"Il est sur la Terre des lieux privilégiés où la subtile harmonie des lignes, de la lumière et de l'espace force l'âme à s'éployer et lui inspire, à son insu même, le sens du sacré." Tézenas de Montcel
La Croix de Belledonne, 2926 mètres. Grandiose....De la forêt au sommet en passant par les torrents, les lacs, les cascades...
La première que j’ai trouvé relatée remonte à 2558 ans avant JC : les ouvriers construisant la pyramide de Khéops ont cessé le travail suite à la suppression de l’ail dans les rations quotidiennes.
Cesser le travail pour « compter » ;
pour prouver que ce que nous faisons importe, et qu’il n’est pas forcément simple de faire abstraction d’hommes et de femmes qui œuvrent ensemble ;
Evidemment la grève n’est plus vraiment spontanée, un cadre juridique a été instauré : un préavis rendu obligatoire entre autre.
N’empêche que "faire grève" ça a un sens pour la communauté entière : ceux qui utilisent ce droit espèrent aussi un bénéfice pour d’autres qu’eux-mêmes.
Il y a des grèves que l’on comprend, que l’on soutient, et d’autres qui font grincer des dents.
Les agriculteurs, avec leurs gros tracteurs, ont souvent la sympathie du public (petite fille, j’ai accompagné mon père aux péages des autoroutes ;-) ) ce sont de bons bougres qui bossent dur. La méchante grande distribution les étrangle et ils essaient de résister.
On oublie un peu vite que la grande distribution agit ainsi car nous, consommateurs, achetons de préférence ce qui ne nous coûte rien. Mais passons...
Les profs, ces fonctionnaires privilégiés qui passent leur vie en vacances, on a un peu de mal à les soutenir.
De tout mon cœur je souhaite que cette rentrée scolaire ne se fasse PAS dans le calme, car cela signifierait la démission de ceux qui sont les premiers témoins de ce naufrage de l’éducation en France, sur lequel nous planchons depuis des mois.
La ministre vient de nous offrir une vidéo conférence optimiste, enjouée, et oh combien mensongère.
L’école va mal !
Les réformes, décrets, refondations, quels que soient les noms de la poudre aux yeux qui nous est servie sur un plateau, sont en train d’anéantir ce qui allait encore plutôt bien.
Comprendre, en vertu de quelle idéologie obscure, est un vaste chantier.
Cyniquement, on peut dire que pour ceux qui mènent le monde, une main d’œuvre juste éduquée à point, est préférable.
Trêve de palabre, ce n’est pas ce qui importe aujourd’hui.
Chaque jour un peu plus, ceux qui vivent au quotidien auprès de nos enfants réalisent que rien de tout ce qui est proposé ne peut fonctionner.
Il y a urgence à faire machine arrière, car entériner ce marasme, comme la ministre nous engage à le faire en nous "embobinant" avec son sourire enjôleur, en nous baratinant à coup de chiffres surréalistes de constats bidons de promesses pernicieuses , nous précipite vers une situation catastrophique et ruineuse.
Les enfants des familles aisées pourront sortir du rang et aller étudier autrement, et les autres auront en main, de quoi oublier leur précarité future en s’abrutissant devant secret story (en anglais dans le texte).
Si enfin grève des professionnels de l'enfance il y a,
grève des profs, des instits il y a,
iL FAUT que nous, parents, grands-parents, soyons solidaires.
Ils savent !
Et nous devons leur faire confiance, nous devons oublier la gène occasionnée, nous devons oublier cette rancœur de l’ouvrier face au fonctionnaire.
Ils sont aux premières loges, et cette gène n’est rien à côté de la colère que vous ressentirez dans 10 ans, lorsque vous comprendrez que les merveilleuses études que vos enfants ont suivies les ont conduits à un "emploi aidé" L.
Je ne suis pas prof !
Je suis maman d’une CM2, grand-maman d’une louloute qui entre au CP et de 2 loulous qui entrent en maternelle.
