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  • Con-férence pédagogique

    Bon, conférence pédagogique ce matin, de 9h à midi et bien je me suis barré parce que prendre les gens pour des cons à ce point-là, ça dépasse l'entendement et ça dépasse surtout ce que je suis capable de supporter. Ils n'ont qu'à me virer si ça leur chante.

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  • René Daumal

    Dès que leurs visages furent tournés vers le dehors, les hommes devinrent incapables de se voir eux-mêmes, et c'est notre grande infirmité. Ne pouvant nous voir, nous nous imaginons. Et chacun, se rêvant soi-même et rêvant les autres, reste seul derrière son visage. Pour se voir, il faut d'abord être vu, se voir vu. Or, il y a sûrement une possibilité pour l'homme de réapprendre à se voir, de se refaire un oeil intérieur. Mais le plus grave, et le plus étrange, c'est que nous avons peur, une peur panique, non pas tellement de nous voir nous-mêmes que d'être vus par nous-mêmes ; telle est notre absurdité fondamentale. Quelle est la cause de cette grande peur ? C'est peut-être le souvenir de la terrible opération chirurgicale que nos ancêtres ont subie quand ils furent coupés en deux ; mais alors, ce que nous devrions craindre le plus, c'est qu'en continuant à nous séparer de nous-mêmes par une brillante fantasmagorie, nous allions nous exposer à être encore une fois coupés en deux - et c'est ce qui arrive déjà. Si nous avons peur de nous voir, c'est bien parce qu'alors nous ne verrions pas grand-chose ; notre fantôme a peur d'être démasqué. C'est par peur de cette horrible révélation que nous nous grimons et que nous grimaçons. Et, notre tête, modeleuse de masques et conteuse d'histoires, au lieu de nous guider vers la vérité, est devenue notre machine à nous mentir. (...) » René Daumal, par Jean Biès, aux éditions Seghers, collection Poètes d'aujourd'hui

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  • Génocide

    Plutôt que de s'obstiner à accuser les Dieudonnistes d'antisémitisme, il serait temps d'écouter ce que l'humoriste dit. Le peuple Juif n'a pas le monopole de l'horreur. Il n'y a pas de hiérarchie, il n'y a pas de prime à la victime, un classement du premier au dernier. Il n'y a que l'horreur, une épouvantable horreur et je rêve du jour où le peuple Juif, dans sa totalité, prendra en considération leurs frères de souffrance, tous leurs frères. Que le peuple Juif ne soit pas un peuple élu mais un peuple uni aux autres. Elles existent déjà ces âmes compatissantes mais elles sont beaucoup trop silencieuses au regard du tapage immonde orchestré par des cerveaux malades.

    Valls est un malade. Et tous ceux qui aboient avec lui rognent un os chargé de pourritures. Ces cerveaux n'oeuvrent pas à la fraternité dont ils souillent l'idée. Et l'erreur est monumentale, catastrophique, effroyable. Comme si les leçons du passé devaient être manipulées à des fins innommables. Et les victimes de la Shoah ne l'auraient sûrement pas souhaité. C'est là que se trouve la plus terrible insulte. Et ce sont nos dirigeants qui la commettent.


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    (Tiré du guide "Namibie" chez Lonely Planet, p.27)

    On pourra aussi consulter le document pdf, "Quand le Nazisme faisait ses classes en Afrique", en français.

     

    Note: Une rue à Windhoek, capitale de la Namibie, porte le nom du General Lothar von Trotha qui décida de l'extermination des Hereros en 1904. Un monument aux morts allemands de cette période, civils et militaires dans un parc situé en plein centre de la capitale Windhoek, est surmonté de l'aigle prussien.

