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  • Les âmes soeurs

    Si, justement, c'est ce que je cherche à traduire. Dans tous mes romans, dans tout ce que j'écris. Cette relation qui est de l'ordre de l'inexplicable mais qui se doit d'être vécue, intégralement, sans retenue, sans peur, sans préjugés, "vie-vement", corporellement, spirituellement, sensoriellement, intellectuellement.....Et que tout ça fusionne pour nourrir l'élan nécessaire pour prolonger l'exploration de cette dimension divine....Et je sais désormais combien ces horizons ne peuvent être rendus visibles par la fenêtre étroite de notre mental, ni même de notre ego....Il s'agit d'explorer ce qui n'est même pas imaginable et par conséquent d'accueillir librement ce qui n'est pas connu. Sans doute même est-il nécessaire de se libérer de ce qu'on croit connaître pour atteindre ce seuil qui ouvre sur ce qui n'est pas traduisible......Et sur quoi je continuerai à écrire.....

    "Se libérer du connu" disait Krishnamurti..... Je croyais avoir compris le message depuis bien longtemps. J'avais en fait à  peine commencé.....

    Il est de ces expériences qui rompent des enceintes dont on n'avait même pas conscience, dont on ne pouvait imaginer l'épaisseur.....Ce que je sais, désormais, avec une certitude absolue au regard de ce que je viens de découvrir, c'est que 99% de notre vie s'intéresse à la matière, aux formes, à l'Avoir et c'est une absurdité effroyable. Rien n'est là, rien de durable, rien de puissant, rien de révélateur. Tout est ailleurs. Nous ne sommes qu'énergie......Et les énergies, parfois, se reconnaissent et s'invitent.....

    Auras

     

    Lorsque vous rencontrez la bonne personne vous le savez. Il y a un sentiment de puissance et de fragilité et, en même temps, un flux d’énergie abondant qui a l’air d’être contrôlé par quelque chose de bien plus puissant que nous. Vous reculez pour reprendre votre souffle car au fond vous savez que c’est quelque chose de spécial, de différent, d’authentique. C’est si cru et réel que vous avez juste envie de vous évader pour avoir le temps de tout absorber. L’âme-sœur, celle que vous sentez vibrer alors qu’elle se trouve à des kilomètres de vous, celle que vous entendez murmurer lorsqu’elle pense à vous, celle qui vous laisse marcher librement mais qui se joint à votre ombre de loin. Cette personne. Celle que vous avez l’impression de connaitre depuis des millions d’années. Voici les 10 signes que vous avez trouvé votre âme-sœur : 1. C’est quelque chose à l’intérieur de vous. Il est difficile de décrire comment l’âme-sœur vous fait sentir. C’est une émotion profonde et tenace qu’aucun mot ne peut décrire. 2. Vous avez des flashbacks. Si votre partenaire est votre âme-sœur, il y a des chances qu’il ou elle ait été présent ou présente dans vos vies antérieures. Vous vivrez même des sensations étonnantes de déjà-vu, comme si les mêmes situations se sont passées il y a longtemps. 3. Vous vous comprenez sans aucun effort. Avez-vous déjà rencontré des personnes qui terminent les phrases l’un de l’autre ? Certains disent que c’est à cause de trop de temps passé ensemble mais, en réalité c’est une connexion entre âmes-sœurs. Vous pouvez le vivre avec votre mère, votre meilleur ami mais c’est un signe évident que vous avez trouvé votre âme-sœur lorsque vous le vivez avec votre partenaire. 4. Vous tombez amoureux de ses défauts. Aucune relation n’est parfaite et même les âmes-sœurs vont avoir des hauts et des bas mais leur relation est bien plus difficile à rompre. Elles ont beaucoup moins de difficulté à accepter et à aimer les imperfections de l’autre. 5. C’est intense. Une relation entre âme-sœur peut être plus intense que la normale dans le bon et parfois dans le mauvais sens. Le plus important est que, durant les temps de crise, vous vous concentrez à régler les problèmes et voir plus loin que cette situation difficile par laquelle vous passez. 6. Vous deux contre le monde. Les âmes-sœurs voient souvent leur relation comme « eux contre le reste du monde ». Ils se sentent liés l’un à l’autre et capables de surmonter n’importe quelle difficulté tant que leur âme-sœur est à leur côté. 7. Vous êtes mentalement inséparables. Les âme-sœur ont une connexion mentale similaire aux jumeaux. Ils peuvent prendre le téléphone en même temps pour s’appeler et même quand la vie les sépare, leurs esprits restent connectés. 8. Vous vous sentez en sécurité et protégé. Peu importe le sexe de votre partenaire, il doit toujours vous faire sentir en sécurité et protégé. Votre âme-sœur vous fera sentir comme si vous aviez un ange gardien à vos côtés. Une personne qui utilise vos insécurités contre vous, consciemment ou inconsciemment n’est pas votre âme-sœur. 9. Vous ne pouvez pas imaginer votre vie sans votre âme-sœur. Une âme-sœur n’est pas quelqu’un que vous pouvez quitter facilement. C’est quelqu’un que vous ne pouvez même pas imaginer vivre sans, une personne pour qui vous croyez fermement qu’il faut rester à ses côtés et de se battre pour elle. 10. Vous vous regardez dans les yeux. Les âmes-sœurs ont tendance à se regarder dans les yeux quand elles se parlent, plus que les autres couples. Cela leur vient naturellement. Regarder une personne dans les yeux lorsque vous lui parlez témoigne d’un grand niveau de confort et de confiance en soi.

    Voir plus: 10 Signes que vous avez trouvé votre âme-sœur | 
    http://www.santenaturelle.org/10-signes-que-vous-avez-trouve-votre-ame-soeur/

  • La lettre des Colibris

    Chers Colibris,

    La campagne "Une (R)évolution intérieure" touche à sa fin, et le bilan est très positif ! Les groupes locaux Colibris se sont fortement mobilisés, avec des "rendez-vous à l’intérieur" sur les territoires, et des projections du film "En Quête de Sens", qui a dépassé les 100 000 spectateurs ! Vous avez été nombreux à contribuer à cette campagne dans la rubrique "Inspirer, s’inspirer", en partageant un livre, un film, une rencontre qui a été une étape-clé sur le chemin de votre (R)évolution intérieure. Les entretiens "ma (R)évolution intérieure", ainsi que le film d'animation "Une histoire de (R)évolutions", ont été accueillis avec beaucoup d'enthousiasme par un grand nombre de colibris. Pour tout cela, un immense merci à tous !

    Nous sommes maintenant en pleine préparation dela campagne Oasis ! Pour faire face à la désertification des campagnes autant qu’aux dérives urbaines, Pierre Rabhi nous interpelle, depuis près de 20 ans, sur la nécessité de faire émerger ces nouveaux espaces de vie partout en France. Les Oasis sont des lieux capables de répondre aux besoins humains : subsistance, santé, sécurité, respect de soi et de l’autre, autonomie, convivialité, bienveillance… Les éco-quartiers, habitats participatifs, éco-villages, sont autant d’exemples d’oasis que nous allons promouvoir afin d’inspirer la communauté et de soutenir les porteurs de projet. Nous vous donnons rendez-vous en septembre pour le lancement de cette belle campagne !

    Bel été à tous !

    Barbara, Gregory, Guilherme, Anne-Laure, Cyrille, Céline, Marc, Marianne, Bernard, Mathieu, Elisa, Laurent, Clément, Louise, Yasu, et Blandine.

    Actus de la (R)évolution

    Les groupes locaux Colibris participent activement à la campagne "Une (R)évolution intérieure", comme à Annecy, Bruxelles, Lorient, Orléans, Paris, St-Étienne et Uzège, où de nombreux colibris se sont réunis le 12 juin dernier pour visionner en ligne et en direct la conférence "Une histoire de violence" (voir plus bas).

    La (R)évolution intérieure a aussi résonné à Toulouse, pour une réunion mensuelle sous le signe de la Biodanza, et à Avignon, à l'occasion de la fête des 2 ans du groupe local ! (voir les photos de la fête là).

    Le 26 juin, une vingtaine de personnes de différents groupes locaux de toute la France (Bordeaux, Chartes, Dordogne, La Rochelle, Nice…) étaient présentes au Centre agroécologique des Amanins pour un "Rendez-vous à l'intérieur". La journée s’est déroulée autour de témoignages sur des livres inspirants, et du Forum des Pas-sages, un jeu de questionnement et de coopération.

    D'autres évènements sont en cours de préparation sur les territoires, comme à Orléans, le 30 août (voir l'Agenda) ou à Besançon cet automne.

    Conférence "Une histoire de violence"
    Le 12 juin dernier, la conférence "Une histoire de violence" a fait salle comble, avec 800 personnes présentes aux salons de l'Aveyron à Paris ! Et vous êtiez près de 3000 à la visionner en direct sur notre site.

    La conférence est désormais disponible en ligne. Retrouvez Pierre Rabhi, Paul Watson, Nancy Huston, Thomas d'Ansembourg, Mathieu Labonne, et Joyshanti !

    Ma (R)évolution intérieure
    Le témoignage de Zaz est disponible sur le site de Colibris !
    Retrouvez aussi Margueritte Kardos, Thomas d'Ansembourg, Matthieu Ricard, Pierre Rabhi, Frédéric Lopez, Françoise Vernet, et leur témoignage inspirant !

