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Où on va là ?...
- Par Thierry LEDRU
- Le 31/01/2014
Ils font quoi les autres parents, ils attendent quoi ?
L'école laïque devient une menace gigantesque.
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Vouloir combler le vide et l'agrandir
- Par Thierry LEDRU
- Le 26/01/2014
"Pourquoi posséder des objets ? Là est une question existentielle des plus captivantes. De nos jours, nous avons découvert une nouvelle drogue dont on est, sans le savoir, totalement dépendant. Cette drogue se nomme « le plus », mais du coup, la question qui devrait nous venir à l’esprit est de savoir pourquoi ? Pourquoi vouloir toujours plus ? Nous remplissons nos vies à un point inimaginable, entre nos obligations professionnelles, familiales, nos loisirs, nos projets. Rares sont les instants où l’on peut enfin se poser. Et lorsque c’est le cas, on prend un livre, on écoute de la musique, on regarde un film, une série, le dernier gadget que l’on a acheté, toutes ces occupations qui, au final, nous possèdent totalement. Mais quel vide cherche-t-on à tout prix à combler dans cette recherche illimitée de toujours plus quelque chose pour remplir notre existence. Combien de personnes de nos jours souffrent de solitude, d’ennui, de tout ce qui nous met au final face à ce vide que l’on refuse de voir ? Et pourtant, si la solution à notre bien-être se trouvait justement dans ce vide que l’on tente à tout prix de combler ? Et si le vide que l’on ressent était l’éloignement que ce système nous impose face à notre enfant intérieur qui ne demande qu’à s’exprimer, et vivre pleinement ? Ne serait-il pas temps de libérer de l’espace dans notre vie et accorder du temps pour écouter l’enfant qui est en nous et remplir réellement ce vide intérieur qu’on cherche à tout prix à combler ?"
http://r-eveillez-vous.fr/
Une évidence pour moi. Il me suffit de regarder vivre mes élèves, de les écouter parler. C'est là, dans la petite enfance que les mécanismes se mettent en place.
Par imitation.
L'agitation tournée vers le matériel est un mode de vie. La possession est proportionnelle au vide intérieur, à cette incapacité à explorer l'espace spirituel, à s'arrêter totalement, cesser toute agitation et penser. Ou ne plus penser. Et observer ce qui se révèle.
Il m'arrive parfois de me repousser dans mon fauteuil, de caler le dos, de poser mes mains sur les cuisses, de fermer les yeux et de me retirer. Totalement. Il n'y a rien, aucune pensée, aucune émotion, un vide absolu et c'est là, dans ce silence absolu, que les horizons inconnus se dévoilent...
C'est là que les désirs d'agitation s'effacent, irrémédiablement car ils n'ont plus aucune emprise, aucun point d'ancrage, aucun rappel possible. Ils tombent inévitablement dans le néant du Soi. Puisque le Moi se tait.
Vouloir combler le vide par des possessions dépossèdent l'individu. C'est comme une accumulation de déchets qui s'entassent sur le trésor. Mais le plus effrayant est de réaliser que c'est le propriétaire du trésor qui agit ainsi. Personne ne l'oblige. Il pense avoir effectué un choix. Le choix de posséder. Il a travaillé à l'école pour ça. Il a obtenu des diplômes, il a décroché un travail. Maintenant, il va pouvoir commencer à profiter de tous les efforts accomplis...
Non. Maintenant, il va juste continuer à mourir en remplissant les jours de lampions, de cotillons et de mirages.
Je regarde parfois mes élèves dans la classe. Ils travaillent sur leurs cahiers, ils sont appliqués, ils répondent à mes directives...Je suis leur "patron". Je pourrais me contenter de leur demander d'être productif...Mais j'aurais tellement honte de moi...Tellement honte.
Alors, je les regarde, je les aime, ils me bouleversent, toutes ces vies lancées sur un chemin qu'ils ignorent, j'ai vu tellement de visages en trente ans, plus de mille enfants...Que sont-ils devenus ? Ont-ils exploré en eux les territoires inconnus ? Possèdent-ils une maison, une belle voiture, un écran plat et un smartphone? Qu'ont-ils accompli ? Ont-ils oeuvré au bien être de l'Humanité ? Qu'ont-ils fait de leurs talents ?
Si seulement, si seulement, quelques enfants que j'ai connus pouvaient prolonger en eux les explorations entamées...Si seulement, si seulement, quelques enfants parvenaient à s'extraire du chaos matériel et à tendre leur esprit dans une quête d'éveil...
Mais que puis-je contre les forces en présence ? Que suis-je, sinon une poussière insignifiante dont la voix ne porte pas.
Je sais que si je prolonge cette interrogation, la souffrance va m'envahir.
Les espoirs sont des poisons, je le sais bien.
Je n'ai aucun espoir. Les enfants seront ce qu'ils doivent être.
Et j'aurai fait ma part. Non pas pour qu'ils soient ce que j'aurais pu imaginer mais juste pour être en paix avec moi-même.
