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  • Théorie du genre

    Vincent Peillon

    "La révolution française n'est pas terminée".

    extraits :

    "Quel est le rôle de l'école dans la société aujourd'hui ?

    L'école a un rôle fondamental pour dépouiller l'enfant de toutes ses attaches identitaires.

    L'école doit transformer la nature de l'enfant.

    L'école est une nouvelle Eglise (religion) qui avec un nouveau clergé produit une nouvelle liturgie et de nouvelles tables de la loi.

    La laïcité est une nouvelle religion, une religion républicaine."

    Vous voyez où on va là ?

    Une fois que tous les repères les plus profonds, les plus ancrés, les plus importants aussi auront volé en éclat, les individus seront à la merci de tous les dogmes, de tous les Maîtres à penser. Aussi ignobles soient-ils.

    On ne manipule pas des gens qui ont eu la chance de grandir avec bienveillance.

    On manipule très bien tous ceux qui auront été déstructurés dans leurs jeunes années.

    Il n'est pas question ici de contester le droit à une sexualité choisie mais de contester le trouble gigantesque qui est inséré dans l'esprit de jeunes enfants au regard d'un espace qui n'est encore que secret, magie, poésie, mystère...

    Et le plus grave dans tout ça, c'est de voir l'énergie dépensée par ces Puissants pour valider leurs démarches par de bons sentiments. Non, il ne s'agit pas de respect des personnes homosexuelles. Il s'agit bien avant tout de briser des structures.

    Il s'agit donc de comprendre l'intention qui se cache derrière tout ça.

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  • Ariane Mnouchkine

    http://histoireetsociete.wordpress.com/2014/01/01/les-voeux-depopee-dariane-mnouchkine/

    Les vœux d’épopée d’Ariane Mnouchkine

    01 jan

    ariane_mnouchkine_reference Par La rédaction de Mediapart

    Mediapart: http://t.co/VBFd62gigw

    « Mes chères concitoyennes, mes chers concitoyens,

    À l’aube de cette année 2014, je vous souhaite beaucoup de bonheur.

    Une fois dit ça… qu’ai-je dit? Que souhaité-je vraiment ?

    Je m’explique :

    Je nous souhaite d’abord une fuite périlleuse et ensuite un immense chantier.

    D’abord fuir la peste de cette tristesse gluante, que par tombereaux entiers, tous les jours, on déverse sur nous, cette vase venimeuse, faite de haine de soi, de haine de l’autre, de méfiance de tout le monde, de ressentiments passifs et contagieux, d’amertumes stériles, de hargnes persécutoires.

    Fuir l’incrédulité ricanante, enflée de sa propre importance, fuir les triomphants prophètes de l’échec inévitable, fuir les pleureurs et vestales d’un passé avorté à jamais et barrant tout futur.

    Une fois réussie cette difficile évasion, je nous souhaite un chantier, un chantier colossal, pharaonique, himalayesque, inouï, surhumain parce que justement totalement humain. Le chantier des chantiers.

    Ce chantier sur la palissade duquel, dès les élections passées, nos élus s’empressent d’apposer l’écriteau : “Chantier Interdit Au Public“

    Je crois que j’ose parler de la démocratie.

    Etre consultés de temps à autre ne suffit plus. Plus du tout. Déclarons-nous, tous, responsables de tout.

    Entrons sur ce chantier. Pas besoin de violence. De cris, de rage. Pas besoin d’hostilité. Juste besoin de confiance. De regards. D’écoute. De constance.

    L’Etat, en l’occurrence, c’est nous.

    Ouvrons des laboratoires, ou rejoignons ceux, innombrables déjà, où, à tant de questions et de problèmes, des femmes et des hommes trouvent des réponses, imaginent et proposent des solutions qui ne demandent qu’à être expérimentées et mises en pratique, avec audace et prudence, avec confiance et exigence.

    Ajoutons partout, à celles qui existent déjà, des petites zones libres.

    Oui, de ces petits exemples courageux qui incitent au courage créatif.

    Expérimentons, nous-mêmes, expérimentons, humblement, joyeusement et sans arrogance. Que l’échec soit notre professeur, pas notre censeur. Cent fois sur le métier remettons notre ouvrage. Scrutons nos éprouvettes minuscules ou nos alambics énormes afin de progresser concrètement dans notre recherche d’une meilleure société humaine. Car c’est du minuscule au cosmique que ce travail nous entrainera et entraine déjà ceux qui s’y confrontent. Comme les poètes qui savent qu’il faut, tantôt écrire une ode à la tomate ou à la soupe de congre, tantôt écrire Les Châtiments. Sauver une herbe médicinale en Amazonie, garantir aux femmes la liberté, l’égalité, la vie souvent.

    Et surtout, surtout, disons à nos enfants qu’ils arrivent sur terre quasiment au début d’une histoire et non pas à sa fin désenchantée. Ils en sont encore aux tout premiers chapitres d’une longue et fabuleuse épopée dont ils seront, non pas les rouages muets, mais au contraire, les inévitables auteurs.

    Il faut qu’ils sachent que, ô merveille, ils ont une œuvre, faite de mille œuvres, à accomplir, ensemble, avec leurs enfants et les enfants de leurs enfants.

    Disons-le, haut et fort, car, beaucoup d’entre eux ont entendu le contraire, et je crois, moi, que cela les désespère.

    Quel plus riche héritage pouvons-nous léguer à nos enfants que la joie de savoir que la genèse n’est pas encore terminée et qu’elle leur appartient.

    Qu’attendons-nous ? L’année 2014 ? La voici.

    PS : Les deux poètes cités sont évidemment Pablo Neruda et Victor Hugo »

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  • Points de vue

    La campagne contre Dieudonné vue par Diana Johnstone pour le magazine américain Counter Punch

    Un bon article très remarqué de Diana Johnstone sur les développements autour du geste de la quenelle popularisé par l’humoriste Dieudonné.

    Image

    Diana Johnstone

    L’article est publié par Counter Punch, un magazine américain de gauche, c’est-à-dire extrémiste dans la terminologie politique en vigueur aux Etats Unis, pays où dominent traditionnellement un centre gauche et un centre droit.

    Je en ferai pas de commentaires même si ce n’est pas l’envie de le faire qui manque.

