That Sugar Film", le documentaire qui dénonce le marketing des produits "light"
Les Australiens consomment en moyenne l'équivalent de 40 cuillères de sucre par jour
PAR CAMILLE KAELBLEN
Le réalisateur a consommé l'équivalent de 40 cuillères de sucre par jour pour dénoncer son omniprésence dans l'alimentation.
La guerre contre les produits "light" est déclarée. L'assaut a été donné par Damon Gameau, un acteur et réalisateur australien qui, lassé des arguments contradictoires sur les vertus ou les dangers du sucre, a décidé de se faire sa propre idée sur la question. Dix ans après Super Size Me, le documentaire d'un Américain qui avait mangé MacDonald's pendant un mois, il réalise That Sugar Film. Avec un objectif précis : pendant 60 jours, il doit consommer l'équivalent de 40 cuillères de sucres, soit la dose moyenne consommée par les Australiens.
Pour cette expérience filmée, Damon Gameau a abandonné son régime quotidien simple, à base de produits frais, de fruits et de légumes, pour suivre celui de la plupart des Australiens. Il s'est entouré d'une équipe de médecins qui contrôlaient son poids et a consommé des produits sucrés, mais dont les étiquettes vantent le bon effet sur la santé. "Ce sont des produits avec des abeilles, des fleurs et des couchers de soleil sur le paquet. Et c'est là tout l'enjeu du film : si j'avais mangé du chocolat et des donuts, tout le monde savait déjà ce qu'il me serait arrivé", explique-t-il au quotidien américain New York Times.
Pas de sentiment de satiété
Les résultats ne se font pas attendre. En 18 jours, son régime à base de yaourts allégés, de jus de fruits, des barres de céréales "diététiques" et de sauces pour les pâtes modifient drastiquement son rapport à l'alimentation. Il grignote davantage, ne se sent jamais rassasié et de mauvaise humeur : "J'ai appris que je libérais de l'insuline, et des hormones, qui retenaient toutes les graisses dans mon corps". En deux mois, il prend 10 centimètres de tour de taille. Les médecins lui diagnostiquent un début de stéatose hépatique, une maladie du foie.
Les problèmes de santé que Damon Gameau a développés durant son expérience ont cependant disparu quand il a repris son alimentation de départ. Signe que l'alimentation est avant tout une question d'habitudes à prendre. "Je crois qu'il faut vraiment qu'on simplifie notre façon de nous alimenter", conclut-t-il à la fin du documentaire.
55% des Australiens suivent les conseils des marques d'aliments
À l'origine de ces mauvaises habitudes alimentaires, un problème d'éducation, selon Damon Gameau. "Une étude réalisée en Australie montre que 55% des Australiens suivent les conseils donnés par les marques d'agroalimentaire, alors que seulement 25% suivent ceux donnés par les nutritionnistes. Les gens prennent pour argent comptant ce que les marques leur conseillent", estime-t-il.
Le sucre serait-il donc le grand responsable des problèmes d'obésité et de maladies liées à une mauvaise alimentation ? Pour Damon Gameau, les choses ne sont pas si simples. "Je ne pense pas qu'il faille diaboliser le sucre, comme d'ailleurs aucun autre nutriment. Mais quand un seul de ces nutriments devient 80% de tous les aliments, il faut y jeter un œil. Et pas seulement en arrêtant de mettre du sucre dans le café : le sucre est entré dans toute notre chaîne alimentaire. Et les gens ne réalisent pas la quantité industrielle qu'ils consomment".
"Nous sommes les témoins du dépérissement du spirituel, alors que le matériel a depuis longtemps formé son propre système organique, qui est même devenu le fondement de notre vie sclérosée et menacée de paralysie. Tout le monde voit bien que le progrès matériel n'apporte pas aux hommes le bonheur. Mais néanmoins, tels des fanatiques hallucinés, nous continuons à en multiplier les performances. Ce faisant, nous en sommes arrivés à la situation évoquée dans "STALKER" : le présent se confond avec le futur, en ce sens que le présent renferme tous les prémisses de l'inévitable catastrophe que nous réserve le proche avenir, ce dont nous avons partiellement conscience, tout en étant incapable de l'éviter.
