Blog
-
La désillusion des enseignants
- Par Thierry LEDRU
- Le 02/04/2014
La désillusion des enseignants
http://www.maif.fr/enseignants/prevention-ecole/dossiers-speciaux/desillusion-des-enseignants.htmlLoin des tambours battant du sensationnalisme ambiant, nous avons recueilli le témoignage d’un ancien professeur. Un seul, parmi tant d’autres, de façon à bien comprendre comment la mécanique peut s’enrayer. Il nous raconte, comment et pourquoi il a, petit à petit, tourné le dos à ce qui était jadis une véritable vocation
pour lui.Lionel Coutancier est un enfant de la balle. " Prof, c’est une maladie qui se transmet souvent par les parents " dit-il en s’amusant. A la fin du lycée, marqué par certains professeurs, il veut à son tour renvoyer l’ascenseur. Il le répètera plusieurs fois pendant l’interview : " J’y croyais ". Ainsi débute sa quête du partage du savoir. S’ensuit alors le parcours " classique " : DUT, IUFM et un CAPES de construction mécanique, jusqu’aux premières classes.
Bons débuts
La carrière du novice démarre tout à fait convenablement. Prof dans un lycée technique à Montargis, il enseigne les sciences de l’ingénieur (S-SI), auprès de 120-130 élèves par an.
Les jeunes n’y sont pas enragés, mais ils ne sont pas dociles non plus. Lionel enseigne la matière principale, à savoir la construction mécanique. " Je bénéficiais donc d’une plus grande écoute que dans d’autres matières au coefficient moins important ". Le débutant se rend compte de cette chance lorsqu’il retrouve certains de ses collègues, au bout du rouleau, en pleurs dans la salle
de repos.Premières distorsions
Si le rapport avec les jeunes reste au beau fixe durant la dizaine d’année pendant laquelle Lionel enseigne, les liens avec le système éducatif dans son ensemble, eux, s’étiolent petit à petit. Et les premiers signes de ras-le-bol ne vont pas tarder à se faire sentir. Très vite, le jeune homme ressent un décalage entre ce que l’on exige des élèves et ce qui se trouve dans les programmes.
Il éprouve une sorte de distorsion qui lui fait peu à peu perdre ses repères. Le jeune enseignant prépare ses cours de façon intense, en vain, puisque des directives souvent absurdes, ruinent son boulot. " Avec mes collègues, on en arrivait à se demander pourquoi est-ce que l’on travaillait autant nos cours, tant les impératifs de notre direction nous en éloignaient ".Marre
Quelques années après ses premières classes, Lionel fait partie du comité de correction des épreuves du bac S-SI. Le procédé est simple : il ne corrige qu’une question par copie. Toujours la même, puis il tend la feuille à un confrère qui en corrige une autre et ainsi de suite. Ce jour là, l’inspecteur fait irruption dans la pièce et explique aux correcteurs qu’il faut x % de réussite. Ce qui donne très vite au jeune homme la désagréable impression d’attribuer des notes avant même d’ouvrir les feuilles d’examen. " C’est à deux vitesses, conclut Lionel, on formate les élèves par rapport aux épreuves et après on reçoit des consignes de l’inspection comme quoi il faut mettre des bonnes notes pour valoriser les élèves. Mais nous, est-ce que ça nous valorise ? ".
Année après année, la lassitude le gagne. Une véritable gangrène pour un passionné. " Ce que j’enseignais n’avait plus de sens ". Pire encore, le professeur n’arrive même plus à envisager l’avenir de ses élèves. Au fil des cours, il a l’impression de leur transmettre des connaissances anecdotiques. " Je mesurais l’équilibre entre ce que je comptais enseigner en début d’année et les informations transmises en fin d’année. Et le bilan n’était pas probant. De moins en moins ".
Troc tableau contre écran
Jadis sportif de haut niveau, Lionel n’est pas du genre à baisser les bras. Las de sa déconvenue, si la grande aventure humaine qu’il croyait vivre bat de l’aile, il demeure persuadé de pouvoir encore tirer un intérêt de son métier et d’entraîner les élèves avec lui. Il se jette alors tête la première, dans la gestion du parc informatique de son lycée, soit 400 ordinateurs en réseaux. Son objectif : rendre viable et robuste ce matériel et former scolaires et professeurs aux nouveaux logiciels. Il s’y consacre à fond, à tel point qu’il reçoit même une petite rémunération supplémentaire. " Pas de quoi construire une maison " ironise t-il. Malheureusement, le projet s’enlise. C’est la fois de trop, cette expérience lui permet de comprendre que l’informatique a pris le pas sur l’enseignement. " Une chance, reconnaît-il, je ne sais pas ce qu’il me serait arrivé si je n’avais
pas eu cette bouée de sauvetage ".Il est donc prêt à tout pour quitter l’Éducation nationale. Seulement, les procédures de départ n’existent pas. Il demande donc une disponibilité qu’il n’obtient pas. Sa seule escapade possible passe alors par un nouvel emploi. " Allez donc convaincre un employeur du privé que vous pouvez faire autre chose qu’être enseignant après 10 ans de classes ! ". 300 CV plus tard, Lionel décroche un poste. Il donne donc sa démission. Ironie du sort, son nouveau contrat débute un
1er août. " Fini les 2 mois de vacances d’été, mais au moins, je n’ai pas abandonné mes élèves en cours d’année ".Un nouveau départ
Aujourd’hui Lionel est ingénieur chez Bull, une boîte de développement informatique. Il manage une équipe chargée des développements mécaniques et thermiques. Il revient sur son passé ni avec regret, ni avec dégout. Il reste encore très proche de certains de ces anciens collègues. Il est surtout très concerné par la situation des enseignants. " Ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’il faut vraiment y croire, au delà tout. Et aujourd’hui, j’ai le sentiment que c’est inapplicable ". Il reste persuadé que pour faire fonctionner ce métier il faut une authentique prise de conscience, à l’échelle nationale. " Il existe une énorme différence entre le système scolaire dont on rêve et celui que l’on peut se payer. Avec -15 % sur le budget, je pense que le calcul sur l’investissement national est mauvais ! Une inconnue m’échappe dans l’équation ".
