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Responsables ?
- Par Thierry LEDRU
- Le 08/10/2015
Non, ça n'est pas "grave" si ça se reproduit. Ce qui est grave, c'est que la situation soit si monstrueuse que les gens en soient réduits à user de cette "violence". Dire qu'ils sont responsables, c'est comme accuser les ouvriers morts de l'amiante de "s'être laissés emportés par le cancer...."
BFMTV qui coupe le son....Rien d'étonnant de leur part. Quant à Mélenchon, je ne lui fais nullement confiance. Il trempe tout autant que les autres dans le système politique. Mais, au moins, son discours s'oppose à l'opprobre officielle.

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"Graines de rebelles"
- Par Thierry LEDRU
- Le 07/10/2015
« Graines de rebelles » : reportage sur ces semeurs résistants
La bataille des graines a commencé. Les crises climatique et écologique frappant à nos portes, l’agriculture industrielle s’imposant triomphalement, la croissance à tout prix exigeant des rendements au détriment du vivant, de plus en plus de « résistants » s’organisent dans les marges de la société pour assurer, non sans mal, la préservation de la diversité des semences, leur échange libre et leur culture. Leur combat est présenté dans un court reportage du 13.15 sur France 2.
Le constat est sans appel : les trois quarts des fruits, légumes et céréales ont disparu en un siècle sans même que l’information fasse la Une des journaux. Course à la productivité oblige, les normes de la monoculture se sont généralisées et la plupart des espèces furent reléguées aux pages de l’Histoire pour laisser place à une poignée de grands noms vendeurs, plus colorés, plus lourds, plus ronds, plus propres dans les étales des magasins. Mais aussi moins nutritifs, moins gouteux et souvent moins adaptés au terroir et au climat, donc moins résistants aux maladies.
Au cœur de l’Europe, des irréductibles résistent à l’envahisseur industriel, risquant une amende de 45 000 euros pour braver les règles imposées par un lobbying agro-industriel. Ceux-ci préservent, reproduisent et vendent ou échangent des graines oubliées, parfois incroyablement résistantes dans des situations extrêmes, comme l’a démontré Pascal Poot qui fait pousser ses plantes sans arrosage depuis 15 ans. Leurs combats se médiatisent peu à peu alors que nombre d’agriculteurs, partout dans le monde, sont contraints d’utiliser des semences industrielles non reproductibles (et plus chères), les obligeant à en racheter chaque année, avec les frais que cela engendre.
En France, la résistance s’organise autour du réseau Semences paysannes, un collectif de 70 associations qui partagent toutes le même combat : réintroduire des variétés anciennes à travers une agriculture alternative. Le magazine « 13h15 le samedi » diffusé sur France 2 s’est penché sur ce combat méconnu, pourtant vital, aux yeux de beaucoup. Un reportage d’Emmanuelle Chartoire, Julien Voigt, David Geoffrion et Eric Chevalier à (re)découvrir sur youtube ci-dessous ou en rediffusion temporaire sur Francetvinfo.fr.
Source : francetvinfo.fr
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Une autre vie
- Par Thierry LEDRU
- Le 07/10/2015
À 25 ans, elle part à l'aventure avec sa fille de 3 ans sur le dos ! Les photos sont à couper le souffle...
Par Clément P. il y a 1 jour
47 447
PartagesÀ seulement 25 ans, Morgan Brechler sait ce qu’elle veut pour elle… et surtout pour sa fille ! La jeune américaine, originaire de Phoenix (Arizona), a déjà exploré de nombreux parcs nationaux, accompagnée de sa petite Hadlie, 3 ans. Camper, escalader, respirer, observer les paysages, voilà comment le duo d’aventurières voit la vie. Ouvrez grand les yeux…

Pour beaucoup de gens, faire de la randonnée, des activités extrêmes et dormir dans une tente ou dans une camionnette avec leur enfant, ce serait mission impossible. Mais pour Morgan Brechler, c’est l’occasion de passer des moments inoubliables entre mère et fille, loin du stress, des écrans et de la technologie.
« En ce qui concerne les parcs nationaux, nous avons déjà fait le Grand Canyon et Joshua Tree, en Californie. Nous sommes aussi allées au Mexique et à Hawaï » a déclaré la jeune maman.
Morgan, qui aime se décrire comme une « groupie de la nature », porte sa fille sur le dos quand cette dernière commence à fatiguer. Ensuite, elles grimpent le long de grandes parois de pierre, équipées de cordes et de harnais de sécurité. Une discipline à laquelle Hadlie s'entraîne depuis qu’elle n’a que quelques mois. En effet, elle a commencé sa formation de l’escalade quand elle avait 1 an et demi.Autant vous dire que du haut de ses 3 ans, elle a déjà pas mal d’expérience !



@instagram.com/morganbrechler
« Quand elle était toute petite, elle a commencé par des tout petits murs en indoor, des choses très faciles. Aujourd’hui, elle a bien progressé et s’en sort très bien » confie sa maman.