    Une statue équestre en bronze dans la même ville, représente un cavalier militaire des Schutztruppen (alias troupes de protection). Cette statue fut inaugurée en 1912 et est dédiée -uniquement dédiée- aux soldats et citoyens allemands qui moururent durant le génocide des Hereros et des Namas. En Pologne, à Varsovie, un monument commémore le génocide des Juifs du ghetto de Varsovie: en Namibie, à Windhoek la capitale, rien de ce genre. (voir la photo ci-dessous)

     

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     " Il y a eu également les camps de concentration construits par le général Lothar von Trotha dès 1904 en Namibie (pays d'Afrique) pour éliminer le peuple Herero opposé à la colonisation initiée par le gouverneur Heinrich Göring et aux armées du chancelier Von Bülow. Le désastre humanitaire fut effrayant : plus de 70 000 Hereros morts avant ou dans les camps de concentrations (pour causes de malnutrition, mauvais traitements, exécutions sommaires des malades ainsi que des plus faibles). Il ne faut pas oublier les expériences anthropologiques, scientifiques et médicales transformant les prisonniers hereros en cobayes humains."

    (tiré de Wikipédia, rubrique Camps de concentration)

    "C'est dans les camps de concentration de l'Afrique australe que le docteur Eugen Fischer (NDLR: prédécesseur en cela de  Mengele, le médecin d'Auschwitz) a élaboré les théories sur l'hygiène raciale qu'il appliquera aux Juifs sous le IIIe Reich."

    (tiré d'un article de Libération du 26 Juillet 2013, "La race ça nous regarde, écrit par le sociologue Éric Fassin)

    Les Namas, dont on parle moins, joignent ensuite la résistance des Héréros et subissent le même sort. Après la fin des combats en 1907, alors que les rares survivants (15 à 25 % de la population d'origine) héréros sont dispersés dans la nature, les survivants namas sont internés en camps de concentration (33 à 50 % de la population d'origine survivra à la guerre et aux camps). 

    Heinrich Goering, père de Hermann Goering -l'inventeur de la Gestapo- sera le premier gouverneur civil de la colonie bien avant le génocide.

    Voir l'intéressant débat sur ce forum d'histoire.

    Source: Traces de la colonisation allemande à Windhoek et Berlin .

    Dans ce document pdf, les auteurs membres d'un institut -Institut sur le racisme et sur les crimes coloniaux localisé à Berlin- s'étonnent et s'indignent sur le fait que cette statue à Windhoek dédiée aux morts allemands de cette période, il ne soit fait mention des soldats et citoyens allemands et uniquement ceux-ci sans jamais prononcer le mot "génocide" et faire ainsi hommage aux miliers de victimes Hereros et Namas.

    En 1904, en pleine guerre contre les Hereros et Namas, fut érigé dans la capitale un camp de concentration (KonzentrationLager, terme attesté dès le 14 Janvier 1905 et qui apparaît pour la première fois en clair sur des documents allemands de l'époque) où furent emprisonnés des hommes, femmes et enfants et où des exécutions eurent lieu. Les soldats allemands avaient ordre de tirer à vue sur quiconque, homme femme ou enfant qui tenterait de quitter le camp. Des expériences médicales furent pratiquées sur ces cobayes humains par le docteur Eugen Fischer, futur membre du parti nazi.

    Des photographies témoignent de cela, d'après les auteurs berlinois de cet institut. Voir la photo plus bas qui rappellent certaines photos prises par les GI américains en 1945 lors de la découverte en Allemagne des camps de Dachau, Büchenwald et Ravensbrück.

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    Extrait d'une lettre du Général Von Trotha datée du 4 Octobre 1904:

    "La nation Herero devait être soit exterminée, ou dans l'impossiblilité d'une solution militaire, expulsée du territoire. [...] J'ai donné l'ordre d'exécuter les prisonniers, de renvoyer les femmes et les enfants dans le désert. "

     