Lorsqu’il croise de jeunes gens qui se destinent à intégrer l’Education Nationale, Lionel ne les décourage pas, mais il les met en garde. " Il faut vraiment se demander s’il on est fait pour cette carrière. Aujourd’hui, on attend d’un prof qu’il soit talentueux. Ce n’était pas mon cas. Je pense que j’étais bon, mais je n’avais pas cette flamme que certains possèdent. J’entends souvent des étudiants évoquer les fameuses vacances du monde enseignant en guise d’argument. Attention, ce n’est pas quelque chose qui compte à côté des frustrations que cette profession peut engendrer ".
S’en sortir ensemble
Lionel Coutancier n’est évidemment pas un cas isolé. Selon le Livre vert sur l'évolution du métier d'enseignant, de Marcel Pochard, 46 % des enseignants du premier degré et 39 % de ceux du second degré songent à quitter leur métier... Peu d’autonomie, pas assez de reconnaissance, conflits, responsabilités ambiguës, sentiment d’injustice, recherche d’un sens… Les psychologues, sociologues et professionnels de l’école interrogés envisagent une des solutions à la morosité ambiante par une approche collective du problème. " Les enseignants doivent se mettre autour d’une table, chercher des solutions ensemble, avec le soutien de la direction ". La difficulté à créer des rapports de proximité entre la hiérarchie et les professeurs, revient régulièrement dans les témoignages. " Chaque corps ne va pas l’un vers l’autre. C’est dommage, car quand les enseignants ont un sentiment d’efficacité collective, ils mettent en œuvre des stratégies de résolution des problèmes : cela a un effet positif ", observe Nicole Rascle, vice-présidente de l’université Victor Segalen-Bordeaux 2 et Professeur de Psychologie.
Pour Lionel, une refonte de la formation des enseignants s’impose, notamment sur le développement des compétences humaines. " La façon de recruter est singulière. On met de côté nos aptitudes de passeurs de savoir et à la place on nous fait faire des dissert’ ". Nicole Rascle abonde. Selon elle, l’enseignant ne doit pas trouver seul la bonne distance, entre vie privée et vie professionnelle, avec les élèves, avec sa hiérarchie. " Comme la formation psychosociale est très faible, les professeurs risquent de développer des stratégies de défense et de survie. On remarque d’ailleurs chez les débutants, dans le premier degré, le développement d’une pratique traditionnelle de l’enseignement comme la punition, les avertissements, les cris. Ce qui est une stratégie de survie, pas de travail ".
Ainsi, il ne suffit plus d’un cours bien préparé, pour réussir à le transmettre et obtenir un retour valorisant. " Un programme bien ficelé fonctionne moins bien qu’un projet collectif, aujourd’hui indispensable à l’épanouissement et au bon fonctionnement, mais cela nécessite une autonomie " observe Lionel, pourtant aujourd’hui bien loin des tracas de la cause enseignante. Puis, après un bref silence, il conclut par la question suivante, peut-être la clé d’un épineux problème, si elle trouvait si ce n’est une réponse, au moins un écho : " Les enseignants ont-ils suffisamment d’autonomie et de marge de manœuvre ? ".
-
Compost émotionnel.
- Par Thierry LEDRU
- Le 02/04/2014
Ne pas manger en pleine conscience revient à avaler quelque chose.
Manger en pleine conscience revient à insérer la Vie en soi puisque tout ce que nous mangeons a vécu, a connu en soi l'élan vital, le flux nourrissier.
Tout ce que nous mangeons a été nourri par la Vie et c'est la Vie qui vient nourrir la Vie en nous.
Ne pas penser en pleine conscience revient à intoxiquer l'âme par l'ingérence d'émotions. Les émotions sont les parfums des pensées. Ces parfums peuvent être délicieux ou repoussants, apaisants ou perturbants. Ne pas les recevoir en pleine conscience revient à intoxiquer l'individu comme s'il avalait des aliments toxiques. Au lieu d'être digérés, ces aliments pourriront indéfiniment dans l'être. Il se peut que du compost jaillisse un jour une plante rebelle, un désir d'altitude et de lumière. Il se peut aussi que ce compost reste infertile jusqu'à la mort.
Il s'agit donc d'observer les pensées comme on observerait les aliments dans notre assiette avant de les manger. Comprendre que les émotions générées par les pensées ne sont que des parfums épisodiques, que ces parfums n'ont pas d'importance intrinsèque, qu'ils ne sont que des accompagnements et non les éléments essentiels. Ce qui est essentiel n'est pas l'acte de penser mais l'acte d'observer la pensée et plus profondément encore d'observer celui qui observe les pensées. Il s'agit de remonter à la Source et de parvenir donc à s'extraire de l'acte lui-même. Les émotions ne sont que des parfums éphémères et l'acte de se nourrir n'est qu'un instinct. Il n'y a là-dedans aucun éveil à soi, juste des données superficielles.
Penser est un phénomène automatique et tout comme on pourrait s'intoxiquer à manger n'importe quoi n'importe comment, l'individu court le risque d'intoxiquer son âme à penser inconsciemment, à n'être qu'une machine à penser, lancée dans un mouvement perpétuel, sans aucun chef d'orchestre.
Penser peut devenir une cacophonie ou être une véritable symphonie.
Il n'est pas question de rejeter les émotions, de vouloir s'en protéger, de bâtir autour de soi une muraille de Chine...Tout comme cette défense millénaire, l'individu ne pourra combler toutes les brèches et les émotions entreront comme des nuées de Barbares. C'est l'intention de les refouler qui génère l'impression d'avoir affaire à un ennemi...C'est l'idée que l'on se fait du mal qui lui donne vie...Nous sommes responsables de notre inconscience.
