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"Pour le bien des enfants..." (école)
- Par Thierry LEDRU
- Le 08/04/2014
Et donc, jusqu'ici, mes élèves souffraient le martyre et je n'oeuvrais pas à leur bien-être.
Qu'ils aillent tous se faire foutre ces politiciens vérolés.
Le décret sur les rythmes scolaires est maintenu
"Le décret sur les rythmes est maintenu"... Il aura fallu que l'entourage du ministre de l'éducation nationale, Benoît Hamon, explicite la formule ambiguë utilisée par le chef du gouvernement lors de son discours de politique générale. Manuel Valls venait de jeter un doute en déclarant qu'il proposait un "assouplissement du cadre des rythmes". En dépit de son habillage simple, la formule n'était pas immédiatement lisible. Elle est restée ambiguë jusqu'aux précisions de la rue de Grenelle.
Selon l'entourage de Benoît Hamon, il n'y aura donc "ni retrait, ni report, ni libre choix. L'assouplissement vise à l'application pleine et entière du texte du 24 janvier 2013 qui cadre la réforme des rythmes scolaires." Pour le premier ministre comme pour le ministre de l'éducation nationale, la concession se limite donc à une prise en compte des difficultés rencontrées par quelques communes dans cette mise en place avec l'"obligation maintenue pour toutes les communes d'appliquer le texte à la rentrée 2014".
Une aide des services rectoraux
A l'heure actuelle, 4 000 communes appliquent cette réforme, qui allège journée et classe et remet des cours une demi-journée de plus. Il en reste 20 000 dont le passage est prévu à la rentrée. Comme l'a rappelé Manuel Valls, 92 % ont établi un projet, 3 % ont du mal à trouver une organisation et 5 % font de la résistance.
Benoît Hamon assure donc que "les recteurs et les services de l'inspection académique disposent des adaptations juridiques nécessaires" pour aider les communes qui peinent le plus à boucler leur projet, mais aussi pour permettre aux communes qui avaient déjà un projet pédagogique ayant nécessité un aménagement des rythmes, de le conserver. Il ne s'agit pas de pénaliser les acteurs qui avaient déjà œuvré pour la réussite de l'enfant en leur demandant de changer de formule, explique en substance l'entourage de Benoît Hamon. Le décret du 24 janvier était notamment critiqué parce qu'il cassait des formules qui, sur le terrain, fonctionnaient.
Cet "assouplissement du cadre" ne passera ni par l'entrée dans un statut d'expérimentation, ni par une quelconque réécriture du décret, comme le demandait le SNUipp, le principal syndicat du premier degré, depuis le début.
Le premier ministre a par ailleurs rappelé que "l'aménagement des rythmes scolaires est une bonne réforme car avec elle beaucoup plus d'enfants ont accès à des activités périscolaires, sportives, culturelles très complémentaires de l'éducation donnée par les enseignants".
Maryline Baumard
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Karma (1) (spiritualité)
- Par Thierry LEDRU
- Le 08/04/2014
http://www.inrees.com/articles/karma-enquete/
Site INREES
Qu’est-ce que le Karma ?
Le « karma », une notion venue d’Orient et qui maintenant s’intègre en Occident. Que veut-elle réellement dire et de quelle manière transforme-t-elle notre regard sur le monde ?Notre langue évolue au fil des années et il est surprenant de constater que parfois des notions venant de cultures lointaines prennent racine dans nos discours. Nous les manions alors selon un consensus collectif mal défini mais pourtant utile - puisqu’ils évoquent une idée dont nous voulons parler et pour laquelle nous n’avons pas de mot équivalent en français. C’est le cas du concept de karma. Tout le monde comprend plus ou moins ce que c’est, sans vraiment pouvoir l’expliquer non plus. Alors qu’est-ce au juste que le karma ?