    • 1903: Révolte des Khoi et des tribus Hereros contre les colons et l'administration allemande.
    • 10 janvier 1904 : Début du soulèvement herero commandé par le chef Samuel Maharero. Witbooi se joint aux insurgés et mène une guerre d'embuscade. Disposant de six mille fusils, ils sabotent les voies de chemin de fer et incendient les fermes. Près de soixante colons allemands sont tués puis encore cent vingt-trois civils allemands. Le 11 juin 1904, le lieutenant-général Lothar von Trotha, nommé commandant en chef des troupes de la colonie allemande du Sud-Ouest Africain, débarque dans la possession du Reich avec pour mission d'en finir avec la révolte des Hereros.
    • 11 août 1904 : Bataille de Waterberg. Victoire décisive contre les guerriers Hereros du chef Samuel Maharero. En les encerclant de trois côtés, Lothar von Trotha ne laissait aux Hereros qu'une seule issue pour fuir : le désert du Kalahari. Alors que ces derniers essayent d'y trouver refuge, von Trotha fait empoisonner les points d'eau, dresser des postes de garde à intervalles réguliers et signe un ordre (Vernichtungsbefehl) de tirer sans sommation à la vue de chaque Herero, qu'il soit homme, femme ou enfant. Des milliers d'Hereros meurent alors de soif dans le désert. La population Herero estimée à 80 000 âmes avant le début de la guerre était réduite à 15 000 individus en 1911 (80 % de la population avait donc été exterminé).
    • (tiré de Wikipedia, rubrique Sud-Ouest africain allemand)

    Une des rares photos des Hereros survivants après la terrible bataille du Waterberg en 1904==>

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    Génocide, camps de concentration et expérimentation sur des cobayes humains, tout ceci fait penser à un prélude -ou une répétition- de ce qui va se passer durant la Seconde Guerre mondiale.

    Le génocide des Hereros en Namibie en 1904 fut donc bien un laboratoire de la Shoah quelques décennies avant.

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  • Faire le vide (spiritualité)

