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  • Citation nauséeuse

    "Bien entendu, le peuple ne veut pas de guerre. Pourquoi est-ce qu'un pauvre gueux dans une ferme voudrait risquer sa vie dans une guerre dont il ne peut espérer au mieux qu'il en reviendra entier ? Naturellement, le commun de la population ne veut pas de guerre ; ni en Russie, ni en Angleterre, ni en Amérique, ni, en ce qui nous concerne, en Allemagne. C'est bien entendu. Mais, après tout, ce sont les dirigeants d'un pays qui en déterminent les lignes d'action, et ce n'est jamais qu'une question simple que d'entraîner le peuple, que ce soit dans une démocratie, une dictature fasciste, un Parlement, ou une dictature communiste. [...] Le peuple peut toujours être converti à la cause des dirigeants. Cela est facile. Tout ce qu'il suffit de faire, c'est de leur dire qu'ils sont attaqués et dénoncer les pacifistes pour leur manque de patriotisme qui expose le pays au danger. Cela marche de la même manière dans tous les pays."

    Hermann Göring...

    • Nuremberg Diary, Gustave Gilbert, éd. Da Capo Press, 1995 (Reprint Edition) (ISBN 978-0306806612), p. 278

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  • "L'école mise au pas"

    Après les attentats, l’école mise au pas

    Bernard Girard
    Enseignant en collège
    Publié le 27/01/2015 à 13h24

    Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem, à l’école Jean-Moulin (77) le 23 janvier 2015 (AFP Photo / Joël Saget)

    Vendredi dernier, Manuel Valls, désormais ministre auto-promu de l’Education nationale, accompagné de son adjointe, Najat Vallaud-Belkacem, se renden visite promotionnelle dans un lycée de Seine-et-Marne pour une réception digne d’un village Potemkine. Les élèves, soigneusement cornaqués, sont autorisés à « dialoguer » avec lui, à condition, bien sûr, que les questions lui fassent plaisir.

    C’est ainsi qu’en réponse à l’interrogation d’un lycéen se demandant si la France était vraiment « en guerre », Valls a pu délivrer son désormais célèbre message : « Votre génération doit s’habituer à vivre avec le danger du terrorisme […] et les enseignants doivent le savoir. » Cette mâle résolution étant dans la minute reprise par tous les médias, le chef du gouvernement, aux anges, peut alors quitter la salle pendant que les élèves entonnent une Marseillaise aussi spontanée que le débat qui a précédé…

    Heureux effet des attentats – parmi d’autres – personne n’aura songé à l’interpeller sur le chômage des jeunes ; on ne va quand même pas importuner un chef de guerre ni troubler l’union nationale avec de telles futilités. Patriote et disciplinée, c’est ainsi que, dorénavant, l’Education nationale rêve la jeunesse. Et pour y arriver, en plus de la fidélité sans faille de sa hiérarchie, elle s’est dotée d’un outil à la mesure de l’objectif, une sorte de bible (ou de Coran) en 11 points, au titre magique : « Grande mobilisation de l’Ecole pour les valeurs de la République ». Tout est dans le titre.

    Un tri dans les valeurs républicaines

    Ce qui frappe d’abord avec ce document, après le choc des couleurs – bleu, blanc, rouge – c’est le poids des mots : pas moins de 34 occurrences pour « république », 25 pour « valeurs de la république » ou « valeurs républicaines », 28 pour « laïcité ». En comparaison, « justice » n’apparaît que six fois, non pas d’ailleurs, en référence au principe moral mais pour désigner l’administration à laquelle auront à faire les élèves qui ne respecteront ni la république et ses valeurs ni la laïcité. « Liberté » et « fraternité » ont droit chacune à une occurrence, « égalité » ne fait pas partie de la liste.

    La république a fait son tri. Et, de fait, si la réduction des inégalités et l’exigence de mixité sociale sont mentionnées, il faut bien reconnaître que c’est pour en rester aux généralités et aux vœux pieux : maîtrise du français, lutte contre le décrochage scolaire, autant d’incontournables des discours ministériels depuis plusieurs dizaines d’années.

    De même, alors qu’une réforme de la carte scolaire avait été à plusieurs reprises évoquée, elle se trouve ici réduite à un « diagnostic partagé avec les collectivités scolaires », ce qui, de facto, en reporte la charge sur le bon vouloir des autorités locales, tout en continuant d’en exclure les établissements privés qui, aux termes de la loi Debré, sont pourtant censés participer au « service public d’éducation ». Traduction : en dépit des grands principes, la république continuera pendant longtemps encore à s’accommoder de la sélection précoce des élèves basée sur le revenu des parents. La république et ses oripeaux, c’est tout ce qui reste lorsqu’un régime politique renonce à rendre plus justes l’école et la société.

    Laïcité très contrôlée

    En comparaison, l’intransigeance manifestée dès lors qu’il est question de « la laïcité et de la transmission des valeurs républicaines » prend ici tout son sens. Car l’important avec ces valeurs n’est pas qu’elles se concrétisent au quotidien mais qu’on les affiche ; quand bien même elles ne jouiraient d’aucune crédibilité, il faut faire semblant d’y croire.