Les citadeles s'écroulent inévitablement. Il ne sert à rien de s'épuiser à vouloir se protéger.
Ces émotions Barbares ne sont l'ennemi de personne car il n'y a personne dès lors que les émotions sont ingérées sans aucune conscience. Il n'y a qu'une machine...
Les aliments ne sont pas toxiques lorsqu'ils sont avalés en toute conscience étant donné que l'individu est Maître de lui-même et qu'il absorbe la Vie pour nourrir la Vie en lui. Il est impossible dès lors qu'il se gave de nourriture au-delà du nécessaire ou qu'ils en viennent à avaler des produits néfastes.
Les émotions peuvent nous appartenir, non pas dans leur développement mais dans l'observation qui en est fait. Si je suis sur la route et qu'un obstacle survient, la peur jaillira comme un éclair mais elle est là pour me sauver car elle insuffle dans mon organisme l'adrénaline qui viendra décupler mon potentiel physique. Nous avons hérité des expériences de vie de nos plus lointains ancêtres et la peur a contribué à leur survie.
La sensation entraîne la pensée qui entraîne l'émotion. L'émotion n'est qu'une excroissance, comme le parfum des aliments et si les émotions sont mal vécues, c'est à l'individu de comprendre le phénomène.
Il était de notre mission d'apprendre à gérer ces émotions et leurs effets à travers une réception pleine et entière, un acte de conscience permanent. Il est de ces situations dans lesquelles les émotions seront spontanées, immédiates, totalement instinctives et il en est d'autres où ces émotions ne seront que la résultante de l'interprétation mentalisée que nous faisons de la situation intiale...Des émotions primaires et des émotions secondaires. Secondaires dans le sens où elles sont clairement élaborées par l'individu, non pas dans une fulgurance incontrôlée mais dans une perdition volontaire...Une victimisation intentionnelle. Effroyable constat.
Je suis en plein dedans en ce moment...
Cette décision de quitter l'enseignement et cette impression de désastre qui en résulte.
Un parfum pestilentiel. Mais c'est moi qui le génère et non la situation elle-même, c'est ma façon de recevoir en plein coeur ce sentiment de gâchis...
Il s'agit dès lors de ma part d'une interprétation, comme si je pouvais juger à priori de ce que la Vie me propose... Je porte un jugement et du coup, je me condamne tout seul.
Il s'agit donc que je reprenne l'observation de tout ça, il s'agit de comprendre les raisons de ces perceptions. Est-ce que j'ai envie qu'on me plaigne ? Est-ce que j'ai envie de rajouter au désastre une nausée bileuse, jusqu'à ne plus pouvoir "digérer"...?
Il faut rester lucide, ne pas se laisser déborder. Les émotions ne sont pas tombées en moi comme un virus...
Suis-je uniquement un réceptacle similaire à un compost ? Ou suis-je celui qui décide d'user lucidement du compost ?...
Mes émotions sont les ferments des prochaines pousses. Il faut absolument rester ancré vers l'accession à la lumière, retrouver en soi le flux créateur et non entretenir un pourrissement néfaste.
-
Conscience de la compréhension (spiritualité)
- Par Thierry LEDRU
- Le 01/04/2014
"J'ai conscience aujourd'hui que je m'étais trompé."
Cette expression qui utilise le mot "conscience"...
"J'ai bien conscience du problème. "
"J'ai conscience que c'est un moment difficile. "
Est-ce qu'il s'agit réellement d'un état de conscience ou juste d'une compréhension de la situation ?
Il ne s'agit évidemment pas d'un même niveau... de conscience...
Selon la définition du larousse, la conscience "serait" une connaissance intuitive ou réflexive immédiate que chacun a de son existence et de celle du monde intérieur.
Il est important d'utiliser le "serait"...
"Avoir bonne conscience."
"En mon âme et conscience."
"Soulager sa conscience;"
On trouve ici une dimension qui est au-delà de la simple compréhension d'une situation. Mais de quoi s'agit-il ? On n'en sait rien pour autant.
La conscience apparaît comme une entité séparée du mental, oeuvrant à renvoyer à l'individu l'observation en lui-même de sa propre compréhension.
Il ne s'agit donc pas simplement de comprendre une situation, les imbrications de chacun, les tenants et les aboutissants, de faire juste une analyse de tous les paramètres MAIS de prendre conscience simultanément du travail en soi pour élaborer cette compréhension. C'est toujours cette idée nécessaire de faire de l'apprentissage de la connaissance une découverte de soi. Accumuler un savoir sans avoir conscience des processus en soi revient à devenir une encyclopédie qui ne sait rien d'elle-même...
La conscience serait donc une zone diffuse, une "énergie" ayant la capacité de percevoir et de SE percevoir en train de percevoir et tout autant d'observer en soi la conscience prenant conscience de sa propre compréhension. C'est un horizon sans fin comme ce peintre qui se peint dans un tableau en train de se peindre lui-même et encore lui-même et encore lui-même jusq'uaux confins de l'horizon et sans que jamais rien ne vienne indiquer le point final.
Il nous reste à nous explorer.
J'ai conscience que la situation de l'école française est catastrophique.
Je n'ai pas simplement compris ce que ça signifie dans la réalité et les dégaâts qui s'accumulent, j'ai conscience également que personnellement, c'est un désastre, un sentiment de culpabilité de ne plus rien pouvoir faire, un sentiment de gâchis au regard de mes trente-deux ans de carrière, une tristesse profonde à imaginer ma propre sortie de route.
J'ai conscience de toutes les émotions que tout cela génère en moi.
J'ai conscience des réflexions existentielles que tout cela produit.
J'ai conscience de cette observation de ces émotions et de l'approfondissement constant des réflexions.
