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  • Trump : mise au point

    Rien à ajouter. Tout est dit pour moi. 

  • Revenu universel de base

    Quelques économistes prédisent dans les décennies à venir la disparition de 30 à 40% des professions. Elles seront remplacées par des algorithmes et des "robots". 

    Se posent dès lors bien évidemment notre rapport au travail comme étant une nécessité vitale et le moyen de pallier à sa disparition. 

    Le revenu universel de base est une idée de plus en plus évoquée.

    Son Histoire est déjà ancienne. Thomas Paine l'avait longuement détaillée dans un de ses livres.

     

    http://www.revenudebase.info/2016/03/02/lire-paine-gauche/ 

    Agrarian Justice (« La Justice Agraire »), écrit en 1795-1796, fut son dernier grand pamphlet et marqua l’achèvement du projet de protection sociale qu’il avait proposé à Philadelphie en 1775. Ce pamphlet réitère dans un langage simple la théorie de Paine selon laquelle les inégalités et la pauvreté ne sont pas naturelles mais issues de la société. De manière plus nette que dans Rights of Man tome II, et largement inspiré des Babouvistes, il lie les origines des inégalités à la propriété privée. La cause des inégalités dans Agrarian Justice n’est plus désormais liée au système des privilèges aristocratiques, comme dans ses précédents travaux, mais à la propriété.

    L’auteur déclare : « Il y a deux types de propriété. Premièrement, la propriété naturelle, la terre, l’air, et l’eau de la Terre, que le Créateur a données à l’humanité d’une manière équitable. Deuxièmement, la propriété artificielle ou acquise, les produits du labeur pour lesquels l’égalité est impossible, puisque cela nécessiterait que tout le monde ait contribué dans les mêmes proportions, ce qui ne saurait jamais être le cas. L’égalité de la propriété naturelle est le sujet de ce petit essai. Chaque individu de ce monde est à cet égard né avec un droit légitime à réclamer ce type de propriété, ou un équivalent. »

    Il poursuit en arguant, comme John Locke avant lui, qu’à l’état de nature la Terre et toutes ses ressources sont « la propriété commune de l’espèce humaine ». Mais contrairement à Locke, Paine insiste sur le fait que ce droit n’est pas perdu quand la terre est revendiquée comme propriété privée pour le but de l’agriculture — « c’est seulement le mérite de l’amélioration, et non la terre elle-même, qui est une propriété individuelle. »

    Il explique que ce système de propriété privée est justifié parce que la culture de la terre augmente très fortement la productivité du sol, mais que « tous ceux qui ont été chassés de leur patrimoine naturel par l’introduction du système de la propriété foncière » ont droit à une compensation pour cette perte.

    « Tout propriétaire de terre cultivée, doit à la communauté une rente agricole… du fait de la terre qu’il possède », dont les fonds doivent être orientés  vers un nouveau projet de sécurité sociale. Une fois encore, Paine insiste : « c’est un droit et non de la charité que je défends. »

    L’argent recueilli par cette rente foncière serait distribué sous forme de paiement égal à « chaque personne, riche ou pauvre » dès l’âge de 21 ans, ce qui garantirait à chaque citoyen un modeste héritage, « un moyen de ne pas tomber dans la pauvreté ». Cette proposition a souvent été interprétée comme la première suggestion pour un revenu de base universel, mais cela ne semble pas être exactement ce que Paine avait à l’esprit.

    Alors que le revenu de base est généralement considéré comme une mesure anti-pauvreté conçue pour aider les pauvres à assumer leurs frais de subsistance avec des paiements réguliers en espèces, la proposition de Paine prend la forme d’une unique subvention forfaitaire accordée à chaque individu quand il atteint l’âge adulte. Il poursuit en disant : « Avec cette aide, ils pourraient acheter une vache, et l’utiliser pour cultiver quelques acres de terre ; et [travailler pour eux-mêmes] au lieu de devenir des fardeaux pour la société ». Paine espère que les bénéficiaires utiliseront leur héritage social non pas pour acheter des biens de consommation, mais pour s’acheter des moyens de production, et sortir complètement de la vie précaire et misérable du salariat.

    Il s’agit d’une subvention universelle en capital, non pas d’un revenu de base. Paine veut rendre tout le monde propriétaire des biens produits. La liberté républicaine, après tout, exige l’indépendance économique et la sécurité matérielle pour tout le monde."


     

    "Toutes ses ressources (la terre) sont « la propriété commune de l’espèce humaine ».

    Cette phrase porte à mon sens les raisons actuelles (et à venir) du désastre écologique sur la planète. Les Amérindiens ne considéraient pas que la terre leur appartenait mais que eux, appartenaient à la terre. Les êtres humains, n'étant que des "locataires".