Je suis sûre d’avoir raison au sujet de cette cata, car cela fait un an que je consulte tout ce qui me tombe sous la main ; il n’y a pas de raison pour que tout le monde en fasse autant, c’est clair.
Mais il faut réagir, et on risque d’en avoir bientôt l’opportunité.
Je ne sais trop comment le dire...
C’est la cata !
On nous enfume, on se fout de nous, on nous balance des chiffres et des stats bidons.
On nous terrorise, puis on nous Charlise.
On nous dit que nos gosses étudient mal, que bosser sera dur pour eux, et on oublie de nous dire que pour s’enrichir, on fait taffer les gens à l’autre bout du monde, là où les règles n’existent pas.
On entre dans l’aire du Low Coast !
De la daube à bas prix !
Pour les moutons : hôpital, école, retraite sacrifiés !
Fruits et légumes OGM sans vitamines 5 fois par jour !
Pour les nantis : services privés !
Il y a des gens qui risquent bientôt de se bouger le c*l pour que cela n’arrive pas.
Pas comme ça !
Pas tout de suite !
Alors, s’il vous plait !
C’est vraiment le moment d’être solidaires.
Montrons que nous ne sommes pas les brèles qu’ils imaginent.
Dernière modification le vendredi, 28 août 2015 15:43
Je rappelle que le patron de Nestlé s'était insurgé contre le droit à l'eau potable du robinet parce que ça venait réduire les ventes de bouteilles d'eau minérale...
Le TRAITE transatlantique viendra lui donner raison et l'autorisera à porter plainte contre la France pour "concurrence déloyale" ou quelque chose de cet ordre....
Nestlé accusé de complicité d'esclavage en Thaïlande
AFP le
Logo de Nestlé devant le centre de recherche du groupe à Vers-chez-les-Blanc, près de Lausanne, le 9 octobre 2014 ( AFP/Archives / Fabrice Coffrini )
Le géant de l'agroalimentaire Nestlé a été accusé jeudi de soutenir consciemment l'esclavage qui sévit dans le milieu de la pêche en Thaïlande en utilisant des fruits de mer dans des produits alimentaires pour chats, a annoncé un cabinet d'avocat ayant lancé des poursuites en nom collectif.
"Des acheteurs de produits pour animaux ont porté plainte aujourd'hui contre Nestlé, accusant le fabricant d'aliments de soutenir en toute connaissance de cause un système d'esclavage et de trafic d'êtres humains pour produire des aliments pour chats de la marque Fancy Feast, tout en cachant sa complicité avec des violations des droits de l'Homme", a annoncé le cabinet Hagens Berman dans un communiqué.
Selon cette plainte, "Nestlé importe via un fournisseur thaïlandais, Thai Union Frozen Products PCL, plus de 28 millions de livres (12.000 tonnes) d'aliments pour animaux à base de fruits de mer pour de grandes marques vendues en Amérique dont une partie sont produits dans des conditions d'esclavage".
Des hommes et des garçons venus de pays plus pauvres que la Thaïlande comme le Cambodge ou la Birmanie sont vendus à des capitaines de bateaux de pêche, qui exigent d'eux un travail dangereux et harassant à raison de 20 heures par jour, en les payant très peu ou pas du tout, sous peine d'être battus ou même tués, accuse encore la plainte.
"En cachant cela au public, Nestlé a de fait conduit des millions de consommateurs à soutenir et encourager l'esclavage dans des prisons flottantes", a accusé l'un des associés du cabinet, Steve Berman, cité dans le communiqué, en invitant les utilisateurs des marques en cause à se joindre à cette plainte.
La plainte a été déposée au tribunal fédéral du centre de la Californie.
POUR LE BOYCOTT, voilà la liste des marques qui appartiennent à Nestlé.....C'est là qu'on voit l'emprise d'une multinationale sur les consommateurs....
Si le lait et la nutrition sont à l’origine de l’Entreprise, de nombreux autres produits alimentaires sont, au fil du temps, venus enrichir la gamme : chocolat, boissons instantanées, produits culinaires, réfrigérés, surgelés, glaces, aliments pour animaux familiers et eaux embouteillées.
