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  • Moteur de recherche

    J'avais envie de trouver un modèle de présentation plus clair, plus élargi, avec des textes et des photos plus visibles et lisibles.

    Le nouveau thème me plaît bien.

    Il était important pour moi de mettre en place un moteur de recherche par mots clés. Il est en haut de la page d'accueil à gauche. 

    Pour accéder aux articles du blog, il faut donc cliquer sur le mot BLOG en haut de la page d'accueil. Les articles apparaissent dans l'ordre et il faut cliquer sur le titre pour délivrer l'article en entier. 

    Pour que le moteur de recherche soit le plus efficace possible, je vais reprendre les titres des 2600 articles et essayer de faire apparaître un mot "thème" que je mettrai entre parenthèses si le titre original n'est pas assez explicite.

    Exemple :

    "De la pensée à la pleine conscience"

    Inutile de compléter ce titre puisque les deux mots "pensée et conscience" sont des mots clés qui reviennent régulièrement dans le blog.

    "La transformation"

    Pour ce titre-là, j'ai ajouté entre parenthèses (évolution / spiritualité)

    Ces deux mots-clés (évolution / spiritualité) seront souvent utilisés.

    Je vais établir ces prochains jours une liste de mots clés et je la publierai. 

    Exemple : pensée, conscience, ego, esprit, âme, spiritualité, éveil, liberté, manipulation, conditionnement, amour, sexualité sacrée, développement personnel, évolution, politique, masse, souffrance, deuil, espoir, désespoir, illusion, école, enfants, éducation, instruction, formatage, philosophie....

     

    Je finirai peut-être par classer les articles selon ces mots mais ça sera pour plus tard ! 

    J'ai déjà un travail conséquent sur les bras pour les prochains jours. :)

     

     

     

     

  • Le foie gras... (Nature)

    lundi 21 décembre 2015, par Audrey Garric

    Des canetons broyés et mutilés pour produire du foie gras

    broyage-canetons-foie-grasOn se souvient des vidéos chocs, reprises par la presse britannique l'an dernier, montrant des oiseaux à la gorge endommagée, aux pattes ensanglantées, agonisants empilés les uns sur les autres ou encore couverts de vomi. Cette fois, ce sont des images tournées non plus dans des salles de gavage mais dans un couvoir de canetons et dans un élevage de cannes reproductrices, dans lesquels les animaux sont également maltraités et violemment mis à mort, qui jettent une nouvelle fois l'opprobre sur la production française de foie gras.

     

    La première vidéo, tournée courant décembre dans un couvoir pour les filières foie gras et chair en Pays-de-la-Loire, montre le tri des canetons selon leur sexe : les femelles, dont le foie est considéré comme trop petit, se retrouvent broyées à raison de plusieurs dizaines de milliers par jour – dont certains sortent disloqués mais encore vivants de la broyeuse. Seuls les canards mâles sont utilisés dans la production de foie gras, soit 43 millions de poussins chaque année selon le ministère de l'agriculture. Ces derniers voient leur bec brûlé par une machine, à la chaîne, pour éviter les agressions entre canards.

    Dans la seconde vidéo, filmée en avril dans le Sud-Ouest, dans un élevage de canards reproducteurs (pour fournir des œufs aux couvoirs), on voit des canes inséminées artificiellement – ce qui est la norme dans les élevages, pas seulement de canards –, mais aussi une cane brutalement mise à mort par dislocation du cou – le procédé échoue – ou encore des femelles épuisées qui peinent à se déplacer. Quant aux canards mâles dont on prélève la semence, ils sont enfermés dans des cages minuscules.

    "Une fois de plus, ces vidéos lèvent le voile sur une filière qui a beaucoup à cacher, réagit Brigitte Gothière, porte-parole de l'association L214, qui milite pour l'interdiction de la production de foie gras, à l'origine de la publication des deux vidéos. Les producteurs, à grand renfort de publicité, ont réussi à faire du foie gras un produit de luxe et soi-disant de tradition, mais les images montrent des choses abjectes et de la maltraitance animale Le broyage est certes autorisé par la législation mais il doit provoquer une mort immédiate, ce qui n'est pas toujours le cas." "Il n'y a ni transparence ni traçabilité dans cette filière, donc nous voulons montrer l'envers du décor, comment le produit a été obtenu", poursuit-elle, avant de proposer des alternatives.

    10 à 12 jours de gavage

    Après avoir été élevés 40 jours en poussinières, puis 40 jours en extérieur, les canards mulards sont gavés industriellement pendant 10 à 12 jours, dans des cages, avant d'être abattus. On leur administre deux fois par jour, à l'aide d'une pompe hydraulique ou pneumatique enfoncée dans l'œsophage, près d'un kilo de pâtée de maïs en trois à quatre secondes. Ce traitement occasionne des lésions, des inflammations (œsophagites, entérites), et des infections (notamment des candidoses et des infections bactériennes). Le foie atteint jusqu'à dix fois sa taille habituelle. "Les oiseaux sont atteints de stéatose hépatique [lésion du foie]. Les consommateurs mangent donc un foie malade", poursuit Brigitte Gothière. 2 % des bêtes meurent pendant le gavage, selon des chiffres de l'Institut technique de l'aviculture.

    L’Union européenne, dans une directive de 1998, interdit l’alimentation forcée des animaux dans les élevages, débouchant sur "des souffrances ou des dommages inutiles". Toutefois, lors de l’adoption en 1999 de recommandations européennes concernant les canards et les oies, les pays producteurs de foie gras ont bénéficié d’une dérogation, le temps qu'ils étudient des alternatives n'impliquant pas la prise forcée d'aliments (toujours en cours). L'entrée en vigueur de cages collectives, conformément à la législation européenne, a également été repoussée en France de cinq ans, au 1er janvier 2016. 85 % des ateliers de canards gras en sont pour l'instant équipés.

    Consommateurs partagés

    Aujourd’hui seuls cinq pays européens produisent du foie gras : la France, la Bulgarie, la Hongrie, l’Espagne et la Belgique. Le gavage est interdit – mais pas la consommation – dans les autres Etats, soit directement, soit indirectement en application de la législation contre la maltraitance animale. La Pologne, qui était le 5eproducteur mondial, a rendu le gavage illégal en 1999. L’Italie y a renoncé en 2004.

    L'Hexagone, qui a inscrit le foie gras au patrimoine gastronomique national en 2006, représente 73 % de la production mondiale, avec 19 300 tonnes l'an dernier, issues de 36 millions de canards et de 570 000 oies gavés, selon la dernière note de conjoncture du ministère de l'agriculture. Si la consommation est en très léger déclin (- 1 %) en 2014, pour la quatrième année consécutive, la production de foie gras a été multipliée par plus de trois en vingt ans. Les Français ont consommé l'an dernier 276 grammes de foie gras en moyenne par personne.

    Les consommateurs restent partagés : selon un sondage YouGov pour L214, réalisé en décembre, 51 % des Français sont favorables à l’interdiction du gavage – 4 points de plus qu'en 2014 et 7 points rapport à 2013 – et 33 % refusent d’acheter du foie gras pour des raisons éthiques ; mais dans le même temps, 80 % d'entre eux estiment que le foie gras est un incontournable des fêtes de fin d'année, selon une autre enquête réalisée en octobre 2014 par le CSA pour le Cifog.

