité respiratoire connaît un recul prononcé au Québec. Les jeunes ont aujourd'hui un VO2 max inférieur d'environ 10 % en moyenne par rapport à ceux de 1982.

    Ces résultats représentent « un signal d'alarme » et dressent le portrait d'une situation « dramatique », selon plusieurs experts, qui déplorent les effets de la sédentarité et de l'omniprésence des écrans dans la vie des jeunes.

    « Si ça, ça ne convainc pas les gens qu'on s'en va vers une catastrophe, je ne sais pas ce que ça va prendre pour faire changer les choses », lance Mario Leone, le chercheur qui a récolté ces données aux quatre coins du Québec.

     

    La pire dégradation se constate chez les garçons de 17 ans, qui ont vu leur VO2 max - mesure de la capacité cardiorespiratoire - fondre de près de 19,8 % depuis 1982.

    « Ce sont des données assez dramatiques. Ça annonce des problèmes futurs assez importants », explique M. Leone, directeur du Groupe de recherche sur les aptitudes physiques des enfants de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

    «Le VO2 max est un des indicateurs de santé. Un VO2 max à 40 à 17 ans, c'est une valeur qu'on retrouvait avant chez des gens d'une quarantaine d'années. Alors des problèmes qu'on voyait apparaître plus tard, on les voit plus tôt.»

    Mario Leone,
    directeur du Groupe de recherche sur les aptitudes physiques des enfants de l'Université du Québec à Chicoutimi

    « TEST DU BIP-BIP »

    Mario Leone, avec d'autres chercheurs québécois, a fait passer des tests à 3000 jeunes du primaire et 2000 du secondaire de 2010 à 2015. Il leur a notamment fait faire le test navette de Luc Léger, le fameux « test du bip-bip » commun dans les écoles du Québec. Il s'agit d'un test de course qui consiste à faire des allers-retours, en augmentant la vitesse, jusqu'à l'épuisement.

    Son but était entre autres de comparer les résultats obtenus par les jeunes d'aujourd'hui avec ceux colligés au tournant des années 80 par Luc Léger. Ce test uniforme permet d'estimer la capacité cardiorespiratoire des participants, donc le VO2 max.

    Ce que les chercheurs ont constaté, c'est que les jeunes Québécois réussissent moins de paliers que par le passé. Ils ont moins de cardio. Ils ont aussi découvert que la condition physique des enfants, qui se dégradait modérément entre l'âge de 6 et 17 ans en 1982, chute dramatiquement aujourd'hui.

    Il y a 35 ans, un jeune garçon perdait 4 % de sa capacité cardiorespiratoire de 6 à 17 ans. Aujourd'hui, le jeune perd près de 17 % de son VO2 max sur la même période.

    « Ce que ça veut dire, en gros, c'est que le niveau d'activité physique des jeunes dans les années 80 était suffisant pour maintenir grosso modo la valeur du VO2 max, explique Mario Leone. Maintenant, ce qu'on voit, c'est que ce n'est plus suffisant pour maintenir ça. Plus les jeunes vieillissent, moins ils sont actifs. »

    « Ça va aller en empirant si ça continue comme ça, ajoute le chercheur. La pression sur le système de santé, ça va être épouvantable. On parle beaucoup du vieillissement de la population. Mais quand on voit que le taux d'obésité a triplé chez les enfants, on se dit que ces jeunes-là, ils vont prendre des médicaments pendant 50 ans. »

    MOINS DE TEMPS POUR BOUGER ?

    Cette tendance à la méforme n'est pas propre au Québec : des chercheurs la constatent dans tout le monde occidental. Comment l'expliquer ? À peu près tous les experts consultés par La Presse montrent la sédentarité : les jeunes bougent moins qu'avant, tout simplement, pour une multitude de raisons.