    La tentative de museler Dieudonné M’Bala M’Bala

    la Bête Noire [en français dans le texte, NdT] de l’establishment français

    par DIANA JOHNSTONE à Paris, Counter Punch (USA) 1er janvier 2014 traduit de l’anglais par Djazaïri

    Les médias traditionnels et les politiques commencent la nouvelle année avec une résolution partagée pour 2014 : museler définitivement un comédien franco-africain qui devient trop populaire auprès des jeunes gens.

    Entre Noël et la Saint-Sylvestre, ce n’est personne d’autre que le Président de la République, François Hollande qui, lors d’une visite en Arabie Saoudite pour de (très grosses) affaires commerciales, a déclaré que son gouvernement devait trouver un moyen d’interdire des spectacles de l’humoriste Dieudonné M’Bala M ‘ Bala, ainsi qu’a appelé à le faire le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls.

    Le leader du parti conservateur d’opposition, l’UMP Jean-François Copé, a fait immédiatement chorus en apportant un «soutien total» à la réduction au silence de l’incontrôlable comédien.

    Au milieu de ce choeur médiatique unanime, l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur a écrit en éditorial que Dieudonné est «déjà mort,» lessivé, fini. La rédaction débattait ouvertement de la meilleure tactique entre essayer de le faire emprisonner pour «incitation à la haine raciale», l’annulation de ses spectacles sur la base de potentielles «menaces de trouble à l’ordre public,» ou l’exercice de pressions en menaçant les communes de diminuer le montant des subventions pour la culture si elles l’autorisent à se produire.

     L’objectif de Manuel Valls, le patron de la police nationale, est clair, mais le pouvoir tâtonne quant à la méthode.

    La quenelle a un effet dévastateur sur Manuel Valls

    Le cliché méprisant qui est constamment répété est que «Dieudonné ne fait plus rire personne.»

    En réalité, c’est le contraire qui est vrai. Et c’est là le problème. Dans sa récente tournée dans les villes françaises, des vidéos montrent de grandes salles archi combles pliées de rire devant leur humoriste préféré. Il a popularisé un geste simple qu’il appelle la «quenelle.» Ce geste est imité par des jeunes gens dans toute la France. Elle veut dire tout simplement et à l’évidence : on en a marre.

     Pour inventer un prétexte pour détruire Dieudonné, la principale organisation juive, le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, équivalent français de l’AIPAC) et la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), qui jouit de privilèges particuliers dans le droit français (la journaliste parle du droit de se porter partie civile, NdT) ont sorti une histoire extravagante pour qualifier Dieudonné et ceux qui le suivent de «nazis.» La quenelle n’est selon toute évidence qu’un geste grossier signifiant à peu près «dans ton cul» avec une main placée en haut de l’autre bras pointé vers le bas pour préciser la longueur de la quenelle.

    Mais pour le CRIF et la LICRA, la quenelle est «un salut nazi à l’envers». (On n’est jamais assez «vigilant» quand on cherche un Hitler caché)

    Comme quelqu’un l’a remarqué, un «salut nazi à l’envers» peut tout aussi bien être considéré anti-nazi. Si encore le geste a quelque chose à voir avec Heil Hitler. Ce qui n’est manifestement pas le cas.

     Mais le monde des médias reprend cette affirmation, en signalant tout du moins que «certains considèrent la quenelle comme un salut nazi à l’envers. » Peu importe si ceux qui pratiquent ce geste n’ont aucun doute sur ce qu’il veut dire : N…e le système !

     Mais jusqu’à quel point le CRIF et la LICRA sont-ils «le système» ?

    La France a un grand besoin de rire 

    L’industrie française est en train de disparaître, avec des usines qui ferment les une s après les autres. L’imposition des citoyens à faibles revenus est à la hausse, pour sauver les banques et l’euro. La désillusion vis-à-vis de l’Union européenne est de plus en plus forte. Les règles de l’UE empêchent toute action sérieuse pour améliorer l’état de l’économie française. Pendant ce temps, les politiciens de gauche et de droite continuent leurs discours creux, émaillés de clichés sur les «droits de l’homme» – en grande partie comme prétexte pour aller à la guerre au Moyen-Orient ou pour des diatribes contre la Chine et la Russie. Le pourcentage d’opinions positives sur le président Hollande a dégringolé à 15%. Pourtant les gens votent, avec pour résultat les mêmes politiques, décidées par l’UE.

    Pourquoi alors la classe dirigeante concentre-t-elle sa vindicte sur «l’humoriste le plus talentueux de sa génération" (ainsi que le reconnaissent ses confrères, même quand ils le dénoncent)?

    La réponse en bref est probablement que la popularité montante de Dieudonné auprès de la jeunesse illustre un accroissement de l’écart entre générations. Dieudonné fait rire aux dépends de l’ensemble de l’establishment politique. Ce qui a eu pour conséquences un torrent d’injures et de démarches pour interdire ses spectacles, le ruiner financièrement et même le faire aller en prison. Les attaques verbales fournissent le contexte propice à des agressions physiques contre lui. Il y a quelques jours, son assistant Jacky Sigaux a été agressé physiquement en pleine journée par plusieurs hommes masqués devant la mairie du 19ème arrondissement – juste en face du parc des Buttes Chaumont. Il a déposé plainte.

    Mais quelle protection peut-on espérer de la part d’un gouvernement dont le ministre de l’intérieur, Manuel Valls – en charge de la police – a promis de trouver les moyens de faire taire Dieudonné ?

    Cette affaire est importante mais il est pratiquement certain qu’elle ne sera pas traitée correctement dans les médias hors de France – exactement comme elle n’est pas traitée correctement dans la presse française qui est la source de presque tout ce qui est rapporté à l’étranger. Les problèmes liés à la traduction, une part de malentendus et de contrevérités ajoutent à la confusion.

     Pourquoi le haïssent-ils ?

