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  • Comprendre l'Union européenne

     

    Et comme on dit depuis quelques temps, ceux qui font encore confiance aux dirigeants européens font partie du problème...

  • Cancer

    Cancer : le nombre de malades a explosé en France

    A LA UNE POLITIQUE SANTÉ  /  Publié Mis à jour à par SudOuest.fr

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    Les médecins tentent de trouver les causes de ces augmentations.
    Les médecins tentent de trouver les causes de ces augmentations. © 

    CC - PEXELS

    Entre 1980 et aujourd'hui, le nombre de patients atteints de cancer a doublé. Certains types de tumeurs ont même vu leurs cas multipliés par 5

    Selon des projections publiées en novembre 2015 par l'Institut de veille sanitaire (InVS), on estime à 385 000 le nombre de nouveaux cas de cancer survenus l'an dernier en France. C'est deux fois plus qu'il y a trente ans. 

    Et si,  grâce à l'avancée de la médecine, la mortalité est en baisse (-34% depuis 1980), les cas de certains cancers ont triplé, quadruplé, voire quintuplé en quelques décennies. A partir des données de l'InVS, Le Monde a passé en revue l'évolution de tous les types de cancers. 

    Quels sont les cancers en plus forte augmentation ? Pourquoi une telle évolution ?On fait le point.

    La rédaction vous conseille

    NB : les chiffres présentant l'augmentation du nombre de chaque type de cancer sont calculés à partir des données de l'InVS, entre 1980 et 2012.

    • Prostate

    +400% chez les hommes

    Le cancer de la prostate est le cancer le plus courant en France, tous sexes confondus (il devance le cancer du sein, premier cancer chez les femmes). Avec 49 000 nouveaux cas détectés chaque année, son augmentation fulgurante serait principalement due à un surdiagnostic. 

    En effet, l'amélioration des tests de dépistages a permis d'améliorer la prise en charge de nombreux patients, mais a également amené les médecins à considérer comme des cancers des affections bénignes ou sans danger immédiat. 

    Plusieurs équipes de chercheurs n'excluent cependant pas les facteurs environnementaux et le mode de vie comme causes de l'augmentation du nombre de malades.

    • Sein

    +56,3% chez les femmes

    La fréquence des cancers du sein en France stagne ou continue à augmenter chez les femmes de moins de 50 ans, alors qu'elle recule chez les femmes plus âgées.

    Cette tendance peut s'expliquer par le recul de l'âge de la maternité, le surpoids, la sédentarité et le tabac, ainsi que par l'exposition à certains polluants et par le dépistage individuel, qui conduit à détecter des tumeurs qui ne l'auraient pas été auparavant, selon les spécialistes interrogés par le Monde. 

    L'incidence globale du cancer du sein en France - le taux de nouveaux cas par an et par tranche de 100 000 habitants - diminue légèrement depuis 2005, après trente ans de forte augmentation. Cette date correspond à la publication d'une étude qui mettait en cause l'utilisation de traitements contre la ménopause, soupçonnés de favoriser les cancers du sein. 


    Un lien de causalité entre les déodorants et le... par ITELE

    • Poumon

    +431% chez les femmes ; stable chez les hommes

    Auparavant cancer majoritairement masculin, le cancer du poumon augmente de manière exponentielle chez les femmes depuis des années. L'une des causes évoquées : la consommation de tabac, qui a augmenté chez les femmes plus tardivement que chez les hommes. Les jeunes filles fument même désormais davantage que les garçons.

    • Lèvres/bouche/pharynx

    +60% chez les femmes ; en baisse chez les hommes

    Le cancer de la zone buccale a longtemps été considéré comme essentiellement masculin (7 600 cas par an chez les hommes contre 3 100 chez les femmes) et causé par la consommation d'alcool et de tabac.

    Mais depuis 1980, le nombre de cas a diminué de 60% chez les hommes tandis qu'il a grimpé de 60% chez les femmes. Si une partie de ces résultats peut s'expliquer par une évolution de la consommation de tabac et alcool chez ces dernières (comme pour le cancer du poumon), des scientifiques ont également pointé la responsabilité probable du papillomavirus humain, un virus sexuellement transmissible.

    L'augmentation des cas de cancers de la bouche pourrait donc également être liée à l'augmentation des pratiques de sexe oral.

    • Rein

    +70,59% chez les femmes ; +88% chez les hommes

    Le cancer du rein, qui touche 11 000 personnes chaque année en France, est en augmentation constante. Comme pour les cancers de la prostate, l'une des causes de cette augmentation des cas est l'amélioration du diagnostic : les examens d'imagerie médicale permettent aujourd'hui de diagnostiquer des tumeurs invisibles ou indécelables à l'œil nu.

    Mais l'augmentation de ce cancer pourrait également être causée par le surpoids (et une alimentation riche en graisses), le tabac, l'hypertension artérielle. L'exposition à certains produits chimiques (utilisés dans la sidérurgie et l'industrie du pétrole notamment) pourraient être un facteur aggravant.

    • Mélanome

    +175% chez les femmes ; +332% chez les hommes

    Le mélanome, ou cancer de la peau, est en nette augmentation depuis trente ans. Causé essentiellement par une exposition au soleil ou aux rayons UV trop importante, il peut également être favorisé par l'hérédité.

    Plusieurs chercheurs estiment que la hausse du nombre de cancers de la peau est due à la prolifération des cabines de bronzage et l'exposition au soleil dès la petite enfance. 


    Comment dépister le cancer de la peau ? par ITELE

    • Thyroïde

    +392% chez les femmes ; +400% chez les hommes

    Le cancer de la thyroïde touche majoritairement les femmes (avec 5 000 nouveaux cas par an contre 1 600 chez les hommes). En forte augmentation chez les deux sexes, ce cancer reste l'un de ceux les mieux soignés aujourd'hui.

    A l'origine de l'augmentation du nombre de cas, deux causes sont principalement évoquées par les scientifiques. D'une part, un surdiagnostic peut conduire les médecins à considérer comme "cancéreuses" des thyroïde dont l'état ne se serait peut-être pas dégradé, et donc, gonflerait les statistiques de manière importante.

    D'autre part, l'exposition à des perturbateurs endocriniens pourrait jouer un rôle non négligeable dans l'apparition de cancers. Ces substances chimiques influent sur les hormones et touchent donc particulièrement la thyroïde, "centre de contrôle" du corps humain.

    • Pancréas

    +245% chez les femmes ; +118,18% chez les hommes

    L'augmentation du nombre de cas de cancer du pancréas, particulièrement agressif, (environ 10 000 personnes sont diagnostiquées chaque année), reste un mystère pour les médecins à l'heure actuelle. Si certains facteurs (diabète, obésité) semblent jouer un rôle dans le développement de cette tumeur, particulièrement difficile à déceler, ils ne peuvent expliquer à eux seuls l'augmentation si rapide.

    Selon Norbert Ifrah, président de l'Institut national du cancer, cette difficulté à diagnostiquer un cancer du pancréas pourrait aussi expliquer l'augmentation récente des cas : avant les derniers progrès de la médecine, cette pathologie n'était pas enregistrée avec la même rigueur dans les registres car elle était méconnue.


    Santé - Prévenir le cancer du pancréas - 2015... par telematin

    • Foie

    +200% chez les femmes ; +175% chez les hommes

    Le cancer du foie est également l'un des cancers les plus agressifs et au plus faible taux de survie. Plus de 8 000 personnes sont atteintes chaque année en France (dont une majorité d'hommes). 