    Audrey Garric

  • De la pensée à la Pleine Conscience (spiritualité)

    "La pensée créatrice exige de l'attention.
    Le pouvoir de l'attention développe la concentration. 
    La concentration développe le pouvoir spirituel
    Et le pouvoir spirituel est la force la plus puissante qui existe."


    Charles F. Haanel


     

    La pensée réclame de l'attention pour aboutir.

    L'attention réclame une ouverture sur le monde.

    La concentration réclame par contre l'observation de soi.

    C'est l'observation de soi qui génère le pouvoir spirituel.

    Et cette observation de soi ramène au monde mais pas dans le seul registre de la pensée.

    La Pleine Conscience s'est éveillée en chemin. 

     

  • L'émerveillement. (Nature)

    La Nature me fascine et je ne peux plus la regarder sans y voir une Intelligence illimitée, évolutive, au-delà de notre imagination...Nous sommes des êtres de cette Nature et nous évoluons aussi, dans un ensemble incommensurable... Il est impossible pour un cerveau humain de connaître l'intégralité des éléments vivants de la planète. 

    Et je ne sais pas si nous atteindrons un jour un état de conscience capable de saisir le miracle intelligent de la Vie. Qu'on ne me prête pas des sous-entendus de divinité ou de religiosité. Lorsque je parle d'intelligence créatrice, je parle de la Nature et même si l'évolution est incontestable et a contribué à l'infinie richesse de cette Nature, il reste dans cette évolution elle-même, un phénomène merveilleux auquel j'attribue le terme d'intelligence. Je ne sais aucunement si cette "intelligence" porte une intention, un projet, un objectif mais il n'en reste pas moins qu'il me plaît de me laisser emporter par la contemplation, sans désir de disséquer le Vivant. Juste cette émotion puissante, bouleversante d'être témoin d'un phénomène dont la richesse est au-delà de la compréhension humaine. 

    Peut-être d'ailleurs que nous devrions apprendre aux enfants à ne pas croire que le savoir apporte un quelconque droit sur la Nature. Peut-être qu'avant de leur apprendre le nom des plantes, des animaux, des fleuves, des montagnes, des nuages, le cycle de l'eau ou celui des saisons, peut-être que nous devrions d'abord leur apprendre à s'asseoir et à regarder, à écouter, à aimer...Juste à aimer. 

    Leur apprendre l'émerveillement.

    Et que cette émotion devienne la source du savoir, qu'il soit le moteur de leur désir. Qu'il soit également comme une citadelle : tout ce qui porte atteinte à l'émerveillement ne mérite pas d'être prolongé. Imaginons ce monde dans lequel les individus "émerveillés" s'interdiraient de porter atteinte à la Nature pour que l'émerveillement ne soit jamais souillé...

     


     

    Anelosimus eximius est considérée comme une espèce d'araignée sociale car elles pratiquent le soin des couvées communs et coopèrent pour capturer leurs proies dans leurs toiles, ce qui leurs permet de capturer des proies beaucoup plus grandes qu'un seul individu en serait capable2.

    Les colonies peuvent comporter plusieurs milliers d'individus.

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    La prédation chez Anelosimus eximius

    (Araneae, Theridiidae)

    jeudi 8 février 2007



     

    J.J. Pères - 02 07

    Parmi les 35000 espèces d’araignées connues, il n’existe qu’une quinzaine d’espèces sociales (Aviles 1997 [1]). Toutes ces espèces, sauf une dont le caractère coopératif n’est pas clairement établi, tissent des structures soyeuses communes, ce qui souligne le rôle de la soie dans la réalisation des tâches collectives. Ces araignées ne présentent aucune particularité morphologique par rapport aux espèces solitaires. Tous les individus sont capables de se reproduire et participent à l’ensemble des tâches. De plus, des individus isolés, expérimentalement ou naturellement (femelles gravides émigrantes), sont capables de tisser un piège dont les caractéristiques sont identiques à l’architecture des colonies (Pères et Bernard 2000 [2]), mis à part la taille. Ces individus isolés sont également capables de capturer des proies. On peut en déduire que ces araignées présentent toutes les caractéristiques éthologiques des espèces solitaires et que le phénomène social résulte simplement d’une coordination d’activités individuelles préexistantes chez les espèces ancestrales. La mise en évidence des mécanismes responsables de cette coordination, c’est à dire permettant le passage d’activités individuelles désordonnées à l’activité collective coopérative, correspond à l’objectif poursuivi par les biologistes impliqués dans ce projet.

    Les deux formes d’activités collectives les plus impressionnantes par leur efficacité et que nous avons retenues parmi les manifestations sociales de ces araignées (soins aux jeunes, défense contre les prédateurs, émigration, compétition intra-coloniale, adaptation du piège aux besoins de la colonie,..) sont la construction commune du piège et la capture des proies.

    Les araignées sociales de Guyane, qui ne mesurent que 5mm, construisent des édifices soyeux dépassant souvent 100 m3 de volume (les dimensions extrêmes s’étendent de 1 litre à 1200 m3) (Pasquet & Krafft 1989 [3]). En dépit de la variabilité des formes de ces structures, qui suggère une influence des contraintes physiques imposées par l’environnement végétal, on y décèle des règles architecturales simples mais immuables. Toutes ces colonies sont composées d’une nappe horizontale en forme de hamac, surmontée d’un réseau tridimensionnel de fils non gluants ayant pour fonction d’arrêter les insectes dans leur course.

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    Anelosimus eximius - 5mm
    Prédation collective dans une colonie d’A. eximius 
    Photo - Alexandre Bernard

    La construction du piège

    Comme les individus isolés sont capables de construire des structures en accord avec ces règles (Pères et Bernard 2000), nous avons émis l’hypothèse que les algorithmes comportementaux mis en œuvre sont identiques à ceux des araignées solitaires et pris comme premier modèle une espèce locale solitaire dont le piège comporte également une nappe horizontale et un réseau tridimensionnel,Agelena labyrinthica (de la famille des Agelenidae qui renferme également deux espèces sociales africaines). Cette toile présente cependant une caractéristique supplémentaire, la présence d’une retraite tubulaire débouchant sur la nappe.

    Les premiers résultats obtenus révèlent que les caractéristiques physiques de l’environnement ont une influence sur la construction de la nappe et du réseau. La nappe est construite au niveau de la frontière horizontale entre le milieu fermé de la strate herbacée dense et le milieu ouvert occupé par les hampes des graminées. La dimension du réseau dépend de la végétation surplombant la nappe. La construction d’un milieu artificiel en laboratoire, formé de piquets de différentes hauteurs et de différentes densités, a confirmé ces observations. La nappe est construite au sommet des piquets les plus denses et la hauteur du réseau dépend des piquets les plus grands.

