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  • Pour les abeilles (Nature)

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    POUR UN MORATOIRE SUR LES PESTICIDES NEONICOTINOIDES

    A l’attention du gouvernement et des parlementaires dans le cadre de la loi biodiversité

    En transportant le pollen de fleurs en fleurs les insectes pollinisateurs assurent la reproduction des plantes dont les fruits et les légumes. Ils sont donc essentiels à notre alimentation. Pour la biodiversité comme pour notre propre survie, leur disparition serait dramatique. Or les pollinisateurs subissent de plein fouet l’utilisation massive des pesticides par l’agriculture. Dans certaines régions françaises ce sont trois colonies d’abeilles sur quatre qui disparaissent. Deux études publiées cette année confirment que les néonicotinoÏdes, peut-être la famille de pesticides la plus toxique, attaquent directement le système nerveux des pollinisateurs. Plus grave encore, une analyse scientifique mondiale de 2014 montre que ces insecticides, parmi les plus vendus, toucheraient un grand nombre d’espèces animales jusqu’à l’être humain. Des impacts sanitaires, notamment sur le cerveau en développement des enfants, sont suspectés par ces publications.

    Il est donc urgent d’agir pour sauvegarder les abeilles et autres pollinisateurs, assurer notre sécurité alimentaire et préserver la santé humaine sur le long terme.

    Par ma signature, J’APPELLE, en urgence, à un moratoire sur les pesticides néonicotinoïdes, mesure indispensable pour tenter de sauver les abeilles et autres pollinisateurs de leur disparition programmée.

    Ce moratoire doit ensuite permettre au gouvernement français de continuer à porter cette cause sanitaire et environnementale majeure à l’échelle européenne, une fois les résultats des évaluations connus il pourra décider de l’avenir de ces substances.

    Vous aussi vous pouvez changer la donne et arrêter ce scandale sanitaire. Signez et faites signer cette pétition.

     Pour connaître les suites données à ma signature, j'accepte de recevoir les informations de la Fondation Nicolas Hulot.


    Conformément à la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978, vous bénéficiez d'un droit d'accès, de rectification, d'opposition et de suppression des données qui vous concernent.

    Pour l'exercer cliquez ici ou adressez-vous à la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme - 6 rue de l'Est - 92100 Boulogne-Billancourt.

    Pour nous contacter cliquez ici

    © CC0

     

  • La Fronde gronde (école)

    APPEL NATIONAL POUR SAUVER L'ECOLE DE LA RÉPUBLIQUE
    Comprenez bien !
    La colère et l'exaspération grondent parmi les professeurs, sur les réseaux sociaux mais aussi dans les établissements scolaires. 
    Elle gronde aussi chez les parents d'élèves. Elle gronde chez les universitaires et les intellectuels.

    En témoigne l'appel national pour sauver l'école de la République, adressé à Monsieur le Président Hollande. Porté par deux cents cinquante signataires initiaux, parents d'élèves, professeurs du secondaire, universitaires, elle a recueilli plus de 3300 signatures en deux jours et demi. Son succès ne se dément pas...

    La ministre de l'Éducation nationale ose en effet proclamer que sa réforme est destinée à lutter contre les inégalités et renforcer l'apprentissage des langues. La réalité est tout autre :
    - Suppression des classes européennes, sauf pour les familles aisées qui pourront payer pour aller dans le privé.
    - Suppression des classes bilangues (sauf pour les parisiens !) et donc quasi disparition de l'enseignement de l'allemand. 
    - Diminution des heures de LV2 en 4eme et 3ème 
    - Quasi disparition de l'enseignement des langues anciennes.
    - Baisse des horaires d'enseignement notamment en français et en mathématiques.

    Cette réforme est un désastre : elle signe la fin de l'école de Condorcet et de l'universalisme républicain. Elle accélère la baisse de l'offre publique d'instruction. Sur quatre ans un élève perdra 400 h de cours disciplinaires... Baisse des dotations horaires, suppression de postes d'enseignants.
    Toute cette misère est camouflée par des dispositifs pédagogiques ronflants et l'abus, jusqu'à la nausée, d'un langage pédagogiste inspiré du management. De l'enfumage.

    Cette réforme va accentuer les inégalités par l'autonomie accrue des établissements et créer des inégalités territoriales. Elle se traduira par une évasion toujours plus importante des classes favorisées vers le privé.

    Antoine Desjardins, professeur de lettres modernes, cosignataire
    Pour signer et lire l'appel :

    Appel national pour sauver l'école de la République

     

    https://www.change.org/p/monsieur-le-president-de-la-republique-appel-national-pour-sauver-l-%C3%A9cole-de-la-r%C3%A9publique?recruiter=37064256&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

     

    Monsieur le Président de la République,


    l’Ecole républicaine, héritière de Condorcet, de Guizot et de Ferry est le bien commun de tous les Français ; nous savons votre attachement à l’Education Nationale, vous qui en fîtes une question essentielle de votre campagne présidentielle de 2012. Nous nous permettons pourtant, enseignantes et enseignants, parents d’élèves de vous interpeller sur la réforme du collège. La réforme décrétée et impulsée par Madame la Ministre de l’Education Nationale entend lutter contre l’échec scolaire au collège, permettre une plus juste égalité des chances dans un souci d’émancipation individuelle et collective des élèves, susciter le goût d’apprendre chez ces derniers. S’il ne revient à personne ici de contester de telles légitimes ambitions qui font consensus pour l’ensemble des acteurs, la réforme 2016 ne produira pas hélas les effets attendus. Derrière ces grands principes fédérateurs se cache une réalité très différente. L’autonomie, pilier de la réforme, induit un système éducatif éclaté, le centre de gravité décisionnel devient l’établissement tant pour définir des programmes enseignés, rebaptisés curricula, que pour les modalités de l’évaluation voire la déclinaison horaire des enseignements.


    La réforme entraîne la diminution des horaires disciplinaires pour permettre la mise en place des enseignements complémentaires sous deux formes : l’accompagnement personnalisé ou AP et les enseignements interdisciplinaires ou EPI. Les élèves de sixième n’auront que l’AP prélevé sur les horaires disciplinaires à raison de trois heures hebdomadaires, les élèves à partir de la cinquième conserveront une heure d’AP et feront deux heures d’EPI retranchés sur les horaires d’enseignement de ces mêmes disciplines. En outre, des options et des dispositifs disparaissent comme les classes européennes qui permettent à 10% des élèves d’avoir deux heures de langues en plus en 4° et en 3° et la découverte professionnelle destinée à préparer l’avenir professionnel durant trois heures hebdomadaires. Les options soit langues anciennes, soit langues régionales deviennent des enseignements de complément qu’il ne sera pas possible de proposer partout, d’autant que les horaires hebdomadaires diminuent passant de trois heures à deux heures. Les classes bilangues notamment en allemand, cas particulier, sont parfois maintenues mais dans un cadre horaire contraint et dans des conditions draconiennes qui augurent mal de leur avenir. Par ailleurs, la réforme s’appliquera sur les quatre niveaux du collège et posera des problèmes de continuité aux élèves en cours de scolarité, dont les programmes seront caducs à la rentrée 2016. Cette réforme entraîne une baisse de l’offre de formation et la suppression d’un cadre national.


    Vous aviez voulu, Monsieur le Président, privilégier le dialogue social pour promouvoir les réformes, force est de constater qu’il n’existe pas au sein de notre institution. Depuis des mois, la Ministre reste sourde à la contestation, refusant de rencontrer les représentants des principales organisations syndicales opposées à la réforme. Sachez que des tensions inédites naissent au sein des établissements entre enseignants eux-mêmes, enseignants et personnels de direction d’autre part. Nous oscillons entre colère, désarroi et abattement, car nous avons le sentiment d’avoir été injustement désignés comme responsables de l'augmentation des inégalités sociales et culturelles dans une société fracturée et fragilisée. Le temps pédagogique n’est pas le temps politique ! Sachez qu’à la rentrée prochaine un enseignant de collège devra s’approprier la réforme des organisations du collège, la refonte complète de tous les programmes pour tous les niveaux, assimiler leurs logiques curriculaires, concevoir dans le même temps des enseignements aussi complexes que l’AP et l’EPI, intégrer dans sa pratique les nouvelles modalités de l’évaluation. Personne rue de Grenelle ne semble prendre conscience de la charge de travail qui sera exigée des enseignants désormais taillables et corvéables à merci sans revalorisation des salaires ! Cette mise en œuvre hâtive, bâclée, impulsée autoritairement voue la réforme à l’échec !


    Pourtant en 2012, vous aviez souhaité que votre quinquennat scelle la réconciliation de tous les Français ; c’est donc vers vous que nous nous tournons au risque pour nous signataires d’encourir les sanctions de notre hiérarchie rectorale qui multiplie intimidations et sanctions disciplinaires contre les opposants à la réforme. Si votre élection suscita en 2012 espoir et confiance, en 2016 la salle des professeurs chavire entre désespoir et vif mécontentement. Il est encore temps de renouer le fil du dialogue qui menace de se rompre définitivement. 

     


    Monsieur le Président, on reconnaît le grand homme d’Etat à ses audaces, alors élevez-vous au-dessus de nous tous, vous l’arbitre national ! Abrogez ce décret et reconstruisons ensemble une autre réforme pour le collège. 

     


    Comptant sur la justesse de votre jugement, veuillez recevoir, Monsieur le Président de la République, l'expression de nos salutations respectueuses, républicaines et laïques.


    Signataires :


    Christophe GAUTHIER, professeur d'histoire et de géographie, académie de Bordeaux
    Audrey ADHEMAR, professeur de lettres classiques, Arelacler, académie de Clermont-Ferrand Marie Thérèse ALONSO, professeur d'espagnol, académie de Bordeaux 

    Nadine ALVARO Y FUENTES, professeur des écoles, académie de Caen

    Nathalie ANDREU, parent d'élèves, académie d'Orléans-Tours

    Vera ANTOLINI, guide-conférencier, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Catherine ARQUILLIERE, professeur de lettres modernes, académie de Clermont-Ferrand

    Association Les Immortels : défense et promotion des langues et des cultures de l'Antiquité

    Frédéric AURIA, professeur d'allemand, académie de Lyon

    Sarah AUSSEIL, professeur de lettres modernes, académie de Montpellier

    Quentin BAMMEY, normalien à l'ENS Lyon, académie de Lyon

    Alain BARNAUD, directeur d'école à la retraite, académie de La Réunion

    Sylvain BARON, Secrétaire national des Décrocheurs, académie de Nice

    Juliette BARRIAL, professeur de SVT, académie d'Amiens

    Sonia BARTHELEMY, parent d'élèves, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Leïla BENHAMED, maman, académie de Grenoble

    Astrid BERNAL, professeur d'histoire et de géographie, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Sandra BERTACCA, parent d'élèves, académie d'Aix-Marseille

    Emmanuelle BERTHAUD, parent d'élèves, doctorante en philosophie du droit, académie de Clermont-Ferrand

    Chantal BOCQUILLON, professeur de lettres classiques, académie de Nice

    Christine BOMPARD, professeur d'anglais, Tunis

    Loys BONOD, professeur de lettres classiques, académie de Paris

    Marie BOSREDON, professeur des écoles et parent d'élèves, académie de Bordeaux

    David BOUDON, parent d'élèves, académie de Clermont-Ferrand

    Chantal BOUNIOL, parent d'élèves, académie de Nice

    Xavier BOUSSANT, parent d'élève, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Hélène BOUVIER, professeur de lettres classiques, académie Nancy-Metz

    Sandrine BOUYGUES, Conseillère principale d'éducation, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Karine BROSSAIS, professeur d'anglais, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Martine BUISSON, professeur d'allemand, académie de Clermont Ferrand

    Frédéric BUISSONIERE, professeur de lettres classiques

    Jean-François BUSSIERE, professeur d'histoire et de géographie, académie de Bordeaux

    Véronique BUTREAU, professeur de lettres classiques, académie de Créteil
    Isabelle CAMPION, professeur d'allemand, académie de Paris

    Marie CAPBERN, professeur de lettres modernes, académie de Bordeaux

    Sandra CARLADOUS, parent d'élèves, académie dAix-Marseille

    Stéphanie CARNAZZA, professeur d'EPS, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
    Eric CHARAIX, professeur d'EPS, académie de Bordeaux

    Yasmine CHARBONNIER, professeur des écoles, académie d'Amiens

    Elsa CHASTANG, parent d'élèves, académie de Polynésie française, collectif L'EPI

    Odile CHAUMETON, professeur retraité, grand-mère d'élève, académie de Nice

    Stéphane CHECKOURI, enseignant du Premier degré, académie de La Réunion

    Cécile CHEVILLOT, parent d'élèves, académie de Grenoble

    Rolande CHIES, institutrice retraitée, La Réunion

    Joëlle CHOUZY LEMUS, parent d'élèves, académie de Créteil

    Edouard CISLO, chef d'établissement à la retraite, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Sylviane CISLO, agent administratif, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Estelle CLEMENT LORNE, professeur d'histoire et de géographie, académie de Grenoble

    Geneviève CLEVIDY, parent d'élèves, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Sylvie CONGE, parent d'élèves, académie de Versailles

    Nathalie CULLET, professeur de lettres classiques, collectif des Hauts Cantons contre la Réforme du collège, académie de Montpellier