    Longtemps considéré comme une maladie due à la consommation d'alcool, le cancer du foie peut être causé par de nombreux autres facteurs, notamment une maladie pré-existante du foie. Comme pour le cancer du pancréas, l'augmentation importante du nombre de malades est encore mal comprise par le monde médical. 

    • Testicule

    +118% chez les hommes

    Le cancer du testicule, même s'il est plus rare (environ 2 300 cas par an) et se soigne de mieux en mieux, est lui aussi en forte augmentation. L'hypothèse principale des médecins pour expliquer cette évolution est l'impact environnemental.

    De plus en plus exposés, même in utero, à des perturbateurs endocriniens(notamment les pesticides), les enfants nés depuis les années 80 ont plus de risques de développer un cancer génital que leurs parents. 

  • Perturbateurs endocriniens (1)

    Perturbateurs endocriniens : des scientifiques dénoncent la position de l'Europe

    A LA UNE POLITIQUE SANTÉ  /  Publié Mis à jour à par Marine Ditta

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    Pourquoi une telle frilosité à réglementer l'utilisation de ces substances ?
    Pourquoi une telle frilosité à réglementer l'utilisation de ces substances ? © 

    AFP EMMANUEL DUNAND

    Près de 100 scientifiques réputés ont signé une tribune dénonçant la stratégie des industriels, qui orientent la politique de Bruxelles en matière de santé publique et d'environnement

    Jusqu'à quand la dangerosité des perturbateurs endocriniens sera-t-elle minimisée par les instances politiques ? Jusqu'à quand les industriels parviendront-ils à imposer leur calendriers et leurs choix en matière de réglementation européenne sur des substances pourtant décriées depuis des années par la communauté scientifique ? C'est en matière ce que dénonce une tribune, publiée mardi dans Le Monde, en français et en anglais, et signée par près de 100 scientifiques internationaux renommés, spécialistes des troubles hormonaux ou des évolutions climatiques. 

    Selon eux, le lobbying des industriels (qui fabriquent et vendent les substances considérées comme des perturbateurs endocriniens) est tel que depuis des années, l'Europe reste incapable de légiférer pour encadrer correctement l'utilisation de ces produits, pourtant jugés dangereux pour la santé humaine.

    Les perturbateurs endocriniens, substances chimiques capables d'interférer avec notre système hormonal et de le contaminer, sont présentes dans de très nombreux produits de notre quotidien (alimentation, cosmétiques, ameublement, matériaux de construction...)

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    D'un côté, des études qui dénoncent le danger

    Les études démontrant leur dangerosité même à très petite dose, se sont multipliées ces dernières années. Selon les scientifiques, l'exposition à ces polluants est particulièrement critique lors de "certaines périodes du développement, pendant la grossesse ou la puberté, lorsque notre organisme est particulièrement vulnérable".Leur effet est souvent irréversible.

    Résultat : leur prolifération est une véritable "menace mondiale pour la santé", alertent les signataires de la tribune.

    "Jamais l'humanité n'a été confrontée à un fardeau aussi important de maladies en lien avec le système hormonal : cancers du sein, du testicule, de l'ovaire ou de la prostate, troubles du développement du cerveau, diabète, obésité, non-descente des testicules à la naissance, malformations du pénis et détérioration de la qualité spermatique."

    Selon eux, une seule solution existe pour enrayer cette hausse des maladies hormonales : limiter l'exposition de la population aux substances nocives en réglementant strictement leur utilisation. 

     

     

    De l'autre, des industriels qui veulent gagner du temps

    Face à ces études alarmantes, la première réaction aurait pu être la décision d'appliquer le "principe de précaution" et de stopper l'utilisation des substances mises en cause.

    Mais c'était sans compter sur les enjeux financiers d'une telle décision, beaucoup trop importants pour être ignorés par les industriels. 

    Aussi, selon les signataires de la tribune, la stratégie des fabricants est souvent la même : 

    1. Nier en bloc les accusations
    2. Si une étude vient confirmer les risques, sortir une contre-étude pour maintenir le doute
    3. Créer une controverse scientifique pour laisser les politiques dans le flou, afin de gagner du temps sur les législations

    Et ces industriels ne se battent pas seuls : ils peuvent compter sur certains États hors Europe, précieux alliés de leurs intérêts économiques. 

    Car au-delà des enjeux financiers pour les fabricants de substances chimiques, c'est une partie du système de libre-échange mondial qui pourrait être remise en cause si l'Europe venait à légiférer strictement sur les perturbateurs endocriniens et donc à limiter leur utilisation et leur importation sur le territoire.

    En tête de file de la fronde anti-législation, les États-Unis, qui alertent à plusieurs reprises l'Organisation mondiale du commerce (OMC) du risque de "perturbation des marchés" en cas de limitation des perturbateurs endocriniens. 

    Selon Le Monde, les Américains font aussi savoir ouvertement aux commissaires européens leur désaccord sur une éventuelle législation et les menacent à demi-mots de poursuites en cas de prise de décision trop radicale. 

    Face à ces études contradictoires et ces pressions, comment réagissent les responsables gouvernementaux chargés de mettre en place les politiques de santé publique ?

    Au milieu, l'Europe incapable de légiférer

    Le dossier sur les perturbateurs endocriniens traîne dans les bureaux européens depuis 2009. Sans cesse repoussée, la définition même de ce qu'est un perturbateur endocrinien a finalement été timidement adoptée en juin dernier par Bruxelles, mais son contenu scandalise scientifiques et ONG. 

    Parmi les critiques faites à cette définition : 

    • Le fait qu'elle ne prenne en compte que les effets sur la santé humaine. Une substance testée sur les animaux et présentant des risques avérés pourrait ne pas être considérée comme un perturbateur endocrinien par l'Europe, car non confirmée sur l'homme. 
    • Le fait qu'elle ne classe les substances qu'en deux catégories : perturbateur endocrinien avéré, ou non. Impossible donc d'émettre un doute ou d'appliquer un principe de précaution, comme c'est le cas pour les substances cancérogènes, classées en quatre catégories (avéré, probable, inclassable, inoffensif). 

    Pourquoi une telle frilosité à réglementer l'utilisation de ces substances ?

    Selon les signataires de la tribune parue dans Le Monde, les financements privésgangrènent la prétendue impartialité des études européennes sur lesquelles se basent les législations.

    "Des individus dans le déni de la science ou financés par des intérêts industriels déforment délibérément des preuves scientifiques afin de créer une fausse impression de controverse."

    Le Monde s'est procuré une série de documents internes à la Commission, détaillant comment les conclusions scientifiques sur les perturbateurs endocriniens étaient écrites à l'avance pour faire correspondre les études de l'EFSA (l'autorité européenne de sécurité des aliments) à la volonté politique. Les "recommandations/conclusions" sont édifiantes.

    L'omniprésence des lobbys et conflits d'intérêts au sein des institutions européennes n'est pas une découverte nouvelle. Depuis des années, des ONG dénoncent le manque d'impartialité des commissaires européens.

    Ces derniers, responsables de l'initiation, de la négociation et du vote de lois qui affectent le quotidien de 500 millions de citoyens, dans des domaines aussi essentiels que le climat, l'agriculture, l'alimentation, la finance, occupent parallèlement des postes dans de grands groupes financiers ou industriels, dans les domaines qu'ils sont censés encadrer législativement. 