    Dieudonné M’Bala M’Bala est né dans la banlieue parisienne il y a 48 ans Sa mère était une blanche originaire de Bretagne, son père était un Africain originaire du Cameroun. Ce qui devrait faire de lui l’enfant-modèle du «multiculturalisme» que l’idéologie dominante de la gauche affirme promouvoir. Et durant la première partie de sa carrière, en duo avec son ami juif Elie Semoun, il était exactement ça : il faisait campagne contre le racisme, concentrant ses attaques sur le Front National allant même jusqu’à se présenter aux élections municipales contre une candidate du Front National à Dreux, une cité dortoir à environ 90 kilomètres à l’ouest de Paris où il réside. Comme les meilleurs humoristes, Dieudonné a toujours ciblé les événements de l’actualité, avec un engagement et une dignité peu courants dans la profession. Sa carrière était florissante, il jouait dans des films, était invité à la télévision et travaillait désormais en solo. Très bon observateur, il excelle dans des imitations assez subtiles de divers types de personnalités et groupes ethniques, des Africains aux Chinois.

    Il y a dix ans, le 1er décembre 2013, en tant qu’invité dans une émission de télévision traitant d’actualité intitulée «On ne peut pas plaire à tout le monde,» un nom tout à fait approprié, Dieudonné était arrivé sur le plateau sommairement déguisé en «converti au sionisme extrémiste», suggérant aux autres de «rejoindre l’axe du bien isaélo-américain. ». Cette mise en cause relativement modérée de « l’axe du mal » de George W. Bush semblait complètement dans l’air du temps. Ce sketch se terminait par un bref salut «Isra-heil». On était loin du Dieudonné des débuts mais l’humoriste populaire avait été néanmoins salué avec enthousiasme par les autres comédiens tandis que le public présent sur le plateau lui avait fait une standing ovation.

    C’était dans la première année de l’attaque américaine contre l’Irak à laquelle la France avait refusé de s’associer, ce qui avait amené Washington à rebaptiser ce qu’on appelle là-bas « french fries » (belges en réalité) en «freedom fries» .

    Puis les protestations ont commencé à arriver, concernant particulièrement le geste final vu comme posant une équivalence entre Israël et l’Allemagne nazie.

    « Antisémitisme ! » criait-on même si la cible du sketch était Israël (et les Etats Unis et leurs alliés au Moyen Orient). Les appels se multipliaient pour interdire ses spectacles, le poursuivre en justice, détruire sa carrière. Dieudonné a essayé d’expliquer que son sketch ne visait pas les Juifs en tant que tels mais, à la différence d’autres avant lui, il n’a pas présenté d’excuses pour une offense qu’il considère ne pas avoir commise.Pourquoi n’y-a-t-il pas eu de protestations de la part des Africains dont il s’est moqué ? Ou des Musulmans, Ou des Chinois ? Pourquoi une seule communauté a-t-elle réagi avec autant de rage ?

    A commencé alors une décennie d’escalade. La LICRA entama une longue série d’actions en justice contre lui (« incitation à la haine raciale »), les perdant au début mais ne relâchant pas la pression. Au lieu de céder, après chaque attaque Dieudonné a poussé plus avant sa critique du « sionisme », Dans le même temps, Dieudonné était graduellement exclu des studios de télévision et traité comme un paria par les médias grand public. C’est seulement la profusion récente sur internet d’images montrant de jeunes gens en train de faire le geste de la quenelle qui a poussé l’establishment à conclure qu’une attaque frontale serait plus efficace que d’essayer de l’ignorer.

    L’arrière-plan idéologique

     Pour essayer de comprendre la signification de l’affaire Dieudonné, il est nécessaire d’appréhender le contexte idéologique. Pour des raisons trop complexes pour qu’on les présente ici, la gauche française – la gauche dont la préoccupation principale était autrefois le bien-être des travailleurs, l’égalité sociale, l’opposition aux guerres d’agression, la liberté d’expression – n’existe pratiquement plus. La droite a gagné la bataille décisive de l’économie avec le triomphe de politiques qui favorisent la stabilité monétaire et les intérêts du capital dfinancier international (le « néolibéralisme »). Comme prix de consolation, la gauche jouit d’une certaine prééminence idéologique basée sur l’anti-racisme, l’anti-nationalisme et l’engagement en faveur de l’Union Européenne – et même de l’hypothétique « Europe sociale » qui s’éloigne à grands pas pour rejoindre le cimetière des rêves disparus. En fait, cette idéologie coïncide parfaitement avec une mondialisation fondée sur les exigences du capitalisme financier international.

    En l’absence de toute véritable gauche sociale et économique, la France a sombré dans une sorte de «politique de l’identité » qui fait à la fois l’éloge du multiculturalisme et réagit avec véhémence contre le «communautarisme », c’est-à-dire l’affirmation de n’importe quel particularisme jugé indésirable. Mais certains particularismes ethniques sont encore moins les bienvenus que d’autres. Le voile islamique a été d’abord interdit dans les écoles, et les demandes pour le faire interdire dans l’espace public se font de plus en plus pressantes. Le niqab et la burqa, quoique rares, ont été interdits par une loi. Des controverses éclatent sur la nourriture halal dans les cantines, les prières sur la voie publique, tandis que des caricatures raillent régulièrement l’Islam. Quoi qu’on puisse penser de tout ça, la lutte contre le communautarisme peut être vue par certains comme dirigée contre une communauté en particulier. Dans le même temps, les dirigeants politiques français ont pris la tête de ceux qui appellent à la guerre dans des pays musulmans comme la Libye et la Syrie tout en affichant leur dévotion pour Israël.

    En même temps, une autre communauté fait l’objet d’une sollicitude de tous les instants. Ces vingt dernières années, alors que la pratique religieuse et l’engagement politique ont considérablement décliné, l’holocauste, appelé Shoah en France, est devenu progressivement une sorte de religion d’Etat. Les écoles commémorent la Shoah chaque année, elle domine de plus en plus dans une conscience historique en recul sous les autres aspects tout comme nombre d’approches en sciences humaines. En particulier, de tous les événements de la longue histoire de France, le seul protégé par une loi est la Shoah.. La loi dite Gayssot prohibe tout questionnement sur l’histoire de la Shoah, une interférence absolument sans précédent avec la liberté d’expression. En outre, certaines associations comme la LICRA, se sont vues accorder le privilège de pouvoir poursuivre des individus en justice sur la base de « l’incitation à la haine raciale » (interprétée de manière très large et inégale) avec la possibilité d’encaisser des dommages et intérêts au nom de la « communauté insultée ». En pratique, ces lois servent surtout à poursuivre «l’antisémitisme» présumé et le «révisionnisme» par rapport à la Shoah. Même si elles sont souvent rejetées par les tribunaux, de telles actions en justice participent du harcèlement et de l’intimidation. La France est un des rares pays où le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre la colonisation israélienne peut aussi être attaqué devant les tribunaux pour «incitation à la haine raciale.»