    « Ils ont le cours de musique, le cours de ci, le cours de ça... Rendus au cégep, c'est le travail, car ils ont besoin d'argent pour payer le téléphone et l'auto. Ils ont besoin de beaucoup plus d'argent qu'il y a 30 ans », fait remarquer la sociologue du sport Suzanne Laberge, qui s'intéresse à l'activité physique chez les jeunes depuis une trentaine d'années.

    « La vie est beaucoup plus demandante que jadis. Ils doivent se battre. Ils sont des numéros. On n'est pas dans une crise de l'emploi, mais ils ont été influencés par la dernière crise financière », note la professeure au département de kinésiologie de l'Université de Montréal.

    «Quand [les jeunes] veulent de l'argent, ils le veulent tout de suite. C'est une génération de l'immédiateté.»

    Suzanne Laberge,
    professeure au département de kinésiologie de l'Université de Montréal

    Les spécialistes consultés par La Presse ne prédisent pas un inversement de ce phénomène de sitôt. La chute de la forme des jeunes Québécois inquiète autant les éducateurs physiques que les cardiologues (voir autres textes). Elle pourrait aussi poser des problèmes de recrutement pour le sport de haut niveau.

    « Si la quantité d'adolescents en forme diminue, c'est certain qu'il sera plus difficile à l'avenir de trouver des éléments de talent comme on en a encore au Québec. Ça, ça m'inquiète », explique Guy Thibault, directeur des sciences du sport à l'Institut national du sport du Québec (INSPQ).

    Les chiffres de M. Leone ne surprennent pas du tout cet homme qui suit l'état de la condition physique des jeunes depuis des années au Québec. « Ça corrobore ce qu'on constate quand on a suivi la situation un peu. C'est déplorable », dit-il.

    MÊME CHOSE AU CÉGEP

    D'autres données recueillies par La Presse appuient les résultats de Mario Leone. Au cégep de Lévis-Lauzon, par exemple, les éducateurs physiques mesurent, dans le cadre d'un projet ambitieux qui n'a pas son pareil dans le reste de la province, la condition physique d'environ 1000 élèves chaque année.

    Les jeunes sont soumis à un test de paliers. Ce que les enseignants du cégep ont constaté, c'est que depuis le début du projet, en 1999, chaque année, de plus en plus de jeunes abandonnent au premier palier, celui qui demande le moins d'efforts.

    «C'est comme si au hockey, après l'échauffement, tu ne te rendais pas à la partie. C'est un peu le même principe.»

    Daniel Thibault,
    éducateur physique au cégep de Lévis-Lauzon

    À l'Université de Sherbrooke, des chercheurs ont quant à eux relevé la condition physique et les habiletés motrices des étudiants en éducation physique et en kinésiologie. De 2006 à 2013, ils ont fait passer des tests à ces jeunes qui sont normalement parmi les plus actifs.

    « On a constaté une diminution de la condition physique de nos étudiants et aussi de leurs habiletés motrices dans les dernières années », note Félix Berrigan, directeur du programme de baccalauréat en enseignement en éducation physique et à la santé à l'Université de Sherbrooke.

    « Ce qui est surprenant, c'est qu'on constate cette diminution chez des jeunes qui se prédisposent à des domaines sportifs. Ce sont de futurs éducateurs physiques et de futurs kinésiologues », dit-il.

    >> Lisez l'ensemble du dossier sur La Presse+Faire un infractus avant ses 30 ans et Revaloriser l'éducation physique

    Qu'est-ce que le VO2 max ?

    Le VO2 max est considéré comme l'une des meilleures mesures des capacités cardiorespiratoires et de l'endurance. « Le VO2 max se mesure en millilitres d'oxygène extraits chaque minute par kilogramme de votre poids corporel. Plus une personne est capable d'effectuer des exercices aérobiques de haute intensité pendant une longue période, plus son VO2 max est élevé », peut-on lire sur le site de l'Institut de cardiologie de Montréal. Plus la valeur est élevée, donc, plus la personne est en forme. Les experts estiment qu'une personne sédentaire peut améliorer de 30 à 35 % la valeur de son VO2max grâce à l'activité physique.

