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  • Les causes, les conséquences et la Raison.

    "Si tu ne comprends rien de tes souffrances, c'est que tu ne méritais pas qu'elles prennent soin de toi. "

    Jarwal le lutin.

    En quoi devrais-je me réjouir d'être mal, physiquement, moralement, existentiellement ?

    Vers quoi ces épreuves pourraient-elles me mener ?

    N'y a-t-il pas dans cette citation une complaisance envers les douleurs ? Comme une condamnation adorée, un goût morbide pour les tourments intérieurs ? 

    Comment considérer que des souffrances puissent prendre soin de moi ? 

    J'ai tourné la phrase dans ma tête, cette nuit. 

    Et puis, soudainement, j'ai réalisé que c'est bien moi qui l'avais écrite...Aussi étrange que ça puisse paraître, l'idée ne m'était même pas venue...

    Évidemment que les douleurs sont des tremplins vers la connaissance de Soi. Non pas une simple connaissance de son anatomie et l'identification des zones concernées mais bien entendu, une introspection nécessaire vers la Source du problème. 

    J'en reviens à ces trois niveaux de conscience que j'essaie toujours d'explorer : la cause,les conséquences et puis la raison, l'intention, le chemin...

    J'ai un problème existentiel intense, une situation très compliquée au regard de mon parcours professionnel et de celui à venir. Ce trouble constant a des effets destructeurs sur mon physique, comme un empoisonnement. 

    Mais je sais que ce sont les émotions générées qui en sont responsables ou plus précisément, mon incapacité partielle à m'en extraire, cette propension à me laisser intoxiquer par mes errances... Je ne suis la victime que de moi-même. La situation, elle-même, n'est qu'une proposition de croissance, pas une condamnation.

    Je connais donc les causes et les conséquences du problème. Mais je suis convaincu depuis bien longtemps déjà qu'il existe un niveau supérieur, un palier à franchir, un territoire à explorer : celui de la Raison.

    Non pas la raison dans son sens cartésien mais dans une dimension spirituelle. Au-delà de l'humain. 

    Je sais que je dois apprendre encore à gérer mes émotions. C'est un niveau de conscience, un horizon à atteindre. 

    Si je me contentais par exemple de demander des anti-inflammatoires à mon médecin, des anti-dépresseurs, des anxiolytiques, des somnifères et autres friandises, je ne serais que le dealer de mes propres errances. J'ai mal au dos parce que j'ai une excroissance osseuse qui pousse au niveau de mes hernies discales. Ma vésicule biliaire est totalement inopérante, remplie de cailloux gros comme des petits pois, tous susceptibles un jour de s'enfiler dans un tuyau et de me conduire aux urgences... J'ai des migraines ophtalmiques qui réduisent mon champ de vision par des vagues, des barres et des flashs incontrôlables... J'entends parfois les voix comme si j'étais dans une pièce insonorisée, un champ de coton...

    Je pourrais m'arrêter à cet état des lieux... J'ai identifié des causes et des conséquences mais c'est bien évidemment totalement insuffisant. 

    Il reste à en extraire la Raison. Non pas dans le cadre médical mais bien dans la dimension spirituelle. 

    Et c'est là que la phrase de Jarwal le lutin prend tout son sens...

    Il s'agit bien de comprendre et plus ce temps de compréhension durera, plus le déni de la Raison sera maintenu, plus les souffrances continueront à s'étendre. Elles ne sont là que pour nous élever vers la conscience. Elles prennent soin de nous. Dans une démarche qui pourrait être perçue comme un drame alors qu'il s'agit profondément d'une opportunité de croissance... Mais le regard posé par le mental est infiniment réducteur. 

    "J'en ai assez d'avoir mal, je vais prendre un cachet..."

    "Il faut que je trouve quelqu'un qui me soigne..."