Si Morgan a choisi un mode de vie différent pour elle et sa fille durant les week-ends, c’est qu’elle a ses raisons : « C’est important d’être proche de la nature, on se perd tellement dans la technologie. Je veux qu’Hadlie apprécie la vie et qu’elle sache que le meilleur moyen d’apprendre et de grandir est de connaître Mère Nature. Ici, il n’y a pas d’artifice, tout est vrai, tout est authentique. J’aime créer tous ces souvenirs avec elle, on est ensemble et en plein air, c’est génial ! »
Pendant la semaine, Morgan vit en alternance : comprenez deux jours à étudier l’agriculture durable à la fac et trois jours à travailler dans un cabinet de paysagistes et d’architectes. Le reste de son temps, elle le passe avec Hadlie, à préparer leurs escapades du week-end.
Depuis qu’elle voyage avec sa fille sur le dos, la jeune femme a créé un Instagram, une façon de garder des souvenirs et de partager leurs aventures avec le monde entier. Et elle a tapé dans l’œil de fans de voyages ! En effet, sur le célèbre réseau social, cette mère est déjà suivie par plus de 52 000 fans. Les photos sont particulièrement belles, et Hadlie est vraiment trop mignonne.

@instagram.com/morganbrechler

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Jean Jaurès
- Par Thierry LEDRU
- Le 07/10/2015
« Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnées et de paroles tumultueuses. Quelques hommes se rassemblent, à huit clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d‘administration, et, à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour d’un tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront chassés, seront exclus, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale.
Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité. »
JEAN JAURÈS
Discours devant la chambre des députés, séance du 19 juin 1906

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Air France
- Par Thierry LEDRU
- Le 07/10/2015
"L’État, c’est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : “Moi, l’État, je suis le Peuple”."
Friedrich NietzscheJe rejette catégoriquement les propos de nos gouvernants au regard de "l'indignation du peuple français" envers les violences faites au dirigeants d'Air France. Premièrement, les gouvernants ne sont pas le Peuple. Je leur refuse le droit de parler en mon nom. Hollande et Valls ne représentent même pas 15% de la population française et même si les statistiques étaient inversées, il resterait des individus qui ne veulent pas qu'on parle en leur nom. Deuxièmement, cette culpabilisation envers ceux qui soutiennent les salariés d'AF est totalement immonde.
Il existe un consensus manipulatoire entre les politiciens et les medias. On se souviendra des travaux de Noam Chomsky sur la manipulation des masses. Les gouvernants emploient aujourd'hui le même protocole que pour "Charlie hebdo". Leur objectif est de créer un mouvement de masse qui ne soit fondé que sur l'émotionnel, quitte à effacer tout ce qui a conduit à cette situation.
"Faire appel à l'émotionnel plutôt qu'à la réflexion.
Remplacer la révolte par la culpabilité.
Ils font la même chose avec les migrants d'ailleurs....

"L'objectivité"... des medias gouvernementaux sur la "crise" à AF ? ......Il n'y a aucune objectivité....
Un article qui parle du discrédit jetée sur la France en terme d'images à l'international..... C'est étrange cette distinction entre la violence physique faite au DRH et la violence pyschologique constante excercée sur les employés, tous secteurs confondus.
Dostoïevsky s'indignait qu'on cautionne le bombardement d'un pays "ennemi" mais pas l'assassinat à coups de hache. Le premier serait "propre", gouvernemental, raisonné, légitime et le second est ignoble......On est ici dans le même procédé : le comportement des patrons est légal, honorable, justifié. Celui des employés "violents" est ignoble....
Et bien, pour moi, la violence psychologique exercée sur les salariés durant des années est plus traumatisante qu'une violence physique épisodique. Et il n'y a pas de "symbolisme" qui tienne. Je pense que l'image de la France est bien plus gravement atteinte par l'incurie de nos dirigeants. Ça, c'est très destructeur, effectivement.
EXTRAIT D'UN ARTICLE : "Aujourd'hui, il y a très peu de conflits en France et ce type d'actes est rarissime", souligne Raymond Soubie, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, dans un entretien au "Parisien"."L'incident survenu à Air France, grave et inqualifiable, n'est en rien représentatif du dialogue social dans les entreprises en France", insiste pour sa part Muriel Pénicaud, directrice générale de Business France, agence chargée de faire rayonner les entreprises françaises à l'étranger. "Les investisseurs étrangers le savent et nous espérons que l'actualité de ces deux jours ne donnera pas une image faussée de notre pays", ajoute-t-elle.
Cette indignation du Grand Patronnat et des politiciens est uniquement financière. Ce sont les conséquences sur les parts de marché qui inquiètent.
"À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes."
John Fitzgerald KennedyCette video est indispensable dans le mensonge étatique actuel.
Il est important également de lire les propos du patron d'AF pour comprendre l'exaspération des salariés. Cette violence verbale, psychologique, cette humilation, ce déni de l'existence des employés, de leurs conditions de travail, des salaires bloqués....Rien. Aucune réponse, aucune parole, aucune prise en considération...Même pas un regard. Ils diront même que tout ça est faux, que c'est le délire de quelques esprits malades..."Sûrement que cette femme a des problèmes personnels et elle accuse l'entreprise qui la fait vivre d'en être responsable. Quel manque de reconnaissance...."ELLE EST LÀ, LA VÉRITABLE VIOLENCE.La cause des causes.Il est immonde de considérer que les employés sont des "voyous" et de la "chienlit" (propos de Valls et Sarkozy).Il est stupéfiant de voir que ces individus, dans leur tour d'argent, après avoir mis le feu, se font passer pour des pompiers providentiels, les sauveurs de l'honneur du pays.