    Un propriétaire fait ce qu'il veut de sa propriété. Un locataire, moralement intègre, ne se l'accorde pas. Nous ne reviendrons sans doute jamais à une vision aussi respectueuse et durable envers la planète.

    Il est par contre envisageable, à défaut de devenir humbles, de faire entendre, comme l'écrivait Paine, que le droit à la terre lorsqu'il a été retiré par la propriété territoriale encadrée par l'Etat, aboutisse à une rente compensatoire. Je sais très bien, que même en étant "propriétaire" de la maison où nous vivons, l'Etat par les impôts qu'il prélève, reste le propriétaire réel de l'endroit. Jusqu'à la saisie si ma situation financière sombrait. Il en a le droit.

    Nous ne sommes "propriétaires" pour notre part que du droit, moyennant finances, à nous installer sur le territoire de la Nation, "propriété de l'Etat"... 

    Bon, tout ça n'est que de la rhétorique. Il reste le problème majeur du financement de cette "rente compensatoire" et, plus difficile encore, de la prise de conscience par l'ensemble de la population que le "travail"  dans l'ancien français désignait une souffrance et que plus loin encore, son étymologie remonte aux Romains : "tripalium" qui signifie "supplice"...

    Tripalium :

    (Antiquité) Instrument d’immobilisation et de torture à trois pieux utilisé par les Romains pour punir les esclaves rebelles.

    (Antiquité) (Maréchalerie) Instrument servant à ferrer de force les chevaux rétifs.

     

    C'est assez parlant comme étymologie...

    Combien de gens sont totalement "dépendants" de leur travail, existentiellement ? 

    Combien de gens sont persuadés que cette rente conduirait au chaos, à la paresse, au désoeuvrement ? 

    Il faudra du temps...

     

  • "Prince of Texas"

    C'est un film dans lequel il ne se passe rien. Rien de ce qui ressemble à une action ou une intrigue ou à l'once d'un "suspens". 

    Et c'est un film empli de silences, de regards, d'attitudes, de non-dits et de paroles profondes, une confrontation entre deux individus que tout oppose, celui qui est là pour "se retrouver" et celui qui est là alors qu'il voudrait être ailleurs. 

    Au coeur d'une nature blessée, une forêt qui a flambé et dont la route doit être remise en état. 

    La difficulté existentielle comme fil conducteur, les relations humaines, la quête de l'amour, (mais de quel amour?), la mise à nu de tous les manques et de toutes les faiblesses humaines, l'importance de la parole qui relie quand les egos se taisent et que les âmes se révèlent, la fragilité du couple quand les lignes de vie ne visent pas le même horizon, l'insignifiance de l'amour quand il n'est que l'apaisement des fièvres corporelles.

    Et cette nature, neutre et pourtant présente, comme un "personnage" qui les observe, silencieusement, sans parti-pris, sans jugement et qui dispense gracieusement l'apaisement à celui qui s'ouvre à la paix.

     

     

    Et puis, il y a cette musique, magique, intense, prenante, envoûtante...

    Je l'écoute en boucle depuis deux jours. 

    Que du bonheur...

  • Burn out des soignants

    Le problème existe dans toutes les secteurs professionnels mais il est clair que le milieu médical et particulièrement hospitalier va très mal. 

     

    Burn-out : les soignants désemparés

    par Bruno Martrette

    Plus des trois quarts des professionnels de santé chercheraient de l’aide s’ils se retrouvaient dans une situation de burn-out. Toutefois, près de la moitié ne saurait à qui s’adresser. 

    Burn-out : les soignants désemparésCLOSON/ISOPIX/SIPA

    Publié le 

     

    Mots-clés :

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    professionnels de santé

    A force d'être au chevet des autres, les professionnels de santé s'oublient souvent. En effet, qu'ils soient médecins, infirmiers, ou encore pharmaciens, le mal-être semble généralisé, notamment la souffrance psychologique, omniprésente dans ces professions. 
    D’après les résultats d'une enquête menée en 2015, près de la moitié des soignants estimait avoir été en situation de souffrance dans leur carrière (50 % étaient ou avaient été concernés par le burn-out, 14 % par des conduites addictives). 

    Face à ces résultats préoccupants, l’association Soins aux Professionnels de Santé (SPS) a mandaté l’agence Stethos pour répondre à une question : quelles sont les attentes des professionnels de santé en cas de souffrance psychologique ? Et cette seconde enquête n'est guère plus rassurante. 

    Les professionnels de santé, tant en libéral qu’à l’hôpital, confient à plus de 75 % qu'ils chercheraient de l’aide s’ils se retrouvaient un jour dans une situation de souffrance psychologique (syndrome d’épuisement professionnel ou burn out, comportement(s) addictif(s)…). Les femmes seraient, en outre, plus enclines à se faire aider, par rapport aux hommes (79 % contre 69 %).
     