    Il n'est pas nécessaire de s'observer longtemps pour s'apercevoir que nos réactions sont "mécaniques" et nous renvoient à des fonctionnements anciens. J'appellerai ça la "personnalité". Elle ne nous appartient pas, elle se constitue à travers les conditions de vie. Si nous devions répondre consciemment à chaque stimulus de la vie, nous nous épuiserions sans doute. Le mécanicisme nous permet donc de répondre rapidement aux événements quotidiens. C'est un peu comme si nous utilisions notre disque dur. Les données sont là. Il n'y a rien à inventer. Il convient juste de savoir que ces données nous ont justement été données à travers notre éducation, notre histoire, nos bonheurs, nos traumas.
    "Quand tu les comprends, les choses sont ce qu'elles sont. Quant tu ne les comprends pas, les choses sont ce qu'elles sont." Le problème principal vient du fait que cette personnalité n'accepte pas les choses et qu'elle tient absolument à les marquer de son empreinte. C'est l’ego. Dans nos relations humaines et dans les relations qu'on entretient avec soi-même, il y a un conflit latent qui émerge souvent et qui n'est que la preuve de notre incomplétude. Nous ne sommes pas unifiés avec la vie. Gurdjieff disait que la machine humaine est mue par l'énergie automatique des centres et qu'elle tient l'individu sous sa coupe.L'essence, qui est la partie réelle de nous-mêmes est devenue passive. Elle s'efface parce qu'elle ne peut pas fonctionner dans le conflit. Elle n'émerge que dans la plénitude. Comme nous n'avons pas été sollicité à vivre sereinement nos émotions, nous ne fonctionnons qu'à travers notre personnalité. L'éducation occidentale se limite à un enseignement intellectuel. La spiritualité en est absente. La vigilance envers nos émotions est bannie. Nous devons juste apprendre à refouler, à contenir, à maîtriser. Mais il ne s'agit pas d'une maîtrise réelle. On n'apprend pas la vigilance à un condamné. On l'enferme dans les conditionnements. La maîtrise réelle n'existe qu'à travers l'acceptation et l'analyse. En fait, nous ne sommes pas des individus mécaniques mais nous agissons de façon mécanique. Nous avons appris des adultes auxquels nous étions soumis que les changements venaient de l'extérieur: de nos parents, de nos maîtres, de nos dirigeants, de nos patrons, de la société en général...Cette identification à des schémas de pensées font peser sur l'essence une masse gigantesque. Si nous nous rebellons, ça n'est jamais qu'une réaction à des phénomènes qui finissent pas nous étouffer. Nous ne sommes toujours par libres dans notre essence mais manipulés par une personnalité qui s'identifie à la rébellion. Ça n'est jamais qu'une nouvelle forme de « mécanicité ». Nous imaginons que le travail sur soi porte ses fruits et que nous nous "éveillons" alors que nous restons "déterminés" par des phénomènes extérieurs. La personnalité a simplement pris une autre forme. Ces émotions qui génèrent cette colère et cette révolte prennent leur source dans le puits des traumatismes de l'enfance. Ce sont des émotions négatives et elles occupent une place considérable. Les conditions de vie, l'exubérance, la multiplicité des phénomènes qui nous assaillent font que nous recouvrons ces traumatismes et que nous ne les observons pas dans leur genèse, que leurs conséquences nous échappent, que bien souvent nous attribuons à des stimulus extérieurs, les résonances émotionnelles qui nous submergent. "C'est la faute de..." Une faute extérieure.
    Il faut basculer dans un autre état de conscience pour réaliser que les traumas n'existent pas dans l'esprit de l'individu mais que la personnalité les entretient car elle y prend forme. "Je suis celui qui souffre...Je suis celui qu'on n'aime pas...Celui qu'on ignore...Je suis une victime des autres...Je suis incompris..." Je suis surtout incompris de moi-même. Le problème majeur vient du fait que le mental, serviteur fidèle de la personnalité, trouve son énergie dans le passé psychologique qu'il a créé. Il ne peut pas exister dans l'instant présent. Il est tourné vers le passé car c'est là qu'il dessine ce qu'il pense être. Il se nourrit des traumatismes. La conscience de la vie, (pas des conditions de vie mais de l'instant présent) est la négation de l’ego, du mental, de la personnalité. Elle renvoie ces entités à leurs places réelles. Juste des partitions d'un disque dur. Ca n'est pas l'individu, c'est un programme "informatique" destiné à faire fonctionner l'individu dans l'existence sociale. Pas dans l'existence spirituelle. L'objectif est de ramener l'attention vers l'essence et de cesser d'entretenir la personnalité. Elle ne disparaîtra pas mais elle réintégrera la place qui est la sienne. Un ouvrier, pas un maître d'intérieur. Ni encore moins l'architecte.
    La difficulté vient de la mise en place de cette prise de conscience. A mon avis, ça ne peut pas passer uniquement par le mental et c'est là que l'écriture montre ses limites. Comment pourrait-on se libérer du mental en usant de ses outils? La parole, la réflexion, l'écriture, l'analyse ou la psychanalyse. Cette énergie que j'utilise pour ranimer mon essence et la plénitude dont elle a besoin, elle s'épuise à lutter contre des entités redoutables. Mais si je lutte contre un "mal" en usant des outils avec lesquels ce mal s'est installé est-ce qu'il est possible de construire un état de conscience qui ne soit pas infecté par les miasmes des cadavres?
    En fait, je n'écris pas. Je ré-écris. Rien de neuf. Toujours la même chose. Parce que les outils que j'utilise sont les poisons qui m'ont contaminé. J'écris par "réaction", pas dans un état de "création". ( c'est étrange de voir qu'il s'agit des mêmes lettres...). Finalement lorsque je marche en montagne ou que je fais du vélo, et que j'entre dans un état d'absence au monde humain, dans un état de clairvoyance, que mes pensées tombent sous mes semelles au rythme de mon pas, je suis davantage en moi-même que lorsque j'écris. L'idéal serait que je reste branché sur un ordinateur et que les mots s'inscrivent. Cette fluidité émotionnelle nourrit des pensées neuves. Je comprends les adeptes du "zazen". Unifier le centre intellectuel et le centre émotionnel.
    Personnellement je préfère marcher.
    La douleur survient lorsque le retour rompt cette plénitude. J'ai beau me dire que "les choses sont ce qu'elles sont" et que c'est moi qui les rend douloureuses, je sens de plus en plus un besoin irrépressible de passer à autre chose. Accrocher mes sacoches sur mon vélo et partir en ligne droite, sans aucun objectif sinon celui de rouler et de me "vider". De tout. Puisque ce qui reste est essentiel.

    Faire le vide pour exister enfin.

     

  • Où êtes-vous ?

