Là-Haut

Blog

"La rentrée scolaire s'est bien passée"

Par Le 14/09/2022

Si, si, c'est ce que le ministre a dit.

"Il y a bien quelques petits flottements mais c'est de la dentelle qui se règlera en académie".

De la dentelle...Le terme est délicieux...

Alors, état des lieux après quelques jours.

Quand l'éducation nationale se voit contrainte d'augmenter sans cesse le nombre de contractuels, le problème n'est pas que financier.

Le mal est bien plus profond. Je l'ai dit et je le redis et je recommencerai : ce métier est mort. Pas encore enterré parce que ça ne pue pas trop mais ça viendra. 

Rentrée scolaire 2022 : Y a-t-il vraiment un prof devant chaque classe en ce mois de septembre ?

 

EDUCATION Une semaine après la rentrée, les difficultés se font déjà ressentir sur le terrain

Delphine Bancaud

Twitter

Publié le 10/09/22 à 09h15

246 COMMENTAIRES1,8kPARTAGES 

 

La rentrée au lycée professionnel "Les Coteaux" à Cannes.

La rentrée au lycée professionnel "Les Coteaux" à Cannes. — SYSPEO/SIPA

Powered byAudion

Ecouter cet article

Rentrée scolaire 2022 : Y a-t-il vraiment un prof devant chaque classe en ce mois de septembre ?

00:00

Le ministre de l’Education, Pap Ndiaye, l’avait répété fin août : « Il y aura un enseignant dans chaque classe ». Une promesse faite alors qu’une crise des recrutements fait rage dans l’Education nationale.

Même si aucun chiffre officiel n’a été dévoilé concernant le nombre de profs manquants, les syndicats enseignants et la FCPE constatent des trous dans les emplois du temps en cette rentrée.

Certaines académies ont fait appel en urgence aux profs remplaçants, mais les syndicats s’inquiètent du fait qu’il ne reste plus beaucoup de personnels pour assurer les remplacements dans les mois à venir.

La promesse a-t-elle été tenue ? « Il y aura un enseignant dans chaque classe à la rentrée », avait martelé le ministre de l’Education, Pap Ndiaye, fin août. Quelques jours après la rentrée, si les chiffres officiels concernant les profs manquants n’ont pas été dévoilés, le gouvernement affiche tout de même son optimisme. « Malgré un contexte de tension évidente sur les postes d’enseignants, la rentrée s’est passée dans de bonnes conditions. Dans certaines académies, la situation est même meilleure que les années passées », a ainsi déclaré mercredi Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, à l’issue du Conseil des ministres.

Mais sur le terrain, les équipes pédagogiques ne font pas le même constat. Même si des recrutements express de contractuels ont été faits cet été, le compte d’enseignants n’y est pas. Selon une enquête du Snes, au 3 septembre, il manquait au moins un professeur sur un poste fixe dans 62 % des établissements. Un problème qui a touché plus durement certaines académies, selon le syndicat du second degré. Sur celle de Créteil, 83 % des collèges et des lycées manquaient d’au moins un professeur, sur celle de Nantes 67 %, et sur celle de Normandie 51 %. L’académie de Guyane semble très touchée : dans 12 établissements sur 45, le Snes comptait déjà 80 postes non pourvus début septembre.

Le second degré touché en premier, le primaire pas épargné

Sur Twitter, des équipes enseignantes témoignent aussi des difficultés constatées dans leur établissement sous le hashtag #NotreVraieRentrée. Même son de cloche chez les parents d’élèves : « La promesse d’un enseignant devant chaque classe, ce n’est pas ce qui a été constaté sur le terrain. Et ce dès le 1er septembre », a déclaré vendredi Carla Dugault, coprésidente de la FCPE, lors de la conférence de presse de la première fédération de parents d’élèves. « Nous avons déjà des retours sur des enseignants qui manquent à l’appel. Surtout dans le second degré et particulièrement dans certaines matières comme les maths, la physique, les langues et même le français », complète Nageate Belahcen, coprésidente de la FCPE. « Certains contractuels n’ont reçu leur affectation qu’après la rentrée », explique aussi Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT. Les conséquences pour les élèves sont déjà perceptibles, via des trous dans les emplois du temps.

Le primaire n’est pas épargné non plus : « Si, le jour de la rentrée, un adulte était présent presque partout devant chaque classe, les difficultés commencent à se faire sentir dans certaines écoles », indique le SNUipp-FSU dans un communiqué. Certains départements, comme la Seine Saint-Denis ou le Val-d’Oise, seraient particulièrement touchés. Par ailleurs, certains professeurs des écoles n’exerçant pas à temps complet, il est parfois difficile de trouver un enseignant assurant le reste de leurs heures, comme le constate Catherine Nave-Bekhti : « Dans beaucoup d’écoles, des compléments de service sur des temps partiel ou des décharges* ne sont pas encore là ».

Les remplaçants appelés à la rescousse

Pour assurer les heures de classe des écoliers, certaines académies n’ont pas eu d’autre choix que de puiser dans le vivier des remplaçants, des profs titulaires dont la mission est de suppléer leurs collègues en cas d’arrêt maladie ou de congé maternité, par exemple. D’après les remontées du SNUipp-FSU, des profs remplaçants ont ainsi été envoyés dans plus de 1.000 classes pour assurer la rentrée. « En Meurthe et Moselle, 243 remplaçants sont déjà mobilisés dans des classes à l’année. Dans la Creuse, ce sont 50 % des remplaçants déjà occupés », relève le syndicat.