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Keny Arkana : "Un autre monde est possible"
- Par Thierry LEDRU
- Le 26/01/2014
état des lieux
Ce documentaire de Keny Arkana, réalisé et monté par Clem (en 2006 ), est tourné, entre autre, au Chiapas, au sommet de Porto-Alegre, au Forum Social de Bamako, en Inde…
Ce film donne à réfléchir et à comprendre le monde dans lequel nous vivons.
http://r-eveillez-vous.fr/etat-des-lieux/
Quelques citations à méditer :
« Les finances publiques doivent être saines, le budget doit être équilibré, la dette publique doit être réduite, l’arrogance de l’administration doit être combattue et contrôlée, et l’aide aux pays étrangers doit être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite. La population doit encore apprendre à travailler au lieu de vivre de l’aide publique. » Cicéron – 55 av J-C
« Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale d’être bien adapté à une société malade. » Jiddu Krishnamurti
« Il est aussi dans l’intérêt d’un tyran de garder son peuple pauvre, pour qu’il ne puisse pas se protéger par les armes, et qu’il soit si occuppé à ses tâches quotidiennes qu’il n’aie pas le temps pour la rebellion. » Aristote
« La meilleure forteresse des tyrans, est l’inertie des peuples. » Machiavel
« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort…apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partager sur le monde… C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort ! » François Mitterrand
« Permettez-moi d’émettre et de contrôler les ressources monétaires d’un pays et je me moque de celui qui écrit ses lois. » M.A.Rothschild
« Il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire, car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin. » Henry Ford
« une entreprise ne vend pas un produit, elle vend le monde dans lequel le produit existe ». Lazzarato
« Si l’on permet le déclenchement de la Troisième Guerre mondiale, la dévastation sera si considérable que les Internationalistes en arriveront à prétendre que seul un Gouvernement Mondial soutenu par une force de police internationale permettra de résoudre les différents problèmes nationaux et internationaux, rendant impossible de nouvelles guerres. Cet argument paraîtra logique à de nombreuses personnes… » Jean Lombard
« Tous les êtres humains trébuchent un jour sur la vérité. La plupart se relèvent rapidement, secouent leur vêtements et retournent à leur préoccupations, comme si de rien n’était. » Winston Churchill
« Internet est la première chose que l’homme a créer sans la comprendre, c’est la plus grande expérience en matière d’anarchie jamais réalisé. » Eric Schmidt
« Quand il n’est pas nécessaire de faire une loi, il est nécessaire de ne pas la faire. Une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi, mais elle doit être loi quand elle est juste. » Montesquieu
« Il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où sont les véritables causes des évènements. » Honoré de Balzac
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Le Bien et le Mal (2)
- Par Thierry LEDRU
- Le 25/01/2014
Je corrige « Les héros sont tous morts » et en relisant certains passages, j’en suis arrivé à réfléchir une nouvelle fois à la notion de Bien et de Mal.
Je sais bien que ces deux données sont très subjectives au regard des tourments des hommes. Un assassin ne voit pas le mal dans le bien qu’il se fait en répondant à ses impulsions. Un industriel ne voit pas le mal dans le bien qu’il se fait en vendant des armes. Un politicien ne voit pas le mal dans le bien qu’il se fait à manipuler les masses. Un financier ne voit pas le mal dans le bien qu’il se fait à spéculer jusqu’au dérèglement complet du système.
Tout ça relève de la conscience de chacun et elle est extrêmement fluctuante, versatile et sombre…
Ce qui m’importe, c’est l’idée de vouloir lutter contre ces phénomènes, contre ces entités égotiques, contre ces êtres néfastes. Que puis-je y gagner ? Est-ce que j’ai un réel pouvoir d’opposition ? Je peux toujours les dénoncer mais est-ce que ça aura un effet réel ? Je peux envisager que la prise de conscience s’étendra mais je n’en ai aucune certitude.
Alors ?
Comment agir ? Puisque je tiens tout de même à rester ancré dans le monde social et à « faire ma part ». Comment ne pas me perdre dans le chaos, ne pas le subir au point d'en souffrir, étant donné que cette souffrance ne réglera rien.
Car, puisque je lutte contre des douleurs propagées, en quoi la douleur que ce combat génère servira-t-elle la cause qui me tient à cœur ?
Finalement, j'ai tenté d'imaginer la scène. Un puits immense engloutissant les colères, un autre puits, tout aussi immense, accueillant les actes justes, bons et aimants.
Si je succombe à mes colères, je viens alimenter le puits des colères. Rien de positif n'en ressortira étant donné que mes luttes viendront nourrir ce contre quoi je lutte. Non pas les actes qui me révoltent mais les émotions affiliées. Le mal ne se nourrit pas d'amour mais de colère, de rancœur, de violences.
Dès lors, je me dois de m'extraire du phénomène généré.
Il ne s'agit pas de se voiler les yeux, de taire sa conscience, de vivre comme les trois singes qui s'illusionnent pour s'interdire de réagir mais de trouver les moyens positifs de lutter sans tomber dans l'abîme des noirceurs.
Il n'y a qu'une solution.