    L'an dernier, l'ONG Corporate Europe Observatory (CEO) dévoilait des chiffres accablants : un tiers des anciens commissaires - soit 9 sur 27 - auraient pris des fonctions dans de grandes entreprises privées issues de secteurs souvent proches de leurs affectations politiques. 

    Comment changer la donne ?

    Pour les scientifiques signataires de la tribune, le principal enjeu est de garantir l'indépendance des études, nécessaire à une prise de décision impartiale et efficace.

    "Un moyen efficace pourrait être la création, sous les auspices de l'Organisation des Nations unies, d'un groupe (indépendant, ndlr) chargé d'évaluer les connaissances scientifiques destinées aux responsables politiques dans l'intérêt général et mettrait la science à l'abri de l'influence des intérêts privés."

    Ils appellent également leurs confrères à revendiquer leur indépendance et à défendre leurs études face à la volonté de "désinformation" des industriels.

    "La plupart des scientifiques pensent qu'exprimer publiquement leur point de vue sur des questions politiques et participer aux débats de société pourrait compromettre leur objectivité et leur neutralité (...) Mais ce sont ceux qui nient la science qui laissent leurs opinions politiques obscurcir leur jugement. Avec, pour conséquence, des dommages irréparables."

  • Mario Beauregard

    "DOCTEUR MARIO BEAUREGARD: LE POUVOIR GUERISSEUR DE LA CONSCIENCE"

     

    Chercheur en neuroscience affilié au département de psychologie de l’Université de l’Arizona, Mario Beauregard est l’auteur de plus de 100 publications en neuroscience, psychologie et psychiatrie. Il a publié deux livres : Du cerveau à Dieu et Les pouvoirs de la conscience. Ses recherches sur la conscience lui ont valu d’être choisi par le groupe World Media Net comme l’un des « Cent pionniers du 21e siècle » (2000).

    Réalisée en mai 2013, l’entrevue a été publiée en septembre 2013 dans le n°26 de la revue Néosanté.

    Mario Beauregard, dans votre livre Les pouvoirs de la conscience, quel message principal souhaitez-vous transmettre à vos lecteurs ?

    Je souhaite éveiller un maximum de personnes au pouvoir d’influence de la psyché, qui inclut l’esprit et la conscience, sur l’organisme. Contrairement à la vision matérialiste réductionniste dominante dans les sciences, particulièrement dans les neurosciences, nous ne sommes pas des machines biologiques complètement déterminées par les neurones, par les messagers chimiques du cerveau, par les gènes, et par l’environnement. L’esprit est doté d’une très grande capacité d’influence sur le cerveau et sur les autres systèmes physiologiques qui sont en lien avec cet organe. La limite de ce pouvoir est encore inconnue. Nier cette capacité a de graves conséquences sur la santé. Pour une personne qui souffre de dépression, qui croit que sa souffrance est déterminée biochimiquement, qu’elle manque de sérotonine et que l’unique solution est de prendre des pilules pour modifier le fonctionnement de son cerveau, c’est extraordinaire de réaliser que tout cela est faux, qu’elle peut agir sur son cerveau et sur son corps. Les implications sont énormes aux plans individuel et collectif.

    Vos détracteurs vous accusent de promouvoir la pensée magique et de donner de faux espoirs aux malades. Que leur répondez-vous ?

    Je ne fais pas la promotion de la pensée magique puisque je dis que les émotions et la conscience font partie des paramètres impliqués dans une dynamique psychologique et physiologique complexe. Si j’étais médecin, je n’affirmerais pas à un patient atteint de cancer qu’il va guérir s’il change sa façon de manger, de penser, s’il fait de la méditation, etc… Dans l’état actuel de nos connaissances, nous n’avons aucune certitude en matière de guérison, d’autant que les individus sont différents. Néanmoins, nier le pouvoir d’auto-guérison porte préjudice aux patients.

    Il est possible qu’avec l’évolution de l’espèce humaine, plus nous devenons conscients, plus notre capacité d’influence sur notre organisme s’accroît. Nous faisons probablement des sauts quantiques. Cela expliquerait pourquoi les êtres humains n’ont pas tous les mêmes capacités. Tout à coup, on voit apparaître des individus capables de se guérir grâce à un type d’attitude mentale alors que du point de vue de la médecine conventionnelle, c’est impossible.

    Est-ce à dire que les êtres humains ne seraient pas tous au même stade d’évolution psychique ?

    Exactement. De même que nous n’avons pas tous les mêmes prédispositions pour jouer d’un instrument de musique, les dispositions et les aptitudes psychiques varient d’une personne à l’autre. Le fait que certaines personnes ne parviennent pas à maîtriser leurs émotions, leurs croyances, à influencer leur physiologie par leur conscience, ne signifie pas que c’est impossible pour tout le monde. D’ailleurs, nous en avons la preuve par la manifestation spectaculaire de certaines guérisons.

    Quelle information devrait recevoir toute personne qui reçoit un diagnostic de maladie grave aujourd’hui ?

    Une des clés de la santé semble être la gestion des émotions. Même dans le cas de maladies graves comme certains cancers, plusieurs études montrent que le fait de rester serein et d’entretenir des émotions positives, en pratiquant la méditation, la respiration consciente, la visualisation, permet de ralentir la progression de la maladie, voire même de la stopper dans certains cas. Il peut y avoir des rémissions. On ne peut pas affirmer à une personne en particulier qu’elle va guérir, mais cela met toutes les chances de son côté. Il est important également de réaliser qu’on n’est pas une victime, qu’on a une responsabilité. Les personnes qui entretiennent des émotions négatives produisent beaucoup de cortisol qui est très toxique pour l’hippocampe, une structure cérébrale impliquée dans la mémoire. Il y a de fortes corrélations entre ce type d’attitudes négatives et le développement de démences de type Alzheimer. Les gens qui sont déprimés pendant plusieurs décennies ont beaucoup plus de risque de développer une démence. Si une attitude mentale est maintenue pendant des mois, des années, c’est certain qu’à plus ou moins long terme elle aura un impact sur la physiologie. Chaque attitude qui est maintenue dans l’espace mental, bien que non matérielle, est couplée de façon informationnelle avec des processus physiologiques dans le cerveau, qui lui-même est connecté avec les autres systèmes physiologiques de l’organisme. Donc tout ce qui se passe au niveau mental a un impact partout dans l’organisme.

    Si les croyances positives favorisent la guérison, les croyances négatives peuvent-elles aggraver l’état de santé d’une personne ?

    Bien sûr, c’est ce qu’on appelle l’effet nocebo. Par exemple, lors des essais cliniques de médicaments, les formulaires de consentements mentionnent une liste d’effets secondaires possibles du médicament. Il y a toujours des personnes qui subissent ces effets secondaires alors qu’ils ont reçu le placebo, une substance sans aucun effet en soi. Cela se produit également pour des personnes qui suivent un traitement dont elles connaissent les effets secondaires possibles. Notre esprit est extrêmement malléable, suggestible, pour le meilleur et pour le pire. Alors mieux vaut le savoir et s’en servir de façon constructive.

