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  • LA-HAUT : " A Blandine, mon amour"

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    "Il est devant la tombe de Blandine.

    Boège, petit village de Haute Savoie. Marie et Thomas habitent à deux kilomètres. Il ne les a pas prévenus de sa visite. Le ciel est gris et la bise est froide.

    Il pleure. Rien ici ne ressemble à Blandine. Ni ce marbre sombre, ni ces fleurs coupées.

    Il pense à l’appel téléphonique de Marie qui avait demandé en pleurant s’il désirait une épitaphe. Il était à l’hôpital depuis quatre jours. À chaque fois qu’il se levait, dix minutes de marche l’épuisaient. Il venait de s’allonger lorsque la sonnerie avait retenti. Il n’avait pas pu répondre à l’épouvantable question. Foudroyé par la douleur. Aucun mot ne s’était formé, tout son corps s’était raidi comme saisi par l’horreur de la tombe. Il avait vu le cercueil descendre dans le trou, il avait entendu tous les pleurs, et le sermon du curé. S’il avait pu le faire, il se serait levé, il aurait couru, il aurait saisi la caisse en bois, arraché le couvercle et emporté tendrement le corps sans vie. Il l’aurait caché dans le froid des montagnes, il lui aurait parlé, longuement, avec toute la délicatesse de son amour, il l’aurait serré pendant des jours et des nuits, aurait dormi à ses côtés. Et puis quand tout aurait été dit, quand tous les gestes tendres auraient été accomplis, il aurait descendu le corps dans une crevasse lumineuse. Et le froid aurait figé les chairs, maintenu l’apparence, préservé la beauté. Rien n’aurait changé.

    Il aurait rejoint la vallée et se serait installé sous les pentes du glacier. Chaque jour, il aurait guidé ses pensées vers l’ouverture secrète, il aurait projeté à travers l’espace toutes les douceurs à donner, il aurait enveloppé de son amour le corps adoré. Et lorsque la vieillesse aurait tracé sa route à travers ses muscles affaiblis, avant que les forces lui manquent, il serait monté sur le glacier, un jour de grand soleil. Il serait descendu dans la crevasse. Il aurait retrouvé le corps préservé dans une jeunesse immuable, le visage apaisé, les yeux clos pleins de souvenirs et le petit sourire qui illuminait les jours. Il se serait allongé, aurait enlacé son amour inchangé et aurait attendu que la route se dessine, que la porte s’ouvre et que l’autre monde l’accueille…

    Il pleure devant la tombe. Blandine pourrit dans un cercueil et les vers la dévorent.

    Il ne la retrouvera jamais. L’océan d’âmes l’a effacé. Il n’a pas su la retenir, il n’a pas su lui montrer la force de son amour. Il devait la ramener, la sauver du néant et de la fange. Le poids de cette faute écrase son âme.

    « A Blandine, mon amour. »

    Marie, au milieu de ses pleurs, avait insisté. Il avait réussi, effondré sur son lit d’hôpital, à murmurer ces quelques mots dérisoires. Et maintenant, il aurait voulu graver sur le marbre muet des milliers de phrases, des livres interminables, des paroles infinies, utiliser le moindre espace de ce monument immonde pour dire à Blandine combien il l’aime. Et combien elle lui manque. A chaque respiration, à chaque battement de paupières, à chaque regard sur le monde.

    Il pleure devant la croix et voudrait l’arracher. C’est un arbre qu’il fallait planter. Et que chaque feuille déployée porte dans ses fibres l’âme heureuse de Blandine, que la sève soit nourrie par sa joie, que le souffle des frondaisons soit le chant de son cœur. C’est la vie qu’il faut donner quand un être s’en va. Remplacer l’image perdue par une autre. Les rituels des hommes sont sordides et soumis à des religions néfastes. Il voudrait arracher ce symbole de perdition.

    Il sent bouillonner dans son corps des haines terribles.

    Là, maintenant, sans aucune hésitation, il pourrait tuer le terroriste qui a posé la bombe. Il n’écouterait même pas ses sermons d’assassins. Rien ne peut justifier une telle abomination. Il pourrait déchirer sa poitrine et arracher son cœur de monstre, le lui enfoncer dans la bouche, le regarder mourir. Tout ce qu’il imagine n’est pas traduisible. Chaque nuit ses cauchemars sont le ferment de sa haine. Et le bloc de marbre à ses pieds pourrait servir de billot pour trancher des têtes.

    Il lève les yeux avant de hurler. Les larmes fragmentent le paysage et noient les couleurs. De tous côtés, la douceur des collines invite au repos. Mais il ne voit rien.

    Il voudrait plonger ses mains dans la boue d’âmes qui a saisi Blandine et la ramener vers la lumière de la Terre, et que ses yeux s’ancrent à la mer de nuages qui les protègent, que ses désirs soient tournés vers les horizons élevés, que ses bonheurs prennent forme dans le frémissement des feuilles et le chant cristallin des ruisseaux, dans le vol gracieux d’un rapace et la course effrénée des insectes des bois. Que ce monde la libère des hommes. Blandine, à ses côtés, en avait pris le chemin. Il n’a pas eu le temps de finir sa tâche. L’humanité infâme a repris l’avantage.

    Et il n’y peut plus rien.

     

     

    Il est assis devant la cheminée. Il fait nuit. Il sait qu’il ne retournera plus jamais là-bas. Blandine n’y est pas. C’est une enveloppe vide que les hommes ont descendue dans le trou. La vie de Blandine voltige dans les airs, partout où elle a vécu, dans tous les endroits où elle a ri, où elle a aimé, où elle a dormi.

     

    Sur ses genoux, un album de photographies raconte les bonheurs inscrits dans la mémoire du monde. Les courses en montagne, les baignades dans les torrents, les siestes à l’ombre des grands sapins…

    Il n’a gardé de Blandine que ces clichés. Marie et Thomas ont récupéré les habits, les affaires, les livres, tous les objets qu’elle a touchés.

    Depuis l’attentat, il n’avait jamais tourné les pages. Il avait précieusement rangé les classeurs sur une étagère de la bibliothèque. Aujourd’hui, il a besoin de retrouver le visage radieux de Blandine et la grâce de son corps.

    Elle est dans le jardin, appuyée au manche d’une fourche. Elle retourne la terre du potager. Au loin, on devine les hautes montagnes enneigées. Un fichu blanc enserre ses cheveux. Elle a mis des sabots en caoutchouc, un jean râpé et un vieux pull moulant qu’elle a glissé dans la ceinture. La tenue accentue la finesse de sa taille et la délicieuse courbure de ses seins. Elle est légèrement penchée en avant, elle le regarde en lui souriant. Il sent encore la température fraîche de cette journée. La lumière était douce, comme un bonbon au miel.