    Sandrine DAL MOLIN, parent d'élèves, académie de Dijon

    Marie DAMOND, professeur de lettres classiques, académie d'Orléans-Tours

    Didier DEBALS, professeur des écoles, parent d'élèves, académie de la Réunion

    Karine DEBARGE, professeur d'anglais, académie d'Aix-Marseille

    Katherine DEBERNE, parent d'élèves, académie d'Orléans-Tours

    Colette DEBROISE, grand-parent d'élèves, académie d'Aix-Marseille

    Anne DELORME, professeur de lettres classiques, académie de Lyon

    Antoine DESJARDINS, professeur de lettres , académie de Versailles

    Sandrine DE SOUSA, parent d'élèves, académie de Créteil

    Cécile DIENER, professeur de lettres classiques, académie de Bordeaux

    Valérie D'HONDT, professeur d'espagnol, académie de Lille 

    Isabelle DIGNOCOURT, professeur de lettres classiques, académie de Lille

    Anne-Sophie DUCATILLON, professeur de lettres classiques et parent d'élèves, académie de Lille

    Chrystele DUCHATELET, parent d'élèves, académie de Reims

    Cécile DULON, parent d'élève, académie de Bordeaux

    Raphaël DUMAS, pharmacien, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Tatiana DUMAS, professeur de Lettres Modernes, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Françoise DUNOGUE, professeur d'histoire et de géographie, académie de La Réunion

    Florence DURAND, étudiante en lettres classiques, académie de Lyon

    A. DUROURE, professeur d'allemand, académie de Clermont-Ferrand

    Philippe DUTARDE, professeur de mathématiques, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Sophie ESCORIZA, professeur d'espagnol, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Céline FABRE, professeur des écoles, académie de Nice

    Didier FELTRIN, ancien professeur d'économie-gestion, académie de Toulouse

    Myriam FERNANDEZ, parent d'élèves, académie de Montpellier

    Clara FOREST, professeur de lettres classiques, académie de Versailles

    Gael FRANK, professeur d'allemand, académie de Versailles

    Thomas FRANTZ, étudiant en master de lettres classiques, académie d'Aix-Marseille

    Emilia FRAPPAT-SANCHEZ, professeur d'espagnol, académie de Montpellier

    Bernard EMONIN, professeur d'EPS, académie de Bordeaux

    Alexandre FIEBIG, professeur de physique-chimie, académie de Créteil

    Christelle FORLAY, professeur de lettres classiques, académie de Clermont-Ferrand

    Catherine FOURGOUX, professeur et parent d'élèves, académie de Créteil

    Xavier FOURNET, professeur de SVT, académie de Versailles

    Juliette FOURNIER, étudiante, académie de Toulouse

    Claudine FOURY, professeur de Lettres modernes, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Catherine FREART, professeur d'allemand, académie de Versailles

    Dominique GAILLARD, parent d'élève, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Anne Sophie GALLAND, professeur de lettres classiques, académie de Clermont-Ferrand, collectif  L'EPI

    Yann GARAVEL, professeur de lettres modernes, académie de Grenoble

    Adeline GARLENQ, professeur de lettres classiques et maman, académie de Clermont-Ferrand

    Catherine GAUTHIER, professeur de mathématiques, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Isabelle GAUTHIER, professeur d'allemand, académie de Bordeaux

    François GERARD-DESPREZ, parent d'élèves, académie de Bordeaux

    Sophie GILLET, professeur d'espagnol, académie de Montpellier

    Céline GIRARD, parent d'élèves, académie de Créteil

    Jean-Pierre GIRAUD, directeur hors classe honoraire, ancien conseiller pédagogique, académie de Grenoble

    Cathy GLEIZE, parent d'élève, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Laurent GOLETTO, parent d'élèves, académie de Nice

    Sandrine GOLETTO, maman, académie de Nice

    Lionel GOSSE, professeur de technologie, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Laurence GRIT, professeur de lettres classiques, académie d'Orléans-Tours

    Céline GUERIN, assistante maternelle, parent d'élèves, académie de Reims
    Elise GUERRERI, professeur de lettres classiques, académie de Bordeaux

    Françoise GUICHARD, retraitée, ex-professeur de lettres classiques en CPGE, académie d'Aix-Marseille

    Martine GUILHOT, professeur d'allemand et parent d'élèves, académie de Toulouse

    Christian HAMONEAU, professeur d'arts plastiques, académie de Bordeaux

    Hélène HENRIOUD, professeur de SVT, académie de Besançon

    Béatrice HERMESDORF, parent d'élèves, académie d'Aix-Marseille

    Isabelle HIDDEN, parent d'élèves, académie de Lille

    Catherine HUBY, professeur des écoles retraitée, académie de Grenoble

    Véronique HULLAERT, professeur de lettres classiques, académie de Lille

    Catherine ISEBE PHILIPPAT, parent d'élèves, académie de Grenoble

    Bénédicte JANICKI, parent d'élèves, académie d'Amiens

    Nicolas JERÔME, professeur de mathématiques, académie d'Aix-Marseille

    Véronique JULLIARD, parent d'élève, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Anne Enora KERBOUC'H, parent d'élèves, académie de Rennes

    Christine KERHOAS-KRIEGER, parent d'élèves, académie de Versailles

    Sylvie KHALIFA, professeur d'arts plastiques, académie de Créteil

    Mona-Lisa KHOURI, professeur d'anglais, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Anne KREMMER, professeur d'allemand , académie de Versailles

    Emmanuelle LACHAUME, professeur de lettres classiques, présidente Arelacler, académie de Clermont-Ferrand 

    Muriel LAFOND, professeur de lettres classiques, académie d'Orléans-Tours

    Amaury LANGLAIS, parent d'élève, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Laurence LANGLOIS HERBELIN, parent d'élèves inquiète, académie de Rouen

    Laurence LEBRAT, professeur des écoles, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Elise LECUYER, professeur d'allemand, académie de Caen

    Anne LEFEBVRE, parent d'élève, académie de Paris

    Benoît LEFEBVRE, professeur d'histoire géographie, académie de Créteil

    Valérie LE MARTELOT, parent d'élèves, académie d'Aix-Marseille

    Isabelle LENTZNER, professeur d'allemand, académie de Paris

    Patrick LE RIGOLLEUR, professeur d'allemand, académie de La Réunion

    David LETURCQ, étudiant, académie de Paris

    Hélène LETURCQ, professeur des écoles, future maman d'élève, académie de Versailles

    Catherine LEVEQUE, professeur des écoles, Midi-Pyrénées

    Stanley LEVEQUE, parent d'élèves, académie des Antilles

    Gaëlle LYAMOURI, professeur de lettres modernes, parent d'élèves, académie de Lille

    Saïd LYAMOURI, parent d'élève, académie de Lille

    Véronique MACHRIS, parent d'élèves, académie de Strasbourg

    Thierry MARCHI, professeur de physique, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Françoise MARTIN, citoyenne préoccupée de l'avenir de l'Education Nationale

    Isabelle MARTIN, parent d'élèves, académie de Strasbourg

    Céline MARTINET, professeur de lettres modernes, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Mélanie MARTINEZ, professeur des écoles et parent d'élèves, académie de Versailles

    Michel MARY, professeur de sciences physiques, ancien chef des travaux, académie de Lille

    Romain MASSIE, professeur d'allemand, académie de Grenoble

    Marie Vo MASURE ANDRIEUX, professeur de sciences physiques, académie de Lille

    Karine MATORELL, professeur d'EPS, académie de Bordeaux

    Anissa MERBAH, parent d'élèves, académie de Nice

    Ghislaine MICHEL, parent d'élèves, académie de Grenoble

    Anne MOIROUD, élue des parents d'élèves de l'école primaire nationale de Beaucaire, académie de Montpellier

    Jeanne MORENS, professeur de lettres classiques, académie de Bordeaux

    Franck MOULS, professeur de sciences physiques, académie de Créteil

    Paul MÜLLER, élève ingénieur à Centrale Supélec, académie de Versailles

    Audrey de NADAÏ, parent d'élèves, académie de Créteil

    Régine NOVARINO, professeur de lettres classiques, académie de Toulouse

    Marie OCANA, professeur d'anglais, académie de Créteil

    Serge OLLA, professeur des écoles, académie de Montpellier

    Alex PANETTA, étudiant, académie de Paris

    Audrey PATRIARCA, parent d'élèves, académie de Créteil

    Fabienne PENELOUX, professeur d'histoire géographie, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Christelle PERONNET, ATSEM, académie de Nice

    Catherine PERRIN, enseignante

    Caroline PEYRAS, parent d'élèves, académie de Bordeaux
    Virginie PFEIFER, professeur de lettres classiques, académie de la Réunion

    Isabelle PHILIPPON, parent d'élève, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Valérie PRADIER, enseignante ARES, académie de Bordeaux

    Sylvain PUCCINI, professeur d'histoire et de géographie, académie de Clermont-Ferrand

    Elodie QUINARD, parent d'élèves, académie d'Aix-Marseille

    Agnès RABEYRIN, professeur de lettres classiques, académie de Clermont-Ferrand

    Nathalie RAMEL, parent d'élèves, académie de Versailles

    Aurélie REBOISSON, professeur d'histoire géographie, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Nathalie REGNAULT, parent d'élèves, académie de Nantes

    Mickaël RENOUF, professeur de technologie, académie de Bordeaux

    Claire REPITON, parent d'élèves, académie de Grenoble

    Emmanuelle de RIBEROLLES, professeur de lettres modernes, académie d'Amiens

    Sophie RICHER, professeur de Lettres modernes, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Julien RICHIR, parent d'élèves, académie de Lille

    Audrey RIZZO, élue de parents d'élèves, académie de Nice
    Gladys ROBERT, parent d'élèves, La Réunion

    Sylvie ROCHE, Professeur documentaliste, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Daniel RUZE, professeur de physique, académie de Nancy-Metz

    Audrey SABARDEIL, enseignante, académie d'Aix-Marseille

    Céline SANCHEZ, parent d'élèves, académie de Montpellier

    Isabel SANCHEZ, professeur d'espagnol, académie de Montpellier

    Anne SAVOIE, parent de 3 enfants encore en Primaire inquiète pour leur avenir et hostile à la réforme des écoles, académie de Grenoble

    Karen SCHNEIDER, Professeur des écoles Association Autonome des Parents d'Elèves, académie de Créteil

    Marion SENAFFE, professeur des écoles, académie de Lyon

    Christophe SIBILLE, professeur musique et théâtre, ESPE CVL, site de Châteauroux

    Angélique SICARD, professeur des écoles, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Laure SICARD, professeur de mathématiques, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Patricia SIMON, professeur de mathématiques , académie de Bordeaux

    Cécilia SLACK-BERTRAND, professeur d'arts plastiques, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Catherine SORIN, professeur de lettres classiques, académie de Nantes
    Céline SOTTOU HERVELIN, professeur de lettres classiques, académie de Bordeaux

    Donate STINNER, professeur et parent d'élèves, académie de Strasbourg

    Laurent TCHOBANIAN, parent d'élèves, académie d'Aix-Marseille

    Sandra TEYSSON, professeur de lettres classiques, académie de Montpellier

    Catherine de THEZY, parent d'élèves, académie de Versailles

    Mylène THIVEL, parent d'élève, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Henry TILLY, Kinésithérapeute, académie de Clermont-Ferrand

    Marlène TONDOUX, professeur de lettres modernes, collectif des Hauts Cantons contre la Réforme du collège, académie de Montpellier

    Rachel TOURANCHE, professeur de lettres modernes, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Karine TUALLION, professeur des écoles et parent d'élèves, académie de Besançon

    Marion VAILLANT, parent d'élèves, académie d'Amiens

    Alain VALBERT, professeur d'EPS à la retraite, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI

    Caroline VALETTE, parent d'élèves, académie de Dijon

    Agnès VENET, parent d'élèves, académie de Grenoble

    Menno VERHEIJ, parent d'élèves, académie de Lille

    Claire VERNISSE, professeur d'allemand, académie de Montpellier

    Elodie VINCENT, parent d'élèves, académie de Lille

    Sabine WILLEM, professeur de lettres classiques en classes préparatoires, académie de Paris

    Virginie ZAMORA, professeur des écoles, académie d'Aix-Marseille

    Yaël ZANA, professeur spécialisé en ULIS, académie de Lyon

     

    ADRESSÉE À

    Monsieur le President de la Republique

    Appel national pour sauver l'école de la République

  • Le Graal (sexualité sacrée)

    Bon, ça doit bien faire une vingtaine d'études ou d'articles que j'ai lus sur le "pourquoi" de l'orgasme féminin et donc, personne n'a de réponse définitivement validée.

    Mais là, c'est dans le domaine "scientifique" et ce qui est flagrant dans absolument toutes les études que j'ai lues, c'est qu'il n'y a aucune trace de toute forme de "spiritualité". 


    On pourra dire que c'est logique étant donné qu'il s'agit de scientifiques.

    Sauf que pour beaucoup de Peuples Racines, (de ceux que je connais par les livres en tout cas), il est absolument absurde d'ignorer la dimension spirituelle dans l'étude de la vie. Alors dans la sexualité d'autant plus.
    .........
    Et donc, on retrouve ici, dans la recherche scientifique, cet épouvantable scission entre l'intellect et l'esprit. 
    ..........
    Finalement, ça m'arrange, égoïstement.
    Je vais pouvoir développer ce que j'en pense dans le roman en cours.
    ...........
    Par contre, il faut que je prévienne le Roi Arthur que le Graal n'est ni un vase, ni une pierre incandescente, ni un clou rouillé....


     

  • Sur l'orgasme féminin (3) (sexualité sacrée)

    Avatar de Peggy Sastre

    Par 
    sexe, science et al.

    LE PLUS. "Tout sur l'orgasme", "trucs et astuces pour atteindre le septième ciel"... c'est sûr, cet été, les magazines féminins ne vont pas vous lâcher. Loin de ces pseudo-conseils, un débat se joue dans la communauté scientifique : l'orgasme féminin a-t-il ou non été sélectionné par l'évolution et si c'est le cas, dans quel but ? Peggy Sastre, auteur de "No Sex" et "Ex utero" (La Musardine) fait le point pour Le Plus.