    >>> Voir toutes les vidéos

     

    Des Oasis, des projets, des reportages

    Projet Oasis 
    Les groupes locaux s'emparent du projet Oasis, avant le lancement de la campagne à la rentrée. Quatre conférences de présentation du projet ont eu lieu en juin dernier à Lyon, Bordeaux, Montpellier et Angers. Plus de 600 personnes, dont une dizaine d'élus locaux, ont découvert 16 lieux d'éco-habitats participatifs. D'autres conférences auront lieu très bientôt, notamment à Strasbourg et à Paris !

    D'autres évènements rythmeront la campagne, comme la sortie d’un numéro spécial de Kaizen en septembre, et un forum "Concevoir une oasis" les 3 et 4 octobre à l'Arche St-Antoine (Isère).

    Enfin, Clément, en service civique à Colibris, part tout le mois d'août à la découverte de différentes oasis qui illustrent un nouveau "vivre ensemble". Vous pourrez suivre très prochainement ses aventures sur le site de Colibris !

    >>> En savoir plus sur le Projet Oasis

    Tera tour
    Les membres du projet Tera organisent, en partenariat avec Colibris, un 2ème Tour de France du 21 juin au 21 septembre. Cette année, ils voyagent à vélo d’Oasis en Oasis, et organisent, à chaque étape de leur parcours, des projections de films et des émissions de radio. Ils feront appel à des associations locales et à des élus pour échanger sur des sujets d’actualités : redessiner la démocratie, vivre ensemble, produire localement...

    >>> Écouter les interviews Tera
    >>> En savoir plus sur Tera

    Reportage : Fruimalin, une démarche innovante de valorisation des végétaux comestibles
    Le concept Fruimalin est né d’un pari : croire en la possibilité de créer un emploi en valorisant les végétaux laissés pour compte autour de soi. Un pari gagné grâce à la collecte annuelle de quelques tonnes de fruits et de plantes et à leur transformation...

    >>> Lire le reportage

    Projet Éco-logis
    Chloé est documentariste, Olivier est charpentier, et de mai 2014 à août 2016 ils voyagent sur les cinq continents pour filmer des techniques de construction écologiques, simples, peu onéreuses et reproductibles.
    Sur la route, ils vont à la rencontre d'auto-constructeurs, d'architectes, d'ingénieurs et de personnalités engagées dans la lutte contre le réchauffement climatique.
    Ils sont actuellement au Canada. À leur retour en France ils réaliseront un documentaire pour témoigner d'un autre monde en constructions !

    >>> Plus d'infos
    >>> Leur page facebook

    la vie du mouvement

    Cercle d'Orientation, au Hameau des Buis, les 19 et 20 juin derniers

    Depuis 2012, Colibris a fait le choix d’une gouvernance participative. Une fois les statuts déposés, il nous a fallu entrer dans le vif du sujet et rendre concret le schéma d’une marguerite composée de différentes parties prenantes de Colibris : fondateurs, équipe opérationnelle, partenaires, associations affinitaires, groupes locaux, cotisants.

    C’est chose faite et en juin dernier, les représentants de ces 6 collèges se sont réunis au Hameau des Buis pour le Cercle d’Orientation annuel. Cette assemblée d’une trentaine de colibris, d’horizons et d’implication complémentaires au sein du mouvement, a amendé les axes stratégiques la stratégie qui donne corps à la mission de Colibris. Elle a aussi choisi les personnes qui vont siéger au Cercle de Pilotage pour 2 ans. Ces élections se sont déroulées selon le mode de "l’élection sans candidat", une découverte et beaucoup d'émotions pour nombre de participants !

    La gouvernance Colibris est une expérience qui permet de questionner, grandeur nature, nos nouvelles façons de décider ensemble. Dire que c’est facile serait mentir. Cacher que c’est une aventure passionnante le serait tout autant !

    >>> Pour comprendre la gouvernance de Colibris, c'est par là !

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  • Tantra

    Le sexe : Un acte et un art sacré

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    "Le mot « Tantra » provient de deux racines: le mot « tan » qui 
    signifie « tisser », et « tra », qui veut dire « expansion ». Selon une 
    autre définition, « tantra » serait né de la contraction des mots 
    « tanotti » et « trayotti », ce qui signifie « expansion de la 
    conscience vers la libération de l’ego ». Selon les maîtres en la 
    matière, cette dernière définition est celle qui serait la plus 
    appropriée au tantra pur, celui qui, au-delà de la sexualité, propose 
    tout un mode de vie. Une façon d’appréhender notre réalité avec un coeur
    ouvert, un esprit curieux et la conscience des éléments qui peuvent 
    limiter, voire freiner notre liberté intérieure. Comme les préjugés, les
    idées reçues, les croyances, les peurs, etc…



    Sans vouloir tomber dans le mystique à deux sous, on peut simplement avancer
    qu’un individu qui ouvre sa conscience, qui a un cœur ouvert et aimant,
    qui met en pratique le fameux lâcher-prise peut accéder à un état 
    d’amour inconditionnel de lui-même. Celui qui vit cela, vit aussi dans 
    la joie et désire contaminer son prochain de ce sentiment positif. C’est
    un être animé par la passion. Et qui dit passion, peut aussi dire 
    sexualité intense, n’est-ce pas ?



    Amour, sexe et philosophie : Selon la philosophie tantrique, la sexualité 
    n’est pas que reliée au corps et à la génitalité. Elle contient une part
    spirituelle et propose à ses adeptes une toute nouvelle conception des 
    gestes de l’amour physique. On invite les amants à se caresser et à 
    faire l’amour comme si chaque relation sexuelle était une première fois.
    Cela permet de mieux savourer les touchers et les sensations. Pour 
    parvenir à cet exploit, la préparation et les préliminaires sont 
    capitaux. Par la méditation, on prépare le corps et l’âme aux sensations
    à venir. Par la technique de respiration profonde et lente, on tente de
    faire le vide mental. Pas facile, mais faisable au bout d’un certain 
    temps! Tout ça dans le but d’allumer tous vos sens. Ensuite, on se 
    laisse doucement aller à des caresses douces. L’utilisation d’une huile 
    parfumée exacerbe le côté agréable du toucher. On prendra soin de 
    commencer par les endroits du corps qui ne sont pas érogènes, pour 
    ensuite aller explorer les zones érogènes et, enfin, les zones 
    génitales.





    Le but ultime : Le but ultime n’est pas l’obtention d’un orgasme 
    fulgurant même si l’idée est séduisante! L’objectif est de créer 
    une rencontre réelle et profonde entre deux êtres via une sexualité 
    offrant une vision autre que la pénétration exécutée de façon rapide, 
    qui ne tient guère compte du plaisir de l’autre, et qui occulte toute 
    sensualité, créativité et spiritualité. Le yoga tantrique offre la 
    possibilité de vivre une sexualité différente en favorisant le 
    développement de notre énergie sexuelle et une meilleure circulation de 
    celle-ci. Si on se discipline à pratiquer quelques minutes de méditation
    avant nos relations sexuelles, et si on ouvre son esprit et son cœur à 
    l’autre, il sera possible de toucher du doigt une forme de divin.


    Energie sexuelle : L’énergie sexuelle qui se loge en nous est très puissante. 
    Si on décide de l’utiliser pour qu’elle nous conduise à un niveau 
    supérieur, plus spirituel, c’est qu’on fait aussi le choix, en tant que 
    couple, d’intégrer dans notre vie une nouvelle discipline. Une grande 
    discipline, certes, mais qui apportera son lot de récompenses: 
    désormais, faire l’amour vous permettra d’atteindre une forme 
    d’illumination et vous rapprochera véritablement de votre partenaire. »
     

    http://antahkarana.forumzen.com/t526p30-la-sexualite

     

    La sexualité sacrée se différencie de la sexualité ordinaire par le fait qu’elle ne cherche ni à exciter les partenaires, ni à améliorer les performances sexuelles ni même à avoir plus de plaisir (même si tout cela peut aussi advenir), mais à créer les conditions d’une connexion profonde (corps, coeur, âme) par l’union sacrée intime. Elle devient alors une voie spirituelle d’accession aux plus hauts états de conscience, de connexion au "divin", au travers de la connexion à l’autre. Elle aboutit à « faire l’amour à la Vie », au-delà de toute génitalité, comme un mode d’être en sensualité et en amour avec tout ce qui nous entoure.

    Le Tantra n'est pas normatif ; il ne dit pas vous devez faire ceci et pas cela ; il n'évalue pas en terme de bien ou de mal. Il dit : soyez avec ce qui se passe ; ajoutez simplement une qualité : la conscience. Ne chercher pas à changer mais à connaître ; c'est la conscience qui transforme, pas la volonté ; celle ci étant toujours au service des conditionnements reçus.