Nestlé est aujourd’hui la première entreprise alimentaire du monde.
L’eau, complément indispensable à toute alimentation, est pour Nestlé de toute première importance.
La lumière du jour semble éveiller dans les cristaux assemblés des mémoires de clarté. Le tapis neigeux, accompagnant le ciel qui s’éveille, diffuse des haleines phosphorescentes. Ses pas soulèvent des myriades de flocons givrés, comme des scintillements d’étoiles. A l’horizon, l’astre montant, encore caché par les courbures de la Terre, a repoussé de chaque côté de la scène deux vagues noires de nuages boursouflés. Une couverture sombre, menace immobile, domine le lit du jour. Lentement, ces tentures mouvantes, plissées comme des chairs molles, se parent de rose. Rien de vif, juste des coulures discrètes mais qui s’imposent peu à peu. C’est un hublot qui s’est ouvert dans la masse compacte, un puits lumineux qui grandit lentement. Régulièrement, tout en préservant le rythme obstiné de ses pas, il tourne les yeux vers la naissance à venir. Les draperies de nuages se tendent, les tissus célestes se contractent, le rouge gagne la place. Enfin, le haut de la tête apparaît. Flamboyant. La boule lisse s’extirpe, se hisse, se faufile entre les parois nuageuses qui se déchirent sous les tensions.
Des traînées carmin se répandent de tous côtés mais rapidement la masse spongieuse des nuages accumulés engloutit dans le noir imposant les promesses de chaleur. Le disque rayonnant, malgré toute l’énergie concentrée, ne peut lancer ses cris de lumière. Le rond impuissant s’affaiblit, disparaît et s’éteint dans l’océan sombre des eaux suspendues.
Il s’est arrêté.
Impossible d’avancer quand le monde joue les scènes épiques.
Et c’est la nature, encore une fois, qui lui donne à voir son parcours, qui met à nu l’état de son être, qui dessine par delà les esquisses incertaines la profondeur réelle de sa vie. La vie, intense, bouillonnante, retranchée dans les tréfonds du corps, réfugiée dans les méandres de l’âme, la vie, insaisissable, indestructible, inexpugnable, résiste et s’élève. Là-bas, derrière les épaisses tentures mouvantes, gonflées de futures averses, nourrissant les prochaines tempêtes, il devine la montée inexorable de la lumière. Rien ne freine son cours. C’est à lui, avec la même obstination, d’ignorer les ténèbres qui l’entourent et de préserver l’irremplaçable élévation.
Il marche.
Les larmes coulent sur ses joues. Des larmes de bonheur. Le monde est son soutien. Il le sait pleinement désormais, le monde est son salut. Le monde est son Dieu. Il n’a pas besoin des hommes, ni de leurs religions, ni de tous leurs mensonges. Rien n’est plus simple que cet amour absolu pour la Terre car elle ne réclame rien, aucune prière, aucune idole, aucune guerre, aucune pratique doctrinaire. Juste de l’amour. Et de la contemplation.