Une action
Loin de l’imaginaire souvent élaboré autour de cette notion exotique qui nous vient de l’Hindouisme puis du Bouddhisme, le karma est en réalité une idée très simple. Imaginez que vous décidez d’apprendre le tango. Le karma est l’action qui va découler de votre idée. Vous allez sur internet chercher un cours, vous vous y rendez en temps et en heure, et vous vous appliquez à assimiler cette nouvelle danse. En faisant tout cela vous avez créé du karma : vous avez mis en route des actions, qui auront des conséquences - indépendamment de tout jugement sur leur nature. Le karma n’est donc pas juste une force du passé qui agit sur le présent, c’est une force tout court. « Karma est un mot sanskrit qui veut tout simplement dire : action. Cette notion va dans le sens du mot œuvre en français. C’est-à-dire qu’on entend aussi bien l’acte que la conséquence. C’est le fait de faire, de produire, de créer », nous dit Trinlay Tulku, maître bouddhiste reconnu dès son plus jeune âge comme un lama réincarné. Notre univers semble alors fait de karma. Notre monde est la somme des actions de tout ce qui le compose, le produit d’un nombre incalculable de comportements microscopiques autant que macroscopiques. Il est fait d’actions et de leurs conséquences, qui entraînent d’autres actions et d’autres conséquences et ainsi de suite.
Fatalité ou outil d’une intentionnalité ?
Parce que la nature du karma est un enchaînement d’activités, nous en entendons parfois parler comme d’une loi de cause à effet qui serait de nature mécanique et prévisible. Dans ce cas, le karma est tout-puissant. Nous n’y pouvons rien et nous en subissons les effets. Il devient destin, voir fatalité. Cette façon de voir est héritière de la lignée de certains penseurs cartésiens qui disent que notre univers est animé par des lois que nous pourrons un jour toutes connaître. L’idée sous jacente est que nous vivons dans une grosse machine où tout est déterminé et que nous ne sommes que des pions dans ce grand engrenage. « La notion de karma est souvent mal comprise et confondue avec le fatalisme, l’acceptation passive de notre destin. Le karma est alors vu comme une force nous entraînant, tel un fétu de paille, sur l’océan de la vie. Mais celle-ci n’est pas déterministe, elle est beaucoup plus dynamique », écrit Ringou Tulku Rimpoché dans son livre Et si vous m’expliquiez le Bouddhisme ?
La subtilité orientale ne nous propose donc pas une vision aussi mécanique de l’action du karma dans l’univers. « La vision qui réduirait tout à la prédestination du karma peut satisfaire mon intellect, mais elle serait désastreuse pour la grandeur de mon esprit. Je serais un esclave et un pantin du karma et je ne pourrais jamais rêver devenir le souverain de moi-même et de mon existence », écrit le philosophe indien Sri Aurobindo dans son livre Renaissance et Karma. Le karma ne serait alors pas cette force toute-puissante mais plutôt un outil. Une action, une façon de faire, dont les directions seraient données par une intentionnalité. Car pour qu’un acte soit engendré, il faut qu’il ait été voulu. « Une action de quelque nature que ce soit, verbale ou physique, est informée par l’intention qui la sous-tend et qui la détermine », poursuit Trinlay Tulku. Le karma naît alors d’un élan cherchant à atteindre un but. Si vous allez apprendre le tango parce que cette danse vous inspire ou pour rencontrer de nouvelles personnes, le résultat peut ne pas être le même car votre intention ne sera pas la même. Dans le premier cas, vous plongerez plus dans l’expérience de la danse, ce qui vous fera parfois oublier l’autre danseur. Dans le deuxième, vous vous calerez plus sur votre partenaire, quitte à vous oublier vous-même. La qualité relationnelle et tout ce qui s’ensuit formeront une réalité différente.
Des choix conscients ?
Nous voilà donc considérés comme des êtres sensibles, dotés d’une intentionnalité et donc d’une certaine capacité de choix. Et bien que cette intentionnalité puisse être elle-même conditionnée par nos actions passées, nous serions néanmoins outillés pour prendre des décisions en toute conscience. Alors si le karma est l’étoffe dont est fait l’univers, une forme de conscience présente chez tous les êtres qui l’habitent en serait le tisserand. « Il semblerait qu’il y ait dans notre être individuel quelque chose qui a une réelle liberté de vouloir, un pouvoir de choix d’une grande conséquence, d’une grande ampleur », continue Sri Aurobindo. Mais notre difficulté reste d’évaluer l’équilibre entre le karma et la conscience dans une vie quotidienne. Car ce n’est pas parce qu’il y aurait une marge de liberté quelque part en nous que le karma devient négligeable. Il est incontestable que nous sommes en permanence en prise avec la force d’inertie des actions passées. L’un n’exclut pas l’autre. « En l’homme pensant, bien petite est la part de nous-mêmes qui ne subit pas une quelconque contrainte présente et une impérieuse nécessité passée. (…) Mais il peut être au moins possible que la liberté et la contrainte du karma ne soient pas des opposés si inconciliables, que derrière le karma et même en lui, il y ait constamment une liberté secrète de l’Esprit intérieur », poursuit Sri Aurobindo.