    Les structures d'aide mal identifiées 

    Mais ces derniers sont démunis lorsque la maladie arrive. S’ils se trouvaient dans une situation de souffrance psychologique, près de la moitié avouent qu'ils ne sauraient pas à qui s’adresser. Il semble donc logique qu'à la question plus précise : « Connaissez-vous une association engagée contre la souffrance psychologique des professionnels de santé ? Un numéro d’écoute à appeler dans le cadre de ce type de souffrance et dédié aux professionnels de santé ? », les soignants répondent « non », à 95 % (association) et 97 % (numéro d’écoute).

    Il est à noter que les médecins sont un peu plus nombreux que les autres professionnels à connaître une association engagée contre la souffrance psychologie, mais ce pourcentage reste toutefois très faible (14 %).
     

    Un impact majeur sur la qualité des soins ?

    Et cette souffrance psychologique a l'effet d'une onde de choc. Avec un impact potentiellement majeur sur la qualité des soins. C’est ce qu’affirment en tout cas près de la moitié des répondants (et jusqu’à 65 % des médecins). Pour eux, la qualité des soins prodigués par des professionnels de santé en souffrance psychologique pourrait être affectée au point de mettre un danger la vie du patient.

    Enfin, lorsqu'on les interroge sur les raisons pour lesquelles ils ne se font pas aider, les professionnels de santé sont catégoriques. Pour 71 % d'entre eux, c’est parce qu’ils ne peuvent pas s’offrir le « luxe économique » d’être en arrêt maladie. Il faut dire que les soignants ayant répondu ne sont pas tous couverts par un contrat de prévoyance (20 % n’en n’ont pas) et ils sont nombreux à ne pas savoir s’ils sont bien assurés.
    La deuxième raison qui pousse ces professionnels à ne pas demander d'aide est leur désir de discrétion (69 %). La preuve que le tabou d'être malade quand on est soignant n'est pas encore totalement levé.
     

    Ecoutez...

    Eric Henry, président de l'association de l'association Soins aux Professionnels de Santé (SPS) : « Le tabou ne tombe pas, car la sanction pour les professionnels de santé est très grave (...), il faut rassurer tout le monde. »

     

    (1) L’enquête a été menée par internet du 19 septembre au 10 octobre 2016. Plus de 4 000 professionnels de santé y ont répondu. Parmi eux, 25 % sont kinésithérapeutes et un peu plus de 20 % sont médecins. Viennent ensuite les orthophonistes, les infirmiers, les podologues, les pharmaciens, les chirurgiens-dentistes. 

    LIENS SUR LE MÊME THÈME

     

     

     

  • Principes du Karma yoga

    PRINCIPES DU KARMA YOGA
    Rechercher toujours la perfectiondans l'action.
    • Il s'agit de faire chaque action de son mieux, mais ce n'est pas du perfectionnisme à tout prix.
    • Chacun fera selon ses propres compétences et s'efforcera de faire de son mieux.
    • Les résultats varient d'un individu à l'autre, mais l'intention va vers le même but.
    Savoir se détacher des résultats de l'action. Cela signifie qu'il ne faut pas avoir d'attente particulière quant au résultat d'une action :
    • ni d'attente pour son profit personnel : égoïsme,
    • ni d'appréhension quant au résultat : angoisse, peur quant au résultat, etc.
    Savoir rester centré sur l'action en cours d'accomplissement. C'est la conscience permanente qui concerne l'objet et le sujet :
    • objet : on reste centré sur ce que l'on fait immédiatement,
    • sujet : on agit en conscience, toute pensée vagabonde est donc à exclure pendant l'action si elle n'a pas de rapport avec l'action même.

    Yoga sutra

    Yogas sutras : les 5 principes fondateurs du yoga

    5 grands principes découlent des yogas sutras. S'ils sont observés lors de la pratique, ces principes amènent le pratiquant à une harmonie globale :

    YOGA SUTRAS : LES PRINCIPES DU YOGA

    Principes Explications
    Le choix de l'exercice.
    • L'exercice doit être approprié.
    • Il n'est pas question de maltraiter son corps en faisant un exercice de façon inadéquate ou en pratiquant un exercice contre-indiqué à notre état de santé.
    La respiration correcte.
    • La respiration tient une place primordiale dans le yoga.
    • Chaque mouvement est rythmé par la respiration.
    • Faire un exercice sans savoir respirer de façon correcte ne servirait à rien.
    La relaxation correcte.
    • L'exercice pratiqué avec une respiration correcte doit aussi se faire avec la présence correcte du pratiquant.
    • La pensée ne doit pas vagabonder pendant la pratique.
    • Ceci amène une certaine concentration sur le moment présent, mais en même temps le vide mental de tout ce qui ne concerne pas l'action présente et la relaxation.
    L'alimentation.
    • Moins répandu en Occident, ce principe est toutefois essentiel dans le yoga de l'Inde.
    • Entrent également en compte la notion de végétarisme et d'une alimentation saine pour la bonne santé du corps.
    • On retrouve également ce principe dans l'Ayurvédisme.
    La concentration/méditation. Ce principe est à la fois lié au mental et à la spiritualité.

