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  • René Vautier : Cinéaste combattant.

    Résistant sous l'occupation, emprisonné pour son premier film, passé du côté du FLN pendant la guerre d'Algérie, membre du groupe Medvedkine après mai 1968, défenseur de l'autonomie bretonne, le cinéaste René Vautier est mort le 4 janvier en Bretagne. Il avait 86 ans.

    Le grand public a pris conscience de son existence en 1972, lorsque Avoir vingt ans dans les Aurès a été présenté à Cannes, à la Semaine de la critique. Le film racontait la désertion d'un soldat français en Algérie qui refusait l'exécution sommaire d'un prisonnier algérien. Mais ce n'est pas l'histoire de René Vautier. Il a passé le conflit algérien de l'autre côté, son itinéraire l'ayant porté depuis longtemps dans le camp des colonisés.

    Né le 15 janvier 1928 à Camaret, dans le Finistère, ce fils d'ouvrier rejoint la Résistance en 1943. Après la guerre, il suit les cours de l'IDHEC et adhère au parti communiste. En 1950, la Ligue de l'enseignement le charge de réaliser un film sur l'éducation française en Afrique subsaharienne. Vautier détourne la commande et évoque une réalité méconnue : le travail forcé, les violences des autorités coloniales contre les populations entre la Côte d'Ivoire et le Mali. Le film qu'il rapporte de ce que l'on appelait alors l'A.O.F., Afrique 50, est non seulement censuré (il le restera quarante ans), mais vaut à son auteur une condamnation à un an de prison, exécutée dans les prisons militaires.

    UN FOCUS SUR L'ALGÉRIE

    Au moment du déclenchement du conflit algérien, René Vautier part pour l'Afrique du Nord, d'abord pour la Tunisie, où il tourne deux courts métrages avant de gagner l'Algérie, aux côtés de maquis du FLN. Il y tourne deux documentaires, Une nation, l'Algérie, aujourd'hui perdu et L'Algérie en flammes. Cette collaboration lui vaut d'être poursuivi par les autorités françaises et René Vautier reste en exil jusqu'en 1966.

    Peu après son retour en France, il rejoint en 1967 le groupe Medvedkine formé à Besançon autour de Chris Marker. Cette coopérative destinée à donner une image cinématographique des luttes ouvrières inspire René Vautier qui s'établit finalement en Bretagne où il fonde l'Unité de production cinématographique de Bretagne.

    C'est dans ce cadre qu'il produit ses deux longs métrages de fiction Avoir vingt ans dans les Aurès et La Folle de Toujane (1973). D'Avoir vingt ans, Louis Marcorelles dira dans ces colonnes qu'il s'agit du « film le plus libre, le moins conformiste que nous ayons vu en France depuis longtemps ». Le cinéaste tourne aussi des documentaires sur les luttes ouvrières Quand tu disais Valéry (1975) ou Quand les Femmes ont pris la colère (1976) coréalisé avec Soazig Chappedelaine.

    En 1972, René Vautier entre en grève de la faim après que le refus d'un visa d'exploitation pour le film Octobre à Paris, réalisé par Jacques Panijel après le massacre des manifestants algériens à Paris le 17 octobre 1961. Vautier voulait enfin sortir le film à travers sa société de distribution, et ne cesse sa grève qu'après avoir reçu du ministre de la culture de l'époque, Jacques Duhamel, l'assurance que les critères politiques n'entreront plus en ligne de compte dans les décisions de la commission de contrôle cinématographique.

    En 1981, l'UPCB ferme, faute de financement, mais René Vautier ne cesse pas pour autant de tourner, des films sur les essais nucléaires dans le Pacifique, sur l'immigration, sur la Résistance. En 1985, lors du procès qui oppose Le Canard enchaîné à Jean-Marie Le Pen au sujet des tortures infligées par ce dernier pendant la guerre d'Algérie, l'hebdomadaire produit le témoignage d'une des victimes du lieutenant Le Pen, Ali Rouchaï que le cinéaste a tourné à Alger. René Vautier est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages dont Caméra citoyenne - Mémoires, publié en 1988.

    Lire notre interview avec René Vautier datant de 2007 : "Je filme ce que je vois, ce que je sais, ce qui est vrai"


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2015/01/04/mort-du-cineaste-francais-rene-vautier_4549027_3382.html#9I6xxUPA85kWeu5D.99

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  • Charles Robin : Peur et culpabilité

    Sur la culpabilité et le mécanisme de la peur.