    C’est épouvantable. Insupportable. Inhumain.

    Il pleure. Et les larmes tombent sur le papier glacé qui protège les photos. La brûlure dans son ventre est effroyable, c’est un étau qui le détruit, le broie et réduit son corps à un tas de chairs qui hurlent. Impossible de la quitter des yeux. Son sourire est si doux, si plein d’amour pour lui, si chargé de tendresse et de promesses de bonheurs.

    Pourquoi ? Pourquoi eux ? Pourquoi tout ce mal ? 

  • Le Traité des Traîtres

    La vérité derrière le TAFTA

    Vous avez déjà partagé cette vidéo? Alors merci de signer cette pétition pour arrêter le TAFTA

    Cette vidéo montre comment les grandes entreprises vont pouvoir faire la loi à Bruxelles, grâce à un nouvel article du TAFTA appelé de façon trompeuse ‘coopération réglementaire’. La coopération réglementaire est une mauvaise nouvelle pour les consommateurs, les travailleurs et l’environnement. Cela veut dire que les multinationales vont pouvoir co-écrire nos réglementations. La Commission Européenne semble vouloir ouvrir grand ses portes à l’influence des grandes entreprises.
     
    Cette dangereuse attaque contre la démocratie doit s’arrêter dès maintenant. Lundi, des dirigeants européens rencontrent leurs homologues américains pour entamer une nouvelle série de négociations sur le TAFTA. Comme d’habitude, les citoyens ne savent pas ce qui se négocie. La seule chose qui peut contrer le pouvoir des entreprises, c’est le pouvoir du peuple. Montrons aux dirigeants européens que nous n’acceptons pas cette attaque contre notre démocratie.

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  • A COEUR OUVERT : Défragmenter le disque dur.


    Coeurouvertwhite

     

    « Le mental se construit au fur et à mesure de notre vie et de nos expériences. Par nos cinq sens, nous construisons l’ensemble de notre expérience humaine. Dès la petite enfance, notre mental apprend à saisir l’information, il la catalogue, la range dans des cases, il construit son référentiel. L’impact du monde adulte, parents, enseignants, proches, société, médias, est gigantesque et contribue à un immense formatage. Le mental calcule, argumente, établit des connexions, trouve des raisons (ou en fabrique), s’adapte ; le mental est une machine formidable pour ce genre de tâches. L’objectif pour lui est de créer une entité individuelle. L’individu s’édifie en fonction des oppositions ou des appartenances qui lui conviennent. Il est d’ailleurs extrêmement performant pour fabriquer des catégories, des groupes, des classes, des repères parfaitement identifiés. Il va sans cesse chercher à accumuler de la sorte des « connaissances » afin de se construire et de prendre forme. C’est son existence même qui est en jeu. 
    Et c’est là que l’ego prend forme. Il se construit à travers le miroir de l’altérité en se nourrissant des référents du mental.
    « L’importance est dans ton regard, non dans la chose regardée », écrivait André Gide.
    Il faudrait donc apporter à la chose un regard objectif, libre, épuré. Mais le mental a des références et n’en démord pas.
    « L’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le cœur. »
    Nous connaissons tous cette phrase de Saint-Exupéry. Mais où est ce cœur ? Ça n’est pas l’organe ou si ça l’est, il existe une partie non fonctionnelle qui n’est pas connue. A moins qu’il s’agisse d’une énergie, à moins qu’il s’agisse d’un émetteur plus vaste que le cœur, une source dissimulée…
    Lorsque nous sommes saisis par un coup de foudre, les quelques secondes pendant lesquelles une onde de chaleur nous électrocute, il ne s’agit sans doute pas du mental étant donné qu’il n’a pas eu le temps d’analyser le cas. Il reprend très vite le contrôle, malheureusement. Et dès lors, on ne voit plus, on croit voir ce qui nous convient. Les prochaines désillusions viennent de prendre racine. Le mental vient d’ouvrir l’atelier de poterie dans lequel il va chercher à modeler l’autre à sa convenance, selon ses références. 
    A moins que la vie nous ait fait un cadeau immense et que le coup de foudre se transforme peu à peu en un ciel lumineux jusqu’à l’infini du temps. »
    Il souriait intérieurement. Un bonheur à s’accorder, une confiance à sauver.
    « On ne voit bien qu’avec le cœur. » Saint-Exupéry n’aurait jamais imaginé qu’un homme puisse vivre sans le sien, sans même un cœur humain. Diane parlait d’un émetteur plus vaste. Quoi ? Le corps entier ? Le cerveau ? Non, pas le cerveau. D’autres organes n’auraient pas été munis de neurones si tout avait été concentré là-haut. Il y avait autre chose. Pas le cœur, ça au moins, il en était certain. Et si on lui enlevait les intestins ? Qu’en serait-il ? Tout ça était trop limité. Les systèmes scientifiques avaient une vue étroite. Mais alors quoi ? Et si nous n’étions qu’un récepteur ? Et si nous m’émettions rien du tout ? 
    Il se redressa soudainement et eut un vertige. Il s’adossa, la main sur le front, les yeux fermés.
    La force de ce flash. Nous n’étions que des récepteurs. Tout venait de l’extérieur. Sa transformation n’était pas dû au fait que son cœur n’émettait plus rien mais juste que le mental avait perdu une partie de ses repères, que l’identification avait été entamée, partiellement brisée. Les émotions venaient de l’extérieur, elles nous saisissaient parce que nous étions disponibles et le cerveau les interprétait, il se les attribuait parce que nous avions été éduqués ainsi, l’ego, l’ego, une entité fabriquée de toute pièce, la prétention humaine, l’identification. Oui, c’était ça… Je suis en colère était une affirmation totalement erronée. La colère est en moi parce que je l’ai laissée entrer. Voilà la réalité. Je ne suis pas amoureux. L’amour est en moi. Et il tient à moi de lui offrir une place durable. Rien n’est à moi, tout m’est donné.
    Un bonheur immense. Un embrasement. Des bouffées d’amour qui l’envahissaient.
    Des grésillements. L’accélération de son cœur. Non, c’était impossible. Il n’avait pas bougé, les microprocesseurs n’avaient aucune raison de faire varier le rythme cardiaque. C’était inconcevable. Un trouble gigantesque. L’impression qu’il était utopique de vouloir élaborer une explication rationnelle et fiable, définitive, tangible, incontournable. Cette impression incompréhensible d’être envahi par une entité extérieure. 
    Il aurait voulu que Diane soit là, il se sentait partir, un malaise, un chaos trop puissant. Il s’allongea de nouveau et ferma les yeux.
    « Calme-toi, calme-toi. Respire. »
    Les grésillements s’effacèrent peu à peu. 
    L’amour n’est pas dans notre cœur, ni dans notre cerveau, il n’a pas de coffre réservé, pas d’antre secret. Il n’émane même pas de nous d’ailleurs. Nous n’en sommes pas les concepteurs. L’amour est partout. Et si nous restons ouverts, il s’invite. 
    Il tentait de remonter à la source, de trouver le nœud originel qui libèrerait toutes les révélations. Son cœur avait participé à ce conditionnement épouvantable de l’homme intégré et du Soi désintégré, son cœur avait été un ouvrier attelé à sa destruction. Saint-Exupéry s’était trompé. On ne voit bien qu’avec le cœur relevait d’un monde idyllique, d’un monde qui n’aurait aucune influence, qui ne chercherait pas à s’octroyer les raisons d’aimer. En perdant son cœur, les fondements même de son enfermement avaient été supprimés, non seulement la masse infinie de toutes les données enregistrées dans la boîte noire des émotions vécues mais le récepteur lui-même. Tout n’avait pas disparu puisqu’un seul organe avait été retiré mais il représentait le cœur du système. Bien évidemment.
    L’homme avait fait de l’homme son propre prédateur. Nul besoin de guerre. Il suffisait d’éduquer le cœur et tout le reste suivrait, il suffisait d’inculquer les raisons d’aimer, il suffisait de canaliser les émotions, d’identifier les cibles, de laisser croire à la clientèle qu’elle était libre de ses choix, personne n’irait accuser le cœur d’être un traître. Le cœur n’était qu’un disque dur formaté.
    Les tenants de la spiritualité et de la libération des esprits seraient sans doute décontenancés d’apprendre qu’il convenait d’enlever le cœur des hommes avant de s’engager sur une voie d’éveil. 
    Il pensa à tous les implantés qui l’avaient précédé. Il serait intéressant de les retrouver. Une nouvelle espèce humaine. Des hommes sans cœur. Des hommes libres. Défragmentation du disque dur.
    Il se sentit fatigué, comme un voyage trop long, un manque de condition spirituelle en quelque sorte. 
    Il se laissa partir, respiration lente et profonde, visualisation du flux d’oxygène, jusqu’à l’effacement des dernières pensées…