    Méditation et yoga

    Yogas sutras : les 5 principes fondateurs du yogaThinkstock

  • "La belle vie" de Marion Gervais

    GLISSE

    http://kubweb.media/project/la-belle-vie/

    La belle vie

    Être libre c’est quand personne ne t’oblige à faire quelque chose. Quand t’es soumis à quelqu’un, c’est la mort !

    scroller pour voir plus de contenu

    Marion Gervais nous avait déjà impressionnés avec Anaïs s’en va-t-en guerre ; son nouvel opus, La belle vie, confirme qu’elle est une authentique cinéaste.

    la belle vie kub marion gervais

    Le film démarre par un de ces intenses moments d’ennui, pour quatre pré-ados en rase campagne (au propre comme au figuré), à se plaindre de leur sort, et de la maréchaussée qui s’en prend à leur seule raison d’être : le SKATEÀ part s’ennuyer… ils peuvent rêver des villes dont les skateurs sont des princes : Saint Malo ! Rennes !! Barcelone !!!

    Lointains petits frères de Tao Astier [Collections – La voie de Tao], ces gosses aux marges du système, en mal de reconnaissance, font finalement de leur déshérence un atout, se construisant un monde autarcique, où ils jouissent de liberté. LA BELLE VIE quoi !

    LA BELLE VIE : LE FILM

    de Marion Gervais (58’ – 2016, Quark productions)

    Quatre garçons. 13 ans à tout casser.
    Quatre garçons et leur bande, qui dévalent en skate les routes de leur village, entre la mer, la campagne et la ville. Skater toujours plus vite pour s’échapper. Échapper à la vie ennuyeuse, à l’école qui rapetisse les rêves, aux adultes qui ne rient plus. S’enivrer de sensations fortes en dévalant les pentes, soleil couchant d’un côté, océan de l’autre. Faire crisser les roulements à billes sur le bitume pour pousser la vie plus haut. Libérer la joie et les peines, partager les peurs et les batailles : aimer des filles, conquérir les pères, oublier le collège.
    La vie est rude quand on a 13 ans mais c’est la vie ensemble. Celle qui sauve de tout. Et ensemble ils décident d’aller au bout de leur promesse, partir skater à Barcelone.

    Voici dans un premier temps la version 52′ du film pour France 3 Bretagne, la version originale de 58′ sortira en décembre.

    INTENTIONS DE LA RÉALISATRICE

    Extraits du dossier artistique de La belle vie

    Je connais la plupart de ces garçons depuis qu’ils sont tout petits. Nous vivons dans le même village. J’ai suivi chaque étape de leur enfance en observatrice attentive. Ils m’ont toujours ému et malgré les carences affectives, les pères absents, ils vivent leur vie avec fougue et passion dans ce village, leur domaine qui recèle leurs secrets et leurs peines d’enfants.

    Je les ai vus se cogner contre les adultes, contourner les obstacles et trouver leurs solutions, rire de tout et de rien, pleurer aussi. Je les ai vus partir dans les bois comme on part à la guerre, le sac rempli de pioches et de couteaux. Je les ai vus partir dans les marécages, enfoncés dans la boue jusqu’aux cuisses, à la recherche de « plantes rares ». Et je n’ai jamais cessé de m’interroger sur ce qu’ils sont et sur les hommes qu’ils deviendront demain.

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    PRESSE

    Les petits princes de Marion Gervais

    Mon fil conducteur, c’était d’arriver à accéder à l’intériorité de ces jeunes qui quittent l’enfance et qui arrivent dans l’adolescence, qui ont une puissance de vie phénoménale et qui en même temps traversent les rudesses de l’existence comme les adultes.

    Chloé Batissou pour ARMEN

    Devenir grand, c’est glisser vers l’inconnu

    Dès les premières minutes de La belle vie, le spectateur se laisse embarquer par cette bande d’adolescents, filmés par Marion Gervais. Avec tendresse et délicatesse, elle les amène à se confier. L’un parle avec pudeur de l’absence de son père, l’autre de l’école où II ne trouve pas sa place. Je les trouve très courageux. Ils me touchent car ils cherchent plus grand que leur vie. 