Le lien entre les actes de l'homme et son destin est ainsi rompu. Cette rupture tragique est à l'origine de la conscience instable qu'il a de lui-même dans le monde contemporain. Profondément, bien sûr, un homme dépend toujours de ses actes mais à force de s'entendre dire que plus rien ne dépend de lui, que sa propre expérience ne peut influer sur l'avenir, a mûri en lui le sentiment erroné et nuisible qu'il n'est pour rien dans son propre destin.
Les liens qui unissent l'individu à la société sont à ce point dénaturés aujourd'hui dans le monde, que l'unique issue qui apparaisse est de rétablir le rôle joué par l'homme dans son propre destin. Il lui faudra pour cela revenir à la notion de son âme, à la compréhension des souffrances de cette âme et s'efforcer de relier ses actes à sa conscience. Il lui faudra admettre que sa conscience ne le laissera jamais en paix, quand tout autour de lui ira à l'encontre de ce qu'il pense. Il ne pourra plus dès lors se justifier à ses yeux ou à celle des autres par des formules commodes pour sa tranquillité et sa paresse, prétendant que tout ce qui se passe n'est pas de son fait mais la fatale volonté "des autres"....
Toute tentative pour rétablir l'harmonie de la vie passée passe par la restauration du problème de la responsabilité personnelle. J'en suis convaincu.
......
L'homme n'est plus considéré que comme un "animal" socialement utile. La question reste de savoir en quoi consiste cette utilité. Si, mettant l'accent sur l'utilité sociale de l'activité d'un homme, nous en venons à oublier son intérêt en tant que personne, nous commettons une erreur impardonnable et mettons en place toutes les conditions favorables au déclenchement du drame humain.
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En parallèle au problème de la liberté, se pose celui de l'expérience et de l'éducation. Dans son combat pour la liberté, en effet, l'humanité moderne réclame la libération de l'individu, c'est à dire la possibilité concrète de faire tout ce qui lui passe par la tête. Ce ne peut être là qu'une libération illusoire et la voie vers de nouveaux désenchantements. Libérer l'énergie de la spiritualité humaine ne peut être que le fruit d'un énorme travail intérieur, que l'individu seul doit se décider à entreprendre. Dès lors, l'éducation reçue fait place à l'autoéducation, sans laquelle il est impossible de savoir quoi faire de cette liberté tant recherchée ou comment éviter de ne l'interpréter qu'en termes utilitaires ou de consommation.
A cet égard, l'expérience de l'Occident fournit un matériau extraordinairement riche à la réflexion. Les libertés démocratiques y sont indéniables. Pourtant, ses citoyens réputés "libres" traversent une profonde crise spirituelle. Que se passe-t-il ? Pourquoi existe-t-il un conflit aussi aigu entre l'individu et la société malgré les libertés laissées à la personne en Occident ?
Je pense que l'expérience occidentale prouve que se servir de la liberté comme d'un don gratuit, sans faire sur soi le moindre effort spirituel met l'homme dans la situation d'une impossibilité de jouir des bienfaits de cette liberté.
Dans ses manisfestations extérieures, l'homme n'est pas libre parce qu'il n'est pas seul mais la liberté intérieure est donnée à chacun dès l'origine. Reste à avoir le courage et la volonté nécessaires pour s'en servir.
Un homme vraiment libre ne l'est pas au sens égoïste du terme. La liberté de l'individu ne peut être la conséquence d'efforts sociaux. Notre avenir ne dépend de personne si ce n'est de nous-mêmes.
La possibilité de manifestation du libre arbitre est naturellement limitée par celui des autres mais il est important de dire qu'un défaut de liberté est toujours la conséquence d'une lâcheté ou d'une passivilité intérieure, d'un manque de détermination dans l'expression de sa volonté accordée à la voix de sa conscience."
"Les relations sociales se sont développées de manière telle, qu'en n'exigeant plus rien d'eux-mêmes, en s'affranchissant de tout effort moral, les hommes ont dirigé tous leurs griefs vers les autres et vers l'humanité en général. On demande aux autres de se résigner, de se sacrifier, de prendre part à l'édification de la société, sans jamais vouloir vraiment participer soi-même à ce processus, déclinant toute responsabilité pour ce qui se passe dans le monde. Toutes les raisons sont bonnes pour justifier ce détachement, ce refus de sacrifier ses intérêts égoïstes en faveur de tâches plus élevées, intérieurement plus importantes. Personne n'ose ni ne désire porter un regard lucide sur lui-même, endosser la responsabilité de sa propre vie ou celle de son âme. Sous prétexte que "nous tous", c'est à dire l'humanité toute entière, sommes dans le processus de construire une certaine "civilisation", nous nous sommes imperceptiblement détournés de la moindre responsabilité personnelle et chargeons les autres de tout ce qui peut se produire. De ces prémisses découle un conflit toujours plus inextricable entre la personne et la société.