    Un peu comme autrefois lorsque, dans l’Eglise catholique, les fidèles étaient tenus de manifester leur foi en latin, un jargon dont ils ne comprenaient pas un traître mot. On voit d’ici toute la modernité du catéchisme républicain…

    Pour éviter de tomber dans le terrorisme, les élèves auront donc droit, à partir de la prochaine rentrée, à un « enseignement moral et civique », à ne surtout pas confondre avec l’éducation morale et civique en vigueur jusqu’à présent. Car, grande nouveauté : cette morale sera « laïque », ce qui, dans le contexte actuel, pourrait laisser la porte ouverte à toutes sortes d’interprétations, si, heureusement, l’Education nationale, jamais à court de moyens dans la promotion de ses gadgets, n’avait eu l’idée de former en toute urgence, avant l’été, 1 000 formateurs qui auront ensuite pour mission d’aller porter la bonne parole dans leurs provinces. L’opportunité du coût de cette initiative dans le contexte de coma avancé où se trouve actuellement la formation continue des personnels ne sera pas évoquée ici.

    Mouche ton nez et chante ta Marseillaise

    Le dogme étant ainsi défini, les élèves seront tenus de s’y tenir strictement :

    « Les comportements mettant en cause les valeurs de la république [seront] traités, systématiquement signalés au chef d’établissement avec, le cas échéant, une sanction disciplinaire. »

    Une formulation qui laisse perplexe surtout au regard de la subtile confusion entretenue sur « la valorisation des rites républicains » : on apprend en effet que :

    « Le rétablissement de l’autorité du maître passe par la compréhension et la célébration des rites et symboles républicains (hymne national, drapeau etc). »

    Autrement dit, écorcher la Marseillaise ou ne pas se signer devant le drapeau, ces cas flagrants d’atteinte à l’autorité du maître, seront dorénavant punis. C’est vrai que recopier 100 fois l’hymne national sera l’occasion pour l’élève d’apprécier à leur juste valeur les notions de libertés de conscience et d’expression ou encore les capacités « de jugement et d’argumentation » que cet enseignement prétend lui faire acquérir.

    Ce n’est pas tout : outre la journée de la laïcité « célébrée » le 9 décembre, l’année scolaire sera parsemée de participations obligatoires aux « commémorations patriotiques », qui ne manquent pas dans le calendrier, le tout formant « un parcours citoyen », de l’école élémentaire à la terminale, « articulé, notamment autour de la Journée défense et citoyenneté » (Rappel : la JDC est l’opération de recrutement des armées). S’il reste du temps, les élèves pourront toujours se livrer à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture du calcul et des autres matières scolaires…

    Quelle guerre contre quel ennemi ?

    Voilà, en quelques mots, la réponse apportée par l’Education nationale à la menace terroriste contre laquelle la France serait, paraît-il, en guerre, une guerre qui, effectivement, donne tout son sens à cette « mobilisation ». Mais si guerre il y a, le préalable – et l’honnêteté – consisteraient quand même à dire de quels adversaires il s’agit. Et comme on a du mal à croire qu’un pays de 65 millions d’habitants soit menacé, dans sa survie, par trois terroristes ou même par quelques centaines, il faut alors convenir que l’ennemi est ailleurs et que la question posée est d’une autre nature.

    Ce document surréaliste, censé dorénavant régenter les mœurs et les croyances écolières, est tout entier organisé autour d’un grossier amalgame entre civilités, nationalité, laïcité, ce qui, dans les écoles peut se traduire ainsi : je respecte les enseignants, je suis fier d’être français, je ne porte pas de voile sur la tête. Mais alors que la première prescription va de soi et ne pose pas de problèmes majeurs en dépit des descriptions apocalyptiques abondamment relayées par la presse, la seconde relève d’un choix éthique personnel – on reste libre ou pas de se « sentir français » – et la troisième ne s’adresse en réalité qu’à l’Etat, chargé, depuis 1905, de garantir la liberté religieuse et le libre exercice des cultes.

    Or, si la première est bien légitime dans un cadre scolaire, il est clair que la « mobilisation de l’école » cible en fait les élèves musulmans considérés comme insuffisamment francisés. Ainsi, la vision identitaire de la laïcité, aux relents colonialistes, bruyamment initiée ces dernières années par les milieux d’extrême droite avant de gangréner une large partie de la classe politique, prend pied aujourd’hui à l’école, le plus officiellement du monde avec ce mot d’ordre : éradiquons la menace barbare de nos écoles.

    Faire peur pour faire marcher droit

    Comme dans toute guerre, les dégâts collatéraux ne manqueront pas : si une partie des élèves est tout spécialement visée, les autres ne seront pas épargnés, notamment à travers l’intention, pesamment affichée, de punir, comme autant de déviances, les écarts à la pensée officielle.

    Les enseignants, singulièrement silencieux jusqu’à présent, voire complaisants – à quelques notables exceptions près – devraient se rendre compte qu’ils sont concernés par ce vent punitif : notamment lors des concours de recrutement où seront évaluées « leurs capacités à faire partager les valeurs de la République », une formulation suffisamment large pour laisser la porte ouverte à tous les arbitraires. Et les sanctions brutales prononcées ces derniers jours, aussi biencontre des élèves que contre des enseignants, donnent déjà l’image de ce que pourrait être une école fondée sur la surveillance généralisée, les menaces et la peur.