     

    " Si vous amenez la lumière de l'intelligence (au sens de conscience) dans votre sexualité, cette lumière va la transformer. Ce ne sera plus de la sexualité mais quelque chose totalement différent ; si différent que vous n'avez pas de mot pour cela. En Orient on utilise le mot " Tantra ". En Occident, il n'y a pas de mot. Quand le sexe et l'intelligence consciente se rejoignent, quand ils sont liés l'un à l'autre, ils créent une énergie totalement nouvelle ; cette énergie on l'appelle Tantra ". Osho

     

    "Si vous êtes trop centré sur les techniques, vous passez à côté du mystère du Tantra. Un Tantra fondé sur des techniques est un pseudo-tantra. Quand il y a technique, il y a ego et contrôle. Vous êtes alors dans l'état de faire ; il y a donc celui qui fait ; c'est là le problème. Le tantra est un état de non-faire ; ça ne peut pas être technique". Osho

     

    "Le tantra vous introduit dans une dimension de relaxation plus profonde. Les partenaires en se fondant l'un dans l'autre se donnent de l'énergie vitale. Ils forment un cercle ; leurs énergies se donnent vie et se renouvellent. Il n'y a pas de perte ; l'énergie s'accroît au contact du sexe opposé ; chaque cellule est stimulée et excitée.
    Si vous pouvez vous fondre dans cette excitation sans la mener à son terme et rester dans la chaleur initiale sans vous enflammer davantage, vos deux chaleurs vos se rencontrer et vous pourrez prolonger l'acte très longtemps. Sans éjaculation, sans perte d'énergie, dans ce qui devient une méditation, vous trouvez votre unité. Dans cette expérience, votre personnalité éparpillée est réunifiée". Osho

    "Pendant l'orgasme, les amants se fondent l'un dans l'autre ; la femme n'est plus une femme, l'homme n'est plus un homme. Ils ne sont qu'un cercle de yin et de yang, se rencontrant l'un l'autre, se fondant l'un dans l'autre. Ils ont oublié leurs identités. C'est la beauté de l'amour. On appelle Mudra cet état de profonde union cosmique. Et l'état final de l'orgasme, avec le tout, on l'appelle Mahamudra, le grand orgasme.
    L'orgasme est la vibration des deux en un. Quand cela se passe non pas seulement avec une personne mais avec l'existence toute entière, on l'appelle Mahamudra, le grand orgasme". Osho

    http://antahkarana.forumzen.com/t526-la-sexualite

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  • L'ère anthropocène

    L'Homme a fait entrer la Terre dans une nouvelle époque géologique

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    La déforestation progresse en Amazonie.
    La déforestation progresse en Amazonie. INRA/CHRISTOPHE MAITRE

    L'Homme est aujourd'hui la principale force gouvernant l'état, le fonctionnement et l'évolution de la planète. Et cette prise de contrôle a commencé dans les années 1950. Telles sont les deux conclusions, aux implications vertigineuses, d'une étude qui sera publiée lundi 19 janvier dans le journal The Anthropocene Review. Ces résultats seront présentés, en même temps que ceux d'une autre étude, parue jeudi 15 janvier dans la revue Science, sur les « limites planétaires », lors du Forum économique mondial de Davos, du 22 au 25 janvier.

    S'il fallait encore nous convaincre que nous sommes entrés dans une nouvelle époque – celle de l'anthropocène –, le travail conduit par Will Steffen, chercheur à l'Université de Stockholm (Suède) et à l'Université nationale australienne, en apporterait la démonstration. « En un peu plus de deux générations, l'humanité est devenue une force géologique à l'échelle de la planète », écrivent les auteurs.

    C'est, précisément, la définition de l'anthropocène. Un néologisme, associant les mots grecs « homme » et « récent », forgé par le néerlandais Paul Crutzen, Prix Nobel de chimie en 1995, pour signifier que l'influence des activités anthropiques sur le système terrestre est désormais prépondérante. Et que nous sommes donc sortis de l'holocène, l'époque géologique après la dernière glaciation et qui couvre les dix derniers millénaires.

    GRANDE ACCÉLÉRATION

    Ce constat est aujourd'hui très largement partagé par la communauté scientifique. Pour autant, l'entrée dans l'anthropocène n'est pas encore actée par la Commission internationale de stratigraphie et l'Union internationale des sciences géologiques, seules arbitres en la matière. A fortiori, la chronologie de ce basculement n'est toujours pas arrêtée. Certains proposent de le faire commencer autour de 1800, avec la révolution industrielle. D'autres de remonter aux débuts du néolithique, voilà quelque 10 000 ans, lorsque des sociétés de cultivateurs-pasteurs sédentaires se sont substituées aux chasseurs-cueilleurs nomades.

     « De tous les candidats à une date de démarrage de l'anthropocène, le début de la grande accélération est de loin le plus convaincant du point de vue de la science du système terrestre », tranchent Will Steffen et ses collègues. La « grande accélération » ? Il s'agit d'un autre concept, formalisé au début des années 2000, pour rendre compte de l'impact de plus en plus fort des activités humaines sur le globe. Or, les auteurs montrent que ce processus s'est précipité à partir du milieu du siècle passé.

    Ils ont mis en vis-à-vis deux groupes de douze indicateurs. Le premier décrit, de 1750 à 2010, les grandes « tendances socio-économiques » mondiales : population, croissance économique, consommation d'énergie primaire, urbanisation, usage de l'eau, construction de barrages, transports, télécommunications, tourisme international… Le second groupe s'attache, sur la même période, aux « tendances du système terrestre » : émissions de gaz à effet de serre ( CO2, méthane et protoxyde d'azote), ozone stratosphérique, hausse des températures, acidification des océans, pertes de forêts tropicales, érosion de la biodiversité, artificialisation des sols…

    PRESSION DES ACTIVITÉS HUMAINES

    Les résultats sont éloquents : pour la plupart de ces indicateurs, la courbe grimpe en flèche à partir des années 1950, ce qui établit une corrélation directe entre la pression des activités humaines – la production et la consommation de biens – et l'état de santé de la planète. « Il est certainement vrai que les humains ont toujours modifié leur environnement, parfois à grande échelle. Mais ce que nous documentons depuis le milieu du XXsiècle est sans précédent, en rythme comme en amplitude », observent les chercheurs, qui soulignent que ce bouleversement sort des limites de la « variabilité naturelle » des derniers millénaires. « C'est un phénomène nouveau et cela montre que l'humanité a une responsabilité nouvelle, à un niveau global, pour la planète », ajoutent-ils.

    Les auteurs vont plus loin, en établissant que cette responsabilité n'est pas également partagée entre les nations. De fait, le concept d'anthropocène s'est parfois vu reprocher de considérer à tort l'humanité comme un bloc homogène. Leur travail échappe à cet écueil, en distinguant chaque fois que possible pays riches – ceux de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) –, pays émergents – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud – et pays en développement. Il apparaît que « la part du lion » de la consommation de biens reste celle des pays de l'OCDE, qui possédaient en 2010 près des trois quarts de la richesse mondiale (somme des produits intérieurs bruts), alors qu'ils ne totalisaient que 18 % de la population. Cela, même si le poids des nations émergentes va croissant.

    « MARQUEURS » IMPRIMÉS PAR L'HUMANITÉ

    « Il s'agit d'une étude de très grande qualité, qui concorde parfaitement avec nos propres résultats », commente Jan Zalasiewicz, professeur de géologie à l'Université de Leicester (Angleterre) et membre du Groupe de travail sur l'anthropocène, un réseau interdisciplinaire de chercheurs œuvrant pour la Commission internationale de stratigraphie. Avec ving-cinq autres scientifiques de douze pays, il vient en effet de publier, dans la revue Quaternary international, une analyse qui retient elle aussi le milieu du siècle passé comme début de la nouvelle époque géologique. Cela, à partir d'une approche stratigraphique fondée sur les « marqueurs » imprimés par l'humanité dans la biosphère.

    A ce titre, l'explosion de la première bombe atomique de l'Histoire, le 16 juillet 1945 dans le désert du Nouveau Mexique – quelques semaines avant les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki –, pourrait être considérée comme le point de départ de l'anthropocène, dans la mesure où la dissémination des matières radioactives autour du globe constitue « un signal attribuable sans équivoque aux activités humaines ».

    RÉPONSE EN 2050

    Entré dans une ère nouvelle, donc, l'Homme est-il condamné à l'emballement d'une « grande accélération » impossible à stopper ou même à ralentir ? Tout en constatant que la course en avant s'est poursuivie de plus belle au cours de la décennie 2000-2010, Will Steffen et ses collègues relèvent quelques (rares) signes de ralentissement. La croissance démographique mondiale faiblit. La construction de grands barrages stagne depuis une quinzaine d'années, les possibilités de nouveaux aménagements se raréfiant. Et le « trou » dans la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique est en voie de se résorber, du fait du bannissement des composés chlorés.

    Qu'en sera-t-il du futur ? « Les cinquante prochaines années apporteront-elles le grand découplage [entre développement économique et impacts sur le système terrestre, par exemple par la promotion des énergies renouvelables] ou le grand effondrement ?, questionnent les auteurs au terme de leur étude. Cent ans après l'avènement de la grande accélération, en 2050, nous connaîtrons sûrement la réponse. » 
     

     


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/01/15/nous-sommes-entres-dans-l-anthropocene-depuis-1950_4557141_3244.html#B65W36tDH76PUUv6.99

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  • Origine : France

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    "Né, élevé et abattu en Irlande

    Découpé en Grande Bretagne"

    Origine France...."