  • Bilan et état des lieux.

    Texte écrit en décembre 2014... Voilà où j'en étais. Aujourd'hui, c'est officiel, je reprends une classe de 28 CM2 à la rentrée. Le trio Peillon/Hamon/Belkacem est passé et il reste un champ de ruines. De mon côté, il me reste deux ans pour atteindre l'âge de la retraite. Je ne m'étais pas trompé il y a trois ans quand j'ai refusé d'appliquer cette réforme. Je n'imaginais pas, par contre, ce que j'allais endurer dans le giron de l'administration. La liste des dégâts collatéraux est longue. Mon corps a subi ce que ma tête ne parvenait plus à gérer, comme un territoire ravagé par deux armées. Mes convictions ou mes valeurs et en face le rouleau compresseur du ministère. Je ne regrette rien en tout cas. Ce fut également l'occasion de voir, encore une fois, à quel point les "relations professionnelles" sont fragiles dès lors qu'on se place en dehors du cadre... Il m'est très réjouissant de savoir que mes anciens ..."collègues"... ont demandé à l'inspecteur de revenir à la semaine des quatre jours...Je ne m'étais pas trompé...
     





    « Vous ne pouvez plus enseigner ou vous ne voulez plus enseigner Mr Ledru ?

    -Les deux, Docteur. C’est un burn out moral, physique et idéologique. Depuis quatre ans déjà, je sentais que j’étais au bout, nerveusement, moralement, physiquement, un épuisement complet, l’impression de ne plus parvenir à ressentir le bonheur que j’avais eu jusque-là à vivre avec des enfants et à enseigner. Et puis est venu s’ajouter à cette déliquescence, cette trahison de l’État, cet engagement hiérarchique dans une désintégration du système éducatif.

    -C’est peut-être exagéré comme conclusion, vous ne croyez pas ?

    -Oui, je sais, Docteur, je suis paranoïaque…Vous n’êtes pas tout seul à le penser.

    -Je n’ai pas dit ça, Mr L. Je cherche juste à comprendre.

    -Et bien, imaginez qu’une instance dirigeante, l’Ordre des médecins ou l’État lui-même vous impose un cadre professionnel extrêmement perturbant. Imaginez par exemple que votre degré de prescription soit limité par une barrière, un seuil à ne pas dépasser. Vous disposez d’un stock médicamenteux mensuel et c’est à vous de le répartir sur vos patients. Une fois atteint ce seuil financier imposé par votre hiérarchie, vous êtes dans l’obligation de suspendre vos prescriptions. Il vous restera deux solutions : au début de chaque mois, vous prescrivez ce que vos patients ont besoin, sans aucune limitation, parce que vous jugez que le traitement doit être complet pour être efficace mais inévitablement, avant la fin du mois, vous ne pourrez plus rien prescrire à vos patients. Vous aurez atteint le seuil imparti. Ces patients ne seront pas soignés. Soit ils iront voir ailleurs, soit ils reviendront vous voir en début de mois suivant. Mais ils seront donc encore plus atteints et il vous faudra redoubler les prescriptions, ce qui entamera encore plus vite le stock autorisé. Ou alors, vous déciderez en début de période de limiter vos prescriptions pour essayer d’atteindre la fin du mois sans être totalement démuni. Mais vos patients n’auront donc à disposition qu’un traitement parcellaire et il est probable que ça sera insuffisant. Certains rechuteront avec davantage d’ampleur et vous devrez renouveler les traitements ce qui viendra entamer encore une fois le stock disponible. Aucune solution ne sera satisfaisante et vous réaliserez rapidement que vous ne pouvez plus respecter vos idéaux, que vos convictions et votre sens du devoir sont irrémédiablement rognés par ces limitations. Et bien, c’est ce que je vis depuis deux ans.

    -Je pense que dans mon cas, cette situation n’est pas envisageable. L’État ne peut pas intervenir de la sorte.