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  • Les Recteurs et les primes (école)

    Recteurs : revenir à la Raison

     

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    Les syndicats d’enseignants demandent l’annulation de la revalorisation de la prime annuelle des Recteurs d’Académie qui passe de 15 200 euros à 25 620 euros (presque un doublement de la somme) et encore, il ne s’agit là que de la part fixe de cette prime. Cela correspond à un bond de 68% pour ce que l’on ose appeler une « indemnité de responsabilité ».

    J’ai envie de commenter cette situation.

    Il y a un certain nombre de mois, Vincent PEILLON était Ministre de l’Education nationale et comme je multipliais les questions dérangeantes, il avait chargé la Rectrice d’Académie d’alors de me rencontrer. Celle-ci m’avait invité à déjeuner et j’ai été stupéfait de constater que j’étais reçu dans un hôtel particulier mis à sa disposition, servi par du personnel de maison et que lorsque nous nous sommes quittés, la Rectrice ayant un rendez vous à l’extérieur a pris la voiture de fonction mise à sa disposition et conduite par un chauffeur.

    Dans les mois qui viennent de s’écouler, j’ai vu s’accumuler les raisons de me plaindre de l’absence sur le terrain du Recteur, de sa méconnaissance des problèmes et du mépris qu’il peut avoir vis-à-vis des élus locaux, des parents d’élèves et des enseignants.

    Pour la reconfiguration de la carte des Zones d’Education Prioritaire, la Ministre Najat VALLAUD-BELKACEM nous a dit à l’Assemblée Nationale à plusieurs reprises que les Recteurs étaient chargés de rencontrer les Députés pour les concerter. Nous sommes un certain nombre à avoir dit à la Ministre que la réalité était toute autre. Pour ce qui me concerne, l’Inspecteur d’Académie est venu me rencontrer pour m’informer des décisions qui étaient prises. J’ai tenté d’interpeller à plusieurs reprises le Recteur très officiellement. Il m’a été impossible de le rencontrer. Il s’est contenté de m’écrire une lettre de réponse négative vis-à-vis de ma demande au bout de trois mois, expéditive et basée sur aucun argument sérieux. Contrairement aux consignes de la Ministre, le recteur n’a absolument pas concerté les Députés et encore moins les Maires.

    La Ministre a annoncé une politique volontariste en direction de la formation par l’apprentissage. La Ville de Tomblaine organisera début mai un grand forum de promotion de l’apprentissage. J’ai écrit plusieurs fois au Recteur pour lui demander son soutien auprès des établissements scolaires (il s’agissait juste de relayer l’information pour cautionner notre démarche). Le Recteur ne m’a jamais répondu.

    J’ai interpellé plusieurs fois le Recteur par écrit sur le fait qu’il appartient à l’Education nationale de prendre en charge le coût des AVS qui accompagnent des enfants handicapés pendant le temps périscolaire. Jamais le Recteur ne m’a répondu alors même que la Ministre de l’Education nationale lui avait demandé d’étudier cette situation très particulière 

    Nous sommes dans un contexte très populiste où il est de bon ton de dire que les collectivités locales dépensent beaucoup d’argent public, que les fonctionnaires coûtent cher et seraient des nantis. Tout cela est faux. Dans les communes, une majorité des fonctionnaires sont des travailleurs pauvres. Le gel du point d’indice depuis 2010 produit aujourd’hui malheureusement les effets redoutés et les débuts de carrière sont particulièrement touchés.

    A l’heure où les RASED sont encore démantelés, à l’heure où l’Education nationale refuse de prendre en charge des AVS, à l’heure où on ferme encore des écoles, il est urgent de reconsidérer les salaires et avantages des Recteurs d’Académie, de revenir à la Raison et de considérer cela eu égard aux responsabilités réelles qui sont les leurs. 

     Hervé Féron, maire de Tomblaine et Député de Meurthe et Moselle.

    http://herveferon.fr/index.php/l-actualite-ici-et-la/actualite/1424-recteurs-revenir-a-la-raison

     


     

  • Pas le moral (politique)

    Il faudrait connaître l'énoncé des questions qui ont été posées car si on imagine que cela concerne la croissance, le pouvoir d'achat, l'insécurité, le chômage, et tout ce qui avec l'idée de croissance, les réponses sont évidemment négatives.

