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  • "L'école tue la créativité"

    Une intervention de KEN ROBINSON

    Un humour merveilleux et des vérités inacceptables pour les technocrates qui nous gouvernent.

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  • Un témoignage

    Mon fils Simon est en CM2 à l'école xxxxx, à Tours. Jeudi 18 septembre, dans le cadre de l'atelier « premiers secours », il a été confronté à toute l'étendue de l'impréparation et de l'irresponsabilité générale devant l'organisation de cette réforme. L'intervenant est apparemment un retraité-pompier-volontaire. En fait, nous, parents, nous n'en savons rien. Devant 15 ou 16 enfants, il a littéralement perdu les pédales. Simon est rentré en pleurant, choqué par ce qui c'était passé durant cette heure . Le « pompier » n'ayant aucune formation pour intervenir devant ce type de public, s'est laissé aller à injurier des élèves visiblement dissipés pour certains (« vous êtes cons comme des valises ! »,« je m'engage à revenir et ne plus être con ! » J'en passe et des meilleures. Il a de plus raconté devant des élèves médusés, le récit d'un intervention pénible, fruit de son expérience personnelle. Une intervention qui s'était soldée par la mort d'un nouveau-né faute de réanimation réussie ! Dans quel but ? Quel sens donner à tout cela ? C'est juste stupide. Intervenir devant les élèves est un métier dans lequel on apprend à maîtriser ses nerfs et à conduire une classe. Confier nos enfants à des professionnels est le lien contractuel et moral qui justifie ce qu'il est convenu d'appeler l'école de la République. Ces TAP déconstruisent complètement le travail éducatif honorable, d'un rapport sain à la transmission et à l'école. Je suis consterné et en colère devant l'incurie générale. Personne à qui réellement faire aboutir cette sensation d'une crise profonde qui n'est plus abstraite pour chaque parent, mais qui se vit désormais quotidiennement dans cette école, qui n'est plus tout à fait un territoire protégé. L'école change de nature dans le silence ahurissant des acteurs de la société civile. Nous avons décidé de ne plus faire participer Simon à cette mascarade habitée ni par le sens, ni par la réflexion et qui est, au regard de ce qui vient de se passer, nocive. La perversité de ce système tient au fait que personne n'endosse la responsabilité de ce qui se fait en TAP. C'est un aveuglement général dans lequel le regard des responsables (intervenants, référent TAP, directrice, inspection académique, mairie ou ministère) se borne à son territoire d'intervention sans se soucier du mécanisme d'ensemble. Bref, personne ne se sent responsable de ce qui se passe dans les écoles. C'est triste et consternant. Eric xxxx, père très en colère.


    Dès lors qu'on confie des enfants à des gens qui n'ont aucune compétence, aucune expérience, aucun recul et qui pour certains sont là pour tenter de survivre financièrement, il est inévitable que ça dérape. Quant aux responsables de tout ça, ils vivent dans des tours dorées et diront "qu'il faut un peu de temps pour que ça soit efficace"...Un peu de temps qui suffira à traumatiser des milliers d'enfants qui n'ont pas les ressources pour se protéger...

    Mais ça n'est pas grave...Le gouvernement va annoncer dans quelques jours, j'en suis persuadé, que le chômage des jeunes recule...Un des objectifs de cette Réforme.

    Le reste, ils s'en tamponnent. Et si les parents ne sont pas contents, qu'ils aillent dans le Privé (c'est à dire d'ailleurs le deuxième objectif de cette Réforme).

    On fera le bilan à la fin de l'année...

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  • Les Hackers

    Un hacker de la vie rangée des adultes conditionnés. 

    Il a quitté l'école. 

    Il ne veut pas gagner sa vie.

    Il veut vivre.

    Un pur bonheur. 

    Très loin de notre système scolaire, de notre mode de non vie ou à devoir la gagner, on finit par s'y perdre. 

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  • Les Gentils Virus

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    Accueil

    Bienvenue sur le site vitrine des Gentils Virus !

    Les quoi ?

    Les Gentils Virus sont tous ceux qui pensent que :

    • nous ne sommes pas dans une vraie démocratie, parce que nous ne pouvons qu'élire des maîtres qui décideront tout à notre place
    • de nombreux problèmes de notre société sont la conséquence de l'impuissance politique des citoyens, et seraient résolus depuis longtemps si le peuple pouvait vraiment y faire quelque chose
    • il nous faut absolument une vraie démocratie pour pouvoir résoudre ces problèmes
    • il faut en parler autour de soi pour réveiller les citoyens qui sommeillent en nous tous, de sorte à ce que l'on soit nombreux à exiger une vraie démocratie

    Nous essayons donc de donner aux gens le virus de la démocratie, d'où le nom "Gentils Virus".