    Il n'est pas question de s'obstiner à vouloir guérir tout seul, ça serait absurde. Il est des situations qui nous échappent. Si je me casse une jambe au ski, je ne vais pas essayer de rentrer chez moi pour comprendre ce qui m'est arrivé... Il ne s'agit pas de renier la médecine et de rejeter ses bienfaits.

    Il s'agit de comprendre lorsque la situation le permet. 

    C'est en cela que les souffrances prennent soin de nous. Elles viennent briser les enceintes, elles viennent déchirer les paravents. 

    Il ne s'agit pas d'une condamnation mais bien d'une possibilité de croissance. 

    Il faut aller vers la Raison, l'intention, l'horizon spirituel. 

    Il y a quelques jours, je faisais part à Hélène d'une interrogation qui me poursuit : Quelle est la Raison divine à l'existence de l'Humain ? 

    Au regard de son évolution, quelle est l'intention de l'énergie créatrice ? Comment se satisfaire des errances de cette Humanité si on considère que rien n'est laissé au hasard ? 

    Elle ne m'a pas donné de réponse. Elle m'a juste dit de continuer à chercher. 

    Je pense au final qu'il s'agit justement pour l'Homme d'identifier les causes, les conséquences et la Raison. Et que pour l'instant, il n'a pas encore exploré sa propre dimension. Il est bien trop tôt par conséquent pour espérer le voir réfléchir au pourquoi de notre présence dans l'Univers...

    Mais l'Humanité ne pourra y échapper. Ce chemin de la Raison est le seul qui puisse lui permettre de perdurer. 

    Et tout ça résulte d'une phrase de Jarwal le lutin...

    Sacré petit bonhomme...

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  • Effets secondaires

    La colère

    La tristesse

    La culpabilité

    Mon corps est une alerte.

    Les émotions qui me rongent se sont matérialisées.

    Une excroissance osseuse sur une vertèbre, comme un noeud de douleurs.

    Une vésicule biliaire remplie de cailloux, une plage de galets...

    Le radiologue a appelé ses collègues...

    Je suis une nouvelle fois une énigme médicale.

    "C'est impossible d'avoir une vésicule dans un tel état et je ne comprends rien à cette excroissance osseuse. Je n'ai jamais vu ça..."

    Des migraines ophtalmiques, des bandes qui ondulent devant mes yeux, des flash qui me donnent la nausée.

    J'entends parfois les voix des gens comme si j'étais au fond d'une piscine.

    Une sciatique qui s'est réveillée comme un trajet électrique qui me foudroie.

    Mon corps est une alerte.

    Je sais ce que je dois faire.

    Toutes mes luttes, toute ma rage, ces colères, cette honte d'avoir abandonné mes élèves, cette tristesse devant l'agonie provoquée de l'école que j'aimais, comme un être adoré que je vois mourir...

    Je n'y peux plus rien et si je persiste à me battre, je me condamne.

    Mon corps me le dit puisque mon mental s'obstine.

    Fini. 

    Je me suis retiré de tous les groupes qui combattent cette Réforme.

    Je ne lis plus rien.

    Je ne dois plus rien voir, plus rien écouter, je ne dois plus me lever le matin pour prolonger le combat mais uniquement pour aimer la Vie.

    Et l'existence à laquelle je me suis identifié n'a rien à voir avec la Vie. 

     

    Je suis donc retourné voir Hélène. Elle m'a sauvé la vie il y a huit ans déjà.

    "Thierry, pourquoi ne t'accordes-tu pas le droit de t'aimer?

    Pourquoi ne t'accordes-tu pas le droit d'être fier de tout ce que tu as fait pour les enfants ?

    Pourquoi est-ce que tu penses que tout s'écroule dès lors que tu ne remplis plus cette mission d'accompagner les enfants ?

    Pourquoi ne comprends-tu pas que tu peux désormais oeuvrer autrement, dans un autre accompagnement, dans une liberté beaucoup plus grande ?