     

    Et ils viennent nous parler d'écologie ensuite....Rien que la pollution générée par les transports, c'est lamentable. C'est comme les crevettes pêchées au Danemark qui sont envoyées au Maroc pour y être décortiquées puis qui reviennent ensuite au Danemark pour être vendues dans l'UE.....

     

    C'est très représentatif de la "mondialisaition" en fait....Quant à la protection des consommateurs, publicité mensongère, informations trompeuses, le fameux "achetez français", c'est juste une propagande supplémentaire....Qui peut me prouver que c'est Français ? Intégralement Français ... Et pas que l'étiquetage ou le magasin qui le vend....Et qu'en est-il du "bio" ?... Le bio qui pousse avec des plantes génétiquement modifiées plantées à cinq kilomètres ?....Le bio qui pousse dans des champs en bord d'autoroute.... Il n'y a plus que ce qui pousse dans le jardin de ma Belle qui me rassure. Les pluies, ici, ne sont pas celles de l'étang de Berre ou celle au-dessus de Feysin... (désolé pour ceux et celles qui habitent dans ces lieux) Et le potager de ma Belle est MAGNIFIQUE.

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  • Expressions mortelles.

    "Il est mort des suites d'une longue maladie..." Mais qui décide quand ça devient long ? Et c'est combien pour que ça soit long ? Trois jours, Trois semaines, trois mois, trois ans ?.... Et quelle est donc cette maladie dont on ne dit pas le nom ? Faut-il donc qu'il soit honteux, dégradant, humiliant d'en être porteur ? 
    "J'ai perdu un proche." Et bien, en général quand on perd quelque chose, il reste toujours la possibilité de le retrouver. Il faut chercher. 
    "Il a perdu la vie dans un dramatique accident." En général, les accidents ne sont pas vraiment comiques quand l'issue est fatale. Quant à dire qu'on perd la vie, je préfére dire "Il a perdu SA vie" étant donné que la Vie, elle, n'a pas disparu et qu'en plus, on ne sait pas ce qui se passe ensuite. 
    Bon. Tout ça, c'est de la dialectique et il y a bien d'autres expressions tout aussi "curieuses" sur la mort....Pour moi, cette dialectique exprime le regard des humains sur le concept de la Vie. 

    "Il a rendu son dernier souffle. "....A qui l'a-t-il rendu ?....

    Cette dialectique représente inévitablement l'idée que les humains se font de la vie et de la mort. D'ailleurs quand on parle de la mort des animaux, on dit bien souvent qu'ils sont morts...Point...

    Il y a pour les humains une certaine forme d'enrobage, comme pour adoucir les choses....Mais pour quelles raisons ? Est-ce donc que notre mort n'est pas identique à celle du Vivant dans son ensemble ?

     "Rendre son dernier soupir" signifie-t-il que l'existence n'a été qu'une succession de soupirs, du premier au dernier ?

    "Rendre l'âme"...D'accord, mais la rendre à qui ?

    "Il s'est éteint". D'accord mais est-ce en fin de cire, comme une bougie ou sous le coup d'une bourrasque. Et puis, qui avait allumé la mèche ?

    Il existe dans ces expressions des messages subliminaux, des croyances, des peurs, des espoirs, des attentes, des déceptions, des regrets.....

    Je ne sais pas si les animaux ont "conscience" (une autre forme de conscience peut-être....) de cette fin mais ils ont peut-être davantage "conscience" de l'instant présent et ça, c'est très précieux.....

     

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  • North Sentinel

    North Sentinel, ou l'île que personne ne peut approcher

    Martin TRAN 02par 
    le 30 juillet 2015 à 11h17 , mis à jour le 30 juillet 2015 à 14h10.
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    4min
    North Sentinel, une île que personne ne peut visiter...
     

    North Sentinel, une île que personne ne peut visiter... / Crédits : Google Mapicl

    Ce petit îlot de 72km² à peine fait parler de lui ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Certains internautes s'inventent des vacances dessus... alors que personne ou presque n'a jamais pu approcher de ses côtes, précieusement gardées par une tribu dont on ne sait pas grand-chose.
     
    En plein milieu du Golfe du Bengale se trouve l'île de North Sentinel, une île que personne ou presque n'a jamais pu voir de près. En effet, la tribu qui y vit, les Sentinelles, sort lances et arcs pour "accueillir" ceux et celles qui oseraient tenter d'accoster sur ses plages.

    Le Daily Mail a consacré il y a quelques jours un long reportage sur cette île que personne ne peut approcher. Reportage repéré et alimenté par nos confrères duFrancetvinfo. Personne, ou presque... En effet, un homme est parvenu à franchir cet obstacle : il s'appelle Trilokinath Pandit, c'est un universitaire indien. Après de multiples tentatives débutées dans les années 1960 et parfois espacées de plusieurs années, il a réussi à créer un contact avec les autochtones en 1991.

    Des autochtones qui ne sont pas cannibales

    Les cadeaux apportés pour apaiser les Sentinelles ont été accueillis de manière différente : si les noix de coco y sont appréciées et conservées car ne poussant pas sur l'île, le cochon donné en guise de cadeau a, lui, été tué sur la plage. Ceux que l'on pouvait penser anthropophages ne le sont donc finalement pas, une information confirmée par Trilokinath Pandit après sa visite de l'île. Une visite soumise à condition par ailleurs : les étrangers doivent en effet se dévêtir et ôter leurs lunettes pour pouvoir visiter l'habitat de leurs hôtes.

     

    D'après le retour de l'anthropologue, les Sentinelles (dont on estime la population à 400 individus) ne se nourrissent que de poissons et de tortues. Ils vivent de la même façon depuis 15 000 ans : sans chef ni hiérarchie, ils ne répondent à aucun ordre social préétabli, suivant le mode de vie de leurs ancêtres. Noirs de peau, ils seraient originaires d'Afrique et non d'Asie, et ce malgré l'emplacement de l'île entre l'Inde à l'ouest et la Birmanie à l'est.

     

    Retour sur le devant de la scène après le tsunami de 2004...

    Si on ne parle que très peu de l'île, elle est "redécouverte" par le grand public fin 2004 : le tsunami vient de frapper les plages thaïlandaises, et les spécialistes craignent alors pour la survie des Sentinelles. Mais ils seront vite rassurés : les habitants de l'île sont sains et saufs, et auraient été sauvés grâce à leurs "connaissances ancestrales des signes fournis par le vent et la mer" pour prévoir la chose et donc s'en protéger.

    Preuve aussi de leur volonté à s'en sortir seuls, ils n'ont pas hésité à "chasser" à coups de flèches un hélicoptère venu simplement vérifier que tout allait bien peu de temps après la catastrophe. Mais parfois, ce désir d'indépendance peut tourner au drame : ainsi, en 2006, les Sentinelles ont tué deux pêcheurs ivres venus sur ces plages sur lesquelles personne n'a jamais pu s'allonger.

    ... et le crash du vol MH370 

    La dernière apparition de North Sentinel dans les médias date du crash du vol MH370 de la Malaysia Airlines : à la recherche de l'épave, plusieurs avions et hélicoptères ont survolé l'île, d'où s'échappait de la fumée. Beaucoup ont alors pensé que l'avion s'y était crashé, mais l'information a rapidement été démentie par les autorités.

    Si l'on ne sait finalement que peu de choses sur ces Sentinelles, c'est aussi car l'île bénéficie d'une protection de la part de l'Inde dont elle dépend, une protection aussi bien politique qu'anthropologique et sanitaire, les autochtones possédant un système immunitaire des plus fragiles du fait de leur non-contact avec le monde extérieur. Mais cela ne semble pas suffisant pour certaines associations de défense de l'environnement (dont Survival France) qui exhortent "l'administration des îles Andaman à appliquer strictement sa politique de cessation de tout contact avec les Sentinelles et à mettre un terme au braconnage autour de leur île".

     

     

    Un bon sujet pour un prochain roman......

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  • Sur le spécisme.

    http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article42

     

    L'article reproduit ici est une version légèrement modifiée d'un texte publié en avril 1991 dans la revue Informations et Réflexions Libertaires, dans la rubrique « Antispécisme » que nous y tenions.

    Bien que nécessaire, l'argumentation rationnelle au sujet du spécisme a quelque chose de frustrant. Car nos adversaires, eux, ne s'embarrassent guère de chercher des arguments qui tiennent debout ; et ils s'occupent peu d'examiner les nôtres. Pour eux, le spécisme se passe de justifications rationnelles. Il m'est arrivé récemment de presque supplier, de dire (à une anarchiste, d'ailleurs) : « Mais dis-moi, pourquoi, donne-moi un seul argument, pourquoi forcément tu considères que la souffrance des poules en batterie est un sujet secondaire... » Sa seule réponse : « Pour moi, c'est comme ça. » (texto). Pourquoi ? Parce que. Le caractère évident du spécisme, le fait que l'immense majorité des humains font partie des oppresseurs, est l'obstacle principal auquel se confronte l'antispéciste.