    Dans un tel milieu, la modélisation par système multi-agents permet d’obtenir une nappe et un réseau en utilisant des algorithmes comportementaux simples (Bourjot et al 1999 [4]). L’araignée virtuelle se déplace au hasard de piquet en piquet en tissant un fil. Le fil est fixé aux sommets des piquets. Cependant la structure soyeuse obtenue occupe la totalité de l’espace virtuel disponible. L’introduction d’une règle supplémentaire, vérifiée chez les araignées sociales et solitaires, l’attraction que la soie exerce sur l’araignée, permet d’obtenir une toile de dimension finie n’occupant pas la totalité de l’espace virtuel. Cette attraction correspond à la probabilité qu’a l’araignée qui rencontre un fil déjà posé de suivre ce fils ou de le quitter. Les fils de soie posés correspondent à une modification de l’environnement assimilable à une « mémoire » des trajets déjà effectués qui incite l’araignée à rester dans le secteur déjà balisé de fils.

    Nos résultats montrent que ces règles sont suffisantes pour entraîner la coopération de plusieurs araignées virtuelles qui ne font pas de distinction quant à l’origine de la soie rencontrée. Du fait de l’attraction exercée par la soie, les différents agents sont piégés par les structures soyeuses et construisent une toile commune sans interagir directement entre eux.

    D’après ce modèle, l’attraction de la soie serait suffisante pour entraîner la coopération d’agents réactifs à leur soie comme à celle des autres, mais qui par ailleurs s’ignorent.
    Ce principe a déjà été vérifié sur le modèle biologique, car il est possible d’obtenir une coopération lors de la construction de la toile chez l’araignée solitaire Agelena labyrinthica à condition de faire se succéder les différents individus sur le chantier. Chaque araignée réalise l’une des étapes de la construction en étant pilotée par les structures soyeuses déjà élaborées par les individus précédents. La soie est donc le moteur de la coordination pour peu que les individus ne présentent pas de comportement agonistique. Il s’agit d’un mécanisme similaire à la stigmergie découverte par Grasse chez les Termites (Grasse 1984). La termitière en construction dirige et oriente le comportement des individus de la colonie.

    Si ces mécanismes simples correspondent bien à ceux responsables de la construction collective chez les araignées sociales, nous sommes en face d’un processus particulièrement robuste car leurs pièges sont construits sur des supports variables (zone herbeuse, buissons, cime des arbres) dont les caractéristiques physiques sont imprévisibles sans qu’on n’observe pour autant d’altération des règles architecturales.
    Cette première étape soulève plusieurs questions dont certaines font l’objet de ce projet. Si l’attraction de la soie a été mise en évidence, elle n’a pas été quantifiée. Quel est la valeur du coefficient d’attraction de la soie (ou probabilité de suivre un fil) permettant la coopération la plus efficace, mais aussi l’extension du piège et l’émigration de certains individus ? Notre modèle est basé sur les principes d’une stigmergie quantitative, or les modifications comportementales des araignées lors de la construction impliquent également une stigmergie qualitative. Les algorithmes comportementaux mis en évidence sur les araignées solitaires doivent être vérifiés sur les araignées sociales, en particulier sur le terrain en raison de difficultés techniques liées aux conditions de laboratoire.

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    Edifice d’Anelosimus eximius
    Photo - Alexandre Bernard

    Capture des proies

    La capture collective de proies peut également s’expliquer par des règles comportementales simples. L’efficacité de ces captures est remarquable puisque les araignées sociales sont capables de maîtriser des proies dont le poids sec atteint 700 fois celui des individus (Pasquet & Krafft 1992 [5]).

    Les araignées sont réparties en petits groupes sous les feuilles incorporées au réseau. Cette répartition permet le repérage des proies dans l’ensemble du piège. L’insecte qui se prend dans le piège est à l’origine de vibrations qui attirent un nombre variable d’individus en fonction de leur énergie et de leur durée. C’est apparemment la proie qui « décide †du nombre d’araignées nécessaires à sa capture. Lorsque les araignées se déplacent vers l’épicentre des vibrations, elles présentent une succession de brefs arrêts et déplacements synchronisés (Krafft & Pasquet 1991 [6]). Les arrêts permettent aux individus « d’écouter †où se trouve la proie.

    Les expériences déjà réalisées montrent qu’au contact de l’insecte, les araignées manifestent une succession de comportements (projection de soie gluante, projection de soie sèche, morsures) qui ont pour effet de le neutraliser. Par la suite on assiste à la section des fils de soie retenant la proie dans le réseau et à la fixation de fils de traction permettant son transport collectif en direction d’une feuille abri. La succession des actes et leur coordination s’expliquent par le fait que chaque individu ajuste son comportement à l’état de la proie qui lui même est le résultat de l’activité des araignées précédentes. Comme pour la construction, les araignées réagissent par un mécanisme « stimulus-réponse †aux modifications du milieu engendré par leur propre activité (état de la proie) ou celle des congénères, sauf qu’il s’agit ici d’une stigmergie qualitative (Vakanas & Krafft 1985 [7] ).

    L’expérience montre que ce processus est remarquablement robuste dans la mesure où l’endroit d’arrivée de la proie, sa nature et sa vigueur sont imprévisibles.
    Là encore se posent un certain nombre de questions. Comment le nombre d’araignées est il ajusté aux caractéristiques de la proie ? Quels sont les causes de la répartition des araignées en petits groupes dans l’ensemble de la structure ? Quel est l’origine de la synchronisation des déplacements ? Quels sont les mécanismes de décision collective qui déterminent l’orientation du transport dans une seule direction alors que les araignées proviennent de groupes différents ?

    Captures collectives

    • Origine de la répartition des groupes d’araignées dans le piège.

    La répartition des groupes d’araignées dans la structure soyeuse est un facteur important de l’efficacité de la capture en raison de l’amortissement des vibrations transmises par la soie. En raison de cette répartition, la colonie est opérationnelle quel que soit l’endroit d’arrivée de la proie. D’après nos observations sur le terrain, il semble que cette répartition dépende des conditions environnementales.

    • Ajustement du nombre d’araignées aux caractéristiques de la proie.

    Divers mécanismes complexes permettent d’ajuster le nombre d’individus à la ressource alimentaire chez les insectes sociaux (danse des abeilles, pistes chimiques des fourmis). Cet ajustement chez les araignées sociales semble lié aux capacités de transmission des vibrations par la soie. Les observations sur le terrain indiquent que les araignées peuvent être attirées à des distances comprises entre 5 et 40 cm suivant la vigueur de la proie. C’est pourquoi nous nous contenterons de rechercher la relation entre l’intensité des vibrations à leur source et le nombre d’araignées attirées.

    • Synchronisation des déplacements.

    La synchronisation des déplacements des araignées se dirigeant vers la proie est un phénomène spectaculaire. Sur le plan fonctionnel il semble que les courtes phases d’immobilité des individus facilitent le repérage de la proie, car le déplacement de nombreuses araignées est à l’origine d’un bruit de fond vibratoire susceptible de masquer le signal proie. En effet, cette synchronisation est particulièrement marquée lorsque la proie se déplace dans le réseau ou après sa fuite, c’est à dire lorsqu’elle est difficile à localiser. Dans la mesure où cette synchronisation peut être déclenchée par un objet inerte tombant dans le piège (le seul signal vibratoire est alors celui de l’impact de l’objet) et qu’elle persiste après la fuite de la proie on doit admettre qu’elle dépend de processus issus des araignées elles mêmes. Comme par ailleurs il a été impossible d’identifier un quelconque leader, on peut en déduire qu’il s’agit d’un processus auto-organisé (Krafft et Pasquet 1991).