Et comme le concept de renaissance ou réincarnation accompagne traditionnellement la notion de karma dans l’Hindouisme et le Bouddhisme, le scénario proposé est qu’une forme psychique - que nous pourrions appeler âme, mais dont la teneur est difficilement identifiable - se réincarnerait de vie en vie, dans différents corps sous l’effet du karma et des choix conscients. Notre âme subirait les actions de ses vies passées, créerait ou résoudrait du karma, tout en ayant plutôt tendance à vouloir aller vers plus de conscience.
Orienter ou sortir du karma ?
C’est donc quand la conscience commence à se mêler de tout ça que ça se complexifie. Nous devenons sensibles au plaisir et au déplaisir. Nous comprenons que les conséquences de nos actions peuvent être plus ou moins agréables ou douloureuses pour nous et pour les autres. Et nous réalisons que nous sommes capables d’orienter les conséquences de nos actions. Là commencent alors toutes sortes de négociations entre notre conscience et la force du karma avec laquelle nous sommes en prise. Nous avons souvent du mal à ne pas répondre à des schémas que nous connaissons pourtant par cœur. Nous voulons changer les choses et faire bien. Mais qu’est-ce qui est « bien » ? « Il s’agit plutôt d’arriver à une notion de responsabilité en élargissant sa vision à l’ensemble de la situation, de se poser la question : quel type d’acte va entraîner quel type de réaction? Il est préférable d’essayer de sortir d’une vision moralisatrice qui oppose ce qui est bien à ce qui est mal. Et, bien sûr, il y a des situations où la réponse n’est vraiment pas évidente. Si vous êtes parent d’un jeune enfant qui vous réveille pour la dixième fois parce qu’il est malade et que vous êtes totalement épuisé, peut-être que vous aurez juste envie de rester couché et de ne plus savoir ce qu’il se passe. Et si vous vous levez encore, peut-être que vous pourrez perdre patience et l’agresser… », nous dit le psychiatre Christophe Massin.
Alors comment gérer au mieux ce karma ? L’idée générale mise en avant par les traditions qui parlent de cette notion, est qu’il faut sortir de l’agitation qu’il engendre. Si l’Hindouisme met peut-être un peu plus l’accent sur la transformation du karma par l’action juste, et le Bouddhisme par le détachement, les deux parlent de sortir de la roue de l’existence karmique. Pour eux, notre existence est illusoire et la nature profonde des choses nous reste difficilement accessible tant que nous sommes en prise avec le karma. « Rester dans l’action perpétue notre égarement d’une certaine manière, en ce sens que ça confirme la croyance dans le Moi, qui est dans le cadre de la croyance bouddhique, une illusion », explique Trinlay Tulku. Il n’y a de réalité que Brahman (le Soi suprême), disent les hindouistes. Ils proposent alors de calmer les choses pour ne plus être le jouet de forces qui prennent leur source dans le passé. De sortir d’un mode réactif pour trouver au fond de soi des informations moins contraintes par ce ping-pong de cause et d’effet. De se libérer de tout conditionnement pour atteindre un état transcendant. Et là où les traditions vont souligner la nécessité ultime de s’extraire du karma, d’autres philosophes vont plus mettre l’accent sur le fait qu’au quotidien notre incarnation peut aussi être un véritable terrain d’évolution pour notre conscience. « La conséquence que l’âme recherche en réalité est une croissance dans la manifestation de son être. (…) L’infinité devrait être éternellement capable d’une expression de soi infinie », écrit Sri Aurobindo.
Dans tous les cas, il s’agit de sortir des habitudes pour expérimenter de nouveaux états d’être. « On peut contacter cette notion de justesse. Cela demande d’entrer profondément en contact avec chaque situation présente, dans une ouverture d’esprit qui accueille toute information. Cela va permettre une action aussi proche que possible de ce que demande l’événement auquel nous faisons face. Et là où nous pouvons voir l’effet de cette justesse, c’est lorsque l’action que nous avons posée nous laisse en paix. Une paix durable. Nous avons alors le sentiment d’avoir fait ce que nous avions à faire. Et nous sommes disponibles pour la suite des événements », conclut le Dr Christophe Massin.