    Édité par Amandine Schmitt  Auteur parrainé par Mélissa Bounoua

    Orgasme (jayne vidheecharoen/CC/Flickr.com).

    Orgasme (jayne vidheecharoen/CC/Flickr.com).

     

    Chez les spécialistes de l'évolution de la sexualité humaine, la question de l'orgasme féminin est peut-être la plus problématique. Si, du côté masculin, l'équation orgasme = éjaculation = reproduction est on ne peut plus évidente, chez les femmes, les scientifiques s'écharpent gentiment depuis plusieurs dizaines d'années.

     

    L'orgasme féminin a-t-il été sélectionné par l'évolution ?

     

    À ma droite (cette classification est arbitraire et n'a rien à voir avec de putatives convictions politiques, je vous assure), vous avez les partisans de l'orgasme féminin comme "sous-produit" évolutif. Dans le vocabulaire évolutionnaire, un sous-produit (parfois appelé écoinçon ou trompe chez les amoureux des métaphores architecturales) est un trait phénotypique qui n'est pas un produit direct de la sélection naturelle, mais tient plutôt d'une conséquence secondaire d'une autre adaptation.

     

    Ici, l'orgasme féminin n'aurait donc aucune fonction évolutive en lui-même, mais existerait simplement parce que les femmes partagent certains stades précoces de leur ontogenèse avec les hommes, chez qui l'orgasme correspond à une réelle adaptation. En d'autres termes, vu que le clitoris et le pénis sont formés des mêmes tissus lors du développement embryonnaire, la sélection aurait pu agir "en premier" sur la jouissance pénienne et faire hériter aux femmes de cette capacité d’excitabilité des tissus sexuels comme d'un bonus "vestigial".

     

    À ma gauche, d'autres chercheurs estiment par contre que l'orgasme féminin a bien été forgé par l'évolution pour un but précis et propre (dans le sens de "qui lui appartient exclusivement ou en particulier", là encore, je vous garantis qu'il n'y a aucune considération hygiénique dans mes propos), à savoir : répondre aux besoins de la "sélection de partenaire".

     

    Dans ce cas, la capacité orgasmique des femmes leur permettrait de choisir entre différents mâles et de sélectionner le "bon", soit dans une logique à long-terme (hypothèse dite du "lien conjugal", la femme va rechercher le meilleur père possible pour sa progéniture, ie. celui qui lui garantit le meilleurinvestissement parental), soit tout simplement le meilleur géniteur possible, en se focalisant sur des paramètres plus "terre à terre" comme la santé, la force physique, etc. (qu'importe si monsieur est encore dans les parages neuf mois plus tard, il aura transmis suffisamment de bon gènes à sa progéniture pour lui donner une chance de survivre et de se reproduire à son tour).

     

    Et si l'orgasme était évolutivement superflu ?

     

    Il y a encore une petite dizaine d'années, peu ou prou, c'était cette seconde interprétation qui prévalait dans la communauté scientifique. On mettait par exemple en avant le fait que les contractions de l'utérus et des trompes provoquées par un orgasme pouvaient favoriser la fécondation en faisant office de véritable aspirateur à sperme.

     

    En effet, en inversant la pression utérine de l'extérieur vers l'intérieur, l'orgasme éviterait aux spermatozoïdes d'être expulsés du vagin et les aiderait ainsi a terminer tranquillou leur course vers l'ovule. De même, certaines études ont aussi montré que les sécrétions de prolactine déclenchées par l'orgasme peuvent "doper" les gamètes masculins, et que les femmes jouissent davantage pendant leur période fertile, soit là où le risque de fécondation est le plus élevé.

     

    Mais en 2005, toutes ces belles certitudes (ou du moins, ces belles hypothèses vérifiées par de belles données factuelles) se sont effondrées avec la publication de "The case of the female orgasm: Bias in the science of evolution", une petite bombe rédigée par Elisabeth Lloyd.

     

    Patiemment, scrupuleusement et surtout honnêtement, Lloyd y fourbissait les armes des partisans du "sous-produit" en montrant comment de nombreuses études attestant du caractère adaptatif "direct" de l'orgasme féminin ne tenaient pas la route, mais aussi comment d'autres recherches pouvaient soutenir l'idée d'un orgasme évolutivement inutile ou superflu. En particulier, ces études attestent de l'extrême variabilité de la capacité orgasmique féminine et montrent que l'anorgasmie, anciennement "frigidité", toucherait entre une femme sur trois et une femme sur quatre – des chiffres qui coïncident a priori assez mal avec un intérêt évolutif direct de l'orgasme féminin.

     

    Une base génétique à la frigidité

     

    Par exemple, une équipe dirigée par Kate Dunn de l’Unité d’épidémiologie génétique et de recherche sur les jumeaux de l’Hôpital Saint-Thomas, à Londres, avait recruté environ 4000 femmes, dont 683 paires de jumelles monozygotes et 714 paires de jumelles dizygotes. Chacune d’elles devait remplir un questionnaire sur leurs orgasmes et un tiers des femmes ainsi interrogées avait révélé ne jamais ressentir de plaisir. En comparant les réponses des vraies jumelles (qui partagent 100 % de leurs gènes) aux fausses (qui n’en partagent que 50 %) et au reste de la population, Kate Dunn avait conclu à l’existence d’une base génétique à cette frigidité : environ 34 % des différences entre les femmes dans l’anorgasmie pendant l’acte sexuel s’expliquant par les gènes, avec un chiffre grimpant même à 45 % pour l’anorgasmie clitoridienne.

     

    Comme le relevait Kate Dunn :

     

    "nos données suggèrent que les différences de capacité des femmes à avoir un orgasme possèdent une base biologique, et donc une possible base évolutive. Les variations de cette fonction sexuelle ne peuvent s’expliquer uniquement par des facteurs culturels, même si ceux-ci semblent jouer également un rôle important".

     

    Mais si on considérait comme acquise l'hypothèse de l'adaptivité directe de l'orgasme féminin, ces observations n'avait aucun sens. Pour qu’un gène se reproduise dans une population, il est censé apporter un avantage sélectif à son porteur : quel peut-il être dans le cas de l’absence d’orgasme ? Par contre, si on estime que l’orgasme féminin n'est pas la véritable cible de la sélection et de l’adaptation, les gènes de l’anorgasmie ne relèvent plus du mystère.

     

    L'orgasme comme élément du choix sexuel féminin ?

     

    Il y a quelques semaines, le débat est reparti de plus belle avec la publication, là encore, d'une honnête, scrupuleuse et patiente synthèsede nos connaissances actuelles en matière d'orgasme féminin, et de ses liens directs ou indirects avec la sélection naturelle. En passant en revue les forces en présence, un anthropologue (David Puts) et deux psychologues (Khytam Dawood et Lisa Welling) de l'Université de Penn State, estiment que l'hypothèse du sous-produit n'a pas forcément gagné – entre autres, parce que plus de 50 articles sur le sujet sont parus depuis la remise à plat de Lloyd, et qu'ils ont tous, c'est ça aussi les merveilles de la méthode scientifique, bien intégré ses remarques et autres reproches méthodiques.

     

    En effet, si on fait aujourd'hui le compte des prédictions correspondantes aux deux hypothèses et des données factuelles les supportant, l'adaptativité directe de l'orgasme féminin a une jolie longueur d'avance. Elle se voit, entre autres, dans les observations d'espèces animales non-humaines, où les femelles manifestent des orgasmes très semblables aux nôtres – c'est le cas des macaques rhésus ou des macaques à face rouge – et qui semblent se moduler en fonction des mâles en présence : ce qui conforme l'hypothèse de l'orgasme comme élément du choix sexuel féminin. Chez les macaques japonais ou les babouins de guinée, les femelles jouissent par exemple davantage quand elle s'accouplent avec des mâles d'un rang social plus élevé ou qui sont déjà grimpés sur de nombreuses femelles (selon la logique : si mes copines se sont laissé faire, c'est bien que tu dois avoir un intérêt quelconque), ou encore quand elles sont en pleine phase fertile.

     

    "L'orgasme féminin", concluent les chercheurs "semble complexe et fonctionnel, mais n'est pas vestigial comme le prédit l'hypothèse du sous-produit. De plus, les variations dans les capacités orgasmiques masculine et féminine résultent visiblement de la variation de différents ensembles de gènes, ce qui contredit aussi apparemment l'hypothèse du sous-produit".

     

    Adieu "l'énigme" de l'orgasme féminin

     

    Pour asseoir encore un peu plus l'idée que l'orgasme féminin a été sélectionné par l'évolution parce qu'il permet aux femmes de mieux s'accoupler, quelques paramètres restent encore à étudier : quels variables peuvent prédire l’occurrence de l'orgasme féminin ? Une femme a-t-elle plus de chances de jouir quand son partenaire manifeste de bons indices génétiques, ou lorsqu'il laisse entendre qu'il sera un bon père ? L'orgasme incite-t-il les femmes à tomber amoureuses de ceux qui les leur "procurent" ou d'être davantage attirées sexuellement par eux ? Ou, tout "simplement" : existe-t-il plusieurs types d'orgasmes, avec différentes fonctions ?

     

    C'est sur toutes ces questions, et sur d'autres encore, que les scientifiques de l'avenir devront se pencher, collecter un maximum de données mesurables et réplicables, parfaire encore et encore leurs méthodes, élargir et diversifier le plus possible leurs cohortes, etc. s'ils veulent, un jour, arriver à tuer enfin "l'énigme" de l'orgasme féminin, ce bon vieux cliché qui ne profite à personne, si ce n'est à quelques charlatans.

  • Sur l'orgasme féminin (2) (sexualité sacrée)

     

    Les deux articles postés aujourd'hui sur l'orgasme féminin font suite à une discussion avec Léo, notre garçon. Un prof de sciences de la FAC leur a soumis la question suivante : "L'orgasme féminin a-t-il une fonction au regard de l'évolution ?"

    Ce qui revient à chercher à comprendre la "raison" originelle de cet orgasme au regard du maintien de l'espèce. 

    Et c'est effarant de constater que très peu d'éudes ont été menées dans le domaine......  

     


    commentaires 2 commentaires

    http://www.scienceshumaines.com/de-l-orgasme-feminin_fr_26134.html
    Consultez le sommaire du magazine L'autonomie, nouvelle utopie ?

     

    Une enquête auprès des femmes et des recherches médicales récentes permettent de mieux cerner les secrets du plaisir féminin, resté longtemps discrédité ou objet de méfiance…

    En publiant ses rapports explosifs sur la sexualité des êtres humains (en 1948 pour les hommes, 1953 pour les femmes), le docteur Kinsey perdit sa légitimité scientifique et se vit retirer tout financement pour ses recherches. D’autres précurseurs ont payé de leur carrière le fait de vouloir comprendre la sexualité, et particulièrement celle des femmes. S’il est bien un sujet difficile à aborder, même depuis la révolution des mœurs des années 1970, c’est celui de l’orgasme féminin. Longtemps réprimé, il reste encore aujourd’hui souvent un phénomène obscur, peu abordé et entaché de toutes les strates d’idées reçues qui sont venues s’accumuler au fil des temps.

    C’est pourquoi Le Secret des femmes. Voyage au cœur du plaisir et de la jouissance, paru chez Odile Jacob en septembre 2010, est un livre qui fera date.

    Élisa Brune, journaliste scientifique, et Yves Ferroul, sexologue, ne font pas qu’y retracer l’histoire malmenée de l’orgasme féminin. L’ouvrage réunit aussi les connaissances scientifiques les plus récentes sur la question et, dans une seconde partie, livre une vaste enquête, réalisée viaInternet (média autorisant une nouvelle liberté de parole) sur « ce que les femmes en disent »… Et elles en disent beaucoup (encadré ci-dessous) !

    Petit rappel historique d’abord. On a longtemps pensé que l’orgasme féminin avait une fonction biologique utile dans l’évolution : incitation de la femme aux rapports sexuels et donc à produire une descendance, sélection des hommes et stabilisation du couple, aspiration du sperme par les contractions du vagin favorisant la conception… Malgré les injonctions religieuses qui condamnaient les plaisirs de la chair, la jouissance féminine restait donc encouragée par les médecins.

     

    Hystérie et frigidité

    Or tout cela est aujourd’hui invalidé par les analyses scientifiques. S’il stimule les centres du plaisir dans le cerveau (ce que démontre l’imagerie cérébrale) en produisant de l’ocytocine, une hormone dont on ne cesse actuellement de découvrir les potentialités, l’orgasme féminin n’aurait « d’autre but que lui-même ».

    Au XIXe siècle, lorsque la science établit clairement que l’ovulation est un processus systématique déconnecté de toute activité sexuelle, la jouissance féminine se voit dépouillée de toute nécessité. Dans ce siècle imprégné de puritanisme bourgeois, les femmes respectables ont intérêt à réprimer toute manifestation de désir ou d’érotisme, si elles ne veulent pas être taxées d’hystériques ! On apprend d’ailleurs dans ce livre que le « massage des parties génitales » (autrement dit la masturbation) était pratiqué par de nombreux médecins depuis l’Antiquité pour soigner les désordres physiologiques féminins. Sigmund Freud, quant à lui, ne manquera pas de mettre l’hystérie au cœur de sa théorie psychanalytique, en lui attribuant des traumatismes de l’enfance, une idée qui fait encore florès… Une « véritable OPA » sur la sexualité féminine, disent les auteurs : alors que les pannes sexuelles masculines ont trouvé des parades techniques efficaces (comme le Viagra), « l’orgasme féminin requiert toujours quinze ans de psychanalyse »

    Une autre pathologie vient entraver le plaisir féminin dans les années 1950. Envers de l’hystérie, la frigidité concernerait 80 à 90 % des femmes, affirment des médecins américains. C’est que, derrière ces supputations, se cache un secret, soigneusement verrouillé par les sociétés androcentrées, selon lequel le plaisir des femmes ne pourrait venir que de celui des hommes. Dans les années 1970, le rapport d’une sexologue américaine, Shere Hite, fait scandale, en affirmant que l’orgasme féminin provient essentiellement de l’excitation clitoridienne.