J'ai conscience de ma tentaitve de sortir par le haut de ce bourbier, d'y puiser l'énergie pour continuer mon propre chemin.
J'ai conscience de cette énergie qui me nourrit.
Je l'observe...
J'observe la conscience qui s'observe.
Mais qui observe de tout en haut ?
-
Il m'en restait une belle...
- Par Thierry LEDRU
- Le 01/04/2014
Les représentants des parents d'élèves du groupe scolaire Ordener.
[*] Parente d'élèves Groupe scolaire Ordener
14/09/2013, 10h50
Monsieur Raffalli, Monsieur Mandon, Monsieur Peillon, Monsieur Valls,
Nous vous demandons la cessation de la mise en place de la réforme des rythmes scolaires sur la ville de Ris-Orangis, suite aux nombreux dysfonctionnements avérés depuis son démarrage.
Nous avons demandé à Monsieur Raffalli en personne, le 15 Mars dernier, lors d’un entretien collectif, d’adresser une demande de dérogation pour la rentrée 2014, afin que la mise en place de cette réforme se fasse dans des conditions optimales. Monsieur Raffalli s’y est opposé. En revanche, il s’est engagé face à nous, à reculer si ses services n’étaient pas prêts pour le 03 Septembre 2013.
Nous, représentants des parents d’élèves du groupe scolaire Ordener, étions confiants sur cette promesse. Et depuis cette date, nous avons constamment chercher à travailler avec la Municipalité dans un esprit constructif et sincèrement dévoué.
Constat d’un échec
SECURITE
- Le nombre d’intervenants prévu par la loi, que vous connaissez, est de 1 pour 18 en élémentaire et 1 pour 14 en maternelle. Depuis la rentrée, il n’a jamais été respecté. Des mains courantes seront à votre disposition.
- Le peu de personnes affectées se répartit de la façon suivante : animateurs de centres aérés, CAP Petite Enfance, secrétaires administratives…
A l’heure actuelle nous déplorons dix incidents graves :
o Des élèves, dont des CP, se sont retrouvés seuls sur la voie publique
o Des élèves de CM2 se sont échappés du temps d’étude
o Des violences verbales et physiques ont été constatées entre enfants et envers les animateurs
o Des enfants on été récupérés à la sortie de l’école sans vérification au préalable de l’identité des personnes venues les chercher, donc confiés à des inconnus.
TAP :
- Nous sommes très loin des « supers » intervenants proposés par la Mairie dont les projets éducatifs faisaient rêver :
- Exemples :
o Football : 60 enfants jouant au ballon dans la cour *
o Arts plastiques : dessin autonome sans consigne
o Chant : comptine maternelle pour CM2 sans texte
o Tennis : sans raquette et sans balle
o Voile : l’animatrice du « pedibus » ne sait pas où se trouve la Seine
o Vivre ensemble : activité « scoubidou » pour les 4 ans
o Cuisine : l’intervenant avec un projet pertinent ( lien avec le menu de la cantine, bases de la nutrition saine,…) était présent le jour de la rentrée mais dans l’incapacité d’exercer son activité car les locaux ne sont pas équipés dans cette école et pour cause : les repas sont livrés tous les jours. Il a donc pu pallier à l’absence de l’éducateur sportif du football. cf : football*
D’autre part, le matériel doit être fourni par les services de la Mairie. A ce jour il est inexistant et les animateurs utilisent les fournitures des classes.
En conclusion, il s’agit d’une « usine de gardiennage dangereuse » très éloignée des ambitions de votre décret :
« Les élèves pourront accéder à des activités sportives, culturelles, artistiques qui contribueront à développer leur curiosité intellectuelle et à renforcer le plaisir d’apprendre et d’être à l’école ».
EMPLOI DU TEMPS :
Les horaires de sortie à géométrie variable : 15 H 30 ou 16 Heures ou 16 heures 30 ou 17 heures et différents de la Maternelle à la Primaire.
Les APC, interdits sur le temps du midi, comme nous l’a assuré Mme Villers de l’Inspectrion Académique de l’Education Nationale, ont été imposés à 16 heures créant une désorganisation incontrôlable. Le résultat et le bénéfice des élèves se trouvant réduit à 10 minutes au lieu de 30 et au moment bien sûr où la concentration de l’enfant est à son maximum !! Comme l’indique vos études physiologiques :
« un allègement des journées et une programmation des enseignements aux moments où la faculté de concentration des élèves est la plus importante » c'est-à-dire le matin.
Conclusion : les élèves, les parents, les enseignants, les animateurs, tous déboussolés sont dans un état de fatigue, de nervosité et de colère à seulement 15 jours de la reprise.
CENTRE AERE :
Le transport en car s’effectue par des chauffeurs qui ne connaissent pas leur destination.
La surcharge non anticipée des centres aérés le mercredi après midi a entrainé le déjeuner de certains enfants à 14 heures : 7 heures sans manger et ayant pu pratiquer une activité sportive de 2 heures le matin.
Tous les enfants de maternelles n’ont pas pu faire la sieste car il n’y avait pas assez de lits et de draps.
Au vu de ses quelques éléments, il va s’en dire que la Mairie de Ris-Orangis manque de moyens financiers, matériels et humains pour gérer la mise en place de votre réforme dans des conditions acceptables et sécurisées et c’est à ce titre que nous vous interpellons :
- Pas de base de données partagée : 3520 formulaires d’inscription aux TAP à saisir à la main et il est toujours impossible à la Municipalité de fournir des listes par atelier. Les répartitions se font aléatoirement au jour le jour. Sans compter que de nombreux enfants restent encore à l’école alors qu’ils ne sont pas inscrits.
- Aucune coordination entre les différents acteurs de cette réforme d’autant plus que les coordinateurs eux même ne sont pas clairement nommés.
- Pas de réactivité aux problèmes de sécurité identifiés pourtant remontés quotidiennement auprès des services municipaux.