    Pourquoi veux-tu mourir de dépit en combattant une entité gouvernementale qui finira immanquablement par t'écraser ?

    Tu épuises l'énergie que la Vie t'a confié et elle ne le mérite pas.

    Pourquoi est-ce que tu regardes ce que que tu ne peux plus donner jusqu'à en oublier ce que la Vie te propose de saisir maintenant ?

    Pourquoi restes-tu ancré sur ce passé ? Cherche en toi les raisons de ce déni de l'instant. De quoi as-tu peur, pourquoi as-tu peur, en quoi cette peur est-elle utile ? 

    Des heures à parler, à explorer l'intime, tout ce que la Vie a de plus profond, toutes les raisons cachées, toutes les explications à saisir, dans la lucidité. Se nettoyer des émotions versatiles, des colères invalidantes et des culpabilités égotiques...

    Des heures entre les mains d'Hélène, transfert d'énergie, des massages si étranges que j'en finis toujours par ne plus sentir ses mains sur moi mais des flux de vie qui ruissellent et nourrissent mes fibres jusqu'au plus profond des particules.

    Des retrouvailles avec cet instant de rupture, il y a huit ans déjà...


    Hélène.


    J'étais un autre, j'étais celui qui n'avait pas franchi ce seuil de l'ineffable. 

    Cette impression désormais d'avoir sali cet horizon. 

    Je dois me sauver. Comme un hommage aussi à ce que la Vie m'a montré.

    Retrouver en moi cet Amour qui m'a sauvé, apprendre à le diffuser, dans un espace qui m'appartiendra totalement, libéré des entraves gouvernementales puisque cet État ne me permet plus d'exprimer cet Amour...

    Je sais que je peux Aimer encore. Dans un autre lieu, dans une dimension plus libre et plus sereine.

    Et puisque la Vie m'aura entraîné dans des voies difficiles pour briser en moi mes peurs et mes blocages, je sais que je peux la bénir au regard de ce qu'elle m'aura appris et qui me servira le jour où je deviendrai thérapeute...

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  • "La maison d'hôtes"

    Rûmi : La Maison d’hôtes

    "L’être humain est un lieu d’accueil,
    Chaque matin un nouvel arrivant.

    Une joie, une déprime, une bassesse,
    Une prise de conscience momentanée arrivent
    Tel un visiteur inattendu.

    Accueille-les, divertis-les tous
    Même s’il s’agit d’une foule de regrets
    Qui d’un seul coup balaye ta maison
    Et la vide de tous ses biens.

    Chaque hôte, quel qu’il soit, traite-le avec respect,
    Peut-être te prépare-t-il
    A de nouveaux ravissements.

    Les noires pensées, la honte, la malveillance
    Rencontre-les à la porte en riant
    Et invite-les à entrer.

    Sois reconnaissant envers celui qui arrive
    Quel qu’il soit,
    Car chacun est envoyé comme un guide de l’au-delà."

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  • La vie silencieuse

    "Le monde des hommes a oublié les joies du silence et la paix de la solitude qui sont, dans une certaine mesure, nécessaires à la plénitude de la vie. Si tous les hommes ne sont pas appelés à devenir ermites, tous ont besoin d’assez de silence et de solitude pour permettre à la voix intérieure secrète de leur être véritable de se faire entendre, au moins de temps en temps. Et lorsque cette voix n’est pas entendue, lorsque l’homme ne peut arriver à la paix spirituelle qui vient d’une union totale avec son être vrai, sa vie est toujours malheureuse et épuisante.