    Orgasme vaginal, orgasme clitoridien, ce distinguo, s’il perdure toujours dans les représentations, est – très récemment – devenu scientifiquement obsolète. Depuis les années 2000, les observations par scanner ou par sonographie montrent que le clitoris est un organe aussi important qu’un pénis, dont la plus grande partie est située à l’intérieur du corps et enserre le vagin. Le petit bouton que certaines sociétés décident d’exciser n’est que la partie émergée – pleine cependant de ramifications nerveuses – d’un iceberg qui ferait plutôt fonction de volcan !

     

    Clitoris et cerveau

    En réalité, si l’orgasme féminin est bien d’origine clitoridienne, il se manifeste à travers de multiples chorégraphies, issues de la conjonction d’un flux nerveux et d’un état mental : rapports sexuels, masturbations (aujourd’hui, l’usage des vibromasseurs ou des sex toysles plus divers connaît un succès grandissant), mais aussi excitations venues du cerveau, comme dans le cas de certains rêves ou de fantasmes éveillés qui peuvent le déclencher…

    Et celles qui n’ont jamais connu l’orgasme ne constitueraient que 5 % des femmes, sans que ce handicap au plaisir soit jamais définitif. Car l’ouvrage de nos deux compères dévoile aussi toutes les arcanes du phénomène : s’il s’éprouve dès 3 ans, certaines ne le découvrent que beaucoup plus tard, sachant qu’il n’existe pas de limite d’âge pour la jouissance. Mais plus tôt on s’y sera livré, plus fortes et nombreuses seront les « expériences orgasmiques » tout au long de la vie. « Le sexe est un instrument de musique dont il faut apprendre à se servir. »Et sur ce point, l’enquête adjointe à ces analyses donne de l’orgasme féminin une diversité vertigineuse !

    Ce qu'elles en disent...

    • « Un coup de tonnerre, une vague qui vous submerge, un tremblement de terre, l’envol d’un oiseau, une ivresse, une chute, une ascension, un tourbillon, un shoot… » . C’est un « foisonnement de vécus orgasmiques » que décrivent les femmes qui ont répondu à l’enquête d’Élisa Brune. « Établissez votre CV orgasmique », a proposé celle-ci sur son site Internet en 2009-2010. Plus de 300 Françaises et Belges se sont prêtées au jeu et ont répondu à une cinquantaine de questions. 65 % avaient entre 30 et 50 ans, 18 % de 18 à 29 ans et 17 % de plus de 50 ans. Extraits de leurs propos :

    • « La première fois » : l’expression a deux significations, celle où l’on a fait l’amour, celle où l’on a joui. 40 % des femmes ont connu l’orgasme avant leur premier rapport sexuel (14 % avant 12 ans).

    • La fréquence : 44 % jouissent « souvent ou toujours » durant un rapport avec leur compagnon, 31 % régulièrement, 25 % rarement ou jamais. Ce sont les plus expérimentées (qui ont découvert l’orgasme entre 12 et 15 ans), qui disent jouir le plus souvent. Celles qui ne jouissent pas systématiquement n’en apprécient pas moins l’acte sexuel, pour les caresses, l’excitation, la tendresse…

    • La simulation : si 40 % déclarent n’avoir « jamais » simulé, il reste donc 60 % de simulatrices ! Mais plus souvent avec un partenaire de passage qu’avec le partenaire régulier. Les raisons avancées ? Lassitude (« pour en finir »), sollicitude dans d’autres cas, ou bonne volonté (« je suis bonne joueuse », déclare l’une d’entre elles).

    • Un ou plusieurs orgasmes ? La plupart des femmes déclarent connaître plusieurs voies d’accès à l’orgasme : clitoris, vagin, seins, peau, fantasme ou visionnage d’un film porno… Beaucoup disent éprouver des jouissances différentes, « superficielles » ou « cosmiques », selon les circonstances.

    • La masturbation : 95 % de l’échantillon s’y adonne, avec une fréquence variable, presque tous les jours pour les plus gros appétits (« je suis une inassouvie sexuelle »), de temps en temps (« pour exciter mon mari »)…

    Flora Yacine

  • Sur l'orgasme féminin (1) (sexualité sacrée)

    A quoi sert l’orgasme féminin ?

    http://controverses.sciences-po.fr/archive/werehouse/orgasmefeminin/domaines.html

    La sous-controverse scientifique est la plus fondamentale, car c’est en grande partie elle qui engendre à la base la controverse générale et nourrit les autres sous-controverses. Elle crée le débat initial sur la question de l’explication de la conservation de l’orgasme féminin dans l’évolution. Comme on l’a présenté dans l’introduction, le point de départ est l’observation de l’occurrence du phénomène orgasmique, d’abord chez l’animal, puis chez l’homme. La constatation d’une anorgasmie chez la grande majorité des femelles animales (sauf quelques espèces de singes), et le fait que de nombreuses femmes ne parviennent que rarement ou jamais à l’atteindre a stimulé des interrogations dans la sphère des scientifiques s’intéressant à la sexualité en lien avec l’évolution et l’anthropologie : les animaux n’ont pas d’orgasmes (dans l’ensemble), mais les femmes si ; certaines femmes ont des orgasmes, d’autres pas, pourquoi ? Les évolutionnistes se sont saisis les premiers de cette question. Leur réponse est basée sur la théorie néo-darwiniste de l’évolution : l’orgasme existe chez certaines femmes, il s’agit donc d’un trait particulier qui a été acquis et conservé chez ces femmes là au cours de l’évolution. Ce caractère est apparu et a perduré, ce qui d’un point de vue évolutionniste signifie que ce trait possède une fonction particulière, qu’il confère a celui qui le détient un avantage adaptatif.

    Comment l’orgasme favorise-t-il la reproduction ?

    Une première phase de la controverse s’ouvre alors, basée sur une première affirmation : celle que l’orgasme procurerait un avantage adaptatif en favorisant la reproduction. En effet, l’orgasme étant impliqué dans l’acte sexuel, c’est-à-dire d’un point de vue évolutionniste dans la reproduction, le postulat avancé consiste à dire que celui-ci augmenterait les chances de la femme d’avoir une descendance de quantité et/ou de qualité. Plusieurs chercheurs, majoritairement biologistes, zoologues ou anthropologues, opposent ainsi diverses théories, proposant chacun une version différente de la cause de la conservation évolutive de l’orgasme comme avantage pour la reproduction. On retrouve ici deux courants principaux : ceux conférant à l’orgasme des propriétés physiologiques particulières qui accroîtraient, lors de l’acte sexuel, les probabilités de fécondation. Desmond Morris a été parmi les premiers biologistes à proposer dans les années 1960 la théorie que l’on a pu surnommer par la suite « théorie de l’anti-gravité », ou « poleaxe theory » ; en 1993, c’est Baker et Bellis qui avancent la « sperm up-suck theory ». La théorie initiale de Morris est finalement écartée par la majorité des chercheurs du sujet, tandis que, les travaux de Baker et Bellis sur la sexualité liée à la reproduction et à la sélection des gamètes gagnant en popularité, leur vision se popularise.

    Le débat s’enrichit ensuite avec l’intervention de chercheurs s’intéressant à une étude plus anthropologique. Leur idée commune est de chercher à expliquer l’avantage adaptatif de l’orgasme avec des arguments reposant sur la psychologie évolutive humaine et sur les mécanismes de l’écologie. Dans l’ensemble, ils s’inspirent de deux principes : le premier consiste à supposer que l’orgasme pourrait être une adaptation ayant trait à l’évolution spécifique de la race humaine, en particulier dans le domaine de la sexualité. En effet, l’homme a au cours du temps, et ceci justement en commun avec les quelques rares espèces présentant un orgasme féminin, développé un comportement sexuel non reproductif, basé sur la jouissance liée à l’acte sexuel et à l’érotisme et non plus à la reproduction de l’espèce. Le plaisir devient donc une notion fondamentale pour comprendre certains traits du comportement humain, et ceci particulièrement chez la femme, qui ne ressent pas automatiquement de (fort) plaisir lors du coït, au contraire de l’homme. C’est là qu’intervient le second principe, celui de la récompense : la femme va ainsi rechercher l’acte sexuel, non pas forcément pour des raisons reproductives, mais plutôt dans un but de plaisir. Or l’orgasme, c’est précisément le stade ultime de ce plaisir sexuel, et c’est ainsi que la femme va chercher, par l’acte sexuel, à ressentir un orgasme. Celui-ci devient la récompense que celle-ci tire de l’acte reproducteur, qui n’est plus le but en soi. L’idée de cette étude anthropologique est de supposer justement que cette recherche féminine du plaisir sexuel aurait pu être sélectionnée au travers de l’orgasme, conservé pour son intérêt pour la reproduction (puisqu’il incite à l’acte sexuel). Parmi les théories émises, certaines proposent par exemple de considérer que l’orgasme permettrait de sélectionner les partenaires sexuels, ou de favoriser la création d’un lien affectif entre la femme et l’homme, etc.


    Remise en cause : l’orgasme a-t-il tout simplement une fonction ?

    La controverse va alors franchir un nouveau cap, qui va largement bouleverser le débat et la position des acteurs : en 2005, Elizabeth Lloyd réactualise dans son ouvrage The Case of Female Orgasm une théorie émise pour la première fois par Donald Symons vingt-six ans plus tôt, mais à cette époque largement rejetée par l’opinion scientifique : elle soutient que l’orgasme féminin n’a pas de fonction adaptative d’aucune sorte. Elle critique une par une toutes les théories publiées précédemment plaidant pour un orgasme favorisant la reproduction, et affirme que ce caractère n’existe chez la femme qu’en tant que reliquat de l’orgasme masculin. Le retentissement de l’œuvre de Lloyd est double : il ravive le débat dans la sphère scientifique, où les scientifiques attaqués et leurs soutiens vont venir défendre leurs théories face à Lloyd et ses alliés, et dans le même temps, il contribue notablement à ouvrir la controverse à la sphère publique au travers de ses répercussions médiatiques. La question primordiale n’est plus désormais de trouver la fonction de l’orgasme féminin, mais, grâce ou à cause de Lloyd, de savoir s’il en a une.

    Ce qui entretient la controverse

    Le débat autour et au sein de cette sous-controverse est largement alimentée par la faiblesse des informations objectives. Toute controverse nait de l’incertitude, de l’absence de connaissance ou de possibilité de réponse objective et impartiale à la question ; et dans la controverse sur l’orgasme féminin… c’est de l’orgasme même que nait l’incertitude. En effet, la définition même du phénomène physiologique que constitue l’orgasme, la compréhension précise de son mécanisme, en soi sa définition donne elle-même lieu à une sous-controverse, sur laquelle il nous a fallu également nous pencher. Faute de définition claire, la réflexion est biaisée car chaque acteur interprète l’orgasme et ses composantes dans son intérêt. D’autre part, même si les études scientifiques sur la sexualité sont nombreuses et riches, celles portant précisément sur l’orgasme féminin et ses caractéristiques évolutives ne sont pas légions. Elles sont très minoritaires en France, et même à l’étranger, où le sujet retient plus l’attention des scientifiques (notamment aux Etats-Unis), les laboratoires étudiant le sujet ne sont pas très nombreux. La recherche sur la question est évidemment influencée par de nombreux facteurs (que nous étudions également dans la suite), mais aussi victime de la difficulté de récolter des informations sur un sujet tel que l’orgasme féminin, à la fois intime et fantasmé, personnel et fortement sociétal. Quoi qu’il en soit, la conséquence en est une absence de données chiffrées de référence, d’études sur de larges séries. Les sondages sont dans ce domaine un outil privilégié, mais l’on sait leurs limites et leurs faiblesses, surtout sur de telles questions. Les expérimentations de laboratoires quant à elles, réalisées sur des femmes interrogées ou testées, sont limitées par la taille de leurs échantillons et influencées par l’orientation des chercheurs les réalisant. Ainsi la faiblesse des informations disponibles alimente le débat scientifique, en mettant à la disposition des acteurs une vaste sélection d’arguments envisageables, leur permettant de diversifier leur position, ce qui participe évidemment à la richesse particulière de cette controverse.

    Comment la femme atteint-elle l’orgasme ?

    Ou autrement dit, par quels moyens et mécanismes la femme atteint-elle l’orgasme ? Ou bien, peut-on expliquer l’anorgasmie en décelant un mécanisme qui ferait défaut ? Ou encore, n’y a-t-il qu’une seule façon d’atteindre l’orgasme ?

    Toutes ces questions sont en fait dérivées de la première. On observe que des femmes (pas toute) ont des orgasmes. L’existence de l’orgasme n’est pas à prouver. Toutefois, sa définition et son processus (comment d’un sentiment d’excitation, la femme atteint le sentiment de jouissance – l’orgasme ?) sont des domaines controversés. Or, il peut arriver qu’un conflit entre deux acteurs ne soit qu’un conflit de définition. Par exemple, la sexologie (ou sexothérapie) différentie dans l’orgasme deux composantes qui sont intimement liées : la composante physiologique et la composante psychologique. Or, il arrive souvent que les études menées par des biologistes évolutionnistes ne s’intéressent qu’à la partie physiologique (que les sexologues appellent « orgaste ») et non à la partie psychologique (c’est le cas par exemple de la théorie du « sperm suck-up » ou de l’ « anti gravité »). Il est donc primordiale pour notre controverse de revenir sur la question des mécanismes menant à l’orgasme et donc in fine de sa définition.