 

Le recours à ce vivier si tôt dans l’année inquiète les syndicats : « Lorsqu’on aura besoin de remplaçants au cours de l’année, il risque d’être déjà tari », s’alarme Catherine Nave-Bekhti. Le SNUipp-FSU est encore plus alarmiste : « Il y a fort à parier que dans quelques jours ou semaines, selon les départements, il ne sera plus possible de remplacer les enseignantes et enseignants en congé maladie ». Dans ce cas, les écoles n’auront plus d’autre solution que de dispatcher les élèves sans enseignant dans d’autres classes. Ce qui pénalisera leurs conditions d’apprentissage.

Pour le second degré, si plus aucun remplaçant ni contractuel n’est disponible dans une académie, il est à craindre que les élèves soient privés de certaines matières pour un temps. L’an dernier, la FCPE avait comptabilisé sur le site Ouyapacours les heures de classes « perdues ». « Il y en a eu 80.690 », indique Nageate Belahcen. En espérant que cette plateforme ne battra pas un nouveau record cette année…

SOCIÉTÉ

Rentrée scolaire 2022 : « Je me suis retrouvée noyée dans le grand bain »… Les profs contractuels racontent leurs débuts

SOCIÉTÉ

Education : Pourquoi la crise du recrutement des enseignants s’aggrave

* Quand un prof accomplit d’autres missions que d’enseigner, le ministère de l’Éducation nationale doit le décharger d’une fraction de ses heures devant élèves. C’est par exemple le cas des directeurs d’école.


 

"Des contractuels sont mis devant des élèves dans l'urgence, alors qu'un TZR est disponible "

 

Publié le 14/09/2022 à 16h22

Écrit par Dolores Mazzola

Le malaise des enseignants TZR, dans le secondaire : ils ont le sentiment d'être ballottés, dévalorisés et ignorés.

Le malaise des enseignants TZR, dans le secondaire : ils ont le sentiment d'être ballottés, dévalorisés et ignorés. • © ALEXANDRE MARCHI, /NCY / MAXPPP

Ardèche

Drôme

Auvergne-Rhône-Alpes

Qui sont les TZR? A la fois enseignants titulaires et remplaçants. "Non, la rentrée ne s'est pas bien passée ! " Ces enseignants remplaçants sont souvent sans poste et ne veulent plus être des jokers alors que des contractuels sont recrutés au motif que des classes sont sans prof. Le paradoxe les ronge.

Ils sont une "ancienne" réserve de l'Education Nationale mais la vérité c'est qu'ils se sentent plus que jamais inutiles et privés de rentrée alors qu'il y a des besoins. "Je veux enseigner, j'aime mon métier, je n'ai pas envie de me sentir inutile !" C'est le cri du cœur de Jessy G., professeure de Français depuis près de 8 ans. 

Pour la jeune femme, enseignante TZR, Titulaire d'une Zone de Remplacement, la situation de cette rentrée est intolérable. Professeure de français installée à Tournon/Rhône, elle a décroché son Capes en 2018. Elle se retrouve aujourd'hui dans une situation ubuesque : c'est sa 3e rentrée en Ardèche et elle n'a pas d'élèves. Chaque jour, elle se rend pourtant dans son établissement de rattachement. Pas de rentrée pour Jessy alors qu'elle avait fait sa pré-rentrée normalement. Le poste qu'elle aurait dû occuper, selon elle, a été attribué à un enseignant remplaçant, un contractuel. Pour la professeure de lettres, c'est l'incompréhension. "On paie un enseignant contractuel et moi, on me paye à ne rien faire. J'ai fait ma pré-rentrée mais le poste était déjà pourvu par un énième contractuel alors que je suis disponible depuis juin," s'indique l'enseignante.

Les parents pensent qu'il n'y a pas de profs et qu'on est payé à ne rien faire. Mais vous n'imaginez pas le nombre de coups de fils et de mails passés pour réclamer un poste car j'aime enseigner.

Jessy G.

Professeure de Lettres, TZR

Que recouvre le statut de TZR ? Un professeur TZR est un enseignant titulaire de l'enseignement secondaire français, affecté sur une zone de remplacement (ZR) à l'intérieur d'une académie. Une situation que connaissent les jeunes lauréats de concours à l'issue de leur titularisation.

Contacté, le service ressources humaines de l'académie de Grenoble, explique que les TZR ne sont pas sans poste. Ce sont des titulaires présents sur des zones de remplacement avec une mission précise : " un TZR est affecté sur zone pour réaliser des remplacements, c'est sa mission première, pallier les absences sur les points critiques ". Cette situation professionnelle relève aussi d'" un choix professionnel ". " Un TZR peut toujours demander une mobilité sur un poste fixe ", explique-t-on. Mais la mobilité fait partie intégrante du statut, rappelle-t-on.  

Des contractuels chouchoutés ?

Ce que Jessy déplore : que le Rectorat fasse appel à des contractuels et non à des TZR. Son cas est loin d'être isolé. Les enseignants TZR sont l'un des rouages essentiels du secondaire, des professeurs remplaçants, titulaires du Capes, formés et souvent très expérimentés. Depuis quelques temps, l'Education Nationale ferait de plus en plus appel à des "contractuels" pour remplacer les professeurs absents ou combler des postes dans les collèges et les lycées. 

Marion, professeure dans l'académie de Grenoble, qui se présente comme "certainement la plus ancienne TZR d'Italien" a le même sentiment : "depuis 2 ou 3 ans, les TZR sont de moins en moins affectés sur des poste à l'année. On a des affectations partielles". Avec le sentiment pour ces titulaires remplaçants d'arriver "comme un cheveu sur la soupe devant les élèves, en septembre", prévenus à la dernière minute. 

Pourquoi embaucher des contractuels, quand on a des enseignants TZR à disposition ?

Jessy G.

Professeure de Lettres, TZR

En termes de ressources humaines, les TZR ont le sentiment d'être devenus la variable d'ajustement, contrairement aux contractuels. "On nous garde pour faire des remplacements au pied levé, alors que ce devrait être l'inverse", explique Marion, dépitée." J'aimerai savoir comment ça marche, mais nous n'avons pas de réponse".