    Car il ne peut vivre longtemps heureux s’il n’est en contact avec les sources de vie spirituelle cachées au fond de son âme. S’il est constamment exilé de chez lui, dans l’impossibilité de retrouver sa propre solitude spirituelle, il cesse d’être une personne. Il ne vit plus en être humain. Ce n’est même plus un animal sain. Il devient une sorte d’automate, fonctionnant sans joie parce qu’il a perdu toute spontanéité. Il n’est plus mû de l’intérieur, mais seulement de l’extérieur de lui-même. Ce n’est plus lui, ce sont les autres qui décident pour lui. Au lieu que ce soit lui qui agisse sur le monde extérieur, c’est le monde extérieur qui agit sur lui. Il avance dans la vie par une suite de collisions avec les forces du dehors. Sa vie n’est plus celle d’un être humain, mais celle d’une boule de billard sensible, d’un être sans but et sans aucune réponse vraiment valide à la réalité."
    Thomas Merton « La vie silencieuse » p 174, 175. Ed du Seuil, la vigne du carmel

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  • De l'usage du désordre...

    "Les Lumières, c'est la sortie de l'homme hors de l'état de tutelle dont il est lui-même responsable. L'état de tutelle est l'incapacité à se servir de son entendement sans la conduite d'un autre. On est soi-même responsable de cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l'entendement mais à une insuffisance de la résolution et du courage de s'en servir sans la conduite d'un autre...Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières. Paresse et lâcheté sont les causes qui font qu'un si grand nombre d'hommes, après que la nature les eut affranchis depuis longtemps d'une conduite étrangère, restent cependant volontiers toute leur vie dans un état de tutelle, et qui font qu'il est si facile à d'autres de se poser comme leurs tuteurs. Il est si commode d'être sous tutelle. Si j'ai un livre qui a de l'entendement à ma place, un directeur de conscience qui  a de la conscience  à ma place, un médecin qui juge à ma place de mon régime alimentaire, alors je n'ai pas à fournir moi-même d'efforts."

    KANT

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    La problématique posée par ce texte concerne la situation des hommes lorsque celle-ci ressemble davantage à une soumission passive qu'à une liberté issue de leur entendement. Kant considère en plus que les hommes sont responsables de cette situation et que cette "mise sous tutelle" est la conséquence de leur incapacité à user de leur "entendement" mais plus encore de la conséquence de leur "lâcheté". Il semblerait selon ce texte que les hommes ne sont pas asservis par la force d'une puissance étrangère mais, à l'origine, en raison de leur propre abandon, de leur "paresse."

    On peut s'interroger sur cette situation de soumission. Est-elle réelle ? Concerne-t-elle tous les individus ? Existe-t-il une responsabilité de la part des victimes elles-mêmes ?

    L'auteur ne laisse aucun doute sur son jugement. Pour lui, il n'y a aucune interrogation mais un état de fait général, universel. Le ton cynique, sarcastique est destiné à montrer de façon crue et détestable cette propension des hommes à se vautrer dans la bassesse. Le fait d'opposer des termes aussi forts que "paresse" et "courage" est révélateur.

    Kant parle de courage car il est indéniable pour lui que cette situation réclame une prise de position pleine et entière, non seulement une prise de conscience mais un engagement à travers des actes. Puisque l'homme est "responsable" de cette soumission passive, il doit par-delà son entendement initial être responsable de sa révolte. L'entendement n'est pas suffisant. Il n'est qu'une étape intellectuelle. La cause ne vient pas d'une insuffisance de l'entendement mais à une insuffisance de la résolution qui devrait en résulter.

    Les hommes délèguent leurs décisions et leurs actes à d'autres hommes qui leur paraissent plus aptes à les guider et à les prendre en charge. Ce raisonnement, car il s'agit bien d'un raisonnement, aussi primaire soit-il,  est à la source de la soumission et du pouvoir.

    Même si je ne sais pas soigner une dent cariée et que je me dois m'en remettre au dentiste, je peux assumer l'entretien de mes dents et veiller à la qualité des aliments que je consomme. Le fait de m'en remettre selon les situations à des gens plus performants que moi dans certains domaines ne signifie pas pour autant que ce choix doit s'étendre à l'ensemble de mon existence et surtout pas aux domaines existentiels.