    Karin Cherloneix pour Ouest France

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    MARION GERVAIS, BIO

    La réalisatrice par elle-même : Je suis une autodidacte. Ce sont les voyages, les expériences, les rencontres, et ma quête de liberté qui m’ont construites. L’ambition sociale et une vie dans les clous me sont apparues très jeune comme vaines. Faire ce que je voulais et inventer ma vie, c’était tout ce que je cherchais. À 18 ans, par une rencontre fortuite avec Michel Denisot, je suis devenue son assistante pour son émission La grande famille. J’ai construit le zapping pendant deux ans. Puis j’ai tout largué pour partir sur les traces de Jack Kerouac aux USA… Pendant quinze ans, toujours entre deux voyages, j’ai été directrice de casting sauvage, c’est-à-dire que je cherchais les personnages des films dans la rue. J’ai travaillé entre autres pour Bruno Podalydés, Manuel Pradal, Chantal Ackerman, Julian Schnabel, Bernie Bonvoisin.

    Il y a quelques années, filmer le réel est devenu une obsession. J’ai appris les bases aux Ateliers Varan, où j’ai réalisé un 26 minutes La bougie n’est pas faite de cire mais de flammes, le portrait de Cassandra, une enfant Rom qui navigue avec sa famille entre squat et rue, entre poésie de l’enfance et cauchemar. Puis j’ai réalisé un film d’une heure Anaïs s’en-va-t-en guerrequi a connu un grand succès sur le web. Et puis une websérie La bande du skate park et avec les mêmes personnages, un 52 minutes La belle vie. Ces trois films sont produits par Juliette Guigon et Patrick Winocour de Quark productions, mes allliés."

  • Handicapé volontaire à déficience acquise.

     

    En écrivant le roman « Là-Haut », je me suis bien entendu interrogé sur la notion de handicap, sur l’existence de catégories englobant les personnes valides et celles considérées comme invalides.

    Sur quels critères ces cadres sont-ils conçus ?

    Valide : Qui est en bonne santé, capable de travail.

     

    Handicapé : Infirmité ou déficience, congénitale ou acquise.

     

    Invalide : Se dit de quelqu'un qu'une infirmité rend incapable d'activité. (En droit, est invalide celui dont la capacité de travail est réduite au moins des deux tiers.)

    Invalidité :  État d'une personne rendue invalide de façon plus ou moins durable, inapte à mener une vie active, en particulier une vie professionnelle normale, du fait d'une blessure, d'un accident, d'une maladie ou de l'âge. 

     

    On voit dans les définitions à quel point le rapport à l’intégration professionnelle a une importance considérable. C’est la difficulté à assumer une tâche destinée à l’obtention d’un salaire qui contribue à la hiérarchisation de l’invalidité.

    C’est effrayant parce que cela signifie que cette intégration à la dimension économique de l’existence représente la base même de l’individu, son importance, sa valeur aux yeux de la société marchande. Par conséquent, un individu dont les difficultés physiques ou intellectuelles rendent cette intégration impossible ou partielle sera considéré comme « inexistant » ou « en dehors » du cadre social.

    Personnellement, je considère que les chimistes de Monsanto ou les ingénieurs œuvrant à la mise au point d’armes de destruction sont totalement invalides dans le sens où leur tâche, pourtant fortement rémunérée, va à l’encontre même de la vie. De la même façon, je considère qu’un individu amputé des deux bras et peignant avec les pieds représente pour l’humanité un apport considérable et cela même si ces œuvres n’ont aucune valeur marchande. Un individu limité physiquement par une déficience de naissance ou acquise mais cherchant à exploiter au mieux le potentiel disponible a bien plus de valeur à mes yeux que le supporter de foot imbibé de bière et qui beugle son fanatisme dans les tribunes.

    Il est absurde, inconvenant, irrespectueux et même parfaitement paradoxal d’identifier le statut d’un individu valide ou invalide en fonction d’un critère professionnel et même en fonction de la capacité qu’il a à assumer des tâches sociales.

    Il existe pour moi un nombre élevé d’individus considérés comme « valides » et qui sont pourtant dans leur vie quotidienne parfaitement « invalides ». Le critère d’intégration professionnelle n’est que le reflet d’une société matérialiste qui n’a pas d’autres valeurs que celui de la monétisation des individus.

    "Tu fais quoi dans la vie ?" « Combien gagnes-tu ? » et « Quel est ton apport économique à la société ? » sont les  constantes à partir desquelles la valeur apportée de l’individu sera établie.

     

    Quel devrait-être dès lors le cadre identifiant la « validité » de l’individu :

    *l’usage du potentiel humain : physique, intellectuel, émotionnel, philosophique, existentiel, c'est-à-dire dans les actes, dans les paroles et dans les pensées et non uniquement dans un cadre « financier »

    * l’analyse individuelle des effets de cette exploitation du potentiel

    *l’analyse commune des effets de cette exploitation du potentiel et les impacts sur l’ensemble du Vivant et non uniquement au regard de la valeur marchande.