Autrement dit, nous vivons dans une société qui a été créée par des efforts communs mais par ceux de personne en particulier où les griefs de chacun sont dirigés vers les autres, en aucun cas vers soi-même.
Cette situation a abouti à ce que l'homme ne peut devenir un instrument des idées et des ambitions des autres ou être un meneur d'hommes lui-même, formant et exploitant l'énergie et les efforts d'autrui, sans regard pour les intérêts de chaque individualité prise séparément; C'est comme si l'idée même de la responsabilité personnelle avait disparu, sacrifiée sur l'autel d'un "intérêt public" mal compris, au service duquel l'homme aura acquis le droit de se sentir délié de toute responsabilité à l'égard de lui-même.
Dès le moment où nous confions à d'autres le soin de résoudre nos propres problèmes, le fossé qui sépare le processus matériel du precessus spirituel ne cesse de s'élargir. Nous vivons dans un monde d'idées que d'autres ont élaborées à notre intention et où nous n'avons le choix qu'entre, nous développer selon leurs normes, ou nous en écarter et entrer en conflit avec elles d'une manière toujours plus désespérée. Situation aussi aberrante que terrible.
Je crois que la seule voie possible pour surmonter ce conflit entre l'individuel et le collectif est de retrouver un équilibre entre LE SPIRITUEL et le matériel.
Que signifie par exemple : "Se sacrifier pour la cause commune?" N'est-ce pas l'expression même du tragique conflit qui existe entre la personne et la société ?
Si l'homme n'est pas intimement convaincu de la part de responsabilité qu'il a lui-même dans l'avenir de la société, s'il ne ressent que le droit de disposer des autres, de diriger leurs destins de l'extérieur et de leur imposer sa vision de leur rôle dans le développement social, alors les désaccords entre l'individu et la société ne peuvent que prendre un caractère de plus en plus fondamental.
le libre arbitre est la garantie de notre capacité à évaluer les phénomènes sociaux, ainsi que notre propre situation au milieu des autres et de pouvoir faire un libre choix entre le bien et le mal.
Tout contre le problème de la liberté surgit en effet celui de la conscience morale. Si tous les concepts élaborés par la conscience collective sont bien le produit de l'évolution, celui de la conscience morale n'a par contre rien à voir avec le processus historique. Le concept de conscience morale et le sentiment que nous en possédons est quelque chose d'immanent, de spécifique à l'homme, à priori, qui vient comme ébranler les assises de la société mal fondée qui est aujourd'hui la nôtre. la conscience morale empêche la stabilisation de cette société et va parfois à l'encontre des intérêts de l'espèce, voire de sa survie. En termes d'évolution biologique, la catégorie de conscience morale est parfaitement absurde.
Aujourd'hui, il est évident pour tout le monde que les conquêtes matérielles n'ont pas été synchronisées avec un perfectionnement spirituel. La conséquence fatale en est que nous sommes devenus incapables de maîtriser ces conquêtes et de les utiliser pour notre propre bien. Nous avons créé une civilisation qui menace d'anéantir l'humanité.
Devant une catastrophe aussi globale, la seule question qui me semble importante, au plan thérique, est celle de la responsabilité personnelle de l'homme, de sa disposition au sacrifice spirituel, sans lequel il ne saurait être question d'un principe spirituel. la capacité au sacrifice dont je parle et qui doit devenir la forme organique et naturelle d'eixtence de tout homme doué de quelques qualités spirituelles, ne peut être perçue comme une fatalité malheureuse, ni comme une punition qui serait imposée par on ne sait qui. Je veux parler de l'esprit de sacrifice, de l'essence même du service envers le prochain, reconnu comme unique forme possible d'existence et assumé librement par l'homme au nom de l'amour.