    C'est là qu'il faut rester vigilant pour ne pas sombrer dans une complaisance assassine envers cette paresse et cette lâcheté.

    Il y a dans "Le Bon, la Brute et le Truand" une réplique culte.

    "Le monde se partage en deux catégories. Il y a ceux qui ont une arme et il y a ceux qui creusent. Toi, tu creuses. "

    Selon Kant, on peut rajouter que ceux qui possèdent une arme et donc le pouvoir en disposent parce que ceux qui creusent les ont autorisés par leur soumission originelle à user d'une arme.

    Si on prolonge la réflexion, les dictateurs ne sont pas des hommes plus puissants mais simplement des hommes qui ont saisi l'opportunité que la masse leur offrait. C'est la masse par son comportement lâche et servile qui donne le pouvoir aux dictateurs. Il n'est pas permis de critiquer les dictateurs avant même d'avoir pris conscience de ce comportement. La seule solution pour s'extraire de ce rapport de faible à fort, est d'avoir le courage de se servir de son propre entendement et non de se contenter d'un entendement servile. Il ne suffit pas d'analyser une situation. Il faut œuvrer à son évolution. 

    Ce texte issu de l'époque des Lumières correspond au mouvement actuel des "Indignés". Ce mouvement n'attend pas des gouvernants des solutions miracles. Ils les proposent. Leur entendement et leur analyse de la situation les conduisent à entrer en résistance. Ils agissent. L'asservissement est généré aussi par le silence. Pour combattre, il faut d'abord saisir l'ensemble de ses insuffisances.

    Une autre question surgit dès lors. Pourquoi les hommes en sont-ils arrivés là ? Est-ce un état naturel dont se servent les Puissants?  Mais dans ce cas-là, pourquoi les Puissants n'en sont-ils pas eux aussi les victimes ? Comment sont-ils devenus Puissants si cet état de laxisme existentiel est un état naturel ? Les Puissants sont bien pourtant des hommes.

    La problématique ainsi posée met en évidence la part sociale de l'homme. Son statut de citoyen, c'est à dire un individu inséré dans un microcosme relationnel. Les Puissants œuvrent à la pérennité de leur statut. Par héritage bien entendu mais bien plus encore par l'éducation. De la même façon, les asservis sont conditionnés à une existence soumise. Les Puissants se chargeront de les y maintenir par d'habiles subterfuges et en se servant de la paresse et de la lâcheté de la masse.

    Il n'y a rien de naturel. Tout est éducatif. Certains vont naître avec une cuillère d'argent dans la bouche mais l'environnement va se charger de leur apprendre à s'en servir. Les asservis se contenteront de les envier et de geindre. 

    Les Philosophes des Lumières ont mis en avant le droit des hommes à être responsables lorsque ce droit finissait par apparaître comme insaisissable.

     

    Jean Jacques Rousseau disait « qu’on perd dans l’asservissement jusqu’au désir d’en sortir. »

      L’asservissement corrompt les âmes, contraintes à de multiples compromissions pour subvenir à l’essentiel. Toute l’énergie des individus s’y perd. La peur de la perte des biens vitaux devient générale et les individus en viennent à percevoir la masse environnante comme l’adversaire à combattre. Les Puissants entretiennent cette peur et l’amplifient si nécessaire. Elle sert leurs intérêts. Lorsque la contestation des uns finit par gêner les autres, les Puissants interviennent et deviennent dès lors des Sauveurs… C’est en cela que les Puissants aiment que des désordres surviennent et s’il n’y en a pas en cours, ils se débrouillent pour en créer…

    L’entendement devient dès lors la source des actes. Il faut parvenir à cet état d’observation macroscopique, une élévation au-dessus de la masse pour prendre conscience des entrelacs instaurés par la matrice, cette entité constituée par des individus anonymes, travaillant dans les palais. Une fois cette observation validée, chaque individu ayant effectué sa propre analyse et pris conscience de l’émergence d’une pensée commune, les individus éveillés peuvent entamer une tâche évolutionniste. Il ne s’agit pas de chercher des guides mais de favoriser par un travail intérieur son propre éclairage au risque d’être éblouis et par conséquent manipulés par les tenants des lampions…

    Les Philosophes des Lumières prônaient la raison comme étendard. Il faut y adjoindre le courage.