     

    Bien évidemment que la problématique matérielle doit être prise en compte et que l’accompagnement de la personne en situation de handicap mérite toute l’attention de la société dans sa dimension financière mais il convient dès lors de ne pas catégoriser l’individu dans une hiérarchisation fondée sur son « utilité » ou son "poids" envers la société.

    La notion « d’assistance » porte en elle une connotation négative et impacte psychologiquement les personnes concernées. Il est douloureux de sentir sur soi des regards indifférents, tout autant que discriminatoires ou compatissants.

    Il n’y a que l’empathie qui doive être appliquée, c'est-à-dire l’accueil intégral de la personne, non pas comme un individu handicapé mais portant une singularité qui n’est en rien une forme identitaire.

    C’est là que la notion de personne valide ou invalide prend forme à mes yeux.

    Un individu possédant l’intégralité de son potentiel physique et intellectuel et ne cherchant pas en user au mieux et non seulement selon les besoins dictés par la vie sociale est à mes yeux une personne « invalide ». Il ne s’agit pas pour autant de vouloir atteindre les performances physiques d’athlètes de haut niveau ni de vouloir contredire les thèses des scientifiques les plus pointus mais juste de prendre conscience que l’habitude sociale (métro, boulot, dodo…) et que toutes les contingences liées à notre intégration  en tant que « citoyen » ne représentent pas l’intégralité de l’individu mais juste un rôle octroyé par la société tenue par des individus à la morale déficiente et qui usent de leur pouvoir pour s’octroyer des privilèges.  

    Tout le problème vient par conséquent des « valeurs éducatives » transmises par cette « société » qu’elles soient familiales, historiques, politiques, économiques, philosophiques, médiatiques.

    On voit donc que nos sociétés occidentales et en général matérialistes placent la valeur de l’individu dans un registre économique et que par conséquent les personnes dites en situation de handicap et ayant besoin d’une « assistance »   n’ont pas les mêmes reconnaissances sociales.

     

    J’ai connu provisoirement la perte de l’intégrité physique. Je sais à quel point tout est rendu compliqué et combien des actes a priori anodins deviennent redoutablement complexes.  

    Je sais aussi combien la force morale relève dès lors de son altitude la plus élevée… La désespérance souffle comme une brise qui ne prévient pas. Elle s’évapore ou rejaillit comme une entité totalement insoumise.

    Sachant cela et dans l’impossibilité salvatrice d’oublier les épreuves traversées, je sais à quel point une personne en situation de handicap doit concentrer son énergie pour parvenir à ses fins.

    Les personnes dites « valides » se contentent d’espérer que rien d’inattendu ne viendra se mettre en travers de leurs projets mais la personne qui doit porter le fardeau de limites ajoutées sait pour sa part qu’avant même de commencer, elle devra dépasser le souffle de cette désespérance.

    C’est là que je vois dans les actes de la personne dite « invalide » ou « handicapée » une forme de performance morale qui relève, non pas du handicap mais bien de l’exemplarité.

    A contrario, l’habitude flasque et délétère de l’individu valide qui se contente d’exister dans une attitude repue et inerte relève à mes yeux d’un abandon de soi lui conférant un statut « d’handicapé volontaire par déficience acquise. »

    Et le nombre d’individus pouvant être assimilés à ce statut « d’handicapé volontaire » dépasse l’entendement…

    Abandon alimentaire, abandon de l’entretien physique, abandon intellectuel, abandon émotionnel, philosophique, culturel, abandon à toutes les formes reconnues d’activités sociales sans aucune réflexion réelle sur leurs valeurs, instauration d’une bulle égotique éliminant toute conscience de responsabilités envers l’ensemble du Vivant, absence de conscience empathique, l’altruisme n’ayant plus d’autre objectif que la reconnaissance identitaire, l’activisme social relevant de l’addiction et non d’un enrichissement partagé, l’inculture relevant de la norme et les résistants se voyant qualifiés d’intellectuels ou même de « complotistes »…

    Toutes ces personnes « valides » qui s’agitent communément sur une scène sociale ne sont plus que des entités vidées de leur substance spirituelle et gavées en retour de produits à valeur ajoutée… Tous ces « handicapés volontaires par déficience acquise» qui regardent avec pitié ou mépris ou ignorent la personne « invalide » et qui ne réaliseront peut-être jamais à quel point leur engagement dans l’exploitation réelle du potentiel offert relève de l’insignifiance, que faudrait-il finalement pour qu’ils sortent de leur état de dépendance ?  

    Car il s’agit bien d’une dépendance. C'est-à-dire une forme d’existence qui pour eux ne saurait être changée. N’y a-t-il pas dans cette fossilisation l’inverse de la notion de personne « valide » ?