    Il s'agit encore une fois d'être du côté de ceux qui sont méprisés et opprimés - en sachant que le mépris rejaillit sur celui qui les défend. Il fut un temps où le Blanc défenseur de « nègres » pouvait être traité comme un « nègre ». Il est relativement facile aujourd'hui d'être antiraciste ou antisexiste en France, au moins en opinion ; cela n'a pas toujours été le cas. Aujourd'hui, au moins dans les milieux de gauche, c'est l'antiracisme et l'antisexisme qui sont devenus des évidences, presque des lieux communs se passant d'arguments. La nouvelle droite a eu la partie belle, face à un antiracisme qui, à « Pourquoi ? », répondait « Parce que. », d'apparaître par contraste comme des gens qui pensent.

    Pourtant, à un niveau mondial, et au cours de l'histoire, c'est bien le racisme, et non l'antiracisme, qui, tout comme le spécisme et le sexisme, est, et a toujours été, la pensée dominante. Les oppressions et massacres interethniques sont monnaie courante dans l'histoire passée et présente de tous les humains. Si beaucoup de peuples aujourd'hui peuvent paraître faire partie du camp antiraciste, c'est d'abord parce qu'ils s'opposent eux-mêmes au racisme dominant, celui de la culture occidentale, qui gomme leurs différences, et leur culture, pour ce qu'elle a de meilleur, et aussi de pire. Nous savons très bien que la culture kanake est, dans l'ensemble, sexiste, mais, chut !, il ne faut pas le dire. Il faut « respecter leur culture comme elle est ». Est-ce respecter des gens que de ne rien leur dire ?

    Nous avons, face à l'immense prévalence du racisme, du sexisme et du spécisme, non pas à nous contenter de nous scandaliser et de nous référer à des « évidences », mais à réfléchir et à argumenter ; sans craindre d'être du côté des « nègres », des « gonzesses », ou des chiens.

    Un peu de vocabulaire

    Spécisme : le spécisme (ou espécisme) est à l'espèce ce que le racisme est à la race, et ce que le sexisme est au sexe : une discrimination basée sur l'espèce, presque toujours en faveur des membres de l'espèce humaine (Homo sapiens).

    Animaux : le langage n'est pas neutre, et notre langue courante appelle « animaux » tous les animaux sauf les humains, mettant ainsi une barrière entre des êtres aussi proches qu'un humain et un gorille, et mettant dans le même sac un gorille et une huître. Conformément à l'usage scientifique, amplement justifié, j'appellerai « animaux » tous les animaux, humains ou non, et « animaux non humains » ceux qui n'ont pas l'honneur d'être « bien nés ».

    Ma position

    Je soutiens qu'il ne peut y avoir aucune raison - hormis le désir égoïste de préserver les privilèges du groupe exploiteur - de refuser d'étendre le principe fondamental d'égalité de considération des intérêts aux membres des autres espèces.
    Peter Singer, Animal Liberation, 19751

    Faut-il être antispéciste ? Eh bien, faut-il être antiraciste ? C'est évident que oui ? Ce n'est pas évident pour tout le monde ; et il ne semble pas que tous les antiracistes soient antiracistes pour les mêmes raisons. Ma position est que l'antiracisme n'est justifié ni parce que (presque) tous que les humains sont également intelligents, ou ont un langage articulé, ou sont sociaux, etc. ; l'antiracisme et l'antispécisme sont justifiés parce qu'un être sensible opprimé souffre et que la souffrance et le bonheur de tout être sensible, c'est-à-dire susceptible de souffrir ou d'être heureux, ont la même importance et doivent par conséquent être pris en compte avec un poids identique.

    Je ne suis pas plus « défenseur des animaux » que ceux qui luttaient contre l'esclavage des Noirs n'étaient des « défenseurs des Nègres », comme les appelaient les racistes ; je défends des animaux opprimés, humains ou non, non par lubie, non par vocation, non parce que « j'aime les animaux » comme d'autres « aiment les fleurs » ; je défends les animaux et en particulier les animaux non humains parce que mon intention est de défendre tous les êtres sensibles, quels qu'ils soient ; parce que le seul critère qui justifie de prendre en compte les intérêts d'un être est qu'il ait des intérêts, et parce que, comme je l'expliquerai dans le prochain IRL, le phénomène de la sensibilité se limite vraisemblablement aux animaux, les plantes n'ayant ni sensations ni intérêts. Mon opposition au spécisme est une opposition à une idéologie qui sert à justifier la souffrance ignoble et la mort que la quasi-totalité des humains infligent sciemment, délibérément, quotidiennement, à des milliards d'êtres aussi sensibles qu'eux.

    Racisme et spécisme

    Les arguments racistes ne sont souvent que de mauvais prétextes ; mais cela ne dispense pas de les examiner. Il ne suffit pas de dénoncer les méchants racistes, qu'à moins de supprimer il faut pouvoir convaincre. Et aussi, dans le cas du spécisme, le rôle de méchants est tenu par presque tous les humains, qui usent des mêmes arguments que les racistes pour justifier la suprématie qu'ils s'octroient à eux-mêmes.

    Le racisme et le spécisme sont des idéologies étroitement imbriquées, et leur ressemblance serait évidente à tous si n'était que, justement, les antiracistes sont pour la plupart spécistes et ont donc fortement intérêt à ne pas la percevoir. La volonté qu'ils ont de combattre le racisme sans mettre en danger le spécisme les amène à vouloir à tout prix défendre des positions indéfendables, qu'ils présentent pourtant comme essentielles à l'antiracisme. L'idée d'égalité animale étant pour eux impensable, c'est contre les autres animaux qu'ils veulent fonder l'égalité humaine.

    Les Français d'abord ! Les humains d'abord !
    Dieu a donné la supériorité aux Blancs. Dieu a donné la supériorité aux humains.
    Nous nourrissons et protégeons les nègres. Nous nourrissons et protégeons les bêtes.
    Les nègres sont moins sensibles que nous. Les animaux ne savent pas qu'ils souffrent.
    Les nègres accordent peu de valeur à la vie. Les animaux ne savent pas qu'on va les tuer.
    Les nègres sont de grands enfants. Les animaux n'agissent que par instinct.
    Les indigènes se font la guerre entre eux. Les animaux se mangent entre eux.
    Les nègres se ressemblent tous. Les animaux n'ont pas de personnalité.
    Raciste, moi ? J'ai un ami arabe. J'aime les bêtes, je ne mange pas de cheval.
    Battre sa femme est un choix personnel. Manger de la viande est un choix personnel.

    Qu'est-ce que le racisme ?

    Quand l'antiraciste parle de cette égalité humaine, que veut-il dire ? En mathématiques, on dit « Paul = Jean » si ce sont deux noms pour la même personne. Il ne s'agit pas de cela. Les Noirs et les Blancs ne sont en général pas égaux par la couleur de leur peau, puisque justement elle est différente. L'égalité dont parle l'antiraciste s'oppose à l'inégalité detraitement dont sont victimes certains en raison de la couleur de leur peau.

    Mais l'expression « inégalité de traitement » est elle-même insuffisamment claire. Si j'étais médecin, je traiterais parfois Noirs et Blancs différemment : comme la peau noire absorbe moins le soleil, les Noirs dans un pays donné risquent moins le cancer de la peau. Constater cela n'est pas raciste, pas plus que ne serait constater, si tel était le cas, qu'une certaine couleur de peau n'a que des avantages sur une autre. L'antiracisme ne peut être fondé sur l'hypothèse hasardeuse d'une distribution équitable des faveurs de « Mère Nature » entre ses « enfants » ; car ce genre d'hypothèse, on va le voir, n'a aucune raison d'être vraie, et, de fait, le plus souvent, est fausse.

    Ce serait certainement raciste, par contre, d'accorder plus ou moins d'importance aux intérêts - à la santé par exemple - des Noirs qu'à ceux des Blancs. Ce serait raciste de dire : la couleur de la peau d'un être justifie de le défavoriser, c'est-à-dire d'accorder moins d'importance à ses intérêts.

    Si telle était la position des racistes, si elle ne se basait que sur la couleur de la peau, elle serait facile à contredire ; mais ce n'est pas le cas. J'ai lu une histoire il y a quelques années sur une Blanche noire sud-africaine. Une maladie avait rendu la peau de cette dame blanche toute noire. La honte face aux voisins ! Il a fallu, pour qu'elle puisse accéder aux bus pour Blancs, etc., que les autorités lui délivrent une carte spéciale certifiant que bien qu'elle était noire, elle était blanche.

    Ce n'est donc pas, pour les racistes, la couleur de la peau qui justifie la discrimination. Qu'est-ce qui justifie la discrimination, dans ce cas ? Que dit donc le racisme ? Pour contredire une idéologie il faut déjà qu'elle soit dite ; et la puissance de l'idéologie raciste doit sans doute beaucoup au fait qu'elle n'est jamais vraiment dite, donc jamais vraiment contredite.

    Qu'est-ce qu'un Noir ?

    Il importe beaucoup au raciste que la frontière qu'il trace le mette du bon côté, définitivement. La race est un bon critère pour cela, car né blanc, on reste blanc, sauf exception. Mais avoir une frontière ne suffit pas, il faut encore que la définition de cette frontière paraisse justifier la discrimination. La couleur de peau est un critère bien trop mince, il faut donner une substance, une épaisseur à l'idée de race elle-même. Un Noir doit être noir jusqu'à l'os. La race d'un individu doit être perçue comme sa vérité profonde, comme sa nature. Noir ou blanc, un Noir né de Noirs doit être un Noir. De sang noir. Le raciste ne justifie pas la discrimination par la couleur de la peau. Il parle de la couleur, mais en fait pour lui importe la nature, dont la couleur n'est qu'un signe.