"Pas de concurrence", "pas de comparaison"

Dans l'académie de Grenoble qui regroupe aussi les départements de Drôme et d'Ardèche, les inquiétudes semblent bien vives. Les TZR s'interrogent sur la gestion des remplacements. Certains n'hésitent pas à parler d'une différence de traitement.

"Il n'y a pas de concurrence entre un TZR et un contractuel", assure-t-on à l'Académie de Grenoble. Les TZR vont être affectés sur des zones et des disciplines où on va être en difficulté", précise-t-on. Le service Ressources Humaines convient que des contractuels sont "CDIsés". On rappelle toutefois que les deux statuts ne sont "pas comparables". "Pour un contractuel, quand le contrat de remplacement est terminé, c'est fini. Un TZR bénéficie, par exemple, de modalités d'avancement". 

Côté enseignant, certains titulaires se sentent aujourd'hui ballotés par les décisions d'affectations de remplacements. Certaines pèsent parfois lourdement sur leur vie privée comme l'explique V., une enseignante TZR valentinoise qui a préféré conserver l'anonymat.

"Un contractuel peut refuser un poste dans un établissement, pas un fonctionnaire. Aux contractuels, on donne un poste dans un établissement, à l'année, souvent en lycée. Nous, on peut nous envoyer n'importe où. On n'a pas le choix", déplore-t-elle. 

Côté académie, la décision de faire appel aux contractuels est assumée, pour la bonne cause : "certains TZR sont gardés en réserve, sont préservés pour l'année". Ces TZR sont plus expérimentés, plus efficaces et armés pour effectuer des remplacements. Il s'agit de "préserver un vivier de TZR pour couvrir les absences". "Notre vivier c'est notre centre d'intérêt. On a à cœur d'augmenter les ressources et pas de mettre en difficulté les chefs d'établissement", assure-t-on.  

"Nous sommes des profs, pas des pions ou des AED"

Lorsque l'enseignant titulaire se retrouve sans classe et sans cours à dispenser, il ne végète pas pour autant à la maison. Il doit se rendre chaque jour dans son établissement de rattachement. "Même si certains le pensent, on ne reste pas chez nous à regarder Netflix!" s'exclame Marion.

En effet, l'Académie confirme : les TZR bénéficient d'une affectation, ils sont liés à leur établissement de rattachement où ils sont en activité, "des missions leur sont données par les chefs d'établissement pour être activité. Ils sont par exemple en doublon, en accompagnement, en ateliers ou en modules. Ils restent en interaction," explique-t-on.

Si certains TZR multiplient les tâches, ils se sentent pourtant dévalorisés. "Nous sommes des profs, pas des pions ou des AED", lâche Jessy. Ces titulaires évoquent frustration et découragement, soulignent la difficulté d'intégrer une équipe pédagogique, de proposer des projets à une classe qu'ils ne vont parfois prendre en charge que quelques semaines ou quelques jours.

"La seule chose qui fait tenir, c'est la reconnaissance des élèves", explique Marion, qui sort d'une dépression. Mais pour ceux qui se retrouvent dans l'établissement de référence, la situation est parfois cruelle : "les enfants dans la cour, moi en salle des profs, on se regarde en chien de faïence ! On se dit qu'on ne sert à rien ! Mais je ne vais pas faire des cours clandestins !" raconte la prof d'Italien.

"A quoi me sert mon concours ?"  

La formation des contractuels est aussi au cœur des tensions. "Quand ces contractuels arrivent, on les met devant des gamins, dans l'urgence. Alors qu'un TZR est disponible. On ne dit pas quelle est leur formation, ni comment sont recrutés ces contractuels", martèle l'enseignante d'Histoire-Géographie. "Mais à quoi me sert mon concours ?", s'interroge-t-elle.

On est des enseignants qui voulons bien faire notre travail. On est des personnes, on a un concours, un métier ...

V., professeure d'Histoire-Géographie

Enseignante TZR en Drôme

La question d'une prochaine titularisation express de ces remplaçants pour faire face à la pénurie d'enseignants fait grincer des dents. Aujourd'hui, les enseignants TZR posent la question : que va-t-on devenir, nous qui avons passé un concours, décroché un Capes ou une agrégation et qui avons plusieurs années d'expérience dans l'enseignement ? De son côté, l'Académie parle aussi d'accompagnement des contractuels vers les concours.

Jokers, pions ... 

V. jeune agrégée, enseignante depuis 13 ans. En septembre, bénéficiant d'une affectation à l'année dans un collège de La Voulte, elle a fait sa rentrée normalement. Tout était programmé : un temps plein auprès de 5 classes de collégiens. Mais, une semaine après la rentrée, c'est la catastrophe. Cette professeur d'Histoire-Géographie reçoit une nouvelle demande pour effectuer un remplacement de 7 semaines dans un autre établissement, à Valence. Pour la jeune femme, mère de famille, c'est aussi toute une organisation de vie de famille qui vole en éclats. 

"On voit les élèves pendant une semaine, on prépare tout et au bout de quelques jours on vous envoie un arrêté pour un autre établissement pour 7 semaines car il n'y a personne pour faire un remplacement de 7 semaines", la prof d'Histoire-Géographie ne décolère pas. "On se fiche des élèves, on se fiche de votre travail et de ce que vous avez commencé", tempête l'agrégée qui vit très mal cette situation.  

Ces enseignants volants de l'académie de Grenoble, et d'ailleurs, dénoncent aujourd'hui "un flou artistique" concernant l'attribution des postes mais surtout un manque de communication. Ces titulaires ont le sentiment d'être devenus des "jokers" ou des "pions". Certains ont surtout le sentiment de faire les frais d'une volonté politique affichée : "mettre un prof devant chaque élève". Mais la crainte de ces TZR au bout du rouleau va plus loin. Ils redoutent une fuite des cerveaux avec démissions en masse et une dégradation de la situation au détriment des élèves. Côté syndicat, la situation pourrait encore se dégrader, faut d'un recrutement suffisant d'enseignants, et parce que "le métier est de moins en moins attractif". 