    Finalement, nous nous posons trois questions :

    Premièrement, devant la controverse autour du point G et entre l’orgasme vaginal et clitoridien, nous nous demandons s’il y a plusieurs types d’orgasmes et si oui quels sont-ils ? Deuxièmement, nous nous demandons de quoi dépend l’orgasme ? Quels sont les paramètres de l’orgasme, qu’est ce qui influence l’apparition ou non de l’orgasme ? Enfin nous nous demandons comment l’orgasme se manifeste. Les types d’orgasmes :
    Ce sont l’orgasme clitoridien (qui provient de la stimulation du clitoris) et l’orgasme vaginal (qui provient de la stimulation du vagin). L’existence du point G rentre aussi dans cette partie de la controverse, car un point G situé dans la partie antérieure du vagin (comme certains le prétendent) corroboreraient la thèse de l’orgasme vaginal plus que clitoridien.

    Les paramètres de l’orgasme :
    Cette sous partie regroupe les deux dernières questions. Elle rassemble en fait toutes les conditions nécessaires pour que les femmes atteignent l’orgasme, mais aussi toutes les conditions non nécessaires qui pourraient cependant favoriser un orgasme. On trouve donc les facteurs physiologiques (comme la lubrification du vagin) aussi bien que les facteurs psychologiques (le sentiment de confiance envers le partenaire). C’est aussi tous les remèdes « miracles » que certains laboratoires essayent de commercialiser pour résoudre l’anorgasmie. Enfin, cette catégorie regroupe aussi les manifestations de l’orgasme : comment l’orgasme agit sur la femme (dans quel état se trouve-t-elle après avoir « orgasmer » ?)

    Le lien avec la question du pourquoi :
    Savoir comment fonctionne l’orgasme est intimement lié avec la question de la fonction de l’orgasme. D’une part, mieux connaitre l’orgasme est un prélude nécessaire avant de se poser la question de son utilité. En effet, mieux vaut savoir de quoi l’on parle. D’autre part, étudier les conditions dans lesquels se déroulent l’orgasme donne des informations cruciales pour résoudre la question de la fonction orgasmique. Ainsi, si l’on considère que l’orgasme est uniquement clitoridien, alors il ne peut avoir une fonction « reproductive » car une femme peut ressentir l’orgasme sans pénétration (et donc sans fécondation). De même, étudier les manifestations de l’orgasme donne des résultats intéressant : c’est en observant que les femmes ayant un orgasme auraient plus tendance à rester allonger que lorsqu’elles n’en ont pas (ce qui reste contestable), que Desmond Morris a élaboré sa théorie de l’anti-gravité.


     

    Domaine sociétal

    Le biais dans la science et de la science

    Un pan de notre controverse concerne aussi un aspect sociétal important.
    Il est surprenant de constater que la première IRM (imagerie par résonnance médicale) du clitoris a été faite en 2005 alors que celle du pénis plus de dix ans avant. Ce regain d’intérêt relance heureusement le débat. En effet, alors qu’en France, les hommes ont depuis dix ans déjà leurs plaquettes de Viagra, une gynécologue-obstétricienne, Odile Buisson, parvient, avec le soutien du chirurgien reconstructeur Pierre Foldès, à contourner les tabous pour pousser un peu plus loin la connaissance de cet organe du plaisir féminin. Dont on ne sait alors presque rien.
    La France est particulièrement pudibonde sur le sujet, bien plus encore que la catholique Italie ou la puritaine Amérique. Ce retard fait tache dans un pays développé, dans lequel les femmes revendiquent une place grandissante depuis quarante ans, qui se targue d’avoir fait la révolution sexuelle et met le mot « plaisir » à toutes les sauces. Ainsi, les scientifiques qui s’interrogent à la question, doivent faire face à des blocages pour mener à bien leurs recherches. Blocages culturels – « Cela relève de l’intime » –, « querelles de chapelles – « Le plaisir, c’est dans la tête avant tout » – et réflexes d’hommes aux commandes des hôpitaux universitaires et des laboratoires de recherche. Ces trop rares chercheurs doivent essuyer les railleries de leurs confrères qui estiment que de telles études sont inutiles. On sait pourtant aujourd’hui que les conséquences d’une sexualité insatisfaisante peuvent être désastreuses. D’ailleurs, dès 1972, L’OMS estimait que la santé sexuelle était indispensable à l’épanouissement de l’individu. Mais en France, aucun hôpital ne possède de véritable service de médecine sexuelle féminine qui rassemblerait les spécialistes adéquats pour traiter des dysfonctionnements féminins. Elisabeth Lloyd a, elle également, dû faire face à ce genre de constats lors de ses recherches sur le rôle de l’orgasme féminin en 2005. Elle souligne que certaines hypothèses sont volontairement négligées pour diverses raisons. D’abord, elles remettraient en question trop de théories faisant autorité dans le monde scientifique et ensuite car elles pourraient bien modifier le regard de la science et de la société à l’égard de la sexualité féminine et plus loin concernant la place de la femme dans la société. Le fait que ce champ de recherche était dans l’impasse depuis une dizaine d’années au moment où Lloyd s’y intéresse peut s’expliquer par plusieurs biais. Soit cela renvoie à un biais « adaptationniste », tout trait biologique étant considéré comme une adaptation augmentant le succès reproducteur ; soit cela est dû à un biais androcentriste, considérant que les réponses sexuelles sont les mêmes chez l’homme et la femme ; soit cela renvoie à un biais hétérosexiste et à une tendance à considérer l’être humain comme quelque chose d’unique dans le règne animal, en omettant les connaissances sur l’orgasme féminin chez certaines espèces de singes et notamment lors de relations homosexuelles. Ces constatations ne sont pas sans conséquences, puisque dire à des experts qu’ils sont biaisés n’est pas anodin. La sexualité féminine, contrairement à celle de l’homme, est l’exemple parfait de l’existence de certains tabous de la science qui décide alors de bloquer des avancées scientifiques pourtant nécessaires au niveau social.

    Au delà du biais dans la science, notre controverse met aussi en exergue le fait qu’une interprétation scientifique peut être paramétrée, acceptée ou refusée par la société. Par exemple, si un scientifique s’intéressant au cas de l’orgasme féminin et qui, après de nombreuses recherches, déduit qu’il ne sert qu’à favoriser la reproduction, il devrait y réfléchir à deux fois avant de le rendre officiel sans craindre les contestations des féministes. Inversement, si un scientifique explique l’orgasme féminin comme un simple moyen de plaisir alors il sera vite taxé de féministe, et donc très peu pris au sérieux.

    Il est ainsi plus aisé de comprendre que la controverse de l’orgasme féminin, à la base scientifique, soit influencée et entretenue par des facteurs extérieurs d’ordre sociétal.

    La place de la femme en société

    Il est évident qu’une controverse scientifique concernant la sexualité féminine, et la sexualité en générale, ne se limite pas au domaine scientifique pour autant. Il est quasiment possible de lire l’histoire récente des femmes au travers des grands débats d’idées qui nous agitent depuis près de deux siècles sur la nature de leur jouissance, vaginale ou clitoridienne. A la domination de l’orgasme vaginal de la fin du XIXème siècle et du début du suivant, a succédé la dictature du clitoris des combats féministes, marquant l’émancipation sociale et sexuelle des femmes de la seconde moitié du XXème siècle.

    Pour comprendre l’enjeu de cette controverse on peut faire une brève analogie avec l’IVG, interruption volontaire de grossesse. Dans les années 1970, une controverse à la fois scientifique, philosophie, éthique et juridique se développe autour de cette technique. La loi Veil de 1975, en légalisant l’IVG, met en quelque sorte fin à la controverse, et libère le corps de la femme de sa fonction de reproduction. Même si le débat n’est pas totalement clos, cette loi a eu des conséquences indiscutables sur le statut de la femme en société. On pourrait alors conceptualiser cette controverse autour de l’orgasme féminin comme l’IVG de notre temps, une sorte d’IVA, l’interruption volontaire d’accouplement. Quel débat cela engage-t-il? 

    Il est possible, à partir de conclusions scientifiques sur l’orgasme féminin, de concevoir une femme émancipée, autonome jusque dans sa vie sexuelle, lui permettant d’être indépendante et active en société, mais aussi une femme toujours dominée, limitée à une simple fonction de reproduction, limitée aussi à la fonction maternelle qui la prive de vie professionnelle et restreint ses rapports sociaux. Alors, femme sexuellement indépendante, puissante en société, ou femme instrument indispensable de reproduction et d’éducation? Bien sûr, on prend ici le risque de caricaturer en se limitant à deux extrêmes, la femme modèle d’indépendance et la femme, être dominée. En réalité, il s’agit, de montrer brièvement qu’un orgasme comme adaptation évolutive et un orgasme comme preuve du plaisir sexuel pour la femme sont des perceptions du phénomène de l’orgasme féminin qui vont percuter la représentations symboliques de la société avec des intentions diamétralement opposées.

    Alors, la controverse pénètre le rapport homme femme, cadre privilégié du développement de la personnalité féminine en société, car définir le statut de la femme, en ce qu’il est dominé ou non, suppose une définition par rapport à quelque chose d’extérieur. En outre, la controverse se réveille au moment où le sexisme, les inégalités homme femme au regard des conditions sociales sont de plus en plus dénoncés. Que ce soit dans le cadre de la santé, de la hiérarchie, de la famille, la perception du plaisir féminin peut directement toucher les perceptions et les mentalités et influencer la condition féminine.

    En cela, l’orgasme est un phénomène politique. Si la femme obtient une contrepartie identique à ce qui est traditionnellement du fait de l’homme, c’est-à-dire la puissance de jouir, alors la donne sociale est bouleversée.


     

    Domaine économique


    La controverse sur l’orgasme féminin investit également le champ économique.

    Son premier point d’attache est celui du financement de la recherche. Aujourd’hui, la recherche coûte cher, et la politique de financement pour l’orgasme féminin est un enjeu de la controverse. Faut-il entreprendre ces recherches? Y a-t-il des objets de recherches plus importants, et alors comment évalue-t-on la nécessité plus ou moins grande de rechercher sur un sujet? Si la controverse n’est encore qu’au stade du commencement, c’est justement car les recherches ne sont pas nombreuses comparées à des objets de recherche qui concentrent plus l’attention des scientifiques et donc de financements. Même si la recherche américaine, avec notamment Elisabeth Lloyd, ou dans le nord de l’Europe, comme au Pays-Bas avec Holsteg, semblent s’approfondir depuis une dizaine d’années, la recherche française est au point mort. Une de nos interlocuteurs, la gynécologue obstétricienne Odile Buisson, a pu mener ces dernières années des recherches indépendantes, et l’intérêt, la polémique qu’a suscité son ouvrage présentant ses conclusion, Qui a peur du point G, ne lui permettent pourtant pas aujourd’hui de les continuer. Cela avait pourtant eu le mérite de dynamiser la controverse. Dans cette optique, le biais scientifique que nous avons évoqué plus haut a des conséquences, mais quoiqu’il arrive, la sexualité d’un individu, d’une femme en l’occurrence, est un enjeu de sa santé physique, et surtout mentale.

    A partir de ce moment-là, on peut envisager l’orgasme féminin comme un un phénomène sujet aux soins. Alors que 33% des femmes se disent ne jamais ou très rarement connaître l’orgasme, l’industrie pharmaceutique se trouve propulsée au centre de la controverse. En effet, aujourd’hui, alors que les soins existent pour l’homme, l’anorgasmie, ou les difficultés à atteindre ce type de plaisir, ne suscite pas de recherche en faveur d’un traitement au féminin. Pourtant, de tels médicaments recouvreraient des profits conséquents pour l’industrie pharmaceutique, au vue de l’importance de régler ses dysfonctionnements sexuels pour un individu, et du nombre d’individus concernés. Encore une fois, il faudra comprendre le rôle du financement, cette fois-ci privé, au sein de la recherche en pharmacie, pour comprendre la seconde facette des enjeux économiques que recouvrent la controverse. 

    Enfin, face à ce peu de recherches et de conclusions scientifique sérieuses, un dernier aspect de marché se dégage. Si les médicaments n’existent pas, si les mystères de l’orgasme féminin ne sont pas percés, alors il est toujours possible de jouer dessus. En effet, l’industrie du sexe, en particulier celle des sextoys, fait office de véritable boule de cristal. Si prédire l’avenir aujourd’hui n’est plus une pratique sérieuse, ce qu’elle a pu être auparavant, en témoigne la célèbre figure de «Madame Irma», traiter de l’autre facteur psychologique qu’est la sexualité est beaucoup plus d’actualité. Ainsi la médicalisation du sexe, terme emprunté à la sexologue Leonore Tiefer, c’est-à-dire le fait de le prendre en charge au sein d’une médecine sans fondement, mais simplement construite sur des fantasmes, symboles et pratiques, constitue également une potentialité de profits importante pour un marché. La croissance de celui des sextoys depuis quelques années est un témoin de cette tendance.

    Ainsi, la sexualité féminine est tantôt prise en charge par la recherche, tantôt par une sorte de médicalisation, et non véritable médecine, en restant dans les deux cas un enjeu économique. Elle est un fait de l’être humain en ce qu’elle est naturelle mais aussi culturelle, et par conséquent n’échappe pas aux logiques économiques.

  • Le Tantra selon Osho (sexualité sacrée)

    Le Tantra n’est pas une Religion

    « Le Tantra n’est pas une religion, parce que la signification essentielle d’une religion est : pour le divin, contre l’animal. Chaque religion fait donc partie du conflit. Le Tantra n’est pas une technique de combat, elle est une technique de  transcendance. Il ne s’agit pas de lutter contre l’animal, ni d’être pour le divin. Le Tantra est contre toute dualité. En fait, il n’est ni pour ni contre. Le Tantra crée tout simplement une troisième force en toi, un troisième centre d’existence, où tu n’es ni animal, ni divin. Ce troisième endroit est pour le Tantra l’advaïta, ce troisième endroit est la non-dualité.