  • Entre deux vies....

    Voyage entre deux vies

    Des récits spontanés d’enfants, des réminiscences d’adultes en thérapie et de nombreuses traditions en témoignent : une forme de conscience continuerait d’exister entre nos destinées terrestres.
    http://www.inrees.com/articles/voyage-entre-deux-vies/
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    © Shyamalamuralinath
    Purnima, née au Sri Lanka, commence vers l’âge de 2 ans à raconter qu’avant, elle vendait de l’encens sur un vélo. De quel « avant » parle-t-elle ? Les enfants s’inventent des histoires, pensent les parents. À 4 ans, la petite fille visite un temple à 230 kilomètres de chez elle. « Une fois sur place, elle prétendit avoir vécu de l’autre côté de la rivière », rapporte le Dr Tucker. Par la suite, Purnima complète son récit de nombreux détails totalement cohérents. Elle insiste : elle a déjà vécu. Elle annonce avoir été un fabriquant de deux marques d’encens, que ses parents ne connaissent pas. Elle aurait vendu sa marchandise sur un vélo et aurait été tuée dans un accident de la route par un gros véhicule. Devant la persévérance de l’enfant, des proches mènent l’enquête. Que trouvent-ils ? Qu’un certain Jinadasa Perera, vendeur d’encens des marques annoncées, habitait dans le quartier désigné par la fillette. Il fut percuté par un camion et mourut 2 ans avant la naissance de Purnima.

    Si considérer l’éventualité de la réincarnation est déjà vertigineux en soi, l’histoire ne s’arrête pas là. « Purnima prétendit qu’après sa mort elle flotta dans les airs pendant plusieurs jours dans une sorte de pénombre. Elle vit ses proches pleurer et observa son corps lors des funérailles. Elle prétendit aussi que de nombreuses autres personnes flottaient comme elle. Ensuite elle vit la lumière, vers laquelle elle se dirigea. Puis elle revint dans sa nouvelle famille », expose le Dr Tucker, psychiatre spécialiste des recherches sur l’hypothèse de la réincarnation. Fabulation ? Sa description des funérailles de Jinadasa correspond à des faits réels. Cette petite fille avance avoir continué à « vivre » depuis sa dernière vie.


    Des témoignages par milliers


    « Nous ne pouvons imaginer la réincarnation sans la croyance corollaire suivante : l’esprit est associé au corps durant notre vie, celle que nous connaissons, mais il est également indépendant de ce corps au point d’en être pleinement séparable et de survivre à la mort du corps auquel il avait été associé », explique le Dr Ian Stevenson. Ce psychiatre, fondateur de la Division des études sur la perception de l’université de Virginie, est l’expert mondial des recherches sur la réincarnation. Après avoir retrouvé les familles des « anciennes personnalités », examiné les témoignages de la manière la plus rigoureuse, l’équipe du Dr Stevenson a trouvé qu’au moins 2 500 enfants ont raconté des histoires vraies. Nous ne sommes plus devant quelques cas épars. Ces bambins, parfois d’1 an et demi, ont décrit en détail la vie de personnes qui ont bel et bien existé, qui sont mortes, et qu’ils prétendent avoir été. Encore plus sidérant : 20 % d’entre eux rapportent des souvenirs de « l’entre deux vies ». 500 enfants, qui par ailleurs ont raconté des histoires authentiques, expliquent avoir flotté au-dessus des vivants, avoir vu des esprits ou des paysages merveilleux. 

    « Patrick Christenson, né aux États-Unis, avait 3 marques de naissance qui correspondaient aux lésions d’un frère décédé avant qu’il ne naisse », énonce le Dr Tucker. Patrick avança avoir été au « paradis » et avoir rencontré un proche appelé « Billy le Pirate ». Celui-ci lui aurait confié s’être fait tirer dessus à bout portant et être mort dans la montagne. Patrick raconta cela à sa mère. Elle ne connaissait personne dans la famille qui avait été tué de cette façon-là. Toutefois, lorsqu’elle appela sa propre mère, celle-ci lui raconta l’histoire d’un cousin éloigné dont le surnom était « Billy le Pirate », et qui avait été assassiné dans la montagne. Y aurait-il un au-delà dans lequel nos consciences voyageraient après la mort et duquel elles pourraient revenir ? « Nous sommes obligés de concevoir un espace mental qui diffère nécessairement de l’espace physique dans lequel nous évoluons habituellement », observe le Dr Stevenson.