    -C’est également ce que je pensais il y a encore deux ans. Il faut croire que nous sommes très naïfs et vous l’êtes donc tout autant que moi. Jusqu’ici l’État vous demande d’être modéré dans vos prescriptions et vous n’envisagez pas qu’un jour il puisse s’agir d’injonctions avec des menaces financières ou autres. Ce que je dis est donc tout à fait réalisable. Rien n’est impossible pour les financiers. Il suffit de trouver le moyen de convaincre la population que c’est pour leur bien. C’est pour ça que les Politiciens existent. Ils sont les porte-parole des Financiers. C’est tout.

    -Vous considérez donc qu’il n’est plus possible d’enseigner aujourd’hui.

    -Non, absolument pas. Puisqu’il reste encore des milliers d’enseignants dans les classes. Mais c’est la qualité de l’enseignement qu’il n’est plus possible de préserver. Si l’État venait restreindre vos prescriptions de façon drastique, jusqu’à vous menacer de sanctions diverses et avec un contrôle coercitif très puissant, vous continueriez de pratiquer mais en sachant que vous ne respectez plus vos idéaux. Beaucoup d’enseignants vivent aujourd’hui avec ce dilemme constant, cette torture idéologique. Pour ceux et celles qui ont une idéologie, bien entendu. Je ne parle donc pas des fonctionnaires-enseignants mais uniquement des Enseignants. Vous voyez la différence ?

    -Oui, j’imagine assez bien. Entre l’apathie et la passion.

    -Voilà, c’est ça. On peut dire aussi entre la soumission et la désobéissance. Mais cette lutte idéologique génère une pression énorme et elle vient s’ajouter aux difficultés inhérentes du métier, comme un poison quotidien. Vous voyez tous les jours les insuffisances chroniques de votre pratique, non pas parce que vous n’êtes pas compétents mais parce que vous êtes considérablement bridé, enfermé, limité, contraint. Jour après jour, ces insuffisances, ces manques, ces limites vous renvoient une image négative de vous-même, jusqu’à ressentir une honte, un malaise qui vous ronge. Vos patients subissent, non pas votre incompétence mais votre obéissance. C’est ça que je ne supporte pas. Jusqu’à en tomber malade, jusqu’à ne plus me supporter moi-même.

    -Mais vous n’êtes pas responsable de ces injonctions ?

    -Je suis responsable de leur application. Toute la problématique est là. Soit je décide de lutter au mieux pour soulager mes élèves comme vous pourriez lutter pour soulager vos patients mais vous voyez bien que dans ce cas-là, jamais, vous ne pourrez appliquer intégralement vos idéaux. Vous ne ferez qu’appliquer des pansements sur une plaie qui continuera à s’infecter sans jamais pouvoir intervenir sur la cause même de cette plaie. Soit je refuse d’obéir. Parce que moralement et physiquement, je n’ai plus la force pour maintenir cette lutte, parce que je n’accepte pas l’idée que j’accueille des enfants dans un contexte qui porte inévitablement atteinte à leur bien-être. Vous comprenez que c’est antinomique, totalement contradictoire. J’ouvre ma classe avec l’idée fondamentale d’œuvrer au développement équilibré et bienveillant de mes élèves en sachant qu’inévitablement, je leur fais du mal, je leur impose un cadre déstructurant. Avec des effets désastreux. Tout comme vos patients qui ne pourraient plus bénéficier d’un traitement adapté et complet. Les plus faibles risquent même de dépérir. Imaginez cette situation Docteur, imaginez que tous les jours, vous soyez amenés à abandonner une partie de vos patients, parce qu’ils sont déjà trop faibles pour lutter contre la maladie qui les touche et que vous ne disposez plus des moyens nécessaires pour les sauver. C’est ce qui se passe aujourd’hui pour des milliers d’enfants. Essayez de ressentir clairement en vous ce que cette situation génère… Qu’est-ce qui se passe en vous ? Comment vous sentez-vous Docteur ? »