    L’effet nocebo peut être terriblement puissant. Dans les cas extrêmes, un individu peut mourir parce qu’il croit être malade. Il y a des cas bien documentés de personnes ayant reçu un diagnostic de cancer par erreur, alors qu’elles étaient bien portantes. Ces personnes décédaient à l’échéance annoncée par le médecin.  À l’autopsie, il n’y avait aucune cellule cancéreuse, ce qui confirmait l’erreur de diagnostic.

    Comment les émotions peuvent-elles nous tuer ou nous sauver ?

    C’est un processus de transduction. Ce qui se passe au niveau mental, qui est immatériel, se traduit au niveau physique. Or, les émotions positives et les émotions négatives sont traduites très différemment dans l’organisme, en termes des messagers chimiques libérés. Par conséquent, elles n’ont pas les mêmes effets immédiats sur l’organisme, ni les mêmes conséquences à long terme.

    Il y a maintenant des personnes qui veulent tout mesurer pour faire de la médecine préventive. Cela a un effet très pervers. Beaucoup de foyers cancéreux dans l’organisme se résorbent spontanément ; peu de gens sont au courant de ce fait. Le dépistage précoce crée la peur de mourir qui est toxique pour l’organisme. On sécrète plus de cortisol, d’adrénaline, etc. C’est sûr que c’est nocif.

    Dans votre livre vous expliquez que la guérison dépend du traitement perçu et non pas du traitement reçu.

    C’est là qu’on voit comment l’aspect mental joue un rôle énorme dans la guérison. Je vais vous donner un exemple. Une étude a été faite à Vancouver avec des patients atteints de la maladie de Parkinson traités avec un placebo. Leurs neurones à dopamine étaient détruits à 70% environ, ce qui est un stade assez sévère. Ceux qui ont cru le plus dans le placebo se sont mis à libérer de la dopamine de façon comparable à des individus normaux. Ils ont eu une rémission au niveau de la motricité et de la rigidité. Les 30% de neurones restant ont compensé pour le déficit, parce que les patients ont cru qu’ils prenaient un traitement efficace alors qu’il s’agissait d’eau saline. C’est pareil en cas de lésion ou d’accident vasculaire cérébral. Il y a beaucoup de redondance dans le système nerveux. Lorsqu’un circuit est endommagé, la fonction peut être prise en charge par un circuit alternatif. C’est ce qu’on appelle la neuroplasticité. En réadaptation, c’est une hypothèse que les gens font de plus en plus.

    Si les médecins disaient cela à leurs patients, qu’est-ce que cela changerait ?

    Les taux de rémission et de guérison seraient plus élevés, l’efficacité des traitements serait nettement augmentée. Les patients se porteraient mieux sur le plan émotionnel. Ce n’est pas encore installé dans les pratiques médicales, mais de plus en plus de médecins sont au courant de ces choses-là. Cependant, c’est la population qui va amener le changement. Historiquement, cela s’est toujours déroulé ainsi : à partir du moment où les gens ont compris qu’il y a autre chose de meilleur, ils exigent le changement.

    Vous étudiez énormément le neurofeedback. En quoi cela consiste ?

    Nous enregistrons l’activité cérébrale d’un individu tout en lui donnant un feedback auditif et visuel. L’activité cérébrale est enregistrée par électro-encéphalogramme ou par résonance magnétique fonctionnelle. La personne voit en temps réel l’activité électrique de son cortex cérébral ou les changements hémodynamiques (c’est-à-dire l’oxygénation de son sang) dans son cerveau. C’est visualisé sur un écran sous forme de courbe ou de jeu vidéo rudimentaire. Dans la plupart des cas, les gens sont capables d’exercer un contrôle volontaire sur leur activité mentale, qu’il s’agisse de l’activité électrique ou de l’oxygénation du sang. Il y a des différences individuelles, comme pour les aptitudes musicales : il y a les virtuoses et il y a les personnes “normales”. Ce qui est intéressant, c’est ce qui se passe avec les personnes qui souffrent de pathologies telles que la dépression ou les troubles anxieux : plusieurs de ces personnes arrivent à inverser leur pathologie grâce au neurofeedback. Nous avons réalisé une étude avec des personnes qui souffraient de dépression sévère, qui étaient en marge du système, qui ne travaillaient plus. Certaines étaient suicidaires. Nous avons réussi à sortir de leur état dépressif plus de 70% de ces personnes, ce qui est un taux de réussite supérieur à celui des médicaments antidépresseurs.

    Ma conjointe, la Docteure Johanne Lévesque, est l’une des expertes mondiales du neurofeedback avec les enfants. Elle travaille beaucoup avec des enfants qui souffrent de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité. Son équipe obtient des résultats extraordinaires. Certains enfants ont été expulsés de l’école à cause de la sévérité de leurs symptômes, malgré la prise de psychostimulants. Ces médicaments ont des effets très néfastes au niveau du développement. Au bout de quelques mois de neurofeedback, ces enfants n’ont souvent plus besoin de médication. L’amélioration concerne la cognition, l’attention, et la mémoire de travail. Au niveau de la régulation des émotions, l’équipe utilise le biofeedback, avec des paramètres tels que la respiration, la conductance électrodermale, ou le rythme cardiaque. Là  aussi, le feedback permet de contrôler assez rapidement ces fonctions-là. C’est très important de permettre à la personne de prendre le contrôle de sa propre activité physiologique. La personne ne se sent plus victime. Elle se rend compte que ces symptômes ne sont pas des processus complètement déterminés. Au contraire, elle voit qu’elle exerce une influence sur son état.

    C’est cette compréhension qui aide les gens à aller mieux et à se passer de médication ?

    Oui, très souvent. Ce qui nous apparaît, c’est qu’à chaque fois que nous recevons un feedback par rapport à une tâche, nous sommes capables d’influencer le processus physiologique. Toute intention consciente est couplée à des processus physiologiques inconscients, non-perçus. Le fait d’avoir un feedback sur ce qui se passe au niveau inconscient en temps réel permet de le modifier par l’intention, parce que certains aspects de l’inconscient humain sont associés à la physiologie, au corps. Lorsque nous posons une intention, l’inconscient est capable de se réguler au niveau de la biologie. C’est ce que les études en neurofeedback suggèrent, et c’est très puissant.

    Le neurofeedback redonnerait à l’individu le pouvoir sur sa physiologie, sur sa biologie, sur ses émotions ?

    Oui tout à fait. C’est exactement ce que découvrent les gens qui font quelques sessions de neurofeedback. Au tout début, quand ils commencent, les résultats sont aléatoires parce qu’il faut un temps d’apprentissage. La plupart des gens parviennent à exercer un contrôle mental sur des processus physiologiques au bout de 15 à 20 minutes. Cela dure quelques secondes puis ils retombent dans leur état normal. Au fil du temps, ils apprennent à rester dans l’état mental qui leur permet de contrôler les variables physiologiques. C’est une forme de d’auto-conditionnement.

    Chez les sujets entraînés, est-ce que cette maîtrise se maintient en dehors des séances de neurofeedback, dans la vie courante ?