    Il faudrait aussi connaître le panel de population choisie. Car si on s'en tient aux individus "insérés" dans un paradigme de croissance, là encore les réponses sont inévitablement négatives.....

     

    Imaginons maintenant que ce questionnaire soit proposé à des individus engagés dans une voie de recherche personnelle, une dimension existentielle, une quête libérée des objectifs consuméristes et marchands. Les réponses ne seront pas les mêmes car ces individus sont impliqués dans une prise en charge de leur existence et les effets de la crise économique ne font que renforcer leur engagement, leur motivation, leur détermination. Les réponses ne seront pas les mêmes.......

     

    Rien n'est plus facile qu'un sondage "dirigé"....


     

     

    Le moral des Français au plus bas depuis 1995

    par 
    le 03 janvier 2015 à 21h43 , mis à jour le 03 janvier 2015 à 21h55.
    TEMPS DE LECTURE
    3min
    Image d'archives
     

    Image d'archives / Crédits : Photodisc/Digital Vision/Thinkstock

     
    NOTRE SOCIÉTÉMoins de trois Français sur 10 se disent optimistes quant à leur avenir. C'est le "niveau le plus bas jamais atteint depuis le lancement du baromètre en 1995, selon un sondage Ifop pour Ouest-France à paraître dimanche.
     
    Malgré toutes les résolutions prises pour la nouvelle année, ce n'est pas le sondage qui va remonter le moral des Français. Selon l'Ifop pour Dimanche Ouest-France, leur moral est au plus bas depuis 1995. En décembre 2014, les sondés n'étaient que 29% à se dire optimistes.


    A la question "En pensant à l'avenir, pour vous et vos enfants, diriez-vous que vous êtes très optimiste, plutôt optimiste, plutôt pessimiste ou très pessimiste ?", 26% se disent "plutôt optimistes", 3% "très optimistes", tandis que 71% se déclarent pessimistes (45% "plutôt pessimistes" et 26% "très pessimistes").

    Le pessimisme l'emporte dans toutes les générations. Les 18-24 ans se montrent néanmoins un peu plus confiants en l'avenir (41%) tout comme les cadres supérieurs (43%). Les ouvriers sont à l'autre bout de l'échelle (28%) tout comme les 65 ans et plus (24%) et les professions intermédiaires (27%).

    Une défiance envers le gouvernement à son paroxysme

     

    Sur le sondage réalisé en décembre 2014, le taux d'optimistes enregistre ainsi une chute de 14 points par rapport à août dernier (43%), même si les enquêtes de l'Ifop réalisées deux fois par an sur cette question ont mis en évidence "un effet de saisonnalité", le moral hivernal étant très souvent en retrait par rapport au moral estival. A 29%, c'est néanmoins le niveau "le plus bas depuis le lancement" de ce baromètre lancé en février 1995. Il faut remonter à août 2005 pour approcher ce résultat (30% d'optimistes).

    L'Ifop relève par ailleurs que "la défiance à l'égard du gouvernement dans de nombreux domaines est à son paroxysme". 22% seulement des personnes interrogées lui font confiance pour la lutte contre la pauvreté, 16% pour la lutte contre le chômage, 14% pour l'augmentation du pouvoir d'achat, 13% pour la baisse des impôts. Les résultats sont moins médiocres pour la lutte contre l'insécurité (41% de confiance), la protection de l'environnement (39%) et l'intégration des personnes issues de l'immigration (36%).

    Les sympathisants du Parti socialiste restent les plus optimistes (49%), très loin devant ceux du Front National (10%).

    Sondage réalisé par téléphone du 19 au 20 décembre 2014 auprès d'un échantillon de 978 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.  

     
     

     

     

  • Les lois (politique)

    "Pour être "juste", suffit-il d'obéir aux lois de son pays ?

    Les lois fixent ce qui est permis et ce qui est autorisé, en permettant ainsi à chacun de trouver la limite du raisonnable de ses actions. Si nous obéissions tous aux lois de notre pays, il n'y aurait plus besoin de tribunaux et la justice serait spontanément effective.

    On peut toutefois se demander si cette position première n'abrite pas un présupposé fort contestable, consistant à identifier la légalité et la justice. En effet, ce n'est pas parce qu'une loi est fixée dans un code qu'elle est "juste". Si un texte préconisait la ségrégation raciale, celle-ci ne serait pas acceptable pour autant. 