    Un hypnothérapeute en contact avec l’au-delà


    À la fin des années 1960, le Dr Michael Newton propose une régression hypnotique à un patient souffrant d’une douleur persistante au côté droit. Espérant trouver dans son enfance l’origine de la douleur, il lui demande de « remonter à la source du problème ». Son patient se retrouve en France au beau milieu de la Première Guerre mondiale. Engagé dans la bataille de la Somme, il meurt d’un coup de baïonnette au côté droit. La description détaillée des uniformes et de la scène se révèle historiquement exacte et la douleur du patient s’estompe rapidement suite à la séance. Piqué par la curiosité, le Dr Newton décide de continuer à explorer les « vies passées ». C’est ainsi qu’il fait « une découverte d’une importance capitale. [...] Je me suis rendu compte qu’il était possible de “voir” dans l’au-delà par l’intermédiaire de sujets sous hypnose qui me faisaient ni plus ni moins un compte rendu de leurs vécus entre leurs vies sur terre ». Il fera régresser plus de 7 000 personnes. Après 25 ans de recherches sur l’au-delà, le Dr Newton avance que les récits semblent comporter « des vérités universelles ». 

    Première constatation ? Des concordances remarquables avec les récits d’expériences de mort imminente (EMI). Sensation de flotter au-dessus de son corps. Impossibilité de se saisir des objets du monde physique ou d’interagir avec les vivants. Sensation de paix plutôt que de crainte. Ces témoignages évoquent aussi « l’effet tunnel, maintenant bien connu du public » et la présence d’un ou plusieurs guides, ou d’une sorte de comité d’accueil. S’ensuit ce que le Dr Newton appelle la phase « d’orientation », une revue de vie souvent effectuée avec un guide. 

    À partir de là, le chemin continuerait vers « un endroit qui favorise notre guérison ». « Je peux voir un faisceau brillant et chaud. [...] C’est comme une buée, une vapeur qui tourbillonne d’abord autour de moi puis effleure délicatement mon âme comme si c’était vivant. Ensuite, cela me pénètre comme du feu et je me sens lavé de toutes mes blessures », rapporte un des sujets. À la suite de cela, les « âmes » iraient vers un port central. « C’est comme si nous partions tous d’un ruisseau et qu’ensuite, après la mort, nous étions tous attirés vers une grande rivière. [...] Nous sommes rassemblés dans un océan où nous tournoyons au ralenti », décrit un autre sujet. Les âmes seraient enfin comme aimantées vers « leur destination finale » : un regroupement avec leur « famille d’âmes ». « Je fus surpris d’entendre parler de l’existence de groupes d’âmes qui s’aident mutuellement dans leur démarche spirituelle. Je m’étais imaginé que les esprits se contentaient de flotter sans but après avoir quitté le plan terrestre », confesse le Dr Newton. Arriverait enfin le temps de se réincarner. Les âmes décideraient de leur future identité, choisiraient le lieu et le moment de leur nouvelle naissance sur terre. « Tout est confus, je glisse dans un long tube obscur, la sensation d’une caverne, ténèbres puis chaleur ! J’ai conscience d’être dans le ventre de ma mère. Je suis dans un bébé », témoigne un dernier sujet. Les recherches sur l’hypothèse de la réincarnation nous mettent face à des données étonnantes qu’il n’est pas aisé d’interpréter. Toutefois, les experts soulignent combien les souvenirs de « l’entre deux vies » sont concordants avec les récits rapportés par les personnes ayant vécu des expériences de mort imminente (EMI). Une cohérence globale semble émerger de ces deux champs d’étude. « Les similarités indiquent que les allégations faites par les enfants qui se souviennent de l’entre deux vies ont besoin d’être considérées comme faisant partie d’un même phénomène global qui comprend aussi les EMI », stipule le Dr Tucker. Serions-nous face à un phénomène universel – aussi décrit par de grandes traditions depuis des temps immémoriaux et sur tous les continents ?

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  • Le choix de l'âme

    Le choix de l’âme : Votre enfant vous a choisi

    Publié le 19/12/2014 à 06:18 par reikiland
    LE CHOIX DE L’ÂME : VOTRE ENFANT VOUS A CHOISI






    Plusieurs traditions spirituelles enseignent que l’âme de l’enfant choisit ses parents.

    Vous vous demandez peut être ce qu’il en est ou vous vous dites que si vous aviez pu choisir vos parents, vous n’auriez surement pas choisi les vôtres !

    En fait, il ne s’agit généralement pas d’un choix raisonné, intellectuel comme lorsque l’on choisit quelque chose sur un catalogue mais d’une sorte d’attraction électro magnétique.

    Le Docteur Christophe Massin, psychiatre et psychothérapeute, l’exprime ainsi dans son ouvrage « le bébé et l’amour » : « Une conscience non incarnée se sent invinciblement attirée par ce couple de parent, non sous leur forme physique, mais plutôt par l’énergie particulière qui se dégage de chacun d’eux, pour le meilleur et pour le pire »

    Cette attraction se fait à partir des vibrations, des émanations émises par les futurs parents et les liens karmiques peuvent jouer un rôle important.

    Ces liens karmiques nous amènent à retrouver les êtres avec qui nous pouvons avoir des conflits à pacifier ou avec qui nous avons eu une forte relation d'amour pour continuer à nous accompagner, nous soutenir ou accomplir quelque chose ensemble.

    L’âme est attirée par des parents dont elle sait qu’ils pourront stimuler l’expression de ses qualités et l’aider à exprimer ce qu’elle est venue vivre et accomplir.

    Souvent, l’âme choisit une qualité qu’elle souhaite plus particulièrement venir exprimer et /ou stimuler chez ses parents et son entourage, par exemple la compassion, le lâcher prise, la tolérance, l’amour universel.

    Chaque membre de notre famille est là pour nous aider à révéler, développer ou transcender un aspect de nous même.

    Si un proche nous fait vivre l'abandon par exemple,peut être que nous avons besoin de développer notre autonomie.

    Lorsqu'il y a conflit karmique, l'amour qui peut naturellement se développer au sein d'une famille notamment entre parents et enfants offre un terrain particulièrement favorable pour réparer et guérir ces relations.