    Chez les enfants souffrant d’hyperactivité et de déficits d’attention, nous avons une douzaine d’années de recul dans nos études. C’est un phénomène de neuroplasticité où le cerveau se transforme à long terme. Aussi, l’année dernière, nous avons fait une étude avec des étudiants à l’Université de Montréal. Nous voulions évaluer l’impact d’un entraînement attentionnel sur la plasticité cérébrale. Nous avons mesuré la matière grise et la matière blanche avec des techniques de morphométrie et de tractographie en résonance magnétique. Au bout de deux mois d’entraînement, nous avons observé des augmentations significatives d’épaisseur et de volume cortical dans les régions impliquées dans l’attention. Puisqu’il s’agissait d’étudiants universitaires, leurs performances cognitives étaient déjà très élevées au départ. Néanmoins, nous avons réussi à démontrer une amélioration de leurs performances. Avec des études cliniques où les gens présentent des déficits au départ, l’effet est encore plus visible. Malheureusement, le neurofeedback reste peu connu.

    Aujourd’hui, avons-nous des preuves que notre esprit ou notre état d’esprit peut influencer l’expression de nos gènes ?

    Pas de manière directe. Mais de manière indirecte, oui. Les études qui ont été faites concernent l’épigénétique, c’est-à-dire la capacité à modifier le fonctionnement des gènes. Quelques études ont mesuré l’effet de la relaxation et de la méditation sur l’expression de gènes impliqués dans le stress, les émotions négatives et la sécrétion de cortisol. Un entraînement par des méthodes de relaxation ou de méditation pendant quelques mois peut activer ou désactiver les gènes qui régulent le stress. Lorsqu’on parle d’un réseau psychosomatique, il n’y a pas que le système immunitaire, le système endocrinien ou le système cardio-vasculaire qui sont influencés par la psyché. Nous savons aujourd’hui qu’il faut aussi inclure l’aspect génétique, et plus particulièrement génomique. En d’autres termes, l’esprit influence aussi l’activité des gènes.

    C’est ce qui explique l’effet de la visualisation mentale sur la guérison du cancer ?

    Carl et Stéphanie Simonton ont été les premiers à utiliser la visualisation mentale pour le traitement du cancer. Ils proposaient d’imaginer les cellules cancéreuses en train d’être éliminées de l’organisme. La plupart des gens réussissaient à prolonger leur durée de vie. Ils ont eu plusieurs cas de rémission. Il semble y avoir un lien entre la vie émotionnelle et le développement de certaines maladies. Beaucoup d’oncologues et d’immunologues l’observent, comme mon ami et collègue Christian Boukaram.

    Nous ne devons pas présupposer des limites de l’esprit. Je soupçonne que ce soit comme pour toute autre fonction. Il y a les virtuoses qui ont une énorme capacité d’influencer leur corps par leur esprit et il y a ceux qui en sont incapables. Nous pouvons apprendre à développer ces aptitudes en utilisant des outils comme certains types de méditation, de visualisation. Il y a des gens qui sont moins doués a priori mais avec de la persévérance et de l’entraînement, ceux-ci peuvent obtenir des résultats bénéfiques.

    Vous décrivez une activité mentale chez des personnes cliniquement mortes, ayant un électroencéphalogramme plat, signe que l’esprit continue de vivre en dehors du corps. Généralement, les scientifiques réfutent les phénomènes qu’ils sont incapables de mesurer avec des appareils ou qui contredisent les théories communément admises. Devrons-nous attendre de nouvelles avancées technologiques pour que les scientifiques reconnaissent l’existence de ces phénomènes ?

    Je ne crois pas. Il s’agit plutôt d’un changement de vision du monde. Lorsque nous parlons de pensées, d’émotions, il s’agit de processus non physiques, non matériels, sans volume ni poids. C’est immatériel, mais cela exerce un effet sur la matière. C’est un peu comme les forces fondamentales de la physique. Nous ne pouvons voir ni mesurer la force de gravité. Mais nous mesurons ses effets sur la matière. En physique, il est commun de faire certaines inférences concernant les forces fondamentales. Je propose de faire la même chose par rapport à l’esprit. Il est tout aussi fondamental que la force de gravité dans l’univers, même s’il est immatériel. C’est la condition de l’appréhension du monde, de la perception. Sans esprit, il n’y a pas de Science, pas de Physique, pas de forces fondamentales, pas de notion de réalité. Comme toute force fondamentale, l’esprit exerce une influence dans la vie de tous les jours, plus ou moins grande selon les individus.

    Le cerveau humain est une interface, comme un poste de télévision. Si vous jouez avec les composantes électroniques, vous altérez la réception du signal. Mais cela ne change en rien le programme lui-même ni la station émettrice. Une lésion dans une région du cerveau ou l’absorption de drogues altèrent les fonctions psychiques. Pour autant, conclure que ces fonctions psychiques sont produites par le cerveau est aussi ridicule que de croire qu’une émission de télévision est générée par le téléviseur.

    Autrement dit, on ne peut prétendre que la conscience est produite par le cerveau comme la bile est sécrétée par le foie ?

    Absolument pas. L’esprit est non localisé. De plus en plus de chercheurs osent l’affirmer. William James, le père de la psychologie américaine, le disait déjà il y a un siècle. Il proposait plusieurs hypothèses pour expliquer l’origine de l’esprit. L’hypothèse de production, c’est-à-dire que l’esprit serait produit par le cerveau, mais aussi l’hypothèse de transmission ou de permission. Il comparait le cerveau à une valve de réduction, à un filtre. Henri Bergson et Aldous Huxley disaient la même chose. Évidemment, si vous modifiez le fonctionnement du filtre, vous modifiez vos perceptions. C’est ce qui arrive sous l’effet de substances psychédéliques. C’est comme de changer de fréquence sur votre poste radio : vous captez une information différente. Cela ne signifie pas que cette information est créée par l’organe lui-même. Le cerveau focalise sur le monde externe et sur le monde interne, qu’il s’agisse d’activité physiologique ou mentale. Mais c’est une petite frange de la réalité. Notre potentiel est beaucoup plus vaste, comme certaines traditions nous le disent depuis des millénaires.

    Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?

    Je vais étudier l’effet d’états émotionnels positifs sur l’expression des gènes, ce qui n’a pas encore été fait. À l’Université d’Arizona, nous avons un projet sur l’amour-compassion, la spiritualité-compassion. Il existe dans le bouddhisme des méditations dites de “loving kindness”, que l’on pourrait traduire par méditations de bienveillance. Nous allons faire des mesures avant et après ces pratiques pour voir dans quelle mesure elles modulent les hormones du bonheur, la dopamine, la sérotonine, et les endorphines.

    Par ailleurs, je souhaite regrouper tous les chercheurs visionnaires qui ont une perspective post-matérialiste. En physique quantique, cela fait un siècle qu’on a fait la transition. Mais en biologie et en neuroscience, cela reste marginal. Nous voulons montrer que la conscience est non-locale, non-physique. La prochaine révolution scientifique va se faire à ce niveau-là. Ce sera aussi important que la révolution quantique en physique, amorcée au début du XXe siècle. Et plus important que la révolution copernicienne parce qu’on redonne un pouvoir énorme aux individus. On les reconnecte. Ils prennent conscience de leur unité avec l’Univers. Il existe plein de donnés qui le démontrent. J’en parle beaucoup dans mon livre. Il s’agit de rendre l’information accessible. Évidemment, il y aura beaucoup de résistance au niveau de l’establishment, qui opère encore selon le modèle de la physique mécanique classique.

    N’est-ce pas difficile à appréhender pour qui n’a jamais vécu d’expériences “extraordinaires” ?