Or, de quoi est faite la relation qui prévaut aujourd'hui entre les hommes ? De l'esprit d'accaparement aux dépens des autres, de la volonté d'obtenir le plus possible sans renoncer au moindre de ses intérêts.
Le paradoxe pourtant de cette existence est que plus nous cherchons à humilier nos semblables, plus nous nous ressentons dans ce monde comme insatisfaits et frustrés. Tel est le prix de notre "péché", du refus de choisir de plein gré, en la préférant à toute autre voie, la voie véritablement "héroïque" de notre dévéloppement intérieur."
À mes yeux, la conscience morale n'est pas immanente mais éducative et comme elle répond à une intention de maintien de l'ordre social et de la croissance matérielle qui l'accompagne, elle ne peut contribuer qu'au développement de cet égoïsme étrange qui consiste à défendre ses droits contre les autres si nécessaires et qui rend par là-même pérenne la structure matérielle de la société, dite "moderne"...
La conscience morale est devenue une aberration au service d'une destruction planétaire de la Vie.
Il convient par conséquent de l'abandonner pour une conscience universelle....Celle des Peuples Racines, celle des civilisations qui n'ont jamais perdu de vue que l'individu est le Maître de lui-même dans le creuset d'une Nature originelle qu'il ne peut renier. Et que dans cette Nature originelle se trouvent également tous les êtres qu'il se doit donc de respecter et d'aimer autant qu'il le fait pour lui-même...
Il ne s'agira donc pas de croissance matérielle mais de développement spirituel. En osmose avec l'ensemble de la Vie.
Ce commentaire fait référence à cette édition : Enseignant... et après ? : Comment se préparer et réussir sa seconde carrière (Broché)
Un livre qui n'en est pas vraiment un, d'ailleurs, puisqu'il n'est que l'édition d'un mémoire de masterisation d'un auteur qui, lui même, n'a effectué finalement qu'une mutation interne puisqu'il exerce au CNED depuis 1999.
Un livre que j'ai acheté en pensant y trouver une voire des solutions mais qui ne m'a donné finalement qu'un coup de cafard supplémentaire en me confirmant ce que j'observais était la réalité : à savoir qu'il n'y a pas de solutions. Bien sûr, cet ouvrage a le mérite de lister quelques portes où frapper et dont pas grand monde a dû entendre parler comme l'AROEVEN ou le CIEP, mais les enseignants ne savent que trop bien que ces détachements (présentés comme la seule alternative viable finalement et qui sont actuellement dans le colimateur) ne sont distribués qu'au compte-goutte et que les prétendants y accèdent au moins autant par leurs qualités que par leur réseau relationnel...
Un livre qui a cependant le mérite de jeter un éclairage sur l'extrême difficulté pour un enseignant de pouvoir changer de poste pour un autre sans confrontation avec le public (ce qui, au bout de 15 ans peut sembler comme totalement légitime), difficulté due à la (mauvaise) volonté de l'Administration de l'EN de maintenir les enseignants en vase clos pour, (peut-être?) continuer à feindre que tout va bien dans le plus beau métier du meilleur des mondes en évitant l'hémorragie prévisible de ses troupes et le réajustement de leurs salaires. Il faut aussi dire que nombre d'enseignants sont très heureux de leur sort et ne quitteraient leur « métier » dont ils pensent le plus grand bien pour rien au monde, confirmant ainsi les symptômes du syndrome de Stockholm dont ils semblent tous être atteints.
Donc, pour résumer : Enseignant...et après? Réponse : RIEN.
OUI. je confirme.... Il n'y a RIEN dès lors qu'on a obtenu son diplôme d'instituteur il y a plus de trente ans avec un simple BAC philosophie/littérature.
Cet enfermement a une intention, comme le dit l'auteur de ce commentaire....Faire croire que tout va bien puisque personne ne cherche à sortir de l'enceinte....
Il est évident que lorsqu'il n'y a aucune porte, il ne sert à rien d'espérer une issue de secours.
L'institution aura beau jeu de laisser entendre dès lors que vous êtes un "maillon faible", un "profiteur", un "parasite"......
Il restera bien tendu le copinage, le piston, les relations....Faire le trottoir en quelque sorte.