    Si vous êtes nouveau sur le site, nous vous recommandons de commencer votre visite par la rubrique "Le constat", qui nous l'espérons arrivera à vous convaincre :).

    Si vous voulez bavarder avec nous, passez nous voir sur le tchat.

    Nous nous situons principalement en France, mais pas seulement :


    Le constat

    Le peuple n’est pas protégé. Actuellement le pouvoir politique et ses représentants servent les intérêts d’une minorité contre l’intérêt général.

    Le peuple est politiquement impuissant car on ne peut pas révoquer des élus qui nous trahissent, ils ne sont pas tenus par leur programme électoral, on ne peut leur imposer de se saisir d'un sujet...

    Les citoyens ne peuvent qu'élire des maîtres qui décideront tout à leur place. Or limiter le pouvoir des citoyens à la seule élection crée notre impuissance politique et rend complètement inutile le débat entre citoyens et la recherche de décisions convenant au plus grand nombre. Le principe de « démocratie représentative » limite volontairement drastiquement le pouvoir du peuple et rend les décisions prises contre l'intérêt général difficiles à corriger.

    Les citoyens sont dépossédés de tout rôle politique quotidien. Les constitutions écrites par des élus donnent mécaniquement des règles qui contraignent peu leur pouvoir. Il y a conflit d’intérêts : ce n'est pas celui qui est au pouvoir qui doit déterminer les limites de son propre pouvoir. La constitution de la Ve République, écrite par des élus et des hommes exerçant le pouvoir, transfère le pouvoir du peuple à des représentants tout en n’organisant aucun contre-pouvoir ou contrôle des élus.

    Nous ne sommes pas en démocratie mais en oligarchie (ou ploutocratie).

    Rendez-vous sur le site La vraie démocratie pour une explication détaillée des raisons pour lesquelles notre système politique actuel diffère de la démocratie.

    Rendez-vous sur cette page du wiki pour des exemples de conséquences de la prise de pouvoir par les puissances financières (ploutocratie).

    Vous pouvez aussi visiter cette page de réflexion qui constitue l'approche personnelle d'un Gentil Virus.

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  • Fonctionnaire

    Fonctionnaire

    Alors, écoute bien mon gars...

    Ton devoir d'obéissance, je m'assois dessus.

    Et je te prie de me croire que rien ne me fera changer d'avis.

    Vous pouvez me virer, me pourrir la vie, je n'obéis qu'à mes convictions et pas aux cons. 

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  • Ce que femme veut

    Le jeune roi Arthur tomba un jour dans une embuscade et fut fait prisonnier par le monarque d’un royaume voisin. Le monarque aurait pu le tuer mais fut ému de la jeunesse et de la joie de vivre d’Arthur. Alors, il lui offrit la liberté contre la réponse à une question très difficile. Arthur aurait une année pour deviner la réponse et s’il ne pouvait la donner au bout de ce délai, il serait tué.

    La question était : que veulent réellement les femmes ?

    Une telle question laisserait perplexes les hommes les plus savants et, pour le jeune Arthur, cela semblait être une quête impossible. Comme c’était quand même mieux que la mort, il accepta la proposition du monarque de lui ramener la réponse au bout d’un an. Il retourna dans son royaume pour interroger tout le monde : les princesses, les prostituées, les prêtres, les sages, le fou de la cour. Il parla à chacun mais personne ne parvint à lui donner une réponse satisfaisante. Ce que la plupart des gens lui dirent fut d’aller consulter la vieille sorcière qui était la seule à pouvoir connaître la réponse. Le prix en serait élevé car la sorcière était connue dans tout le royaume pour les prix exorbitants qu’elle demandait. Le dernier jour de l’année arriva et Arthur n’avait pas d’autre choix que d’aller parler à la sorcière. Elle accepta de répondre à sa question mais il devait d’abord accepter son prix.

    La vieille sorcière voulait épouser Gauvain, le plus noble des Chevaliers de la Table Ronde et le plus cher ami d’Arthur.