    Les lois ne peuvent donc pas se substituer à la conscience morale."

    Christophe Verselle.


     

    D'autre part, on voit bien à longueur d'années que les lois sont facilement "modulables" et leur application très variable selon les individus. Il suffit pour les Puissants de se payer les sevices de cabinets d'avocats pour détourner impunément les lois à leur avantage. La liste des individus concernés est bien trop longue pour tenir sur une page de ce blog.......

     

    Qu'en est-il lorsqu'une loi ou un "décret" (qui n'a pas besoin d'être validé par le Parlement) va à l'encontre des idéaux de l'individu ? 

    Á chacun et chacune d'y répondre....

  • Vivre hors réseaux (simplicité volontaire)

    La même interdiction est en train de se développer en France. Il sera dans quelques temps totalement interdit de vivre en camion aménagé, en mobil home, en yourte, toute forme d'habitation non connectée aux réseaux payants. 

     

     

    La Floride rend la vie hors réseau illégale

     

    La Floride rend la vie hors réseau illégale : toutes les maisons doivent être raccordées au réseau électrique et à l’eau

    Robin Speronis vit hors réseau en Floride, complètement indépendante de l’eau de la ville et du réseau électrique. Il y a quelques semaines, les fédéraux l’ont exclue de sa maison hors filière illégale. Les fédéraux ont cité The International Property Maintenance Code, qui exige que les maisons soient raccordées à un réseau électrique et à une source d’eau courante.

     

    hors réseau

    Robin Speronis pendant l’ interview.

    Cela revient à dire que notre dépendance aux sociétés n’est même pas un choix. Le choix de vivre sans la plupart des services publics se poursuit pour Robin, cette femme auto-suffisante a vécu pendant plus d’un an et demi en utilisant l’énergie solaire, un poêle au propane de camping, et de l’eau de pluie.

    Finalement, elle a été déclarée non coupable de ne pas avoir d’égout ou de système électrique, mais coupable de ne pas être raccordée à un approvisionnement en eau qui a été approuvé.

    Speronis est toujours harcelée par la municipalité de Cape Coral pour ne pas être raccordée à l’eau de la ville, ni aux eaux usées.

    Est-ce vraiment illégal de vivre hors réseau ?

    En grande partie oui. Vivre hors du réseau signifie ne pas se raccorder aux entreprises ou aux services publics municipaux. Si une municipalité déclare qu’il est illégal de se déconnecter de tout service, cela rend donc la vie hors réseau illégale en grande partie.

    « Cela signifie vivre de façon autonome, vivre indépendamment des sociétés de services publics. Vous fournir votre propre énergie. Cela ne signifie pas vivre à l’age de pierre, il ne s’agit pas des techniques de brousse. Il s’agit de générer votre propre énergie, votre propre eau, et de traiter vos propres déchets. C’est aussi être plus autonome et moins dépendant du système. Il faudrait peut-être se rendre compte que le système ne nous protège plus vraiment et que nous devrions prendre soin de nous. » George Noory

    Explorer notre potentiel au-delà du réseau

    Notre potentiel en tant que race humaine est tout à fait extraordinaire, nous ne nous en rendons pas compte. Lorsqu’on parle de mode de vie durable il ne s’agit pas d’adopter un certain style de vie. Nous pouvons encore avoir tout le confort moderne, la décoration … Nous avons simplement besoin de revoir notre logement différemment.

    Un problème potentiel avec la vie hors réseau, est que les sociétés vont perdre leur capacité à contrôler les autres avec leur service. C’est ce genre d’accord politique et corporatif qui cause des problèmes aux gens comme Speronis.

    «Une des plus tristes leçons de l’histoire est la suivante: Si nous avons été dupes pendant assez longtemps, nous avons tendance à rejeter toute la preuve de l’embobinement. Nous ne sommes plus intéressés à découvrir la vérité. L’arnaque nous a capturés. Il est tout simplement trop douloureux de reconnaître – même pour nous – que nous avons été si crédules. Une fois que vous donnez le pouvoir à un charlatan sur vous, vous ne pouvez quasiment jamais le récupérer. »- Carl Sagan

     

    S’éloigner de la dépendance

    La race humaine n’a pas besoin de dépendre de ces sociétés pour les besoins de base de la façon dont nous en dépendons maintenant. Pendant que nous continuons à nourrir cette dépendance, la planète continue à souffrir. Pour allez de l’avant, nous devons commencer à nous entraider, et à réaliser à quel point nous sommes capables de créer quelque chose que nous pouvons tenir entre nos mains et le faire de façon durable. Nous ne pouvons pas attendre que ces sociétés trouvent des solutions car elles le feront certainement à but lucratif.