    C’est certain que tant que les personnes n’ont pas fait l’expérience d’un esprit non-local, c’est difficile à comprendre. Par exemple, le neurochirurgien Eben Alexander a radicalement changé de perspective sur la nature de la conscience et du réel, suite à une expérience de mort imminente. C’était une personne très carrée qui a changé d’état d’esprit du jour au lendemain. Le fait d’avoir vécu personnellement l’expérience lui a permis de sortir d’un système de croyances dans lequel il était enfermé. C’est vrai qu’en bout de ligne, c’est une question de vécu. Quelqu’un qui n’en a pas fait l’expérience peut avoir du mal à comprendre tout cela. Il faut dire que le système scientifique dominant est basé sur une vision matérialiste. Tout est à transformer. Cependant, il n’est pas nécessaire de vivre une expérience de mort imminente pour changer de plan de conscience. Certaines pratiques méditatives peuvent permettre d’y accéder également, en plus d’avoir un impact positif sur la santé physique et psychique.


    http://cyrinne.com/docteur-mario-beauregard-le-pouvoir-guerisseur-de-la-conscience/

  • Entre invalidité et handicap

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    Invalidité et handicap

    Je fais une différence entre les deux termes.

    L’invalidité relève à mes yeux de l’état d’une personne possédant l’intégralité de son potentiel physique et intellectuel mais qui ne cherche pas à l’explorer au-delà des obligations quotidiennes. L’état d’une personne qui vit en mode « pause », une personne qui instaure d’elle-même des limites étanches, comme une carapace et qui espère que rien ne viendra briser cette quiétude inerte.

    Quand on dit qu’un projet est validé, cela signifie qu’il a abouti, que le travail mené a permis d’appliquer intégralement ce que ce projet contenait. Mais alors qu’en est-il de ces gens « valides » qui n’explorent pas au-delà du nécessaire vital le potentiel dont ils disposent ? Peut-on considérer que le projet est validé ? Quels sont les critères qui permettent d’établir la continuité du travail mené pour tendre vers les horizons les plus lointains ?

    Se contenter du territoire connu est-il un gage de validité du projet ?

    Personnellement, je pense que l’individu qui se satisfait des limites atteintes n’entre pas dans la catégorie des gens valides. Il est devenu, à un moment de son existence, une personne « invalide », c'est-à-dire à l’arrêt. Rien dans son existence ne parvient à l’extraire de ce qu’il juge être son confort, sa plénitude, comme un aboutissement alors que cette immobilité relève de la négation du potentiel disponible.

    Qu’en est-il maintenant des personnes en situation de handicap ?

    Elles ne possèdent pas, ou plus, ce potentiel commun à la majorité des individus et cette différence impose à leurs existences une difficulté constante. Il ne peut y avoir de contentement confortable qu’au prix d’une grande force morale.

    Cette « lutte » constante pour atteindre des objectifs considérés comme évidents pour des personnes valides instaure une dépense d’énergie physique et psychologique qui au lieu d’éveiller un regard compatissant devrait nourrir une réelle admiration.

    Je pense que les gens qui sont admirés pour leur physique ou leur statut de star, pour leur fortune ou leur succès sont en fait la représentation des rêves de ces individus « invalides » qui se contentent du seuil d’exploitation interne le plus accessible, celui qui ne réclame pas d’intenses efforts. L’admiration des stars est aisée. Alors, chacun divague à s’imaginer identiques à elles et se réjouissent quelques instants, comme une évasion au-delà des limites habituelles, un rêve délicieux...

    Pour ma part, je considère que la personne en situation de handicap ne devrait pas être regardée avec compassion mais bien avant tout avec admiration car elle sait combien, à chaque instant, il est vital d’explorer le potentiel disponible et l’énergie qu’elle doit déployer pour y parvenir, au regard de celle bien souvent gaspillée inutilement par les personnes valides, ne peut être ignorée et rejetée dans une simple pensée empathique.

    Lorsqu’ils m’arrivent de ne pas avoir l’énergie pour aller marcher en montagne ou pour m’astreindre à une réflexion, pour fendre du bois ou entretenir le jardin ou la maison, il m’arrive de penser à cette force morale de la personne handicapée, de l’acceptation inévitable de la difficulté, même si peut s’y joindre de la colère ou de la tristesse ou du désespoir.

    Il faut réaliser pourtant ce qui doit être fait. Coûte que coûte.

    Cette validation de l’existence, par l’énergie intérieure nécessaire,  se fait à travers le handicap et il existe dans cette vie qui se gagne à chaque instant, une forme d’exemplarité.

    Je ne suis pas très enclin à l’exaltation envers le genre humain. Quelques aventuriers, montagnards, explorateurs, marins et quelques écrivains, philosophes ou artistes et quelques personnes qui ne font rien de particulier mais qui le font très bien. Mais j’éprouve un profond respect pour les personnes en situation de handicap, non pas par compassion mais parce qu’elles sont à mes yeux admirables.    

  • Priscilla Telmon

    Son film, "Voyage au Tibet interdit" est magnifique. 

    "Tout est possible, je fais, c’est tout"

    PORTRAIT

    Priscilla Telmon

    "Tout est possible, je fais, c’est tout"

     

    par Djénane Kareh Tager

    Photo : Priscilla Telmon. En 2004, lors de sa traversée de l’Himalaya en solo et à pied.

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    A 18 ans, elle a quitté les bancs de la fac pour l’école de la vie. Depuis, rien ne l’arrête. Journaliste, photographe, peintre, cavalière… cette aventurière sillonne la planète seule et à pied. Son secret pour tout oser et tenir quand elle est rongée par la fatigue et les ampoules ? La passion qui la pousse sur les routes et la guide dans sa quête intérieure.

    Je n’ai jamais eu de problèmes d’impossibilité, parce que je pense que tout est possible. » Quand elle prononce cette phrase, Priscilla Telmon ne cherche pas à vous narguer. Elle ne se rengorge pas, n’en tire aucune fierté : à vrai dire, elle est persuadée que cette « évidence » est unanimement partagée. Au « comment faites-vous ? », elle répond systématiquement : « Je fais, c’est tout. » Comment fait-elle pour être aventurière ? Ben… elle part à l’aventure. Et pour être à la fois journaliste et photographe, peintre et cavalière, cinéaste et apprentie chamane, polyglotte et grande sportive ? Facile, dit-elle : « Je ne fais que ce qui me passionne. Et puis, nous avons tous plusieurs identités. Pourquoi vouloir nous réduire à une seule case, un seul tiroir ? »

    Mais commençons par le commencement. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Priscilla Telmon a toujours eu envie de savoir « ce qui se passe de l’autre côté de la montagne, de l’océan ». Toute petite, elle se passionnait pour les atlas qui étaient ses livres de chevet. D’ailleurs, quand elle vous en parle, des étincelles plein les yeux, vous avez juste envie de vous précipiter sur une carte du monde pour rêver, à votre tour, de tout ce que vous pourrez encore voir – parce que vous en avez le temps, oui, oui, il suffit de le prendre.