Et si vous m'expliquiez le bouddhisme ?, Ringou Tulkou Rimpotché
Éditions J'ai Lu (Août 2004 ; 256 pages)
Souffrir ou aimer , Christophe Massin
Editions Odile Jacob (Mai 2013 ; 252 pages)
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Unis vers l'Uni...
- Par Thierry LEDRU
- Le 07/04/2014
Moi, est une ombre.
Je, est le Soleil.
Soi, est l'Univers.
Nous, est dans l'amour de l'Univers qui unit les Soi.
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Décrochage
- Par Thierry LEDRU
- Le 07/04/2014
Décrochage : Marre de l'école : Les décrocheurs accusent
"Marre de l'école". Une étude réalisée auprès de 1200 jeunes décrocheurs montre que les raisons du décrochage sont variées. Mais la condamnation de l'école revient systématiquement dans leurs déclarations. "Ces résultats soulignent surtout la forte condamnation du système scolaire considéré par les décrocheurs comme inadapté, sélectif et injuste."
Qu'est-ce qui amène des jeunes à décrocher, au sens de l'éducation nationale, c'est-à-dire à quitter toute formation initiale sans avoir obtenu de diplôme ? L'étude écarte donc les décrocheurs passifs, ceux qui dorment au fond des classes, pour ne s'intéresser qu'à ceux qui ont rompu. Pierre-Yves Bernard et Christophe Michaut, maîtres de conférences au CREN, Université de Nantes, ont enquêté auprès de 1155 jeunes.La première caractéristique, qui reste inexploitée par les auteurs, est sociale. Ces jeunes décrocheurs appartiennent aux couches sociales populaires. Un tiers ont des parents ouvriers, un tiers employés. On ne compte que 10% d'enfants de cadres. Quel est le lien entre cette situation sociale et les motifs du décrochage ? La piste reste à creuser.
Interrogés par les auteurs, les décrocheurs mettent en avant des motifs différents. Mais les trois quarts disent d'abord "en avoir marre de l'école". Un quart est en grande difficulté scolaire , difficulté relationnelle souvent car pour eux "l'école ça me saoule". Un cinquième n'a pas de difficultés avec l'école mais la juge totalement inutile. 14% sont totalement découragés à l'idée de préparer un examen. Un tiers décroche parce que attiré par un emploi ou la vie active.
L'étude montre qu'il y a bien une prévention à mener dans l'école pour lutter contre le décrochage. Elle pose la question de l'orientation en fin de collège, moment clé de la rupture. Mais elle met aussi en évidence des ruptures anciennes dès l'école primaire : 77% des décrocheurs ont redoublé, souvent en CP ou CE1. Une conclusion qui rappelle le rapport d'Anne Armand et Claude Bisson-Vaivre : "à l’approche administrative qui a longtemps prévalu, notamment dans la lutte contre l’absentéisme, notre conviction est qu’il faut ajouter une démarche pédagogique et éducative globale seule en mesure de porter des fruits durables".
"Démarche pédagogique et éducative?"...
Et ça consiste en quoi ?
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La couleur du cerveau
- Par Thierry LEDRU
- Le 06/04/2014
La dimension créative est une dimension existentielle et de donner la possibilité aux enfants d'exister entraîne immanquablement l'existence du savoir...
L’école ne valorise qu’un type d’intelligence - matheuse et verbale. Mais des enseignants adaptent de plus en plus leurs cours pour raccrocher les élèves "largués" et booster leur créativité.
Verbale, musicale, corporelle... L'intelligence humaine peut être multiple. (AP/Sipa)A priori, on sait tous très bien à quoi ressemble une leçon de collège sur le complément d’objet direct (COD). C’est un exposé technique de ses fonctions, suivi d’exemples : des phrases écrites au tableau ("Le chat mange la souris. Le chat mange quoi ? la souris. C’est le COD, on souligne."). Efficace pour ceux qui la comprennent, rébarbative, voire carrément absconse pour les autres.
Au collège Jean-Macé de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), on aborde cette question grammaticale avec le même sérieux qu’ailleurs, mais en la regardant par plusieurs bouts de lorgnette : dans un même cours, les élèves de 6e commenceront par classer les phrases et les ranger dans un tableau. Ensuite, ils apprendront grâce à une chanson, avant de mimer avec leur corps la fonction du COD.