Il dépasse le cinquième virage. Les bâtons de randonnée sont des aides indéniables. Le tapis de neige est si épais qu’il a du mal parfois à distinguer l’empreinte de la route. Le chasse-neige de la commune ne viendra pas jusque-là. Aucune maison à dégager, aucun accès indispensable. Il est seul et le restera. Mais sitôt pensé cela, il sent combien sa solitude n’est qu’une fausse image. Les arbres muets le regardent passer, les oiseaux camouflés écoutent le chuintement de ses pas, le ciel est un observateur curieux. Rien n’est inerte. C’est la petitesse de nos regards qui limitent les contacts à nos semblables. Il le sait, sans rien pouvoir exprimer. Il n’est pas seul, il est même impossible de l’être. La vie ne peut pas être seule. Elle est partout, sous différentes images. Que ces images ne puissent communiquer entre elles par des mots humains n’effacent pas leurs présences. Il voudrait parler aux arbres, aux nuages et aux oiseaux, aux brins d’herbe, au vent et à la pluie qui tombe. D’être muré dans le silence humain, de ne pas prononcer parfois le moindre mot en une journée, lui ouvre d’autres langages. L’air qui tourne autour de lui le respire, les parfums de son corps sont des messages lancés alentour, les regards attendris vers les horizons blafards sont des mots d’amour. Rien n’est inerte et tout lui parle. Derrière le foisonnement merveilleux d’images, il devine une présence flamboyante. Une étrange mélancolie, l’impression d’avoir perdu un temps précieux, d’être resté sourd à des paroles essentielles, d’avoir ignoré la vie dans son extraordinaire diversité, de n’avoir été qu’un homme. Et c’est profondément décevant et douloureux.
Il marche.
Il cherche à comprendre ce qu’il est devenu. Est-il d’ailleurs si différent ou n’est-ce qu’une perception nouvelle ? Tout était-il déjà là ? Il lui semble que l’homme caché, l’homme réel, est parvenu à briser la carapace de l’homme sculpté. Sculpté par les rencontres, formé par les contraintes, modelé par les répétitions quotidiennes et la faiblesse de l’homme qui s’abandonne, repu de suffisance, en s’imaginant tenir entre ses mains les fils de son destin. Il sait désormais qu’il n’a été rien d’autre qu’une esquisse, une silhouette sans matière. Qu’une partie de la figurine ait été arrachée semble avoir permis à cette matière interne d’enfin se révéler au grand jour… Comme si du trou béant de sa jambe avait jailli en quelques instants une lueur inconnue.
La lumière s’impose. Les nuages, pourtant toujours aussi compacts, ne parviennent plus à étouffer la brillance de l’astre. La volonté du jour est la plus forte. Il s’étonne de cette clarté répandue alors que la source elle-même reste invisible. Il espère atteindre lui aussi cette capacité à rayonner quand tout autour n’est que ténèbres.
Il marche.
La chaleur de son corps animé exhale des parfums de sueur, de brûlure musculaire, de soif intense, de respiration contrôlée. Il a délacé sa veste. Des courants incandescents cascadent dans ses fibres. Chaque pas, chaque appui, chaque souffle est un instant de vie, unique, immensément joyeux, intensément désiré, profondément apprécié. Il sait qu’il a failli perdre tout cela, que l’image aurait pu totalement disparaître, qu’elle aurait pu également être terriblement déchirée, au point que rien n’aurait été possible, que l’image aurait désespérément jauni, jour après jour, sans qu’aucune couleur joyeuse ne vienne embellir le dessin. Il sourit. A lui-même. Il reconnaît aujourd’hui que les médecins ont eu raison. Il a eu un peu de chance… Malgré tout ce qu’il a perdu, il lui reste juste de quoi se reconstruire. Il a eu beaucoup de mal à l’admettre mais de sentir ainsi son corps en action le rassure. Il reste de belles couleurs à découvrir. Ses doigts serrent la poignée des bâtons avec une énergie redoublée, les épaules poussent le torse en avant. C’est une proue butée qui taille sa route, qui tranche l’océan de neige et laisse un sillage régulier. Une avancée silencieuse, juste rythmée par le frottement des pas dans la neige légère, le balancement hypnotique du corps, la régularité répétitive et efficace de chaque geste. L’escalade ne lui offrait pas cette simplicité. Trop de tensions, trop de contraintes. Aucune pensée ne pouvait être détournée de l’objectif à atteindre. L’importance de ce qu’il n’avait jamais réellement accueilli. Une palette nouvelle de couleurs inconnues, les complémentarités de l’être. En dehors du temps, à l’écart des hommes, dans les horizons intérieurs, des contrées à atteindre.