    Organisation violente, la Ligue de Défense Juive (LDJ), illégale aux Etats Unis et même en Israël, est connue pour avoir saccagé des librairies ou frappé des individus isolés, parfois âgés. Quand les agresseurs sont identifiés, la fuite en Israël est une bonne porte de sortie. Les victimes de la LDJ n’inspirent jamais dans l’opinion publique quoi que ce soit de comparable à l’indignation publique massive quand un citoyen juif est victime d’une agression gratuite. Par ailleurs, les politiciens se rendent au dîner annuel du CRIF avec le même zèle que ceux des Etats Unis pour aller au dîner de l’AIPAC -pas pour financer leurs campagnes électorales mais pour prouver la bienveillance de leurs sentiments.

    La France possède la plus importante communauté juive d’Europe occidentale, une population qui a en grande majorité échappé à la déportation pendant l’occupation allemande au cours de laquelle les immigrés juifs avaient été expulsés vers les camps de concentration. En plus d’une communauté juive établie depuis très longtemps, il y a beaucoup de nouveaux venus originaires d’Afrique du Nord. Tout cela contribue à une population aux succès très dynamiques, très présente dans les professions les plus visibles et les plus populaires (le journalisme, le show business ainsi que la science et la médecine entre autres)

    De tous les partis politiques français, le Parti Socialiste (en particulier via le Parti Travailliste de Shimon Peres qui est membre de l’Internationale Socialiste) est celui qui a les liens historiques les plus étroits avec Israël. Dans les années 1950, quand la France combattait le mouvement de libération nationale algérien, le gouvernement français (via Peres) avait contribué au projet israélien de production d’armes atomiques. Aujourd’hui, ce n’est pas le Parti Travailliste qui gouverne Israël mais l’extrême droite. La récente visite amicale faite par Hollande à Benjamin Netanyahou a montré que la dérive droitière de la vie politique en Israël n’a absolument pas tendu les relations – qui semblent plus étroites que jamais.

    Il n’empêche que la communauté juive est très petite en comparaison du grand nombre d’immigrés arabes venus d’Afrique du Nord ou des immigrés noirs originaires des anciennes colonies françaises en Afrique. Il y a quelques années, Pascal Boniface, un intellectuel de renom membre du PS, avait prudemment averti les dirigeants du parti que leur biais en faveur de la communauté juive pourrait finir par causer des problèmes électoraux. Cet avertissement qui figurait dans un document d’analyse politique avait provoqué un tollé qui lui avait presque coûté sa carrière.

    Mais le fait demeure : il n’est guère difficile pour les français d’origine arabe ou africaine d’avoir le sentiment que le «communautarisme » qui a vraiment de l’influence est le communautarisme juif.

    Les usages politiques de l’holocauste

    Norman Finkelstein a montré il y a quelques temps que l’holocauste peut être exploité à des fins pour le moins dénuées de noblesse : comme extorquer des fonds à des banques suisses. La situation en France est cependant très différente. Il ne fait guère de doute que les rappels constants de la Shoah fonctionnent comme une sorte de protection pour Israël contre l’hostilité que génère le traitement infligé aux palestiniens. Mais la religion de l’holocauste a un autre impact politique plus profond qui n’a pas de relation directe avec le destin des Juifs.

    Plus que toute autre chose, Auschwitz a été interprété en tant que symbole de ce à quoi mène le nationalisme. La référence à Auschwitz a servi à donner mauvaise conscience à l’Europe, et notamment aux Français si on tient compte du fait que leur rôle relativement marginal dans cette affaire [Auschwitz] avait été une conséquence de la défaite militaire et de l’occupation du pays par l’Allemagne nazie. Bernard-Henri Lévy, l’écrivain dont l’influence s’est accrue dans des proportions grotesques ces dernières années (il a poussé la président Sarkozy à la guerre contre la Libye), avait commencé sa carrière en soutenant que le «fascisme» est l’authentique «idéologie française». Culpabilité, culpabilité, culpabilité. En faisant d’Auschwitz l’événement le plus significatif de l’histoire contemporaine, un certain nombre d’écrivains et de personnages publics justifient par défaut le pouvoir croissant de l’Union Européenne en tant que remplacement indispensable des nations européennes intrinsèquement «mauvaises.» Plus jamais Auschwitz ! Dissoudre les Etats nations dans une bureaucratie technocratique libérée de l’influence émotionnelle de citoyens qui pourraient ne pas voter correctement. Vous vous sentez français ? Ou allemand ? Vous devirez en éprouver de la culpabilité – à cause d’Auschwitz.

    Les Européens sont de moins en moins enthousiastes devant l’UE car elle ruine leurs économies et leur retire tout contrôle démocratique sur elles. Ils peuvent voter pour le mariage gay, mais pas pour la moindre mesure keynésienne et encore moins socialiste. La culpabilité pour le passé est néanmoins supposée maintenir leur fidélité à l’égard du rêve européen.

    Les fans de Dieudonné, si on en juge par les photos, semblent être en majorité des hommes jeunes, âgés entre 20 et 30 ans. Ils sont nés deux bonnes générations après la seconde guerre mondiale. Ils ont passé leurs vies à entendre parler de la Shoah. Plus de 300 écoles parisiennes arborent une plaque commémorant le sort funeste d’enfants juifs déportés dans les camps de concentration nazis. Quel peut bien être l’effet de tout ça ? Pour beaucoup de ceux qui sont nés longtemps après ces terribles événements, il semble que tout le monde est supposé se sentir coupable – si ce n’est pas pour ce qu’ils n’ont pas fait, alors c’est pour ce qu’ils auraient été supposés avoir fait s’ils en avaient eu la possibilité [s'ils avaient vécu à l'époque, NdT].