Le PDG d'Air France, Alexandre de Juniac, a livré une approche surprenante du droit social, révèle le site Mediapart (abonnés), mercredi 18 mars. Au cours d'unerencontre patronale, en décembre 2014, Alexandre de Juniac est revenu sur les acquis sociaux, une notion "très imprécise et très floue", selon lui.
Le PDG revient notamment sur le travail des enfants, dont l'interdiction n'est pas si évidente, selon lui. "C'est quoi l'âge d'un enfant, de nos jours ? Est-ce que c'est 16, 18 ou 20 ans ? On pense à donner le droit de vote à des enfants qui ont 16 ans ? Est-ce que ce sont des enfants, je ne sais plus... Est-ce qu'il faut les faire travailler, pas travailler ? Pas sûr." Le site Mediapart a découpé ce passage de l'intervention, donnée dans l'abbaye de Royaumont (Val-d'Oise).
"M. de Juniac, les grévistes, on les aurait envoyés en prison"
Au cours de son intervention longue d'une vingtaine de minutes, Alexandre de Juniac évoque également les 35 heures. "La durée du temps de travail, qui, paraît-il, est un acquis social, qu’est-ce cela veut dire pour un ingénieur qui a une tablette et un smartphone et qui travaille chez lui ?", explique le PDG. Avant de s'interroger :"Est-ce que cela a un sens de fixer l’âge de la retraite ?"
Ce n'est pas tout. La rude concurrence des compagnies du Golfe impose de"mettre des limites aux acquis sociaux". Alors qu'il a dû affronter une grève musclée des pilotes de ligne, en septembre, Alexandre de Juniac livre d'ailleurs une anecdote. "Comme le disait mon homologue de Qatar Airways, hier, à propos de la grève, 'Monsieur de Juniac, chez nous, ce ne serait pas possible, on les aurait tous envoyés en prison'." La réplique fait mouche et suscite les applaudissements de la salle. Pas sûr que les syndicats du groupe soient aussi enthousiastes.
Les réseaux sociaux sont encore une fois en train de jouer un rôle primordial. Celui de la contestation, de l'inversion des regards, d'une véritable analyse.
"Charlie hebdo"
Les migrants
Les manifestants....
Toujours le même procédé gouvernemental.
Il s'agit de cacher les raisons originelles des crises et de créer des mouvements émotionnels et si possible culpabilisants pour permettre aux dirigeants d'intervenir au grand jour et apparaître comme les sauveurs, les hommes d'honneur, les Pères de la nation.
"S'adresser au public comme à des enfants en bas âge."
"Maintenir le public dans l'ignorance et la bêtise"
Le DRH d'Air France va être remplacé en janvier. Ça a déjà été annoncé. Il ne va pas se retrouver au chômage bien entendu. Il partira avec une prime représentant dix ans du salaire annuel de cette hôtesse de l'air.
Les parachutes dorés.....Le patron de Volkswagen....Un autre bel exemple.
Et donc, l'Etat français s'indigne d'une chemise déchirée, de dix minutes de peur pour ces dirigeants, de cette humiliation, de ces images honteuses pour notre pays ?
Non. Je n'ai pas honte des salariés qui explosent.
J'ai honte des patrons et des politiciens qui posent les bombes......
J'ai connu la révolte des Bretons contre la centrale nucléaire de Plogoff. Oui, c'était violent. Mais dès lors que les règles démocratiques sont bafouées par le gouvernement lui-même, que doit faire le Peuple ? Manifester ? ..... Qu'on vienne faire le calcul des manifestations et grèves effectuées par une partie du monde enseignant ces trois dernières années....Pour quel résultat ?.....
Plus de la moitié de la population française certainement considère que les enseignants sont "des fouteurs de merde, fainéants, privilégiés, pêtés de vacances, des fonctionnaires bien peinards qui font chier avec leurs grèves." Il suffit d'aller faire un tour sur les réseaux sociaux pour vite s'en apercevoir. D'ailleurs, je ne dis surtout pas que j'étais enseignant. Je n'essaie même plus d'expliquer quoi que ce soit.
Aujourd'hui, je considère qu'un enseignant qui fait une journée de grève syndicale est complice du gouvernement puisqu'il contribue à entretenir cette image désastreuse. C'est faire le jeu du gouvernement en portant atteinte à la vie quotidienne des parents d'élèves. La seule grève qui soit utile, c'est la grève administrative et non pas une grève qui met les enfants à la rue ou qui oblige les parents à prendre une journée ou à payer une nourrice. C'est totalement absurde.
Le jour où les enseignants contestataires comprendront que les salariés d'AF ont raison, le regard que la population française leur porte changera.
Oui, la violence physique peut devenir incontournable. Il s'agit juste de ne pas en être l'instigateur.
Je rappelle juste que des politiciens ont considéré que Rémi Fraisse, tué par un gendarme au barrage de Sivens, n'avait qu'à pas y aller......
Aujourd'hui, on entend des Grands Patrons, ceux du CAC 40, dire que si les salariés ne sont pas contents, ils n'ont qu'à aller voir ailleurs.
Attention à toute cette dialectique, attention aux manipulations émotionnelles, attention à ces indignations politiques.
Les gens dangereux ne sont pas ceux que les medias et les polticiens nous présentent.
Nous ne sommes pas les poseurs de bombes. Nous sommes ceux qui explosent.