    Le mécanisme de cette synchronisation n’est pas encore élucidé. Son étude requiert le développement d’un logiciel permettant une analyse (au moins semi-automatique) des déplacements des araignées. Les premières analyses manuelles sur un nombre réduit de cas suggèrent cependant que la synchronisation du point de démarrage des déplacements est plus marquée que celle des arrêts. Par ailleurs, une araignée isolée se déplace de manière saccadée vers la proie avec une successions d’arrêts. On peut donc supposer l’existence d’un rythme endogène de fréquence variable avec une mise en phase du début des déplacements selon un processus voisin de celui découvert chez les lucioles.

    Mais ces déplacements synchronisés sont également à l’origine de phénomènes vibratoires rythmiques susceptibles de jouer le rôle de signal de recrutement. En effet, des individus immobiles à l’origine viennent se joindre au groupe même après la disparition de la proie ou du signal vibratoire artificiel. L’étude de ce phénomène est cependant délicate car il est difficile de déterminer si ces individus répondent à ce signal ou si leur latence de réponse à la présence de la proie est particulièrement longue.

    • Décision collective et transport de la proie dans une direction donnée.

    Le moment du transport dépend de l’état de la proie (paralysée et inerte). Les araignées tirent alors la victime dans une direction donnée qui correspond généralement à la position de la feuille abri d’où est issu le groupe. Mais il est fréquent que les araignées participant à la capture et au transport proviennent de groupes différents. Pourtant, à de rares exceptions près, tous les individus tirent dans la même direction. Il y a donc un processus de décision collective.

    Les colonies étant installées dans des sites très ensoleillés, les feuilles abri ont pour fonction essentielle de procurer de l’ombre aux araignées. Mais sur des supports végétaux denses certaines feuilles sont inoccupées et pourtant les proies ne sont pas transportées dans leur direction. On peut donc exclure à priori une simple attraction vers une zone d’ombre. On peut également imaginer un phénomène de "homing"(*). Mais dans ce cas les araignées devraient tirer la proie en direction de leur groupe d’origine, ce qui nécessiterait que chaque individu « identifie †sa position dans une structure soyeuse particulièrement complexe et entraînerait une compétition.

    Nous faisons l’hypothèse que les araignées se basent sur les fils produits lors de leur déplacement initial vers la proie. Lors du transport de la proie, les araignées effectuent des aller-retour qui sont à l’origine de la pose de nouveaux fils. Dans le cas de l’intervention d’individus de deux groupes différents l’apparition d’une asymétrie dans le nombre de fils en direction des différents abris serait à l’origine de la décision collective de tirer dans une seule direction. Ce seraient donc les modifications du milieu consécutives aux déplacements des araignées (pose de fils) qui entraîneraient cette décision collective, comme c’est le cas lors des déplacements coordonnés de groupes d’individus dans une situation de choix binaire (Saffre et al 1999 [8]).

    • Modalités de transport de la proie.

    Le volume, le poids et la densité de la proie sont imprévisibles. Il faut donc un ajustement du comportement des araignées aux caractéristiques de la proie (nombre d’araignées participantes, nombre d’aller-retour, nombre de fils qu’il faut nécessairement couper).

    Lors du transport, les araignées fixent un fil à la proie, se déplacent en direction de l’abri sur une certaine distance, tirent sur le fil et le fixent au réseau. Puis elles reviennent sur la proie et recommencent leur manège. Mais des fils posés lors de la capture et arrimant la proie dans le réseau s’opposent à son déplacement. Ces fils sont repérés par les araignées et coupés. Lors du déplacement de la proie, certains fils de traction deviennent eux mêmes un frein et sont alors coupés. On peut en déduire que le repérage des fils qui doivent nécessairement être coupés ne dépend pas de leur nature (marquage chimique), mais de leur action mécanique ou de leur orientation par rapport à la direction du transport.
    Faut il imaginer un repérage de l’orientation des fils par les araignées afin de déterminer ceux qu’il est nécessaire de couper, ce qui implique des capacités cognitives complexes, ou peut on expliquer ce phénomène par un mécanisme plus simple ? Dans la mesure où les fils de traction se multiplient rapidement, on peut émettre l’hypothèse que les fils retenant la proie subissent des tensions supérieures. Les araignées se contenteraient alors de couper les fils subissant les tensions les plus fortes dès lors que le déplacement de la proie est empêché. L’expérimentation dans ce domaine est difficile et seule la modélisation peut nous révéler si cette hypothèse est suffisante.

    Les caractéristiques de la proie sont imprévisibles. Il est donc essentiel de rechercher les relations qui existent entre le poids ou le volume de la proie et la technique de transport. Ce problème peut être abordé facilement en manipulant les proies. Une mouche lestée d’un plomb de pêche approprié pèse le même poids que deux mouches collées l’une à l’autre. Cette technique permet de comparer les effets du volume et de la densité. Notre projet vise à étudier les effets de ces deux caractéristiques sur le nombre d’individus participant au transport et sur le nombre ou la longueur des aller-retour. Un logiciel de trajectométrie faciliterait grandement cette étude.

    (*) "Homing" : Littéralement "retour à la maison" - Acheminement des proies à des endroits prédéfinis impliquant une notion d’appartenance à un groupe génétique.
    Le phénomène de homing s’applique plus fréquemment aux espèces de poissons retournant frayer à des endroits bien définis.


    Voir également sur le site du G.E.A. (Groupe d’Etude des Arachnides) :
    Une colonie d’araignées sociales Anelosimus eximius (Theridiidae) - Jean-Jacques PERES

    BIBLIOGRAPHIE

    [1] AVILES L., 1997. Causes and consequences of coopération and permanent-sociality in spiders. In : Evolution of social behavior in insects ans arachnids (Choe, J. & B. Crespi Eds.), Cambridge Univ. Press, Cambridge, pp 467-498.

    [2] PERES & BERNARD, 2000. Action Bio informatique "Araignée sociales pour le résolutions des problèmes d’émergence" - Loria 2000

    [3] PASQUET A & B KRAFFT - 1989. Colony distribution of the social spider Anelosimus eximius (Araneae, Theridiidae) in French Guyana. Insectes Sociaux 36 : 173-182.