    Quand Dieudonné a transformé Chaud Cacao, une vielle chanson «tropicale» un peu raciste, en Shoah Ananas, le refrain a été repris en masse par les fans de Dieudonné. J’ose croire qu’ils ne se moquent pas de la véritable Shoah mais plutôt de ceux qui leur rappellent tout le temps des événements qui sont supposés les faire se sentir coupables, insignifiants et impuissants. Une bonne partie de cette génération en a assez d’entendre parler de la période 1939 – 1945 alors que son propre avenir est sombre.

     Personne ne sait quand s’arrêter 

    Dimanche dernier, Nicolas Anelka, un footballeur très connu d’origine afro-belge [la famille d'Anelka est en fait originaire des Antilles, NdT] qui évolue en Angleterre a fait une quenelle après avoir marqué un but – en signe de solidarité avec son ami Dieudonné M’Bala M’Bala. Suite à ce geste simple et à la base insignifiant, le tumulte a atteint de nouveaux sommets.

    A l’Assemblée Nationale française, Meyer Habib représente les «Français de l’étranger» – dont 4 000 Israéliens d’origine française [plus de 78 000 inscrits sur les registres électoraux en réalité, NdT]. Lundi dernier, il a twitté «La quenelle d’Anelka est intolérable ! Je vais déposer une proposition de loi pour punir ce nouveau salut nazi pratiqué par les antisémites.»

    Meyer Habib

    Meyer Habib

    La France a adopté des lois pour « punir l’antisémitisme » [aucune de ces lois ne concerne exclusivement l'antisémitisme, NdT]. Le résultat est à l’opposé. De telles dispositions tendent simplement à confirmer la vieille idée selon laquelle «les juifs dirigent le pays» et participent à la montée de l’antisémitisme. Quand de jeunes français voient un Franco-israélien essayer de transformer en délit un simple geste, quand la communauté juive se mobilise pour interdire leur humoriste préféré, cela ne peut que faire monter l’antisémitisme et même encore plus rapidement.

    Il reste que dans cette escalade le rapport de forces est très inégal. Un humoriste n’a pour armes que des mots et des fans qui pourraient bien se disperser quand la situation va se corser. De l’autre côté se trouvent l’idéologie dominante et le pouvoir de l’Etat.

    Dans ce genre de conflit, la paix civile dépend de la sagesse et de la capacité de ceux qui ont le plus de pouvoir à faire montre de retenue. S’ils n’agissent pas en ce sens, alors cela pourrait être un jeu sans vainqueurs.

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  • Les Kogis (5)

    Indiens de la Sierra Nevada

    La Sierra Nevada de Santa Marta est un massif montagneux isolé situé à l’extrémité nord de la cordillère des Andes, au nord de la Colombie. Quatre peuples distincts, mais apparentés, vivent sur ses versants : Les Arhuaco (ou Ika), les Wiwa, les Kogi et les Kankuamo. Ils représentent une population de plus de 30 000 personnes.

    Le point culminant du massif s’élève à plus de 5 000 mètres. Emergeant du littoral caribéen, les terres basses sont recouvertes de forêts tropicales et se transforment en savanes et forêts de brouillards en altitude.

    Pour les Indiens, la Sierra Nevada est le centre du monde. Elle est entourée par une ‘ligne noire’ invisible qui relie les sites sacrés de leurs ancêtres et délimite leur territoire.

    Grands frères

    Les Indiens de la Sierra s’autodénomment ’grands frères’ et considèrent qu’ils font preuve d’une sagesse et d’une compréhension mystiques, supérieures à celles des autres peuples qu’ils appellent leurs ‘petits frères.’

    Rencontre dans le paysage luxuriant de la Sierre Nevada
    Rencontre dans le paysage luxuriant de la Sierre Nevada
    © Danilo Villafañe

    Les grands frères estiment qu’il est de leur responsabilité de maintenir l’équilibre de l’univers. Lorsqu’il y a des ouragans, des périodes de sécheresse ou de famine dans le monde, ils se disent responsables de l’échec de l’homme à maintenir l’harmonie du monde.

    L’équilibre est établi en faisant des offrandes aux sites sacrés pour rendre à la terre ce qui lui a été prélevé.

    Mamos

    Un Arhuaco, Colombie
    Un Arhuaco, Colombie
    © Survival

    Leurs leaders spirituels sont appelés Mamo. Ils sont chargés de maintenir l’ordre naturel du monde à travers le chant, la méditation et les rites d’offrandes.

    L’apprentissage du Mamo commence dès son plus jeune âge et continue jusqu’à ses 18 ans environ. Le jeune homme est emmené dans les hauteurs des montagnes où il apprend à méditer sur le monde naturel et spirituel.

    Dans notre culture occidentale, le Mamo serait à la fois un prêtre, un enseignant et un médecin.

    Coca vs cocaine

    Le surplus de poudre se fixe à l’ouverture du ‘poporo’ formant avec le temps un épais collier
    Le surplus de poudre se fixe à l’ouverture du ‘poporo’ formant avec le temps un épais collier
    © Danilo Villafañe

    La feuille de coca joue un rôle central dans la vie quotidienne des Indiens de la Sierra Nevada et est utilisée dans les offrandes et les cérémonies.

    Chaque homme porte une petite bourse remplie de feuilles de coca qu’il mâche pour créer un léger effet stimulant. Lorsque deux hommes se rencontrent, ils échangent une poignée de feuilles en signe de respect mutuel.

    L’homme transporte également une gourde évidée – le ‘poporo’ – qui contient une poudre de coquillages écrasés. Il utilise un bâtonnet pour prélever un peu de cette poudre et la mélanger à la boule de coca qui est dans sa bouche – l’alcalinité des coquillages provoque une réaction avec la coca en stimulant ses ingrédients actifs. Le surplus de poudre se fixe à l’ouverture du poporo formant avec le temps un épais collier.

    Le ‘poporo’ est un symbole de virilité et une marque de civilisation parmi les Indiens
    Le ‘poporo’ est un symbole de virilité et une marque de civilisation parmi les Indiens
    © Danilo Villafañe

    La coca est également cultivée par les colons non-Indiens pour être transformée en cocaïne. La Colombie a longtemps été qualifiée de plateforme mondiale de la cocaïne et sa production a eu des conséquences dévastatrices sur les Indiens.

    Les flancs inférieurs de la Sierra sont occupés par les colons qui y cultivent la coca pour alimenter le trafic de drogue qui finance une grande partie du conflit armé entre la guérilla et les paramilitaires.