Voilà ce que ça donne dans le milieu enseignant : le fichage des "méchants"....La délation par la hiérarchie. Et lorsque les "méchants" n'auront plus d'autre solution que de passer à la violence, ils seront montrés du doigt, jetés aux enfers, bannis de la Nation.......

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Victor Hugo sur "l'instruction"
- Par Thierry LEDRU
- Le 06/10/2015
Victor Hugo
Discours à l’Assemblée nationale (1848-1871)Séance du 11 novembre 1848
Le citoyen président. L'ordre du jour appelle la suite de la discussion du budget rectifié pour 1848.
La discussion générale, commencée hier sur le budget du ministère de l'instruction publique, continue. M. Victor Hugo a la parole.
Le citoyen victor Hugo. Personne plus que moi, messieurs, n'est pénétré de la nécessité, de l'urgente nécessité d'alléger le budget ; seulement, à mon avis, le remède à l'embarras de nos finances n'est pas dans quelques économies chétives et contestables ; ce remède serait, selon moi, plus haut et ailleurs : il serait dans une politique intelligente et rassurante, qui donnerait confiance à la France, qui ferait renaître l'ordre, le travail et le crédit...
Plusieurs membres. C'est très facile, il suffirait de la trouver !
Une voix. La politique de l’Événement.
Le citoyen Hugo.....Et qui permettrait de diminuer, de supprimer même les énormes dépenses spéciales qui résultent des embarras de la situation. C'est là, messieurs, la véritable surcharge du budget, surcharge qui, si elle se prolongeait et s'aggravait encore, et si vous n’y preniez garde, pourrait, dans un temps donné, faire crouler l'édifice social.
Ces réserves faites, je partage sur beaucoup de points l'avis de votre comité des finances.
J'ai déjà voté, et je continuerai de voter la plupart des réductions proposées, à l'exception de celles qui me paraîtraient tarir les sources mêmes de la vie publique et de celles qui, à côté d'une amélioration financière douteuse, me présenteraient une faute politique certaine.
C'est dans cette dernière catégorie que je range les réductions proposées par le comité des finances sur ce que j'appellerai le budget spécial des lettres, des sciences et des arts.
Ce budget devrait, par toutes les raisons ensemble, être réuni dans une seule administration et tenu dans une seule main. C'est un vice de notre classification administrative que ce budget soit réparti entre deux ministères, le ministère de l’instruction publique et le ministère de l'intérieur.
Ceci m'obligera, dans le peu que j'ai à dire, d'effleurer quelquefois le ministère de l'intérieur. Je pense que l'Assemblée voudra bien me le permettre, pour la clarté même de la démonstration. Je le ferai, du reste, avec une extrême réserve.
Je dis, messieurs, que les réductions proposées sur le budget spécial des sciences, des lettres et des arts sont mauvaises doublement : elles son insignifiantes au point de vue financier, et nuisibles à tous les autres points de vue.
Insignifiantes au point de vue financier. Cela est d'une telle évidence, que c’est à peine si j’ose mettre sous les yeux de l’Assemblée le résultat d’un calcul de proportion que j’ai fait. Je ne voudrais pas éveiller le rire de l’Assemblée dans une question sérieuse ; cependant il m’est impossible de ne pas lui soumettre une comparaison bien triviale, bien vulgaire, mais qui a le mérite d'éclairer la question et de la rendre pour ainsi dire visible et palpable.
Que penseriez-vous, messieurs, d'un particulier qui aurait 1.500 fr. de revenus, qui consacrerait tous les ans à sa culture intellectuelle par les sciences, les lettres et les arts, une somme bien modeste, 5 francs, et qui, dans un jour de réforme, voudrait économiser sur son intelligence six sous ?
Voila, messieurs, la mesure exacte de l'économie proposée. Eh bien, ce que vous ne conseilleriez pas à un particulier, au dernier des habitants d'un pays civilisé, on peut le conseiller à la France !
Je viens de vous montrer à quel point l'économie serait petite ; je vais vous montrer maintenant combien le ravage serait grand.
Pour vous édifier sur ce point, je ne sache rien de plus éloquent que la simple nomenclature des institutions, des établissements, des intérêts que les réductions proposées atteignent dans le présent et menacent dans l'avenir.
J'ai dressé celte nomenclature ; je demande à l'Assemblée la permission de la lui lire, cela me dispensera de beaucoup de développements.
Les réductions proposées atteignent :
Le collège de France,
Le Muséum,
Les bibliothèques,
L'école des chartes,
L'école des langues orientales,
La conservation des archives nationales,
La surveillance de la librairie à l'étranger... (l'orateur s'interrompant) ruine complète de notre librairie, le champ livré à la contrefaçon… .
Je continue : 1
L'école de Rome,
L'école des beaux-arts de Paris,
L'école de dessin de Dijon,
Le conservatoire,
Les succursales de province,
Les musées des Thermes et de Cluny,
Nos musées de peinture et de sculpture,
La conservation des monuments historiques.
Les réformes menacent pour l'année prochaine :
Les facultés des sciences et des lettres,
Les souscriptions aux livres,
Les Subventions aux sociétés savantes,
Les encouragements aux beaux-arts.
En outre (ceci touche au ministère de l'intérieur, mais la chambre me permettra de le dire, pour que le tableau soit complet), les réductions atteignent dès à présent et menacent, pour l'an prochain, les théâtres ; je ne veux en dire qu'un mot en passant : on propose la suppression d'un commissaire sur deux ; j'aimerais mieux la suppression d'un censeur et même de deux censeurs…
Un membre. II n'y a plus de censure !