    Et quand je pense que des humains s'extasient devant des bagnoles...Purée...Le niveau de conscience du réel, dérisoire, insignifiant, d'une immaturité effroyable. Je suis sorti cette nuit, manger une pomme. Et il y avait des étoiles. L'une d'entre elle brillait de mille feux juste au-dessus de la silhouette sombre d'une montagne. Comme des clignements de paupières. Neuf milliards de planètes potentiellement habitables dans notre galaxie. Rien que notre galaxie. Faut absolument que je tienne le coup jusqu'à ce qu'ils nous trouvent.Ngc6357a hst

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  • Tout disparaîtra

    "J'ai rencontré un voyageur venu d'une terre
    antique
    Qui disait:Deux jambes de pierre, vastes
    et sans tronc,
    Se dressent dans le désert. Près d'elles, sur le sable,
    Mi-enfoui, gît un visage brisé, dont le sourcil
    qui se fronce
    Et la lèvre plissée, et le ricanement de froide
    autorité
    Disent que le sculpteur sut bien lire ces
    passions
    Qui survivent encore, imprimées sur ces choses sans
    vie,
    A la main qui les imita, au coeur qui les nourrit.

    Et sur le piédestal apparaissent ces mots:
    "Mon nom est Ozymandias, roi des rois;
    Contemplez mes oeuvres, ô Puissants et
    désespérez."

    Rien de plus ne reste. Autour de la
    ruine
    De ce colossal débris, sans bornes et
    nus
    Les sables solitaires et unis s'étendent au
    loin.

    Percey Bysshe Shelley, Ozymandias.

    Psol1

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  • Krishnamurti


    "La première et dernière liberté"

    "La révolution du silence."

    "Se libérer de connu."

    "Le livre de la méditation et de la vie."

    "Lettres aux écoles"


    "La société en soi n'existe pas. La société est ce que vous et moi dans nos relations réciproques avons créé; c'est la projection extérieure de tous nos états psychologiques intérieurs. Donc si vous et moi ne nous comprenons pas nous-mêmes, transformer le monde extérieur, lequel est la projection de l'intérieur, est une entreprise vaine:les modifictations ou transformations qu'on peut y apporter ne sont pas réelles. Si je suis dans la confusion en ce qui concerne mes rapports humains, je créé une société qui est la réplique de cette confusion, l'expression extérieure de ce que je suis. Nous pouvons discuter la question de savoir si la société, l'expression extérieure, m'a produit ou si c'est moi qui ai produit la société."

    "Se consacrer à la connaissance de soi ne veut pas dire nécessairement s'isoler, s'opposer au monde, ni mettre l'accent sur l'individu, le moi par rapport à la masse, aux autres. Comprenez plutôt que si vous ne vous connaissez pas, si vous n'êtes pas conscient de votre façon de penser, des raisons pour lesquelles vous tenez à certaines opinions, à certaines croyances sur l'art ou la religion, sur votre pays, votre voisin et vous-mêmes, bref, si vous n'êtes pas conscient de tout ce qui fait votre conditionnement, il vous est impossible de penser avec vérité sur quoique ce soit. Si vous ne voyez pas clairement que votre conditionnement, lequel est la substance de votre pensée et son origine, ne voyez-vous pas que votre recherche est futile? "

    "En vue de comprendre la nature d'une société en voie de désintégration, n'est-il pas important de nous demander si vous et moi, si l'individu peut être créatif? Nous pouvons voir que là où est l'imitation, il y a nécessairement désintégration; là où est l'autorité, il y a nécessairement copie. Et puisque toute notre structure mentale et psychologique est basée sur l'autorité afin d'être créatifs. N'avez-vous pas remarqué que dans les moments de création, au cours de ces heureux instants d'intérêt vital, il n'y a pas en nous ce sentiment de répéter, de copier? De tels moments sont toujours neufs, frais, heureux, féconds. Et nous comprenons ainsi qu'une des causes fondamentales de la désintégration de la société est l'esprit d'imitation, c'est à dire le culte de l'autorité."




    Ces trois textes là ont déjà une énorme résonance en moi par rapport à mon métier.
    Chaque enfant constitue la classe. Elle ne sera que ce qu'ils portent et ce que je porte.
    Leurs relations sont générées par leurs conditionnements. Et par les miens.
    Leurs plus belles créations sont celles où mon "autorité" s'efface et où il ne reste que la beauté du Soi qui se révèle.