 

 

Et celle-là quand j'écris

Par Le 13/09/2022

 

 

 

LE DESERT DES BARBARES

Page 600

Walter Zorn n'avait plus supporté l'absence d'informations.

Il avait construit son empire parce que rien ne lui était inconnu, parce que même ce qui n'existait pas encore avait déjà été conçu par son esprit. Mais pour que l'anticipation soit possible et qu'elle s'élève au-delà de la pensée commune, il fallait nécessairement être informé de tout, absolument tout, non pas l'information qui emplissait l'existence formatée des individus mais l'information qui permettait de contrôler toutes les existences, de les mener là où sa volonté le souhaitait, de décider pour eux ce qu'ils imaginaient leur appartenir. Il avait réalisé dans cet effacement des contacts avec le colonel Nichols et de la disparition de toutes les données qu'il amassait quotidiennement à quel point sa puissance dépendait d'éléments extérieurs : la technologie, internet, les satellites. Et la conscience de cette dépendance dont il n'avait jamais voulu voir la portée le rongeait, jour et nuit.

Il avait décidé d'utiliser le personnel militaire du camp. Une mission en aveugle destinée à éclairer les zones sombres : qu'en était-il des survivants, du gouvernement, de l'armée officielle, des attentats, de l'épidémie de choléra et celle du Hum, des dégâts sur les infrastructures, de l'état des villes, de Christchurch et de toutes les autres ?

Cinquante hommes répartis par groupe de cinq dans les 4X4, tous ultra armés. Ordre d'abattre toutes personnes présentant des symptômes épidémiques. Revenir avec le maximum d'informations. L'ensemble du territoire de l'île sud devait être parcouru.

Les deux hélicoptères avaient pour mission de transporter et déposer dix hommes sur l'île nord. L'approvisionnement en carburant se ferait sur la base militaire de Trendham. Wellington et Auckland devaient être survolées. Si possible établir des contacts avec des survivants. Pas de soutien possible. Mission extrêmement incertaine. Aucune communication radio possible.

Zack sélectionna dix hommes. Les deux équipages étaient constitués. Pilotes et seconds.

Les groupes quittèrent le domaine au matin du 5 octobre.

 

L'ignorance ne pouvait pas perdurer. Est-ce qu'un Dieu peut se permettre de ne pas savoir ?

Ce matin-là, Walter avait proposé à Fabiola une petite marche dans le domaine mais elle avait décliné l'invitation. Fatiguée par sa grossesse et des nuits agitées, elle souhaitait se reposer.

Walter n'avait pas insisté et il s'était équipé pour son footing quotidien.

Il sentit dès les premières foulées qu'il n'avait aucune énergie et qu'il risquait de se blesser à vouloir forcer son corps. Une amertume profonde le saisit. Lui, l'homme tout-puissant, incapable de courir, affaibli par son ignorance. L'origine de cette pesanteur qui l'empêchait de lancer ses jambes, de retrouver le goût délicieux de la puissance. Il ne restait que cette faiblesse lourde. Le poids de son aveuglement et de sa surdité et de son mutisme car tout était là, toute sa vie. Voir l'intégralité du monde et l'écouter jusqu'au murmure les plus secrets et prendre la parole pour dicter ses ordres. Il avait été élevé dans cette exigence, celui qui voit tout, entend tout, celui qui sera écouté quand il parle.

Les ingénieurs du domaine avaient tout essayé. Aucun contact satellite. Tous perdus dans le noir de l'Univers, consumés par les vents solaires. Machines sans âme qui coupaient les esprits de tout échange. Le soleil avait joué le rôle de juge de paix, là où Walter Zorn ne rêvait que de suivre l'avancée de sa guerre totale contre l'humanité.

Il décida de marcher puis dût admettre qu'il ne décidait rien. Il avait perdu l'énergie de son corps en perdant la maîtrise. Il marcha donc parce que rien d'autre n'était possible et il s'obligea à regarder la nature pour quitter les horizons sombres de son monde intérieur.

Il erra entre les arbres du parc, ne cherchant pas à reproduire son trajet habituel. Il ne releva pas les premiers signes du printemps, les bourgeons et les chants des oiseaux, la lumière palpitante et les cieux épurés, il ne perçut aucunement la beauté du monde renaissant parce que le goût acre de sa mort pourrissait ses sens. Non pas la mort réelle mais un chaos existentiel et c'est l'usage du chaos dans sa tête qui le fit réagir, comme un électrochoc, une évidence, l'inévitable correspondance. Il était en lui ce qu'il avait propagé par-delà les océans, au-delà des murailles, dans les villes les plus lointaines, dans les pays les plus puissants. Il était dans le chaos lui-même quand il s'était toujours imaginé à l'abri. Un guerrier ne peut pas être mis en danger par ses propres armes, il ne peut être vaincu que par celles de son ennemi. La nature toute entière était devenue son plus redoutable adversaire et elle l'avait plongé dans le chaos. Et il redouta à l'instant la prochaine épreuve.

Redouter. Un mot qui n'aurait jamais dû trouver une faille en lui.

"Aphrodite's child : 666"

Par Le 13/09/2022

Aux gens de ma génération, c'est à dire le siècle dernier, est-ce que vous vous souvenez de ça ?

Aphrodite's child 666.

Collector. Une richesse musicale fabuleuse. Au-delà des choses connues pour l'époque, totalement révolutionnaire, compositions et textes.

Vangélis et Demis Roussos.