Un membre à gauche. Elle sera bientôt rétablie !
Le citoyen Victor Hugo. Enfin le rapport réserve ses plus dures paroles et ses menaces les plus sérieuses pour les indemnités et secours littéraires. Oh ! voilà de monstrueux abus ! Savez-vous, messieurs, ce que c'est que les indemnités et les secours littéraires ? C'est l'existence de quelques familles pauvres entre les plus pauvres ; honorables entre les plus honorables. Si vous adoptiez les réductions proposées, savez-vous ce qu'on pourrait dire ? On pourrait dire : Un artiste, un poète, un écrivain célèbre travaille toute sa vie, il travaille sans songer à s'enrichir, il meurt, il laisse à son pays beaucoup de gloire, à la seule condition de donner à sa veuve et à ses enfants un peu de pain. Le pays garde la gloire et refuse le pain.
Voilà ce qu'on pourrait dire et voilà ce qu'on ne dira pas, car, à coup sûr, vous n'entrerez pas dans ce système d'économies qui consternerait l'intelligence et qui humilierait la nation.
Vous le voyez, ce système, comme vous le disait si bien hier notre honorable collègue M. Charles Dupin, ce système attaque tout, ce système ne respecte rien, ni les institutions anciennes, ni les institutions modernes, pas plus les fondations libérales de François Ier que les fondations libérales de la convention. Ce système d'économies ébranle d'un seul coup tout cet ensemble d'institutions civilisatrices qui est, pour ainsi dire, la base du développement de la pensée française.
Et quel moment choisit-on (c'est ici, à mon sens, la faute politique grave que je vous signalais en commençant), quel moment choisit-on pour mettre en question toutes ces institutions à la fois ? Le moment où elles sont plus nécessaires que jamais, le moment où, loin de les restreindre, il faudrait les étendre et les élargir.
Eh ! quel est, en effet, j'en appelle à vos consciences, j'en appelle à vos sentiments à tous, quel est le grand péril de la situation actuelle ? L'ignorance ; l’ignorance plus encore que la misère... , l'ignorance qui nous déborde, qui nous assiège, qui nous investit de toutes parts. C'est à la faveur de l'ignorance que certaines doctrines fatales passent de l'esprit impitoyable des théoriciens dans le cerveau confus des multitudes. Le communisme n'est qu'une forme de l'ignorance. Le jour où l'ignorance disparaîtrait, les sophismes s'évanouiraient. Et c'est dans un pareil moment, devant un pareil danger qu'on songerait à attaquer, à mutiler, à ébranler toutes ces institutions qui ont pour but spécial de poursuivre, de combattre, de détruire l'ignorance !
Sur ce point, j'en appelle, je le répète, au sentiment de l'Assemblée. Quoi ! d'un côté, la barbarie dans la rue, et de l'autre, le vandalisme dans le Gouvernement ! Messieurs, il n'y a pas que la prudence matérielle au monde, il y a autre chose que ce que j'appellerai la prudence brutale. Les précautions grossières, les moyens de force, les moyens de police ne sont pas, Dieu merci, le dernier mot des sociétés civilisées ! On pourvoit à l'éclairage des villes, on allume tous les soirs, et on fait très bien, des réverbères dans les carrefours, dans les places publiques ; quand donc comprendra-t-on que la nuit peut se faire aussi dans le monde moral, et qu'il faut allumer des flambeaux pour les esprits !
Puisque l'Assemblée m'a interrompu, elle me permettra d'insister sur ma pensée.
Oui, messieurs, j'y insiste. Un mal moral, un mal moral profond nous travaille et nous tourmente; ce mal moral, cela est étrange à dire, n'est autre chose que l'excès des tendances matérielles. Eh bien, comment combattre le développement des tendances matérielles ? Par le développement des tendances intellectuelles. Il faut ôter au corps et donner à l'âme.
Quand je dis: Il faut ôter au corps et donner à l'âme, vous ne vous méprenez pas sur mon sentiment. Vous me comprenez tous ; je souhaite passionnément, comme chacun de vous, l’amélioration du sort matériel des classes souffrantes ; c'est là, selon moi, le grand, l'excellent progrès auquel nous devons tous tendre de tous nos vœux comme hommes et de tous nos efforts comme législateurs.
Mais si je veux ardemment, passionnément le pain de l'ouvrier, le pain du travailleur, qui est mon frère, à côté du pain de la vie, je veux le pain de la pensée, qui est aussi le pain de la vie ; je veux multiplier le pain de l'esprit comme le pain du corps.
Il me semble, messieurs, que ce sont là les questions qui ressortent naturellement de ce budget de l’instruction publique que nous discutons en ce moment.
Eh bien, la grande erreur de notre temps a été de pencher, je dis plus ; de courber l’esprit des hommes vers la recherche du bien-être matériel, et de les détourner par conséquent du bien-être religieux et du bien-être intellectuel. (C’est vrai !). La faute est d’autant plus grande que le bien-être matériel, quoi qu'on fasse, quand même tous les progrès qu’on rêve et que je rêve aussi, moi, seraient réalisés, le bien-être matériel ne peut et ne pourra jamais être que le partage de quelques-uns, tandis que le bien-être religieux, c'est-à-dire la croyance, le bien être intellectuel, c'est-à-dire l’éducation, peuvent être donnés a tous.