Par ces trois activités, ils mettront successivement en œuvre trois types d’intelligence : la naturaliste (ranger, classer), la musicale-rythmique (apprendre par le chant) et la corporelle-kinesthésique (par le mouvement du corps). "Cela permettra à tous les élèves de comprendre ce qu’est un COD et de retrouver le bonheur d’apprendre selon leur profil", vante Anne-Sophie de Chauvigny, professeure de français à Jean-Macé et animatrice, avec huit collègues, de la classe-pilote "Intelligences multiples" depuis un an.
Nuances subtiles
Car oui, les humains disposent chacun de plusieurs "types" d’intelligence comme il existe divers tempéraments. Les partisans des intelligences multiples, dont l’un des grands noms français est le pédagogue Bruno Hourst, regrettent que l’école traditionnelle ne sait valoriser que deux types d’intelligence : la verbo-linguistique (qui axe tout sur l’usage du langage) et la logico-mathématique (qui repose sur la déduction scientifique et logique).
Or, une dizaine de manières d'apprendre et de comprendre les choses peut être mise en oeuvre : en passant par le corps (intelligence corporelle-kinesthésique), par le travail de groupe (interpersonnelle), par l’utilisation de l’espace (spatiale)…
Toutes ces nuances paraissent bien subtiles ? "Mais notre objectif est, lui, très concret. Il s’agit de redonner confiance aux laissés-pour-compte de l’enseignement, tous ces élèves aussi intelligents que les autres qui se jugent nuls parce qu’ils n’entrent pas dans les cases classiques de l’éducation nationale", souligne Myriam Giret, directrice de l’école Notre-Dame à Bressuire (Deux-Sèvres).
Enormément d'investissement
Depuis la rentrée 2013, cet établissement privé a formé la quarantaine de ses profs à prendre en compte les diverses intelligences des collégiens, de la 6e à la 3e. "Bien sûr, cela demande énormément d’investissement et d’énergie de la part des enseignants, car il leur faut adapter une partie de leurs cours pour valoriser toutes les formes d’intelligence", souligne Myriam Giret.
Point confirmé par Anne-Sophie de Chauvigny : "C’est un projet extrêmement chronophage, qui exige de briser les 'évidences' de l’enseignement classique : faire travailler les enfants en équipes plutôt que de les empêcher de copier les uns sur les autres, créer des interactions entre enseignants plutôt que rester chacun dans son coin, associer davantage les parents, devenir des accompagnateurs pour chaque élève plutôt que des professeurs d’estrade…"
En lieu et place des devoirs sur table, les élèves de 6e de Jean-Macé peuvent en effet écrire et jouer des saynètes, faire des sculptures, chanter des chansons… "Il faut que nous, enseignants, nous mettions à l’écoute de la créativité des élèves qui, quand on les stimule, proposent très rapidement des idées, des manières d’illustrer les leçons, martèle Anne-Sophie de Chauvigny. J’entends régulièrement des : 'Madame, on pourrait faire ça comme ça aussi' et je m’adapte. Naturellement, c’est moins confortable que de réciter un cours à des oreilles passives, mais l’on est soudain du côté de la vie."
"Trucs de bobos"
La directrice de Notre-Dame à Bressuire ne dit pas autre chose : "Il est arrivé à certains de nos élèves de manquer une récréation pour finir un travail, tellement ils étaient happés ! Ils ont produit des slams stupéfiants, par lesquels ils ont sorti des choses personnelles que nous n’aurions jamais soupçonnées".
Bien sûr, cette liberté d’expression octroyée aux élèves peut faire peur à certains enseignants : "Quelques-uns de mes collègues haussent les épaules en disant : tout ça, c’est des 'trucs de bobos'", reconnaît Anne-Sophie de Chauvigny dont, pourtant, le collège classé "zone sensible" ne rassemble pas vraiment les publics favorisés des centres-villes...
Elle admet aussi que les intelligences multiples ne résolvent pas tous les problèmes : "Les difficultés des élèves à l’écrit restent très importantes, et nous ne disposons pas encore d’outils assez performants". Mais elle est convaincue : "Nous incarnons l’avenir de l’Education nationale, c’est le bon sens même".
