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  • Sexualité spirituelle (sexualité sacrée)

     

    Pourquoi vous devez traiter le sexe comme une pratique spirituelle

     

    sexe comme une pratique spirituelle

    Mentionnez le mot sexe, vous attirerez l’attention des gens en écarquillant les yeux et les oreilles. Cette réaction indique que le sujet suscite la nature épicée de l’énergie sexuelle. On peut être à la salle de gym et se sentir fatigué et épuisé, mais si une compagnie ciblée est attractive et qu’elle passe près de nous, notre niveau d’énergie est soudainement stimulé.
    L’intensification de cette énergie constitue l’activation de l’énergie basique du corps (Terre) et se concentre dans le Bas Dantian qui enveloppe la région pelvienne et s’étend du périnée (Huiyin) jusqu’au nombril, et détient la réserve de notre énergie sexuelle.

    Sexe comme une pratique spirituelle  L’énergie sexuelle pure est comparable à de la dynamite.

    L’énergie sexuelle pure peut nous conduire à des états sublimes de bonheur et de joie ou nous jeter dans les fosses les plus sombres de l’angoisse, de la terreur et de la dépravation. Certaines traditions religieuses considèrent la nature volatile et sauvage de l’énergie sexuelle comme une barrière au développement spirituel et dans une certaine mesure, cette croyance continue à se transmettre dans la conscience populaire en tant qu’élément de confusion et de chagrin à tel point que l’intimité sexuelle devient une source de douleur.

    Pour le prouver, classez les trois mots suivants, du plus spirituel au moins spirituel: la sagesse, l’amour, le sexe.

     

    Si nous avions fait un sondage il indiquerait que la première place serait à attribuer entre la sagesse et l’amour, mais le sexe se classerait certainement dernier sur la liste. Personne ne revendique le lien entre la spiritualité et l’amour ou la spiritualité et la sagesse. Mais le lien entre la sexualité et la spiritualité est plus difficile à prouver.

    Cependant, d’après le point de vue de Qigong, l’idée que la sexualité et la spiritualité sont incompatibles est fausse car l’énergie sexuelle constitue un des piliers du bonheur. Si nous souhaitons obtenir un bonheur réel et durable dans une relation amoureuse, nous devons soigner nos attentes sociohistoriques conditionnées sur la sexualité. Nous devons supprimer la ligne invisible dessinée par nos esprits que nous mettons autour de nos ceintures au-dessus de laquelle est située la plus grande partie intégrante du cheminement de l’être humain et où plus bas se trouve la plus petite. Principalement, nous devons spiritualiser le sexe.

    Mais comment peut-on délivrer la sexualité et l’élever à la hauteur historique qu’elle mérite?

    Comment concilier la quadratique sexuelle avec le cercle complet de l’esprit lorsque le plaisir sexuel est souvent responsable de tant de honte, de traumatisme et de douleur?

    Un bon endroit pour commencer à chercher une réponse à ces questions réside dans les obstacles fondamentaux, dans le caractère irréconciliable des différences entre la sexualité de l’homme et de la femme.
    L’énergie sexuelle masculine s’embrase et s’épuise rapidement comme un match, tandis que l’énergie sexuelle féminine vient lentement et reste chaude pendant un long moment comme une casserole d’eau bouillante. Ce sont des tempos différents et cela peut être source de honte pour les hommes qui ont un orgasme précoce et source de frustration pour les femmes qui ne peuvent pas avoir d’orgasme.

    Ce problème s’aggrave lorsque l’énergie sexuelle masculine est activée, car les hommes sont souvent émotionnellement indisponibles, et par l’autre fait notoire que l’expérience sexuelle féminine est souvent chargée de sentimentalisme et que les hommes ne se sentent généralement pas concernés.
    De toute évidence, nous ne pouvons pas modifier nos instincts sexuels. Néanmoins ce que nous pouvons faire c’est de servir la pratique spirituelle pour surpasser les limites imposées concernant la nature de notre sexualité. En fait nous pouvons modifier le décalage inhérent entre la sexualité masculine et la sexualité féminine en une incroyable opportunité pour la croissance spirituelle.


    Sexe comme une pratique spirituelle Commençons par prendre en considération la manière Qigong à aider un homme à se servir son énergie sexuelle.

     

    Lorsque l’énergie sexuelle masculine est éveillée, elle s’intensifie et se forme localement autour des organes génitaux et s’évacue rapidement du corps. C’est le cycle naturel de l’énergie sexuelle masculine. Mais les hommes peuvent inverser ce flux et intensifier leur performance sexuelle vers le Moyen Dantian (un centre d’énergie qui se trouve au niveau du cœur). En faisant cela, un homme remplit deux objectifs.

    Premièrement, il diminue son envie d’éjaculer et pendant que l’énergie sexuelle monte à son cœur, la passion se mêle à l’amour et la tendresse. Un homme qui maîtrise cette compétence est capable de prolonger indéfiniment les relations sexuelles et d’approfondir son lien émotionnel durant l’acte sexuel.

    Lorsque l’énergie sexuelle féminine est éveillée, elle évolue naturellement vers l’intérieur et vers le haut depuis les organes génitaux vers le cœur. La stimulation des seins déclenche davantage le Moyen Dantian (centre d’énergie situé au niveau du cœur) et renforce une réaction émotionnelle. A l’inverse des hommes, les femmes ne doivent pas pratiquer le Qigong pour intégrer leur vitalité sexuelle avec leur amour. Ces qualités se mélangent naturellement et à cet égard, la sexualité féminine est intrinsèquement plus intégrée.

    Mais à grâce la pratique spirituelle, les femmes et les hommes peuvent apprendre à intégrer leur énergie sexuelle et à égaliser les niveaux plus élevés.

    La vitalité sexuelle peut être dirigée vers le haut du cœur vers le haut de la tête où elle devient imprégnée de caractère sacré. Et à partir de là, la vitalité sexuelle peut être distribuée à travers le méridien central (canalise l’énergie qui unifie les trois principaux centres d’énergie, les Dantians) dans le ciel où il est connu comme l’extase céleste.

    La sexualité qui se concentre sur les organes génitaux et le Bas Dantian (centre d’énergie situé en dessous du nombril) correspond au sexe passionné. La sexualité qui intègre la vitalité sexuelle du Bas Dantian avec l’énergie centrée sur le cœur du Moyen Dantian correspond à l’amour intense. La sexualité qui intègre les trois Dantians correspond à la béatitude de l’amour sacré. Et la sexualité qui intègre les trois Dantians et le méridien central correspond à l’extase cosmique.

    L’extase cosmique est beaucoup plus intense, agréable et significative que le sexe le plus passionné. Comparer les deux revient à faire coexister une baignoire avec l’océan.

    Il n’y a pas de moyen plus sûr d’apporter le bonheur durable dans une relation intime que de l’immobiliser dans une béatitude continue.

     

    Adapté de: The Master Key: Qigong Secrets for Vitality, Love, and Wisdom by Robert Peng. Copyright © 2013 by Robert Peng. Published by Sounds True.