 

 
APHRODITE'S CHILD - 666 (1972)
 
 
 
 
Par TOMTOM le 28 Août 2013          Consultée 6560 fois
 

D’instinct, il n’y a pas grand monde pour aller chercher les chefs d’œuvres du rock progressif en Grèce, encore moins du côté de la discographie de Demis Roussos. L’amateur pressé se contente plutôt de grands noms anglais (Pink Floyd, Yes, King Crimson, etc.), ceux qui ont initié le genre tout en le popularisant. Et pourtant, en 1970, c’était au tour d’un groupe grec de composer une des plus brillantes strophes de l’internationale progressive.

Depuis son premier succès en 1968 (la bluette vaguement psychédélique : « Rain And Tears »), Aphrodite's Child avait enchaîné les single pop uniquement destinés à remplir les caisses, formule convenant parfaitement au chanteur et bassiste de la formation : Demis Roussos. Le compositeur du groupe, lui, préfère nettement l’expérimentation sonique et a les yeux rivés sur la vague progressive venue d’Angleterre. Son nom : Vangelis Papathanassiou, le pas encore oscarisé compositeur de la bande originale du film « les Chariots de feu » mais déjà génie du synthétiseur.

666 est le disque de Vangelis. C’est lui qui impose cette idée saugrenue (même pour l’époque): enregistrer un double album concept, adaptation musicale de l’apocalypse de saint Jean. D’où cette pochette bardée d’un 666 noir sur fond rouge sang et ces quelques vers qui allaient se retrouver une dizaine d’années plus tard dans l’introduction du « Number of The Beast » d’Iron Maiden : « Anyone who has intelligence may interpret the number of the beast. It is a man’s number. This number is 666. »

Si on prend la peine de passer outre les délires satanico-progressifs quelque peu pompeux de quatre Grecs shootés au salep (dixit les notes de pochette), ainsi que l’inutile « ∞ » où l’actrice Irene Papas simule un orgasme de cinq minutes sur fond de cymbales épileptiques, on ne peut rester qu’admiratif devant l’univers sonore développé par Vangelis. 1h18, 24 titres et autant d’ambiances différentes : écouter 666 revient à effectuer un voyage où les influences, les thèmes et les sonorités s’entrechoquent.

Du garage sixties de « Babylon » et « Hic et Nunc », mélange des Who et de Traffic, au médiévalisme de « The Wedding Of The Lamb », Vangelis invoque au détour du diptyque « The Battle Of The Locusts/Do It » les plus belles heures du jam psychédélique. Sur le potache « The Beast », on retrouve les accents des premiers Frank Zappa alors que les saxophones d’ « Altamont » rappellent les plus belles heures de King Crimson, le groupe de Robert Fripp, inventeur et roi vénéré du rock progressif. Et en termes de prog, les épiques 20 minutes de « All The Sits Were Occupied » n’ont rien à envier aux autres chefs d’œuvres du genre.

Dans ce projet dément, rien n’aurait été possible si Vangelis n’avait pas été accompagné par un groupe de tueurs. Dans la bataille, l’œuvre du guitariste Silver Koulouris est primordiale. Se glissant avec aisance dans la peau d’Hendrix (« The Battle Of The Locusts ») et préfigurant le jeu de David Gilmour sur l’oriental « Aegian See », Silver Koulouris est au premier plan sur tout l’album, des accords de « Babylon » au solo de la ballade finale « Break ». De même, ce n’est pas le chant virginal et la basse volubile de Demis Roussos mais bien l’envolée du guitariste qui magnifie « The Four Horsemen », chef d’œuvre indéniable de 666. Ecouter cette pièce ne serait-ce qu’une fois revient à graver à jamais dans son esprit ce refrain incantatoire : « The leading horse is white/The second horse is red/The third one is a black/The last one is a green. »

Au final, 666 est l’album qui signe autant l’apogée de l’idéal hippie que sa chute inexorable. Car si Demis Roussos et ses compères parviennent à mobiliser ici l’intégralité des influences qui ont émaillé les expériences psychédéliques (guitares pyrotechniques, orientalisme, ésotérisme, etc.) n’est-ce pas pour les dévoyer et les faire rentrer dans l’ère malsaine et hystérique du rock progressif ? Quand on connaît les futurs travaux de Vangelis (la bande son de l’oppressant Blade Runner en particulier), on se dit que le claviériste portait déjà ici un coup fatal à la génération Woodstock.

D’ailleurs, l’évocation d’Altamont dans un disque voulu comme transcription sonore de l’Apocalypse n’est pas anodine. En 1969, le festival organisé par les Rolling Stones à Altamont se solde par la mort d’un spectateur, poignardé par les Hells Angels censés assurer le service d’ordre de l’événement. Quand il enregistre ce disque, Vangelis a compris (et probablement avant tout le monde) que ce désastre marque la fin d’une époque et que le futur irait se jouer loin des rivages oniriques de l’idéal hippie.

Finalement sorti en 1972 après des bisbilles avec la maison de disque (« ∞ »…), 666 sera un succès incroyable. Entre temps, Demis Roussos aura quitté le navire, ne goûtant que peu aux dérives de son groupe et préférant embrasser la carrière variéto-pop qu’on lui connaît. Vangelis suivra son exemple, signant définitivement la fin des fils d’Aphrodite. Reste ce disque, probablement la plus belle pierre qu’un groupe grec pouvait apporter à la cathédrale du rock progressif.

Note : 4,5/5

 

 

 

 

Ce morceau final reprend les thèmes de tous les autres et les associent avec une puissance de fou. Dans les oreilles, à vélo, c'est au-delà de la fatigue, comme une batterie qui recharge l'organisme :

Eric Cantona

Par Le 13/09/2022

Eric Cantona quiere dar el salto del fútbol a las presidenciales ...