D’ailleurs le bien-être matériel ne pourrait être le but suprême de l'homme en ce monde qu'autant qu’autant qu’il n’y aurait pas d’autres vies et c’est là une affirmation désolante, c’est là un mensonge affreux qui ne doit pas sortir des institutions sociales..
Il importe, messieurs, de remédier au mal, il faut redresser, pour ainsi dire, l’esprit de l’homme ; il faut, et c'est à la grande mission spéciale du ministère de l'instruction publique, il faut relever l'esprit de l'homme, le tourner vers Dieu, vers la conscience, vers le beau, vers le juste et le vrai, vers le désintéressé et le grand. C'est là ; et seulement là, que vous trouverez la paix de l'homme avec lui-même, et par conséquent la paix de l'homme avec la société.
Pour arriver à ce but, messieurs, que faudrait-il faire ? Précisément tout le contraire de ce qu'ont fait les précédents gouvernements ; précisément tout le contraire de ce que vous propose votre comité des finances. Outre l'enseignement religieux, qui tient le premier rang parmi les institutions libérales, il faudrait multiplier les écoles, les chaires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies ; il faudrait multiplier les maisons d'études, pour les enfants, les maisons de lecture pour les hommes ; tous les établissements, tous les asiles où l'on médite, où l’on s'instruit, où l’on se recueille, où l'on apprend quelque chose, où l'on devient meilleur, en un mot ; il faudrait faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l'esprit du peuple, car c'est par les ténèbres qu'on le perd.
Ce résultat vous l'aurez quand vous voudrez ; quand vous le voudrez, vous aurez en France un magnifique mouvement intellectuel ; ce mouvement, vous l'avez déjà ; il ne s'agit que de l'utiliser et de le diriger; il ne s'agit que de bien cultiver le sol. La question de l'intelligence, j'appelle sur ce point l'attention de l'Assemblée ; la question de l'intelligence est identiquement la même que la question de l'agriculture
L'époque où vous êtes est une époque riche et féconde ; ce ne sont pas, messieurs, les intelligences qui manquent, ce ne sont pas les talents ; ce ne sont pas les grandes aptitudes ; ce qui manque, c’est l’impulsion sympathique, c’est l'encouragement enthousiaste d'un grand gouvernement. Ce gouvernement, j'aurais souhaité que la monarchie le fût ; elle n’a pas su l'être. Eh bien, ce conseil que je donnais loyalement à la monarchie, je le donne loyalement à la République.
Je voterai contre toutes les réductions que je viens de vous signaler et qui amoindriraient l'éclat utile des lettres, des arts et des sciences :
Je ne dirai plus qu’un mot aux honorables auteurs du rapport. Vous êtes tombés dans une méprise regrettable, vous avez cru faire une économie d'argent, c’est une économie de gloire que vous faites ; je la repousse pour la dignité de la France, je la repousse pour l'honneur de la République.
[…]
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Mort ou vif ?
- Par Thierry LEDRU
- Le 06/10/2015
Je mets le lien vers cet ancien post : http://la-haut.e-monsite.com/blog/leon-et-gabriel.html
http://www.slate.fr/story/74607/indices-reconnaitre-mort
En Allemagne, une vieille dame de 92 ans s'est réveillée dans une chambre froide après avoir été déclarée morte. Un type d'incident qui survient relativement fréquemment et incite à se pencher sur les signes qui ne trompent pas —et ceux qui trompent.
Comment une vieille dame de 92 ans s'est-elle retrouvée, réveillée, dans une chambre froide? C'est ce que se demande aujourd'hui la presse allemande. Le parquet d'Essen, (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), vient de porter plainte contre un médecin allemand qui avait constaté par erreur le décès d'une retraitée de 92 ans, gravement malade. Celle-ci avait été retrouvée au mois de mars 2015 inanimée dans son lit par une infirmière de la maison de retraite où elle résidait. Son pouls était arrêtée et sa respiration coupée. Le médecin avait constaté le décès mais la nonagénaire s'était réveillée quelques heures plus tard dans la chambre froide de l'entreprise de pompes funèbres où elle avait été transportée. Le personnel avait été alerté par ses cris. Elle était finalement décédée deux jours plus tard à l'hôpital.
L'occasion de se repencher sur la façon dont on peut déterminer la mort d'une personne; nous republions donc cet article de juillet 2013.
A Londrina (Brésil), un bébé qui avait été déclaré mort à l'hôpital quelques heures après sa naissance s'est réveillé avant son transport à la morgue, mardi 9 juillet 2013, à la stupéfaction du personnel médical et de sa famille.
Ce genre de mésaventure est moins rare qu'on ne le croit. Il y a quelques semaines, Brighton Dama Zanthe, un Zimbabwéen de 34 ans, s'est réveillé au beau milieu de sa cérémonie d'enterrement, provoquant l'épouvante d'une partie des invités, qui ont cru avoir affaire à un «vrai» mort-vivant. En 2011, la même chose est arrivée à une Russe de 49 ans, qui n'a pas survécu au choc.