    Malgré leur caractère pacifique, les Indiens ont fréquemment été pris en étau entre l’armée et les groupes armés clandestins. Beaucoup d’entre eux ont été tués ou forcés de fuir le conflit qui sévit sur leur terre.

    Quittez notre terre !

    ‘L'entrée est interdite aux non-Indiens’ - panneau à l'entrée d'un village arhuaco
    ‘L'entrée est interdite aux non-Indiens’ - panneau à l'entrée d'un village arhuaco
    © Kelly Loudenberg/Arianna Lapenne
    Pour nous, le pillage des tombes équivaut à prendre une mère pour la vider de ses intestins, pour lui arracher les dents et les remplacer par un dentier, pour lui enlever un œil et le remplacer par du verre.Mamo Ramon Gil

    Les Indiens de la Sierra Nevada sont les descendants des Tairona, une importante civilisation connue pour son architecture en pierre et son orfèvrerie qui attirent touristes et pilleurs de tombes dans la région.

    Chaque groupe a dû affronter à sa manière l’invasion de son territoire : les Kogi ont fui l’invasion en se réfugiant dans les hauteurs de la Sierra. Ils sont restés particulièrement réticents au tourisme.

    Les Arhuaco, dont les hommes se distinguent par leur chapeaux coniques blancs, se sont organisés dans un puissant mouvement politique pour défendre leurs droits, alors que les Kankuamo qui vivent dans les contreforts inférieurs de la Sierra sont presque entièrement intégrés à la société dominante.

    Eau

    L’eau est très précieuse pour les Indiens qui s’opposent farouchement aux barrages hydroélectriques existants dans la région ainsi qu’aux nouveaux projets. Les barrages interfèrent dans le cycle naturel des eaux de la Sierra et menacent les cultures et les moyens de subsistance des Indiens.

    Les projets de développements et les grands propriétaires terriens rendent de plus en plus difficile le déplacement des Indiens sur leur territoire ancestral et les empêchent de faire des offrandes pour maintenir l’équilibre du monde.

     
     
     

  • Anticonstitutionnellement.

    Plaidoyer pour un peuple constituant et vigilant :

    c’est aux Citoyens d’écrire eux-mêmes leur Constitution et ensuite de la protéger. Pour rester libres, les citoyens doivent toujours rester vigilants à l’encontre des pouvoirs.


    La démocratie (la vraie) est une réponse des hommes au problème qu’ils ont avec les pouvoirs.

    En effet, sans exception, « le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument ».

    Depuis la nuit des temps, aussi vertueux soient-ils au départ, tous les hommes au pouvoir changent et finissent par abuser de ce pouvoir s’ils restent longtemps au pouvoir.

    Tous les pouvoirs, et notamment les exécutifs (les gouvernements), tendent à « s’autonomiser », c’est-à-dire à concentrer le plus possible de pouvoirs et surtout à s’affranchir de tout contrôle rigoureux.

    Donc, pour les humains, les pouvoirs sont à la fois nécessaires et dangereux.

    C’est pour cette raison que les gouvernés ont imaginé, pour leurs gouvernants, un pacte appelé Constitution, une règle supérieure qui institue les pouvoirs et qui fixe surtout les limites de chaque pouvoir, sans exception. Une Constitution est un acte de défiance.

    Montesquieu a montré qu’il fallait, par le moyen de la Constitution,affaiblir les pouvoirs, notamment le pouvoir exécutif qui est le plus dangereux, en séparant les pouvoirs et en contrôlant les pouvoirs (à tout moment, évidemment, et non pas seulement au moment des élections).

    Mais Montesquieu a oublié de dire de faire très attention à QUI va écrire la Constitution : en effet, si les citoyens laissent les hommes au pouvoir écrire eux-mêmes les limites de leurs propres pouvoirs, c’est perdu : cette négligence citoyenne conduit naturellement à l’institutionnalisation de l’impuissance politique des gouvernés : transformation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes en undroit des élus à disposer des peuples.

    Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir ;ce n’est pas aux ministres, ce n’est pas aux parlementaires, ce n’est pas aux juges, d’écrire ou de réviser la Constitution, car ils sont, en l’occurrence, à la fois juges et parties : ils ont un intérêt personneldans les règles qu’ils instituent et ils trichent en établissant des contrôles simulés et des pouvoirs citoyens factices.

    Quand des ministres, des présidents, des parlementaires ou des juges créent ou modifient une Constitution, c’est un abus de pouvoir. Ils ont un pouvoir important et ils en profitent pour en abuser. C’est une juste cause d’insurrection.

    Les parlementaires et les ministres ne sont pas propriétaires de la souveraineté nationale, ils n’en sont que les dépositaires temporaires. Quand ils transfèrent notre souveraineté sans notre accord direct, sans référendum, ils se comportent comme des locataires qui vendraient la maison en douce…

    Pour comprendre ce qui nous est arrivé à l’occasion de la construction de l’Union européenne, il faut voir que l’important, ce n’est pas qui VOTE la constitution, ce qui compte, c’est qui ÉCRIT la Constitution.


    Le “Traité établissant une Constitution pour l’Europe”, le TCE, estun traité anticonstitutionnel :

    d’abord parce qu’il est constitutionnel : le TCE crée une constitution de fait, par la nature même des règles qu’il impose en matière de pouvoirs, règles dangereuses par essence : pouvoir de légiférer, pouvoir de gouverner, pouvoir de juger… De fait, sans notre accord, les institutions européennes remplacent progressivement les institutions nationales.


    Indépendamment de l’étiquette que lui collent ses auteurs, —”traité” ou “constitution”—, c’est assurément une (mauvaise) constitution qui n’avait jamais dit son nom que nos ministres ont écrite depuis 50 ans :

    a.   faiblesse extrême du parlement (masquée par de petits progrès montés en épingle),

    b.   confusion des pouvoirs dans les mains de l’exécutif (dans des domaines importants et dissimulés (“actes non législatifs”, par ex.),

    c. dépendance étroite des juges envers les exécutifs,

    d. non contrôle des pouvoirs (aucun organe n’est responsable de ses actes),

    e. protection excessive et injustifiée des fonctionnaires,

    f. impuissance politique des citoyens (pas de référendum d’initiative populaire),

    g. information manipulable : médias, organes statistiques et insti-tuts de sondage sous influence (aucune règle constitutionnelle ne protège l’indépendance politique et économique des organes d’information),

    h. sabordage monétaire (indépendance de la BCE dont la mission de lutte contre l’inflation favorise le chômage ; interdiction aux États de créer de la monnaie pour financer des investissements publics, ce qui impose intérêts ruineux et dette publique asphyxiante),

    i. révisions constitutionnelles à deux vitesses : impossibles avec le peuple (procédure “ordinaire” à triple unanimité) et faciles sans le peuple (procédure “simplifiée” sans référendum).