    Le but ultime de ces retrouvailles d’âme est de nous ouvrir à l’amour sans aucune limitation, c’est-à-dire de nous aider à nous éveiller, nous s’entraider, nous respecter, nous aimer, sans attente, sans jugement, sans comparaison ni manipulation.

    La famille comme opportunité de retrouver et de guérir ses blessures karmiques

    Lorsqu’ une âme décide de revenir sur terre, elle rencontre ses Guides afin de définir ses choix d’incarnation, c’est-à-dire les facettes d’elle-même qu’elle souhaite expérimenter et développer, les leçons qu’elle a besoin d’apprendre et ce qu’elle choisit de venir guérir, créer, partager et accomplir dans la vie à venir.

    Le but premier de toutes les âmes qui s’incarnent est de parfaire leur évolution en apprenant à s’aimer, à reconnaitre et à exprimer pleinement leur lumière et leur essence divine.

    L’âme définit ce que j’appelle ses « objectifs prioritaires de guérison » par exemple dépasser sa tendance à se rejeter et donc à attirer le rejet, ne plus remettre son pouvoir aux autres, se libérer de la dépendance affective et développer l’amour d’elle-même. Elle choisit aussi la contribution unique qu’elle souhaite apporter à la terre : « son mandat d’incarnation », c’est-à-dire les talents qu’elle souhaite exprimer et offrir à l’humanité pour contribuer à son évolution, par exemple participer à l’élévation du niveau de conscience en enseignant, en guérissant, contribuer à la préserver la nature, créer de la beauté par des œuvres d’art …

    Cela se fait à un plan très élevé de conscience et cette décision se prend environ trois mois avant la fécondation.

    Elle choisit ainsi avec les conseils de ses Guides les parents et l’environnement les plus adaptés aux apprentissages et expériences qu’elle doit réaliser.

    Par exemple, Laurence que j’ai guidée dans une régression sur ses choix d’incarnation a compris qu’elle avait choisi des parents de deux religions différentes car un des objectifs majeurs de son âme dans cette incarnation était de développer sa tolérance.

    Souvent, l’âme choisit un environnement familial et social qui lui assure la rencontre de certaines difficultés qu’elle a à revivre afin de les transcender.

    Elle choisit les parents qui pourront faire émerger à la fois le meilleur d’elle-même et les parties plus sombres pour qu’elle puisse les conscientiser et s’en libérer.

    Au-delà des parents, l'âme est attirée par une lignée familiale avec ses forces et ses problématiques, un pays et un contexte historique.

    Quelques mots pour mieux comprendre ce processus : Lorsqu’un être termine une incarnation, il revoit la totalité de sa vie pour en faire le bilan. C’est d’ailleurs ce dont témoignent les gens qui vivent des expériences de mort imminentes (NDE ).

    Il se peut qu’il ai vécu des expériences douloureuses, par exemple d’abandon ou de trahison qu’il va accepter. Dans ce cas, il y a transmutation immédiate de la douleur.

    Et puis, il y a des expériences qu’il ne va pas accepter et dont il va tirer des jugements et des interprétations limitatives sur lui-même ou sur la vie. Par exemple, il a vécu une sensation de trahison très importante et va en conclure que plus jamais il ne pourra ouvrir son cœur et faire confiance.

    Comme le but de l’âme à son niveau le plus élevé c’est de s’aimer et de s’accepter quelle que soit l’expérience vécue, elle va retrouver le même type de difficulté dans une incarnation suivante pour avoir une nouvelle opportunité de rencontrer, d’accueillir et de dépasser cette blessure et les jugements associés.

    Lorsque l’âme fait ses choix d’incarnation, elle choisit les blessures karmiques qu’elle souhaite retrouver pour avoir une nouvelle opportunité de les transmuter.

    Cela signifie qu’en choisissant ces blessures elle sait qu’elle va attirer à elle de façon quasi magnétique les parents, les circonstances et les rencontres qui vont les réactiver.

    Par exemple une âme qui doit se libérer d'une blessure de rejet, sera attirée par des parents dont elle se sentira rejetée, comme des parents qui souhaitent un garçon alors que c’est une fille. Plus tard elle pourra être inconsciemment attirée par des partenaires dont elle se sentira rejetée. Une âme qui a besoin de guérir une blessure d'abandon sera "magnétiquement " attirée par des parents qui l'abandonneront ou qui seront peu présents, lui donnant le sentiment qu'elle est abandonnée. Même si ce n’est pas le cas, elle aura tendance à tout interpréter en fonction de ses blessures, c’est-à-dire que la moindre attitude ou parole un peu distante sera ressentie comme du rejet ou de l’abandon.

    Lorsque l’âme fait ses choix d’incarnation, elle n’est pas en contact avec ses mémoires karmiques, donc tout lui parait léger et facile.

    Totalement reliée à sa source divine, l’âme est confiante en ses capacités de réaliser son plan d’incarnation, de dépasser ses anciennes erreurs, d’apprendre ses leçons, de développer les qualités qu’elle a choisi de développer et d’accomplir ce qu’elle souhaite pour aider la terre. Elle sait que l’incarnation lui offre une puissante opportunité de d’expérimentation et de croissance. C’est au cours de sa descente dans l’incarnation qu’elle retrouve progressivement toutes ses limitations, c’est-à-dire la somme de toutes ses mémoires, croyances limitatives, et blessures non résolues.

    Plus l’âme descend vers les plans terrestres, plus elle quitte le sentiment d’unité qui prévaut dans les plans célestes pour entrer dans la dualité .Elle retrouve l’illusion qu’elle est séparée des autres et du divin. .Elle se sent de plus en plus lourde et oublie peu à peu qui elle est dans son essence divine. Cela soulève en elle beaucoup de peurs et de doutes, notamment la peur de de ne pas réussir son « mandat d’incarnation » et de perdre l’amour qui l’habite et le contact avec la lumière divine .Cela explique les résistances à l’incarnation qui peuvent surgir à ce moment-là.

    Certaines âmes ressentent au cours de cette « descente dans l’incarnation » qu’elles ne se sentent finalement pas suffisamment prête et décident de rebrousser chemin.
    De nombreuses fausses couches trouvent leur origine dans ce processus.

    Tout ce qui n’est pas accepté et guéri, va donc être reproduit par l’âme pour avoir une nouvelle opportunité de le transmuter. Les événements de notre vie vont stimuler nos blessures karmiques jusqu’à ce que nous nous en libérions. Nous attirons inévitablement ce qui est en résonnance avec notre blessure. Nous finissons ce que nous n’avons pas achevé, nous retrouvons les êtres avec lesquels une blessure est restée sans guérison et nous revivons des situations pour lesquelles nous étions restés sans solution. Ainsi ce que nous jugeons chez nos parents, c’est ce que l’âme a choisi de venir rencontrer et guérir en nous. Cela a l’avantage de permettre une meilleure compréhension de la blessure et des prises de conscience nécessaires à notre évolution.