    Une autre affaire similaire

    Plus tôt cette année, l’État du Texas a amené plusieurs équipes d’intervention dans une communauté durable et a menacé de la fermer. Tous les membres ont été initialement menottés avec des armes pointées sur eux. Elle s’appelait « La Communauté du Jardin d’Eden », et était totalement autonome. Vous pouvez en lire plus à ce sujet ici.

    Sources:

    http://america.aljazeera.com/watch/shows/the-stream/the-stream-officialblog/2014/2/25/florida-court-challengesoffthegridliving.html

  • Stratégies de manipulation (1)

     

    Rien n'est fait par hasard, tout est clairement planifié et le temps nécessaire à l'application des directives n'a pas d'importance. Rockfeller le disait lui-même : "Ce qui m'importe, c'est de faire en sorte que ma fortune grandisse et que mes descendants l'accroissent encore. Rien d'autre."

    Le système s'entretient, se lègue. Un cercle restreint d'initiés. Dans ce cloaque pestilentiel, les Politiciens sont des vassaux et les Suzerains vivent dans l'ombre.

     

     Affaiblissement des états et du pouvoir politique. Déréglementation. Privatisation des services publics.

     Désengagement total des états de l'économie, y compris des secteurs de l'éducation, de la recherche, et à terme de la police et de l'armée, destinés à devenir des secteurs exploitables par des entreprises privées.

     Endettement des états au moyen de la corruption, des travaux publics inutiles, des subventions données aux entreprises sans contrepartie, ou des dépenses militaires. Lorsqu'une montagne de dettes a été accumulée, les gouvernements sont contraints aux privatisations et au démantèlement des services publics. Plus un gouvernement est sous le contrôle des "Maîtres du Monde", et plus il fait augmenter la dette de son pays.

     Précarisation des emplois et maintien d'un niveau de chômage élevé, entretenu grâce aux délocalisations et à la mondialisation du marché du travail. Ceci accroît la pression économique sur les salariés, qui sont alors prêts à accepter n'importe quel salaire ou conditions de travail.

     Réduction des aides sociales, pour accroître la motivation du chômeur à accepter n'importe quel travail à n'importe quel salaire. Des aides sociales trop élevées empêchent le chômage de faire pression efficacement sur le marché du travail.

     Empêcher la montée des revendications salariales dans le Tiers-Monde, en y maintenant des régimes totalitaires ou corrompus. Si les travailleurs du Tiers Monde étaient mieux rémunérés, cela briserait le principe même des délocalisations et du levier qu'elles exercent sur le marché du travail et la société en occident. Ceci est donc un verrou stratégique essentiel qui doit être préservé à tout prix. La fameuse "crise asiatique" de 1998 a été déclenchée dans le but de préserver ce verrou.

    http://www.syti.net/Topics2.html

    Un texte écrit en 1998 sur Syti.net.

     

  • Discours du Pape François

    J'avais déjà été frappé par l'engagement et la force des propos de ce Pape. Son discours "aux mouvements populaires" me conforte dans cette impression.

    Remarquable discours.


    http://ccfd-terresolidaire.org/infos/eglise/le-discours-decapant-du-4808

    Le discours décapant du Pape aux mouvements populaires

    Du 27 au 29 octobre, le Vatican accueillait la rencontre mondiale des mouvements populaires pour discuter des problèmes de l’exclusion et de la pauvreté dans la société d’aujourd’hui. Le discours final du pape a frappé les esprits par son franc parler et un encouragement sans précédent à la lutte des mouvements populaires

    Du 27 au 29 octobre, le Vatican a accueilli pour la première fois une rencontre mondiale des mouvements populaires pour discuter des problèmes de l’exclusion et de la pauvreté dans la société d’aujourd’hui. Pour en parler, ni l’ONU, ni des ONG, mais des représentants de petits paysans, de pêcheurs, de migrants, d’habitants de bidonvilles, de chiffonniers venus du monde entier et de toutes religions. Pour le pape, ils sont les premiers concernés par la pauvreté et c’est en tant qu’acteur qu’il faut les écouter : « Les pauvres ne subissent pas seulement l’injustice mais ils luttent aussi contre elle ! » a-t-il souligné.