    Ensuite parce qu’on n’impose pas une Constitution par traité, la seule source acceptable du pouvoir étant la souveraineté populaire, le TCE, comme les autres traités qui l’ont précédé, fondamentalement inacceptable pour les peuples qu’il viole, le TCE est un traité anticonstitutionnel.

    Les Citoyens doivent donc se réapproprier la Constitution. Ils doivent l’écrire eux-mêmes et c’est ensuite encore à eux de la protéger comme leur outil le plus précieux contre les abus de pouvoir. On peut tout déléguer, sauf ce pouvoir-là.

    Donc, il nous faut un processus constituant honnête, une Assemblée Constituante dans laquelle les membres n’écrivent pas des règles pour eux-mêmes, des membres indépendants des partis et de toute organisation qui exerce ou brigue le pouvoir.

    Et le seul moyen de désigner des constituants indépendants des hommes de pouvoir, c’est de laisser chacun choisir librement les citoyens qu’il juge “valeureux”, sans se laisser imposer les candidats des partis.

    Il faut surtout choisir les constituants par tirage au sort parmi ces “valeureux” désignés hors partis.

    Enfin, les constituants doivent se déclarer inéligibles aux fonctions qu’ils instituent eux-mêmes.

    En somme, il faut rigoureusement séparer le pouvoir constituant des pouvoirs constitués. Quand les citoyens auront réussi à imposer cettehygiène démocratique fondamentale, ils sortiront enfin de la « préhistoire de la démocratie ».

    Et bien sûr, inutile de compter sur les partis et leurs amis pour débattre et faire connaître cette thèse : c’est aux simples citoyens de faire circuler cette idée, s’ils la trouvent bonne, pour s’émanciper desvoleurs de pouvoir. Cet enjeu ressemble à celui du débat référendaire de 2005.

    Les principaux candidats au pouvoir, ceux que nous imposent les partis et les médias, vont tout faire pour être élus sans avoir à débattre une seule fois de leurs abus de pouvoir au plus haut niveau. Ils vont tous faire diversion avec des non sujets. À nous d’imposer que ces abus de pouvoir soient débattus publiquement.


    Une « insurrection électorale » pourrait tout changer : le seul moyen de nous émanciper de la tutelle des partis, c’est d’élire un candidat hors parti, dont le seul programme serait d’organiser le tirage au sort d’une Assemblée Constituante. C’est la seule procédure viable pour protéger durablement le peuple contre les abus de pouvoir.


    Par : Etienne Chouard

    http://r-eveillez-vous.fr/plaidoyer-pour-un-peuple-constituant-et-vigilant-2/

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  • Contes de fées.

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  • Déforestation.

    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/01/02/au-laos-une-deforestation-massive-et-silencieuse_4342147_3216.html

    Au Laos, une déforestation massive et silencieuse

    LE MONDE | | Par

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    La nationale 18 déroule son ruban d’asphalte à travers les hauteurs vertigineuses d’une jungle épaisse qui moutonne vers la frontière vietnamienne. A progresser ainsi dans les confins du Laos, on imagine mal que cette petite nation enclavée d’Asie du Sud-Est, d’à peine 7 millions d’habitants, est en train de battre tous les records de déforestation dans une région où les forêts primaires sont de plus en plus menacées.

    Les experts internationaux estiment qu’entre les années 1940 – au temps du protectorat français – et le début des années 2000, la couverture forestière du pays est passée de 70 % à 41 %. Pire : selon certains spécialistes, les zones les plus denses où les forêts sont restées inviolées ne représenteraient guère plus de 3 % du territoire.

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    La province méridionale d’Attapeu est l’une des plus touchées. Ce n’est ici un secret pour personne, relèvent consultants et membres d’ONG – tous requérant l’anonymat tant le sujet est sensible dans ce pays au régime muselant toute liberté d’expression –, que la déforestation illégale se poursuit à un rythme soutenu en raison de la collusion d’entreprises contrôlées par les militaires laotiens, d’un côté, et vietnamiens, de l’autre.

    DES EXEMPTIONS OBTENUES DE MANIÈRE DOUTEUSE

    Le Laos a beau avoir interdit en 2004 l’exportation de bois brut et imposé un système de quotas d’abattage dans des zones précisément délimitées, tout indique que lesdits quotas ne sont pas respectés et que les entrepreneurs violent à loisir les réglementations.

    Selon un rapport très documenté publié en 2011 par l’organisation non gouvernementale Environmental Investigation Agency, trois firmes laotiennes, grâce à des exemptions obtenues de manière douteuse, exportent chaque année vers le voisin vietnamien quelque 250 000 mètres cubes de bois brut, un chiffre dépassant largement le volume autorisé. Le trafic profite ainsi directement au Vietnam qui, en 2010, a exporté pour 3,4 milliards de dollars (2,5 milliards d’euros) de produits dérivés du bois. Paradoxe : le régime d’Hanoï contrôle la déforestation sur son territoire depuis 1997, mais l’industrie vietnamienne du bois repose à 80 % sur les importations.

    Le 5 octobre 2010, le site d’information Asia Times, sous la plume du journaliste Beaumont Smith, avait accusé un certain général Cheng Sayavong, ancien directeur de la Compagnie de développement des zones montagneuses, d’avoir été l’un des principaux responsables de la déforestation des régions situées au sud de la capitale, Vientiane.

    SEMI-REMORQUES IMMATRICULÉS AU VIETNAM

    Si rien ne permet, sur la lisière de la nationale 18, de se faire une idée claire de l’étendue des dégâts, c’est parce que les zones d’abattage se situent plus profondément dans la jungle, au bout de chemins en mauvais état et surveillés.