Œuvrer au juste, au bon, à l'amour, agir avec lucidité au regard des troubles intérieurs. Rester en marge, non pas dans une fuite sans fin mais dans un espace qui me convient et où je peux agir dans cet amour de la vie.
Puisque je ne peux quasiment rien contre les effets destructeurs de certains hommes, il ne me reste qu'à établir l'existence qui viendra nourrir le puits de l'amour.
Sans même me demander si cela sera suivi d'un quelconque effet, si cela pourra servir d'exemple, sans chercher à savoir si cela suffira à réduire les désastres environnants.
Je n'y peux rien. Rien du tout.
Ou alors,il faudrait que je m'interroge sans cesse sur les effets durables des enseignements prodigués dans ma classe. Est-ce que les enfants y ont trouvé une ligne directrice ? La question serait absurde. Ça ne me regarde pas. Et je n'y peux rien. Mais je peux par contre continuer à montrer comment moi-même je m'enseigne, comment je cherche à progresser, encore et encore.
Cet attachement à ma propre existence n'a rien d'égoïste. Il n'est que question d'alimenter le puits d'amour qui me bouleverse. Et de refuser de donner mon énergie au puits de colères qui me blesse.
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Génocide : Indiens d'Amériques.
- Par Thierry LEDRU
- Le 23/01/2014
Ce génocide-là dure depuis bien longtemps et il ira jusqu'au bout sans que les Etats ne crient au scandale...Deux poids, deux mesures. Mais, je vais encore être traité d'antisémite. Très révélateur le nombre de personnes qui ont disparu depuis quelques temps autour de moi. Mais je n'écris pas ce que je pense pour me faire des adeptes. Juste parce que je me suis fidèle. Que ça plaise ou pas.
Indiens d’Amérique: un génocide tranquille et presqu'achevé
le Jeudi 26 Avril 2012 à 18:42 commentaire(s)Les Etats-Unis ne voient pas d'un bon oeil que le sort des Indiens d’Amérique soit pour la première fois à l'ordre du jour des Nations-Unies. Car il s'agit de se pencher sur le sort d'une population de 2,7 millions d'habitants ravagés par une multitude de fléaux et dans des proportions effroyables. Mais qu'en attendre? Car la parole de ces exterminés est inaudible.
Un jour d'avril 1973, un militant noir américain pour les droits civiques, Ray Robinson, qui a longtemps suivi Martin Luther King, débarque à Wounded Knee, dans le Dakota du Sud. Il souhaite apporter son soutien à la cause des "Native Americans", ainsi que l'on nomme les Indiens aux Etats-Unis, qui manifestent contre les injustices dont ils sont victimes dans le pays. Wounded Knee est un lieu emblématique et de sinistre mémoire. C'est là, en effet, que furent massacrés et jetés dans une fosse commune entre 150 et 300 hommes, femmes et enfants au matin du 29 décembre 1890, par le 7ème régiment de Cavalerie du Colonel James Forsyth. Sitôt arrivé dans ces lieux où résident toujours une petite communauté indienne, Ray Robinson appelle sa femme qui lui demande de rentrer à la maison, inquiète car elle sait que la situation sur place est explosive. Elle ne le reverra jamais. Après avoir reçue l'annonce de la mort de son époux, Cheryl n'a jamais pu savoir ce qui était arrivé à son mari ni où son corps avait été enterré.
Voilà quelques jours, quarante ans plus tard, Cheryl a fait le voyage de Détroit à Sioux City pour témoigner de son histoire. Le gouvernement américain refuse toujours de communiquer sur le sort de son mari, officiellement parce que le cas est toujours en cours d'investigation par le bureau du FBI de Minneapolis. A Wounded Knee, plus personne ne se souvient de Ray Robinson. Une épisode parmi tant d'autres dans l'histoire des militants de la cause des Indiens d'Amérique, qui n'a jamais bénéficié d'un large soutien populaire et que beaucoup voudraientt voir s'éteindre.
Et de fait, cynisme et indifférence se conjuguent pour ensevelir année après année la mémoire des peuples indiens presqu'entièrement anéantis en Amérique du Nord.
On ne va pas le nier, les Apaches, les Cheyennes, les Iroquois, les Sioux ou les Esquimaux ne nous inspirent pas, la plupart du temps, un sentiment extrême de culpabilité. Mais ce n'est rien comparé au pays du Western et de la Country. Pas plus que le Jazz ou le Blues ne suscitent leur part de tristesse chez leurs amateurs et ne réveillent chez eux les souvenirs tragiques des lynchages des Noirs, ces genres populaires ne renvoient à la réalité d'un génocide toujours en cours dans l'indifférence générale.
Lorsqu'un Américain de l'Illinois souhaite acheter ses cigarettes à bas prix (un paquet coûte ici actuellement 10 dollars), il prend la route du sud de l'Etat ou de l'Indiana voisin, pour s'approvisionner dans l'un des territoires octroyés aux tribus indiennes locales. Là, il paiera son paquet de cigarettes 4 dollars en moyenne. Dans un certain nombre de ces tribus, qui sont des milliers à travers les Etats-Unis, on peut également se procurer de l'alcool à bon marché, jouer au casino (dans 452 d'entre-elles) ou, si l'on se sent possédé par le mal (ce qui est très en vogue), consulter un shaman. Il est toujours très exotique de s'offrir une escapade dans ces drôles d'endroits. Pourtant, l'Américain moyen ne s'y risque pas trop.