Septième virage. La route s’engage sous les arbres. Il s’arrête à l’orée de la forêt. C’est un peuple puissant qui l’observe. Les grands résineux tapissés de neige sont des gardiens impassibles. Il les regarde avec un léger sourire. Majestueux et immobiles, ils forment un mur compact. Le trait blanc de la route, sillage fragile, se glisse prudemment sous les branches figées comme des vagues écumeuses. C’est un monde secret qui s’ouvre, baigné par une lumière teintée de verts sombres. Les frondaisons épaisses cachent des vies de plumes, des fourrures agiles, des insectes fureteurs. Au plus profond des broussailles, dans les sous-bois les plus éloignés de tout, des oreilles inquiètes épient le moindre bruit. La vie joue de ses formes et impose à chaque espèce des règles immuables. Les plus faibles ne connaîtront pas la douceur du printemps. Les plus résistants supporteront les longues nuits froides.
Il est certain aujourd’hui qu’il goûtera à la lente montée de l’astre dans l’azur. Il n’aurait osé l’affirmer quelques semaines auparavant. Il a bien pensé, parfois, que tout devait s’arrêter, que rien ne justifiait la suite. L’idée, désormais, lui paraît inconcevable. L’absence glaciale de Blandine sera pour toujours une brûlure insupportable. Il ne saurait en être autrement.
Mais il marche.
Et la neige est si belle.
Il fait demi-tour. Sans amertume. Le moignon est échauffé. Il doit l’accepter et écouter la plainte. Il ne veut pas d’une plaie qui s’infecte. Il est resté trop longtemps dépendant du personnel de l’hôpital puis du centre de rééducation pour courir le risque d’une immobilisation. Lionel, le prothésiste de Grenoble, lui a clairement détaillé les risques. Il lui fait confiance. C’est d’ailleurs le seul spécialiste dont il accepte sans retenue les conseils. Lionel ne voit pas en lui un amputé mais une personne. La distinction est d’importance. Le spécialiste n’a pas pris le pas sur l’humain. Il sait combien dans le milieu hospitalier la rencontre est rare.
Les bâtons diminuent considérablement la difficulté de la descente. Il marche à petites enjambées, sans forcer sur l’articulation. Ce n’est plus son énergie qui commande mais la nécessité de rester en bon état. Il accepte la situation parce qu’il n’a pas le choix. Jouer le téméraire, faire la sourde oreille ne servirait qu’à amplifier le mal. Le bonheur qui se dévoile dans cette marche laisse entrevoir des lendemains heureux. Il ne pensait pas cela possible, il s’en étonne encore. La force de son rebond l’interpelle. Il ne se savait pas si sage ! Les souvenirs sont sans doute trop proches et trop sombres pour laisser le rideau retomber. Il ne veut plus de ce voile de ténèbres qui le laissait hagard et sans désir. Il doit apprendre à maîtriser ses élans.
Il se félicite d’avoir fait demi-tour.
Il sait qu’il reviendra.
Il s’arrête.
Longuement, il observe les horizons gagnés.
La lumière a empli le monde. A certains endroits du ciel, l’étendue nuageuse se désagrège. Des déchirures apparaissent. Des chapelets de vaisseaux fragiles se dispersent sur un océan grisâtre qui ondule. Une brise légère s’est levée et les pousse.
C'est avec ce type d'exemple qu'on prend conscience que la santé des patients est secondaire et que la course aux profits est la première donnée prise en compte pour la mise sur le marché ou même le développement d'une molécule...Il y a certainement beaucoup de traitements qui auraient fonctionné pour diverses pathologies si les recherches ou la commercialisation n'avaient pas été stoppées pour des intérêts financiers....
L'état autorise que le médicament contre le cancer Avastin soit aussi prescrit pour soigner la DMLA. Avantage : il est moins cher que le traitement habituellement utilisé, le Lucentis,
Jeudi 27 août, le ministère de la Santé a autorisé par un arrêté le remboursement de l'anticancéreuxAvastin, produit par Roche, dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), une maladie dégénérative de la rétine. Le ministère avait reçu, en juin, le feu vert de l'Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM). Celle-ci a délivré une autorisation spécifique pour que l'Avastin puisse être aussi prescrit dans le traitement de la DMLA dans un cadre hospitalier.