    Il reste ensuite à ne pas tomber dans l’euphorie magnifiée par des individus avides qui cherchent à se présenter comme les nouveaux Guides. Combien de Révolutions portées par les peuples et tombées aux mains des Puissants ?

    La France en est un "bel" exemple.     

    Que reste-t-il de cet héritage ? Une démocratie ? Où ça ?

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  • Public/Privé

    J'ai mis en place une "ALERTE" sur google pour recevoir les articles sur la Réforme. Entre cinq et dix articles par jour...Après quatre semaines de classe...Déçu

    Des enfants épuisés.

    Des enseignants au bord de la crise de nerfs. Burn out en formation serrée.

    Des communes étranglées financièrement.

    Un recrutement d'animateurs totalement chaotique.

    Des départs dans le Privé. C'était inévitable et ça fait partie du projet. (chut, "devoir de réserve qu'elle a dit la Dame)

    Je n'en tire aucune satisfaction mais tout ce que j'écris ici depuis un an se confirme.

    Il ne reste plus qu'un pédophile entre dans les classes sous couvert "d'animations" ou qu'un enfant échappe à la surveillance des animateurs et se fasse tuer sur la route...


    Merris : des parents d’élèves opposés à la réforme scolaire, craignent une fuite dans le privé, l’inspectrice tente de rassurer

    Trois enfants de Merris ont quitté l’école du village pour un établissement privé. Des parents, opposés à cette réforme, sont en colère. Hier soir (mardi), une réunion en présence de l’inspectrice de la circonscription, était organisée afin de tenter d’apaiser la situation.

    À Merris, la réforme des rythmes scolaires bouleverse le train-train quotidien du village de 1 000habitants. Depuis la rentrée, l’absentéisme dépasse les 50 % le mercredi matin. Un mouvement lancé par des parents d’élèves particulièrement remontés.

    Pour tenter d’apaiser la situation, Mireille Derville, inspectrice de la circonscription de Bailleul, a organisé une rencontre en présence d’élus et des enseignants, hier. Elle va débattre avec les parents des communes « où il faut retrouver une sérénité de travail », explique-t-elle.

    Dans la salle des fêtes du village, des parents abordent très vite le sujet qui les inquiète : la fuite dans le privé. « Une famille a retiré ses trois enfants pour aller dans le privé », lance une maman. Un départ qui pourrait faire boule de neige ? Un papa imagine ce scénario catastrophe mais « espère se tromper ».

    Mireille Derville est plus optimiste. « Je n’ai aucun basculement d’effectif sur les communes où il pourrait y avoir une concurrence public/privé, annonce-t-elle. J’espère bien qu’avec la qualité de l’enseignement, ce ne sera qu’une seule famille. » Face aux parents opposés à la réforme, l’inspectrice tente de mettre en avant ses avantages. « Les TAP sont une autre façon de voir les enfants », appuie une enseignante.

    Les parents mécontents mettent un point d’honneur à préciser qu’ils ne sont pas « contre l’application de la réforme à Merris » mais « contre la réforme ». Le débat devient vite impossible. La raison ? Il dépasse le cadre du village. Quand une maman demande à Mireille Derville si elle trouve normal que le privé n’est pas obligé d’appliquer la réforme, l’inspectrice explique « qu’elle a un devoir de réserve ».

    L’ancienne enseignante explique qu’elle jouera le rôle de « messagère » mais qu’elle ne peut évidemment pas empêcher la mise en place de la réforme dans le village rebelle : « La casquette qui est la mienne ne me donne pas la possibilité de dire À Merris, on ne la mettra pas en œuvre », précise-t-elle.