En effet, 2,1 millions de ces Indiens, soit l'écrasante majorité, vivent largement sous le seuil de la pauvreté. La vision offerte par bien des campements tient purement du bidonville. Et une fois passé ses limites, c'est un voyage en enfer qui commence. L'alcoolisme y prend des proportions catastrophiques. Le chômage y bat tous les records du pays. La maladie s'y propage et tue comme dans les pires zones de la planète. Le suicide, celui des jeunes en particulier, crève le plafond des statistiques. Les Indiens vivant à l'extérieur des tribus n'y reviennent eux-mêmes que pour se faire soigner lorsqu’ils n'ont pas, chose courante, accès au système de santé américain.
Anthony B. Bradley est Professeur de Théologie au King's College de New York et Spécialiste des questions raciales aux Etats-Unis. « Si quiconque pense que le gouvernement fédéral sait ce qui est bon pour les communautés locales, explique t-il, il ferait bien de visiter une Réserve Indienne Américaine. Les Natifs Americains [Indiens d'Amérique, NDA] sont aujourd'hui plongés dans le cauchemar de la privation de soins et d'économie qui est la conséquence directe des problemes crées par le Gouvernement lequel, en imposant des solutions sensees résoudre les problemes, rend ceux-ci bien pires en retirant aux communautées leur autonomie. »
Tel est le prix à payer pour les Indiens d'Amérique, afin de rester sur la terre de leurs ancêtres, grâce aux concessions faites par le gouvernement fédéral. Pourtant, les Etats abritant ces réserves n'ont de cesse de rogner ces droits et de tenter de récupérer par tous les moyens ces espaces.
Pire, une certaine propagande laissant entendre que les Indiens d'Amérique auraient fait le choix de vivre dans ces conditions a fort bien fonctionné dans l'esprit collectif. Or, cela repose sur une contre-vérité historique.
L'une des plus graves violations des Droits de l'Homme dans le monde
En effet, peu rappellent le grand mouvement de délocalisation qui fut la conséquence de l'Indian Removal Act [Loi sur le Retrait Indien, NDA] lequel, au milieu du XIXe siecle, contraint les Indiens à délaisser leurs terres historiques au gouvernement pour se concentrer dans les zones qui leur étaient réservées en échange. En 1890, il était devenu interdit aux Indiens de sortir hors de leurs réserves afin de s'approvisionner en nourriture. Une étude du Professeur Jeffrey E.Holm, de l'Université de Médecine du Nord Dakota, a mis en évidence que le changement de régime alimentaire imposé durant des décennies aux tribus indiennes a engendré une surmortalité aujourd'hui toujours existante, en raison des pathologies qu'elles ont engendrées pour des peuples qui ne pouvaient plus se nourrir comme ils l'avaient fait durant des millénaires.
En 2010, les Etats-Unis, dans la foulée du Canada, fut le dernier pays au monde à ratifier la Déclaration des droits des Peuples indigènes aux Nations-Unies. Une des rares concessions faites par un pays qui place souvent l'Histoire au dernier rang de ses préoccupations, si ce n'est pour en offrir une version idéalisée. Mais en l'espèce, il est impossible d'idéaliser la réalité sur laquelle s'est construite l'Amérique. En effet, 90% des tribus amérindiennes ont disparu à la suite de l'arrivée des Européens en Amérique du Nord, la plus grande partie à cause des maladies, la partie restante par les armes.
Mais ce n'est pas tant cette réalité historique qui rend ces jours-ci le rôle du Professeur James Anaya complexe, en tant que Rapporteur spécial des Nations-Unies sur les Peuples indigènes. Bien que, pour la première fois de leur histoire, l'organisation se penche, du 23 avril au 4 mai, sur le sort des Indiens d'Amérique, ce qui en soit est déjà un événement notable, c'est avant tout pour regarder en face une réalité qui n'est pas celle du passé mais celle du présent.
Cette réalité concerne les 2,7 millions d'Indiens vivant actuellement sur le territoire des Etats-Unis, et qui constitue l’un des cas de violation des droits de l'homme a grande échelle le plus emblématique de toutes les nations développées.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes:
- Les Indiens d'Amérique vivent en moyenne 6 ans de moins que les autres Américains
- Ils ont 770% de risques en plus de mourir d'alcoolisme
- Ils ont 665% de risques en plus de mourir de Tuberculose
- Ils ont 420% de risques en plus de mourir de Diabète
- Ils ont 280% de risques en plus de mourir d'accidents
- Ils ont 52% de risques en plus de mourir de Pneumonie et de Grippe
(Source: Commission des Etats-Unis sur les Droits Civils, 2004:8)
Un Apartheid constitutionnel
Répartition des Réserves Indiennes aux Etats-Unis (Source: National Atlas)Les Indiens d'Amérique se sont vus accorder la citoyenneté américaine en 1924. Mais ils ont pour longtemps encore été exposes au même sort que les Noirs américains, empêchés d'accéder à l'enseignement scolaire, victimes de la ségrégation.