    [4] BOURJOT C., CHEVRIER V., BERNARD A., KRAFFT B. - 1999. Coordination par le biais de l’environnement : une approche biologique In ingénierie des systèmes multi-agents, actes des JFIADSMA, St Gilles les Bains pp 237 -250 , Hermes ,1999

    [5] PASQUET A. & KRAFFT B. - 1992. Cooperation and prey capture efficiency in a social spider, Anelosimus eximius
    (Araneae, Theridiidae). Ethology, 90, 121-133

    [6] KRAFFT B. & PASQUET A. - 1991. Synchronized and rhythmical activity during the prey capture in the social spider
    Anelosimus eximius (Araneae, Theridiidae). Insectes Soc., 38, 83-90

    [7] VAKANAS & KRAFFT - 1985. Behaviour of colonial spider of the Theridiiidae species Anelosimus eximius Anim. Behav., 26, pp 652-695

    [8] SAFFRE et al - 1999. Dragline attachment pattern in the neotropical social spider Anelosimus eximius (Araneae : Theridiidae) Ethology,98,pp 225-242

  • La transformation (évolution spirituelle)

    "Craint-on la transformation ? Mais sans transformation, que peut-il se produire ?

    Qu'y a-t-il de plus cher et de plus familier à la Nature universelle ?

    Toi-même, peux-tu prendre un bain chaud si le bois ne subit aucun transformation ? Peux-tu te nourrir si les aliments ne subissent aucune transformation ? Et quelle est celle des autres choses utiles qui peut s'accomplir sans transformation ?

    Ne vois-tu donc pas que ta propre transformation est un fait pareillement nécessaire à la Nature universelle ? " 
     

    Marc Aurèle. 
     

     

    Questions inévitables :

    "Suis-je en transformation intérieure ou suis-je juste attaché à la transformation de mes conditions de vie extérieure ?

    Suis-je inscrit dans une évolution spirituelle ou bien matérielle ?

    Est-ce que cette transformation matérielle peut satisfaire la Nature universelle ?

    Est-ce que je suis porté par une évolution libératrice ou au renforcement des structures qui m'enferment ?
     

    Se poser les questions une par une et prendre le temps d'y répondre.

  • "La leçon du Professeur Hibou" (littérature)

    Une réponse claire, simple et adaptée aux enfants d’aujourd’hui

     

    Par Clotilde (Éducatrice) 

    De par mon métier d'éducatrice, je rencontre de nombreux parents depuis des années et je constate qu'ils sont de plus en plus démunis, perplexes, voire parfois complètement dépassés face à l'éducation de leurs enfants. La cellule familiale et les modes de vie ont évolué à une vitesse vertigineuse et beaucoup de parents ont perdu leurs repères, les enfants sont désorientés.
    Comment répondre au besoin criant d'autorité des enfants ? Comment aider les parents à incarner l’autorité de façon légitime ?
    Lorsque j'ai lu La leçon de professeur Hibou (1), j'y ai vu une réponse claire, d'une simplicité remarquable, parfaitement adaptée aux enfants d'aujourd'hui :

    • Une réponse, à la portée de tout un chacun. 
    • Une réponse pour accompagner les enfants vers une autonomie véritable : « Écoute ton cœur et fais ce qu'il te dit ». 
    • Une réponse à leur besoin de liberté. 
    • Une réponse qui donne aux parents l'immense responsabilité de toujours amener l'enfant à sentir dans son cœur ce qui est à faire et à s'y soumettre – et le devoir de jouer le jeu afin d'être un exemple à suivre. 
    • Une réponse qui, si elle est mise en pratique dès la petite enfance, aidera les adultes à se défaire de l'habitude néfaste et parfois désastreuse, de savoir ce qui est bien pour les enfants. 

    J'ai eu l'occasion de lire La leçon de professeur Hibou à des enfants petits, mais aussi un peu plus grands, elle leur parle et les interpelle. On dirait qu'ils mesurent, de manière intuitive, l'étendue de la leçon et l'ouverture qu'elle provoque dans leur conscience.
    J'ai même vu un enfant, particulièrement coquin, se boucher les oreilles. Il savait, intuitivement, qu'il ne pourrait plus faire à sa tête s'il apprenait à faire selon son cœur. Cela montre à quel pointLa leçon de professeur Hibou éveille à la réalité de l'autorité que l'enfant porte en lui et combien elle est porteuse d'espoir pour l'avenir du monde. 


    (1) "La leçon de professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS 

     

    Par Florence (maman de Vincent) 

    Voici les échanges que j'ai pu avoir avec Vincent sur cette histoire (1) et mes remarques.

    - Vincent, tu aimes l'histoire de Maître Hibou ? Oui.
    - Pourquoi ? Parce qu'elle est belle à écouter et trop jolie.
    - Tu y penses souvent ? Oui, très souvent. 
    - Pourquoi ? Parce que je l'aime. 
    - Et c'est bien d'interroger son cœur ? Oui.
    - Pourquoi ? Parce qu'il faut être sage et être copain avec tous les autres. 
    - Et l'histoire t'a aidé à être copain avec tous les autres ? Oui.

    Je me suis aperçue qu'avec cette introspection Vincent était plus posé. C'est comme s'il prenait vraiment conscience des bêtises qu'il faisait, alors qu’auparavant, on lui criait dessus, on le punissait, mais ça ne le touchait pas.

    Parfois de lui même il me dit que son soleil est blessé. Alors on discute pour savoir ce qu'il faut faire pour aller mieux.
    Maintenant, à nous parents, de faire sortir du cadre de l'école cette histoire de Maître Hibou qui fonctionne très bien en classe et à la maison. Je dis à Vincent que cette règle est valable partout : au judo, au centre-aéré, avec les cousines, bref partout. Pour lui, c'était à l'école et à la maison c'est tout.

    En tout cas, je compte bien la lire à la petite sœur dans quelque temps.

    (1) "La leçon de professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS 

     

    Témoignage d'un parent d'élève (1)

     


    Par Caroline (maman de Tristan) 

    En ce qui concerne professeur Hibou (1) et Tristan... ce volatile est devenu le symbole du bien et du mal pour mon garçon. A plusieurs reprises, alors qu'il s'apprêtait à faire une bêtise ou à ne pas écouter une consigne, nous l'avons surpris à "se reprendre" en cours de route. A notre félicitation et à notre question du pourquoi a-t-il finalement choisi la raison, Tristan a répondu simplement que dans son cœur, il savait que ce n'était pas bien, qu'il a pensé à Mario et Maria et qu'il a donc changé d'avis. (Merci professeur Hibou !)
    De même, nous l'avons plusieurs fois entendu faire la leçon à son grand frère, en évoquant le fait qu'il faisait quelque chose de mal, et que professeur Hibou dit qu'il faut écouter son cœur et faire le bien...
    Enfin, à sa sortie de fin d'année, Tristan a partagé son pique nique avec un enfant qui n'en avait pas ; la veille au soir nous avions lu l'histoire du professeur Hibou à sa demande et à la fin de la lecture, il avait conclu, comme systématiquement, qu'il serait très très sage le lendemain... Est-ce lié ?
    Quand nous lui demandons de nous expliquer pourquoi il aime tant l'histoire de professeur Hibou, il répond : " Parce que des fois, ma tête n'a pas envie d'être sage, mais si je pense à Mario et Maria, alors, mon cœur me dit qu'il faut que je sois sage et je suis sage".

    (1) "La leçon de professeur Hibou" - les ateliers de la plume EDITIONS 

  • Une école existentielle. (école)

          

     

      LE CONTENANT ET LE CONTENU

     

    Je ne connais que l'école élémentaire. Mais c'est bien là que tout commence...