- Pas de signatures de contrat effectives des intervenants ayant démarré depuis 15 jours leur activités.
- …
Nous pourrons vous fournir des témoignages de parents et d’enfants en complément de ce bilan peu reluisant.
Après avoir tenté le dialogue et la démarche collaborative, nous vous informons de notre colère et nous transmettons cette lettre ouverte aux médias : Libération, L’Express, Le Monde, le Républicain, le Canard Enchainé, Marianne, Rue89… afin de nous faire enfin entendre.
D’autres actions sont en cours…
Pour un projet de cette ampleur, ne pensez vous pas qu’il eut été judicieux voire indispensable de procéder à une phase de test à travers des établissements pilotes plutôt que de prendre nos enfants pour des cobayes.
Au nom des enfants, des parents, des enseignants et des animateurs, nous vous prions de mettre un terme à cette machine infernale.
Salutations distinguées apolitiques.
Les délégués des parents d’élèves du groupe scolaire Ordener
Ris-Orangis, le samedi 14 Septembre 2013. -
Une dernière pour la route...
- Par Thierry LEDRU
- Le 01/04/2014
2014-04-01 17:42
https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1376138332663024&id=207717196035071
Coup de gueule d'une instit de maternelle
Maîtresse Alice (Strasbourg)
Ras le bol des classes surchargées en maternelle !
26 élèves en moyenne par classe ! Des millions d'enfants entassés !
Comment voulez vous bien « élever » des enfants s'ils sont trop nombreux en classe ?
Quel est l'espace vital minimal dans un enclos pour un chien? 5 m2. Pour élever un poulet bio? 4 m2. Et pour un enfant scolarisé en maternelle? Pas de norme, mais une simple recommandation de 60 m2 pour 30 élèves, soit moins de 2 m2 par enfant sans compter les tables, les armoires et les adultes...
Il y a 2 enfants en moyenne par famille. En crèche 6 pour un adulte, 8 par adulte s'ils marchent. Et subitement 26 par classe lorsqu'ils entrent à l'école. Vous trouvez ça normal, vous ? En Europe, c'est 20 par classe la moyenne... La France, mouton noir de l'Europe en ce qui concerne l'encadrement !
Mettez vous à la place de ces enfants qui quittent leurs parents pour se retrouver noyés dans la masse de leurs camarades.
En tant qu'enseignante, je vois bien la souffrance de certains. Pas assez de place sur les bancs : ça pousse des coudes... Bousculade dans les WC. Pendant les ateliers, pas assez de place pour tout le groupe, alors c'est la course pour ne pas être celui sans. Pas de place pour accrocher les manteaux : ceux qui ont des poux à répétition les refilent aux autres... Trop de bruit dans la classe : la maîtresse porte des boules Quiès. Des coups par ci des coups par là : les plus faibles en pâtissent. De 7 à 8 enfants par groupe, alors je ne peux pas bien s'occuper de chacun...
Et que dire de la pédagogie ? Le ministère voudrait faire de nous des pédagogues plus modernes, plus respectueux des besoins des enfants, mais comment faire ? Plus il y a d'enfants dans une classe et plus le moule dans lequel nous devons les faire rentrer est petit. J'entends les cris des autres instits de l'autre côté du mur. Moi, je ne crie pas mais je n'hésite pas à punir, à menacer. Les enfants restent assis sur le banc pendant la récréation pendant que les autres jouent. Et ils peuvent pleurer, appeler leur mère, rien n'y fera. Pendant certaines récrés, il peut y en avoir 5 sur les bancs, interdit de s'amuser. Ils doivent apprendre à respecter les règles de base de la classe sinon c'est le bazar, à m'obéir pour certains, sinon je n'aurai plus la maîtrise de la classe.
D'autres tentent d'être moins sévères et se retrouvent avec une classe qu'elles ne peuvent plus contrôler. Les enfants n'écoutent plus leur maîtresse lorsqu'elle parle. C'est le foutoir, ils se lèvent quand ils veulent, défient les adultes, restent impunis, font parfois souffrir les autres sans conséquence pour eux.
Mais comment voulez vous pratiquer une éducation moderne dans des classes qui ne peuvent être contrôlées que par une éducation stricte et traditionnelle ?
Quant à leur réforme, je la maudis ! Nous accueillons les enfants dans des conditions médiocres, voire honteuse pour la France et ceux d'en haut, tout ce qu'ils trouvent à faire, c'est de contraindre les enfants à venir plus souvent et plus longtemps dans de telles conditions... et bien ils seront dégoûtés de l'école comme la plupart d'entre nous commence à être dégoûtés de notre métier. Je maudis ces politiques qui n'écoutent pas les besoins des élèves, qui ne font pas confiance aux professionnels que nous sommes... Dans un sondage sur les priorités pour améliorer l'école, les profs mettaient en premier la diminution de cette moyenne d'enfants par classe... et en dernier sur plus d'une dizaine de propositions, les changements d'horaires !
Je n'ai pas choisi ce métier par vocation. Et pourtant lorsque j'avais 24 élèves, j'y ai trouvé mon compte. Mais avec 30 enfants depuis plusieurs années, je commence à me poser des questions. Un droit de grève devenu inefficace... Moins d'argent et pas qu'un peu... Et maintenant il faut venir travailler le mercredi ? Ce jour me permettait de me ressourcer, de préparer la fin de la semaine... De partager du temps avec mes enfants... La gauche a fait les 35 heures pour tous... Pour les instits rien. La droite a échangé le samedi matin contre du soutien, des réunions... Si on veut nous reprendre quelque chose, reprenez le samedi matin ! Pas le mercredi matin... Ce matin permettait un équilibre pour les enfants comme pour les adultes ! Depuis plus de 200 ans !
On choisit un métier pour une séries d'avantages et d'inconvénients qui s'équilibrent... Là, l'équilibre est rompu... Avec de telles conditions, je ne referais plus les mêmes choix...