 

Je ne regarderai pas cette coupe du monde qui est une aberration écologique et un massacre humain avec presque 7000 ouvriers morts dans la construction des stades.

« Réduisez votre consommation d’énergie mais regardez des matchs dans des cimetières climatisés !! » A gerber 
                            </div>
                                                            </div>
                                                            <div class=

L'empreinte carbone du sport professionnel.

Par Le 13/09/2022

Il est clair que le sport professionnel cumule une empreinte carbone considérable et même chez les amateurs d'ailleurs.

Quand je vois les compétitions de type "spartan" à des milliers de kilomètres pour aller se faire plaisir sur des parcours "naturels", vraiment, vraiment, je me dis qu'on n'est pas sorti de la vase.

Voilà en tout cas, un exemple à suivre pour les footeux, les rugbymens, les tennismen, les cyclistes (championnats du monde en Australie cette année...) et les JO etc etc ...

Il faut que je trouve des infos sur les JO à Paris par rapport à l'empreinte carbone, rien que pour les infrastructures et l'impact environnemental. Oui, je sais, ça va piquer...

 

Stand Up For The Planet

 

Peut être une image de 3 personnes, personnes debout et plein air

Andy Symonds, l’un des plus grands coureurs de Trail du Monde, ne participera pas aux mondiaux pour raison de Bilan carbone annuel et individuel déjà trop lourd.

Son récit ici :

« J'ai pris la décision de décliner la proposition de participer aux championnats du monde de trail cette année, suite à ma sélection dans l’équipe britannique.

Mon empreinte carbone pour 2022 sera d’environ 6,3 tonnes équivalent C02.

Ce qui est déjà trop.

Afin de limiter l’augmentation de la température mondiale à un niveau qui ne soit pas trop dévastateur, nous devons viser 2 tonnes chacun.

Nous sommes la cause du problème, nous qui vivons et habitons dans les pays les plus riches de la planète. C’est donc nous qui pouvons faire la différence. Il y a tant de choses que nous pouvons faire, dont certaines sont impactantes sur nos vies, et d'autres qui sont plus faciles. Autant mettre en œuvre dès que possible les « efforts faciles », et ensuite se mettre au défi de cumuler les « gains marginaux ».

C'est principalement pour cette raison que j'ai refusé l'opportunité de représenter la Grande-Bretagne aux Championnats du monde de Trail.

J'adore concourir à un niveau international et il n'y a pas grand-chose que j'apprécie plus que de courir en portant les couleurs de la Grande-Bretagne. Cependant, cette année, les championnats du monde se déroulent en Thaïlande et je ne peux tout simplement pas justifier, surtout à moi-même, l’ajout de 4 tonnes supplémentaires à mon empreinte carbone de 2022.

Environ un tiers de mon empreinte carbone personnelle cette année provient des déplacements. Les quelques courses que j'ai faites loin de chez moi ont contribué le plus à mes émissions personnelles, en particulier lorsqu'un vol était pris.

Je ne culpabilise personne, j’ai moi-même mes contradictions dans l’affaire ; je mange un burger de temps en temps, j’ai une maison individuelle avec piscine… mais il me semble particulièrement incohérent de tenter de tenir un discours public en faveur de pratiques responsables et ensuite de sauter dans un avion pour la Thaïlande pour faire un footing de huit heures.

Voici quelques efforts faciles que je vais adopter davantage pour tenter de réduire mes 6,3 tonnes actuelles :

✈️ supprimer les voyages en avion non essentiels (qu'est-ce qui est « essentiel » ? !).


                            </div>
                                                            </div>
                                                            <div class=

Coupe du monde de foot au Qatar

Par Le 12/09/2022

Les appels au boycott se multiplient sur les réseaux sociaux et à juste raison, bien évidemment.

Bon, moi, déjà, je n'aime pas le football et je ne regarde jamais rien. Je n'aime pas ce sport et je déteste ce milieu. Et ça n'est pas la "blague de Galthier et le fou rire de M'bappé qui vont me faire changer d'avis.

Le seul joueur que j'estimais, c'était Eric Cantona et c'est toujours le cas. 

Pour ce qui est du Qatar, il ne faut pas compter sur nos politiciens pour soutenir l'idée du boycott. Le premier qui s'y risquerait mettrait un terme immédiat à sa carrière. Il suffit d'imaginer l'impact financier. Pour ceux qui ne connaîtraient pas les investissements des Qataris en France, en voici un aperçu :

La France est le deuxième pays d’investissement en Europe pour le Qatar

  Lecture 1 min

Accueil France

La France est le deuxième pays d’investissement en Europe pour le Qatar

L’émir du Qatar Sheikh Tamim bin Hamad Al-Thani et le président français Emmanuel Macron à Doha en décembre 2021. © Crédit photo : THOMAS SAMSON/AFP

Par SudOuest.fr avec AFP
Publié le 08/06/2022 à 18h22

 

    

Powered byAudion

Ecouter cet article

La France est le deuxième pays d’investissement en Europe pour le Qatar

00:00

Les Qataris investissent particulièrement dans l’immobilier en France

La France est le deuxième pays européen dans lequel le Qatar investit le plus, à égalité avec l’Allemagne et derrière le Royaume-Uni, avec des participations de 25,3 milliards d’euros en 2019, selon une étude publiée mercredi par le cercle économique franco-qatari Qadran avec HEC. Sur ce total, 7,1 milliards sont investis dans l’immobilier (hors hôtellerie et investissements de particuliers).

Dans le détail, l’étude réalisée avec le « Junior Conseil » de l’école de commerce française qui dispose également d’un campus au Qatar, précise que les actifs du pays organisateur de la prochaine Coupe du Monde de football sont valorisés à 5,3 milliards d’euros dans les secteurs de l’industrie et de la construction avec « des participations importantes dans des fleurons nationaux » comme Vinci, Total, Suez ou Airbus.