    Le jeune Arthur fut horrifié : la vieille sorcière était bossue et terriblement laide, n’avait qu’une dent, sentait comme l’eau des égouts, faisait souvent des bruits obscènes, ... Il n’avait jamais rencontré de créature aussi répugnante. Il refusait de forcer son ami à l’épouser et d’endurer un tel fardeau. Gauvain, en entendant la proposition, parla à Arthur. Il lui dit que ce n’était pas un si terrible sacrifice pour sauver la vie d’Arthur et préserver la Table Ronde. Ainsi, le mariage eut lieu et la sorcière répondit à la question :

    Ce qu’une femme veut vraiment c’est de pouvoir décider de sa propre vie.

    Chacun sut à l’instant que la sorcière venait de dire une grande vérité et que la vie d’Arthur serait épargnée. Et ce fut le cas. Le monarque voisin épargna la vie d’Arthur et lui garantit une totale liberté. Quel mariage ! Arthur était tenaillé entre le soulagement et l’angoisse. Gauvain se montrait agréable comme toujours, charmant et courtois. La vieille sorcière montra ses plus mauvaises manières. Elle mangea avec les doigts, rota et péta et mis tout le monde mal à l’aise. La nuit de noce approcha. Gauvain se préparant psychologiquement entra dans la chambre. Mais quelle surprise ! La plus belle femme qu’il ait jamais vue se tenait devant lui. Gauvain était éberlué et demanda ce qui se passait. La beauté répondit que comme il avait été gentil avec elle, elle serait la moitié du temps horrible et déformée et l’autre moitié une magnifique jeune fille. Quelle forme voulait-il qu’elle prenne le jour et la nuit ? Quelle question cruelle ! Gauvain commença à réfléchir à ce problème : pendant la journée une belle femme à montrer à ses amis mais la nuit, dans l’intimité une vieille et sinistre sorcière ? Ou bien dans la journée une hideuse sorcière mais la nuit une belle femme pour jouir des moments intimes ?

    Que feriez-vous ?

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    Le noble Gauvain répondit à la sorcière qu’il la laisserait choisir elle-même.

    En entendant cela, elle annonça qu’elle serait belle tout le temps parce qu’il l’avait respectée et l’avait laissé décider elle-même de sa vie.

     

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  • Emploi fictif

    Pour mon cas, le rectorat me dit de me mettre en congé longue durée

    quand je venais les voir pour une reconversion mais pour les Nobles, tout

    est permis.

    Peuvent tous crever. 

    Mes deux gars sont à la LMDE et les remboursements médicaux, ça prend des PLOMBES...Personne ne répond au tél, les bureaux sont toujours fermés et les courriers restent sans réponse...

    Mais les Nobles encaissent le pognon sur des emplois inexistants.

    Si un jour, le Peuple se lève et décide de ne plus supporter ces cafards, je serai disponible...

    J'ai de l'entraînement. Plogoff, j'y étais...


    Nouveau scandale? Un emploi fictif pendant 18 ans pour Laurence Rossignol, secrétaire d’État à la famille

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    Laurence Rossignol, actuelle secrétaire d’État à la famille et aux personnes âgées, a été salariée de la Mutuelle des étudiants (LMDE ex MNEF), pendant 18 ans de 1993 à 2011, mais « la seule trace de son activité … est un rapport datant de 2006″ affirme la très sérieuse revue Que Choisir.

    UFC-Que Choisir, qui enquêtait suite aux plaintes des étudiants concernant des dysfonctionnements de la mutuelle étudiante LMDE, apprit d’un de ses anciens responsables que « cette mutuelle a trop de cadres au sommet et pas assez de petites mains pour faire le travail administratif. Et ces cadres, qui plus est, sont souvent choisis sur des critères politiques. »

    « Un cas particulier sur la question des recrutements des cadres gestionnaires de la LMDE, où l’appartenance politique semble être un critère de sélection » attira l’attention de la revue de défense des consommateurs, « c’est celui de Laurence Rossignol, » explique Que Choisir.

    Que Choisir: « Interrogé, son cabinet nous a fait savoir qu’elle avait été chargée d’études à la direction Santé et Prévention de la mutuelle, à temps plein jusqu’en 2004, puis à tiers-temps jusqu’en 2011, avec une rémunération de l’ordre de 1 200 € nets par mois (soit 3 600 € nets équivalent plein temps) »

    Mais la réalité que découvrit Que Choisir est toute différente, et a toutes les apparences d’un emploi fictif.