    Quand un être s’affranchit d’une blessure karmique, il contribue à la libération de toute sa lignée familiale.

    Ainsi l’âme est attirée par des parents et par une lignée familiale avec des charges et des potentiels aptes à permettre son déploiement malgré les apparences.

    Votre enfant vous "choisit" donc autant pour vos qualités et vos forces que pour vos ombres et vos faiblesses. Ainsi, à défaut d'être de parfaits parents, vous serez les parents parfaits c'est à dire les plus appropriés pour votre enfant.

    Cette prise de conscience peut soulager bien des peurs et des culpabilités !

    Certaines âmes choisissent également des parents dont elles savent qu’elles pourront les aider à évoluer. C’est d’ailleurs de plus en plus le cas actuellement.

    Extrait du livre "vivre et transmettre le meilleur pendant sa grossesse"

    de Sophie Guedj Metthey
    Sophie Guedj Metthey est thérapeute et channel.
    Son site www.sophieguedjmetthey.com

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  • Parmi les étoiles...

    298739 milky way p

    J’avais douze ans. Je vivais en Bretagne. La maison de mes parents était au bord de la forêt et il suffisait que je traverse les bois pour arriver à la mer.

    Je passais beaucoup de temps dans la nature. Je l’aimais.

    François vivait dans les bois. Une petite maison en pierres que la Mairie lui prêtait. François était un Poilu. Il était parti à la guerre avec son frère et deux amis. Il était le seul à être revenu. Je ne sais pas quel âge il avait. Il m’emmenait dans les bois parfois, il ne marchait pas vite, il était au bout de sa vie. C’est comme ça qu’il disait.

    Je n’ai jamais oublié ce qu’il m’a dit un jour. On était assis sur un banc en pierres contre le mur de la maison. On écoutait la forêt.

    « Tu sais Thierry, quoi qu’il t’arrive, n’oublie jamais d’aimer la vie, de la remercier, de l’honorer. Quoi qu’il t’arrive ou même à ceux que tu aimes. Car si quelque chose de désagréable survient ou même de dramatique, à toi ou à ceux que tu aimes, n’oublie jamais que pour en ressentir les effets, il faut que tu aies bénéficié de ce miracle de la vie. Tu es vivant. »

    Un jour, j’ai trouvé les volets fermés.

    François était parti.

    J’ai souvent regardé les étoiles le soir. Parfois, je me levais dans la nuit et je cherchais François. Je savais bien que c’était ridicule pour certains mais moi il me plaisait de penser qu’il était là. Il m’est même arrivé de lui parler. Je lui ai dit que je n’oubliais pas de remercier la vie comme il me l’avait appris.

    François était très âgé.

    ……

    Renaud était beaucoup trop jeune pour disparaître.

    C’est insupportable, c’est même difficile à croire que c’est possible et lorsqu’on réalise que c’est arrivé, on s’en veut de finir par y croire.  

    On voudrait avoir perdu la raison plutôt que de s’avouer qu’on ne se trompe pas.

    J’aimais la douceur de son regard et l’énergie qui émanait de son corps. Une Présence très forte sans qu’aucune prétention n’en émane. J’avais été surpris la dernière fois que je l’avais vu. Il avait un corps d’homme, une force tranquille et joyeuse. Il restait pourtant dans son regard la candeur de l’enfance et j’avais été touché par cette osmose. Je m’étais dit qu’il respirait la joie de vivre.

     

    Alors que faire désormais ?

    Je continuerai à aimer la vie, comme Renaud l’aimait, à aimer la nature, comme Renaud l’aimait, à vénérer les Montagnes comme il le faisait.

     

    J’aurais aimé que Renaud en fasse autant si c’est moi qui avais disparu.

    Il n’y a pas d’autres possibilités. Nous nous devons d’aimer la vie comme ceux qui ont disparu auraient su le faire.

     

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  • Déstructuration du Moi

    http://www.psycho-facile.com/index.php?option=com_content&view=article&id=15&Itemid=230
    Le Moi se défend pour conserver son unité et son équilibre. La déstructuration du Moi provoque l’angoisse. Le Moi va se défendre afin de ne pas perdre son identité, ses valeurs, ses convictions, ses certitudes, etc.
     
    Le Moi va se défendre au moyen de mécanismes qui prendront un aspect individuel :
     
                - Le refoulement : (vu par P. Janet) Il est fondé sur l’existence d’un Surmoi. Refoulement de ses besoins de tendresse, de ses sentiments...
    19ème siècle : idéalisation de l’amour et refoulement de la sexualité.
    Aujourd’hui, refoulement de la créativité. Le milieu social peut empêcher la réalisation des talents artistiques, des aspirations, etc. Il provoque une grande perte d’énergie.
     
                - La formation réactionnaire : c’est un cas particulier de refoulement. Réaction en faisant le contraire (dû à la culpabilité).
     
                - La compensation : terme inventé par Adler. C’est un mécanisme destiné à contrebalancer un échec, une frustration dans un autre domaine. Les manques peuvent être compensés par une boulimie. Compensation d’une infirmité physique par une grande activité intellectuelle. La surcompensation est dangereuse. Compensation d’un sentiment d’infériorité par une mégalomanie.
     
                - L’annulation rétroactive : recherche l’annulation de ce qui a existé auparavant. Permet de se défaire de la culpabilité, de l’angoisse.
     
                - La projection : mécanisme pour lutter contre le sentiment de culpabilité. Attribution à autrui des traits de sa propre personnalité. La projection peut aboutir à un sentiment de persécution. Fait de projeter sa culpabilité sur l’autre pour s’en débarrasser.
     
                - L’introjection : fait de chercher à s’incorporer l’autre, de vouloir qu’il vive en nous. Evite la douleur et la frustration. Souvent le cas lors d’un deuil.
     
                - La fantasmatisation des pulsions : on fantasme les désirs que l’on ne peut s’offrir. On crée ainsi un monde imaginaire ce qui peut mener à la schizophrénie.
     
                - La substitution ou déplacement : on décharge sur quelque chose ou quelqu’un de l’agressivité que l’on ressent pour quelqu’un. Fait de transposer, de déplacer, de substituer.
     