La même année, un Sud-Africain de 50 ans s'est mis à pousser des cris lorsqu'il s'est réveillé dans une chambre froide, effrayant le personnel, qui a pris la fuite: il n'a dû sa survie qu'à un téméraire employé de la morgue qui a osé ouvrir le caisson réfrigérant duquel il était prisonnier. L'année précédente, c'était une Brésilienne de 88 ans, Maria das Dores, qui s'était réveillée à la morgue d'Ipatinga, avant de décéder quelques jours plus tard.
Et cela n'arrive pas que chez les autres. En 2012, une vieille dame de 87 ans dont le décès avait été constaté par un médecin à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) s'était mise à bouger trois quarts d'heure plus tard dans les locaux des pompes funèbres. Dix ans plus tôt, un employé d'un funérarium à Bordeaux s'était aussi rendu compte avec horreurqu'un défunt dont le décès avait été certifié 24 heures plus tôt respirait toujours.
Aujourd'hui, la médecine dispose pourtant de techniques de pointe pour détecter l'activité cardiaque et cérébrale du corps humain, d'autant que le délai minimum légal entre le constat du décès par un médecin et l'inhumation ou la crémation est long (24 heures en France) et que le nombre de spécialistes entre les mains desquels passe un défunt avant sa mise en bière n'a cessé d'augmenter (seuls 25,5% de nos compatriotes meurent chez eux etprès de quatre familles françaises sur dix feraient aujourd'hui appel à un embaumeurquand survient un décès)
Mais cette litanie d'incidents incite donc à poser une question en apparence superflue: comment reconnaît-on à coup sûr que quelqu'un est mort? Quand l'électrocardiogramme est impossible, grâce à une série de signes qualifiés de «positifs», plus sûrs que les signes dits «négatifs», qui sont souvent ceux qui provoquent la confusion.
On ne mord plus le gros orteil
Il est loin le temps où le croque-mort se devait de mordre le gros orteil d'un défunt —voire, encore plus cruel, de lui enfoncer une aiguille sous l'ongle— pour s'assurer qu'il était bel et bien mort. Jusqu'au XXe siècle, les médecins n'avaient à leur disposition qu'une plume et un miroir à placer devant la bouche du supposé défunt pour vérifier s'il respirait toujours quand le pouls semblait arrêté.
La généralisation de la technique de l'électrocardiographie au XXe siècle a mis fin à des siècles d'incertitude qui ont coûté la vie à des milliers de malheureux, en particulier lors des épidémies de peste et de choléra, où de nombreux malades tombés dans le coma ont été pris pour morts et enterrés à la hâte par crainte de nouvelles contagions.
La plupart des services d'urgence des hôpitaux situés dans les pays développés sont aujourd'hui équipés d'électrocardiographes et d'électrocardioscopes permettant de mesurer le rythme cardiaque et de déterminer de manière fiable si une personne est décédée.
Et même quand il s'avère impossible de faire un électrocardiogramme, il y a pourtant des signes qui ne trompent pas. Au lieu d'utiliser les signes négatifs de la vie, comme le font les services d'urgences, c'est-à-dire l'absence de pouls, l'absence de respiration et l'abolition de tous les réflexes, qui peuvent prêter à confusion quand la personne est plongée dans le coma, les médecins peu consciencieux qui ont examiné les personnes citées plus tôt auraient dû plutôt se concentrer sur les signes positifs de la mort, ceux qu'utilisent les médecins légistes. D'autres indicateurs «négatifs», tels que la pâleur de la peau et la dilatation des pupilles, ne sont également pas fiables.
Rigidité, refroidissement et lividité
Les signes positifs de la mort sont d'abord la rigidité, un phénomène de durcissement des muscles du cadavre qui apparaît quelques heures après le décès, d'abord au niveau de la nuque, puis du visage, pour ensuite s'étendre à l'ensemble du corps. Ce raidissement disparaît ensuite au bout de deux jours.
Le refroidissement cadavérique est également un signe à prendre en compte. Le corps perd en moyenne un degré par heure suivant la mort. La peau, en revanche, refroidit beaucoup plus vite.
Enfin, la présence de lividités cadavériques s'avère être un signe fiable et rapidement observable. Ces taches rougeâtres et violacées apparaissent entre vingt minutes et deux heures après le décès. Quand la circulation sanguine s'arrête, les vaisseaux sanguins se vident de leur contenu et le sang se répand alors sous la peau, par un phénomène de gravité.
Tous ces phénomènes sont observables dans les 24 heures suivant le décès. Ils sont d'ailleurs également pris en compte par les thanatopracteurs avant de préparer un corps, puisqu'ils sont souvent amenés à effectuer des massages sur les cadavres pour réduire leur rigidité et atténuer les lividités présentes. En cas de mauvais diagnostic, ils sont donc à même de vérifier si le défunt qu'ils ont à embaumer est réellement décédé. Pas de panique, donc. Mais autant ne pas précipiter la date de l'enterrement.
Annabelle Georgen
L’Explication remercie Jean-Sébastien Raul, médecin légiste à l'Institut de médecine légale de Strasbourg, et Jean-Pierre Comtet, président de l'École française de soins et sciences mortuaires.