La ministre, Marisol Touraine, entend désormais favoriser l'utilisation de l'Avastin à la place duLucentis de Novartis pour soigner la DMLA. Elle a de bonnes raisons pour cela. Alors qu'une injection du médicament de Novartis coûte 900 euros en moyenne, une injection d'Avastin coûtera, selon le ministère, autour de 30 euros. Le traitement de la DMLA, maladie qui touche 900.000 personnes, a coûté quelques 428 millions d'euros en 2013 ; la prescription de l'Avastin pourrait donc permettre à l'Assurance-maladie de réaliser de substantielles économies, «dans le respect de la sécurité des patients», souligne Marisol Touraine.
Engager une dynamique
Ces économies sont toutefois difficiles à évaluer, précise le ministère de la Santé, dans la mesure où elles dépendent du taux de substitution effectif de l'Avastin dans les hôpitaux. «Il n'y aura aucune réticence du côté des médecins si les médicaments présentent la même efficacité et des effets secondaires identiques», affirme Patrick Gasser, le président de l'Union nationale des médecins spécialistes. Il est en revanche «évident, selon lui, qu'il y aura des réticences de la part des patients. Mais, peu importe, conclue-t-il, l'important, c'est d'engager une dynamique».
Deux obstacles pourraient cependant s'opposer à la substitution de l'Avastin au Lucentis. D'une part, les conditions d'utilisation de l'Avastin par les hôpitaux ne sont pas incitatives. Le ministère a fixé le prix de remboursement de ce produit à 10 euros par injection, alors que le coût de préparation est supérieur, selon Thierry Bour, président du Syndicat national des ophtalmologistes de France, qui dit ne pas comprendre pourquoi le prix fixé est si faible. Par ailleurs, l'autorisation donnée par l'ANSM en juin est temporaire, et les hôpitaux désireux d'utiliser l'Avastin doivent se soumettre à des procédures assez lourdres.
Recours devant le Conseil d'État
D'autre part, Roche a déposé, le 20 août, un recours devant le Conseil d'État contre l'arrêté ministériel permettant le remboursement de l'Avastin dans le traitement de la DMLA. L'utilisation de l'Avastin est donc conditionnée par la décision du juge, mais la date de l'audience de référé n'est pas encore connue.
Le laboratoire suisse affirme que l'Avastin, malgré les effets positifs largement constatés, n'est pas adapté à la DMLA. En réalité, l'objection de Roche est peut-être moins médicale qu'économique. Les molécules de l'Avastin et du Lucentis ont toutes deux été développées par Genentech. Ce laboratoire américain a conclu un accord de commercialisation avec Novartis valable dans le monde entier, à l'exception des États-Unis, où Genentech conserve son brevet exclusif. Or, Genentech a été racheté en 2009 par Roche. Ainsi, quand Novartis vend son Lucentis, il verse une partie de ses recettes à Genentech, c'est-à-dire une filiale de... Roche.
La différence de prix entre le Lucentis et l'Avastin est telle qu'il est plus avantageux pour Roche de percevoir, par l'intermédiaire de Genentech, des redevances de brevet sur les ventes de Novartis que de vendre l'Avastin à la place du Lucentis. Les intérêts de Novartis et de Roche sont donc convergents. Cette situation se rapproche encore un peu plus de l'entente quand on sait que le laboratoire Novartis détient un tier de Roche, qui a donc encore moins intérêt à aspirer les parts de marché de son actionnaire. Les deux groupes ont déjà été condamnés, en mars 2014 par l'autorité de la concurrence italienne, à 182,5 millions d'euros pour avoir tenté de s'entendre pour empêcher la commercialisation de l'Avastin comme traitement de la DMLA.