                - La conversion : transposition involontaire d’une angoisse sur une partie de son corps. C’est le cas des maladies psychosomatiques. Un phénomène psychologique devient physique.
     
                - La cérébralisation : on n’exprime pas ce que l’on ressent, tout reste sur le plan intellectuel. Résistance à la montée des pulsions ce qui provoque un blocage affectif. Phénomène de rationalisation.
     
                - La régression : fait de revenir à un stade antérieur à l’évolution. Permet de se sécuriser. Provient d’une frustration.
     
                - Le déni du réel : refus de voir un fait réel tel qu’il est pour ne pas changer soi-même. Aboutit à la rigidité psychologique.
     
                - L’identification : normale chez l’enfant qui s’identifie à l’adulte car le Moi n’est pas encore constitué. On peut s’identifier à une personne, un parti, une idéologie, etc. Identification à des modèles. Peut aboutir au fanatisme. Un adulte doit avoir sa propre identité.
     
                - La sublimation ou idéalisation : la pulsion est orientée vers des buts sociaux ou altruistes.
     
    Tous les mécanismes de défense du Moi ne sont pas pathologiques, ils ne le sont que quand ils empêchent de vivre, de communiquer, etc. Tous ces mécanismes peuvent interagir entre eux. Il faut pouvoir se défaire des structures pour affirmer sa propre personnalité. Il faut pouvoir changer afin d’évoluer.

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  • Saint-Exupéry

    antoine-st-ex-partenaire

    Je hais mon époque de toutes mes forces. L’homme y meurt de soif.

    Lettre d’Antoine de Saint-Exupéry au général X

    Antoine de Saint Exupéry : mythe absolu de l’aviateur et de l’écrivain, auteur du Petit-Prince et de nombreux romans, est mort au combat le 31 juillet 1944. La veille, il écrit au général X et s’exprime avec une lucidité exceptionnelle sur la condition de l’homme moderne. Testament avant l’heure, cette lettre, déchirante à la lumière de son destin, parle étrangement et profondément de notre temps.

    30 juillet 1944

    Je viens de faire quelques vols sur P. 38. C’est une belle machine. J’aurais été heureux de disposer de ce cadeau-là pour mes vingt ans. Je constate avec mélancolie qu’aujourd’hui, à quarante trois ans, après quelques six mille cinq cents heures de vol sous tous les ciels du monde, je ne puis plus trouver grand plaisir à ce jeu-là. Ce n’est plus qu’un instrument de déplacement - ici de guerre. Si je me soumets à la vitesse et à l’altitude à mon âge patriarcal pour ce métier, c’est bien plus pour ne rien refuser des emmerdements de ma génération que dans l’espoir de retrouver les satisfactions d’autrefois.

    Ceci est peut-être mélancolique, mais peut-être bien ne l’est-ce pas. C’est sans doute quand j’avais vingt ans que je me trompais. En Octobre 1940, de retour d’Afrique du Nord où le groupe 2 - 33 avait émigré, ma voiture étant remisée exsangue dans quelque garage poussiéreux, j’ai découvert la carriole et le cheval. Par elle l’herbe des chemins. Les moutons et les oliviers. Ces oliviers avaient un autre rôle que celui de battre la mesure derrière les vitres à 130 kms à l’heure. Ils se montraient dans leur rythme vrai qui est de lentement fabriquer des olives. Les moutons n’avaient pas pour fin exclusive de faire tomber la moyenne. Ils redevenaient vivants. Ils faisaient de vraies crottes et fabriquaient de la vraie laine. Et l’herbe aussi avait un sens puisqu’ils la broutaient.

    Et je me suis senti revivre dans ce seul coin du monde où la poussière soit parfumée (je suis injuste, elle l’est en Grèce aussi comme en Provence). Et il m’a semblé que, toute ma vie, j’avais été un imbécile...

    Tout cela pour vous expliquer que cette existence grégaire au coeur d’une base américaine, ces repas expédiés debout en dix minutes, ce va-et-vient entre les monoplaces de 2600 chevaux dans une bâtisse abstraite où nous sommes entassés à trois par chambre, ce terrible désert humain, en un mot, n’a rien qui me caresse le coeur. Ça aussi, comme les missions sans profit ou espoir de retour de Juin 1940, c’est une maladie à passer. Je suis « malade » pour un temps inconnu. Mais je ne me reconnais pas le droit de ne pas subir cette maladie. Voilà tout. Aujourd’hui, je suis profondément triste. Je suis triste pour ma génération qui est vide de toute substance humaine. Qui n’ayant connu que les bars, les mathématiques et les Bugatti comme forme de vie spirituelle, se trouve aujourd’hui plongé dans une action strictement grégaire qui n’a plus aucune couleur.

    On ne sait pas le remarquer. Prenez le phénomène militaire d’il y a cent ans. Considérez combien il intégrait d’efforts pour qu’il fut répondu à la vie spirituelle, poétique ou simplement humaine de l’homme. Aujourd’hui nous sommes plus desséchés que des briques, nous sourions de ces niaiseries. Les costumes, les drapeaux, les chants, la musique, les victoires (il n’est pas de victoire aujourd’hui, il n’est que des phénomènes de digestion lente ou rapide) tout lyrisme sonne ridicule et les hommes refusent d’être réveillés à une vie spirituelle quelconque. Ils font honnêtement une sorte de travail à la chaîne. Comme dit la jeunesse américaine, « nous acceptons honnêtement ce job ingrat » et la propagande, dans le monde entier, se bat les flancs avec désespoir.

    De la tragédie grecque, l’humanité, dans sa décadence, est tombée jusqu’au théâtre de Mr Louis Verneuil (on ne peut guère aller plus loin). Siècle de publicité, du système Bedeau, des régimes totalitaires et des armées sans clairons ni drapeaux, ni messes pour les morts. Je hais mon époque de toutes mes forces. L’homme y meurt de soif.

    Ah ! Général, il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. On ne peut vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés, voyez-vous ! On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Rien qu’à entendre un chant villageois du 15ème siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi). Deux milliards d’hommes n’entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots.

    Tous les craquements des trente dernières années n’ont que deux sources : les impasses du système économique du XIXème siècle et le désespoir spirituel. Pourquoi Mermoz a-t-il suivi son grand dadais de colonel sinon par soif ? Pourquoi la Russie ? Pourquoi l’Espagne ? Les hommes ont fait l’essai des valeurs cartésiennes : hors des sciences de la nature, cela ne leur a guère réussi. Il n’y a qu’un problème, un seul : redécouvrir qu’il est une vie de l’esprit plus haute encore que la vie de l’intelligence, la seule qui satisfasse l’homme. Ca déborde le problème de la vie religieuse qui n’en est qu’une forme (bien que peut-être la vie de l’esprit conduise à l’autre nécessairement). Et la vie de l’esprit commence là où un être est conçu au-dessus des matériaux qui le composent. L’amour de la maison - cet amour inconnaissable aux Etats-Unis - est déjà de la vie de l’esprit.