Ce n'est qu'en 1969 qu'ils se sont organises, dans la foulée de la loi sur les Droits civils des Indiens votée l'année précédente. C'est à cette époque qu'ils ont obtenu ce dont les Américains blancs jouissaient depuis deux siècles: la liberté d'expression et d'information, la protection contre les recherches et les arrestations arbitraires, le droit d'engager un avocat pour se défendre, la protection contre les punitions inhumaines et dégradantes, contre les cautions excessives, l'abolition de la peine systématique d'un an d'emprisonnement ou de 5000 dollars d'amende quel que soit le délit commis, le droit d'être jugé par un jury, et ainsi de suite.
Mais à l'heure actuelle, aucun Indien d'Amérique, citoyen des Etats-Unis, n'a accès à la plénitude des droits des autres citoyens américains. Une réalité qui peut prendre des aspects accablants pour l'Administration américaine. Ainsi, le 6 novembre 2008, le Gouverneur du Dakota du Sud, Michael Rounds, décrète l'état d'urgence car son Etat est recouvert par une épaisse couche de neige et de glace qui le paralyse. Mais les réserves indiennes seront exclues du dispositif.
La guerre des Etats contre les Tribus
Mais le pire pour ces tribus à l'heure actuelle vient probablement de la pression des Etats pour s'accaparer leurs terres. Les conflits sont nombreux à travers tout le pays. Ils sont allumes sous divers motifs, comme la volonté du Gouverneur de New York, en 2007, d'étendre la taxation de l'Etat aux territoires de la Nation des Seneca, ce qui a engendre une violente bagarre juridique. Et bien que les territoires laisses aux Indiens soient pour la majorité pauvres en ressources et difficiles d'accès, leur contestation par les Etats qui les abritent sont de plus en plus courantes.
Toutefois, la pente naturelle démographique et sociologique suivie par cette population dont la Constitution américaine fait fi devrait se résoudre par le procédé le plus naturel du monde dans les décennies qui viennent: l'extinction.
Lire le rapport de l'Organisation Survival -
Krishnamurti : Sur le monde
- Par Thierry LEDRU
- Le 23/01/2014
Viendra un jour où les textes de Krishnamurti seront révélés à tous...
"Quelle est la fonction d'un esprit holistique ? Par esprit, nous entendons toutes les réactions des sens, les émotions -qui sont totalement différentes de l'amour- ainsi que la capacité intellectuelle. Actuellement, nous donnons une importance fantastique à l'intellect. Par intellect, nous entendons la capacité de raisonner logiquement, sainement ou non, objectivement ou subjectivement. C'est l'intellect, avec son mouvement de pensée, qui conduit à la fragmentation de notre condition humaine. C'est l'intellect qui a divisé le monde du point de vue linguistique, national, religieux, qui a séparé l'homme de l'homme. L'intellect est le facteur central de la dégénérescence de l'homme partout dans le monde, car l'intellect ne forme qu'une partie de la condition et de la capacité humaines. Quand cette partie est exaltée, louée et tenue en honneur, quand elle prend une importance primordiale, alors la vie qui est relation, action, conduite, devient contradictoire et hypocrite. L'anxiété et la culpabilité apparaissent. L'intellect a sa place dans la science, par exemple mais l'homme a utilisé le savoir scientifique non seulement à son profit mais pour créer des instruments de destruction.
L'intellect peut percevoir ses propres activités qui conduisent à la dégénérescence mais il est absolument incapable de mettre fin à son propre déclin parce qu'essentiellement, il n'est qu'une partie d'un tout"
"L'avenir de tout être humain, des jeunes comme des vieux, semble sombre et effrayant. La société elle-même est devenue dangereuse et totalement immorale. Quand un jeune affronte le monde, il est inquiet et plutôt effrayé par ce qui va lui arriver au cours de sa vie. Ses parents l'envoient à l'école puis, s'ils ont les moyens, à l'université et ils veulent qu'il trouve un travail, qu'il se marie, qu'il ait des enfants. Quelques années après leur naissance, les parents consacrent peu de temps à leurs enfants. Ils sont préoccupés par leurs propres problèmes et les enfants sont à la merci de leurs éducateurs qui eux-mêmes ont besoin d'éducation. Ces derniers ont peut-être un excellent niveau d'études et ils veulent que leurs élèves acquièrent les meilleurs diplômes, que l'école ait la meilleure réputation. Cependant, les éducateurs ont leurs propres problèmes et à l'exception de quelques pays, leurs salaires sont plutôt bas et socialement, ils ne sont pas tenus en haute estime. Donc, ceux qui vont être éduqués connaissent des moments plutôt difficiles avec leurs parents, leurs éducateurs et leurs compagnons d'études. Ils sont déjà dans ce flot de lutte, d'angoisse, de peur et de compétition. C'est le monde qu'ils ont à affronter : un monde surpeuplé, sous-alimenté, un monde en guerre, un terrorisme grandissant, des gouvernements incompétents, la corruption et la menace de la pauvreté. Cette menace est moins évidente dans les sociétés d'abondance.