    Au regard de l’effort physique et moral, de la force d'acceptation, de l'abnégation, de la lutte constante entre la désespérance et la volonté, la personne, par exemple, qui ne peut marcher et se déplace en fauteuil roulant est à mes yeux bien plus valide que celui qui dispose de l’usage de ses jambes et prend l’ascenseur pour monter d’un étage. Des millions d’exemples sont envisageables. Ces usagers des super marchés qui vont chercher pendant dix minutes une place de parking aux abords de l'entrée du magasin quand il y en a des dizaines disponibles un peu plus loin...Ou même se garer sur la place réservée aux personnes à mobilité réduite... Comme s'ils allaient porter leur caddy sur leur dos...Comme s'ils n'avaient plus la posibilité de marcher avec un sac de courses.

    Des handicapés par abandon, par lâcheté, par imitation, par molesse, des individus qui ne savent même pas qu'ils jouissent à chaque instant d'un miracle, d'une offrande qui ne s'explique même pas, que la métaphysique explore, que la science décortique : la vie.   

    Il convient donc de chercher la cause de cet abandon de soi et de l’acceptation du statut d’handicapé volontaire. Et de trouver ensuite le moyen d’inverser ce phénomène dégénératif.

    Premier constat :

    *Chacun est responsable de cette quête. Il ne convient pas de chercher un gourou, une méthode, une école, une recette mais d’entrer uniquement dans l’observation constante des actes, des paroles et des pensées.

    Deuxième constat :

    *Prendre conscience qu’il vaut bien mieux s’engager dans une exploitation volontaire, réfléchie, lucide et générale que d’exploser en vol sous l’effet d’un missile…Et les cieux se remplissent...

    Aujourd’hui, personne n’est capable, objectivement, de présager des années à venir. Sur un plan social, économique, conflictuel, écologique, environnemental, politique, rien, aucune analyse, aucune projection ne peut s’attribuer l’étendard de la vérité.  

    Et ce que j’en dis n’est d’ailleurs en soi que l’élucubration de mon esprit.

     

  • "La longue route" du Vendée globe

    La Longue Route

     

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    La Longue Route
    Image illustrative de l'article La Longue Route
    Joshua, sous voile.

    Auteur Bernard Moitessier
    Pays France
    Genre Récit vécu
    Éditeur Arthaud
    Lieu de parution Paris
    Date de parution 1971
    Nombre de pages 315
    ISBN 2-700-39654-5
     
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    La Longue Route de Bernard Moitessier est le récit autobiographique de son périple pendant la première course autour du monde en solitaire du Golden Globe, en 1968. C'est son troisième livre, après Vagabond des Mers du Sud et Cap Horn à la voile.

     

    Sommaire

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    Contexte historique[modifier | modifier le code]

    Alors qu'il ne se remet pas d'avoir bâclé son dernier récit, relatant son voyage de noces en Polynésie et le retour par le Cap Horn, le navigateur et écrivain Bernard Moitessier décide, après avoir d'abord sérieusement pensé au suicide, pour se racheter, d'écrire un autre livre. Un livre qui raconterait un voyage encore plus fabuleux1. Il décide alors de ce tour du monde en solitaire sans escale.

    Apprenant qu'un anglais, Bill King, prépare le même voyage, un quotidien anglais, le Sunday Times, organise une course au règlement simplifié : chacun partira entre le 1er juin et le 31 octobre du port anglais de son choix ; il suffira ensuite de boucler le tour du monde par les trois caps, sans toucher terre et sans assistance. Deux récompenses à la clé : un chèque de 5 000 livres sterling pour le plus rapide, et un trophée (le Golden Globe), au premier arrivé.

    Le Golden Globe Challenge est créé.

    Après un premier refus, Bernard Moitessier finit par accepter de participer à cette course. Il rejoint alors l'Angleterre, afin de finir de préparer son voilier. Il part le 22 août 1968 de Plymouth, à bord de Joshua, son ketch en acier de douze mètres, dont les mâts sont de simples poteaux télégraphiques. Deux autres partent dans la même période : Loïck Fougeron et Bill King, avec qui il avait partagé énormément pendant toute cette période de préparatif.

    Un long périple[modifier | modifier le code]

    Voyage du Joshua - La Longue Route

    Très vite, La Longue route prend une tournure toute autre que les précédents livres de Moitessier. Il y explique sa vision de la mer, du monde actuel et de ses dérives. Il raconte les calmes de l'Océan Indien où il passe ses journées à nourrir les oiseaux. Moitessier n'est plus en course. Il avait dit avant de partir qu'il courrait la course à sa façon, et c'est effectivement ce qu'il fait. Quand il pousse son bateau au maximum, rajoutant des bonnettes sous la trinquette, c'est pour voir Joshua avaler les milles et ne pas rester trop longtemps sous les hautes latitudes, où il ne fait pas bon de traîner. Quand il s'inquiète de savoir où sont les autres, c'est par peur qu'il leur soit arrivé quelque chose. Et le marin passe le Cap Leeuwin, au large de l'Australie, puis le Cap Horn. Il commence alors à remonter vers le nord, pour s'éloigner de la zone des icebergs, se reposer et décide, comme il l'avait décidé quelque temps après Leeuwin, de continuer vers le Pacifique, sans escale.