Nous avons perdu certaines possibilités (efficacité du droit de grève, pause en milieu de semaine) et dans le même temps la pénibilité s'accroît (enfants de plus en plus perturbés, relations parfois difficiles avec les parents, travail non stop, dépendance et exposition aux politiques locales), perte salariale conséquente...
Notre travail est méprisé : en compensation des 36 mercredis où nous allons venir maintenant travailler, la prime la prime est royale : 400 euros par ans... disons que ce mercredi matin va nous prendre 2h de plus consacrées à la préparation et au déplacement... 400 / (2x36) : ça nous donne 5,55 euros de l'heure ! C'est sympa de payer les instits en dessous du Smic... La flexibilité ça doit apporter des compensations financières, non ? De plus, certaines mairies ont proposé des pauses déjeuner de 3 heures à la place des 2 heures déjà existantes ! Ou de faire le périscolaire avant la classe, par conséquent les instits quittent toujours à 16h30 et en plus ils viennent le mercredi matin... Nous, fonctionnaires d'état, nous sommes maintenant parfois traités par certaines municipalités comme des fonctionnaires municipaux... Avant il y a avait parfois les parents et l'inspecteur pour nous emmerder et maintenant, il y a en plus la mairie ! Nos classes seront réquisitionnées pour faire des ateliers en trop grand nombre... On nous convoque à des réunions... On nous propose de participer à l'évaluation des Atsem... On nous reproche de ne pas vouloir venir à des réunions en soirée... Que se passera-t-il en cas de changement de majorité politique localement ? Est-ce que la mairie pourra remettre en cause le plan établi en 2013 pour la réforme des rythmes ? Lorsque l'on se rendra compte que cela coûte trop cher ? Que se passera-t-il si le FN prend le pouvoir localement ? Nous serons une cible de choix... Comment le ministre de l'éducation nationale peut-il abandonner ses fonctionnaires d'Etat ? Je n'ai jamais signé pour être lié avec les pouvoirs locaux... Nos demandes de mutations seront encore plus compliquées : nous devrons prendre en compte désormais les modalités locales d'application de cette réforme...
Il y a pourtant de plus en plus de femmes qui font ce métier : entendez par là qu'il y a de moins en moins d'hommes qui le choisissent. Pourquoi ? parce que ces messieurs ne choisissent plus un métier qui s'est dévalorisé au fil des années. Notre métier a baissé d'un cran dans les catégories sociales. Nous ne faisons plus partie des professions intellectuelles. Une polyvalence et des études assez longues pour un faible salaire et des conditions de travail déplorables...
Quand vous avez 20 enfants dans votre classe, c'est déjà du boulot. Quant vous en avez 30, cela devient un calvaire. Parmi ces 30 enfants, vous avez de grandes chances d'avoir 2 enfants perturbateurs et 2 enfants en grande difficulté. Parfois ce sont les mêmes.
A 3, 4 ou 5 ans, ces élèves perturbateurs sont capables de taper les adultes, leur cracher dessus, crier sans discontinuer, les défier, ne pas leur obéir, faire souffrir leur camarade. C'est déjà dur de mettre en place une activité avec un tel nombre, et en plus tout est mis à bas parce que celui là fait un caprice, se roule par terre et hurle.
Vous avez aussi de grandes chances d'avoir des parents pénibles, eux aussi parfois difficilement gérables. On vous reproche de faire grève, alors que le mot d'ordre c'est de lutter contre un réforme débile. Il y en a même qui peuvent me reprocher de tomber malade : ben oui je tombe malade lorsque je m'occupe de gamins en hiver qui n'arrêtent pas de me postillonner dessus, qui n'arrêtent pas de tousser dans la même pièce.
N'oublions les éventuelles collègues avec qui on se prend plus la tête car elles aussi sont à cran. Les éventuels directeurs ou directrices despotiques (il faudrait une grande enquête pour voir le pourcentage).
Avec un peu de malchance, vous pouvez même avoir un inspecteur pénible (idem, une enquête !) et des conseillers pédagogiques pantouflards qui ont tout fait pour ne plus avoir à s'occuper d'une classe comme vous, ce qui en dit long. Une psychologue scolaire pour un secteur immense : vous la voyez au mieux un fois dans l'année, pour l'entendre dire en substance que : « Ah oui c'est vrai, celui ci est gratiné ! ». Des formations imposées parfois chiantes à mourir, où personne n'a envie d'aller. Et enfin pour couronner le tout, un sinistre ministre qui croît pouvoir nous forcer à faire ce que nous ne voulons pas.
Ce ministre utilise certains arguments à la limite du totalitarisme : il faut vous soumettre à l'intérêt supérieur des enfants... vous n'avez donc pas votre mot à dire... vous êtes corvéable à merci... pour peu qu'un conseiller lui souffle à l'oreille que lire des histoire aux enfants c'est bien, il serait capable de nous demander d'aller le soir leur lire des histoires... bientôt il lira un rapport de chronobiologiste préconisant que les enfants aillent à l'école aussi le samedi matin et il nous faudra venir aussi ce matin là... c'est facile il a trouvé la formule magique : « c'est dans l'intérêt supérieur de l'enfant »... malheureusement affirmer la primauté de l'intérêt de l'enfant sur ses éducateurs ne permettra pas une relation pédagogique apaisée... cet argument pourrait être repris par les parents pour demander tout et n'importe quoi... et cela rappelle de manière inquiétante la philosophie de l'enfant-roi, ce qui a donné en éducation de nombreuses aberrations...
Si le ministre voulait réellement faire passer l'intérêt de l'enfant avant tout, la première chose qu'il ferait serait de leur permettre d'être moins nombreux en classe...