Voilà le monde que les jeunes doivent affronter et naturellement, ils ont vraiment peur. Ils pensent qu'ils doivent être libres, dégagés de toutes activités routinières, qu'ils ne doivent pas se laisser dominer par leurs aînés et ils refusent l'autorité. Pour eux, la liberté, c'est de choisir ce qu'ils veulent faire mais ils sont confus, incertains et ils aimeraient malgré tout qu'on leur montre ce qu'ils doivent faire.
Ainsi, l'étudiant est pris entre le désir de liberté et les exigences de la société qui le presse de se conformer à ses besoins à elle.
Voilà le monde qu'ils ont à affronter et auquel ils doivent s'intégrer au cours de leur éducation.
C'est un monde effrayant."
Krishnamurti.
Je rappelle que ce texte a été écrit en 1982...
Non seulement, rien n'a été fait pour améliorer la situation mais il est même évident que tout s'est aggravé.
Les "sociétés d'abondance" ne sont plus à l'abri de leur "croissance". L'économie ne peut plus valider la pression éducative parce que les perspectives d'avenir ne sont plus portées par cette fameuse évolution sociale. Le conditionnement de l'individu dans ce contexte prend désormais son vrai visage. Etant donné que les valeurs matérialistes ont perdu de leur aura, il ne reste rien. Et la perdition générale apparaît au grand jour.
La solution ne viendra pas des structures politiques étant donné que celles-ci tentent par tous les moyens de sauver l'ancien système. Le moi encapsulé. Le système économique impose un système éducatif, un système de pensées, un système familial, professionnel, un engagement complet de l'individu dans une voie de croissance économique. Mais pas de croissance spirituelle. Et le mot "spirituel" continue à être perçu comme une dérive sectaire ou religieuse. La plupart des gens n'y voient que des connotations "New Age" ou de gourous infatués. La spiritualité a une intention : la liberté de conscience. Pas la religion...La philosophie, quant à elle, n'est pas une valeur marchande et la lucidité qu'elle préconise ne doit pas être mise en valeur. Sa pratique, cognitive, dans une classe de terminale ne met pas en péril le conditionnement. Il est déjà en place. C'est pour cela que la philosophie est enseignée aussi tard et dans des registres très limités.
La crise n'est pas encore autre chose qu'une crise économique et sociale. Elle ne prendra sa vraie mesure qu'avec la prise de conscience de l'état intérieur des individus. Pour l'instant, les politiques, les économistes, les financiers, s'évertuent à placer des pansements sur les blessures. Les dégâts collatéraux d'ordre existentiel ne sont perçus qu'à travers la détresse sociale. Il n'est pas question de nier la gravité des faits. Il y a des millions d'exclus. Et quelques milliers de privilégiés qui vont œuvrer au maintien de leurs privilèges. Tout ça n'est toujours qu'un état des lieux superficiel. Dans le sens de l'observation intérieure. C'est le changement de paradigme qu'il faut envisager. Il viendra de chaque individu et sûrement pas d'une structure étatique. Aucun état ne voudrait d'une Révolution spirituelle. Les candidats à la Présidence ne parlent que de changements matérialistes. Aussi importants soient-ils au regard de ces millions d'exclus, ces changements ne représentent qu'une tentative de maintien du paradigme. Pour la raison évidente que ce maintien permet le maintien des privilèges.
Pour ce qui est de l'éducation nationale, il est évident qu'elle ne proposera jamais ce changement. Elle est au service de l'Etat et les "éducateurs" sont eux-mêmes les serviteurs. La pyramide est en place. Système féodal. Lorsque j'ai écrit au ministre, il y a de ça, une vingtaine d'années, j'ai été convoqué par l'inspecteur d'académie et "cassé". Blocage de salaire pendant sept ans. Il leur suffisait de ne pas venir m'inspecter. Je n'ai pas changé de point de vue pour autant. Et je sais même avec le recul combien j'avais raison. Je n'avais juste pas perçu totalement l'ampleur de la manipulation.
Il y a une chose qui m'interpelle dans le texte de Krishnamurti. À mon sens, ça n'est pas "le monde qui est effrayant." C'est l'état intérieur des individus qui le constituent. Un groupe n'existe pas pour lui-même. Il n'est que l'assemblage des individualités. Il conviendrait donc de dire plutôt que "les individus sont effrayants" et que l'assemblage de ces individualités forme un monde effrayant.
Plus effrayant encore est de considérer le fait que ces individus, une fois unifiés, n'existent plus individuellement. Là, on entre dans l'horreur.
Et lorsqu'un groupe existant dès lors par lui-même s'écroule, non seulement les individus perdent leurs repères, mais ils ne peuvent plus exister individuellement. C'est la que la "crise" prend toute son ampleur.
Oui, mais il y a les élections présidentielles qui viennent à point nommé pour rassembler et magnifier de nouveau les identifications. Et on repart pour un tour...Un petit tour...Tout petit...