    Source Pourquoi vous devez traiter le sexe comme une pratique spirituelle
    MindBodyGreen

    Image Credits: AuraBlog

  • Perversité

    Pourquoi donc faut-il que j'aille toujours explorer des domaines d'écriture qui posent problème aux lecteurs et encore plus aux éditeurs?.....Du texte qui est jugé trop "compliqué" pour un roman, trop "existentialiste", "le thriller philosophique", "le scientifico ésotérique", "l'alpinistico passionnel", le "conte ethnologico spiritualiste", le "new age woodstockien érotico nudiste", purée, quand est-ce que je vais me décider à écrire un roman "acceptable"....? Et sitôt posée la question, je sais bien que si je faisais ça, j'aurais l'impression de me trahir, de me cracher dessus, d'humilier les mots, de les asservir, de les détourner....Je ne peux pas m'y résoudre. 

    Sur ma page Facebook les extraits que je mets de "KUNDALINI" restent vierges de commentaires. Et je m'interroge...

    Comme s'il y avait une "interdiction" à commenter un texte dans lequel il y a le mot "verge, seins, fesses, nudité, vulve, lèvres, pénétration, sexe, orgasme....." Peut-être qu'il faudrait que j'utilise "zizi, popotin, à poil, coït ( et encore....), zézette, feu d'artifice...." mais là ça deviendrait du Barbara Cartland, voire même "Martine chez les nudistes".......

    Par contre, si je vais faire un tour sur la Toile, dans la rubrique actualité, je trouve des articles où on parle de gens massacrés, découpés à la machette, égorgés, brûlés, des femmes violées, des enfants utilisés dans les champs de mines, des pédophiles, des serial killers, des flics blancs qui tirent dans le dos des Blacks, des espèces disparues, des terres désséchées, des forêts rasées, des mers qui se vident, des abattoirs où ça étripe à tout va, des herbivores destinées à engraisser des populations obèses, des herbivores qui n'ont jamais vu un brin d'herbe, des animaux de laboratoire étripés, branchés sur des élecrodes, trépanés, empoissonnés, éviscérés, des horreurs qui sont lues par des milliers de personnes, commentées, discutées, caricaturées et puis tous les lecteurs passeront aux horreurs suivantes et ça continuera.........mais si je décide de parler de sexualité, d'amour, d'osmose, d'unité, de rencontres d'âmes et que j'utilise les termes appropriés, je passe pour un dépravé, un obsédé de la quéquette........Y'a des jours vraiment, l'Humanité me désespère.....

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    Mon Dieu, quelle horreur, on voit ses fesses....Ah, non, c'est vrai, il faut dire "popotin"....

    "Assise sur son popotin, la Madame regardait l'eau qui coulait du haut vers le bas. Un méchant Monsieur lui avait pris ses vêtements et elle était triste et en colère et elle avait décidé de bouder. En plus, les cailloux sous son arrière-train lui faisaient mal et elle avait peur d'avoir des marques."

    Et si je mets une photo de moi tout nu en train de retourner le potager à la bêche, je suis un écolo ou un pervers ? Et si en plus, j'ai une casquette "Je suis absentionniste", je deviens un anarchiste écolo pervers ? Et si j'ai un tatouage "peace and love" sur la fesse gauche, je suis un drogué écolo anarchiste pervers ? 

    C'est stupéfiant à mes yeux que de tels amalgames puissent être faits........Quel désastre....

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  • KUNDALINI (11).

    Onanisme2

     

    L’Indien était debout, face à elle. Elle se voyait dans ses regards. Des lumières qui tremblaient et diffusaient des parfums de clarté éphémères. Elle sentait dans son corps des frissons tièdes, des caresses intérieures, des aurores de désirs. Une bulle d’amour qui les enveloppait, un cristal lumineux, comme au cœur d’une étoile cotonneuse.

    Les cheveux noirs de l’Indien tombaient sur ses épaules. Des muscles saillants aussi tendus que sa verge. Son ventre portait des reliefs figés de vagues, des sangles noueuses comme des cordes étirées. Ses jambes le soutenaient avec l’assise des montagnes. Des coulées d’huile scintillantes amplifiaient les reliefs.

    C’est elle qui initia l’invitation, les bras ouverts, les mains tendues, les seins érigés, le dos cambré. L’Indien avança lentement. Il buvait son corps comme on déguste un sirop de miel. L’éclat jaune de ses yeux fouillait en elle. Elle sentait déjà son sexe, une lumière qui irradiait dans son ventre et se répandait comme une vague, une reptation de serpent autour de sa colonne, la pression de ses mains sur sa poitrine et sur ses fesses, des caresses fougueuses qui l’enflammaient.

    Elle vit sur le sol des pierres rondes couvertes de dessins.

     

    Elle ouvrit les yeux comme on repousse des volets. Des nuées laiteuses de lune pâle embaumaient la chambre. Elle sentit sur ses doigts l’humidité chaude de son sexe. Les mains en coquille sur sa vulve, le bout des doigts légèrement glissés entre les plis luisants des lèvres. Les tétons gorgés.

    Une sidération délicieuse, l’envie de rester immobile et de ne rien perdre de cette extase.

    Comment était-ce possible ? Jamais, elle n’avait connu de rêves érotiques, jamais elle ne s’était réveillée dans un tel état.

    L’Indien.

    Un manque épouvantable, comme une déchirure, comme si l’étreinte perdue s’était changée en torture. Ce désir d’être comblée, d’être emplie, de s’abandonner. Et soudainement, ce vide effroyable.

    Cette impression étrange qu’elle était l’initiatrice. Que l’Indien apprenait, qu’il était à son écoute.

    Pourquoi est-ce que tout s’arrêtait ainsi ? Pourquoi ne pouvait-elle voyager plus loin ? Il l’avait déjà pénétrée et elle rêvait de le revivre.

    Qu’avait-elle vu juste avant de se réveiller ? Elle ne savait plus. Et déjà s’effaçaient des détails, des sensations, comme des ondes circulaires sur une surface liquide, ces risées qui s’effacent lorsque le calme revient. Elle imaginait le rêve réintégrer les profondeurs du lac.

    Elle ouvrit légèrement les cuisses et libéra ses mains. Avec un soupir de dépit.

     

    Elle n’avait jamais rêvé de Romain. Ni de Laurent, ni d’aucun homme. Jamais au point de s’en souvenir. Elle avait pourtant bien eu quelques fantasmes d’étreintes, des scénarios qui lui plaisaient. Elle n’en avait jamais parlé. Ou si peut-être mais sans que rien ne se produise. Elle ne savait plus. Sinon que ses rêves n’étaient pas ceux de Laurent…

    Et de réaliser qu’autant de souvenirs avaient déjà disparu, elle sentit monter une vague de honte, comme si elle-même s’étiolait dans le puits sombre de la mémoire, comme si cette femme trompée n’avait plus aucune raison d’être.