    Des jeannettes aux steppes d’Asie centrale

    Un père éditeur, une maison pleine de livres. Une famille agnostique, mais des cours de catéchisme. La fillette qui n’aime que « les contes, les mythes et les étoiles » est inscrite chez les jeannettes, les « filles scouts ». Elle y apprend à se servir d’une boussole, à lire des cartes et à décrypter la Bible, tout ce qui la passionne, mais finit par décrocher : « C’était trop carré. » Pour rassurer ses parents, elle s’inscrit en psycho, à la fac, mais elle est prise d’un vertige : « L’école de la vie m’appelait. Je ne pouvais pas, à 18 ans, m’engouffrer dans un métier pour toujours. Choisir une voie est une question tellement philosophique ! Comment peut-on l’infliger aux gamins ? » Elle quitte la fac pour les Philippines où elle s’investit dans un dispensaire de sœur Emmanuelle, se nourrit l’esprit en s’inscrivant à l’université libre du Dr Willem et suit par correspondance ses cours d’ethnomédecine où se mêlent acupuncture, cabale et médecines « ethniques » – chinoise, africaine, tibétaine…

    Comment fait-elle ? Elle n’en fait qu’à sa tête. En 1999, elle a 23 ans et un coup de foudre pour le grand voyageur Sylvain Tesson. Il a déjà parcouru le monde à pied et à vélo, il l’embarque à cheval pour « un grand sourire » à travers les steppes d’Asie centrale – un parcours en demi-cercle à travers le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. 3 000 kilomètres, « avec trois chevaux merveilleux », sur des pistes de traverse, dans des contrées où l’on ne croise que quelques nomades, intrigués par cette Blanche libre et indépendante qu’ils appellent « chto », « la chose », « le truc ». Elle en rit encore, de ce rire cristallin qui s’écoule en cascades et lui est si particulier. « Nous n’allions pas à la rencontre des nomades, nous étions des nomades. Nous vivions, mangions comme eux, avions les mêmes souffrances, les mêmes joies, les mêmes plaisirs. Nous empruntions leur identité, comme des buvards. Je découvrais le sentiment de pouvoir vivre plusieurs vies en une seule. » 


    En 2004, au bord du lac Namtso, au Tibet, à 4 700 mètres d’altitude

    « Chto », qui a été biberonnée aux livres des grands voyageurs – les Ibn Battouta, Ella Maillart, et surtout Alexandra David-Néel qu’elle appelle « Alexandra » – se met en tête de partir sur les pas de cette dernière. A pied, toute seule, à travers jungles et montagnes, du Nord-Vietnam à l’Inde, en passant par le Yunnan, le Sikkim et le Tibet. Soit six mois, dont des semaines entières sans croiser âme qui vive, avec pour seul compagnon de route ce « comité angélique » qui, assure-t-elle, veille sur elle et la soutient.
     
    Un sac à l’essentiel

    Sur son dos : un sac de 15 kilos, pas plus – « le poids est l’ennemi du marcheur ». Elle y met le minimum, qu’elle décline dans cet ordre : « Du papier de riz pour écrire, c’est ce qu’il y a de plus léger, un stylo et une tenue de rechange. Une caméra et cinq batteries, soit cinq heures d’autonomie, ce qui m’oblige à filmer l’essentiel : il m’arrive de ne pas croiser de point d’électricité pendant des semaines. Des pellicules pour mon appareil photo – un appareil numérique impliquerait aussi un ordinateur, des chargeurs, donc du poids inutile. Une brosse à dents, un bout de savon pour tout laver – moi et mes habits – dans les rivières. Un couteau, une minipharmacie, un duvet. Et puis une boussole et surtout des cartes, celles des armées russe et chinoise : quand je suis au milieu de nulle part, je les compare pour être au plus près de la vérité, par exemple pour trouver un puits. En voiture, 50 kilomètres, ce n’est rien. A pied, tu as intérêt à ne pas te tromper. » 

    Ceci dit, l’idée de se perdre ne l’effraye pas. « Cela amène toujours à se remettre en question, à découvrir l’inattendu. Tu t’orientes vers une ville, tu atterris dans un campement, tu passes une soirée géniale avec des personnes qui deviennent ta famille. C’est un cadeau ! Je ne me fixe pas de but quotidien. J’ai un point d’arrivée, 4 000 ou 5 000 kilomètres plus loin, et j’essaye chaque jour d’accomplir une petite étape, d’avancer. Mon idée n’est pas de me dépêcher, mais d’être dans la durée, dans une lenteur qui enrichit la vie. Ce voyage-là te dépouille de tes habits, de tes habitudes. Tu t’explores toi-même, tu plonges très fort et tu aiguises tes sens. L’aventure devient une excuse pour entreprendre une quête personnelle et intérieure. Au fond, c’est ce qui m’intéresse : il y a tellement à apprendre sur soi… » 

    Nourrie d’énergie céleste

    A Paris, Priscilla Telmon a les cheveux qui brillent, une peau de bébé et des mains bien soignées. Sur les routes, c’est une autre affaire. « La vie y est extrême et il faut mettre en pratique l’enseignement des stoïciens », dit-elle, pudique. Elle ne s’apitoie pas sur ses pieds en sang, rongés par les ampoules : « A force, une bonne corne se forme et procure des semelles naturelles. Il suffit de ne pas y penser. » Elle ne pense pas non plus à la faim, elle en rit : « Je reviens avec une ligne mannequin. Sur place, je mange ce que je trouve, puis l’appétit diminue. On mange trop, en Occident ! » Elle se tait, reprend d’une voix plus basse : « Seule sur les chemins, ton énergie ne vient plus de la nourriture, mais de l’extérieur, de l’ailleurs. C’est une énergie cosmique, céleste, celle que l’on retrouve dans tous les grands enseignements et qui existe vraiment. J’ai appris que la nourriture peut être autre… »

    Croyante, elle l’est profondément. Chez elle, à Paris, trône un beau Bouddha, entouré d’images de maîtres tibétains et devant lequel elle renouvelle chaque matin les offrandes. C’est pourtant de l’animisme et du panthéisme qu’elle se revendique. Sa pratique, ce sont ses voyages : « Quand tu marches, tu es dans le moment présent absolu. Tu martèles la terre, tu rééquilibres les trois dimensions de l’être que sont l’esprit, l’âme et le corps, et tout s’harmonise. Tu es reconnectée, tu es dans le vrai. Tu perçois la fourmi qui marche sur une pierre, tu es en symbiose avec le caillou sur le chemin. Dans ces moments-là, tu n’as pas assez de tes bras, de ton cœur, pour étreindre la Terre. »

    Il y a cinq ans, une rencontre lui a ouvert une nouvelle voie. C’était au hasard d’un documentaire pour Canal +. Elle a hésité, cette fois, elle qui n’a peur de rien, pas même des brigands qui un jour l’attaquèrent dans l’Himalaya, ni des CRS qui la cernent quand, avec son complice Sylvain Tesson, elle escalade Notre-Dame de Paris ou la tour Eiffel « pour attirer l’attention sur le Tibet ». « Je savais que je m’engageais pour vingt ans au moins… » Avec « son regard qui regarde ailleurs, si loin, au-delà », Justina l’a adoptée. Elle vit au Pérou, à cinq jours de pirogue de la ville la plus proche, dans un village où aucun Occidental n’était entré. Priscilla a appris le shipibo, la langue de la tribu de Justina. Depuis cinq ans, elle retourne régulièrement à ses côtés. Pour poursuivre son initiation de chamane, « désapprendre tout ce que j’ai appris et pénétrer ce monde mystérieux, irrationnel ». La vie n’est-elle pas magique ? 


    Au cœur de la forêt amazonienne, au Pérou, avec Justina Serano qui l’initie au chamanisme. 