    Le Tantra dit que tu n’arriveras pas à l’un en t’attaquant à la dualité. Tu n’arriveras pas dans l’espace de non-dualité si tu choisis un sujet pour lutter contre la dualité. Choisir ne t’amènera pas à l’un – tu n’arriveras que par l’état de témoin-sans-choix.

    Pour le Tantra, ceci est fondamental. Et à cause de cela, le Tantra n’a jamais été vraiment compris. Pendant longtemps, très longtemps, le Tantra a souffert à cause de malentendus. Car lorsque le Tantra ne se dit pas contre l’animal, tu commence à sentir que le Tantra est pour l’animal. Et lorsque le Tantra ne se dit pas contre le divin, tu commence à penser que le Tantra est contre le divin.

    En effet, le Tantra est pour l’état de témoin-sans-choix. Ne sois pas pour l’animal, ne sois pas pour le divin, et ne crée pas de  conflit. Retire-toi, éloigne-toi, crée juste un écart entre toi et la dualité, deviens la troisième force, un témoin, d’où tu observeras l’animal et le divin. 

     

    Le Tantra traite des problèmes dont tu ne voudrais pas traiter, car ils sont "dégoûtants". Qui veut parler de sexe ? Tout le monde croit tout savoir. Tu crois tout savoir à cause de ta capacité de reproduction…

    Personne ne veut parler du sexe. Le sexe pourtant est le problème de chacun. Personne ne veut parler de l’amour, parce que tout le monde s’imagine être déjà un grand amant. Mais regarde ta vie ! Elle n’est que haine, rien d’autre. Et ce que tu appelles amour n’est rien qu’un relâchement, un petit relâchement, de la haine. Regarde autour de toi, alors tu sauras ce que tu sais sur l’amour. 

     

    Les traditions qui sont contre le sexe seront aussi contre le corps. Les traditions qui ne sont pas contre le sexe n’auront qu’une attitude amicale envers le corps. Le Tantra est absolument amical et dit que le corps est sacré, saint. C’est un sacrilège pour le Tantra de condamner le corps. Et c’est absurde pour le Tantra de dire que le corps est impur, ou que le corps est un péché. C’est un enseignement toxique. Le Tantra accepte le corps. Non seulement il l’accepte, mais il dit aussi que le corps est saint, pur et innocent. Tu peux t’en servir, en faire un véhicule, un moyen pour aller au-delà ! Justement, il t’aide à aller au-delà.

    Mais tu te perds si tu commences à lutter contre le corps. Si tu commences à lutter contre lui, tu tomberas de plus en plus malade. Et si tu continues ta lutte, tu rateras une opportunité. Lutter est négatif : le Tantra est une transformation positive. Ne lutte pas – ce n’est pas nécessaire. C’est comme si tu te trouves dans une voiture et tu commences à lutter contre elle. Alors, tu ne pourras plus évoluer, parce que tu luttes contre le véhicule – tu dois t’en servir au lieu d’être en conflit avec lui. Par la lutte, tu détruiras le véhicule, et alors il sera de plus en plus difficile de te déplacer.

    Le corps est un beau véhicule – très mystérieux, très complexe. Utilise-le, ne lutte pas contre lui. Aide-le. A partir du moment où tu t’opposes à lui, tu t’opposes à toi-même. C’est comme ci quelqu’un veut arriver quelque part, lutte contre ses propres jambes et commence à les amputer. Le Tantra dit : connais le corps et connais ses secrets. Connais ses énergies et connais comment ces énergies se laissent transformer – comment elles peuvent être déplacées et dirigées vers d’autres dimensions.

    Prends par exemple le sexe, qui est l’énergie de base dans le corps. Normalement, l’énergie sexuelle n’est utilisée que pour la reproduction. Un corps en crée un autre, et cela se poursuit ainsi. L’utilité biologique de l’énergie sexuelle n’est que pour la reproduction. Mais cette utilisation n’est qu’une de plusieurs possibilités et se trouve encore au niveau le plus bas. Nul besoin de le condamner, mais il s’agit quand même du niveau le plus bas. Mais cette même énergie peut aussi développer d’autres actes créatifs. La reproduction est un acte de base créatif :tu crées quelque chose. C’est pour cela qu’une femme sent un bien-être subtil lorsqu’elle devient mère : elle vient de créer quelque chose…

    Le Tantra ne condamne pas. Il ne connaît que des techniques secrètes pour transformer. C’est pour cela que le Tantra mentionne si souvent le corps : c’est une nécessité. On doit assimiler le corps, et tu ne peux commencer que par ta situation actuelle. »

    Osho, The Book of Secrets

     

    Le Tantra Accepte Tout

    « Le Tantra accepte le tout. Tout ce qui est est accepté de tout cœur. C’est pour cela que le Tantra peut accepter le sexe totalement. Parmi toutes les traditions, seul le Tantra depuis cinq mille ans a accepté le sexe totalement – la seule tradition dans le monde entier. Et pourquoi ? Parce que le sexe est l’endroit où tu te trouves, et chaque déplacement commencera à partir de cet endroit.

    Tu te trouves au centre du sexe, ton énergie se trouve au centre du sexe. À partir de cet endroit, il doit évoluer vers le haut, et bien au-delà. Si tu rejettes le centre-même, tu continueras à nourrir l’illusion que tu évolues, mais au fond tu n’évolueras pas. Et tu auras rejeté le seul endroit à partir duquel une évolution est possible. Le Tantra accepte donc le corps, accepte le sexe, accepte le tout. Et le Tantra dit : la sagesse accepte le tout et le transforme ; il n’y a que l’ignorance qui rejette. Il n’y a que l’ignorance qui rejette : la sagesse accepte le tout. Ce n’est que par la sagesse que même le poison se transforme en médicament.

    Le corps peut devenir un véhicule pour ce qui est au-delà du corps. Et l’énergie sexuelle peut devenir une force spirituelle.

    Osho, The Book of Secrets

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  • Sexualité essentielle ( sexualité sacrée)

    Sexualité essentielle et sexualité sacrée

    La sexualité est une manifestation naturelle, saine et joyeuse de notre force de vie

    Alain Boudet

    Dr en Sciences Physiques, Thérapeute psycho-corporel, Enseignant

    Résumé: La sexualité est une manifestation naturelle, saine et joyeuse de notre force de vie. Or bien souvent son expression est entravée ou détournée par des sentiments ou des idées reçues tels que honte, culpabilité, interdiction du plaisir, vide affectif, ressentiments et préjugés vis-à-vis du sexe opposé. Nous pouvons évoluer vers une sexualité épanouie en prenant conscience que ces sentiments sont issus de notre passé et peuvent être remplacés par le lâcher-prise, l'humour, l'attention aux sensations présentes, la légèreté et la joie. Vivre une sexualité connectée à notre moi véritable, c'est savourer la pratique sexuelle avec naturel, simplicité, innocence et émerveillement. Des indications pratiques sur les préliminaires, la maitrise de l'éjaculation, la respiration, sont suggérées. Dans une relation durable dans l'amour et la confiance, des phénomènes énergétiques subtils se déclenchent au moment de l'orgasme, favorables à la santé physique et mentale des deux partenaires. Au delà du plaisir réciproque, l'acte sexuel est un chemin d'accès à l'éveil spirituel qui a été reconnu et enseigné chez de nombreux peuples anciens, puis occulté et diabolisé. Nous sommes en train de le redécouvrir.

    Contenu de l'article

    Annexes


    La sexualité est omniprésente dans les médias et sur internet et une abondante documentation en livres, journaux et articles est disponible à son sujet. Alors pourquoi vous proposer un article de plus sur la sexualité?

    canovaJe vous répondrai: Pourquoi êtes-vous en train de lire cet article sur la sexualité? Pourquoi en avez-vous eu l'envie ou la curiosité, alors qu'il en existe déjà une pléthore? Vous seul le savez, mais je peux supposer que vous aspirez à découvrir de nouvelles facettes de la sexualité, car elle fascine et reste encore mystérieuse. Peut-être n'êtes-vous pas complètement en paix avec elle, nous sommes tellement imprégnés d'interdits, de honte, d'excès, d'abus, de manipulations, de confusion. L'abondance d'informations parfois contradictoires sur ce sujet le rend encore plus confus et ne satisfait pas forcément votre questionnement profond. Il se peut donc que vous éprouviez le besoin de faire le point. Où vous situez-vous dans cette masse de pratiques, de conseils, d'enquêtes et de théories?

    Je n'aurais jamais pris le temps de rédiger cette étude approfondie si j'avais eu comme seule intention de répéter ce qui est dit ailleurs sur Internet. J'ai éprouvé le besoin de faire une synthèse critique de tous les aspects fragmentaires sous lesquels on nous présente la sexualité: assouvissement de besoins physiologiques, méthodes pour accéder au plaisir, décalages fréquents des points de vue des hommes et des femmes, et d'autres aspects moins connus sur l'expansion spirituelle pendant l'union sexuelle.

    Cette synthèse à vocation éducative ne se limite pas à vous guider pour vivre votre sexualité de façon agréable et satisfaisante. Ce serait déjà excellent, mais nous irons plus loin. Nous toucherons la nature même de notre être. Nous nous interrogerons: Quelle est la place, la fonction de la sexualité pour nous réaliser dans notre aspect le plus magnifique? Comment participe-t-elle au déploiement de tous nos potentiels? Comment nous relie-t-elle à nos profondeurs et à l'univers?

    Par ce questionnement, cette étude rejoint mes autres études sur la réalisation de soi, telles que L'enfant intérieurLa spiritualité ou Le pouvoir des émotions. De même que dans ces dernières, j'ai reformulé le langage habituellement employé, réadapté les informations, je les ai synthétisées, parfois ré-interprétées, pour qu'elles deviennent des pistes de réflexion suffisamment compréhensibles par le plus grand nombre. Je les ai voulues consistantes et ancrées dans la vie pour qu'elles ne restent pas des pensées mortes encombrant le mental, mais ouvrent des perspectives exaltantes pour l'épanouissement de toutes et de tous dans un monde que nous réinventons.

    "Sexualité", "sexe", qu'est-ce que ces mots vous évoquent?

    Pour nous engager dans cette exploration, je vous propose de porter un moment votre attention sur ce qui se passe en vous lorsque nous évoquons lasexualité et le sexe. Observez comment votre tête, votre corps, réagissent. Observez sans aucun jugement, sans chercher à savoir si c'est bien ou si ça devrait être autrement. Observez honnêtement, avec bienveillance envers vous-même. Vos réactions vous indiqueront où vous en êtes, par exemple si vous êtes à l'aise ou non. Il est primordial que vous vous acceptiez tel que vous êtes avec ces réactions, tout en sachant que vous pouvez décider d'évoluer vers une sexualité plus épanouie, si vous le souhaitez bien sûr, en vous laissant guider par ce que nous développons dans ce texte.

    Pour vous aider à percevoir vos réactions, voici quelques questions et suggestions:

    • A la pensée du sexe et de l'activité sexuelle, éprouvez-vous de la curiosité, de l'envie, de l'excitation, de la joie, de l'indifférence, de la répulsion, du mépris, de la répugnance, de la peur, de l'angoisse? Il est possible que cela vous évoque des expériences malheureuses, honteuses, humiliantes ou traumatisantes.
    • Si l'on vous demande de parler de votre sexualité, de vos désirs, d'exprimer votre opinion à ce propos, éprouvez-vous de la gène? Vous réagissez peut-être par le silence, par un rire nerveux ou par une blague qui vous permet d'esquiver.
    • Vous sentez-vous serein ou sereine vis à vis de votre sexualité? Ou bien, vous êtes peut-être dans l'un des cas suivants.
    • Vous connaissez bien le sujet, vous avez suffisamment lu, mais vous n'êtes pas à l'aise. Il ne suffit pas de savoir, il y a certaines choses à creuser en vous sur votre personnalité et cet article vous donnera des pistes.
    • Il y a des aspects de la sexualité que vous connaissez mal et que vous aimeriez explorer.
    • Vous estimez que vous avez déjà beaucoup de connaissances intellectuelles et théoriques, mais il vous est difficile de faire le lien entre ces connaissances et votre vécu personnel. Dans ce cas, il serait indiqué que vous puissiez avoir des explications pratiques et vivantes supplémentaires. Cet article vous parle de vous, de ce que vous êtes, non de théorie.
    • Vous êtes attiré(e) par la sexualité, mais en même temps, vous avez des difficultés avec le plaisir, quelque chose en vous le repousse.
    • Vous avez des difficultés sexuelles avec votre ou vos partenaires et vous vous demandez pourquoi. Cet article vous proposera des pistes de réflexion approfondies et parfois originales.

    couple enlacé

    • Vous avez une pratique sexuelle satisfaisante, mais elle ne correspond pas à ce qu'on voit couramment dans les films. Cela vous rend perplexe, et peut-être même frustré(e). Nous verrons que les films exposent une version déformée de la sexualité, ce sont des clichés.
    • Vous craignez que votre comportement sexuel spontané ne convienne pas à votre partenaire, ou ne conviendrait pas à un(e) futur(e) partenaire quel qu'il ou elle soit. Pour être aimé(e) et apprécié(e), vous croyez que vous devrez vous comporter d'une autre façon, selon des modèles qui ne vous plaisent pas forcément, mais qui vous semblent nécessaires: les filles sont comme ceci et réagissent comme ceci, et les garçons comme cela. Nous verrons qu'avoir des idées préconçues sur les uns et les autres et sur la sexualité n'est pas une bonne façon de procéder. Le dialogue entre partenaires est bien plus profitable.
    • Vous pressentez que la sexualité est bien plus que l'obtention d'un plaisir à deux, mais vous permet de toucher d'autres aspects profonds et inconnus de votre être et vous aimeriez explorer cette réalité. Nous le ferons.