    Elle venait très rarement. Son bureau, pas très loin du mien, était toujours fermé

    Un ex employé apporta le témoignage suivant, qui fut confirmé à Que Choisir par un ancien cadre :

    « Elle est créditée comme rédactrice en chef pour quelques brochures, mais je sais qu’elle ne les a pas écrites parce que c’est moi et des collègues qui les avons faites, soutient de son côté un ancien salarié de la LMDE. Elle venait très rarement. Son bureau, pas très loin du mien, était toujours fermé. Les syndicats ont d’ailleurs fini par s’émouvoir de cette situation quand on a commencé à parler de suppressions de postes à la LMDE. La question s’est réglée car elle a démissionné quand elle est devenue sénatrice. »

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    Que Choisir ne s’est pas arrêté là, et il a poussé l’enquête sur les autres postes occupés par l’actuelle Secrétaire d’Etat :

    « Ces 10 dernières années, avant de devenir sénatrice, Mme Rossignol a occupé plusieurs fonctions : conseillère municipale d’opposition à Compiègne, vice-présidente du Conseil régional de Picardie chargée de la vie associative, de la jeunesse et de l’économie sociale, mais également secrétaire nationale du PS chargée des droits des femmes, puis de l’environnement. »

    Des personnalités politiques ignoraient sa « longue carrière » à la mutuelle

    La conclusion sans appel confirme les soupçons d’emploi fictif :

    « Des personnalités politiques de Picardie que nous avons interrogées ignoraient sa longue carrière à la mutuelle. »

    « Tant à Compiègne qu’à la Région, Mme Rossignol a été une élue travailleuse et assidue, les comptes rendus de conseils en attestent. Il est difficile de ne pas s’interroger sur le temps que la chargée d’étude LMDE a pu réellement consacrer aux étudiants pendant de longues périodes, en particulier les campagnes électorales. »

    Que Choisir, avec l’autorité dont il dispose, n’a pas été en mesure de briser l’omerta et d’aller au fond du sujet :

    « Nous avons évidemment sollicité la LMDE et le cabinet de Mme Rossignol à ce sujet, sans obtenir de réponse claire… »

    La gauche immorale est décidément difficile à suivre : de Jérôme Cahuzac à Thomas Tevenoud en passant par Aquilino Morelle, forcé de démissionner pour conflit d’intérêt avec des laboratoires pharmaceutiques, Florence Lamblin, élue EELV et adjointe au maire du 13e, mise en examen pour blanchiment d’argent de la drogue, Kader Arif, l’actuel ministre des Anciens combattants objet d’une enquête préliminaire par le parquet de Toulouse sur une possible affaire de corruption, ou encore Jean-Marie Le Guen, qui a « juste oublié » 700.000 euros dans sa déclaration de patrimoine, sans compter ceux que j’oublie, les Républiques bananières ont trouvé source d’inspiration.

    Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Hervé Roubaix pour Dreuz.info.

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  • Anaïs et Marion

    Anais & Marion

    FOCUS”: un article de fond sur un thème que nos rédacteurs ont sélectionné.

    ANAÏS S'EN VA-T-EN GUERRE

    Anaïs s’en va-t-en guerre, premier long documentaire de Marion Gervais, est diffusé lundi 24 septembre sur France 4 à 23h30, après plus de 520 000 vues sur le net. Un film d’une vérité exceptionnelle, né d’une étincelle, d’une rencontre entre deux jeunes femmes partageant la même soif de liberté. Elles ont passé quasiment deux ans côte à côte, l’une se battant pour réaliser son rêve, faire pousser des plantes aromatiques en Bretagne, l’autre filmant son combat, et réalisant tout autant son propre rêve. Deux ans pour aller au bout. Tout ça pour… tout ça et plus encore.

    Anne Rohou

    Interview de Marion Gervais, réalisatrice de Anaïs s’en va-t-en guerre

    Vous souvenez-vous de la première fois où vous avez vu Anaïs ?

    On m’avait parlé d’une jeune femme qui essayait de s’installer comme agricultrice dans mon village en Bretagne. Je n’avais absolument aucune idée de film. Mais comme je suis curieuse de tout, j’aime bien chercher, comprendre, je suis allée à sa rencontre. Elle était seule dans son champ. Cela a vraiment été comme une apparition, pas dans le côté surnaturel, mais Anaïs irradiait. Cette fraîcheur, cette enfance encore-là et puis cette rage !…  Cette rencontre a tout construit. On a commencé à parler de son installation, sa détermination à vouloir y arriver, sa colère… Très vite, j’ai eu envie de la filmer, et je lui ai dit dès la première rencontre. Elle m’a répondu : si tu veux, mais je ne vois pas ce que tu me trouves d’intéressant, mais si cela te fait plaisir…

    Vous prenez contact alors avec des producteurs ?