"Il me semblait que les hautes montagnes, les rivières, les lacs, les beaux arbres, les fleurs et les animaux traduisent bien mieux l'essence divine que les hommes avec leur vanité, leur esprit de mensonge et leur insupportable égocentrisme. Les arbres en particulier étaient mystérieux et me semblaient traduire immédiatement le sens incompréhensible de la vie. C'est pourquoi la forêt était l'endroit où l'on ressentait le sens le plus profond et l'activité la plus frémissante de la nature. "Carl Gustav Jung.
Éducation : la rentrée à laquelle vous avez échappé !
Un nouveau membre du Conseil supérieur des programmes a démissionné pour dénoncer la prise en main idéologique de Najat Vallaud-Belkacem sur cette instance.
Ce devait être une bien belle journée pour Najat Vallaud-Belkacem : celle de sa conférence de presse pour la rentrée, où elle expose, souriante et sourcilleuse, les grandes lignes de sa stratégie. À son arrivée, les photographes la mitraillent. Elle s'étonne même à haute voix, non sans plaisir, que l'assistance soit si nombreuse.
La démissionnaire dénonce, en premier lieu, la « folie » qui consiste à modifier tous les programmes de la maternelle à la terminale d'un même mouvement. Elle s'insurge ensuite contre la fausse indépendance du CSP, que la loi de 2013 a désigné comme une « instance indépendante placée auprès du ministre ». Une ambiguïté dont n'a cessé de jouer Najat Vallaud-Belkacem. « Nous avons appris que le cabinet de la ministre intervenait dans nos travaux en amont et sans que la plupart des membres le sachent, explique Annie Genevard au Point. Quand, lors d'un déjeuner au ministère, je me suis étonnée de cet interventionnisme, le directeur de cabinet de Najat Vallaud-Belkacem m'a répondu en citant Edgar Faure sur « l'indépendance dans l'interdépendance ».
Ainsi, quand la suppression du latin et du grec en tant que disciplines à part entière a provoqué le tollé que l'on sait, la ministre s'est retranchée derrière la prétendue indépendance du CSP, auquel elle a demandé de faire des propositions. « Mais la lettre de saisine contenait déjà la réponse aux questions qu'elle posait, s'insurge la députée. Elle découpait l'enseignement du latin en tranches, entre français pour l'étymologie, l'histoire pour la civilisation et un enseignement complémentaire pour la langue. »
Absurde
Mais le plus grave, c'est assurément l'emprise idéologique exercée par Najat Vallaud-Belkacem et son entourage. En son nom, tout est possible, même les excès les plus absurdes. Ainsi, le projet des programmes de français recommandait dans sa première mouture de respecter la parité entre les auteurs femmes et les auteurs hommes. On imagine ce que devient dans un tel contexte l'étude des textes classiques !
Plus ahurissant encore, les programmes de maternelle, qui prennent effet dès cette rentrée 2015, émettaient, dans une version initiale, une proposition assez stupéfiante concernant les enfants de migrants scolarisés. Les familles de ceux-ci devaient être conviées à venir dans les salles de classe parler leur langue d'origine devant l'ensemble des élèves, invités à écouter les yeux fermés, afin de mieux s'imprégner de la musique de ces parlers différents.
Contre cette brillante idée, Annie Genevard avait déjà mis sa démission dans la balance. Avec succès. Il reste juste à se demander comment la même ministre peut à la fois cautionner de tels délires et prétendre incarner la défense de la laïcité.
FIGAROVOX/ENTRETIEN - Annie Genevard explique les raisons de sa démission le mardi 25 août 2015 du Conseil supérieur des programmes, actuellement chargé de la refonte des programmes du CP à la troisième. Pour elle, cet organe n'est d'indépendant que dans ses statuts.
Annie Genevard est députée du Doubs et maire de Morteau (25). Elle a été membre du Conseil supérieur des programmes d'octobre 2013 à août 2015.
LE FIGARO. - Vous écrivez que le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem influence-t-il le Conseil supérieur des programmes. De quelle manière?