    L'essentiel, à mes yeux, reste la connaissance de soi. Le contenant avant le contenu. L'individu avant l'élève. Lorsque l'éveil à soi est validé, l'éveil au monde devient possible.

    Les adultes enseignants sont évidemment en première ligne... Mais il ne faut rien attendre de l’Éducation nationale, que ça soit un gouvernement de droite ou de gauche d'ailleurs. Trente ans que je suis instituteur et je n'ai vu qu'une dégradation continue de la prise en compte de l'individu, dans les moyens accordés et sur le fond également. Des statistiques, évaluations nationales, réformes dérisoires ou inapplicables, aucune évolution réelle. La réforme actuelle sur les rythmes scolaires va au-delà de tout ce que j'aurais pu imaginer...

     

    Tout le problème vient de l'école élémentaire à mon sens. Ce que vit le collège n'est que le résultat d'une absence d'existence en tant qu'individu. Au lycée, la proximité de la vie professionnelle sauvent quelque peu ceux qui sont encore dans la course... Mais les dégâts sont effroyables. L'école est avant tout un mouroir spirituel. Il n'y a que la philosophie existentielle (et non pas cognitive) qui puisse inverser le mouvement.

    L'école n'est que le reflet du monde. Elle est un contenu et non pas un contenant. Juste une excroissance d'un système extrêmement vaste. Il est vain à mon sens d'attendre une évolution positive de l'école elle-même alors qu'elle dépend intrinsèquement d'un champ beaucoup plus vaste. C'est toute la vision de l'individu qu'il faut revoir. C'est comme entreprendre la rénovation intérieure d'une maison alors que le bâti est en ruine. Dès lors que le système scolaire est orchestré par des instances qui ont pleinement adhéré à la vision matérialiste de l'existence, il est absurde d'en attendre autre chose que les valeurs que ces gens soutiennent. Par conséquent, il est illusoire de croire que les changements puissent venir de la hiérarchie. On est dans le même fonctionnement que "les Indignés". C'est l'engagement de la base qui porte les germes du changement. Collaborer ou résister. Il convient donc d'établir, en soi, les priorités de sa mission et œuvrer à les appliquer. Pour ce qui est de l'école, les techniques d'enseignement sont secondaires. Tant que l'humain est valorisé, écouté, aimé, accepté dans ses différences, porté, accompagné, il n'a plus aucune raison d'entrer en rébellion. Les techniques, dès lors, sont des moyens, pas les objectifs qu'ils finissent par devenir tant on leur accorde d'importance...

    L'immense difficulté du travail vient du fait qu'il est impossible de réussir sans que ce travail ait été fait sur soi. Ça ne s'apprend pas dans des livres même si les livres peuvent être des soutiens. Chaque enseignant devrait avant tout être enseignant de lui-même, son propre élève et son propre maître, une alternance constante entre l'apprentissage et la validation des acquis spirituels. Et je dis bien "spirituel" et non pas "cognitif". Une spiritualité qui bien évidemment n'a rien à voir avec la religion. "Lettres aux écoles " de Krishnamurti devrait être une lecture de chevet...Les instances dirigeantes ne la proposeront jamais...

    Ce système scolaire dans lequel l'apprentissage cognitif est la seule référence aboutit à un système pervers de croyances. Les diplômes représentent la validation administrative des étapes dans l'accumulation de ces croyances. Je parle de croyances étant donné que ces savoirs contribuent à l'égarement de l'individu dans l'idée que ce qu'il fait, produit, réalise, durant ce cheminement cognitif LE représente, que ce qu'il fait correspond à ce qu'il est et que la "réussite" dans ce parcours scolaire contribue à son être. Les concepteurs de la bombe nucléaire, les chimistes de Monsanto, les ingénieurs de chez Dassault aviation, sont tous des gens hautement diplômés et ils sont à des années-lumière de la moindre conscience unifiée. Ils œuvrent à la validation de leurs études dans l'exploration de leur ego en ayant abandonné toute forme d'empathie avec le flux vital.

    Leurs croyances les nourrissent et ils se sentent certainement redevables de ce que le système scolaire leur a permis de devenir. Des fanatiques.

    C'est parce que l'enseignement actuel exclut la dimension spirituelle que ces croyances s'établissent avec une telle force. Le pouvoir, la puissance, la compétition sociale, la comparaison, l'envie, la rentabilité, la technicité jusqu'à l'absurde, le profit, le mensonge, la soumission, la tricherie, la compromission, toutes les dérives actuelles sont les conséquences d'une déshumanisation de l'enseignement.

    Je me demande d'ailleurs comment justifier l'idée qu'une société malade puisse s'ériger en formateur de jeunes esprits ? Comment peut-on considérer que les pairs, dans leurs dérives anciennes, puissent œuvrer au « Bien-Naître » des individus ? 

    Il me vient parfois à l'esprit que cette société agit comme un incubateur. Elle favorise l'éclosion de ses prochaines victimes. Victimes spirituelles à une échelle gigantesque. Jusqu'à l’individu sans domicile, rejeté, banni, oublié, ignoré et qui deviendra une victime physique. En passant par les suicidés, les intoxiqués, les déjantés, tous ceux qui se seront perdus en cours de route, qui auront quitté l'axe principal pour s'aventurer sur des chemins de traverse. Il y a des rescapés. Ceux qui basculent pour une raison qui parfois leur échappe dans cette dimension spirituelle dont ils ont été privés durant leur survie.

    L'enseignement scolaire actuel exclut totalement la dimension spirituelle de l'individu. La classe de philosophie de terminale n'est qu'une accumulation de connaissances aboutissant à une évaluation chiffrée comme si le but essentiel de la philosophie tenait dans un cadre aussi restrictif. C'est consternant et ça contribue au rejet quasi général de ce regard porté sur l'existence. Pour ma part, la philosophie n'est même pas une finalité. Elle n'est qu'un moyen de tendre vers une complétude de l'individu, une unification de l'ego avec l'inconscient, du moi avec le Soi qui le contient, une observation lucide des conditionnements et de leur analyse.

    La philosophie pour elle-même n'a pas plus d'intérêt que la connaissance de la carte du monde. Il ne s'agit que de l'image d'un territoire mais son exploration rend nécessaire l'engagement du marcheur. Sortir d'une classe de terminale en se contentant de connaître la carte sans que cela n'ait déclenché le désir absolu de se lancer sur la route intérieure est un échec cuisant pour l’Éducation nationale. Il faudrait que ce mammouth cherche à connaître, sur le long terme, le nombre d'individus ayant éprouvé cet amour des horizons intérieurs.

    Le constat serait effrayant.

    La philosophie est bien autre chose qu'une matière scolaire. Luc Ferry disait qu'il était inutile de chercher à initier de jeunes enfants à une démarche philosophique. Je suis d'accord avec lui s'il s'agissait de l'enseigner comme cela est fait en France. Mais pour ma part, je mets bien autre chose dans le terme que ce simple épandage de notions diverses dans des esprits en friche. Lorsque je travaille avec mes élèves sur la gestion des émotions, nous faisons de la philosophie puisque l'objectif est de vivre mieux comme l'entendait Sénèque. Pour Luc Ferry, la philosophie est un moyen d'épandre sur les autres ses connaissances.