Regardée avec clémence, mais aussi avec une certaine distance, par la hiérarchie de l’Education nationale - laquelle n’a pas alloué un centime supplémentaire à sa classe-pilote -, l’enseignante se demande comment elle va payer l’équipe des chercheurs qui l’aident dans sa tâche. "Je recherche 15.000 euros auprès de mécènes privés." Quelqu’un aura-t-il l’intelligence de l’aider ?
Arnaud Gonzague – Le Nouvel Observateur
Publié le 05-04-2014 à 11h09
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Connexion
- Par Thierry LEDRU
- Le 06/04/2014

"L'impression d'être au-dessus de leurs deux corps unifiés, l'impression d'être une conscience qui s'observe. Elle était venue le chevaucher, elle avait pris son sexe dressé entre ses mains et elle l'avait guidé...Embrasement, flamboyance, des galaxies d'étoiles pétillantes...
Il avait déjà connu cet état de conscience modifiée. C'était une nuit sans lune, des étoiles comme des flocons punaisés sur le tissu noir de l'Univers. Il était sorti manger une pomme. Il aimait ce rituel. Un instant suspendu dans le silence de la nuit, l'immobilité du monde.
Il avait croqué une première bouchée, il avait longuement mastiqué, tourné la chair dans sa bouche, il s'était délecté du jus glissant dans sa gorge, il avait fermé les yeux et le noir de l'Univers l'avait envahi...
Deuxième bouchée. Le bruit de la chair déchirée, comme un don de vie, une création emplie d'énergie solaire coulant en lui, venant nourrir la Vie qui ruisselait dans ses fibres...Transfert d'énergie. La Vie se nourrissant elle-même.
Oui, c'était cela.
La pomme n'était pas une pomme. Et il n'était pas lui-même le bénéficiaire.
La matière n'était qu'une apparence mais il y avait autre chose à saisir.
Troisième bouchée...
Tout ce que nous mangeons a été nourri par la Vie et c'est la Vie qui vient nourrir la Vie en nous.
C'est là qu'il a senti qu'il n'était pas en lui. Une observation extérieure. Il avait conscience de manger une pomme mais il avait surtout conscience d'être en état de conscience.
J'ai conscience.
Je suis une conscience.
Les deux tournures n'avaient pas la même portée. Un choc immense.
La première expression maintenait l'individu dans une identification égotique. "J'ai conscience"...Comme on dirait "j'ai réussi", "j'ai de l'argent", "j'ai bien gagné ma vie". Une idée de l'avoir comme un objectif suprême.
La conscience n'était plus dès lors qu'une possession, une excroissance sortie d'un mental dominant, une raison qui s'observe...
Non, ça n'était pas cela, c'était trop insignifiant, trop réducteur, trop humain finalement. Un détournement du Réel pour enjoliver une réalité adorée.
"Regardez-moi, regardez-moi, j'ai conscience d'être moi..."
Dérisoire, d'une immaturité effroyable.
Il n'avait pas conscience de tout cela... Il était la conscience de tout cela.
Et c'est là que tout avait basculé.
Il était la conscience. Et non pas lui-même. Il ne mangeait pas une pomme. Il mangeait la conscience matérialisée de la Vie.
Il avait déjà vécu cet état.
Non, mauvaise tournure.
Il avait déjà été dans cet état.
Non, mauvaise tournure.
Il avait déjà été cet état.
Oui, voilà, c'était cela.
Il était la conscience. Il n'était pas dans un état de conscience. Puisqu'il n'était rien d'autre qu'un support.
Il était en dehors du support. Il était en dehors de la réalité matérielle.
Il était le Réel. Il était la conscience.
Non, mauvaise tournure.
La conscience était lui...Inversion des appartenances. Rétablir les hiérarchies. Il n'était qu'une expérience, une excroissance, une forme chargée d'explorer la Vie en elle-même.
Nous étions tous des parcelles d'une conscience et l'acte d'aimer plongeait les individus dans la joie sublime de l'Univers qui s'observe.
Elle était venue s'allonger sur lui. Enflammée par le désir.
Il avait plongé en elle comme au coeur d'un soleil. Il avait senti cascader dans ses fibres des particules vivaces, comme des courants électriques.
Il était au-dessus des deux corps unifiés et il voyait l'aura lumineuse enlacer d'une clarté orange les arabesques dansantes de l'amour en eux.