    Dans cet article, nous examinerons la place du plaisir dans la relation sexuelle, ce qui l'entrave et ce qui le favorise. L'acte sexuel est avant tout un acte relationnel et à ce titre, il est porteur de toutes les difficultés et de toutes les joies que l'on rencontre dans tous les domaines relationnels. Nous montrerons qu'au delà du plaisir, l'acte sexuel est un chemin d'accès à l'éveil spirituel.

    Les représentations sociales de la sexualité nous laissent désorientés

    Notre comportement sexuel est fortement influencé par ce qui nous a été inconsciemment suggéré par notre environnement depuis notre enfance: parents, frères et s?urs, copains, copines, enseignants, journaux, films, télé, radio, images publicitaires, et plus récemment internet. Même si l'attitude de nos parents a été de ne pas vouloir aborder le sujet, ils nous ont de toute façon transmis une attitude vis-à-vis du sexe par leur positionnement.

    femme publicitaireNous sommes globalement conditionnés à adopter des comportements conventionnels par les représentations sexuelles que notre société véhicule: images de la femme, de l'homme, de la séduction et de la sexualité. Malgré des variantes personnelles, nous sommes imprégnés de ces valeurs et de ces clichés. Hélas, ils ne nous mènent pas souvent vers le meilleur de nous-mêmes. Ils sont essentiellement orientés vers la création de besoins artificiels qui nous incitent à acheter et à consommer, à moins qu'ils n'aient comme but de nous distraire superficiellement, de nous détourner de nous-mêmes pour nous empêcher de découvrir qui nous sommes vraiment.

    Avant les années 60, la sexualité était tabou. Il était malvenu d'en parler librement autour de soi ou dans les médias. Depuis la situation a changé. Certains et certaines ont osé parler librement, revendiquer leur droit au plaisir. Les femmes ont rejeté la contrainte de "devoir conjugal" qu'on leur imposait, ont exprimé leurs sensations, leurs désirs et leur plaisir sexuel dans leur spécificité féminine. On a découvert que les carcans religieux et patriarcaux auxquels on s'efforçait d'obéir avec peine, drame et souffrance, bridaient l'épanouissement sexuel et étaient fondés sur un pouvoir abusif. Les m?urs se sont décomplexées et les gens se sont détendus. Il y a eu une évolution positive vers lareconnaissance du fait que la sexualité est partie intégrante, essentielle et épanouissante de nous-mêmes.

    Mais comme le balancier était allé trop loin du côté de l'interdit, il est revenu en force du côté de la licence. Compte tenu de la répression antérieure, c'était inévitable. La licence s'est alors manifestée comme un défoulement excessif, au point que la sexualité est devenue une nouvelle obsession. Attention, je ne suis pas en train de suggérer une morale à suivre, loin de là. Chacun se cherche selon sa propre voie. J'incite simplement à découvrir la voie d'une sexualité qui nous procure un sentiment d'enrichissement et de plénitude, ce qui n'est généralement pas le cas de la sexualité obsessionnelle et défoulante.

    La rencontre sexuelle ne bénéficie pas de références saines

    Dans cette recherche, nous sommes peu aidés par les modèles de comportement représentés dans les médias.

    On aurait pu croire que la "libération" de la sexualité irait de pair avec la créativité [dans la pratique sexuelle]. Or ce dont se plaignent les gens - et plus particulièrement les femmes - c'est de la standardisation des comportements sexuels. La raison en est que les pratiquants agissent "comme dans les films"; ils appliquent ce qu'ils ont vu sur les écrans... Il faut dire que le X constitue le seul "enseignement "dispensé; il n'existe en effet aucun film d'érotisme, c'est-à-dire une ?uvre où la sexualité aurait un sens et une esthétique, qui porterait à élever les consciences. (Dr. Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

    Bien que la sexualité soit omniprésente dans l'industrie du divertissement (télé, cinéma, spectacles, internet), on y montre principalement des attitudes qui ne fonctionnent pas dans la vie réelle: par exemple la femme dit oui tout de suite, comme si elle n'attendait que ça et elle jouit immédiatement. Le phénomène internet a multiplié et facilité l'accès à d'innombrables scènes pornographiques dans lesquelles les personnes sont représentées comme avides de sexe en tout genre. Les femmes y sont traitées de salopes et de chiennes comme si elles aimaient être insultées. C'est dramatique pour les adolescents dont ce canal constitue l'entrée en matière de sexualité. Ils n'ont pas de références saines, c'est-à-dire respectueuses des personnes. C'est ainsi qu'à l'extrême (comme nous l'a montré une actualité récente), ils arrivent à croire qu'organiser une "tournante" est chose normale (une fille subit le viol de plusieurs garçons successivement).

    Couples nus sur internet

    Des milliers de pages exposant des vidéos amateurs de scènes érotiques sont accessibles gratuitement sur internet.

    Une surprenante caractéristique des m?urs sexuelles est un retour au machisme ou son exacerbation. Mépris et domination de la femme se traduisent par des propos et des attitudes dégradants, agressifs et violents envers elle; le comble de l'avilissement étant les "tournantes". Cette dégradation des relations entre la femme et l'homme peut être mise sur le compte du modèle d'information sexuelle dont disposent les jeunes: des films pornographiques où la femme est présentée comme une poupée jouissante soumise à l'homme ou comme "une chienne qui ne pense qu'à ça". Ce qui renforce la peur qu'ont les hommes de l'émancipation de la femme et, par contrecoup, leur désir de la soumettre... (Dr. Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

    Toutefois, au fond d'eux, les gens sentent bien que quelque chose ne va pas et que cela ne correspond pas à leur nature, mais ils ne savent pas pourquoi et comment. Ils sont donc désorientés face au sexe, tout spécialement les adolescents.

    [Les adolescents] ne savent plus ce qui est à faire ou à ne pas faire. Ils ont perdu la hiérarchie des désirs et des demandes... Ils ne savent pas ce qui est ou non compatible avec la dignité humaine. (Dr Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

    L'éducation sexuelle

    Il est donc urgent qu'une véritable éducation sexuelle soit mise à la disposition de tous, en commençant par l'école. Les quelques cours scolaires sur ce sujet n'abordent que la physiologie et la biologie. Ils ne sont pas un apprentissage sur soi-même et sur l'autre. L'école faillit lamentablement à dispenser une véritable éducation qui inclurait la connaissance et la maitrise de nos émotions et des relations avec les autres. Elle préfère, à quelques nuances près, bourrer notre crâne de savoirs intellectuels que l'on devra apprendre par c?ur et ressortir le jour de l'examen (rien ne change malgré de nombreux rapports et expériences positives à ce sujet depuis les années 50 - voir le dossier Éducation).

    Nos enfants, nos adolescents, et par conséquent nous-mêmes qui l'avons été, nous manquons terriblement d'un apprentissage sur l'épanouissement de l'être et de sa sexualité. Il n'existe pas d'enseignement sexuel orienté vers la réalisation de soi et la plénitude (voir des développements dans l'article L'éducation sexuelle).

    Notons toutefois que des exceptions peuvent être trouvées dans des initiatives privées, telles que le site web Éducation sexuelle, ou encore la publication de très bons livres éducatifs (certains sont indiqués en fin d'article). Ils ont l'immense mérite d'inciter au respect et à l'amour de l'autre. Ils mettent l'accent sur l'écoute de soi et de son partenaire, la fantaisie, l'agrément, le détachement du souci de la performance. Cependant ils restent peu diffusés, particulièrement chez les adolescents qui préfèrent l'internet et la radio.

    De plus, il est rare de les voir aborder le sujet du sens de l'acte sexuel: car l'acte sexuel est bien plus que se donner du plaisir réciproque, c'est réunifier en soi ses énergies masculines et féminines, c'est se découvrir dans toutes ses dimensions en connexion avec sa nature profonde.

    La sexualité comme défoulement émotionnel

    Larry Clark

    Les adolescents représentés dans la série de photographies de Larry Clark ne semblent pas heureux et cherchent des échappatoires dans la sexualité et la drogue.

    Pour certains d'entre nous, la vie semble n'avoir aucun sens. Le monde environnant est froid, dur et impitoyable. Nous avons été conditionnés à l'idée qu'il faut lutter pour obtenir de la considération et de quoi subsister. Chacun se trouve donc seul face à lui-même. Ceux qui abordent le monde avec ce regard sont tentés de s'engouffrer dans la sexualité comme dans un refuge contre la solitude et le désarroi, dans l'espoir d'y trouver une niche de chaleur humaine.

    D'autres vivent leur quotidien coincés par des charges et des devoirs plus ou moins stressants, plus ou moins désagréables ou épuisants. Ils voient le temps défiler sans profiter de la vie. L'orgasme constitue une exception, une parenthèse: ils sentent un courant de vie intense couler dans leur corps. C'est comme un rappel que la vie existe.

    D'autres encore se sentent seul(e)s et en manque affectif. La rencontre sexuelle occasionnelle leur donne l'impression fugitive plus ou moins consciente de combler leur vide affectif. Ces moments ne sont que des bouffées d'air qui permettent de supporter le reste. Ils ne règlent rien sur le fond.

    En prêtant attention à notre ressenti après l'acte sexuel, il est facile de nous rendre compte si la rencontre sexuelle n'est qu'une compensation, un pis-aller, une illusion destinée à occulter un besoin plus profond ou si elle résulte d'une attirance amoureuse et d'un échange authentique. L'acte sexuel accompli dans le cadre d'une relation d'amour véritable crée un sentiment d'assouvissement, de plénitude, de sérénité et de bonheur. On en ressort grandi et dilaté.

    Au contraire, dans le cas d'une compensation illusoire, une fois l'orgasme passé on est à nouveau seul face à soi-même, et face à l'autre qui n'a été qu'un complice passager. L'acte n'a pas étanché la soif de vivre. Il en reste un sentiment de manque, de tristesse, de nostalgie, de vide. Alors, on en redemande pour retrouver cette brève sensation de vie. La sexualité est utilisée comme une drogue pour fuir son malaise (voir Drogues et développement spirituel). Elle se transforme peu à peu en une addiction et une obsession.

    ATTENTION: Pour éviter les fausses interprétations et bien faire comprendre l'intention de cet article, il est important de préciser que je ne décris pas une sexualité que je taxerais d'inadéquate ou même mauvaise, pour la remplacer par une bonne sexualité qui serait considérée comme un modèle à atteindre. Ici, il ne s'agit ni de modèle, ni de morale. Mon intention est d'attirer l'attention sur notre état d'âme, de vérifier si nos actions sont en accord avec nous-mêmes ou si elles obéissent à des codes de conduite qu'on se croit obligé de suivre. J'invite à faire connaissance avec les ressources dont nous disposons pour se sentir mieux.Je suggère que chacun trouve lui-même ce qui lui convient et choisisse ce qui est le meilleur pour son épanouissement.

    Satisfaire le besoin de sexe

    Certaines rencontres sexuelles, habituellement de la part des hommes, n'ont d'autre but que de trouver une partenaire pour satisfaire leurs pulsions. Dans ce cas, la femme est considérée comme un objet dont il faut tirer le maximum de jouissance, sans qu'il soit nécessaire d'éprouver un sentiment envers elle. Ce vide affectif est déploré par les femmes, y compris les adolescentes. "Les garçons ne pensent qu'à baiser!" déplore l'une d'entre elles; une autre s'indigne: "A notre premier rendez-vous, il ne m'a même pas embrassée, il a voulu qu'on le fasse par derrière tout de suite."(Dr Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

    Les hommes justifient parfois ces comportements par des prétextes erronés. Ils croient que le sexe fonctionne de cette manière, car ils l'ont vu dans les films. Ils se font leur cinéma intérieur et se disent que si la femme dit non, c'est qu'elle veut dire oui, parce qu'elle aime qu'on aille la chercher de force (la femme peut parfois être confuse à ce sujet, à cause d'un fort besoin d'être aimée). Ce sont des idées toutes faites et sans fondement sur ce que l'autre aime et pense. On peut remarquer qu'une telle attitude néglige l'écoute de l'autre, le dialogue, la communication vraie.

    Il n'est pas dans mon intention de juger de tels comportements, mais de vous inviter à vous demander s'ils vous satisfont. Vous laissent-ils un sentiment de frustration et de tristesse, ou de contentement et de plénitude? Si les deux partenaires y trouvent contentement et plaisir, alors cela indique qu'ils vivent ce qui est juste pour eux d'expérimenter.

    Évacuer les tensions

    Les hommes mettent souvent leurs envies impérieuses de sexualité sur le compte de leur instinct sexuel et de leurs besoins physiologiques. C'est une réponse trop facile et trop superficielle qui fait l'impasse de leur ressenti profond. S'ils y prêtent attention, sans écarter l'influence de l'instinct, ils pourront détecter d'autres influences dominantes issues de leur personnalité. Il s'agit souvent du besoin de défouler des tensions vives, autrement dit de se lâcher. Leur corps est tendu par le contrôle de soi (voir Psychologie biodynamique). On les a éduqués à être toujours à la hauteur, être forts, ne pas faillir. En conséquence, ils ont appris à se contrôler, à ne pas exprimer leurs émotions et leurs doutes. Leur corps en porte l'empreinte.