Les participations du Qatar dans le commerce de détail pèsent pour 4,2 milliards d’euros, celles dans le transport et le tourisme pour 3,4 milliards d’euros, celles dans les télécoms et médias pour 2,3 milliards d’euros.

Gaz et hydrocarbures

Le chiffre de 7,1 milliards d’euros pour l’actif immobilier correspond aux « activités immobilières et (à) la valeur totale de l’actif net immobilier détenu par des sociétés qataries ou affiliées ». « Les investissements immobiliers résultant de personnes physiques ne sont pas comptés », précisent les auteurs de l’étude, selon qui « la valorisation des titres des entreprises et participations qataries en France fin 2021 est semblable à celle de 2019. »

Les échanges commerciaux entre les deux pays, tirés « par les exportations françaises de biens d’équipement » et le matériel militaire, « et les exportations qataries de gaz et produits dérivés des hydrocarbures », ont cru en moyenne de 16 % par an depuis 2000.

 

Le président de ce cercle économique créé en 2015, Omer Acar, a dit dans un communiqué s’attendre « à ce que cette dynamique se poursuive et s’intensifie dans les années à venir, notamment grâce à l’impulsion donnée dans le cadre de la Coupe du Monde ».

 

On a donc la ministre de la transition écologique (MDR) qui rejette l'idée du boycott. 

 

Peut être une image de 1 personne et texte qui dit ’Je ne crois pas que le fait de boycotter la Coupe du monde change malheureusementles émissions de gaz à effet de serre de cet évènement[ [...] Ily a des équipes qui se préparent depuis des années. Cette décision a été prise dans un autre contexte climatique AGNÈS PANNIER-RUNACHER ministre de la Transition énergétique, dans l'émission "Grand Jury RTL-Le 11/09/22 JOHN THYS AFP’

 

Immobilier, sport et luxe : les investissements du Qatar en France

Le Qatar a multiplié les acquisitions et les prises de participation en France depuis 2008. Désormais, le petit émirat du Golfe persique consolide ses positions et s'intéresse aux PME tournées vers l'international.  

 

Immobilier, sport et luxe : les investissements du Qatar en France

Par  

Le 3 décembre 2015 à 18h44

Plus de 12 milliards d'euros. C'est, au bas mot, le montant des investissements effectués par le Qatar en France depuis 2008. Le petit émirat du Golfe persique applique ainsi sa stratégie de diversification économique, qui vise à le rendre indépendant de la manne gazière.

Après une période d'acquisitions tous azimuts entre 2009 et 2013, les différentes filiales du fonds souverain créé en 2005 (Qatar Holding, Qatari Diar, Katara Hospitality, Qatar Sport Investment etc) consolident leurs positions dans l'immobilier, l'hôtellerie et le luxe.

Cet automne, le projet d'acquisition du Parc des Princes a été démenti par la mairie de Paris. Mais les hommes de Doha n'ont pas dit leur dernier mot. Aux commandes de 260 milliards de dollars d'actifs dans le monde, le Qatar est entré dans une «deuxième phase de son développement, plus réfléchie et sélective», affirment «Les Echos». Il vise désormais les petites entreprises françaises spécialisées dans la recherche, la santé ou l'agroalimentaire (lire encadré).

Le fonds banlieues remplacé par un soutien aux PME

Une enveloppe de 50 millions d'euros destinée aux banlieues. Cette idée avait été évoquée par des investisseurs du Qatar en 2011. Mais la proposition avait suscité de vives critiques, élus de droite comme de gauche redoutant des arrière-pensées idéologiques ou religieuses. Dès 2012, cette idée a été remplacée par celle d'un fonds dédié aux petites et moyennes entreprises à vocation internationale. Baptisé «Future French Champions», ce programme de 300 millions d'euros a été officiellement présenté en 2014. Il est abondé à parts égales par la Caisse des dépôts et consignations et le fonds souverain qatarien. Objectif : attirer dans l'émirat des sociétés dans le domaine de la recherche, de la santé ou de l'agroalimentaire. Après sélection, les PME choisies pourront bénéficier d'une injection de capital allant jusqu'à 60 millions d'euros. De quoi donner des ailes.

Tour d'horizon des secteurs qui ont aiguisé l'appétit du Qatar dans l'Hexagone.

Newsletter L'essentiel du matin

Un tour de l'actualité pour commencer la journée

S'inscrire à la newsletterToutes les newsletters

L'IMMOBILIER

C'est le domaine économique où l'argent du Qatar est le plus présent. Les nombreux investissements de l'émirat ont été favorisés par le vote d'une niche fiscale spéciale votée par le Parlement en 2009, qui exonère les Qatariens de l'impôt sur les plus-values immobilières.

Immeubles. Le Printemps Hausmann a été acquis en 2013 par le fonds Divine Investments SA, société luxembourgeoise détenue par des intérêts privés du Qatar. Celui-ci est également propriétaire du groupe de magasins Printemps. Sur les Champs Elysées, les Qatariens sont propriétaires de l'ancien bâtiment Virgin (acheté 500 millions d'euros en 2012), de la galerie commerciale Elysées 26, du siège de la banque HSBC (400 Mâ?¬). Ils ont aussi dans leur escarcelle le bâtiment qui abrite «Le Figaro», sur le boulevard Hausmann.