    Si le racisme se basait sur des différences réelles, son intensité serait proportionnée à leur intensité ; mais la violence de l'antisémitisme nazi montre le contraire. La quasi-inexistence de différences repérables entre Juifs et « Aryens » était simplement un signe de plus, le signe de la duplicité des Juifs. Les nazis, en parlant du « nez juif », ne parlaient pas de « la forme de nez que les Juifs possèdent plus souvent que les autres » ; le « nez juif » n'était pas simplement le nez des Juifs, c'était le nez signe de l'essence juive, et c'est cette essence, cette nature, qui, aux yeux des nazis, justifiait le meurtre.

    On dit aussi que le roi est roi parce qu'il a une couronne sur la tête, tout en sachant qu'il arrive qu'il ne la porte pas, et que ce n'est pas à cause d'elle qu'il est roi ; pour le royaliste, le roi est roi parce qu'il est de sang royal, de nature royale ; la couronne n'en est que le signe.

    N'importe quoi peut être signe d'une nature, peut être interprété comme tel. C'est pourquoi les discussions avec les racistes sont si frustrantes. Le raciste s'occupe peu d'examiner et de produire des arguments qui tiennent debout ; tout argument est pour lui superficiel, ne concerne que les signes, ne peut atteindre la nature, car la nature se passe d'arguments. De la couleur, de la taille (les Noirs sont trop petits, ou alors trop grands, ça dépend des régions), de l'accent, de la forme du nez, de tout cela le raciste veut bien discuter, il se fiche d'en discuter : de toute façon, pour lui, la nature demeure.

    Pour le raciste, c'est la nature des êtres qui justifie la discrimination : littéralement, l'affirmation de leur différence. Il n'a pas besoin de postulerl'infériorité ; entre êtres de nature différente toute comparaison est impossible. L'apartheid, c'est le développement séparé : chacun à sa place. Le raciste sud-africain niera que les Noirs soient défavorisés : comme ils sont de nature différente, cela n'a pas de sens. Les bidonvilles sont aux Noirs ce que les logements confortables sont aux Blancs. Aussi étonnant que cela paraisse, je parierais fort que les marchands d'esclaves du XVIIIe siècle niaient que pour eux, les Noirs fussent inférieurs ; car, aussi étonnant que cela paraisse, j'ai trop entendu de mangeurs de viande (anarchistes bien sûr) niant que pour eux, les « animaux » soient inférieurs - « pas inférieurs, non, différents ».

    Le discours sexiste se fonde lui aussi explicitement sur l'affirmation de l'existence de deux natures différentes, féminine et masculine, et sur l'éloge de la Femme, de la Mère, de l'Épouse, de celle dont le bonheur et l'honneur est de fonder les nations en lavant les casseroles. « Moi j'aime les femmes ! », dit le sexiste (ou « les dindes » ou « les poules »).

    Depuis le « je ne suis pas raciste » populaire jusqu'à l'« éloge de la différence » nouvelle droite, c'est toujours l'idée de différences de nature qui fonde racisme et sexisme. Et ces idéologies sont fausses, non parce que la peau blanche « égale » la peau noire, mais parce cette nature n'existe tout simplement pas. Mais elles sont d'autant plus crédibles que presque tous, en cachette, en acceptent le principe, et, je le pense, ils l'acceptent parce que la survie du spécisme est à ce prix. Pour maintenir le spécisme, tous acceptent l'idée d'une nature animale, et tous, malgré eux, acceptent donc l'idée d'une nature humaine. Et c'est là que commence la gymnastique intellectuelle des antiracistes spécistes.

    Même principe, même discours : « Je ne suis pas spéciste » et « les animaux ne sont pas inférieurs, ils sont différents ». « Être mangés, c'est leur rôle naturel ». Le signe de cette nature, c'est qu'ils se mangent entre eux. Ils en sont heureux : les cochons sourient sur les vitrines des charcuteries.

    On peut être antiraciste tout en étant sexiste, on peut être antiraciste et antisexiste en étant spéciste. Vous pouvez très bien me dire : « tout ça est vrai, mais pour les animaux, ce n'est pas comparable : car les humains sont égaux, mais les animaux, eux, sont différents ».

    Et il y en a un paquet, de différences entre l'homme et l'« animal » ! C'est qu'on n'a pas lésiné sur les moyens pour les répertorier, comme en témoigne cet aveu tranquille :

    Longtemps les moralistes, les philosophes et, plus tard, les chercheurs en sciences humaines ont eu pour souci principal de rejeter toute appartenance de l'Homme au monde des bêtes, ou, pour le moins, de lui trouver une dimension spécifique qui le sorte d'une famille honteuse, d'une promiscuité gênante.
    J.-M. Bourre, Diététique du cerveau

    Mais les humains aussi sont différents les uns des autres, chacun le sait bien. En disant qu'ils sont égaux, on ne dit qu'une chose : qu'ils sont égaux en nature. Et que les « animaux » en diffèrent, non par le nombre de pattes, mais par leur nature.

    « La raison est le propre de l'homme ». La « raison » est le signe dominant pour le spéciste, et c'est pour cela - et uniquement pour cela - que je m'attarderai ici sur la question de l'égalité d'intelligence - question qui en fait, avouons-le, me préoccupe fort peu. C'est par contre une question qui a beaucoup agité les spécistes racistes et antiracistes.

    Pour certains, l'intelligence est signe de l'âme, et l'âme est la nature des humains. Mais pour les autres, qu'est-ce que la nature des humains ?

    Photo de présentoir devant une charcuterie

    Les cochons sourient devant les vitrines des charcuteries, montrant bien ainsi que leur rôle, leur vocation intime, leur nature, est de devenir du jambon.

    Qu'est-ce qu'un humain ?

    La nature des êtres a beaucoup servi à justifier beaucoup de choses : le racisme, la guerre, l'ordre social établi. « Être de droite, c'est penser que l'Homme a une nature immuable » (Le Pen, cité de mémoire). Pour les chrétiens, l'âme vient de Dieu ; pour les autres, la nature des êtres vient de Nature, du Dieu Nature que tous adorent et dont les écologistes sont les prêtres. La nature d'un être, ce serait l'« inné », ce qu'avant la naissance Nature a donné.

    Les gens de gauche, eux, ne peuvent pas accepter tel quel ce discours sur la nature humaine ; ils disent : « l'humain est issu de la nature, mais celle-ci s'est effacée, laissant le champ libre au proprement humain, à l'Histoire, au Culturel, au Social ; l'Homme reste un animal, dans ses fonctions animales ; dans ses fonctions hautes, telles l'intelligence, il est radicalement autre. »

    Ainsi, pour eux, la nature de l'Homme se trouve définie par l'absence de nature ; les « animaux », eux, en auraient une - chaque « animal » selon son espèce, donc, avant tout, tous auraient la « nature animale » = la nature d'avoir une nature. Et si cela revient à fonder l'égalité humaine sur l'écrasement des autres animaux, ce n'est pas un hasard ; c'est qu'à gauche on est antiraciste, mais surtout pas antispéciste. Une critique réelle de la notion de nature d'un être, vérité profonde et rôle assigné par Nature, cette critique qu'ils se gardent bien de faire minerait le racisme -mais aussi le spécisme.

    L'antiraciste spéciste a ce problème : justifier le spécisme, sans justifier le racisme ; maintenir l'idée de nature, fondée sur la naissance ; l'idée que Nature a donné à l'Homme la plus haute des naissance, la nature d'être libre (rien d'« inné » au-dessus de la ceinture). Aux « animaux » par contre, la nature d'esclaves soumis à l'instinct. Le raciste n'a pas ce problème ; le Blanc et le Noir, le chat et la souris, chacun a sa nature, sa place et son rôle dans l'harmonie naturelle et sociale. Le raciste peut, bien plus facilement que l'anti-, faire le paternaliste et militer à la « défense animale », pour un bon traitement des animaux de boucherie.

    Au cri de « Nature avec nous », spécistes racistes et anti- débattent sur l'« inné » et l'« acquis », se disputant sur les signes : les humains ont-ils tous la même intelligence ? Et surtout : les différences d'intelligence sont-elles innées ? La hiérarchie entre humains est-ellevoulue par Nature ? A la recherche des signes les anciens interprétaient le foie des génisses, les modernes interprètent notre cerveau.

    La croyance rend aveugle et ce débat peut durer. Mais pour le non aveugle la réponse est vite vue : 1. les humains ne sont pas plus égaux en intelligence qu'en autre chose ; 2. l'intelligence résulte, comme toute caractéristique d'un être vivant, d'une conjonction de causes génétiques et environnementales, et donc les gènes peuvent causer des différences d'intelligence. Les faits sont connus de tous. Et s'ils justifient le racisme, alors le racisme est juste et le spécisme l'est aussi. S'ils ne justifient pas le racisme, alors rien ne justifie ni le racisme, ni le spécisme.