    Évidemment, il trouverait humiliant que ça soit vers de jeunes enfants. 

    Il a une trop haute estime de lui.

     

    Je pense, pour le vivre depuis trente ans, qu'il est bien plus délicat d'éveiller de jeunes esprits que de formater des adolescents. Ceux-là, n'ayant justement jamais eu à s'observer réellement, en dehors du prisme étroit de leur vie sociale, ils sont très facilement manipulables. Les jeunes enfants auront besoin d'une pratique régulière pour accéder à une réflexion lucide mais ils y parviendront parce qu'il s'agit de « vivre mieux » et qu'ils sont particulièrement sensibles aux émotions que cela génère.

    Lorsqu'une élève me dit, après notre discussion sur le chemin éclairé par les lampadaires qu'on allume, que les zones d'ombres lui apparaissent beaucoup moins inquiétantes dès lors qu'on sait qu'il est bon et reposant de venir se ressourcer sous les lumières acquises, et bien, je sais qu'il s'agit de philosophie. Puisqu'elle vivra mieux.

    Il n'est nullement question pour moi de remettre en cause le rôle "économique" de l'école dans la totalité du cursus et la participation à l'avenir professionnel des enfants. Je dis simplement qu'à l'école élémentaire, la priorité est de participer au développement équilibré de l'individu. C'est lorsque cela aura été validé que le reste suivra de lui-même. Et non l'inverse.

    Tout le nœud du problème tient dans cet accompagnement de l'humain. C'est là justement que la philosophie à l'école élémentaire peut prendre une place primordiale. Encore faut-il que les enseignants en prennent conscience et fassent eux-mêmes ce travail. Mais qui va juger de la démarche existentielle des enseignants ? C'est à eux de le faire. La priorité, depuis des décennies, c'est « l'avoir », c’est à dire l'extérieur. On travaille à l'envers. Les Peuples Premiers n'ont jamais perdu de vue qu'un chasseur, un cueilleur, un berger, un potier, ne représentent que des fonctions et qu'elles ne doivent jamais prendre le pas sur la Nature humaine.

    Et comme les enseignants sont aussi, pour la plupart, des parents, le formatage est le même... Il n'y a par contre rien de définitif dans ce constat. Les rencontres que j'ai avec les parents d'élèves au long de l'année me montrent bien qu'ils sont dans leur grande majorité à l'écoute et lorsque les enfants leur rapportent le bonheur d'apprendre, ils prennent le même chemin. Il s'agit donc bien d'une osmose à réaliser dans ce triptyque, enfant, parents, enseignants. Toute condamnation ou jugement renforce l'épaisseur des barrières... Pour ce qui est de l’Éducation nationale, je ne l'inclus pas, volontairement, dans cette rencontre à établir. Elle n'a rien à imposer, elle se doit de suivre ce qui fonctionne sur le terrain.

    Il faut inverser le sens des influences.

    Depuis des décennies, les gouvernements successifs ont voulu faire tenir ce rôle à l'école : un rôle économique affiliée à une "philosophie matérialiste". Les objectifs étaient clairs et je rappelle d'ailleurs que Mr Hollande a dit que « l'école avait un rôle prioritaire dans le soutien à l'économie ». Alors, cette idée que l'enseignement doit avoir une portée concurrentielle, qu'elle doit permettre à la France de garder son rang, etc ...c'est ce qui est dit depuis bien longtemps alors que Jules Ferry disait : "Nous ne vous demandons pas d'en faire des grammairiens mais des hommes. "

    Et je répète alors ce que j'ai déjà dit. Il est essentiel d'aider à la constitution du récipient avant de vouloir y mettre quelque chose. Sinon, tout s'enfuit. Et là, ça fait longtemps qu'on travaille à l'envers. L'école élémentaire n'a AUCUN rôle à tenir au regard de l'économie et de la formation de futurs salariés. Le collège doit par contre s'ouvrir aux formations professionnelles pour des jeunes qui en ont le désir et non pas pour s'en débarrasser. Que ça soit fait par des gens compétents et avec des moyens, en partenariat avec les secteurs économiques concernés. Mais pour ce qui est de la filière purement scolaire, elle se doit d'apporter aux individus l'accession au "savoir être". Le "savoir-faire" viendra en son temps et c'est ce regard et cet accompagnement existentiel qui soutiendra les étudiants dans le long cheminement vers les hauts diplômes.

    Les individus se définissent aussi par leur activité économique mais s'ils ne se définissent QUE par ça, que leur reste-t-il lorsqu'ils perdent leur travail?...Toutes les identifications sont des pièges redoutables dès lors que l'individu ne se pense exister qu'à travers le statut que ces identifications lui donnent. Il s'agit donc, en priorité, à travers l'enseignement et l'éducation, d'apporter suffisamment de lucidité à l'individu pour qu'il découvre ce qu'il est mais sans jamais se figer.

    Je ne suis pas instituteur, j'exerce le métier d'instituteur.

    Le "Je" est bien autre chose qu'une fonction. Il est par essence une Nature.

    Quant aux modèles dont les enfants se servent, je les vois à longueur d'année : Justin Bieber ou Ronaldo pour les garçons et Rihanna ou Violetta et autres starlettes pour les filles. Leur rêve à tous et toutes étant principalement de gagner des centaines de millions et d'être adulés. La valeur humaine est une notion qui leur échappe totalement. C'est pour cela que je leur raconte la vie de gens comme Albert Wegener, Marie Curie, Walter Bonatti, Bernard Moitessier, Alexandra David Neel, Nicole Viloteau, Laurence de la Ferrière, Louis Pasteur, Soeur Thérésa, Aung San Suu Kyi, Sir Edmond Hillary et Tensing Norkay etc etc...C'est pour cela que je les emmène en montagne. Les valeurs morales et les valeurs physiques. Tout le reste est secondaire. Même si ça reste important. C'est une continuité, pas un point de départ.

    Tout le problème, pour moi, tient dans le fait, encore une fois que les parents et la société en général, télévision et médias, laissent penser aux enfants que l'apparence mais surtout l'appartenance à un groupe, à une image partagée, à une structure a davantage d'importance que l'individu lui-même. La "Biebermania" en est un des dernières apparitions. Il y en aura d’autres, il faut entretenir l’armée des décérébrés.

    Chez les adultes, on retrouve le même phénomène. C'est toujours une absence de vie intérieure qui trouve sa complétude dans des mouvements de masse. Les habits à la mode, être supporter de l'OM ou du PSG, voir les films dont parlent les médias, lire les livres qui ont eu des prix littéraires, regarder pendant des milliers d'heures des émissions télévisées dont le niveau se situe à celui des égouts et bien sûr avoir une Rolex..., ça prend évidemment des proportions différentes selon le milieu social mais le fonctionnement est le même. L'appartenance, la reconnaissance, l'adhésion aux groupes, l'avoir qui supplée l'être.