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  • Réalité intérieure

    REALITE INTERIEURE
    Elle n'est pas un don, et ce n'est pas le fruit du talent; ce trésor impérissable ne se laisse découvrir que lorsque l'esprit est libéré des appétits, de l'égocentrisme et de l'ignorance, lorsque la pensée se libère des valeurs sensorielles et de l'avidité d'être quelque chose. On le vit dans la méditation que comporte une pensée lucide. L'impartiale perception de nous-mêmes nous conduira à cette réalité conductrice, laquelle est sous-jacente à toutes nos illusions destructrices; elle nous ouvrira à cette tranquille sagesse, qui est toujours présente en dépit de l'ignorance et en dépit de toutes nos connaissances, car celles-ci ne sont jamais qu'une forme de l'ignorance. Les connaissances sont du monde des symboles et, trop souvent, font obstacle à la sagesse, à la mise à nu du moi, d'instant en instant. Un esprit parvenu à la quiétude de la sagesse " connaîtra l'être, saura ce qu'est aimer.

    L'amour n'est ni personnel ni impersonnel, il est amour, tout simplement, et ne peut être décrit par l'esprit comme étant exclusif ou inclusif. L'amour est sa propre éternité; c'est le réel, le suprême, l'immesurable."


    Aldous Huxley

    Auras

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  • Ce que voit un Chaman

    Shaman : ce qu’un Shaman voit

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    Ce qu’un shaman voit dans un hôpital psychiatrique


    Voici ce qu’un shaman voit dans un hôpital psychiatrique

    Le point de vue chamanique sur les maladies mentales

    Selon la vision chamanique, les maladies mentales indiquent « la naissance d’un guérisseur », explique Patrice Malidoma Somé. Ainsi, on doit considérer les troubles mentaux comme des urgences et des crises spirituelles pour aider le guérisseur lors de sa naissance.

    Ce qui est perçu comme « un maladie mentale » dans l’Occident est considéré comme « de bonnes nouvelles de l’autre monde » par le peuple de Dagara. La personne confrontée à la crise a été choisie comme un moyen de communication afin de faire passer un message du monde spirituel à la communauté qui l’entoure. «Les troubles mentaux et toutes les autres sortes de troubles du comportement signalent que deux énergies incompatibles évidentes ont été fusionnées au sein du même concept », explique le Dr Somé. Ces perturbations se produisent lorsque la personne ne reçoit pas d’aide pour faire face à la présence de l’énergie venue du royaume des esprits.

    Une des choses que Dr Somé a dû affronter lors de son arrivée aux États-Unis en 1980 pour des études supérieures a été de savoir comment ce dernier s’occupe des maladies mentales. Quand l’un de ses collègues a été envoyé dans un hôpital psychiatrique pour « dépression nerveuse », le Dr Somé lui a rendu visite.

    «J’étais tellement choqué. C’était la première fois que j’étais confronté à de telles mesures faites aux personnes présentant les mêmes symptômes que certains dans mon village ». Ce qui a frappé le shaman, c’était que l’attention accordée à ces symptômes était basée sur la pathologie, sur l’idée que la condition est quelque chose qui doit s’arrêter. Ça allait totalement à l’encontre de sa culture face à une telle situation.

    C’était en complète opposition avec la façon dont sa culture percevait une telle situation. Pendant qu’il regardait les chambres désolantes des patients, il a vu que certains portaient des camisoles de force, plusieurs étaient drogués aux médicaments et d’autres criaient. A ce moment là il s’est dit : «Alors c’est de cette façon que les guérisseurs qui tentent de naître sont traités dans cette culture. Quel gâchis! Quelle tristesse de voir une personne qui s’est enfin alignée avec le pouvoir de l’autre monde être en pure perte. »

    En reformulant au sens de l’esprit occidental, nous qui vivons en Occident ne sommes ni formés ni éduqués pour traiter ou même reconnaître l’existence des phénomènes psychiques « le monde spirituel ». En fait, les capacités psychiques sont dénigrées. Lorsque les énergies du monde spirituel émergent dans une psyché occidentale, l’individu présent est complètement dépourvu pour les intégrer ou même reconnaître ce qui se passe. Le résultat peut être terrifiant. Sans le contexte approprié d’assistance dans le traitement de la percée d’un autre niveau de réalité, à toutes fins pratiques, la personne est « un malade mental ». Le dosage élevé des médicaments antipsychotiques aggrave le problème et empêche l’intégration qui pourrait conduire au développement de l’âme et de la croissance chez la personne qui a reçu ces énergies.

    Dans le service psychiatrique, le Dr Somé a vu beaucoup d’ «êtres» en présence des patients et des «entités» qui sont invisibles chez la plupart des gens mais que les shamans et les médiums sont capables de voir. « Ils étaient à l’origine de la crise chez ces gens, » dit-il. Il lui semblait que ces êtres essayaient de faire sortir les médicaments et leurs effets hors du corps et tentaient de fusionner avec en augmentant la douleur des patients dans le processus. « Ces êtres agissaient presque comme une sorte de « dragueur » dans le domaine de l’énergie. Ils étaient vraiment féroces à ce sujet. Les gens chez qui ces êtres faisaient cela criaient et hurlaient », a-t-il dit. Il ne pouvait pas rester dans cet environnement et a dû quitter l’établissement.