     Je rentre chez moi, je rédige une lettre à Quark Productions. J’étais dans tous mes états. Je parle de cette rencontre,  de cette personne  incroyable, cette fougue à rester libre. Deux jours après, ils me disent Ok, même s’ils étaient un peu inquiets du côté “tisane”, qui peut paraître un peu déprimant. Très vite, j’ai filmé la scène de la colère dans les champs. Par SMS, Anaïs m’avait prévenue qu’elle voulait tout arrêter. Je lui réponds, j’arrive. Je me suis allongée avec ma caméra dans les herbes pour être à sa hauteur, je ne dis pas un mot et elle crie sa colère. J’ai envoyé les rushes à Quark Productions, cela les a convaincus !

    Quelle est la part de mise en scène dans le documentaire ?

    Il y a eu des mises en situation, par exemple quand Olivier Roellinger vient chez elle, mais jamais de mise en scène, oh non, jamais, je n’aurais pas pu. Je n’ai jamais touché à quoi que ce soit. Anaïs était comme elle était. Je n’ai rien induit, je suis là, juste témoin de ce qui se passe. Je filme quand je le sens. Je filme très peu. Je suis dans la vie comme sur un fil. Je ne filme pas avec sécurité. Je ne me dis pas, je vais filmer ça pour avoir ça. Donc j’ai très peu d’heures de rushes. Je passe beaucoup de temps avec Anaïs sans filmer. Parfois, je loupe des trucs… Je ne suis pas du tout à l’abri des éléments de personnalité, du temps… Tout pouvait casser à tout moment, et son combat et mon film.

    L’avez-vous filmée aussi par exemple, sur les marchés, ou uniquement dans son champ, sa caravane, sa maison ?

    Je suis restée au cœur de ce qu’elle était, je n’avais pas envie de raconter les démarches administratives, cela ne m’intéressait pas. On reste autour d’elle. On ne s’éparpille pas. Il n’y a pas de démonstration de son combat. C’est elle qui l’incarne, son combat. Sa parole, son être, cette rage, cette colère, cette honnêteté exceptionnelle vis-à-vis d’elle-même, des autres. Anaïs ne triche jamais. C’est une personne très pure.

    Quelle est votre touche personnelle dans ce film ?

    Je pense que c’est cette quête que j’ai de l’intime, d’aller au cœur des choses, de ne pas sortir de l’humain. Cette relation d’intimité que j’ai avec Anaïs, ce lien qui nous unit. Etre libre, inventer sa vie, ne pas se soumettre, c’est pour moi, un non-sens de subir sa vie. La rencontre avec Anaïs a fait écho à ma propre quête.

    Quelle est la scène du film qui vous plait le plus ?

    C’est drôle, je ne me suis jamais posé cette question… J’ai été très touchée pendant le montage par toute une séquence. Quand Anaïs déterre ses plants de Saint Suliac pour les rapporter dans sa nouvelle maison, en « bleu de travail » trop grand pour elle, la clope au bec, sous la pluie, et qu’elle tente de les traîner avec sa brouette… avec difficulté, elle arrive enfin au bord de la route, entend le klaxon du scooter et elle dit : ” Ah les cons”. C’est une séquence brute, même l’image est brute, elle est différente des autres, dans la couleur… J’aime beaucoup aussi la scène du métro. Je n’ai évidemment demandé aucune autorisation. Anaïs irradie de toute sa fraîcheur… à côté les gens sont comme momifiés.

    Deux ans de tournage, c’est très long, comment l’expliquer ?

    Cela s’explique parce que je ne pourrais pas faire les choses autrement. Si l’on veut aller au cœur d’une histoire, de quelqu’un, la moindre des choses, c’est le temps. Ce n’est pas possible d’explorer, un univers, une personne, sans temps. Sinon, c’est du reportage.

    Qu’en a t-il été du montage ?

    Deux mois de montage avec la monteuse Solveig Risacher. On a travaillé main dans la main, en Bretagne dans une petite maison louée par Quark Productions, dans la nature, à la campagne. C’est une fée, qui a beaucoup d’intuition, qui a réussi un montage d’une grande subtilité. Solveig a participé pour beaucoup à ce qu’est le film.