    Site : www.priscillatelmon.com

    Mots-Clés : Voyage

    Ses dates-clés

    1976 Naissance à Paris. 
    1999 Renversée par une voiture, à Paris, elle est donnée pour morte, connaît une NDE (Near death experience). Six mois plus tard, elle entreprend sa première expédition, en Asie centrale, avec Sylvain Tesson. Elle la raconte dans“La Chevauchée des steppes” (Pocket, 2013). 
    2005 Elle présente sur France 5, avec Yves Paccalet, la série documentaire “Le Sens de la marche”. 
    2010 Elle publie “Himalayas, sur les pas d’Alexandra David-Néel” (Actes Sud) qui fait suite au DVD “Voyage au Tibet interdit” (MK2) relatant son voyage.


     

  • Comme mes pensées

    Comme un flash en écoutant pour la millième fois ce morceau.

    Cette musique, elle vit comme mes pensées. 

    Une idée qui jaillit, une mélodie qui s'emballe, des instruments qui s'ajoutent comme autant d'arborescences, des pensées qui se connectent au flux majeur, des pensées qui viennent nourrir l'élan vital de la pensée première, c'est euphorique parfois, comme une joie physique, une course intérieure, un parcours d'obstacles et mes pensées les franchissent avec le plaisir de l'effort accompli, c'est comme une montée en altitude, chaque élément, chaque son, chaque couleur, un parfum, un regard, le tempo du souffle, c'est une vie qui bouillonne et la musique de mes pensées s'emballent, le tohu bohu s'accorde au leit motiv, une pensée comme un Guide sur la pente, elle est la force qui entraîne, elle est le courant qui emporte, elle appelle par sa puissance tous les cours d'eaux des montagnes, et dans son lit se déversent des milliers de mots, c'est comme une crue salvatrice, tous les instruments jouent dans un chaos magnifique une partition commune, tous entraînés dans le lit du fleuve vers le déversement dans l'océan, dans la jungle des mots, des sentes se dessinent et je les emprunte sans jamais perdre de vue la voie originelle, la quête de la première idée, la réponse à la première question, le prolongement jusqu'à l'horizon du dernier mot, lorsqu'il n'y a plus rien à dire, lorsque la pensée retourne au silence de la terre la plus profonde, dans l'humus du cerveau. Que le fleuve des mots s'abandonnent à l'immensité de l'Océan de la paix intérieure. 

     

  • Un oasis français.

    Déserté, un petit village de Dordogne reprend vie en misant tout sur le bio !

     

    La transition écologique : une arme redoutable contre l'exode rural. La preuve avec l'exemple spectaculaire de Saint-Pierre-de-Frugie en Dordogne.

    Par Axel Leclercq -

     

    En 2008, Saint-Pierre-de-Frugie était encore l’un de ces innombrables villages français victimes de la désertification, de l’exode rural et du vieillissement de sa population. On n’y croisait pas un chat. Pourtant, moins de 10 ans plus tard, les gens s’y pressent par dizaines dans l’espoir d’y trouver une maison à vendre ! Que s’est-il passé entre temps ? Il s’est passé que le nouveau maire a tout misé sur le bio et l’écologie ! Gros plan sur un retour à la vie qui ne doit rien à la magie !

    Gilbert Chabaud a été élu maire de Saint-Pierre-de-Frugies en 2008. Seulement voilà, ce petit village de Dordogne n’avait plus rien à voir avec celui de son enfance. Tous les jeunes étaient partis s’installer en ville pour y trouver du travail et le rectorat avait fermé l’école un an plus tôt, provoquant ainsi la fermeture du dernier commerce du village : le bistro qui préparait les repas de la cantine scolaire…

    Source : Wikipedia
    Source : Wikipedia

    En résumé, à Saint-Pierre-de-Frugies, à de rares exceptions près, on n’y trouvait plus que des anciens. En conséquence, le village était appelé à mourir à plus à moins long terme.

    Mais Gilbert Chabaud ne pouvait pas se résigner à un tel sort. Élu à la tête de sa commune, cet ancien concessionnaire automobile s’est donc creusé la tête et a décidé de tenter le tout pour le tout en misant sur le bio et l’écologie !

    Dans un premier temps, son conseil municipal a voté la fin de l’usage des pesticides et des traitements phytosanitaires. Résultat : on a rapidement vu revenir les papillons et autres insectes pollinisateurs oeuvrer sur le moindre bosquet.

    Source : Saint-Pierre de Frugie
    Source : Saint-Pierre de Frugie

    Ensuite, la municipalité a décidé la création d’un « jardin partagé ». Une sorte de potager collectif ouvert à tous où chaque habitant est invité à s’initier à la permaculture et à se fournir en fruits et légumes. Résultat : une animation solidaire, écologique et inattendue qui a fini par se faire connaître au delà des frontières de la commune.

    Dans un troisième temps, Gilbert Chabaud a voulu profiter du potentiel touristique de sa commune. À ce sujet, voici ce qu’il a confié à l’AFP :

    « En améliorant l’environnement, en rachetant les zones humides tout autour de la commune, on s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire pour l’écotourisme »

    Aussitôt dit, aussitôt fait : neuf sentiers de randonnée ont été aménagés dans les environs et tout le petit patrimoine du village a été restauré grâce à des matériaux écologiques !

    Résultat ? Eh bien les touristes sont venus ! Il a donc été possible de réaliser la quatrième étape du projet : la construction d’un gîte rural et écologique destiné à accueillir les visiteurs !

    Source : Saint-Pierre de Frugie
    Source : Saint-Pierre de Frugie

    Mais ça ne pouvait pas s’arrêter en si bon chemin. Les touristes, aussi écolos soient-ils, ont besoin de se rafraîchir et de se nourrir. En 2013, le village a donc rouvert les portes de son bistro dont la gestion a été confiée à un gérant venu de l’extérieur.

    Dans la foulée, le village a même eu droit à l’ouverture d’une épicerie bio alimentée par les agriculteurs de la région !

    Retour de l’animation, retour des commerces, arrivée de nouveaux habitants… Il ne restait plus qu’à rouvrir l’école. Et, vu que l’éducation nationale y restait opposée, le maire a soutenu une institutrice qui souhaitait ouvrir une école Montessori. Bonne pioche : non seulement ça  a marché mais, en plus, en une année scolaire seulement, les effectifs ont déjà doublé (l’établissement accueillant désormais 20 élèves) !

    Source : Saint-Pierre de Frugie
    Source : Saint-Pierre de Frugie

    Que de chemin parcouru en à peine 8 ans ! Et ça n’est pas terminé !

    Véronique Friconnet, elle aussi secrétaire de mairie, s’est également confiée à l’AFP :

    « C’est un cercle vertueux. Désormais il ne se passe pas un jour sans que des gens appellent pour nous demander s’il y a des maisons à vendre à Saint-Pierre ».

    Le succès de cette transition écologique est tel que le maire entend désormais ouvrir un musée d’un genre original : un musée à l’envers qui envisagera l’avenir plutôt que de raconter le passé !

    L’avenir, justement, Gilbert Chabaud l’envisage déjà. Son nouvel objectif ? Un village autonome en énergie !

    Cette belle histoire souligne une chose : la transition écologique ne doit pas être vue comme une contrainte à trainer comme un boulet mais bien comme une formidable opportunité d’avenir. La trajectoire étonnante de Saint-Pierre-de-Frugies en est la preuve : les gens sont prêts pour l’écologie. Mieux que ça : ils la plébiscitent !