"Nous avons voulu mettre de l'ordre dans notre société par une action politique et ainsi nous sommes devenus dépendants des politiciens. Pourquoi les hommes politiques ont-ils pris une telle importance, de même que les gouvernements et les dirigeants religieux ? Est-ce parce que nous dépendons toujours d'agents extérieurs pour mettre de l'ordre dans notre maison, est-ce parce que nous dépendons de forces extérieures pour contrôler et façonner notre vie ? Les autorités extérieures comme les gouvernements, les parents, les leaders de toutes sortes semblent nous rassurer sur l'avenir. Cela fait partie de notre tradition de dépendance et de soumission. C'est cette tradition accumulée depuis très longtemps qui conditionne notre cerveau. L'éducation a admis ces coutumes et c'est ainsi que le cerveau est devenue mécanique et répétitif."
Krishnamurti.
Plus cette société est complexe dans ses réseaux, plus la dépendance se renforce. Pour une raison très simple : chaque individu est encore plus égaré. Il lui est impossible de se servir des réseaux pour trouver en lui une éducation individuelle. C'est comme être perdu dans une forêt. Plus le sentiment d'être perdu est grand, plus la perdition se renforce. La peur annihile toute réflexion, la panique conduit l'individu, l'orientation devient anarchique, l'individu erre au hasard de ses intuitions et ses intuitions sont totalement fausses parce qu'il n'est pas en lui, dans une plénitude d'esprit mais dans un chaos intellectuel, sensitif, émotionnel.
Au regard de la société, le fonctionnement est identique et les individus se tournent vers des "leaders" pour qu'un chemin soit proposé. Alors que ce sont justement ces "leaders", tout aussi égarés intérieurement, qui ont déclenché le chaos.
Dans une classe, les jeunes enfants apprennent déjà à se soumettre à l'autorité de "leaders" alors que ce sont ces leaders qui les ont placés dans une situation chaotique. Le fait que les apprentissages soient imposés, sans aucune nécessité réelle, mais en fonction de "programmation ministérielle", génère une inquiétude. Cette inquiétude instaure un phénomène de dépendance étant donné que les enfants doivent se soumettre à la parole du maître pour s'extraire de ce chaos. Leurs aptitudes ne sont reconnues que dans ce cadre limité des apprentissages.
Vingt ans d'éducation à la soumission. Le conditionnement est en place. Les enseignants se retirent, les politiciens les remplacent, les marchands s’enrichissent, les financiers se réjouissent.
Le Mal est ancré…Il ne reste qu'à s'en libérer.
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Le mal a dit.
- Par Thierry LEDRU
- Le 22/01/2014
Mardi 21 Janvier 2014 / Par Miriam Gablier PartagerGuy Corneau : « La maladie nous demande un effort amoureux »
INREEShttp://www.inrees.com/articles/Guy-Corneau-maladie-demande-effort-amoureux/Quelles sont nos capacités de réparation intérieures, et comment pouvons-nous nous connecter à elles afin de nous guérir ? D’après Guy Corneau, survivant d’un cancer, il nous faut commencer par renouer un lien d’amour et de joie avec nous-mêmes.Psychanalyste québécois formé à l’Institut Carl Gustav Jung de Zurich, bien connu du grand public, Guy Corneau a été diagnostiqué en 2007 d’un cancer de grade 4, potentiellement terminal. Suivant différents traitements pour se soigner, à la fois conventionnels et holistiques, il a surtout contacté à travers cette épreuve la profonde nécessité de se reconnecter à la vie créative. Puissamment humain, son récit a impacté le public du congrès Nouvelle approche du vivant de Quantique Planète en novembre 2013. Témoin légitime qu’une guérison est possible, Guy Corneau nous parle de cet effort amoureux envers nous-même, que la maladie nous invite à faire.
Vous parlez de la maladie comme d’un signal pour nous réveiller à la vie
Oui. La maladie vient nous déranger et nous cherchons bien sûr à la guérir. Mais nous ne pouvons pas changer une chose en nous-mêmes, si nous ne sommes pas tout d’abord capables de la respecter et d’être à l’écoute de ce qu’elle veut dire. Qu’est-ce que la maladie vient éclairer ? Souvent elle parle d’une partie en soi que nous avons abandonnée, d’une partie de notre élan créateur qui est négligée, pour toutes sortes de raisons. Et si à la longue ces éléments-là ne sont pas écoutés, bien sûr ils se transforment en maladie pour que nous puissions les ressentir avec un peu plus d’acuité.
Donc je parle de la maladie comme faisant partie de la santé, comme une parole de l’intelligence intérieure, mais aussi universelle, qui vient nous interpeller. Car la maladie parle de toutes sortes de choses, de nos zones de fragilités personnelles certes, mais aussi de notre environnement, de nos lignées familiales et de la relation que nous entretenons avec tout ça. Les épreuves m’ont par exemple permis de trouver des ressources, autant extérieures qu’intérieures, que j’ignorais complètement. Notre corps est donc comme un témoin de notre union ou de notre désunion avec la vie. Il témoigne de notre rapport ou de notre absence de rapport avec l’unité fondamentale qui sous-tend notre monde. Les maladies sont des invitations à des retrouvailles avec la sensation, pas juste le savoir, mais la sensation, d’une union avec la vie en nous et autour de nous.