    Elle se leva. Un verre d’eau fraîche, manger une pomme. Sentir son corps pour réintégrer le réel.

    Le réel.

    Vivait-elle dans la réalité ou dans une interprétation constante ? Vivait-elle dans une illusion quotidienne ? Et ce rêve exprimait-il une réalité vécue ou des fantasmes inconnus ?

    Le chaos des questions reprenait la main.

    Elle était venue se reposer, retrouver la paix intérieure. Elle n’imaginait pas s’être trompée. Peut-être que cette paix qu’elle envisageait n’était qu’une illusion supplémentaire, un refuge carcéral enluminé de belles images collées sur les murs.

    Peut-être que l’obtention de la paix passait par l’élimination définitive des carapaces, l’acceptation intégrale des ressentis les plus irrationnels, l’accueil bienveillant des intuitions, de l’abandon, de l’acceptation.

    Qui était-elle ?

     

    Jamais, elle ne s’était posé cette question.

     

     

    Elle sortit sur la terrasse et contempla le ciel. Bleu d’océan, aucun nuage, aucune brise, rien. La lumière s’étendait sur les horizons immobiles. Elle imagina un nouveau-né contre les seins de sa mère, repu, protégé, aimé, câliné… Nous étions tous des nouveau-nés, à chaque lever du jour.

    Sat.

    Elle allait le retrouver. L’échéance l’électrisa et elle accueillit les frissons avec un délice prolongé, comme si soudainement tout l’amour du monde coulait en elle, comme si cette paix qui l’environnait la nourrissait d’une euphorie joyeuse et libre.

    Le réel. Qu’était-ce donc sinon l’accumulation de nos connaissances. Mais de quelles connaissances s’agissait-il ? Celles qui offrent le bonheur d’être ce que nous pouvons devenir ou celles qui consistent à entasser ce que nous avons perdu de nous-mêmes ?

    Ce goût pénible de nourritures industrielles ingurgitées sans aucune conscience alors que la paix du monde et l’amour qu’il dispense représentaient le calice inépuisable de l’unité.

    D’où venaient ces questions ? Comme un puits vertical qui s’élançait vers le haut, un canal qui l’absorbait et l’emportait dans des cieux inexplorés.

     

    Dans quelle dimension était-elle donc entrée ? Et comment prolonger un cheminement quand on a l’impression de ne pas savoir marcher ?

     

     

    6h17.

    Elle se prépara un café et une salade de fruits frais.

    Elle se surprit plusieurs fois à sourire, sans aucune raison directe, juste ce saisissement spontané de la joie et de l’impatience.  

  • L'inconscient

    Votre inconscient est le grenier de votre esprit

    http://www.conscience-et-eveil-spirituel.com/votre-inconscient-grenier-esprit.html

    votre inconscient

    « Les pensées sont des graines spirituelles qui, une fois plantées dans l’inconscient, ont tendance à pousser et à croître ».   – Charles F. Haanel

     

    Qu’est-ce que l’inconscient ? L’inconscient est cette partie de vous qui reste inconsciente ou dans votre mémoire, tant qu’elle n’est pas ramenée à la surface de votre attention présente. Le conscient est la mémoire éveillée et l’inconscient la mémoire endormie. L’inconscient est donc le grenier de votre esprit. Il est le siège de vos souvenirs, de vos habitudes, de vos intuitions, de vos réflexes et de vos instincts. L’inconscient n’est pas de la méconnaissance, mais plutôt un réservoir de connaissances ou d’informations qui sont stockées dans votre esprit, de la même façon que vous êtes conscient de ce que vous lisez ici, mais non de tout le contenu de votre mémoire interne en même temps.

    Imaginez que le conscient est la pointe de l’iceberg, et l’inconscient est la partie submergée de votre conscience. Votre conscience objective est une fenêtre sur le monde extérieur. Imaginez que vous regardez à travers la fenêtre de votre maison vers l’extérieur et que l’intérieur de votre maison estvotre inconscient.  Vous regardez donc de l’intérieur vers l’extérieur et ramenez les images extérieures vers l’intérieur, vers votre subconscient. Votre conscience intérieure est toujours le résultat de l’information qui vient du monde extérieur, ainsi que de vos pensées, paroles et actions. Votre inconscient est le programme interne qui est programmable par votre esprit. Il est donc important de choisir de quoi vous nourrissez votre cœur, que ce soit les pensées venant de l’extérieur ou les pensées venant de votre intérieur.

    Dans un sens vous n’avez qu’une conscience avec deux pôles, un positif (conscient) et un négatif (inconscient). Le conscient actif et le conscient passif. Cela signifie que vous recevez des pensées du monde extérieur qui sont transmises du conscient vers l’inconscient. L’inconscient est donc formé de connaissances et d’informations provenant du monde extérieur. La différence de votre conscience objective de celle de votre conscience subjective est qu’elle est consciente d’être consciente, alors que l’inconscient ne l’est pas.

    L’inconscient forme les habitudes de pensées, de paroles et les réactions involontaires. Les réactions involontaires correspondent aux programmes internes. La raison en est fort simple, car cela libère notre esprit de devoir réapprendre à chaque fois chaque fait et gestes que l’on doit accomplir. Néanmoins c’est un couteau à double tranchant, car les automatismes peuvent aussi  limiter dans les pensées, paroles et actions.

    Le conscient et l’inconscient travaillent main dans la main. L’un lui apporte des informations et l’autre archive les informations jusqu’à ce qu’on en ait besoin. Votre conscience objective se nourrit d’une chose à la fois, et son attention est limitée à une chose après l’autre, elle est successive. Alors que votre inconscient est un répertoire de toutes les données du monde que vous avez reçu depuis votre naissance par l’entremise de votre conscience objective. La conscience nourrit l’inconscient une cuillère à la fois.

    L’inconscient est comme une banque qui s’agrandit et s’enrichit par les informations que l’on stocke. Bien sûr vous pouvez y accumuler des déficits ou des bénéfices. Le conscient et l’inconscient sont neutres, c’est vous qui choisissez l’information que vous désirez.

    Votre esprit effectue simplement les programmes qui sont ancrés fermement dans votre subconscient. Votre esprit est celui qui dirige les entrées et les sorties de votre conscience, il en est le gardien. Quand vous vous concentrez sur les objectifs que vous voulez atteindre, quand vous les voyez à plusieurs reprises en détail, vous envoyez des instructions à votre subconscient. Une fois que vous avez donné des instructions claires, répétés et chargés émotionnellement à votre inconscient, votre esprit va trouver un moyen pour mettre vos objectifs en réalité.

    Copyright © 2012 – 2013 Melki Rish – 

     

     

     

     

  • KUNDALINI. (10)

     

     

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    De nouveaux arrivants occupaient désormais le bungalow voisin.

    Un homme la salua et elle répondit avec un pincement au ventre. Elle ne voulait pas de liens, pas de contacts, pas de discussions. Elle espérait juste passer la soirée avec Sat. En elle. Dans le silence de sa solitude.