    Page de livre d'éducation catholique

    Les signes qui montrent la présence de l'âme, d'après l'Abbé Bouvet, dansPremières Notions d'instruction religieuse et Leçons de choses religieuses, 1938.

    Les humains ne sont pas égaux en intelligence

    Ce n'est pas que je tienne particulièrement à définir l'intelligence. Si on préfère ne pas en parler en considérant qu'elle ne peut pas se définir, qu'on n'en parle pas, ni pour comparer les humains entre eux, ni pour comparer les humains et les autres animaux. D'un autre côté, on peut bien aussi en parler, sans avoir besoin d'une définition en béton. Je n'ai pas besoin de définition précise de la longueur du cou pour comparer celle des girafes à la mienne. Et pour peu que l'on veuille donner le moindre sens à ce mot, il est clair que certains humains sont plus intelligents que d'autres.

    Il existe de nombreux humains handicapés mentaux profonds. On me dira peut-être, pensant les sauver du mépris, qu'ils sont intelligents à leur manière. Mais si on veut dire cela, ce ne peut être avec le sens où le mot « intelligence » est employé dans les débats sur son égalité entre Noirs et Blancs.

    Il est difficile de comparer l'intelligence d'un chat et d'un chien, et de même d'un humain handicapé mental et d'un chien ; mais il est clair que, quel que soit le critère qu'on voudra prendre, il existe des humains moins intelligents que la plupart des chiens.

    Si l'intelligence des humains justifie qu'on ne les traite pas comme des chiens, comment traite-t-on les humains qui sont moins intelligents que les chiens ? Mal, assurément, mais moins mal qu'on ne traite les animaux non humains. Les handicapés font un peu trop penser aux « animaux », tout comme cette Blanche avait honte de ressembler à une Noire ; mais pour les spécistes, racistes ou anti-, l'intelligence n'est qu'un signe, ce qui importe est la nature : les handicapés, « ce sont quand même des humains ». On tiendra pour scandaleuse l'idée même de les découper pour la recherche ou de les abattre pour la bouffe - ce que subissent tous les jours des millions d'autres animaux.

    L'existence des humains handicapés mentaux suffit en elle-même à justifier mon intertitre. On me dira que le débat porte sur l'intelligence des Noirs et des Blancs. On oublie facilement les handicapés, « cas marginaux », un peu comme on oublie les non humains : ils ne manifestent pas dans la rue. Mais leur cas est pertinent : si les spécistes racistes et anti- débattent sur l'intelligence des Blancs et des Noirs, c'est que pour eux l'intelligence a un rapport avec le droit au respect ; il s'ensuit que pour eux les handicapés n'ont droit qu'au mépris.

    Pour les Noirs et les Blancs (ou les Français et les Belges), les choses sont moins claires. On ne peut parler que de moyennes : pour les individus, la question est réglée, puisque dans chaque groupe il y a des handicapés mentaux et d'autres qui ne le sont pas. Mais des moyennes de quoi ? Il existe des tests de QI ; on peut les contester, construire d'autres critères, mais, sauf hasard improbable, aucun ne donnera la même moyenne chez deux groupes donnés. On pourra peut-être trouver des critères qui donnent aux Noirs une moyenne supérieure aux Blancs, et d'autres l'inverse ; mais à moins de décider que le critère précis construit pour donner les mêmes moyennes est par définition « le bon test », on aura toujours ceci : quel que soit le sens du mot, l'intelligence des deux groupes n'est pas égale.

    Les gènes provoquent des différences d'intelligence entre humains

    Personne ne contestera que la différence d'intelligence entre un chien et un humain n'ait des causes génétiques, et donc qu'il y ait un rapport entre l'intelligence et les gènes ; mais c'est entre humains qu'on voudrait que les gènes s'effacent. Pourtant, là encore, on sait le contraire : il y a les « cas marginaux ».

    De nombreux handicaps mentaux ont une cause génétique. Par exemple, un certain gène fait naître certains humains phénylcétonuriques. Ils deviennent alors handicapés mentaux profonds et meurent jeunes - sauf qu'aujourd'hui on connaît un régime alimentaire faisant qu'ils se développent comme tout le monde. D'où mon affirmation : l'intelligence résulte, comme tout caractère, d'une conjonction de causes, qu'on peut classer, si on veut, en gènes et environnement. Pour les phénylcétonuriques, on connaît un environnement (régime alimentaire) faisant se développer leur intelligence ; pour d'autres humains, comme pour les chiens, on n'en connaît pas. Mais en quoi cela change-t-il leurnature ? Un phénylcétonurique est-il par nature plus proche d'un humain normal ou d'un chien ? Sa nature dépend-elle de ses gènes ou de son régime alimentaire ? Ou la nature des êtres n'est-elle pas une chimère ?

    Et les Blancs et les Noirs ? Le génôme influe - nul ne le conteste - sur la pigmentation des Noirs. Un grand nombre de Noirs vivent dans des régions peu ensoleillées, où cette pigmentation peut entraîner une production insuffisante de vitamine D, donc un risque de rachitisme. Il est possible que le rachitisme perturbe le développement de l'intelligence. Auquel cas, certains Noirs sont moins intelligents pour des causes génétiques, et la moyenne d'intelligence des Noirs est abaissée par des causes génétiques.

    Il s'agit là d'une hypothèse, et si elle existe, l'influence en question est probablement faible. Un supplément alimentaire de vitamine D la supprimerait. Mais cet exemple encore est pertinent : si on veut démontrer que la différence génétique entre Blancs et Noirs n'a aucune incidence sur leurs moyennes d'intelligence, il faut pouvoir éliminer tout chemin causal menant de leurs différences génétiques à l'intelligence - et c'est cela qui est totalement invraisemblable. En dix minutes je peux en imaginer dix, pour les Blancs et les Noirs ou pour les Français et les Belges. Il faudrait avoir beaucoup confiance en la bonté, en la volonté antiraciste farouche de Mère Nature pour croire qu'aucune de ces raisons ne se vérifie effectivement, ou que, par enchantement, elles se compensent toutes.

    L'idée de l'« égalité génétique » des groupes humains est fausse. Et quel intérêt y a-t-il à la défendre ? Quel rapport avec le racisme ? Le racisme serait-il justifié si d'aventure gènes entraînent pigmentation entraîne manque de vitamine D entraîne rachitisme entraîne moindre intelligence ? Le niveau d'intelligence devient-il une nature dès lors qu'il est causée par les gènes ?

    On me dira que ce n'est pas de cela qu'on parle quand on débat sur l'égalité génétique de l'intelligence. Effectivement ; justement ! La génétique réelle, celle dont je parle, c'est une cause et une suite de conséquences ; celle dont on parle habituellement, c'est la génétiquemythique, celle où le gène est notre nature, est notre être, notre vérité, notre essence ; notre destin, l'inaltérable, l'irrémédiable, le voulu par Nature. On voit en la génétique la concrétisation « scientifique » de la mystique ancestrale du sang, de la naissance. Cette génétique-là n'existe pas, n'existe que dans l'esprit des racistes, des sexistes, des spécistes, qui tous veulent débattre de savoir si la nature des Noirs est ou non plus animale que celle des Blancs. Ils peuvent bien continuer à débattre là-dessus entre eux pendant des siècles. Les Noirs sont des animaux comme les Blancs. L'intelligence innée n'existe pas. Il n'y a qu'une intelligenceréelle, les gènes eux-mêmes ne sont pas intelligents, ils n'ont ni volonté ni intention, malgré les tentatives à peine voilées - spécialité des sociobiologistes - pour leur accorder une âme.

    Et alors ?

    Ils parlent de cette chose dans la tête (...). Quel rapport avec les droits des femmes ou les droits des Noirs ? Si ma tasse ne tient qu'une pinte et la vôtre un litre, ne serait-ce pas méchant de votre part de ne pas me permettre de remplir ma petite demi-mesure ?
    Sojourner Truth, féministe noire, devant une convention féministe aux États-Unis en 1850, citée dans Animal Liberation, P. Singer

    Pourquoi donc accorde-t-on tant d'importance à l'intelligence ?

    Pour son importance réellepratique ? On justifie l'accent mis sur elle en disant que la force physique, aujourd'hui, n'a plus grande utilité. L'intelligence est censée rendre un individu utile à la communauté, on la récompenserait par la considération sociale.

    Ceux qui sont en haut de l'échelle sociale sont-ils les plus utiles à la communauté ? Je préfère retourner l'explication : dans une société conflictuelle, l'intelligence est une arme. On a dit que « la libération des opprimés sera l'oeuvre des opprimés eux-même », et malheureusement il y a là du vrai. La libération des Noirs américains doit beaucoup à leur propre action, qui n'aurait pas été s'ils n'avaient que l'intelligence des poules. De même, l'idée que les Noirs sont moins intelligents que les Blancs sert à les démoraliser dans leur lutte pour l'égalité sociale.

    Une telle inégalité d'intelligence, qu'elle soit « innée » ou « acquise », serait une mauvaise nouvelle - elle rendrait plus difficile la lutte antiraciste. Mais elle ne la rendrait pas injuste. Notre culture mêle un peu trop force et droit au respect. Les Noirs américains ne sont plus esclaves, les poules le sont encore ; l'intelligence des Noirs explique en partie leur libération, ce n'est pas elle qui la justifie.