« La France doit faire des efforts »... oui on demande aux instits d'être plus flexibles au niveau de leurs horaires, de perdre une pause nécessaire... les instits se plaignent mais il ne faut pas les oublier nos Atsem... ce sont elles qui vont faire le plus d'effort... elles seront obligées de prendre des groupes d'enfants lorsque nous, nous seront partis... de préparer des activités... d'être responsable de leur sécurité... et tout ça pour pas un kopeck de plus...
mais la nation, elle n'en fait pas d'effort pour ses enfants... elle qui a la charge d'encadrer les enfants ne fait aucun effort à la mesure de ce qui serait nécessaire... 60 000 postes c'est malheureusement une goutte d'eau pour diminuer les sur effectifs (d'ailleurs ces postes ne serviront pas à diminuer les effectifs)... il faudrait construire des écoles... combien ?... embaucher (pas forcément des professeurs, cela coûterait trop cher) du personnel pour s'occuper des enfants en bas âge (à l'exemple des kindergarten allemands)... combien ?...
Les communes vont faire un effort financier, d'accord... mais les seuls qui feront des efforts non rémunérés, ce sont les instits et les atsem !
Et on voudrait qu'on continue d'aller au front la fleur au fusil, le sourire aux lèvres ? Est-ce qu'on nous prendrait pour des couillons ? A trop nous prendre pour des connes, on va jouer au jeu du plus con et à ce petit jeu là vous n'êtes pas certain de gagner ! Méfiez vous, s'il n'y a plus de mutineries comme en 17, il y aura démotivation, démobilisation...
Voilà pourquoi je commence à me poser des questions sur ce job... combien de temps encore ? est-ce que je me vois à 65 ans dans la cour de récré, en classe parmi cette tribu de petits excités ? est-ce que j'aurai encore assez d'énergie pour les captiver ?
Alors soyons positif. Rêvons ! Soyons optimiste !
Le ministre fait volte face. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.
Il se rend compte que ce n'était pas la réforme des rythmes qu'il fallait faire ! Non ! Le dieu des philosophes lui est apparu et dans une vision la vérité s'est révélé à lui.
« Cette réforme est un erreur : les enfants en maternelle n'ont pas besoin de passer plus de temps en collectivité, ils ont besoin que leur professeur ait le temps de s'occuper d'eux ! Et pou cela une seule solution, réduire le nombre d'enfants confiés à un adulte ! C'est pas plus compliqué ! Nous allons nous remettre au travail pour refonder l'école autour d'un vrai projet unificateur ! Un enfant a besoin qu'un adulte serein s'occupe de lui ! L'enfant doit se sentir bien à l'école pour bien apprendre. L'adulte doit se sentir bien pour bien s'occuper des enfants. Il faut qu'il ait le temps de s'occuper de chaque enfant. Surtout de ceux qui sont en difficulté.
Nous allons faire la réforme du mieux être à l'école ! L'enfant en maternelle n'a pas besoin de passer plus de temps dans des conditions d'accueil médiocre. Construisons des écoles modernes. Observons ce qui fonctionne à l'étranger. Tentons des expériences pour voir si de nouvelles formes d'organisation scolaire sont plus bénéfiques aux apprentissages.
L'enfant ne doit pas passer avant l'adulte. L'adulte ne doit pas passer avant l'enfant. Chaque individu doit être respecté à l'école, qu'il soit enfant ou adulte. L'enfant n'est pas roi. Il ne doit pas non plus être entassé comme une vulgaire sardine.
Dans un premier temps, nous allons tout faire pour diminuer le nombre d'enfant par classe. Cela demandera des sacrifices, des investissements des rééquilibrages dans le budget. Il faut que la France traite ses enfants plus dignement et vise les moyennes européennes : 20 par classe. Puis nous diminuerons ce nombre pour rejoindre le peloton de tête. Cette moyenne de 26 enfants par classe en maternelle est une honte pour la France. Nous ne pouvons plus traiter nos enfants ainsi, il faut que cela cesse. » -
Des centaines de témoignages en fait...
- Par Thierry LEDRU
- Le 01/04/2014
http://www.lexpress.fr/actualite/reforme-des-rythmes-scolaires-a-paris_1311689.html
Je suis professeur des écoles à Paris depuis 24 ans. Ces dix dernières années, j'ai exercé en tant que titulaire-remplaçante dans un même quartier de Paris. Je passe d'une classe à l'autre pour remplacer mes collègues absents deux jours, une semaine ou plus. Je pense donc être bien placée pour constater les effets de la réforme des rythmes scolaires à Paris de la petite section de maternelle jusqu'au CM2 sur des enfants que je revois d'une année sur l'autre.
Le premier constat que je fais, c'est qu'ils prennent plus de temps qu'avant pour effectuer un même travail. Ils s'arrêtent plusieurs fois au cours d'un exercice et se mettent à rêvasser. Je leur demande s'ils sont bloqués dans leur travail, mais ce n'est pas le cas la plupart du temps. Ils s'y remettent en rechignant un peu, de toute évidence ils semblent avoir moins de plaisir à travailler. En conséquence, il n'est plus possible de faire autant de choses qu'avant sur une même plage horaire. Ce qui est nouveau aussi, c'est l'augmentation du nombre d'élèves qui ne vont pas au bout d'un travail. Il s'arrêtent, ils commencent à s'agiter et il n'est plus possible de les remettre au travail.
Quoi qu'il en soit, à partir du jeudi après-midi, il semble évident que le temps passé en classe ne sert pas à grand chose tant il est devenu difficile de les faire travailler. Même le sport ne les intéresse plus en fin de semaine. Durant les jeux collectifs dont ils ont toujours raffolé, de plus en plus d'élèves demandent l'autorisation d'arrêter pour aller s'asseoir.
Jamais je n'avais vu autant de petits de maternelle, de CP et de CE1 s'endormir sur leur table.
En ce qui concerne les enfants de petite section de maternelle, c'est un véritable crève-coeur devoir les réveiller pendant la sieste afin qu'ils soient prêts pour les activités périscolaires de 15 heures. Le plus ahurissant, c'est quand l'activité en question est la " relaxation " qui demande qu'ils se couchent de nouveau mais à-même le sol cette fois.