     

    Elle prit une douche et se couvrit de lait apaisant. Elle massa consciencieusement son corps, étalant un film régénérant et parfumé.

    Les mains de Sat. Elle aimerait tant les sentir sur sa peau. Impossible de s’extraire de ce désir, impossible de ne plus le voir, impossible de ne pas entendre la douceur profonde de sa voix, cette impression qu’il agissait sur elle comme un étouffoir des douleurs. Il était là, devant elle, debout, avec ce sourire étrange et ces grands yeux dénudés. Ce frémissement en elle, comme une brise chargée de parfums électriques, des couleurs joyeuses qui ruisselaient dans ses fibres. Elle n’en avait aucune connaissance, aucun souvenir ancien, aucune expérience.

    Et elle n’osait y mettre de mots. Car ceux qui lui venaient à l’esprit lui paraissaient absurdes.

    Et pourtant…

     

    Elle perçut chez les voisins une agitation qui l’inquiéta. Des voix et des rires…

    Elle sentit immédiatement gonfler l’énervement.

    Elle essaya de lire, de méditer, de faire quelques exercices de yoga…

    Les voix dehors et la voix de Sat en elle.

    Impossible de faire tomber cette pression, comme si une boule d’énergie inconnue cherchait une issue et parcourait son corps sans relâche. Elle devinait la chaleur lorsqu’elle passait entre ses cuisses et que son sexe frémissait comme des feuilles au vent.

     

     

    Elle sortit sur la terrasse.

    Ces voix qu’elle entendait, elle ne les supportait plus. Elle aurait voulu leur dire de se taire, tous, de rentrer chez eux, elle aurait voulu qu’ils réalisent qu’elle explosait. Intérieurement.

    Elle comprit qu’un autre couple s’était joint aux voisins. Parties de cartes sous les étoiles. Éclats de rires et discussions de comptoirs.

     

    Elle ne pourrait pas tenir.

    Elle entra et enfila ses chaussures de marche. Un justaucorps, un collant de course, une lampe frontale.

    Elle n’arriverait jamais à dormir, elle le savait. Pas dans cet état. Sortir, aller marcher, bouger, ouvrir son corps à la paix de la nuit.

     

    Elle passa devant les voisins sans les regarder.

    Laurent serait sûrement allé leur dire de se taire.

    Elle en était incapable.

    Et elle s’en voulait d’imaginer ce que Laurent aurait fait.

     

    Elle s’éloigna sur la route et descendit jusqu’à la piste forestière qui s’engageait sous les bois. Une fois sous le couvert partiel des arbres, elle alluma sa lampe et entreprit d’engager une petite foulée.

    Se concentrer sur le souffle, sur la longueur des foulées, les appuis, l’alternance des bras pour l’ouverture de la cage thoracique, l’observation des inégalités du sol…

    Elle avait depuis longtemps aimé courir la nuit, dans le faisceau étroit de sa lampe, les impressions de vitesse dans cet environnement sombre, l’absence de repères, comme si tout était avalé par la nuit.

    Un profond bonheur de sentir son corps qui répondait sans difficultés à ses exigences, cette idée étrange qu’elle vivait à l’intérieur d’une enveloppe qui lui servait de moyen d’exploration, qu’une entité intérieure observait ce cocon précieux et l’aimait, que cette entité intérieure se devait de prendre soin de son véhicule, comme si une âme observait avec bienveillance sa chrysalide.

    L’âme…Encore elle. Jamais, ce mot n’avait occupé autant d’espace en elle. Pourquoi le mot chrysalide s’était-il imposé ? Une chrysalide protège une future éclosion. Elle tenta de se souvenir de ses cours d’école. Chenille, chrysalide dans son cocon. Papillon. Oui, ça devait être quelque chose comme ça.

    Le départ de Laurent l’avait amenée à dépasser son état de chenille. Ses tourments actuels correspondaient à sa métamorphose dans son cocon. Et de la chrysalide sortirait un papillon.

    Aucune certitude scientifique, juste un arrangement de quelques données mais elle s’amusa de l’image.

    Quel papillon pouvait-elle devenir ? Était-ce cette énergie transformatrice qui vibrait ainsi en elle ?

     

    Elle s’obligea à rompre le manège des interrogations et à vider son esprit dans les souffles et les foulées, les regards appliqués et le jeu de la lumière qui perçait le tunnel de la nuit. Elle sentait dans son dos se refermer les voiles silencieux comme un enveloppement délicieux.

     

    Elle courut une heure. 

    Lorsqu’elle rejoignit le bungalow, les voisins n’avaient pas bougé. Et les voix résonnaient dans la nuit comme des outrages.

     

    Elle passa sans un mot et sentit monter la colère.

    Partir ? Aller leur parler ? Se plaindre aux propriétaires ?

    Laurent aurait trouvé la meilleure solution. Elle ne voulait pas y penser et ce déni nourrissait les images. Laurent était là, dans ses souvenirs, parce qu’elle lui avait toujours accordé le droit de décider à sa place et ce fonctionnement ancien restait son seul modèle.

    Elle tenait sa salle de sport avec bienveillance et rigueur. Aucun écart de conduite n’était toléré et elle avait dû parfois rappeler les règles de vie. Mais c’était son domaine, son espace, son lieu de vie.

    Avec Laurent, elle n’avait jamais cherché à établir un autre rôle que l’enfant protégé. Elle était une petite fille dans les bras réconfortants de son tuteur. De son père de substitution…

    Un malaise devant l'évidence. Elle avait trouvé en Laurent le prolongement de son enfance. Peut-être en avait-il eu assez, peut-être aurait-il aimé qu'elle le libère de cette mission, peut-être qu'il avait trouvé dans les bras de cet autre homme une simple complicité joyeuse, sans dépendance, sans compromis, sans attente, ni exigence. 

     

    Elle sortit de la douche et entra dans la chambre. La pièce avait beau se trouver à l’angle opposé du bungalow voisin, elle percevait les voix graves des hommes et les rires aigus des femmes.

     

    Elle ferma les yeux, allongée sur le dos, les mains sur le ventre.

    Sat. Il était toujours là. La douceur de ses yeux qui glissait sur elle, la profondeur de ses mots qui ruisselait dans son corps, ce plaisir de le sentir à ses côtés, bienveillant, attentif, perceptif. Elle ne s’était jamais sentie aussi nue et le dévoilement de son corps n’était qu’une étape dérisoire. Indispensable pourtant. Comme l’ouverture vers son âme, un abandon de toutes les convenances corporelles, comme une destruction volontaire des enceintes spirituelles.

    Elle savait pourtant qu’elle ne parvenait pas à se défaire des interprétations, des projections, des inquiétudes, des questionnements récurrents, une incapacité à vivre l’instant.

    Où était donc passé ce bonheur immédiat, cette joie d’enfant qui contemple la vie dans le vol agité d’un papillon, la reptation d’un ver de terre, la danse envoutante d’un champ de blé ? Dans quelle mélasse de pensées insérées son existence était-elle tombée ?