Hôtels de luxe. Le fonds Katara Hospitality a multiplié les achats et les chantiers depuis cinq ans. A Paris, il est propriétaire du Peninsula (ex-centre de conférences Kléber, 850 Mâ?¬ investis), du Royal Monceau, du Hyatt Regency, du Concorde Opéra, de l'hôtel du Louvre et de l'hôtel Lambert, à la pointe de l'île Saint-Louis. Le Qatar possède aussi l'hôtel Kinski et l'hôtel Landolfo-Carcano, place de l'Etoile, où loge son ambassade. Sur la Côte d'Azur, les investisseurs de Doha ont en leur possession le Carlton et le Martinez à Cannes, ainsi que le Palais de la Méditerranée à Nice. Le Qatar est un actionnaire important de la Société fermière du casino municipal de Cannes, qui exploite deux casinos ainsi que ainsi que les hôtels Gray d'Albion et Majestic. Il est aussi présent dans la Société des Bains de Mer de Monaco, qui gère de nombreux actifs dans l'hôtellerie.

LE SPORT

Zlatan Ibrahimovic, star du PSG. (LP)

Football. C'est l'un des investissements qui a eu le plus gros impact médiatique : le rachat, en 2011, du Paris Saint-Germain par Qatar Sports Investment (QSI) à Colony Capital. Montant final de la transaction : environ 100 millions d'euros. Le nouveau propriétaire a depuis injecté des centaines de millions d'euros pour recruter les meilleurs joueurs du monde, dont Zlatan Ibrahimovic. En cinq ans, le budget du club parisien a été multiplié par cinq. Il est désormais proche des 500 millions d'euros.

Handball. Dans la foulée, QSI s'est offert le Paris Handball en 2011, rebaptisé PSG Handball, avec l'ambition d'en faire le meilleur club d'Europe.

Courses hippiques. Depuis 2008, le Qatar sponsorise le célèbre Prix de l'Arc de Triomphe, qui se déroule à Longchamp le premier dimanche d'octobre. Budget de l'événement en 2014 : 14,5 Mâ?¬ et une dotation de 5 Mâ?¬.

Rugby. Selon le journal L'Indépendant, le Qatar est en discussion pour investir dans le Racing club de Narbonne, qui évolue actuellement en Pro D2.

LES MEDIAS

Omar Da Fonseca, consultant de BeIN Sports. (LP)

BeIN Sports. Filiales du groupe qatarien Al Djazira, les chaînes payantes BeIN Sports sont apparues en France en juin 2012. Peu à peu, BeIN a racheté les droits de diffusion de certains matches de Ligue 1, de la Ligue des Champions, de la Coupe du Monde et des championnats étrangers. BeIN revendique 2,5 millions d'abonnés et vise le cap des 3 millions pour 2016.

Lagardère. Le fonds du Qatar détient 12,8% du groupe Lagardère, un des leadeurs mondiaux de la production et la distribution de contenus pour la presse, la télévision ou la radio.

Vivendi Universal. En avril 2015, le Qatar a revendu discrètement les 2% du capital qu'il possédait. Montant de la revente : 450 millions d'euros.

Orange - France Telecom. En 2011, le fonds de Doha a fait l'acquisition de 1% du capital du groupe de télécoms, également présents dans l'industrie des médias.

LE LUXE

Le Qatar est friand du luxe français. (LP/ Mathieu de Marticgnac.)

LVMH. Depuis 2013, les investisseurs de Doha possèdent une participation dans le capital du leader mondial de l'industrie du luxe, de l'ordre de 1%.

Maroquinier Le Tanneur. Le Qatar Luxury Group, propriété de Sheikha Mozah, l'une des épouses de l'émir du Qatar, détient 85% du capital de la société Le Tanneur, basée à Bort-les-Orgues, en Corrèze. Ces fabriques, fondées en 1898, produisent des sacs de luxe et des objets en cuir.

L'INDUSTRIE

Total. Le fonds du Qatar détient 3% du capital de Total depuis mai 2013. L'émirat est devenu l'un des plus importants actionnaires du groupe français, derrière le holding du milliardaire belge Albert Frère et les salariés. Le groupe pétrolier français est présent au Qatar depuis 80 ans, où il extrait du gaz naturel.

EADS. Le Qatar pèse 6% dans le capital du groupe aéronautique européen.

LES TRAVAUX PUBLICS

Vinci. Fin 2015, le fonds du Qatar possède 3,9% de Vinci, le géant français des travaux publics. Sa participation a baissé en valeur relative, avec la revente en octobre de 1,1% de ses actions, sur les 5% qu'il possédait. Vinci bénéficie par ailleurs d'importants marchés sur le sol du Qatar. Le groupe s'est vu confier la construction de neuf stades de la Coupe du Monde de football 2022.

LE COMMERCE

Le Printemps Hausmann à Paris. (LP/ Philippe Lavieille.)

Magasins Printemps. Le fonds Divine Investments SA, détenu par des Qatariens, est devenu actionnaire majoritaire du groupe Printemps, racheté en 2013 au groupe Boretti. Printemps compte aujourd'hui 19 grands magasins en France. DISA possède aussi le site de vente en ligne du groupe, placedestendances.com

Vente-privee.com. En recherche permanente de diversification, les investisseurs qatariens s'intéressent au e-commerce. En 2013, ils sont entrés en tant qu'actionnaires minoritaires au capital de vente-privee.com, la société de Jacques-Antoine Granjon.

LES SERVICES

Veolia. En 2010, le fonds Qatari Diar annonçait l'achat de 5% du capital du groupe français, leadeur mondial dans la gestion de l'eau et le traitement des déchets. Montant de l'opération : 182 millions d'euros. En 2014, une enquête a été ouverte pour des soupçons de corruption lors de ce montage financier.

Suez Environnement. 4,5% du capital est détenu par les investisseurs du Qatar. Suez est le numéro 2 mondial dans la gestion de l'eau et des déchets, juste derrière Veolia.

GFI Informatique. Fin novembre, le groupe qatarien Mannai était en négociations exclusives pour le rachat de 51% du capital de GFI, société française qui emploie 11 000 personnes dans le domaine des services informatiques.

 

Musique répétitive

Par Le 09/09/2022

 

J'aime infiniment.