    Au total une centaine de mouvements populaires se sont donc rassemblés pour l’occasion. Parmi eux, au moins quatre représentants des partenaires latino américains du CCFD-Terrre solidaire : Victor Hugo Lopez de Frayba au Mexique, Joel Suarez du Centre Martin Luther King à Cuba, Osvaldo León de Agence Latino Amércaine de l’Information (ALAI), et João Pedro Stedile du Mouvement des Sans terre brésilien. Leurs témoignages sur cette rencontre seront à retrouver dans le numéro de FDM à paraitre en avril 2015. 30 évêques qui ont des liens forts avec le travail social et les mouvements populaires dans leur diocèse y assistaient également. Ainsi que le populaire président bolivien Evo Morales, qui vient d’être réélu pour un troisième mandat à la tête de son pays dès le premier tour.

    C’est la première fois dans l’histoire de l’Eglise qu’un Pape convoque des leaders de mouvements sociaux à une rencontre de trois jours : "Il est intéressant de noter qu’auparavant, les Papes invitaient et convoquaient des chefs d’entreprise, des banquiers, etc… pour discuter de la conjoncture internationale, de la pauvreté ou de la justice sociale. Or le Pape François, conformément à son option préférentielle pour les pauvres, veut écouter leurs représentants, ce qui marque un changement considérable au niveau des interlocuteurs de l’Eglise catholique. " note un observateur.

    Nous voulons que votre voix soit entendue

    « Vous avez les pieds dans la boue et les mains dans la chair. Vous sentez le quartier, le peuple, la lutte ! Nous voulons que votre voix qui en général est peu entendue, soit entendue. Peut-être parce qu’elle dérange, peut-être parce que votre cri gêne, peut-être parce qu’on a peur du changement que vous exigez, mais, sans votre présence, (…)les bonnes propositions et les bons plans dont nous entendons souvent parler dans les conférences internationales restent dans le domaine de l’idée", a commencé le pape dans un style percutant.
    Les pauvres, rappelle François, «  ne se contentent pas de promesses illusoires, d’excuses ou d’alibis. Ils n’attendent pas non plus, les bras croisés, l’aide des ONG, des plans d’aide ou des solutions qui ne viennent jamais ou, si elles viennent, arrivent de telle façon qu’elles vont dans un sens qui est d’anesthésier ou de domestiquer, ce qui est plutôt dangereux. ». Pour le pape, les pauvres ont une expérience particulière à apporter, celle de « cette solidarité très spéciale qui existe entre ceux qui souffrent, entre les pauvres, et que notre civilisation semble avoir oubliée, ou au moins a très envie d’oublier. »
    Pour le pape, la solidarité, entendue dans son sens le plus profond, "est une manière de faire l’histoire, et c’est cela que font les mouvements populaires." Sans misérabilisme, il voit dans ces mouvements « le vent de la promesse qui ravive l’espoir d’un monde meilleur. Mon désir est que ce vent se transforme en un ouragan d’espérance. »

    Une terre, un toit, un travail

    Le pape n’invite pas seulement les mouvements populaires pour les écouter, mais aussi, pour trouver des moyens par lesquels ces mouvements peuvent unir leurs efforts et coordonner leurs luttes pour la justice.
    Pour lui cette rencontre correspond à la recherche de ce que n’importe quel parent voudrait pour ses enfants : une terre, un toit et un travail. « C’est étrange, mais si j’en parle, certains disent que le Pape est communiste. » ironise-t-il. « Ils ne comprennent pas que l’amour des pauvres est au cœur de l’Evangile. Une terre, un toit et un travail, ce pour quoi vous luttez, sont des droits sacrés. Exiger cela n’est pas du tout étrange, c’est la doctrine sociale de l’Eglise. » défend-il.
    Non seulement le pape dénonce l’accaparement des terres, la déforestation, l’appropriation de l’eau, les pesticides inadéquats, qui arrachent l’homme à sa terre natale. Mais aussi la spéculation financière « qui conditionne le prix des aliments, en les traitant comme n’importe quelle marchandise, et font que des millions de personnes souffrent et meurent de faim. Par ailleurs, des tonnes de nourriture sont jetées. Ceci est un véritable scandale. La faim est un crime, l’alimentation est un droit inaliénable. » scande-t-il avec une conviction dans laquelle ne manqueront pas de se retrouver tous les militants du CCFD-Terre Solidaire.