    Les parents en ont conscience. Mais veulent surtout se faire entendre. « On espère qu’une goutte d’eau plus une goutte d’eau plus une goutte d’eau pourront faire bouger les choses », confie un membre du collectif, qui regroupe une vingtaine de parents.

    Yves Delfolie n’exclut pas de nouveaux changements

    Le maire de Merris a glissé lors de la réunion que des changements étaient encore envisageables. Il propose, « en milieu d’année », un nouveau sondage avec cette question : « On travaille le mercredi ou le samedi ? »

    Fin du boycott mais pas du mouvement

    Depuis la rentrée, à Merris, plus de 50 % des parents boycottaient le mercredi matin. Ce mercredi, les enfants ont repris le chemin de l’école, comme cela avait été prévu. « On avait dit qu’on boycotterait les trois premiers mercredis », explique un membre du collectif. Ce qui ne veut pas dire que la mobilisation est terminée. Une nouvelle action pourrait être mise en place avant les vacances de Noël.

    Mardi soir, lors de la réunion, l’inspectrice a insisté pour que le mercredi ne soit plus boycotté. « Je le dis de la façon la plus professionnelle : demain, il est important qu’ils soient à l’école. » Un message qu’a aussi fait passer Yves Delfolie, maire. « Soyez raisonnables, a lancé le maire. Le décret a été voté, il faut l’appliquer. »

    Région > Hazebrouck et ses environs > Merris

    Mireille Derville, inspectrice, a tenté de rassurer les parents.

    Publié le 24/09/2014

    SIMON CAENEN

    http://www.lavoixdunord.fr/region/merris-des-parents-d-eleves-opposes-a-la-reforme-ia18b47657n2397136

    Un commentaire d'une maman : "C'était prévisible. Dans l'école privée à 15 km de chez moi, il y a déjà une liste d'attente longue comme le bras  ( 100 demandes pour info )"

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  • Nu...

    J'étais enfant.

    J'aimais infiniment me baigner nu dans la mer. Sentir l'eau sur la totalité de mon corps, le soleil, le grain rugueux des rochers ou la chaleur du sable.

    Et puis, un jour, je me suis dénudé dans les bois, loin des chemins, sous les frondaisons. J'ai marché sur les feuilles et je sentais les mousses épaisses. J'ai enlacé des troncs. 

    Je me souviens avoir pleuré. Comme si en moi coulaient les bonheurs des arbres, l'amour de la terre.

     

    Adolescent, j'ai couru à ne plus avoir de souffle sans savoir où j'allais, comme empli d'une vitalié trop grande, j'ai senti les parfums des mousses, j'entendais le frémissement des feuilles qui croissent, le flux de la sève comme une semence verticale et la force en moi comme un magma qui cherche une issue.

    J'ai aimé marcher nu dans la clarté des cieux étoilés, écouter la nuit qui respire.

    Adulte, il m'est arrivé de marcher nu sur les crêtes des montagnes. Je me suis baigné très souvent dans les torrents et les lacs d'altitude, sous les cascades et les pluies d'été

    Je n'ai jamais rien senti de plus beau qu'en étant nu sur la terre.

    Sinon, les instants d'amour dans les bras de ma Belle.

    Quand il n'y a plus rien d'autre que cette connexion à la vie, quand tout ce qui parasite l'émission vibratoire a été effacé.

    Je sais infiniment, au plus profond de moi, ce que vit cette jeune fille.  

     

    "JUSQU AU BOUT"

    EXTRAIT

    "Il démarra et rejoignit le parking de la plage. Il regarda la montre du tableau de bord. 8h20.

    « Alors là, c’est peut-être un peu trop tôt ! » se moqua-t-il à voix haute.