    Comment expliquer que cette intuition féminine qui semble si forte, si incluse et si précieuse puisse être effacée, affaiblie, entamée par des raisonnements qui ne sont que des accumulations de connaissances raisonnables, raisonnées, cartésiennes, cartographiées. Et qui dans le traitement chaotique de toutes les identifications générées par l’histoire personnelle finissent pas devenir des entraves, des faiblesses, des errances, des perditions dont personne ne veut porter la responsabilité.  

    D’où venaient ces interrogations qui jaillissaient en elle ?

    Comme des brises tièdes qui venaient réchauffer une âme éteinte.

  • Je suis à la vie

    Je suis en voiture / en train/ en avion / en bateau / Je suis en vacances / Je suis en voyage / Je suis en classe/ Je suis en colère / Je suis en dépression/ Je suis en deuil / Je suis en retard/ Je suis en avance/ Je suis en panne / Je suis en froid avec lui/ Je suis en couple/ Je suis en extase / Je suis en admiration/ Je suis en prison/ je suis en liberté/................................Je suis en vie.
    C'est la dernière expression qui me gêne car il est inconcevable pour moi qu'elle puisse être associée à toutes les autres. Elle leur est immanquablement bien supérieure, au-delà de tout, au sommet de la pyramide car c'est d'elle que toutes les autres dépendent.
    Par conséquent, à l'expression :" je suis en vie", je préfère : "Je suis à la vie". Et c'est elle qui s'offre à elle-même l'opportunité de vivre tout le reste. Et moi je profite de cette chance inespérée, miraculeuse, inestimable. Je n'arrive pas à m'attribuer la propriété de la vie en moi. Elle est un don, une offrande. Mais je ne suis pas elle. Je suis ce qu'elle a voulu faire de moi et je cherche à extraire le potentiel qu'elle me propose pour explorer ce qu'elle est venue vivre en moi. 

    Je suis à la Vie.

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  • LES HEROS SONT TOUS MORTS : L'attentat

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    Centre commercial. Le plus grand de la ville. Des dizaines de boutiques dans les galeries marchandes, deux étages bondés. Les jeunes Blacks en quête de clients tournaient dans les allées et repéraient rapidement les opportunités. Quelques regards, un sourire, une invitation de la tête… L’intuition était redoutablement efficace. Il en profiterait pour acheter une bouteille de whisky. Son dernier verre avait marqué un moment crucial, un changement de monde.

    Restaurants, cafés, magasins en tous genres, musique en fond sonore. Un labyrinthe d’allées carrelées de marbre blanc, de multiples produits en devanture, habits, nourriture, des bijouteries, tout le high-tech. Excepté la couleur de peau générale et les accents chantant des voix, il aurait pu se trouver  aux Galeries Lafayette.     

    Il croisa deux jeunes aux habits colorés, des corps qui le réjouissaient, des allures d’éphèbes noirs, des peaux luisantes, des muscles saillants et il sentit monter en lui une excitation délicieuse, des promesses d’étreintes enflammées.

    Le souffle de la première explosion le coucha au sol, les cris envahirent l’espace, des gens s’enfuirent de toutes parts, rampant furieusement, à quatre pattes ou courant en hurlant, d’autres cherchèrent un abri derrière des piliers en béton, il se releva et se mêla à la foule paniquée, projetée dans une fuite démentielle, il enjamba des corps, une deuxième explosion dans son dos, il plongea sur le carrelage et entreprit une reptation frénétique, trouver un abri, ne pas chercher à comprendre, il se libéra de son sac pour faciliter ses déplacements et les coups de feu redoublèrent, la mallette entravait ses mouvements, il repéra un large pilier, un abri salutaire, il se releva pour s’y précipiter et les balles fusèrent dans un vacarme cinglant, un homme à ses côtés fut éventré par une rafale, il vit gicler des morceaux de chair, une femme se redressa devant lui, il l’agrippa et fit de son corps un bouclier, elle cria, se débattit sans comprendre et reçut au même moment deux balles en plein ventre, il continua à la soutenir en visant son refuge puis la laissa tomber au sol juste avant de plonger derrière le mur. Il regarda rapidement s’il n’était pas blessé, du sang sur sa chemise, il ne sentait rien mais il savait que l’adrénaline avait ce pouvoir, il avait soigné des combattants à qui il avait fallu montrer leurs blessures pour qu’ils se calment. La femme gisait à cinq mètres. Inerte. La poitrine ensanglantée et le ventre perforé, le chemisier écarlate. Talons hauts, jupe serrée, elle n’aurait pas pu s’échapper. Aucun remords. Il glissa un regard vers l’allée. Il aperçut un homme armé, un grand Black, visage caché par un chèche, un fusil mitrailleur et un gilet garni de cartouchières, le potentiel pour une boucherie gigantesque, l’homme avançait dans sa direction, abattant froidement les blessés gémissant au sol. Il tira une balle dans la tête d’une femme qui tenait encore la main de son garçonnet inerte. À cent mètres de lui, au bout de l’allée. Un très court répit. Il savait qu’un autre assaillant barrait le couloir dans son dos. Pris entre deux feux. Il entendit des détonations plus lointaines, d’autres zones de tirs, des cris hachés par des explosions et des rafales de fusils, attentat terroriste, une certitude, des tueurs éparpillés. Il était piégé. Il observa rapidement les lieux et entrevit une issue. Courir cinq mètres, entrer dans la cafétéria, plonger derrière le comptoir, chercher une porte donnant sur les bâtiments intérieurs, une cuisine ou un dépôt menant à un parking, un couloir pour le ravitaillement ou les déplacements des employés, il devait bien y avoir une porte de secours, des évacuations prévues en cas d’incendie, il fallait tenter le coup, il n’avait pas d’autres choix. Espérer que l’attention du tireur soit captée par un mouvement opposé, une diversion salutaire et ne plus hésiter. Il avait suivi des exercices d’évacuation dans sa caserne, des entraînements pour les zones en conflit, l’attaque du dispensaire en Irak.  

    Un homme, à dix mètres de lui, un Africain, étalé sur le carrelage. Les jambes déchirées par les balles. Il gémissait et réclamait son aide, les mains tendues. Il le regardait fixement et l’implorait, la terreur dans ses yeux. Il lui fit non de la main et posa l’index devant la bouche. Le tueur allait le localiser. L’homme blessé tenta de ramper. Une balle explosa son crâne et le corps fit un bond. Des tireurs d’élite. Aucun doute. Il avait le cœur dans la gorge et il étouffait, un canal trop étroit pour laisser passer l’air, une terreur qui montait. Il allait être abattu. Non. C’était impossible. Il devait tenter sa chance. Elle lui avait souri dans les dernières heures, elle lui avait mis dans les mains la matérialisation de ses rêves. Elle ne pouvait pas l’abandonner. Ça serait trop injuste.