Considéré comme le plus grand réalisateur soviétique avec Sergueï Eisenstein, il a réalisé sept longs-métrages qui le placent parmi les maîtres du septième art. Son premier film, L'Enfance d'Ivan, est d'abord considéré comme le chef de file d'un renouveau du cinéma soviétique. Mais Tarkovski s'éloigne dès le film suivant de toute considération politique pro-soviétique, ce qui le fera se confronter à la censure durant ses quatre films suivants. Il choisit à la fin des années 1970 de quitter son pays natal pour réaliser ses deux derniers films à l'étranger, car les organes de cinéma de l'URSS ne lui permettent plus de financer ses films.
Il est récompensé dès son premier long-métrage du Lion d'or à la Mostra de Venise 1962. À leur sortie, ses films sont des succès critiques mais peinent à trouver leur public. Ils rencontrent néanmoins du succès quand ils sont de nouveau autorisés en URSS lors de la perestroïka, mais aussi en France à partir de 1986 et de son Grand prix du jury pour Le Sacrifice.
Exigeante et empreinte de mystique, son œuvre compte parmi les plus importantes de l'histoire du cinéma.
"Il me semble que notre époque achève et épuise une étape de l'histoire, qui aura été marquée par de "grands inquisiteurs", des meneurs d'hommes ou certaines fortes personnalités, qui ont toutes été animées par l'idée de transformer la société afin de la rendre plus "juste" et plus rationnelle. . Tpus ont cherché à se rendre maîtres de la conscience des masses en imposant de nouvelles idéologies, ou des idées sociales nouvelles, qui appelaient au renouvellement de l'organisation de la vie au nom du bonheur de la majorité du peuple.
Déjà Dostoïevski avait mis en garde contre ces "grands inquisiteurs" qui prétendaient prendre sur eux le bonheur de tous.
Et nous avons vu, pour en avoir été les témoins, comment l'affirmation des intérêts d'une classe, ou d'un certain groupe de gens, ainsi que l'invocation magique des intérêts de l'humanité ou du "bien collectif", en étaient venues à contredire de façon tellement criante ceux de l'individu, fatalement marginalisé par la société. Et comment, fort d'une base "objective, "scientifique", d'une "nécéssité historique", tout cela avait commencé à prendre, totalement à tort, une valeur même subjective sur le plan ontologique. (science de l'être en soi.)
Toute l'histoire de la civilisation, tout son processus historique, montrent qu'au nom du salut du monde et de l'amélioration de la condition humaine, les hommes n'ont cessé de se voir proposer une direction toujours "plus juste", toujours plus "certaine", mûrie dans des cervelles d'idéologues ou de politiciens. Pour prendre part à ces vastes mouvements de restructuration, il suffisait chaque fois de renoncer à "peu de chose" : à sa propre manière de penser, afin d'orienter, vers l'extérieur de soi, tous ses efforts en conformité avec le plan d'actions proposées...
Impliqué ainsi hors de lui-même dans une dynamique de "progrès", qui devait assurer l'avenir de l'humanité, l'homme en a oublié ce qui lui était authentiquement et concrètement personnel. En se dissolvant dans l'effort commun, il s'est mépris sur la réalité de sa propre qualité spirituelle. Et la conséquence en a été un conflit toujours plus inexorable entre l'individu et la société. En se préoccupant tellement de l'intérêt de tous, personne ne s'est plus soucié du sien propre, dans le sens où l'entendait le Christ :" Tu aimeras ton prochain comme toi-même." C'est à dire, aime-toi assez pour respecter en toi ce qui te dépasse, ton origine divine, qui ne te permettra pas de céder à tes intérêts avides et égoïstes, et t'incitera à t'abandonner à l'autre, sans raisonner ni tergiverser, de l'aimer. Ce qui exige un sens véritable de sa propre dignité, autrement dit de comprendre que le "moi" en devenant le centre de ma vie sur terre, prend une valeur et une importance objectives, pour atteindre, quand il aspire à un certain niveau spirituel, à une perfection libre de toute ambition égocentrique.
S'intéresser à soi-même, combattre pour sa propre âme, nécessite de l'homme une détermination formidable, des efforts énormes.
D'un point de vue moral, il est beaucoup plus facile de tomber que de s'élever, ne fut-ce que d'un rien, au-dessus de ses intérêts étroits et pratiques. Pour parvenir à une véritable naissance spirituelle, il faut d'immenses efforts intérieurs.