    Et la fête villageoise, et le culte des morts (je cite cela car il s’est tué depuis mon arrivée ici deux ou trois parachutistes, mais on les a escamotés : ils avaient fini de servir) . Cela c’est de l’époque, non de l’Amérique : l’homme n’a plus de sens.

    Il faut absolument parler aux hommes.

    A quoi servira de gagner la guerre si nous en avons pour cent ans de crise d’épilepsie révolutionnaire ? Quand la question allemande sera enfin réglée tous les problèmes véritables commenceront à se poser. Il est peu probable que la spéculation sur les stocks américains suffise au sortir de cette guerre à distraire, comme en 1919, l’humanité de ses soucis véritables. Faute d’un courant spirituel fort, il poussera, comme champignons, trente-six sectes qui se diviseront les unes les autres. Le marxisme lui-même, trop vieilli, se décomposera en une multitude de néo-marxismes contradictoires. On l’a bien observé en Espagne. A moins qu’un César français ne nous installe dans un camp de concentration pour l’éternité.

    Ah ! quel étrange soir, ce soir, quel étrange climat. Je vois de ma chambre s’allumer les fenêtres de ces bâtisses sans visages. J’entends les postes de radio divers débiter leur musique de mirliton à ces foules désœuvrées venues d’au-delà des mers et qui ne connaissent même pas la nostalgie.

    On peut confondre cette acceptation résignée avec l’esprit de sacrifice ou la grandeur morale. Ce serait là une belle erreur. Les liens d’amour qui nouent l’homme d’aujourd’hui aux êtres comme aux choses sont si peu tendus, si peu denses, que l’homme ne sent plus l’absence comme autrefois. C’est le mot terrible de cette histoire juive : « tu vas donc là-bas ? Comme tu seras loin » - Loin d’où ? Le « où » qu’ils ont quitté n’était plus guère qu’un vaste faisceau d’habitudes.

    Dans cette époque de divorce, on divorce avec la même facilité d’avec les choses. Les frigidaires sont interchangeables. Et la maison aussi si elle n’est qu’un assemblage. Et la femme. Et la religion. Et le parti. On ne peut même pas être infidèle : à quoi serait-on infidèle ? Loin d’où et infidèle à quoi ? Désert de l’homme.

    Qu’ils sont donc sages et paisibles ces hommes en groupe. Moi je songe aux marins bretons d’autrefois, qui débarquaient, lâchés sur une ville, à ces noeuds complexes d’appétits violents et de nostalgie intolérable qu’ont toujours constitués les mâles un peu trop sévèrement parqués. Il fallait toujours, pour les tenir, des gendarmes forts ou des principes forts ou des fois fortes. Mais aucun de ceux-là ne manquerait de respect à une gardeuse d’oies. L’homme d’aujourd’hui on le fait tenir tranquille, selon le milieu, avec la belote ou le bridge. Nous sommes étonnamment bien châtrés.

    Ainsi sommes-nous enfin libres. On nous a coupé les bras et les jambes, puis on nous a laissé libres de marcher. Mais je hais cette époque où l’homme devient, sous un totalitarisme universel, bétail doux, poli et tranquille. On nous fait prendre ça pour un progrès moral ! Ce que je hais dans le marxisme, c’est le totalitarisme à quoi il conduit. L’homme y est défini comme producteur et consommateur, le problème essentiel étant celui de la distribution. Ce que je hais dans le nazisme, c’est le totalitarisme à quoi il prétend par son essence même. On fait défiler les ouvriers de la Ruhr devant un Van Gogh, un Cézanne et un chromo. Ils votent naturellement pour le chromo. Voilà la vérité du peuple ! On boucle solidement dans un camp de concentration les candidats Cézanne, les candidats Van Gogh, tous les grands non-conformistes, et l’on alimente en chromos un bétail soumis. Mais où vont les Etats-Unis et où allons-nous, nous aussi, à cette époque de fonctionnariat universel ? L’homme robot, l’homme termite, l’homme oscillant du travail à la chaîne système Bedeau à la belote. L’homme châtré de tout son pouvoir créateur, et qui ne sait même plus, du fond de son village, créer une danse ni une chanson. L’homme que l’on alimente en culture de confection, en culture standard comme on alimente les boeufs en foin.

    C’est cela l’homme d’aujourd’hui.

    Et moi je pense que, il n’y a pas trois cents ans, on pouvait écrire La Princesse de Clèves ou s’enfermer dans un couvent pour la vie à cause d’un amour perdu, tant était brûlant l’amour. Aujourd’hui bien sûr les gens se suicident, mais la souffrance de ceux-là est de l’ordre d’une rage de dents intolérable. Ce n’a point à faire avec l’amour.

    Certes, il est une première étape. Je ne puis supporter l’idée de verser des générations d’enfants français dans le ventre du moloch allemand. La substance même est menacée, mais, quand elle sera sauvée, alors se posera le problème fondamental qui est celui de notre temps. Qui est celui du sens de l’homme et auquel il n’est point proposé de réponse, et j’ai l’impression de marcher vers les temps les plus noirs du monde.

    Ca m’est égal d’être tué en guerre. De ce que j’ai aimé, que restera-t-il ? Autant que les êtres, je parle des coutumes, des intonations irremplaçables, d’une certaine lumière spirituelle. Du déjeuner dans la ferme provençale sous les oliviers, mais aussi de Haendel. Les choses. je m’en fous, qui subsisteront. Ce qui vaut, c’est certain arrangement des choses. La civilisation est un bien invisible puisqu’elle porte non sur les choses, mais sur les invisibles liens qui les nouent l’une à l’autre, ainsi et non autrement. Nous aurons de parfaits instruments de musique, distribués en grande série, mais où sera le musicien ? Si je suis tué en guerre, je m’en moque bien. Ou si je subis une crise de rage de ces sortes de torpilles volantes qui n’ont plus rien à voir avec le vol et font du pilote parmi ses boutons et ses cadrans une sorte de chef comptable (le vol aussi c’est un certain ordre de liens).

    Mais si je rentre vivant de ce « job nécessaire et ingrat », il ne se posera pour moi qu’un problème : que peut-on, que faut-il dire aux hommes ?

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