    Le tireur arrivait à l’angle de deux allées. Il s’arrêta à l’intersection, regarda alternativement les deux zones s’offrant à son champ de vision. Il détacha une grenade de son gilet, la dégoupilla, regarda le large couloir et la fit glisser sur le marbre au milieu des corps. Un homme, blessé, regarda passer l’engin de mort, sans pouvoir s’enfuir. Le tueur se réfugia derrière le mur d’angle.

    Thomas, le cœur battant, les yeux hagards, regarda la grenade rebondir sur le sol. Cinq secondes. Il s’élança vers l’épais comptoir de la cafétéria, il franchit le seuil de l’établissement dans une course folle. Le souffle de l’explosion le souleva.    

    Une déchirure au ventre, un cri lâché comme un dernier souffle, le corps qui roule et vient buter contre le meuble en bois du bar, des bouteilles qui volent en éclats et le mitraillent, des morceaux de plafond qui s’effondrent, la fumée, des corps déchiquetés, des membres éparpillés, le sang qui éclabousse les murs, mêlé au ciment réduit en gravats, la poussière qui volette et puis le silence.

    Comme une morsure au flanc, de la viande arrachée par une gueule affamée, l’impression d’une bête déchirant rageusement les chairs, il s’était adossé à l’énorme buffet, le souffle coupé, une main appuyant sur la plaie, il sentait couler des flots de sang, des giclées qui le terrifièrent, il ne voulait pas regarder, comme s’il tenait absolument à rester en dehors de cette réalité, comme s’il voulait s’extraire de ce désastre, s’enfuir dans un lieu clos.

    Il observa la mallette au bout de son bras. Indemne. Pas même une égratignure, comme préservée de tout, indestructible. Comme en dehors de cette vie, un objet tombé du ciel ou appartenant à une autre dimension, serti dans un diadème protecteur, l’impression d’un objet inhumain, quelque chose qui traverserait les époques et les lieux et condamneraient ses porteurs. Il rejeta cette pensée d’un mouvement de tête. Il posa sa fortune sur ses jambes étendues puis il regarda sa blessure. Un trou comme un terrier pour la mort, une galerie qui s’enfonçait dans ses viscères. Intestins déchirés, hémorragie, il devait colmater la brèche, il se vidait. Réflexes professionnels. Trouver un tissu épais, appuyer, ne pas relâcher, attendre les secours, ne plus bouger. Il sentait le métal inséré comme une ferraille rougie au feu, l’impression qu’elle continuait à s’enfoncer dans les profondeurs, comme une bête fouisseuse, il eut un premier vertige. Le pouls irrégulier. Il aurait voulu appeler à l’aide, qu’on vienne le chercher, il avait peu de temps. Où étaient les tueurs ? Il ne voyait rien derrière le comptoir. Il entendit des rafales de mitraillette, un fusil automatique, des cris encore, une explosion de l’autre côté, l’assaut continuait, les secours ne pourraient pas intervenir. Piégé. Il voulut déchirer sa chemise pour l’appliquer sur son ventre mais le mouvement de son bras libre le raidit de douleur, une pointe qui fourrageait dans les chairs. Le moindre effort musculaire l’électrisait, une décharge insoutenable. Il ferma les yeux pour ne pas vomir. Un puits de noirceurs, l’impression de tomber dans un vide insondable, un gouffre comme une gueule béante. Il se souvint alors de la terreur dans le regard de ce jeune soldat. Le bras arraché par une mine. Il était le premier infirmier sur les lieux. Le dispensaire à Bagdad. Il avait piqué le gars avec la morphine, son visage blanchi déjà par la mort intruse, une flaque de sang qui s’étalait, il s’était vidé comme une bête égorgée et ses yeux fixaient le vide en lui. Il était mort dans une crispation effroyable, il avait saisi sa chemise avec le bras valide et l’avait tiré vers son visage, comme s’il avait voulu l’entraîner avec lui. Il avait longtemps pensé à la terreur de ce regard. Qu’avait-il donc vu avant de tomber dans le néant ? Qu’y avait-il de l’autre côté ?

    Il devait tenir, ne pas sombrer, ne pas s’évanouir. Il savait ce qui pouvait l’aider. Il chercha péniblement dans la poche de son gilet. La petite clé jaune. Il ouvrit délicatement la mallette et regarda amoureusement son trésor.

     

    Laure fuyait en passant de piliers en piliers, le souffle haché, plongeant au sol à chaque claquement de fusil. Elle savait que cette allée avait déjà été la cible des tueurs. Les cadavres épars, les impacts de balles, les murs éventrés. Ils ne reviendraient pas. Il fallait se cacher, ne pas essayer de s’enfuir tête baissée. Elle avait aperçu le visage d’un des terroristes. Un regard halluciné. Il n’y aurait aucune pitié. Ils tueraient jusqu’à se faire tuer. Elle pensait avoir entendu des sirènes mais ne pouvait l’assurer. Elle devait se cacher et ne plus bouger.

    Dernier pilier. L’entrée fracassée d’une cafétéria. L’immense bar, un meuble colossal, un rempart aux balles, un abri. Peut-être trouverait-elle une porte, un couloir, une salle à l’écart, un débarras ou un dépôt. Un regard qui balaie le champ de vision, un cauchemar, tant de corps, six ou sept victimes visibles, étendus sur le carrelage émietté.

    Elle s’élança, se faufila entre les débris de plafond qui jonchait le sol et se blottit derrière le comptoir.

    Un homme assis. Chemise ensanglantée. Immobile. Une mallette ouverte sur les genoux. La tête baissée.

    Elle rampa jusqu’à lui.

    Le regard fixe, le menton sur la poitrine, une immense tâche de sang. Un bras ballant sur le côté, l’autre posé sur la cuisse. Une menotte reliée à la poignée de la mallette.

    Des liasses de billets. Plus qu’elle n’en avait jamais vus.

    Estomaquée.

    Elle scruta l’inconnu. Il était mort. C’était une certitude. Aucun mouvement dans la poitrine. Elle ne parvenait pas à prendre son pouls. Ce rictus étrange sur son visage, la bouche déformée par la douleur et néanmoins des yeux brillants et joyeux comme ceux d’un enfant admirant son trésor.

    Incompréhension.

    Il n’avait pas l’allure d’un homme d’affaires. Il transportait pourtant une somme considérable. Elle regarda autour d’elle. Personne. Elle entendait des cris lointains et des armes.

    Un flot de pensées insoumises, un chaos qui surgit en un battement de paupières. Les tueurs, l’argent, le mort. Elle ne pouvait plus rien pour lui. Si elle laissait la mallette, l’argent tomberait dans les mains des terroristes. Achat d’explosifs, de fusils, d’autres attentats. Elle rageait à imaginer leur bonheur.

    Tout cet argent au service de la folie et de la mort. Alors qu’elle pouvait…

    Elle s'obligea à agir. Elle n'avait aucun délai.