Annie GENEVARD. - Nous avons eu en juin une réunion avec la ministre et les membres du Conseil. Il a été dit que chaque semaine, le président du Conseil supérieur des programmes rencontrait un membre du cabinet de la ministre. Nous avons eu la révélation de l'intervention du cabinet sur certains points délicats du programme. Cela pose problème parce que dans le texte de la loi, il a été dit explicitement que le CSP est «une instance indépendante placée sous l'autorité du ministre». La formule très ambiguë contient les germes de la situation que nous connaissons. On est indépendant, ou on ne l'est pas. Dans cette affaire, chacun doit prendre ses responsabilités, comme je l'ai indiqué dans la lettre que j'ai adressée à la ministre. Au CSP d'élaborer les programmes, et à la ministre d'arbitrer. Mais pendant l'élaboration des programmes, il n'est pas souhaitable que le cabinet de la ministre intervienne en permanence.
Vous évoquez les difficultés spécifiques rencontrées dans l'élaboration des programmes d'histoire du cycle IV [de la cinquième à la troisième]. Quelles sont les principales?
Elles concernaient notamment la présentation de l'histoire des religions, l'aspect qui a été le plus médiatisé. Mais également le mélange d'une approche chronologique et d'une approche thématique ou la mise en valeur de certains aspects de l'Histoire au détriment d'autres. Au-delà de ces points d'achoppement, je crois qu'il faut tirer des enseignements de cette polémique: elle a montré que, d'une part, la feuille de route donnée à ce Conseil n'est pas tenable. Réformer neuf niveaux en même temps est une folie ; cela ne peut garantir un travail de qualité. La précipitation a montré que de nombreux éléments ont échappé au Conseil. La relation entre le Conseil et la tutelle ministérielle pose problème quant à l'indépendance du CSP. Quand nous avons rencontré la ministre, nous lui avons fait part de ces difficultés. Elle s'est montrée désinvolte, ne prenant pas la mesure de celles-ci.
Quels sont les partis pris pédagogiques et idéologiques des experts dont vous faites part dans votre communiqué de démission?
L'Education nationale est traversée par des partis pris très clivants. A titre d'exemple, lorsque nous avons réuni les représentants de diverses associations d'enseignants de lettres, j'ai pu constater que certains considéraient que prôner la maîtrise de la langue française n'avait pas de sens. Il fallait parler de «maîtrise des langages». L'enseignement est traversé par ces clivages profonds. Avant de se lancer dans cette réforme des programmes, il aurait fallu prendre davantage de temps pour appréhender toutes ces querelles et se faire une opinion. La ministre a préféré se lancer tête baissée dans une rédaction des programmes en suivant un calendrier qui n'était pas pédagogique mais politique. Les réponses apportées par la ministre devant les difficultés qui lui ont été rapportées sont insatisfaisantes.
Sur 18 membres du CSP, 4 ont déjà démissionné. Pour des raisons similaires aux vôtres?
Je ne me prononcerai pas à titre personnel sur leurs motifs. Néanmoins, le recteur Boissinot qui a démissionné en juin 2014, après avoir été nommé en octobre 2013 a exprimé les raisons de sa démission, évoquant l'absence de recherche d'un consensus suffisant. Il a fait savoir que le CSP n'était pas adapté aux missions qui lui ont été confiées. Les querelles pédagogiques qui ont démarré dès le début des travaux les ont considérablement obstrués. J'ai pris soin de formuler dans ma lettre des arguments de fond, pas uniquement de nature politique. Je parle en connaissance de cause. Indépendamment de la qualité de ses membres, le CSP tel qu'il est organisé peine à remplir la mission qui lui a été confiée. Je ne fais aucune confiance à la ministre pour nous laisser travailler dans l'indépendance. J'en veux pour preuve la lettre de saisine qu'elle nous a adressée sur l'enseignement des langues anciennes où elle nous demande de lui faire des propositions en respectant le canevas de sa réforme du collège. C'était donc une fausse saisine qui montre bien que cette indépendance qu'elle se plaît constamment à rappeler n'existe pas.