    Dans la tradition Dagara, la communauté aide la personne à réconcilier les énergies des deux mondes « le monde de l’esprit avec qui elle fusionne avec le village et la communauté. » Cette personne peut alors servir de pont entre les deux mondes et contribue à changer la vie de gens en leur procurant la guérison dont ils ont besoin. Ainsi, la crise spirituelle se termine par la naissance d’un autre guérisseur. « La relation de l’autre monde avec notre monde est l’un des commandites», explique le Shaman. « Les connaissances et les compétences qui découlent le plus souvent de ce genre de fusion sont en particulier une connaissance ou une compétence venant  directement de l’autre monde ».

    Les êtres qui augmentaient la douleur des internés à l’hôpital psychiatrique avaient effectivement tenté de fusionner avec les internés afin de faire passer des messages dans notre monde. Les gens avec qui ils avaient choisi de fusionner n’obtenaient aucune aide pour apprendre à être un pont entre les deux mondes et les tentatives de fusion des êtres ont échoué. Cela a mené à un maintien du trouble initial énergétique et à l’interruption de la naissance d’un guérisseur.

    « La culture occidentale a toujours ignoré la naissance des guérisseurs », déclare le Dr Somé. « Par conséquent, il y aura toujours une tendance de l’autre monde à continuer d’essayer de fusionner avec autant de personnes que possible dans le but d’attirer l’attention de quelqu’un. Ils doivent s’efforcer davantage. » Les esprits sont attirés par les personnes dont les sens n’ont pas été anesthésiés.  « La sensibilité est perçue comme une invitation à venir » a-t-il fait remarquer.

    Ceux qui développent des troubles dits mentaux sont ceux qui sont sensibles, ce qu’on considère dans la culture occidentale comme de l’hypersensibilité. Les cultures autochtones ne le voient pas de cette façon et, par conséquent, les personnes sensibles ne savent pas trop qu’elles sont sensibles. Dans l’Ouest, «c’est la surcharge de la culture dans laquelle ils sont qui est responsable de leur démolition», observe le shaman. Le rythme effréné, le principe du bombardement sur les sens et l’énergie violente qui caractérise la culture occidentale peut submerger les personnes sensibles.

    La schizophrénie et l’énergie spirituelle

    Avec la schizophrénie il y a une « réceptivité particulière à un flux d’images et d’informations qui ne peut être contrôlée », a déclaré le Dr Somé. «Quand ce genre de particularité se produit à un moment involontaire, en particulier au moment de l’apparence des diffusions mentales effrayantes, la personne concernée va dans une frénésie. »

    Ce qui est nécessaire dans cette situation, c’est de séparer en premier l’énergie de la personne de l’énergie spirituelle externe en utilisant la pratique chamanique (ce qui est connu sous le nom de ‘balayage’) pour éliminer ce dernier de l’aura de la personne. Avec ce nettoyage énergétique, la personne n’est plus apte à recevoir un flot d’informations et donc n’a plus de raison d’être effrayée ou troublée, explique le shaman .

    Ensuite, il est possible d’aider la personne à s’aligner avec l’énergie spirituelle tentant de submerger de l’autre monde afin de donner naissance à un guérisseur. Le blocage de cette émergence est la source du problème. « L’énergie d’un guérisseur est une énergie à haute tension », remarque-t-il. «Quand l’énergie est bloquée, ça brûle la personne. C’est comme un court-circuit qui fait sauter des fusibles. C’est pour cela que ceci peut être très effrayant et je comprends pourquoi certaines cultures préfèrent limiter ces personnes. Dans l’occident ils crient, hurlent et on leur met des camisoles de force. C’est une image triste. « Encore une fois, l’approche chamanique est de travailler sur l’alignement des énergies de façon à ce qu’il n’y ait plus aucun blocage sans faire disjoncter les « fusibles » afin que la personne puisse devenir le guérisseur qu’il est censé être.

    Il convient de noter à ce stade que tous les êtres spirituels qui entrent dans le champ énergétique d’une personne ne sont pas tous là pour promouvoir la guérison. Il y a aussi des énergies négatives qui sont des présences indésirables pour l’aura. Dans ces cas-là, l’approche chamanique est de les retirer de l’aura plutôt que d’aligner ces énergies discordantes.

     

    Alex: Fou aux Etats-Unis, shaman guérisseur en Afrique

     
    Pour tester sa conviction sur le point de vue chamanique à propos de la vérité sur les maladies mentales dans le monde occidental ainsi que dans les cultures autochtones, le Dr. Somé a ramené avec lui un patient souffrant de troubles psychiques dans son village en Afrique. « Ma curiosité m’a poussé à savoir s’il y a du vrai dans l’universalité qui lie la maladie mentale à un alignement avec un être d’un autre monde spirituel», dit le Dr Somé.