    Son sac à dos était trop petit pour y cacher la totalité des liasses. Elle fouilla dans les poches du gilet. La clé des menottes. Elle la trouva, rangée dans un petit étui en cuir. Elle rabattit le couvercle, libéra le mécanisme et attacha la mallette à son poignet. Pas de risque de la perdre, elle savait qu’elle devrait courir. Elle chercha encore dans les poches. Des papiers, un passeport. Un portefeuille. Elle l’ouvrit. Thomas Blanchard. Français. Elle rangea la petite clé jaune et celle des menottes dans sa pochette et remit le portefeuille dans le gilet du mort.

    Disparaître. Trouver une sortie. Profiter du chaos pour s’évaporer dans la ville.

     

    Réfléchir...

     

    Elle serra minutieusement les sangles de son petit sac à dos. Le strict minimum. Elle était juste venue se balader. Si elle attendait les secours, elle risquait d’être interrogée sur le déroulement des événements, on ne la laisserait pas prendre son avion, elle devrait indiquer le contenu de sa mallette, elle risquait d’être bloquée plusieurs jours, elle n’avait aucune idée de ce qu’elle pourrait inventer, personne ne se balade avec une telle somme, c’était forcément de l’argent caché, un deal en cours, l’homme s’était trouvé là par hasard, juste le mauvais moment, un coup de malchance et une opportunité incroyable pour elle.

    Elle devait prendre une décision et les idées s’entrechoquaient. Le doute, la culpabilité, la peur d'être arrêtée... Elle éprouvait d'infinies difficultés à prolonger un raisonnement. Une urgence incompatible.

    Elle s’adossa contre le buffet et ferma les yeux.

    Les Kogis. Son engagement depuis des années, la recherche effrénée de subsides, son impatience à aider ses sauveurs, sa rage devant l’inertie ou la corruption du gouvernement colombien, le regard des Anciens qui lisaient en elle, leurs paroles précieuses, leur amour de la terre. Elle pouvait parvenir à ses fins. Tout était là, dans cette mallette, il ne servait à rien de chercher à connaître la source de cette fortune, il s’agissait juste de saisir cette chance inespérée, d’assouvir enfin pleinement sa promesse. Elle leur devait d’être en vie.

    Récupérer son sac de voyage à l’hôtel. Elle pouvait prendre n’importe quel avion, pour n’importe quelle destination, juste quitter le pays, éviter à tous prix d’être interrogée comme témoin.

    Thomas Blanchard, Français. Elle le regarda une nouvelle fois. Que faisait-il là ? D’où lui venait cette fortune ? Attaque de banque, trafic d’organes, prostitution, réseaux pédophiles, trafic de drogues, argent sale des entreprises, fond d’investissement pour corrompre les instances dirigeantes, des enveloppes bien garnies glissées dans des poches et le silence se fait, les lois s’évaporent sous les flammes du pouvoir, ici, tout autant qu’ailleurs, l’Afrique n’était pas plus corrompue que l’Occident. Tout était possible, le pire comme le plus sordide. Cet homme, avec son gilet de chasse, semblait davantage parti pour un safari que pour un repas d’affaires. Était-il un monstre ou un bienfaiteur? Venait-il ici pour assouvir un projet innommable ou participer à une œuvre humanitaire, était-ce un projet lucratif ou un don désintéressé? Elle n’aurait sans doute jamais d’explications.

    Et elle n’en avait pas besoin, finalement. Son projet était bien plus essentiel.

    S’enfuir. Trouver une issue, s’éloigner avant que tout le secteur ne soit bouclé. Elle ne devait plus attendre.

    Elle vérifia encore une fois les sangles de son sac, geste machinal du coureur, techniques de concentration avant le départ, s’extraire des pensées sombres, des doutes et des peurs. Une course qu’elle devait gagner. Sa vie en jeu.

    Elle rejoignit l’extrémité du comptoir. Elle balaya la salle des yeux. Des tables et des chaises renversées, le contenu des assiettes répandu sur le sol, des sacs abandonnés, des vestes sur les dossiers des fauteuils, un corps gisant dans une flaque de sang.

    Ne plus hésiter.

    Elle jeta un dernier regard sur son mécène. Comme une photographie à insérer dans sa mémoire.

     

     

    Elle s’élança entre les tables, une course jonchée d’obstacles, elle devait anticiper, lire l’environnement, plonger en elle comme sur les pentes d’une montagne, user de son expérience, éliminer les pensées qui pèsent. Elle ne chercha pas à courir en se protégeant d’un tir éventuel. Incompatible avec la performance du déplacement. Elle repéra une porte battante, un accès aux cuisines, elle bifurqua, sauta par-dessus un corps inerte, cinq mètres encore.

    Une balle passa au-dessus de sa tête, une décharge électrique en elle, toutes les fibres musculaires saisies par un courant fulgurant, un flot d’adrénaline qui la propulsa avec une force gigantesque contre les deux panneaux de bois, un autre tir, l’impact de la balle dans le chambranle, le tireur était trop loin certainement, gêné par des obstacles ou perturbé par la vitesse de son déplacement, elle pouvait lui échapper, ne pas lui laisser le temps de se rapprocher, disparaître, courir, courir.

    Elle n’avait jamais senti son cœur avec une telle ampleur, comme s’il était là, dans son crâne et qu’il lui hurlait sa terreur, comme s’il la suppliait de le sauver, il cognait avec une frénésie assourdissante, jusqu’à la douleur, elle slaloma entre les fourneaux et les tables de préparation, entre les frigos et les meubles de rangement. Des étagères couvertes de plats et d’aliments, des barrières salvatrices, des protections dont elle devait se servir. Anticiper les déplacements, trouver les meilleurs appuis, repérer les obstacles. Elle crut un court instant voir des roches autour d’elle.

    Un accès vers l’extérieur, il devait y avoir un couloir pour les livreurs, le pire serait d’être piégée dans la cuisine. Une porte métallique peinte en blanc, très large, un passage pour des chariots alimentaires, elle fonça vers son salut.

    Le tireur entra brusquement dans la pièce, fusil automatique à l’épaule, il repéra la femme qui s’engageait sur le seuil, elle fermait la porte, il aperçut sa silhouette, une seconde trop tard. Un tir rageur.

    La porte métallique n’arrêta même pas les balles.

    Laure s’engagea dans un large couloir, des néons pour éclairage. L’impact des balles à travers le panneau, comme une mort qui la cherchait, des bêtes affamées, il n’y aurait aucune pitié, le tueur devait enrager de la voir s’échapper. Si elle ne s’était pas immédiatement écartée, elle aurait été abattue. Les balles avaient traversé la porte métallique comme un vulgaire carton. Elle refusait d’imaginer son corps transpercé.

    Trouver une issue, une sortie, rejoindre une rue, se perdre dans la foule, courir, courir. Elle n’aurait jamais imaginé devoir user de ses talents pour sauver sa vie.

    La mallette la gênait dans sa fuite. Elle avait dû la bloquer sous un bras. La chaîne des menottes frappait le cuir.      