    C’est votre premier long documentaire. Aviez-vous cette envie en vous depuis longtemps ?

    Depuis que j’ai 15 ans. J’ai retrouvé des dossiers, avec des projets de films sur un homme en prison, Claude Lucas, un gangster philosophe… Et puis, j’ai été plongée dans la brutalité de la vie, très jeune, je n’ai jamais été protégée de rien. J’ai passé une partie de ma vie à vivre mes expériences sans filet. J’ai vécu dans la rue, je suis partie suivre la route de Jack Kerouac qui était mon héros, j’ai vécu avec les Amérindiens. J’ai aussi travaillé à 19 ans à Canal+… Tout a été une histoire de rencontres et d’expériences… Mais après toutes ces années, arrive le moment de se dire : qu’est-ce qu’on fait de tout ça ? A l’aube de mes 40 ans, c’était de l’ordre du vital de filmer.

    L’histoire du film est doublement lumineuse. Il y a bien sûr, le personnage d’Anaïs qui irradie sous la lumière de votre caméra. Mais il y a aussi Anaïs qui vous révèle comme réalisatrice…

    C’est vraiment une histoire de rencontre extraordinaire. Cette rencontre m’a confortée dans ce que je cherchais. Cela me permet d’être encore plus ce que je suis. Je ne pourrais pas faire autre chose que filmer le réel avec mon propre regard. J’ai trouvé mon équilibre, tirer l’aspect lumineux de l’humain. Cela a agrandi mon champ de liberté. D’un seul coup, le champ des possibles s’ouvre encore plus.

    Le film et son succès ont-ils changé votre vie ?

    Non, j’ai créé mon Eden, j’ai ma vie très simple, très humble, un peu sauvage, solitaire en Bretagne. Quand je reviens à Paris, je suis projetée dans la violence des villes.

    Quel sens donnez-vous au film ?

    J’ai une véritable envie d’aller dans les prisons, dans les lycées, de transmettre qu’Anaïs, cette jeune femme qui a une vie modeste, qui ne peut compter que sur elle-même, est la preuve vivante qu’on a un potentiel humain incroyable. Elle ne laisse pas ce potentiel en jachère et met toutes forces pour aller au bout de son combat. Elle ne se soumet pas, cette quête de liberté est fondamentale pour être en accord avec soi-même.

    Avez-vous imaginé dans vos moments les plus optimistes, cette formidable trajectoire du film ?

    Je n’ai jamais pensé à demain. Parfois en montage, j’étais effrayée, je disais à Solveig, tu crois que les gens vont être touchés par ce que je raconte. J’étais tétanisée à l’idée que les gens qui allaient assister à l’avant-première à Saint-Malo ne comprennent pas tout ce que j’avais mis dans le film. Quand il y a eu la diffusion sur TV Rennes, je me suis dit : c’est fini, tout ça pour ça ! C’est quelque chose que je me suis dit souvent dans la vie…  Et après, il y a eu cette espèce de vague déferlante, c’était incroyable ! Les vues sur le net qui n’ont cessé d’augmenter…  Je veux préciser que pendant toute cette expérience, j’ai été extrêmement soutenue par Juliette Guignon et Patrick Winocour de Quark Productions. Il n’y avait pas d’argent mais humainement, dans le regard porté sur le monde et les êtres, on était très cohérents.

    Quelle est la prochaine étape du film ?

    Il est traduit en anglais par un Ecossais qui a été très ému par Anaïs, et qui veut projeter le film lors d’un festival autour de la gastronomie qu’il organise en mars à Edimbourg, auquel sera invité Olivier Roellinger.

    Vous continuez à vous voir avec Anaïs ?

    Oui, bien sur. On a dîné ensemble récemment à Paris. On a beaucoup ri. Je lui ai dit : tu te rappelles quand je suis venue te voir dans les champs, que je t’ai annoncé vouloir faire le film. Et que tu ne voyais vraiment pas ce que ça pouvait avoir d’intéressant !…  Elle m’a raconté que dans le métro, plusieurs personnes l’avaient reconnue ! Elle n’en revient pas. Elle est très heureuse de ce que le succès médiatique lui a apporté mais elle veut continuer sa vie modeste, simple et à s’occuper de ses plantes.

    Image à la une de l’article : Marion (à droite) avec Anaïs lors de l’avant-première du film à Saint-Malo – Vendredi 11 avril 2014 au théâtre Chateaubriand.

    © Aurélie Haberey