    Alex était un garçon américain de 18 ans qui avait souffert d’une crise psychotique quand il avait 14 ans. Il avait des hallucinations, était suicidaire et traversait des cycles de dépression très graves. Il était dans un hôpital psychiatrique et prenait beaucoup de médicaments mais rien ne l’aidait. «Les parents ont tout fait mais en vain», explique le shaman. « Ils ne savaient plus quoi faire d’autre. »

    Le Dr. Somé a emmené leur fils en Afrique avec leur permission. « Après huit mois passés là-bas, Alex est devenu tout à fait normal, rapporte le Shaman. Il a même pu participer à des guérisons avec les guérisseurs : il était assis avec eux toute la journée et les aidait, les assistait et était impliqué avec la clientèle des guérisseurs. . . . Il a passé quatre ans dans mon village. « Alex est resté par choix et non parce qu’il avait besoin de guérir davantage. Il a estimé qu’il était  « beaucoup plus en sécurité dans le village que dans sa ville natale. »

    Pour aligner son énergie avec celle de l’être du monde spirituel, Alex est passé par un rituel chamanique conçu spécialement pour cela même si ce rituel était légèrement différent de celui utilisé par le peuple Dagara. « Il n’était pas né dans le village donc quelque chose en plus devait être appliqué. Mais le résultat était similaire même si le rituel n’était pas littéralement le même », explique le Dr Somé. Le fait que l’alignement des énergies ait réussi à guérir Alex démontre que la connexion entre les êtres spirituels et la maladie mentale est en fait universelle.

    Après le rituel, Alex a commencé à partager les messages que l’esprit voulait faire passer à notre monde. Malheureusement, les gens avec qui il communiquait ne parlaient pas anglais (le Dr Somé était absent à ce moment-là). Cependant, l’expérience a conduit Alex à aller à l’université pour étudier la psychologie. Il est retourné aux États-Unis après quatre ans « parce qu’il a réalisé tout ce qu’il avait à faire et il pouvait désormais commencer un nouveau chapitre de sa vie. »
    La dernière fois que le Dr Somé a eu des nouvelles d’Alex c’était pour l’informer de ses études universitaires en psychologie à Harvard. Personne n’aurait pensé qu’il était capable de réussir des études de premier cycle et encore moins d’avoir un diplôme en études supérieures.

    Le Dr Somé résume la maladie mentale d’Alex: «Il a fait appel. C’était un appel d’urgence. Son travail fourni était le but d’être un guérisseur et personne ne faisait attention à cela. »
    Après avoir vu la façon dont l’approche chamanique avait fonctionné sur Alex, le shaman a conclu que les êtres spirituels sont tout autant un problème dans l’occident que dans sa communauté en Afrique. Pourtant la question demeure et la réponse à ce problème doit être trouvée ici au lieu de devoir chercher une solution à l’étranger. Il doit y avoir un moyen au-delà de la pathologie de l’ensemble de cette expérience qui mène à une possibilité de mettre en place un rituel approprié pour aider les gens.

    Le désir du lien spirituel

    Le lien commun que le Dr Somé a remarqué dans les troubles « mentaux » en Occident est «une énergie ancestrale très ancienne placée en stase et qui se manifeste chez la personne concernée. » Son travail est alors de remonter la filière pour découvrir l’identité de cet esprit. Dans la plupart des cas l’esprit est relié à la nature et en particulier avec des montagnes ou des grandes rivières, dit-il.

    Un exemple pour expliquer le phénomène des montagnes, « c’est un esprit de la montagne qui marche à côté de la personne choisie et crée ainsi une distorsion spatio-temporelle  qui affecte la personne trouvée sous cette emprise. » Ce qui est nécessaire est une fusion ou un alignement des deux énergies «  afin que la personne et l’esprit de la montagne ne fassent qu’un ». Encore une fois, le chaman procède à un rituel spécifique pour placer cet alignement.

    Le Dr Somé croit qu’il est mis face à cette situation si souvent parce que «la plupart de l’étoffe de ce pays est constituée d’énergie machinale et le résultat de cela est la déconnexion et la rupture avec le passé. Mais personne ne peut échapper au passé ». L’esprit ancestral du monde naturel vient rendre visite. «Ce n’est pas à propos de ce que l’esprit veut ou ce que la personne veut, » dit-il. « L’esprit voit en nous un appel à quelque chose de grand, quelque chose qui va donner un sens à la vie et donc l’esprit répond à cet appel. »

    Nous oublions que nous faisons cet appel qui reflète « une forte aspiration à une relation profonde, une connexion qui transcende le matérialisme et la possession des choses et se déplace dans une dimension cosmique tangible. La plupart de ces désirs sont inconscients mais pour les esprits, cet appel conscient ou inconscient ne fait aucune différence ». Ils répondent à l’un ou à l’autre.

    Dans le cadre du rituel de fusionnement avec la montagne et l’énergie humaine, ceux qui reçoivent « l’énergie de la montagne » sont envoyés dans une zone montagneuse de leur choix où ils ramassent une pierre qui leur fait appel. Ils ramènent avec eux cette pierre pour le reste du rituel et la gardent comme compagnon, certains ont même emporté leur pierre partout avec eux. « La présence de la pierre fait beaucoup et accorde la faculté de perception chez la personne », note le shaman. « Ils reçoivent toutes sortes d’informations qu’ils peuvent utiliser, c’est comme une obtention d’orientation tangible venue d’un autre monde sur la façon de vivre leur vie. »

    Quand il s’agit de « l’énergie de la rivière », ceux qui sont appelés à aller à la rivière, et après avoir parlé à l’esprit de la rivière, trouvent une pierre de l’eau à ramener pour le même genre de rituel que celui avec l’esprit de la montagne.