    Vingt mètres de couloir rectiligne. Elle devinait un angle, un axe perpendiculaire. Elle devait l’atteindre avant que le tireur n’entre. Dix secondes de répit. Un sprint effréné, une course folle, la peur au ventre, les jambes en feu. Elle avait eu raison de serrer les sangles de son sac. Elle devait pouvoir se concentrer. On ne court pas vite sans y penser. Il ne suffit pas de lancer les jambes en avant, encore faut-il trouver la fréquence, la longueur de la foulée, l’appui du talon, la montée du genou, la régularité mécanique de l’ensemble.

    Elle arrêta ses pensées et se trouva totalement folle. Comment son esprit pouvait-il s’égarer de la sorte ? Elle tourna à l’angle au moment où elle entendait la porte s’ouvrir dans son dos. Quatre impacts dans le mur. Des éclats de ciment. Elle ne put s’empêcher de courber le dos, de rentrer les épaules. Courir, courir, courir. Un escalier, une porte d’ascenseur à sa droite. Non, elle ne voulait pas être enfermée. Elle s’engouffra dans l’enchaînement des marches. Quatre à quatre. Comme sur des chemins de pierres, anticiper, se projeter sur le saut suivant et accompagner la réception en cours, instaurer une répétition affinée, ne jamais relâcher l’effort. Courir, courir, courir…

    Elle ne devait pas s’engager dans une allée, il fallait trouver des angles, des couloirs perpendiculaires, des portes à franchir.

    À droite, un hall puis un croisement. Une porte métallique avec une barre d’ouverture. Elle appuya violemment sur le mécanisme et poussa le battant.

    Parking extérieur. Lumière du jour. Zone d’approvisionnement du centre commercial. Des containers, des déchets de toutes sortes, tous les véhicules des employés. Elle balaya rapidement l’espace et s’engagea dans les enfilades des voitures. Elle jeta un regard rapide dans son dos. Rien, personne, aucun mouvement. Le tueur avait abandonné la poursuite. Sans doute s’était-il décidé à éliminer des proies plus faciles. Elle ne voulut pas ralentir sa course. S’éloigner, fuir, loin, disparaître, éviter les forces de police. Elle vit surgir au bout du parking trois véhicules militaires, des bâches sur les armatures en demi-cercles, le camouflage habituel des frondaisons. Elle se tapit derrière un 4X4 et laissa passer les troupes. Elle regarda furtivement les hommes sauter des camions et se ruer à l’intérieur du bâtiment. Exactement le chemin inverse au sien. Elle était sortie juste à temps.

    Disparaître.

    Elle resta accroupie et se faufila derrière les véhicules jusqu’à la sortie du parking. Elle traversa l’avenue et s’accorda une pause. Elle était en dehors de la zone dangereuse, hors d’atteinte, hors de vue, anonyme parmi la foule. Elle devait reprendre son souffle, observer, tenter de comprendre. 

    Quelques soldats descendus des camions barraient l’entrée du parking avec de la rubalise, périmètre de sécurité, vérification des identités.

    Elle prit conscience du chaos.

    De la fumée s’échappait d’un toit du bâtiment, un feu en cours. Elle entendait des sirènes de l’autre côté du centre. Des gens qui couraient, des cris, des appels, elle vit un soldat soutenir une femme blessée. Des dizaines de voitures arrêtées sur la chaussée, des curieux qui cherchaient à comprendre, inconscients du danger, heureux d’être des témoins privilégiés. Personne n’avait idée du massacre.

    Elle en était sortie.

    Une fortune dans les bras.

    Disparaître.

    Réfléchir…

     

     

  • Notre poison quotidien

    - Notre poison quotidien -

Au cours des 30 dernières années, le cancer, les maladies neurologiques (Parkinson et Alzheimer) ou auto-immunes, le diabète et les dysfonctionnements de la reproduction n’ont cessé de progresser. Comment expliquer cette inquiétante épidémie, qui frappe particulièrement les pays dits « développés » ? C’est à cette question que répond « Notre poison quotidien », fruit d’une enquête de deux ans en Amérique du Nord, en Asie et en Europe.

S’appuyant sur de nombreuses études scientifiques, mais aussi sur les témoignages de représentants des agences de règlementation – comme la Food and Drug Administration (FDA) américaine ou l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) –, le film montre que la cause principale de l’épidémie est d’origine environnementale : elle est due aux quelques 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre environnement, et principalement notre alimentation, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Cette grande enquête retrace le mode de production, de conditionnement et de consommation des aliments, depuis le champ du paysan (pesticides) jusqu’à notre assiette (additifs et plastiques alimentaires). Elle décortique le système d’évaluation et d’homologation des produits chimiques, à travers les exemples des pesticides, de l’aspartame et du Bisphénol A (BPA), et montre qu’il est totalement défaillant et inadapté. Elle raconte les pressions et les manipulations de l’industrie chimique pour maintenir sur le marché des produits hautement toxiques. Enfin et surtout, elle explore les pistes permettant de se protéger en soutenant ses mécanismes immunitaires par la nourriture, ainsi que le démontrent de nombreuses études scientifiques (décriées par l’industrie pharmaceutique)

Le Documentaire ici :
http://preuves-par-images.fr/#/notre-poison-quotidien
Via @[1376595029260334:274:PPI, Preuves Par Images]

    - Notre poison quotidien -

    Au cours des 30 dernières années, le cancer, les maladies neurologiques (Parkinson et Alzheimer) ou auto-immunes, le diabète et les dysfonctionnements de la reproduction n’ont cessé de progresser. Comment expliquer cette inquiétante épidémie, qui frappe particulièrement les pays dits « développés » ? C’est à cette question que répond « Notre poison quotidien », fruit d’une enquête de deux ans en Amérique du Nord, en Asie et en Europe.

    S’appuyant sur de nombreuses études scientifiques, mais aussi sur les témoignages de représentants des agences de règlementation – comme la Food and Drug Administration (FDA) américaine ou l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) –, le film montre que la cause principale de l’épidémie est d’origine environnementale : elle est due aux quelques 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre environnement, et principalement notre alimentation, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    Cette grande enquête retrace le mode de production, de conditionnement et de consommation des aliments, depuis le champ du paysan (pesticides) jusqu’à notre assiette (additifs et plastiques alimentaires). Elle décortique le système d’évaluation et d’homologation des produits chimiques, à travers les exemples des pesticides, de l’aspartame et du Bisphénol A (BPA), et montre qu’il est totalement défaillant et inadapté. Elle raconte les pressions et les manipulations de l’industrie chimique pour maintenir sur le marché des produits hautement toxiques. Enfin et surtout, elle explore les pistes permettant de se protéger en soutenant ses mécanismes immunitaires par la nourriture, ainsi que le démontrent de nombreuses études scientifiques (décriées par l’industrie pharmaceutique)

    Le Documentaire ici :
    http://preuves-par-images.fr/#/notre-poison-quotidien
    Via PPI, Preuves Par Images

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