    "Savons-nous ce que nous appelons le moi? Par cela, j'entends l'idée, la mémoire, la conclusion, l'expérience, les diverses formes d'intentions définissables et non définissables, les tentatives conscientes d'être ou de n epas être, la mémoire accumulée de l'inconscient, mémoire de la race, du groupe, du clan, de l'individu lui-même, et tout le reste qui se projette extérieurement en action ou spitituellement en vertus. l'effort à la poursuite de tout cela est le moi. En lui est inclus l'esprit de compétition, le désir d'être. Tout ce processus est le moi et nous savons par perception directe, lorsque nous le voyons en face qu'il est "mauvais". J'emploie avec intention ce mot "mauvais" car le moi est un instrument de division: il nous informe en nous-mêmes et ses activités quelques nobles qu'elles soient, nous séparent les uns des autres, nous isolent. Nous connaissons aussi ces instants extraordianaires où le moi n'est pas là, en lesquels il n'y a aucun sens d'effort, de volonté pénible, et qui se produisent lorsqu'il y a de l'amour."

    "La jeunesse aujourd'hui, comme toutes les jeunesses, est en révolte contre la société et c'est une bonne chose en soi. Mais la révolte n'est pas la lberté parce qu'elle n'est qu'une réaction qui engendre ses propres valeurs, lesquelles, à leut tour, enchaînent. On les imagine neuves, mais elles ne le sont pas: ce monde nouveau n'est autre que l'ancien, dans un moule différent. Toute révolte sociale ou politique fera inévitablement retour à la bonne vieille mentalité bourgeoise."

    "On n'est jamais seul tant qu'on est rempli de souvenirs, des conditionnements, des soliloques du passé: les déchets accumulés du passé encombrent les esprits. Pour être seul on doit mmourir au passé. lorsqu'on est seul, totalement seul, on n'appartient ni à une famille, ni à une nation, ni à une culture, ni à tel continent: on se sent un étranger. L'homme qui de la sorte, est complètement seul, est innocent et c'est cette innocence qui le délivre de la douleur.
    Mourir c'est se vider totalement l'esprit de ce que l'on est, c'est se vider de ses aspirations, des chagrins et des plaisirs quotidiens. la mort est un renouvellement, une mlutation qui n'intervient pas par la pensée qui est toujours vieille. Lorsque se présente la mort, elle apporte toujours du nouveau. Se libérer du connu, c'est mourir et alors on vit."

    "Lorsqu'on aime, il faut être libre, non seulement de l'autre personne mais par rapport à soi. Le fait "d'appartenir" à quelqu'un, d'être nourri psychologiquement par cette personne, cet état de dépendance, comporte toujours de l'inquiétude, des craintes, de la jalousie, un sens de culpabilité...La peur exclut l'amour. Un état douloureux, sentimental ou émotionnel, le plaisir et le désir n'ont rien de commun avec lui. L'amour n'est pas un produit de la pensée. La pensée, étant le passé, ne peut pas le cultiver. L'amour ne peut pas être enclos dans le champ de la jalousie. La jalousie est le passé et l'amour le présent actif. Si l'on sait ce qu'est "aimer", on n'est tributaire de personne. "

  • Mensonge d'état

    J'ai reçu aujourd'hui ce témoignage.
    J'aurais préféré ne jamais avoir à le lire mais il vient confirmer ce mensonge d'état qui est devenu une marque de fabrique.

    Il faut absolument que je parvienne à sortir de ce milieu. Avant d'y dépérir. Empoisonné par les effluves pestilentiels qui émanent des cerveaux malades qui nous gouvernent.


    Bonjour !

     

    Je cite un extrait d'une note ministérielle que vous avez commenté il y a quelque temps:

     

    Nous connaissons l'engagement des conseillers d'orientation-psychologues et l'action des centres d'information et d'orientation (CIO) dans cette mission, comme leur contribution à la lutte contre le décrochage scolaire.

     

    Anecdote personnelle: Enfin, anecdote, si ça n'était pas, à mes yeux et pour mon beau fils, si grave, cela n'en serait qu'une...