    En revanche, ce qui saute aux yeux, c’est le nombre de semi-remorques immatriculés au Vietnam, lourdement chargés d’énormes troncs d’arbre, qui progressent sur la route en direction de la frontière. Le 14 octobre 2013, sous une pluie battante, dans ces zones largement « vietnamisées » si l’on en juge par le nombre d’échoppes, de garages et de restaurants tenus par des commerçants venus du versant oriental de la jungle, on a dénombré en trois heures une quinzaine de ces camions peinant dans les côtes entre le petit bourg de Ban Phaosam Phanh Mixai, où d’autres gros véhicules surchargés de bois sont parqués, et le poste frontière de Bo Y.

    Réaction d’un planteur de café, dans la ville d’Attapeu, chef-lieu de la province : « Les entreprises vietnamiennes ne cessent d’exploiter la forêt. Elles ont soi-disant la permission d’abattre les arbres mais, trop souvent, elles dépassent les quotas qui leur sont alloués. » L’homme ricane en montrant le ciel : « Tout se négocie au niveau du gouverneur… »

    LE LAOS BLÂME SOUVENT L’AGRICULTURE SUR BRÛLIS 

    Un certain degré de décentralisation administrative mis en place depuis 1996 n’a fait qu’aggraver la déforestation. « Les responsables des muang [districts] et les gouverneurs provinciaux règnent sur leurs fiefs comme des petits rois. Le gouvernement central n’a pas toujours le contrôle de ce qui se passe dans ces provinces éloignées du cœur du pouvoir à Vientiane », observe, à Pakse, chef-lieu de la province du même nom, un expert étranger qui refuse d’être cité. « Les principales victimes de l’abattage sauvage, poursuit-il, sont les ethnies minoritaires, très nombreuses dans le Sud laotien, sur lesquelles les autorités locales font pression sous prétexte d’empêcher les coupes. » Le Laos blâme en effet souvent l’agriculture sur brûlis pratiquée par les villageois comme l’une des causes de la déforestation. Elle n’en est, à l’évidence, qu’un paramètre périphérique.

    Dans son article, le journaliste Beaumont Smith cite aussi un inspecteur laotien des eaux et forêts qui lui a confié son impuissance à enrayer l’abattage illégal : « On arrête beaucoup de gens impliqués dans le trafic, dit-il. Parfois, ils nous donnent le nom des vrais responsables, souvent des gens haut placés. On téléphone alors à ces derniers pour leur demander de quoi il retourne. Ils nient toutes les accusations. Que peut-on faire ? Ce sont des gens trop importants… »

    Au niveau du pouvoir communiste laotien, installé à Vientiane depuis la fin de la guerre du Vietnam en 1975, et qui s’est désormais lancé dans un programme de libéralisation économique autorisant tous les abus, on commence tout de même à être conscient des implications de la déforestation. D’autant que les pays importateurs ont fini par se mobiliser : depuis le 1er mars 2013, l’Union européenne a imposé une réglementation qui exige des entreprises important des produits dérivés du bois de démontrer la légalité de leurs importations.

    LE PREMIER MINISTRE TANCE LES RESPONSABLES LOCAUX

    Le 23 décembre 2013, le premier ministre laotien, Thongsing Thammavong, s’est rendu en visite officielle dans la province d’Attapeu. Il a sérieusement tancé les responsables locaux, selon le quotidien gouvernemental anglophone Vientiane Times : « Je veux que vous, les autorités locales, veilliez à protéger nos ressources naturelles ! Si nos arbres sont abattus, pourrons-nous dire encore que nous aimons notre nation ? »

    Il s’est même permis de faire une allusion à l’implication des militaires dans l’exploitation illégale des forêts : « Le gouverneur vient de me dire que nos forces de sécurité sont parfois peu désireuses d’inspecter les activités des entrepreneurs et tous ceux qui coupent les arbres. Quand nos ressources naturelles auront disparu, que nous restera-t-il ? »

    Reste à savoir si ce discours indique l’amorce d’un tournant ou s’il s’agit d’une déclaration de pure forme destinée à calmer le courroux des agences internationales.

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  • Attali et les imbéciles

    L’économiste Jacques Attali était l’invité du "Grand Rendez-vous" d’Europe 1/i>Télé/Le Monde, dimanche matin. Il est notamment revenu sur la polémique autour de la quenelle, popularisée par Dieudonné : "il faut laisser la justice s’exprimer. Ce geste est stupide, débile." L’homme qui murmure à l’oreille des présidents a également estimé que "tant que ce n’est qu’un signe et qu’il n’y a pas derrière un discours, alors c’est purement potache. Pour moi, ce signe veut dire : ‘je suis un imbécile’. Nous sommes dans uns société où le signe remplace la parole, donc le signe prétend incarner toute une série de valeurs, mais en réalité le discours qui doit le porter, le discours antisémite, est heureusement interdit par la loi."



    Si on analyse un peu tout ça, ce Monsieur considère qu'un geste de contestation, de ralliement, de reconnaissance, est un geste perpétré par des "imbéciles".

    Je rappelle qu'il est le conseiller des Politiciens.

    Il est intéressant de voir la façon dont ces gens-là considèrent le peuple. Très révélateur.

    Ce qui m'amuse, c'est de voir à quel point, ils sont déboussolés, jusqu'à tenter de discréditer par l'insulte quelques centaines de milliers de personnes.

    "Mais enfin, ne faites pas ça, ce sont les imbéciles qui agissent de la sorte, reprenez vos esprits, allons, mes enfants..."

    BHL, Atalli, Cohen...Tous, ils sont persuadés de vivre dans des sphères intelligentes, de posséder la vision claire, la lucidité, l'analyse, alors qu'ils vivent dans un espace totalement étranger au nôtre, qu'ils n'ont aucune conscience de l'image désastreuse du milieu politique, qu'ils n'ont, pour l'instant encore, aucune conscience de ce qui prend forme...

    Il va être passionnant de les voir paniquer.

    Je ne crois pas que le FN en tirera profit.

    D'autres mouvements vont apparaître. Non pas des mouvements politiques mais des mouvements populaires organisés.

    Les imbéciles que nous sommes s'en occupent.

    Nous serons un jour le chaos de leur monde.

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