    Il décida d’aller marcher sur la plage. Il escalada le cordon de dunes.

    Le vent léger du large l’accueillit, apportant l’odeur piquante du sel, des algues, des particules d’eau sans cesses agitées, le parfum de l’immensité. Il contempla l’étendue et pensa que c’était l’amour qui s’ouvrait devant lui, la paix, la beauté simple et nue, des odeurs mêlées, un corps offert aux regards, juste aux regards, pour le plaisir des yeux, et puis surtout cette complicité silencieuse, l’inutilité des mots, le bonheur limpide d’être ensemble, juste ensemble, c’était beau, si beau et si tendre. Il enleva ses chaussures et descendit sur la plage et dans la pente il pensa que, comme lui à cet instant, tout descendait un jour à la mer, les glaciers et les ruisseaux, les rivières et les fleuves, les routes humaines et les chemins de forêts, tout aboutissait finalement dans ce grand corps accueillant et même si on restait au bord, même si on ne s’aventurait pas sur sa peau et qu’on restait assis contre ce ventre immense, on retrouvait déjà la paix de l’enfant contre sa mère. C’était ça la magie de l’océan…Un refuge offert à l’humanité entière.

    Il se sentit fort et heureux. Il marcha sans penser, sur un rythme de houle, les pas dans le sable comme le parcours respectueux des doigts d’un homme sur un corps de femme, des gestes délicats, légers, effleurements subtils. Il n’aurait pas osé courir, il voulait juste que le sable le sente passer, délicatement. Il laissa une vague lécher ses pieds. Ce fut comme un salut matinal, un bonjour joyeux mais un peu endormi. L’eau se retira avec un sourire écumeux, des petites bulles d’air pleines de joies qui se dispersèrent dans le rouleau suivant. Il se demanda si l’océan avait pu ressentir ce contact. Est-ce qu’il percevait toute la vie qui l’habitait, les poissons amoureux, les coquillages multicolores, les baleines câlines, les dauphins joueurs, les algues dansantes ? Et les hommes, est-ce qu’il les ressentait comme des prédateurs impitoyables ou parfois aussi comme des êtres bons ? Il s’arrêta et regarda le large, lançant sur les horizons ouverts tout l’amour qu’il pouvait diffuser. Il se déshabilla et entra dans l’eau, juste quelques pas, sans atteindre le creux des rouleaux. Il s’allongea sur le dos et attendit la vague suivante. Elle le baigna soigneusement, glissant entre ses cuisses, passant sur ses épaules, jetant malicieusement quelques gouttes sur son ventre, il frissonna au premier contact puis s’abandonna à l’étreinte. Les yeux fermés.

     

    Il se releva enfin et reprit son sac. Il resta nu et marcha les chevilles dans l’eau. Une trouée dans le ciel dispensa un souffle chaud qui descendit sur la plage comme une haleine solaire. Il s’arrêta et ouvrit la bouche, buvant les ondes célestes, inspirant à pleins poumons cette chaleur ténue mais pleine de promesses. Au large, des bandes bleues, luisantes de lumière, s’étaient peintes à la limite de la mer. Le vent de la marée montante rameutait vers la côte ces plages éclatantes comme autant de halos incandescents. Des crayons rectilignes, vastes torrents éblouissants, cascadant des altitudes éthérées, tombaient sur la mer enflammée. Il imagina les poissons remontés sous ces auréoles chaudes, jouant à la surface miroitante, frissonnant de bonheur sous leurs écailles.

     

    Quand il s’arrêta, il s’aperçut que la courbure de la côte l’isolait de tout. Il ne voyait plus l’accès à la plage et devant lui, aucune zone habitée, ni même portant trace humaine, ne se dessinait. Cette solitude lui parut incroyable, presque irréelle. Le cordon de dunes le coupait de tous regards vers les terres. La mer était vide de toutes embarcations. Aucune trace dans le ciel du passage d’un avion. Seul au monde."