    « Je continue sans escale vers les îles du pacifique »[modifier | modifier le code]

    Alors que tout le monde l'attend en vainqueur (au train où il avance, il dépassera bientôt Robin Knox-Johnston, parti bien avant lui), Bernard, passant pour la seconde fois le Cap de Bonne-Espérance, catapulte à l'aide d'un lance-pierre un message sur un cargo : « Je continue sans escale vers les îles du Pacifique, parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme. » Pour lui, partir d'Europe pour revenir en Europe, c'était comme partir de nulle part pour revenir nulle part.

    Le 21 juin 1969, 3 mois et 3 jours après ce message, après avoir traversé une nouvelle fois l'océan Indien, passé le Cap Leeuwin une deuxième fois, mis quatre fois les mâts dans l'eau au cours d'une tempête, Joshua tire des bords pour rejoindre le port de Papeete. Les plaisanciers voient passer la longue carène aux traînées de rouille. Bernard Moitessier jette une ancre, lance les amarres. Parmi ceux qui les saisissent, Pierre Deshumeurs, avec qui, 18 ans plus tôt, il avait tenté de rejoindre l'Australie en partant d'Indochine sur un bateau pourri de la quille jusqu'à la pomme du mât. Après 300 jours de mer, le périple est fini. Il pulvérise également le record de la plus longue traversée en solitaire sans escale, avec quelque 37 455 milles parcourus, soit 69 367 kilomètres.

    Une course teintée de malheurs[modifier | modifier le code]

    Les positions des concurrents au 10 avril 1969

    Knox-Johnston, quant à lui, est arrivé le 12 avril à Falmouth, après 313 jours de mer. Il remporte les deux trophées, puisqu'il est le seul à boucler la course. En effet, sur neuf partants, il n'y a que lui qui rentrera. Fougeron et Bill King abandonnent. Quant à Donald Crowhurst, parti juste avant la date limite, son bateau est retrouvé, le 10 juillet 1969, à la dérive. À bord, on y retrouve deux journaux de bord. Le premier dévoile une navigation imaginaire autour du globe, l'autre un parcours réel qui n'a pas quitté l'Atlantique.

    En effet, Crowhurst, voyant sa progression laborieuse, a très vite eu l'idée de bouchonner dans l'Atlantique Sud, tout en envoyant de fausses positions. Il fait même escale pendant deux jours près de Río Salado en Argentine, pour réparer un flotteur endommagé.

    C'est se croyant rattrapé par Crowhusrt, qu'un autre concurrent, Nigel Tetley, désagrège son trimaran en remontant l'Atlantique. Il se suicidera lui aussi, quelques années plus tard2.

    Mais l'abandon de Bernard Moitessier et la désagrégation du trimaran de Tetley font que Crowhurst pourrait arriver en Angleterre en réalisant le tour autour du monde le plus rapide. Il comprend alors que sa navigation va être décortiquée, et la supercherie découverte. Il décide donc de mettre fin à ses jours.

    On retrouve également un recueil de 25 000 mots, sorte de long testament philosophique, que Crowhurst a écrit en sept jours, avant de se suicider. Knox-Johnston laissera la bourse de 5000 livres sterling à la famille endeuillée de Crowhurst.

    Rédaction du livre[modifier | modifier le code]

    Il faudra plus de deux ans, alors que son éditeur ne lui en donnait qu'un, pour que Bernard Moitessier écrive les dix mois passés seul en mer. Deux années pour recréer « le fidèle reflet du fabuleux sillage ». Alors qu'il va remettre le manuscrit à son éditeur, Bernard rajoute un ultime chapitre. Puisqu'il a tourné le dos à l'Europe et son progrès en continuant vers le Pacifique, il ne peut se renier en acceptant les droits d'auteur. Il lègue alors tous les droits, français et étrangers, au pape, pour « aider à la reconstruction du monde ». Et si le Vatican ne veut pas de cet argent, la somme ira aux Amis de la Terre. Cette opération fut un coup d'épée dans l'eau, personne ne s'intéressa réellement à cette somme pourtant rondelette, et deux ans après la parution de La Longue Route, l'argent dort encore sur le compte de l'éditeur3. En moins de trois ans, les ventes dépassent les cent mille exemplaires, et, comme son Vagabond des Mers du Sud, le troisième livre de Bernard Moitessier devient rapidement une référence dans le domaine de la littérature maritime.

    Plusieurs années après, il montera un film à partir des rushs tournés pendant la traversée, avec une caméra Beaulieu