    « Les gens pensent qu’une chose extraordinaire doit se faire dans une situation extraordinaire comme celle-ci », dit-il. Ce n’est pas souvent le cas. Parfois le rituel est aussi simple que le fait de transporter une pierre.

    Une approche de rituel sacré à la maladie mentale

    Un des cadeaux qu’un shaman peut apporter au monde occidental est d’aider les gens à redécouvrir les rituels, une chose qui est tristement absente dans l’occident. « L’abandon du rituel peut être dévastateur. Du point de vue spirituel, le rituel est inévitable et nécessaire si l’on veut vivre », le Dr Somé écrit dans son livre Ritual: Power, Healing, and Community (des rituels communautaires de guérison). « C’est un euphémisme de dire que les rituels sont nécessaires dans le monde industrialisé. Nous avons vu chez mon peuple qu’il est probablement impossible de vivre une vie saine sans les rituels ».
    Dr Somé ne pense pas que les rituels traditionnels de son village pourraient simplement être transférés à l’occident donc pendant ces années de travaux chamaniques ici, il a conçu des rituels qui répondent aux besoins larges et différents de cette culture. Bien que les rituels varient en fonction de l’individu ou du groupe concerné, il constate qu’en général certains rituels sont nécessaires.

    L’un d’eux consiste à aider les gens qui découvrent que leur détresse provient du fait qu’ils sont «appelés par des êtres d’un autre monde à coopérer avec eux afin de faire un travail de guérison ». Le rituel leur permet de sortir de la détresse et d’accepter cet appel.

    Un autre rituel concerne l’initiation. Dans les cultures autochtones à travers le monde, les jeunes sont initiés à l’âge adulte quand ils atteignent un certain âge. L’absence de cette initiation dans l’Occident fait partie de la crise que les gens traversent ici, dit le Dr Somé. Il encourage aussi les communautés à réunir « les idées créatives des personnes qui ont eu ce genre d’expérience dans le but d’arriver à créer une sorte de rituel alternatif qui permettrait au moins de commencer à faire une brèche dans ce genre de crise ».

    Un autre rituel consiste à faire un feu de joie en le remplissant « d’éléments symboliques des problèmes envahissants situés à l’intérieur des individus. . . Ça pourrait être des problèmes de colère et de frustration contre un ancêtre qui a laissé un héritage d’assassinat et d’esclavage, un élément lourd à porter pour la descendance », explique-t-il. «Si ceux-ci sont abordés comme des choses qui bloquent l’imagination humaine, le but et l’avis de la personne à propos de la vie peut s’améliorer, alors il est logique de commencer à penser en termes de comment transformer ce blocage dans une manière qui peut conduire à quelque chose de plus créatif et de plus épanouissant ».

    L’exemple des problèmes engendre un grave dysfonctionnement dans la société occidentale et dans le processus du «déclenchement de l’illumination » chez les participants. Avec une touche ancestrale sur les rituels conçus par le Dr Somé, ces rituels ancestraux visent le dysfonctionnement et la masse à détourner des ancêtres. Certains des esprits qui tentent de venir, comme décrit plus haut, peuvent être « des ancêtres voulant fusionner avec un descendant dans une tentative de guérir ce qu’ils n’étaient pas en mesure de faire pendant qu’ils étaient présents physiquement ».

    «Si la relation entre les vivants et les morts n’est pas en équilibre, c’est le chaos», dit-il. « Le peuple Dagara croit que si un tel déséquilibre existe, la vie a le devoir de guérir ces ancêtres. Si ces ancêtres ne sont pas guéris, leur énergie malade va hanter les âmes et la psyché de ceux qui doivent les aider ». Les rituels se concentrent sur la guérison de la relation avec nos ancêtres. Les deux problèmes précis d’un ancêtre individuel sont des problèmes culturels importants qui demeurent dans notre passé. Le Dr Somé Shaman a vu des guérisons extraordinaires se produire pendant ces rituels.

    Adopter une approche sacrée au rituel de la maladie mentale plutôt que de considérer la personne comme un cas pathologique, permet à la personne concernée ainsi qu’à la communauté d’ensemble, de commencer à regarder les choses sous un angle différent, ce qui conduit à « une multitude d’opportunités et d’initiatives qui peuvent être fortement bénéfiques pour toutes les personnes présentes », déclare le shaman.

    Source du shaman : ce qu’un shaman voit dans un hôpital psychiatrique 
    – Le point de vue chamanique sur les maladies mentales de Stéphanie Marohn et Malidoma Patrice Somé

    – The Natural Medicine Guide to Schizophrenia, Bi-polar Disorder(pages 178-189)

     

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  • La loi d'attraction

    la loi d’attraction

    Il existe une Loi naturelle, scientifiquement prouvée, qui fait que vous attirez dans votre vie tout ce qui vous correspond, que ce soit les personnes ou les situations, C’est un peu comme un boomerang, lorsque vous le lancez, vous êtes sûr qu’il va revenir vers vous.