    La culture du déchet

    Refusant tout fatalisme, le pape fustige la société de consommation et sa « culture du déchet » qui sont aussi des choix économiques. « Le chômage des jeunes, le travail informel et le manque de droits des travailleurs ne sont pas inévitables, ils résultent d’une option sociale antérieure, d’un système économique qui place le profit au-dessus de l’homme ; si le profit est économique, le mettre au-dessus de l’humanité ou au-dessus de l’homme, c’est l’effet d’une culture du déchet qui considère l’être humain en lui-même comme un bien de consommation, qui peut être utilisé et ensuite jeté ».
    Le pape interroge nos modes de vie et notre urbanité : «  Nous vivons dans des villes qui construisent des tours, des centres commerciaux, s’engagent dans des affaires immobilières, mais qui abandonnent une partie d’elles-mêmes en marge, dans les périphéries. » Jusqu’à se faire prophète, car « lorsque la personne est déplacée et qu’arrive à sa place le dieu de l’argent, il y a cette inversion des valeurs. »

    A venir, une encyclique prometteuse sur l’écologie

    Remerciant Via Campesina pour sa contribution en vue de son encyclique sur l’écologie, le pape, se référant à Saint François, évoque la « Terre mère » et la nécessité d’élever la voix pour la défendre.
    Ses mots sont sans concession pour critiquer « Un système économique centré sur le dieu de l’argent, qui a aussi besoin de saccager la nature pour soutenir le rythme effréné de consommation qui lui est inhérent. Il avertit : « Frères et sœurs : la création n’est pas une propriété, dont nous pouvons disposer selon notre plaisir ; et c’est encore moins la propriété de certains, de quelques-uns. La création est un don, elle est un cadeau, un don merveilleux que Dieu nous a fait pour que nous en prenions soin et l’utilisions. »

    Un programme d’action révolutionnaire

    Si les propos du pape peuvent paraitre détonants, il rappelle qu’il n’invente rien et puise sa source directement dans les Évangiles et la doctrine sociale de l’Eglise : 
    "Nous, chrétiens, avons quelque chose de très beau, une ligne d’action, un programme, nous pourrions dire révolutionnaire. Je vous recommande vivement de le lire, de lire les Béatitudes qui sont dans le chapitre 5 de Saint Matthieu et 6 de Saint Luc 6 (cf. Matthieu 5, 3 et Luc 6,20) et de lire le passage de Matthieu 25. Je l’ai dit aux jeunes à Rio de Janeiro, avec ces deux choses ils ont le programme d’action."
    Alors que les mouvements sociaux suscitent encore la méfiance de beaucoup de catholiques, le pape porte sur eux un regard résolument novateur, et les considère comme une chance pour les démocraties : "Les mouvements populaires expriment le besoin urgent de revitaliser nos démocraties, si souvent détournées par d’innombrables facteurs. Il est impossible d’imaginer un avenir pour la société sans la participation active des grandes majorités et qui dépasse les procédures logiques de la démocratie formelle. La perspective d’un monde de paix et de justice durable nous appelle à surmonter l’assistanat paternaliste ; il exige de nous la création de nouvelles formes de participation qui incluent les mouvements populaires et l’animation des structures gouvernementales locales, nationales et internationales avec ce torrent d’énergie morale qui découle de l’implication des exclus dans la construction d’un destin commun. Et ce, avec un esprit constructif, sans ressentiment, avec amour."
    Michel Warschawski, fondateur de l’Alternative Information Center en Israël Palestine, que l’on a plus l’habitude d’entendre sur le conflit israélo-palestinien, avait été surpris par l’invitation, à laquelle il a hésité à se joindre. Au final, il n’a pas regretté le déplacement : "Je l’avoue, c’était passionnant et certainement pas moins intéressant que les nombreux Forums Sociaux Mondiaux auxquels j’ai déjà participé." Avant de conclure malicieusement : " Un tournant dans l’Eglise Catholique ? Pas certain : il suffisait de regarder les visages de certains des cardinaux présents pendant le discours du Pape, apparemment choqués par la radicalité du chef de l’Eglise. "...

    Anne-Isabelle Barthélémy

    Lire le discours du pape aux mouvements populaires

    Lire la lettre de Michel Warschawski à propos de l’événement


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