    Image de livre d'initiation au judaïsme

    Le signe qui montre qu'on a le droit de les manger, d'après Ch. Szlakmann, dans Le Judaïsme pour débutants, éd. La Découverte, 1985.

    L'intelligence permet de « se faire respecter » ; mais surtout, elle a un rôle magique : comme principal signe d'humanitude. Les Noirs sont noirs, les bêtes sont bêtes. Et l'humain tient par dessus tout à son rang d'humain. L'énormité de la souffrance et de la misère que les humains infligent aujourd'hui aux autres animaux est connue de tous. Ce n'est que grâce au spécisme que les humains parviennent à la tenir pour sans importance. Il faut que les bêtes soient totalement autres ; que nous soyons intelligents. Et le fait même que l'intelligence soit une arme de promotion sociale la désigne comme signe : la société elle-même se définit contre les animaux non humains, et la promotion sociale comme une preuve d'humanitude.

    Signes à la pelle

    On évoque beaucoup de raisons pour justifier ce que les humains font aux autres animaux ; beaucoup trop. Pour leurs inventeurs, la vérité à démontrer est donnée d'avance. Le spéciste les évoque l'une après l'autre ; aucune ne tient debout. N'importe ; dans notre culture profondément spéciste chacune appelle les autres et y puise son soutien, sans que personne ne soupçonne que l'ensemble tient dans le vide.

    Ces raisons ne sont pas des raisons, ce ne sont que des signes. Bien sûr personne ne se fatigue trop à montrer en quoi ils justifient la domination des humains sur les autres. Et peu importe que tous aient le même défaut, celui de ne pas inclure tous les humains, sous peine d'inclure aussi des non humains.

    Innombrables sont les signes. Tout caractère peut servir, pourvu qu'il semble « noble » et propre aux humains. L'outil était « le propre de l'Homme », jusqu'à la découverte d'un oiseau qui en utilise aussi. Comme il possédait le propre de l'Homme, on a déclaré que la vie de cet oiseau était sacrée comme celle d'un humain. Non, bien sûr, je plaisante ! On aura compris. En mangeant l'oiseau, on a dit : seuls les humainsfabriquent des outils. Mais certains chimpanzés en fabriquent aussi, et ce filon tombe à l'eau.

    Autre filon : le langage. On a dit que les animaux n'avaient pas de langage, mais, comme les chiens savent hurler, on a précisé : langagearticulé. Depuis, on a appris à certains singes le langage gestuel des sourd-muets humains, avec syntaxe et tout ça (ils sont moins doués que nous, mais le principe y est), et on a abandonné aussi ce filon-là (on a évité de préciser langage sonore, car les sourds-muets, contrairement aux autistes, savent se défendre eux-mêmes).

    Et comment l'absence de langage justifie-t-elle le massacre ? On m'a expliqué que si un être ne peut pas dire qu'il souffre, on ne peut pas le savoir. Pourtant touslesmammifèresmontrentles mêmes signes de souffrance que les humains ; ce serait étonnant que des phénomènes aussi semblables n'aient pas lamêmecause. Peu de sciences seraient possibles si l'on exigeait que leur objet soit doué de parole. Aussi : « Si un être ne peut conceptualiser sa souffrance, celle-ci n'existe pas, elle est purement physique. » Les féministes ont bien montré que pendant des siècles, les femmes ont souffert en silence, parce que les concepts pour exprimer ce qu'elles ressentaient manquaient. Un pas décisif dans leur libération a été de réussir à forger ces concepts pour dire et penser ce qu'elles vivaient. Avant cela, leur souffrance était-elle « purement physique » ?

    Critères suivants : « l'animal sait, l'homme sait qu'il sait » (Teilhard de Chardin) ; « l'animal n'a pas la conscience de soi » ; « les humains seuls ont une personnalité unique ». Faux, flou, ou les deux, rien de ça ne résiste à l'examen scientifique le plus simple. Et de toutes façons, ça changerait quoi ? Est-ce savoir qu'on sait ou la « conscience de soi » ou la « personnalité » qui donne sa valeur à la vie ? Ce sont ces « je ne sais quoi » - ces natures - qui justifient les massacres, des poules comme des Juifs.

    Il y a aussi « l'instinct animal » opposé à « la raison humaine ». Cette façon de poser le problème témoigne surtout de l'ignorance crasse que les humains ont des autres animaux, de leur connaissance faite de stéréotypes remâchés. Les racistes aussi en général ne savent rien de ceux qu'ils méprisent ; mais les fables racistes et spécistes ne sont que cela : des fables, des façons de dire l'indicible, la nature.

    Une idée comme une autre

    Il serait très possible d'élever des enfants humains dès la naissance dans un isolement relationnel et sensoriel tel qu'ils ne développeraientaucune des si nobles qualités « proprement humaines ». Élevés dans ces conditions, équivalentes à celles que souffrent les veaux, ils pourraient alors subir le même sort, « parce qu'ils ont été faits pour ça » (« n'ont jamais connu autre chose »). En quoi devrait-on se soucier du sort de tels êtres asociaux incapables de parler, d'utiliser des outils, sans liens affectifs et qui ne savent même pas qu'ils savent ? Si vous trouvez cela scandaleux, je suis d'accord avec vous ; mais si vous ne trouvez pas tout aussi scandaleux ce qu'on fait aux veaux, alors vous êtes spéciste. Vous ne voulez pas que l'on fasse cela aux humains, parce qu'ils sont de votreespèce. Quels arguments pourrez vous alors tenir sérieusement contre un raciste, qui, lui, refuserait que l'on fasse ça à ceux de sa race ?

    Les natures cachent le réel

    En quoi devrait-on se soucier du sort d'un être quelconque ? Qu'est-ce qui importe pour dire si on doit s'abstenir de lui faire du mal ?

    Rien, si on veut. On peut, si on veut, tuer et torturer qui on veut. On peut décider de ne torturer que les Noirs ou les droitiers, si on veut. On peut décider de se torturer soi-même ; mais cela, on le fait rarement. Pourquoi ? parce que ça fait souffrir, ça va à l'encontre de ses propres intérêts.

    Éviter de faire mal à autrui, c'est décider d'étendre la considération que l'on a pour ses propres intérêts à ceux d'autrui. L'éthique, ce n'est pas autre chose. Et qu'est-ce qui doit déterminer de qui on prendra en compte les intérêts ? Des Blancs seulement ? Pourquoi des Blancs ? Des êtres intelligents seulement ? Ou sociaux ? Quand on prend en compte ses propres intérêts, on ne se demande pas si on est intelligent ou social. Cela n'a rien à voir avec le problème. Avoir mal ça fait mal, qu'on soit social ou non.

    À chaque chose réelle ses conséquences réelles. L'intelligence d'un être importe pour bien des choses, mais n'a aucun rapport avec le fait que c'est grave ou non de lui faire mal. Alors, qu'est-ce qui importe pour cela ?

    À chaque chose réelle ses conséquences réelles. Au fait qu'un être puisse avoir mal sa conséquence : éviter de lui faire mal. Ceci indépendamment de toute autre caractéristique de cet être. L'éthique non raciste, non sexiste, non spéciste, c'est celle-là.

    Si un être est sensible, peut souffrir ou jouir, sa souffrance et sa jouissance ont la même importance que celle de tout autre. Toute différence d'importance attribuée aux intérêts de deux êtres est nécessairement arbitraire puisque fondée sur quelque chose sans rapport avec la raison pour laquelle on prend en compte ces intérêts, car cette raison est tout simplement leur existence.

    La souffrance, c'est la souffrance, le plaisir, c'est le plaisir : c'est là la seule égalité qui m'importe. Si les pierres peuvent souffrir ou jouir, nous devons prendre en compte leur intérêt à ne pas souffrir et à éprouver le bonheur - que chaque pierre ait ou non une « personnalité unique ». Si les pierres ne peuvent souffrir et jouir, comme c'est très probablement le cas, il n'y a rien à prendre en compte.

    En pratique, que faire ? A nous qui ne mangeons pas de viande, on reproche souvent avec un sourire narquois de mépriser les plantes ; mais ceux qui si brusquement exhibent leur sympathie pour les plantes en mangent dix fois plus que nous, à travers les animaux qu'ils font élever dans une vie de misère et tuer. N'importe ; nous ne méprisons ni les plantes ni les pierres. Le mépris est une attitude raciste en elle-même. Le mépris juge inférieure la nature d'un être ; moi, m'importe le réel. Le caractère sensible ou non d'un être est un caractère réel. Il m'importe donc de savoir : qui le possède, qui peut souffrir ?

    Comment savoir si les plantes ou les pierres peuvent souffrir ? C'est une question difficile à résoudre dans l'absolu, mais dans la pratique il est facile d'aboutir à des conclusions simples. J'y viendrai dans le prochainIRL, mais tout esprit non spéciste sera déjà d'accord avec moi sur ceci : la capacité à souffrir des oiseaux, poissons et mammifères non humains est aussi vraisemblable et assurée que celle des humains. Ceci détermine la première et la plus simple conséquence : cesser de les manger.