Qu’en est-il de nos capacités d’auto-guérison ?
J’ai découvert, à travers le cancer, que rien ne pouvait me sauver de moi-même. J’ai eu à sortir d’une attente irréaliste et magique, celle que la chimiothérapie, les médicaments, mon acupuncteur, mon homéopathe, mon énergéticien, mon tai chi, pouvaient me sauver. J’ai avant tout compris que toutes ces approches rassemblées constituaient un environnement soignant, favorable à l’éveil du médecin intérieur en moi. L’environnement soignant est absolument nécessaire pour stimuler nos mécanismes d’auto-réparation, mais il est important de prendre conscience que ces mécanismes viennent de l’intérieur. Les mécanismes de guérison sont constamment là, prêts à nous aider. Il n’y a pas besoin de les inventer. Tout en nous veut guérir et tout veut se régénérer. Il s’agit d’accompagner de notre volonté, de nos intentions conscientes, ce que la nature fait déjà.
Notre état intérieur est donc primordial dans cette remise en santé, pour ce processus de régénération. J’ai vu l’importance de renouer avec une présence à moi-même beaucoup plus respectueuse, tendre, qui amène inévitablement de la joie. Et c’est cette joie intérieure qui guérit. Elle donne le message à nos cellules qu’il y a de la vie, et nos cellules répondent en fabriquant de l’immunité, parce qu’elles veulent vivre.
Devons-nous donc agir sur notre état intérieur pour guérir ?
Notre état intérieur est la seule chose sur laquelle nous avons un peu de maîtrise. Nous avons structuré des façons d’être, des façons de faire, des croyances, des peurs, pour éviter l’impact de la répétition des blessures. Donc chez chacun, une personnalité s’est mise en place à notre insu, au départ parce qu’il fallait survivre. Mais avec le temps cette personnalité devient aussi une prison, elle se rigidifie. Alors nous cherchons le bonheur et l’ouverture, mais en même temps, nous craignons de nous ouvrir. Nous voulons changer mais ne pas bousculer notre zone de confort. Du coup, sans vraiment le vouloir, nous sommes aussi beaucoup dans la fermeture.
Donc oui, il faut agir sur nos états intérieurs pour stimuler la vie et nos capacités de guérison qui n’attendent que nous. Je ne dis pas que c’est facile, mais nous sommes beaucoup plus que le petit personnage auquel nous nous sommes identifiés. Donc ça commence par se concevoir comme un ensemble énergétique intelligent et en évolution, qui donne naissance à l’être que nous sommes, et qui est connecté au monde et à d’autres champs énergétiques intelligents visibles ou invisibles. Il faut élargir le connu pour se redécouvrir, et redécouvrir la réalité dans laquelle nous baignons. De toutes façons, si nous restons avec nos rigidités nous allons mourir avec elles alors qu’il est peut-être encore temps de suivre le chemin de la vie, de retrouver la fluidité. Mais c’est vrai que ça va toujours demander une sorte d’effort parce que le personnage a prouvé son efficacité par rapport à la survie, et on y est attachés. Et la peur de ne pas être aimé est aussi très ancrée en nous. Une voix nous dit « si tu changes, si tu oses autre chose, on ne va plus t’aimer, tu vas être rejeté, tu vas de nouveau souffrir ». Changer nous demande un effort amoureux envers nous même.
Il y aurait un choix de vie à réitérer constamment ?
Oui, petit à petit, nous apprenons à dépasser les peurs et les rigidités. Cela demande une attention consciente pour être en mesure de choisir la joie, l’amour, l’ouverture. C’est pour cela que les tibétains parlent du guerrier de lumière. Nous devons choisir et cultiver nos états intérieurs, et les nourrir. Vous pouvez choisir aujourd’hui d’aller vers la sérénité et tenter de rester dans cette position intérieure, qui est joyeuse et qui est tranquille en même temps. Et là, toutes sortes de choses vont venir vous percuter. Toutefois, à chaque fois, vous allez choisir de retrouver votre axe de sérénité consciemment. Peut-être faudra-t-il le faire 100 fois dans la journée pour que ça s’installe de façon plus permanente.
C’est un peu comme faire du sport, même si on sait que c’est bon pour nous, il y a toujours un petit effort à faire. Je pense que la chose la plus radicale qui puisse arriver sur notre chemin c’est de pratiquer un amour sans conditions et sans attentes, de pratiquer une joie sans raison, comme une offrande à l’univers. Peu importe ce qui arrive aujourd’hui, je choisis d’être joyeux et c’est une sorte d’ascèse. Ce qu’il faut comprendre c’est que ce choix, qui demande une auto-discipline, est au final un cadeau que l’on se fait à soi-même. Et ce cadeau, personne d’autre que nous ne peut nous l’offrir.
Plus d’informations
Revivre !, Guy Corneau
Editions Les liens qui libèrent (Janvier 2011 ; 305 pages)
Le meilleur de soi, Guy Corneau
Éditions Robert Laffont (Mars 2007 ; 312 pages)