Les élèves de maternelle ont plus de difficultés qu'avant pour se repérer dans le temps. Quatre mois après la rentrée, quand on les fait sortir de la classe, ils redemandent plusieurs fois s'ils vont en récréation, à la cantine, ou si leurs parents les attendent pour repartir.
Les élèves de maternelle ont toujours été plus agités à la fin du premier trimestre, à l'approche de Noël, mais cette fois ça dépasse tout. J'ai eu des classes incontrôlables par moments, malgré toute mon expérience.
A Paris, ce sont les asems ( agents spécialisés des écoles maternelles ) qui sont chargées des activités périscolaires. Comme elles ont eu très peu de formation, leur hiérarchie leur demande d'observer ce que font les instits pendant la journée et de faire la même chose le soir. Toutes se plaignent d'avoir été contraintes d'assumer cette nouvelle charge mais elles semblent toutes résignées.
Certaines rapportent que leur hiérarchie( et même leur syndicat ) leur demande de se préparer à prendre en charge les enfants à la place des instits dans le futur, dans le cadre de la transformation des écoles maternelles en " jardins d'éveil " gérés par la mairie ... Cela rend mes collègues perplexes.
En école élémentaire, les activités périscolaires n'ont démarré que début octobre. Avant cette date, les mardis et vendredis, après 15 heures, les élèves ont pu bénéficier de récréations d'une heure trente. Des activités de garderie se sont mises en place, les mêmes que celles des centres de loisirs du mercredi, mais les sorties en moins étant donné la plage horaire limitée.
Les salles de classe sont utilisées pour ces activités. Les animateurs de la mairie arrivent dans les classes peu avant 15 heures et sans grand ménagement, vous rappellent que vous devez leur laisser la place. Si vous avez le malheur de rester un peu dans la salle pour préparer la classe du lendemain, ils vous font sentir que vous les dérangez, quand ils ne vous demandent pas ouvertement de sortir. Et vous voilà avec vos collègues, errant dans les couloirs, des piles de cahiers sur les bras , cherchant un endroit pour travailler, avant de vous replier sur la " salle des maîtres " rebaptisée depuis septembre sur injonction de la mairie " salle des adultes " . Beaucoup de collègues se disent totalement démotivés à cause de ce qu'ils subissent depuis la rentrée. Il semble y avoir plus d'arrêts maladie qu'avant car j'entends plus souvent que des absences n'ont pas été remplacées faute de personnel. Pour la première fois cette année, quand j'arrive dans une école, les directeurs m'accueillent " comme le messie ".
A partir de 15 heures, je croise dans les écoles tout un tas d'adultes connus ou inconnus qui vont et viennent, avec ou sans enfants. Je croise des groupes d'enfants désoeuvrés qui ne savent pas s'ils doivent sortir ou participer à une activité, et qui finissent par s'agiter entre les monticules des cartables laissés dans les couloirs ou le préau.
Plusieurs fois, des parents se sont plaints auprès des directeurs de ce que leurs enfants se soient retrouvés seuls dans la rue à 16h30 alors qu'ils auraient dû enchaîner sur l'étude après les ateliers.
Selon les écoles, les activités périscolaires semblent se passer plus ou moins bien. Mais dans la majorité des cas, c'est très bruyant. Beaucoup d'agitation dans les classes et parfois des hurlements. Les personnes recrutées n'ont certainement pas l'expérience et l'autorité nécessaires pour prendre en charge des groupes d'enfants. Une fois, une animatrice est sortie d'une salle totalement paniquée pour me demander de l'aide pour faire descendre les enfants des tables. Plusieurs fois on m'a demandé : " mais comment vous faites pour qu'ils vous écoutent ? ".
Beaucoup d' " animateurs " s'adressent aux enfants dans un français bien peu académique. Certains même se montrent parfois peu respectueux avec eux. Il est affligeant de voir comment, à l'intérieur même de l'école, des adultes peuvent détruire en moins de dix minutes votre leçon de grammaire et votre leçon d'éducation civique de la journée.
Le matin, je retrouve souvent les classes en désordre. Des affichages sont dégradés. On perd du temps le matin à tout remettre en ordre. On perd du temps à remplir les feuilles pour établir les horaires de sortie de chacun. En fait on travaille beaucoup moins.
Globalement, les locaux sont moins bien entretenus qu'avant surtout dans les écoles maternelles ( toilettes, fientes de pigeons dans la cour ... ), les asems ne pouvant pas faire le ménage et s'occuper des enfants en même temps.
A l'extérieur de l'école, je croise des groupes d'enfants surexcités qui sont emmenés dans les gymnases par des accompagnateurs à peine plus âgés qu'eux et qui semblent n'avoir aucune autorité sur eux. Je rencontre aussi des élèves qui traînent dans la rue. Ils m'expliquent qu'ils ont demandé à ne plus aller aux activités périscolaires car ils trouvent que " c'est nul ".
Le plus inquiétant, c'est la confusion qui commence à germer entre le travail scolaire (obligatoire) et les activités périscolaire " récréatives " qui n'ont pas, bien sûr, ce caractère obligatoire. Dès le mois d'octobre, j'ai commencé à entendre des réflexions d'élèves comme " C'est obligatoire, ce travail ? " , " Pourquoi je suis obligé de le faire, ça ? " " J'ai pas envie de le faire, ça m'intéresse pas ! " que je n'avais jamais entendues avant. Le fait que la plupart des activités se déroulent dans les mêmes salles que l'enseignement est certainement la cause de cette confusion.
Est-ce que je pense cette réforme est un progrès pour l'école ? Sans hésitation : non . Mais je ne suis ni Chronobiologiste, ni Expert en Sciences de l'Education, ni Ministre de L'Education Nationale. Je suis simplement sur le terrain tous les jours.