    Et bien la Loi d’attraction fonctionne de la même manière, quand vous pensez, parlez ou agissez, vous « émettez » une énergie qui vous reviendra d’une manière ou d’une autre, tout comme le boomerang. Si cette énergie est positive, vous attirerez le positif, si c’est négatif, vous attirerez le négatif…

    Chaque pensée que vous avez est une forme d’énergie qui émet une vibration, un signal, et qui attire un signal d’un même taux vibratoire, sur une même fréquence. Vos pensées représentent une requête, un message envoyé à la vie, et elles deviennent un point d’ancrage énergétique. C’est ce que nous appelons la Loi d’attraction, l’une des lois les plus puissantes de l’Univers et la base de la visualisation créative.

    De la même façon qu’un aimant attire le métal, votre esprit attire à vous ce à quoi vous pensez. Ce sont vos pensées et votre état d’esprit qui créent le monde qui vous entoure grâce aux images que vous entretenez dans votre esprit.

    Malheureusement la plupart des gens mettent toute leur attention sur ce qu’ils ne désirent pas avoir ou sur ce qu’ils veulent changer dans leur vie, ils se demandent par la suite pourquoi rien ne semble s’améliorer. La loi d’attraction fait abstraction de la nature de vos pensées. Ainsi, si vos pensées restent bloquées sur le fait que vous n’avez pas réalisé un souhait ou un désir, la loi d’attraction sera cohérente avec cette image d’échec. Le résultat correspondra à cette vibration de manque et vous continuerez à ne pas obtenir ce à quoi vous rêvez.

    Si vous pensez qu’il faut travailler dur, 15 heures par jour, pour gagner votre vie, vous attirerez des emplois, ou des situations où il vous faudra travailler dur et rentrer tard pour avoir un bon salaire.

    Si vous pensez que les gens sont tristes, vous allez rencontrer que des gens tristes,

    Si vous pensez que les fins de mois sont dures, elles le seront,

    Si vous pensez que vous êtes nul et que vous n’y arriverez jamais, vous n’y arriverez jamais !!! 

    et la liste pourrait être longue à l’infini, car beaucoup de personnes n’ont pas conscience de la force de leur pensées, et du fait que l’on est créateur de sa vie…

    Cela rejoint le fonctionnement des Pensées positives, il est simple, tellement simple, que les gens n’y croient pas…

    Et pourtant…

    Il suffit d’y croire…

    Si vous pensez que la Vie est Belle, merveilleuse, magnifique, elle le sera,

    Si vous pensez que les gens sont merveilleux, vous ne rencontrerez que des merveilleuses personnes,

    Si vous pensez Réussite, Bonheur, Joie, Amour, vous aurez la Réussite, le Bonheur, la Joie, l’Amour dans votre vie… 

    Ce que vous pensez, ce que vous voulez vraiment se réalisera… On attire ce qui nous correspond…


    Il est ainsi primordial de développer une harmonie vibratoire avec ce que vous désirez obtenir. Le moyen le plus simple et le plus efficace d’y arriver est d’imaginer que vous avez déjà obtenu l’objet de votre désir, qu’il fait partie de votre réalité, de votre quotidien. En gardant constamment à l’esprit ce que vous désirez, vous émettrez des vibrations qui établiront en vous, l’état d’esprit nécessaire pour en assurer la matérialisation.

    Lorsque vous voulez obtenir quelque chose, vous devez concentrer vos pensées et toute votre attention sur celle-ci car en y pensant intensément, vous émettez des vibrations à partir desquelles, les circonstances de la vie se mettront en place afin que l’objet de vos désirs vienne à vous.

    Rappelez-vous bien que tout, absolument tout ce qui arrive dans votre vie, est attiré à (et par) vous, via les images que vous semez dans votre esprit lorsque vous pensez. Une bonne maîtrise de vos pensées vous amènera à créer facilement et délibérément votre propre destinée. N’oubliez pas le vieil adage : « Ce qui se ressemble s’assemble ! »

    Source : www.visualisation-creative.com

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  • Le regard des enfants

    Une leçon de vie

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  • Projet cinématographique

    Un projet cinématographique de mon neveu. Appel aux "généreux donateurs" :) Merci à vous. 

    http://fr.ulule.com/mare/

    Mâre

    Film-cauchemar

     A propos

    Mâre est un projet de film entre la fiction et l'expérimental en super 8 noir & blanc sur lesthèmes de la hantise et de la présence dans l'absence.

    Trame narrative:

    Au début du XXème siècle, dans un vieux manoir, une jeune femme se morfond. Dans l'obscurité de l'aile ouest, son grand-père se tient dans son fauteuil, amoindri, immobile. Anne pense à son frère Paul, parti à la guerre et au temps révolu du bonheur familial avec nostalgie. Elle entretien à elle seule tout le manoir. Il y a une porte donnant sur une aile où l'on ne va jamais. Près de la fenêtre, dans un vase, des fleurs fanent, et l'espoir de revoir un jour son frère se flétrie. Le manoir pleure. Le grand-père se lève et traverse le labyrinthe de salles et de couloir à l'entente de la sonnerie de la vieille horloge, comme à chaque fois, il donne un tour de clefs au mécanisme. Les objets font surgir des souvenirs confus, presque effacés. Anne devine peu à peu avec effroi une présence étrangère, en perçoit les empreintes; souffle, buée sur la vitre, particules de poussières qui s'affolent. Cette aura lui donne la nausée, sa persistance l'épouvante jusqu'à la paranoïa. Il s'agit de Paul. Les errances nocturne de Anne commencent. Elle s'approche de la grande porte, mais renonce à l'ouvrir. Elle va de salle en salle, passe devant sont grand-père inerte, fuit l'air halluciné pour échapper à cette présence qui l'empêche de dormir. Mais Paul "grossit", il s'étire. Anne décline, se terre dans la cave tétanisée, mais Paul rôde dans le noir, son souvenir se défait lui aussi, il s'effrite, se défigure, devient horrible. L'horloge sonne, le grand-père se lève et traverse les pièces de la demeure. Anne se retrouve à l'extérieur. Le manoir est en feu. Elle fuit dans la forêt bordant le manoir, se perd dans les ténèbres du sous-bois. Un tourbillon d'images se mêle aux troncs et aux branches; des images d'objets et de Paul. L'horloge du manoir sonne un treizième coup, le vieil homme s'approche de la grande porte mystérieuse l'ouvre et disparait dans la noirceur qu'elle renferme.

     

    Note d'intention:

    L'idée à la base de ce projet vient d'un désir d'images. Familiers avec le format super 8 pour lequel nous avons beaucoup d'affection, nous ménagions Simon et moi-même depuis un certain temps une volonté de faire un véritable film de court métrage dans notre format de prédilection. J'avais de mon côté des idées pour faire une sorte de film-cauchemar muet en noir et blanc aux images énigmatiques tandis que Simon avait été marqué par la poésie des images d'Institut Benjamenta, film des frères Quay au temps suspendu.

    Il faut bien comprendre ce qu'a induit nos expériences de projection de film super 8: Dans un salon aménagé pour l'occasion, le projecteur monté sur un meuble, usant d'un drap comme écran, nous participions cette fois-ci pleinement à l'élaboration du dispositif cinématographique. Cette posture particulière, la mise à nue des rouages, l'amateurisme, le bruit du projecteur, le faisceau de lumière perçant l'obscurité de la salle, l'image éclatante et vibrante, toutes ces choses qui ne faisaient que rappeler le dispositif ont établit une façon de considérer le film que nous n'aurions pas soupçonné si nous n'avions assisté qu'à des projections professionnelles. Pour moi dès lors, la projection d'un film sur un écran blanc relèvera toujours de la manifestation spectrale, d'un spectacle surnaturelD'ailleurs une des aptitudes essentielles de la cinématographie n'est-elle pas d'animer l'inerte, de ramener à la vie ce qui était mort, aussi les vieux films ne sont-ils pas saturés d'images de personnes défuntes ? J'ai été récemment stupéfait d'apprendre que le mot « image » venait du latin imagio se référant au culte des morts. De plus, nous ne voyons jamais le film lui-même, seulement sa projection lumineuse qui elle seule permet l'animation. Ce que nous percevons est donc bien quelque part un ectoplasme lumineux et changeant sur son suaire blanc, celui-même qui reçoit l'empreinte.

    La forme doit approcher celle du rêve avec ses étrangetés elliptiques, ses zones de flou et d'ombre, une énigme visuelle. Ce serait idéalement comme si la pellicule avait été impressionnée non pas par de la lumière mais par des pensées, d'où cette forme tenant du cinéma expérimental. Je voudrais ainsi que le film suscite la fascination du spectateur par les images, qu'il le vive comme une séance d'hypnose.

    Nous userons de nombreux effets de surimpressions que nous réaliserons en post-production, il pourra s'agir d'images du personnage de Paul, de textures, de taches, de coulures d'encres, de reflets…etc. Nous utiliserons par ailleurs les fonctions de prise de vue image par image, d'accéléré, de ralenti que permettent les caméra super 8 pour donner une démarche saccadée et étrange au grand-père, rendre frénétique un geste ou ''suspendre'' le temps.

     

     Le développement du film sera pris en charge par nos soins avec l'aide précieuse du Labo K (Treiz) sur Rennes, tandis que nous prendrons contact avec le laboratoire Mire à Nantes pour les manipulations d'images et les effets. Cette phase pourra s'étendre sur un mois au vu de nos obligations extérieures au projet.

    Pour ce qui est de la diffusion, nous prévoyons l'inscription de notre film dans des festivals notamment rennais comme Court Métrange. Nous pensons également à une projection au Ciné-Tambour pour l'année prochaine et au ciné-club le S.I.E.C.L.E.S à l'Université Rennes 2, et auDiapason à Rennes 1. Il est également dans nos intentions d'entreprendre nous même la projection de notre film avec notre matériel, nous savons que le CRIJ met une salle de projection à disposition, nous n'aurons plus qu'à y installer notre projecteur Super 8 ou 16mm (dans le cas d'une copie obtenue par gonflage optique). Le film s'adressera aux amateurs de films étranges et aux étudiants en cinéma, aux adeptes de la pratique argentique et du super 8 ainsi qu'aux curieux de toutes sortes.

    D'autres part je vous joins ce lien où vous pourrez voir mes précédentes réalisations en vidéo et 16 millimètre :

    http://vimeo.com/nicolasfouques/videos

    Nicolas Fouques

    Vous trouverez ci-dessous les photographies faîtes lors de nos repérages pour le tournage )

                                                                                                            

                                                                                                

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