     

    Mon beau fils arrive du Sénégal cet été pour s'installer avec mon mari et moi, en France. Il était en cinquième là bas. Il a redoublé deux fois (CE2 et 5me). Ses aptitudes de lecteur sont très faibles. Bref, il a un niveau scolaire très proche du CM2. Avec la barrière d'un apprentissage de la langue française très approximatif en plus (d'où le niveau de lecture faible, évidemment!). 

     

    Rencontre avec  le conseiller du CIO cet été. J'aimerais qu'il soit en 4ème voir même en 5ème, histoire qu'il ne soit pas mis en difficulté d'un point de vue scolaire, vu tout ce qui va lui être demandé comme effort d'adaptation en dehors et dans le cadre de l'école. 

     

    Problème: Il a 16 ans. Bien que d'apparence fluette et juvénile. Ah non Madame, ça n'est pas possible qu'il suive une classe dans laquelle il POURRA réellement suivre. Il est trop vieux, je ne suis même pas sûre qu'un collège voudra bien de lui car il a dépassé l'âge de scolarisation obligatoire ....

     

    Je précise que je ne suis pas POUR les redoublement. Je suis POUR le fait que mon beau fils se sente suffisamment à l'aise pour fournir les efforts et la concentration nécessaire à ses apprentissages. Je suis POUR le fait de ne pas le mettre en situation d'échec et de lui donner du temps. Je suis POUR enfin, écouter son avis, de lui qui s'étonne que l'on fasse tout un fromage de cette différence d'âge. Qui ne comprend pas qu'on lui refuse cela et qui a peur d'être mis en 4ème, avec un programme complètement différent du Sénégal, sans avoir jamais fait de Géographie ou d'histoire comme on le fait en France, en commençant une seconde langue (en fait, une 4ème langue pour lui qui parle Wolof, français difficilement et anglais d'une manière qui aurait inspiré Gd Elmaleh), avec de grosses difficultés en maths......

     

     

     

    Ah mais non Madame, je ne parle pas de le mettre en 4ème, ça n'est pas possible (comment ça? il était pourtant en 5ème l'année dernière!).... Il est trop âgé pour la 4ème, il y a des problèmes de différence de maturité sexuelle et peut être que s'il est trop intéressé par la chose il pourrait agresser une fille trop jeune... Heuh.... Vous avez parlé de cela avec lui... ? Honnêtement, moi j'ai plutot l'impression qu'à part le ballon....(pour le moment du mois, je sais bien que ça doit le titiller aussi, normal! Mais de là à agresser qqn.... !!!!! ??????)

     

    Ah bon, donc il va aller où ?

     

    Et bien en 3ème ! Si encore un collège veut bien de lui.... 

     

     

    Mais non, nous ne voulons pas qu'il soit en 3ème, ça va être trop difficile, il va se ramasser.... Quel recours je peux avoir? 

    Il n'y a pas de recours possible, Madame, c'est moi qui conseille la Dasen qui valide ensuite.

     

     

    Donc... ?

     

    Donc, il ira en 3ème.

     

    Résultat, il galère depuis le début de l'année. Il y a des cours où il ne comprend absolument pas ce qui se passe (Sciences physique, anglais, maths). Il s'accroche pourtant, il bosse près de 3 heures par jour en devoirs, apprentissages et réexplications de cours avec moi quand je peux ou sinon seul. Il cherche sur internet à trouver des documentaires, des films etc pour comprendre autrement.

     

    Certains professeurs, auxquels j'ai expliqué la situation en réunion de rentrée (on avait rencontré le prof principal: prof de maths au tout début de l'année et on pensait que le message avait été transmis, mais PAS DU TOUT), ont adapté, si ce n'est leur enseignement du moins leur mode d'évaluation de manière à ce que ça ne soit pas complètement écrasant.  

     

    Mais cette absolu ignorance de l'individu, de son histoire, cette obligation d'évoluer scolairement en fonction d'une fourchette d'âge, sont  de très gros facteur d'échec. En tout cas ça l'est immanquablement pour mon beau-fils!

     

    Voilà. C'était mon coup de gueule, car cela me fait souffrir de le voir souffrir ainsi! 

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