    Le trop-plein de tensions peut être évacué par différents moyens, mais les hommes ont peu d'occasions de se relâcher. Ils le font au travers des conflits et des accès de colère, ou dans les sports où ils dépassent leurs limites. Dans les sports de l'extrême, ils vont au bout de leurs tensions pour lâcher et sentir enfin de fortes pulsions de vie. Un autre moyen de les ressentir est l'orgasme.

    L'orgasme est pratiquement le seul moment de leur vie quotidienne où ils font l'expérience du lâcher-prise complet. Ils s'y abandonnent un bref instant avec délice, sans que cela aille à l'encontre de leur image de mâle. Ils peuvent alors sentir les forces de vie couler dans leur corps comme la sève de l'arbre.

    Honte et estime de soi

    À l'inverse du sexe débridé, de nombreuses personnes sont réticentes à vivre leur sexualité. Certaines personnes ne sont pas du tout attirées par la sexualité et trouvent un équilibre sans sexualité. Pour celles-là, tout va bien. Mais pour les autres, il s'agit de blocages dus à une éducation enfermante ou à des troubles et abus vécus dans le passé. Leurs pulsions de vie leur attirent vers la sexualité, mais elle est repoussée parce qu'elle leur fait peur. Elles s'aventurent toutefois dans la sexualité pour "faire comme tout le monde". Mais elles la vivent avec retenue, habitées par leurs doutes, leurs réserves et leurs appréhensions.

    À beaucoup, on a inculqué l'idée que la sexualité est défavorable à notre épanouissement, qu'elle est dégradante et risque de nous entrainer dans une spirale descendante; que se livrer à la sexualité, c'est entrer dans le vice, ressembler à une prostituée, donner de soi une image honteuse et une mauvaise réputation.

    Cette honte a été inculquée par des siècles de diabolisation de la sexualité par les institutions religieuses, associée à la diabolisation du corps, des sensations de plaisir, de la femme et des énergies féminines. Même si par la pensée nous comprenons que la sexualité est l'expression normale de l'énergie de vie comme la nature nous en offre l'exemple, il reste au fond de nous une sorte de crispation, un réflexe de quelque chose de mal, de honteux, de coupable qui nous conduit à la destruction et la perdition. Le corps conserve inscrit en lui ces injonctions. Une observation honnête et rigoureuse de ces résurgences, associée à une bienveillance tendre envers soi aidera à les dissoudre (voir L'enfant intérieur).

    D'autres ont honte de l'image de leur corps intégralement nu. Se montrer dans son intimité la plus complète n'est pas forcément facile. Il se peut que vous craignez de ne pas correspondre à l'image que vous aimeriez donner, par peur de ne pas être suffisamment attirant(e). Vous doutez de vous, de vos proportions, de vos rondeurs, de vos seins, de l'aspect de vos parties génitales. On vous a peut-être inculqué la pensée que les organes génitaux sont quelque chose d'inférieur, de laid. Voir vos parties génitales et celles de l'autre en détail peut susciter de la gène, du dégout, ou une curiosité que vous jugez malsaine. En clair, vous ne vous aimez pas tel(le) que vous êtes et vous avez peur du jugement de l'autre (voir Se mettre à nu). Comment pourriez-vous vous adonner à la rencontre sexuelle dans la joie et la confiance si vous ne vous aimez pas vous-même?

    D'autres formes de honte nous encombrent. C'est par exemple la comparaison avec les autres. Je n'ai pas envie de sexualité alors que tout le monde autour de moi ne parle que de ça et semble l'apprécier au plus haut point. Je suis anormal(e). Je ne correspond pas à ce que décrivent les films et les copains. A mon âge, je suis encore vierge, et j'en conçois une mauvaise estime de moi, une honte de moi. Non, vous n'êtes pas anormal(e) ni déméritant(e). Bien au contraire, vous pouvez vous féliciter de suivre votre chemin personnel, vous osez être fidèle à vous, vous avez le courage d'écouter et suivre votre voix intérieure plutôt que les sirènes extérieures. Soyez-en fier(e).

    Une autre source de honte et de sous-estime de soi est l'absence de plaisir: J'ai fait l'amour pour faire comme tout le monde, mais je n'en ai pas éprouvé de plaisir. Cela fait déjà des années que je fais l'amour et je n'ai pas encore connu le plaisir. Puisque tout le monde a du plaisir, c'est que je suis nulle. Bien entendu ce type de raisonnement est faux. Le plaisir n'a rien à voir avec vos performances ou vos mérites. Il découle du type de relation que vous avez, c'est une alchimie à deux. Il est très influencé aussi par l'idée qu'on s'en fait. Peut-être même ne le ressentez-vous pas parce que vous l'attendez sous une autre forme, par exemple explosive alors que le vôtre est doux et léger.

    J'ai discuté avec un nombre incalculable de femmes qui pensaient ne jamais pouvoir jouir, alors qu'elles connaissaient régulièrement et facilement l'orgasme. D'autres ont appris à connaitre leur corps et ce qu'il aime, ce qui implique de respecter son rythme. Avoir un orgasme peut devenir très simple: il suffit d'apprivoiser son corps, de se détendre, de découvrir ce qui vous excite, et comment. Si vous souffrez de problèmes personnels ou émotionnels qui semblent interférer avec le plaisir sexuel, alors il serait bon d'y travailler en parallèle. (L. L. Paget, L'orgasme sans tabou)

    Le manque de plaisir peut résulter d'une interdiction inconsciente. J'ai du plaisir, mais je n'ai pas le droit, c'est indécent et inconvenant. Dans ce cas le plaisir est stoppé dès qu'il pointe son nez. Là encore, ces injonctions sont issues d'une éducation de la peur qui se transmet de génération en génération.

    D'autres sont à l'aise avec la sexualité, éprouvent du plaisir, l'apprécient, mais refusent certaines pratiques courantes parce qu'elles les dégoutent. Par exemple, le sexe oral. Moi, une femme convenable, vais-je m'abaisser à lécher le sexe d'un homme, être léchée par lui? De même pour le plaisir en solitaire. On vous a dit que la masturbation était non seulement répréhensible, mais nocive à la santé physique et mentale. Tout cela est le résultat de la diabolisation de la sexualité.

    La honte et la sous-estime de soi sont des poisons qui sabotent votre vitalité et vous détournent de la joie de vivre. Une façon de vous en libérer est d'abord de reconnaitre qu'ils sont actifs en vous. Il est bon que vous puissiez en parler, si possible avec votre partenaire. Échangez librement chacun à votre tour sans interrompre l'autre sauf peut-être pour lui demander des précisions. C'est une excellente pratique pour approfondir votre relation et intensifier votre amour. Parler de vos difficultés, de vos peurs, de vos désirs.

    Respectez-vous. Accueillez-vous tel que vous êtes: avec vos désirs, vos peurs, vos limites, vos résistances. Ne vous forcez jamais à pratiquer quelque chose qui vous déplait, même si vous pensez que vous devriez dépasser votre résistance. Ne vous jugez pas.

    Les ombres de la personnalité embrouillent notre sexualité

    L'exemple précédent de la honte nous a familiarisés avec le fait que certains traits négatifs inscrits dans notre inconscient viennent s'interposer de façon inattendue et intempestive dans notre vision et notre pratique de la sexualité. La relation sexuelle peut mettre à jour des accumulations émotionnelles et des préjugés qui l'empêchent de se développer librement, obscurcissant sa fonction originelle. Par exemple on peut rencontrer: perte de sens, incapacité à s'abandonner, culpabilité, interdiction du plaisir, peur de déplaire, jugements négatifs sur le corps et la sexualité, et d'autres que nous décrivons ici.

    La peur d'être soumis à la femme

    fleur épineuseMerci à Laetitia Tixier

    La plupart des hommes portent les stigmates de leur relation avec leur mère. S'ils ont eu la chance d'avoir une mère qui leur a accordé toute sa confiance, si elle a reconnu en eux une graine de vie qu'elle a arrosée et laissé croitre selon sa nature, ils ont été magnifiquement préparé à une vie et une sexualité épanouies. Mais si le garçon a été soigneusement surveillé et contenu dans un espace étroit de liberté au nom de sa sécurité, si sa mère désirait le garder pour elle et lui demandait constamment des marques d'attention, ou si elle le modelait selon la vision qu'elle avait d'un homme, alors la mère est devenue une menace pour le garçon qui, devenu adulte, aura probablement des craintes inconscientes de s'abandonner vraiment à une femme dans la relation sexuelle.

    S'abandonner à la femme résonne pour lui comme se soumettre au féminin. Il ne peut le faire que jusqu'à un certain degré et conserve une vigilance et un réflexe de contrôle. Mais il a toujours le pouvoir d'en prendre conscience et de décider de le transformer, avec l'aide de sa partenaire.

    Beaucoup d'hommes ont peur d'être engloutis par la puissance de la femme. C'est une peur ancestrale, qui est transmise à l'homme depuis des siècles dans la société occidentale. C'est cette peur qui a entrainé les hommes à reléguer la femme au second rang, à la minimiser, voire l'humilier et la détruire. De ce fait, le féminin qui à l'origine s'offre généreusement, s'est recroquevillé en quelque chose de protégé, de secret, de mystérieux, qu'on ne peut plus voir en face, en toute transparence. Ce côté sombre et inconnu lui donne un aspect encore plus menaçant et ne fait que renforcer la peur.

    L'aspect sombre et mystérieux du féminin qui se protège a généré certains fantasmes angoissants pour l'homme qui se représente la femme comme une castratrice, une mangeuse d'hommes. Il révèle ainsi qu'au fond de lui, il reconnait qu'elle peut exercer un pouvoir sur lui et le soumettre à ses désirs, même s'il affiche le contraire extérieurement. Sur le plan du fantasme sexuel, le vagin avale le pénis et le maintient sous son pouvoir. Il existe une imagerie dans laquelle le vagin est pourvu de dents. Le Vagina dentata apparait dans les mythes de presque toutes les cultures quelle que soit la religion dominante. Encore récemment (2008), le filmTeeth de Mitchell Lichtenstein met en scène un jeune fille qui découvre que son vagin mord quiconque souhaite en abuser.

    Le ressentiment envers l'homme

    La femme peut avoir de nombreuses raisons d'en vouloir à l'homme. Elle porte les stigmates de la relation avec son père, qui peut lui avoir manqué d'amour (froideur, absence, autoritarisme, séduction, humiliation, violence, ou à l'inverse héros ou sauveur irremplaçable...). Elle est aussi marquée par des siècles dedomination masculine où elle a été rabaissée et violentée.

    Nombreuses sont les femmes qui ont subi des abus sexuels sous une forme ou une autre, parfois seulement en intention, mais nettement ressentie comme une intrusion. Les cas les plus fréquents se produisent avec des proches de la famille ou des connaissances, mêlés à des sentiments ambigus et coupables si une certaine amitié ou estime a pu se développer antérieurement avec l'abuseur. Un grand nombre de ces femmes se sentent salies et éprouvent de la honte. Ces épisodes sont inscrits en elles comme une terreur de l'homme, ou une trahison, avec parfois un désir de vengeance inconsciente. Très souvent, la femme oublie cet épisode d'abus, car il était trop douloureux de le supporter. Son esprit s'en est protégé en l'oubliant.

    A l'occasion de l'union sexuelle, ces sentiments négatifs peuvent ressurgir sous une forme détournée. Par exemple par le manque de désir ou par des dérèglements organiques comme la vaginite.

    Le manque de désir résulte parfois de mécontentements dans la vie de couple. Un exemple: la femme est déçue par son conjoint parce qu'il est souvent absent de la maison. Le manque de désir est sa punition inconsciente envers l'homme.

    Les jeux de manipulation et de séduction

    Une femme peut accepter de faire l'amour avec son partenaire, même si elle n'en pas envie, par peur de ne plus être aimée si elle refuse. Elle espère donc qu'en échange son partenaire lui sera reconnaissant et lui procurera sécurité et amour. Si, malgré son peu d'enthousiasme, elle accepte en riant, sur un mode ludique et aimant, cela ne crée aucune gène. Où la difficulté nait, c'est si elle accepte contre son gré, avec amertume. Quant à l'homme, il joue un jeu comparable s'il réagit avec colère ou amertume au refus de sa partenaire. L'amertume va ronger le couple.

    Généralement, nous sommes conditionnés depuis l'enfance à ne recevoir des gratifications et de l'attention de la part de nos parents que si nous satisfaisons à leurs exigences. Par exemple, si nous leur sourions, si nous sommes sages, silencieux et immobiles, si nous avons de bonnes notes scolaires. Cela s'appelle de l'amour conditionnel, parce qu'on reçoit l'amour sous condition, ce qui à vrai dire n'a rien de l'amour. C'est un marché, un commerce: tu me donnes ton attention, même si tu n'en as pas envie, et alors je te gratifie aussi de mon attention ou d'un cadeau.

    Adultes, nous fonctionnons encore beaucoup à notre insu selon ce marchandage, par conditionnement. Nous acceptons de faire des choses parce que nous pensons que nous en serons gratifiés par de l'argent, de la considération ou par l'estime des autres. Il se peut que la relation sexuelle intervienne aussi dans ces transactions. En acceptant de nous comporter en désaccord avec notre nature profonde ou notre être intérieur, nous ne sommes plus vrais, nous nous trahissons nous-mêmes et nous trompons l'autre. C'est au fond une manipulation subtile et inaperçue.

    Manipuler, c'est man?uvrer pour amener l'autre à agir selon notre souhait, par exemple par la séduction, en le "prenant par les sentiments", par la menace (de ne pas accéder aux désirs de l'autre, etc.). Nous le faisons presque instinctivement sans nous en rendre compte, par conditionnement.

    Il n'y a pas lieu de nous culpabiliser si nous découvrons que nous avons employé une dose de manipulation. Il suffit juste de repérer le jeu, de le reconnaitre, d'en parler à l'autre et d'en rire.