Il est toujours plus simple et rapide de se laisser prendre dans les filets des "pêcheurs d'âmes humaines", de renoncer à sa propre voie, au nom de tâches prétendument plus grandes et plus généreuses, sans se rendre compte que c'est alors se trahir, trahir sa propre vie, qui nous a pourtant bien été donnée pour quelque chose....
Les films de Tarkovsky sont en ligne
Les films de Tarkovsky sont désormais en ligne
Andreï Tarkovsky (1932-1986) est reconnu comme le meilleur réalisateur soviétique de la période d’après guerre. Et son influence s’est étendue bien au delà de l’Union Soviétique.
Ses films sont désormais en ligne.
Vous pouvez désormais les voir et admirer son oeuvre en immersion complète dans le monde contemplatif d’Andreï Tarkovsky, ce monde exceptionnel autant par son esthétique que par la profondeur du propos de l’auteur.
Image issue du film Stalker d’Andreï Tarkovsky
Les « Cahiers du cinéma » ont régulièrement placé ses films dans leur top 10 annuel. Ingmar Bergman est même allé jusqu’à dire « Tarkovsky est pour moi le plus grand, il a inventé un nouveau langage, aussi vrai que la nature cinématographique qui capture la vie comme une réflexion, la vie comme un rêve. » Akira Kurosawa a lui aussi reconnu son influence et a ajouté : « j’adore tous les films de Tarkovsky. J’adore sa personnalité et l’ensemble de son travail. Chaque prise de chacun de ses films est une image merveilleuse par elle même. »
Tournés entre 1962 et 1986, les longs métrages de Tarkovsky sont en prise avec des thèmes métaphysiques et spirituels en utilisant un style cinématographique particulier. Des prises longues, un rythme lent et images méthaphoriques figurent toujours dans les films de Tarkovsky. (regardez l’image de Stalker ci-dessus).
L’intégrale de Tarkovsky – cliquez sur l’image pour la commander
Vous pouvez désormais voir les films de Tarkovsky en ligne.
J'ai décidé de créer un nouveau site en utilisant la plateforme de TUMBLR.
Je peux y insérer des photos, des vidéos et des textes.
http://jarwallahaut.tumblr.com/
Je garde "emonsite" et je continuerai à l'utiliser mais sur TUMBLR l'emploi des photographies et des videos me convient parfaitement. Etant donné que je dois avoir plusieurs centaines de photos de montagne, il est temps que je les partage et "emonsite" n'est absolument pas performant en la matière....
Il s’est levé avec la ferme intention d’aller jusqu’à la brèche.
Il n’a plus neigé depuis les vacances de Noël. Un froid sibérien s’est posé sur les Alpes et solidifie l’air autant que la neige. Le manteau neigeux est aussi compact que l’estran à marée basse. Les crampons des raquettes s’ancrent solidement et lui permettent de remonter la pente avec énergie. Il trace des diagonales bien régulières pour casser la raideur. Le ciel est pâle comme un drap ancien et le soleil a l’éclat terne des phares marins dans la brume. Il sent dans ses muscles des bouffées de chaleur qui ravissent son esprit. La puissance de ses pas le stimule et réveille des forces puissantes. La joie de l’effort s’entretient elle-même et se nourrit de ses propres désirs. La poussée des bâtons le propulse en avant et magnifie l’euphorie des pas. C’est la joie qui le guide. La pente n’est plus qu’un prétexte, l’objectif est un leurre. Chaque seconde se suffit à elle-même. Une extase mécanique, une répétition hypnotique. Le craquement de la neige, comme une mélodie de papier froissé, enlumine sa marche de sons cristallisés. Le but réel n’est que le prolongement de cette féerie. Il ne lève plus la tête vers la ligne de crête qui indique l’arrivée au col. Aucun désir de conquête. La simplicité de son bonheur ne réclame aucun subterfuge. Il marche. Et rien ne peut remplacer la profondeur de ce voyage intérieur. Car c’est en lui qu’il avance. Le rêve de l’hôpital. Il s’en souvient avec une précision rare. Il marche sur une pente inconnue qu‘il a pourtant toujours côtoyée. Et c’est en lui que tout se passe. Il le sait désormais. Il se hisse sur les contreforts de son âme. La marche en montagne n’est que le miroir de ce périple. Il ne saurait dire s’il s’agit d’une élévation de l’esprit enfantée par l’élévation de son corps où s’il ressent le besoin inconscient de marcher en montagne pour accompagner la progression verticale de son âme. L’absence de réponse ne le tourmente pas longtemps. Il sait qu’il est à sa place et c’est là l’essentiel.