Connexion. Comme deux entités aimantées, imbriquées, emboîtées, fusionnées. Leurs sexes comme le point de rencontre du flux originel, reconstitution de l'Un dans les deux.
Se brancher sur l'énergie et la laisser se diffuser, user du canal corporel pour créer une passerelle.
Il avait plongé dans ses yeux et il avait vu la création se réjouir. Ele n'était pas elle, il n'était pas lui. Ils étaient l'énergie.
Il ne caressait pas le corps de la femme qu'il aimait mais les particules unifiées d'une conscience et cette conscience les observait et jouissait de l'amour qu'elle diffusait en eux.
Du haut des cieux, il vit son corps se tendre et son sexe gonfler, il sentit le corps de sa Déesse s'abandonner au flux électrique, il sentit le placenta qui les unifiait se charger de crépitements, il vit les étincelles, il suivit dans ses fibres le torrent se répandre.
Et sitôt l'avalanche calorique répandue, son sexe se chargea de nouveau de la même puissance. Il serra dans ses bras le corps électrisé de sa compagne et plongea plus haut encore. Comme si chaque pause se diluait à des altitudes inespérées, comme si les horizons à atteindre se révélaient inexorablement, infiniment...Infiniment...
Ils étaient la conscience de l'Univers et l'Univers jouissait en eux."
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L'enfer
- Par Thierry LEDRU
- Le 03/04/2014
Nicolas Sarkozy, Queen Elizabeth, et Vladimir Poutine meurent en
même temps et se retrouvent en enfer.
A leur arrivée, ils repèrent un téléphone rouge et immédiatement
demandent quelle en est l 'utilité.
Le diable leur dit qu'il peut être utilisé pour appeler la terre
dans des circonstances exceptionnelles.
Considérant tous les trois que les circonstances sont
exceptionnelles car ils n'ont pas eu le temps de régler tous leurs problèmes, ils décident de demander s'ils peuvent s'en servir.
Poutine demande donc à appeler la Russie, il parle pendant 5 minutes et le diable lui dit qu'il lui doit 1 million de Roubles.
Poutine fait un chèque...La Reine Elisabeth demande donc à son tour à appeler l'Angleterre.
Elle parle pendant 20 minutes et le diable lui demande 6 millions de
livres. Elle paye.Nicolas Sarkozy à son tour prend le téléphone, appelle la France et parle pendant 4 heures. A la fin de l'appel le diable lui dit qu'il doit 5 euros.
Quand Poutine entend cela il rentre dans une rage épouvantable et demande au diable pour quelle raison Sarkozy est traité de manière préférentielle.
Le diable sourit et lui dit que depuis que François Hollande est devenu président, la France est devenue un enfer et que c'est donc un appel local.
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Peillon m'a tuER
- Par Thierry LEDRU
- Le 03/04/2014
Hamon va m'enterrer...
Rythmes scolaires : Hamon gardera le cap
© Reuters
DANS LA CONTINUITE - Benoît Hamon n’a pas l’intention de revenir sur les réformes de son prédécesseur.
Le remaniement terminé, les ministres prennent leur poste et ouvrent le bal des conférences de presse. A l’Education, Benoît Hamon a tenu à apporter une réponse ferme et définitive à ceux qui demandent une abrogation de la réforme contestée des rythmes scolaires : c'est non. Le nouveau ministre de l’Education nationale compte inscrire son action dans la continuité de celle de son prédécesseur.
Mieux accompagner… Tel un élève qui aurait besoin d’heures de soutien, Benoît Hamon a promis depuis la rue de Grenelle un meilleur accompagnement de la réforme. Le nouveau ministre de l’Education nationale a plaidé pour une vision plus proche du terrain de celle-ci, promettant d’aller "cogner à la porte de la salle des profs". Le principal syndicat du primaire, le Snuipp, ne peut qu'apprécier, il avait reproché à Vincent Peillon d'avoir voulu piloter de trop loin, une réforme complexe pour les écoles et les communes.
Sans payer plus. Au delà de son fonctionnement, la réforme des rythmes scolaires est par ailleurs coûteuse à mettre en place. De ce côté-là, les syndicats ne croient pas à une enveloppe budgétaire supplémentaire. Ils espèrent toutefois un peu de souplesse de la part de la nouvelle équipe ministérielle. Par exemple, la possibilité de reporter la mise en application de la réforme dans les villes qui ont le plus de mal à s'organiser.