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Catastrophes naturelles (1)
- Par Thierry LEDRU
- Le 05/10/2015
Je ne parviens pas à comprendre comment l'humain peut en arriver là...Il me semble que cette cassure entre l'humain et la nature est absolue, qu'il existe désormais une négation complète de l'univers du vivant et je ne vois pas la nature comme responsable de quoique ce soit. C'est la mécanisation de l'existence qui porte en elle les causes de ce désastre. Une certaine forme de folie, d'aveuglement qui consiste à penser que l'homme est au-dessus de tout, qu'il possède le pouvoir, jusqu'à en oublier les lois naturelles. Les individus sont mécanisés, extraits de leur lien avec la nature, ignorant des réalités, envoûtés par une idée de croissance agissant comme un aimant. Non seulement, la nature est ignorée mais la vie humaine elle-même est bafouée. Rien ne compte en dehors de cette course à la croissance. On joue avec des allumettes parce qu'on a construit des camions de pompiers. On est dans l'absurde.
Les humains sont donc de véritables machines travaillant seulement sous la pression d'influences extérieures. Les gouvernants, eux-mêmes, sont des machines. Ils ne sont pas des conducteurs de machines. Ils vivent eux aussi sous les influences d'égrégores qui les dépassent.
Un égrégore est, dans l'ésotérisme, un concept désignant un esprit de groupe, une entité psychique autonome ou une force produite et influencée par les désirs et émotions de plusieurs individus unis dans un but commun. Cette force vivante fonctionnerait alors comme une entité autonome. Le terme, apparu dans la tradition hermétiste, a été repris par les surréalistes, qui l'ont chargé d'un fort potentiel subversif.
Autant cet égrégore peut avoir un effet positif lorsqu'il est associé à une élévation spirituelle, autant il peut devenir la source d'un conditionnement lorsque des intentions perverses le sous-tendent.
Les connaissances qui sont développées depuis la révolution industrielle ne sont pas attachées à une voie spirituelle mais à une mécanisation des individus. La croissance est l'intention première. La médecine, par exemple, est de la mécanique. L'aspect holistique de l'homme est ignoré. La psychologie qui ne fonctionnerait pas en systémique est de la mécanique. Et encore doit-elle prendre en considération l'environnement spirituel de l'individu.
L'environnement est d'ailleurs un mot très révélateur dans l'usage qu'on en fait actuellement. On considère à travers ce terme que la nature nous environne, ce qui revient à dire que nous n'en faisons pas partie, que nous nous en sommes extraits, que nous sommes des entités à part. On voit ce que cette "philosophie" donne avec les catastrophes naturelles. Et il est évident que nous allons entendre des "machines humaines" accuser la nature d'être cruelle. C'est logique dans ce fonctionnement. Il faut un coupable. Et c'est la nature. Puisqu'elle est la seule vivante et que nous sommes des machines malmenées par sa violence. C'est consternant. Combien de fois j'ai entendu des journalistes dire : "La montagne a tué" lorsque des alpinistes ou des skieurs sont emportés. Comme si la montagne avait eu une intention..On regarde la situation à l'envers.
C'est un drame humain qui concerne des "machines". C'est ça la première catastrophe. C'est ce que l'homme est devenu le plus dramatique."On domine la nature en lui obéissant." Un précepte bien connu qu'il faudrait remettre à jour. On ne la domine pas à travers des consignes et des manoeuvres parfaitement rôdées mais en gardant à l'esprit que sa puissance est incommensurable et qu'il s'agit avant tout de ne pas placer les individus dans une situation périlleuse. C'est là que la prétention entraîne un aveuglement ravageur.
Oh, bien sûr que les hommes ont développé des savoirs technologiques impressionnants. Et ça leur sert à quoi aujourd'hui sur la côte d'Azur. A se porter secours avec des brouettes et des pelles. Avant de recommencer à utiliser des machines plus puissantes et à améliorer leurs constructions pour recommencer à oeuvrer dans la même voie.
Sans toujours rien comprendre.
La technologie est associée à l'homme. Le savoir est du domaine de l'Être humain.
L'homme développe des technologies.
L'être humain associe le savoir avec la conscience.
Pas une conscience morale quand elle ne fait que répondre à des intentions coercitives mais une conscience unitaire.
Une conscience qui prend en compte,non pas l'intérêt individuel au coeur d'un mouvement de masse, mais l'intérêt de l'univers du vivant au coeur des mouvements de masse.
Le savoir résulte de la conjonction de la compréhension et de la conscience de l'Être.
L'être unifié est celui qui maintient vivant en lui la conscience d'une appartenance à un tout et qui ne se soumet pas à des intentions individuelles servies par des mouvements de masse ou pire encore, qui est capable de créer des mouvements de masse pour répondre à des ambitions individuelles.
Ce qui revient à dire d'ailleurs que les politiciens sont des hommes et pas encore des Êtres humains.
Les scientifiques, les politiciens, les industriels, les chimistes, les physiciens, les patrons du CAC 40...Des hommes possédés par leurs connaissances, une maîtrise particulière, un talent développé à l'extrême, une compétence inégalée, un potentiel exploité, des réussites sociales, des parcours remarquables dans le cadre d'une société vouée à la technologie.
Et pourtant des hommes privés de toute forme de compréhension unitaire. Juste des individus au service d'une cause marchande.
Dans une totale incompréhension de l'univers du vivant. Parce que pour eux, il s'agit d'un "environnement" et qu'ils sont au-dessus de cet environnement, qu'ils n'en font pas partie, que leur connaissance leur a donné l'impression d'être plus puissant que ce Tout qui les accueille.
Juste des hommes.
Pas des Êtres humains. Pas encore.