Il tourne de trois quarts et entame une nouvelle diagonale. Il jette un regard sur la large pente et les forêts qui s’étendent à ses pieds. Il retrouve jusqu’à l’orée des bois la trace de ses pas. Régularité du sillage. C’est comme un rythme cardiaque affiché sur l’écran blanc de la neige. C’est ici qu’il est à l’abri et que les pulsations sont belles.
Il sent le moignon concentré sur la prothèse. L’angle avec la pente accentue les efforts sur l’emboîture. L’appui solide des bâtons. Il sait que si un problème mécanique survenait, ces deux soutiens joueraient un rôle essentiel. Il ne déplace jamais les deux bâtons en même temps et ne s’autorise à avancer un pas qu’à partir du moment où l’ancrage d’une pointe est assuré. Il n’a pas besoin d’y penser. Les gestes sont automatiques et parfaitement exécutés. Fluidité des gestes, béatitude intérieure."
De retour d'une deuxième virée dans le Valgaudemar. Neuf jours de randonnées en altitude dans des paysages grandioses....Je n'ai pas cessé de sortir l'appareil photo, totalement émervéillé....Des aigles, bouquetins, chamois, marmottes, gypaètes, des fleurs toutes plus belles les unes que les autres, des arbres dressés dans des pentes abruptes, des roches bariolées, des sommets et des glaciers qui appellent à de nouvelles montées.....L'imagination créatrice de la Nature....Sortir à un sommet et en découvrir un autre.....Et marcher de nouveau, dans le silence, l'immensité et la lumière de l'altitude.....Et toujours cette certitude qu'aucun autre lieu ne peut autant nous combler....Dormir dans le camion, au fond des bois, partir au petit matin et sentir peu à peu le corps qui s'éveille...Et l'esprit qui s'intériorise et explore les horizons oubliés....Loin du tumulte des vallées humaines....Retour à l'Essentiel. Les Sens au Ciel.
La dimension spirituelle est quasiment inexistante dans les sociétés matérialistes et notre éducation tout comme notre enseignement en sont responsables. L’éducation est dans une large part une simple et unique reproduction des mouvements de pensées qui animent le monde moderne. L’errance, le rejet, l’abattement, la détresse, la compétition et ses effets dévastateurs, une course à l’ego, une individualisation outrancière, le « moi je » comme étendard, l'Avoir qui se moque de l'Etre, les êtres en perdition de ne pas tout avoir… Et cette effroyable rupture entre la Nature et la dimension contemplative et sereine qu’elle procure.
Combien d’enfants vont marcher dans les bois ? Combien d’enfants construisent encore des cabanes, suivent une trace d’animaux, écoutent le vent dans les arbres, combien d’enfants parviennent à préserver en eux la magie du monde et ce sentiment ineffable d’en faire partie, combien d’enfants ont appris à regarder en eux ?
A quoi les adolescents se réfèrent-ils ? Quels sont leurs modèles humains ? Quels sont leurs projets ?
Henri David Thoreau, qui le connaît encore chez les jeunes ? Qui va le leur faire découvrir ? Qui osera encore défendre sa vision de l’Homme ?
Qu’est devenu le Sens du Sacré ? Vers quoi ce Sacré a-t-il été détourné ?
Sans même essayer d’identifier tous les phénomènes qui se sont imposés à nous, que nous avons laissés s’étendre comme s’ils allaient pouvoir répondre aux questions existentielles, sans même chercher à remonter à la source, le simple regard sur l’état des lieux est déjà absolument indispensable, vital même.
Ensuite, nous pourrons tenter de tracer une autre voie.
Ma Belle et moi avons transmis ce qui nous semblait vital pour que la Vie vienne réjouir l'existence.
Nos trois enfants savent que Là-Haut, dans la Nature, au bord des torrents, dans les forêts, enfoncés dans la neige ou surfant sur la poudre, endormis sous les étoiles ou marchant déjà au lever du soleil, ils savent qu'ils existent. Totalement. Au coeur de la Vie