    J’entends souvent dans les médias des « spécialistes » dire que le niveau des enfants baisse. À mon sens, c’est parce que le contenant est friable. Donc, le contenu s'écoule. Et comme la société, elle-même, montre des signes de plus en plus inquiétants de friabilité, dans de multiples domaines, cette perméabilité des individus se renforce. La peur est un effaceur surpuissant. Et je vois de plus en plus, dans mes classes successives, les peurs grandissantes des enfants. L’instabilité parentale en est une cause mais elle n’est pas la seule. Le Monde autour d’eux est violent ou en tout cas les représentations qu’on leur donne à voir.

    J'en reviens à mon point de départ. C'est lorsqu'on aide l'individu à se connaître qu'il a des chances un jour de connaître quelque chose. Si on ne donne pas de sens à l'enseignement, ça part dans tous les sens et ça cafouille. Et ça commence bien évidemment dès les premières années d'école. Qu'on fasse découvrir la philosophie uniquement en terminale et pour l'obtention d'un diplôme, c'est totalement aberrant... Je n’ose imaginer ce que Socrate en penserait.

    Et on ne s’en sortira pas avec la Morale laïque que prône maintenant Mr Peillon quand il l’affuble de l’apprentissage de la Marseillaise et l’évaluation chiffrée de ces enseignements. La morale laïque, telle qu’elle a été présentée, ces dernières heures, a pour objectif le ciment social. Mais ce social se réfère toujours à un contexte extérieur…On tourne en rond…Et on creuse un trou…

    Déprimant.

     

  • La Bretagne prend le Maquis...(politique)

    Publié par Torreben

    LE GUILVINEC se déclare à l’unanimité« Hors Traité Transatlantique » (TAFTA)

    LE GUILVINEC se déclare à l’unanimité« Hors Traité Transatlantique » (TAFTA)

    Dans le Finistère, onze communes se sont officiellement déclarées « horsTAFTA ». Il s’agit dans l’ordre chronologique :

    Botmeur (19/05) –Trégunc (23/06) – Bannalec (26/06) – Saint Yvi (26/06) – Saint Rivoal (10/07) –Berrien (15/07) – La Feuillée (21/07) – Huelgoat (3/08) – Motreff (25/09) – Douarnenez (1/10) – Saint Jean Trolimon (8/10).

    Lors de sa séance du 11 décembre 2015, le conseil municipal du Guilvinec, présidé par son maire Jean-Luc Tanneau, a décidé à son tour de se déclarer « hors traité transatlantique », dans un vœu adopté à l’unanimité.

    Cette position devrait encourager les autres communes du pays Bigouden à se prononcer également contre les forfaitures qui se préparent dans les hautes sphères de l’Etat et de l’union européenne et qui de toute évidence toucheront nos territoires et notre art de vivre.

    VOEU : opposition aux traités TAFTA, CETA, TISA

    La Commission Européenne, après avoir conclu un accord de libre échange le 26 septembre avec le Canada (AECG, CETA en anglais), poursuit les négociations avec les Etats-Unis sur un traité identique appelé PTCI (ou TAFTA en anglais). Ces accords visent à instaurer un vaste marché dérégulé : le grand Marché Transatlantique (GMT). Négociés dans le plus grand secret, ils pourraient être ratifiés, le premier à la fin de l’année 2015, le 2ème en 2016, sans la moindre consultation des citoyens et des parlements tant nationaux que européen. C’est un déni de démocratie, A cela s’ajoute la négociation secrète d’un accord international sur les services TISA (en anglais), qui rendrait inopérants les services publics, en obligeant les Etats à accorder les mêmes subventions au privé. Ces accords s’appliqueront à tous les niveaux de l’Etat, y compris au niveau des communes. Le but de la négociation est d’aller au-delà même des accords de l’OMC, en particulier en obligeant les Etats et les collectivités locales à accorder au privé et aux entreprises étrangères tout avantage accordé au public et au local : ce qui rendra impossible financièrement le maintien des services publics (ce que l’accord TISA vient renforcer) et le soutien de l’économie locale.

    Ces traités visent ensuite à réduire les « barrières non tarifaires » : ils prévoient en effet que les législations et normes (sociales, environnementales, sanitaires, phytosanitaires, techniques) soient « harmonisées » pour faciliter le libre-échange. Or les USA sont aujourd’hui en dehors des principaux cadres du droit international en matière écologique, sociale et culturelle, et même concernant le droit du travail. Ils refusent d’appliquer les conventions de l’OIT, le protocole de Kyoto contre le réchauffement climatique, la convention pour la biodiversité, et les conventions de l’UNESCO sur la diversité culturelle. Leurs normes et règlements sont beaucoup moins protecteurs pour les populations qu’en Europe. Ce marché libéralisé avec le Canada et les Etats-Unis tirerait donc toute l’UE vers le bas De plus, ces traités permettraient aux grosses entreprises, via le « mécanisme du règlement des différends » (RDIE/ISDS) d’attaquer devant une juridiction privée les Etats ou les collectivités locales qui ne se plieraient pas à ces exigences de dérégulation et limiteraient ainsi « leurs bénéfices escomptés » ! Elles pourraient réclamer de lourds dommages et intérêts à l’Etat ou aux communes, faisant exploser la dette publique.

    Les multinationales pourraient ainsi forcer le gouvernement français à renoncer au moratoire sur les gaz de schiste, et à accepter la culture des OGM en plein champ, le bœuf aux hormones, le porc à la ractopamine ou le poulet lavé au chlore.

    Ces traités limiteraient les capacités des Etats à maintenir des services publics (éducation, santé, etc.) et des activités préservées du marché, mais aussi à contrôler l’activité des multinationales à investir dans des secteurs d’intérêt général comme la transition énergétique.

    Au-delà des échanges de marchandises, le Grand Marché Transatlantique (GMT) achèverait l’ouverture à la concurrence des échanges immatériels. Le projet d’accord prévoit d’introduire de nouvelles mesures relatives aux brevets, droits d’auteur, protections des données, indications géographiques et autres formes de ladite "propriété intellectuelle", faisant revenir par la petite porte le défunt ACTA (accord commercial anti-contrefaçon), refusé en juillet 2012 par les Euro députés suite à une large mobilisation des citoyens européens,

    Par la signature de ces traités, serait réalisé le vœu de D. Rockefeller : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire »

    Pour toutes ces raisons,

    La commune du Guilvinec réunie en Conseil Municipal le 11 décembre 2015

    - manifeste son opposition à ces deux traités (CETA et TAFTA) dont l’objectif vise avant tout la dérégulation, la marchandisation du monde et l’amplification de la concurrence,

    - dénonce également la négociation de l’accord sur les services (TISA) qui vise à détruire la majorité des services publics,

    - demande l’arrêt des négociations avec les Etats-Unis sur le PTCI-TAFTA et le rejet par la France de l’Accord Economique et Commercial Global (AECG/CETA) avec le Canada,

    - refuse toute tentative d’affaiblir le cadre réglementaire local, national ou européen en matière d’environnement, de santé, de protection des travailleurs et des consommateurs - se déclare hors grand marché Transatlantique

     #vie locale

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